- Speaker #0
Moi j'essaye de mettre un peu de l'engagement partout parce que sinon j'ai du mal à mettre un pas devant l'autre justement. J'aime bien l'idée de savoir que la solidarité simple en fait, qui ne nécessite pas forcément d'encadrement associatif ou institutionnel, elle existe au quotidien et qu'on peut dans la rue s'arrêter pour se demander des choses.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Un pas devant l'autre. Je suis Salomé Le Goff, et dans ce podcast, je mets en lumière l'engagement, qu'il soit ordinaire ou extraordinaire. Chaque épisode raconte l'histoire de quelqu'un qui a décidé d'agir, à petite ou grande échelle, avec ses doutes et ses élans. Mes invités ont en commun l'envie de contribuer à un monde plus juste, plus doux et plus humain. Ils et elles n'ont pas toutes les réponses, juste le désir sincère d'avancer, de créer du lien et de faire leur part. Alors, on le fait ce premier pas ? Aujourd'hui, je suis ravie ! d'avoir Mathilde sur le podcast. Mathilde, bienvenue. C'est une évidence de lancer ce podcast par un épisode avec toi. Et pour donner à ceux qui nous écoutent un petit peu de contexte, j'ai rencontré Mathilde il y a quelques années lorsque nous étions toutes les deux étudiantes à l'Université Paris-Dauphine. Et je l'ai tout de suite admirée pour l'engagement et les valeurs qu'elle incarnait au quotidien, ses prises de position et sa manière de prendre tous les sujets d'impact à bras-le-corps. Donc je suis vraiment ravie, Mathilde, que tu sois la première au micro d'un pas devant l'autre. Et comme j'en ai dit un petit peu sur toi et en même temps très peu et donc Si tu devais te présenter sans parler de ton métier, tu dirais quoi ?
- Speaker #0
Bon, alors déjà, merci beaucoup pour cette présentation. Moi, je suis très contente d'être ici aussi et de faire démarrer ce podcast parce que je pense que c'est une très très bonne idée. Donc, merci beaucoup pour l'invitation. Et alors, pour me présenter en quelques mots, déjà, je m'appelle Mathilde, j'ai 26 ans, je viens de Grenoble. Je pense que ça a un peu un rapport avec mon engagement, donc je pense que c'est intéressant de le dire. Et aujourd'hui, je vis à Paris et j'essaye de donner un peu de sens à mon existence au quotidien.
- Speaker #1
Et comment, du coup, est-ce que tu décrirais la place de l'engagement dans ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #0
Eh bien, je dirais que l'engagement, c'est quelque chose de vraiment central dans ma vie. Je vois que quand il n'est pas là, il me manque vraiment beaucoup. C'est un peu une boussole. C'est en général ce qui me donne envie de me lever le matin. S'il n'est pas là, je peux me lever. Mais s'il est là, c'est plus facile quand même. Et donc, je dirais que ça prend beaucoup de place dans ma tête. Pas forcément dans mon emploi du temps, parce qu'en fonction des contraintes, c'est pas toujours facile de l'inclure, mais toujours avec moi.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, aujourd'hui, concrètement, quelles sont tes principales manières de t'engager ? Je sais qu'il y en a beaucoup. Donc, peut-être aborder celles qui te tiennent le plus à cœur, en tous les cas, qui prennent le plus de place dans ta tête.
- Speaker #0
Bon, je pense que ce dont on va le plus parler aujourd'hui, c'est du... Club Transition écologique et sociale, qui est un club rattaché à notre ancienne université, donc l'université Paris-Dauphine, et en particulier à Dauphine Alumni, qui est l'association des anciens élèves, qui est répartie en plusieurs entités thématiques selon les centres d'intérêt des anciens élèves, parmi lesquels, depuis quelques années, le Club Transition écologique et sociale, qui s'intéresse à des thématiques globalement de développement durable, et que j'ai cofondé avec quatre autres. anciens étudiants, il y a de ça à peu près 3 ans. Et c'est ça qui en ce moment prend beaucoup de temps dans mon engagement parce que on organise des événements assez régulièrement et donc ça me mobilise quand des événements approchent. Mais sinon, il y a un certain nombre de petits engagements au quotidien. Moi j'essaye de mettre un peu de l'engagement partout parce que sinon j'ai du mal à mettre un pas devant l'autre justement. parfois j'essaye de faire en sorte que ça ne se voit pas trop pour les personnes qui sont réticentes. Mais par exemple, dans mon travail, j'ai l'occasion un certain nombre de fois de mettre un peu d'engagement, un peu de conviction. Et quand c'est possible, je le fais. Parce que j'aime bien déjà montrer que ça existe, mais aussi parce que moi, ça m'aide à trouver du sens.
- Speaker #1
Et tu parlais du coup de petits engagements quotidiens. Est-ce que tu veux nous en dire plus ? Moi, j'ai un souvenir. Quand on était toutes les deux étudiantes à Dauphine, Mathilde était toujours la première à arriver en salle de cours. Et je me disais, Mathilde, pourquoi est-ce que tu es toujours si en avance ? Et je trouve que ça en dit long sur sa personnalité. Donc Mathilde, si tu veux bien, je te laisse partager.
- Speaker #0
Déjà parce que je suis maniaque, on ne va pas se le cacher. Mais aussi parce que j'aime bien l'idée de me dire que je peux être interrompue sur mon chemin s'il y a quelqu'un qui a besoin d'aide. Et ça m'est arrivé plein de fois, en fait, de rencontrer des gens qui ont du mal à porter des sacs de course, ou une valise dans le métro, ou quelqu'un qui fait un malaise, et de me dire que je peux m'arrêter pour donner un coup de main. Toujours s'arrêter et évidemment que dans l'idéal il faut le faire mais que ça va pas me mettre en retard etc et que je peux accorder le temps nécessaire aux gens qui en ont besoin. Et voilà au quotidien moi j'aime bien l'idée de rendre des services, j'aime bien l'idée que mes voisins me connaissent et qu'ils sachent qu'ils peuvent frapper chez moi pour avoir un coup de main. J'aime bien l'idée de savoir que la solidarité simple en fait qui ne nécessite pas forcément d'encadrement. associatifs ou institutionnels, elle existe au quotidien et qu'on peut dans la rue s'arrêter pour se demander des choses et je sais pas si ça se voit, mais on m'arrête tout le temps. Vraiment, très très souvent, on m'arrête dans la rue pour me demander une direction, pour me demander un coup de main. Et moi j'aime bien ça. Il n'y a pas très longtemps, je m'étais dit que j'avais envie de noter les choses au quotidien qui me faisaient du bien. pour me concentrer un peu sur le positif. Et j'ai remarqué que ce qui revenait tout le temps, c'était les moments où j'avais eu l'occasion de donner un coup de main.
- Speaker #1
Et ça, c'est hyper précieux, surtout dans une ville comme Paris, où tout le monde est pressé et pressant. Et on a tous des engagements aux quatre coins de la ville, rive droite, rive gauche. Et on se balade, montre en main, le plus vite possible. Et puis parfois sans sourire, sans accueil de l'autre. Donc de laisser, de planifier. un temps pour laisser place justement à l'imprévu et à la rencontre, c'est quand même une belle forme d'engagement. Mais du coup Mathilde, tu disais que tu avais grandi à Grenoble et que peut-être que ça orientait ton engagement. Est-ce qu'il y a des moments de vie ou en tout cas est-ce que tu arrives à identifier des éléments déclencheurs en particulier ?
- Speaker #0
Alors, je pense que Grenoble ça a participé à ma sensibilité aux enjeux environnementaux parce que j'ai grandi entourée de la nature. Et dans un environnement où globalement il y a beaucoup de gens sensibilisés au sujet de transition écologique. Mais je pense que pour l'engagement à proprement parler, le fait d'avoir envie de faire des choses et de passer à l'action, il y a des petits moments qui ont effectivement marqué un pas. Moi je me souviens que quand j'étais au collège, j'étais dans la pastorale de mon collège, et qu'ils organisaient très souvent des projets un peu caritatifs. Et je me souviens en particulier d'une année où on avait fait un projet... pour aider des personnes qui vivaient à la rue à Grenoble, qui s'appelait le projet Sac à dos. Et on avait dû faire des collaborations avec des magasins de sport pour qu'ils nous donnent des ingendus des sacs à dos et ensuite des collectes de produits de première nécessité pour remplir les sacs et les offrir à Noël. Et je me souviens qu'à ce moment-là, je m'étais dit mais c'est trop bien parce qu'on peut, en menant des projets qui font sens, en ayant un impact sur... Un petit impact sur la vie des gens, mais en essayant de se rendre utile. Aussi, une expérience où on rencontre des gens trop chouettes, où on est dans un projet, en fait. Et moi, j'avais adoré ça, puisque j'adore aussi tout ce qui concerne la gestion de projet, etc. Et j'avais 12 ans, donc je ne le savais pas, mais je pense que ça, ça a contribué. Et de manière plus générale, sur le fait d'essayer de se rendre utile au quotidien, en fait, je n'y avais jamais pensé, mais j'ai des parents qui s'engagent tout le temps. Et je ne m'en étais pas rendue compte avant. Mais depuis que je suis petite, dans un immeuble de 8 étages, mes parents connaissent tout le monde. Et c'est des référents d'EHPAD. Il n'y a que des pertes d'âgés. Et tout le monde peut venir toquer. Et du coup, je pense que ça a joué.
- Speaker #1
Ok. Un exemple aussi dans la famine. Ça a été incarné et qu'en fait, sans s'en rendre compte...
- Speaker #0
En fait, du coup, ça a été évident. C'était juste comme ça qu'on faisait.
- Speaker #1
Ok. Et aujourd'hui, du coup, tu t'engages pour la transition écologique et sociale. Tu as aussi fait des stages engagés au sein du mouvement Impact France, par exemple. Donc, tu t'instruis aussi beaucoup sur tous ces sujets-là, sur la réalité du maintenant, mais aussi des années à venir. Est-ce que, du coup, il y a des moments où tu as questionné tout ça, où tu as été découragée dans ton engagement ? Et peut-être une question parallèle, c'est du coup, en termes d'émotion, Quelle place prend la colère, l'espoir ou la joie dans ton engagement aujourd'hui ?
- Speaker #0
C'est marrant parce que moi, l'émotion qui vient en premier, c'est plus la peur. En fait, je pense que peur-colère, c'est un peu ce qui fait que moi, j'ai envie de faire des choses. C'est que, en particulier pour les sujets de transition écologique et sociale, l'effondrement de la biodiversité, le changement climatique et toutes les répercussions sociales que ça a sur les gens, moi, honnêtement, ça m'effraie. des fois ça me met en colère aussi parce que voir l'inaction politique et même enfin comment dire, parfois les actions négatives et à contresens de certaines grandes entreprises etc, je dirais que le duo peur colère, il est très présent. Et que moi, ça me donne envie d'aller un peu pas à contre-courant, parce que c'est pas moi toute seule qui va aller à contre-courant, mais de faire quelque chose pour aller dans le sens que j'aimerais voir advenir. Enfin, j'ai découvert que c'était une citation de Gandhi, il me semble, qui était « Sois le changement que tu veux voir dans le monde » . Et moi, c'est un peu un truc que je me répète souvent, de me dire, en fait, on peut pas attendre des autres qui changent. la seule personne qu'on peut faire changer c'est soi-même et en plus en changeant et en montrant qu'il y a des choses qui existent, qui sont possibles et qui sont pas des sacrifices, qui sont pas des choses forcément désagréables mais que ça peut être vraiment super à vivre, et ben ça peut motiver et entraîner des gens derrière soi et c'est là qu'arrive la joie et tous les sentiments plus positifs, c'est que moi je trouve que Les engagements au quotidien, c'est vraiment une source d'épanouissement, c'est vraiment une source de joie de rencontre, etc. Et donc ça, c'est super mobilisateur. Et si ce qui déclenche n'est pas forcément positif, ce qui entretient, ça l'est complètement. même quand tu disais il y a une baisse de régime même quand on se dit que à quoi bon en fait ou quand c'est plus difficile parce que on n'a pas le temps, on n'a pas l'énergie et ben je trouve que voir ce que c'est au quotidien, dans l'action concrète, ça remobilise.
- Speaker #1
Moi j'ai une question pour toi Mathilde, et peut-être qui ferait écho à ce que tu disais sur la joie, le partage et le collectif que tu retrouves dans l'engagement, c'est est-ce que tu as eu un ou des moments que tu souhaites nous partager, dans lesquels tu t'es dit, là je suis au bon endroit ?
- Speaker #0
Alors effectivement il y en a eu plusieurs, comme on a... pas tant parlé du club, je vais peut-être reparler un petit peu de ça. Donc le club, on l'a fondé avec trois autres personnes il y a trois ans. Club Transition écologique et sociale de Dauphine Alumni. Et on a fait un grand événement de lancement. C'était une conférence, une table ronde pour annoncer l'existence de ce club et pour faire se rencontrer des gens qui étaient intéressés par ces thématiques. Et en fait, je me souviens que dans l'organisation de l'événement, déjà je m'étais dit je suis au bon endroit parce que ça venait cocher des cases aussi de ce que moi j'aimais en dehors de l'engagement en proprement parler, parce que c'était de la gestion de projet en fait, et que moi j'aime faire ça et que ça sert à rien de se forcer à faire des choses qu'on aime pas, il faut que ça prenne aussi cher dans notre personnalité donc je m'étais dit que ça faisait sens parce que j'aimais la gestion de projet, mais en plus c'était un projet pour lequel j'avais envie de travailler sans compter mes heures donc c'était vraiment super, et je me suis aussi sentie particulièrement à ma place le soir de cet événement Parce que je me souviens que les gens étaient contents. Ils avaient envie d'être là. C'était un endroit, et c'était une idée qu'on avait réfléchie entre nous, mais on ne s'était pas trop projeté dans ce que les gens allaient nous dire, ce qu'ils allaient ressentir. Et ils nous avaient dit, mais en fait, c'est trop bien, ça nous offre une petite bulle. On avait l'impression qu'à Dauphine, c'était des sujets dont on ne pouvait pas suffisamment parler, qu'on était seul, etc. Et en fait, on se rend compte qu'on est super nombreux. Et je m'étais dit, waouh, ok, trop bien. ce qu'on fait résonne et ce qu'on fait parle à des gens et donc je pense que ça fait partie du moment où je me suis dit vraiment que j'étais au bon endroit et
- Speaker #1
aujourd'hui comment est-ce que tu nourris du coup la petite flamme de l'engagement ?
- Speaker #0
je pensais vraiment le collectif Pour les engagements qui sont associatifs, pas les petits actes individuels au quotidien de solidarité, qui pourtant sont aussi nourris par l'autre, parce que c'est le sourire, c'est le merci, on fait des choses ensemble. Mais je pense que dans l'engagement associatif, c'est vraiment le fait de se retrouver avec des gens qui partagent une énergie, une volonté, et qui sont vraiment nourris par une envie de faire des choses ensemble. Déjà, on apprend plein de choses les uns des autres. Et puis en plus, on se motive de semaine en semaine à voir plus grand et à s'entraider aussi, parce que contrairement au monde, par exemple, du travail parfois, ou au monde sportif, la compétition n'existe pas, ça n'a pas de sens, on est tous au service d'un projet en commun. Et je trouve que, moi, c'est un état d'esprit et c'est une manière de faire des choses ensemble qui me porte beaucoup.
- Speaker #1
Et du coup, quand tu as créé le club, c'est parce qu'il n'existait pas d'initiative comme ça à Dauphine ? Est-ce qu'en général, il me semble que tu me parlais d'autres collectifs aussi pour les étudiants engagés ?
- Speaker #0
Oui. Alors en fait, moi, je suis tombée complètement par hasard sur un... Un événement qui avait lieu à l'Académie du Climat, qui était organisé par un collectif qui s'appelait Ambition Transition. C'était un événement où il y avait plein d'entreprises qui venaient présenter des offres d'emploi ou de stages en lien avec la transition écologique et sociale. Et je m'y suis rendue parce que j'avais envie de trouver un stage potentiellement et que c'était un secteur qui m'intéressait. Et j'ai trouvé que c'était vraiment génial, super bien organisé. Je suis allée voir les bénévoles d'Ambition Transition et je leur ai dit « Mais qui êtes-vous ? Que faites-vous ? » Et ils m'ont dit qu'en fait c'était un regroupement de plein de clubs transition écologique et sociale appartenant à des établissements d'enseignement supérieur et qui se regroupaient dans ce collectif Ambition Transition pour mener des actions communes. Donc déjà moi j'ai beaucoup aimé l'idée de se regrouper et d'être dans, encore une fois, une vision solidaire de coopération plutôt que de se faire des petites guéguerres entre collectifs, qui fera les plus gros événements, qui aura les plus grosses retombées potentiellement médiatiques, etc. J'ai beaucoup aimé l'idée de collaboration. Et je leur ai dit, mais trop bien, comment vous aider ? Qui sont les référents à Dauphine ? Ils m'ont dit, mais à Dauphine, ça n'existe pas. Et j'ai dit, ah, d'accord, comment faire donc ? Ils m'ont dit, il faut créer un club.
- Speaker #1
Il se trouve que tu étais en Master 2 Entrepreneuriat et Projet Innovant.
- Speaker #0
Voilà, j'ai donc dit, ok, on va essayer de créer un club. Et j'ai eu beaucoup de chance, parce que déjà, j'ai trouvé des gens qui étaient motivés pour le faire avec moi. Motivés ou pas motivés, certains disent que je les ai. embobinés en leur faisant croire qu'il fallait juste signer un papier. Mais c'est pas tout à fait vrai. En vrai, ils étaient motivés pour le faire avec moi. Et on a été aussi accompagnés et soutenus par plein de gens à Dauphine et en particulier Dauphine Alumni. Et c'est comme ça que c'est parti. Et après, quand on organise des choses et que les gens viennent et qu'ils sont contents, c'est le carburant. C'est parti.
- Speaker #1
Ça paraît simple dit comme ça. Mathilde, on n'en a pas encore parlé, même si j'ai déjà donné un petit indice sur ta formation en parlant de master d'entrepreneuriat à Dauphine. On n'a pas parlé de ton métier. Aujourd'hui, tu es analyse sustainability dans un cabinet de conseil. Donc c'est un poste qui doit te prendre pas mal de temps et d'énergie. Est-ce que tu veux nous parler de comment tu en es arrivée là ?
- Speaker #0
Alors oui, comme tu l'as dit, on a fait nos études ensemble à Dauphine. La dernière année, moi j'ai décidé que ce ne serait pas la dernière année. J'avais envie de me spécialiser sur les enjeux de transition écologique et sociale, et en particulier sur le sujet de la gouvernance du développement durable. Et pour ça, je suis partie faire des études pendant un an en plus à l'étranger. Et j'avais envie de travailler dans ce secteur-là quand je suis rentrée en France. Et j'ai été confrontée à la réalité du marché de l'emploi, qui était compliquée. Je ne trouvais pas forcément des offres sur mesure par rapport à ce que j'avais envie de faire, principalement dans le secteur public ou le milieu associatif. Et donc je me suis demandé comment continuer à apprendre et comment travailler dans un métier quand même un petit peu en rapport avec ce que j'avais envie de faire et ce qui m'animait, tout en trouvant un emploi. Et je me suis rendue compte que le secteur du conseil recrutait et que le secteur du conseil avait parfois des postes ou même des départements qui étaient orientés vers des sujets de développement durable. Et je me suis dit pourquoi pas essayer. Et c'est ce que j'ai fait.
- Speaker #1
Comment tu fais ? pour concilier ta vie professionnelle dans le conseil, qui te prend pas mal de temps, et tes engagements en dehors du travail, donc le club et tous les autres engagements que tu nous as cités.
- Speaker #0
Je dirais que ça dépend vraiment des moments. En fait, ce qui est pratique quand on est dans une association, en général, c'est que c'est quand même très flexible. Les associations qui sont intelligemment organisées, elles s'adaptent aussi aux contraintes de leurs bénévoles. Et elles essayent de faire en sorte que ça puisse être compatible avec leurs engagements professionnels, leur vie de famille, etc. Pour le club, moi je dirais qu'effectivement c'est quand même de l'organisation. Parce que quand on se fixe des échéances, quand on organise des événements, il faut être disponible pour les mener à bien. Moi ce que je fais aujourd'hui, c'est qu'on a une réunion d'équipe d'organisation d'un événement qui est hebdomadaire. Et on prépare ces réunions en faisant un ordre du jour. comme dans le monde de l'entreprise, on fait un compte-rendu à la fin et on se donne des objectifs pour la semaine suivante et on essaye de se répartir les tâches. C'est toujours très flexible si on peut pas, on peut pas, on se tient au courant mais donc moi j'ai ma petite to-do liste de choses à faire, on avait notre réunion ce midi et je sais que pour la semaine prochaine ce serait idéal si je pouvais faire ce que j'ai fait enfin ce que j'ai marqué sur ma liste. Donc c'est comme ça que je m'organise et moi ce que je conseille c'est d'essayer de surtout pas transformer son engagement en contrainte. A partir du moment où ça devient une charge, où ça devient un stress, c'est plus possible parce qu'en plus ça dégoûte. L'idée c'est pas du tout ça, c'est de faire en sorte toujours de s'adapter pour que ce soit tenable et pour que ce soit source de motivation et pas... l'inverse, loin de là.
- Speaker #1
Et donc comment on fait dans ce cas si ça devient une charge ? Quand tu dis on s'adapte, c'est d'en parler avec les autres ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Moi, ça m'est déjà arrivé dans le club d'avoir des personnes qui me disaient « Là, c'est trop, je n'y arrive pas. Comment je peux faire ? » Déjà, il faut le dire parce qu'effectivement, on n'est pas dans le monde du travail. Déjà, je pense que dans le monde du travail, il faut le dire. Mais en fait, personne ne vous attend au tournant. Il n'y a pas de promotion, il n'y a pas d'augmentation salariale, il n'y a pas de résultat à proprement parler Donc on est entre personnes qui partagent des objectifs, il faut le dire, et ensuite chercher des solutions, par exemple, décaler des échéances, mieux répartir la charge organisationnelle, et voilà, faire autrement. En fait, il y a toujours des choses. Moi, ça m'est même arrivé d'avoir des gens dans l'équipe qui ont dit « Là, ça ne me va pas, pour l'année à venir, j'ai envie de me concentrer sur autre chose. Est-ce que je peux mettre une pause ou même arrêter ? » Et en fait, il n'y a pas de souci. C'est pas un sacerdoce, on rentre pas au courant.
- Speaker #1
Mathilde, on arrive sur les dernières questions du podcast. Aujourd'hui, quels sont les prochains pas pour toi dans ton engagement ? Comment tu vois la suite ?
- Speaker #0
Alors moi, déjà, j'ai des ambitions de transmission. C'est-à-dire que je pense qu'au bout d'un moment, dans certains projets, on a fait son temps. qu'on n'a plus la motivation qu'on avait au départ ou qu'on n'a plus de nouvelles choses à apporter et que c'est bien de savoir passer la main, en particulier dans le secteur associatif. Donc moi, un des prochains pas, c'est d'essayer de passer la gouvernance du club à d'autres personnes. Mais ça prend du temps, ça prend aussi une capacité à déléguer, à faire confiance et à transmettre. ce qu'on avait envie de faire à d'autres personnes, en leur permettant aussi d'apporter leur pierre à l'édifice et de faire leur propre chemin.
- Speaker #1
À lâcher le bébé, quoi. Aussi, à lâcher prise.
- Speaker #0
Lâcher le bébé, lâcher prise, et accepter que ça puisse potentiellement prendre un peu une autre direction. Moi, je pense qu'il y a beaucoup de projets qui ne survivent pas au départ de leur fondateur et que c'est dommage, parce qu'ils n'arrivent pas à lâcher le bébé ou parce qu'ils n'arrivent pas à trouver quelqu'un qui soit suffisamment motivé. et prêt à reprendre le bébé de quelqu'un d'autre. Donc ça, pour moi, c'est un prochain pas. Et sinon, moi, j'aimerais bien essayer de faire en sorte de m'investir aussi un peu plus sur des sujets politiques et faire de la transition écologique et sociale une action politique pour tous, quelles que soient les orientations politiques et quel que soit le degré d'engagement. Et je pense que je vais potentiellement un peu m'investir en soutien pour les campagnes présidentielles de
- Speaker #1
2027.
- Speaker #0
Et voilà.
- Speaker #1
Tu souhaites nous dire en soutien de qui ?
- Speaker #0
Je vais attendre de voir comment se positionnent les candidats, etc. Mais moi, il y a un parti politique que j'aime beaucoup, que j'avais soutenu pour les législatives l'année dernière et que je vais soutenir aussi pour les municipales de 2026. Ça s'appelle Equinox. Et voilà, j'avais même failli être candidate. Je ne sais pas si tu le laisseras, mais pour les européennes. Ils cherchaient des gens. Voilà.
- Speaker #1
On mettra le lien d'Equinox dans la description de l'épisode pour aller se renseigner.
- Speaker #0
Et pour le coup, un super projet citoyen qui donne vraiment la parole, même aux gens qui sont juste des sympathisants. On y envoie beaucoup de mails pour prendre la température, demander des avis et faire participer ceux qui ont envie de participer.
- Speaker #1
Pour terminer sur cette belle lancée et clôturer ce podcast, Mathilde, quel pas ? est-ce que tu conseillerais à quelqu'un qui veut avancer à son rythme, faire plus d'engagement ?
- Speaker #0
Moi, je conseillerais de tester des choses. Il y a plein de choses qui permettent de s'engager sur plein de sujets différents sans justement trop s'engager. Essayer. Par exemple, il existe deux grandes plateformes qui sont vraiment super. Une qui est portée par l'État qui s'appelle Je veux aider et qui référence plein de petites missions de bénévolat. ponctuels dans des associations et qui permettent de mettre le pied à l'étrier sur plein de sujets différents, même parfois juste quelques heures une après-midi. Et je trouve que ça permet de voir déjà si on se sent à l'aise dans un collectif, si on se sent à l'aise avec un sujet, si on se sent à l'aise dans une manière de traiter une problématique.
- Speaker #1
Qui peut même être en lien avec son métier et du coup permettre à la personne qui s'engage de se perfectionner, d'avoir une expérience en plus à valoriser. qui permet à la fois de cocher cette case de sens, d'engagement, d'entrer dans du collectif de partager ses émotions de joie, de faire ensemble d'être dans l'action et aussi de mettre à profit une compétence qu'on a et de développer des compétences et d'en aller plus loin
- Speaker #0
Donc il y a Je veux aider, et puis il y a aussi des plateformes beaucoup plus petites, comme par exemple la Fourmilière, qui référence plein de projets auxquels n'importe qui peut participer, s'inscrire pour, par exemple, juste une après-midi, un week-end. Et moi, je pense que c'est aussi quelque chose qui se fait très bien, par exemple, entre amis. Au lieu de proposer d'aller faire un musée ou d'aller prendre un verre, de dire, tiens, cet après-midi, si on ne s'inscrivait pas à une action bénévole, par exemple, aller cuisiner dans une association, ou... aller même être bénévole sur un festival, par exemple, ça permet d'avoir un loisir qui est aussi un engagement.
- Speaker #1
Merci beaucoup. J'ai vu d'ailleurs qu'à l'Académie du climat, par exemple, je crois que tous les mercredis, il y avait de la cuisine pour la redistribution. Ils font aussi beaucoup d'événements. Tu disais que c'était quand même là-bas que tu avais découvert Ambition Transition. Du coup, tu as fait créer le club. Donc il y a peut-être quelque chose à retenir aussi, qui est que si vous résidez à Paris,
- Speaker #0
allez à l'Académie du Climat,
- Speaker #1
parce qu'il se passe des choses carrément chouettes.
- Speaker #0
Oui, et qui permettent de se sentir aussi moins seul. Si par exemple, vous avez envie d'aller en manif, et vous n'avez jamais testé, allez à l'Académie du Climat, parce que souvent, si c'est des manifs en lien avec la transition écologique, vous avez des ateliers de création de pancartes avant les manifs, pour rencontrer des gens, faire des belles pancartes et partir ensemble.
- Speaker #1
Je me note ça pour mon prochain séjour parisien. Mais en tout cas, merci Mathilde pour ces idées. Je trouve que c'est hyper accessible et inspirant. Et merci encore une fois pour ton temps, ton énergie et ton partage aujourd'hui. Je vais mettre tous les liens des sujets qu'on a abordés en barre de description du podcast. Et je suis sûre qu'on aura l'occasion de se revoir vite et de suivre toutes tes aventures. Merci à toi. Bon engagement à tous. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a touché, c'est peut-être le signe d'essayer quelque chose, même un tout petit pas, juste pour voir où il vous mène. Et si vous voulez soutenir le podcast, vous pouvez laisser quelques étoiles sur votre plateforme d'écoute, ou simplement le partager à une personne pour qu'il pourrait résonner. A très vite !