Description
Le « compromis » est devenu récemment, depuis la perte de majorité à l’Assemblée, le maître-mot du discours politique en France et même sa planche de salut. On enjoint de prendre exemple sur l’Allemagne ou la Belgique : ce serait enfin cela la « démocratie ». Bien sûr compromis se distingue de compromission. Mais a-t-on pensé ce qu’a de court le compromis, non seulement de fragile, mais de décevant, tant qu’il n’est pas porté par ce qu’il faudrait nommer une « com-possibilité » ? De fragile parce que le compromis, ne se détachant pas des rapports de force, est menacé d'être remis en cause aussitôt que se modifie ce rapport de force. De décevant parce que, sous couvert de bonne volonté, le fait que chacun « y mette du sien », fasse preuve de « réalisme » et qu’on « coupe la poire en deux », comme on le dit si prosaïquement, ne saurait entraîner suffisamment l’Histoire, mobiliser ses forces enfouies et rouvrir un avenir. Un avenir ne s’ouvre vraiment, en effet, que si les deux côtés opposée ne sortent pas seulement « gagnant-gagnant », comme on le dit trop facilement en restant dans la seule perspective de l’intérêt. Mais s’ils se découvrent chacun une viabilité nouvelle dans une configuration qui n’était pas encore envisagée et même n’était pas jusque là envisageable, mais qui, procédant de la situation même, est en mesure de défaire et de dépasser le conflit qui s’est figé. En quoi il n’y pas seulement compromis, mais bien com-possibilité. C’est-à-dire que l’Histoire, en donnant à chercher plus profondément dans ses facteurs engagés, se révélant alors des ressources, s’y re-possibilise. Tant que cette com-possibilité n’est pas trouvée, l’Histoire ne peut avancer. L’Édit de Nantes a été un bel exemple, en France, de com-possibilité historique. Ou telle est la com-possibilité qui a fait l’Europe à la sortie de la seconde guerre mondiale par dépassement des nationalismes. Or aujourd’hui la seule recherche d'un compromis entre la droite et la gauche maintient la France dans un suspens toujours remis en question et qui l’épuise. De même, entre Gaza et Israël, il n’y aura de paix à venir que si l’on passe du compromis, constamment trahi, à la logique de com-possibilté permettant aux deux peuples de cohabiter et même de retrouver entre eux une convivialité. Cette com-possibilité paraîtra après coup la logique même de l’Histoire. C’est ce que serait une véritable Médiation permettant de dé-coïncider des positions qui se sont bloquées pour y rouvrir des possibles.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.





