- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et merci beaucoup d'être là sur ce nouvel épisode du Tri-Bandit. Merci beaucoup pour votre écoute sur l'épisode avec Clément qui nous a donné des belles idées pour aller nous motiver à nous entraîner quand il fait froid, parce que du coup on a bien compris que ce n'était pas du tout un frein. Et pour aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir de recevoir quelqu'un qui, de toute façon, s'entraînait dans le froid, ça ne doit pas lui faire peur non plus. C'est un grand exemple du triathlon français qui ne fait pas de bruit, mais qui fait des gros résultats. Merci beaucoup Pierre d'être avec nous ce matin. Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va très bien, merci pour l'invitation, ça me fait plaisir d'être là.
- Speaker #0
Un grand plaisir, c'est Pierre, je dis Pierre mais tout le monde ne connait pas Pierre, donc c'est Pierre Stiermans, Stiermans, Stiermans, d'ailleurs je ne sais pas mais moi j'ai tendance à dire Stiermans, Stiermans.
- Speaker #1
C'est Stiermans mais Stiermans, Stiermans,
- Speaker #0
je ne suis pas à cheval là-dessus. Oh quand même, ça se prononce.
- Speaker #1
Ouais mais j'ai eu de tout et n'importe quoi.
- Speaker #0
On va dire à l'américaine, à l'FE. Donc Pierre Stiermand, tu es avec nous ce matin parce que moi j'ai beaucoup de questions à te poser. Tu fais partie du triathlon des élites du long distance français et tu as une histoire qui est plutôt super inspirante. Tout le monde t'a un petit peu vu en septembre 2023 quand tu as été champion du monde Edge Group à Nice. Mais depuis tu n'es que sur une carrière montante et tu es passé pro cette année. Donc du coup l'aventure pro, on sait en France qu'il y a un gros débat. Qu'est-ce que c'est que ce statut ? Est-ce que c'est juste une carte qui nous donne accès à des courses ? Est-ce que c'est un statut de revenu ? Ça fait partie des choses que je voulais aborder avec toi. Comment tu fais le bilan de ta première saison chez les gros pros ? Et est-ce que tu as vécu l'expérience que tu voulais vivre jusqu'à présent ?
- Speaker #1
Alors, tu fais bien de préciser. Effectivement, ce n'est pas comme dans d'autres sports, beaucoup médiatisé. Quand tu es pro, tu es payé par un club, tu as des revenus conséquents. non c'est juste un statut qui te permet de voilà t'as une une attestation de ta fédération qui te permet de courir en catégorie Elite Pro. Mais en tout cas, moi, à mon niveau, tu vois, tu dis, je suis dans la catégorie Elite Pro. Je suis loin du haut niveau, en tout cas dans cette catégorie. Et ça ne me permet pas d'en vivre. Je n'ai pas de revenus qui me permettent de vivre de ce sport. Heureusement, il y a quelques sponsors qui sont là pour aider au moins à couvrir les frais matériels et les frais de déplacement, tout ça. Mais je ne vais pas payer... ma maison grâce au triathlon. Donc, c'est juste un statut qui te permet de courir dans une nouvelle catégorie qui n'a rien à voir avec le groupe d'âge. Et voilà, moi, c'était un peu la suite logique. Comme tu disais, en 2023, j'ai réussi à faire des belles choses dans ma catégorie d'âge au niveau amateur. En 2024, je suis resté en amateur quand même parce que j'avais aussi d'autres rêves, aller à Hawaï, faire l'ambraman. En plus, je me mariais en 2024, donc ce n'était pas forcément le sport qui me prenait le plus de temps. Et en 2025, du coup, j'ai décidé de passer chez les pros et de vivre ce rêve à fond. J'avais l'opportunité, je commençais à être un peu plus vieux que... à mes débuts en triathlon, donc je me suis dit si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais, vas-y, pense, vis l'expérience à fond et je ne regrette pas parce que il y a eu d'autres circonstances qui ont fait que je n'ai pas pu m'entraîner comme un pro, entre guillemets, mais j'ai vécu le rêve. Ma première course, c'était sur Aix-en-Provence, sur l'Aeroman 73, c'était les Pro Series, il y avait Blumenfeld et compagnie dans l'eau à côté de moi au départ. Il y avait un gars qui était là à faire coucou à tout le monde. On aurait dit un gamin à Disney. Tout le monde était concentré, moi j'étais là comme un con. Salut tout le monde, je suis trop content d'être là. C'est une expérience de dingue parce que tu cours à côté des mecs que tu admires d'habitude à la télé et au milieu des monstres.
- Speaker #0
Tu fais partie des monstres ?
- Speaker #1
Peut-être pour certains, mais pour moi, c'est vraiment des monstres. Le niveau est quand même stratosphérique et il y a quand même un écart monstre entre mon niveau et le top.
- Speaker #0
De top mondial ? Quand tu décides de prendre la carte pro et de te lancer sur ce circuit-là, parce que du coup, tu t'es consacré au label Ironman, est-ce que tu es conscient de ça ? Et est-ce que AX, parce que du coup, c'était la première course avec la carte pro sur le circuit Ironman, tu te retrouves sur une course Pro Series. Donc Pro Series, ça veut dire grosse densité. Et là, même si tu fais une super belle course, tu te retrouves, sauf erreur de ma part,
- Speaker #1
51ème sur 52. Ouais, je suis... pas dernier mais pas loin et du coup ? ouais je suis loin et après c'était ma première course en pro j'étais blessé au tendon machine donc voilà il y a quelques circonstances qui font que mais ouais j'aurais pas fait un top 20 sur cette course là et oui j'étais conscient de ça, pour moi c'était que du bonus je me suis dit allez cette année en pro évidemment je ne ferai pas des podiums si tu fais un top 20 un jour sur une course en pro ce serait ouf Mais là, le but, c'est vraiment prendre de l'expérience, vivre les moments à fond. Et oui, évidemment, tu ne feras pas de podium. J'en étais bien conscient de ça.
- Speaker #0
Pourquoi pas ? Tu es la définition même de celui qui montre qu'il n'y a pas de plafond. Parce que j'imagine bien que les plafonds, tu les exploses les uns après les autres. Tu ne t'en fixes pas et c'est super chouette. Aix, j'étais troisième ligne, j'étais juste derrière vous quand vous êtes partis. Je faisais un petit focus sur toi, je voulais voir un petit peu ce qui se passait. Après, vous étiez loin devant, je ne vous ai pas vu, mais je voudrais bien voir ce qui se passe. Parce que tu es à la bataille quand tu es en edge group, tu es devant et ainsi de suite. Et là, quand tu es en pro, tu te retrouves peut-être assez vite isolé, je crois, en natation. Tu prends deux minutes et du coup, tu as fait la course quasiment tout seul, sauf à l'heure de ma part.
- Speaker #1
En gros, c'est ça qui change. En pro, tu as vraiment une dynamique de course, même si tu as le drafting qui n'est pas autorisé. tu as quand même un gros avantage de sortir en paquet, que tu sois dans le premier groupe, le deuxième groupe, tu as quand même cet esprit, cette dynamique de course qui te fait avancer beaucoup plus fort sur le vélo que quand tu sors derrière en natation et que tu te retrouves tout seul à devoir rattraper les autres sans savoir où ils sont exactement. Donc ouais, ça a été... Je m'y attendais, mais ça... ça a été déjà une claque, mais je ne l'ai pas pris comme une claque. Tu te retrouves à sortir derrière des mecs qui nagent comme des torpilles. Je savais que déjà, la natation, c'était mon point faible et qu'il y avait du boulot. Mais je m'en suis encore plus rendu compte lors de ma première course de la saison. Ma première course en pro,
- Speaker #0
oui. Tu fais pourtant une course relativement standard chez les pros. Tu nages en 27. Tu roules en 2h19, 2h19 à Aix c'est un super chrono parce que ça roule pas facile, il est pas tout plat quand même.
- Speaker #1
Ouais. Après sur la performance en elle-même, Aix j'étais pas déçu parce que j'étais content de y être, mais sur la performance en soi c'est pas la course que je retiendrai sur la saison. Parce que je te disais, j'étais blessé, les deux mois avant la course j'ai pas pu courir, j'étais même incertain de pouvoir terminer la course. J'allais prendre le départ mais en me disant que j'arrêterais après le vélo parce que même à vélo, je sentais mon tendon d'Achille railler. J'ai fait la course à pied en ayant mal au tendon toute la course. Tu sors une 15x, une 15x, c'est joué tout. J'étais content mais ça a laissé quelques traces pour la suite. C'était une bonne première course dans l'ensemble. J'ai bien profité surtout du beau monde qu'il y avait ce jour-là.
- Speaker #0
Sur l'ambiance, sur la course. C'est quoi, du coup, tu l'as un petit peu abordé, mais c'est quoi ton meilleur souvenir de 2025 et, quelque part, après, ton moins bon souvenir, on va dire. Pas le pire, mais le moins bon.
- Speaker #1
Sur le plan sportif, j'en ai plusieurs de bons souvenirs, on va dire. Je m'étais fixé, quand même, comme gros objectif de faire mon premier full. J'ai déjà fait plusieurs pulls, évidemment, en amateur, mais mon premier pull en pro, c'était... à Thun en Suisse. C'est vraiment mon objectif principal de la saison. Et en fait, je fais 8h25, 8h20. Avec un super marathon et tu nages plus vite sur un full que sur un marathon. Donc, je fais une plutôt bonne course et j'avais cette sensation de poser le vélo en me disant j'aurais pu en faire plus. J'ai vraiment fait le vélo en dedans pour vraiment gérer la course. Au final, je fais un bon chrono, je fais 12e pro. Un top 15 en pro, c'était un peu inespéré en début de saison. Avec ce sentiment, je me disais qu'il y avait encore de la marge. Sur le vélo, j'ai fait à l'économie, j'ai fait un bon marathon. Mais le marathon, je peux le sortir en 7 minutes de moins parce que je n'ai pas réussi à m'alimenter pendant un an. 40 minutes sur le début du marathon, j'ai payé ça sur la fin. Mais voilà, je sors de là content de ma course, mais en me disant qu'il y a encore une grosse marge de progression derrière. Et c'est ça qui est fou, c'est qu'à chaque fois, tous les ans, je fais une superbe course par-ci par-là en me disant « ok, j'ai fait un bon résultat, mais en fait, je peux encore progresser » . Et c'est ce qui est trop bien dans les sports d'endurance, c'est que tu progresses sur… sur les années et ça, tu n'en es pas conscient quand tu commences. Tu crois qu'il y a des séances magiques qui vont te faire progresser en trois mois et en fait, l'endurance, c'est vraiment sur des années et des années.
- Speaker #0
Sur la durée. C'est le fait de cumuler toutes les expériences plus toutes les séances et la régularité que tu te mets qui permet de te franchir ces étapes. Tu dis que tu peux courir sept, enfin, tu sens que tu peux courir sept minutes plus vite donc tu cours 2h52 à Thune et il n'est pas facile en plus là-bas ? Donc ça veut dire que pour toi le 2,45 il est dans la tête.
- Speaker #1
Oui, franchement je fais le premier semi en 1h22 et je suis bien. C'est juste que je n'ai pas réussi à manger donc je sais que ça va payer ensuite. Ça marche moins bien. Et en fait ce n'est même pas au niveau musculaire où j'ai eu un déficit, c'est vraiment au niveau énergétique en fait. Je sentais qu'il y avait eu un gros trou au niveau de mon alimentation et… C'était un peu frustrant. Et en même temps, peut-être que j'ai trop mangé sur le vélo et que je devrais peut-être baisser un petit peu mon grammage sur les prochaines courses. Mais je pense que le 2,45, il est largement abordable.
- Speaker #0
Il est dans la cible. Et du coup, sur 2025, tu as Thune qui a un super bon souvenir. Tu as un autre... Parce que c'est à distance, le full. Je ne pense pas dire de bêtises. C'est plutôt ce qu'il y a des fulls. Et pourtant, tu as fait 4 ou 5 halfs, si on compte Jean-Armé après, en plus. C'est des très belles expériences. Est-ce qu'à part Thune, tu as une autre course sur laquelle tu t'es dit « Ouais, là, c'est ce que je suis venu chercher et globalement, je suis à ma place. »
- Speaker #1
Après Thune, c'était vraiment mon dernier gros objectif. Et les deux dernières courses qui restaient, c'était du bonus. Je m'étais mis ça derrière en disant « Tu seras peut-être cramé du full. » Et ça, c'était vraiment que du bonus.
- Speaker #0
C'était 15 jours après Thune en plus ?
- Speaker #1
C'était 15 jours après Thune. Il y avait Gérard May et une semaine après Gérard May, je crois, une semaine ou deux.
- Speaker #0
Italie-Romagne ?
- Speaker #1
Italie, ouais, 73 Italie. Donc je m'étais dit c'est bonus et en fait c'est là où j'ai pris le plus de plaisir, j'ai fait Gérard May. Gérard May, je ne l'avais jamais fait et c'est vraiment un souvenir. Franchement, s'il faut faire un ALF en France ou même dans les pays frontaliers, Gérard May, je pense que c'est là où j'ai pris le plus de plaisir. pour mes derniers dernières courses niveau ambiance niveau orga un niveau performance n'acheter deux semaines après un full chez une bonne terre et ouais ça reste un souvenir la montée retour de france et polis polis et des fois ouais j'ai rare mais puis après il ya eu l'italie où je fais mon premier top 10 en pro voilà on était en vacances avec des amis Partager ça avec les potes, c'était sympa aussi. C'était la dernière course de la saison, donc j'ai bien profité aussi.
- Speaker #0
Le fait de se sentir libéré, ça a peut-être permis aussi de mieux s'exprimer et de dire tout de suite vaille que vaille.
- Speaker #1
Je ne suis pas du genre à mettre trop de pression pour les courses de base. Il y a des courses où je peux être un peu chiant avec mon entourage, à être un peu l'éveil de course, pas stressé mais méticuleux, je vais voir ce que je vais manger. et forcément un peu plus concentré. Ça me permet de faire des bonnes courses, mais aussi le fait d'arriver sur des courses un peu en mode chill, libérée, fin de saison, du cours relâché. En fait, c'est tout aussi performant, voire plus performant parfois.
- Speaker #0
La pression, c'est quand même quelque chose qui doit être assez difficile à gérer. Alors on va dire que ce n'est pas ton revenu qui est dépendant de tes résultats, par contre tu as le statut et donc j'imagine que tu dois avoir quand même une certaine pression. Est-ce que même à ton niveau où on va dire que c'est encore une fois ce n'est pas les revenus qui dépendent, est-ce que tu as une pression de la part des sponsors ou pas du tout ?
- Speaker #1
Non, j'ai cette chance là on va dire entre guillemets de mes résultats ne vont pas influer sur ni ma vie perso, alors oui si je gagnais des courses. Forcément, ça aiderait au niveau financier. Mais même au niveau de mes sponsors, je n'ai pas de sponsors qui me disent « il faut que tu fasses des perfs, sinon l'année prochaine, on ne re-signe pas » . Je n'ai jamais eu cette pression-là. Après, je n'ai pas non plus des sponsors financiers énormes. Mais même Cube, la marque de vélo Cube Bikes, qui m'accompagne depuis mes débuts quasi. jamais mis la pression au contraire il les chaînes d'eau dans le contrat qui augmente d'année en année par rapport à mes résultats qui sont vraiment réglo parce qu'ils s'alignent sur mon niveau et mes résultats au fil des années donc et puis il était sponsorisé par la marque qui accompagne lucy charles donc accessoirement c'est quand même pas un partenaire en carton quoi contre la montre qui est champion du monde donc c'est pas mal c'est bon vélo
- Speaker #0
C'est un super beau vélo, puis on voit qu'il est vraiment très très haut niveau. C'est des bons équipements, en plus Cube marque allemand, en général on parle de matériel, c'est plutôt fiable, c'est chouette.
- Speaker #1
Dutch Qualidad.
- Speaker #0
On sait aussi que tu as Précision Fuel dans tes partenaires, entre autres. Est-ce que tu as senti ça, que c'était un gros apport en termes de diététique, parce qu'au quotidien ça doit être un, un budget, Et puis de deux, il y a des apports qui sont vraiment hyper importants. Comment t'es passé chez Précision ? Dis-nous un peu de tout. Comment ça se fait ?
- Speaker #1
Moi, je suis avec Précision depuis 2000 ans. je crois, fin 2022, je crois, mes contrats. Et ils n'étaient pas encore trop connus à ce moment-là. Ils commençaient à sortir le bout de leur nez, un peu les débuts et tout, mais ils n'étaient pas encore en contrat avec Ironman. On ne voyait pas trop ça sur les courses. C'était plus Morten à ce moment-là. Et moi, je commençais à m'intéresser vraiment à la nutrition de course et à comprendre que... Si tu ne mettais pas d'essence dans la machine, la machine n'avançait plus sur les courses. Elle ne marche moins bien. Voilà. Et c'est à ce moment-là que je commençais à travailler avec mon coach qui lui était calé sur l'écart pendant la course. Donc je me suis dit qu'il fallait que je trouve un partenaire à ce niveau-là. Si je dois commencer à entraîner mon estomac à l'entraînement, à prendre autant de grammes par heure, ça va me faire des entraînements à 25, 50 balles. Des fois, le budget n'est plus le même sur une année. Du coup, un peu au culot, comme j'avais fait avec Cube, j'ai contacté plusieurs marques de nutrition que j'avais déjà testées. Ils me plaisaient et précisément, ils ont répondu. Au début, j'ai eu un... un contrat où j'avais 40% je pense sur les produits et du coup ça m'était un peu moitié pris sur les gels à l'année. Ça faisait déjà un budget un peu allégé. Et là cette année, pareil, ils ont suivi un peu mes résultats et sans que je ne redemande rien, ils ont posé un contrat, ils ont suivi. je pense qu'ils sont contents et en plus ils se développent bien là donc...
- Speaker #0
Ouais carrément,
- Speaker #1
carrément. C'est sympa et puis ils ont cet état d'esprit là aussi de... un peu pas prise de tête, de rigoler sur les événements, ils sont trop cool à chaque fois. Ils ont des gars trop drôles, leurs petites tenues, leurs petites chemises, leurs bobs et tout, ils sont trop stylés. Ils ont vraiment un design et ils sont bons en marketing aussi. Bah voilà, tu vois, t'as le bonnet.
- Speaker #0
ça fait partie aujourd'hui de l'incontournable de la perf, on peut pas dire autrement quand tu fais des couvertes sur half, tu peux t'y intéresser de loin, quand tu veux faire de la haute perf sur du half ou du full c'est quelque chose que tu peux pas négliger est-ce que du coup vous, parce que je parle à toi et un peu à ton binôme avec Jérémy Stafan, est-ce que vous périodisez un petit peu votre alimentation ou est-ce que vous êtes Merci. un petit peu sur la régularité et vous essayez au final d'avoir toujours le même rythme. On parle souvent, alors il y a eu quelques années avant, c'était du low carb. Maintenant, on est plutôt vers du very high carb. Est-ce que tu périodies, est-ce que vous périodisez ou est-ce que tu es régulier là-dessus ?
- Speaker #1
Justement, c'est marrant que tu parles de low carb parce que quand j'ai commencé avec Jerem, il était plus dans cette optique-là de beaucoup de low carb, beaucoup d'entraînement à jeun et sur les entraînements en France ou au seuil, aller cibler. des grammages proches des grammages de course tandis que maintenant on est plus sur une vision au long terme et en gros sur l'enchaînement des semaines enchaînement des mois donc forcément si tu vas commencer à te rajouter du low carb tu vas te rajouter du stress en plus à ton corps et en fait tu vas vider tes réserves tu vas te retrouver fatigué et moins performant à l'entraînement donc là non c'est plus on a un peu un schéma En fonction des intensités qu'on va mettre à l'entraînement, en fonction de la durée de l'entraînement, je sais que je vais devoir prendre autant de grammes par heure. Par exemple, si je vais aller faire un footing de 50 minutes, je ne vais pas forcément m'alimenter pendant, voire quasi jamais. Mais dès que ça va dépasser le temps d'effort à vélo, par exemple, même si je suis en basse intensité, je vais peut-être monter à 30 grammes par heure pour au moins avoir un apport exogène et ne pas l'épuiser dans mes réserves. pour me retrouver cramé dans deux semaines, un mois, trois mois, six mois. La saison est longue, c'est quand même des semaines très régulières, très consistantes. Donc non, on est plus sur une régularité à l'entraînement au niveau des prises de glucides. Et aussi post-entraînement, bien recharger les batteries dans la petite demi-heure métabolique après l'entraînement. C'est là où c'est bien de prendre glucides, protéines, sur des entraînements qu'on a faits.
- Speaker #0
L'alimentation est importante pendant, mais elle est aussi quasiment déterminante avant et après.
- Speaker #1
Oui, tu sais que si tu vas aller faire un gros fractionné à pied, si tu y vas à jeun, tu risques de rentrer dans le mur. Il vaut mieux avoir eu un apport en glucides de 3 heures avant, comme si tu allais faire une course au final.
- Speaker #0
Tu as connu la méthode Leucarne, tu as connu la période Leucarne, on va dire. est-ce que du coup tu as eu longtemps cette sensation là où quand tu rentrais tu étais vidé et tu mettais très longtemps à récupérer mais est ce que par hasard tu n'aurais pas l'impression que ça t'a avantagé après parce que quand on fait du low carb on augmente aussi un peu la capacité à utiliser les lipides même si psychologiquement c'est plus dur on récupère moins vite par contre on booste le moteur lipidique est ce que ça c'est quelque chose que tu as senti c'est quelque chose qui te qui te manque ou tu te dis maintenant je suis dans la haute perf et je sais qu'il va falloir alors on l'a pas dit mais est ce que tu es à à 90, 120 ou est-ce que tu vises du Magnus ou du Cameron Verve à 200 grammes par heure ?
- Speaker #1
Non, moi en ce moment je suis à 120 grammes par heure sur le vélo et 90 à pied, sur un full, ou même je suis à peu près pareil sur full et halte. Et par contre le low carb, je pense que sur les courses je sentais que ça m'avait apporté un truc à l'entraînement. Par contre, des fois, je rentrais, j'étais plus fatigué à avoir fait... Des fois, je faisais 3-4 heures de vélo low-carb. Je rentrais, j'étais fracassé. À ce moment-là, quand je faisais ces séances-là, je visais un jour où je ne bossais pas parce que sinon, aller bosser à l'hôpital derrière, c'était compliqué. Là, c'était vraiment... Je faisais mes 3-4 heures de vélo low-carb et après, c'était sieste dans le canapé. Et ciao ! Je sentais que j'étais vide comme si j'avais fait un monde. Même sur un marathon, je pense que je n'ai jamais été aussi vide après l'effort. Là, c'était vraiment... Et alors que c'était de la basse intensité à vélo, ce n'était pas des grosses sorties, c'était juste long et tu sentais que tu puisais dans les réserves et tu rentrais, tu étais fatigué. Donc, enchaîner derrière, après, je n'avais pas non plus... énormément de volume donc ça allait encore on va dire mais je pense que si je faisais ça là maintenant tu pourrais plus pas je pourrais mais je sais pas ce serait bénéfique sur le long terme vous pouvez peut-être faire ça un deux mois trois mois mais est ce que dans six mois je serai pas éclaté pour ma première course ouais ou alors le faire de manière ponctuelle peut-être une fois ou deux pour booster la flexibilité métabolique dans un temps je vais faire un petit footing à jeun le matin basse intensité mais c'est tout quoi je fais jamais d'autres choses à jeun ni en low carb. Vélo, c'est toujours au moins une heure et demie, donc je prends un petit truc à manger avec, il n'y a plus trop de low carb. Même si je comprends l'intérêt et que c'est intéressant de le faire, mais après il faut le prendre avec des pincettes et le faire légèrement.
- Speaker #0
Ouais, du coup, tu as abordé un petit peu le sujet sur le volume. Quand tu es en 2023 et que tu vas sur Nice, tu te rappelles à peu près du volume hebdomadaire que tu avais et du volume que tu as fait sur 2025 ou pas ?
- Speaker #1
Alors en 2023, c'était assez… c'était pas linéaire du tout. Je me suis entraîné beaucoup avant les championnats du monde. Je crois que j'ai fait les 6-7 semaines avant les championnats du monde. J'étais vraiment focus là-dedans. Et en ayant le boulot à côté, je faisais autour de 22 heures par semaine d'entraînement. Et sinon, au reste de l'année, j'étais plus à 13h, 13h, 13h, 13h de moyenne, j'ai envie de dire. Il y a des semaines, c'était plus haut. Il y a des semaines, j'étais à 10h, en fonction du boulot. Et paradoxalement, cette année, je voulais m'entraîner plus. Après, j'ai eu d'autres impératifs aussi dans la vie perso. Mais je pense que je me suis entraîné autant que l'année dernière. j'étais encore amateur et par contre à côté tu récupères un peu plus forcément t'es beaucoup plus frais sur tes séances lorsque t'as pu récupérer mais en terme de volume à l'année je pense que je me suis entraîné beaucoup plus mais l'année qui arrive le volume va augmenter c'est prévu on a pas encore eu de... donc t'as conservé ton emploi d'infirmier ? non j'ai pris une dispo Je suis en dispo de l'état du coup et là non je suis
- Speaker #0
100% à l'entraînement Ouais parce que la grosse question que je voulais te poser c'était ça, c'était globalement t'es au départ avec des gros monstres mais qui s'entraînent peut-être un petit peu plus que toi qui ont d'autres conditions et puis surtout qui s'entraînent, qui mangent, qui dorment alors que toi tu t'entraînes, tu manges, tu dors et puis après t'as la deuxième journée qui commence t'as le boulot et la famille et c'est pareil Merci.
- Speaker #1
J'ai fait ça pendant des années et maintenant je me dis comment j'ai fait. Je m'entraînais le matin, j'allais bosser l'après-midi jusqu'au soir ou vice-versa. Mais avec le volume que je vais me faire cette année, ce ne sera pas possible. Avec Jérémy, on s'est dit qu'on n'a pas encore utilisé la carte volume. C'est ce qui va être intéressant de faire. On est plus dans la phase hivernale. autour de 17 heures parce qu'on se fait un peu de polariser où il y a beaucoup de basse intensité et de haute intensité qu'on n'aura pas l'occasion de retravailler plus tard dans la saison. Donc le volume n'a pas besoin d'être conséquent pour l'instant, mais au début de l'année ça va augmenter progressivement et ça va faire des belles semaines plus tard dans la saison.
- Speaker #0
Ok, et du coup le calendrier 2026 il est déjà posé un petit peu ou pas encore ?
- Speaker #1
Ouais, il y a les... Il y a les bases et les grandes lignes. Je voulais faire deux fulls.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et je peux rajouter une petite ligne sur le CV sportif du sub 8 heures sur full. Ouh, gros projet ! Un gros projet, ouais. Un petit sub 8, tant que j'en suis capable. et avec Jerem, il m'a dit que je n'étais pas capable. Et du coup, il fallait trouver une course plate en début de saison. Et je n'ai pas été sur le label Ironman, j'ai choisi d'aller sur le Frenchman du coup. Ah, tu es à Carcan ? Ouais, à Carcan. C'est propice, je pense, à ce genre d'objectif.
- Speaker #0
Tu as déjà couru à Carcan ?
- Speaker #1
Je n'ai jamais fait en plus. Donc, j'ai déjà vu des vidéos, l'ambiance et tout a l'air très chouette. Donc ouais, j'ai mon dossard pour Carcan. Ce sera le bout. premier gros objectif du coup et je fais un deuxième pool un peu plus tard dans la saison en août à Kalmar en Suède. Il y aura moyen de faire un beau chrono et là ce sera par contre les pro series Ironman donc on va recroiser du beau monde et j'aurai un peu évolué d'ici là, je serai sur ma distance de prédilection entre guillemets et ouais il y aura moyen de prendre du plaisir et de faire une belle course aussi là dessus et entre deux il y aura... il y aura quelques alpes, je n'ai pas encore décidé exactement où, je suis invité à Deauville, que je n'ai jamais fait, je me suis dit ça peut être sympa, c'est en France et tout, au niveau logistique, c'est super bien. Et après peut-être faire un 73, je verrai, j'aimerais bien refaire Gérard, mais aussi en septembre. T'as pris le virus ! Ouais, j'ai bien aimé, vraiment ! Du coup, deux foules, un en début de saison et un cet été. Autour de ça, il va s'articuler 73. Peut-être faire la première course en début de saison à Valence, il y a le 73 en avril. Peut-être commencer là, trois semaines avant le Frenchman. On verra un petit peu comment ça se passe.
- Speaker #0
J'espère de mettre un dossard avant de remettre un gros objectif.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok, on peut mettre les mains un peu dedans du coup, parce que projet ce but ça cause quand même, ça veut dire que projet ce but ça t'habite un peu quand même, donc tu dois y penser un peu. Ouais,
- Speaker #1
c'est ce qui va m'animer tout l'hiver.
- Speaker #0
Comment vous avez approché ça, qui a eu l'idée déjà, c'est toi ?
- Speaker #1
C'est moi, je me suis dit, la première saison pro, je m'étais dit... si tu fais un top 20 ce serait ouf, au final j'ai fait 3 ou 4 top 15, un top 10, du coup je me suis dit bon c'est trop bien, allez la prochaine saison on va essayer de progresser un peu plus et en faisant le planning de la saison 2026 je me suis dit bon j'aimerais bien faire deux fulls et là ça m'est venu l'idée de faire un 7h quelque chose, ça serait très stylé quand même. Donc ouais je me suis dit allez je vais mettre un objectif sub 8 et j'ai coché le Frenchman. parce que je pense que ça s'y fait bien. Ce sera le premier gros objectif dans 5 mois.
- Speaker #0
C'est demain ? Ça va vite, l'air de rien. Du coup, vous avez coché quoi comme petit chemin entre aujourd'hui, ou entre hier et le Frenchman ? Il y a des grosses échéances que vous vous êtes mises, que ce soit en termes de séance, de volume, des puits sensibles, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Il n'y a pas de... A part peut-être 73 de Valence, au niveau court, il n'y aura pas grand-chose. Ou alors, de toute façon, à cette période-là, il n'y a pas trop de triathlon. Il n'y a pas qu'à casser la glace pour aller neiger. Voilà, peut-être des petites courses sur route pour faire des belles séances en mode prépa. Mais pour l'instant, je n'ai pas réellement de ça. Et au niveau entraînement, on fait un peu comme on fait tous les ans. On profite de l'hiver et des jours raccourcis pour faire vraiment du... un peu d'intensité et du travail autour de VO2max, c'est un petit peu ça. Et après on va passer sur la carte, passer par la case volume pour la prépa Ironman. Et oui, il y aura des séances clés qui seront bien costaudes, je ne sais pas encore quand, mais je pense au mois de mars, ça va commencer à être sérieux. et un peu plus intense les 2-3 mois avant la course. Mais non, on n'a pas encore vraiment mis de grosses échéances. Là, on était plus au mois de novembre, dans une période de reprise progressive après la coupure. Le mois de décembre, on a instauré une progressive régularité, un peu de boost de VO2, et là, à partir de janvier, L'objectif aussi c'est d'aller nager un petit peu plus que les années précédentes. Donc aller nager au moins 5 fois semaine, voire plus. L'idéal ce serait 6 fois semaine. Et il y a quand même un cap à passer sur la natation pour essayer d'attraper un paquet sur les courses comme Ironman.
- Speaker #0
Et un seul 8 ça commence dans la natation, parce que si tu sors en une 10 déjà c'est cuit.
- Speaker #1
Je ne vais pas te dire que tu vas sortir en une 10, mais ce n'est pas ça du tout. Ce qui est frustrant à ce niveau-là, c'est que sur Ironman, je nage en 53 minutes, et tu te dis qu'il y a tellement de boulot pour arriver à sortir les premiers sortants en 48 minutes sur certaines courses. Tu te dis que ce n'est que 5 minutes, mais en même temps, c'est 5 minutes. énorme. Passer de 1'15 à 1'10 c'est une chose mais passer de
- Speaker #0
53 à 48 secondes c'est plus les mêmes intensités et puis sub 8 vous êtes pas énorme de français à l'avoir fait ?
- Speaker #1
Non je pense pas, en tout cas sur le Frenchman c'est Franck Guillon qui détient un record.
- Speaker #0
Donc sur le sub 8 c'est d'aller chercher le record aussi ou pas ?
- Speaker #1
Je n'ai pas la prétention de vouloir aller chercher. Mon coach m'a dit que c'était possible. Il faut que toutes les planètes soient alignées. Sur un full, il y a toujours un full qui ne va pas. Il faut faire avec. Mais pourquoi pas ? Si je suis dans un bon jour, que les conditions sont parfaites, ça me permet de rêver encore plus que le sub-8. Si je fais 7h59, 7h08, ça me va très bien. Le contrat sera rempli. Exactement. On verra comment ça se passe, comment ça se passe la prépa. C'est sûr que le jour J, je serai ultra motivé, parce qu'il me faut des objectifs qui m'animent. et me permettre d'être motivé pour la prépa et pour le jour de course.
- Speaker #0
Ok, donc c'est globalement 53,
- Speaker #1
4h10,
- Speaker #0
15 et 2h50 du coup. Un peu moins.
- Speaker #1
Ouais, du coup de 45 j'ai dit que j'étais capable. Je pense que ce sera les bases sur lesquelles je partirai si tout va bien.
- Speaker #0
Ok, ouais parce que... Ce but, c'est quand même un gros morceau, cette affaire ?
- Speaker #1
Ah ouais, j'ai conscience que c'est pas rien. Après, il faut se mettre des objectifs très ambitieux parfois, mais qui peuvent paraître atteignables. Et c'est ce qui permet d'avancer et de progresser.
- Speaker #0
Des objectifs smarts, j'imagine que vous avez dit comme ça. Simple, mesurable, accessible, réaliste et timé. C'est ça. Exactement. j'essayais de réfléchir mais je vois Sam Ledlow forcément Dylan Magnin et Arthur Orso aussi, Franck Guyon bien sûr je crois qu'il n'est pas pro après là il arrête mais il a été pro 2 ans il a été pro 2 ans et après du coup si vous êtes 5 ou 6 à l'avoir, tu ne l'as pas fait encore quand tu l'auras fait ou c'est...
- Speaker #1
Après, il y a eu des grosses perfs françaises sur des courses où il y a un peu de nulé et tout et qui valent largement.
- Speaker #0
Ouais, on est bien d'accord.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a peut-être William Manson qui l'a fait aussi déjà un seul peu vite, je ne sais pas. En tout cas, oui, ça reste une très grosse perf.
- Speaker #0
Et Léon, Léon Chevalier. D'ailleurs, je discutais, je rebondissais avec ça, j'en avais discuté avec lui. Tu l'as dit tout à l'heure. Il avait adoré la période où il était à la fois étudiant, triathlète, ça l'obligeait à, et puis du coup il avait une certaine organisation, il casait tout. Et à partir du moment où il est devenu pro, ça a été finalement un petit peu plus compliqué puisque la charge mentale et puis la pression étaient différentes. D'ailleurs je pense que cette année il a pris un petit coup sur le casque, il l'a dit je crois à un moment donné, le plaisir avait laissé un petit peu plus la place au « il faut que » . Et du coup, l'air de rien, on se met quand même la rate au courbouillon à un moment. Est-ce que toi c'est quelque chose que tu as déjà vécu ou c'est quelque chose auquel tu te prépares l'année d'après ou pas ?
- Speaker #1
C'est exactement ça en fait. Quand j'avais mon boulot, je sortais du boulot et il ne me restait tellement pas trop de temps dans la journée que j'étais obligé de... c'était vraiment timé et organisé. Boulot, entraînement, récup, dodo. Le matin j'allais m'entraîner parce que je n'avais pas le reste de la journée. Tandis que là en fait tu te réveilles et tu te dis bon... des fois tu ne mets même pas de réveil. Et tu te dis, au lieu d'aller courir tout de suite ou nager tout de suite, tu te dis, je peux le faire un peu plus tard dans la journée, je vais aller faire ça en attendant. En fait, tu as tendance à un peu tout repousser, procrastiner, on va dire. Et des fois, tu n'as plus trop cette motivation-là, où des fois, tu as moins de plaisir à aller t'entraîner. Parce qu'avant, tu as ton boulot à côté et ça, c'est en plus, c'est vraiment ton plaisir. Tu te dis, je me l'inflige entre guillemets parce que j'ai envie de faire cette course-là et que pour réussir cette course-là, je dois m'entraîner. J'adore aller m'entraîner après le boulot. Ça me permet de décharger mentalement, de penser à autre chose. Tandis que maintenant, en fait, c'est plus l'inverse en disant, il faut que je m'entraîne parce que les gens, des fois, ils disent, ouais, mais maintenant, tu ne fais que ça, tu es pro. C'est normal de voir performer sur les courses. Il y en a même qui me disent, mais pourquoi tu t'entraînes que 17 heures par semaine alors que tu n'as que ça à faire ?
- Speaker #0
D'ici-là, dans leur fond du canapé.
- Speaker #1
Oui, au final, c'est même des gens qui ne comprennent pas forcément l'entraînement en soi. Je ne suis pas certain que de passer à 30 heures, je pense que c'est ultra personnel en fonction des athlètes. Un mec qui va s'entraîner 30 heures, peut-être qu'en fait s'il s'entraînait 25 heures, il serait plus performant. Ou au contraire, s'il s'entraînait encore plus, il serait plus performant parce que c'est ce qui lui convient. Mais c'est aussi une question d'équilibre dans ta vie perso et dans ta récup et tout. Mais ouais, des fois, il y a des jours où c'est même plus de la motivation. Même l'autodiscipline, des fois, ce n'est pas suffisant. Tu dois te forcer à aller t'entraîner. Tu vois, la natation, je sais que je me mets du objectif 5-6 fois par semaine, mais il y aura peut-être... une séance dans la semaine où j'aurais vraiment envie d'y aller. Et le reste, ce sera que je m'oblige et que je suis obligé. Tu vois, si je veux progresser, ce n'est pas du plaisir. Mais pareil, l'hiver, il faut rouler, il faut courir. Et en ce moment, il fait froid, il pleut, il neige même des fois. Donc voilà, avant, c'était plus pour moi. Maintenant, même si je n'ai pas d'obligation envers les sponsors ou autre. quand même cet état d'esprit là où tu te dis un peu... Moi je considère pas comme mon métier parce que c'est pas une source de revenus mais j'imagine bien pour ceux pour qui, enfin les pros qui vivent de ça j'imagine bien que la pression elle doit être quand même assez conséquente et et c'est pour ça que des fois tu vois des burn-out dans le monde sportif quand même parfois assez grave et ouais je peux comprendre ça. peux comprendre tout à fait surtout quand on est une mauvaise journée là aujourd'hui ouais ouais j'en ai pas parlé dans mes objectifs mais je pense que je pensais déjà à faire le triathlon des lacs à moi je pense que je prends mon dossier aujourd'hui pour aller rendre un petit hommage à match en israël était une personne extraordinaire c'est vrai quelque chose de
- Speaker #0
de terrible avis elle nous met quand même des sacrés coups sur le casque ouais ouais ouais ouais c'est enfin bref et puis toi aussi t'as eu un petit coup enfin pas toi mais vous avez eu un croche pied un peu aussi au quotidien enfin la vie elle vous a pas rendu les choses faciles est-ce que toi ça a eu un impact alors je veux pas rentrer dans les détails mais est-ce que ça a joué forcément sur ta saison ou est-ce que c'est ah oui oui clairement clairement moi il y a
- Speaker #1
En plus, on était un peu sur un autre piédestal. Moi, en amateur, j'avais réussi tous mes défis. Dans notre vie perso, tout allait bien. On est de se marier et tout. On allait à Hawaï pour les championnats du monde. Et deux jours, en plus, deux ou trois jours avant de partir à Hawaï, diagnostic de cancer du sein pour ma femme Julie. Et là ouais, t'as ton monde qui s'effondre, tu penses que ça arrive aux autres. Elle avait 28 ans, tu te dis, bah 28 ans, t'es loin de tout ça. Et là ouais, ça te met un coup sur la tronche. Un coup sur le casque ouais. Enfin les 2-3 jours avant, du coup t'as tous les rendez-vous avec les longos et tout ça, bref. On a quand même pu partir à Hawaï. Autant te dire que j'ai pas vécu le rêve comme j'aurais voulu le vivre et j'ai pas profité. évidemment pas profiter comme j'aurais pu et après tu rentres et là commence les traitements tout ça et à côté toi tu te retrouves un peu con parce que passer pro tu vois tu dis c'est un peu faut un peu être égoïste dans la on va dire c'est un peu égoïste de passer pro parce que tu dis ça va tout va être un peu centré autour de toi sur ta pratique tes entraînements et tout ça et là en fait peux pas en fait focus sur toi parce que tu as ça à côté et ouais ça a été dur mentalement je pense tout l'hiver jusque mars c'est là que tu vois qu'en fait le mental et le et le corps sont liés parce que j'arrivais pas à les entraîner quand je m'entraînais j'étais j'étais nul vraiment tu pensais à autre chose tu pouvais pas être à ce que tu faisais j'avais la tête ailleurs j'arrivais pas à mettre du volume sur les séances intenses j'arrivais pas à mettre intensité je faisais vraiment le strict minimum et je m'entraînais moins que quand je m'entraînais en amateurs et je me suis même blessé pour dire que alors que je me blesse jamais en tout cas pas de j'avais une tendinopathie tendanthalchie donc c'est ce qui a fait que j'ai pas pu courir les deux mois avant ex et ouais mentalement c'était compliqué et tu dois t'occuper un peu de mon début de carrière pro et en même temps toutes les intentions elles sont avec la femme et pour l'accompagner à ce moment là. Ouais c'était dur mais on a eu la chance quand même d'être bien accompagné par nos proches, nos amis et c'est ce qui a permis de ce qui a permis de tenir le coup. On arrivait aussi quand même à ne pas s'enfermer dans un cercle vicieux de tristesse et de s'apitoyer sur notre sort. On a réussi à beaucoup en rire. et avoir beaucoup d'autodérision là-dessus. Je pense que c'était important dans notre cheminement. Après, quand ça a commencé à aller un petit peu mieux, mentalement, physiquement, ça a suivi. J'ai réussi à remettre des mécanismes en place. et la deuxième partie saison a été beaucoup plus productive forcément par la suite. Donc ouais, il y a des fois où tu as des événements qui tombent dessus et tu t'y attends pas, mais bon, c'est comme tout, il faut avancer et c'est ce qui te construit et qui te permet de...
- Speaker #0
Ce qui ne te tue pas te rend plus fort.
- Speaker #1
C'est ça, de revenir plus fort par la suite.
- Speaker #0
Et du coup, alors c'est peut-être une question indiscrète, mais du coup, il y a des moments où tu étais en course et tu étais dans le dur et où tu t'es dit... Au final, ce n'est pas grave, ce que je passe, ce n'est pas important.
- Speaker #1
Clairement, il y a des moments où, comme dans toute course, c'est dur. Ah bon ? Tu relativises. On ne fait pas un sport facile. C'est dur pour tout le monde. Mais tu relativises et tu te dis qu'il y a bien pire. Tu penses à tout ça. C'est ce qui m'a peut-être permis de profiter encore plus du moment sur les courses. Je me disais, c'est dur, mais en fait, profite du moment. Tu ne vas pas faire ça pendant des années. Regarde là où tu es. Tu as trop de chance d'être là. Il y a plein de monde qui aimerait bien être à ta place. Profite, donne-toi à fond et ne lâche rien. Aussi pour des raisons. Cette année, j'avais mis la tri-fonction en rose pour le petit clin d'œil. Le club en rose. Voilà. J'avais une raison sous-jacente de courir les courses.
- Speaker #0
Je courais quoi que pour moi. Et aujourd'hui, les nouvelles sont bonnes et tout est dans la bonne direction ?
- Speaker #1
Là, on a fait la grosse soirée samedi pour fêter la rémission actuellement. Tout est rentré dans l'ordre. C'est derrière, même s'il y a encore du suivi sur quelques années. Mais là, ça va être une autre préparation hivernale que la saison dernière.
- Speaker #0
Attention devant !
- Speaker #1
Attention !
- Speaker #0
Quand on est pro comme ça et qu'on se focalise, on imagine d'une année sur l'autre, est-ce qu'il y a un plan à deux ou trois ans ? Il y a une vision ou est-ce que tu préfères juste voir à 12, 18 mois un peu à l'avance ? Non,
- Speaker #1
je n'ai pas de... Moi, à la base, c'était juste passer pro, voir ce que ça donne. Je pensais au moins faire deux ans, je voulais au moins faire deux ans. Là, j'ai revalidé les critères avec les résultats de cette année. Et après, non, je n'ai pas de vision à moyen ou à long terme. Je sais que ça ne durera pas éternellement, parce que j'ai 32 ans maintenant déjà. Mais le plus longtemps possible, ce sera le mieux. Je ne me mets pas de limite en termes de durée, de durabilité, ni de performance. Je suis toujours sur cette courbe ascendante et je n'arrive pas à un moment... Je ne suis pas encore arrivé au moment où je me dis que je stagne et que je ne vais pas pouvoir aller voir plus loin.
- Speaker #0
C'est marrant par contre ce que tu dis parce qu'on dirait que tu t'excuses presque d'avoir 32 ans et d'être vieux, alors qu'il y a quelques années, moi j'ai commencé à un petit moment. On disait que c'était un sport pour les gens qui sont matures physiquement. Quand on fait du long, il faut plutôt être expérimenté. Et donc on avait les petits jeunes qui cassaient tout sur du court. Et puis on avait les vieux qui allaient cabosser tout sur Ironman. Aujourd'hui, on voit que la tendance s'est inversée avec les Sam, les Léon, les William. Ils cabossent tout. Et j'en discutais avec Romain Guillaume. Il me disait, moi c'est les jeunes qui me poussent dehors, parce que globalement ils courent plus vite en course que ce que moi je suis capable de faire en sec. Alors, j'ai aussi le trait. Et toi, tu arrives et tu dis, ouais, c'est pas quelque chose auquel... Enfin, j'ai 32 ans déjà, et donc c'est quelque chose qui est rentré dans les mœurs. En fait, à 32 ans, on n'est déjà pas trop vieux pour faire du long, mais presque.
- Speaker #1
Moi, je pense, quand je dis 32 ans, tu vois, il ne me reste pas 10 ans. Donc, je pense qu'après 35 ans, ça commence à être un peu plus... C'est le coup inné. Ouais et puis après tu as la... en général tu vois à 35 ans tu commences à avoir ta vie perso aussi qui prend un peu plus le dessus sur ta vie sportive donc ça tes projets de famille ils deviennent plus importants et tu n'as pas forcément envie d'aller te mettre 30 heures d'entraînement dans les planches. Dans le cornet. Voilà. Forcément après la progression elle est limitée après non j'ai pas cette sensation de tu vois d'avoir un corps... Fatigué, épuisé, raflé... Au final j'ai commencé le triathlon tard... 2019,
- Speaker #0
c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais, 2019. J'avais du coup 25 ans... 26 ans dans ces eaux-là. Et ouais, j'ai découvert ça tard. Et j'ai pas ce... cet épuisement, en tout cas, physique ni mental pour l'instant. Que je pense aussi, quand tu fais ça depuis jeune... et que tu arrives autour de 30 ans, il y a peut-être aussi l'épuisement mental qui fait que t'es poncé que ça limite un peu ta progression parce que ça fait déjà 10-15 ans que tu fais ça
- Speaker #0
Le switch a vraiment eu lieu il n'y a pas longtemps avec l'arrivée post-Covid, l'arrivée de cette génération qui était passée un peu par le haut niveau sur le cours mais qui n'était pas allée jusqu'au WTCS et qui sont venues tout de suite se mettre sur du long. Et du coup forcément les standards, on a vu ce que ça donnait. Jusqu'à il n'y a pas très longtemps, un sub 8 c'était quelque chose qui était assez exceptionnel, il y en avait quelques-uns sur rote et voilà. Là aujourd'hui si tu cours plus de 2,40, on va dire que dans le classement scratch ça devient compliqué. c'est un truc qui fait à la fois rêver les gens qui sont dans le canapé mais qui fait peur pour les gens qui veulent se lancer dans l'aventure quand t'es pro tu te dis pour faire des trucs comme ça ça veut dire qu'il faut avoir des puissances critiques de mammouth, il faut être capable de se dire de 40 c'est un footing comment ça se gère ça quand on se dit je veux devenir pro du coup je vais devoir faire tout ça je pense que quand t'as une vision autre que moi tu vois de
- Speaker #1
Si tu veux vraiment devenir pro pour en vivre et performer et réussir des trucs grand chose, ça doit faire peur. Et tu dois te dire, à moins d'être vraiment très, très, très, très costaud toi aussi, tu dois te dire, la marche, elle est grande. Moi, ma vision des choses, je te disais, c'est vraiment profiter de l'expérience au max et de voir jusqu'où je peux aller en sachant très bien, en toute humilité, je sais que je n'arriverai jamais à ce niveau-là. même en travaillant dur. Alors après, forcément, je m'améliorais. Tu ne m'interdis rien. Je ne m'interdis rien, mais le niveau est tellement stratosphérique comparé à moi quand j'ai commencé en 2019. Si je faisais les perfs que je fais aujourd'hui en 2019, je ferais des podiums en pro, tu vois. Tandis que maintenant, je te fais des top 50. Top 12, top 15. Top 12, top 15, ouais, sur d'autres courses. Mais ouais, non, c'est... Le niveau augmente de fou, c'est bien. En même temps, ça peut faire peur à des jeunes qui veulent se lancer. Mais tu vois, les mecs qui arrivent jeunes sur le long de distance, c'est des mecs qui doivent avoir ça en tête depuis des années. Ils bossent déjà pour ça depuis des années, depuis tout jeune. Avant, c'est les jeunes qui bossaient pour faire du cours distant, du format olympique. Maintenant, tu as des jeunes qui s'entraînent directement pour aller faire du half. voir du full. Tu vois, Samuel Hidalgo, il n'est pas arrivé à 25 ans en se disant « Bon, allez, je vais être champion du monde » . Lui, il y rêve depuis tout jeune. Depuis tout jeune. Son plan de carrière, il l'a déjà depuis la primaire.
- Speaker #0
Si tu avais un conseil à donner à un jeune qui, aujourd'hui, te dit « Demain, je veux devenir pro sur Ironman » , qu'est-ce que tu lui donnerais, toi, avec ton expérience et justement ton recul par rapport à ça ?
- Speaker #1
Moi, je lui dirais d'y aller progressivement de ne pas s'interdire de rêver. Si c'est son rêve et qu'il veut faire ça, il fonce et il met tout en place pour, mais de garder quand même un équilibre à côté dans sa vie perso et aussi un petit parachute professionnel, faire des études et tout ça, avoir un diplôme et on va dire une roue de secours parce que tu peux vite aussi te... te planter ou juste être très bon et te blesser et ta carrière est finie. Mais non, il faut y aller, il faut foncer, l'expérience elle est dingue. Et ouais, un jeune qui veut faire ça, c'est forcément un jeune qui est motivé, qui est discipliné, résilient. Il a déjà toutes les valeurs qu'il faut pour faire de grandes choses. Donc ouais, il faut hésiter et bien s'entourer. Il faut prévoir un plan B. Prévoir un plan B, kiffer et bien s'entourer. de personnes à côté, de coachs, d'amis, qui permettent aussi de parler d'autres choses que du triathlon. Ça va prendre une grosse place dans sa vie et c'est bien aussi d'avoir d'autres choses que le sport dans la vie.
- Speaker #0
Ok, cool. Et si jamais il y avait trois mots qui devaient résumer ta saison 2025, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Ce serait quoi ma saison 2025 ? Ce serait plaisir, découverte et ambition.
- Speaker #0
Et ambition, yes, cool. Bon, rendez-vous en fin 2026 pour voir si le mot ambition a été validé. Pendant que je t'attendais, j'avais préparé quelques petites questions comme ça. On appelle ça le questionnaire de Proust, mais c'est juste pour finir. On a donné 2-3 réponses, mais je voulais finir avec ça, si ça ne t'ennuie pas. C'était encore 2 petites minutes.
- Speaker #1
Pas de soucis.
- Speaker #0
Shimano ou SRAM ?
- Speaker #1
Shimano.
- Speaker #0
Foul ou half ? Ça, on connaît la réponse. Foul. 6 heures de vélo ou 3 heures à pied ?
- Speaker #1
6 heures de vélo.
- Speaker #0
Nice ou Kona ?
- Speaker #1
En championnat du monde ? Oui, bah oui. J'ai mieux vécu Nice que Kona, personnellement, mais je pense pour le mythe quand même Kona. Même si mon expérience à Nice était mieux que mon expérience à Kona, c'est parce qu'il y a eu des circonstances. Mais je pense que oui, si tu veux vraiment vivre le rêve des championnats du monde, c'est Kona.
- Speaker #0
Donc Kona Pro, c'est dans les projets, on n'en a pas parlé.
- Speaker #1
Ouais, Kona Pro, c'est un rêve, pour l'instant, c'est un rêve, c'est pas un objectif, parce que Kona Pro, ça veut dire faire Podjump sur... Ce serait fou, ce serait fou, c'est sûr. Après, voilà, je t'ai dit, je ne mets pas de limite, mais pour l'instant, c'est loin.
- Speaker #0
C'est loin. Ok. Le Half de Nice ou le Tridger armé ?
- Speaker #1
Tridger armé.
- Speaker #0
Tridger armé, yes. Roue pleine et 80 ou roue pleine et roue à bâton ? rouplaine et 80 rouplaine 80 le matin riz, oeuf, thé ou café et choco prince ? café et choco prince ouais c'est pas bon là dessus je voulais juste finir là dessus mais c'était cool merci beaucoup en tout cas Pierre ça fait quasiment tout pile merci à toi bon courage pour la suite parce qu'il va falloir taper dedans Moi je te suivrai comme ton ombre sur plein de coups et puis je te ferai un petit coucou à trois, on se retrouvera là-bas. Ça marche, avec plaisir.
- Speaker #1
Un grand merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup à toi, excellente saison, bon courage, surtout pas de blessure. Oui,
- Speaker #1
on va se faire beaucoup, ça va aller. Allez, un grand merci. Ciao.