Speaker #0Si tu t'intéresses un minimum à l'investissement, il y a une phrase que tu as forcément déjà entendue : "les actions ça rapporte 10% par an sur le long terme". On te l'a peut-être dit dans un livre, sur Youtube ou autour d'un café. Et ce chiffre ne sort pas de nulle part. Il repose sur de vraies données, de vraies performances, sur un historique de plus d'un siècle. Mais le problème c'est que ce chiffre est mal utilisé. Et quand tu construis toute ta stratégie de vie dessus, il peut te pousser à faire exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire. Sous épargner, prendre trop de risques et créer des attentes qui ne collent pas. pas la réalité du marché. Je vais donc décortiquer avec toi ce fameux 10%. On va comprendre d'où il vient, ce qu'il signifie vraiment et surtout ce que tu peux raisonnablement attendre quand tu investis en bourse dans le monde réel. Et tu vas voir que le résultat est bien loin de tout le bullshit que tu vas pouvoir entendre sur les réseaux sociaux. Alors d'où vient le chiffre des 10% par an ? Contrairement à ce que certains pensent, ce n'est pas un chiffre inventé par des gourous ou des vendeurs de rêve. Il repose sur des données bien réelles. Si tu regardes l'histoire des actions américaines... et surtout depuis la seconde guerre mondiale, tu observes effectivement des performances très élevées. Sur certaines longues périodes, le marché action américain a délivré autour de 10 à 11% par an en nominal, c'est-à-dire avant inflation. Et comme beaucoup d'investisseurs se sont formés en regardant essentiellement les États-Unis sur une période très favorable, ce chiffre s'est imposé comme une référence quasi universelle. Le problème, c'est le contexte. D'abord, on parle d'un marché précis, les États-Unis. Un pays qui a vité les guerres sur son sol, qui est sorti renforcé de la mondialisation, qui a attiré le capital mondial pendant des décennies. Autrement dit, on regarde le meilleur élève de la classe sur une période exceptionnelle et on en fait une règle générale. Ensuite, on parle d'un chiffre nominal. Et ça c'est fondamental que tu le comprennes. Parce que 10% nominal, ça ne veut rien dire dans la vraie vie. Ce que tu consommes, ce que tu dépenses, ce que tu ressens, ce n'est pas un rendement nominal. C'est un rendement réel, une fois que l'inflation est passée par là. Il y a même des périodes où le marché faisait autour de 10%. 10% par an en nominal, mais où l'inflation mangeait plus de la moitié du rendement. Sur ces années-là, ton pouvoir d'achat progressait à peine, voire pas du tout. Et il y a un dernier point, encore plus important. Une grande partie de ses rendements ne vient pas seulement de la croissance des entreprises. Elle vient de la hausse des valorisations. Autrement dit, les investisseurs ont accepté de payer de plus en plus cher chaque euro de bénéfice. Ça a boosté les performances, mais ce n'est pas un moteur éternel. C'est exactement pour ça que prendre ces 10% comme une promesse pour l'avenir est absolument débile. Ce chiffre décrit un passé très spécifique. Il n'est pas garanti. Et surtout, il n'est pas un point de départ raisonnable pour construire une stratégie financière aujourd'hui. Et c'est justement ce qu'on va voir dans la suite. Pourquoi ces rendements passés ne sont pas forcément reproductibles ? Et pourquoi, paradoxalement, plus on répète 10% par an, plus on augmente le risque de déception pour l'investisseur ? Il y a une confusion qui fausse absolument tout en investissement. Une confusion tellement banale qu'on ne la remarque même plus. La différence entre ce qui est affiché... et ce qui est réellement vécu. Quand on dit que les actions rapportent 10% par an, on parle d'un chiffre nominal, un chiffre comptable, un chiffre avant inflation. Un chiffre qui ne paie ni ton loyer, ni tes courses, ni ton énergie, ni ton niveau de vie. Le rendement nominal, c'est ce que tu vois sur ton graphique. Le rendement réel, c'est ce que ressent ton pouvoir d'achat. Et la différence entre les deux peut être brutale. Prenons un exemple historique. Entre 1970 et le milieu des années 80, le marché action américain a affiché des performances nominales proches de 10%. 10% par an. Sur le papier tout allait bien, sauf qu'en face l'inflation tournait autour de 7% par an en moyenne. Et certaines années on était bien au-dessus. A l'arrivée ton rendement réel était à peine positif, parfois proche de zéro, parfois même négatif. Tu avais donc l'impression de t'enrichir alors que ton pouvoir d'achat stagnait. C'est là que beaucoup d'investisseurs se font piéger. Ils confondent progression du capital et progression de leur vie. L'histoire permet de remettre les choses à leur place. Si tu regardes les données américaines sur plus d'un siècle, la performance réelle des actions après inflation tourne autour de 6 à 7% par an selon les périodes. C'est déjà exceptionnel, mais ce n'est plus du tout 10%. Et surtout, ce chiffre n'est pas stable. Il varie énormément selon le point de départ, selon que tu investisses quand les valorisations sont basses ou élevées, selon que tu entres après une guerre, une crise ou un sommet de cycle. C'est là qu'un détail devient crucial. Les périodes où les rendements réels ont été le plus élevés correspondent pas à ça. très souvent à des phases de valorisation initiale ultra basse. A l'inverse, quand tu investis dans un marché déjà cher, ton rendement réel attendu baisse mécaniquement. Les marchés fonctionnent comme un ressort. Quand il est comprimé, il a de l'énergie. Quand il est tendu à l'extrême, il n'a plus de marge. Aujourd'hui, la plupart des grands marchés développés se situent dans le haut de leur historique de valorisation. Ça ne veut pas dire qu'ils vont s'effondrer. Ça veut dire que les rendements réels futurs ont de bonnes raisons d'être plus modestes que ceux du passé récent. et pourtant le discours que tu entends chez les vendeurs de rêve sur youtube reste bloqué sur un 10% hérité d'une autre époque et le pire c'est comme ça suffit pas il y à un autre piège parce que quand on parle de rendement réel moyen on oublie que personne ne vit la performance de la même manière un rendement réel de 6 % sur 30 ans ne veut pas dire une progression fluide régulière rassurante cela veut dire des années à plus Plus 20% et des années à moins 30, et des années où ton capital ne va strictement rien faire. Entre 2000 et 2002, puis en 2008, les marchés actions ont connu des phases où les rendements réels ont été profondément négatifs pendant plusieurs années consécutives. Sur le long terme, la moyenne tient, mais à court et moyen terme, sur le plan psychologique, ce n'est plus du tout la même histoire. C'est ici que le chiffre moyen devient presque dangereux, parce qu'il efface la violence du parcours. Quand tu dis à quelqu'un que les actions rapportent 10% par an, Tu lui donnes l'illusion d'une régularité qui n'existe pas. Tu masques la volatilité, tu minimises les périodes de doute. Tu encourages des décisions basées sur une promesse lissée, irréaliste. Et pourtant même avec un rendement réel plus modeste, autour de 4,5 à 5%, la création de richesses reste considérable. Sur 30 ou 40 ans, un tel rendement permet une croissance soutenable du pouvoir d'achat. La question n'est donc pas de savoir si les actions rapportent beaucoup. Elles rapportent plus que les obligations sur le long terme et souvent plus que l'immobilier en prix réel. La vraie question est de savoir combien il est raisonnable d'attendre sans se raconter d'histoire. Parce que chaque point de rendement surestimé aujourd'hui devient une déception demain. Et chaque plan financier construit sur une hypothèse trop optimiste finit par casser. Non pas à cause des marchés, mais à cause de ta psychologie. Comprendre la différence entre nominal et réel, ce n'est pas un détail technique. C'est une base que tu dois maîtriser. C'est ce qui va te transformer d'investisseur naïf en investisseur lucide. Je vais maintenant te parler d'un point que tout le monde met de côté. L'écart de performance. Parce que le vrai poison en investissement, ce n'est pas gagner moins que prévu, c'est de planifier sa vie sur un rendement irréaliste, puis de découvrir trop tard que les mathématiques ne pardonnent pas. Imaginons quelque chose de volontairement simple. Tu investis 100 aujourd'hui et tu laisses courir pendant 30 ans. Premier scénario, tu obtiens 7% par an, réel. Au bout de 30 ans, tes 100 deviennent environ 760. Deuxième scénario, tu obtiens 4,5% réel par an. Un chiffre beaucoup plus proche des estimations prudentes actuelles, une fois l'inflation, les valorisations et la réalité du marché intégré. Au bout de 30 ans, tes 100 deviennent environ 375. Même durée, même effort, même discipline. La seule différence, c'est 2,5 points par an. Et pourtant le résultat final est divisé par deux. C'est là que l'écart de performance devient implacable. Il ne fait pas de bruit, il ne prévient pas, mais il sanctionne lourdement. Et ce n'est pas un débat théorique, cet écart change... absolument tout. Il change combien tu dois épargner chaque mois, il change l'âge auquel tu peux lever le pied. Il change le niveau de vie que tu peux maintenir sans stress. Il change même ta tolérance aux risques parce qu'un plan trop optimiste te pousse à compenser par des paris plus agressifs. Et ce n'est pas fini parce que ces rendements sont toujours cités avant frais. Dans la vraie vie, investir coûte quelque chose. Des frais de gestion, des frais de fonds, des frictions invisibles mais bien réelles. Même avec une gestion 100% passive, il n'est pas rare de perdre 0,5 à 0,8 points de rendement par an sur le long terme. pas en une fois, mais tous les ans. Et sur 30 ou 40 ans, cet écart devient gigantesque. Autrement dit, un rendement réel de 5% sur le papier peut très vite devenir 4,2% dans la réalité vécue. Et ça, personne ne le met dans ses projections initiales. C'est pour ça que beaucoup de trajectoires financières parfaites sur Excel échouent dans le monde réel. Parce que les hypothèses de départ étaient beaucoup trop généreuses. Et je n'ai pas terminé, parce qu'il y a un dernier point que tu dois garder en tête. Les périodes de fortes performances passées sont presque toujours suivies de périodes passées. plus chaotiques. Les années 2000, la crise financière de 2008, même des phases plus récentes où plusieurs années de hausse ont été effacées en quelques mois. Les rendements réels sur ces périodes ont parfois été nuls, voire négatifs, malgré des décennies de performances avant. Et pourtant c'est précisément après ces longues hausses que les intents sont les plus élevés. C'est le biais du rétroviseur. On regarde derrière, on se projette devant, on suppose que ce qui a fonctionné hier va fonctionner demain. Mais les marchés ne fonctionnent pas comme une ligne droite. Ils respirent, ils se tendent, Ils se détendent. Quand les valorisations montent, le rendement futur baisse. C'est mécanique. C'est pour ça que parler de 10% par an sans contexte est dangereux. Parce que ce chiffre mélange tout. Des périodes de chance exceptionnelles, des effets de valorisation difficilement reproductibles et un biais du survivant massif, surtout sur le marché américain. Une fois que tu enlèves ces couches, il reste quelque chose de plus modeste, mais aussi de beaucoup plus exploitable. Un rendement réel attendu autour de 4,5 à 5% n'a rien de décevant. Il est suffisant pour bâtir une trajectoire solide, à condition de l'accepter dès le départ. Et surtout à condition que tu comprennes que la clé n'est pas de viser plus, mais de tenir plus longtemps. Parce que quand tes hypothèses sont réalistes, tu épargnes mieux, tu paniques moins, tu ajustes moins et tu laisses le temps faire son travail. Pendant longtemps, le chiffre des 10% a tenu debout parce que l'histoire l'a porté. Les États-Unis sortaient de la Seconde Guerre mondiale en position dominante, industrie intacte, Démographie favorable, productivité en explosion et surtout des valorisations boursières historiquement basses au départ. C'est un point clé que presque personne ne rappelle. En 1950, acheter des actions américaines, ce n'était pas acheter de la croissance déjà chère. C'était acheter des entreprises solides à des multiples faibles dans un monde qui se reconstruisait. Le rendement futur ? n'était pas un miracle c'était une conséquence mécanique de prix bas au départ puis il s'est passé quelque chose de fondamental sur plusieurs décennies les bénéfices ont progressé mais les multiples de valorisation ont progressé encore plus vite les investisseurs ont accepté de payer de plus en plus cher chaque dollar de profit non pas parce que les entreprises devenaient infiniment meilleur mais parce que le risque perçu diminué c'est là qu'entre en jeu ce qu'on appelle le biais du rétroviseur on regarde les performances passées on en déduit qu'elles sont normales et et puis on projette cette normalité dans le futur. Sauf que les marchés ne fonctionnent pas comme ça. Quand les valorisations montent, une partie du rendement futur est consommée à l'avance. C'est comme donner plusieurs années de performance en avance, ça fait plaisir sur le moment, mais la facture arrive plus tard, sous forme de rendement plus faible. Les chercheurs Eugène Farma et Kenneth French l'ont montré très clairement. Sur la période 1972-1950, le rendement réel des actions américaines correspond presque parfaitement à ce qu'on pouvait attendre des dividendes et des bénéfices. Mais sur la période 1951-2000, le rendement réalisé est près de 3 fois supérieur à ce qui était économiquement attendu. Ce surplus n'est pas un nouveau standard, c'est un bonus historique. Un cadeau lié à la baisse des taux, à la hausse des multiples et à une perception de sécurité exceptionnelle. Et c'est précisément ce bonus que beaucoup d'investisseurs prennent pour une règle éternelle. Il y a un autre biais, le biais du survivant. Quand on regarde l'histoire boursière mondiale, on regarde surtout les gagnants. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni... Quelques marchés qui ont traversé le XXe siècle sans destruction totale de leur système financier. Mais n'oublie pas que pour chaque marché réussi, il y en a d'autres qui ont été rayés de la carte. Russie, Chine impériale, Allemagne d'avant-guerre, Japon des années 90. Dans les données historiques, ces marchés comptent. Mais dans les récits populaires, se racontés au crédule sur YouTube, ils disparaissent comme par magie. Résultat, on surestime la normalité des performances élevées et on sous-estime la part de chance, de contexte et de trajectoire géopolitique quand tu as investi aujourd'hui en te disant les actions font 10% par an tu fais implicitement trois paris en même temps que les valorisations restent élevées que les taux d'intérêt ne remonte pas durablement et que le marché que tu privilégies continue d'être le grand gagnant du siècle ce ne sont pas des certitudes ce sont des hypothèses et plus les prix sont aujourd'hui plus ces hypothèses deviennent fragiles c'est pour ça que parler de rendement sans parler de valorisation est une erreur intellectuelle Et parler de rendement futur en regardant uniquement le passé est une erreur stratégique. Le rendement, ce n'est pas une moyenne magique gravée dans le marbre. C'est le résultat d'un point de départ, d'un prix payé et d'un contexte économique donné. Et c'est exactement pour ça que les 10% par an posent problème. Pas parce qu'il est faux historiquement, mais parce qu'il est dangereux prospectivement. Quand on enlève le bruit, les croyances et les chiffres répétés sans contexte, il ne reste que les données sérieuses. Et aujourd'hui, quand on regarde les travaux académiques, les yearbooks, les estimations utilisées par les vrais gestionnaires, le message est beaucoup plus sobre que les fameux 10%. Premier point fondamental, il faut arrêter de confondre le marché américain et le marché mondial. Les chiffres à 10% viennent presque exclusivement des Etats-Unis, sur une période très spécifique marquée par deux phénomènes exceptionnels. Une croissance économique hors norme au XXe siècle et surtout une explosion des valorisations depuis les années 1950. Sur le long terme, en incluant les autres pays développés, les guerres, les faillites d'États, les marchés qui ont disparu, les chiffres changent. Et pas qu'un peu. Les données globales montrent que les actions mondiales ont délivré, en moyenne, autour de 4,5 à 5% de rendement réel par an sur plus d'un siècle. Réel, c'est-à-dire après inflation. Les États-Unis font mieux, c'est vrai. Mais une partie significative de cette surperformance vient de facteurs qui ne peuvent pas être répétés à l'identique. La baisse continue des taux d'intérêt, la montée des multiples et un effet de chance énorme historiques que même les chercheurs reconnaissent. C'est exactement ce que montrent les travaux de Pharma et French, ou les analyses récentes sur le biais du survivant. Le marché américain était exceptionnel, mais l'exception ne doit pas devenir la règle dans ta tête. Deuxième point clé, les rendements attendus ne sont pas les rendements passés. Aujourd'hui, on part d'un niveau de valorisation historiquement élevé, notamment aux Etats-Unis. Et plus les prix sont élevés aujourd'hui, plus les rendements futurs ont tendance à être faibles. C'est contre-intuitif, mais c'est documenté. Les gestionnaires qui font ce travail sérieusement ne partent pas de ce que le marché a fait, ils partent de ce que le marché peut raisonnablement offrir à partir d'ici. Dividende, croissance des bénéfices et niveau de valorisation actuel. Quand tu fais cet exercice proprement, tu arrives à des chiffres beaucoup plus modestes. En nominal, avant les frais, les estimations crédibles tournent autour de 7 à 7,5% par an pour les actions mondiales. Pas 10%, pas 12%, 7 à 7,5%. Et encore, c'est avant les frais, parce que dans la vraie vie, tu ne captes jamais le rendement brut. Entre les frais de fonds, les frictions fiscales, les erreurs comportementales... il faut enlever entre 0,5 et 1 point par an sur le long terme. Parfois plus. Ce qui nous ramène net de tout à une réalité simple. Un investisseur discipliné, diversifié, patient peut raisonnablement espérer autour de 4,5. à 5% de rendement réel par an sur très longue période. Et attention, ce chiffre n'a rien de décevant. À 5% réel, ton pouvoir d'achat double en un peu plus de 14 ans. Il est multiplié par 4 sur 30 ans, par 7 sur 40 ans. Le problème, c'est que beaucoup de stratégies sont construites comme si ce chiffre n'existait pas. Et c'est là que la suite devient vraiment intéressante. Parce qu'une différence de 2 ou 3 points dans tes hypothèses de rendement, ce n'est pas un détail académique. C'est la différence entre un plan qui tient et un plan qui s'effondre au premier cycle difficile. Quand tu remplaces le mythe des 10% par des rendements crédibles, tout change. Et la première chose qui change, c'est ton effort d'épargne. Avec 10% en tête, beaucoup de gens se disent que le marché fera le boulot. Ils épargnent tard, peu, irrégulièrement, ils compensent par l'optimisme. Avec 4,5 à 5% réel, tu comprends une chose très simple. Le rendement ne remplace jamais l'effort. Il l'amplifie. Concrètement, ça veut dire que chaque euro investi tôt vaut infiniment plus que n'importe quelle optimisation plus tard. Tu n'as plus le luxe de repousser, tu n'as plus le luxe de bricoler. La deuxième chose qui change c'est ton âge de retraite. Avec des hypothèses irréalistes tu te racontes une histoire confortable, tu crois que ton capital va grossir vite, trop vite. Quand tu reviens à des chiffres sérieux tu réalises que chaque année de retard se paye cash. Un point de rendement en moins sur 30 ou 40 ans ce n'est pas un détail, c'est parfois 5 à 10 ans de travail en plus. La troisième chose et c'est souvent la plus sous-estimée c'est ton niveau de vie futur. Quand tu crois aux 10%, tu construis un budget futur généreux. Des retraites élevées, des voyages au Caraïbe, une vie sans compromis. Mais quand tu ajustes les rendements à la réalité, tu comprends que le vrai levier ce n'est pas un rendement magique. C'est la cohérence en ce que tu dépenses aujourd'hui et ce que ton patrimoine pourra réellement soutenir demain. Et beaucoup de désillusion naissent ici. Je le vois tous les jours au cabinet. La quatrième conséquence touche directement à ton allocation d'actifs. Si tu penses que les actions rapportent forcément 10% par an, tu peux te permettre de surconcentrer. de négliger la diversification, de croire que le risque est secondaire. Quand tu comprends que les rendements attendus sont plus bas et plus incertains, tu changes de posture. La diversification n'est plus un frein à la performance, c'est une assurance contre l'erreur. Tu ne cherches plus à battre le marché, tu cherches à rester investi quoi qu'il arrive. Et enfin il y a la gestion du risque, le point que presque tout le monde néglige tant que tout monte. Les rendements élevés du passé ont été accompagnés de chutes violentes, 2000, 2008, 2020. Si ton plan repose sur des rendements trop ambitieux, la moindre crise devient insupportable psychologiquement. Tu doutes, tu sors, tu casses la mécanique. Un plan construit sur des hypothèses plus modestes et paradoxalement beaucoup plus robustes. Il te permet de tenir, de rester investi, de traverser les cycles sans te saboter toi-même. Et c'est ça au fond le vrai enjeu de cette vidéo. Pas de savoir si les actions ont déjà rapporté 10%, mais de comprendre ce que tu dois croire aujourd'hui pour prendre de bonnes décisions sur 30 ou 40 ans. 40 ans. Si tu devais retenir une seule chose de ma vidéo, ce serait que le problème n'a jamais été de savoir si les actions ont déjà rapporté 10% par an. Le vrai problème, c'est de construire toute une stratégie de vie comme si elles allaient continuer à le faire. Les données sérieuses montrent autre chose. Sur longue période, dans le monde réel, avec des marchés chers, des frais, de l'inflation et des cycles, les rendements attendus sont plus modestes. Autour de 4,5 à 5% réels. Environ 7 à 7,5 nominal avant frais. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle ? C'est une information. Parce qu'un rendement réaliste vaut mille fois mieux qu'un rendement fantasmé. Il te permet d'épargner au bon niveau, de calibrer correctement ton âge de départ à la retraite, de ne pas surconsommer aujourd'hui en pensant que les marchés s'en chargeront, de construire une allocation d'actifs robustes, pas fragiles, et surtout de traverser les crises sans exploser ton plan au pire moment. La règle des 10%, c'est une belle phrase, mais c'est une mauvaise boussole. Elle pousse à sous-estimer l'effort, à surestimer le marché et à prendre des risques qu'on ne comprend pas toujours. A l'inverse, une stratégie bâtie sur des hypothèses de rendement prudentes, diversifiées, cohérentes avec les données historiques, c'est une stratégie qui tient. Tout simplement parce qu'elle est réaliste. Si tu veux arrêter de raisonner avec les chiffres des réseaux sociaux et commencer à construire une vraie stratégie d'investissement antifragile qui te générera des revenus passifs, tu trouveras un lien en description. On échangera avec toi pour voir comment on peut concrètement t'accompagner et faire en sorte que tu atteignes tes objectifs de vie. Et si tu veux apprendre à investir dans une France en faillite... Je te donne rendez-vous sur cette vidéo. Je t'y donne toutes les astuces pour ne pas te faire plumer par le déclin de l'état français. Je te dis à tout de suite.