Speaker #0Bienvenue dans Un jour, une question, le long format. Moi c'est Mimi et dans ce rendez-vous spécial, on prend le temps de répondre à une grande question en suivant une histoire vraie, fascinante ou surprenante. Parfois, elle nous emmène dans le passé, parfois dans la science ou encore dans le monde des mystères. Mais une chose est sûre, à la fin, tu auras appris quelque chose d'incroyable. Bonjour chère auditrice, bonjour cher auditeur. Aujourd'hui, dans ce long format... on va répondre à une question un peu de l'ordre du fantastique. Est-ce que les fées existent ? Depuis très longtemps, les fées habitent les contes, les légendes, les dessins, les rêves. Un jour, dans un petit village d'Angleterre, deux cousines ont affirmé les avoir vues. Mieux encore, elles disent avoir pris des photos de fées. Et figure-toi qu'un célèbre écrivain les a crues. Oui, vraiment. Tout commence en 1917, dans un petit village nommé Cottingley. Là-bas, vivent deux jeunes filles. Elsie White, qui a 16 ans, et Frances Griffiths, sa cousine âgée de 9 ans. Les deux cousines adorent jouer ensemble, surtout près d'un petit ruisseau au bout du jardin. Et souvent, elles reviennent à la maison avec les pieds trempés, les robes pleines de boue. Forcément, leurs parents ne sont pas très ravis. Un jour, pour se justifier, Frances lance une phrase surprenante. « On est allé voir les fées ! » Ah bon ? Des fées ? Bien sûr, personne ne la croit. C'est une excuse d'enfant, non ? Sauf qu'elle-ci, la plus grande, confirme. Et même mieux, elle propose de le prouver en photo. Si on leur prête un appareil, elles pourront montrer au monde que les fées existent vraiment. Le père d'Elsie, qui aime la photographie, leur prête son appareil. Peut-être juste pour voir jusqu'où ira la plaisanterie. Les filles partent donc en mission. Ils reviennent une heure plus tard avec une photo étonnante. Sur l'image, on voit Frances sérieuse posant dans le jardin et autour d'elle, plusieurs petites créatures ailées comme sorties d'un conte de fées. Le père développe la photo lui-même. Et là, surprise, on dirait de vrais faits. Mais Arthur, le père, n'est pas dupe. Il connaît bien sa fille. Il sait qu'elle s'est dessinée, découpée, inventée. Il pense tout de suite que ce sont de simples découpages en carton. Pour lui, ce n'est qu'une blague d'enfant. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Deux mois plus tard, rebelote. Les filles réussissent à prendre une deuxième photo. Cette fois, c'est elle-ci qu'on voit assise dans l'herbe, en train de tendre la main à un petit lutin haut comme une bouteille. Avec bonnet pointu et aile dans le dos, s'il vous plaît. Le père, cette fois, refuse d'en voir plus. Pour lui, la plaisanterie a assez duré. Mais la mère d'Elsy, elle, y croit. Ou du moins, elle veut y croire. Fascinée, elle montre les photos à ses amis, à ses voisines. Et peu à peu, l'histoire des fées de Cottingley commence à dépasser les limites du jardin familial. Et c'est là qu'un personnage célèbre entre en scène. Un jour, la nouvelle arrive jusqu'aux oreilles de Sir Arthur Conan Doyle. Tu le connais peut-être. C'est lui qui a inventé Sherlock Holmes, le détective le plus célèbre de tous les temps. Et bien figure-toi que ce grand écrivain s'intéressait aussi à des choses beaucoup plus mystérieuses, comme le monde des esprits, des fantômes et des fées. Quand il découvre les photos prises par les cousines, il est fasciné, il veut y croire. Il prend contact avec la famille, obtient l'autorisation d'utiliser les clichés et en 1920, il les publie dans un grand magazine britannique, le Strand Magazine. Conan Doyle écrit noir sur blanc qu'il... pensent que ces photos sont authentiques. Oui, le papa de Sherlock Holmes lui-même croit que les petites fées de Cottingley sont vraies. Et là, boum, c'est l'explosion médiatique. Le monde entier veut voir les images. A l'époque, la première guerre mondiale vient de se terminer. Les gens ont besoin de beauté, de magie, d'espoir. Les photos arrivent pile au bon moment. Elles font rêver, elles émerveillent. Des milliers de lecteurs les découvrent émerveillés. Mais comme toujours, certains restent sceptiques. Ils trouvent les fées trop parfaites, trop humaines. Leur coiffure ressemble à celle des femmes à la mode en 1917. Étrange, non ? Mais même avec ces doutes, l'histoire continue à se répandre. Les gens veulent croire. Les petites filles deviennent célèbres sans le vouloir. Et l'enquête, elle, ne fait que commencer. Les années passent, les filles grandissent, elles deviennent adultes, puis mamies. Et pendant des décennies, elles ne disent rien. Le mystère reste entier. Parfois, les journaux reparlent de cette histoire. Parfois, la télévision la rediffuse. A chaque fois, la même question revient. Ces faits étaient-elles réels ? Ou étaient-ce un simple canular ? Des spécialistes se penchent à nouveau sur les clichés originaux. Ils les examinent sous tous les angles. Et ce qu'ils découvrent est étrange. Les photos sont réelles. Pas de montage, pas de trucage sur la pellicule. Elles montrent bien ce qui se trouvait devant l'objectif à ce moment-là. Mais alors, comment deux enfants auraient-elles pu faire croire au monde entier qu'elles avaient vu des faits ? Sans ordinateur, sans effets spéciaux. Le doute continue de planer pendant plus de 60 ans. Et puis, un jour, en 1983, le mystère se brise. Les deux cousines, désormais âgées, avouent tout. Elles révèlent la vérité. Vérité, non, elle n'avait pas vu de vrais fées. Et oui, elle avait tout inventé. Mais comment telle fée ? C'est là que ça devient génial. Elsie, qui dessinait très bien, avait copié des illustrations de fées trouvées dans un livre. Elle les avait découpées dans du carton et fixées avec de longues épingles à chapeau dans l'herbe ou sur des branches. Ensuite, elle prenait des photos au bon angle. Et clic ! Avec la lumière, le noir et blanc et un peu d'imagination, l'illusion était parfaite. Même pour des adultes. Elles expliquent que tout ça avait commencé comme un jeu, une simple farce entre cousines. Mais quand elles ont vu que tout le monde les croyait, même les grands écrivains, elles n'ont plus osé avouer la vérité. Elles avaient peur de décevoir tout le monde. Alors, elles sont restées silencieuses. Mais l'histoire ne s'arrête pas là, car Frances, la plus jeune, a toujours affirmé que l'une des photos, la toute dernière, montrait de vraies fées. Jusqu'à la fin de sa vie, elle l'a dit et redit. Celle-là, je ne l'ai pas truquée. Était-ce vrai ? Était-ce une dernière touche de rêve ? On ne le saura jamais vraiment. Alors, maintenant qu'on connaît toute l'histoire, posons-nous à nouveau la question. Est-ce que les fées existent ? Il n'y a aucune preuve. Pas de créatures ailées au fond des jardins. Les photos de Cottingley, on le sait désormais, étaient des bricolages d'enfants très malins. Mais cette histoire nous apprend autre chose. Elle montre que parfois, on a besoin de croire au merveilleux. Que même un mensonge peut apporter du rêve. Ces fausses fées ont illuminé des journées, redonné le sourire. fait pétiller l'imaginaire de tout un pays. Et rien que pour ça, elles ont eu leur utilité. Et si finalement les fées existaient, mais pas comme on l'imagine ? Peut-être qu'elles sont dans les histoires qu'on se raconte, dans les livres qu'on lit ? Peut-être qu'elles n'ont jamais été faites pour être photographiées ? L'important, c'est de garder cette capacité à s'émerveiller, à rêver. Car c'est peut-être là, exactement là, que se cache la vraie magie des fées.