- Speaker #0
L'Ion !
- Speaker #1
L'Ion ! Et bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode des Zubebist. Je suis ravi de vous retrouver pour ce 18ème hors-série. Aujourd'hui, on continue de mettre un peu de lumière sur ce qui se fait de mieux sur la scène ovale girondine, à savoir le rugby féminin du coup, puisqu'en ce mois de juin, on n'a plus que les Lyon qui sont en lice. Avant de commencer cet épisode, vous l'aurez remarqué pour ceux qui nous regardent sur YouTube, je ne suis pas avec mon Yann qui a des couches à changer, qui a un boulot à gérer. Quelle drôle d'idée. C'est le premier épisode qu'on fait sur une centaine d'enregistrements qu'on ne fait pas ensemble. Forcément, c'est un peu spécial. N'en voulez pas s'il y a un peu d'émotion. On espère quand même que vous allez vous régaler à nous écouter. On tenait quand même à faire ce petit hors-série exceptionnel pour parler des Lyon. Et on a suivi le conseil de notre première invitée, qui était Adèle Besson, qu'on avait eue en fin d'année, qui nous avait conseillé une joueuse qui incarne parfaitement le combat, l'excellence du stade bordelais. L'une des pièces essentielles du pack des Lyon, qui a goûté à Marcoussis en 2026. C'est la chouchoute de Yann, d'ailleurs, qui n'est pas là et qui avait plein de questions à lui poser, mais qui m'en a transféré. On a le plaisir d'accueillir aujourd'hui Elsa Peyras. Salut Elsa !
- Speaker #0
Salut, bonjour Cyril et merci pour l'invitation, merci pour Adèle. C'est toujours pour nous important de pouvoir parler de notre championnat qui parfois est un peu inconnu du grand public, même pour ceux qui suivent le rugby, c'est pas toujours simple à suivre. Donc si on peut le vulgariser, en tout cas, ça pourrait être top.
- Speaker #1
Écoute, on va essayer d'en parler pour ceux qui nous écoutent. C'est le moment opportun puisqu'on va aborder les phases finales des Lituines. Déjà... Déjà, merci d'avoir accepté l'invitation. Comment ça va à l'abord de cette phase un peu critique pour les Lyon ?
- Speaker #0
Ça va bien. En tout cas, le groupe travaille fort. On vient de faire un stage à Arcachon sur deux jours où on a travaillé à la fois les connexions un peu rugby et se retrouver aussi en dehors. On a fait les grands classiques, des petites courses d'orientation, des Olympiades, des choses comme ça qui resserrent un peu les rangs et qui réveillent un peu. Le côté compétitrice souvent des filles, donc ça c'était top. Et après, comme à l'approche de chaque phase finale ces dernières années, il y a forcément du doute qui vient un peu titiller chaque joueuse. Donc on se remet un peu tout en question sur ces périodes-là. Mais on sait se resserrer vite et on sait aussi, le collectif nous aide beaucoup dans ça. Et les dernières années, on a en tout cas acquis beaucoup de confiance entre nous. donc on arrive à un moment à se resserrer, à se rassurer sur beaucoup de choses. Donc j'espère que cette année, ça va être la même chose. Donc quelques doutes à chaque fois à cette Ausha, quelques remises en question, mais avec un collectif fort, donc on est quand même sereines d'aborder ces phases-là. On a eu une saison un peu particulière, je pense qu'on aura l'occasion de le détailler, mais si on compare aux saisons... précédentes, c'est vrai que celle-là est un peu particulière mais en tout cas toujours la même soif de gagner dans l'approche des phases finales et ça réveille un peu tout ce stress-là donc c'est hyper positif.
- Speaker #1
C'est marrant parce que quand tu parles effectivement de cohésion de besoin de confiance à la bord des matchs cruciaux, ça fait aussi un peu écho à ce qu'ont vécu les gars avec cette nouvelle finale aussi de Champions Cup où on a vu que ça pouvait dans un collectif de... faillir un petit peu, que les joueurs avaient besoin de faire le plein de confiance et que c'était aussi pour le staff de Yannick Bouy un gros objectif avant la finale. Mais avant de parler de tout ça, on va revenir un tout petit peu sur ton parcours à toi. Donc pour ceux qui te découvrent, tu nous viens tout droit de Bigorre, où tu as commencé le rugby notamment, tu as joué à Tarbes. Comment tu es tombé dans la marmite rugby ? C'est un peu par hasard ?
- Speaker #0
En réalité, j'ai commencé à maubourguer très jeune. Ma mère jouait déjà au rugby. Mon père, tout le monde avait un petit peu joué sans gros niveau, mais en tout cas, il y avait déjà cette passion un peu commune là. Donc ma mère m'a un peu montré la voie de ce sport. J'en ai fait plein, mais j'y suis revenue un peu plus tard, en cas d'être à Tarbes, quand on se retrouve aussi dans des collectifs féminins, puisqu'on a joué jusqu'à Mime avec... l'école de rugby, les garçons, etc. Donc d'abord à Maubourguet, ensuite à Tarbes en cadette. J'ai fait ma première année senior à Tarbes. On avait... Donc c'était à l'époque du top 16, si je ne dis pas de bêtises, et Tarbes était en top 16. Donc j'ai eu la chance de commencer très tôt et très jeune dans le grand bain et dans une équipe plutôt bas de tableau. Donc c'était souvent la guerre les week-ends. Donc ça, ça a été... Ça a forgé aussi un peu, je pense, la joueuse. que je suis aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il fallait s'accrocher. Tous les week-ends, on rencontrait des grosses équipes qui avaient déjà du beau jeu, on va dire, et nous, c'était moins professionnel, en tout cas très, très amateur en 2019. Ensuite, Tarbes descend, la fin d'année, Tarbes descend en Elite 2. Et Mathieu Caudran, qui à l'époque était le manager des Lyon du Stade Bordelais, m'appelle pour venir jouer à Bordeaux. Donc je suis venue à Bordeaux en 2020, mais dans un Bordeaux aussi finalement pas si loin que ça de Tarbes, avec vraiment un fonctionnement ultra amateur qu'on peut voir dans des clubs, je pense, quasi de régional ou fédéral en tout cas dans le fonctionnement, avec des entraînements le soir. Des filles qui faisaient ça vraiment par plaisir, passion et surtout par le goût de s'entraîner ensemble et surtout faire la fête même ensemble. On a vraiment eu des belles années. Donc ça a commencé comme ça en 2020.
- Speaker #1
Juste au moment de ton arrivée, tu fais le déménagement de ta Bordeaux, surtout pour le rugby, parce qu'il y a aussi le côté études. Je crois que tu as fait des études dans les ressources humaines. ça du coup ça vient après tu trouves ensuite un cursus qui convient à ton déménagement, comment ça se...
- Speaker #0
J'ai tout fait en même temps j'avais commencé un DUT GEA à Tarbes que j'ai terminé à Bordeaux grâce aussi au rugby c'était un diplôme assez en tout cas c'est dur d'y rentrer donc le rugby m'a permis de faire ça avec un emploi du temps qui commençait un peu à s'aménager, on commençait déjà à parler un petit peu d'entraînement entre midi et deux, des choses comme ça donc que... Ces études-là m'ont permis aussi d'être plus flexible. Et après tout, le cursus scolaire, je l'ai fait en même temps et réfléchi en même temps que l'évolution en rugby.
- Speaker #1
D'accord, ok. Et du coup, pendant toute cette période, tu allies un peu comme ce que fait Adèle en ce moment, les études et le sport de haut niveau. Et tu es accompagnée, je crois aussi, alors je ne sais pas depuis quand exactement, mais par le groupe Full Ace chez qui tu travailles. qui t'ont accompagné aussi pendant tes études avec des stages, une alternance ?
- Speaker #0
Une alternance tout à fait. En 2020, je suis rentrée chez Fouley, c'est l'entreprise de Patrick Laporte qui est aussi un des co-présidents des Lyon du Stade Bordelais. Il m'a offert l'opportunité d'avoir un confort d'études, un confort de travail pour suivre aussi toute ma progression en rugby. Et aujourd'hui, la flexibilité que j'ai sur ce poste-là et ce qui m'apporte comme sérénité professionnelle, c'est le confort ultime pour toute joueuse de rugby aujourd'hui. C'est-à-dire que j'ai un emploi du temps que je peux adapter en fonction des semaines d'entraînement. Dès que je sens que ça tire un peu, les personnes avec qui je travaille sur la partie RH sont hyper à l'écoute, hyper disponibles et prennent souvent le relais. parfois des gros moments de rush qu'on ne peut pas toujours gérer quand on est à 50% sur un poste. Donc j'ai vraiment de la chance, j'évolue dans un cadre qui est pensé et réfléchi pour que je puisse à la fois garder un pied dans l'entreprise, dans les RH, dans la vraie vie, mais à la fois performer en club, m'entraîner dur, m'entraîner même plus que ce que peuvent le faire certaines joueuses. contrôlés parfois par des études, par des jobs alimentaires, des choses comme ça. Je pense que je fais partie vraiment des privilégiés dans le confort que j'ai maintenant entre le jonglage, entre le pro et le rugby. Je suis assez reconnaissante de ça.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. Tu dis que tu fais partie des privilégiés. Ça reste quand même une petite partie des joueuses qui ont la chance d'être accompagnées par une entreprise partenaire du club qui adapte les employés. À côté, il y a beaucoup soit des étudiantes, soit des joueuses qui ont leur taf à côté pour pouvoir rejoindre les deux bouts parce que vous ne gagnez pas d'argent avec le rugby, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est ça. Il y a quelques filles qui sont sous contrat fédéral. Donc, ça va être une vingtaine de joueuses qui sont concernées en France par un contrat fédéral, qui sont les meilleures joueuses en France, qui ont des CDD d'un an, ce qui est extrêmement précaire quand même. Et d'autres filles sont étudiantes, stabs, à la fac, bénéficient des services phases qu'on connaît, qui aident à toute la prise de notes, à l'accompagnement pendant les absences, pendant les heures de cours. Et après, il y a des filles qui sont obligées, les jours off, d'aller sur des jobs alimentaires. Je pense à Oiana qui joue avec nous, qui travaille en ce moment avec nous au groupe Full Ace pour cette fin de saison à la logistique, les lundis et jeudis où on n'a pas entraînement. Donc c'est un quotidien un peu particulier quand... Tu as besoin de travailler pour te nourrir alors que ton sport te demande une exigence quasi quotidienne. Parce que même si tu ne t'entraînes pas les jours off, tu as des soins, tu as aussi peut-être une analyse de ce que tu as fait le week-end, une réflexion à avoir sur les matchs à venir. Donc il y a beaucoup d'exigence sur les joueuses, c'est-à-dire qu'on a une attitude très pro. on fonctionne et je pense que si on nous compare à un garçon qui est sur un club de top 14, pro D2, je pense que notre fonctionnement à la semaine, il est vraiment similaire. Par contre, nous, on doit réfléchir à comment on mange à la fin du mois. Donc ça, c'est un peu particulier, mais ça forge aussi le groupe, ça empêche les fainéants de se reposer, on va dire.
- Speaker #1
Oui, j'imagine que vous serrez les coudes et puis vous êtes toutes un peu dans la même situation. Donc ça resserre les liens. Et en termes d'énergie, parce que... Je vois notre cas à nous qui bossons et essayons de faire du sport à côté. On ne trouve pas forcément le temps. Toi, tu fais les deux à plein temps. Tu as un employeur adapté avec Full Ace, mais tu es sportif de haut niveau à côté. En termes d'énergie, ça va ? Comment on s'en sort dans ce genre de cas ? Parce que tu mentionnais les garçons qui ont à peu près le même rythme, mais qui, eux, à côté, ils ont des sollicitations médias, etc., partenaires, mais ce n'est pas aussi intense que vous. Comment vous en sortez ? Vous avez peut-être plus de plages de récupération avec le club ?
- Speaker #0
Sincèrement, quand on part, on s'entraîne souvent, on s'évade. On voit les plannings des... des gars aussi de semaine et quand on compare avec ce qu'on fait c'est vraiment proche jusqu'à présent même on a la difficulté parfois de s'entraîner deux fois dans la même journée donc entraînement terrain, muscu, le matin on va travailler l'après mais on revient le soir pour quasi la même chose là où les garçons ont plutôt des journées un peu plus densifiées dans une matinée ou des choses comme ça donc concrètement dans ce qu'on fait dans la journée c'est vraiment similaire Et après, en termes d'énergie, peut-être aussi que le staff est conscient de toute cette charge-là. Donc je pense que les attentes quand même, il y a plus d'empathie, il y a plus de conciliants sur parfois des joueuses qui sont un peu à bout d'énergie ou ces choses-là. Donc je pense qu'ils sont quand même à l'écoute de ça. On a aussi un staff médical avec qui on peut échanger. On a quand même des solutions, donc on n'est pas esselé. Mais par contre, c'est vrai que c'est une réalité à laquelle on est vraiment toutes confrontées. C'est prenant, mais c'est aussi un état d'esprit de se dire que si aujourd'hui on en chie un peu, on a des journées à rallonge et des semaines un peu interminables, peut-être que le jour où le rugby s'arrête, le jour où c'est consacré seulement sur une activité, ça sera facile pour nous. On aura fait le plus dur. Donc c'est finalement un peu de résilience, beaucoup de travail. On fait partie aussi, je pense, des clubs en France qui sont privilégiés dans l'accompagnement. Le pro, c'est que j'entendais Ilana et Assia faire une interview il n'y a pas longtemps sur les filles de Clermont qui, elles, sont quasi toutes concernées par un contrat de travail et qui peut-être font des muscles matin à 7h, entre midi et 2h, le soir à 20h. On est quand même protégées sur ça. On est, on va dire, accompagnées différemment. Il y a moins de filles qui sont concernées par ces vies-là vraiment intenses. Et on est aussi protégés par le fait qu'on a quand même beaucoup d'internationales dans l'équipe qui sont accompagnées par la FEDE. Mais donc, ça montre un peu les limites de son championnat-là et les déséquilibres que ça vient apporter. Parce que finalement, si tu regardes comptablement les points entre Clermont et Bordeaux, elles sont devant nous et pourtant, les filles qui bossent pour Clermont, elles sont dans une réalité un peu différente. Donc, c'est étonnant. Je sais qu'il y a des filles qui travaillent beaucoup. et qui essayent de marteler un peu la FED sur les réflexions à avoir autour de ça mais je pense qu'il y a un intérêt en tout cas d'éveil et de de bascule sur le fonctionnement parce que ça va vraiment atteindre ses limites
- Speaker #1
On y reviendra peut-être un tout petit peu plus tard effectivement sur le fonctionnement de l'élite 1 et les disparités qui peuvent y avoir au sein de ce championnat qui peuvent limiter l'attractivité aussi parce qu'il y a quand même 4 gros pôles même peut-être trois gros pôles, les Blagnac et ensuite derrière il y a peut-être une différence de niveau j'avais prévu d'y revenir juste après, mais t'as mentionné un peu déjà le staff des Lyon le fait que vous avez un staff médical toi quand t'es arrivé du coup il n'y avait pas encore de bouclier depuis il y en a eu trois d'affilé, peut-être quatre est-ce que tu depuis ton arrivée t'as vu un vrai changement, une vraie évolution sur ce que vous avez c'est... Que ce soit en termes de matériel, en termes de staff, en termes de conditions de travail, quelque part ?
- Speaker #0
Ça a d'abord commencé par une évolution sur le terrain. C'est-à-dire que ça aurait été difficile, je pense, pour nous d'exiger une différence si, sportivement, on n'avait pas aussi peut-être des objectifs et des possibilités de viser des top 3, top 2 les premières années. Donc, les présidents ont imposé un projet. sportif avec... Alors je me sens... Je m'en rappelle plus à l'époque mais je crois que c'était un objectif à trois ans d'atteindre le top 2, d'aller en finale ou quelque chose comme ça, ou en demi-finale. Pour ça, il y a eu un fait vraiment chez nous qui a complètement changé aussi la physionomie de l'équipe, c'est l'arrivée des Canadiennes qui sont arrivées à l'année du Covid puisque le Canada enfermait un peu tous les sports pendant le Covid alors que nous on avait la flexibilité encore de jouer. Elles sont venues en France avec tout l'apport qu'elles ont sur le travail individuel, sur la préparation physique, sur l'analyse rugby. Vraiment, elles avaient déjà toute cette attitude pro, sans pour autant être accompagnées ni par leur FEDE ni par leur club dans un aspect financier. Elles nous ont amené une éthique de travail et de résilience vraiment importante. Quand elles sont arrivées la première année, on les regardait comme des ovnis. Nous, on arrivait à l'entraînement à 19h, on arrivait à 19h10, on se mettait les crampons un peu à l'arrache. Elles, elles étaient déjà depuis 17h dans la salle de muscu, donc au début, on les regardait un peu comme des ovnis. On voyait presque ça d'un mauvais oeil, puis finalement, elles nous ont converties un peu à cette... Exigences là, exigences sur la prépa individuelle, mais aussi sur le rugby, sur des fondamentaux rugby sur lesquels elles étaient vraiment déjà sensibilisées. Donc ça, ça a été un tournant rugby. Par contre, sur la structure, c'était encore très amateur. On a eu les premiers résultats, on est arrivé en demi, en 2021, si je ne dis pas de bêtises, contre Toulouse. Non, en 2020 contre Toulouse. Donc déjà, un exploit, on va dire, pour... Pour nous, ça a donné le temps aussi et ça a permis à des anciennes Lyonnes de revenir dans l'effectif. Je pense à Carla, à Arbez, à Ausha, des filles du club qui sont revenues performer avec le club, avec en tête cette volonté de gagner des titres avec ce club-là. Et les présidents ont aussi construit derrière une stabilité de club, une stabilité financière. Ils ont fédéré aussi autour d'un club de partenaires qui aujourd'hui... fonctionne vraiment bien avec des personnes qui sont à fond derrière nous et qui nous accompagnent vraiment sur beaucoup de choses. Donc ça, ça a été vraiment un tournant. Et finalement, tout a été beaucoup plus vite que prévu, puisqu'on gagne ce premier titre-là. Je pense que l'aspect sportif a été beaucoup plus rapide que l'aspect structurel derrière. Aujourd'hui, on évolue, pour ceux qui ne savent pas trop, on évolue à Saint-Germain-aux-Bouscats. C'est notre centre d'entraînement. On a une salle de muscu qui ressemble à un cagibi sous un escalier. On a deux racks de squat, trois poids à se partager. C'est assez ridicule, les nouvelles joueuses, à chaque fois qu'elles arrivent ici, c'est assez perturbant dans ce qu'elles s'imaginent de Bordeaux et dans ce que c'est en réalité. On a depuis très peu un endroit où on peut se restaurer qui ressemble à peu près à quelque chose, mais jusque-là on était dans un clubhouse délabré, des rats, des choses... Franchement, c'est un environnement... de travail qui, je pense, même en régional n'existe pas, des infrastructures qu'on partage en plus avec l'Omnisport du Stade Bordelais. Donc on est vraiment beaucoup à évoluer sur tout ça. Il y a le foot, il y a les gars sur la partie rugby, il y a des athlètes aussi individuels qui se préparent dans cette salle-là. Donc quand on prend un peu de recul, le sportif a été très rapide, c'est-à-dire qu'on a vite performé, vite gagné. Par contre, les instances derrière, ça met un peu de temps. Aujourd'hui, ça commence à atteindre un peu ces limites-là, donc on espère que ça va bouger. Je sais qu'on a une directrice aujourd'hui qui est salariée du club, qui essaye et qui travaille fort aussi pour construire avec tout ce qu'elle peut un environnement qui va commencer un peu à devenir intéressant. Elle travaille aussi avec le président sur ça. Après, on trouve ça très lent forcément. Parce que t'es trois fois championne de France, mais chaque année, on a la chance qu'on nous enlève un peu des trucs. Donc, c'est assez frustrant. On a la chance parfois de s'entraîner au CEVA. Donc, ça nous donne aussi un peu l'eau à la bouche d'infrastructures qui, forcément, sont l'idéal de ce qu'on aimerait en tant que joueuse. Simplement un endroit où on peut travailler dans de bonnes conditions. Donc, sur ça, c'est assez frustrant.
- Speaker #1
Ouais, mais t'as quand même du... positif en termes d'évolution, même si tu atteins peut-être un petit plafond de verre à certains moments, que du coup les présidents, les salariés du club essayent de repousser toujours un peu plus haut, mais ça prend du temps, et comme il y a aussi besoin de fonds, il y a un peu de politique etc, j'imagine que ça prend un petit peu de temps mais ça ne vous a quand même pas empêché d'être trois fois championne de France, donc déjà pour ça bravo juste avant de revenir sur la saison des Lyon toi ton profil de joueuse donc t'es troisième ligne Yann du coup qui regarde plus les Lyon que moi alors moi c'est plus par manque de temps et obligation familiale, j'aimerais pouvoir plus vous regarder, sachant qu'en plus vous êtes plutôt bien diffusé cette année alors il y a eu des diffusions sur Canal un peu sporadiquement un petit peu sur TV7 mais il y a aussi des diffusions sur Twitch d'ailleurs j'invite tous ceux qui nous écoutent à vous abonner sur Twitch à la chaîne des Lyon parce que c'est C'est assez fréquent que les matchs soient diffusés, on ne le sait pas forcément, donc comme ça vous recevez une notification quand c'est le cas. Il m'a dit que tu étais plutôt une troisième ligne dans le combat, qui va au charbon, qui aime le chocolat, il m'a dit. Donc dans ton profil, c'est vraiment une troisième ligne qui va au combat ?
- Speaker #0
C'est ça. En tout cas, ces dernières années, c'était beaucoup ça, beaucoup de défense. j'avais la chance aussi les années dernières d'avoir eu Notre troisième ligne, Juliane Neury, qui était vraiment joueuse de ballon, donc finalement, on se complétait plutôt pas mal. Et j'étais plutôt dans le registre défensif, on va dire. Maintenant, si je veux viser un peu plus haut, il va falloir que je travaille d'autres points. Donc, c'est les enjeux, on va dire, de cette fin de saison. D'avoir du travail en attaque plus intense, d'avoir aussi des opportunités d'attaque plus intéressantes. Donc j'y travaille. Donc forcément j'adore ça. La défense c'était le plus gros point de mon profil je pense, avec beaucoup d'intensité j'espère. Mais maintenant il va falloir que je me mette un peu attaquée si je veux jouer plus haut.
- Speaker #1
En gros, par exemple, pour comparer un peu avec les mecs de l'UBB, tu te comparais à quel joueur en termes de profil ?
- Speaker #0
C'est dur de se comparer. Je pense peut-être un peu gadotti, un peu moins ballant, mais un peu plus dur au contact. Après, c'est toujours compliqué de se comparer à un jeu de garçon.
- Speaker #1
Ce qui nous écoutait à peu près le profil. Et du coup, en termes d'axes d'amélioration, c'est plus du coup ballon en main, passe après contact, ce genre de choses. Pour se proposer aussi sur des courses plus intéressantes pour être aussi peut-être un peu plus visible.
- Speaker #0
Alors, je ne sais pas si c'est exactement pour une partie visible, mais c'est aussi pour compléter la palette que je dois avoir pour la suite. Être intéressante dans les couloirs, être capable aussi de jouer plus de duels, être capable de travailler très fort en attaque, des replacements, peut-être du dézonage un peu, comme le font beaucoup nos hélières. Donc, on va dire que c'est ce que je marque dans mon petit carnet avant les matchs.
- Speaker #1
Ok. Et pour revenir sur la saison des Lyon, vous avez fait le triplé, en route pour le quadruplé. Est-ce que tu penses... Tu sens que ça a changé quelque chose maintenant, ce statut un peu de... Alors, ça fait du coup un petit moment que vous l'avez, ce statut de championne de France, mais là, un peu de surdomination, en tout cas sur la longueur. Est-ce que tu trouves que ça a changé quelque chose dans l'approche des adversaires ? Nous, on compare par exemple à l'UBB, du coup, avec ce changement de statut qui a fait qu'il y a un ressenti que les adversaires connaissent en gros la force de l'UBB. Vous, du coup, les filles connaissent votre force puisqu'elle est là depuis plusieurs années. Est-ce que ça ne change rien ? Est-ce que ça change quelque chose aussi pour vous ? Peut-être, tu as dit en début que vous étiez toujours aussi morte de faim et que vous voulez aller gagner tout ce que vous pouvez. Est-ce qu'il y a eu un changement cette année ou pas du tout ?
- Speaker #0
D'un point de vue extérieur, en tout cas, la manière dont les équipes extérieures nous jouent, pas vraiment. Il y a forcément une grosse rivalité qui s'installe ces dernières années. le premier quart avec Blagnac, Toulouse, Clermont, qui forcément sont des gros matchs et à chaque fois des vrais tests pour nous de niveau. Tu disais qu'on allait en reparler, mais rugbystiquement, il y a aussi un gros fossé dans le championnat. C'est aussi ce qui fait pour moi un peu la problématique de ce championnat, c'est que cette disparité-là, elle est pour une équipe en tout cas compliquée à gérer puisque finalement, dans l'année, tu te confrontes vraiment. à 4-5 équipes qui ont vraiment des qualités rugby et qui peuvent prétendre en tout cas à jouer ces phases finales-là. Donc d'un point de vue d'autres équipes, je ne pense pas que ça ait changé grand-chose. On a toujours envie de gagner ces matchs importants. En interne, on a eu quelques changements en début de saison avec un point en Coupe du Monde aussi qui a forcément un peu décimé les rangs en début de saison. On a des joueuses qui ont arrêté. On a des joueurs qui revenaient de Coupe du Monde un peu lessivés d'une Coupe du Monde qui a fait un peu des dégâts autant sur le corps que sur le cœur. Donc ça a un peu affaibli nos forces vives, on va dire. Donc on a eu un début de saison un peu compliqué. On a quand même pas mal réussi à gérer, je trouve, puisqu'on a bien rebondi par la suite. On perd ensuite François en milieu de saison qui part entraîner l'équipe de France. donc ça c'est un un Une deuxième chose aussi qui affaiblit un peu ce collectif-là, mais qui finalement, aujourd'hui, se passe plutôt bien. Tout le monde est revenu. On va dire que les cœurs se sont un peu reconsolidés de la Coupe du Monde et les filles ont retrouvé le sourire à l'entraînement, retrouvé tout ça. Donc, on espère que la fin de saison va monter crescendo encore pour, en demi-finale, être vraiment performante. Mais c'est vrai qu'on a connu un début de saison un peu particulier qu'on n'avait pas eu les dernières saisons.
- Speaker #1
Parce que quand tu dis qu'il fallait soigner les cœurs, c'est qu'il y avait une quatrième place un peu décevante pour les filles qui participaient, qui arrivaient forcément d'atteindre la finale, voire plus. Ce début de saison, il a commencé aussi avec un calendrier qui était très particulier, puisque vous jouez d'abord Toulouse, puis Romagna, qui sont vos deux grandes rivales, avec du coup deux défaites. Commencer la saison par deux défaites, effectivement, j'imagine que ça n'a pas été le plan de route idéal. Mais vous terminez cette phase de saison régulière par seulement quatre défaites, avec deux défaites contre Romagna, une défaite contre Toulouse et une défaite contre Blagnac. Donc vous avez battu Toulouse au match retour. comment vous appréhendez du coup cette demi-finale sachant que vous avez fait une victoire chacune cette saison que l'an passé c'était la finale d'Elite 1 stade bordelais stade toulousain c'est une équipe qui est très joueuse Toulouse qui a peut-être un profil un peu différent de la vote comment vous voyez ça ?
- Speaker #0
Sur le profil de l'équipe de Toulouse, on le voit comme un collectif avec de grosses individualités. Il y a des filles à Toulouse qui sont vraiment capables de faire la différence sur des actions individuelles. Donc ça, c'est un point qu'on va forcément prendre en compte dans l'analyse de ce match-là. On est aussi plutôt contentes de prendre Toulouse en demi, puisque forcément, ça met une rivalité et ça encense un peu l'équipe dans la préparation de ce match. Je parlais des disparités dans le championnat, mais forcément quand on joue Toulon en fin de saison, qui ne joue pas grand-chose et qui propose forcément un jeu moins huilé que les autres équipes, tu l'abordes avec un peu moins de motivation, un peu moins d'envie. En tout cas, intrinsèquement, c'est un peu compliqué de se motiver pour ce genre de match, même si on aime le jeu, on aime jouer au rugby, etc. Mais forcément, on joue pour jouer contre des équipes comme Toulouse, très joueuses, où il y a souvent... beaucoup de tension dans le match. Donc, on l'aborde avec beaucoup d'impatience. Et c'est une rivalité, en tout cas, qu'on aime bien. Et à l'approche de ce match-là, c'est vraiment intéressant de travailler sur ce match.
- Speaker #1
Sachant que je dis que vous allez jouer Toulouse en demi-finale, ce sera le 21 juin à 15h à Ernest Vallon. C'est 17h. C'est 17h ? après sur le site il y a souvent des petites coquilles il m'a confirmé mais je crois que c'est 17h d'accord ok du coup on reconfirmera ça c'est effectivement 17h c'est moi qui me plante c'est le 20 juin ? c'est samedi 20 juin 17h on a changé les dates des demi-finales voilà donc samedi 20 juin à 17h à Arnaz Vallon ? Mh ! D'accord. Donc si vous voulez vous y rendre, je pense qu'il reste encore de la billetterie. On mentionnait un peu, tu l'as mentionné, la disparité un peu dans ce championnat d'élite 1.
- Speaker #0
Est-ce que c'est le bon format ? Comment tu vois les choses ? Est-ce que ça empêche le rugby féminin de se développer sur la saison ? Parce que, par exemple, vous avez joué Romagna et Toulouse, qui étaient les deux gros matchs de la phase allée d'entrée. Ensuite, il faut attendre peut-être avril, mai, pour avoir des matchs qui sont de nouveau sans des scores fleuves. Est-ce que tu penses que ça nuit aussi un petit peu à l'attractivité du championnat ?
- Speaker #1
D'un point de vue médiatique, c'est sûr que personne n'a envie de regarder des matchs qui sont gagnés ou perdus d'avance. Je crois que c'est en tous les Lyon qui est passé sur un multiplex sur Canal. Je ne sais plus le score, mais peut-être que c'est 70, ça n'a pas grand-chose. Ça ne fait pas de notre sport un spectacle. Ça n'aide pas aux gens à s'attacher aussi à ces objectifs sportifs-là. Pour moi, en tout cas, d'un point de vue médiatique, si on veut que ça prenne, si on veut que ça en devienne un spectacle, comme c'est devenu aussi un spectacle, l'estimation féminin, il faut qu'il y ait de l'enjeu sur chaque match. Il faut que, même quand tu es Bordeaux, il faut que quand tu te déplaces, quand tu vas jouer contre n'importe quelle autre équipe, tu aies le doute de la finalité du match et que tes supporters aussi, que ça puisse aussi faire naître un engouement autour de tout ça, comme on peut le voir. Avec l'UBB aujourd'hui, si les gens s'attachent autant à ce club, c'est qu'il y a beaucoup d'enjeux. Il y a une compétitivité sur les matchs, il y a un besoin du public aussi pour supporter l'équipe. On a vu sur pas mal de matchs sur l'UBB que ça fait aussi souvent flancher des matchs en faveur de l'UBB, d'avoir ce public-là qui suit. Donc, d'un point de vue attractivité, le jour où il y aura cette compétitivité-là, c'est sûr que ça va changer la donne en tout cas. Pour moi, c'est un axe important de changement dans notre championnat. Après, quel levier et comment arriver à le faire devenir compétitif ? Je pense que déjà, le point de statut des joueuses, c'est un point de réflexion qui doit être remis en cause et réflexionné différemment parce que ça vient limiter des clubs. Il y a aussi, à la différence des gars qui jouent avec des GIF, nous on joue avec une limitation internationale, d'étrangère pardon, sur le... Sur le papier, je crois que c'est 5 étrangères maximum sur la feuille de match. Je pense à des clubs comme Toulon qui ont pas mal recruté d'étrangères. Ça pourrait finalement peut-être pallier le manque d'international dans un club, mais avec des joueuses étrangères qui viennent compléter ces compétences-là. Mais aujourd'hui, c'est limité par des règles qui peut-être ne sont plus d'actualité. En tout cas, je pense qu'il y a une réflexion à avoir derrière tout ça pour faire monter le championnat. Je ne pense pas qu'il y ait des règles aussi strictes sur le championnat anglais. Peut-être faire évoluer les statuts des joueuses, faire changer ce fonctionnement-là de CDD fédéral, peut-être changer le statut. Par exemple, quand on est joueuse aujourd'hui, on n'a pas de statut au niveau qu'on peut l'avoir dans certains sports et même certains mecs sur la pratique du rugby qui permettent, par exemple, au boulot d'avoir un statut différent, qui permettent pendant les études d'avoir un statut complètement différent. Donc je pense qu'il y a une réflexion à avoir autour de ça qui permettrait au club d'ouvrir un peu les vannes de... de pas mal de projets sportifs. Donc, de mon point de vue, c'est ça. Je pense qu'il y a un point de vue aussi économique, mais qui me dépasse un peu et pour lequel je n'ai pas trop de compétences, j'avoue. Mais forcément, il y a quelque chose à faire là-dedans, dans l'accompagnement des clubs aussi, dans la gestion d'un budget. Aujourd'hui, nous, on a la chance d'avoir une personne qui est directrice sportive, qui est contractualisée par le club et qui va gérer toute une partie Partenariat administratif, légal, tout ce qui va structurer le club, mais qui aujourd'hui est quasiment sous l'eau puisque ça dépasse aussi son temps de travail forcément à la semaine. Mais il y a certains clubs qui font ça encore bénévolement. Et à ce niveau-là de la compétition, ça devient alarmant, je pense, parce qu'il y a des budgets forcément qui sont bas, mais en plus qui ne sont pas gérés comme ils pourraient l'être, je pense. Donc il y a beaucoup d'enjeux à la fois structurels, financiers, médiatiques, d'attractivité. J'imagine qu'il y a des gens compétents qui réfléchissent là-dessus, mais qu'il faudrait peut-être faire accélérer dans la réflexion, parce qu'on commence à être un peu impatients, ça commence à gratter un peu.
- Speaker #0
C'est effectivement un son de cloche qu'on entend beaucoup chez les joueuses. Johanna Griset était passée dans le petit bureau. Donc l'émission d'Emeric Milan sur Twitch il y a quelques semaines et qui parlait exactement de la même chose. Il faut effectivement du coup essayer de trouver un bon équilibre sportif avec la limite à ce que tu la mets soit sur les internationales étrangères, soit sur le nombre de contrats fédéraux que tu peux avoir au maximum dans une équipe pour essayer de niveler un peu le niveau du championnat. Et derrière, c'est aussi accompagner les joueuses, mais aussi les clubs pour se structurer. Si on prend l'exemple des Lyon, on a parlé un peu des infrastructures, du staff, etc. En termes de médiatisation, de sollicitation, est-ce que tu vois une petite évolution ou c'est encore très timide ?
- Speaker #1
Non, on a beaucoup de sollicitations déjà partenaires. Par exemple, on a un partenariat fort, je pense à ça parce que c'était ultra récent, mais on est allé avec l'EPID, un centre pour jeunes à Bordeaux, avec qui on fait des interventions au rugby, avec qui on a pas mal d'interactions, mais on a aussi des partenaires chez qui on va régulièrement, soit pour des prises de parole, soit pour des événements particuliers. Ça d'un point de vue... plutôt partenariale et dans un intérêt économique du club. Après, médiatiquement, oui, Canal+. Finalement, dans la saison, c'est deux matchs. En termes d'appliance à Saint-Germain,
- Speaker #0
peut-être ?
- Speaker #1
Parce qu'il y a une évolution ? Saint-Germain, ça devient vraiment intéressant. C'est-à-dire que le club a réussi à fédérer. Il y a beaucoup de monde qui vient au stade. Je pense que Saint-Germain, il y a deux tribunes. Il y a toujours une tribune qui est... pleine à craquer, il y a beaucoup de gens qui viennent nous voir. Ce qu'on aime aussi et ce qu'on trouve comme évolution c'est qu'il y a vraiment énormément de jeunes filles qui viennent, jeunes filles, jeunes garçons même, voir nos matchs, qui viennent nous demander des photos en fin de match, faire signer des drapeaux, des choses comme ça. Donc ça prend aussi chez les jeunes et ça c'est ultra intéressant. En tout cas pour nous c'est un levier, c'est sûr, de développement puisque dans très peu de temps ces jeunes filles-là elles vont sûrement jouer pour les Lyon donc c'est ultra intéressant.
- Speaker #0
Il faut aller les chercher au berceau. Te concernant, alors je ne sais pas si c'est la première fois, mais il me semble que oui, tu as été appelé à Marcoussis pour préparer le tournoi de destination. Alors, tu n'as pas eu ta première cape, si je ne dis pas de bêtises, mais du coup, ça ne serait tardé puisque tu as déjà identifié des axes de progression. Comment tu l'as vécu ? Donc, on rappelle que du coup, le sélectionnaire du 15 de France est désormais François Aratier, donc il y a eu un changement. après la Coupe du Monde qui s'est opérée vers décembre, décembre, janvier. Il n'est plus entraîneur des Lyon, il est entraîneur du 15 de France, sélectionneur. Donc du coup, toi, tu as été appelée pour préparer le tournoi des six nations qui s'est terminée à Bordeaux en mai. Comment tu as vécu cette sélection ? Non, mais en tout cas, ce premier appel dans le groupe France à Marcoussis, c'était une découverte ?
- Speaker #1
J'avais déjà été à Marcoussis, mais très jeune dans les... sélection, moins 18 je crois que c'était. Donc j'avais déjà vu le centre, mais d'un point de vue jeune, on n'a pas accès non plus aux mêmes infrastructures que ce que le 15 propose. Donc j'étais ultra honorée. Pour moi, ça allait être un vrai test parce que forcément, quand on joue à haut niveau, tout le monde nous en parle à l'équipe de France et pour quand, mais en fait, on ne sait jamais se jauger à quel point on peut y prétendre. Donc d'avoir cette opportunité-là et cette... Ce test-là, ça a été pour moi vraiment un honneur. Et Marcoussis, c'est Disneyland, on va dire, du rugby. Tout est fait pour que tu aies à penser ton entraînement, ta préparation individuelle, qu'est-ce que tu vas manger, à quelle heure. Enfin, franchement, c'est hyper intéressant pour moi, puisque je passe d'un emploi du temps où j'ai... mille choses à gérer dans ma journée. Donc forcément, quand t'arrives au rugby, même si tu y mets la meilleure volonté, t'as la tête parfois un peu ailleurs ou t'as mis de l'énergie ailleurs. Donc là, ça allait être aussi un test pour moi de voir qu'est-ce qui se passait si je mettais 100% de mon énergie dans le rugby. Donc ça a été un peu timide au début. Les premières semaines, forcément, j'étais un peu sur la pointe des pieds sur tout ce qui se passait. Ça a été un peu mon temps aussi de prendre la température du... du groupe, de comment on s'entraîne, forcément qui est quand même similaire puisque François a laissé son empreinte dans cette équipe-là, mais quand même différent aussi, des filles avec qui on n'a pas l'habitude de travailler, des choses comme ça. Donc au début un peu timide et vers la fin aussi intéressant où on peut voir des choses techniques, précises qu'on ne voit pas forcément en club puisqu'on n'a pas le temps et les compétences aussi d'accompagnement pour tout ça. Donc c'était... Vraiment gratifiant. Et après, pas de sélection. Donc ça, c'est pour une joueuse compétitrice, très frustrant. Ça a été aussi de l'apprentissage pour moi de gérer cette frustration-là. Je pense que c'est quand même positif que j'ai de la frustration. Si je n'en avais pas eu, ça aurait été peut-être effrayant, mais forcément, c'est un point... En tout cas, maintenant, je sais que j'ai eu cette chance-là et j'espère pouvoir, cette fin de saison, performer pour...
- Speaker #0
prétendre pour la suite quoi ouais c'est à dire donner envie d'y retourner est-ce que du coup le staff du 15 de France te donne un peu alors Tu l'as mentionné un peu tout à l'heure en parlant de ton profil, mais un peu du coup des axes d'amélioration, en plus de ce que tu peux voir en club, en te disant on aimerait que tu développes plutôt sur cette partie-là pour pouvoir t'utiliser dans ce rôle-là à l'avenir ou pas ?
- Speaker #1
Oui, en fin de tournoi et même pendant le tournoi, il y avait régulièrement des points avec ce staff. Je parlais de l'attaque, c'est un point qu'on a identifié très vite avec... avec eux qui était un point pour moi où j'étais vraiment défaillante, c'est-à-dire que je travaillais beaucoup en défense mais finalement il me restait pas grand chose pour attaquer donc je sais que maintenant il faut que je travaille le double donc ça c'est déjà un point identifié et après des points on va dire plus techniques sur, on parle souvent de late drive, d'être impactant, de choses comme ça, le late drive c'est tout l'impact et la puissance que tu vas mettre dans un duel, un V1 avec le ballon, des choses comme ça. Donc, c'est des points plus techniques qu'on a abordés, plus précis. Mais ça me donne en tout cas une bonne fiche de travail pour la suite.
- Speaker #0
Et dans ton cas précis, donc toi, tu bosses chez Full Ace. Comment ça se passe quand tu pars plusieurs jours ? Tu poses des congés, tu as des congés sans solde ? Parce qu'on imagine aussi pour les filles qui sont encore étudiantes, ça doit être aussi galère. Du coup, ce n'est pas quelque chose qui est forcément pris en compte.
- Speaker #1
Pour les filles étudiantes, il y en avait pas mal pendant ce stage. Je pense à Manae Fele et Elisa Rifono, qui sont en médecine et en sciences po, qui l'étend off, ça étudie, ça travaille sur les cours, sur les mémoires, etc. Il y avait Aubin Rousset aussi, qui... Je ne veux pas dire de bêtises, mais qui travaille, qui est sur le diplôme de professeur des écoles. Donc, c'est des enjeux scolaires qui sont quand même non négligeables. Donc, pour les étudiantes, dès qu'il y avait des temps off, ça travaille. Et pour les filles qui ont des contrats, moi, j'étais en congé sans solde. Je le disais un peu en intro, mais j'ai la chance d'avoir un service RH dans lequel j'évolue qui est hyper accompagnant. C'est-à-dire que quand je ne suis pas là, ils prennent mon relais. hyper efficacement et ils me délaissent de toute cette charge-là que je pourrais avoir. Donc pour moi, ça a été un bol d'air. Ils m'ont permis ça et je pense que toutes les joueuses n'ont pas été dans ce cas-là. Et donc pendant les congés sans solde, on est accompagnés contractuellement par un contrat CDD court terme pendant la période du stage.
- Speaker #0
Donc c'est à la fois un bonheur et une opportunité en or, mais à la fois aussi, il faut gérer tous les à côté quand vous êtes appelé. L'avantage, c'est que tu n'as pas encore fait ta première sélection, mais du coup, tu feras peut-être partie de l'équipe qui battra l'Angleterre au prochain tournoi. Ça, dans le groupe, ça doit être quelque chose qui vous motive, qui vous pousse toujours à aller. Au-delà de vos limites, à travailler un peu toujours plus, cet objectif-là de enfin gagner ce tournoi de destination ?
- Speaker #1
C'est sûr que le groupe, avant le match, avait beaucoup de confiance sur le travail qui avait été fourni et sur tous les changements qui ont eu lieu dans le projet de jeu, même les attitudes, les mentalités dans l'équipe, les plus anciennes qui ont connu autre chose. ont été pendant ce stage-là libérées et se sont retrouvées dans un jeu vraiment où elles se plaisaient à jouer. Donc ça c'était un point qui pour nous pouvait être un point de bascule je pense pour gagner l'Angleterre. Et finalement quand tu te confrontes à l'Angleterre, tu vois qu'il y a encore des détails qu'on ne maîtrise pas en France et que les Anglaises elles maîtrisent sur le bout des doigts. Il y a un côté skills technique vraiment individuel et pur qui est vraiment... plus précises en Angleterre et sur lesquelles on a du chemin à faire, je pense. Mais tout le monde l'a en tête et c'est aussi des axes que tout le monde a travaillé. Donc au moins, on sait encore ce qu'il reste à travailler pour les battre. Mais je pense qu'elles s'y voyaient plus proches que jamais puisque tous ces changements-là, c'était hyper bénéfique pour ce groupe. Et elles y allaient vraiment le couteau entre les dents. Elles ont gagné l'Irlande dans un match, je ne sais pas si tu l'as regardé, mais spectaculaire avec des contacts et une... un engagement individuel énorme après ce match-là. On avait beaucoup d'espoir, en tout cas pour l'Angleterre. Mais il reste encore du travail.
- Speaker #0
Il y a du travail et c'est l'année 1 de François Ratti à la tête du 15 de France. Donc on imagine que tout le plan, en tout cas tout ce qu'il veut mettre en place, là vous avez eu finalement très peu de temps pour bosser quelques semaines max avant le premier match.
- Speaker #1
C'est ça, on a eu un premier stage à Blagnac où ils nous ont présenté un peu ce projet-là, mais très vite les leaders ont pris ce truc-là en main et l'ont mis en place. mais forcément c'est un peu On l'a vu, il y a quelques déchets sur ce projet de jeu, mais je pense que si ça arrive dans les mains propres, avec plus de précision, en tout cas l'équipe de France va devenir une équipe qui peut devenir injouable sur ces grosses forces-là. Donc maintenant c'est un travail de précision qu'il y a à faire. Je pense qu'on a fait un gros travail de débroussaillage de ce projet de jeu et maintenant on va aller dans un point plus de précision j'imagine.
- Speaker #0
J'arrive au bout de mes questions. Là, j'ai une question qui est un peu plus libre. C'est-à-dire, est-ce que toi, tu avais des sujets que tu souhaitais aborder, que ce soit sur le rugby final, le statut, des messages à faire passer ou quelque chose à ajouter juste pour conclure ce podcast ?
- Speaker #1
Je réfléchis, mais...
- Speaker #0
Je te prends un peu de cours, du coup. Non, non,
- Speaker #1
oui, mais ça va me venir. J'ai souvent pas ma langue dans ma poche, donc ça va peut-être venir. Un mot qui pour moi est important et qui va aussi faire basculer le rugby féminin, c'est toute la crédibilisation et la considération des gens pour ce sport-là. Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses qui n'avancent pas, selon moi, par des gens soit incompétents sur des postes, soit qui n'ont pas la considération de ce sport-là et qui empêchent l'évolution par simplement des comportements suffisants. Aujourd'hui, ça va passer par des gens qui croient en nous, qui viennent nous voir dans les stades, qui nous regardent à la télé, qui nous supportent, qui aussi peut-être nous suivent sur les réseaux, qui nous donnent toute cette force-là. Ce qui manque un peu au rugby féminin, c'est ce côté starification. Nous, on a Nassira Kandé dans l'équipe qui est plutôt pas mal sur ça, qui crée beaucoup de contenu sur les réseaux et ça permet aussi de se faire connaître, d'avoir pour les petites filles ou même pour les enfants des... des exemples de ce qui se fait dans le sport féminin. Donc pour le rugby, mais en vrai, en général, pour le sport féminin, plus de considération, plus de crédibilisation, que les gens viennent nous voir, que les gens croient aussi à ce truc-là. J'aime bien faire cette comparaison, mais on arrive à faire d'un spectacle un match de fléchettes avec des gens qui sont euphoriques dans les tribunes et qui reprennent des traînes sur les réseaux sociaux. Mais on doit être capable aussi de faire de notre sport un spectacle. Il y a du beau jeu, il y a des filles qui ont des qualités physiques extraordinaires, qui courent vite, qui plaquent fort. J'ai envie aussi qu'on arrête cette comparaison avec le rugby masculin. Oui, c'est le même sport, mais en vrai, on a des physiques différents. Mais toujours, il y a cette volonté de spectacle derrière, d'aller vite, de gagner des duels, gagner des équipes, gagner des matchs. Pour moi, c'est un gros point sur faire adhérer les gens à notre championnat.
- Speaker #0
Et le meilleur moyen d'y adhérer, c'est de regarder ce beau spectacle que va être cette demi-finale face au Stade Toulousain. Donc je rectifie ce que j'ai dit, c'est bien le samedi 20 juin à 17h, ce sera à Ernest Vallon. J'imagine que les United BB vont faire le déplacement, parce qu'ils n'ont rien d'autre... Tu vois, ils auraient pu être pris par une demi-finale ou une finale de 14, mais non.
- Speaker #1
On les apprend,
- Speaker #0
non.
- Speaker #1
Je sais qu'il y a 41, 2, 3 qui sont... Souvent, à nos matchs, ils sont en train d'organiser un bus de supporters. Pareil, si vous voulez vous joindre à ce bus-là ou à tout ça, écrivez-leur. Je pense qu'ils seront ultra contents d'avoir des gens avec qui taper dans les tambours. Pour nous, ça a aussi beaucoup d'importance. Je pense qu'à Ernest Vallon, ça va être hystérique aussi. Venez nous encourager. On aura forcément besoin de drapeaux bordelés dans le ciel pour gagner ce match-là.
- Speaker #0
Un beau match sous le soleil à Toulouse avec un peu d'hostilité, ça peut être très cool. On vous encourage à contacter les United BB. Nous, on essaiera de les contacter aussi pour savoir ce qui est prévu et de relayer pour aller vous soutenir en masse. Merci beaucoup Elsa. Tiens, avant qu'on se quitte... On avait posé du coup la question à Adèle. Quelle Lyon on devrait inviter la prochaine fois qui pense à un beau parcours, à un peu de bagout, émarante ? Je ne sais pas, peu importe la raison, mais qui est-ce que tu verrais bien dans ce podcast ?
- Speaker #1
Il y a une Lyon qui est aujourd'hui entraîneuse, mais entraîneur, pardon, mais qui ne joue plus et qui va sûrement raccrocher les crampons du coaching. C'est Rose Thomas, qui est une Olympienne. Elle, elle a connu les premiers contrats à 7 fédéraux. Et de mémoire, je crois qu'elle avait tout laissé tomber de sa vie entière. pour monter à Paris, prendre une location avec six filles dans un mini appart à Paris pour pouvoir s'entraîner à côté de Marcoussi. Elle a connu les prémices de la contractualisation et de toute la construction, même en équipe de France, les prémices de Bordeaux. Je pense qu'elle serait un peu plus au fait sur la partie développement et peut-être aussi comment elle voit les choses pour tout ça. Donc ça pourrait être hyper intéressant. Elle a été aussi maman pendant sa carrière. C'est un des rares exemples en France de femmes qui ont été capables à la fois d'allier une carrière d'ultra haut niveau puisqu'elle est olympienne, joue en équipe de France à 7 à 15, mais qu'elle a eu un enfant et qu'elle a quand même gagné un titre après ça. Je pense que ça peut être pas mal pour toi d'échanger avec elle.
- Speaker #0
Carrément, ça peut être un beau parcours et ça peut nous aider à prendre conscience de tout ce que ça demande d'être sportif de haut niveau dans le rugby en plus. donc ok je prends note et c'est possible qu'on refasse un petit épisode hors série dans les semaines ou mois qui viennent Elsa merci beaucoup c'était vraiment trop cool j'ai pas vu passer les 50 minutes donc on espère que ça vous a plu ce qui nous a coûté que ça vous a donné envie aussi de regarder un peu plus le rugby féminin notamment le 20 juin donc un immense merci Elsa et
- Speaker #1
merci à toi et un bisou à Yann alors s'il n'a pas pu être là j'espère que les couches sont propres
- Speaker #0
ouais bah en tout cas celles qui sont sales elles sont jetées merci beaucoup Elsa et passez tous un très bon week-end