- Speaker #0
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode du Try Bandit Podcast. L'invité du jour, c'est un grand grand plaisir pour moi de l'accueillir. Un honneur parce que c'est un grand monsieur du triathlon, même si je sais qu'il ne sera pas d'accord si je dis ça. Bonjour Pierre, comment ça va aujourd'hui ?
- Speaker #1
Salut Mika, écoute, tout va bien, merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Un grand grand plaisir. Alors Pierre, je pense que ce qui va te définir le plus, ça va être ton humilité, entre autres, et en plus des performances sur lesquelles on va aller chercher. Je sais que moi, j'ai horreur de me présenter et donc du coup, je ne demande jamais aux invités de se présenter. Donc je vais essayer de le faire très rapidement et très succinctement. Puis tu vas me dire si je me trompe et on va tout de suite rebondir sur les bêtises que je vais raconter. Pas de problème. Pour moi, tu es un des premiers minots du tri. Tu as commencé le sport par le triathlon. Et ça, c'est quelque chose qui est assez remarquable parce que dans notre sport, souvent, c'était des... En tout cas, quand on est vieux comme moi, on a vu des gens monosport qui se présentaient et qui venaient se changer les idées. Toi, tu as commencé par ça. Tu étais un des très, très grands espoirs du triathlon. Et c'est comme ça que moi, ton nom était rentré dans mes oreilles dans les années 2010. J'entendais partout parler de Pierre et de ton frère. Et du coup, tu as eu une grosse ascension au niveau du sport. Tu as été sur le très haut niveau. Tu t'arrêtais quasiment sur la dernière marche qui était la plus haute. On y reviendra peut-être tout à l'heure. Petite période d'arrêt avec les plus et les moins qui vont avec dans la vie. Et tu reviens avec pertes et fracas, mais surtout avec gros fracas depuis trois ans, je crois maintenant. Et tu débarques sur une distance qui n'était pas du tout la tienne au départ. Tu es arrivé sur le half. Et puis là, dans quelques jours, tu vas arriver, tu vas partir sur le full. Et tu n'es plus seulement un triathlète, tu es quelqu'un qui a une profession à côté et tu as une vie à côté du sport. Mais tu ne veux pas non plus lâcher trop le truc puisque je crois savoir que tu as entamé un processus de formation pour devenir entraîneur. Est-ce que j'ai raconté des bêtises ou pas trop ?
- Speaker #1
Exactement. Non, je pense que tu as assez bien résumé le tout. On est bon, c'est ça. Ce retour qui se fait vraiment surtout avec énormément de plaisir comparé à comment j'ai lâché le triathlon.
- Speaker #0
Ça, c'est quelque chose qui fait partie vraiment de ton histoire et qui m'a marqué, moi, sur ton retour. Je pense que c'était passé un petit peu sous les radars, mais c'est l'histoire de beaucoup de jeunes, un petit peu, ce qui t'est arrivé. Tu as quitté le triathlon un petit peu par une somme de petits détails entre les blessures. Et puis, on va dire la gestion humaine de la chose. Je pense que ça a dû être un moment qui n'était pas simple quand on est jeune, de devoir un petit peu se faire pousser par la porte, par la petite porte. Je pense que ce n'était pas une bonne aventure.
- Speaker #1
Oui, ça a été compliqué humainement parlant. Heureusement qu'à cette époque, finalement, on n'est pas très mature et qu'on ne réalise pas trop tout ce qui peut se passer à ce moment-là. On est jeunes, donc on se dit qu'on va rebondir, qu'il y a encore du temps. Mais avec le recul, on est beaucoup à être passés par là. Et malheureusement, je pense que c'est lié à la France et pas qu'au triathlon. On n'avait pas un accompagnement si bien mené, on va dire, pour des jeunes qui sortent de leur processus sportif. Et ça, je pense que c'est lié à deux choses. Déjà, à la fédération. et donc à comment est mené le sport en France. Mais également, moi, je l'ai toujours dit aussi un peu à cause de mes parents qui auraient dû peut-être un peu mieux me driver à ce moment-là. Et donc, j'ai été un peu solo, j'ai envie de dire. Et ça a été assez dur, mais heureusement, on rebondit toujours normalement. Et donc, maintenant, ça va. Mais avec de la maturité et une prise de recul, on s'aperçoit aussi qu'il y a eu des erreurs personnelles, qu'il y a eu des erreurs faites par d'autres. Et finalement... L'objectif, c'est surtout en vouloir à personne et simplement avancer.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui a été facile à faire pour toi ou c'était un long chemin à un moment donné, tu t'en es un petit peu mis dans le sac à dos tout seul ?
- Speaker #1
Ce qui a été rigolo, c'est que ça a été un long chemin au moment où j'ai quitté tout ça. Sur les 3-4 premières années après le triathlon, j'étais un peu comme si je n'acceptais pas ça. Comme s'il fallait que quand je vais courir, ça me... Tout simplement, j'allais courir un kilomètre, j'avais déjà grossi, etc. C'était impossible pour moi de voir ma montre au-dessus de X temps au kilomètre. Tu vois, le truc d'acceptation, à se dire non, mais en fait, tu n'es plus sportif de niveau, tu ne fais plus ça. Accepter aussi le fait que c'est fini, qu'en gros, cette période... était derrière moi. Et en fait, c'est ce que j'expliquais dernièrement dans un post Instagram, c'est que finalement, j'aurais pu joindre les deux. C'est-à-dire que je n'étais pas obligé de choisir vraiment la performance sans le plaisir et vice-versa. Et du coup, je me suis très vite, au bout de ces quatre ans, j'ai tout de suite vraiment fait une croix sur le triathlon. Je m'étais vraiment dit que je n'y reviendrais plus. Personnellement, c'était assez radical. Pourtant, autant te dire que je n'ai jamais... quitter vraiment ce monde-là parce que tout ce qui est WTCS, tout ce qui est IRONMAN et tout, je le suivais. Je le suivais et je le regardais bien comme il faut, tu vois. Et j'avais toujours mon petit avis à donner. J'étais là à regarder les collègues, ceux avec qui je courais, etc. Donc, finalement, le virus n'est jamais parti. Et en fait, comme j'expliquais sur un précédent podcast, en effet, le fait que d'avoir rencontré ma femme et d'avoir vu l'opportunité de s'y remettre, mais vraiment en me disant, on verra quoi, why not ? C'est juste que j'ai envie de m'y remettre. en voyant l'évolution du triathlon aussi, c'est revenu tout seul. Et finalement, à peine j'ai remis un pied dedans, tu parles. C'était reparti comme en 40. Et puis, j'ai mis le doigt dedans en me disant je ne veux plus de perf. Et on va dire au bout de trois mois, dès que j'ai vu deux, trois sensations revenir, j'ai dit allez, on s'y remet et c'est reparti. Donc, c'est le triathlon.
- Speaker #0
Une fois que la graine est semée, c'est trop tard. C'est comme la mauvaise herbe, ça revient tout le temps. Point de vue hyper intéressant, tu as quitté le tri en gros dans les années 2013-2014, c'est ça ? Oui, c'est ça, 2013-2014. Et tu reviens 8 ans après, juste post-Covid, et le sport, le triathlon étant quelque chose qui ne s'arrête jamais, il a dû énormément évoluer entre le moment où tu es parti et le moment où tu reviens. Qu'est-ce que... Qu'est-ce qui, pour toi, a le plus évolué ? C'est quoi, pour toi, les plus grosses révolutions qui se sont passées ?
- Speaker #1
Il y a deux choses. Il y a le matériel. Le matériel a énormément évolué, surtout sur la partie vélo et pour sa pied, et les méthodes d'entraînement. En fait, à l'époque, moi, j'avais ce carnet d'entraînement tenu à la main sur papier, avec, du coup, aucune visibilité ou presse où il fallait faire des calculs. pour voir le volume annuel, etc. Et là, on arrive avec des plateformes déjà bien faites, très bien faites pour avoir un suivi. Il y a aussi ces méthodes qui ont vraiment évolué avec l'aspect scientifique qui est vraiment encore plus entré en jeu et donc beaucoup plus de méthodes de travail bien ciblées, on va dire, pour progresser. À l'époque, j'ai envie de dire, on avait des fois des séries un peu bateau ou toutes faites qu'on faisait régulièrement. Est-ce qu'on voyait une vraie plus-value sur notre entraînement ? On ne le voyait pas forcément parce qu'on n'avait pas de suivi aussi précis. Donc, on va dire le matériel et les méthodes d'entraînement. Et donc, par méthode, j'entends ensuite le suivi. Et quand je dis le suivi, dans l'entraînement, il y a aussi la récupération. Et à l'époque, je ne suivais pas du tout la récup. La récup, c'était se faire masser vite fait chez le kiné, aller faire un bain froid. Mais il n'y avait pas ce vrai suivi de sommeil. Il n'y avait pas... tout ce qui importe le plus, finalement. Donc aujourd'hui, c'est vrai que c'est passionnant, je trouve, de voir à quel point on peut maîtriser son sujet, que ce soit au travers des séances, au travers de la récup, et grâce aux outils, surtout, qui ont évolué et qui se sont développés. Donc, tu vois, là encore, tout à l'heure, c'est rigolo, juste avant toi, j'étais sur un site internet, il y a une vidéo de Vincent Louis à Hawaï qui est sortie d'une espèce de capteur qui s'appelle TimeWay, ou un truc comme ça, et j'étais en train de regarder. Voilà, tu es moeur, j'étais en train de regarder parce que j'avais déjà vu passer la pub, mais je regardais combien ça coûtait, si je ne pouvais pas l'acheter. Enfin, tu vois, c'est ça qui fait que quand tu es passionné, je pense que tu es pointilleux sur tout ce que tu peux faire. Et ce matériel qui se développe, c'est du coup incroyable pour ça.
- Speaker #0
Et c'est un petit peu dans la direction dans laquelle je voulais aller. Donc ça, c'est super cool. Dans le podcast que tu avais fait avec Hermano sur devenir triathlète, tu avais parlé du fait que... Quand tu étais enfant, tu étais matrixé par ton papa et que du coup, c'était triathlon matin, midi, soir et que c'était perf, perf, perf, un petit peu en mettant le plaisir de côté. Mais du coup, à cette époque-là, on n'avait pas toute cette possibilité, toutes ces méthodes et tout ce suivi. Là, aujourd'hui, on ne peut pas faire un mètre dans l'eau ou sur un vélo ou dans les baskets sans avoir un suivi et sans avoir tout ce qui va avec. Par contre, c'était une pratique qui était un tout petit peu différente. Et même si on était dans la perf, le plaisir, il était quand même un petit peu là. Il y avait les copains, il y avait tout ça. Moi, une des tendances que je perf ces derniers temps, c'est justement des gens qui viennent un petit peu de l'extérieur. Je voudrais ton point de vue là-dessus, qui viennent de l'extérieur du tri. qui arrivent parce qu'ils ont vu des jolies vidéos qui durent 30 secondes, qui se disent tiens, je vais faire un half parce que ça me fait rire, j'ai un vélo qui traîne et j'ai des baskets. Et puis avant même de s'intéresser à l'ADN du bazar, ils se plongent sur le HRV, ils se plongent sur les méthodes de récup alors qu'ils n'ont pas encore fait de séance. Mais du coup, on se retrouve avec des athlètes qui sont perdus, parce que déjà le triathlon en soi, c'est quand même un sport qui est un peu complexe, mais avec tellement de références et de techniques à ingurgiter. Et je voudrais justement avoir un petit peu, si toi tu as déjà, vu que tu es sur le chemin de l'entraînement et d'être entraîneur, quel est ton point de vue là-dessus sur le tout data et sur la relation perf-plaisir pratique au quotidien en gros ?
- Speaker #1
Tu l'as dit, il y a un truc qu'on a, je trouve, un peu perdu et qui malheureusement, je le vois sur des athlètes jeunes, et quand je dis jeunes, c'est des collègues à moi qui ont 20 ans là, qui sont sur half ou autre, ils ont perdu un truc. que nous, on peut avoir, c'est courir aux sensations, c'est courir au feeling, c'est vraiment faire la course, en fait, au sens propre du terme. Parce que, je peux prendre un exemple d'un collègue à moi, il se reconnaîtra s'il écoute le podcast, sur la Alpha IRONMAN Dex, tu vois, moi, j'ai pas réussi à lancer mon Garmin, enfin, bref, ça a bugué. Lui, il avait oublié de mettre son compteur, carrément, et en fait, du coup, moi, j'ai eu la mentalité de me dire bon, bah, tant pis, je le fais à l'ancienne, donc, vraiment, je me connais, j'y vais, je sais ce que je peux mettre. dans mes cuisseaux, je sais quand ça pique ou quand ça pique pas et lui qui pourtant avait le niveau je pense de suivre Jean-Vincent celui qui gagne et moi il a décidé de pas nous suivre parce qu'il avait pas son compteur et parce qu'il avait peur de sauter et en fait pourtant je pense qu'il avait notre niveau ou quasiment, en tout cas voilà et du coup tu vois c'est là où je me suis dit finalement moi les meilleures courses que j'ai fait cette année j'en avais fait une vidéo, c'était sans data c'était en mode bon bah je pose le cerveau, je pose tout et j'y vais quoi Et c'est vrai qu'aujourd'hui, que ce soit les jeunes triathlètes qui sont vraiment en club ou autre, ou les nouveaux, on va dire les novices qui s'y mettent via les réseaux sociaux ou autre, je pense qu'en effet, ils sont vraiment matrixés par le matériel. Quand je dis le matériel, ça peut être tout, autant la beauté du matériel et tout ce qui tourne autour, la technicité, que par les datas, par la dernière Montgarmin, pour ne citer que cette marque-là. La dernière montre, le dernier cardio, le dernier capteur de puissance, etc. En fait, ils en oublient beaucoup. Aujourd'hui, quand j'essaie tout de suite d'avoir deux ou trois athlètes, de regarder, j'ai mon frère, j'entraîne mon frère, et je ne le fais pas avec des bénéfices, je le fais vraiment forcément pour zéro euro, sinon je serais quand même un salaud. Non, sans pitié ! J'essaie vraiment d'y aller, mais au début, sur la période de reprise et la première période assez fondamentale, je le fais avec beaucoup de sens. Je sais qu'il y a des métriques à regarder et à suivre, mais malgré tout, souvent dans mes notes, je mets à footing 40 minutes. Certes, tu peux mettre un cardio sous 140 BPM, mais je dis par contre aux sensations, au plaisir. Il y a beaucoup de ces trucs-là qui, pour moi, pour avoir eu trois entraîneurs différents depuis ma reprise, Il y en a, c'était très cardio, donc il fallait que je suive vraiment ce cardio-là. Il y en a un autre, c'est... Voilà, il fallait vraiment suivre cette allure-là, tu sais, par rapport à la vitesse critique. Enfin, vraiment des trucs assez différents. Et alors que moi, j'adore ce côté ressenti. Et c'est ce que je vais essayer de transmettre un peu aux athlètes qui s'y mettent, que ce soit un novice ou quelqu'un de plus expérimenté. Mais par contre, moi, je te rejoins sur le fait qu'aujourd'hui, malheureusement, les réseaux sociaux... nous mène à tout de suite bouffer du chiffre, comme je dis, bouffer de la data, alors qu'en fait, je pense qu'en tant que sportif, il n'y a rien de mieux qu'aller tête baissée et de se prendre un gros mur parce qu'on ne connaît pas l'effort et parce que quand on tombe même sur un 5 km, quand on se lance la première fois, on part comme un abruti, on se prend un mur au bout de 3-4 km, mais c'est ça qui nous fait apprendre et qui nous fait surtout progresser sur le prochain. Et ça, aujourd'hui, malheureusement, on est comme ça des 500 mètres. à regarder notre allure, ça enlève un peu de cette beauté. C'est pour ça que j'aime bien les courses de championnat. J'aime bien quand il n'y a pas forcément de calcul à faire par rapport à un chrono. Il faut juste y aller et passer la ligne première.
- Speaker #0
C'est d'ailleurs un des rares mouvements que j'ai apprécié chez IRONMAN, chez les pros en tout cas, qui ont réussi à rendre la course intéressante sur le Pro Series. Ce n'était plus à la place, c'est au point. Du coup, c'est au temps par rapport au second. Ça veut dire qu'avant, il y avait une grosse course à la qualif. Les mecs, ils étaient dans les deux ou trois premiers, ils avaient le slot et ils arrivaient à la bagarre. Et puis ceux qui étaient cinquième ou sixième, ils finissaient pas la course. Et ils allaient s'inscrire sur la semaine suivante. C'est plus le cas, là maintenant, ça marque des points, t'as le droit à un maximum de courses. Donc du coup, ça change un petit peu tout. Et effectivement, quand tu fais un championnat, ça évolue un petit peu. C'est un petit peu ce sur quoi tu t'es dirigé aussi, d'ailleurs, sur le half, puis sur le full, si tu veux chercher la qualif. Le système de qualif pour les groupes d'âge, il est devenu un peu aléatoire, avec le nouveau système qui a été mis en place. Et ce n'est pas facile à aborder, parce qu'en gros, soit tu gères la victoire, et du coup, la victoire groupe d'âge, c'est la seule place qu'il t'a sur le slot. Soit tu essayes d'être ultra performant, mais tu en as qui sont deuxième ou troisième de leur groupe d'âge. Si la densité n'est pas énorme, globalement, la qualif' passe sous les yeux. Comment toi tu gères ? Alors du coup, là, c'est à l'athlète et pas forcément à l'entraîneur, mais c'est à l'athlète que je parle. Comment toi tu as géré ça ? Du coup, par exemple, sur X, puisque sur X, tu avais fait deux belles courses et la dernière, tu arrivais avec le couteau entre les dents. Comment tu gères ça à la place ?
- Speaker #1
Finalement, quand je prends... Dans tous les cas, le nouveau système, le seul truc qu'il faut se dire pour de toute manière ne rien regretter, et c'est ça que j'aime bien moi aujourd'hui sur longue distance, que ce soit sur half ou sur full, sur le premier que je vais faire, tout ce qu'il faut faire simplement, c'est passer la ligne avec plus rien dans le sac et se dire, je l'ai fait ou je ne l'ai pas fait. Mais dans tous les cas, il y a eu meilleur que moi, il n'y a pas eu meilleur que moi. Le système, il est tel qu'il est, on peut le critiquer. Aujourd'hui, IRONMAN, moi, je ne le trouve pas super correct. J'en ai fait vite fait une vidéo où ça a beaucoup fait parler également. Mais malheureusement, il est comme ça. Donc à partir de là, si je prends l'exemple de Cachecaille qui arrive, je sais que je fais ma meilleure course. Moi, en 30-34, on est sur un ratio de 1. Donc en fait, mon temps sera mon temps. Et puis, je n'ai rien d'autre à faire. J'ai juste à faire le meilleur temps possible pour pouvoir passer et avoir ce slot. Après, c'est sûr que sur l'approche de la course, du coup, c'est vachement différent. C'est-à-dire que oui, par rapport à avant, tu vois, moi en 2024, du coup, j'ai fait X. J'ai fait sixième de ma caté. Et du coup, le nouveau système n'était pas encore mis en place. Du coup, je savais qu'il y avait six slots dans ma KT. Bon, OK, c'était réglé, je l'avais. Là, aujourd'hui, ce n'est plus ça. Donc, je trouve ça à la fois bien parce que ça permet aux athlètes, en fait, finalement, de tout donner. C'est-à-dire qu'il n'y a plus trop de calculs à faire. Le calcul, il se fait après. Donc, il faut simplement faire le meilleur temps possible soi-même. Et puis, les calculs et les ratios sont appliqués après. Et il n'y a plus ce truc, du coup, de se dire c'est bon, je suis troisième de la course. en 30-34, j'ai 3 minutes d'avance sur mon collègue qui est derrière, j'ai mon slot c'est à dire que du coup sur la performance perso on aurait pu, enfin la personne qui avait avant ce réflexe là aurait pu malheureusement se faire, ne pas avoir 2 minutes de gagné sur sa course juste parce qu'il avait son slot validé donc il y a du plus et il y a du moins moi le seul truc moins que je reproche à ce système, non c'est plus d'avantager malheureusement on va dire les personnes un peu plus âgées Merci. où tout de suite les ratios des fois sont... Je prends en compte, pour avoir un papa encore très très athlète et qui essaye de beaucoup pratiquer à son âge, je vois ce que c'est de devoir pousser son corps à cet âge-là. Enfin, je vois. Je ne le vis pas, mais je l'imagine. Donc les ratios sont logiques, mais il y en a certains, c'est ce qui fait beaucoup parler. J'ai l'impression que c'est plus pour avantager ceux qui ont un certain pouvoir d'achat et qui peuvent se permettre d'aller à Kona, de dépenser à Kona. d'acheter du merch, alors que nous, on sait très bien qu'on est en 34 ans, sauf si on a un très bon boulot. Moi, quand je suis allé à Nice, je n'ai rien pu m'acheter dans le village IRONMAN parce que je n'ai pas les moyens de le faire. Et malheureusement, ça fait partie du jeu. C'est une entreprise, donc voilà. C'est juste que j'espère qu'on ne va pas perdre l'ADN du triathlon juste par ça et à cause de ça, mais malheureusement, vu dans le sens dans lequel ça va, que ce soit avec les réseaux sociaux et... les prix des inscriptions, etc. J'ai peur que malheureusement, on soit dans la mauvaise direction.
- Speaker #0
C'est assez flagrant. Je trouve dommageable, pour la petite anecdote, je le dis de temps en temps, mais je me suis inscrit à Roth en 2001. Pour faire en 2001, c'était la dernière année où c'était IRONMAN. Je me suis inscrit en 2000 en francs, mais c'était l'équivalent de 180 euros. Là, aujourd'hui, une course sur un full, c'est 680 au bas mot. Et quand tu te qualifies, tu rajoutes un 1 devant. Alors que moi, il fallait se présenter le lendemain de la course avec 400 dollars en SPC. Donc on est passé de 400 à 2000 quasiment en 25 ans. Sauf que si on a fait x5 en termes de prix d'inscription, on n'a pas fait x5 en termes de salaire.
- Speaker #1
Rien que là, je crois que tu vois pour l'anecdote, il me semble que je voulais me qualifier à Nice cette année avant l'annulation. Et sur le guide athlète, il y a marqué... En gros, si tu es qualifié pour Kona, on va prévoir cet argent-là parce qu'il faut payer immédiatement. Si je ne dis pas de bêtises, quand j'avais regardé le guide athlète, c'était 1600 et quelques dollars pour 2026, pour cette édition-là. Et là, pour Qashqai, qui est qualifié pour 2027, ça a augmenté de plus de 200 dollars. C'est-à-dire que je crois qu'il faut que je dépense 1 800 ou 1 800, je n'ai plus en tête exactement, mais dans tous les cas, c'est entre 150 et 200 dollars d'augmentation, alors qu'il y a du coup trois mois, quatre mois, juste d'une année à l'autre. Et malheureusement aussi, ce que je dis à beaucoup, et parce qu'il y a beaucoup de personnes de ma communauté, moi, qui m'écrivent sur ça, qui disent « Oui, mais tu ne veux pas boycotter IRONMAN Le problème aussi, c'est qu'on est là. S'ils augmentent les prix, c'est qu'il y a de la demande. C'est bête et méchant, mais malheureusement, si l'iPhone augmente, c'est parce qu'il y a de la demande. Ça marche comme ça, de toute manière. Et sauf si demain, il y a un boycott général. Là, je pense qu'il baisserait les prix, mais ça n'arrivera jamais vu le développement du triathlon. Donc, soit tu joues le jeu, soit tu ne joues pas le jeu. Moi, comme j'expliquais...
- Speaker #0
Je pense qu'à un moment donné, il y a la politique de la terre brûlée. Moi, j'appelle ça comme ça. Quand tu accueilles des first-timers sur IRONMAN pour faire un half et que tu leur mets déjà 500 euros dans la tête, il y en a beaucoup qui venaient sur l'aventure IRONMAN pour faire un full. En tout cas, dans les athlètes, il y a eu une année ou deux où j'avais quasiment sur une trentaine d'athlètes, j'en avais que deux ou trois qui faisaient du label, les autres faisaient du hors-label. Là, ça revient, mais ça revient plus sur du half que sur du full. Et il y en a, c'est des one-shot. Ils veulent faire un half-label pour l'expérience, mais après, ils feront autre chose.
- Speaker #1
c'est ce que j'allais dire juste après j'allais dire moi ce qui est rigolo c'est que tu vois par exemple je voulais faire mon premier full sur la belle parce qu'il y a ce truc là et parce que tu sonnes la cloche des petits détails et malgré tout parce que l'organisation est tellement carrée il faut le dire que quand tu y vas t'as l'impression d'avoir zéro risque sur ta course t'es vraiment dans ton effort mais par contre comme je parlais avec des collègues j'ai envie d'aller à Hawaii donc forcément c'est sur la belle tu le fais une fois Est-ce que derrière, j'y retournerai comme certains ? J'ai plein de papas de mes amis qui l'ont fait X fois. Je ne sais pas, je ne pourrais même pas le citer combien de fois. Est-ce que moi, j'aurais envie d'y retourner 10 fois ? Je ne dis pas non, parce que peut-être que je serai le bon payeur et celui qui restera passionné et qui aura envie d'aller à Hawaii 20 fois. Mais par contre, j'ai au moins envie de le vivre une fois. Et après, actuellement, je ne fais que dire, après, je sortirai du label. On verra. Honnêtement, on verra. Mais par contre, c'est sûr que moi, cette première expérience, je la voulais sur IRONMAN. Une fois que ça sera fait, pour l'instant, l'esprit est d'aller ailleurs. Mais bon, comme je te dis, c'est l'esprit. Entre l'esprit et le faire pour de bon, on verra bien.
- Speaker #0
On ne sait jamais comment on sort de ces aventures-là. Quand tu étais jeune, tu étais sur le circuit court, ce qui est un esprit et un effort un petit peu différents. Tu reviens, alors certes, tu es revenu sur ton premier Steyr M, mais après, tu reviens très vite sur le Half. Qu'est-ce que tu as trouvé, toi, qui t'a encore plus fait kiffer sur le Half que sur le court ? Parce que du coup, c'est presque, c'est le même sport, mais ce n'est pas le même sport, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est l'effort perso. L'effort vraiment lié à toi. C'est-à-dire que sur court, que tu le veuilles ou non, quand tu es sur Spring 2, sur M, finalement, tu es tout le temps lié aux autres. C'est tellement court et rapide que tu es tout le temps collé à quelqu'un. donc tu regardes pas trop le chrono finalement sur ces distances là t'es plus à regarder où tu es dans la course donc c'est plus une course de classement que sur full ou sur half ou c'est une course face à toi même et c'est vrai que moi ce que j'apprécie si tu vois quand j'étais jeune j'étais pas très bon à pied c'est toujours mon point faible en tout cas et ce que j'apprécie beaucoup là sur full c'est de vraiment pouvoir se dire se dépasser juste soi même et par rapport à ses allures à soi donc oui une Des fois, je vois une séance qu'un mec a passée dans ma cathédage qui court 20 secondes plus vite que moi sur le même kilométrage à l'entraînement, etc. Sauf que quand tu es sur full, je trouve qu'il faut vraiment prendre cette notion aussi de triathlète et pas simplement de nageur, coureur ou rouleur. Aujourd'hui, on le voit sur WTCS depuis que, par exemple, il y a Alexis ou Wilde finalement être handicapé par sa natation. C'est très rare que ça nous fasse passer à côté. A l'époque, c'était beaucoup plus fréquent sur courte distance. Quand il y avait un mauvais nageur, le mauvais nageur était très handicapé. C'était vraiment rare, rare de les voir gagner. Aujourd'hui, ça a quand même pas mal évolué. Et moi, ce que j'apprécie du coup sur Long, c'est de pouvoir se dire « Ok, je dois être le plus complet possible. » Donc même si je ne suis pas un excellent coureur, si je suis un bon coureur, je peux vraiment sortir mon épingle du jeu par le côté complet du triathlète. c'est ça surtout alors qu'à l'époque quand j'étais mauvais coureur sur cours même des fois quand je posais à 2 minutes en échappé devant je me faisais reprendre par tu vois j'ai des noms en tête mais Raphaël Montoya aujourd'hui qui est énorme à pied ben Raph moi je courais en 17.30 il était capable de courir en 15.30 et puis basta quoi alors que je posais deux minutes devant c'est le jeu c'était voilà il fallait être encore une fois le triathlète le plus complet possible et là sur long du coup je m'y retrouve plus parce que les allures sont pas aussi rapides et c'est plus une question de gestion qu'une question
- Speaker #0
d'autre chose je trouve sur le cours en fait tu prends 1000 décisions à la seconde alors je parle du cours avec Grand Prix et ainsi de suite Tu prends 1000 décisions sur la course et qui peuvent à la fois te laisser dans la course ou au contraire t'en sortir complètement. Il suffit d'une erreur de trajectoire, une relance que tu loupes, tu loupes le pack et c'est terminé pour toi. Alors que sur le long, effectivement, tu as aussi de plus en plus, donc ça, ça rejoint la dynamique à la place et non plus au chrono. Quand tu prends les décisions sur le long qui ne te concernent que toi, par contre, cette fois, tu peux toujours un petit peu te rattraper puisque la durée de l'effort fait que, effectivement, c'est un petit peu ça qui est... qui fait évoluer le bazar dans le bon sens, j'ai l'impression en tout cas. Maintenant par contre, il y a une quinzaine ou une vingtaine d'années, la densité n'était pas ce qu'elle était. Tu parlais de Montoya, de Raphaël, qui avait une capacité à courir deux minutes plus vite que toi. Aujourd'hui, c'est des gens qui courent deux minutes plus que toi, ils ne sont pas juste deuxième, ils sont vingtième ou trentième. Tu parlais très justement d'Alex et de Eden. C'est aussi parce que Le cours, c'est devenu un sport individuel d'équipe, quasiment depuis 2012, en tout cas au JO. Pour la petite anecdote, pour l'équipe d'Angleterre, par exemple, ils étaient trois. Les trois premiers, c'était les frères Branly. Puis tu avais le troisième, c'était Tim Dunn. Mais Tim Dunn n'a jamais pris le départ chez lui. Tout simplement parce qu'il voulait absolument un poisson pilote.
- Speaker #1
Au jeu de Londres, c'était Stuart Ice.
- Speaker #0
C'est Stuart Ice qui a pris la place de Tim Dunn.
- Speaker #1
Le rôle de Tim Dunn. Oui, c'est ça. En fait, si c'est vrai qu'il a fait rouler sur ça, il ne prend pas de serre en derrière. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Et quand je disais que c'est un sport individuel d'équipe, c'est un peu comme en vélo, il y a des nageurs-rouleurs. Un peu chez les Français aussi, quand on regarde bien, à l'époque d'Olivier Marceau, il y avait... J'ai perdu son nom, qui habite du côté de Toulon, je crois, qui était un énorme rouleur et un énorme nageur. Par contre, on savait qu'en course à pied, il n'allait pas au bout, mais il ramenait les Sylvain Daudet et les Olivier quand il avait besoin. Et c'était un petit peu différent. Là, aujourd'hui, Eden et Alexis, si jamais ils sont sortis de la natation, il faut qu'il y ait de la main d'œuf quand même pour ramener sur le premier pack. Sinon, l'espoir est trop gros.
- Speaker #1
Souvent, c'est eux qui roulent. Souvent, c'est eux qui roulent finalement. Après, ils sont tellement forts à vélo aussi.
- Speaker #0
Bon, Eden et Alexis, on parle quand même de deux extraterrestres qui sont capables de faire des choses hors du commun. mais à l'époque des Branly qui ont vraiment révolutionné le cours les mecs c'était des énervés et des animaux sur la natation, sur le vélo et la course à pied, quitte à se faire sauter mais avant ils avaient fait sauter tout le monde donc ça c'est l'évolution du tri justement les chronos par contre excuse moi je te coupe juste sur un truc c'est que c'est vrai,
- Speaker #1
on en parlait juste le sujet d'avant le fait de devoir prendre 1000 décisions à la seconde sur cours tu dois le voir sur mes réseaux, je m'entraîne avec Nathan
- Speaker #0
Gerber
- Speaker #1
du coup et chaque fois on en discute parce que tu vois des fois on va nager ensemble, on a par exemple une série identique mais on la fait pas à la même intensité parce qu'on en parlait c'est vrai que quand t'es professionnel sur long, sur 73 en tout cas la dynamique se fait comme sur un cours à l'époque comme il m'expliquait Nathan il me disait qu'en fait aujourd'hui quand il prend le départ dans 73 c'est plus dans l'optique de gestion, c'est dans l'optique de dynamique de dynamisme, en fait il est obligé dans tous les cas de se mettre 100% pour prendre les bons pieds pour prendre le bon wagon à vélo parce qu'aujourd'hui sur 73 ça va trop vite et c'est pour ça que c'est rigolo c'est qu'on préparait par exemple la même course à Aix mais lui il préparait quelque chose de très spécifique avec des intensités assez hautes parce qu'il savait qu'il fallait qu'il ait une dynamique et qu'il suive la dynamique alors que moi j'étais dans la préparation de mes allures donc beaucoup plus basse alors que finalement peut-être qu'en natation j'aurais pu être à ces allures aussi mais parce que finalement moi je prépare une autre course Je ne prépare vraiment une course face à moi et pas face à d'autres personnes. Donc c'était rigolo de voir aussi qu'entre professionnels et amateurs sur longue distance, on ne prépare pas du tout la même chose et les mêmes intensités. Donc ça m'a fait penser à ça parce que lui, il disait que même sur Alpes, il a toujours ses réflexes de courte distance, de devoir aller choper la roue de Rico Bogan qui passe, de ci, de là. Alors que nous, quand on a un amateur qui passe et qui roule comme un porc, moi je ne suis pas là en train de me dire qu'il faut que je prenne la roue. je me dis simplement, il va sauter à pied. Tu vois, la différence qu'on a. C'est rigolo, mais...
- Speaker #0
En même temps, quand tu vois Rico Bogan qui te passe et que tu as le réflexe de lui sauter à la roue... Il faut déjà pouvoir le faire.
- Speaker #1
Il faut déjà avoir... Tiens, c'est Rico. Oh non, vas-y. C'était une plaisanterie. Effectivement, les curseurs se déplacent de plus en plus. Quand on voit l'évolution des chronos, même sur les dix dernières... Allez, on va dire les cinq dernières années sur le marathon, sur le full, c'est un truc de ma boule. Avant, tu courais 2,40. Tu étais quasiment assuré d'être sur le podium. Aujourd'hui, tu cours 2,40. Tu t'éclates. Tu es top 10, voire même top 15. Et ça, c'est parce que la génération du cours, peut-être sur laquelle tu étais, est venue semer un petit peu le bazar. Et du coup, toi, comment tu gères cette arrivée sur le full ? Parce que tu as une idée, du coup, tu sais comment ça se passe. En plus, tu sais que le long et le marathon, ça va être une partie de plaisir, c'est ça ? D'après ce que j'ai cru comprendre, tu le sais que ça va être une partie de plaisir.
- Speaker #0
Ça va être génial.
- Speaker #1
Comment tu gères l'aspect ? performance à l'entraînement parce que tu sais que tu fais pas des choses extraordinaires le jour de la course tu fais des choses extraordinaires le jour de la course parce que tu les as fait à l'entraînement donc tu sais qu'il faut passer par des séances longues des séances tempo et quand tu passes du tempo pour du marathon tu fais pas un footing de 4 km donc comment tu gères ça toi ?
- Speaker #0
Je voulais faire une vidéo, enfin je vais faire une vidéo dans pas longtemps sur mes réseaux, en parlant de ça on s'est parlé de la préparation différente entre 73 et full euh Moi, ce que j'apprécie énormément sur Full, c'est que finalement, quand tu es passionné par ton sport, tu passes beaucoup de temps à l'entraînement. Et moi, c'est ce que j'adore le plus. Malgré le fait qu'il y ait des intensités, les intensités ne sont pas si élevées. Désolé l'expression, mais tu te fais mal à la gueule de façon plus longue, mais moins intense. Et bon, ça dépend de chacun, mais moi, j'apprécie, j'adore ça. Donc, plutôt que faire une prépa half pour une île, j'ai dû remettre un peu le... le curseur sur des intensités half, et je déteste ça. Enfin, je déteste ça. J'ai plus ce truc là du court distance, tu vois, où à l'époque, il fallait vraiment aller taper des grosses grosses intensités, même en natation, faire des 2x10x50 VMA, je suis même plus capable de le faire presque. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je me rends compte que des fois, quand il faut aller dans des intensités vraiment hautes, j'y arrive plus. Bon, j'ai vieilli aussi, c'est normal, plus on vieillit, moins on peut aller sur des intensités très hautes. Mais en tout cas, là, je le vois. J'ai que 31 ans, j'ai vieilli, je suis encore très jeune. Et pourtant, à l'époque, j'avais une de ces... Non, mais à l'époque, j'avais cette capacité de puissance, et que ce soit en natation, vélo, course à pied, et surtout en natation, en sprint, où j'étais vraiment fort sur tous les starts, etc. Aujourd'hui, je suis toujours fort, mais j'ai plus... Dès que je prends le départ avec des jeunes qui sont sur un Grand Prix, c'est dur, quoi. Et ce n'est pas une question de volonté, parce que j'ai toujours cette volonté. cette niaque et cette intention de mettre du rythme. C'est simplement que le corps ne veut plus marcher de la même manière, je pense. Donc c'est assez spécifique. Mais tu vois, ce que je veux faire comme vidéo et expliquer, parce que je rebondis sur le sujet d'avant, on parlait des réseaux sociaux et de tous les gens qui s'y mettent, et qui s'y mettent sans réaliser ce que c'est. Et moi, je veux faire cette vidéo pour expliquer que, entre se préparer pour un 73 et se préparer pour un full, rien que ça... quand tu veux cibler quelque chose d'assez précis c'est totalement différent en termes de prépa et il y en a beaucoup qui pensent que c'est la même chose ou que c'est facile, il y en a qui se préparent pour un sprint comme s'ils se préparaient pour un full aussi c'est lunaire tout ce qu'on peut voir aujourd'hui et d'ailleurs on peut se rendre compte aussi qu'il y a à boire et à manger pour les coachs sur les réseaux donc c'est dommage mais malheureusement il ne faut pas se faire avoir ça je parle à tous les auditeurs Il faut faire attention de qui te coache, parce qu'aujourd'hui, je vois beaucoup d'escrocs, on va dire ça comme ça, qui n'ont pas de diplôme et qui vont donner des préparations lunaires. J'ai déjà récupéré des athlètes à regarder leurs prépas, etc., ou parler avec des athlètes. Quand tu regardes leur planification, tu te dis, mais ce n'est pas possible. Il ne t'a pas mis ça, quoi. Ben si. Et en fait, tu te dis, OK. Tu ne vas pas creuser pour savoir le diplôme du mec, mais tu te dis, OK. C'est vraiment que du coup, il y a tellement de demandes aujourd'hui en triathlon et pas assez d'offres en termes d'entraîneurs qu'il y en a beaucoup qui tirent leur épingle du jeu parce qu'ils se disent « Ok, je vais lancer mon business là-dedans et ça fonctionne. »
- Speaker #1
Alors, il n'y a pas assez d'offres en termes d'entraîneurs. Je pense que l'offre est pléthore, au contraire. Par contre, je pense que, en tout cas, c'est ce que j'essaye moi de mettre en avant avec les athlètes avec qui j'ai l'occasion d'échanger. Pas forcément les miens, mais quel que soit l'entraîneur sur lequel ils vont se diriger. L'objectif, c'est de trouver un guide. Donc, c'est déjà avoir qu'il ait un minimum d'expérience et si possible, un minimum d'empathie. Et ça veut dire de l'empathie, être capable de vivre pour l'athlète ce qu'on va lui faire vivre. Et donc, ça veut dire de l'avoir vécu. Et il faut avoir les bases en termes de formation, ce que tu es en train de faire, et d'avoir les bases en termes de vécu, quelle que soit la distance. Si tu as un full et un half dans les poches, tu sais déjà à quoi ressemble la prépa et à quoi va ressembler la course. Par contre, si tu es... Alors, je suis désolé, je vais taper un peu fort, mais si tu es kiné et que tu as fait deux halfs, je suis désolé, tu n'es pas prêt à vendre une préparation pour... Un athlète qui n'a jamais fait de triathlon et qui veut se préparer pour un full dans deux mois. Et malheureusement, effectivement, on a tendance un petit peu trop à... Enfin, on a tendance. Les athlètes qui découvrent, qui sont un peu comme des lapins dans les feux de voiture, ils ont énormément de choses à découvrir. Ils vont vers les gens qui présentent bien les choses. Mais par contre, entre l'expérience et la formation, souvent, ça bug un petit peu. Est-ce que... Oui, c'est ça. Tu parlais de l'offre qui n'est pas pléthore. Alors moi, j'ai un petit peu le vécu de l'autre côté. Au contraire, j'ai l'impression qu'il y a 10 coachs par jour qui sortent sur les réseaux. Il n'y en a pas forcément autant de bons. Et toi, tu prends la décision, et je trouve que c'est la très bonne, d'aller vers ce métier d'entraîneur et tout de suite de t'associer. J'espère qu'il nous écoutera et qu'il fera coucou à Martin. Et je pense que c'est une très bonne vision de ne pas faire un truc tout seul, de ne pas partir tout seul. Comment toi, tu es entré dans cette dynamique de, tiens, je vais passer de triathlète ? un petit peu performant et de groupe,
- Speaker #0
on reviendra tout à l'heure sur la notion et de groupe performant et pro à tiens je vais transmettre ça parce que c'est chouette d'avoir envie de transmettre alors il y a deux choses c'est que déjà tu vois pour revenir à cette offre quand je dis ça c'est que je parle il n'y a pas assez d'offres pour des entraîneurs comme tu dis qui ont du vécu ou qualifié, tu en as beaucoup mais justement je prends au pif, sur 10 coachs, tu dois peut-être en avoir 4 qui sont vraiment qualifiés, qui peuvent vraiment te donner quelque chose de bien en termes d'athlète. Donc oui, il y a beaucoup d'offres, mais malheureusement, pas assez d'offres qualifiées, on va appeler ça comme ça. Après, c'est vrai que tu vois, j'ai eu l'occasion cette année en me renseignant pour ma formation, pour du coup devenir entraîneur. L'organisme dans lequel je suis allé pour faire ma formation m'a proposé directement de passer par exemple de DGEPS. Ils m'ont posé des questions et en soi, ce qui m'a fait... tout de suite réalisé quelque chose, c'est qu'ils m'ont posé des questions par rapport à Pierre, athlète, et ils se sont dit « Attends, il a du vécu en triathlon, donc il peut coacher. » Moi, dans un raisonnement que j'ai eu avec Martin, parce que j'ai beaucoup échangé avec lui, qui est qualifié, qui est un très bon entraîneur et qui a des très bons conseils, on s'est dit « Non, attends, je ne suis pas qualifié du tout en termes d'entraîneur. J'ai des bases et beaucoup de bases en termes d'athlète, comme tu dis, de l'empathie par rapport à ce que je pourrais donner par rapport à du vécu. » Par contre, en termes de construction, je ne connais rien. Certes, je peux prendre des séances et des choses que les entraîneurs m'ont mis, mais ce qu'il y a derrière la séance, ce qu'il y a derrière le cycle, je ne le comprends pas encore. En tout cas, j'ai des bases, mais je n'ai pas les côtés très pointilleux de savoir pourquoi ils ont mis en place ça. Et en fait, du coup, avec Martin, c'est lui qui m'a orienté là-dessus et je suis content de le dire, de dire non, on va faire les choses dans l'ordre. Je vais passer un BPJ, natation, pour déjà pouvoir encadrer des groupes, pour pouvoir savoir encadrer des groupes, que ce soit des groupes jeunes ou des groupes moins jeunes, mais au moins avoir cette présence d'esprit, d'avoir ce côté pédagogique en présentiel, et donc de pouvoir aussi apprendre des bases de la natation, parce que malgré tout, moi je suis, on va dire, sur le côté très athlète, je suis plus nageur que le reste, c'est mon point fort, et donc je veux aussi... tirer cette épingle du jeu en disant ok je suis triathlète et mon point de force c'est la natation du coup en coach là où je pourrais vraiment aider mes athlètes ça sera sur le côté natation, sachant que c'est là où il y a le plus de points faibles chez les triathlètes maintenant, voilà, donc finalement je me dis je vais me tirer mon épingle du jeu là-dedans donc passer mon BPGEPS natation pour ensuite aller sur un DGEPS triathlon donc faire les choses dans l'ordre et Martin qui est mon coach et Martin avec qui du coup j'échange et me forme un peu sur le tard, enfin voilà je pose beaucoup de questions on le fait en... off pour simplement comprendre certaines bases et tu vois, je vais être tout à fait franc avec toi, on a commencé il m'a commencé à me dire, bon ben voilà, prends ton frère prends un autre athlète, un pote etc. Et en fait il s'est tout de suite rendu compte qu'en effet je n'avais pas les bases qu'en effet j'étais pas qualifié il pensait que j'avais plus de bases que ça et moi j'ai pas eu de problème d'ego ou de fierté à dire, ah ben quand il m'a dit Pierre, je pensais que t'étais mieux que ça j'ai pas dit, pourquoi tu dis ça enfin ça va pas, non J'ai dit, si tu le dis, c'est vrai. Si tu le dis, ça veut dire que je ne suis pas qualifié, que je dois bosser. Donc, tu vois, là, j'ai des lectures sur ma table de jeu. J'apprends petit à petit. Je regarde des vidéos. Enfin, voilà, il faut... C'est un travail du quotidien, être entraîneur, tu ne sors pas du chapeau, déjà, parce qu'il y a des qualités à avoir qui sont naturelles ou pas naturelles. Et au-delà de ça, par contre, ce qui est bien, c'est que tout ce que je suis en train d'apprendre, il y a un truc qui est lié, c'est que oui, mon vécu et mon empathie font que je comprends beaucoup plus vite, je pense, que quelqu'un qui s'y met à peine. Parce qu'il y a des choses, tout de suite, tu lis, il y a des situations que tu as vécues toi-même ou que tu as pu vivre à travers d'autres athlètes. Tu dis, ah d'accord, c'était ça, en fait. Martin m'a fait bosser ce cycle-là l'hiver dernier, à ce moment-là, pour ça, à force de s'instruire. Et du coup, je trouve ça ultra bien. Et moi, j'adore, ça me passionne forcément, vu que c'est ma passion aussi, de voir ce qui est caché derrière l'entraînement. Et quand je dis ce qui est caché, c'est caché derrière des cycles et toute une construction hivernale à travers une préparation que je ne voyais pas en tant qu'athlète. Il faut le dire, quand on est athlète et qu'on suit un plan d'entraînement, très rares sont les fois où je demandais pourquoi je faisais cette séance. J'allais à la piscine, je faisais ma séance, c'était basta. Là, maintenant que je veux devenir entraîneur, dès que je fais une séance, j'essaye de comprendre pourquoi je fais cette séance, quel intérêt elle a, et surtout quel intérêt elle a à travers les autres. Parce que forcément, ce n'est pas une séance qui va faire que tu travailles sur quelque chose, c'est tout un groupe de séances. Et donc voilà, c'est ce qui me passionne maintenant aujourd'hui. Et de base, je t'avoue que par rapport à ta question initiale, pourquoi j'ai fait ça, pourquoi j'ai voulu être entraîneur, c'est plus pour les jeunes, initialement. Parce que, comme tu disais au tout début, j'aurais aimé moi à l'époque avoir un entraîneur, j'en ai eu un, mais un entraîneur qui était très, très tourné aussi vers l'humain et pas que sur le triathlon. Qui était vachement tourné vers le minot, en fait, ou vers l'adolescent. qui préparait son bac, qui préparait son brevet, et qui était du coup très tourné vers la vie, et pas que vers le sport. Donc moi, j'ai envie d'être cet entraîneur-là aussi, de faire attention à mes athlètes à travers leur vie perso. Pas que leur vie, pas être psychologue, mais vraiment leur faire comprendre que, tu vois, moi, dans tout ce que je fais, avec les deux, trois athlètes que j'ai, chaque fois, c'est leur demander, est-ce que ça va ? Question bête, hein ? Mais en fait, il s'est peut-être embrouillé avec madame à la maison ou il y a peut-être eu un bordel dans son boulot qui fait que sa séance à pied, il va la subir, qui fait que sa séance nat, il va la subir. Et ça, malheureusement, je pense, il n'y a pas énormément de coachs qui font attention parce que c'est très facile de créer une planification. Mais la planif, elle joue par rapport à beaucoup d'autres choses à côté. Et donc moi, si j'ai voulu faire ça, c'est aussi parce que je suis très humain, je suis très tourné vers l'humain et je suis quelqu'un de très sociable. J'adore. faire des nouvelles rencontres. Quand tu m'as proposé le podcast, pas une fois, j'ai dit non. C'est génial d'échanger sur sa passion. Et donc, l'objectif, c'est d'essayer de donner ma passion, que ce soit aux gamins ou aux adultes, mais de toujours faire ça avec bienveillance avant la performance.
- Speaker #1
Je pense que tu as compris ce que je voulais dire. Oui, tu m'allumes les étoiles dans les yeux, parce que s'il n'y avait que des entraîneurs comme toi, je déteste le mot coach, mais s'il n'y avait que des entraîneurs comme toi qui étaient à la fois entraîneurs, Mais aussi, dans le mot coach, il y a le bon côté coach. À la fois guide un petit peu, voilà, un petit peu les espèces de garde-fous. Attention, tu es en train de te perdre ou tu vas te cramer les ailes. Effectivement, je pense que ce sont des questions qui sont à poser aujourd'hui. Moi, je connais des gamins qui ont 16-18 ans et qui courent déjà 150 bornes par semaine. C'est des trucs, il y a 15 ans, qui sont inimaginables. Si tu fais ça à 18 ans, tu vas faire quoi à 20 ans ? Ou si tu veux progresser, si tu as ton plafond de verre, comment tu vas faire ? C'est assez bluffant. Tu es passé par le Triathlex, ton club initial, et tu es passé par le Krebs de Boulouris. Justement, est-ce que tu as des références comme ça de qui tu voudrais mettre en avant, des belles rencontres en tant qu'entraîneur ? Moi, je sais que ce qui m'a fait briller dans ce sport-là, c'était les gens qui étaient sur le bord, qui nous guidaient quand on était sur le vélo. C'est ça qui te fait un petit peu mettre la graine dans le terrain.
- Speaker #0
Il y en a deux entraîneurs qui tout de suite me viennent, c'est Nicolas Becker, qui a été mon entraîneur pendant 4 ans à Boulouris, et qui, j'ai toujours dit, était un espèce de second papa. Parce que si je dis ça, c'est que forcément, il avait un aspect autre qu'entraîneur. Parce qu'en fait, quand tu as 13 ans et que tu vas dans un internat faire du sport, il faut quand même un espèce de guide, comme tu le disais. qui ne te guide pas uniquement à travers la perf, mais qui aussi a les bons mots quand il le faut, parce qu'une prépa c'est long, et parce que tu es loin de tes parents, et parce que tu es loin de tout ça, tu es au collège, j'étais au collège quand j'étais rentré au Creps. Et en fait, Nico a toujours eu les bons mots, a toujours eu, malgré tout, cette bienveillance aussi. Je n'avais pas l'impression d'avoir un coach. Il existe des coachs qui ont presque peur d'eux. J'ai de la cagasse. Oui, mais c'est rare. Tu en as certains, tu n'as presque pas de relation avec eux, de relationnel. Nico, c'était tout le contraire. Et je me souviens, par exemple, il y a un truc qui a fait écho chez moi, c'est qu'en 2010, quand je fais champion de France minime de triathlon, La semaine d'avant les Champs. Et de duathlon, et d'aquathlon. Les championnats de France... La semaine d'avant les championnats de France, on était en train de nager, et il m'a arrêté à l'autre bout du bassin à Saint-Raphaël. Je n'ai pas compris pourquoi, parce qu'on était en séance. Et en fait, il m'avait dit... Enfin, il m'avait dit, ça va ? Et que c'est vrai, je dis, oui, ça va, je suis en forme, machin. Et il m'avait dit, est-ce que ça te fait peur de faire la course tout seul ? Moi, j'avais dit... Et avec beaucoup d'humilité, j'avais dit... Non, ça ne me fait pas peur, mais je ne la ferai jamais tout seul. Je dis non, je serai, je vais être avec du monde. On a tous le même niveau, on va faire la course. Nico, il m'avait dit si ça ne te fait pas peur quand même, essaye de visualiser, de te préparer un peu au cas où le scénario arrive, de devoir t'y mettre et de devoir faire la course tout seul. Il m'a dit je pense que tu es prêt. Et tu vois, il a eu ce discours qui, sur le moment, moi, je me disais il est fou. Je suis reparti nager, je dis il est malade. À quel moment je vais faire la course tout seul ? Cette course, je la fais tout seul. Il l'avait peut-être vu à travers le niveau ou autre. Je l'avais fait tout seul. Et dans la course, à partir du moment où je sors de l'eau, j'avais 23 secondes d'avance, je m'en souviens très bien. Qu'est-ce qui a résonné tout de suite ? C'est presque... Ce qu'il m'a dit, c'est maintenant, il faut que je le retranscrive. Et du coup, ça m'a permis de faire la course seul, sans pression, vraiment une course parfaite. Et je ne pense pas que tous les entraîneurs seraient venus me voir à cette échelle, même s'ils avaient vu le potentiel du gamin. Ils ne seraient pas tous venus à préparer l'athlète de façon positive pour qu'il arrive à réaliser son objectif aussi parfaitement. Et donc Nico Becker m'a beaucoup marqué à travers ça et à travers d'autres interventions. Il était de temps en temps très dur, mais c'était rare. Il avait beaucoup plus ce côté, encore une fois, bienveillant pour te mener vers la performance. Et le deuxième entraîneur, elle s'appelle Caroline Skaten, c'était à la même époque l'entraîneur motré-athlèque qui, Caro, venait du pentathlon moderne. en équipe de France et c'est mieux au triathlone par la suite. Aujourd'hui, son fils est au triathlexe et on échange beaucoup parce qu'en fait, je sens aussi encore aujourd'hui qu'elle veut m'accompagner dans mon processus d'évolution en tant qu'entraîneur. Je sens que ça lui tient à cœur parce qu'elle m'a vu grandir Mino, elle m'a fait grandir Mino en tant que triathlète et aujourd'hui, elle veut aussi m'accompagner en tant que coach parce que je suis persuadé qu'elle sait que je peux apporter, par exemple, à son gamin via le vécu, comme tu disais. Et donc, elle veut presque que je l'accompagne avec elle pour que son gamin soit le plus épanoui possible et le plus performant possible. Donc, ces deux personnes-là, tu vois, m'ont énormément marqué et sont aujourd'hui encore... Nico Becker, je n'ai plus du tout de contact, mais ça me ferait un énorme plaisir de le croiser, tu vois. Et Caro, oui, par contre, je l'ai croisé et ça fait, au mémoire, plein de souvenirs. Et bizarrement, ces personnes-là, je n'ai pas des souvenirs, des mauvais souvenirs entre elles. Pourtant, il y en a, tu vois, comme on disait dans ma jeunesse. J'ai beaucoup de mauvais souvenirs par rapport à certaines personnes, dont je tirerai le nom. Eux, pas du tout. Je n'en ai pas du tout. Donc, ça veut dire que c'est positif.
- Speaker #1
OK. Merci beaucoup pour l'anecdote. Nico Becker, pour ceux qui ne connaissent pas, je ne sais pas si c'est toujours le cas, mais il a été longtemps responsable de l'équipe de France para. Je ne sais pas s'il n'est pas passé responsable perf tout court maintenant. Je ne suis pas sûr de ce que je dis. Il me semble aussi. et effectivement c'est souvent ces instincts là et ça ça s'apprend pas je pense que tu peux faire toutes les formations du monde quand tu passes du temps avec les athlètes que tu commences à les connaître en dehors du côté sportif c'est là où ça devient hyper intéressant et je pense que du coup en tant qu'entraîneur et je pense que tu vas aussi entraîner à distance, tu vas pas entraîner qu'en présentiel des fois rien qu'avec le téléphone ce que tu disais tout à l'heure on ne peut pas plus vrai le bonjour ça va Des fois, rien qu'à l'intonation de l'athlète que tu as en face, tu sais s'il y a quelque chose qui s'est passé à côté ou pas. Tu ne parles pas du sport, tu ne parles pas d'autre chose. Et c'est là où l'entraîneur devient vraiment le repère. Super. Et du coup, petite question indiscrète, ta rencontre avec Martin, elle s'est faite comment ?
- Speaker #0
Au Triathlex, très naturellement. Il était au Triathlex avec Pauline et il avait sa structure... à côté il entraînait un autre pote à moi qui s'appelle Eli qui est au Triathlix également et en fait moi je me faisais entraîner par Valentin Deschamps Gaillot qui entraîne Cantabaro, qui entraîne Casimir Moine etc et en fait j'ai voulu changer pas simplement parce que Valentin par exemple était incroyable moi j'adorais beaucoup sa façon de coacher mais c'était plus aujourd'hui j'aime bien c'est terrible de dire ça comme ça, je pense que tu vas comprendre l'image aller piter un peu à droite à gauche pour voir comment sont les entraîneurs comment ils fonctionnent et moi je suis plus curieux par ça je cherche pas l'entraîneur parfait pour moi je sais que je veux pas devenir très athlète professionnel comme je fais que le dire, donc je cherche pas la perfection en termes d'entraîneur je cherche la bonne personne qui correspond vraiment à mes valeurs Et Martin, je l'ai trouvé, je l'ai rencontré du coup au Triathlex, et à travers plusieurs échanges, à travers une course, à travers IRONMAN Dex 2024, qu'il a fait lui en tant qu'athlète, on est arrivé très proche avec Eli, tous les trois dans un mouchoir de poche, ça nous a forcément rapprochés, on est allé au championnat du monde à Marbella ensemble, et du coup en fait, à force de discuter, à force de ci, à force de là, lui il me lâchait des petits des petits trucs pour dire, putain, tu pourrais progresser là-dedans, etc. Je me suis dit oui, pourquoi pas essayer avec lui. Et aujourd'hui, j'en suis très content. Je le dis, Martin est très, très... Comme on disait, c'est un fou de data, lui. Dès que je finis une séance, j'ai déjà un message en mode t'as passé trop de temps dans ta Z4, j'en sais rien. Vraiment presque, il bouffe de la data, il connaît tout. Quand j'étais entraîné par Valentin, il connaissait toutes mes séances. alors que je n'étais pas son athlète. Donc je l'ai rencontré comme ça et aujourd'hui, oui, j'en suis très content. Et oui, humainement, on s'entend très bien et moi, c'est ce qui compte le plus, comme je t'ai dit. Je préférerais avoir un entraîneur qui m'aurait fait faire 4h10 avec cette année, mais qui humainement colle plutôt que faire 4h05 avec un con. En gros,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
C'est le principe.
- Speaker #1
C'est géant. Et du coup, je rebondis aussi sur ce que tu viens de dire un petit peu en arrière. tu as dit je cherche plus maintenant en tant qu'athlète à comprendre telle séance, pourquoi et ainsi de suite, est-ce que du coup cette formation que tu entames parce que comme tu disais tu es au début de ton chemin même si tes formations sont peut-être déjà avancées est-ce qu'elle ne t'a pas transformé en tant qu'athlète tout court ?
- Speaker #0
Alors actuellement non parce que le BPGEPS que je passe finalement il n'est pas lié au côté physio, au côté entraînement BPGEPS c'est vraiment lié à ce côté animateur, éducateur Merci à vous. donc non, par contre ce que j'apprends à côté à travers moi, mon travail perso et un peu avec Martin, mais à travers de la lecture à travers tout ça j'ai hâte de retranscrire en formation pendant le DGEPS pour avoir une personne avec qui échanger et comprendre des personnes dans la classe, mais actuellement c'est juste mes lectures et mes visionnages de vidéos qui font que j'essaye d'interpréter ce que je fais à l'entraînement et de comprendre ce que je fais à l'entraînement, donc je pense des fois il y a des trucs biaisés parce que Je vais peut-être... mal compris certaines choses, et je le fais tout seul, il y a peut-être des choses que je comprends mal, mais malgré tout, ça me fait avoir de l'expérience. Alors aujourd'hui, comme je te disais, je l'ai là, juste au-dessus, et c'est Martin qui me l'a prêté, la Bible du triathlon de Joël Friel, tu as dû le voir, ce bouquin. Qu'on le veuille ou non, sur une base, on va dire vraiment une base, je trouve ça génial quand tu pars de zéro et tu essayes de comprendre comment ça fonctionne, tout ça. c'est con, pourtant encore une fois j'ai du vécu en tant qu'athlète, je fais du triathlon depuis que j'ai 4 ans pourtant ce bouquin des fois il m'apprend des choses et pourtant c'est une base on va pas chercher des trucs très profonds mais ça m'apprend des choses parce que encore une fois je l'ai que vécu en tant qu'athlète donc aujourd'hui je t'avoue que mes séances je comprends mais je pense comprendre peut-être 50% de ce que je fais, donc j'ai hâte de pouvoir vraiment me former sur une formation telle que le DGEPS pour aller encore creuser, Et comme on disait aussi au début de la vidéo, le triathlon évolue tellement vite que je pense que de toute manière, tous les ans, et tout bon entraîneur est censé apprendre tous les jours et tous les ans sur les nouveautés, mais pas que, sur l'expérience.
- Speaker #1
Je sais forcément que tu es sur le bon chemin parce que si tu es capable de dire ça maintenant, il y en a qui sont là depuis 20 ans ou 30 ans. Il fonctionne encore à l'Excel. Ce n'est pas que les outils. Il y a des entraîneurs aujourd'hui qui font des plans d'entraînement payant et ne savent pas comment marche un capteur de puissance. Je pense que ce n'est juste pas possible. Donc oui, il faut vivre avec son temps. Et le métier d'entraîneur, je suis désolé, par contre je vais mettre des cailloux dans ta chaussure, mais je pense pour moi que le DGEPS triathlon, c'est juste un permis de conduire. En gros, c'est quelque chose qui va être... une super base. En plus, je suppose que tu vas le faire sur X. Donc, tu vas avoir un super cadre, tu vas avoir des super intervenants. Mais moi, j'en suis sorti, il y a plus de 10 ans, j'en suis sorti frustré. Et c'est sur les formations que j'ai faites après où je me suis dit, c'est vraiment... C'est le permis d'apprendre, en fait. C'est le permis d'apprendre. Mais en tout cas...
- Speaker #0
Tu vas me dire, toi, avec ton recul d'entraîneur, mais je pense que de toute manière, l'apprentissage en termes d'entraîneur se fait à... Je ne vais pas donner un pourcentage au pif, mais peut-être 70% sur le terrain et avec ce que tu apprends au fil des années, de toute façon. Donc ça... il n'y a aucune formation je pense qui peut t'apprendre certaines choses, il faut le vivre et il faut le vivre à travers des individualités surtout exactement,
- Speaker #1
mais c'est ce que tu disais c'est le fait de ce déjà toi déjà t'as beaucoup d'avantages parce que t'auras eu plusieurs entraîneurs donc effectivement c'est une super façon de voir les choses tiens il y a lui, il y a sa méthode et tu t'appropries les bonnes choses et c'est comme ça que tu te transformes en fait et que tu évolues et puis après tout ce que tu vas découvrir et apprendre à découvrir au fur et à mesure et Par contre, en tout cas, moi, j'ai été un petit peu frustré par le côté francophone de la chose. Je sais qu'en France, on a des très bons entraîneurs, mais je pense que la plupart des bons entraîneurs ne sont pas allés chercher des choses sur le cursus français. Donc, je ne sais pas si c'est dans tes projets ou pas, mais quand je t'entends parler de la Bible de Geoffriel, à mon avis, c'est plutôt du côté anglophone.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça se passe quand on voit tout ce qui est donné en termes de data. Si tu veux être à la page, si tu veux lire de la data, c'est en anglais. Enfin, globalement, Caroly, on est tous à lire des études. Les études, elles sortent principalement en anglais. Et en plus, c'est tellement un vocabulaire technique spécifique. Si jamais tu n'es pas un peu pointu dans le domaine, tu risques de passer à côté de l'information. Quand je vois Caroly, il dit, oui, il y a des fois, je lis des trucs plusieurs fois parce que j'ai peur de ne pas les comprendre. Quand tu vois Caroly, il dit ça, il dit wow. Si lui, il n'a pas la peur.
- Speaker #0
Si il les lit trois fois, toi, tu dois le lire dix fois des fois. Pour le coup, c'est l'entraîneur scientifique du triathlon avec Rémi Rivet, etc. Il y a certaines choses, moi, c'est ça qui est passionnant aussi. C'est que des fois, tu lis trois fois le truc, quatre fois le truc. Tu te dis, attends, attends, attends, c'est ce que j'ai bien compris. C'est ça qui est passionnant, finalement. C'est de voir que tu ne tiltes pas, quoi. Tu ne tiltes pas d'un coup et ça, c'est cool. Sinon, ce serait trop facile. Tout le monde pourrait le faire également. Donc, c'est là où on croit. Moi, ce que j'adore, c'est que je suis passionné de triathlon depuis toujours. Et là, je découvre l'autre côté de la passion de triathlon. Je ne sais pas comment expliquer. J'étais passionné en tant qu'athlète, en tant que coureur, en tant qu'apprendant à se dosser à recourir. Et là, je découvre, plus j'apprends, plus le côté passion, de faire des planifs, de comprendre ce qu'il y a derrière. Tu vois, la dernière fois, je me suis mis là. Moi, je suis sur la plateforme Nolio et je suis là en train de faire mes séances, d'essayer de comprendre, de supprimer, de remettre. Ça, j'adore. Je me dis, attends, j'ai mis ça, mais pour quel point ? Non, en fait, non, ce n'est pas bon. Et puis, c'est génial. C'est des questionnements tout le temps, Et c'est de la curiosité et j'adore ça. Ce n'est pas chelou, encore une fois.
- Speaker #1
Ok, excellent. Alors, je sais que Martin, c'est ton entraîneur. Mais du coup, je vais poser une question à Pierre l'athlète et à Pierre le coach. C'est quoi le plan pour Cash Case ?
- Speaker #0
Le plan de la course ? Pour prendre la course ? Pierre l'athlète, et ça je vais même des fois aller contre le coach, c'est vraiment de l'introspection et vraiment de la gestion plus plus plus. Je peux même donner des horaires. J'ai vraiment ce truc de me dire, ok, je peux nager entre 50 et 54 minutes, par exemple. mais je préfère nager 54 en sortant très frais que 50 en étant déjà un peu attaqué. Donc le plan, c'est vraiment déjà premièrement d'être dans une vision et dans un état d'esprit où je fais la course contre moi. Et j'ai des collègues qui le font avec moi. J'ai Rémi Comte, j'ai Nathan Menand, donc des anciens pros qui sont des machines de guerre. Et il y en a plein qui m'ont dit, tu vas partir avec eux. J'ai dit, ouais, pourquoi ? Si je pars avec eux, peut-être que je vais prendre la vague avec eux, la première vague, pour bien nager, pour qu'on nage ensemble. Je dis par contre, on monte sur le vélo. Non, non, si Rémi met 300 watts au début, je ne vais pas le suivre. Je ne suis pas débile. Donc Pierre l'athlète, il est vraiment lié à la séance à pied d'hier, par exemple, à vraiment beaucoup de gestion, beaucoup de connaissances perso. On parlait de sensation, de cette chose-là, parce que malgré tout, on en a fait des milliers de kilomètres dans les trois disciplines. Donc, je veux vraiment poser le vélo parce que pour moi, la vraie course, vu que c'est mon point faible, va vraiment démarrer presque en posant le vélo. À me dire, j'ai bien roulé. Donc, tu vois, je vise, je vais prendre une fourchette très large. Je vise entre 4h35 et 4h55. Je veux vraiment dire... J'ai posé le vélo, j'ai fait un très bon vélo, bonne gestion, pas grillé de cartouche, partir sur le marathon et je voudrais partir sur le marathon, c'est un rêve, faire un espèce de negative split qui m'étonnerait fort mais on ne sait jamais, et partir sur du pace en 4.20, 4.25 sur les premiers 5-10 bornes. Et je sais que moi maintenant je suis un diesel, tu vois ce que je te disais tout à l'heure, je suis un vrai vrai diesel, je l'ai encore senti sur ma séance à pied d'hier. C'est-à-dire que les premiers bornes sont toujours difficiles sur la course à pied, le vélo. et une fois que c'est vraiment lancé musculairement je sens que je peux encaisser et donc je peux y aller et donc c'est ce qui s'est passé aussi sur le semi si je vois qu'au 30ème là où ça devient dur enfin en tout cas c'est là où ça devient le plus dur au 30ème j'ai encore comme hier j'ai encore de l'énergie musculaire, j'ai encore une FC maîtrisée et tout alors là je sais qu'il n'y a rien qui peut m'arrêter je peux presque courir aussi vite le 10 bornes de la fin du marathon que si tu mettais un 10 bornes autre être long comme Aix en fait, c'est devenu très automatique un gros plaisir un gros truc à me dire mais putain c'est magnifique je suis là, je cours fort j'ai repris il y a 3 ans, je me fais passer plein de messages d'auto-messages personne qui m'a obligé d'être là je me fais kiffer et donc je suis capable et sans bouffer de gel, c'est à dire qu'il y a ça aussi on n'a pas parlé de la nutrition dans l'évolution mais tu vois je vais être capable d'oublier de manger de gel, d'oublier de boire et de faire mon debord en mode full plaisir. Franchement, je me souhaite que ça se passe comme ça. C'est un premier full, donc on verra bien. Donc Pierre l'athlète, il est vraiment sur beaucoup de gestion et beaucoup de plaisir au travers de la gestion. Pas de la perf, vraiment au travers de la gestion. Et Pierre le coach, ou en tout cas Martin le coach, Pierre le coach, on est vraiment sur des stratégies de chiffrer. Donc tu vois, sauf en natation. En natation, finalement, la stratégie... Pour Martin, par exemple, ce serait plus de prendre certains pieds. Peut-être ceux de Nathan ou de nager avec Rémi et Nathan pour déjà avoir une dynamique à trois et pouvoir nager et se prendre des relais ou en tout cas ne pas être seul. Parce que tout le monde me dit que 3800 mètres en natation, c'est long. Et c'est vrai que pour l'instant, je ne l'ai jamais fait en eau libre. Donc, ça peut paraître très long. Mais par contre, sur le reste, on aura des données chiffrées. Et moi, vu que je suis très transparent, je pense qu'on va être autour des 255-263 à vélo normalisés. et certainement autour des l'objectif ultime sur le marathon ça serait de courir en 3-0 3h00 mais je trouve ça très ambitieux donc la course parfaite serait un 3h00 mais pour moi comme je t'ai dit en partant 4'20 4'25 et réussir à finir en 4'13 4'15 courir un 3h10 3h15 franchement sachant que c'est mon point faible et que c'est mon premier IRONMAN et mon premier marathon ça serait déjà magnifique.
- Speaker #1
J'essaie de faire les calculs rapidement, mais même si je fais du médian par rapport à tes prévisions, 52, 3,10 et 4,45, ça fait 9,30, 9,40, quelque chose comme ça ?
- Speaker #0
Non, au moins. Si je fais 4,45, j'en ai mis un trop.
- Speaker #1
4 et 3,7 ? Excuse-moi, j'en ai mis un trop. C'est 8,35. 8,35,
- Speaker #0
8,50. En gros, on s'est dit... sur une course magnifique, bien gérée, sans pépins gastriques, vraiment tout qui est mené à la baguette, un 8h30 serait... Pour moi, je signe des deux mains et je m'arrête là après, si tu as compris, c'est magnifique. Mais en tout cas, l'objectif, on va dire l'objectif global, ça serait quand même de faire un sub-neuveur sur le premier, sachant que QHK n'est pas le plus simple, même si ce n'est pas le plus dur non plus. Si j'arrive à taper un sub-neuveur, je sais qu'en fait, dans mes capacités, par rapport à ce que je passe à l'entraînement, par rapport à tout, Si, encore une fois, c'est bien géré, il n'y a pas de raison que je ne fasse pas 9h. C'est ça qu'il faut se dire. Si je dépasse les 9h, c'est qu'il y a eu un caillou dans la chaussure, comme tu dis. C'est qu'il y a eu une mauvaise gestion quelque part. C'est qu'il y a eu une explosion. C'est qu'il y a eu une mauvaise gestion de la nutrition. Il y a eu quelque chose comme ça. Mais sur le papier, dans les allures que je tiens à l'entraînement depuis cet hiver, à vélo, etc., il n'y a vraiment pas de raison que je ne puisse pas faire ça. donc c'est vraiment la clé ça va vraiment être la gestion et le fait d'être encore une fois beaucoup d'introspection à se dire à pas suivre certaines personnes et à être vraiment dans son effort perso après généralement c'est là où je suis le plus fort c'est à dire de pouvoir s'écouter de pouvoir vraiment s'écouter et savoir quand en mettre et pas quand en mettre donc je dis ça mais le problème c'est que je parle avec zéro expérience vu que c'est un full donc on verra bien faut pas oublier ça arriver à se mettre parce que Merci.
- Speaker #1
Ce qui est intéressant là où tu vas être, c'est que tu vas avoir quand même, à l'époque où on est, une certaine densité. Tu ne vas pas te retrouver non plus tout seul. Donc c'est là où je trouve que c'est complexe. Des fois, tu es à la fois dans la perf, dans la gestion de ton effort, mais tu es aussi un tout petit peu entouré de gugusse, des copains avec les dossards. Donc du coup, rester, c'est vraiment quelque chose d'hyper difficile. Et surtout, j'imagine pour un athlète comme toi qui a eu l'habitude d'un petit peu... pas forcément d'agir, mais de réagir un peu, je pense que ça va demander un vrai effort. Mais en tout cas, moi, je serai là, je te suivrai, avec grand plaisir, je serai la tête sur le tracker. Mais tu vois, par contre,
- Speaker #0
pour finir sur ça, ce qui est rigolo, parce que je n'en ai pas parlé, moi, ma stratégie, ça va être de regarder mon chrono ou mes datas quasiment qu'en course à pied. Sur le compteur à vélo, il y aura la map, tu sais, sur le Garmin, et je le ferai vachement aux sensations. de temps en temps je regarderai mes watts pour savoir si je suis dans le vrai ou pas surtout au début, 10-20 km je vais regarder si je ne suis pas allé au-dessus de ce que je dois faire, mais par contre tout le reste ça va être peut-être dans le guidon sensation, et peut-être au 80 ou 90ème, regarder où j'en suis des watts si je suis dans les clous et logiquement, comme je te dis, vu que mon point de force c'est de savoir me gérer si je l'espère, logiquement je serai dans les clous juste en m'écoutant Bon.
- Speaker #1
tu vois par exemple on parlait d'Atta au début moi ça va beaucoup être sur la frustration sur ce premier full moi j'appelle ça le holy trinity le ressenti d'effort en premier l'AFC et après les allures les vitesses enfin les puissances mais c'est les trois trucs sur lesquels il faut se baser et en premier le ressenti parce que t'as beau avoir mis 250 mais si t'as l'impression que tu forces comme si c'était 270 ou comme si c'était 230 si tu prends une décision par rapport à ça c'est moche c'est moche donc du coup si si t'y vas et tu l'as dit c'était un petit peu ton objectif c'était aussi d'aller chercher le slot si il y a le slot tu prends du coup oui oui là on a déjà tout préparé on a je
- Speaker #0
vais même pas te cacher quelque chose c'est qu'actuellement je suis au chômage donc pour faire ma formation donc j'ai pas les moyens de payer ce dossard mais pourtant enfin bon comme je disais j'ai un papa qui est toujours très passionné et investi Et j'ai déjà appelé mon père à dire « Je te préviens, Akashkai, si jamais je peux pas, si jamais j'ai le slot, il va falloir que tu m'avances. Parce que j'ai pas les moyens de me prendre ce dossard. » Mais à la fois, il sait que c'est mon rêve. Il sait même que ça va au-delà de ça. C'est qu'avec Justine, ma femme, on a prévu de faire un bébé après Hawaï, si il y a Hawaï. C'est-à-dire que vraiment, on s'est dit dans notre couple qu'on voulait que je vive ce rêve avant de pouvoir avoir un enfant. pouvoir être un peu plus tranquille après parce que je pense qu'il y en a beaucoup qui ont vécu peut-être ce truc-là à 40 ans de péter un câble et de se dire j'ai pas fait Hawaii je veux faire Hawaii. Moi j'ai envie de me dire je l'ai fait et même si j'ai envie d'y retourner je l'ai fait et au moins on sait que derrière on peut faire, moi j'aurai une présence d'esprit, je serai très tranquille de me dire j'ai fait Hawaii et maintenant on se met à faire le bébé, si je vais pas faire mes 4 heures de vélo le samedi parce que il y a le bébé, je le fais pas c'est pas grave j'ai fait Hawaii tu vois.
- Speaker #1
La case sera cochée. c'est la plus belle et donc du coup j'imagine que si t'as envie d'y aller tu dois suivre un petit peu l'affaire et là on est mardi matin, la course c'est samedi soir tu la vois comment cette course ? bon toi déjà quel est le rapport d'un athlète du cours sur Kona, comment tu apprécies la chose et puis toi cette course de ce week-end est-ce qu'il y a des athlètes bien sûr que tu connais qui la font mais qu'est-ce qui va devenir comme idée et comment tu penses que ça va se dérouler ?
- Speaker #0
alors déjà cette approche je regarde la course de AZ déjà donc je suis couché 3h ou 4h du match je sais plus mais même après c'est-à-dire quand ça passe la ligne je continue de regarder pour regarder les premières interviews et tout donc je regarde tout donc athlète du cours ou pas c'est connard quoi c'est-à-dire que c'est tellement une course unique tu vois j'en parlais avec Nathan qui est sur place je l'ai eu au téléphone hier il loge avec Pierre Lecor là ils sont tous les 4 avec Alexia Bailly et Chloé sa copine Et du coup, on est resté demi-heure au téléphone à discuter. Je lui ai posé la question. Alors, la chaleur, l'humidité, c'est la première fois qu'il y va aussi. Donc, je voulais savoir vraiment en termes de nouveau ce que ça donnait sur l'île. Et il m'a dit, c'est lunaire. Il m'a dit, on ne connaît pas ça ailleurs. Et je lui ai dit, OK. Et lui-même, tu vois, il a été blessé un peu toute l'année au mollet. Donc, il n'a pas pu beaucoup courir. Et il a tendance à se dire, ouais, de toute façon, je ne peux pas faire de miracle. Et moi, j'ai une vision de cette course parce qu'on l'a vue sur... toutes les années précédentes, depuis que c'est créé, que Kona, je pense que c'est unique. Et il y en a tellement qui se tirent des balles dans le pied, il y en a tellement qui passent à travers, que si tu fais une course pleine, tu as moyen finalement de tirer ton épingle du jeu. Donc par exemple, pour un Nathan, qui sort un peu derrière de l'eau, logiquement qui a un gros vélo et qui court bien malgré tout, je lui dis mec, tant que tu finis dans ton top 15, parce que justement, toi tu as fait ta course et avant ça a explosé. Je lui dis donc, il faut que tu y crois. Il faut que tu y crois à 100% au fait que c'est possible. Ou Damien, le ménager avec qui j'échange pas mal aussi, qui est à côté à Toulon, qui lui, par exemple, a encore moins une bonne natation que Nathan. Par contre, un gros vélo et une grosse course à pied également. Pareil, en fait, c'est des mecs... Damien me disait qu'il était un peu fatigué. Je lui dis, mec, tout ce que t'as passé à l'entraînement, t'es prêt. Il faut juste savoir gérer. C'est vraiment une course à part. Moi, c'est ça qui me passionne à la regarder aussi. C'est qu'en fait, tu as vu, il y a ces trains à vélo, sauf un Sam de temps en temps qui est tout seul devant. Sinon, il y a ce train qui se crée là, de X athlètes qui se suivent à 20 mètres. Et ce qui est passionnant, c'est de voir, une fois que ça pose le vélo aussi, déjà souvent sur le retour, il y a des explosions. Et de voir à pied, en fait, sur ces dix premiers kilomètres, ça t'a les retours avant la bosse. Je ne sais plus comment elle s'appelle la bosse. De voir en fait, tout de suite. qui en a trop mis, qui en a pas mis, parce que ça fait des écarts d'allure au kilomètre par rapport à certains gars, c'est magnifique. Tu parles de la montée de Palani ? Donc c'est ça, c'est au bout de 10 ou 12 bornes, je pense. Oui, c'est ça, c'est 12. Et j'adore voir à partir de là, parce que quand ils arrivent en haut de la bosse, t'as déjà un tri qui s'est effectué, tu vois déjà qui va vraiment peut-être jouer la victoire ou pas. Même si après, c'est très, très long encore. Energy Lab et tout, c'est... Du coup, j'adore. Et cette année, j'adore... En fait, cette année, je trouve que c'est ultra ouvert. Parce que je pense que c'est la première fois qu'on a autant d'athlètes du cours, qui sont aussi... Enfin, d'anciens athlètes du cours, qui sont aussi... Avec autant de densité, on va dire. Il y en a eu des années, mais là, franchement, en favori, il y en a plein. un Blue Enfield Sam Patrick Lang Vincent avec la course à pied qu'il a des fois c'est un mec qui sort des éclats même s'il est assez régulier c'est son premier Kona on sait pas ce ne sera pas son dernier je pense que c'est un mec qui est tellement passionné aussi s'il
- Speaker #1
fait sa course ah oui
- Speaker #0
ça je suis d'accord s'il fait un top 3 ou top 5 peut-être que c'est son dernier par contre si c'est un mec qui ne réussit pas à aboutir sa course à mon avis on le reverra c'est ça tu penses le contraire s'il fait top 3 ou top 5 pour lui la case elle est cochée et du coup il peut ça a souvent été ça ok Vincent pour les jeux il a toujours dit en gros il lisait sa médaille en gros s'il avait coché sa médaille voilà je te dis ça on sait pas je sais pas du tout ce qu'il a prévu mais par contre c'est tellement perfectionné j'ai l'impression que ouais je sais pas s'il fera comme les jeux à se dire il faut que je gagne Kona parce que t'as raison peut-être que s'il fait son top 3 il dira je peux aller chercher Kona je sais pas je
- Speaker #1
le voyais plutôt c'est accessible mais je l'ai pas fait donc peut-être une année de plus qui va pas me coûter trop cher alors que s'il fait top 15 ouais c'est trop dur c'est trop loin et là le sport il a trop changé et peut-être ça sera pas accessible
- Speaker #0
C'est vrai. Non, après, tu vois, moi, en prono, j'espère tout de même, je pense qu'en tant que bon patriote, j'espère quand même que Sam va aller la claquer une fois. Et déjà parce que c'est un bon mec, déjà parce que j'adore sa façon de communiquer, j'adore sa façon d'être. Il se cache de rien. Et ça, c'est bien. Ce n'est pas un athlète qui dit, oui, je ne sais pas, je ne vais pas rouler fort. Non, il ne se cache de rien. Et donc, j'espère vraiment qu'il ira la claquer. Le problème, c'est que je ne sais pas si tu as vu hier la sortie encore de Blumenfeld, la sortie à pied qu'il a faite. J'ai l'impression qu'il informe le cochon. On va voir comment ça se passe. Mais c'est pour ça que j'ai hâte de la voir. Je t'avoue que je suis plus impatient de voir Hawaï que... J'ai un triathlon dimanche, un M, pour me débrider pour Qashqai. Franchement, mon triathlon, je m'en fous. Je crois que c'est le soir, du coup. J'ai envie de me caler dans le canapé. Je vais aller acheter du coca, du popcorn. Il va rester comme ça pour la course.
- Speaker #1
C'est fabuleux. Départ à 18h30 samedi pour ceux qui ne seraient pas au courant, puisqu'il y a un décalage de 12h et ça va finir à 3h du matin, donc vous aurez les yeux comme ça le lendemain matin, mais ce n'est pas très grave. Nous, on sera sur le T24 à Bormes-les-Mimosas. Donc c'est pareil, on va être en train de pédaler et puis après, on va descendre et on va suivre la course de Sam. Et pour la petite anecdote, moi, j'étais à Hawaï en 2022 et 2024. En 2022, je croise Sam. et Blumenfeld, à l'époque, qui se courait un peu après, mais Sam n'avait pas encore fait sa grosse course, puisqu'il fait sa première course en 2022 là-bas, et ils étaient en train de se chambrer. Ah, t'as vu, c'est Blumenfeld qui traverse et t'as Sam qui lui dit, t'as vu, j'ai fait la même sortie que toi. Il dit, ouais, mais moi, j'ai couru 10 secondes plus vite que toi. C'était la petite taquinade, mais on voyait que tous les deux déjà, ils étaient rivaux, mais que c'était plutôt sain. Ils l'ont félicité à l'arrivée, c'est une belle course. Et là, Sam, il arrive avec... Les trois dernières courses, trois victoires, il fait Roth, il fait Lanza, avec des parcours et des records à chaque fois. Effectivement, je pense que là, s'il y a bien une année où les étoiles sont alignées, c'est peut-être cette année. Et ça sera super chouette. Quoi qu'il se passe, ça va être une belle course. Puis du côté de chez les filles, c'est pareil. Oui, chez les filles,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Ça va envoyer du pâté. Kat Matthews, qui est une athlète incroyable, qui finit l'année dernière à quelques secondes, je pense qu'elle arrive avec le couteau entre les dents. Solveig, on a les deux extraterrestres, Lucy et Charles, et on a notre fameuse Taylor qui va nous faire un vélo de fou. Donc ça va être des étincelles. Et hâte de suivre les Françaises aussi,
- Speaker #0
parce que Marjolaine, on va voir comment elle évolue là-dessus. Anne-Sophie, qui est quand même très régulière et très forte. Il y a moyen qu'elle tire son épingle du jeu sur une course aussi difficile. Donc hâte de tout suivre. Franchement, moi je vais avoir deux ou trois écrans et essayer de tout suivre, regarder. le tracker, le ci, le là, ça va être fabuleux génial,
- Speaker #1
excellent j'ai plein d'autres questions mais du coup ça fait déjà une heure et quart et je veux pas trop t'embêter du coup ça sera peut-être un épisode numéro 2 je voulais savoir ce que ça faisait de courir l'Alfdex quand on connait tous les cailloux et je voulais savoir un petit peu ton point de vue sur le sport et du groupe Performer et Athlète Pro peut-être que ça sera un épisode numéro 2 ça sera avec grand plaisir Merci.
- Speaker #0
On a encore un peu de temps, si tu veux, pour encore en parler. Déjà, moi, j'adore y retourner. Et je t'avoue que cette année, le fait de faire 4h05, il manque une marche. C'est sub 4h04, bien sûr.
- Speaker #1
Tu ne prends pas les projets les plus faciles.
- Speaker #0
Ah non, c'est clair. Mais maintenant que j'ai fait 4h05, avec ce que j'ai passé à l'entraînement cette année, je sais que j'ai encore... une grosse marge de progression parce que tu vois cette année je suis à peu près à 14h d'entraînement moyen à pied je suis à peu près à 42km moyen, enfin je sais que j'ai vraiment encore de quoi progresser donc passer sous les 4h c'est possible et ce que ça fait de courir là-bas j'ai voulu reprendre là-bas parce que tu connais tout, t'es dans ta ville, tu sais tout mais moi ce que j'adore surtout, ce qui est fabuleux c'est en fait le fait d'avoir, comment dire j'ai l'impression en fait de pas courir une course Merci. Je vois comment l'expliquer. Parce que t'es trop chez toi ? Ouais, je suis trop chez moi. Et cette ville-là, j'en rigolais dans le vlog récap que j'ai fait cette année, cette ville, je passe à côté de la boîte de nuit dans laquelle je suis allé pendant six ans à me mettre ce qu'il ne faut pas en termes d'alcool et autres. Je passe partout dans des rues que je connais par cœur où j'ai eu plein d'anecdotes. Et cette année, ce que j'ai eu sur Aix pendant le semi-marathon, c'est de réaliser, de me dire, presque à sourire, à me dire « mais what the fuck ? » Il y a 4 ans, tu étais peut-être en train de vomir au pied de ce platane. Je te dis une bêtise, c'est pas vrai. Et là, tu passes à côté en train de courir à 3,40 au kilo. Tu vois, il y avait cette espèce de décalage dans mon cerveau. Je ne sais même pas comment ça s'est passé. À me dire « mais c'est un plaisir fou ! » Et presque, je le fais rarement parce que justement, je n'aime pas m'envoyer des fleurs, mais à me dire tout seul « putain, mais t'es une machine ! » Tu reviens de là, dans ta ville, là, tu es en train de faire ça, tu es deuxième de la course, en amateur, bien sûr. Ça veut dire, en fait, prends un plaisir. On s'en fout du reste. Et du coup, c'est ce qui m'a fait cette année courir. À la fin, j'ai couru à des allures, je ne suis même pas capable de faire l'entraînement, presque. Parce qu'il y a eu ce... Je ne sais pas comment ça s'est passé, je ne sais pas comment ça s'est créé. Je crois que les gens l'appellent le flow. Le flow, voilà, ce flow, tu vois, un flow state. Il y a ce flow-là qui s'est... qui s'est emparé de moi et il n'y a rien qui pouvait m'arrêter. Et je pense que ça aurait pu se passer caex cette année. Je pense que ça n'aurait pas pu être sur notre course. Et du coup, pour rebondir, si tu veux, sur la deuxième question, le côté du groupeur et professionnel, tu as dû voir passer tout ce que j'ai fait sur Instagram et autres. Et on a eu de belles discussions avec certains, mais Alexandre, Kai, avec Florian Richard, avec Jean-Vincent Vallée, donc des age groupers en 30-34, par exemple, qui sont d'excellents mecs, qui veulent au fond peut-être passer professionnel. C'est très compliqué. En fait, on est persuadé, avec Nathan, on en parle aussi, qu'il faudrait créer un sous-groupe d'athlètes élites. Je ne sais pas comment on pourrait l'appeler. Tu vois, les pros. une autre catégorie et en dessous les age groupers voilà parce que j'ai reçu beaucoup de messages après X qui me disaient ouais mais en fait tu voles le podium des amateurs on m'a dit ça quoi j'ai dit bon Je travaillais à ce moment-là, je fais 14 heures semaine, donc il y a plein d'autres amateurs qui s'entraînent plus que moi. Et on m'a pourtant sorti, tu voles des podiums d'amateurs. Je dis OK, super mentalité. Mais en tout cas, dis-moi.
- Speaker #1
Non, c'est... Alors les réseaux sociaux, il y a vraiment tellement de choses à prendre et à laisser que ce genre de retour-là, il a une valeur approximativement proche de zéro. Là où moi, je voulais avoir ton avis, c'est tellement dur d'avoir, entre guillemets, le statut pro. Le statut pro, c'est quelque chose qui est tellement flou, parce qu'il y a des gens qui, effectivement, sont des age group hyper performeurs et qui peuvent avoir le niveau de pro. Mais que veut dire le mot pro ? Pour moi, un professionnel, quand j'étais gamin, il n'y avait qu'un seul sport qui était valable, c'était le foot. Et tu étais pro, tu gagnais ta vie. Tu n'étais pas pro, tu... Tu bossais à côté et tu allais taper dans le ballon. Aujourd'hui, il y a énormément de choses qui ont avancé. Au niveau financier, le triathlon, c'est un sport qui coûte beaucoup plus que ce qu'il rapporte. Des vrais professionnels, dans le sens où c'est leur métier et c'est leur gagne-pain au quotidien, tu les comptes plutôt sur les doigts de deux, trois mains, pas beaucoup plus en France quand même. Il y a quand même un certain niveau. Mais ce n'est pas pour autant que la pratique du groupe n'est pas performante. Aujourd'hui, celui qui monte sur le podium 1, 2, 3, que ce soit à Aix ou sur n'importe quel 73 et sur full, il n'est pas pro, mais il a la vie d'un pro. Il s'entraîne comme un pro, sauf qu'il a un boulot et une famille à côté. Donc, c'était ça où je trouvais ton point de vue hyper intéressant. Entre autres, c'était là-dessus que je voulais t'emmener. Ce qui est rigolo, c'est que,
- Speaker #0
comme tu l'as dit au tout début, en fait, le terme professionnel, si on prend la définition pure et simple, c'est quelqu'un qui vit de ce qu'il fait. c'est ce qui le différencie de l'amateur simplement du coup en termes professionnels en triathlon c'est un des seuls sports je trouve où tout le monde peut se dire je vais être professionnel tu vois, en foot tu peux pas faire ça en foot c'est pas demain parce que je vais aller toucher un ballon deux fois par jour sur un terrain et je vais pouvoir dire mon objectif dans deux ans c'est d'être professionnel au delà de ça j'en ai énormément discuté sur le vélo sur une sortie de 4h avec Nathan qui lui est pro On disait, mais en fait, même, c'est lunaire, tu vois, parce qu'aujourd'hui, déjà, si dans tous les pays, le fait de passer pro n'est pas... Les critères ne sont pas les mêmes. En fait, pourquoi ? Déjà, premièrement. Deuxièmement, pourquoi on peut passer pro sur une course perdue dans le fin fond du... Voilà, je ne vais pas finir la phrase. Avec trois pros au départ qui n'ont aucun niveau, tu vois, comparé à passer pro sur une pro-série ZAX. Il n'y a pas de juste milieu, il n'y a pas d'équilibre. Du coup, comme moi, j'avais donné mon opinion, ma solution de cibler des courses.
- Speaker #1
Et pourtant, les critères sont les mêmes. Ce n'est pas la même course, mais les critères sont les mêmes.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Exactement. Et comme j'ai dit, demain, je pense que, sans mon white flag, ou il y en a plein d'autres, demain, je vais sur une course en Amérique du Sud, bien ciblée l'année prochaine, je passe professionnel. J'en suis sûr. Ça, c'est des objectifs persos. Je sais qu'on a discuté avec Jean-Vincent Vallée, que j'aime beaucoup. lui il disait ça et il a bien dit que son objectif de passer pro c'était un peu aussi vivre un peu son rêve le faire pendant un an ou deux ans en train de kiffer et attention sur ça j'avais dit il n'y a aucun jugement chacun a ses choix et au contraire les règles sont écrites comme ça si tu peux le faire fais-le par contre il y a ce truc de se dire à quel but, quel intérêt sachant que tu ne peux pas en vivre Nathan la première fois que je me suis entraîné avec lui cet hiver j'ai appris qu'il était à Brignoles on s'est écrit, on s'est entraîné la première fois ensemble Merci. Je me rappelle, sur cette sortie vélo, le premier « on discute, on discute » , et un des premiers trucs qui m'a marqué, c'est que lui, il a une pression et il a une peur même, un stress fou, c'est l'argent. Il dit parce qu'en fait, si demain j'ai mon plus gros sponsor qui claque cette année parce que je ne fais pas un truc, je passe de X milliers d'euros à X milliers d'euros à l'année. Et il dit « je ne suis pas pareil » . Et en fait, en tant que professionnel, qui pourtant, le gars, il fait 11e à Nice sur les mondes, deuxième français, là, cette année, il claque des trucs et pourtant, il est blessé. le gars malgré tout il a une épée de Damoclès au-dessus de la tête et du jour au lendemain il peut devoir aller chercher un petit boulot à côté pour revivre alors qu'il est professionnel et alors qu'il fait des performances hors normes et ça c'est pour ça que je disais aussi c'est un peu un mini manque de respect pour certaines personnes pour certains triathlètes qui disent je veux passer pro alors que ils sont à des années lumières de réaliser peut-être des fois ce que c'est et Tu vois, on parlait vécu, expérience en tant que coach ou autre au tout début. Je pense que c'est aussi cette humilité que peut-être que j'ai et que d'autres triathlètes ont qui en font depuis un moment, de se dire, en fait... Passer pro, oui, peut-être que je peux le passer pro, c'est bien. Mais en fait, passer pro pour juste avoir une étiquette et se dire « Ouais, voilà, je suis très très professionnel, mais en fait, quel objectif ? » Moi, dans ma mentalité en tout cas de compétiteur et de champion, si je passe pro demain, c'est pour faire des trucs en pro ou en tout cas pour essayer de jouer avec des meilleurs. Ce n'est pas simplement pour avoir l'étiquette, être dans le parc à vélo, faire un selfie avec Blumenfeld et dire « ça y est, coucou, j'y suis » . Aujourd'hui, c'est triste, mais le système est fait comme ça. Et aujourd'hui, je suis persuadé que n'importe quel triathlète assez complet qui s'y met pendant un an peut passer pro. Et du coup, c'est terrible. Quand on voit à quel point ça devient professionnel dans les amateurs, ça veut dire que demain, on aura combien de professionnels sur le circuit ? Tant qu'on ne met pas de garde-fous, tu vois. C'est lunaire. C'est pour ça qu'au début de ma vidéo, moi, sur Insta, j'avais dit « C'est presque devenu trop facile. » Alors, les critères sont super durs à réaliser, mais c'est... presque devenu trop facile quand tu vois qu'il y a des courses qui sont encore ouvertes pour le devenir. C'est... C'est un long débat.
- Speaker #1
Quand tu vois le Pro Series, ils ont amené une grosse densité. Une grosse densité sur les 15-20 premiers. Quand tu vois une start list avec 80 pros aux Etats-Unis où il y en a 5 qui sont connus, les 75 qui restent ou les 70 qui restent, c'est juste des super bons amateurs qui ont réussi à cocher la case. Mais on sait qu'ils ne vont pas être acteurs sur la course. Et ce que tu dis, mais c'est tellement vrai. être pro mais finir à 20 minutes quel est l'intérêt du bazar ? C'est un choix.
- Speaker #0
Mais on en parlait avec Rémi. Tu vois Rémi Comte. Tu connais Rémi Comte et j'en parle avec lui parce que lui qui était professionnel qui a quand même fait 23ème au championnat du monde IRONMAN à Nice chez les pros. Donc il ne fait pas dernier, il fait 23ème. Il fait à peu près la moitié du classement. Il a redécidé de passer amateur. S'il a décidé, c'est parce que déjà il n'arrivait pas à en vivre. Et deuxièmement, parce que je pense ça a confirmé mais j'en suis persuadé que forcément tu prends beaucoup plus de plaisir à jouer la gagne en amateur à aller soulever une banderole plutôt que oui à finir ouais très bien t'as fait un selfie du coup avec Vincent-Louis sur le start mais par contre derrière tu le vois pas de la course si tu finis à 30 minutes je préfère soulever deux banderoles et je suis désolé parce qu'à la fois du coup le triathlète qui est au milieu de ça qui n'est ni professionnel ni un amateur moyen se fait clasher par les amateurs moyens, parce qu'ils disent « mais tu devrais être pro » . Et les pros disent « non, mais tu devrais être amateur » . Donc tu vois, on se met où ? Je dis « on » parce que oui, je me mets dedans honnêtement, parce qu'en m'entraînant un peu plus, je peux avoir un très bon niveau d'amateur, mais un faible niveau chez les pros. Du coup, tu dis « ces gars-là, on les met où ? » Et il n'y a rien qui existe. Alors soit il faut rendre les critères plus difficiles, ce qui fait que... Enfin, je ne sais pas, encore une fois, c'est un débat très très large, on peut avoir beaucoup de solutions. mais je pense que j'espère que ça évoluera dans les avenirs Oui,
- Speaker #1
mais ça va être amené à évoluer parce qu'il faudrait qu'il y ait une première et une deuxième division quelque chose comme ça, alors qu'aujourd'hui c'est on-off, soit t'es pro, soit t'es pas pro, sauf que si t'es pas pro et que t'as un niveau extraterrestre effectivement tu vas éclater tout le monde il y a les deux côtés de la médaille t'as ceux qui sont hyper performants et qui veulent rester groupe d'âge et qui font leur podium ou qui gagnent leur catégorie tout le temps et ça leur va bien Merci. C'est pas pour autant qu'ils ne s'entraînent pas. Et puis à l'inverse, t'as ceux qui voudraient bien aller chez les pros et qui se disent, moi, gagner ma catégorie d'âge, ça ne m'intéresse pas. Ce que je veux, c'est me donner le meilleur de moi-même, essayer de pousser les curseurs au maxi et de se dire, c'est pas grave, si je fais 15e à 15e pro ou 30e, c'est pas grave, au moins je l'aurais fait. Je pense qu'effectivement, Casimir, l'expérience qu'il a vécue, 23e au monde, c'est pas sur n'importe quelle course, c'est pas face à n'importe qui. Et voilà, il y a des gens qui vont kiffer ça.
- Speaker #0
Mais tu vois, on en a parlé, parce qu'on m'a beaucoup posé la question, même ma femme me pose la question pour être tout à fait honnête, me dire, si demain tu fais un critère sur un challenge ou autre, est-ce que tu prends la licence ? J'ai dit oui. Tu vois, c'est pas pour autant que je te dis ça, tu vois, comme c'est controversé, parce que malgré tout, je l'apprends. Par contre, à partir du moment où je l'apprendrai, j'aurai conscience de ce que cela implique. Et ce qui veut dire que je me mettrai d'accord avec ma femme. À partir du moment où je passe pro, j'essaierai pendant une année de me mettre en tant que pro. Mais quand je dis de me mettre en tant que pro... c'est d'augmenter mes volumes d'entraînement, c'est de faire beaucoup mieux ma récupération, c'est vraiment de se dire, ok, j'ai tout mis en ordre pour essayer de performer du mieux possible en professionnel. Il y a un autre critère, il y a un autre sujet en passant professionnel qu'il faut aborder malgré tout, c'est que la licence pro aujourd'hui coûte entre 1500 et 2000 dollars, je crois, si je ne dis pas de bêtises, et tu peux t'inscrire à tous les IRONMAN, etc. Aujourd'hui, là à Cachecay, à Nice, j'avais payé 838 euros. Monde au sort. Alors ouais, demain, je passe pro aussi pour ce côté-là, si j'ai les critères. Parce que forcément, pouvoir s'inscrire à plein IRONMAN gratuitement, entre guillemets, les frais de déplacement, etc. Mais rien que faire sauter les dossards, mais pouvoir en courir 10 sur l'année, pas IRONMAN, de 73 ou autres, financièrement, ça vaut aussi le coup. Et je sais que Jean-Vincent, par exemple, en avait parlé, il a tout à fait raison qu'en fait, quand tu payes ta licence 1800 dollars l'année, mais derrière, tu peux en courir 10, ouais, ça vaut le coup. Donc ça aussi, c'est... C'est un sujet. Il y a plein de petits sujets dans le débat qui font qu'aujourd'hui, c'est mal ficelé.
- Speaker #1
Exactement. J'ai en mémoire deux athlètes en particulier à qui je pense. Il y en a un qui fait partie du Team Argon, c'est Victor Henry. Victor Henry, lui, c'est un athlète extraordinaire. Un vélo et une course à pied de ma boule. Et peut-être un tout petit peu en dessous des standards, on va dire, moyens chez l'athlète professionnel. Son idée, c'était d'être athlète pro pour aller se mesurer au Gotha. Ce qu'il fait en groupe d'âge, ça ne l'intéresse pas. Et puis à l'inverse, il y a une nana qui s'appelle Yana Richtova, qui est aux Etats-Unis. Elle, ça fait 12 fois où elle va à Hawaï, dont les 4 ou 5 dernières fois où elle gagne sa catégorie d'âge là-bas. Donc en gros, elle est invitée à payer tous les ans, mais elle gagne sa qualif, elle n'a pas besoin de se qualifier. Elle sait que sur le circuit, elle broie absolument tout ce qui se passe qui est du côté féminin. Mais par contre, elle, elle ne veut absolument pas passer côté pro. Elle a son niveau, elle fait son petit business de coaching à côté. Et puis, ça lui va très, très bien comme ça. Donc, c'est juste, je pense, un projet perso. Puis, voilà, c'est un état d'esprit.
- Speaker #0
C'est même un problème sociétal, du coup, parce que moi, ce que je n'aime pas au quotidien et dans le triathlon ou dans plein de débats, c'est qu'il faut savoir s'écouter et il faut savoir respecter les choix des autres. et en fait le problème c'est qu'aujourd'hui il y en a très peu qui le font ça et tu peux dire je suis pas d'accord avec toi mais par contre tu peux simplement accepter la vie et le choix de cette personne là et tu vois aujourd'hui il y en a plein qui critiquent le fait que certains veulent passer pro, il y en a plein qui critiquent que regarde ton nombril fais du mieux que tu peux déjà toi même applaudis ceux qui réussissent leur objectif et soutiens ceux qui ne réussissent pas, puis voilà j'aime bien dire aussi il faut se regarder dans le miroir et au bout d'un moment Moi, je sais que, tu vois, tu disais que je manquais d'humilité. Sur ça, je peux m'envoyer des fleurs et me dire que je pense que je suis une belle personne à juste avoir cette mentalité.
- Speaker #1
Je n'ai pas dit que tu manquais d'humilité.
- Speaker #0
Non, pardon, tu as dit que...
- Speaker #1
Tu étais rempli d'humilité, au contraire.
- Speaker #0
Oui, voilà, pardon, excuse-moi, à l'inverse. Non, non, ce n'est pas comme ça. Pardon, je n'ai pas envie de parler, excuse-moi.
- Speaker #1
Non, non, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
Et qu'en fait, sur ça, sur ce côté-là, sur ce côté-là, en tout cas, côté humain, il n'y a pas, il n'y a pas... On a eu un débat à Tabute. peut-être suivi avec Alexandre Caille au championnat du monde c'était un peu un filigrane moi j'aime bien quand il a omis son avis j'ai dit ok je comprends tout à fait, t'as pas tort, t'as pas raison c'est ton opinion et puis c'est comme ça après on joue avec les règles qui sont mises en place et puis tu joues comme tu le souhaites est-ce que je vais retenir c'est vraiment tes derniers mots
- Speaker #1
c'est soutien ceux qui réussissent pas et encourage ceux qui réussissent si on pouvait juste essayer d'apprendre ça aux gens qui sont sur les réseaux déjà on enlèverait 90% des trucs inutiles qui passent là-bas parce que clairement des belles choses il y en a alors tu fais partie des gens qui publient des trucs et qui sont hyper intéressants donc si jamais il y a des gens qui écoutent et qui suivent pas sur les réseaux allez suivre Pierre, ça sera vraiment un grand plaisir et allez voir en particulier j'ai kiffé j'ai ultra adoré le post que t'as fait sur la lettre que t'envoyais à Pierre qui avait 8 ans je t'avoue le petit Pierre le petit Pierre et le grand Pierre et allez voir ça tu vois rien que d'en parler ça me fout les poils vraiment c'est génial et rien que pour ça merci beaucoup merci beaucoup pour ton temps et puis écoute merci à toi j'espère à très très bientôt pour soit un épisode 2 soit pourquoi pas un ride du côté d'Aix-en-Provence parce que j'y suis très très souvent donc Merci. Avec grand plaisir. Je te ferai travailler la force. Je vais prendre des tendeurs, je vais accrocher derrière et j'ai des idées d'exercice à la con. Non, je plaisante. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Avec grand plaisir en tout cas.
- Speaker #1
Merci beaucoup. À très très bientôt. Bon chance, comme on dit, pour le premier Cascais.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
On fera un petit débrief. Voilà, exactement. Merci beaucoup et à très très bientôt, Pierre.
- Speaker #0
Merci, Mika. Ciao,
- Speaker #1
ciao.