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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Cet été, je suis parti me mettre au vert. Traduction pour ceux du fond de la classe, pendant deux mois, le capitaine a rangé la platine, mis les vinyles à sécher et travaille son winter body. Mais je ne vous laisse pas les mains vides, je ne suis pas un monstre. Enfin, pas sur ce point précis. Pendant toute la pause estivale, je ressors des épisodes de 2024. Les redifs, oui. Et avant que Jean-Pierre Liégeois, notre fidèle auditeur du Var, ne dégaine son cran d'arrêt, non, ce n'est pas de la fainéantise, il y a dans ces épisodes des histoires que certains d'entre vous auront ratées. L'occasion de rattraper, et pour les fidèles, l'occasion de réécouter en connaissant déjà la fin, c'est un autre plaisir. Voilà pour l'intendance. Maintenant, la vraie nouvelle. Le 30 août, un dimanche, notez-le quelque part, je reviens avec un épisode tout neuf, jamais entendu, écrit pour l'occasion, mais pour celles et ceux qui me suivent sur Patreon, il y aura des bonus exclusifs, des vrais, ceux qui vont derrière l'épisode, les coulisses, les notes de recherche, ceux qui n'ont pas été retenus au montage. Et ensuite ? Ensuite, on repart pour de bon. Un épisode tous les 15 jours, un dimanche sur deux. De quoi tenir jusqu'à la fin du monde. J'ai l'impression que c'est pour bientôt. Dans le film High Fidelity de Stephen Frears, d'après le livre génial de Nick Hornby, il y a une scène qui me fait toujours marrer. Je soupçonne une impro de Jack Black, car dans le livre, l'échange n'est pas tout à fait le même. Je vous résume le pitch. Et je vous encourage également à voir le film, si ce n'est déjà fait. Rob Gordon, 28 ans, beau garçon, dilettante et vélitaire, genre adolescent attardé. Flemmard, mais passionné de musique pop-rock, a abandonné ses études et tient une boutique de disques à Chicago. Sa clientèle est composée surtout de geeks, fétichistes en recherche obsessionnelle d'éditions rares de vinyles. Rob est aidé par ses clones débiles Dick et Barry. Barry est joué par Jack Black, extraverti, très arrogant avec les clients ignorants. La fameuse scène se passe donc chez le disquaire. Un monsieur bien mis, d'un certain âge, entre dans la boutique et pose une question à Barry. Bonjour monsieur, je cherche le 45 tours de la chanson I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. Ah bon ? Pour quelle raison ? Répond Barry. C'est pour ma fille, c'est son anniversaire. Barry lui coupe la parole et lui demande interloqué. Pourquoi ? Elle est dans le coma ? Personnellement, ça me fait marrer à chaque fois. Barry n'éprouve que mépris pour cette personne qui souhaite acheter un single avec des paroles gnangnang et une musique simplette. C'est sûr que, si c'est tout ce qu'on connaît de Stevie Wonder, on n'a pas vraiment envie de creuser. De même... Si tout ce qu'on connaît d'Elton John, c'est Candle in the Wind ou la chanson Sacrifice. Elton a bien rattrapé le coup, lui. Il a fait un film sur sa vie. Il a rappelé au monde entier quel artiste génial il pouvait être après avoir enregistré dans les années 90, 2000, 2010, beaucoup de choses sans intérêt. Mais Stevie, on commence à l'oublier. Et c'est I Just Called to Say I Love You qui passe et repasse sans cesse sur les FM. Sauf bien sûr sur Station Simone. Ils vont être nombreux, quand il va casser sa pipe, à redécouvrir quel génie il est. et toute l'étendue de son répertoire, de son talent, de son génie, de sa carrière. Mettez de côté les imitateurs, les sampleurs, les voleurs. Après, si certains d'entre vous pensent que Danny Briand, c'est Elvis Presley ou Charles Aznavour, je ne peux rien pour vous. Bref, redécouvrez-le. Entre 1962 et les années 90, c'est un parcours quasiment sans faute et des albums indispensables à l'appel. Songs in the Key of Life, Hotter Than July, Inner Visions, Talking Book, et j'en oublie, exprès. Sortez de chez vous, allez chez le disquaire. Bienvenue sur nos lignes, je suis le capitaine Illigaf et mon copilote le sergent Pepper et moi-même avons le plaisir de vous recevoir à bord de cet épisode. Nous vous informons que pendant l'écoute vous pouvez fumer, boire et que l'utilisation d'appareils électroniques de bonne qualité est vivement conseillée. C'est le moment d'écouter un dernier disque avant la fin du monde. Nous espérons vous faire découvrir ou redécouvrir des albums, des chansons, des artistes, des histoires, des anecdotes. Bon jeudi est-il vraiment bon ? Y a-t-il un texte d'Indochine qui ne soit pas totalement... ineptes ? Qu'a Steven-Sat-il un chat ? Et pour un flirt avec toi, ferais-je vraiment n'importe quoi ? Autant de questions auxquelles nous ne répondrons probablement pas. Bonne écoute ! Quand Stevie Wonder a atteint l'âge de 21 ans, il a dû affronter la machine Motown. Et il était prêt. La preuve, il a gagné. Steve Wonder était un enfant prodige de 11 ans quand il a signé avec Motown. A l'époque, l'accord qui fut signé prévoyait que la Motown placerait tous ses gains dans un fond fiduciaire dont il n'aurait pas le contrôle avant ses 21 ans. Dans l'intervalle, Motown devait lui verser une minuscule allocation hebdomadaire et payer pour son tuteur. Donc, pendant une décennie, Wonder a travaillé comme un employé, un rouage de la machine Motown, produisant des singles écrits ou co-écrits par les auteurs compositeurs maison. Cette approche a fonctionné pendant un certain temps. Mais cette routine avait quelque chose de frustrant. Et celui qu'on appelait alors Little Stevie commençait à se sentir franchement à l'étroit. Wonder a atteint la première place avec le single Electric Live de 1963, Fingertips Part 2. Pendant le reste des années 60, il n'a jamais retrouvé la première place. Mais il est rentré dans le top 10 à plusieurs reprises. Et pendant ce temps, Little Stevie est devenu grand. Il apprend et perfectionne sa maîtrise d'autres instruments. Clavier, chant, batterie, harmonica. Tandis que sa voix mue à mesure qu'il grandit, certains cadres de Motown envisagent de résilier son contrat d'enregistrement. Sylvia Moy, qui a co-écrit Uptight avec Stevie, persuade le propriétaire du label, Barry Gordy, de lui donner une autre chance. Après avoir supprimé le « little » de son nom, Wonder connaît ensuite d'autres succès au milieu des années 60, notamment With a Child's Heart et Blowing in the Wind, la reprise de Bob Dylan. Il compose des chansons pour lui-même et pour ses partenaires de label, y compris The Tears of a Clown, un numéro 1 pour Smokey Robinson de The Miracles. En 1968, il enregistre un album de morceaux instrumentaux soul jazz, principalement des solos d'harmonica, sous le nom de Avaids Red Now. En fait, c'est Stevie Wonder écrit à l'envers. L'album est un flop total et son seul single, une reprise de Alfie, n'a atteint que le numéro 66 dans les charts pop américains. Néanmoins, il réussit à obtenir plusieurs succès entre 1968 et 1970, comme « I Was Made To Love Her » , « Le Magnifique For Once In My Life » et « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » . Le single succès « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » était sa toute première chanson autoproduite. Il se marie et puis il a 21 ans. C'est l'heure, son contrat avec Motown est terminé. Le fonds fiduciaire de Wander, qui contenait toutes les royalties qu'il avait gagnées avant sa majorité, était enfin sur le point de lui être remis le jour de ses 21 ans, le 21 mai 1971. Le chiffre s'élève à plus d'un million de dollars. Gordy assiste à la fête d'anniversaire de Wander, il l'a organisée à Detroit, et le lendemain, Gordy s'envole pour Los Angeles, et sur son bureau, l'attend une lettre de l'avocat de Wander, menaçant de rompre le contrat. Gordy est furieux et appelle Wander. Il s'avère que Wander n'avait pas l'intention d'envoyer cette lettre à Gordy, ou bien il prétend qu'il n'en avait pas l'intention. Wander congédie son avocat et le remplace par un nouveau, manager et avocat, Jenahan Vigoda, qui avait déjà travaillé avec Jimi Hendrix et Richie Evans. Vigoda a la réputation d'être un négociateur excentrique mais coriace, et c'est un choix surprenant. « C'était un peu à l'improviste » , dit Phil Jones, « mais il s'est avéré que c'était un bon choix » . Plus tard, Gordy a reconnu Vigoda était un don du ciel pour Stevie. Il était dur, fort et brillant, mais sensible, et il s'est occupé de Stevie comme d'un père. Avec Vigoda à ses côtés, Wander entre dans le bureau d'Ewart Abner, le président de Motown Record. Il est venu me voir, se souvient Abner, et m'a dit « J'ai 21 ans maintenant, je ne ferai plus ce que tu dis. Annule mon contrat. » Alors, bah, j'ai paniqué. Gordy n'a peut-être pas apprécié les tactiques musclées de Wonder, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de le perdre. Motown a finalement offert à Wonder un contrat sans précédent. Le contrat fait plus de 120 pages et son contenu est révolutionnaire pour le label. Non seulement Gordy a trouvé une somme d'argent beaucoup plus importante que prévu, 13 millions de dollars, mais il a également cédé le contrôle créatif des prochains albums de Wonder à l'artiste lui-même. De plus, Gordy cède la moitié des droits d'édition à Wonder, ce qui est une première pour un artiste. Gordy et Wander n'avaient plus une relation père-fils. C'était maintenant un partenariat plus égalitaire. C'était une concession que Gordy n'aurait jamais acceptée les années précédentes. Et cela s'est avéré être une très bonne idée. Dans les années 70, Stevie Wonder s'occre successivement Where I'm Coming From, Music of My Mind, Talking Book, Inner Visions, Fulfillingness First Finale et Songs in the Key of Life. Il a remporté les Grammys de l'album de l'année en 1974, 1975 et 1977. Lorsque Paul Simon a remporté le prix en 1976, il a remercié publiquement Stevie Wonder de ne pas avoir sorti d'album cette année-là. En 1973, un Stevie Wonder de 22 ans retrouve la première place du Hot 100 pour la première fois. Superstition, la chanson qui a permis à Wonder de retrouver la suprématie dans les hits parades, aurait dû être une chanson pour Jeff Beck. Beck, le magicien britannique de la guitare blues rock, il admirait la musique de Wonder et voulait travailler avec lui. Ils ont donc conclu un accord. Beck viendrait jouer de la guitare sur l'album de Wonder si ce dernier lui écrivait une chanson. Superstition Un jour, Wonder et Beck s'amusent en studio. Et Beck commence à jouer à un rythme à la batterie, pour passer le temps. Wonder lui dit de continuer, et il se met à improviser sur un Hohner clavinet, une sorte de clavecin électronique, qui permet de faire des variations de phase. Ce jour-là, Wonder a trouvé le riff de Superstition, et certaines des paroles de la chanson. Wander et Beck enregistrent une démo de suprême-sœur. et Beck est prête à la reprendre et à la sortir en single. Mais Berry Gordy ne veut pas que cela se produise. Wonder a peut-être obtenu le contrôle créatif de ses albums lorsqu'il a négocié son nouveau contrat avec la Motown, mais ses patrons ont toujours le pouvoir de choisir lesquels peuvent sortir en single. Berry Gordy savait que Superstition serait un hit. Pendant ce temps, le premier album du nouveau groupe de Beck, un power trio comprenant également les anciens membres de Valina Fudge, Tim Burgert et Carmine Hapice, est retardé. Beck, Bogart et Nepeiss finissent par sortir leur reprise de Superstition, mais elle sort après que la version de Wonder soit déjà un succès. Beck est un peu déçu et s'en plaint dans la presse. Mais la chanson n'a jamais appartenu à Beck. Il a juste eu la chance d'être là quand Stevie Wonder a composé et les éléments. La guitare de Beck n'a figuré que sur l'une des chansons de l'album Talking Book de Wonder. Et bien que la reprise de Superstition par Beck soit cool, elle n'a vraiment rien à voir avec l'original. Wonder ne s'est pas contenté d'écrire et de coproduire Superstition. Il a joué de tous les instruments du morceau, à l'exception des cuivres. Le riff monstrueux et funky de la clavinette était si compliqué que personne n'arrivait à le jouer à sa place. Des années plus tard, on a découvert qu'il s'agissait en fait de huit parties différentes de clavinettes montées ensemble. Et pourtant, ça sonne intuitif et ça groove comme un vrai riff de guitare. Superstition est sorti après que Wander ait passé une grande partie de l'année 1972 en tournée avec les Rolling Stones. Les Stones avaient fait la première partie de Wonder en 1964, alors qu'ils n'étaient qu'un enfant prodige et que les Stones débarquaient aux US. Et ce n'est peut-être pas par hasard si Wonder a conçu ce riff en pensant à Beck. C'est un morceau énorme qui a plus de points communs avec les Rolling Stones ou Led Zeppelin qu'avec les artistes contemporains de Stevie Wonder à la Motown. Et pourtant, Superstition est toujours une chanson soul. Avec ses riffs de cuivre parfaitement synchronisés, Wander y chante en puissance avec des notes épicées et religieuses qui se superposent dans l'agitation qu'il a générée. Les paroles sont d'une opacité mystique, un bébé de 13 mois a brisé le miroir, 7 ans de malheur, les bonnes choses de ton passé, etc. Mais il y a un sens global à la chanson. « Very superstitious, running on the wall, very superstitious » Wander chante sur le fait qu'il ne faut pas croire la sagesse transmise. Quand on croit à des choses qu'on ne comprend pas, alors on en souffre. La superstition, ce n'est pas la solution. Il s'agit peut-être d'une... une critique oblique du racisme, de la politique conservatrice ou de toute autre croyance héritée. Mais Wonder a souvent chanté par énigmes. Et finalement, les paroles comptaient beaucoup moins que ce groove qui retourne les tripes et fait bouger les pieds. Wonder était et reste connu pour être un artiste de scène absolument électrique qui vous transporte par ses prestations. On peut l'entendre dès le single Fingertips Part 2, et on peut le constater à chaque fois qu'il joue sur scène, encore aujourd'hui. Mais Superstition est un morceau que Wonder a composé en studio, en jouant avec des synthétiseurs, le clavinet, la basse Moog, et en utilisant le studio comme un instrument. Et ce qu'il y a de très cool, c'est qu'il le fait sonner comme une performance live intense et moite. Bonus En cherchant de la documentation complémentaire je suis tombé sur une version un tout petit peu différente du Deal de Wonder avec Motown à laquelle je donne du crédit puisqu'il s'agit d'un ouvrage du regret l'été Gilles Verlin. Voici sa version. Alors qu'il approche de son 20ème anniversaire, celui qu'on surnommait à ses débuts Little Stevie Wonder, démontre qu'il est aussi à l'aise avec la soul furieuse que dans la balade amoureuse. Numéro 1 en 70, il charme les cœurs avec Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours. Le contrat signé par ses parents lorsqu'il était enfant arrive à échéance à sa majorité. Stevie prend alors les devants en enregistrant à ses frais deux albums complets. « Si vous voulez les publier, dit-il au patron de Motown Berry Gordy, j'exige à un pourcentage et une avance de plusieurs millions de dollars. Contre toute attente, le businessman intraitable cède aux exigences de Wander. Le contrat de 120 pages qu'il signe est alors totalement inédit. Note de bas de page, les sources utilisées pour cet épisode sont le livre « Motown, Music, Money, Sex and Power » de Gerald Pottsner, Wikipédia et « La scandaleuse histoire du rock » de Gilles Verland aux éditions Grunde. C'est immortal, baby ! Ce podcast est écrit et produit par moi, le capitaine d'Illigaf. Il est co-réalisé et mixé à San Francisco par l'excellent Charles Beutre. Si cet épisode vous a plu, partagez-le et encouragez d'autres personnes à l'écouter et mettez 5 étoiles et un avis positif ! Si cet épisode vous a plu, encouragez d'autres personnes à l'écouter quand même. On ne sait jamais.
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Cet été, je suis parti me mettre au vert. Traduction pour ceux du fond de la classe, pendant deux mois, le capitaine a rangé la platine, mis les vinyles à sécher et travaille son winter body. Mais je ne vous laisse pas les mains vides, je ne suis pas un monstre. Enfin, pas sur ce point précis. Pendant toute la pause estivale, je ressors des épisodes de 2024. Les redifs, oui. Et avant que Jean-Pierre Liégeois, notre fidèle auditeur du Var, ne dégaine son cran d'arrêt, non, ce n'est pas de la fainéantise, il y a dans ces épisodes des histoires que certains d'entre vous auront ratées. L'occasion de rattraper, et pour les fidèles, l'occasion de réécouter en connaissant déjà la fin, c'est un autre plaisir. Voilà pour l'intendance. Maintenant, la vraie nouvelle. Le 30 août, un dimanche, notez-le quelque part, je reviens avec un épisode tout neuf, jamais entendu, écrit pour l'occasion, mais pour celles et ceux qui me suivent sur Patreon, il y aura des bonus exclusifs, des vrais, ceux qui vont derrière l'épisode, les coulisses, les notes de recherche, ceux qui n'ont pas été retenus au montage. Et ensuite ? Ensuite, on repart pour de bon. Un épisode tous les 15 jours, un dimanche sur deux. De quoi tenir jusqu'à la fin du monde. J'ai l'impression que c'est pour bientôt. Dans le film High Fidelity de Stephen Frears, d'après le livre génial de Nick Hornby, il y a une scène qui me fait toujours marrer. Je soupçonne une impro de Jack Black, car dans le livre, l'échange n'est pas tout à fait le même. Je vous résume le pitch. Et je vous encourage également à voir le film, si ce n'est déjà fait. Rob Gordon, 28 ans, beau garçon, dilettante et vélitaire, genre adolescent attardé. Flemmard, mais passionné de musique pop-rock, a abandonné ses études et tient une boutique de disques à Chicago. Sa clientèle est composée surtout de geeks, fétichistes en recherche obsessionnelle d'éditions rares de vinyles. Rob est aidé par ses clones débiles Dick et Barry. Barry est joué par Jack Black, extraverti, très arrogant avec les clients ignorants. La fameuse scène se passe donc chez le disquaire. Un monsieur bien mis, d'un certain âge, entre dans la boutique et pose une question à Barry. Bonjour monsieur, je cherche le 45 tours de la chanson I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. Ah bon ? Pour quelle raison ? Répond Barry. C'est pour ma fille, c'est son anniversaire. Barry lui coupe la parole et lui demande interloqué. Pourquoi ? Elle est dans le coma ? Personnellement, ça me fait marrer à chaque fois. Barry n'éprouve que mépris pour cette personne qui souhaite acheter un single avec des paroles gnangnang et une musique simplette. C'est sûr que, si c'est tout ce qu'on connaît de Stevie Wonder, on n'a pas vraiment envie de creuser. De même... Si tout ce qu'on connaît d'Elton John, c'est Candle in the Wind ou la chanson Sacrifice. Elton a bien rattrapé le coup, lui. Il a fait un film sur sa vie. Il a rappelé au monde entier quel artiste génial il pouvait être après avoir enregistré dans les années 90, 2000, 2010, beaucoup de choses sans intérêt. Mais Stevie, on commence à l'oublier. Et c'est I Just Called to Say I Love You qui passe et repasse sans cesse sur les FM. Sauf bien sûr sur Station Simone. Ils vont être nombreux, quand il va casser sa pipe, à redécouvrir quel génie il est. et toute l'étendue de son répertoire, de son talent, de son génie, de sa carrière. Mettez de côté les imitateurs, les sampleurs, les voleurs. Après, si certains d'entre vous pensent que Danny Briand, c'est Elvis Presley ou Charles Aznavour, je ne peux rien pour vous. Bref, redécouvrez-le. Entre 1962 et les années 90, c'est un parcours quasiment sans faute et des albums indispensables à l'appel. Songs in the Key of Life, Hotter Than July, Inner Visions, Talking Book, et j'en oublie, exprès. Sortez de chez vous, allez chez le disquaire. Bienvenue sur nos lignes, je suis le capitaine Illigaf et mon copilote le sergent Pepper et moi-même avons le plaisir de vous recevoir à bord de cet épisode. Nous vous informons que pendant l'écoute vous pouvez fumer, boire et que l'utilisation d'appareils électroniques de bonne qualité est vivement conseillée. C'est le moment d'écouter un dernier disque avant la fin du monde. Nous espérons vous faire découvrir ou redécouvrir des albums, des chansons, des artistes, des histoires, des anecdotes. Bon jeudi est-il vraiment bon ? Y a-t-il un texte d'Indochine qui ne soit pas totalement... ineptes ? Qu'a Steven-Sat-il un chat ? Et pour un flirt avec toi, ferais-je vraiment n'importe quoi ? Autant de questions auxquelles nous ne répondrons probablement pas. Bonne écoute ! Quand Stevie Wonder a atteint l'âge de 21 ans, il a dû affronter la machine Motown. Et il était prêt. La preuve, il a gagné. Steve Wonder était un enfant prodige de 11 ans quand il a signé avec Motown. A l'époque, l'accord qui fut signé prévoyait que la Motown placerait tous ses gains dans un fond fiduciaire dont il n'aurait pas le contrôle avant ses 21 ans. Dans l'intervalle, Motown devait lui verser une minuscule allocation hebdomadaire et payer pour son tuteur. Donc, pendant une décennie, Wonder a travaillé comme un employé, un rouage de la machine Motown, produisant des singles écrits ou co-écrits par les auteurs compositeurs maison. Cette approche a fonctionné pendant un certain temps. Mais cette routine avait quelque chose de frustrant. Et celui qu'on appelait alors Little Stevie commençait à se sentir franchement à l'étroit. Wonder a atteint la première place avec le single Electric Live de 1963, Fingertips Part 2. Pendant le reste des années 60, il n'a jamais retrouvé la première place. Mais il est rentré dans le top 10 à plusieurs reprises. Et pendant ce temps, Little Stevie est devenu grand. Il apprend et perfectionne sa maîtrise d'autres instruments. Clavier, chant, batterie, harmonica. Tandis que sa voix mue à mesure qu'il grandit, certains cadres de Motown envisagent de résilier son contrat d'enregistrement. Sylvia Moy, qui a co-écrit Uptight avec Stevie, persuade le propriétaire du label, Barry Gordy, de lui donner une autre chance. Après avoir supprimé le « little » de son nom, Wonder connaît ensuite d'autres succès au milieu des années 60, notamment With a Child's Heart et Blowing in the Wind, la reprise de Bob Dylan. Il compose des chansons pour lui-même et pour ses partenaires de label, y compris The Tears of a Clown, un numéro 1 pour Smokey Robinson de The Miracles. En 1968, il enregistre un album de morceaux instrumentaux soul jazz, principalement des solos d'harmonica, sous le nom de Avaids Red Now. En fait, c'est Stevie Wonder écrit à l'envers. L'album est un flop total et son seul single, une reprise de Alfie, n'a atteint que le numéro 66 dans les charts pop américains. Néanmoins, il réussit à obtenir plusieurs succès entre 1968 et 1970, comme « I Was Made To Love Her » , « Le Magnifique For Once In My Life » et « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » . Le single succès « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » était sa toute première chanson autoproduite. Il se marie et puis il a 21 ans. C'est l'heure, son contrat avec Motown est terminé. Le fonds fiduciaire de Wander, qui contenait toutes les royalties qu'il avait gagnées avant sa majorité, était enfin sur le point de lui être remis le jour de ses 21 ans, le 21 mai 1971. Le chiffre s'élève à plus d'un million de dollars. Gordy assiste à la fête d'anniversaire de Wander, il l'a organisée à Detroit, et le lendemain, Gordy s'envole pour Los Angeles, et sur son bureau, l'attend une lettre de l'avocat de Wander, menaçant de rompre le contrat. Gordy est furieux et appelle Wander. Il s'avère que Wander n'avait pas l'intention d'envoyer cette lettre à Gordy, ou bien il prétend qu'il n'en avait pas l'intention. Wander congédie son avocat et le remplace par un nouveau, manager et avocat, Jenahan Vigoda, qui avait déjà travaillé avec Jimi Hendrix et Richie Evans. Vigoda a la réputation d'être un négociateur excentrique mais coriace, et c'est un choix surprenant. « C'était un peu à l'improviste » , dit Phil Jones, « mais il s'est avéré que c'était un bon choix » . Plus tard, Gordy a reconnu Vigoda était un don du ciel pour Stevie. Il était dur, fort et brillant, mais sensible, et il s'est occupé de Stevie comme d'un père. Avec Vigoda à ses côtés, Wander entre dans le bureau d'Ewart Abner, le président de Motown Record. Il est venu me voir, se souvient Abner, et m'a dit « J'ai 21 ans maintenant, je ne ferai plus ce que tu dis. Annule mon contrat. » Alors, bah, j'ai paniqué. Gordy n'a peut-être pas apprécié les tactiques musclées de Wonder, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de le perdre. Motown a finalement offert à Wonder un contrat sans précédent. Le contrat fait plus de 120 pages et son contenu est révolutionnaire pour le label. Non seulement Gordy a trouvé une somme d'argent beaucoup plus importante que prévu, 13 millions de dollars, mais il a également cédé le contrôle créatif des prochains albums de Wonder à l'artiste lui-même. De plus, Gordy cède la moitié des droits d'édition à Wonder, ce qui est une première pour un artiste. Gordy et Wander n'avaient plus une relation père-fils. C'était maintenant un partenariat plus égalitaire. C'était une concession que Gordy n'aurait jamais acceptée les années précédentes. Et cela s'est avéré être une très bonne idée. Dans les années 70, Stevie Wonder s'occre successivement Where I'm Coming From, Music of My Mind, Talking Book, Inner Visions, Fulfillingness First Finale et Songs in the Key of Life. Il a remporté les Grammys de l'album de l'année en 1974, 1975 et 1977. Lorsque Paul Simon a remporté le prix en 1976, il a remercié publiquement Stevie Wonder de ne pas avoir sorti d'album cette année-là. En 1973, un Stevie Wonder de 22 ans retrouve la première place du Hot 100 pour la première fois. Superstition, la chanson qui a permis à Wonder de retrouver la suprématie dans les hits parades, aurait dû être une chanson pour Jeff Beck. Beck, le magicien britannique de la guitare blues rock, il admirait la musique de Wonder et voulait travailler avec lui. Ils ont donc conclu un accord. Beck viendrait jouer de la guitare sur l'album de Wonder si ce dernier lui écrivait une chanson. Superstition Un jour, Wonder et Beck s'amusent en studio. Et Beck commence à jouer à un rythme à la batterie, pour passer le temps. Wonder lui dit de continuer, et il se met à improviser sur un Hohner clavinet, une sorte de clavecin électronique, qui permet de faire des variations de phase. Ce jour-là, Wonder a trouvé le riff de Superstition, et certaines des paroles de la chanson. Wander et Beck enregistrent une démo de suprême-sœur. et Beck est prête à la reprendre et à la sortir en single. Mais Berry Gordy ne veut pas que cela se produise. Wonder a peut-être obtenu le contrôle créatif de ses albums lorsqu'il a négocié son nouveau contrat avec la Motown, mais ses patrons ont toujours le pouvoir de choisir lesquels peuvent sortir en single. Berry Gordy savait que Superstition serait un hit. Pendant ce temps, le premier album du nouveau groupe de Beck, un power trio comprenant également les anciens membres de Valina Fudge, Tim Burgert et Carmine Hapice, est retardé. Beck, Bogart et Nepeiss finissent par sortir leur reprise de Superstition, mais elle sort après que la version de Wonder soit déjà un succès. Beck est un peu déçu et s'en plaint dans la presse. Mais la chanson n'a jamais appartenu à Beck. Il a juste eu la chance d'être là quand Stevie Wonder a composé et les éléments. La guitare de Beck n'a figuré que sur l'une des chansons de l'album Talking Book de Wonder. Et bien que la reprise de Superstition par Beck soit cool, elle n'a vraiment rien à voir avec l'original. Wonder ne s'est pas contenté d'écrire et de coproduire Superstition. Il a joué de tous les instruments du morceau, à l'exception des cuivres. Le riff monstrueux et funky de la clavinette était si compliqué que personne n'arrivait à le jouer à sa place. Des années plus tard, on a découvert qu'il s'agissait en fait de huit parties différentes de clavinettes montées ensemble. Et pourtant, ça sonne intuitif et ça groove comme un vrai riff de guitare. Superstition est sorti après que Wander ait passé une grande partie de l'année 1972 en tournée avec les Rolling Stones. Les Stones avaient fait la première partie de Wonder en 1964, alors qu'ils n'étaient qu'un enfant prodige et que les Stones débarquaient aux US. Et ce n'est peut-être pas par hasard si Wonder a conçu ce riff en pensant à Beck. C'est un morceau énorme qui a plus de points communs avec les Rolling Stones ou Led Zeppelin qu'avec les artistes contemporains de Stevie Wonder à la Motown. Et pourtant, Superstition est toujours une chanson soul. Avec ses riffs de cuivre parfaitement synchronisés, Wander y chante en puissance avec des notes épicées et religieuses qui se superposent dans l'agitation qu'il a générée. Les paroles sont d'une opacité mystique, un bébé de 13 mois a brisé le miroir, 7 ans de malheur, les bonnes choses de ton passé, etc. Mais il y a un sens global à la chanson. « Very superstitious, running on the wall, very superstitious » Wander chante sur le fait qu'il ne faut pas croire la sagesse transmise. Quand on croit à des choses qu'on ne comprend pas, alors on en souffre. La superstition, ce n'est pas la solution. Il s'agit peut-être d'une... une critique oblique du racisme, de la politique conservatrice ou de toute autre croyance héritée. Mais Wonder a souvent chanté par énigmes. Et finalement, les paroles comptaient beaucoup moins que ce groove qui retourne les tripes et fait bouger les pieds. Wonder était et reste connu pour être un artiste de scène absolument électrique qui vous transporte par ses prestations. On peut l'entendre dès le single Fingertips Part 2, et on peut le constater à chaque fois qu'il joue sur scène, encore aujourd'hui. Mais Superstition est un morceau que Wonder a composé en studio, en jouant avec des synthétiseurs, le clavinet, la basse Moog, et en utilisant le studio comme un instrument. Et ce qu'il y a de très cool, c'est qu'il le fait sonner comme une performance live intense et moite. Bonus En cherchant de la documentation complémentaire je suis tombé sur une version un tout petit peu différente du Deal de Wonder avec Motown à laquelle je donne du crédit puisqu'il s'agit d'un ouvrage du regret l'été Gilles Verlin. Voici sa version. Alors qu'il approche de son 20ème anniversaire, celui qu'on surnommait à ses débuts Little Stevie Wonder, démontre qu'il est aussi à l'aise avec la soul furieuse que dans la balade amoureuse. Numéro 1 en 70, il charme les cœurs avec Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours. Le contrat signé par ses parents lorsqu'il était enfant arrive à échéance à sa majorité. Stevie prend alors les devants en enregistrant à ses frais deux albums complets. « Si vous voulez les publier, dit-il au patron de Motown Berry Gordy, j'exige à un pourcentage et une avance de plusieurs millions de dollars. Contre toute attente, le businessman intraitable cède aux exigences de Wander. Le contrat de 120 pages qu'il signe est alors totalement inédit. Note de bas de page, les sources utilisées pour cet épisode sont le livre « Motown, Music, Money, Sex and Power » de Gerald Pottsner, Wikipédia et « La scandaleuse histoire du rock » de Gilles Verland aux éditions Grunde. C'est immortal, baby ! Ce podcast est écrit et produit par moi, le capitaine d'Illigaf. Il est co-réalisé et mixé à San Francisco par l'excellent Charles Beutre. Si cet épisode vous a plu, partagez-le et encouragez d'autres personnes à l'écouter et mettez 5 étoiles et un avis positif ! Si cet épisode vous a plu, encouragez d'autres personnes à l'écouter quand même. On ne sait jamais.
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Cet été, je suis parti me mettre au vert. Traduction pour ceux du fond de la classe, pendant deux mois, le capitaine a rangé la platine, mis les vinyles à sécher et travaille son winter body. Mais je ne vous laisse pas les mains vides, je ne suis pas un monstre. Enfin, pas sur ce point précis. Pendant toute la pause estivale, je ressors des épisodes de 2024. Les redifs, oui. Et avant que Jean-Pierre Liégeois, notre fidèle auditeur du Var, ne dégaine son cran d'arrêt, non, ce n'est pas de la fainéantise, il y a dans ces épisodes des histoires que certains d'entre vous auront ratées. L'occasion de rattraper, et pour les fidèles, l'occasion de réécouter en connaissant déjà la fin, c'est un autre plaisir. Voilà pour l'intendance. Maintenant, la vraie nouvelle. Le 30 août, un dimanche, notez-le quelque part, je reviens avec un épisode tout neuf, jamais entendu, écrit pour l'occasion, mais pour celles et ceux qui me suivent sur Patreon, il y aura des bonus exclusifs, des vrais, ceux qui vont derrière l'épisode, les coulisses, les notes de recherche, ceux qui n'ont pas été retenus au montage. Et ensuite ? Ensuite, on repart pour de bon. Un épisode tous les 15 jours, un dimanche sur deux. De quoi tenir jusqu'à la fin du monde. J'ai l'impression que c'est pour bientôt. Dans le film High Fidelity de Stephen Frears, d'après le livre génial de Nick Hornby, il y a une scène qui me fait toujours marrer. Je soupçonne une impro de Jack Black, car dans le livre, l'échange n'est pas tout à fait le même. Je vous résume le pitch. Et je vous encourage également à voir le film, si ce n'est déjà fait. Rob Gordon, 28 ans, beau garçon, dilettante et vélitaire, genre adolescent attardé. Flemmard, mais passionné de musique pop-rock, a abandonné ses études et tient une boutique de disques à Chicago. Sa clientèle est composée surtout de geeks, fétichistes en recherche obsessionnelle d'éditions rares de vinyles. Rob est aidé par ses clones débiles Dick et Barry. Barry est joué par Jack Black, extraverti, très arrogant avec les clients ignorants. La fameuse scène se passe donc chez le disquaire. Un monsieur bien mis, d'un certain âge, entre dans la boutique et pose une question à Barry. Bonjour monsieur, je cherche le 45 tours de la chanson I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. Ah bon ? Pour quelle raison ? Répond Barry. C'est pour ma fille, c'est son anniversaire. Barry lui coupe la parole et lui demande interloqué. Pourquoi ? Elle est dans le coma ? Personnellement, ça me fait marrer à chaque fois. Barry n'éprouve que mépris pour cette personne qui souhaite acheter un single avec des paroles gnangnang et une musique simplette. C'est sûr que, si c'est tout ce qu'on connaît de Stevie Wonder, on n'a pas vraiment envie de creuser. De même... Si tout ce qu'on connaît d'Elton John, c'est Candle in the Wind ou la chanson Sacrifice. Elton a bien rattrapé le coup, lui. Il a fait un film sur sa vie. Il a rappelé au monde entier quel artiste génial il pouvait être après avoir enregistré dans les années 90, 2000, 2010, beaucoup de choses sans intérêt. Mais Stevie, on commence à l'oublier. Et c'est I Just Called to Say I Love You qui passe et repasse sans cesse sur les FM. Sauf bien sûr sur Station Simone. Ils vont être nombreux, quand il va casser sa pipe, à redécouvrir quel génie il est. et toute l'étendue de son répertoire, de son talent, de son génie, de sa carrière. Mettez de côté les imitateurs, les sampleurs, les voleurs. Après, si certains d'entre vous pensent que Danny Briand, c'est Elvis Presley ou Charles Aznavour, je ne peux rien pour vous. Bref, redécouvrez-le. Entre 1962 et les années 90, c'est un parcours quasiment sans faute et des albums indispensables à l'appel. Songs in the Key of Life, Hotter Than July, Inner Visions, Talking Book, et j'en oublie, exprès. Sortez de chez vous, allez chez le disquaire. Bienvenue sur nos lignes, je suis le capitaine Illigaf et mon copilote le sergent Pepper et moi-même avons le plaisir de vous recevoir à bord de cet épisode. Nous vous informons que pendant l'écoute vous pouvez fumer, boire et que l'utilisation d'appareils électroniques de bonne qualité est vivement conseillée. C'est le moment d'écouter un dernier disque avant la fin du monde. Nous espérons vous faire découvrir ou redécouvrir des albums, des chansons, des artistes, des histoires, des anecdotes. Bon jeudi est-il vraiment bon ? Y a-t-il un texte d'Indochine qui ne soit pas totalement... ineptes ? Qu'a Steven-Sat-il un chat ? Et pour un flirt avec toi, ferais-je vraiment n'importe quoi ? Autant de questions auxquelles nous ne répondrons probablement pas. Bonne écoute ! Quand Stevie Wonder a atteint l'âge de 21 ans, il a dû affronter la machine Motown. Et il était prêt. La preuve, il a gagné. Steve Wonder était un enfant prodige de 11 ans quand il a signé avec Motown. A l'époque, l'accord qui fut signé prévoyait que la Motown placerait tous ses gains dans un fond fiduciaire dont il n'aurait pas le contrôle avant ses 21 ans. Dans l'intervalle, Motown devait lui verser une minuscule allocation hebdomadaire et payer pour son tuteur. Donc, pendant une décennie, Wonder a travaillé comme un employé, un rouage de la machine Motown, produisant des singles écrits ou co-écrits par les auteurs compositeurs maison. Cette approche a fonctionné pendant un certain temps. Mais cette routine avait quelque chose de frustrant. Et celui qu'on appelait alors Little Stevie commençait à se sentir franchement à l'étroit. Wonder a atteint la première place avec le single Electric Live de 1963, Fingertips Part 2. Pendant le reste des années 60, il n'a jamais retrouvé la première place. Mais il est rentré dans le top 10 à plusieurs reprises. Et pendant ce temps, Little Stevie est devenu grand. Il apprend et perfectionne sa maîtrise d'autres instruments. Clavier, chant, batterie, harmonica. Tandis que sa voix mue à mesure qu'il grandit, certains cadres de Motown envisagent de résilier son contrat d'enregistrement. Sylvia Moy, qui a co-écrit Uptight avec Stevie, persuade le propriétaire du label, Barry Gordy, de lui donner une autre chance. Après avoir supprimé le « little » de son nom, Wonder connaît ensuite d'autres succès au milieu des années 60, notamment With a Child's Heart et Blowing in the Wind, la reprise de Bob Dylan. Il compose des chansons pour lui-même et pour ses partenaires de label, y compris The Tears of a Clown, un numéro 1 pour Smokey Robinson de The Miracles. En 1968, il enregistre un album de morceaux instrumentaux soul jazz, principalement des solos d'harmonica, sous le nom de Avaids Red Now. En fait, c'est Stevie Wonder écrit à l'envers. L'album est un flop total et son seul single, une reprise de Alfie, n'a atteint que le numéro 66 dans les charts pop américains. Néanmoins, il réussit à obtenir plusieurs succès entre 1968 et 1970, comme « I Was Made To Love Her » , « Le Magnifique For Once In My Life » et « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » . Le single succès « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » était sa toute première chanson autoproduite. Il se marie et puis il a 21 ans. C'est l'heure, son contrat avec Motown est terminé. Le fonds fiduciaire de Wander, qui contenait toutes les royalties qu'il avait gagnées avant sa majorité, était enfin sur le point de lui être remis le jour de ses 21 ans, le 21 mai 1971. Le chiffre s'élève à plus d'un million de dollars. Gordy assiste à la fête d'anniversaire de Wander, il l'a organisée à Detroit, et le lendemain, Gordy s'envole pour Los Angeles, et sur son bureau, l'attend une lettre de l'avocat de Wander, menaçant de rompre le contrat. Gordy est furieux et appelle Wander. Il s'avère que Wander n'avait pas l'intention d'envoyer cette lettre à Gordy, ou bien il prétend qu'il n'en avait pas l'intention. Wander congédie son avocat et le remplace par un nouveau, manager et avocat, Jenahan Vigoda, qui avait déjà travaillé avec Jimi Hendrix et Richie Evans. Vigoda a la réputation d'être un négociateur excentrique mais coriace, et c'est un choix surprenant. « C'était un peu à l'improviste » , dit Phil Jones, « mais il s'est avéré que c'était un bon choix » . Plus tard, Gordy a reconnu Vigoda était un don du ciel pour Stevie. Il était dur, fort et brillant, mais sensible, et il s'est occupé de Stevie comme d'un père. Avec Vigoda à ses côtés, Wander entre dans le bureau d'Ewart Abner, le président de Motown Record. Il est venu me voir, se souvient Abner, et m'a dit « J'ai 21 ans maintenant, je ne ferai plus ce que tu dis. Annule mon contrat. » Alors, bah, j'ai paniqué. Gordy n'a peut-être pas apprécié les tactiques musclées de Wonder, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de le perdre. Motown a finalement offert à Wonder un contrat sans précédent. Le contrat fait plus de 120 pages et son contenu est révolutionnaire pour le label. Non seulement Gordy a trouvé une somme d'argent beaucoup plus importante que prévu, 13 millions de dollars, mais il a également cédé le contrôle créatif des prochains albums de Wonder à l'artiste lui-même. De plus, Gordy cède la moitié des droits d'édition à Wonder, ce qui est une première pour un artiste. Gordy et Wander n'avaient plus une relation père-fils. C'était maintenant un partenariat plus égalitaire. C'était une concession que Gordy n'aurait jamais acceptée les années précédentes. Et cela s'est avéré être une très bonne idée. Dans les années 70, Stevie Wonder s'occre successivement Where I'm Coming From, Music of My Mind, Talking Book, Inner Visions, Fulfillingness First Finale et Songs in the Key of Life. Il a remporté les Grammys de l'album de l'année en 1974, 1975 et 1977. Lorsque Paul Simon a remporté le prix en 1976, il a remercié publiquement Stevie Wonder de ne pas avoir sorti d'album cette année-là. En 1973, un Stevie Wonder de 22 ans retrouve la première place du Hot 100 pour la première fois. Superstition, la chanson qui a permis à Wonder de retrouver la suprématie dans les hits parades, aurait dû être une chanson pour Jeff Beck. Beck, le magicien britannique de la guitare blues rock, il admirait la musique de Wonder et voulait travailler avec lui. Ils ont donc conclu un accord. Beck viendrait jouer de la guitare sur l'album de Wonder si ce dernier lui écrivait une chanson. Superstition Un jour, Wonder et Beck s'amusent en studio. Et Beck commence à jouer à un rythme à la batterie, pour passer le temps. Wonder lui dit de continuer, et il se met à improviser sur un Hohner clavinet, une sorte de clavecin électronique, qui permet de faire des variations de phase. Ce jour-là, Wonder a trouvé le riff de Superstition, et certaines des paroles de la chanson. Wander et Beck enregistrent une démo de suprême-sœur. et Beck est prête à la reprendre et à la sortir en single. Mais Berry Gordy ne veut pas que cela se produise. Wonder a peut-être obtenu le contrôle créatif de ses albums lorsqu'il a négocié son nouveau contrat avec la Motown, mais ses patrons ont toujours le pouvoir de choisir lesquels peuvent sortir en single. Berry Gordy savait que Superstition serait un hit. Pendant ce temps, le premier album du nouveau groupe de Beck, un power trio comprenant également les anciens membres de Valina Fudge, Tim Burgert et Carmine Hapice, est retardé. Beck, Bogart et Nepeiss finissent par sortir leur reprise de Superstition, mais elle sort après que la version de Wonder soit déjà un succès. Beck est un peu déçu et s'en plaint dans la presse. Mais la chanson n'a jamais appartenu à Beck. Il a juste eu la chance d'être là quand Stevie Wonder a composé et les éléments. La guitare de Beck n'a figuré que sur l'une des chansons de l'album Talking Book de Wonder. Et bien que la reprise de Superstition par Beck soit cool, elle n'a vraiment rien à voir avec l'original. Wonder ne s'est pas contenté d'écrire et de coproduire Superstition. Il a joué de tous les instruments du morceau, à l'exception des cuivres. Le riff monstrueux et funky de la clavinette était si compliqué que personne n'arrivait à le jouer à sa place. Des années plus tard, on a découvert qu'il s'agissait en fait de huit parties différentes de clavinettes montées ensemble. Et pourtant, ça sonne intuitif et ça groove comme un vrai riff de guitare. Superstition est sorti après que Wander ait passé une grande partie de l'année 1972 en tournée avec les Rolling Stones. Les Stones avaient fait la première partie de Wonder en 1964, alors qu'ils n'étaient qu'un enfant prodige et que les Stones débarquaient aux US. Et ce n'est peut-être pas par hasard si Wonder a conçu ce riff en pensant à Beck. C'est un morceau énorme qui a plus de points communs avec les Rolling Stones ou Led Zeppelin qu'avec les artistes contemporains de Stevie Wonder à la Motown. Et pourtant, Superstition est toujours une chanson soul. Avec ses riffs de cuivre parfaitement synchronisés, Wander y chante en puissance avec des notes épicées et religieuses qui se superposent dans l'agitation qu'il a générée. Les paroles sont d'une opacité mystique, un bébé de 13 mois a brisé le miroir, 7 ans de malheur, les bonnes choses de ton passé, etc. Mais il y a un sens global à la chanson. « Very superstitious, running on the wall, very superstitious » Wander chante sur le fait qu'il ne faut pas croire la sagesse transmise. Quand on croit à des choses qu'on ne comprend pas, alors on en souffre. La superstition, ce n'est pas la solution. Il s'agit peut-être d'une... une critique oblique du racisme, de la politique conservatrice ou de toute autre croyance héritée. Mais Wonder a souvent chanté par énigmes. Et finalement, les paroles comptaient beaucoup moins que ce groove qui retourne les tripes et fait bouger les pieds. Wonder était et reste connu pour être un artiste de scène absolument électrique qui vous transporte par ses prestations. On peut l'entendre dès le single Fingertips Part 2, et on peut le constater à chaque fois qu'il joue sur scène, encore aujourd'hui. Mais Superstition est un morceau que Wonder a composé en studio, en jouant avec des synthétiseurs, le clavinet, la basse Moog, et en utilisant le studio comme un instrument. Et ce qu'il y a de très cool, c'est qu'il le fait sonner comme une performance live intense et moite. Bonus En cherchant de la documentation complémentaire je suis tombé sur une version un tout petit peu différente du Deal de Wonder avec Motown à laquelle je donne du crédit puisqu'il s'agit d'un ouvrage du regret l'été Gilles Verlin. Voici sa version. Alors qu'il approche de son 20ème anniversaire, celui qu'on surnommait à ses débuts Little Stevie Wonder, démontre qu'il est aussi à l'aise avec la soul furieuse que dans la balade amoureuse. Numéro 1 en 70, il charme les cœurs avec Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours. Le contrat signé par ses parents lorsqu'il était enfant arrive à échéance à sa majorité. Stevie prend alors les devants en enregistrant à ses frais deux albums complets. « Si vous voulez les publier, dit-il au patron de Motown Berry Gordy, j'exige à un pourcentage et une avance de plusieurs millions de dollars. Contre toute attente, le businessman intraitable cède aux exigences de Wander. Le contrat de 120 pages qu'il signe est alors totalement inédit. Note de bas de page, les sources utilisées pour cet épisode sont le livre « Motown, Music, Money, Sex and Power » de Gerald Pottsner, Wikipédia et « La scandaleuse histoire du rock » de Gilles Verland aux éditions Grunde. C'est immortal, baby ! Ce podcast est écrit et produit par moi, le capitaine d'Illigaf. Il est co-réalisé et mixé à San Francisco par l'excellent Charles Beutre. Si cet épisode vous a plu, partagez-le et encouragez d'autres personnes à l'écouter et mettez 5 étoiles et un avis positif ! Si cet épisode vous a plu, encouragez d'autres personnes à l'écouter quand même. On ne sait jamais.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Cet été, je suis parti me mettre au vert. Traduction pour ceux du fond de la classe, pendant deux mois, le capitaine a rangé la platine, mis les vinyles à sécher et travaille son winter body. Mais je ne vous laisse pas les mains vides, je ne suis pas un monstre. Enfin, pas sur ce point précis. Pendant toute la pause estivale, je ressors des épisodes de 2024. Les redifs, oui. Et avant que Jean-Pierre Liégeois, notre fidèle auditeur du Var, ne dégaine son cran d'arrêt, non, ce n'est pas de la fainéantise, il y a dans ces épisodes des histoires que certains d'entre vous auront ratées. L'occasion de rattraper, et pour les fidèles, l'occasion de réécouter en connaissant déjà la fin, c'est un autre plaisir. Voilà pour l'intendance. Maintenant, la vraie nouvelle. Le 30 août, un dimanche, notez-le quelque part, je reviens avec un épisode tout neuf, jamais entendu, écrit pour l'occasion, mais pour celles et ceux qui me suivent sur Patreon, il y aura des bonus exclusifs, des vrais, ceux qui vont derrière l'épisode, les coulisses, les notes de recherche, ceux qui n'ont pas été retenus au montage. Et ensuite ? Ensuite, on repart pour de bon. Un épisode tous les 15 jours, un dimanche sur deux. De quoi tenir jusqu'à la fin du monde. J'ai l'impression que c'est pour bientôt. Dans le film High Fidelity de Stephen Frears, d'après le livre génial de Nick Hornby, il y a une scène qui me fait toujours marrer. Je soupçonne une impro de Jack Black, car dans le livre, l'échange n'est pas tout à fait le même. Je vous résume le pitch. Et je vous encourage également à voir le film, si ce n'est déjà fait. Rob Gordon, 28 ans, beau garçon, dilettante et vélitaire, genre adolescent attardé. Flemmard, mais passionné de musique pop-rock, a abandonné ses études et tient une boutique de disques à Chicago. Sa clientèle est composée surtout de geeks, fétichistes en recherche obsessionnelle d'éditions rares de vinyles. Rob est aidé par ses clones débiles Dick et Barry. Barry est joué par Jack Black, extraverti, très arrogant avec les clients ignorants. La fameuse scène se passe donc chez le disquaire. Un monsieur bien mis, d'un certain âge, entre dans la boutique et pose une question à Barry. Bonjour monsieur, je cherche le 45 tours de la chanson I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. Ah bon ? Pour quelle raison ? Répond Barry. C'est pour ma fille, c'est son anniversaire. Barry lui coupe la parole et lui demande interloqué. Pourquoi ? Elle est dans le coma ? Personnellement, ça me fait marrer à chaque fois. Barry n'éprouve que mépris pour cette personne qui souhaite acheter un single avec des paroles gnangnang et une musique simplette. C'est sûr que, si c'est tout ce qu'on connaît de Stevie Wonder, on n'a pas vraiment envie de creuser. De même... Si tout ce qu'on connaît d'Elton John, c'est Candle in the Wind ou la chanson Sacrifice. Elton a bien rattrapé le coup, lui. Il a fait un film sur sa vie. Il a rappelé au monde entier quel artiste génial il pouvait être après avoir enregistré dans les années 90, 2000, 2010, beaucoup de choses sans intérêt. Mais Stevie, on commence à l'oublier. Et c'est I Just Called to Say I Love You qui passe et repasse sans cesse sur les FM. Sauf bien sûr sur Station Simone. Ils vont être nombreux, quand il va casser sa pipe, à redécouvrir quel génie il est. et toute l'étendue de son répertoire, de son talent, de son génie, de sa carrière. Mettez de côté les imitateurs, les sampleurs, les voleurs. Après, si certains d'entre vous pensent que Danny Briand, c'est Elvis Presley ou Charles Aznavour, je ne peux rien pour vous. Bref, redécouvrez-le. Entre 1962 et les années 90, c'est un parcours quasiment sans faute et des albums indispensables à l'appel. Songs in the Key of Life, Hotter Than July, Inner Visions, Talking Book, et j'en oublie, exprès. Sortez de chez vous, allez chez le disquaire. Bienvenue sur nos lignes, je suis le capitaine Illigaf et mon copilote le sergent Pepper et moi-même avons le plaisir de vous recevoir à bord de cet épisode. Nous vous informons que pendant l'écoute vous pouvez fumer, boire et que l'utilisation d'appareils électroniques de bonne qualité est vivement conseillée. C'est le moment d'écouter un dernier disque avant la fin du monde. Nous espérons vous faire découvrir ou redécouvrir des albums, des chansons, des artistes, des histoires, des anecdotes. Bon jeudi est-il vraiment bon ? Y a-t-il un texte d'Indochine qui ne soit pas totalement... ineptes ? Qu'a Steven-Sat-il un chat ? Et pour un flirt avec toi, ferais-je vraiment n'importe quoi ? Autant de questions auxquelles nous ne répondrons probablement pas. Bonne écoute ! Quand Stevie Wonder a atteint l'âge de 21 ans, il a dû affronter la machine Motown. Et il était prêt. La preuve, il a gagné. Steve Wonder était un enfant prodige de 11 ans quand il a signé avec Motown. A l'époque, l'accord qui fut signé prévoyait que la Motown placerait tous ses gains dans un fond fiduciaire dont il n'aurait pas le contrôle avant ses 21 ans. Dans l'intervalle, Motown devait lui verser une minuscule allocation hebdomadaire et payer pour son tuteur. Donc, pendant une décennie, Wonder a travaillé comme un employé, un rouage de la machine Motown, produisant des singles écrits ou co-écrits par les auteurs compositeurs maison. Cette approche a fonctionné pendant un certain temps. Mais cette routine avait quelque chose de frustrant. Et celui qu'on appelait alors Little Stevie commençait à se sentir franchement à l'étroit. Wonder a atteint la première place avec le single Electric Live de 1963, Fingertips Part 2. Pendant le reste des années 60, il n'a jamais retrouvé la première place. Mais il est rentré dans le top 10 à plusieurs reprises. Et pendant ce temps, Little Stevie est devenu grand. Il apprend et perfectionne sa maîtrise d'autres instruments. Clavier, chant, batterie, harmonica. Tandis que sa voix mue à mesure qu'il grandit, certains cadres de Motown envisagent de résilier son contrat d'enregistrement. Sylvia Moy, qui a co-écrit Uptight avec Stevie, persuade le propriétaire du label, Barry Gordy, de lui donner une autre chance. Après avoir supprimé le « little » de son nom, Wonder connaît ensuite d'autres succès au milieu des années 60, notamment With a Child's Heart et Blowing in the Wind, la reprise de Bob Dylan. Il compose des chansons pour lui-même et pour ses partenaires de label, y compris The Tears of a Clown, un numéro 1 pour Smokey Robinson de The Miracles. En 1968, il enregistre un album de morceaux instrumentaux soul jazz, principalement des solos d'harmonica, sous le nom de Avaids Red Now. En fait, c'est Stevie Wonder écrit à l'envers. L'album est un flop total et son seul single, une reprise de Alfie, n'a atteint que le numéro 66 dans les charts pop américains. Néanmoins, il réussit à obtenir plusieurs succès entre 1968 et 1970, comme « I Was Made To Love Her » , « Le Magnifique For Once In My Life » et « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » . Le single succès « Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours » était sa toute première chanson autoproduite. Il se marie et puis il a 21 ans. C'est l'heure, son contrat avec Motown est terminé. Le fonds fiduciaire de Wander, qui contenait toutes les royalties qu'il avait gagnées avant sa majorité, était enfin sur le point de lui être remis le jour de ses 21 ans, le 21 mai 1971. Le chiffre s'élève à plus d'un million de dollars. Gordy assiste à la fête d'anniversaire de Wander, il l'a organisée à Detroit, et le lendemain, Gordy s'envole pour Los Angeles, et sur son bureau, l'attend une lettre de l'avocat de Wander, menaçant de rompre le contrat. Gordy est furieux et appelle Wander. Il s'avère que Wander n'avait pas l'intention d'envoyer cette lettre à Gordy, ou bien il prétend qu'il n'en avait pas l'intention. Wander congédie son avocat et le remplace par un nouveau, manager et avocat, Jenahan Vigoda, qui avait déjà travaillé avec Jimi Hendrix et Richie Evans. Vigoda a la réputation d'être un négociateur excentrique mais coriace, et c'est un choix surprenant. « C'était un peu à l'improviste » , dit Phil Jones, « mais il s'est avéré que c'était un bon choix » . Plus tard, Gordy a reconnu Vigoda était un don du ciel pour Stevie. Il était dur, fort et brillant, mais sensible, et il s'est occupé de Stevie comme d'un père. Avec Vigoda à ses côtés, Wander entre dans le bureau d'Ewart Abner, le président de Motown Record. Il est venu me voir, se souvient Abner, et m'a dit « J'ai 21 ans maintenant, je ne ferai plus ce que tu dis. Annule mon contrat. » Alors, bah, j'ai paniqué. Gordy n'a peut-être pas apprécié les tactiques musclées de Wonder, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de le perdre. Motown a finalement offert à Wonder un contrat sans précédent. Le contrat fait plus de 120 pages et son contenu est révolutionnaire pour le label. Non seulement Gordy a trouvé une somme d'argent beaucoup plus importante que prévu, 13 millions de dollars, mais il a également cédé le contrôle créatif des prochains albums de Wonder à l'artiste lui-même. De plus, Gordy cède la moitié des droits d'édition à Wonder, ce qui est une première pour un artiste. Gordy et Wander n'avaient plus une relation père-fils. C'était maintenant un partenariat plus égalitaire. C'était une concession que Gordy n'aurait jamais acceptée les années précédentes. Et cela s'est avéré être une très bonne idée. Dans les années 70, Stevie Wonder s'occre successivement Where I'm Coming From, Music of My Mind, Talking Book, Inner Visions, Fulfillingness First Finale et Songs in the Key of Life. Il a remporté les Grammys de l'album de l'année en 1974, 1975 et 1977. Lorsque Paul Simon a remporté le prix en 1976, il a remercié publiquement Stevie Wonder de ne pas avoir sorti d'album cette année-là. En 1973, un Stevie Wonder de 22 ans retrouve la première place du Hot 100 pour la première fois. Superstition, la chanson qui a permis à Wonder de retrouver la suprématie dans les hits parades, aurait dû être une chanson pour Jeff Beck. Beck, le magicien britannique de la guitare blues rock, il admirait la musique de Wonder et voulait travailler avec lui. Ils ont donc conclu un accord. Beck viendrait jouer de la guitare sur l'album de Wonder si ce dernier lui écrivait une chanson. Superstition Un jour, Wonder et Beck s'amusent en studio. Et Beck commence à jouer à un rythme à la batterie, pour passer le temps. Wonder lui dit de continuer, et il se met à improviser sur un Hohner clavinet, une sorte de clavecin électronique, qui permet de faire des variations de phase. Ce jour-là, Wonder a trouvé le riff de Superstition, et certaines des paroles de la chanson. Wander et Beck enregistrent une démo de suprême-sœur. et Beck est prête à la reprendre et à la sortir en single. Mais Berry Gordy ne veut pas que cela se produise. Wonder a peut-être obtenu le contrôle créatif de ses albums lorsqu'il a négocié son nouveau contrat avec la Motown, mais ses patrons ont toujours le pouvoir de choisir lesquels peuvent sortir en single. Berry Gordy savait que Superstition serait un hit. Pendant ce temps, le premier album du nouveau groupe de Beck, un power trio comprenant également les anciens membres de Valina Fudge, Tim Burgert et Carmine Hapice, est retardé. Beck, Bogart et Nepeiss finissent par sortir leur reprise de Superstition, mais elle sort après que la version de Wonder soit déjà un succès. Beck est un peu déçu et s'en plaint dans la presse. Mais la chanson n'a jamais appartenu à Beck. Il a juste eu la chance d'être là quand Stevie Wonder a composé et les éléments. La guitare de Beck n'a figuré que sur l'une des chansons de l'album Talking Book de Wonder. Et bien que la reprise de Superstition par Beck soit cool, elle n'a vraiment rien à voir avec l'original. Wonder ne s'est pas contenté d'écrire et de coproduire Superstition. Il a joué de tous les instruments du morceau, à l'exception des cuivres. Le riff monstrueux et funky de la clavinette était si compliqué que personne n'arrivait à le jouer à sa place. Des années plus tard, on a découvert qu'il s'agissait en fait de huit parties différentes de clavinettes montées ensemble. Et pourtant, ça sonne intuitif et ça groove comme un vrai riff de guitare. Superstition est sorti après que Wander ait passé une grande partie de l'année 1972 en tournée avec les Rolling Stones. Les Stones avaient fait la première partie de Wonder en 1964, alors qu'ils n'étaient qu'un enfant prodige et que les Stones débarquaient aux US. Et ce n'est peut-être pas par hasard si Wonder a conçu ce riff en pensant à Beck. C'est un morceau énorme qui a plus de points communs avec les Rolling Stones ou Led Zeppelin qu'avec les artistes contemporains de Stevie Wonder à la Motown. Et pourtant, Superstition est toujours une chanson soul. Avec ses riffs de cuivre parfaitement synchronisés, Wander y chante en puissance avec des notes épicées et religieuses qui se superposent dans l'agitation qu'il a générée. Les paroles sont d'une opacité mystique, un bébé de 13 mois a brisé le miroir, 7 ans de malheur, les bonnes choses de ton passé, etc. Mais il y a un sens global à la chanson. « Very superstitious, running on the wall, very superstitious » Wander chante sur le fait qu'il ne faut pas croire la sagesse transmise. Quand on croit à des choses qu'on ne comprend pas, alors on en souffre. La superstition, ce n'est pas la solution. Il s'agit peut-être d'une... une critique oblique du racisme, de la politique conservatrice ou de toute autre croyance héritée. Mais Wonder a souvent chanté par énigmes. Et finalement, les paroles comptaient beaucoup moins que ce groove qui retourne les tripes et fait bouger les pieds. Wonder était et reste connu pour être un artiste de scène absolument électrique qui vous transporte par ses prestations. On peut l'entendre dès le single Fingertips Part 2, et on peut le constater à chaque fois qu'il joue sur scène, encore aujourd'hui. Mais Superstition est un morceau que Wonder a composé en studio, en jouant avec des synthétiseurs, le clavinet, la basse Moog, et en utilisant le studio comme un instrument. Et ce qu'il y a de très cool, c'est qu'il le fait sonner comme une performance live intense et moite. Bonus En cherchant de la documentation complémentaire je suis tombé sur une version un tout petit peu différente du Deal de Wonder avec Motown à laquelle je donne du crédit puisqu'il s'agit d'un ouvrage du regret l'été Gilles Verlin. Voici sa version. Alors qu'il approche de son 20ème anniversaire, celui qu'on surnommait à ses débuts Little Stevie Wonder, démontre qu'il est aussi à l'aise avec la soul furieuse que dans la balade amoureuse. Numéro 1 en 70, il charme les cœurs avec Signed, Sealed, Delivered, I'm Yours. Le contrat signé par ses parents lorsqu'il était enfant arrive à échéance à sa majorité. Stevie prend alors les devants en enregistrant à ses frais deux albums complets. « Si vous voulez les publier, dit-il au patron de Motown Berry Gordy, j'exige à un pourcentage et une avance de plusieurs millions de dollars. Contre toute attente, le businessman intraitable cède aux exigences de Wander. Le contrat de 120 pages qu'il signe est alors totalement inédit. Note de bas de page, les sources utilisées pour cet épisode sont le livre « Motown, Music, Money, Sex and Power » de Gerald Pottsner, Wikipédia et « La scandaleuse histoire du rock » de Gilles Verland aux éditions Grunde. C'est immortal, baby ! Ce podcast est écrit et produit par moi, le capitaine d'Illigaf. Il est co-réalisé et mixé à San Francisco par l'excellent Charles Beutre. Si cet épisode vous a plu, partagez-le et encouragez d'autres personnes à l'écouter et mettez 5 étoiles et un avis positif ! Si cet épisode vous a plu, encouragez d'autres personnes à l'écouter quand même. On ne sait jamais.
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