- Speaker #0
T'es rencontrée, t'étais dans une grande histoire d'amour, là, t'es toute seule, tu es en train de faire du trapèze et tu as l'air bien. Ah ouais ?
- Speaker #1
Si elle a l'air un peu à côté,
- Speaker #2
c'est peut-être parce qu'elle est en train de penser à quelqu'un. Elle s'en fout,
- Speaker #1
je te promets.
- Speaker #2
Elle s'en fout,
- Speaker #1
tu peux pas le faire. Je vous ai dit, je sais pas où elle est. Non, c'était pas la peine de le dire, ça se voit. Je me perçois que je l'aime quand même assez profondément parce que je l'aime plus quand elle est là que quand elle n'est pas là. We were on a break !
- Speaker #0
Le couple va à ce sujet, et si vous êtes ici, c'est sans doute que vous êtes bien placés pour le savoir. On y vit des coups de gueule et des fous rires, des grands bonheurs mais aussi des moments plus sombres. Bref, des hauts et des bas. Je m'appelle Hortense, j'adore écouter les histoires et c'est pour ça que ce podcast est né. Ici, je tends mon micro à des couples qui se livrent sans filtre. Ben oui, car dans nos vies à mille à l'heure, entre charge mentale, enfants, taf et questions existentielles, comment est-on censé en plus prendre soin de son couple ? Ici, on va rire de nos galères, apprendre de nos erreurs et surtout, surtout, on va vous montrer que vous n'êtes pas seul à traverser ces tempêtes. Au programme ! confidence pour déculpabiliser, anecdotes pour sourire et quelques conseils bien choisis dans lesquels on vous laisse piocher. Bienvenue dans Up & Down ! Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de Up & Down. On va partir à la rencontre d'un couple que j'ai adoré interviewer, qui j'espère vous plaira. Il s'agit d'Amélie et de Lucas. Alors cet épisode, je l'ai enregistré à Saint-Malo, là où ils habitent, pendant mes vacances. Enfin mes vacances, je devrais dire plutôt les trois jours que je prends de manière annuelle pour moi-même, toute seule, sans charge mentale, sans enfants, sans mari. et c'est un moment qui est hyper... précieux pour moi et que j'essaie vraiment de ritualiser tous les ans. Bref, donc j'étais hyper détendue dans les meilleures conditions du monde et j'espère que cette interview va vous plaire. On va parler de leur rencontre hyper paradisiaque dans la mer des Caraïbes. On va parler d'engagement, de non-mariage, d'impact de la vie pro, surtout quand celle-ci connaît quelques remous sur la vie de famille. Et on va aussi parler, c'est un sujet que j'ai assez peu abordé jusqu'à maintenant, du pouvoir de la fraternité, de la sororité, des relations amicales, quand on ne trouve pas forcément les ressources dans le couple ou quand on n'a pas la disposition pour les aborder en couple, mais qui vont être de vrais leviers. Et Amélie et Lucas vont nous parler de tout ça. Je vous souhaite une excellente écoute. Je suis preneuse évidemment de vos retours et j'espère que vous serez autant enchantés que moi de la parole de Lucas et Amélie. Je vous souhaite une bonne écoute. Amélie et Lucas, merci beaucoup de me recevoir chez vous. On va commencer par vous présenter. Amélie, tu veux commencer peut-être à te présenter, à me dire qui tu es, ce que tu aimes faire dans la vie ?
- Speaker #2
Je m'appelle Amélie, j'ai 39 ans. Je travaille, je vis à Saint-Malo, je travaille dans une collectivité territoriale. Je suis spécialisée dans les sujets liés au monde maritime et portuaire.
- Speaker #0
Ok, trop bien.
- Speaker #2
Et j'aime profiter de la mer et de tous ses bienfaits à travers la pratique de la voile, les bains d'eau de mer, voilà. J'aime profiter de notre vie en bord de mer.
- Speaker #0
Je comprends. Lucas ?
- Speaker #1
Merci Hortense. Moi je m'appelle Lucas, j'ai 34 ans. J'habite aussi à Saint-Malo depuis 3 ans avec Amélie et nos 2 enfants. Je suis un avide lecteur de science-fiction, amateur de sport outdoor, vélo, parapente, kitesurf, dans ce que j'ai le temps de pratiquer. Et je co-dirige une PME qui est dans le domaine des services RH.
- Speaker #0
Ça marche. Est-ce que vous nous racontez comment vous vous êtes rencontrés tous les deux et le tout début de votre histoire ?
- Speaker #1
Oula,
- Speaker #0
C'est déjà clivant à cette...
- Speaker #1
Non, c'est pas du tout clivant.
- Speaker #2
C'est un des grands moments de notre relation,
- Speaker #1
de notre rencontre. Et qui est un peu resté dans la sorte de mythologie fondatrice pour nous. Mais on s'est rencontrés dans un stage de voile, dans les Caraïbes, deux semaines. On a vécu dans un monde un peu à part pendant deux semaines sur un bateau à Vogue d'Île en Île. Et donc c'est une sorte de parenthèse un peu hors du temps, aussi hors des contraintes du monde réel, qui à la fois nous rappelle la place de la mer et de la voile dans notre relation. Et en même temps qu'il y a aussi dans ce mythe fondateur une dimension un peu dont il a fallu sortir parce que c'était pas la vraie vie. Donc c'est pas comme ça non plus que... Enfin c'est pas que sur ces bases-là qu'une vraie relation peut s'établir.
- Speaker #0
Parce que ces 15 jours-là, on était un peu comme du coup une parenthèse et vous avez dit on a quand même envie de tenter le truc tous les deux après et qu'il a fallu réajuster des choses du coup après cette parenthèse-là. C'était quoi ? Quand tu dis que c'était pas vraiment la vraie vie,
- Speaker #2
c'était quoi le rappel à l'ordre ? En fait, effectivement, c'était une bulle complètement enchantée au moment où on s'est rencontrés avec un peu... Je ne sais pas si on peut parler de coup de foudre, mais en tout cas, ça a été vraiment rapide et évident quand on s'est rencontrés. Ça en est suivi deux semaines à vivre au rythme des navigations et des îles qu'on est visitées. Et ensuite, il y a eu un retour à Paris, à la réalité, en sortant de l'avion. Et ce qui a été drôle, c'est qu'on a été évidemment tout de suite rappelés à l'ordre, puisque par ailleurs c'était aussi un Un moment où moi je partais, donc on s'est rencontré et je partais pendant un an après, travailler à l'étranger en Haïti, donc on est rentré et c'est vrai que c'est aussi un moment je pense où on s'est rencontré, où moi j'étais en train de remettre pas mal de choses à plat dans ma vie, et donc je suis partie en laissant un peu derrière moi certaines choses, en faisant le vide et le clair. en mettant de l'ordre un peu dans ce que je voulais, ce que je voulais pas, etc. Et là, je pars à l'aventure, je rencontre Lucas, donc c'est vraiment l'apothéose de ce moment de ma vie. Et puis après, on rentre avec des questions, de savoir si c'était une parenthèse, si ça va continuer, est-ce que c'est compatible avec notre vie, est-ce que c'est compatible avec notre cadre. Notre cadre de vie, en fait.
- Speaker #0
Et toi, tu savais qu'elle allait partir un an après, du coup ?
- Speaker #1
Je ne savais pas avant le stage, parce qu'on ne se connaissait pas. Oui, oui. Mais oui, j'ai assez rapidement su. Mais en même temps, en fait, c'est un moment qui est très cher pour moi. Mais en fait, le moment qui me revient à l'image, c'est le moment où on prend le RER, donc on descend de l'avion, on part. En fait, on n'a jamais évoqué ce moment de « il va se passer quoi ? » à la fin de ce moment qui semblait un peu s'étirer pour l'éternité. Et en fait, on ne descend pas au même endroit, dans la même station, moi je vais un peu plus loin. Et en fait, c'est finalement au moment où les portes s'ouvrent, on se dit, mais ah mince, là on ne va plus se voir. Et donc, on est là un peu à essayer de graduer. C'est quoi la suite alors que les portes sont déjà ouvertes ? Donc il n'y a pas le temps de vraiment faire quelque chose de bien. Donc on se dit, bon ben, salut. Et puis on ne sait même pas trop quoi se dire. Je pense qu'on n'a jamais parlé de ce qu'on fait. Et puis c'est ensuite, je crois, dans la journée...
- Speaker #0
Vous aviez quand même vos numéros respectifs et vous étiez dit, on va se rappeler.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
mais tout juste en fait.
- Speaker #2
On ne s'était pas dit qu'on allait se rappeler. On n'avait vraiment pas anticipé.
- Speaker #1
Non. et après c'est dans la journée où Je crois qu'on s'envoie un peu des SMS, puisque du coup on est rentrés et moi j'ai travaillé le jour même. Donc en fait je suis rentré le matin très tôt, je suis parti au travail, et le soir en rentrant sur mon vélo je me dis non non attends, je peux pas rentrer là. Et donc je lui dis, ah trop marrant, je suis en bas de chez toi.
- Speaker #2
Je passais par là. Alors que c'était vraiment diamétralement opposé.
- Speaker #1
Et du coup elle me dit, ok, donc je passe. Et donc on se revoit là. Et je pense que c'est là où on se dit, non mais en fait ça peut pas, ça restait là.
- Speaker #2
Ouais, en même temps, ce soir-là on n'a pas eu de conversation, puisque je ne vivais plus chez moi, puisque je n'avais plus d'appart à Paris, puisque je partais à l'étranger. Et donc je vivais chez une amie. Et donc on s'est retrouvés avec ma pote à manger une soupe tous les trois. Et donc on n'a même pas vraiment eu de conversation à ce moment-là. Et en fait, ça s'est poursuivi un peu. On n'a pas vraiment eu de conversation pendant les dix jours où j'étais à Paris, avant que je parte. Par contre, on a continué à se voir tous les jours.
- Speaker #1
T'as même emménagé chez moi, je crois.
- Speaker #2
J'ai même finalement emménagé chez toi, effectivement. On s'est dit, bon, ce sera plus pratique.
- Speaker #0
Et on peut revenir sur la première fois où vous vous êtes vus, du coup, vous n'étiez jamais vus. Donc avant d'arriver sur ce bateau. Et tout à l'heure, tu disais que c'était pas exactement ça, ou un coup de foudre, ou en tout cas un moment spécial où tu découdes l'autre pour la première fois. C'était quoi ce que vous vous êtes dit qui faisait qu'il y avait une attirance réciproque ? Ou qu'est-ce que vous avez ressenti à ce moment-là quand vous vous êtes vu ? Et vous vous êtes dit, oh là là, il est en train de se passer quelque chose.
- Speaker #1
Alors si je reviens un peu en arrière, il y a un peu de préméditation dans cette histoire. Parce que j'avais entendu parler d'Amélie. Et en fait, on avait une... Moi, ma collègue était une de ses amies proches. Je savais qu'elle cherchait à aller faire un stage de voile. Moi j'avais très envie d'aller faire de la voile mais j'y connaissais pas grand chose. J'étais un peu ouvert à découvrir des choses, ça ressemble vachement à une aventure. Et donc je me suis dit, en fait, moi je suis très partant pour aller faire ce stage de voile. Et donc je m'étais inscrit dans le même stage de voile qu'Amélie.
- Speaker #0
Tu savais que la pote de ta collègue allait être là en gros ?
- Speaker #2
Oui. Et moi tu m'avais contacté aussi avant ? Parce qu'en fait, ma pote m'avait dit, est-ce que ça t'embête ? Il y a Lucas qui veut s'inscrire, etc. Moi, j'étais partie en mode, je veux faire de la voile. De toute façon, je serai avec des inconnus sur le bateau. Il n'y a aucun problème. S'il est cool et que tu me dis que ça peut être sympa, il n'y a pas de problème. Par contre, je n'étais pas du tout dans une optique de drague ou quoi que ce soit. En fait, moi, je partais quoi qu'il arrive faire du bateau dans les Caraïbes. C'était mon objectif. Et donc, s'il veut venir, très bien. Mais je veux dire, il n'y a pas de... J'avais pas d'attente particulière par rapport à ta venue ou ta non-venue. Et donc on s'est échangé quelques textos avant de partir, mais finalement très très peu. On avait pas envie spécialement de se voir avant par ailleurs. Encore une fois, moi c'était mon projet, il faut s'inscrire, très bien. Je me sentais pas non plus en responsabilité de quoi que ce soit par rapport à cette aventure. Donc c'est pour ça, on a un petit peu discuté par texto, mais vraiment rapide, sur des aspects extrêmement pratiques.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu mets dans ta valise ?
- Speaker #1
Est-ce que tu peux m'imprimer le billet d'avion ? Est-ce que j'ai pas d'imprimante ?
- Speaker #2
Voilà, donc à la fois on se connaissait pas, et en même temps le contact s'est fait assez rapidement, et il n'y avait pas non plus de sous-entendu majeur caché.
- Speaker #1
Après moi je m'étais quand même dit que quelqu'un de très outdoor, ça m'irait bien dans la vie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est une option.
- Speaker #0
T'es arrivé avec les chakras ouverts en disant c'est quand même un bon point de départ d'aimer le bateau.
- Speaker #2
Et donc on s'est rencontrés, on s'est vus à l'aéroport, on s'est donné rendez-vous à l'aéroport. Et c'est vrai que ce qui était drôle, c'est que tout le groupe a pensé qu'on arrivait ensemble.
- Speaker #0
Ah ok. Vous connaissiez déjà juste vite fait de prénoms et de noms ?
- Speaker #2
Je le connaissais parce que c'était le collègue d'une de mes potes, mais on s'était vraiment jamais parlé. C'est rassurant aussi,
- Speaker #0
j'imagine, quand t'arrives parfois dans un groupe, d'avoir une personne, du coup t'as tendance à rester un peu à côté d'elle au début.
- Speaker #2
Mais c'est vrai que là, étant donné qu'on s'est très bien entendues tout de suite, les gens sont partis du principe qu'on était un peu ensemble, et donc c'est tout. Tout autour de nous s'est mis en mouvement pour faire en sorte qu'on soit tout le temps ensemble. On était à côté dans l'avion, au moment de choisir la cabine dans le bateau, il fallait absolument qu'il y ait une cabine mixte parce qu'il n'y avait pas assez de place pour tout le monde, etc. Donc si tu veux, la cabine mixte, les gens ne nous ont presque même pas posé la question. C'était pour nous. Donc tout s'est fait de manière très fluide, sans qu'on se rende vraiment compte. Et finalement, l'histoire de nos deux semaines, ça a été ça. Ça a été juste des moments exceptionnels, dans un cadre exceptionnel, avec une fluidité déconcertante, du temps pour pouvoir se parler, du temps pour pouvoir se découvrir. Un moment de vie où on était aussi loin de choses qui pouvaient potentiellement nous retenir. Et tout à l'heure, on parlait aussi de l'âge, parce que Lucas et moi, on a une différence d'âge. Moi, j'ai quatre ans de plus que Lucas. Et je pense que si j'avais rencontré Lucas dans un autre contexte, ça aurait été extrêmement bloquant. Et ça a été un des points bloquants à notre tour aussi.
- Speaker #0
Après ce passage à Paris,
- Speaker #2
avant que toi tu partes,
- Speaker #0
vous vous êtes quand même dit que vous avez envie de construire un truc ensemble,
- Speaker #2
malgré le fait que tu partes. Et parce que vous aviez dans vos cœurs et en souvenirs ces 15 jours-là qui étaient incroyables.
- Speaker #0
C'était quoi votre mood quand toi t'es partie à Mélis ? Vous vous étiez dit quoi ?
- Speaker #2
En fait, je pense que quand on est rentrée... toutes nos vacances et quand on est rentré on les a vécues dans le présent c'est à dire qu'on savait qu'il y avait le monde départ derrière etc, on a je pense pris le parti de ne pas y penser et donc on a vécu dans le présent, on a passé une trop bonne semaine à Paris, on s'est organisé plein de choses on a réussi à se caler un week-end tous les deux avant de partir j'ai fait une fête avec plein de potes pour mes 30 ans en fait, t'étais là Tout s'est enchaîné de manière extrêmement évidente, encore une fois. Il n'y avait pas d'accro, c'était simple. Et donc on n'a, pendant cette semaine-là, jamais parlé du fait que je partais. Et on a attendu le dernier soir. J'avais mon avion le lendemain à 10h du mat à Orly.
- Speaker #0
Vous êtes pro des conversations d'hype en last minute. Oui,
- Speaker #2
c'est ça. Le dernier soir à 1h du mat, je pense qu'il était 1h du mat la veille de mon départ, tu m'as emmené boire un verre à l'hôtel près du Sénat. Et à un moment tu me... Tu m'as dit, bon, est-ce qu'on parle quand même du fait que demain tu pars pendant un an et que tu pars prendre l'avion ?
- Speaker #1
Il n'y avait même pas de durée en fait, tu partais tout court. Non,
- Speaker #2
je partais tout court, c'est-à-dire qu'à ce moment-là, j'avais un contrat d'un an, mais je ne savais pas, au moment où j'avais signé, je pouvais potentiellement rester derrière. Enfin, il n'y avait vraiment pas de plan. Et voilà, tu m'as dit ça et on a pris les choses de façon... Enfin, c'est toi aussi qui as pris les choses de façon très pragmatique, puisque tu m'as dit, en fait, la question est très simple. Est-ce que ce soir, tu as envie qu'on se dise que ça s'arrête ? Et voilà, donc je dis bah effectivement non. Et donc tu m'as dit bah donc il n'y a pas de questions à se poser, on continue. Et voilà, et donc le lendemain, Lucas m'a accompagnée à l'aéroport, je suis partie. Et puis très vite, on a continué à se parler. Et très vite, t'as pris aussi les devants. Au bout d'une semaine ou deux, tu m'as dit bon écoute, je vais venir te voir en Haïti. Et donc là, on s'est mis dans une logique où on avait des échéances pour se voir. On a commencé à organiser notre prochaine venue, etc. C'était plus pareil en fait, il n'y avait plus cet horizon infini. C'était on se voit dans un mois et demi, on prévoit ça. Et donc toute mon année en Haïti a été rythmée par nos rencontres à Paris ou ailleurs, puisqu'on s'est vues aussi ailleurs pour faciliter les choses. Et encore une fois, ça a été finalement assez simple dans nos envies.
- Speaker #1
Oui, et puis en fait, moi déjà le sujet relation à distance, ça me... Ça me semblait très ok. Et puis j'avoue que pendant ces 15 jours, j'avais quand même eu plein de confirmations de... Enfin je trouve qu'on se marrait bien, je me trouvais hyper aventurière. Et j'étais aussi assez marqué, enfin du coup ça revient sur le sujet de l'âge, mais en fait je trouve que t'avais renoncé à des choses dans ta vie. Et ça je me disais en fait c'est vraiment important que je me mette avec quelqu'un qui sache renoncer à des choses parce qu'en fait ça me faisait un peu peur en fait de me projeter avec des personnes qui n'avaient pas encore compris que dans la vie il allait y avoir des renoncements à des choses. Et donc ça, j'étais vraiment un peu bluffé par cette maturité. Et je me suis dit, ok, ça va bien marcher. Donc je me suis dit, bon, on démarre à distance, c'est pas très grave, on en fera quelque chose.
- Speaker #2
En fait, ce qui est marrant, c'est que très tôt, alors peut-être que notre rencontre a aidé, mais très tôt, j'ai eu le sentiment que ça valait la peine de toute façon de faire les efforts qu'il fallait pour qu'on soit ensemble. Donc on s'est plutôt tout de suite mis dans cette logique-là de, bon, il y a la vie et puis il y a nous, et donc faisons en sorte que ça marche. Et je pense que ça nous a quand même accompagnés, et ça nous accompagne encore au quotidien, de se dire, en fait, on a fait le choix d'être ensemble, et ça, c'est un peu la donnée d'entrée. Et donc on compose avec ça.
- Speaker #0
Une contrainte supplémentaire de faire l'effort à chaque fois de voir l'autre, de prendre du temps pour l'autre.
- Speaker #2
Non, la donnée d'entrée c'était on veut être ensemble.
- Speaker #0
Vous êtes quand même arrivée à un moment où vous avez tous les deux verbalisé le fait que vous étiez la personne de l'autre. Votre couple c'était la priorité. Je pense que vous étiez la personne de l'autre. Il y a une notion d'appartenance qui n'est pas forcément bonne. De vous faire à vous deux. Entre quatre yeux, la promesse que vous aviez envie de passer une partie de votre vie ensemble. Vous avez quand même eu ce moment-là dans votre intimité ou pas vraiment ?
- Speaker #1
Plusieurs fois.
- Speaker #2
Plusieurs fois, tu l'as même marqué.
- Speaker #1
On se l'a écrit ?
- Speaker #2
On se l'a écrit, on s'est fait une lettre avec nos intentions.
- Speaker #0
Ah ouais, trop bien.
- Speaker #2
Quand on était en Guadeloupe, tu m'as demandé en non-mariage sur le bateau.
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai. Et elle a une alliance en fait.
- Speaker #2
J'ai donc une alliance de non-mariage, d'engagement.
- Speaker #0
C'était pour nos 5 ans.
- Speaker #2
Donc oui, on a quand même formé. Parce qu'il était aussi important pour toi d'événementialiser ce truc-là,
- Speaker #0
d'avoir ce moment-là qui appartenait du coup qu'à vous deux et pas avec 150 personnes autour de vous, mais qui était important.
- Speaker #1
Oui, on était sur un voilier. C'était un beau moment.
- Speaker #0
Le retour de la voile dans vos vies à des moments importants. On va passer peut-être à des moments un peu moins jolis,
- Speaker #2
beaux,
- Speaker #0
ou alors peut-être tout aussi apprenants.
- Speaker #2
On n'en a pas eu.
- Speaker #0
On peut s'arrêter là, c'est bon, ça va être outil. Mais on est là aussi pour parler de moments qui sont plus difficiles, mais qui construisent aussi le couple que vous êtes tous les deux aujourd'hui. Vous avez, je pense, un peu préparé les questions qui vont suivre, mais est-ce que vous avez envie de nous parler d'un moment qui a été difficile pour vous, en tant que couple, ces dernières années, et comment vous l'avez vécu l'un et l'autre, si ce n'est pas forcément le même moment, et quelles sont les ressources qui vous ont aidé dans ce moment-là ? Un des deux qui veut commencer. Ah là, il y a moins de monde, quand on parle...
- Speaker #2
Non, non, je veux commencer, non mais je ne sais pas...
- Speaker #1
Tout d'un coup, je n'ai plus d'idée.
- Speaker #2
Non mais on peut parler, on en avait parlé effectivement, je pense qu'un des derniers downs marquants et qui était suffisamment marquant, c'était un peu notre, comme on aime si bien l'appeler, notre anus horribilis 2024, où on a eu pas mal de choses à gérer d'un point de vue pro. bouleversements familiaux, une succession de crises multiples dans un environnement de temps assez restreint.
- Speaker #1
L'arrivée de notre deuxième enfant,
- Speaker #2
qui n'était pas une crise, qui était un très beau moment, mais qui amène son lot de...
- Speaker #1
Moi, ma boîte était en difficulté économique.
- Speaker #2
Donc c'est vrai que cette année-là a été particulièrement impactante, je pense, pour notre couple.
- Speaker #0
Et ça se matérialisait comment dans votre... Dans la relation que vous aviez tous les deux, dans les conversations que vous aviez, dans les moments que vous passiez peut-être, soit tous les deux, soit en famille, c'était quoi les impacts que ça a eu pour vous deux, vos quatre peut-être ?
- Speaker #2
Nous quatre, en fait, parce qu'effectivement, dans ces moments-là, la frontière un peu fantasmée entre le pro et le perso, on se rend bien compte que ça n'existe pas. C'est très compliqué de pouvoir cloisonner les choses quand tout est impacté à un moment. Il y avait plusieurs enjeux. Je pense que les enjeux principaux à ce moment-là, c'était déjà de protéger les enfants. C'est un peu ce qu'on s'était dit, au maximum les tenir en dehors de tout ce qui peut se passer dans nos vies pro. Essayer de ne pas les impacter, de ne pas ramener ça à la maison dans la mesure du possible, ou alors en tout cas, de ne pas ramener ça à la maison au moment où les enfants étaient là. Parce qu'en fait, c'est impossible de ne pas le ramener à la maison, mais au moins... Sur les temps de qualité, le matin et le soir, avant qu'ils aillent se coucher, débrancher les...
- Speaker #0
Et ça vous arriviez à le faire avec eux ?
- Speaker #2
Je trouve qu'on a quand même plutôt bien réussi à épargner les enfants.
- Speaker #1
Oui, je trouve que toi t'as plutôt bien géré ce truc-là. Je pense que moi je travaillais quand même pas mal.
- Speaker #2
En fait, c'était compliqué parce que c'est vrai que c'était plutôt moi qui gérait les enfants beaucoup à cette période-là. Donc en tout cas, moi, j'ai fait l'effort de cloisonner. Et quand j'étais avec eux le matin et quand j'étais avec eux le soir, je débranchais un peu tout ce que je pouvais débrancher pour faire en sorte que je puisse avoir des bons moments avec eux pour que ça n'impacte pas leur développement, pour pas qu'ils soient anxieux, stressés. Je voulais pas leur transmettre mon anxiété, mon stress, mes frustrations. Donc ça, ça a été le premier enjeu. Le deuxième enjeu qui nous a aussi beaucoup occupés, c'était justement comment on fait pour gérer ça à la maison, sans que ce soit trop prégnant. Il ne fallait pas que la maison devienne un cabinet de psy où on arrivait avec nos problèmes et que le soir, on décharge ça sur l'autre qui est plus ou moins en capacité d'entendre parce qu'en fait, il est en train de vivre des choses aussi. Donc, ce n'est pas évident. C'est des gens qu'on se confie quand même énormément. Et c'est vrai qu'on a l'habitude de se parler et de... de pouvoir s'aider dans nos problématiques. Donc il fallait mettre une barrière, il fallait pouvoir limiter les interactions sur certains sujets. Et là où on a été, je pense, assez réactifs, c'est que très tôt, moi, j'ai pris un coach. En fait, j'ai fait appel à un tiers parce qu'il fallait que je puisse discerner sur des problématiques qui étaient lourdes de sens et de conséquences pour ma vie pro, pour notre vie familiale. Avec des conséquences directes sur ta vie, sur la vie de Lucas ?
- Speaker #1
Quand Amélie, souvent, quand elle change de travail, on doit déménager. Donc le fait de changer de travail pour elle pouvait potentiellement impliquer qu'on déménage du endroit où on habitait depuis assez peu de temps, sachant que moi, je travaille à distance. Et donc, soit on déménage, soit elle prend un boulot à distance. Enfin bref, il y a quelque chose d'assez compliqué qui a impacté assez fort notre... Nos perspectives de vie, sachant qu'on venait de mettre notre premier enfant à l'école, que la deuxième venait d'arriver. Donc, en effet, c'était un peu remuant.
- Speaker #2
Sachant qu'on avait déménagé deux ans avant pour Montaf. Donc, j'avais fait venir tout le monde à Saint-Malo pour Montaf. Donc, c'est vrai que ça avait son lot de problématiques. Donc, c'est vrai qu'à ce moment-là, je pense que ce qui nous a aidés, c'est vraiment de pouvoir aller chercher de l'aide à l'extérieur, de ne pas rester. Parce que c'est des moments où, en tout cas, moi, je l'ai vécu. J'étais assez autocentrée, en fait, sur mes problématiques. J'étais un peu... Je ruminais pas mal.
- Speaker #1
C'était pas facile qu'elle se centre sur mes problématiques. Je me sentais par ailleurs un peu seul dans mes difficultés professionnelles.
- Speaker #2
Et c'est vrai que toi,
- Speaker #0
t'arrivais quand même à avoir du temps d'écoute pour Amélie. Et l'inverse, c'était pas vrai ? Toi, tu l'as ressenti un peu comme ça ?
- Speaker #2
ou...
- Speaker #1
j'ai quelle autorisation ? Oui, je pense que quand même j'ai eu plus de disponibilité pour tes difficultés que tu en as eu pour les miennes. Mais j'ai l'impression que néanmoins on arrive à en parler et que du coup c'est aussi ça qui a amené à ce que toi tu ailles chercher un coach. C'est aussi ça qui a amené que... En fait, on est beaucoup de terrains différents d'expression de ces difficultés respectives à l'extérieur du couple aussi. Et donc, je trouve que c'est un moment où c'est beaucoup appuyé sur... On a une fraternité de couple, donc un groupe de paroles mensuel, où on avait un endroit aussi pour déposer des choses. On avait respectivement aussi des groupes... où il y a une forme de fraternité, sororité. Moi j'ai un groupe d'hommes dans une association qui s'appelle la Table Ronde, qui est un lieu très festif et qui a aussi des engagements d'actions caritatives. Et Amélie avait un groupe de femmes qui s'était aussi un peu créé en parallèle. Et donc c'était des terrains où on pouvait aussi déposer des choses, des difficultés.
- Speaker #0
Donc ça a remplacé pendant un temps les échanges que vous deux pouviez avoir à deux avant, mais où là vous n'aviez juste pas l'espace mental pour le faire, vous le trouviez toi avec le coach aussi et vos groupes amicaux.
- Speaker #1
Et je me souviens de moments un peu cocasses, où dans certains de ces groupes, je suis là aussi, et Amélie raconte des choses. dont je sais pas en fait, alors que c'est une chose assez structurante dans ce qu'elle est en train de traverser en termes de difficultés, et je me dis, waouh, j'en ai pas entendu parler, je l'apprends là dans la conversation où il y a un super beau niveau de profondeur d'échange, et je me dis, ok, on a quand même réussi à tenir quelque chose là, visiblement elle trouve son lieu de parole, sans que ça vienne moi manger mon énergie dont j'ai besoin par ailleurs. J'ai appris un peu d'émotion dans ces moments-là, de me dire qu'on arrive à avoir ce truc parallèle. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'écoute entre nous, mais on arrive à quand même cloisonner un petit peu, parce que sinon, ce serait trop dur de porter les deux.
- Speaker #0
C'est beau cette réaction, parce que tu pourrais être aussi vexée qu'elle ne t'ait pas sentie te le confier sur le moment. Parce que toi, tu n'étais peut-être pas non plus en disposition, mais je trouve ça assez beau de se dire que tu avais ce... Ce recul-là, c'était les intérêts d'Amélie. Si elle, elle avait cet espace pour le déverser, c'était tout ce qui était important, que ce soit auprès de toi ou auprès d'autres personnes dans vos cercles. Oui,
- Speaker #1
je pense qu'il y avait assez conscience que c'était important que je ne devienne pas le coach d'Amélie. Et du coup, je voyais à quel point c'était juste qu'on n'arrive à ne pas aller dans cette dimension-là. Et respectivement, si je trouvais ça chouette, moi, de pouvoir avoir mes soupapes. De mon côté, je ne sais pas si la réciproque de m'entendre dire des trucs que tu n'avais pas conscience et qui existaient à ce moment-là, mais je le vivais assez positivement.
- Speaker #2
Si, si, complètement, parce que par ailleurs, je pense que c'était aussi un moment où on avait besoin tous les deux de cheminer par rapport à nos propres aspirations et par rapport aux conséquences que ça allait avoir sur notre famille. Et je pense que ça a été extrêmement bénéfique qu'on puisse avoir cet espace chacun pour s'accorder, de se dire en fait, je me concentre sur ce qui d'abord est bon pour moi et ensuite... on voit comment ça s'articule avec la famille, mais que le poids... Parce qu'à ce moment-là, ça peut aussi être vécu comme un poids, la famille, l'environnement, des choses sur lesquelles on peut se dire « je ne peux plus faire ce que je veux, je n'ai plus la liberté d'eux » . Donc on s'est autorisés chacun à avoir la liberté de pouvoir discerner, de se dire « qu'est-ce qui est bon pour moi en ce moment ? » Et pour pouvoir ensuite revenir avec des solutions vis-à-vis de l'autre, de dire, écoute, moi je suis allée au bout de ma démarche, je pense que c'est ça qu'il faut qu'on fasse, est-ce que tu es OK pour me suivre, est-ce que c'est OK pour toi ? Et là, on peut repartir dans une discussion constructive.
- Speaker #1
J'aime bien le terme de parole pauvre. Je ne sais pas d'où ça vient, ça doit sûrement venir de chez les catholiques.
- Speaker #0
Je ne connais pas, vas-y.
- Speaker #1
C'est de s'autoriser à avoir une parole qui est non finie, qui est intermédiaire, qui est... qui est dégradée, qui est aussi liée à notre état émotionnel, de fatigue ou autre. Et donc, que ce ne soit pas nécessairement ce qu'on va penser pour toujours sur le sujet, mais que dans un moment de réflexion intermédiaire, on puisse avoir cette parole-là. Et je pense qu'on est dans un moment où, en fait, comme on était assez fatigués l'un et l'autre, et dans des situations de stress et autres, ça devient plus difficile de recevoir une parole pauvre dans ces moments-là. Et donc, je pense qu'on s'autorise à avoir des paroles très pauvres,
- Speaker #0
mais tu le dis avant tu le verbalises avant que c'est pas clair dans ta tête, que t'es fatigué que potentiellement ton raisonnement n'est pas abouti mais que t'as quand même envie de le partager genre tu donnes un Un peu de contexte.
- Speaker #1
Dans le meilleur des mondes, oui. Et je pense qu'on arrive à des moments où on dit je voudrais parler de quelque chose en parole pauvre.
- Speaker #0
C'est une parole un peu pauvre à te...
- Speaker #2
En situation standard, en fait,
- Speaker #1
on arrive à le faire. Et après, ce qu'on arrive aussi à dire, c'est parfois, sans que l'autre l'ait posé, parce que lui, il est fatigué, donc il sait pas qu'il est en parole pauvre, de se dire que ça va être le cas. Et dans ce moment-là, c'était un peu difficile, je pense, pour nous, parfois, d'accepter que l'autre soit en parole pauvre. Et donc, de voir ces moments où on était en parole très très pauvre, à l'extérieur, D'aller un peu égratigner ton conjoint sur sa façon de gérer les trucs et de te décharger un peu sur en fait il fait chier Permettez qu'on n'ait plus que de la parole pauvre mais pas très pauvre entre nous et d'aller vers un chemin un peu commun de prise de décision et de soutien
- Speaker #0
Et donc, ah vas-y pardon,
- Speaker #2
oui J'allais dire il y a un autre enjeu aussi c'est que finalement il y a la notion de se dire je veux pas faire peser sur l'autre mes problèmes Mais ça aspire aussi beaucoup d'énergie de l'autre. Quand il y en a un des deux qui n'est pas bien, potentiellement, il peut embarquer l'autre dans sa spirale un petit peu négative qui, déjà, en face, n'est pas au top. On peut vite se traîner vers le bas dans ces moments-là.
- Speaker #1
Ce qui amène un surcroît de culpabilité.
- Speaker #2
C'est important aussi de pouvoir... de pouvoir se distancer d'une certaine manière pour éviter de venir polluer l'autre avec notre... la spirale négative dans laquelle on peut être.
- Speaker #1
Je peux donner un exemple très très concret de parole très pauvre qui me revient de cette époque-là. C'est que donc il y a... moment où tu travaillais plus du coup tellement c'était conflictuel et est en fait pour autant tu étais dans un état émotionnel très dégradé et donc de fatigue émotionnelle et Et moi, je travaillais beaucoup. Et donc, il y a un moment où je me suis dit, en fait, je ne vais pas gérer en plus des choses dans le foyer, alors que moi, je travaille beaucoup et qu'Amélie, elle ne travaille pas beaucoup. Et donc, à un moment où j'avais conscience d'arriver avec une parole très pauvre, mais j'ai quand même dit, en fait, juste, je ne comprends pas pourquoi les cifs ne sont pas faits. Et donc, je crois que j'ai réussi à prévenir en amont que j'allais dire quelque chose de très, très pauvre et que je voulais qu'on ait ce moment de confrontation parce qu'il fallait que ça sorte de mon côté et que là ça suffisait pas que j'aille en parler à des potes que j'avais besoin de comprendre et d'aller au bout de cette conversation et que je lui ai dit en fait je sens que tu vas un peu me push back, je sens que tu vas me rentrer dedans quand je vais te dire ça mais je veux quand même qu'on se le dise pour voir où est-ce qu'on arrive à la fin parce que là c'est pénible en fait et donc je sais plus ce que tu m'as raconté à ce moment là mais la fin de la conversation c'était plus euh Ah en fait vas-y, elle fait pas assez de choses dans le foyer, j'ai entendu son point et où est-ce qu'elle en était, ce qui était possible pour elle, et on a trouvé un ajustement. Et donc, enfin bref, on s'est autorisé à ce moment, bien sûr il y a eu de la colère et de la tristesse, mais en posant dès le début qu'on savait que ce serait pas le point d'arriver, que c'était juste un point de départ. Finalement, l'endroit où tu m'as ramené, je me souviens de cette conversation, c'est que tu m'as dit en fait, tu sais, je serai jamais... La femme qui tient le foyer au cordeau et qui fera le truc parfait où quand tu rentres, tout est bien rangé, tout est nickel. C'est pas qui je suis, en fait. Et j'avais trouvé ça assez ouf de pas rester dans ma surface de très concrètement là, pourquoi la lessive, elle est pas faite, et de me rembarquer plutôt dans, au fond, pourquoi on est ensemble, pourquoi on s'est choisis. Donc je sais pas à quel point c'était réfléchi, intentionné, etc. Et j'imagine que rien du tout. mais... En tout cas, c'est à ça qu'on s'est raccrochés. Et du coup, à nouveau, pour faire le pont à pourquoi on est ensemble. Et je me suis dit, bah oui, en fait, en effet, j'ai pas du tout... Ce qui m'appelle chez Amélie, c'est qu'à aucun moment, j'ai choisi quelqu'un qui va bien gérer le foyer. J'ai choisi l'aventurière et les bonnes valeurs et la capacité à réagir dans les difficultés, mais pas ça.
- Speaker #2
Je me souviens que je t'avais répondu que faire le ménage, c'était une question de tempérament et pas une question de temps. Parce qu'en fait, toi, tu te disais, elle a du temps. Et moi, c'était vraiment... C'était juste pas dans l'optique dans laquelle j'étais de me dire, tiens, cool, j'ai du temps, je travaille pas, je vais pouvoir faire le ménage et pouvoir... Donc, effectivement, il y avait...
- Speaker #0
Et ça a duré combien de temps, cette période-là, où vous aviez, pas l'histoire des lessives, mais une période de... Vraiment, où vous avez peut-être un peu divergé pour mieux converger après. Donc, où vous aviez vos accompagnements... des...
- Speaker #2
des deux côtés et où c'était quoi un peu le moment où vous êtes retrouvé après ça c'est marrant parce que j'allais dire que ça n'a pas été si long ah si non mais ça a été long la période de ressenti a été longue un an c'est long quand même par rapport ouais mais Là, je te trouve un peu dur parce qu'on s'est quand même bien réconciliés avant. En fait, la période qui a été dure, ça a été de mi-janvier, de mon point de vue, de mi-janvier à fin avril. Ça a été la période où il a fallu prendre énormément de décisions. Il a fallu prendre des décisions très structurantes dans un contexte très incertain. Ça a été pour le coup le gros dur de la problématique. Après, les décisions étaient prises. Il a fallu du temps pour que ça se mette en place, on aille au bout des choses, etc. Mais en fait, il n'y avait plus de problématiques qui pouvaient attiser autant de mal-être. Donc en fait, la période charnière, c'était vraiment la prise de décision qui a duré de mi-janvier à avril. Et après, assumer. C'est ça qui a été...
- Speaker #1
Pour autant, un an plus tard, je me suis rendu une conversation dans la voiture où effectivement, ça va mieux. Bien mieux que six mois plus tôt et pour autant je te confronte un peu quand même sur en fait je pense que là en ce moment tout va très bien dans notre vie il faut que tu ailles mieux quoi ou à nouveau je pose une forme de tiens j'ai besoin de te parler en parole pauvre parce que je sens que tu vas m'en faire. rentrer dedans parce que c'est pas très juste ce que je vais dire mais où je te dis en fait là on a quand même un peu sorti de toutes les difficultés hyper difficiles qu'on a traversées l'an dernier je comprends pas pourquoi tu vas pas mieux quoi donc à la fois oui je suis d'accord que ça allait bien mieux que mi-2024 mais
- Speaker #2
même encore début 2025 oui parce que moi j'étais pas sortie en fait encore une fois c'était tant qu'il y avait pas tant que c'était pas clôturé c'est difficile d'en sortir pour autant là où je trouve qu'on a quand même Merci. D'un point de vue couple, en tout cas, on s'est réalignés, on était de nouveau ensemble forts et constructifs à partir du mois de mai. On était beaucoup plus orientés solution qu'est-ce qu'on fait de manière beaucoup plus posée.
- Speaker #0
Vous avez cette partie-là un peu de, je ne sais pas si réconciliation c'est le bon mot, parce que vous avez, j'ai l'impression que vous étiez quand même toujours tous les deux avec vos bains.
- Speaker #2
Oui, on n'était pas contre l'un contre l'autre.
- Speaker #0
Mais est-ce que vous avez un moment en tête où vous vous êtes dit... Ok, on passe un peu cette grosse vague et on se retrouve un peu comme avant, même si vous aviez tous les deux beaucoup changé et il s'était passé beaucoup de choses. Est-ce que vous avez un souvenir, un moment où vous vous êtes dit « Ok, ça commence à être derrière nous ? »
- Speaker #1
Je pense qu'on ne va pas répondre le même moment.
- Speaker #0
Est-ce que toi c'est sur un bateau Lucas ?
- Speaker #1
Malheureusement.
- Speaker #2
Vas-y, commence.
- Speaker #1
En fait, ce qui se passe par ailleurs, c'est qu'au moment où Amélie Elle a tenu d'un cran son niveau de douleur psychologique par rapport à sa situation. Moi, la mienne, professionnelle, a tendance à se corser, avec un pic qui est plutôt en fin d'année 2024, en termes de dureté. Et donc, en fait, je crois que le moment... où je me dis, oh là, en fait, on est en train de se sortir de ce long tunnel. C'est le moment où, en fait, mes parents nous annoncent... En fait, c'est le moment où mes parents arrivent à Saint-Malo. Ils ont déménagé pour se rapprocher de nous. Et en fait, il y a un certain nombre de choses. Il y a ta situation à toi, où ça se clôture avec ton ancien employeur. Il y a mes parents qui déménagent pour nous rejoindre et du coup, qui vont soudainement nous apporter plein de soutien, beaucoup plus en...
- Speaker #0
en proximité,
- Speaker #1
que par le passé, où eux-mêmes sont sortis d'un moment assez dur de leur vie, où ils cherchent à vendre leur maison. Il y a beaucoup de complications. Moi, la situation économique aussi s'améliore dans ma boîte. Notre fille... On commence à avoir un an et demi, les nuits sont sans coupure, et en fait tout se retourne en même temps dans le sens positif, et donc là il y a un moment... et en plus c'est le printemps et donc c'est fantastique et en plus le printemps de l'année 2025 a été vraiment extraordinaire en termes de météo et donc on passe de le fond du trou de la pire période de notre vie toute proportion gardée parce que personne n'est mort et tout le monde était en bonne santé à waouh en fait c'est ça l'expression le bout du tunnel mais j'aurais dit exactement la même chose Lucas donc tu vois ...
- Speaker #2
Je pense que vraiment, au mois de mars, ça a été le soulagement. En fait, tout s'est débloqué. Moi, je suis allée aussi au bout de ma démarche de clôturer, comme je disais, cet événement. Je dirais d'un point de vue un peu psychologique, d'aller au bout, de faire le deuil aussi d'une situation passée. Et à ce moment-là, vraiment, quand on dit la roue tourne, je pense qu'on l'a vraiment senti au mois de mars. On s'est dit, ah ok, la roue a tourné, tout se passe bien. Et c'est vrai qu'il y a énormément de choses qui se sont débloquées. On a eu plein de bonnes surprises, des choses dequelles on ne s'attendait vraiment pas, qui nous sont tombées dessus. On s'est dit, ok, d'accord, on prend, Et voilà, au final, depuis le mois de mars-avril, ça a été la bouffée d'oxygène de se dire c'est bon, l'année est derrière, elle est passée, c'est fini. Et maintenant, on part sur autre chose avec les appuis solides pour à la fois affronter et profiter.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a du coup un truc en particulier que vous gardez de cette période-là en vous disant... Le truc qu'on referait peut-être un peu différemment, ou le truc qui nous a vraiment appris dans les ressources qui ont été utiles à nous deux, est-ce qu'il y a un truc qui vous vient en tête sur cette partie-là ?
- Speaker #2
Les ressources, moi je pense que ce qui nous a le plus... Là où je me dis qu'on a eu de la chance pendant cette période-là, c'est qu'on a été extrêmement bien entourés. Je pense que ça nous a confortés aussi dans l'idée de prendre soin de nos relations avec... Nos amis, notre famille, de mettre de l'intention dans le fait de pouvoir avoir une relation harmonieuse avec eux, de pouvoir avoir des renforts auprès de nos proches. Je pense que la vraie ressource, ça a été vraiment de sortir du foyer. C'était de la liberté en dehors de eux et de notre famille. De s'accorder à se dire, en fait là, il faut que je règle quelque chose avec moi. Et ça ne doit pas déteindre sur ma famille, c'est le problème, il est avec moi et moi seule. Et il faut que je le règle avant de pouvoir être en capacité de gérer le reste.
- Speaker #1
Peut-être de façon très concrète, là-dessus, je trouve qu'on a croisé beaucoup de couples qui, dans leur moment d'enfant en bas âge, ne vivent que des moments... Enfin, t'es coincé en famille quoi. Et comme en plus le soir, il faut que tu gères tes enfants qui dorment, qui se réveillent et tout, je sens qu'il y a peu d'espace pour les sorties de l'un sans l'autre. Et je trouve que pendant toute cette période, on a quand même plus ou moins une sortie par semaine, soit de l'un, soit de l'autre, qui se fait sans l'autre. Et je trouve que c'est assez rare dans les... dans les gens qui nous entourent à cette période-là.
- Speaker #0
Donc dans cette période-là, vous avez privilégié, plutôt qu'en moins de deux, de faire un resto à deux, que toi, t'ailles...
- Speaker #1
Me faire une bouffe avec des potes.
- Speaker #2
Oui, en fait, je pense que c'est surtout toi. Toi,
- Speaker #0
c'était ta soupape, en fait.
- Speaker #2
Parce que j'ai pas l'impression d'être sortie beaucoup l'année dernière, mais en tout cas, je pense que effectivement, toi, t'as eu l'espace pour pouvoir sortir et... Et t'extraire aussi de ça. Parce qu'il faut savoir aussi que Lucas télétravaille à la maison. Donc il y a des moments où on était ensemble. Donc quand on dit cloisonné, c'est compliqué. C'est vrai que je pense que c'était important pour toi, pour le coup, que tu puisses sortir.
- Speaker #1
Et puis après, ce dont j'ai parlé tout à l'heure, la fraternité de couple.
- Speaker #0
Je veux bien que tu nous en dises un mot. Comment vous les avez rencontrés et concrètement à quoi ça ressemble un moment partagé avec eux ?
- Speaker #1
Bon alors je fais un petit placement de produit pour l'organisation, enfin qui a un ordre religieux auquel on a tapé à la porte. En plus on partage pas leur foi, donc c'est le chemin neuf. On s'est senti suffisamment courageux d'aller toquer à leur porte pour leur dire est-ce que vous voulez bien nous dans vos formats d'accompagnants de couple, quand bien même... Le mot que j'aime bien, je suis sympathisant catholique, pas croyant. Et donc ils ont dit ok. Et donc on a, juste avant la naissance de notre deuxième enfant, pris une semaine pour notre couple dans ce qu'ils appellent le parcours Cana. Semaine Cana. Qui est sur 6 ou 7 jours, avec une thématique par jour, t'es rassemblé avec eux. Nous, c'était une vingtaine d'autres couples de tous les âges. C'est-à-dire qu'il y en a qui ont 23 ans et puis il y en a qui ont 82 ans. Donc, c'est assez fascinant. Et chaque journée est articulée autour du témoignage d'un couple de l'organisation sur le sujet en question, avec un niveau de témoignage qui, derrière, vraiment te laisse se scotcher sur ta chaise et où, du coup, te donne une autorisation immense, infinie, à poser toi sur cette thématique auprès d'un groupe de parole Hommes, femmes, puis de ton couple, des choses sur ces thèmes-là. Et à la suite de cette semaine, s'ouvre la possibilité pour les couples... couple qui le souhaite de prolonger avec ce qu'ils appellent une fraternité, qui est un groupe de paroles mensuel qui rassemble entre 3-4 couples et qui va aborder à nouveau une thématique à chaque fois sous forme de questionnement.
- Speaker #0
Et c'est quoi des exemples de thématiques que vous abordez ?
- Speaker #1
Si je donne un exemple très précis de celui qu'on a fait la dernière fois, en fait ça fait un petit moment maintenant qu'on est en fraternité. On a un peu passé les thèmes un peu génériques, les grandes questions, on pouvait aller chercher le rapport à l'argent dans le couple, comment la gestion du conflit, la communication, la famille, etc. Et donc maintenant on s'autorise à aller chercher des trucs un peu plus spécifiques. Et donc peut-être le dernier thème en tout cas c'était, la première question c'était, c'est quoi l'immense qualité de l'autre qui est tellement présente qu'on ne la voit plus au quotidien ? Et la deuxième question, c'était comment est-ce que cette qualité peut être un tremplin pour le futur de notre couple ?
- Speaker #0
Est-ce qu'il y avait un autre moment dont vous aviez envie de nous parler ? À part cette année 2024 qui a été hyper structurante pour vous deux en pro, en perso, au niveau du couple. Est-ce que quand on vous pose la question comme ça, est-ce qu'il y a eu d'autres moments difficiles dans vos plus de dix ans de relation ? Il y a des choses qui vous viennent en tête ?
- Speaker #1
On peut peut-être parler de l'achat de cet appartement.
- Speaker #0
Magnifique appartement, je le commente en live. Donnant sur les portes de Saint-Malo.
- Speaker #2
Qui est venu avec son lot de rebondissements. Tout à fait, oui.
- Speaker #0
Tu veux nous raconter ?
- Speaker #2
C'est moi qui raconte ? Non mais en fait, quand on est arrivé à Saint-Malo, j'ai été mutée professionnellement, donc on est parti. Il faut savoir que l'histoire de l'appart commence à caler finalement. On est partis, on vivait à Calais et on a dû partir un peu rapidement de Calais avec le sentiment de laisser un peu tout en plan derrière nous parce qu'on s'était engagés dans des projets de long terme associatifs, professionnels, relationnels là-bas et donc c'est vrai que c'est un moment où on n'était pas forcément prêts à partir donc on est arrivés ici en n'ayant rien préparé, en étant vraiment catapultés dans cette nouvelle vie malouine. Et qui a été du coup assez difficile puisqu'on est arrivé dans un logement qu'on louait, qui n'était pas du tout adapté à notre famille. C'est un peu les points de chute quand on arrive et qu'on est en mutation. Et donc très vite, Lucas a pris le taureau par les cornes et s'est dit que tu ne voulais pas subir cette situation et que si jamais on était maintenant à Saint-Malo, on allait s'installer à Saint-Malo et on allait bien le faire. On allait vivre. pas en fonction de ce qu'on a... Enfin voilà, on allait prendre les devants et être proactifs dans notre vie. Et donc Lucas s'est lancé dans... Je peux dire que tu t'es lancé quand même. S'est lancé dans l'achat d'un appartement ou d'une maison pour qu'on puisse y vivre. Chose sur laquelle je n'étais pas forcément favorable parce que moi, par ailleurs, je pense que j'ai toujours eu une énorme angoisse ou une énorme peur qui était d'être un peu prisonnière de mon niveau de vie. Et je me suis toujours dit, surtout, je veux... pas à un moment donné être bloquée par un niveau de vie qui soit trop élevé par rapport à mon salaire ou alors à mes revenus parce que je veux pouvoir avoir la liberté de pouvoir partir de pouvoir changer, ça me rassurait de pouvoir avoir cette liberté là et j'ai vécu comme ça depuis la fin de mes études j'ai beaucoup voyagé, j'ai beaucoup bougé j'ai beaucoup déménagé et à chaque fois je pars avec mon sac à dos et voilà je pars et j'ai cette flexibilité là
- Speaker #1
Ses affaires tenaient dans deux valises. Quand je l'ai rencontrée, elle avait 30 ans déjà.
- Speaker #0
Mais c'était le côté aventurier. Tout à fait.
- Speaker #2
On prend le package. En gros, ça venait avec le package. Et donc, Lucas, qui n'était pas trop, pour le coup, au moins dans cette optique-là, en tout cas pas avec cette angoisse-là, a voulu acheter un appart. Et c'est vrai que Lucas a pris les choses en main, on peut dire ça comme ça, de manière très efficace. Et donc très vite, on s'est retrouvés avec l'appart, avec le potentiel d'achat de l'appart, les plans, les machins. Il s'est mis corps et âme dans ce projet. Donc moi, j'ai pas su à ce moment-là aussi mettre de frein, je pense, sur ça va trop vite et c'est pas pour moi et j'ai pas envie de ça. Parce que toi, du coup,
- Speaker #0
ça te renvoyait cette angoisse de dépendre de matériel alors que t'avais pas envie de ça.
- Speaker #2
Exactement. Et en même temps, j'étais en capacité à ce moment-là de dire j'ai pas envie de ça, mais j'étais pas assez en capacité à ce moment-là de dire ce dont j'avais envie. Ok. Et donc, c'est vrai que face à son envie à lui qui était très forte, je n'ai pas eu les arguments pour pouvoir contrer la dynamique sur laquelle il était. Et donc, on s'est retrouvés avec l'appart acheté où tu m'as présenté les papiers. d'achat de l'appart où tout était déjà bouclé, il m'a dit tu signes en bas, c'est bon j'ai tout géré.
- Speaker #1
Pas besoin de lire les petites lignes, go go go.
- Speaker #2
T'inquiète, tu fais confiance non ? Voilà, et donc c'est vrai que je me suis sentie un petit peu prisonnière de cette situation, donc j'ai fini par signer, enfin oui voilà j'ai signé, j'ai dit bon ok, vraiment à contre-coeur quoi, de me dire je sens que c'est pas pour moi, mais en même temps j'arrive pas à arrêter la machine.
- Speaker #0
Toi tu l'avais pas ressenti du tout ce truc-là de...
- Speaker #1
En fait, moi j'avais l'impression de rendre service et que j'avais raison. Je me disais, elle va s'en rendre compte à un moment donné que quand même c'est le mieux pour nous. Et c'est vrai que je ne fais pas alliance en fait dans ce moment-là. C'est-à-dire que j'ai l'impression d'être dans une forme de sacrifice, de me dire en fait je suis en train de tout porter là, mais c'est trop bien ce que je fais pour nous. et donc oui c'est grâce à moi on va avoir un super logement et c'est moi qui fais le taf un peu ingrat là mais c'est pour tout le monde et j'ai conscience que je nous embarque dans un truc c'est un peu rock'n'roll parce que bon bah là aujourd'hui tout a l'air très sympa mais en fait il était en ruine l'appart l'immeuble avait des problèmes très très structurels aussi et donc ça c'était flippant mais je me dis c'est pas grave je vais le gérer moi ça va le faire et je me dis
- Speaker #2
Ça remettait aussi énormément de stress sur toi, du coup, d'encaisser tout le stress que moi, je pouvais avoir par rapport à cet appart-là.
- Speaker #1
Donc, j'en attendais une forme de reconnaissance, du coup, en me disant, elle est où la gratitude ?
- Speaker #2
En fait, il attendait que je dise merci alors que j'étais là. En fait, je ne veux pas de ça. Donc, c'est vrai que ça a été très, très clivant. Si bien qu'on est arrivé au point où on s'est dit, il faut qu'on revende cet appart. Parce qu'on ne va pas survivre à cette épreuve-là.
- Speaker #1
Ah ouais, ok. Il y a un moment de l'été...
- Speaker #2
On ne va pas survivre à cette épreuve-là. On était tellement en dissonance sur les objectifs et nos aspirations.
- Speaker #0
Oui, vous n'arriviez pas à poser vos mêmes envies au même endroit. Toi, c'était l'idée d'avoir un foyer en dur et de porter un projet moyen terme pour vous installer à Saint-Malo. Toi, c'était plutôt envie de liberté, de pas de contraintes ?
- Speaker #2
Non, mais c'est même pas que ça. C'est-à-dire qu'en fait, pour moi, l'engagement financier était trop gros. J'étais pas en capacité d'absorber. Donc ça voulait dire aussi que Lucas devait prendre en charge une grosse partie de l'impact financier que ça avait. Et moi, j'avais pas envie qu'il ait cette responsabilité-là. Et j'avais pas non plus envie de me retrouver prisonnière de quelque chose qui était trop gros pour moi. Et qui, d'entrée de jeu, j'avais dit que c'était trop gros pour moi. et donc je me sens, enfin voilà j'avais pas envie de Et au-delà de l'aspect purement liberté un peu superficiel, de se dire je peux partir au dernier moment, il y a aussi un moment où je me dis, bon maintenant j'ai un enfant, je ne suis pas toute seule, donc j'ai bien conscience aussi que je ne peux pas vivre comme ça. Donc j'étais aussi ok pour acheter quelque chose. Et d'ailleurs on avait acheté quelque chose à Calais avant. Donc je n'étais pas contre l'idée d'acheter quelque chose. Par contre, je ne voulais pas acheter quelque chose qui soit aussi bloquant dans notre vie. C'était vraiment le fil à la... Moi je le voyais vraiment comme un fil à la patte. Je me suis dit on va avoir ça, on va être bloqués à vie ici. C'était... L'optique était vraiment très négative pour moi. Et donc, on est arrivé à un stade où on a posé les choses.
- Speaker #1
Je me souviens de cette discussion dans le jardin. En fait, on a fait l'offre en mars et en juillet.
- Speaker #2
Oui, ça a été très rapide.
- Speaker #1
Ok, et donc on se retrouve dans le jardin assis à la table, à se dire en fait juste... Moi je viens déverser un peu ma frustration de... En fait juste, je suis en train d'absorber une charge de malade. Toi tu me dis bah ouais mais en fait je t'ai rien demandé et c'est pas ce que je voulais. Et où je prends conscience en fait à ce moment-là, de à quel point j'ai pas pris la peine et senti l'importance de faire alliance sur ce projet. En effet... extraordinairement structurant dans nos vies et donc à quel point j'ai sous-estimé ce truc là en pensant bien faire et donc je dis mais en fait moi je tiens plus à notre couple que à cet appart toi tu me dis bah oui mais on va pas le revendre maintenant qu'est ce qui va se passer finalement avec ça c'est très simple on va effectivement le revendre probablement moins cher que ce qu'on l'a acheté parce qu'en plus au milieu de ça il y a eu la crise oublié là, les taux étaient partis en cacahuètes donc les prix étaient plutôt orientés à la baisse mais j'ai dit je préfère avoir quelques centaines d'euros à rembourser du delta, du prix d'achat, de revente pendant 20 ans et qu'on soit bien ensemble et qu'on soit forgés, ce truc de en fait on met le couple en premier et donc on est aussi prêt à faire ce truc un peu absurde financièrement qui consiste à revendre cet appart sans même l'avoir habité et fait des travaux dedans que l'on se sépare dans une divergence sur nos intentions. En faisant cette possibilité, on a refait le choix ensemble du coup de garder l'appart. Et donc on a refait alliance. Et alors elle n'était pas faite dans la joie et la festivité, mais on a refait alliance quand même, un peu dans la douleur, autour de... On avance là-dedans.
- Speaker #0
C'était au moins une décision commune, raisonnée et en conscience pour toi d'avancer dans un chemin.
- Speaker #2
Je pense que c'est important, et d'autant plus à la lumière de ce qui s'est passé après. S'il y avait eu cette frustration qui était restée de se dire qu'on est bloqué, parce que forcément ce sujet est ressorti quand il a été question de redéménager. C'est très facile de tomber dans des... Je te l'avais dit qu'il ne fallait pas l'acheter. Si la frustration n'est pas gérée avant, on peut très vite tomber dans ça. Et pour le coup, c'est extrêmement nocif pour la relation.
- Speaker #1
Je ne sais pas comment on aurait encaissé dans notre année difficile. En plus, un conflit ouvert sur notre présence dans cet appartement.
- Speaker #2
Surtout sur ce sujet-là qui était extrêmement clivant. Donc, on a pris le choix.
- Speaker #1
discuter et c'est vrai que c'est un des gros apprentissages qu'on a eu à ce moment là c'est vraiment on laisse pas pourrir une situation et je trouve que en plus de toujours aujourd'hui avoir ce rôle de mettre les pieds dans le plat tu le fais de façon hyper bien parce que on a eu tout ce chemin d'apprentissage où on l'a fait mal pendant longtemps et moi ce moment de discussion là où on se réaligne sur la direction à suivre pour la suite sur l'appartement C'est aussi un moment hyper fort pour moi de mon rapport à la colère, parce qu'en fait je pense que je n'ai jamais été aussi en manifestation de ma colère de toute ma vie que pendant ce moment de discussion difficile où on va très très loin dans la remise en question de notre alliance. Et pour l'anecdote, je casse même des assiettes dans ce moment et je pars de la maison en claquant la porte pour aller prendre un moment seul. Et me dire je sais pas ce que je vais faire mais je peux pas rester dans la conversation là quoi. Et où je reviens peut-être une heure ou deux heures plus tard avec des choses un peu écrites sur un papier de c'est quoi mon intention profonde dans ce qui s'est passé, ce que je vis dans la conversation qu'on vient d'avoir et ce que je voudrais pour nous demain quoi. Mais j'étais pas capable d'avoir le...
- Speaker #0
Oui parce que quand t'as raconté tout à l'heure on avait l'impression que c'était assez smooth comme quoi. Ah du tout, du tout. Non pas du tout. C'est cool de donner le... je pense qu'on était tous en train de pleurer dans le jardin et de péter un plomb l'un contre l'autre si vous regardiez votre couple à tous les deux sur le bateau dans les Caraïbes qu'est-ce qui a le plus changé entre vous deux pendant ces 10 ans de relation ?
- Speaker #1
je trouve qu'on a eu une vie de couple très heureuse le temps passé ensemble est toujours très beau et donc c'est un peu dur quand même aujourd'hui de savoir que Cette possibilité-là, elle est à portée de main, mais qu'elle est aussi contrainte dans le temps par le fait que la famille a pris beaucoup de place. Donc oui, ça a quand même pas mal changé entre nous. Donc on essaie de garder de quoi préserver ce temps-là. Mais c'est sûr qu'on a moins l'occasion d'aller faire des vacances par appente avec des enfants en bas âge.
- Speaker #2
Et il y a ça, il y a aussi l'équilibre dans notre couple. Alors pas par rapport aux deux semaines où on s'est rencontrés, parce qu'encore une fois, c'était un peu hors du temps. Mais la réalité, c'est que je pense que notre couple était quand même assez déséquilibré dans les premiers mois, même dans les premières années. Ne serait-ce que par l'affirmation que chacun peut avoir vis-à-vis de l'autre. Par exemple, moi, de me faire entendre, en fait. Je pense qu'au début, j'avais énormément de mal à me faire entendre, à pouvoir m'affirmer dans la relation. J'étais plutôt suiveuse sur certains sujets. Et au fur et à mesure, là, je me sens beaucoup plus équilibrée avec chacun ayant la capacité d'avoir un contre-pouvoir vis-à-vis de l'autre dans la prise de décision.
- Speaker #1
Ce qui est très paradoxal parce que d'une certaine manière, Amélie a beaucoup de rêves. Et je trouve qu'on se met vachement au service de ses rêves à elle. Et moi, je suis trop content de ça. Je pense que j'ai assez peu de rêves, mais j'aimerais bien un peu plus les faire émerger. Donc j'ai l'impression qu'il y a un chemin d'affirmation parallèle sur des sujets différents.
- Speaker #0
Si vous qualifiez un peu le moment de votre couple en ce moment, à chaud là, c'est quoi en un mot ? Est-ce que vous avez passé, on a entendu des mots compliqués, si vous deviez décrire là votre couple en un mot et une phrase, votre mood du moment, ça serait quoi ?
- Speaker #2
Ce serait sérénité. Je pense qu'on est vraiment dans une très bonne période familiale, couple, pro.
- Speaker #1
On profite,
- Speaker #2
on savoure, on est dans une période où on savoure.
- Speaker #1
J'ai l'impression que c'est le calme après la tempête. Parce que je trouve aussi que... Moi j'ai toujours eu le plaisir en vieillissant de remarquer à quel point j'avais quand même gagné en sagesse à travers les années. Et du coup je trouve que quand même, j'ai bien 35 ans... C'est un assez bon moment de vie, je trouve qu'on n'est plus trop bête, enfin je suis plus trop bête. Pour autant, je me sens encore en capacité de plein de choses et dans un moment de vie assez joyeux, très entouré, avec des possibilités de plein de choses. Et donc, en plus avec les enfants qui ont un peu grandi, j'ai envie de calme vraiment après une période assez chargée et houleuse. Mais dans notre couple, je pense que c'est pareil.
- Speaker #2
Disons qu'on reprend de l'énergie aussi pour se projeter dans d'autres projets. Et ça, ça nous fait énormément de bien de pouvoir se dire OK, on repart vers d'autres aventures et ça nous fait nous projeter vers des moments chouettes.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez un up prochainement de prévu tous les deux ?
- Speaker #2
Alors on a un super hop de prévu tous les deux, dans quelques semaines, puisqu'on va à Bréa, finir l'été à Bréa, lors d'un séminaire toscane. d'un séminaire, je ne sais pas, d'une formation en accompagnement managériel. Je ne sais pas comment tu le définis. Je pense qu'il me dit.
- Speaker #1
Oui, on peut dire ça.
- Speaker #2
On va faire simple. Et donc, tous les ans, il y a un séminaire de rentrée. de cette formation qui se passe à Bréa. Et cette année, on s'accorde le luxe d'y aller tous les deux, sans les enfants, profiter de ce temps d'introspection et de préparation de la rentrée, de clôture de l'année qui s'est écoulée.
- Speaker #0
C'est des temps accompagnés, du coup.
- Speaker #2
C'est un temps accompagné la journée. Et donc on en profite pour être à deux et passer trois jours là-bas.
- Speaker #1
Oui, c'est un moment de confiance un peu appuyé sur l'année qui s'ouvre. Et on a la chance de pouvoir du coup le faire tous les deux. Et moi j'en aurais donné un autre si je peux. En fait là ça va être nos dix ans. en janvier prochain et on part en Guadeloupe à nouveau pour ce moment là et je fais à nouveau un petit placement de produit en fait on y va dans l'échange de maison et on est des très fervents adeptes de cette pratique qu'on utilise à la fois pour parfois aller loin, parfois pour faire un week-end à trois quarts d'heure de route de chez nous. Donc avec Home Exchange. Et du coup, ça c'est aussi ce qui nous a permis, je trouve, de rester connectés dans une forme d'aventure et de valeurs de partage et de connexion à l'autre, dans un moment où c'était dur d'avoir des aventures avec des enfants en bas âge. Et donc ce fait-là d'aller connecter avec des gens, se retrouver dans un chez-soi qui n'est pas le chez-soi, mais qui est quand même le chez-soi de quelqu'un, avec tous les choix de vie que les gens ont faits, contenus dans leur maison. Je trouve que ça a été des moments magnifiques qu'on a eus sur ces 4-5 dernières années. Et donc, il y a aussi ce bon moment qui arrive.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce qu'il y a un dernier truc que vous voulez partager ? Un point dont on n'a pas parlé, qui était important pour vous ? Ils relisent consciencieusement leurs petites notes.
- Speaker #1
Ah oui, moi je peux partager un dernier truc. Je ne suis pas sûr qu'ils écouteront un jour ce qu'on dit là, mais je trouve qu'on a eu le souci, et puis ce n'est pas que nous, c'est aussi eux qui sont des belles personnes et qui se sont mis là-dedans. Mais je trouve qu'on a eu la chance d'être très entourés par les grands-parents dans le soutien vis-à-vis de nos enfants. Alors en plus, dans des moments où à la fois on a pu habiter proche d'eux, et aussi des moments où on a habité très loin d'eux, et dans dans Dans les deux moments, on a eu beaucoup de présence et de soutien. Alors on a essayé de faire notre part, de faire en sorte que la relation soit belle. Et dans les moments durs aussi, essayer de prendre en main ce qu'on pouvait pour qu'elle le reste. Et pour autant, je suis toujours très bluffé. C'est aussi une des grosses intentions d'Amélie de faire en sorte que nos enfants puissent avoir un accès hyper fort à leurs grands-parents. Et je trouve qu'ils le rendent au centuple. Et donc, voilà, il y en a. Notre fils qui part deux semaines chez ses grands-parents bientôt, l'autre qui va aussi aller chez ses grands-parents qui habitent un peu plus proche. Et donc je trouve qu'on a beaucoup de chance d'avoir ça. On l'a aussi vu dans les séminaires qu'on a fait avec d'autres couples, que tout le monde n'a pas cet accès-là et ça change beaucoup de choses dans la vie du couple des enfants en bas âge.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est un vrai luxe et vous avez raison d'en profiter aussi.
- Speaker #2
Même par l'embasage de notre famille en général. C'est vrai que d'avoir accès à ses grands-parents et de pouvoir compter sur eux, on sent que vraiment on a un soutien indéfectible, infaillible de leur part. Donc ça nous met dans une position de confiance aussi. Et puis on partage avec eux des super moments. Donc par ailleurs, on est aussi dans le... Dans la réciprocité, on sent que eux, ça les rend heureux.
- Speaker #0
Oui, c'est pas que dans un certain sens, c'est qu'on les a les besoins.
- Speaker #2
On sent que eux, ça les rend heureux vraiment aussi de pouvoir faire partie de notre vie de façon très concrète, très quotidienne. Donc c'est très chouette.
- Speaker #0
Alors un immense merci à Amélie et Lucas de cette souhaite prêtée à ce jeu. C'est pas facile de se dévoiler autant, de dévoiler une partie de son intimité, de parfois aussi renouer avec des moments plus difficiles, un peu moins joyeux. et ils l'ont fait avec une immense sincérité et avec des yeux qui étaient hyper émus aussi de s'octroyer ce moment. Donc j'espère que ça vous a plu. Ce que je retiens de cet épisode, c'est le fait de s'autoriser de la parole pauvre, le fait de s'autoriser des retraites de couple, le fait de s'autoriser d'être très bien entourée et de vraiment savoir communiquer avec son cœur et pas avec son égo. Et voilà, j'espère que ça vous aura été utile. N'hésitez pas à me dire ce que vous, vous avez retenu de cet épisode. Et n'hésitez pas à m'envoyer les noms et les prénoms des couples que vous adoreriez entendre au micro d'Up & Down. Merci beaucoup.