- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode du Try Bandit. La pause a été très longue, la reprise se faisait attendre. Voilà, entre une activité de coaching qui a été plus qu'au, plutôt débordante, super intéressante, avec beaucoup de choses que je vais vous raconter d'ailleurs dans les prochaines semaines, des petits coups sur la tête, voilà, des fois la vie elle est un petit peu surfy, bumpy, donc du coup un petit peu moins de temps pour le podcast. Désolé, je suis vraiment désolé pour ça, toutes mes excuses pour cette longue absence. Énormément de choses, bien sûr, se sont passées sur le plan national, international, que ce soit sur le court, sur le long. Mais bientôt, bientôt, vous allez avoir des invités super sympas et plutôt inattendus. Donc du coup, c'est assez palpitant comme rentrée. Donc du coup, une rentrée 2026-2027 qui va bientôt avoir lieu. La saison n'est pas encore terminée, puisqu'on est à quelques semaines de l'Alpes de Nice et ses championnats du monde. On est à six semaines à peu près de Hawaï. Il y a bien sûr les gros événements sur le court distance, avec une saison... on va dire australienne avec Matt Hauser qui fracasse tout, que vont faire nos Frenchies qui sont sur le podium, une Cassandre qui n'a pas l'air de vouloir descendre du podium et c'est super sympa, mais ça encore on va en parler très très vite. Et donc du coup, pour cet épisode de rentrée, je vais, toutes mes excuses à Jérémy Stafen, je vais seulement lancer aujourd'hui le podcast que j'avais enregistré fin janvier avec Jérémy, donc on avait terminé la série avec Ben Pernet et puis là du coup c'est Jérémy Staphen, l'entraîneur de Pierre Stiermans qui vient de terminer sa saison, qui va déjà repartir pour la 2027 là. Et donc je vous laisse découvrir cet entretien. Une belle surprise, Jérémy, entraîneur multi-performeur. Je vous laisse d'ailleurs découvrir son palmarès de coach qui est assez impressionnant. Et puis un échange qui était super sympa parce qu'il a une belle méthode, on a plein de points communs. Je vous laisse prendre plein de plaisir à écouter cet entretien et puis on se retrouve. Du coup là, incessamment soupé, puisque dans 15 jours vous aurez déjà les premiers épisodes de la saison 2027, avec des invités qui vont très très très vite et qui appuient très très fort sur les pédales. Je vous laisse deviner ça et je vous laisse vous accrocher à ça. Rendez-vous bientôt, et puis écoutez, avec grand plaisir de vous retrouver. N'hésitez pas à commenter sur les réseaux sociaux, ce sera avec grand plaisir. Et puis on se retrouve très très vite. Bonne écoute ! et merci beaucoup de votre fidélité et de votre retour. Ciao, ciao ! Allez, bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode du Try Bandit. Je pouvais pas commencer sans vous remercier pour les nombreux retours et échanges que j'ai eu avec avec tout le monde sur l'épisode avec Benjamin Pernet et Lya. Je savais que ça allait faire réagir mais je savais pas à ce point là. Donc c'est plutôt, c'est plutôt super chouette. Et puis les retours sont vraiment sympathiques. Donc si vous l'avez pas encore écouté, je vous laisse y aller. Et puis si vous l'avez déjà écouté, merci beaucoup. L'invité du jour, c'est du même calibre que Benjamin Perret, donc je suis très très content aussi de faire cet épisode. Ça a été très rapide pour se connecter, j'adore, on est déjà bien alignés, ça fait un petit moment qu'on parle off, donc là c'est super chouette. C'est un monsieur qui fait partie pour moi de ce que j'appelle la Super League des entraîneurs aussi en France. Il y en a quelques-uns, il y a Caroli, il y a Ben, et donc aujourd'hui j'ai l'honneur de parler avec Jérémy Staffan. Jérémy, bonjour, comment ça va ?
- Speaker #1
Salut Mika, ça va, merci. Déjà, regarde, je vais faire comme tu as fait avec le podcast de Pierre. On ne savait pas trop si c'était Pierre Stiermans ou Pierre Stiermans. Après, je le vis depuis que je suis gamin. Ce n'est pas Jérémy Stafran, c'est Jérémy Stafel. Stafel, pardon. Ouais.
- Speaker #0
Bon, ben voilà.
- Speaker #1
Ça c'est fait. Mais t'inquiète, je le vis depuis que je suis gamin.
- Speaker #0
Ok. Et donc du coup, Jérémy, moi ça fait un petit moment que je te suis, que je regarde comment vous travaillez. Et bien sûr, avec Pierre, on a parlé de toi. Et c'est pendant l'épisode de Pierre que j'ai eu l'idée de t'interroger. L'actu du tri, elle est encore en plus un petit peu en sommeil. Donc je me suis dit, pourquoi donner autant la parole aux athlètes ? On va aussi peut-être donner un peu la parole aux hommes de l'ombre, les hommes qui sont là et qui font que la paire française existe. Et donc comme tu fais partie de ces gens-là, c'est vraiment avec grand plaisir aujourd'hui que je vais passer un petit moment à te poser plein de questions, des questions que moi j'aimerais bien te poser et puis surtout certainement je pense que plein d'autres questions d'autres personnes voudraient te poser. Je ne vais pas te faire l'offense de te présenter, mais du coup je vais essayer de te poser des petites questions pour que les gens qui, éventuellement ceux qui habitent sur la planète Mars, ne te connaîtraient pas, puissent te connaître un petit peu mieux. Comment tu pourrais décrire ton arrivée dans le monde du triathlon ? pour que tu puisses nous expliquer comment tu en es arrivé là aujourd'hui.
- Speaker #1
Bah écoute, déjà ça va faire, je crois que j'entame ma 18ème ou 19ème année de pratique du triathlon. Donc triathlète bien ridé quoi. Expérimenté on dit, expérimenté. Ouais voilà, avec l'expérience. Comment j'y suis venu ? Bah moi je viens d'un sport collectif qui est le foot, que j'ai beaucoup pratiqué. dès que j'étais gamin, et on va dire à plutôt bon niveau. Maintenant, dans ça, à un moment donné, je me suis senti limité par deux choses. C'était le fait que ce soit des horaires communs à tout le monde, forcément quand tu es dans un sport collectif. Je trouvais ça hyper contraignant. Et j'étais aussi un petit peu désabusé par le fait que... performance du week-end ne tenait pas spécialement que à moi. Et du coup, naturellement, je suis tombé sur des reportages et après je viens d'un milieu où j'ai rencontré des gens qui étaient sur ce sport-là et je me suis dit c'est génial ça, je vais m'entraîner quand je veux. La performance du week-end dépend que de moi. J'ai été intronisé dans cette discipline par des mecs encore plus dinosaures que moi et qui sont encore présents dans cette discipline-là. Je pense que j'ai été très bien accompagné dans les débuts. Finalement, j'ai été un petit peu piqué. Finalement, je n'en suis jamais sorti. D'ailleurs, je remercie, je fais un petit coucou, je ne sais pas si vous m'écoutez, à des mecs comme Bruno Lavidal, le sauvon Triathlon, tous ces potes, vraiment une petite bande de potes. Quand j'ai commencé, c'était la première année du club et vraiment, c'est grâce à eux que j'ai été un peu piqué. Piqué par le triathlon. Oui, et puis après par... Par d'autres collègues à qui je donne un petit clin d'œil, qui ont été coachés par Ben, d'ailleurs, par Ben Pernet. Je fais un petit coucou à John Millard, qui était un de mes cadres à l'armée, parce que je suis passé par les armées en tant que moniteur de sport, qui était un de mes cadres et qui pratiquait le triathlon et qui, en fait, ne m'a pas laissé le choix. Je me suis entraîné avec lui. Et voilà. qui m'ont donné l'amour de ce sport. D'ailleurs, petite anecdote sympa, c'est qu'il m'a initié et plusieurs années plus tard, on a franchi la ligne d'arrivée ensemble au Mondiaux à Lattie en Finlande. Alors qu'il a une cinquantaine d'années.
- Speaker #0
Il n'y a pas si longtemps que ça.
- Speaker #1
Il est parti.
- Speaker #0
Ouais. Ok.
- Speaker #1
Donc, sympa de vivre ça ensemble.
- Speaker #0
Carrément, le partage. Au final, c'est ce qui ressort aussi pas mal du triathlon, c'est un sport individuel. mais qui prend toute sa saveur quand on a le plaisir de pouvoir le partager que ce soit avec des gens sur des lignes d'arrivée ou sur les courses ou avec les supporters et donc si je fais des petits calculs vite fait si ça fait 18 ou 19 ans t'as dû arriver dans le tri quand t'avais ta vingtaine à peu de choses près et donc par contre quand on passe de footeux et qu'on doit se transmuter en triathlète comment se passe l'arrivée à la piscine du coup ?
- Speaker #1
J'ai jamais été excellent nageur mais j'ai jamais non plus été mauvais nageur. Je viens d'une génération où on a quand même appris à nager à l'école. Donc je n'étais pas très performant mais je m'en suis toujours. plutôt bien sorti en natation donc j'ai plutôt bien vécu le transfert moi ce qui a été le plus difficile pour moi ça a été le passage sur le long distance du fait de la typologie musculaire j'ai souvent été embêté par des crampes j'étais pas un amoureux des sorties longues j'étais plutôt un amoureux des entraînements intenses des efforts courts et intenses Merci. Donc ça a plutôt été cette transition qui a été la plus difficile pour moi et la plus longue aussi. Je lutte d'ailleurs un petit peu encore contre ça. On sait, les adaptations structurelles, ça prend énormément de temps. Donc ça a plutôt été cette transition-là la plus dure pour moi à gérer, plutôt que la natation. Ok,
- Speaker #0
ok. Du coup, oui, c'est court et intense quand on est footer, on est sur de l'endurance, de résistance, de vitesse. Il faut aller vite tout le temps sur 90 minutes. Par contre, le temps est limité. Alors que là, au contraire, il faut essayer d'être le plus régulier possible sur un rythme le plus élevé possible. Ce ne sont pas du tout les mêmes contraintes. Et donc ça, c'est ton apprentissage toi en tant qu'athlète. Et à quel moment la bascule se fait dans ta tête et où tu te dis, je suis bien dans mon parcours de triathlète, mais par contre, le coaching, qu'est-ce qui t'oriente vers le coaching ? C'est une rencontre ? C'est une vocation ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
C'est plutôt une logique. Comme je disais, je suis issu des armées, notamment en tant que moniteur de sport. Et du coup, c'était déjà quelque chose que j'abordais au quotidien, de préparer, entraîner les gens. Avec en plus des... Il faut toucher à tous les sports. On aborde le côté pédagogique dans toutes les disciplines. Donc, je pense que c'était la suite logique d'apprendre aux gens et de plus d'aimer le triathlon. Pourquoi pas mixer les deux et d'être entraîneur de triathlon, tu vois. Donc voilà, je pense que c'était quelque chose de logique, mais aussi... D'intuitif, parce que déjà, quand j'étais à l'école, en école primaire ou au collège, tous mes profs me disaient « de toute façon, toi, il faut que tu poses dans le sport » . Donc, je pense que c'était une suite logique.
- Speaker #0
Et donc, dans ton cursus, tu as passé des formations, des diplômes, ou tu es resté un petit peu sur les formations fédérales ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et par l'armée, ensuite dans le triathlon, les formations fédérales. Et puis après, je pense que la meilleure des formations, c'est celle que tu vis tous les jours. C'est la remise en question permanente et la recherche permanente tout simplement. C'est la formation du quotidien. L'auto-formation. Les années de police.
- Speaker #0
Aussi. Et donc du coup, toi tu enrichis ton parcours d'entraîneur, mais tu proposes un petit peu une espèce de concept global, et donc je pense un petit peu l'ADN du nom de ta structure. Donc tu diriges Tri360, t'es à la fois entraîneur, t'as un club, t'as à la fois du testing, tu fais des stages. D'où est venu et comment est sorti Tri360, et pourquoi Tri360 ?
- Speaker #1
Déjà je co-dirige avec ma compagne la structure Tri360. Globalement pourquoi Tri360 ? L'idée elle est simple, c'était d'offrir toutes les possibilités modernes du triathlon à 360°. Donc avoir un petit peu ce mot que tu vois souvent employé par beaucoup d'entraîneurs. C'est ce côté holistique de la pratique. Et comment ça a émergé ? Ça a émergé sur la période Covid, où on était avec ma compagne tous les deux en club, et qu'on s'est retrouvés un petit peu, lors de cette période Covid, un petit peu isolés des clubs, et qu'on avait quand même de la demande. pour continuer de s'entraîner et continuer à pratiquer le triathlon. Et donc, on a décidé à ce moment-là de s'émanciper des clubs dans lesquels on était et de créer, nous, notre propre structure et, au fur et à mesure, de la faire progresser en s'ajustant au fur et à mesure. tous les services dont nous on aurait aimé qu'on nous propose ça dans notre progression au fil des années on raisonne vraiment en permanence sur ce côté là qu'est-ce que moi j'aurais aimé en tant qu'athlète et on essaye de proposer Du mieux qu'on peut,
- Speaker #0
c'est cette philosophie-là. Ok, j'adore, parce que j'ai fait un podcast il n'y a pas très longtemps, j'étais de l'autre côté du micro, et j'ai dit à peu de choses près, mot pour mot, la même chose. Donc souvent, on va proposer ce qu'on n'arrivait pas à trouver dans la vraie vie, ou ce qu'on aurait bien aimé pouvoir trouver dans notre vraie vie, mais avec les années de décalage, voilà, ça fait comme ça. Et toi, du coup, tu as donné un tout petit peu la réponse, mais... Tu te définirais plutôt comme un coach, on en parlait un peu avant, mais voilà, science-based, human-based, un peu les deux. Comment toi tu te définis ?
- Speaker #1
Moi, je vais te donner des mots assez simples pour me définir en tant que coach. c'est déjà je suis Non dogmatique. J'ai la croyance que tout fonctionne et rien ne fonctionne. C'est très contexte dépendant. Je suis très orienté prise de décision. Comme je te disais en off, je suis un petit peu arbitre de décision en fonction des contextes des athlètes. Je cherche avant tout à rendre l'entraînement le plus rentable possible pour l'athlète. Je respecte son temps et son énergie. Ensuite, j'essaye de rendre cet entraînement durable et cohérent avec la réalité de l'athlète, donc human-based. Mais au final, le sport, ça reste une science. Tu es à un moment donné aussi obligé d'être evidence-based ou science-based. C'est un petit peu un mix des deux. Mais voilà, si je me définis non dogmatique, orienté prise de décision, et je cherche à rendre l'entraînement le plus rentable possible pour l'athlète, et cohérent avec sa réalité, en offrant un cadre propice, mais exigeant. Et quand je parle d'exigeant, ce n'est pas nécessairement par l'intensité.
- Speaker #0
Ah, c'est par quoi du coup ? Par la consistance, la régularité ?
- Speaker #1
Oui, exactement. J'aime que l'athlète... En gros, il me présente son projet, je valide, je lui montre le chemin en lui disant voilà ce qu'il faut faire pour arriver à ce qu'on souhaite atteindre ensemble. Bien que ça reste ondulatoire, il y a des choses qui bougent sur le chemin bien évidemment, mais ce que je n'accepte pas, entre guillemets, c'est que... Entre ce que l'athlète me disait qu'il pouvait mettre en place ou qu'il allait mettre en place, j'aime un petit peu que ce soit la réalité derrière. Je ne veux pas qu'il y ait de dissonance entre les deux.
- Speaker #0
Oui, dans le sens où ça t'est déjà arrivé qu'il y ait des athlètes qui te présentent un projet, entre guillemets, un projet perf et qui te disent, voilà, je veux aller là. Mais que du coup, ils te disent au départ, je te donne les clés du camion et on y va. Et puis au fur et à mesure, au final, ça s'effrite un peu. Ça t'est déjà arrivé, ça ?
- Speaker #1
Oui. Ah oui, comme ça.
- Speaker #0
Ah oui ? OK.
- Speaker #1
Oui. Comme on disait en off, déjà, je pense que le triathlon en lui-même est ultra exigeant. Enfin, tu vois, il n'y a pas besoin de... Et il y a... À ce jour, beaucoup d'athlètes ne prennent pas la mesure de ce que ça représente au quotidien. Et donc, effectivement, oui, il y a, je ne vais pas dire du déchet, mais parfois, l'athlète n'est pas aligné avec ce qu'il faudrait faire pour le projet ou ce qu'il disait qu'il pouvait mettre en place. Dans ce cas-là, j'essaye de... Attention, je reste pédagogique, mais j'essaie de le remettre en question sur, on s'était dit qu'il fallait faire A, là on est plutôt en train de nous proposer C. Est-ce qu'on ne peut pas mettre en place et se mettre entre les deux ? Et revoir l'objectif au final. Parce que si tu n'es plus aligné avec les exigences de l'objectif, il y a de grandes chances que tu l'appelais.
- Speaker #0
Ça passe à côté.
- Speaker #1
On réaligne l'objectif sur le chemin.
- Speaker #0
Ok. Du coup, on parle d'exigences, on parle de performance et on parle de maîtrise de tous les paramètres. Et je pense que ça, ça fait partie de la base et de l'ADN un petit peu, de la relation que tu as avec un athlète en particulier, qui s'appelle Pierre, qui est un petit peu le sujet du jour, mais qui viendra plus tard. Je vois aussi que tu arrives à faire parfait des gens sur toutes les distances et un petit peu avec tous les profils, des personnes super jeunes, j'allais dire des personnes âgées, mais des personnes un petit peu plus matures, et tu arrives à faire performer. Du coup, est-ce que tu as le même discours avec tout le monde ? Comment tu gères ça ? J'imagine bien que non, mais je te donne la perche.
- Speaker #1
Non, je n'ai pas vraiment le même discours avec tout le monde. Comme je te disais, c'est très contexte dépendant. Il y a autant de méthodes que tu peux avoir d'athlète. Et après, pour moi, j'ai une notion bien particulière de la performance. Si on parle de beaucoup de... vont parler de la performance absolue qui va être les victoires, les podiums ceci cela pour moi je vois pas la performance comme ça pour moi un athlète peut très bien être je sais pas moi 20ème de son groupe d'âge et être un athlète performant, pour moi l'athlète performant c'est celui qui aura exploité son plein potentiel le jour J avec les armes qu'on aura construites sur le chemin en amont La course, ça reste qu'une conséquence du processus et un constat du processus, parce que ça sert aussi à ça. Et je peux très bien classer des athlètes qui sont au 20ème de leur groupe d'âge en tant qu'athlètes performants. Et j'en ai. Et quand je te disais que je souhaite rendre l'entraînement rentable, c'est la finalité, c'est d'exploiter vraiment la... le meilleur potentiel possible aujourd'hui.
- Speaker #0
Je vais juste sortir un tout petit peu de ce qu'on s'était dit, mais pour rebondir sur ce que tu dis, ce que je trouve super intéressant. Où est-ce que... Là, tu m'as parlé de performance, et tu m'as parlé de gens qui arrivaient 20e. Est-ce que cette notion de performance, elle ne devrait pas être définie autrement que ce qu'on voit sur les réseaux avec des mecs qui font de la gagne ? Et finalement, est-ce que la performance au quotidien n'est pas complètement différente en fonction de notre contexte familial, notre contexte pro ? Aligner des 15h ou des 20h quand tu es pro, au final, ce n'est pas très difficile. C'est très exigeant physiquement et mentalement, mais ce n'est pas très difficile. Par contre, se mettre 10-12h dans la tête quand tu as un boulot qui te prend 50h, que tu as une vie de famille, ainsi de suite, ça c'est de la haute voltige. Donc effectivement, la performance est là. Par contre, comment essayer de réaligner les planètes pour les athlètes ? Parce que souvent, les gens qui sont cadres et qui ont une famille, veulent se dire, moi, la perf, ça serait d'aller faire troisième au half, je dis n'importe quoi, au half de hex ou peu importe. Et quand tu fais ça, tu te rends compte qu'aujourd'hui, les athlètes, tout va plus vite. Parce qu'on est sur une génération qui va très rapidement. Et la performance, la déception, elle est à hauteur de l'attente vis-à-vis de la performance.
- Speaker #1
Ouais, la déception, elle est à hauteur de l'attente et parfois aussi à hauteur de... de l'engagement, de l'investissement. Après, comme je disais, c'est très contexte dépendant et c'est là où est mon rôle majeur dans l'entraînement. C'est de prendre la globalité des éléments et c'est là d'ailleurs où je passe le plus de temps. C'est d'analyser vraiment le contexte de pratique de mes athlètes. Je pense que tous les athlètes que j'ai, je suis capable de donner leur métier, à peu près leurs horaires de travail, le matériel qu'ils utilisent en course ou à l'entraînement. Je suis capable de... j'évalue tellement tous ces paramètres-là, plus que la physiologie en elle-même, que je suis capable de détecter... on en rigole, j'en rigole très souvent avec ma compagne. C'est que des fois, je dis, tiens, il y a un tel, je pense qu'il y a quelque chose qui ne va pas à la maison. Tu peux être sûr dans la semaine ou les deux semaines qui suivent, je reçois un message, mais je l'ai détecté juste par de la donnée subjective, c'est-à-dire par les sensations qu'il a à l'entraînement ou comment il me note ses séances en RPE, ou alors même ses retours textes quand il contextualise son entraînement, c'est ces petits retours qu'il me fait. L'analyse contextuelle, je suis capable de prendre un maximum d'éléments. Donc oui, c'est très contexte dépendant. Et quand bien même tu aurais deux athlètes qui aient le même objectif... et on en parlera par exemple pour Pierre qui est son sub-8 sur le Frenchman et j'ai également eu Franck Guillon qui a déjà réalisé cette performance-là en étant dans la structure tu as le même objectif mais au final, je vois ça comme une carte de métro, c'est que pour la même destination d'arrivée, tu vas avoir 1000 chemins possibles Et quand bien même tu te seras perdu sur une station de métro à un moment donné, ce n'est pas pour ça que tu ne vas pas atteindre ton point d'arrivée. Donc je vois un petit peu comme ça. Et le but du jeu pour moi, c'est de connaître tous les trajets possibles de cette carte de métro et d'essayer de faire prendre le meilleur itinéraire possible à mon athlète.
- Speaker #0
T'as répondu à mes questions d'après, donc du coup... C'était ça un petit peu la suite, mais du coup, tu viens un petit peu d'en donner des morceaux, des réponses partielles. On est tous les deux un petit peu expérimentés, et du coup, on a vu une certaine évolution dans ce milieu du sport, et donc en tant que coach, on a vu des choses qui évoluaient. Toi, qu'est-ce qui t'a marqué le plus sur ces 10 ans ? Et donc du coup, c'est l'arrivée de toutes ces datas et ainsi de suite, mais du coup... Est-ce que c'est vraiment la chose qui a le plus révolutionné l'entraînement pour toi ?
- Speaker #1
Il y a quand même en partie toute cette techno. Ça a quand même une place prépondérante dans l'entraînement aujourd'hui. Ça fait qu'on s'entraîne mieux, mais pas toujours. Parfois, ça peut être l'inverse, mais globalement, quand c'est bien utilisé, ça permet de mieux s'entraîner. Après, il y a pour moi un autre paramètre à prendre en compte, c'est l'accessibilité au contenu. que ce soit le contenu scientifique pour apprendre à s'entraîner mais aussi le contenu de ce que font les autres il y a aussi ce paramètre à prendre en compte qui fait je trouve qu'on est sur des dérives on va être sur le culte du toujours plus je vais en fin d'année en fin d'année 2025 Quand tu ouvres un petit peu les réseaux sociaux et que tu as les bilans Strava, tout le monde va partager un petit peu ce qu'il a fait. Et derrière, je pense que le mot que j'ai le plus lu, c'est plus. Tu as énormément de gens, ils vont te dire l'année prochaine je ferai plus et puis je vais faire plus de kilomètres et plus de courses et plus de... Par contre, j'ai lu personne, enfin si j'en ai vu un mètre, je vais faire mieux. Et c'est là où est le danger, à mon sens. Et c'est là aussi où je te parlais de rentabilité de pratique. C'est que pour moi, je vois beaucoup d'athlètes s'entraîner à des niveaux presque professionnels et performer à des niveaux intermédiaires. Pour moi, ça ne fait pas sens. Si je te fais l'analogie du travail, ça ne viendrait à personne à l'idée de faire des heures sup au travail et de ne pas être payé. Là, c'est ce qu'ils font dans l'entraînement.
- Speaker #0
Ça existe aussi quand même.
- Speaker #1
Oui, ça existe. Je suis d'accord, ça existe. Mais bon, ça embête un peu. Tu vas à recul. Par contre, il y en a énormément, ça ne leur pose pas de problème de faire ça dans l'entraînement. J'en vois, ils s'entraînent 900 heures à la nuit et ils vont faire 4h40 sur Alfre.
- Speaker #0
Et je pense que sur le long terme, l'analogie avec le monde du travail est facile à faire. C'est clair que si tu fais ton taf et que tu es payé pour ton taf, ça va. Mais si tu fais plus et que tu es toujours payé pareil, je pense que la motivation va vite s'effriter et qu'à un moment donné, tu vas même aller à l'envers sur le chemin. Et à l'entraînement, c'est encore plus vrai parce que ça te coûte du temps, ça te coûte de l'énergie. Et quand à un moment donné tu vois que derrière ça ne clique pas, globalement ça peut vite te faire virer la carte et donc devenir vraiment contre-productif. Et du coup tu penses que cette tendance-là elle vient aussi un petit peu justement avec l'arrivée de toutes ces technologies qui nous donnent un petit peu la capacité à mesurer et à donner un petit peu une quantité, à quantifier tout ça. Et du coup on s'est dit tiens cette année, alors je ne parle pas que des compteurs GPS mais tout ce qui est HRV et ainsi de suite, on va faire plus. Pourquoi les gens veulent faire plus, pourquoi ils ne veulent pas faire mieux ? Tu as une idée de ça ? Parce que le volume d'entraînement, on sait que c'est quand même répondeur facilement. On sait que s'entraîner plus, globalement, ça rend meilleur. Ça, on ne va pas remettre le principe en question.
- Speaker #1
Mais ?
- Speaker #0
Maintenant, ouais. Mais ? Mais, à mon sens, t'as 99% des athlètes, ce volume, ils peuvent pas le mettre en place. On a tous des contraintes et... Et on le voit aussi, encore récemment, tu as combien d'athlètes qui ont annoncé qu'ils étaient en surentraînement, qu'ils étaient cuits là, sur la fin de saison ? Mais parce qu'ils activent des volumes, c'est juste stratosphérique.
- Speaker #1
J'en parlais avec Dylan, je crois, Dylan Magnin. Là, il y a deux, trois Français qui ont commencé à communiquer un petit peu dessus. Dylan, il a pris un coup sur le casque. Je crois que c'était Léon aussi, il disait qu'il était un petit peu poncé. Sam, je pense que c'est à la fois la régularité et puis son exigence, son ultra exigence qui fait que, donc je pense qu'on est sur un sport aligné 25 heures par semaine, quand on est au boulot toute l'année et qu'on se dit tiens je vais faire un stage d'une semaine de 25 heures, qu'on revient tout mâché, on se rend compte que c'est dur, mais là faire ça 52 semaines par an avec une pression de résultat et ainsi de suite, je pense que ça doit être hyper complexe.
- Speaker #0
En sachant qu'eux, déjà, ils ne le vivent pas très bien en se consacrant 100% à ça. Alors, imaginons, l'athlète qui n'a pas 100% de son temps dédié à ça, ça reste assez catastrophique. Comme je te disais, je cherche à être... Pour l'athlète, j'essaye de réfléchir à sa place comme un feignant. C'est que pour moi, il faut être le meilleur possible en en faisant le moins possible, tout simplement.
- Speaker #1
J'aime bien ça. J'aime bien.
- Speaker #0
Alors ça, il ne faut pas le dire aux athlètes.
- Speaker #1
Les athlètes,
- Speaker #0
vous n'écoutez pas ce qu'on vient de dire. J'essaie de prendre le temps de réfléchir dans ce sens-là pour eux. Comme je te dis, je respecte leur temps et leur énergie. et que pour moi, on essaye de mener le projet à bien en étant le plus rentable possible. Et puis, si tu as activé le volume trop tôt, je pense que lors de l'échange de Pierre, tu as bien vu qu'on était bien loin de ce que pouvaient faire des athlètes de son niveau. Si tu l'as activé trop tôt, ce levier-là...
- Speaker #1
Comment tu vas faire après ?
- Speaker #0
Tu fais quoi après ? Il y a tellement d'autres choses à activer avant en respectant des fondamentaux. En respectant des fondamentaux. Tu peux déjà optimiser 99% de l'entraînement de tes athlètes sans déjà passer par ça.
- Speaker #1
Et donc, du coup, c'est ce que j'aime bien avec toi parce que tu es à la fois croyant mais pratiquant aussi. Et donc, ton projet sportif de l'année, il repose un petit peu là-dessus. Sans vouloir révéler notre échange. Donc là, cette année, tu t'es lancé sur un projet sportif et tu vas essayer, je ne le dis pas certainement avec les bons mots, mais tu vas essayer d'être le plus performant possible avec, non pas le moins d'entraînement possible, mais le meilleur entraînement possible avec un volume peut-être limité.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je vais tenter d'avoir un entraînement d'athlète intermédiaire et d'obtenir une performance un petit peu niveau... proche élite quoi, enfin en tout cas confirmer plus plus TopGA quoi ouais donc en gros avec avec 600 heures à l'année, ce qui est déjà beaucoup. Parce que ça fait 12 heures par semaine à peu près. Oui, ça fait 12h30 par semaine, ce qui est déjà beaucoup. Il y en a plein qui n'arriveraient pas à ce niveau-là. Mais je pense que si dans le monde du triathlon actuel, tu disais que tu fais 12h30, ils vont te dire « Ouais, bon, ok, c'est bien, mais... » Et je vais essayer d'obtenir ma meilleure performance sur 73 à ce jour.
- Speaker #1
Ok, parce que tu as déjà une marque qui cabosse quand même. Tu es à 4h10 ? 4h02 4h02 avec 93 km de vélo et donc ce qui veut dire que tu veux taper les 4h j'aimerais bien descendre sous les 4h pour les gens qui ont déjà fait un half taper les 4h on parle pas que du temps vélo on parle du temps global et donc ça veut dire que t'es un
- Speaker #0
mec pressé si on peut faire un transfert si on peut faire un transfert c'est la même part d'athlète qui réaliserait moins de 30 minutes au 10 km sur route Merci,
- Speaker #1
ça va. ça correspond à ce niveau là c'est ultra exigeant parce que du coup les fenêtres de chrono se rétrécissent, t'as une hyper exigence t'as plus le droit à l'erreur la course se détermine à chaque seconde mais dès la sortie de la natation tu sais que ton projet peut être cabossé t'as bien résumé,
- Speaker #0
en gros tu viens flirter sur toutes les limites en termes de pacing en termes de d'optimisation du matériel, en termes de capacité d'absorption de nutrition. Moi, je suis un amoureux inconditionnel de la distance 73 pour ça. Parce que pour moi, tu ne peux négliger aucun paramètre et il y a très peu de place à l'erreur.
- Speaker #1
C'est le meilleur des deux mondes, entre la vitesse et l'endurance. Mais par contre, c'est l'endurance de vitesse tout le temps. C'est poigné dans l'angle du début à la fin. Et zéro erreur. Alors du coup, ça glisse un peu sur les autres projets, mais pour toi, comment tu fais ? Tu vas te planifier ça ? Quelle méthode tu utilises ? Tu planifies par bloc ? Tu as des planifications générales, spécifiques, compétitions, à tout âge ? Tu me parlais d'holistique, mais comment tu fais ?
- Speaker #0
Tu vas être déçu. Non, pas déçu. En fait, Merci. La sous-couche du projet, c'est d'essayer d'être le plus performant en triathlon sans pratiquer vraiment le triathlon à l'entraînement. Donc là, j'ai remis un petit peu au centre de ma pratique le plaisir. C'est-à-dire que j'ai des capteurs, mais à aucun moment je ne les regarde lors de l'entraînement. Je m'en sers à posteriori dans l'analyse. Mais si je vais faire une séance de vélo, je vais être tout au ressenti ou à la sensation. Et globalement, je n'utilise d'autres procédés que l'ultra spécifique au triathlon. Je vais utiliser le trail, je vais utiliser le VTT parce que j'adore le VTT et que je prends du plaisir à faire du VTT. Il y a une seule partie où tu ne peux pas trop déroger à l'arrêt, que ça reste la natation. C'est compliqué de sortir un petit peu du... Mais ouais, c'est décevant. Non, non, non.
- Speaker #1
Mais je pense que ce qu'on disait en off, c'est ça. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de recette et il y a autant de recettes qu'il y a d'athlètes. Et je pense que toi, tu as dû faire le tour des méthodes et que tu t'es dit que pour toi, c'est ce qui allait marcher le mieux ou alors c'est vraiment de l'expérimentation. Non, c'est juste parce que tu sais que toi, tu fonctionnes comme ça et que c'est ce qui va te permettre d'aller jouer et d'aller jouer jusqu'au bout la carotte, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. C'est aussi pour moi des étapes logiques dans le processus d'un athlète. Quand il est débutant, il a vraiment, et qu'on le prend en compte, il a vraiment besoin de quelque chose de...
- Speaker #1
D'hyper cadré ?
- Speaker #0
Ouais, c'est assez cadré, mais pour autant, c'est encore quelqu'un qui fait l'entraînement sans trop réfléchir, qui est vachement orienté sur le plaisir, sur... qui a envie d'apprendre, mais il faut vraiment qu'il y ait une adhésion au process et que tu lui laisses se faire plaisir à l'entraînement assez souvent. Quand il va commencer à être un petit peu intermédiaire confirmé, on va dire que la data prend un peu plus le pas, voire même parfois c'est là où tu es le plus souvent matrixé par cette data, où tu manques de recul dessus. Et souvent la dernière étape, c'est de te dire, vas-y, j'envoie tout balader, de toute façon je me connais par cœur et je me fais confiance et je m'écoute. C'est un petit peu les étapes du processus d'un athlète au fur et à mesure de sa carrière. Alors ça demande presque 20 ans pour en arriver là, ce n'est pas en 3 ans que tu vis toutes ces étapes-là. Mais oui, c'est de remettre un petit peu la variété. Et le plaisir au sein du projet. Sans perdre pour autant de la logique d'entraînement, il y a des transferts intéressants à faire avec le VTT au trial pour le 73. Je ne vais pas rentrer dans l'analyse profonde de l'activité, il faudrait en faire un autre podcast.
- Speaker #1
Je pense aussi que c'est parce que tu es dans la maîtrise du process et que finalement tu dois avoir en fil rouge ou en filtre derrière, en tâche de fond. une certaine logique que tu vas t'appliquer sans rien, et tu ne ferais pas la même chose avec un athlète qui te confierait les clés du camion, qui aurait peut-être moins d'expérience, ou sur lequel tu aurais moins de marge de manœuvre, parce qu'il y a moins d'expérience avec lui.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ok. Donc du coup, c'est pareil, tu réponds à mes questions avant que je les pose, donc ça devient un petit peu embêtant, mais voilà. Est-ce que tu penses qu'il y a encore des méthodes universelles, efficaces ? on va bien comprendre que ce n'est pas notre cam non plus. Du coup, la relation avec Pierre, est-ce que dans tes méthodes, finalement, tu as évolué ou est-ce que tu as toujours utilisé un petit peu ça ? Ou est-ce que c'est parce qu'avec le temps et avec les années, tu as fait évoluer le coaching avec Pierre ?
- Speaker #0
Au-delà de le faire évoluer avec Pierre, je pense que je l'ai fait évoluer tout court. Tout court, bien sûr. J'apprends énormément de mes athlètes et comme je te disais, je travaille avant tout sur un aspect collaboratif et je suis plutôt force de proposition que force d'imposition. Je vais toujours solliciter l'athlète, c'est un choix mutuel, parce que pour moi il n'y a rien de plus important que ça part de l'adhésion de l'athlète. et pour ça il faut qu'il soit intrinsèquement motivé par son projet. Ce n'est pas moi qui fixe le projet, je vais analyser la cohérence et je vais faire mon retour sur la cohérence du projet, mais le projet majeur de l'athlète, c'est toujours lui qui vient me le proposer. Après, moi je vais plutôt fixer les étapes intermédiaires là-dedans. Mais non, j'ai eu des périodes où j'ai été très dogmatique. J'avais ce sentiment que pour atteindre ça, il fallait absolument faire ça et je ne sortais pas de ce cadre-là. C'était, par exemple, pour faire un full, si tu ne t'entraînes pas 15 heures par semaine, ça ne sert à rien d'y aller. J'ai eu un petit peu cette période-là et au fur et à mesure, quand tu avances, tu vas travailler avec des profils qui vont te prouver le contraire. et toi dans ton chemin tu fais aussi l'expérience de te dire au final c'est peut-être pas une finalité de faire du full il n'y a pas besoin de faire un full pour être un triathlète accompli donc il y a des choses où j'ai été assez dogmatique par le passé et je suis très vite revenu sur le sujet Comme je te disais, pour moi, il n'y a pas de méthode qui ne marche pas. Par contre, il n'y a aucune méthode qui marche à coup sûr non plus. Je ne sais pas si tu veux comprendre un petit peu les outils dont tu parlais.
- Speaker #1
Tu voulais aborder peut-être le HRV ? Pour moi, ce ne sont pas des méthodes, ce sont des outils qu'on est obligé de devenir maîtrisant pour pouvoir justement les proposer aux athlètes. Mais j'ai cru comprendre que c'était des choses, déjà normalement qu'on n'impose pas, mais qu'on propose aux athlètes pour les utiliser avec eux ou pas. Et c'est eux qui choisissent au final si cette méthode-là va leur convenir, va leur apporter quelque chose, pas leur coûter trop.
- Speaker #0
Je vais toujours travailler dans une balance. Moi, je me dois de connaître tous les outils, de savoir quels sont leurs bénéfices, mais aussi leurs inconvénients. Et du coup, dans tout ça, je vais toujours travailler dans une balance. Je vais toujours travailler dans la balance bénéfice-risque. C'est ok, on utilise ça, qu'est-ce que ça nous apporte, mais qu'est-ce que ça nous coûte ? si ça nous coûte plus que ça nous apporte, peut-être que ce n'est pas judicieux de l'utiliser, ou en tout cas pas maintenant. Je vais te prendre l'exemple concret du heat training. Pour moi, j'en vois beaucoup qui vont l'utiliser là, plein hiver, pour gagner 1% de VO2 max, ou 1 point de VO2 max, mais à côté, tu as créé 5% de fatigue. Alors, utiliser 1% de VO2 max dans 5% de fatigue, l'affaire n'est pas rentable. Par contre... Je te donne un exemple concret. Moi, j'ai un athlète qui s'entraîne sur Paris où il fait froid. Et dans un mois et demi, il est sur le 73 du Sri Lanka avec des températures à 35 degrés et un taux d'humidité de fou. Bon, peut-être que là, c'est pertinent de l'utiliser, tu vois. Tu vas préparer une course comme Nice. On sait que Nice, maintenant, chaque année, t'arrives, c'est Zombieland sur la prom. Bon, si t'habites Paris... C'est peut-être un outil qui va être intéressant de mettre en place. Par contre, si tu habites à côté de Nice, je vais peut-être te dire, écoute, va plutôt t'entraîner sur les heures chaudes de l'année, ça nous permettra peut-être de faire un peu plus d'heures parce qu'on ne va pas avoir l'impact du stress supplémentaire du training. Parce que pour ceux qui ont essayé, c'est une tare le protocole.
- Speaker #1
C'est celui qui a mis le pied, ne serait-ce que de faire une séance de home trainer à la maison quand il fait 20. 21-22, tu fermes les fenêtres et tu ne mets pas de ventilo. Je pense que si tu fais une séance steady, tu as vite compris que ça allait devenir compliqué. Mais si en plus tu mets un petit peu de chaleur, un petit peu d'humidité là-dessus, que tu commences à pousser un peu les curseurs. Mais par contre, ça fait partie de la question. Tout le monde, je pense, entend parler un peu de ce heat training. Mais aller mettre les mains dedans, ce n'est pas facile. Il faut être maîtrisant. Par contre, à la fois quand tu passes du côté de l'entraînement au surentraînement, c'est compliqué. Mais si tu pousses les curseurs un peu trop loin sur la chaleur, tu peux vite passer dans le trou noir et ça va très très vite, parce que la chaleur c'est quand même relativement dangereux. Donc du coup ça impose un petit peu des métriques à surveiller, donc le HRV, le corps, body temp, les choses comme ça. C'est là où, ce qu'on se disait un petit peu en off, c'est là où le coach de demain, il sera là pour arbitrer et accompagner, et pour accompagner une décision, et pas pour faire autre chose. La question que je voulais te poser, c'était ça. Pour toi, à quoi ressemblera un entraîneur dans 5 ou 10 ans ? Est-ce que ce sera un analyste ou est-ce que ce sera un accompagnateur ?
- Speaker #0
Je pense que ce sera un expert qui maîtrise et connaît toutes les méthodes. et qui sera capable d'arbitrer des décisions en fonction des contextes et des projets des athlètes. Après, ça ne veut pas dire qu'il perd son côté analyste, très certainement aidé par l'IA, ou son côté sur la planification. Mais pour moi, le coach de demain va être davantage human-based, ultra disponible. on connait cette société moderne où tout se fait très vite donc je pense que si ton athlète il te pose une question et que tu lui réponds pendant deux jours son réflexe ça va être quoi lui il va aller questionner le chat de GPT donc il a plus besoin de toi donc voilà arbitre, ultra disponible expert, et ça j'y place une place prépondérante, parce que c'est là où pour moi beaucoup se... Enfin, on voit émerger beaucoup de coachs, mais qui sont... Les mecs ils ont fait trois triathlons, tu leur demandes quelle paire de chaussures tu dois acheter et ils connaissent même pas. Non mais c'est vrai, c'est... Ça fait du bien de l'entendre. J'ai commencé à pratiquer un peu le try, j'étais sur le site pour m'acheter des chaussures de try, j'étais paumé, j'étais paumé, je me suis dit... Tout ce qu'il y a, les sacs, les bâtons, je ne connais pas les spécificités. Et c'est là, en fait, devant ce truc-là, j'ai pris une gifle qui m'a en fait... Ouais, je comprends, moi, les questions que les athlètes viennent me poser au quotidien. C'est parce qu'en fait, il y a plein de réponses qu'ils n'ont pas. Et que nous, on a parce que ça fait 20 ans qu'on est dans le circuit. Et qu'on connaît... Il n'y a pas une question, il n'y a pas un domaine où je n'ai pas... la réponse ou une partie de la réponse. Et c'est ça être expert. Et au combien même tu utilises l'IA, parce que je sais que c'est un gros sujet d'actualité, l'IA n'empêche pas d'être expert. Et si tu utilises l'IA sans expertise... tu feras la même merde que si tu n'utilisais pas l'IA.
- Speaker #1
On en parlait juste avant parce que tu me disais que tu n'avais pas encore eu le temps d'écouter l'épisode avec Ben. Mais effectivement, c'est ce qu'on se disait. Globalement, l'IA ne va surtout pas t'enlever la nécessité d'être expert au départ. Si tu n'es pas expert sur le sujet et que tu demandes quelque chose à l'IA, globalement, il va te sortir quelque chose à ton niveau et ça ne va pas cadrer et tu vas peut-être même partir à l'opposé de la direction où il faudrait que tu ailles. C'est un expert qui utilise l'IA qui va pouvoir être un expert augmenté et non pas l'inverse. Ce n'est pas un apprenant qui va pouvoir apprendre avec un chatbot qui va te dire ni plus ni moins que les réponses que tu vas attendre. Il ne va pas faire de la recherche. Et malheureusement, la connaissance et la maîtrise, pour moi, tu as donné la réponse juste avant. Ça ne peut se faire que dans le temps. Tu peux être expert en IA de ce que tu veux. Si tu ne mets pas la main dedans, à un moment donné, le domaine dans lequel tu vas aller, l'IA ne va pas te rendre expert d'être du triathlon si jamais tu n'as pas passé du temps dessus. Que ce soit passer du temps dans l'eau, sur le vélo, sur la course à pied, comment tu enchaînes les deux. Et donc, je vais glisser du coup un tout petit peu sur le fait que, dans la dimension concrète de ce que tu es en train de me dire, sur le projet et sur l'entraînement, là, pour moi, vous êtes en train de pousser les frontières. Donc en plus c'est un domaine que tu connais un tout petit peu, un projet sub 8. On va resituer le contexte. Un Ironman, 3,8 km en natation, 180 km de vélo, 42 km à pied. Ça déjà pour des gens qui ne sont pas dans le triathlon, ils vont se dire c'est des trois journées qui sont bien occupées, mais non non, on les enchaîne, on part de bonne heure, et en plus, autant avant on parlait de sport d'endurance quand on parlait de triathlon à longue distance, là on parle de gens qui sont la poignée en coin du début à la fin, c'est déjà un super défi de faire un half en moins de 4 heures, la moitié des distances. Là, du coup, on parle de doubler la chose et de ne pas doubler le temps, tout simple. Il faut aller encore en dessous. On sait bien que normalement, on ne court pas un marathon à la même vitesse qu'un 100 mètres. Comment on fait pour aller aussi vite sur un full que sur un half ? C'est ce projet, ce but que tu as déjà réalisé avec Franck Guyon, que tu vas refaire cette année, que vous refaites avec Pierre. Comment, toi, t'abordes le contexte ? Parce que du coup, c'est quand même... Tu réduis le domaine des possibles. Bonjour, je suis débutant et je voudrais faire mon premier half, et je vais le faire en 7 heures. Je ne dis pas que c'est facile, mais il y a énormément de connaissances à apporter. Là, toi, tu pars pour un athlète qui est ultra performant, qui a été ultra performant en groupe d'âge, qui passe pro, donc il y a quand même une part de responsabilité dans les performances. Et les évolutions de performances aujourd'hui font peur, parce que ça ne ralentit pas. 7h50, il n'y a encore pas longtemps, c'était la meilleure marque mondiale. Là aujourd'hui tu fais 7h50, tu peux faire 15ème d'un triathlon local, donc c'est quand même affreux. Comment t'abordes la chose avec Pierre et dis-nous tout sur le projet Ce But. C'est simple hein ?
- Speaker #0
Écoute, je l'aborde le plus simplement du monde. Parce que déjà, comme je te disais, c'est un projet qui vient de lui. Il m'a proposé... Il m'a proposé le projet. À la base, on partait plus sur quelque chose comme ROT. Mais bon, il n'y avait plus de place chez les pros. Donc, du coup, on s'est orienté. De toute façon, pour Pierre, il y a un projet full parce que c'est son bada. On y reviendra pourquoi aussi peut-être un petit peu. moi je le vis sans pression à part entière. Je suis là pour lui montrer la voie, d'être le plus disponible possible. Maintenant, c'est sûr que pour ce genre de performance, je ne dirais pas qu'on va utiliser plus d'outils. Par contre, on est beaucoup plus exigeant et beaucoup plus fin. dans ce qu'on fait au quotidien ouais je sais pas on parlait par exemple du parcours du frenchman il y a des choses à travers lesquelles tu ne peux pas passer par exemple sur la partie vélo on sait que à ce jour en triathlon c'est pas nécessairement celui qui appuie le plus fort sur les pédales qui va le plus vite Merci. D'accord, et je vais revenir un petit peu sur le principe que j'utilise dans l'entraînement où il faut être le meilleur possible comme un feignant, d'être le meilleur possible en en faisant le moins possible. Là, sur le vélo, c'est exactement la même chose. Il faut aller le plus vite possible en mettant le moins de watts possible. C'est comme ça qu'il faut réfléchir au projet. Parce qu'après, il faut courir, accessoirement. Après, pour Pierre, le levier majeur, il n'était pas physiologique. Parce que pour moi, au niveau des KPI, des indicateurs clés de performance, pour ceux qui ne comprenaient pas, moi j'utilise puissance critique, vitesse critique. mais je vais aussi utiliser pour Pierre des choses comme LT1, LT2, donc la place de ses seuils par rapport à VO2max, etc. Mais sur le plan physiologique, Pierre, c'est déjà une personne qui est armée pour ce projet-là. Donc je n'ai pas besoin d'avoir un axe de développement physiologique énorme. Et on va se concentrer sur... on va se concentrer sur d'autres leviers. Je ne sais pas si concrètement ce qu'on a mis en place, mais on a mis en place la musculation. On a mis en place la musculation, si je t'explique moi la logique du pourquoi et du comment, c'est déjà de créer des adaptations structurelles, donc le muscle, os, tendon, parce que c'est pour lui la première année où on va activer le levier d'un volume supérieur par rapport à ce qu'il faisait avant, et que si je la mets sur un volume supérieur, je vais aussi à côté de la prévention de blessures pour essayer de ne pas avoir de rupture dans son volume et dans sa charge d'entraînement.
- Speaker #1
Les gens ont tendance à oublier qu'ils veulent pousser plus de watts, mais la puissance mécanique, tu la développes comment ? Tu la développes avec un système musculaire tendineux, osseux, et si tu ne lui as pas laissé le temps et si tu ne l'as pas accompagné dans la préparation, globalement, pousser plus fort, ça va avoir ses limites à un moment donné, et ces limites vont être au niveau du système musculaire et tendineux.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis parce que c'est un gros travail que je mène en ce moment pour la majeure partie des athlètes. C'est que tu as énormément d'entraîneurs ou d'athlètes qui ont une croyance presque vénérée sur la progression physiologique. Sauf que moi, je vois beaucoup d'athlètes, au bout de 2-3 ans de suivi, à un moment donné, le parfum est tié. Eh ouais, tié. Et là, tes leviers, ils sont quoi ? Ils sont sur cet aspect structurel, donc plutôt mécanique, biomécanique. Et souvent, tu le vois à l'entraînement. Les mecs, ils ont une vitesse critique, ils vont l'exploiter à bloc sur un 10K. Par contre, tu leur demandes de courir des 200 mètres à l'entraînement, je ne sais pas moi, un 20 fois 200 vite, ils sont incapables de le faire. Mais parce que tu n'as pas exploité le levier technique ou mécanique. Et que... tu ne tireras pas sur le step au-dessus si tu ne développes pas ça. Parce qu'à un moment donné, je fais un peu l'analogie, c'est un petit peu un boulon que tu visserais. Tu as un boulon avec une clé de 12. Au début, ta clé de 12, elle passe dedans, donc ça visse, ça visse, mais au fur et à mesure, le boulon, il grossit. Parce que ça, c'est ton moteur. Donc la capacité de ton moteur, elle grossit. Sauf que toi, entre-temps, tu n'as pas changé ta clé de 12. Donc à un moment donné, tu ne vas jamais rentrer dans le boulon. Et tu auras fini de visser. Donc si tu veux pouvoir visser de nouveau, il faut que tu changes ta clé. Il faut que tu prennes une clé plus grosse. Et souvent, le transfert, c'est plutôt tout ce qui est structuré. Donc ta capacité musculo-tendineuse ou même technique, biomécanique. Et ça, c'est un levier qui est délaissé par la plupart des... Des entraîneurs, malheureusement.
- Speaker #1
C'est aussi un petit peu culturel du triathlète. Globalement, le triathlète et la muscu, on va dire la muscu, la PPG, peu importe, c'est quand même pas l'amour fou au départ. Et puis, on a été longtemps dans la relation, dans la recherche de la performance poids-puissance. Et donc, qui dit muscu dans la tête, on va pousser trois haltères, on va se transformer en Arnold Schwarzenegger, pour ceux qui ont la référence. C'est quand même pas comme ça que ça se passe. Par contre, les gens qui veulent pousser 300 watts pendant 4 heures, à un moment donné, si vous ne l'avez pas fait depuis 15 ans, et si vous n'avez pas renforcé votre système musculaire, comment vous faites pour développer des niveaux de force comme ça pendant 4 heures ? Parce que pousser 300 watts, si on le fait avec des jambes en mousse, ça ne va pas durer 4 heures.
- Speaker #0
Après, ces adaptations structurelles, attention, elles ne sont pas nécessairement mises en place par l'intermédiaire de la musculation. C'est un gros complément. Il y a ce qu'on appelle les principes... d'entraînement intégré ou dissocié. Là, sur la musculation, sur cette phase hivernale, on est plutôt sur un principe dissocié. On cherche à augmenter, on va dire, ses adaptations structurelles, mais aussi ses niveaux de force par l'intermédiaire de la muscu. Mais peut-être qu'au fur et à mesure de la saison, la musculation va devenir plutôt un entretien et qu'on va plutôt revenir sur ses aspects structurels, mais dans de l'intégré. Peut-être sur des blocs de force en vélo, peut-être sur, je ne sais pas moi, pour l'aspect mécanique, peut-être des lignes à haute vitesse à pied ou des séances avec des hautes vitesses mais des très longues récupérations. Enfin voilà, il y a plein de leviers possibles. Et notamment pour Pierre, l'autre transfert, c'est sur cette partie vélo pour le rendre le plus économe possible pour pouvoir courir son 2h45 derrière. Pour moi, il faut qu'il arrive à T2 avec le moins d'énergie possible dépensée sur le vélo, en tout cas au niveau musculaire, d'être apte à courir, en respectant les puissances qu'on s'est fixées pour réaliser le chrono qu'on s'est fixé sur le vélo. Et pour ça, ça passe par l'augmentation de ses niveaux de force. Mais pas que. Là, on s'est encore posé la question cette semaine, par exemple, sur un aspect qui peut paraître bête, mais sur le choix des manivelles en vélo pour exploiter au mieux sa force. Parce que je sais que beaucoup, maintenant, c'est les petites manivelles. Bon, ok. Mais ça, c'est dogmatique de dire que tout le monde doit passer aux petites manivelles.
- Speaker #1
Il suffit qu'il y ait Pogacar qui soit sur les petites manivelles pour que tout le monde veuille passer sur les petites manivelles.
- Speaker #0
Exactement. Sauf que là, on a étudié la problématique, on s'est dit que non, il faudra rester sur autre chose. Après, on pousse le vice plus loin, c'est que là, on va aller tester ça chez un fitter pour voir quel choix est le plus judicieux. Mais voilà, tout ça pour dire qu'il n'y a pas de hasard. On garde les principes fondamentaux, mais... on va aller un peu plus dans le détail.
- Speaker #1
Donc du coup, là, tu nous as donné un tout petit premier indice. Pour aller au sub 8, vous avez calculé qu'il va falloir courir 2,45 ou moins. Je suppose que c'est du bonus. Et donc, du coup, quand on est sur un projet sub 8, forcément, malheureusement, on est obligé de se passer sur ces petits calculs en préalable. Donc du coup, vous vous êtes donné quoi comme cible à peu près ? A la fois en natation, en vélo, parce que du coup, 2h45, si on fait sub 8, ça vous laisse quand même des marges qui ne sont pas si énormes que ça sur les deux autres disciplines.
- Speaker #0
Non, les cibles qu'on s'est fixées, j'ai envie de te dire que presque, elles vont être déterminées au dernier moment en fonction de ce qu'on va voir à l'entraînement. Et d'autant plus que, moi j'ai déjà une idée de ce qu'il peut faire. Mais j'aurais encore plus l'idée, ce sera encore plus précis parce qu'il vient à la maison sur 3-4 jours réaliser un profilage complet. Donc je verrais vraiment ce qu'on peut exploiter, mais sur le plan théorique. Parce qu'on sait que, enfin un full, il y a ce qui est écrit sur le papier, mais au final le jour J c'est que de la prise de décision en permanence qui donne la performance. mais non je pense qu'il a progressé un petit peu en natation donc il devrait faire un petit peu mieux que ce qu'il a déjà fait en vélo je pense qu'on a bien progressé cet hiver et que Il a des fins avec la musculation j'espère qu'il aura des niveaux de force assez suffisant pour exploiter ce potentiel et surtout ne pas arriver trop mâché
- Speaker #1
à T2 parce qu'il y a de grandes chances que contrairement à beaucoup de courses au Frenchman il va rouler tout seul et ça c'est un aspect aussi à prendre en compte dans ta course ça fait partie de ce qu'on se disait un tout petit peu au préalable je suis désolé j'étais coupé mais le parcours de Carcan il est vraiment particulier globalement le dénulé il est quasi nul tu as des grandes lignes droites et c'est une situation de course où la densité va faire qu'il risque d'être isolé un petit peu rapidement Donc tu as le côté physique, il faut pousser pendant 4 heures et des bananes, mais il faut être en position aéro tout le temps, parce que si tu veux gagner du temps, dépenser le moins d'énergie pour aller le plus vite possible, il ne faut pas quitter la position aéro. Et puis il faut gérer l'effort tout seul, parce que du coup tu ne sais pas où tu vas te caler. Et ça c'est quand même quelque chose de particulier, je pense que c'est quelque chose qui doit se travailler et qui doit être anticipé si tu ne veux pas prendre un coup sur le casque pendant la course.
- Speaker #0
Après, il y a une chose dont il n'a pas trop parlé, Pierre, dans l'épisode avec toi, c'est le niveau de résilience mentale qu'il a. C'est un monstre. Et c'est un des facteurs pour moi majeurs de perf sur cette distance-là. Après, Pierre, je pense qu'il l'a entraîné à ses dépens. Un petit peu avec tous les épisodes qu'il a eu dans la vie, quand on s'intéresse un petit peu au bonhomme. Donc je pense que c'est quelque chose qu'il a travaillé depuis qu'il est gamin. Mais c'est pour moi un des facteurs clés de son niveau à ce jour, au-delà des capacités physiologiques. C'est que c'est un... C'est un bonhomme qui, déjà, il joue au triathlon. C'est vrai. Mais après, c'est vrai. Et surtout à ce niveau-là. C'est que là, il est là, c'est un gamin. Moi, j'ai l'impression de voir ma fille qui va au triathlon le lundi soir avec ses copines. Pierre, il est pareil. Mais sur les courses. Donc ça, c'est quelque chose pour moi d'hyper important. Et c'est que Pierre, même quand ce n'est pas le bon jour, ce n'est pas un mauvais jour. J'ai connu des athlètes qui étaient largement plus forts que lui physiologiquement, par contre qui étaient moins performants.
- Speaker #1
Avec la dimension mentale de la chose.
- Speaker #0
Exactement. Enfin, mentale, oui, c'est une approche globale. Pierre, il n'y a pas de trou dans la raquette. Il part en compétition, il met un dossard. Tu sais qu'il n'y aura pas trop de déchets. Je pense que ça, sa moins bonne course depuis qu'il est avec moi, ça doit être Embrun. Et quand tu regardes le chrono d'Embrun, je pense que tu en as 99,9% qui rêvent de faire ce même chrono à Embrun. Et pour lui, c'était un jour laborieux, plus que laborieux.
- Speaker #1
Donc, incroyable. Mais on avait bien senti que c'était quand même quelqu'un avec une détermination et au final, qui avait une capacité à retourner les situations dans son sens, qui est assez incroyable. C'est assez unique parce qu'il y a une certaine tendance un petit peu quand même à se dire, tiens, j'ai fait le boulot à l'entraînement. Déjà, il y en a beaucoup qui se pointent en course, ils ont la langue dans les rayons, c'est compliqué. Et puis, dès qu'ils ont un petit caillou dans la chaussure, ça y est, c'est... C'est un petit peu la fin du game, alors que non, c'est tout le contraire. Je pense que la cible à avoir, c'est d'essayer d'être le plus frais possible au départ, et quoi qu'il se passe, se poser des questions une fois que la ligne d'arrivée est franchie. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. De toute façon, je te disais juste avant, il y a le plan sur le papier, mais souvent sur full. au-delà de l'aspect physiologique, c'est aussi celui qui va prendre les bonnes décisions au bon moment dans la journée parce que les imprévus, tu vas en avoir toute la journée. Il y a des phases bien, pas bien. Pour ceux qui ont pratiqué un petit peu le full, j'ai toujours dit que le but du jeu sur cette distance, c'est de mourir le plus proche possible de la ligne d'arrivée. Généralement, au moins tu t'entraînes. plus tu meurs loin de la ligne d'arrivée. C'est de la prise de décision. Tu as mentionné quelque chose d'important qui était l'état de fraîcheur sur la ligne de départ. Je pense que tu en as énormément qui arrivent. Déjà le jour de la course, ils arrivent et ils sont déjà cuits. Il y a cet aspect de fraîcheur mentale. qui est primordial et dont tu n'as pas nécessairement besoin, un peu moins besoin sur les autres distances.
- Speaker #1
Sur full, si tu es fatigué au départ et que tu dis vivement que la journée se termine, globalement, tu te prépares une sacrée dure journée quand même.
- Speaker #0
Oui. Et à contrario, j'ai toujours dit que quand tu arrives sur la ligne de départ d'un full, si tu te sens prêt et en confiance, c'est déjà que tu en as certainement trop fait.
- Speaker #1
Ah ! Intéressant. alors c'est que t'en as trop fait, mais par contre si t'es content d'être sur la ligne d'arrivée, de départ c'est quand même...
- Speaker #0
ça c'est signe de fraîcheur mais généralement quand tu arrives et que t'es un peu trop confiant,
- Speaker #1
c'est que t'as pas pris la mesure du de l'épreuve il faut aussi avoir un petit peu de savoir garder des gardes fous savoir se dire pas jouer au foufou parce que Autant jouer au foufou sur un 3ème, tu prends un coup sur le casque, tu ralentis un peu. Sur un full, globalement, si tu joues au foufou, que tu ne fais pas attention aux signaux et que tu vas trop loin, l'addition risque d'être assez salée quand même.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Avec les athlètes, il y a deux choses avec lesquelles je prends des pincettes. En tout cas, je demande confirmation plusieurs fois avant... avant de valider les projets. Mais parce que moi, c'est les deux choses qui me font le plus peur. C'est essayer d'aller chercher un chrono 10 km sur route, parce que je trouve que c'est d'une violence inouïe. Et la deuxième chose, c'est quand on me dit « je veux préparer un full » , je dis « ok » , mais parce que moi... Je vais parler un peu vulgairement, mais je me chie dans le froc de la préparation. Quand je vois ce qu'il faut faire pour arriver, on va dire, en tout cas pour exploiter son potentiel. Il n'y a pas besoin de faire l'entraînement extrême pour s'aligner au départ d'un full. Mais en tout cas, si tu veux avoir une notion de performance et exploiter ton plein potentiel sur full... Moi, la prépa, il faut faire preuve d'humilité.
- Speaker #1
C'est coton. Et ça revient un petit peu à un des derniers échanges qu'on avait en off. C'est la prise de conscience du chantier dans lequel on se lance quand c'est comme ça. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, avec les réseaux, on voit des jolies petites vidéos de deux minutes et on se dit tiens, je vais aller faire en brun. Alors je dis en brun, mais je pourrais aller citer n'importe quelle foule. Il y a des gens qui se lancent là-dedans sans se prendre les pieds dans le tapis avant. C'est là où le risque et où le rôle de... Mais je pense que si tu en as pris conscience, comment tu fais justement pour emmener les gens vers cette prise de conscience quand tu sens que cette prise de conscience n'est pas là ? Comment tu fais ?
- Speaker #0
Je pense que c'est un des cœurs de mon système de suivi, c'est la pédagogie. Je propose énormément de contenu pédagogique. Après, c'est aussi par la disponibilité, comme je te disais. S'il faut prendre une heure et demie pour échanger les pour et contre du projet, je vais le faire. Voilà ce qui t'attend, qu'est-ce qu'on peut mettre réellement en place. Mais oui, je pense qu'un des cœurs de mon système, c'est la pédagogie. C'est la pédagogie, la transparence. Je préfère parler de transparence.
- Speaker #1
Pour en revenir un peu à la prise de conscience, c'est quoi ? C'est des échanges avec les athlètes ? C'est leur expliquer, leur montrer que si tu veux atteindre cet objectif-là, il va falloir que tu passes par là. Est-ce que tu en es conscient ? C'est ce qu'on se disait aussi un petit peu. Il y a des gens qui te disent oui au départ, et il y en a qui se rendent compte que finalement, ce qui est facile sur le papier, ce n'est pas facile dans la vraie vie. C'est ça ? C'est par des échanges ?
- Speaker #0
Oui, c'est un peu ça. Après, ça peut être des échanges individuels. Mais ça peut aussi être des échanges en groupe. Je sais qu'on propose assez régulièrement des webinaires pour le groupe sur des sujets qui peuvent les intéresser. Je sais qu'un des webinaires les plus vus, parce que c'est des fichiers qu'on laisse à disposition en replay, je crois que le fichier le plus revu, c'est une présentation d'une heure et demie sur ce qu'était une préparation full.
- Speaker #1
Tu bosses sur Nolio, c'est ça ? C'est sur Nolio, sur la plateforme ?
- Speaker #0
Moi, je bosse sur Nolio, oui. Donc, j'ai vraiment tenté d'exposer ce qu'il fallait à minima réaliser pour faire une bonne prépa full.
- Speaker #1
Mettre un maximum de chance de son côté.
- Speaker #0
De son côté. Alors après, attention, je parle d'un idéal. Après, mon job, en fonction des contraintes de l'athlète, c'est de faire avec ces contraintes pour me rapprocher du plus optimal possible.
- Speaker #1
Et du coup, la prépa optimale n'existe pas, elle n'est que théorique, parce que du coup, on sait que dans la vie, nous, on aimerait bien aller tout droit et on sait que la vie aime bien nous faire prendre des virages. Comment vous gérez avec Pierre, justement, ces virages ? qui ne doutent pas, qui vont arriver sans aucun doute, quelle que soit leur forme. C'est quoi la base ? Par exemple, quand vous avez un projet, ce but, du coup, il y a un moment donné, il y a peut-être des étapes sur lesquelles toi, tu t'es mis des intermédiaires. C'est quoi les étapes qu'il faut que vous ne loupiez pas ? Ou comment toi, tu fais pour remettre ça en route ?
- Speaker #0
Après, avec Pierre, c'est assez facile parce que c'est un athlète intelligent, très intelligent. et qui, je pense aussi à travers ce que je propose comme pédagogie depuis qu'il est dans le système, donc ça va faire maintenant trois saisons, trois ans et demi je crois, qui commence à avoir une compréhension assez fine de l'entraînement et de ses mécanismes. Je pense même... Et c'est d'ailleurs le projet pour lui, il me semble, qui pourrait être entraîneur, parce qu'il me semble qu'en parallèle, il va préparer son DE. Donc, je pense qu'au sein de mon système, tu as... Beaucoup d'athlètes qui pourraient presque devenir des entraîneurs, tellement je mets de pédagogie en place et que pour moi, je souhaite vraiment qu'ils soient moteurs de leurs projets et qu'ils comprennent en permanence ce qu'ils font. Parce que sans ça... tu as beaucoup de déchets. Si l'athlète ne comprend pas quel est le but de la séance et pourquoi elle est là, tu vas avoir des problèmes dans l'exécution. Tu vas passer à travers beaucoup de séances et tu n'auras pas rendu l'entraînement rentable, une fois de plus, comme je le considère. Pierre, c'est très facile. Il est intelligent, il comprend ce qu'il fait. Il est moteur de son projet. On est sur un aspect plus collaboratif. qu'autre chose. Et je pars toujours du principe qu'il n'y a personne qui se connaît mieux que l'athlète lui-même. Donc, je ne suis pas fermé aux propositions des athlètes. Moi, s'il a des choses à proposer, comme j'évalue le rapport bénéfice-risque dans le projet, soit je mets un oui, soit je mets un non en fonction de... Mais moi, j'ai plein d'athlètes qui me proposent des choses et qui ont des excellentes idées. Et je n'ai pas de mal à les mettre en place derrière. Comme je te dis, je ne suis pas dogmatique. Je n'ai pas de... Donc non, non, non, ça se gère au quotidien. Mais c'est très facile à gérer. Oui,
- Speaker #1
c'est ça, c'est de la gestion au quotidien, de l'analyse. Et c'est ce qu'on disait aussi au départ un petit peu, le cœur du métier, ça va être de plus en plus... Savoir utiliser la data pour laisser l'humain décider au final et choisir la meilleure stratégie, qui sera non peut-être pas basée sur les datas, mais basée sur le choix humain et par les décisions humaines qui ont été faites au fur et à mesure.
- Speaker #0
Si tu veux, ma philosophie globale se résume en trois petites phrases, et j'utilise la même chose pour tous les athlètes, que ce soit professionnels comme Pierre ou débutants. Et avec cette philosophie-là, j'ai même amené des débutants. Mais vraiment, quand je te dis débutants, ils n'avaient pas encore fait de course de triathlon. En l'espace de deux ans, je les ai amenés de débutants à réaliser des slots. Après, il y a une physiologie de base, on ne va pas se mentir. Mais c'est très accéléré comme progression dans le processus, deux ans pour en arriver là. Mais je résume ça en trois phrases en permanence. dans le coaching, je souhaite que l'athlète il sache tout le temps où il en est où il va et comment il y va à partir du moment où il n'a pas la réponse à une de ces trois questions c'est qu'il faut qu'il vienne me solliciter pour l'avoir donc soit par un échange de messagerie instantanée via whatsapp soit après on fait aussi des débriefs pour ceux qui veulent toutes les 7 à 8 semaines où on va débriefer du bloc qui s'est passé. Je présente celui qui va venir. Après, j'ai tous les athlètes que j'ai en coaching, je les ai en début de saison où on fixe vraiment la direction commune, donc l'objectif de la saison à venir. D'ailleurs, ça devient problématique parce que je pense que tu as le même problème que moi. Avant, je faisais ça en octobre. Cette année, j'ai fait ça en juillet parce que les dossards partent à une telle vitesse. Et je pense que là, en début 26, je vais faire ça en jeu. Parce que sinon, tous les dossards de première partie de saison, tu n'en as pas. Donc plus ça va, plus j'anticipe la phase.
- Speaker #1
Il y avait une tendance un peu comme ça. Avant Covid, c'était comme ça. Pendant Covid, il y a eu un petit creux où on a eu un tout petit peu le temps de respirer. Mais là, depuis deux ans, c'est reparti. Il y avait des courses iconiques qui ne faisaient plus le plein. Et là, maintenant, c'est devenu la folie. Dans la journée d'ouverture des inscriptions. tu te retrouves à ne plus avoir de place.
- Speaker #0
Ce qui pose pas mal de problématiques dans notre sport actuellement, c'est un autre débat, comme pourrait être le drafting par exemple, comme pourrait être le prix des dossards, comme pourrait être...
- Speaker #1
Le prix des dossards, ça a beau être un débat sans fin, globalement ça augmente, et au final on est en train de se dire qu'il y a de plus en plus de soucis parce que les places deviennent de plus en plus chères, c'est le cas de le dire. Il faut quasiment anticiper un an à l'avance de savoir qu'un an après, il y a des gens, quand tu leur parles de ça, des coureurs à pied ou des cyclistes, quand tu leur dis qu'il faut que tu prévoies 850 euros pour aller acheter un dossard pour dans un an, mais qu'ils te regardent comme un martien.
- Speaker #0
Les coureurs à pied commencent à avoir le même problème.
- Speaker #1
Oui, même les petits semis du coin commencent à se remplir d'une année sur l'autre. Tant mieux, c'est que le monde a pris conscience que faire du sport, C'était aussi quand même... un indicateur de bonne santé au départ donc c'est plutôt sympa pour nous.
- Speaker #0
Ouais, c'est ce qu'on disait en off, c'est que au final tout le monde a sa place quand même. C'est après ce qui arrive dans notre discipline, s'ils pouvaient se diriger vers les bonnes personnes pour pas faire...
- Speaker #1
Pas faire les erreurs qu'on a fait ou qu'on aurait pu éviter.
- Speaker #0
Ouais, exactement. Tu vois des choses, c'est extra.
- Speaker #1
C'est un autre sujet. Donc, Carcan, 16-17 mai, le full. The Clock is Clicking, ça commence un petit peu à se rapprocher, c'est demain ?
- Speaker #0
Je te donne des projections de temps pour Pierre, tu voulais jouer à Unibet. Unibet Click. Je ne sais pas, je vais prendre un risque. Ça tombe bien parce que tu sais, je lui ai fait les projections. cette semaine je vais l'envoyer avant qu'il vienne à la maison j'espère qu'il va pas m'en vouloir parce que de toute façon je pense pas parce que Pierre met tout ce qu'il fait à l'entraînement alors ceux qui veulent suivre Pierre laisse tout public il n'y a pas de secret de polychinelle mais j'ai fait un scénario défavorable et un scénario favorable dans mon scénario défavorable il serait à 8h02 c'est chiant et dans mon scénario le plus favorable il serait à environ 7h45 ce qui là donnerait le record de l'épreuve bon après la gagne on sait pas parce qu'il y a toujours on sait pas qui va venir l'aspect concurrentiel tu le maîtrises pas mais de ce que j'aimerais c'est qu'il arrive à nager 52 minutes à peu près une 16 au 100 qu'on arrive à rouler 4h08 4h08 bon là je te donne pas les puissances parce que j'ai pas il faut qu'on travaille sur tout ce qui est CDA le ratio CDA avec Watt par kilo le but du jeu c'est d'avoir la meilleure vitesse transmise pour le moins de watts possible et donc ça passe par CDA et watts par kilo donc je ne vais pas te donner de puissance mais ce que je peux te donner c'est je te donne un rapport poids-puissance ça parlera peut-être plus plutôt que de puissance absolue mais Ça fait presque 4 watts par kilo. J'allais dire 3,7, 3,8 minimum. La cible, c'est entre 3,8 et 4 watts kilo. Ce que beaucoup n'arrivent déjà. Même beaucoup de très longs géants n'arrivent pas à tenir sur alpha.
- Speaker #1
C'est énorme déjà, 4 watts kilo.
- Speaker #0
Derrière, j'ai un temps prévisionnel sur le marathon. Je sais que ça intéresse beaucoup de monde. Pour moi, il est capable de courir à 2h41. 2h41.
- Speaker #1
3,50 au pied. Le 2,41, il est déjà énorme quand on parle de full distance, mais c'est 2,41 après avoir pédalé 4,08. Et nager une 16 au 100 sur un 38 x 100 sans pause.
- Speaker #0
Là, tu sais que je te disais que je n'avais pas de pression, mais là, je vais m'en mettre tout seul en me donnant des projections parce que le pire, c'est que quand je fais des stratégies de course pour les athlètes, franchement, à chaque fois, je tape à 2, 3 minutes en max.
- Speaker #1
Mais du coup, ce scénario-là, tu l'as déjà, donc on en parlait, tu l'as déjà vécu avec Franck Guyon, tu as déjà fait, donc tu fais partie des entraîneurs à avoir deux athlètes différents qui vont sur un projet ce but. Pour Pierre, ce n'est pas encore fait, pour Franck, c'est déjà fait. Comment ça s'était passé pour Franck ? C'est pareil, vous étiez prêts à cette performance stratosphérique parce que, il ne tarde rien, cette 50 là-bas, c'est quand même monstrueux.
- Speaker #0
Franck, du coup on a abordé l'entraînement avec une optique un peu différente parce que Franck, malgré le travail qu'on avait mis en place en allant s'entraîner en club en natation on savait qu'il allait y avoir une petite limite dessus et du coup, comment on orientait ça c'est que Euh... On a passé un step de fou en vélo, mais au prix de... C'est simple, Franck allait rouler tous les jours, il ne posait jamais le cul sur la selle pour moins de 3 heures, quasiment. Ce qui nous a permis d'aller chercher des puissances sur full assez rapides. Et après, Franck, on connaît son bagel en à pied, Franck c'est un des meilleurs coureurs sur half. En France, Franck physiologiquement, c'est des données monstres. Après, il a son histoire et quelques pépins de santé qui fait que ça n'a jamais pu être exploité à plein régime. Mais je ne sais pas s'il va m'écouter, parce qu'il est un peu sorti de la structure. Pour moi, c'est un mec qui a un potentiel. Mondial, mais physiologiquement parlant.
- Speaker #1
Et c'était quoi du coup le frein que tu avais identifié en natation ? Du coup,
- Speaker #0
il nage quoi ? Franck, il nageait plutôt autour des 53-54 minutes. Il n'avait pas un très bon transfert de ce qu'il était capable de faire en bassin vis-à-vis de l'eau libre. Mais ça, c'était plus des freins, on va dire, psychologiques qu'on avait tenté de traiter avec de la préparation mentale. Ça allait mieux, mais ça n'a jamais... C'est un des principes spécifiques du triathlon. Il y a ce que tu vois en bassin et ce que tu es capable de sortir en eau libre. A contrario, Pierre est très rentable là-dessus. Et j'ai connu des athlètes, je ne sais pas comment ils font, mais quand tu vois ce qu'ils font en bassin et ce qu'ils sortent en eau libre, tu te dis que ce n'est pas possible. Le mec, il doit se mettre... Il doit se mettre, mais il doit sortir de là. Je ne sais pas, tout nager à bloc, ce n'est pas possible. Bon, ben voilà, c'est... Mais oui, oui, sur le papier, Franck, il fait 7h50, mais je pense qu'il est capable d'aller chercher 7h40, je pense. Pas loin. Et sur le papier, je pense que c'est un gars qui était capable de courir 2h30, 2h35. Ah oui, oui, non, mais Franck, à pied, c'est... Après, il y a eu quelques problèmes de blessure au pied, mais sur le papier, c'était assez ornante. D'ailleurs, je me souviendrai toujours de la première rencontre où il était à la maison. Je l'ai testé au niveau métabolique, sur des tests lactates. Et je lui ai dit, mais pourquoi tu fais du half, toi ? Je n'étais pas fait pour ça. Je n'étais pas fait pour faire du half. Je dis là, moi de ce que je vois, il faut aller sur du full. Et bon ben tu vois, gagnant. Décision gagnante puisque derrière il s'est orienté sur du full et visiblement on ne s'était pas trop trompé.
- Speaker #1
Parce que ça reste quand même un des meilleurs chronos français. Et puis je pense que c'est en dessous de 8h. Ils ne sont pas nombreux chez les français à avoir fait moins de 8h sur full.
- Speaker #0
Je ne pense pas. En tout cas c'est le meilleur chrono sur le sol français. Ça c'est sûr. Maintenant peut-être qu'il va tomber avec le full de tours. Il y a de grandes chances qu'il tombe avec le full de tours cette année. Selon les présents. Mais oui, de toute façon, sub 8, ça reste des performances... C'est pas le commun des mortels. On va pas se moquer.
- Speaker #1
On va pas se moquer.
- Speaker #0
Donc voilà, je sais, on va dire, la donnée que ça implique. Maintenant, tu peux l'avoir sur le papier et ne pas transformer, laisser le jour au jour. Donc voilà, comme je te disais, Pierre, au niveau du papier, il a ce qu'il faut. Maintenant, on construit patiemment. Jusqu'à cet objectif-là, et on verra ce que ça nous donne. Moi, comme je te dis, mon rôle là-dedans, c'est... Comment dire ? Je suis là pour l'accompagner et d'arriver prêt sur la ligne de départ. Après, la course, c'est lui qui va la faire. Et c'est là où nous, on doit garder... on va dire, toute modestie et rester en arrière-plan dans notre travail. Comme tu disais tout au début, on est des mecs de l'ombre. Peut-être qu'on contribue à la performance, mais c'est pas nous qui nageons,
- Speaker #1
qui pédalons, qui courons.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
J'utilise souvent l'expression... Les athlètes, par contre, c'est assez sympa parce que quand on a réussi à accompagner un athlète sur son objectif, le retour, il est quand même sympa parce que c'est une aventure, finalement, à deux. Et le jour J, il la vit tout seul. Mais moi, j'utilise assez souvent l'expression « Nous, on est les chefs d'orchestre » .
- Speaker #0
Par contre, c'est eux qui font le récital derrière. Nous, on est juste là pour écrire la partition. Et donc, ce n'est pas nous qui faisons les efforts. Tout le mérite leur revient. Par contre, c'est vrai que si on peut être un petit peu acteur dans leur chemin et dans leur parcours sportif, c'est avec grand plaisir.
- Speaker #1
C'est marrant parce que j'utilise les mêmes phrases que toi. Moi, je suis chef d'orchestre, c'est les musiciens. Mais je suis dans le même...
- Speaker #0
dans la même philosophie. Rendez-vous le lendemain du Frenchman avec la Coupe de la Victoire et le 7h45. Avec mes prévisions. Génial. C'est tout le mal qu'on vous souhaite. On sera là de toute façon. On sera présent. On regardera un petit peu tout ça. On va suivre toute la saison de Pierre et de Tri360. On va vivre ça avec grande attention. J'espère qu'on pourra se faire un petit débrief avec Pierre. Ce serait super sympa après. Ça faisait partie des petites questions. Je finis toujours avec des petites questions si tu préfères. C'est des questions à la con, mais j'aime bien. J'aime bien. Par contre, tu m'as déjà pas mal répondu. C'est embêtant. Tu préfères ne plus jamais entraîner mais continuer à pratiquer le tri toute ta vie ou entraîner toute ta vie et plus jamais pratiquer le tri à toi-même ?
- Speaker #1
Entraîner toute ma vie et ne plus pratiquer.
- Speaker #0
Tu dis ça parce que ça fait 20 ans que tu penses tout le monde.
- Speaker #1
ouais mais c'est ce que je disais en fait quand tu commences à prendre plus de plaisir à être de l'autre côté de la barrière quand tu commences à être sur le bord des courses c'est pas pareil et à pas te voir dedans à pas te dire ah putain j'aimerais bien courir bon bah c'est que là il y a quelque chose qui s'est passé et c'est aussi pour ça que j'arrête c'est parce que depuis un an ou deux quand je vais sur les courses Je suis content de ne pas être dans l'eau à 6h du matin. Donc, il y a un petit transfert qui s'est passé. Peut-être qu'effectivement, il y a 10 ans, je ne t'aurais peut-être pas répondu là-dessus.
- Speaker #0
Mais je vois très bien de quoi tu parles. Je vois très bien. Est-ce que tu préfères entraîner uniquement des débutants ultra motivés ou uniquement des athlètes hyper performants mais compliqués humainement ?
- Speaker #1
Non, je préfère les débutants ultra motivés et impliqués dans leurs projets. J'ai 41 ans, j'ai passé l'âge de faire la nounou. Je suis arbitre, mais pas arbitre de boxe. Des gens impliqués, motivés par leur projet, capables de se remettre en question, qui n'ont pas de croyance dans quoi que ce soit, parce que ça va beaucoup les perturber. Donc non, plutôt amateurs qui les accompagnaient.
- Speaker #0
La transmission, c'est quand même un des piliers fondateurs de notre métier qui est quand même assez jouissif quand on transmet, c'est quand même assez sympa. Pour revenir un peu sur le coach du futur, est-ce que tu préfères coacher sans jamais voir une seule donnée ou est-ce que tu préfères coacher sans jamais voir ton athlète en vrai ?
- Speaker #1
Je préfère coacher sans voir une donnée.
- Speaker #0
Sans voir une donnée ? Être à côté. Ah, intéressant. Intéressant, je pense que c'est...
- Speaker #1
C'est pour moi le présentiel. Et c'est aussi pour ça que je laisse l'occasion aux athlètes de venir passer des séjours à la maison ou de se retrouver lors des stages. C'est parce que tu captes beaucoup mieux les infos tu captes voilà c'est dingue ce que tu peux capter en mot verbal ou en même dans leur philosophie dans leur caractère dans plein de choses et ça et ça c'est le coaching le demain c'est la data ok mais pas que mais il y a aussi les sensibilités des athlètes et parfois c'est juste une phrase parce que tu sais où appuyer et ça tu le captes dans l'organisme verbal et ça c'est
- Speaker #0
Ça fait beaucoup écho avec ce qu'on a évoqué avec Benjamin et ses écrits. Choix idiot mais choix impossible. Tu préfères une course parfaite en 8h01 ou tu préfères une course chaotique en 7h59 ?
- Speaker #1
J'ai envie de te dire que ça sera dépendant de ce que Pierre a vécu. Et de son... Là c'est pas vraiment moi qui vais... qui vais décider. Si lui, son souci majeur, c'est de faire moins de 8 heures. et je pense qu'il sera heureux de faire moins de 8h en ayant vécu une journée calvaire mais je pense également qu'il sera content de faire 8h01 sans qu'il n'a pas pu exploiter plus donc moi là dedans je ne vais pas me placer ça sera plutôt son feedback à lui et son smile qui va moi me rendre heureux le meilleur salaire c'est celui du sourire à la fin Exactement.
- Speaker #0
c'est le meilleur mot de la fin parce qu'effectivement au final quelle que soit la perf chronométrique finale si t'as donné 100% parce qu'on t'a donné les armes pour donner 100%
- Speaker #1
on a fait le job et tout le monde est content et puis s'il fait 8h01 on reviendra l'année d'après pour faire 7h41 t'as cette possibilité là on aura analysé les leviers qu'il y a à mettre en place et si je fais toujours partie de ces projets bah écoute on fera en sorte de Merci. d'améliorer encore ça. Je suis adepte du... Je suis un peu long-termiste dans ma vision du triathlon.
- Speaker #0
Ça tombe bien, parce que du coup, de toute façon, avec nos 20 ans d'expérience, c'est pas en deux jours qu'on s'est créé, donc du coup, ça va être sur le long terme. Merci beaucoup pour cet échange. Je t'avais dit une heure, je suis hors-taxe, je suis bon.
- Speaker #1
On est pas mal. Plus le offre,
- Speaker #0
si on règle un peu plus, on est pas mal. rendez-vous après le Frenchman et puis certainement rendez-vous après plus tard dans d'autres circonstances merci beaucoup Jérémy il y a beaucoup de projets qu'on n'a pas eu le temps d'aborder mais on les abordera un petit peu ça sortira on va pas faire trop de tirings sinon ça va me mettre de la pression merci beaucoup pour ton temps et puis à très bientôt je mettrai tes liens partout si jamais les gens veulent rentrer en contact avec toi ça sera avec grand plaisir je suppose et puis à très très bientôt pour la suite
- Speaker #1
Merci Mickaël, à bientôt.