- Speaker #0
Je suis Emmanuelle. Avant même de savoir marcher, j'étais déjà sur un traîneau entouré des huskies de mes parents. Depuis, 19 chiens ont façonné ma façon de vivre, de voyager, de travailler et de rêver. Dans une havique nordique, je te partage chaque semaine mes aventures, mes conseils et des rencontres inspirantes. Que tu sois amoureux du froid, du grand nord, de la montagne ou tout simplement fasciné par les chiens de traîneau, mecheur ou pas, tu es au bon endroit. Chaque épisode est pensé pour provoquer un véritable déclic, t'aider à oser, à dépasser tes peurs et à t'aider à franchir ce premier pas vers ton propre rêve d'aventure. Bonne écoute et si tu es nouveau, bienvenue dans mon univers givré. Bonjour Ariane, merci d'être sur le podcast aujourd'hui après de multiples essais en arrivant à savoir comment tu vas aujourd'hui.
- Speaker #1
Bah écoute ça va super, je te remercie, merci de m'avoir sur le podcast.
- Speaker #0
Et je vois là, donc les auditeurs ne vont pas voir, mais tu as une petite boule de poil sur toi. Qui c'est ?
- Speaker #1
Alors, c'est Alba. C'est une petite poupette issue de ma dernière portée entre Skadi et Totoro et la nouvelle recrue de notre équipe de Samoyed.
- Speaker #0
Trop bien, tu vas nous en dire plus. Est-ce que tu pourrais te présenter en trois bullet points, trois choses à savoir pour les auditeurs ?
- Speaker #1
Alors, tout d'abord, je m'appelle Ariane, comme tu l'as déjà mentionné. J'ai 27 ans, je suis française et j'habite aujourd'hui dans le nord de la Norvège, 350 kilomètres au-dessus du cercle polaire, avec mes samoyèdes et mes laïcas. J'ai mon élevage... Pardon, désolée.
- Speaker #0
Non, ça va, effectivement.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, ma vie tourne principalement autour de mes chiens, de l'élevage, des expositions, du mushing et de l'entraînement pour les courses.
- Speaker #0
Aujourd'hui, à quoi ressemble ta vie quotidienne ?
- Speaker #1
Alors je ne suis pas certaine qu'il existe vraiment une journée normale chez moi. Ça dépend énormément de la saison, ça dépend de la météo, ça dépend de mes horaires de travail, parce qu'à côté de mes chiens, j'ai deux emplois. Merci. un à temps plein et un à temps partiel. Mais une chose qui ne change jamais, c'est que mes journées commencent toujours et se terminent toujours avec mes chiens. On se lève, il faut sortir tout le monde parce que mes chiens dorment à la maison malgré le fait que j'ai des chenilles. Ils dorment tous à l'intérieur. On sort les chiens, on nourrit les bébés, on donne la soupe du matin aux adultes pour les préparer pour l'entraînement du matin qui est en général aux alentours de 6h30. avant d'aller travailler. On sort faire une petite sortie tous ensemble le matin. Ensuite, on rentre en général au bout d'une heure parce que je commence le travail à 8 heures. Et après le travail, on reprend la soupe pour les loulous, on repart à l'entraînement, on nettoie les chenilles, on toilette les chiens parce qu'avec 7 chiens qui ont du poil, il y a pas mal de brossage aussi pour essayer de les garder en condition. le ménage à la maison l'emploi à temps partiel sur ma propre entreprise que je suis en train de monter et voilà ça fait des journées bien bien remplies je pense que tu dors bien la nuit ça fait des journées à rallonge j'aimerais bien que mes nuits soient un peu plus longues j'aimerais bien que mes journées soient un peu plus longues j'ai clairement pas suffisamment de 24h dans une journée malheureusement pour faire tout ce que j'ai à faire je comprends
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous présenter tes chiens ?
- Speaker #1
Bien sûr. J'ai aujourd'hui 7 chiens, dont 5 Samoyed et 2 Laïka Diakoussi. Ma première Samoyed, c'est Tum Belina ou Tumby pour les intimes, qui est une chienne que j'ai importée de Russie en 2018 et celle avec qui absolument tout a commencé. Ma deuxième, c'est... Tinkerbell ou Tinky, pour ceux qui nous suivent un petit peu sur les réseaux. C'est la fille de Thumbie issue de sa première portée que j'ai eue lorsque j'habitais encore en France. Ensuite, on a Totoro qui est également un fils de Thumbie et donc le demi-frère de Tinky. On a Skadi qui est également une Samoyette que j'ai importée de Pologne en octobre l'année dernière et qui est la maman de cette petite poulette que j'ai aimée. Que nos auditeurs, malheureusement, n'ont pas la chance de voir. Ensuite, j'ai Temis, une Laïka de Yakoussi qui a maintenant un an et demi, importée de France l'année dernière. Tu lis une autre petite Laïka de Yakoussi importée au mois d'août cette année, qui a tout juste cinq mois et qui est mon plus gros espoir à l'attelage à l'heure actuelle. Et ensuite, il y a une septième boulette à la maison en ce moment. Elle s'appelle Olympe. Ce n'est pas ma chienne. Elle est là uniquement pour faire du traîneau. Elle a déjà fait une saison avec nous et du coup elle entame sa deuxième saison cet hiver.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui c'est la vie que tu as rêvé, que tu projetais avant de partir ?
- Speaker #1
Alors j'ai envie de te répondre oui et non. Tout simplement parce que je ne pense pas avoir rêvé précisément la vie que je vis aujourd'hui. Petite, je ne me disais pas un jour je vais vivre dans le nord de la Norvège avec une meute de chien, je ferai du traîneau, etc. Enfin moi je ne viens pas du tout du monde du chien à la base. je savais même pas que cette vie pouvait exister pour moi parce que je suis née à Paris, intramuros j'ai fait des études littéraires mes parents voulaient que j'aille soit en école de médecine, soit en école de droit le chien était très très loin de ma vie de ma réalité par contre quand je regarde ce que je recherchais depuis toujours finalement à l'heure actuelle absolument tout est là je voulais de la liberté Je voulais des animaux, je voulais de la nature, je voulais découvrir le monde et surtout, je crois que je voulais une vie qui me donne envie de me lever le matin. Ça a été un gros sujet problématique avec mes parents quand j'ai décidé de partir à l'âge de 18 ans. Pour eux, c'était soit j'allais en école de droit, soit j'allais en école de médecine et il n'y avait pas d'autres possibilités. On s'est énormément pris la tête et je leur ai dit, moi, dans 10 ans, je n'ai pas envie de me lever le matin. pour un travail qui va me rapporter beaucoup d'argent, etc. Ma définition du bonheur, c'est pas ça. Ma définition du bonheur, c'est dans 10 ans, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 50 ans, j'ai envie de me lever le matin et d'être heureuse. Et c'est vraiment le plus important à mes yeux. Donc, c'est pas exactement la vie que je rêvais. C'est mieux que ça, j'ai envie de dire aujourd'hui. C'est vraiment mieux que ça. Parce que c'est une vie que j'avais même pas pensée avoir le droit d'imaginer. Et je trouve que c'est important parce qu'on nous demande très très jeune ce qu'on veut faire de notre vie, comme s'il fallait absolument avoir une réponse définitive à 15, 16, 17, 18 ans, alors qu'en fait, on a encore toute la vie devant. Moi, à 18 ans, je n'aurais jamais pu dessiner la vie que j'ai aujourd'hui. Et heureusement que je ne me suis pas obligée à suivre uniquement le plan que j'avais parce que je pense que mon rêve, je l'ai découvert en partant et en me lançant dans le grand bain, en fait.
- Speaker #0
J'adore et je suis totalement d'accord avec toi qu'il faut se lever le matin en ayant envie d'aller travailler ou de faire ce qu'on aime, etc. Enfin voilà, on a peut-être plusieurs vies, mais en tout cas, celle-là, elle est courte. Donc effectivement, tu as totalement raison et je suis totalement d'accord avec ça. Donc tout a commencé avec Tom Bellina. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu pourquoi le Samoyed ? croit cette chienne, comment elle est arrivée dans ta vie ?
- Speaker #1
Alors, le Samoyed, ça a commencé en 2009-2010, quand j'avais 10-11 ans. J'étais vraiment encore un tout petit bout d'enfant qui découvrait le chien. Et en fait, un jour, en me baladant dans Paris avec mes parents, j'ai croisé une boule de poils blanche avec un énorme sourire sur la tronche et je suis tombée en amour complet. Donc au début, c'était un coup de cœur vraiment... uniquement physique. Et plus le temps passait, plus je me renseignais sur la race, plus je rencontrais des sames moyennes et plus je me rendais compte qu'en fait, c'était exactement ce que je recherchais dans un chien. Un chien qui est capable d'être indépendant, mais qui est malgré tout très proche de son humain. Un chien qui aime faire plaisir, un chien qui est actif, mais sans être dans l'excès non plus, qui est capable de se poser. Un chien qui peut autant te suivre sur 15 jours en trek dans la montagne comme vivre en appartement sans aucun problème. En plus de l'aspect physique qui déjà me plaisait énormément. Et du coup, c'est comme ça que la race... Enfin, je me suis dit, j'ai trouvé, c'est ça que je veux. C'est vraiment le chien que je veux. Puis, Thumbie est arrivé dans ma vie en 2018. Donc, juste après... que je sois partie de chez mes parents quand je leur ai dit, non, vos études de droit ou de médecine, ça ne m'intéresse pas. Je veux un chien et je veux m'amuser avec un chien. Je l'ai emportée du coup de Russie. Elle m'a vue grandir. C'est la chienne de ma vie. C'est l'amour de ma vie. J'aime tous mes chiens d'une manière différente. J'ai une relation différente avec chacun d'eux. Mes tumbies, elles occupent vraiment une place euh qu'aucun autre chien ne pourra jamais prendre. C'est celle avec qui tout a commencé. Elle a été là avant la Norvège, elle a été là avant la Suède, elle a été là avant la Finlande, elle a été là avant la meute, elle a été là avant l'élevage tel qu'il existe aujourd'hui, elle a été là avant cette vie que j'ai aujourd'hui. Et cette vie, si je l'ai aujourd'hui, c'est avant tout... pour elle et grâce à elle que je l'ai.
- Speaker #0
À quel moment tu t'es décidée, tiens, si je partais vivre dans le Grand Nord, tout claquer, parce que ce n'est pas quand même juste, on part à quelques kilomètres de chez soi. Est-ce que tu peux nous raconter ça ?
- Speaker #1
Alors, carrément, et ce qui est assez drôle, c'est qu'en fait, à la base, je ne devais absolument pas partir définitivement. À la base, je devais simplement faire une saison d'hiver en Laponie suédoise parce que... Je suis partie principalement pour mes chiens, encore une fois, pour faire cette saison, parce que je voulais leur offrir la possibilité de vivre l'expérience d'un vrai hiver, chose qu'on n'a malheureusement plus en France à l'heure actuelle. Et du coup, moi, comme je te disais, j'habitais Paris intra-mureuse, donc encore moins à Paris qu'à la limite. Si on habite à la montagne, en Savoie, dans les Pyrénées, on peut retrouver l'hiver. À Paris, ce n'est même pas la peine, ça n'existe pas. Et du coup, en France, on a malheureusement... Pardon. je dépose le petit bébé. On a malheureusement de moins en moins la garantie d'avoir plusieurs mois de neige et ça me rendait triste que mes chiens de traîneau ne puissent pas faire l'expérience de ces températures et de la neige. Et donc je voulais les voir dans cet environnement. Mon plan était relativement simple, partir quelques mois en Suède, faire un hiver, de la neige, du traîneau pour le fun. Et ensuite, retour à la vie parisienne.
- Speaker #0
Et oui.
- Speaker #1
Et ça ne s'est pas passé comme ça. Donc, au bout de tout juste deux semaines en Laponie suédoise, je me suis rendue compte et j'ai compris que ce plan n'allait pas fonctionner. Enfin, ce n'était même pas envisageable de les ramener en France parce que plus je regardais mes chiens, plus je les voyais s'épanouir dans l'environnement dans lequel on vivait, plus je les voyais heureux. dans la neige, plus je les voyais s'amuser quand on faisait nos petites sorties traîneaux qui à l'époque c'était vraiment 500 mètres, 1 km juste pour le pen je me suis dit impossible de les ramener à Paris et j'ai décidé donc de tout plaquer et de commencer une nouvelle vie dans le Grand Nord et je ne suis donc pas rentrée en France je suis restée un an et demi en Suède avant de me dire il me manque quelque chose c'est pas vraiment Ce n'est pas encore l'endroit que j'ai envie d'appeler mon chez-moi. Je suis partie en Finlande. Six mois, je n'ai pas du tout accroché. Ce n'était pas du tout ce que je recherchais. Et après six mois en Finlande, je me suis dit que la Norvège, ça a toujours eu une place particulière dans mon cœur. On va essayer. Ce qui me faisait principalement peur avec la Norvège, c'était le coût de la vie. Parce qu'ici, ça coûte extrêmement cher. et j'avais peur de ne pas réussir à m'en sortir surtout avec les chiens, ne pas pouvoir subvenir à leurs besoins, ne pas pouvoir gérer au niveau des frais vétérinaires, mais je me suis dit tu sais quoi Ariane, tu n'as qu'une seule vie, essaye si ça marche, ça marche si ça ne marche pas, tu as toujours l'option de retourner en Suède et de te réinstaller là-bas et puis de faire ta vie en Laponie suédoise et donc maintenant ça fait deux ans que je suis en Norvège, dans la même vallée, là où je suis arrivée la première fois et et... Voilà, ça fait deux ans que je suis ici et je pense qu'on va rester ici pour un sacré bout de temps parce que je pense que j'ai enfin trouvé l'endroit que j'ai envie d'appeler mon chez-moi.
- Speaker #0
Et oui, c'est plein d'émotions tout ça et c'est vrai qu'en France, on ne retrouve pas du tout les hivers comme on a eu. Moi, quand j'étais petite, on habitait dans les Vosges et aujourd'hui, je suis dans les Pyrénées. Et même dans les Pyrénées, on n'a plus du tout les mêmes hivers et c'est quelque chose, j'en ai parlé déjà dans d'autres épisodes de podcast, qu'on est beaucoup à se faire la remarque. Est-ce qu'on rend vraiment nos chiens heureux en France, enfin nos chiens nordiques heureux en France ? Alors oui, effectivement, dans le quotidien, ils le sont parce qu'ils sont avec nous, on fait des tas de sorties, etc. Mais quand on a mis les pieds en Suède, c'est sûr qu'il n'y a que quand on va dans ces pays-là qu'on se rend compte que... Ils ne sont pas si heureux profondément. Moi, je l'ai vu. Vraiment, quand ils sont vraiment au grand froid, c'est des chiens complètement différents. Et ça ne s'explique pas. Ça se voit, ça se ressent. C'est vraiment fou. Du coup, qu'est-ce qui… Donc, en fait, ta plus grosse peur, tu le disais tout à l'heure, c'était de ne pas subvenir aux besoins des chiens, etc.
- Speaker #1
Voilà ce que je pensais,
- Speaker #0
oui. J'imagine que tu as dû peut-être travailler à côté. Tu as trouvé un travail facilement ?
- Speaker #1
Alors, j'ai trouvé un travail relativement facilement parce que je travaille dans le secteur touristique principalement. Donc, je suis guide motoneige ainsi que guide musher, enfin guide entraîneau. Je guide aussi des excursions en raquettes, en ski, un peu tout ce qui touche au tourisme hivernal. Donc, dans ce cas de figure-là, la langue locale n'est pas nécessaire et ça te permet de pouvoir trouver un travail assez facilement. Maintenant, on ne va pas se mentir, avoir une situation stable quand on a uniquement des travails saisonniers, c'est assez compliqué parce qu'on n'a pas vraiment de stabilité. On a un emploi pour six mois, mais on ne sait pas ce qu'on fait les six mois suivants. Si on sait ce qu'on fait les six mois suivants, c'est fort probablement à l'autre bout du pays ou carrément dans un autre pays. C'est assez compliqué. Donc, au début, c'est génial pour pouvoir arriver sur place, s'installer, etc. Mais sur le long terme, à mes yeux, en tout cas, c'est pas quelque chose qui est… On peut pas vivre comme ça sur le long terme, c'est pas possible.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Donc, j'ai eu la chance de rencontrer des personnes sur place qui m'ont proposé un travail alimentaire. sans avoir besoin de parler la langue, en me disant qu'en échange de l'aide que je pouvais leur apporter, ils seraient très contents de me donner des cours de norvégien. Et du coup, ça fait maintenant quelques mois que j'apprends le norvégien. À la base, j'étais censée travailler dans cette petite entreprise uniquement pour quelques mois, le temps de trouver autre chose, un contrat longue durée. Et au final, il y a quelques semaines, je leur ai dit, écoutez, moi, si vous avez un contrat, l'équivalent d'un CDI, je signe parce que c'est vraiment super chouette. Je n'ai pas besoin forcément de Norvégien, mais j'apprends le Norvégien au quotidien. J'ai une équipe absolument formidable. J'ai des gens autour de moi qui sont absolument super chouettes. Et je ne sais plus où je vais.
- Speaker #0
Du coup, est-ce que ton travail actuel, est-ce que c'est un lien avec les chiens de traîneau ?
- Speaker #1
Mon travail n'a absolument aucun lien avec les chiens de traîneau. Donc je suis actuellement, enfin mon travail alimentaire en tout cas, qui me permet de payer mon loyer, mes factures, les factures vétérinaires.
- Speaker #0
Si j'ai bien compris, tu es rapidement partie de chez tes parents et tu as vite compris qu'il fallait partir là-haut. Aujourd'hui, tu as quel âge ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'ai 27 ans et je suis partie de chez mes parents lorsque j'avais tout juste 18 ans, juste après le bac.
- Speaker #0
C'est chouette, bravo parce que... Aussi jeune, d'avoir démarré tout ce projet en amont, donc assez jeune, ce n'est pas donné à tout le monde. Je pense que ce n'était pas facile non plus, même s'il y a l'envie. Qu'est-ce qui t'a donné la force ? Est-ce que c'est vraiment l'envie que tes chiens s'épanouissent qui t'a fait surmonter un peu toutes les difficultés ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il y a une grande partie de ça, mais il y a surtout… En fait, avant d'arriver dans le Grand Nord, j'ai déjà pas mal voyagé. Donc, comme je te disais, je suis partie de chez mes parents. J'avais 18 ans. Je suis d'abord partie m'installer, enfin m'installer, je suis d'abord partie en Croatie pendant six mois où je travaillais déjà dans le milieu canin, même si ça n'avait aucun rapport avec les chiens de traîneau. C'était concours de beauté, toilettage, etc. Donc, six mois en Croatie, je n'ai pas trouvé ce que je cherchais. Je suis partie un an en Allemagne, je n'ai pas trouvé ce que je cherchais. Je suis partie six mois en République tchèque, j'ai toujours pas trouvé ce que je recherchais. Après ça, je suis partie un an et demi aux Pays-Bas. Encore une fois, malgré le fait que j'étais super heureuse là-bas, je n'ai pas trouvé ce que je recherchais. Je suis partie passer un an en Italie, encore une fois, pas trouver ce que je recherchais. Et c'est vraiment en arrivant dans les pays scandinaves que je me suis rendue compte que ce que je cherchais tout du long, c'était de l'espace, du silence. et surtout une relation à la nature complètement différente un environnement qui permette à mes chiens de vraiment pouvoir s'épanouir et surtout trouver un endroit où la nature ne serait pas un endroit où j'irais uniquement sur mes jours de repos une fois dans la semaine une fois toutes les deux semaines quand je l'ai merci d'être aussi
- Speaker #0
transparente parce que souvent en tout cas je trouve que depuis Instagram parce qu'avant je pense qu'on réfléchissait pas comme ça on voit des gens faire des projets, on se dit « Ah, ils ont de la chance ! » Mais en fait, ce n'est pas arrivé tout seul. Tu as fait déjà plein de voyages, tu t'es certainement mise à l'anglais assez tôt, ce qui t'a certainement aidée. Les expériences précédentes ont fait qu'aujourd'hui, tu peux vivre ce que tu fais. Et donc, ça, c'est bien parce qu'on a tendance, et je m'inclus dedans, d'idéaliser les autres. Ils ont de la chance, mais en fait, ce n'est pas toujours au lendemain que tout arrive. Donc, si j'ai bien compris, effectivement, c'est la nature et le froid qui t'ont vraiment attiré. Et qu'est-ce qui t'a surprise que tu ne t'attendais pas ?
- Speaker #1
J'aurais tendance à te dire ce qui m'a vraiment le plus surprise. Ce n'est pas la nuit polaire qui, malgré le fait qu'elle soit très, très difficile et qu'elle impacte beaucoup, ce n'est pas le soleil de minuit, mais c'est vraiment la vitesse à laquelle l'extraordinaire devient normal. Comment je pourrais dire ça ? Au début, quand je suis arrivée en Laponie suédoise, la première aurore boréale que j'ai vue, c'était mon rêve de voir les aurores boréales, je sortais immédiatement. On disait, il y a une aurore dehors, je me mettais à pleurer, une aurore. Je sortais, je prenais 50 photos, j'appelais tout le monde, ma maman, mon Dieu, j'ai vu une aurore, ma meilleure amie, tout le monde. Et puis, un jour, tu sors tes chiens, Tu te promènes tranquillement juste à côté de chez toi. Tu lèves la tête et il y a une aurore au-dessus de la tête. Et c'est magnifique. Mais tu te dis juste, oh, elle est jolie ce soir. Et tout d'un coup, c'est plus extraordinaire. Je pense que c'est vraiment ça qui m'a le plus surpris, de presque devoir me rappeler au quotidien que mon mardi soir normal, c'est potentiellement le rêve de quelqu'un.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Je trouve ça vraiment beau. Et ça ne veut pas dire que je ne l'apprécie plus. Au contraire, ça veut dire que quelque chose qui autrefois était vraiment extraordinaire pour moi est devenu mon chez-moi.
- Speaker #0
Donc, on va parler un peu plus de tes chiens et des activités autour de tes chiens. Il me semble que tu as un projet. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
Absolument. Alors, mon projet dans sa globalité, c'est de monter un éco-lodge ici en Laponie norvégienne. Et au sein de cet éco-lodge, dans lequel je me verrais bien d'accueillir des personnes pour des durées plus ou moins longues, mais vraiment en extrêmement petits groupes, j'aimerais pouvoir offrir aux éleveurs, qu'ils soient français ou étrangers, la possibilité d'envoyer leurs chiens en saison de traîneau. Donc cette idée, elle est née assez naturellement. Lorsque moi, je me suis rendue compte avec Thumbie à l'époque, à quel point c'était en fait difficile quand on a un chien de travail qu'on aimerait faire travailler dans le monde du mushing en tout cas, de trouver quelqu'un qui puisse nous aider à le faire. Parce que si je prends mon cas de figure à moi, moi j'habitais Paris Intramuros, comme je le disais plus tôt. j'ai beau pouvoir faire du vélo avec elle, de la trottinette, etc., il me manque ce petit quelque chose et j'avais vraiment envie de pouvoir l'emmener en saison de traîneau. Et j'ai eu la chance de trouver un mûcheur qui a accepté de me la prendre pour la saison. Et j'ai voulu, du coup, à mon échelle, recréer cette possibilité-là pour absolument n'importe qui. que tu sois un petit particulier qui a uniquement un chien de compagnie à qui tu veux offrir la possibilité de vivre cette vie-là l'espace de un mois, deux mois, six mois, ou alors que tu sois un grand éleveur qui a je ne sais combien de chiens et qui va offrir à plus de chiens cette possibilité-là de pouvoir faire travailler les chiens, leur faire vivre des expériences. pour lesquels ils ont été sélectionnés sur des générations et des générations avant que nous, on commence à sélectionner uniquement sur l'aspect physique. Pouvoir permettre aux chiens de vivre un hiver dans lequel ils seraient vraiment épanouis et pouvoir, pour ceux qui le souhaitent, passer des brevets de travail. Parce qu'en France, encore une fois, aujourd'hui, à cause du manque d'enneigement, ça devient vraiment de plus en plus compliqué de pouvoir obtenir les brevets de travail pour les éleveurs qui souhaitent les passer.
- Speaker #0
Donc, si je comprends bien, par exemple, si je prends mon cas, aujourd'hui j'ai une chienne de 7 ans, si j'en vis cette année, tu la prends en charge sur l'hiver, sans moi c'est vraiment ça l'idée et que c'est toi qui la travaille avec les objectifs,
- Speaker #1
du coup c'est plutôt toi qui va conseiller les objectifs ou c'est moi qui vais dire oui j'ai envie que cette chienne elle fasse un peu de la longue distance par exemple je pars vraiment du fait que le chien à mes yeux le brevet de travail ou la saison de travail ne sera jamais plus importante que le chien. Du coup, je prends en compte les attentes du propriétaire. J'attends que le chien arrive chez moi. Je vois ce que le chien peut potentiellement faire, jusqu'où on peut aller, à quel point on peut pousser. Et encore une fois, quand je dis pousser, ce n'est pas aller plus loin que les limites que le chien a. C'est toujours le bien-être du chien en priorité. Et ensuite, en parlant avec le propriétaire, Trouver un point d'entente sur qu'est-ce qu'on fait, jusqu'où on va, quels objectifs on se fixe, etc. Donc, dans un premier temps, effectivement, pour le moment, je n'ai pas encore la possibilité d'accueillir les propriétaires avec leurs chiens. Mais sur le long terme, j'aimerais pouvoir justement accueillir les mûcheurs ou les propriétaires ou les éleveurs qui puissent venir passer une semaine, un mois, deux mois avec leurs chiens, du coup, à la maison et qu'on puisse travailler les chiens tous ensemble.
- Speaker #0
Trop bien. Donc, c'est un peu du coaching sportif, mais vraiment pour le chien et pas pour l'humain. Donc, ils courraient dans l'attelage de tes chiens, finalement, c'est ça ?
- Speaker #1
Tout à fait. Soit dans l'attelage de mes chiens. Pour le moment, le nombre de chiens que j'ai me permet d'avoir juste un seul attelage. Mais si un jour, je décide d'accueillir plus de chiens, à ce moment-là, on ferait des attelages qui seraient adaptés en fonction du niveau de chaque chien pour qu'il ne soit pas soit complètement à la ramasse, soit complètement beaucoup trop rapide ou beaucoup trop efficace comparé aux autres chiens de l'attelage et vraiment faire des groupes qui fonctionnent correctement ensemble.
- Speaker #0
Est-ce que ça s'adresse exclusivement aux chiens nordiques ou parce qu'il y a quand même plein de gens qui font aussi du sport avec d'autres types de chiens ?
- Speaker #1
Ça s'adresse à absolument tout type de chien. Et ça, je pense que c'est vraiment le point le plus important, en tout cas dans mon projet, parce que moi, je me suis rendue compte relativement tôt et notamment lors de l'hiver où j'ai envoyé Timby en saison de traîneau. Sa saison de traîneau, elle l'a fait avec des bergers australiens. Et ces vergers australiens, c'est vraiment les meilleurs chiens de traîneau que j'ai jamais rencontrés de ma vie. Ils étaient tellement enthousiastes, ils avaient tellement la patate, ils étaient tellement heureux de courir et de tracter que je me dis en fait que ce serait vraiment dommage de fermer la porte à d'autres races, alors qu'en fait, ce n'est pas la race qui importe, c'est vraiment le chien dans son individualité. Donc vraiment ouvert à toutes les races. Tant que le chien est capable de courir et de tirer, et que ça lui plaît.
- Speaker #0
J'adore l'idée du concept. Vu que c'est un projet, est-ce que les gens peuvent déjà te contacter pour une future saison ou pas encore ?
- Speaker #1
Alors oui absolument, on peut déjà me contacter pour une future saison. Comme je te disais dans mon introduction, en ce moment j'ai Olympe qui est là pour sa deuxième saison de traîneau, donc j'ai déjà commencé à toute petite échelle, donc c'est déjà possible en fait de commencer, simplement pour le moment je n'ai pas les structures qui me permettent d'accueillir 15 chiens en même temps, donc c'est vraiment très très très petit. On va essayer d'agrandir ça au fur et à mesure du temps et que surtout les finances le permettent.
- Speaker #0
Bien sûr. Et tu fais de l'élevage aussi avec tes chiens. Est-ce que du coup, c'est vraiment juste pour toi ou c'est dans l'objectif d'agrandir ce projet aussi, d'avoir plusieurs attelages ?
- Speaker #1
Alors, c'est, on va dire, un peu des deux. Donc, c'est effectivement d'abord... Pour moi, l'élevage, je ne fais pas du tout d'élevage dans le but de vendre des chiots. Si je fais une portée, c'est avant tout et principalement parce que j'ai envie de garder un ou plusieurs chiots du mariage que je vais effectuer pour pouvoir continuer mon travail de sélection, autant sur le physique que sur le mental, les capacités de travail, etc.
- Speaker #0
Et j'aimerais justement rester dans cette mentalité-là et cette organisation-là de si je fais une portée, c'est parce que moi, j'aimerais garder. Si je fais les portées, ce n'est pas pour remplir encore plus les refuges ou empêcher, enfin empêcher, ou voler la possibilité à un autre chien d'être adopté. C'est vraiment parce que moi, j'en ai besoin pour mon projet et que j'aimerais du coup agrandir mon équipe. Donc mon rêve de toujours, ce serait vraiment d'avoir mon équipe complètement constituée de Samoyed. avoir 12 sames moyennes ou 16 sames moyennes devant mon traîneau.
- Speaker #1
Et donc, j'ai bien compris que tu as quand même pas mal d'expérience aussi. Est-ce que toi-même, tu as fait déjà des compétitions à longue distance ou moyenne distance ?
- Speaker #0
Alors, je n'ai pas encore fait de course de mon côté. Jusqu'à présent, c'était principalement pour le fun, jusqu'à l'hiver dernier. L'hiver dernier, on était vraiment en objectif, on va faire de la course. Donc les chiens étaient absolument prêts pour les différentes courses auxquelles on a engagé. Malheureusement, moi et ma vie un peu imprévisible ont fait que je me suis blessée 1er janvier 2026. Gros traumatisme crânien, un épanchement dans l'épaule, je me suis tardue la cheville, je me suis déplacée la rotule et je me suis déplacée deux vertèbres dans le dos.
- Speaker #1
On ne sait pas les choses à moitié quoi.
- Speaker #0
Non, ce qui fait que du coup la saison entière de traîneau a été un peu mise à mal. Au final, à partir du mois de février, j'ai pu reprendre correctement les entraînements et faire en sorte d'être prête pour les deux dernières courses de la saison que je voulais faire. Enfin, les trois dernières courses, pardon. On avait du coup la Trompe-Squest qui était juste à côté de la maison, la Aurora Trail juste à côté de la maison et la Pacific Trail qui est à une quinzaine d'heures de la maison mais qui est... Une course que j'ai vraiment, vraiment envie de faire avec mes chiens. Sauf que malheureusement, le temps, la météo n'a vraiment pas été de notre côté parce que les courses ont toutes été annulées par manque d'enlègement. 3 ans et 50 mètres au-dessus du cercle polaire, voilà.
- Speaker #1
De vivre avec des chiens au quotidien, l'univers du mushing, qu'est-ce que ça t'a apporté ? Est-ce que ça t'a fait grandir ? Dis-nous tout.
- Speaker #0
Alors, le mushing m'a appris... plusieurs choses. La première étant qu'on ne connaît jamais complètement un chien simplement parce qu'on vit avec. Le travail a vraiment, chez mes chiens en tout cas, révélé une autre partie de leur personnalité. Quand tu mets un chien dans une équipe, que tu l'attelles au traîneau, tu découvres comment il réagit lorsqu'il est fatigué, tu découvres comment il réagit lorsqu'il doit réfléchir, lorsqu'il doit prendre des décisions. lorsqu'il va rencontrer des difficultés. Tu découvres quel chien va naturellement prendre des responsabilités. Tu découvres qui est celui qui va donner confiance aux autres, lequel va avoir une personnalité de leader, lequel va être extrêmement volontaire, lequel a vraiment besoin d'encouragement et va être beaucoup plus sensible. Tu apprends vraiment à observer. chaque chien. Par exemple, tu vois, je vais prendre l'exemple de mes chiens. L'hiver dernier, on a fait, bon, c'était pas une énorme saison, on a fait à peu près 2000 km sur les patins. Mais quand tu passes autant d'heures à travailler avec tes chiens, tu développes une connaissance extrêmement fine de chacun. Et parfois, un simple changement minuscule va te... dans sa manière de courir, simplement. la manière dont ces pattes vont se poser peut-être différemment va te permettre de savoir que quelque chose n'est pas normal. Il y a deux ans, j'ai eu une portée accidentelle, donc chaleur silencieuse. Je ne savais pas que la femelle avait eu ces chaleurs, je ne savais pas qu'elle avait été saillie, je ne savais pas qu'elle était gestante. Et un jour, à l'attelage, je me dis, elle ne se déplace pas comme d'habitude, elle n'est pas forcément gênée, elle n'est pas forcément plus lente, mais juste sa manière de marcher est différente. Et là, je me dis, « Ouah, mais attends, elle est en retard dans sa chaleur. » Du coup, j'appelle la vétérinaire. Je lui dis, « Écoute, j'ai un énorme doute de gestation, mais je ne peux pas avoir cette portée. » Enfin, ce n'est pas planifié. « Est-ce que je peux venir faire une échographie ? Et si la chienne est gestante, on fait un avortement. » Eh bien, j'arrive chez la vétérinaire. Elle pose son... Comment tu appelles ça, pardon ? Elle pose la sonde sur l'abdomen de ma chienne. Je regarde l'écran et là, je fais, « Oh, merde ! » Elle est née au... terme de sa gestation. Mais quand je dis au terme, c'est que deux jours après, elle m'était bas. Donc, impossible d'avorter. On a décidé de garder les chiots et de retrouver des bonnes familles pour compagnie. Mais du coup, le simple fait que ma chienne, en fait, se soit mise à marcher différemment, elle n'a pas pris de poids, elle ne mangeait pas différemment, elle ne se comportait pas différemment, mais sa manière de marcher, c'est pas de se poser pas de la même manière. Et je me suis dit, mais, il y a quelque chose, c'est bizarre.
- Speaker #1
Waouh, c'est... Merci. Donc, tout à l'heure, tu disais que... que voilà, tout ça t'a amené, donc les chiens t'ont amené au Grand Nord, etc., que t'as affronté pas mal de peurs, de doutes, mais aussi plein de belles choses. Si aujourd'hui, tu devais dire quelque chose à la toi avant de partir, qui avait peur ou qui était dans un moment de doute, qu'est-ce que tu pourrais te dire à toi-même ?
- Speaker #0
Oh, il faut que je réfléchisse à celle-là, pardon ! Qu'est-ce que je pourrais me dire à moi-même ? Je pense que je me dirais, oui, la vie que tu essaies de construire existe réellement. Mais aussi, je pense que je lui dirais d'arrêter d'essayer de prévoir toute l'histoire avant d'avoir commencé le premier chapitre.
- Speaker #1
Trop bien, j'adore. Et si quelqu'un nous écoute aujourd'hui en disant, moi je ne suis pas capable... de voyager ne serait-ce que comme tu t'étais censé faire initialement quelques mois avec mes chiens en suède au canada enfin voilà que sais-je qu'est ce que tu pourrais dire à cette personne en disant je pense qu'à quelqu'un qui n'ose pas je lui dirais de
- Speaker #0
ne pas regarder la vie des personnes qui aujourd'hui vivent leur vie de rêve et de se dire que c'est là qu'il faut commencer C'est super facile, tu l'as évoqué plus tôt lorsqu'on discutait, c'est super facile de regarder la vie de quelqu'un sur les réseaux sociaux et surtout la vie de quelqu'un après plusieurs années de parcours et de comparer son chapitre 1 avec le chapitre 27 de l'autre personne. Aujourd'hui, quelqu'un peut voir ma maison, ma meute, mes chiens au travail, mon quotidien, mais moi, je n'ai pas commencé là. J'ai commencé avec un chien, mais non, j'ai commencé sans chien. Puis ensuite avec un chien, puis une opportunité s'est présentée, puis il y a eu une saison, puis il y a eu une décision de rester un petit peu plus longtemps, et puis encore un petit peu plus longtemps. Et petit à petit, cette vie que j'ai aujourd'hui s'est construite. Et je pense qu'on attend énormément de se sentir capable avant d'essayer. Alors que c'est exactement l'inverse, on devient capable en faisant. Il ne faut pas forcément vendre toutes ses affaires du jour au lendemain et décider de partir vivre à l'autre bout de la planète. On commence petit et puis étape par étape, on grandit, on apprend, on part un peu plus longtemps, on se renseigne, on essaye, on se casse la figure, on recommence. Il faut simplement... demander encore et encore, est-ce que j'ai envie de faire l'étape suivante ? Et si oui, on continue.
- Speaker #1
Oui, parce que finalement, il n'y a pas forcément d'échec, c'est tout le temps des apprentissages. Quel est le tout premier pas ? Toi, quand tu t'es dit... Déjà, on va parler de l'idée qu'à la base, tu ne devais pas rester définitivement, mais donc l'idée de faire une saison en hiver. Quelle a été la toute première étape quand tu t'es dit, j'ai trop envie de partir en hiver ? pour que mes chiens vraiment vivent leur vie de chien nordique. Quelle était la première étape à faire ?
- Speaker #0
La première étape à faire, trouver un logement.
- Speaker #1
Oui, trouver un logement.
- Speaker #0
Trouver un logement et trouver un travail parce que forcément, il y avait énormément de peurs et de doutes. Énormément. Et je pense que c'est important de le dire parce qu'après coup, la décision peut paraître super courageuse. Alors que quand on l'apprend, on a absolument zéro certitude. Il y a énormément d'inconnus. Il y a le travail, l'argent, le logement, la langue, parce que du coup, on ne parle pas naturellement l'orgueil en suédois ou finlandais, l'administration, etc. Donc, je dirais, trouver un logement, c'est vraiment le plus important. Ou peut-être trouver un travail, parce qu'en général, une fois que tu as le travail, c'est plus facile de trouver le logement. Ce n'est pas plus compliqué de l'autre sens, mais c'est compliqué de trouver un logement sans le travail. Le travail saisonnier est vraiment super pour pouvoir commencer, mais ne pas idéaliser le travail saisonnier parce que sur le long terme, ce n'est pas réaliste. On ne peut pas faire une vie sur des travails saisonniers dans le Nord.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une erreur que tu as faite, que ce soit le premier séjour ou sur tes expériences d'avant où tu es partie par exemple Croatie, etc., à nous partager quelque chose qu'aujourd'hui, tu as appris de cette erreur et que tu ne refais pas justement ?
- Speaker #0
Après, il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup. Parce que comme dit, je me suis énormément cassée la gueule. Enfin, pardon. Je me suis énormément cassée la figure et puis relevée, cassée la figure et relevée. Mais j'aurais tendance à dire... En fait, j'en fais tous les jours. Du coup, c'est à vous que de trouver un exemple.
- Speaker #1
Oui, en tout cas, ça prouve bien que même s'il y a des erreurs d'organisation ou quoi que ce soit, il faut toujours, comme tu dis, se relever, avancer et peut-être partir de l'objectif. Pour finir, est-ce que tu aurais une phrase ou un conseil à dire à quelqu'un qui n'ose pas si tu avais... Une seule punchline à dire, quelle serait-elle ?
- Speaker #0
Lorsqu'on raconte une histoire, après coup, tout semble toujours beaucoup plus logique que lorsqu'on est en train de la vivre.
- Speaker #1
J'adore. Est-ce que tu as autre chose à rajouter que j'aurais oublié de quelque chose de ton quotidien ?
- Speaker #0
Qu'on ait oublié, je ne pense pas. Peut-être simplement rappeler qu'il y a... Dans la vie que j'ai aujourd'hui, et si jamais des gens veulent se lancer dans une vie assez similaire, il y aura toujours, et il y a toujours eu des doutes, des erreurs, des galères, des moments où on ne sait absolument pas ce qu'on va faire, où on va, ou même qui on est. On finit toujours par trouver une solution si on s'arrête juste un instant pour réfléchir et essayer de se dire où est-ce que je veux aller.
- Speaker #1
Oui, finalement, il y a toujours des solutions. Nous, dans notre mental, on va toujours au pire, mais le pire, il est quand même assez loin. Exactement. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si cela t'a plu, laisse un commentaire, 5 étoiles, ou partage-le à un proche qui en a besoin. On se retrouve très vite. D'ici là, continue à oser l'aventure.