- Speaker #0
Bonjour, bienvenue, oh là !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #2
Vous êtes pas trompés de chaîne ! Là les gars, allez, je vous explique ! On est tous en haut libre, en série, bah les couilles !
- Speaker #1
Bah c'est ça !
- Speaker #2
Je tiens le gros mot, donc là en plus on est moins de 16 ! Ça aura duré 10 secondes !
- Speaker #0
Ouais, super ! Installez-vous confortablement, vous écoutez Friday Night Fever ! C'est le titre, c'était en série.
- Speaker #1
Pas mal ! Ouais ! Même si c'est un film hyper sombre en vrai. On a fait un film cet été soir. J'espère pas que ça se passera. Ah ouais ? Ouais, suicide. Du coup j'espère que ça se passera pas comme ça non plus quoi. On va vider.
- Speaker #0
Allez, aujourd'hui on va faire la fête ! par contre aujourd'hui on va faire la fête on va chanter on va danser et à la fin de l'épisode Romain fera même du breakdance hi hi et malheureusement c'est un podcast mais vous verrez pas mais il le fera c'est sûr ah oui oui putain
- Speaker #2
il est trop chaud comment ça va les amis ?
- Speaker #1
bah ça va super ah bah là ça va super bien moi on me dit épisode comédie musicale je suis là alors déjà série spéciale j'adore exactement en fait ça aurait pu être mon épisode honnêtement
- Speaker #2
C'est ton épisode, un peu.
- Speaker #1
Ok, ça me va.
- Speaker #2
En quelque sorte. Et oui, c'est un peu toi qui as choisi les films.
- Speaker #1
Non, je vous ai fait une présélection, et après vous avez choisi dans cette présélection.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on se dit que les choix de Romain et les miens ont bien été pris en compte. C'est bien, c'est bon,
- Speaker #2
c'est bon. Super,
- Speaker #0
super vote en tout cas.
- Speaker #2
On s'est rendu à pendre en compte vos votes. Là, oui, on vous le porte. Non,
- Speaker #1
il y a eu une petite alliance des Baltas.
- Speaker #2
De toute façon, depuis que j'ai adhéré à rejoindre le podcast, on s'est rendu à pendre. On apprend en otageant. Je suis pas à l'appel d'une situation majoritaire à l'Assemblée. Donc là, forcément...
- Speaker #1
Ça explique beaucoup de choses, je pense.
- Speaker #0
Avant que l'épisode ne commence, n'hésitez pas à nous noter 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Je dis n'hésitez pas parce que j'en vois certains dans la salle qui hésitent. Donc n'hésitez pas. Sans oublier les réseaux sociaux Instagram et TikTok, à leur base Vendredi Ciné, ainsi que le site vendrediciné.com pour retrouver des articles très chouettes. Je pense qu'on est prêt, je pense qu'on a tout dit, mais avant de... commencer à parler des films, on peut parler un peu du genre de la comédie musicale. Quelle est votre définition de la comédie musicale et quel est votre rapport avec ce genre ? Peut-être Jade pour commencer comme c'est your episode.
- Speaker #1
La définition c'est toujours un peu compliqué mais en général pour moi la comédie musicale c'est un film où il va y avoir des chansons chantées par les personnages mais qui sont... Par exemple ça va pas forcément être des scènes de concert ou quoi, ça va vraiment être des scènes où dans leur quotidien, ou en tout cas à des moments où normalement on ne chanterait pas, les gens vont chanter. Et donc en général, une commune musicale, c'est quand les mots ne suffisent plus, on chante. Et on danse. Globalement, c'est ça.
- Speaker #2
Comme un rallye, quoi.
- Speaker #1
Moi, personnellement, c'est comme ça que je vis ma vie. Après, chacun ses choix.
- Speaker #0
En fait, c'est un monde où c'est admis que les gens chantent. C'est ça, globalement, c'est admis que...
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, ça fait partie... Ouais. Ça fait partie de cet univers-là. Et effectivement, quand tu commences une commune musicale, c'est quelque chose qu'il faut accepter. Sinon, je pense que c'est beaucoup de gens qui n'aiment pas les communes musicales. C'est ça, la principale chose qui les saoule. C'est ce côté, ça chante, on ne sait pas pourquoi. Oui, bon, ok, ça fait partie de l'univers, les amis.
- Speaker #0
C'est sur le contrat, quoi.
- Speaker #1
Exactement. Tu sais dans quoi tu t'embarques. Et du coup, moi, commune musicale, c'est vraiment un genre que j'affectionne depuis toujours. C'est... C'est un truc, dès que je sais pas, il y a un petit coup de mou, ou même, je sais pas, j'ai envie de passer un bon moment, je sais que je vais regarder une comédie musicale et ça ira toujours mieux. Et je trouve que c'est un genre qui peut aller un peu partout. Là, c'est vrai que dans les films qu'on a sélectionnés, c'est quand même des films assez joyeux, même s'il y a des trucs... Joyeux ? Voilà, il y a des trucs un peu dramatiques.
- Speaker #2
On va en reparler. Non,
- Speaker #1
il y a des trucs qui peuvent se passer de manière dramatique dedans. Mais il y a plein d'autres communes musicales, je pense, par exemple, du Annette, toutes sortes de choses qui vont être beaucoup plus sombres. Et voilà, on peut aller quand même dans tous les genres de cinéma. mais version comédie musicale. Donc voilà, je trouve que c'est un genre hyper riche et qui mérite d'être un peu plus... Voilà, enfin, qu'il y a plein de films qui méritent d'être découverts dans ce genre. Voilà.
- Speaker #2
Ce qui va être intéressant, là, peut-être, dans ce podcast, c'est qu'on va prendre trois comédies musicales qui arrivent à trois moments différents. Donc il y en a un où ça va être pendant l'âge d'or d'Hollywood dans les années 50, R, c'est les années 79, et l'étau, c'est 2017. 2016. 2016.
- Speaker #1
Non, 2018.
- Speaker #2
2018 en France. 2018, 2018. Donc ça va être intéressant de voir un peu l'évolution de ce genre-là. Et qu'effectivement, en plus, il y a de moins en moins de gens qui apprécient les comédies musicales, alors que fut un temps, c'était le divertissement principal, en tout cas à Hollywood, par exemple. Oui,
- Speaker #0
la MGM s'était spécialisée dans les comédies musicales.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
C'était les films qui marchaient le mieux, quoi.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Et là, moi, il me semble en tout cas que, en tout cas sur un des films dont on va parler, dans les années 50 c'est peut-être déjà un peu dépassé oui c'est la fin de l'âge d'or et donc déjà ça va être intéressant mais oui effectivement j'ai l'impression que c'est un genre qui est en perdition et il y avait même par exemple c'était je crois que c'était le Joker 2 où ils évitaient de le commercialiser trop en mode comédie musicale parce que les gens n'allaient pas voir les comédies musicales.
- Speaker #0
Et pareil pour Wonka par exemple, ils n'avaient pas du tout vendu l'idée que c'était une comédie musicale pour que les gens allaient le voir.
- Speaker #2
C'est ça. Donc voilà, ça va être intéressant de remettre ce genre sur le devant de la scène et de voir qu'est-ce qu'on en a fait en tout cas avec le temps. Ouais, c'est ça. Après, c'est vrai que les comédies musicales récemment, franchement, de celles qui sont sorties, que j'ai vues, celle qui m'a le plus marqué, c'était celui qu'on avait...
- Speaker #0
Betterman ?
- Speaker #2
La vague. Non, pas Betterman. Ah oui,
- Speaker #1
la vague, c'était cool ça. La vague,
- Speaker #2
c'était très cool comme comédie musicale. La manière d'amener aussi la comédie musicale. Plus que ce que faisait Joker 2, là, où c'était juste le personnage qui partait dans sa folie et qui était juste tout seul dans son truc. Là, on avait vraiment l'entièreté de la caméra qui prenait l'entièreté de la scène qui venait, qui venait exploser. Parce que vraiment, moi, ça m'a... Enfin, niveau comédie musicale, quoi, j'étais vraiment plongé dedans.
- Speaker #1
Ouais, mais je trouve que, en fait, c'est ça, c'est que récemment, il y en a plein des comédies musicales, juste c'est des films, aujourd'hui, beaucoup plus petits et qui sont moins visibles.
- Speaker #2
Aujourd'hui ça fait pas vendre.
- Speaker #1
Oui voilà,
- Speaker #2
mais il t'en a encore. Il y a Pérez. Voilà merci. Il y a Pérez, qui avait été beaucoup critiqué et tout, mais justement un peu pour ça. Il a été critiqué pour beaucoup de choses, mais il y avait notamment le fait que pourquoi ça chante ? Pourquoi parler de ce sujet en chantant ? Bah pourquoi pas. C'est comme si tu disais à la fashion show, mais pourquoi ? Pourquoi ? Ok,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #2
Oui, il y a des explosions et des motions.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il disait en plus, oui, ça rend le sujet léger, le fait de le chanter. Alors qu'en fait, la chanson, même généralement dans nos vies, ce n'est pas toujours pour les choses légères.
- Speaker #0
Ça permet d'aborder des thématiques qu'on ne peut pas spécialement faire aussi à l'oral.
- Speaker #1
En fait, c'est ça, c'est un moyen d'expression, que ce soit la danse ou le chant, différent de la parole. Et donc, c'est toujours intéressant d'explorer ça dans le cinéma aussi. Parce que c'est des manières de filmer aussi différentes. notamment quand on pense à la danse et aux chorégraphies.
- Speaker #0
Et de jouer aussi, du coup.
- Speaker #1
Bien évidemment.
- Speaker #2
Et toi, Eliott, ton rapport à la comédie musicale ? Oh,
- Speaker #0
c'est pas une bonne question, dis donc. Moi, c'est vraiment pas mon genre de prédilection. En général, quand je veux me faire une petite soirée chill, tranquille chez moi, c'est très rare que je lance une comédie musicale.
- Speaker #2
Mais plutôt un film d'horreur assez gras. Ouais,
- Speaker #0
plutôt, ouais.
- Speaker #1
Une bonne soirée. Chill.
- Speaker #0
Ouais, trop cool. Après, je dors super bien. Je sais pas si j'aime pas la... comédie musicale, parce qu'il y en a plein que j'aime, et c'est pas tant un rejet de la forme, c'est surtout les comédies musicales de l'âge d'or hollywoodien, qui sont hyper dures à analyser, parce qu'à cette époque, il y avait un code de censure, qui est le code ACE, si je ne dis pas de bêtises, et donc le chant et la danse permettaient d'aborder des sujets qu'on ne pouvait pas parler frontalement, et moi je trouve que c'est hyper dur à analyser, parce qu'il y a beaucoup de symboles, et en fait pour moi je sais que je suis souvent dépassé, là par exemple dans... dans le Wabenwagon qui s'appelle Tous en tête. Par exemple, quand Fred Astaire chante pendant dix minutes sur ses chaussures qui brillent, je sais qu'on essaie de me faire passer un message, mais j'ai vraiment beaucoup de mal à comprendre et à analyser. C'est souvent un genre où je reste très souvent en dehors. À moins qu'au premier niveau de lecture, ça soit impressionnant et qu'il y ait des chorégraphies de dingue et que je chante qui a un vrai effort physique, souvent, je reste un peu en dehors. En tout cas, pour cette période de l'âge d'or. mais il y en a plein que j'aime comme Chanton sous l'appui qu'on aurait pu parler dans cet épisode mais bon comme nos votes n'ont pas été pris en compte bon bah c'est pas grave ah t'étais tout seul à voter pour en... on aurait dû faire une alliance là sur Chanton bah ouais mais tu m'as pas proposé et puis je suis là Trop tard. Trop tard.
- Speaker #1
La prochaine fois ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Next time.
- Speaker #0
Donc pour cet épisode, comme l'a dit Lucas, on vous a sélectionné trois films. On a pris un classique hollywoodien de l'âge d'or Hollywood. Ça se dit pas, mais bon... Une comédie un peu plus excentrique et une comédie musicale récente. Et nous, on va commencer par le classique hollywoodien. On va parler de Tous en Seine. Buster Moon, un élégant koala, directeur d'une salle de théâtre, dont les...
- Speaker #1
C'était sûr qu'il allait faire la blague !
- Speaker #0
Tous en scène réalisé par Vincente Minelli, à qui on doit notamment un américain à Paris. On y suit Tony Hunter, artiste déchu incarné par Fred Astaire. qui revient à New York, où il est accueilli par ses deux vieux amis, à savoir Lily et Ted. Il se lance dans la création d'une comédie musicale qui, à sa première représentation, est un échec retentissant. Je me suis préparé à chevoer des petites phrases de contexte pour les gens, je pense que ça peut être pas mal. Et au pire, Jade, tu me diras si j'ai tort, tu me coupes. Ça marche ! Ah non ! Tu fais ça, ça marche !
- Speaker #1
Il le ferait exactement comme ça !
- Speaker #0
Dans le film, en gros, Fred Astaire joue une version de lui-même, une star musicale vieillissante, doute encore de sa place dans un paysage hollywoodien en plein changement, qui a déjà derrière lui des grands films avec Ginger Rogers, et revient ici au premier plan chez MGM, juste après des succès comme Easter Parade et Royal Wedding, qui ont relancé un peu sa carrière. Mais Tous en Seine arrive également à la fin de l'âge d'or des comédies musicales, mais est quand même inscrit dans cette période, quand la MGM est la grande usine à comédies musicales. Le film est produit dans le fameux... Freed Unit, l'équipe d'Arthur Freed, qui a aussi donné un américain pari, est chantant sous la pluie. A sa sortie, le film, malheureusement, n'est pas un immense succès, qui est une litote pour dire que le film se plante, et n'arrive même pas à se comptabiliser, mais sa réputation critique va le faire grimper au fur et à mesure des années, au point d'être considéré aujourd'hui comme l'une des grandes comédies musicales de cet âge d'or. D'ailleurs, le film sera enregistré au National Film Registry en 1995, c'est ce dont j'avais parlé dans l'épisode Halloween. où en fait le National Film Registry, c'est une section de films américains choisie par le Congrès pour leur portée esthétique, politique et culturelle. Maintenant, on peut parler un peu du Tous en scène, qui veut commencer à parler du film là. Je commence et vous me détruisez tous mes arguments. Ah, vas-y, comment ? Moi, j'adore me lever le matin et me dire est-ce que je dois me reprendre plein la figure, quoi ?
- Speaker #2
Non,
- Speaker #1
non, mais après, si tu veux qu'on vous fasse, je sais pas, une personne qui a bien aimé, toi. et c'est encore c'est encore le sandwich de la honte le sandwich de la honte allez on fait le sandwich de la honte c'est marrant quand même on fait le sandwich de la honte on fait le sandwich commence entre nous deux alors vas-y je commence allez mais alors
- Speaker #2
moi je me suis rendu compte que j'avais déjà vu le film j'avais pas capté tout de suite en fait quand tu l'avais proposé Et donc quand j'ai commencé le film, je me suis dit, ils se ressemblent tous là, les petits movies de la genre de Hollywood. Mais non, en fait, c'est que je l'avais déjà vu, donc tout va bien. Moi, j'aime beaucoup et j'aime beaucoup aussi la manière de... Je trouve à l'époque, déjà, il y avait un artisanat qui était trop cool. Alors c'était aussi, comment dire, c'était l'industrie... on parle d'industrie, du cinéma, et encore aujourd'hui et tout, mais à l'époque, c'était vraiment, t'avais les studios, t'avais les acteurs qui étaient en contrat, etc., on réutilisait les studios souvent, mais donc, du coup, t'as quand même cette impression de, comment dire, de groupe, et d'artisanat, moi j'aime bien aussi ce côté studio, où justement, tu vois que, bah, dans le fond, ça va être en carton pâte, mais tout va être peint, etc., les décors font fake, mais en fait, ça participe à la beauté du film, quoi. Ça je trouve ça très joli et même des façons de synthétiser une idée qui sont trop cool. Au début on va commencer le film par juste une vente aux enchères d'un chapeau et d'un bâton qui sont...
- Speaker #1
Et de gants.
- Speaker #2
Oui et de gants et tout. Donc qui sont mis aux enchères et le truc se vende pas du tout. Alors que c'était l'ancien accoutrement de la star de cinéma qu'on va suivre. Enfin les accessoires quoi.
- Speaker #1
Et d'ailleurs ça fait penser à Top Hat l'affiche de Top Hat qui vraiment représente ce haut de forme avec le bâton et les gants Ça fait vraiment directement référence à la carrière de Fred Astaire.
- Speaker #2
C'est ça. Fred Astaire qui a 50 ans au moment où il tourne le film. Et donc, c'est intéressant parce qu'effectivement, tu parlais souvent de symboles, etc., qu'on peut voir dans l'âge d'Ordelewood. Mais là, c'est quasiment, on va te parler en mode, oui, c'est ce qui se passe, quoi. Littéralement, c'est Fred Astaire qui fait son retour et qui essaye de trouver sa place dans une industrie nouvelle, mais qui l'aura plus parce que Fred Astaire, il va tourner encore... quelques films derrière, mais à partir des années fin 50, c'est terminé, on le verra plus donc c'est un peu triste et moi j'adore revoir ce personnage, j'adore revoir même ses amis, je trouve que il y a aussi une écriture qui pourrait ressembler un petit peu encore une fois, comme je disais, c'est de l'industrie donc parfois ça se ressemble un petit peu mais je trouve que les personnages sont très bien écrits c'est vraiment de toute façon Hollywood Deux. Quand j'avais fait une école de cinéma, notre prof nous avait dit, pour décrire un petit peu tous les cinémas qu'il y avait, et surtout en comparant Hollywood à nous ce qu'on avait en France, ils disaient, voilà, les Américains, eux ce qu'ils aiment c'est plutôt les chaînes de restaurants, c'est pouvoir se dire, ok, je vais aller n'importe dans quel état, je vais pouvoir retrouver ce petit truc que j'aime bien et me sentir chez moi, tu vois. Et en France, nous, en général, on aime bien nos petits... de petits restaurants du coin en bas de la rue parce qu'ils utilisent une épice différente que l'autre dans la rue d'en face, ils l'utilisent pas. Et donc, t'as quand même ce plaisir mais qui est différent quand même des Avengers où là, c'est vraiment la même chose et c'est de la bouillie, etc. Là, c'est le plaisir de l'artisanat de retrouver des trucs, tu vois, où c'est vraiment du travail bien fait et c'est pas forcément des histoires qui ont une grande prétention philosophique parce que justement, encore une fois, le film, c'est... tout son discours, c'est de dire écoutez, nous, on n'a pas la prétention de vous faire un grand film d'artiste. Mais par contre, on va vous faire du divertissement.
- Speaker #0
Parce que dans le film, le personnage de Fred Astaire va essayer de se rapprocher d'un réalisateur qui, lui, va vouloir faire une comédie musicale, mais sur Faust, c'est à dire Faust, la grande histoire. Mais en fait, c'est au théâtre. Oui,
- Speaker #2
oui, en fait, c'est pas. Enfin, on l'appelle pour un projet. C'est des scénaristes qui connaissent déjà et il aime bien leur travail et les scénaristes proposent un truc qui est dans la veine de Kip Rocco, les trucs que vous trouvez pas à Hollywood tu vois, Kip Rocco, un personnage qui fait un métier un peu fun et qui essaie de faire autre chose etc. Et donc ils ont vraiment envie de faire ce projet et t'as un autre gars qui lui dit mais en fait c'est comme Faust quoi, il veut reprendre ce truc là et en faire une espèce de pièces de dramatique.
- Speaker #1
Que lui fait au tout début. En fait, on le voit, il joue Oedipe Roy. Donc en fait, il compare vraiment sur Broadway, sur le théâtre new-yorkais. T'as les grands classiques, les grandes tragédies, etc. Comme nous, on peut retrouver, ne serait-ce qu'à Paris, t'as les grandes tragédies, les grandes pièces, tout ça. Et puis après, il y a juste... nous ce qu'on dirait, je sais pas, le théâtre de boulevard ou ce genre de choses, eux c'est voilà, la comédie musicale un peu bateau, qui est juste là pour le divertissement et on s'en contente bien quoi. Et donc il y a un peu cette confrontation entre les deux et lui il dit mais non on peut faire les deux, vous inquiétez pas, on peut faire une super grande pièce, une grande tragédie et en même temps divertir.
- Speaker #2
Oui le fait est que... et puis t'as un peu ce truc où il essaie de faire tout rapidement Et c'est intéressant ça parce que tu pourrais vraiment le comparer à Hollywood, ce truc de la pièce faut qu'on la tourne tout de suite, on fera prêt dans trois semaines, on va prendre les investisseurs et tout, hop ça part maintenant, etc. On prend les plus grandes têtes d'affiches et puis ça part et en fait artistiquement ça n'a pas trop de sens. Mais non du coup c'est un film dont j'ai pris beaucoup de plaisir, mais notamment parce que Fred Astaire il sait bien, c'est ce boulot, donc t'as quand même ce plaisir.
- Speaker #1
Is it choice ? C'est un partenaire qui danse mais merveilleusement bien, c'est magnifique.
- Speaker #2
C'est ça, t'as un plaisir des costumes, des décors, et donc ça c'est vraiment chouette. Et non, ça fait un très bon divertissement, et encore une fois c'est un plaisir. Là tu parlais d'analyse, de symbolique, etc. Je sais pas si... Evidemment qu'il y en a. Mais je sais pas si le film se prête tant à l'analyse, parce que encore une fois, lui ce qu'il dit c'est qu'on a envie de refaire un film comme à l'époque, de y'a 20 ans, et de reprendre du plaisir juste à danser, et faire un scénario pas très compliqué mais avec des personnages dont on s'attache, et en vérité on s'attache à ces personnages, parce que moi y'a une scène que j'adore, c'est la scène où après le flop, ils vont boire un coup tous ensemble, et ça fait du bien parce que t'as vraiment un retour aux sources. à l'essence même de ce qu'est leur métier. Et rien que pour ça, je trouve le film vraiment formidable.
- Speaker #1
Allez, Eliott !
- Speaker #0
Le sandwich de la honte, c'est le cornichon au lieu du lambon-beurre. C'est un peu marrant, parce que moi, quand j'ai parlé du film un peu autour de moi, notamment à des fans de comédie musicale, ce n'est pas leur film préféré, c'est rarement un film qu'ils vont citer. Moi, je peux comprendre parce que du coup, moi, quand je lance le film. J'y vais avec une certaine curiosité en me disant que c'est quand même un classique du cinéma hollywoodien. J'essaye des trucs curieux. Je n'ai pas aimé. Je n'ai vraiment pas aimé le film. Même si j'arrivais un peu à cerner, pas spécialement l'héritage, parce que je ne me rends pas compte, je ne connais pas assez bien cette période pour me rendre compte à quel point il a marqué l'industrie. Par contre, au niveau de la production, ce que disait Lucas, au niveau de la chaîne de restauration, on va retrouver la même chose. C'est marrant parce que j'ai vu il y a un mois Chantons sous la pluie, qui est la même production. Et en fait t'as plein de références, les deux films se répondent vachement, c'est hyper marrant. Notamment Gene Kelly et Fred Astaire où j'ai l'impression que c'est un peu un décalque des mêmes personnages. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Gene Kelly a pris la relève en fait, par rapport à Fred Astaire.
- Speaker #0
Ah oui ? Ok.
- Speaker #1
Parce que Gene Kelly est vraiment beaucoup plus jeune, pas la même génération. Du coup, il y a un peu ce côté... Avant, c'était Fred Astaire et Ginger Rogers. Et Gene Kelly, ça a été le nouveau Fred Astaire qui ensuite a été... dans les années 60, avec d'autres comédies musicales, et même qui est venu en France avec Les Demoiselles de Rochefort, tout ça.
- Speaker #0
Mais non ! Mais il faut que je regarde le film, alors. Et du coup, moi, ce que je disais, c'est un film dans lequel j'ai beaucoup de mal, c'est vraiment impossible pour moi de l'analyser, vraiment. Je ne comprends pas les messages en sous-texte. Par exemple, quand ils font une chanson de 10 minutes sur Louise qui part sur sa charrette, je ne sais pas où, je me dis, alors... Là, on essaye de me faire comprendre un message, un message connu, mais je n'y arrive pas du tout. Et en fait, moi, au premier niveau de lecture, je ne suis vraiment pas impressionné. Fred Astaire, on a dit qu'il a 50 ans. Et en fait, je crois qu'on l'avait vu en classe, Top Hat. Et là où je voyais qu'il y avait une certaine énergie, des claquettes et tout, là, il a 50 ans. Donc, je vois juste un vieux gars qui danse. Je suis rarement vieux. Vieux gars de 50 ans !
- Speaker #1
Wow ! Je ne serais pas vieux quand il danse.
- Speaker #0
La majorité des danses, c'est juste qu'il marche comme ça, tu vois. Non, pas possible,
- Speaker #1
totalement.
- Speaker #0
Si, ah bah si. Je suis souvent mal à l'aise parce que le film revient juste à dire « Oh là là, Fred Astaire, qu'est-ce que t'es génial ! » Oh là là, à la fin, tout le monde qui se réunit pour dire « Oh là là, heureusement que t'es là, Fred Astaire, parce que le cinéma ne serait pas pareil sans toi. » Et pour moi...
- Speaker #2
La scène n'a pas la même gueule. Quand tu dis ça, que la vérité de Fred Astaire, on l'avait un peu oublié, et ça fait du bien de le revoir et de se dire, en fait, genre, on t'aime bien et on a envie de te le dire. Oui, mais parce qu'on ne te l'a pas rendu, quoi, ce que tu nous as donné.
- Speaker #0
Je ne sais pas, moi, je découvre ça en 2026, donc... Oui,
- Speaker #2
ben voilà, mais...
- Speaker #0
Et je mets ça au même niveau, en fait, que... genre dernière émission impossible où tout le monde se réunit pour faire Oh Tom Cruise, c'est incroyable, qu'est ce que t'es génial. Et après, Fred Astaire est connu quand même pour avoir un sacré ego. Je crois, il avait dit en interview que il voulait pas qu'on fasse de biopic sur lui parce que personne ne serait aussi bon danseur que lui. La vérité,
- Speaker #2
c'est vrai.
- Speaker #1
Après,
- Speaker #2
moi, je ne voudrais pas qu'on fasse un biopic sur Fred Astaire.
- Speaker #0
Moi, j'aimerais pas qu'on fasse un biopic sur moi. Notamment parce que tu es en série. Oui,
- Speaker #1
ça c'est vrai. Personne ne tuerait aussi bien que toi.
- Speaker #0
Mais en fait, j'ai été biaisé par Chantons sous la pluie où j'ai découvert une énergie, des chorégraphies qui sont vraiment hyper impressionnantes, où je ressentais vraiment un effort physique. Et là, je tombe sur des danses qui me laissent assez perpèges. Je me dis que c'est plutôt classique. Je n'arrive pas à l'analyser, je ne rentre pas dans le film, je suis tout le temps mal à l'aise. Et sans en parler de... Comme c'est un film qui a... Il a 70 ans, quoi, le film. 60 ans. Il est hyper rétrograde sur vachement de choses. Et du coup, je suis un peu mal à l'aise. Je ne sais pas trop sur quel pied c'est. Après,
- Speaker #2
tu ne peux pas reprocher un film des années 50, surtout classique hollywoodien, d'avoir des convictions conservatrices.
- Speaker #0
Ce n'est pas de mon impression de visionnage en 2026.
- Speaker #2
Oui, mais il y a des trucs quand même que tu ne peux pas... Je le dis. bah je le dis bah voilà non tu peux évidemment le dire mais ce que je veux dire c'est que tu peux pas dire enfin c'est comme dire ah ouais les films du nouvel Hollywood c'est hyper sexiste ouais bah c'est chiant et tout mais c'est c'est le deal quoi quelque part ça va dans le contexte mais il faut comprendre que toi du coup ça fait
- Speaker #0
que tu prends pas de plaisir devant le visionnaire et par contre je prends quand même un peu de plaisir c'est à la fin il y a un épilogue où c'est la représentation de la pièce euh... qui ont la deuxième pièce qu'ils vont monter en comédie et qui va être une sorte de film noir de comédie musicale qui est assez chouette, j'avais jamais vu ça. Et là, pour le coup, je prends du plaisir et je me dis si le film avait été tout le temps comme ça, ça aurait été chouette. Malheureusement, en fait, moi, je vois un produit très classique, très convenu. Bon, voilà, moi, en tant que spectateur, je prends pas de plaisir, mais bon, c'est OK, il y a des gens qui prennent du plaisir. Chacun sa petite part du gâteau. Ah là là ! Et là, la petite, je sais pas, le salami dans son sandwich, je sais pas. La mayonnaise. La mayonnaise.
- Speaker #1
Ah oui. Ok, ok. Ouais, bah du coup, c'est un peu, j'avoue, c'est moi qui ai insisté pour qu'on voit ce film-là. J'étais la seule à avoir voté pour. Parce que c'est effectivement un de mes films préférés de cet âge d'or-là. Ce qui est, comme tu dis, un peu étonnant parce qu'en soi, il est à la fin de l'âge d'or. Comme tu dis, Fred Astaire, c'est peut-être pas ses meilleures chorégraphies, tout ça. Ça, j'en suis parfaitement consciente. Mais il y a un truc qui me touche énormément dans ce film, et c'est sûrement aussi parce que ça parle de théâtre, ça parle d'art. Et il y a un truc très méta, en fait, où justement, tout le film, on te parle juste, effectivement, d'Hollywood et de ce qu'eux, ils font. Et il y a même, du coup, vers le début du film, toute une chanson où ils disent, voilà, c'est ça le divertissement. Et ils t'expliquent en fait ce qu'ils vont faire pendant tout le film. Voilà, ils te disent, en fait, le film, ça va être ça. Et globalement, c'est vraiment, ils t'expliquent tous les mécanismes, même en disant, bah voilà, nous, on a écrit une pièce. Du coup, donc, il fait tel métier et tout. Et bah voilà, on se laisse du temps, du coup, pour avoir des chorégraphies sympas, des petits numéros qui ont un peu trop rien à voir avec l'histoire, mais qui sont cools, tout ça. Tu fais, bah, c'est exactement ce que tu vas retrouver à la fin, quand effectivement, ils font la pièce. C'est juste un prétexte pour dire, et on va vous montrer... tout ce qu'on sait faire et tout notre talent et vous allez trop kiffer ça et nous c'est tout ce qu'on veut globalement. Donc voilà et comme tu dis, tout est fait pour te montrer avant tout l'artisanat et il y a cette ambiance de troupe que j'aime énormément et justement même toute la fin avec du coup le spectacle, je trouve qu'on met beaucoup plus en valeur les autres danseurs aussi qui entourent Sitcharis et Fred Astaire parce que justement Dans la scène d'avant, on les a vus tous ensemble boire un coup et dire, en fait, on a plein de talents ici, vas-y, on fait un spectacle qui tue et on fait ça tous ensemble. Donc voilà, il y a cette ambiance de troupe là et plein de références, effectivement, quand tu connais un peu la queue musicale à la carrière de Fred Astaire. Donc, par exemple, en gros, le duo des auteurs, en fait, c'est typiquement le duo comique. que faisaient Fred Astaire et Ginger Rogers au début de leur carrière. Il faut savoir que Fred Astaire et Ginger Rogers, donc ils ont fait dix films ensemble. Et quand ils ont commencé, c'était avec la Carioca.
- Speaker #0
Dans la Cité de la Peur ?
- Speaker #1
Oui, c'est la même chanson, effectivement. Mais non. C'est de là que ça vient, c'est une vraie chanson, la base de la Carioca. Et ils font... Je peux te faire une blague,
- Speaker #0
mais ça se retombe contre moi.
- Speaker #1
Tout à fait. T'as dit un truc sensé. T'as dit un truc sensé.
- Speaker #0
On te Ausha à tous les coups.
- Speaker #1
Bah oui, c'est voilà. Maintenant vous savez ce délire que ça m'a, donc si vous la regardez, d'ailleurs, la cour est assez cool. Et donc en fait, le premier film où ils étaient tous les deux, c'était pas du tout des personnages principaux, c'était juste des personnages secondaires, et ils faisaient le petit couple comique en fait à côté. Et du coup c'est trop cool de voir un peu d'autres gens qui font ça, et retrouver ce truc-là, ce mécanisme-là. Et comme tu dis, il y a vraiment déjà dans ce film-là une nostalgie.
- Speaker #0
qui est du coup un peu drôle quand toi tu regardes ça en 2026 parce que du coup tu te dis bah moi j'ai la nostalgie d'un moment où ils avaient déjà... Ils savaient déjà qu'ils approchaient de la fin en fait.
- Speaker #1
C'est Orelsan ça,
- Speaker #0
je connais.
- Speaker #1
On est nostalgique d'un passé où on était déjà nostalgique.
- Speaker #0
Oui c'est vrai. Bah voilà je me suis dit Orelsan sans le vouloir.
- Speaker #1
Peut-être que tu es Orelsan.
- Speaker #0
J'allais faire une imitation, après je me suis rappelé que j'arrivais pas à l'imiter. Et du coup, comme d'habitude, quand je disais pour l'artisanat, il y a toujours ce côté où, que ce soit les décors ou les costumes, ce que j'aime toujours dans ces communes musicales-là, c'est que c'est pris en compte et que tout est fait autour de ça. Notamment, à un moment donné, tu parlais de la scène avec l'homme qui sire les chaussures. Donc dans la sorte de... C'est une forme de...
- Speaker #2
C'est nous, je crois. Ouais,
- Speaker #0
d'arcade en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Enfin, il y a marqué arcade,
- Speaker #0
je ne sais pas quoi. Et donc, il y a tout ce truc où au début, ils jouent un peu avec la machine, etc. Puis après, la chorégraphie commence. Et donc, on voit comment on peut utiliser toutes ces machines-là dans le cadre de la chorégraphie. Et en fait, il y a plein de numéros qui sont comme ça, où juste le moindre accessoire va être utile et le moindre accessoire va apporter quelque chose à la chorégraphie, à la chanson. Et c'est toujours hyper impressionnant, moi, je trouve. Et voilà, comme tu dis, peut-être qu'il n'y a pas l'énergie de Fred Astaire des débuts ou quoi, mais je trouve qu'il y a autre chose qui vient dans... C'est hyper impressionnant, cette nouvelle-là. Ça reste hyper impressionnant. Mais je trouve qu'il y a autre chose qui vient en plus, qui vient avec une certaine maturité, qui vient encore une fois avec ce duo avec Sid Charisse, où justement, elle, c'est plutôt la nouvelle génération. Sid Charisse, elle est quand même assez jeune dans ce film. Je ne sais pas quel âge elle a, mais voilà. Et où il y a presque ce truc où il passe un peu à la nouvelle génération. Alors bien sûr, bon, est-ce que l'histoire d'amour était nécessaire ? Pas tant. Peut-être qu'il y a un petit égardage quand même qui fait un peu... Voilà. Mais...
- Speaker #2
Elle est 50, de toute façon, c'est ce que Lucas a dit.
- Speaker #0
Oui, voilà. Mais je suis d'accord.
- Speaker #1
Ça chôme beaucoup moins dans ce film-là que si le film sortait en 2026. Là, je te dirais... peut-être qu'il faudrait passer à autre chose.
- Speaker #0
Je ne peux pas le reprocher au film dans le sens où, en plus, encore une fois, si on part sur un mécanisme traditionnel de film hollywoodien, il faut qu'il y ait une histoire d'amour entre les deux protagonistes. C'est comme ça. Et en plus, elle, elle est jeune, forcément, parce que c'est le contexte qui veut ça, malheureusement. Mais voilà. Ah oui, et Bouilly, pour finir, j'aimais trop, du coup, dans toutes les rêves au théâtre. On avait tout un truc, notamment dans la fameuse chanson où ils disent, c'est ça le divertissement des refs à Shakespeare.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Parce qu'il dit, le monde est un théâtre. Donc ça, c'est une phrase qu'on attribue à Shakespeare, où il explique justement que le monde est un théâtre, finalement. Et que du coup, le théâtre, c'est le monde aussi. A plus B,
- Speaker #2
ouais.
- Speaker #0
Par A plus B, on va dire, c'est ça. Et du coup, ça revient un peu à la base de ce que c'est le théâtre moderne. Et donc, tu as énormément de références qui ne sont pas toujours faciles à avoir, surtout. pour nous français, parce qu'il y a énormément de références au cinéma et au théâtre américain, et à cette culture-là, mais t'as des trucs qu'on peut retrouver notamment dans le théâtre de Boulevard, t'as toute une séquence avec des portes qu'on ouvre et qu'on ferme, et à chaque fois qu'on ouvre une porte, t'as du coup le mec qui fait un peu le pitch de sa pièce, sauf qu'il va toujours de plus en plus loin dans l'intensité en disant « mais en fait ça va être faux, ça va être incroyable, y'a le diable qui arrive ! » et à la fin limite il meurt devant tout le monde.
- Speaker #1
Super idée, je trouve.
- Speaker #0
Et du coup, voilà, c'est un jeu avec les couloirs, les portes, les trucs qui s'ouvrent, les quiproquos, les gens qui se croisent. Et tu fais, bah oui, tout ça, c'est la base du théâtre moderne et tout ça, notamment dans le théâtre de boulevard. Et donc, pour quelqu'un qui se prétend faire du grand théâtre, au final, t'es pas... Enfin, dans ta vie de tous les jours, on est beaucoup plus ridicule que ça, quoi. Donc, voilà, j'aime trop ce que ce film dit. d'Hollywood, j'aime trop la nostalgie qu'il nous met. Je trouve que c'est une super belle découverte pour les gens qui aiment bien les comedies musicales mais qui ne connaissaient pas forcément celle-là. Je trouve que c'est un bel ajout à la carrière de Fred Astaire.
- Speaker #1
Et puis, on dit que niveau chorégraphie, ce n'est pas le meilleur film. Tu as quand même la chorégraphie du parc qui est...
- Speaker #0
Elle fait chialer. Tout simplement, à chaque fois que je la vois, je pleure. Et c'est trop beau.
- Speaker #2
Ça se pose là. Vous êtes des gros bébés ou quoi ?
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai qu'après, quand tu parles un peu d'héritage aussi tout à l'heure, et je pense qu'on va le voir même avec R ou quoi, tu as des trucs où tu fais... C'est de là que ça vient. C'est hyper important d'avoir ces trucs-là pour comprendre comment on filme des comédies musicales aujourd'hui et comprendre qu'en fait, il y a énormément de choses qui viennent de ces films-là.
- Speaker #2
Oui, des codes qu'il a posés, des codes qui vont être déconstruits après. Et si ça n'avait pas été posé là, on n'aurait pas eu l'héritage du deuxième film dont on va parler, en fait. Eh, attention ! Parce qu'il est temps de parler d'une comédie musicale plus excentrique. Légèrement. Ouais. On va parler de R. R réalisé par Spike Jonze. On y suit Joachim Phoenix qui tombe amoureux d'une IA en gros.
- Speaker #0
Pas mal.
- Speaker #2
C'est cool. Ça, c'est ça tout l'épisode. C'est le running gag. À se voir le prochain.
- Speaker #0
Je ne sais pas ce que tu vas nous trouver.
- Speaker #2
R sort en 1979, réalisé par Milos Forman, adapté d'une comédie musicale de George Way de 1968, qui est un véritable manifeste de la contre-culture hippie et de la contestation de la guerre du Vietnam. Le film suit Claude, jeune fermier de l'Oklahoma, appelé sous les drapeaux qui découvre à New York un groupe de hippies, leurs idéaux pacifistes, et qui vont tout faire pour l'empêcher de rejoindre l'armée. Et je pense qu'on peut revenir déjà sur le musical, qui est donc, comme je disais, un manifeste de la révolution hippie, qui a frappé en fait toute la comédie musicale, parce qu'on périphérit de la mythique Broadway et s'installaient en fait des petites salles qu'on appelait du coup le Off-Broadway. Tu valides pour l'instant ? Oui,
- Speaker #0
qui existent toujours. Ah oui ?
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
Ah oui, oui, il y a toujours Off-Broadway, bien sûr.
- Speaker #2
Et dans ces petites salles-là vont émerger une véritable scène d'avant-garde. Parmi ces derniers, l'un accède rapidement aux honneurs, qui est donc R. qui est le musical dont est adapté après le film. Et ce qui est étonnant, c'est que même si le film sort plus tard par rapport aux événements et à la comédie musicale d'origine qui est de 1967, donc là on est 12 ans plus tard, en fait, il regarde un peu les années 60 avec un léger décalage. Et c'est assez étonnant, un peu comme une sorte de nostalgie aussi, on pourrait dire, de la jeunesse hippie, de la libération des mœurs et de la lutte anti-guerre.
- Speaker #1
Mais trois films sur la nostalgie, là, en fait ! Ah bah, c'est vrai !
- Speaker #2
C'est clairement ça !
- Speaker #0
Et hyper nostalgique comme personne en fait.
- Speaker #2
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Peut-être que le cinéma est un peu plus nostalgique que le film.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #2
Et ce qui est étonnant, c'est que, on l'oublie souvent, mais le film s'inscrit également dans le Nouvel Hollywood. Et qui est également... Ah bah si ! 79 ! C'était déjà fini ! C'est tard hein ! Non, Mios Forman c'est carrément Nouvel Hollywood hein !
- Speaker #0
Oui mais pas R quoi !
- Speaker #2
R dans les films musicaux du Nouvel Hollywood, c'est un film qui revient souvent, qui est beaucoup cité. Après, y'a pas de période de fin de Nouvel Hollywood. Oui, enfin...
- Speaker #1
Si. entre guillemets parce qu'il y a un moment les studios ils disent quand même on va arrêter les conneries parce que tout ça ça nous a coûté trop cher c'est années 80 ça et mais c'est pour moi ça s'est terminé en 78 après le film a été produit en tout cas à cette période là c'est en tout cas il y
- Speaker #2
a une patte artistique qui clairement fait penser à ça en plus on tourne au décor extérieur on parle de l'Amérique donc ce décalage nostalgique c'est aussi par rapport à son époque à lui où il vient parler de l'Amérique actuelle. Et puis voilà quoi, si vous avez des choses à rajouter sur le contexte du film.
- Speaker #0
Ouais, que la...
- Speaker #2
Vietnam !
- Speaker #0
Non, que la... Oui, déjà, il n'est pas appelé sous les drapeaux, il est volontaire.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai qu'il est volontaire, oui.
- Speaker #0
Et la comédie musicale, du coup, le film est très différente de celle sur scène. Il y a vraiment énormément de choses qui changent. Par exemple, Claude, ce n'est pas du tout un fermier de l'Oklahoma dans la comédie musicale sur scène. Il fait déjà partie de la bande de hip-hop. Sheila, c'est une féministe. Du coup, il n'y a pas trop cet aspect bourgeois. C'est une forme de contre-culture.
- Speaker #2
Je me souviens, j'étais allé regarder. Une forme ? Oui, oui. En fait, à priori, je ne l'ai pas vu le musical de base, mais c'était vraiment un découpage assez archaïque. Et en plus, il y avait... C'était déjà d'autres musiques, d'un autre style musical, et il y avait beaucoup de gens tout nus aussi, c'était vraiment quelque chose de très différent.
- Speaker #0
On peut voir ça où ? Oui, il y a beaucoup de chansons qui ont été supprimées, et la fin n'est pas du tout la même. On en parlera après, mais la fin n'est pas du tout la même.
- Speaker #2
Ah oui, je me suis noté aussi que c'était Twyla Tarp qui avait fait les chorégraphies dans le film qui donne quelque chose de très mobile. Et c'est vrai qu'on n'avait pas beaucoup ça dans la comédie musicale de base. On me semble dans l'âge d'or hollywoodien, c'était des cadres assez fixes et on laissait la magie s'opérer. Là, on a une mise en scène très mobile. C'était aussi dû par rapport aussi aux...
- Speaker #1
ou à la technique qu'on a, je veux dire là, à l'époque, studio, tu avais des grosses caméras qui n'étaient pas, qui n'avaient pas de mobilité de fou. Là, après, dans les années 79 déjà, tu as des caméras qui sont beaucoup plus mobiles, effectivement, où tu peux te déplacer beaucoup plus facilement.
- Speaker #0
Et c'est drôle parce que du coup, Miloš Forman, il est tchèque et en Tchécoslovaquie, le film a été autorisé, ce qui était pas à l'époque. C'est pas rien, tu vois, genre la Tchécoslovaquie de l'époque. Sous le régime communiste, ils n'autorisaient pas forcément des films comme ça américains. Et parce que justement, le régime voyait une critique du puritanisme américain, des idéaux américains. Sauf que les Tchèques se sont appropriés le film en disant que c'est justement un hymne à la liberté et c'est ce que nous on veut. Donc du coup, ça a une grande portée politique en Tchèque. Antico-Slovaquie à l'époque.
- Speaker #1
Les deux avaient raison, en vrai. Parce que c'est un peu un film américain et un hymne à la liberté. Tout à fait. Mais du coup,
- Speaker #0
c'est genre les communistes, ils ont autorisé le film par la liberté. Et les autres,
- Speaker #1
ils ont fait « Vas-y,
- Speaker #2
go, go, go ! »
- Speaker #0
Et ils ont fait « Ah non, mais nous, on aime bien juste la liberté. »
- Speaker #2
Jamais autorisé quoi que ce soit. Souvenez-vous pour les prochaines dictatures. C'est aussi un film de propagande sur l'armée. Tout à fait, oui. J'ai pas publié ce film, en fait.
- Speaker #0
la réussite trop cool en tout cas. Vietnam, super bonne idée.
- Speaker #2
Belle destination de vacances déjà.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #2
Romain, on t'a pas beaucoup entendu sur le premier film. Tu veux peut-être commencer sur R ? Si tu l'as vu. Tu l'as vu sur ton téléphone.
- Speaker #3
Oui, je l'ai vu, effectivement. Donc R, moi j'ai beaucoup aimé. J'ai trouvé que le film était d'un dynamisme fou et même il y a un vrai enthousiasme dans les personnages et surtout dans cette troupe de hippies. que je trouve génial, le personnage de Mike. Et donc, derrière ça, moi, ce que j'ai beaucoup aimé, c'est que le film parlait avant tout, je pense, d'amitié. C'est-à-dire de la relation avec les gens qu'on entretient. Et donc là, ce mec qui arrive de nulle part et qui tombe sur eux va instantanément devenir un nouveau membre parce que c'est un peu... Enfin, c'est ça aussi le mouvement hippie, c'est vraiment faites l'amour, pas la guerre. Et on est tous copains, venez, on s'amuse juste.
- Speaker #2
Si Voilà, sans précaire, on est tous copains. Dans leur groupe,
- Speaker #3
c'est ça. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #3
Et donc au final, je trouve que cette histoire d'amitié, elle est exceptionnelle. Et que tout au long du film, à chaque fois, on se retrouve dans des petites scènes, ou même des longs passages. Même les chansons aussi ont ce truc-là, où ça parle d'amitié, ou même les moments où c'est un peu difficile, comme par exemple quand le personnage de Lafayette retrouve son soi-disant enfant, où t'as aussi la vision des amis, et en fait, ça se confronte aussi. Et puis la scène de fin, vraiment que...
- Speaker #1
Ah la vache !
- Speaker #3
Que dire ? Un trauma ! Que dire ?
- Speaker #1
Un trauma de...
- Speaker #3
Ouais, cet élan d'amitié et d'amour, en fait, il est juste énormissime. Donc voilà.
- Speaker #2
Par rapport à la fin, en fait, notamment, vous parliez de la fin, moi, je ne suis pas traumatisé sur la fin, parce que je trouve, à analyser, pour le coup, là, c'est... hyper top le film, je trouve que c'est un grand outil analytique et tout, et je prends beaucoup de plaisir à analyser la structure et tout, en plus les chorégraphies sont physiquement hyper impressionnantes, rien que le début la première chorégraphie c'est dans un parc, et il faut rattraper des chevaux, et je sais pas, il y a des courriers autour des chevaux, enfin je me dis, mais là les chevaux dansent ! Oui, j'allais dire,
- Speaker #0
j'ai vu sur les timbox il y a une personne qui a mis genre dès que j'ai vu que les chevaux commençaient à danser je savais que c'était une bête !
- Speaker #1
Vous vous rendez compte à quel point c'est difficile ?
- Speaker #2
Bah oui, mais au début, j'avais un peu peur parce que j'avais un peu regardé. Ils disaient, ouais, c'est un film ultra pop et tout, ultra vivant. Et je vois le début, les premiers plans, c'est Ben Kloaklauma qui filmait genre Aussi gris que la vie, c'est ultra monotone. Et je me disais, oh non, ça va être chiant à mourir, ce film. Et en fait, pas du tout. C'est hyper vif, c'est ultra dynamique. Il y a des chansons dont je me rappelle, et ça, c'est souvent bon signe, notamment, c'est quand ils sont à une manifestation. Et la musique, c'est Aré, Amérama, un truc comme ça. Et il va s'imaginer un mariage avec...
- Speaker #0
Avec Krishna, enfin...
- Speaker #2
Et cette scène, en plus, dans l'église, elle est complètement dingue. avec les gens qui vont voler dans tous les sens et tout. Et je me dis, mais... Moi, ça me fait peur quand elle se fait porter comme ça sur un plateau. Ouais, ça ne fumait pas que du tabac à l'époque.
- Speaker #0
Oui, je le refuse de croire qu'ils n'ont pas fait ce film sous LSD.
- Speaker #2
C'est évident. Et le montage.
- Speaker #0
Et le montage, oui.
- Speaker #2
C'est juste que...
- Speaker #0
Tout le film.
- Speaker #3
Chaque département avait son sachet de... Le matin. On va tomber ça pendant... En tant qu'organisateur, je pense que...
- Speaker #0
On aurait dit du sucre, là. Ils avaient tout ça.
- Speaker #2
Chaque département, le matin... Moi, je me suis dit... C'est du LSD, ouais. Oui, voilà, d'accord. C'était pas une cigarette sucre. C'était marqué LSD. Comme ça,
- Speaker #0
dans le cas où.
- Speaker #2
On te donnait des cigarettes sucres pour mettre avec ton café, bah ouais. Et euh... Par contre, moi, le souci, c'est que, en fait, tous les films qui parlent en général, enfin, les films de cette période-là qui parlent en général de l'Amérique ou plus précisément du mouvement épique, moi, ce n'est pas des trucs qui me touchent spécialement. Donc, je n'arrive pas vraiment à rentrer en amour avec les personnages, même à comprendre vraiment leur motivation. Et ce qui fait qu'à la fin, en fait, vous, ça vous traumatise. Et quoi ?
- Speaker #0
Tu n'arrives pas à comprendre leur motivation ? Oh, ben, tu sais, la guerre, ce n'est pas fou.
- Speaker #2
Mais non, mais je veux dire... Moi, je n'irai pas jusqu'à m'introduire dans une base militaire pour sauver un ami. Ce n'est pas pour sauver, en plus, qu'il le fait.
- Speaker #0
C'est juste pour qu'il puisse aller faire un pique-nique avec ses potes.
- Speaker #2
Oui, mais bon, c'est un truc, je n'arrive pas à comprendre ces personnages. Oui, mais c'est ça qui est cool, c'est de se dire... Il y a un dévouement.
- Speaker #1
Il y a un dévouement amical pour un mec qui connaît sa peine.
- Speaker #2
Et de se dire, nous, on peut le faire. Je n'arrive pas à rentrer en apathie avec ces personnages.
- Speaker #1
Parce que tu es un être humain, mais qui est...
- Speaker #4
Non, je te cautionne pas.
- Speaker #2
Je te cautionne pas. Je te cautionne pas. C'est bon. Et ce qui fait que moi, sur la fin, en fait, comme en plus ça joue beaucoup sur tu sais ce qui va arriver, bah oui, comme ils commencent sur la fin comme comment on peut parler, comme ils vont s'échanger beaucoup leur position, c'est bon, je suis devenu...
- Speaker #4
Je peux pas trop... Je vais attendre.
- Speaker #2
On est sortis du sandwich de la honte !
- Speaker #4
On repart !
- Speaker #2
J'ai l'impression d'être bloqué dans ce sandwich de la honte, c'est terrible.
- Speaker #4
Juste un réaction ! Comment on va faire ? Il était très aigu !
- Speaker #2
Il va mourir. Je vais prendre cette voix pour tout l'épisode. Oh pitié ! Et comme tu sais ce qui va se passer, parce qu'ils échangent beaucoup leur position, et ben quand ça arrive, moi je rigole parce que j'ai l'impression de voir un sketch de Golden Moussage, globalement. Et du coup, j'ai vraiment eu un fou rire. Et bon, je sais que c'est pas l'émotion qui était censée te faire passer le film. Bon, en tout cas, j'ai... quand même été impressionné par les graphismes, le discours, j'arrive à le comprendre, c'est hyper accessible en termes d'outils d'analyse, de lecture même à proposer à des jeunes dans des parcours scolaires, ça peut être hyper bien, hyper... Je ne sais pas si tu peux voir. Je ne sais pas si c'est autorisé.
- Speaker #0
Par rapport au... Non mais ouais, notamment le rapport à la drogue et tout,
- Speaker #2
je ne sais pas. Après, je me dis peut-être pour étudier le mouvement hippie, je ne sais pas, en cours, je ne sais pas.
- Speaker #1
Regardez, elle est enceinte et elle connaît pas le père ! C'est pas si petit entre les deux ! Faisons attendre la livraison !
- Speaker #2
En tout cas, très jeune, genre ado, tu peux voir ce film et comprendre les enjeux politiques, c'est hyper chouette. Et Milo Sormann, moi c'est pas un cinéaste que je connais beaucoup, bien qu'il ait réalisé un de mes films préférés qui est Man on the Moon. Mais en tout cas, Man on the Moon c'est incroyable. Ok. Ça marche. Faisons comme si t'avais raison. Ok. D'accord. Ok, c'est pas... D'accord. Je pensais que c'était assez convenu, mais bon...
- Speaker #1
Assez convenu, ouais. Comme film.
- Speaker #2
Oh, wow !
- Speaker #0
Allez.
- Speaker #2
Et en tout cas, c'est un film de Milos Zorman qui n'est pas énormément cité. On va beaucoup plus citer, par exemple... Voilà, le truc... Amadeus. Amadeus, c'est ce que je cherchais. Alors que lui, il est complètement inconnu. Enfin, il est beaucoup moins cité dans sa filmographie.
- Speaker #3
Tu parles de R ou de...
- Speaker #2
R. R, ouais. Et moi, je vous invite à le redécouvrir parce que c'est hyper chouette, quoi.
- Speaker #0
Ouais. Bah, totalement. Moi, ouais, Milos Forman, pour le coup, c'est un de mes... Miloš Forman ?
- Speaker #2
Miloš. Miloš, ouais. Miloš, ok.
- Speaker #0
C'est un de mes réalisateurs préférés. Et effectivement, à chaque fois que je découvre un de ses films, je me disais, mais ça devient, tu sais, un de mes films préférés. Et genre, à chaque fois que j'en découvre un, je fais... Mais du moins, c'est... Je trouve ça trop manon de bouche.
- Speaker #2
Je trouve ça trop manon de bouche.
- Speaker #0
C'est vrai en plus. Malheureusement, désolé, Eliott.
- Speaker #2
Le sandwich de la honte, je propose de le fermer là, maintenant. C'est un chandillon.
- Speaker #0
On le peint. Mais donc, ouais, c'est un de mes réalisateurs préférés, et notamment grâce à ce film. Parce qu'effectivement, je l'ai découvert à l'adolescence, et je trouve que c'est un film qui te donne envie de vivre, mais vraiment de vivre pleinement. Et moi, ce que j'adore chez ces personnages, c'est justement, il y a ce côté très, non seulement imprévisible, mais en plus complètement... Ouais, ils logiquent par moment, enfin je veux dire, une des premières scènes c'est quand même, ils disent bon bah voilà on a pratiquement rien à manger, est-ce qu'on peut avoir quelques centimes ? Et ce qu'ils juste font de cet argent-là, c'est aller louer un cheval. Genre, à quel moment tu dis, c'est ça mon sens des priorités dans la vie ? Et non, pour aller draguer les bourgeoises. Et leur chanter une chanson sur la sodomie, on rappelle. Donc c'est la deuxième chanson du film. Et là tu fais, ok d'accord, je vais passer un bon moment. Mais donc, ouais, on a vraiment ce côté-là, même... Mais justement quand ils vont rendre visite à Claude sur la base militaire, on rappelle qu'ils sont à New York, la base militaire est dans le Nevada. Je pense qu'il y a environ 3000 kilomètres.
- Speaker #3
Il y a dit 4 jours de voiture ils ont fait.
- Speaker #0
4 jours de voiture, oui largement.
- Speaker #3
Tu l'es.
- Speaker #0
Donc tu te dis, c'est pas un truc que tu fais comme ça sur un coup de tête. Et eux en fait ils entraînent toutes leurs décisions comme ça. Je trouve que de voir ça au cinéma, c'est un truc qui te fait du bien. en fait tu peux juste prendre des décisions comme ça, totalement illogiques totalement juste comme ça sur un coup de tête et c'est incroyable et vu que moi je peux pas le faire dans ma vie, bah j'aime bien voir ça dans des films si elle dit je prends tout à la légère,
- Speaker #1
elle dit non je prends tout sérieux exactement,
- Speaker #0
mais c'est totalement ça c'est qu'en fait il dit qu'il va faire un truc bah il va le faire, il va se démerder pour y arriver et que ce soit faire ça ou s'introduire dans une fête c'est la meilleure C'est compliqué, ouais. la meilleure séquence du film et c'est exactement ça c'est tout ce qu'il te raconte aussi dans cette scène là c'est juste bah en fait je fais ce que je veux et j'ai envie de vivre et fuck les codes t'as fait voilà les wokistes là il
- Speaker #1
est hyper vrai dans tout ce qu'il dit parce que ils vont dans la fête et tout et il dit c'est pour que mon collègue
- Speaker #0
Claude il puisse vous regarder pendant 5 minutes et qu'il puisse avoir votre image pendant que lui il va aller à la guerre pour se tuer pour vous ah ouais d'accord il y a personne qui parle aussi franchement exactement et oui c'est ça il y a une forme d'honnêteté et à chaque fois il dit je vais pas te mentir je vais pas faire je m'invente pas une vie etc je vais te dire la vérité et je vais m'attendre à ce que tu l'acceptes et que tu m'aides et ça n'arrive jamais bien évidemment parce que les gens ont leur propre intérêt en tête enfin voilà Mais c'est un film qui va se jouer beaucoup avec nos préjugés, nos clichés. Parce que voilà, on commence, on a encore une fois les bourgeois, le petit mec d'Oklahoma et les hippies. Bon bah quand tu les vois, tu te dis ok, d'accord, tout est très superficiel, il n'y a aucun fond. Et au fur et à mesure, tu vas découvrir tous ces personnages-là. Et tu ne peux que avoir de l'empathie pour eux. Mais du coup, apparemment... On peut ne pas avoir d'empathie pour eux.
- Speaker #2
Moi, je ne m'empathie pour personne, en général. Oui,
- Speaker #0
c'est ça aussi. C'est vrai que t'es un psychopathe. Et dans la vision de la comédie musicale, on a aussi quelque chose qui va être très... Alors que, justement, Burger est quelqu'un de très littéral. Comme tu dis, il dit toujours ce qu'il pense. Les chansons, à l'inverse, vont être très métaphoriques. Généralement, si tu regardes les paroles, les chansons...
- Speaker #3
C'est beaucoup d'images.
- Speaker #0
Oui, c'est beaucoup d'images. Tu peux te dire des fois, elles veulent pas dire grand chose, honnêtement, il y en a certaines. Il y a une chanson...
- Speaker #2
Je me suis fait cette réflexion, mais...
- Speaker #0
Il y a une chanson, c'est juste une liste de drogues, à un moment. C'est tout. Et t'es en mode, mais je comprends ce que tu veux me dire avec cette chanson, etc. Mais du coup,
- Speaker #2
il dit quoi avec cette chanson ? Qu'il les aime beaucoup, beaucoup. Ah, c'est juste ça ?
- Speaker #3
Ah ok,
- Speaker #2
je pensais qu'il y avait même la...
- Speaker #0
Non, non, pas du tout. Il y a vraiment... Ah oui,
- Speaker #2
d'accord.
- Speaker #0
Mais euh... Mais du coup, que ce soit ça ou même... Du coup, ça te remet dans un contexte aussi des années 60, où par exemple, au niveau des chorégraphies, on va sur de la danse moderne, qui a émergé à New York dans ces années-là, avec des mouvements qui vont beaucoup se servir des mouvements du quotidien. Et on va avoir quelque chose, comme tu en parlais tout à l'heure de la chorégraphie, mais des choses assez... Ouais, c'est spécial, des trucs que tu vois pas non plus tous les jours. Et jamais synchronisés, enfin ouais, les danseurs, ils sont jamais synchronisés, tu vois. Quelqu'un a un peu fait sa vie, etc. Mais du coup, ça donne un truc très vivant. Et tu sens comme si juste chacun improvisait, alors que j'imagine bien que c'était très, très chorégraphique, très carré. Mais donc voilà, ça t'aide à faire sentir ce mouvement-là, cet aspect très vivant. Et avant n'importe quelle parole des personnages, c'est ces chansons-là et ces chorégraphies-là qui me font vivre le mouvement hippie avec eux et qui me mettent complètement dans cette ambiance-là. Mais comme je le disais tout à l'heure, même si on parle des clichés, des aspects un peu superficiels, dans certains moments, on va aller sur des sujets beaucoup plus dramatiques, que ce soit sur la guerre du Vietnam. Il y a deux chansons qui parlent... très frontalement de racisme aussi, de manière aujourd'hui où tu fais on l'aurait pas Ah et les blancs et les non ça
- Speaker #3
C'est quand ils sont dans le, je sais pas si c'est des égouts sous un pont Je pense la plus
- Speaker #0
Ouais oui juste ils citent plein d'insultes racistes et d'ailleurs c'est assez drôle parce que pareil quand ça joue sur nos préjugés au tout tout début de cette chanson là en fait ils sont en train de parler Et tu vois juste des ombres avancer vers eux. Et en fait, tu te dis, tu vois juste une bande des ombres. Tu te dis, peut-être qu'il va y avoir un souci, ça va se frapper. Et en fait, non, c'est juste des mecs qui viennent chanter avec toi sans le fait qu'ils sont noirs. Du coup, tout ce truc-là de la menace que tu pouvais te dire, il va peut-être y avoir une bagarre, en fait, absolument pas. Et on déjoue ce truc-là à chaque fois. Et pareil, après, il y a une chanson, effectivement, où ça parle des soldats, il y a des officiers. Blancs qui parlent des soldats noirs et les officiers noirs qui parlent des soldats blancs.
- Speaker #2
C'est comique, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est comique, mais ça parle quand même de racisme et de fétichisation des corps, surtout au début des corps noirs. Et il y a des trucs beaucoup plus dramatiques et beaucoup plus profonds. Et donc, ça te montre une Amérique hyper complexe, hyper riche et qui, avec des personnages aussi qui ont totalement des défauts. mais qui ont des amis pour les tenir responsables aussi, notamment avec cette scène-là de Lafayette, où c'est ses potes qui vont dire, non, en fait, là, tu fais ce qu'il faut, et nous, notre idéal, c'est pas de laisser tomber ta femme, ton ex et ton gosse, quoi. C'est justement...
- Speaker #1
Les prendre avec nous.
- Speaker #0
Les prendre avec nous, on y va tous ensemble, quoi. Mais donc, il y a aussi ce côté, en fait, nous, on se tient responsables, et c'est pas non plus, on s'en fout de tout, et euh... Oui, si tu as envie de lâcher ton gosse et ta femme, vas-y, ne te dire rien.
- Speaker #1
Au nom de la liberté. De ne pas te lâcher au nom de la liberté.
- Speaker #0
Exactement, c'est tout ce que la chanson raconte aussi à ce moment-là, où elle dit que tu as des valeurs pour aider les étrangers, mais pas pour aider ta propre famille.
- Speaker #1
C'est incroyable cette chanson d'ailleurs, parce qu'en termes de mise en scène, il y a des trucs extrêmement intelligents. C'est un champ pour trop chaud encore une fois. C'est des personnages qui se dialoguent, mais de très loin.
- Speaker #0
On n'entend rien de ce qu'ils disent, mais tu devines tout.
- Speaker #2
Ouais, c'est beau. Il y a aussi d'autres trucs assez courageux, où je pense notamment au fait que Claude, qui est le personnage principal, va disparaître à un moment de l'histoire. Et tu pourrais te dire, normalement, tu restes avec ton personnage principal. Et non, en fait, ils vont vraiment essayer de faire vivre cette bande et qu'ils vont après faire tout le road trip et tout pour aller le chercher. Mais c'est vrai que j'étais hyper étonné. Moi, je m'attendais à ce qu'on voit du coup la vie de Claude dans la caserne. Un peu, mais vraiment, il est complètement effacé. Donc, c'est assez audacieux.
- Speaker #0
Et ouais moi je voulais te dire un petit mot, surtout Milos Forman du coup c'est pas la première fois qu'il s'intéresse aux hippies parce qu'on lui avait proposé de faire un film sur les hippies et tout et il s'était renseigné, il était parti fumer des oinges avec les types et tout.
- Speaker #1
La recherche,
- Speaker #0
la recherche. Et il avait fait un film sur les hippies parce que eux, genre chill quoi, ils vivent leur vie etc. Par contre leurs parents ils vont pas bien du tout. Et du coup il avait fait un film qui s'appelle Taking Off. où ça parlait d'une meuf, d'une fille de 15 ans qui était partie de domicile familial et les parents qui essayaient de la retrouver. Et il y avait une réunion avec plein de parents de hippies et tout. En fait, les mecs, ils se sont rendus compte qu'ils n'avaient pas eu d'enfance et ils fumaient des joints tous ensemble. Donc, c'était un super film. Et donc ça, pour le coup, c'était vraiment au tout début du nouvel Hollywood. Et là, effectivement, sur le mouvement, on s'intéresse un peu plus aux hippies pour comprendre quelles sont leurs valeurs. En tout cas, il y a pas mal de valeurs que je partage. Et il y a des trucs qui sont assez beaux, parce que même si le personnage de Lafayette est plus dur que les autres, il va dire à un moment à Claude, il va dire « Ce que tu fais pour moi, ne le fais pas, parce que moi, je ne le ferai pas pour toi. » Et tu as aussi un moment de... Tu pourrais dire que c'est dur, mais en même temps, c'est poser des limites. et te dire ouais mais genre te donne pas d'excuses non plus oui c'est ça mais enfin parce qu'on sait que c'est un on comprend bien que la vie de Claude elle est pas évidente non plus d'où il vient qu'il y a un peu ce truc de on a envie de servir son pays et qu'il y a pas non plus énormément de choses à faire le premier plan tu pourrais dire on sait pas si Milos Forman il veut définir l'état de l'Oklahoma par ce plan mais en tout cas c'est un plan fixe où t'as le papa qui Mais c'est émouvant qu'il lui donne 50 dollars en lui disant « Mais t'inquiète pas, le Dieu il s'en prend qu'aux malins. Les simples d'esprit, on les embête pas, tu vois. » Et c'est une vision assez triste de la vie, de dire « Bah reste simple d'esprit et t'auras pas d'ennuis. » Et c'est un peu ça le message du papa. Et quand il arrive à New York, en fait c'est un peu plus drôle de fumer des oinges et de dormir dans la rue.
- Speaker #2
Et de se baigner dans des lacs.
- Speaker #0
Et de se baigner dans des lacs.
- Speaker #2
Voler les vêtements des autres.
- Speaker #0
Et là, le rapport qui peut être fait quand même à Teglinov, c'est de se dire on va essayer de comment dire, de toucher les bourgeois aussi, parce que Shelley, elle fait partie de ce monde hyper bourgeois etc, machin, mais son petit mec là, qui lui est promis, il a fait chier d'ouf. Il nous fait chier aussi. Et en même temps, t'as ce truc de, on juge personne et les personnages, enfin sauf peut-être les adultes là dans la grosse fête qui eux sont des gros cons mais le même le personnage du petit ami, bah il est marrant tu vois on peut pas Oui, il est drôle, il est trop drôle tu vois donc donc moi le le fait que enfin pourquoi j'adore aussi ce film c'est en vrai c'est on va pas se cacher c'est pour cette bande là parce que quand tout le monde y va dans dans le Nevada pour voir Claude Et que t'as aussi une nana avec son fils qui connaît pas le type et juste qui va faire les quatre jours de route pour le voir. Il y a quelque chose de profondément touchant et en plus quand ils se retrouvent, tu sens que l'amitié elle est réelle. Que ça fait pas trois ans que ça dure mais en tout cas l'amitié est là. Et c'est un peu effectivement un fantasme qu'on a de plus en plus parce que voilà, je sais pas si vous avez vu Matrix mais l'alignation du quotidien etc. On en parle de temps en temps. Et il y a de plus en plus ce fantasme de pouvoir être libre, de faire ce qu'on veut, et avec les valeurs qu'on a. Donc voilà, et aussi c'est un film qui est évidemment intéressant à voir pour le style, parce que t'as juste un moment où les mecs, ils se disent, t'as le début, t'as une chanson qui s'enchaîne avec une autre, on filme dans, du coup je pense que c'est Central Park, mais on s'occupe pas de dire, est-ce que là, on va prendre un endroit joli et tout ? Non, on va filmer ça dans une pente. Voilà, il y a des arbres morts derrière et c'est cool. Non ? On ne s'occupe pas de... On parle de sujets hyper beaux, etc. Mais on ne cherche pas non plus à fantasmer une Amérique qui n'existe pas. Tu vois ? C'est des gens qui sont beaucoup plus réalistes que les autres finalement, tu vois ?
- Speaker #1
Tout à fait. Et même dans des moments... Je pense qu'il y a une chanson qui est super belle où justement tout le monde est trop heureux, ils dansent, etc. Et les paroles, c'est juste... En fait, ils sont à la rue, ils n'arrivent pas à manger, ils dorment... Enfin, tu vois, ils font juste la liste comme ça de... de la difficulté que c'est de vivre comme ça en fait. Et comme tu dis, c'est pas du tout fantasmé.
- Speaker #0
Et quand t'as Trish Williams qui va voir ses parents et qui demande de l'argent, et là aussi ça te donne un peu une fenêtre sur ce qu'est ses parents, d'où il vient, etc. Et tu te dis mais t'as pas envie de vivre comme ses parents, tu vois ? Donc voilà, c'est un film qui est évidemment trop trop cool parce que ça promeut l'amitié jusqu'à un point déraisonnable. Et ça fait du bien, c'est rafraîchissant de voir des films qui ne sont pas, surtout à Hollywood, hyper linéaires dans sa façon de construire un récit. Et pourtant c'est cohérent, et pourtant le scénario est carrément écrit, on s'attache aux personnages et tout. Donc non non, j'invite tout le monde à voir. Moi je trouve que c'est son meilleur. à Miloche, personnellement.
- Speaker #1
Ah, Madéos, quand même, c'est excellent.
- Speaker #0
C'est excellent, mais moi, ça me touche plus parce que c'est un peu... Ça reste un biopic, tu vois, sur... Oui,
- Speaker #1
oui, mais c'est vrai que moi aussi, en vrai, c'est... Enfin, manière, tout ce truc-là, hippie et tout, même, personnellement, dans les chansons que j'écoute, dans tout ça, je suis beaucoup dans ce milieu-là et c'est des... Ouais. C'est un mouvement artistique qui me parle énormément.
- Speaker #0
Ce qui est triste c'est que ce mouvement là il a duré pas très longtemps. Je parle à Hollywood, du nouvel Hollywood et puis même des hippies on pourrait dire plus largement. Ça n'a pas duré énormément de temps et après on a vite réussi à contenir tout ça pour que ça redevienne comme avant et ce qui est triste c'est que tu peux dire comment, comment il y a des gens qui se sont retrouvés dans la rue, des jeunes qui sont partis manifester devant la Maison Blanche et derrière genre... Et derrière, on arrive jusqu'à, enfin, 40 ans plus tard, 50 ans plus tard, t'as Trump à la Maison Blanche. Je me dis, mais genre, c'est fou, quoi. Donc, voilà.
- Speaker #1
Puis, il y a vraiment eu super beau aussi sur... Enfin, je me souviens, justement, dans la caserne, t'as tout un moment où, en fait, la caserne se fait un peu pirater, on va dire. Ils arrivent à mettre, du coup, des chansons de protestation. Et, en fait, c'est tellement dangereux, ça, qu'on tire sur les enceintes. On utilise la force armée. contre ces protestations-là, alors que tu pourrais dire que c'est juste une chanson, les gars. Mais en fait, c'est la preuve que quand même,
- Speaker #0
ça fait quelque chose.
- Speaker #2
Même au niveau des musiques, tout est hyper symbolique.
- Speaker #0
C'est ça le Vietnam aussi. Quelque part, t'as l'impression que vous envoyez délibérément la jeunesse au front, parce que ça nous arrange un petit peu de les tuer, ou qu'ils soient un minimum plus dans le pays. C'est ça qui est grave. C'est ça qui est un peu l'accusation derrière, c'est-à-dire, mais non, mais nous on va rester là, on va faire la vraie manifestation, elle est déjà par notre pays, et on voit pas... Il y a un moment, il y a un truc, c'est très simpliste, et c'est un peu raciste et tout, mais le mec il dit, le Vietnam, c'est des Blancs qui demandent à des Noirs de faire la guerre aux Jaunes,
- Speaker #2
pour un pays qu'ils ont volé au rouge.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Bah ouais.
- Speaker #2
Moi j'avais beaucoup aimé les musiques et tout, et ça explore plein de styles musicaux, c'est trop chouette. C'est ça. notamment par exemple la scène de l'église, moi c'est vraiment ma préférée pour le coup, mais genre ça commence sur de l'orgue, après t'as de la guitare électrique qui arrive, ça part sur un truc vraiment funk disco, et ça va explorer plein de genres musicaux, et c'est un truc qu'on voit rarement en fait dans la comédie musicale, et le voir ici, c'est incroyable comment tu expérimentes tout le temps.
- Speaker #1
Ah et Repose en paix traite Williams.
- Speaker #0
Mais il est mort en 2023 non ?
- Speaker #2
2024, un truc comme ça. Mais à chaque fois que je vois ce film, du coup, je pense à lui.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
parce que le clip où il se coupe les cheveux, pardon.
- Speaker #0
Mais j'adore,
- Speaker #2
en plus, le soudain,
- Speaker #0
même avec les cheveux.
- Speaker #2
Derrière ça, derrière. Parce que, alors que François, c'est un peu d'acteur. Oui, il a joué dans des grands films, quand même.
- Speaker #1
Oui, mais pas des...
- Speaker #0
Derrière, il a joué quand même dans le film de What's Up On The Time, Un Américain. Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Mais il avait quel rôle dedans ?
- Speaker #0
Il avait un bon rôle.
- Speaker #1
Vous savez qu'il devait réaliser R à la base ? George Lucas.
- Speaker #0
Oh wow.
- Speaker #2
Ça aurait été différent.
- Speaker #1
Il a dit je peux pas les gars, je fais American Graffiti.
- Speaker #2
Autre banger. On en parlera peut-être un jour dans le podcast. Ouais je pense pas. On a fait le tour sur R ? Ouais. On a bien parlé du film R. Pour des gens qui ont tous les cheveux courts ici. C'était quand même dommage. ça manque de longueur petit projet cheveux long Lucas c'est vrai en plus on retourne à notre bonne vieille époque contemporaine on va parler d'une comédie musicale récente cette fois-ci, il s'agit de Leto Au final, film récent, mais là aussi, c'est un film archi-culte. Leto, réalisé par Alfred Hitchcock en 1969.
- Speaker #0
Oh,
- Speaker #3
franchement ?
- Speaker #0
Il fallait la trouver.
- Speaker #2
Sorti en 2018, Leto est un faux biopic musical en noir et blanc sur la scène rock underground de Leningrad au début des années 80, réalisé par Kirin Serebrennikov. On n'en a jamais parlé dans ce podcast. C'est qui Le film s'inspire librement des figures réelles de Victor Tsoï et Mike Naumenko, en les suivant le temps d'un été à travers un triangle amoureux avec Natalia et la naissance d'une nouvelle scène Rock on the Ground, l'étau qui veut dire aussi « été » en russe, comme ça vous aurez appris un mot.
- Speaker #1
Ça se prononce pas l'étau, mais...
- Speaker #2
Ah ouais ? C'est l'étia ?
- Speaker #1
L'étia, ouais.
- Speaker #2
Mais dans le film, ils font « Leto ! » Non. Ah ouais ?
- Speaker #1
Alors, si t'écoutes bien les paroles, ils font pas « Leto » .
- Speaker #2
Pardon, j'ai pas révisé mon russe. Bah ouais, c'est...
- Speaker #3
Pas de problème.
- Speaker #1
Prends des cours,
- Speaker #2
merde ! Mais ouais,
- Speaker #1
c'est plus genre « Leta » . Quand on le chante, c'est plus « Leta » .
- Speaker #2
D'accord, ok. On aura appris deux choses, du coup.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
Pas mal. Le film se situe juste avant la Perestroïka. Petit cours d'histoire. La Perestroïka, qui veut dire donc « reconstruction » . Troisième chose à aller en russe. C'est une période durant la guerre froide où le gouvernement en place, notamment Gorbatchev, vont tenter d'accélérer et moderniser l'économie russe en offrant plus de liberté aux entreprises, une ouverture limitée aux marchés et en démocratisant la société via une presse plus libre et un pluralisme politique. Sauf que ces réformes ont accéléré le déclin économique de l'URSS à cause de pénuries et d'inflation, ont libéré les nationalistes et ont conduit à la dislocution de l'URSS en 1991. Top, vraiment bien joué.
- Speaker #0
Bien joué, bien joué. Vous avez la vision. Écoute, on ne peut pas tout bien faire. D'ailleurs, je ne sais pas ce qu'il a bien fait.
- Speaker #2
Bon, enfin bon.
- Speaker #1
Comparé à d'autres après.
- Speaker #2
Dans le contexte de l'éto, ça marque le tournant post-85 qui libère peu à peu la scène rock dans une URSS où le rock est toléré mais étroitement encadré avec des clubs officiels, des paroles surveillées et des concerts où le public est théoriquement censé rester assis. Leto montre comment ces jeunes musiciens bricolent une liberté à travers la musique occidentale, échangées sous le manteau, et comment l'émancipation passe aussi par l'amitié, les histoires d'amour et aussi par la contestation politique frontale. Présenté en compétition à Cannes en 2018, Leto repart avec le prix de la meilleure musique de film. Il s'impose depuis comme un film clé sur l'histoire du rock soviétique. Après, ils sont trois dans cette catégorie, je crois. Et comme l'une des œuvres les plus emblématiques du réalisateur Kirill Serebrennikov, tourné alors qu'il était lui-même poursuivi par le... pouvoir russe, ce qui renforce encore plus la lecture politique du film. Enfin, on va en parler de ce film. Lucas, t'attendais ce moment depuis la création du podcast.
- Speaker #0
J'en parle depuis la première année de l'école qu'on avait faite ensemble, où je dis qu'il faut aller voir un film, etc. Donc ça fait 5 ans, les gars. 5 ans pour vous faire voir un film. Je m'attendais à un peu moins, honnêtement. Il y a beaucoup de potes qui l'ont vu avant vous.
- Speaker #2
On va attendre de le voir au bon moment.
- Speaker #0
et ça vous a plu ? moi ça m'a plu moi je suis content de le faire découvrir à vous et aux auditeurs parce que c'est un film qui je ne sais pas si vous en avez entendu parler, je ne pense pas c'est pas un film qui a été présenté à Cannes il avait fait un peu parler à Cannes à l'époque il a fait parler lui dans la sphère cinéphile voilà tout au plus alors que je pense que c'est un film qui en tout cas est tout public que j'ai fait découvrir à beaucoup de gens et qui ont bien aimé parce que ça parle de sujets qui sont un peu universels et donc de rock'n'roll dans l'URSS des années 80, c'est intéressant je veux dire, ça peut intéresser tout le monde et puis c'est surtout très punk comme façon de tourner le style qu'il y a autour. C'est un film qui, mais comme les deux autres films qu'on a vu avant en fait, qui respire le besoin de vivre. de liberté et qu'on voit comment effectivement on arrive à traduire nos paroles, nos envies même dans un pays où on n'a pas le droit en principe donc non c'est très chouette et surtout tout ça c'est traduit tout d'abord visuellement mais tu vois la scène d'intro où t'arrives, tu te glisses toi parce que c'est une caméra qui est en plan séquence et en fait la caméra se glisse un peu comme nous par la fenêtre du coup mais la petite porte du monde du rock'n'roll et va s'infiltrer comme ça et on va découvrir une musique qui nous on a trop envie de danser et ouais les gens ils ont pas le droit dès que quelqu'un fait un peu trop de mouvement il y a quelqu'un qui va lui dire reste tranquille frérot, s'il te plaît tu peux faire...
- Speaker #2
Genre même une pancarte avec un coeur c'est interdit quoi
- Speaker #0
Tu vois des trucs très très simples en terme de mise en scène et tu comprends tout de suite le comment dire l'environnement dans lequel tu vas évoluer et ça c'est et ça c'est intelligent Bon, après, c'est hyper difficile de parler de ce film parce qu'en fait, c'est un truc que moi, je l'ai vu 5-6 fois et c'est un film que, au moins, que j'adore et que j'aime. Mais je pense qu'au-delà de son discours politique, moi, ce qui me fait du bien quand je le regarde, c'est que je le compare tellement à nous, bande de cinéphiles et de personnes qui ont envie de... Enfin, de jeunes réalisateurs, tu vois, finalement, qui ont envie de faire des films, etc. Là, vous avez compris, on est en France, donc on n'est pas encadrés pareil, etc. Mais il y a ce besoin vital de créer de l'art. Et moi, j'adore retrouver cette bande parce qu'elle me fait penser à nous, aux potes qu'on s'est fait à l'école. Et c'est ça que j'aime, ce traduit. cette jeunesse-là, et avec pas le gourou, mais tu vois, le vieux gars qui a la trentaine, il est pas vieux, mais avec ses lunettes, etc., et qui va un peu driver tous les autres, qui va être un peu le... C'est Mike. C'est Mike, qui est beaucoup moins connu qu'au final que Victor Soye. Et dans le film,
- Speaker #2
on parle, hein. Tu sais, souvent, il va se mettre en retrait, surtout sur la fin, genre comme s'il était... Genre, il savait qu'en fait... Genre c'était terminé pour lui, qu'il n'était pas là au bon moment, que ce n'était pas le... Oui, en fait,
- Speaker #1
ce qu'ils disent dans le film, c'est que Mike, il est là justement pour que quelqu'un comme Victor puisse devenir célèbre. Mais il faut un mec comme Mike avant lui, pour justement au fur et à mesure monter ces marches-là et arriver à une certaine notoriété. Et Victor Seitz, c'était le Kurt Cobain de l'URSS. Mais vraiment, il était extrêmement connu et quand il est... Du coup dans la vraie vie il est décédé assez jeune, ça a été une tragédie en URSS.
- Speaker #0
Les deux, Mike c'est 22 ans et Victor c'est 24 ans. Et puis effectivement il se met même en retrait par rapport à Victor sur, pas la lésion mais sur ce triangle amoureux là, où avec sa femme il va se mettre un peu en retrait et il veut pas trop intervenir. Et tu te dis c'est assez étrange parce que c'est quand même ta meuf, t'as un enfant avec, pourquoi tu te bats pas un petit peu plus ? Mais ce que tu as dit là, c'est traduit littéralement dans un dialogue. On lui dit, mais mec, pourquoi tu ne vas pas en Amérique ? Il dit, oui, bien sûr, je vais y aller. Mais même, genre,
- Speaker #2
qui nous attend ?
- Speaker #0
Tu vois, effectivement, quand tu as T-Rex, quand tu as Eddie Mamblondi là-bas, et toi, tu vas arriver avec des textes que tu copies des Américains, en fait, ça ne va pas le faire.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, c'est montré dans la mise en scène aussi, vers la fin. avec tout un truc où ils reprennent des pochettes d'albums du coup très très connus, il y a les Beatles, enfin il y a plein de trucs, David Bowie, enfin voilà. Et en fait justement c'est aussi ce truc-là dans la mise en scène où ils te montrent tout ça, tout ce qu'on fait nous, on n'a rien inventé. C'est imprégné des Américains. C'est totalement imprégné des Américains et ouais. C'est ça.
- Speaker #0
Et ce qui est aussi intéressant dans le film, c'est la confrontation avec la population russe. ou avec les plus vieux souvent ils vont être en désaccord avec eux ce qu'ils font, la musique qu'ils promeuvent etc parce qu'elle est américaine mais ils disent mais en fait les gars cette musique là c'est le prolétariat, c'est ce que la Russie défend, c'est le communisme etc donc c'est des valeurs que nous, auxquelles on est attachés mais comme c'est l'ennemi, ça on veut pas le voir tu vois et au final, peut-être finalement les russes, ça défend le prolétariat etc mais au final en fait les petits gens faut pas trop qu'ils s'élèvent non plus faut pas trop qu'ils fassent tu vois et Donc, tu as toujours ce contraste-là en mode, ouais, il faut que les jeunes fassent de la musique, etc. Mais il ne faut pas que ce soit non plus trop subversif. Et donc, tu as toujours ce milieu-là qu'ils essaient de trouver. Et ça, c'est montré dans une scène de discussion avec... On va chercher un verre. On va chercher, ouais, c'est ça. Ou en fait, pour intégrer Victor Tseu dans ce club un peu fermé de rock'n'roll, il valide des textes et tout. Et à chaque fois ils essayent de trouver une justification, ah oui non mais non mais ça ça veut dire quelque chose, ça c'est...
- Speaker #1
Oui c'est le héros lyrique par excellence.
- Speaker #0
C'est le héros lyrique, tout à fait. Je suis bourré, je ne fais rien de ma journée,
- Speaker #2
je suis un branleur.
- Speaker #0
C'est le plan d'un codifal.
- Speaker #1
Oui du parasitisme. C'est ça,
- Speaker #0
en fait il y a plein de choses dont on pourrait discuter parce que je dis ça et en même temps Mike lui il fait plutôt des chansons qui n'ont aucun sens. justement où lui il dit mais attends c'est pas parce que mon texte il veut rien dire que c'est pas bien que j'ai pas le droit de le dire etc et j'ai envie de moi je connais le truc par coeur mais tu vois quand à la scène où il tire sur un autre type enfin bref il y a un moment il y a un personnage qui va défendre cette idée là que c'est pas parce que tu tu donnes une symbolique à ton texte etc que c'est forcément mieux qu'un autre ou plus plus simpliste et il dit il faut que tu tues le sceptique en toi et il dit vas-y et il lui tire dessus et t'as tout ce truc et en même temps effectivement le drame du film c'est de dire et bah il y a plein de choses donc comme tu l'avais dit c'est un biopic mais on prend beaucoup de liberté avec la réalité et il y a beaucoup de choses qui ne se sont pas passées
- Speaker #1
J'en parlerai.
- Speaker #0
Ok. Et ça, le film prend du recul avec ça et te dit, bon, là, je te montre quand même une version plus cool que la réalité.
- Speaker #2
Et c'est ce qui ancre le film aussi dans la comédie musicale, de dire, je ne saurais pas trop comment l'expliquer, mais dans la comédie musicale, il va se passer des choses dans la danse, mais qui ne vont pas vraiment se passer. Enfin, danser la musique. Et là, c'est exactement la même chose. Il y a très peu de scènes musicales entre toi. Et en fait, c'est ce personnage qui va revenir, qui va ancrer. Ce film dans le genre de la communauté musicale, peut-être qu'on est vraiment à une frontière très, très limite.
- Speaker #1
Ouais bah du coup, elle est tôt, donc je l'ai découvert avec Lucas. Et c'est vrai que depuis, je l'ai vu aussi au minimum 5-6 fois. Donc là, ça fait quelques mois que je ne l'ai pas vu. J'avoue, je ne l'ai pas revu pour le podcast parce que je l'ai en tête. Mais ouais, c'est un film qui... Enfin, comme tu disais, c'est toujours très, très compliqué de parler des films vraiment... tes films un peu doudous, tes films vraiment que t'aimes.
- Speaker #0
Des valeurs que nous, comment dire, ça fait carrément partie de l'essence de ma cinéphilie. C'est un peu ce que j'aime dans le cinéma.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, pour la petite anecdote, L'Eto'o, c'est le premier film sur lequel j'ai fait une critique. Je suivais un cours de critique cinéma avec un... un prof qui venait des cahiers du cinéma et du coup j'ai dû écrire une critique d'un film que j'avais beaucoup aimé et j'ai dit bah Leto tu peux la poster sur vendredisciné.com je pourrais la poster si vous voulez il faudrait peut-être que je la relise parce que il y a quelques années je sais pas si j'aurais peut-être des trucs à modifier mais voilà donc c'était ma première critique écrite sur ce film et la deuxième c'était l'Aventura d'Antonioni mais ça...
- Speaker #2
dur film,
- Speaker #1
pas évident Puis ça m'a fait un peu rire, le prof il était en mode « Bah tu t'attaques à un monument là quand même ! » « Ouais ouais,
- Speaker #0
je te pose ! »
- Speaker #1
Mais oui, du coup, plus que vous expliquer tout ce que j'ai absolument aimé dans le film, moi je viens aussi beaucoup du théâtre. Et ce que j'aime bien dans ce film, c'est que c'est vraiment peut-être une des représentations au cinéma les plus fidèles, on va dire, que j'ai l'impression que euh qu'on a d'un idéal brechtien du coup, du dramaturge brecht. Parce que tu as tout ce truc autour de la distanciation. En gros, pour vous expliquer très vite fait, brecht, du coup, dans sa vision du théâtre à l'époque, c'était la fonction première, c'était divertir et instruire. Et donc, il y avait tout ce truc autour de la distanciation, c'est à dire que toi, en tant que spectateur, tu ne dois pas t'identifier au personnage, mais tu dois avoir une sorte de prise de recul et un moyen de pouvoir réfléchir sur tout ce qui se passe. Et donc, tu ne peux pas, si tu t'identifies trop au personnage, ou si tu rentres trop dans le truc, tu ne peux pas réfléchir correctement. Donc voilà, chez Brecht, ça s'est fait avec le théâtre épique et tout. Mais là, chez Serebrennikov, il y a énormément de choses dans la mise en scène qui reprennent ces idéaux-là. Par exemple, le plus flagrant, c'est le personnage du narrateur. Donc tu as un narrateur qui, d'ailleurs, très souvent, soit va tenir la caméra, de temps en temps, donc qui vraiment prend la place du réalisateur. Enfin, je trouve que le narrateur, c'est vraiment... Il a un peu cette fonction-là, presque, du réalisateur. Et qui, de temps en temps, va apparaître à l'image pour nous dire « Ceci n'a pas existé » . Et donc c'est toujours le petit rappel de « Ok, Rappelle-toi que t'es devant un film, rappelle-toi que tout ce que tu vois effectivement n'est pas vrai, même si c'est des gens qui ont existé. Et donc ça te permet toujours de prendre ce recul-là parce qu'on rappelle que ça reste un film russe qui a été montré en Russie et qui est en partie pour le peuple russe. Et donc il y a ce truc-là pour son peuple à lui de dire en fait, prends du recul face à tout ça et tu peux pas juste t'exalter de regarder ce qu'on a fait en Russie, non non. reconsidère un peu aussi politiquement et tout ce que ça veut dire, même si c'est cool, on fait des chansons et c'est sympa, il y a un triangle amoureux. Donc voilà, il y a, comme je disais, le narrateur, la forme narrative aussi qui va être pas forcément hyper... Elle est linéaire, mais ça va se faire avec des transitions parfois assez abruptes et des sortes de petits épisodes qui représentent plutôt le personnage face à un problème permanent qu'à proprement parler, une narration classique, je trouve. Et ce qui est... Donc voilà, après t'as les collages, les symboles, du coup les collages ça se transmet directement avec des collages qu'on retrouve sur l'image à plein de moments. Donc qui va reprendre en plus des arts soviétiques, de collages d'affiches, etc. qui étaient très présents en URSS.
- Speaker #0
Quand tu parles de collages, excuse-moi, tu parles de quoi exactement ? Ouais, voilà, les dessins, ouais.
- Speaker #1
Du coup, en plus, qui vont rapprocher aussi un peu de l'esthétique du clip. Oui, tout à fait. Mais donc, ça reprend vraiment le dessin, le dessin animé. Et du coup, cette esthétique-là des dessins, en URSS, dans les trucs de propagande, il y avait beaucoup des collages comme ça qu'on retrouvait. Et du coup, qui s'est retrouvé aussi dans les arts plus rebelles, plus dissidents. Enfin, voilà, c'est une période de l'URSS.
- Speaker #0
On a l'habitude de dire que le cinéma, c'est un art, entre guillemets, suprême, dans le sens où il réunit toutes les formes d'art. Et là, Kirill, il va jusqu'au bout en disant, même t'as des bandes noires et tout sur les côtés, mais t'as les dessins qui prennent aussi tout l'environnement, même les bandes noires à certains moments, etc. C'est-à-dire, j'ai vraiment envie de prendre toute la place qui m'est donnée.
- Speaker #1
C'est ça. Et donc voilà, on va éviter le naturalisme, etc. Grâce aussi, et ça c'est le deuxième gros truc qu'on voit beaucoup dans le film, ce que Brecht appelait les sangs. donc les chansons littéralement, là, l'aspect comédie musicale va servir justement à faire un commentaire lyrique de ce qui se passe. Donc, bien que souvent, ça va être soit des chansons du groupe Kino, soit des chansons américaines, mais qui ne sont jamais littérales. Pareil, c'est des trucs où juste on va te... On va te faire un commentaire lyrique sur ce que tu viens de voir. Ça va faire une rupture dramatique qui, pareil, vont t'instruire et vont te donner des informations. Et donc, ça reprend vraiment... Là, l'utilité de la comédie musicale, elle est dans ce truc-là de réflexion et de prise de recul. Et du coup, ça fait que même si tu passes un excellent moment devant le film, il y a toujours ce truc-là qui te garde à distance et qui est fait pour te garder à distance et que je trouve assez brillant. Et parce que voilà, Brecht disons que, si vous faites des études de théâtre ou quoi, ou si vous connaissez un peu, c'est un peu Dieu tu vois. Et donc c'est un idéal auquel tout le monde essaye d'arriver et je trouve que dans le cinéma c'est un des films qui arrive le mieux.
- Speaker #0
Kyrille qui fait aussi des...
- Speaker #1
Kyrille qui aussi met en scène de théâtre et d'opéra d'ailleurs. Et sachant que Brecht a fait aussi de l'opéra, bref.
- Speaker #0
C'est un psychopathe. Ah le mec est chaud. Il a pas dormi depuis 2005. A vous les gars hein !
- Speaker #1
Bah ouais les gars, on vous attend là !
- Speaker #0
Les premiers visionnages...
- Speaker #2
Qu'est-ce que tout le monde dit ça après ?
- Speaker #0
Bah c'est vrai que... Non mais vous avez...
- Speaker #2
C'est pour être cool de dire que... Le film est bien mais... Le film est bien ?
- Speaker #0
Ouais le film est bien, non mais le film est bien,
- Speaker #2
c'est vrai que le passé après... Le passé après 5 visionnages, moi je le découvre là, donc en fait il y a quelques trucs.
- Speaker #1
Si justement c'est cool d'avoir un autre point de vue dessus.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #2
c'est un peu plus frais.
- Speaker #0
Mais après le moins mon point de vue, il est. C'est qu'il a fallu que je rentre quand même un peu dans le film parce qu'au début, donc après, c'est vrai que je regarde pas souvent des films russes qui plus est en noir et blanc de deux heures, de plus de deux heures comme si c'était non, non, mais la longueur m'a pas dérangé. Il y a fait c'est vraiment des scènes qui ont fait que je trouvais qu'à un moment je voyais pas l'intérêt de la scène. Alors. Bah apparemment tu vois, une de celles qui m'a vraiment frappé, c'est celle où le mec il rentre à la fin du film, où le, j'ai oublié comment il s'appelait, mais il rentre dans le projecteur et il se met tout nu, il va nager. Tu vois, en gros la scène elle est un peu placée là, j'ai pas trop compris.
- Speaker #2
C'est la mort du personnage non ? C'est pas ça ?
- Speaker #1
C'est le blond, on est d'accord ? Ouais le blond. D'ailleurs qui est dans Deux Procureurs.
- Speaker #0
Ah ouais ? Bah oui c'est lui !
- Speaker #1
Bah c'est lui ! C'est lui ! C'est le même acteur, c'est fou !
- Speaker #0
Parce que moi j'avais vu Celui qui joue Victor Tsoi Celui qui joue dans Bass Lives Tout à fait aussi ouais Mais oui, le blond c'est celui qui vient de Procureur. Grand acteur. Je sais pas, moi je l'ai pas tout le temps interprété comme la mort du personnage.
- Speaker #1
Ah ok, bah alors...
- Speaker #2
Moi je l'ai pas comprise pour le coup. En tout cas j'avais l'impression qu'elle m'est juste apparue. Tu sais que j'ai vu la scène et j'ai oublié ce qui s'était passé avant. Et je vois ça. Et enfin... C'est des trucs qui font une envie mélancolique quoi. Tu vois ? On pense à tout ce qu'on a vécu, à tous les moments avec les potes,
- Speaker #3
ça aussi les affiche.
- Speaker #0
Surtout là, c'est dans le contexte d'une soirée, sous alcool, surtout lui. Oui, mais parce qu'il y a tout ce truc aussi sur le mode de virus. Oui, c'est ça. Les verres à facettes. Les verres à facettes, les fameux. Non, mais ouais, tout ce... Ouais, enfin, cette mélancolie-là, c'est même plus que de la mélancolie. Il y a vraiment une sorte de... C'est une vie assez morne. Et donc, c'est un échappatoire. Comme la musique est un échappatoire pour eux. J'ai l'impression, moi je l'entends peut-être comme ça. Ça fait écho à la première scène.
- Speaker #2
Ça fait écho à la première scène où ils vont tout nus dans la mer. Ils se baignent tout le temps. Là,
- Speaker #0
il est seul. C'est la fin d'une époque.
- Speaker #2
C'est la fin d'une ère. Après, c'est vrai que le film, il est très pop dans la mise en scène, etc. Moi ce que j'ai beaucoup noté c'est quand même qu'il y a eu une utilisation aussi beaucoup du... Alors c'est pas du Steadicam mais je veux dire c'est de la grue un peu. Où moi j'ai trouvé que vraiment il en avait fait une surutilisation. Il y a plein de passages où en fait à chaque fois... Alors après ça sent qu'il aime montrer par exemple des paysages qui vont s'éloigner, se rapprocher. La caméra va un peu pivoter, ça repart sur un décor un peu plus petit. Où le personnage va re-rentrer dedans et ça n'a pas coupé. où c'est vraiment des plans longs, mais j'ai trouvé que cette utilisation de la grue et du plan long, elle ne servait pas tout le temps. Moi, l'une de mes scènes préférées, je pense que c'est la scène du tram, où là, j'ai trouvé ça vraiment génial. Puis même l'utilisation des dessins qui interfèrent beaucoup plus avec leur environnement que les autres passages. Tu vois les dessins sur la partie où ils montent dans la maison close. Je trouve pas ça... Non mais j'ai pas trouvé ça genre super signifiant, significatif. Alors que tu vois cette scène du tram, bah ça sert beaucoup plus. T'as les personnages, ils parlent de fusée, y'a une voiture qui se transforme en fusée, t'as les astronautes, ils viennent, ils descendent le machin du... Et donc t'as cette utilisation avec le personnage qui sort et après qui se fait suivre, même par la caméra, que je trouve génial. Mais voilà, c'est ce que j'ai ressenti à un moment, c'est un peu trop... sur... surutilisé, cet aspect-là de vraiment la caméra qui flotte presque tout le temps en fait dans le film où t'as peu de moments où elle va un peu se décrocher où c'est toujours très bien cadré et je trouve que c'est un peu dommage justement avec ce côté où le film... Alors est-ce que ça veut dire, parce que aussi un autre truc qui me manquait aussi, c'est pas mal l'oppression qu'on retrouve, enfin qu'il y a dans la scène principale, où vraiment t'as ces trucs, rester assis pas de folie entre guillemets Qui disparaît un petit peu de la narration et qui, en fait, je trouve, n'est pas très présente.
- Speaker #0
Elle est tout le temps sous-jacente.
- Speaker #2
Ouais, mais elle est vachement basse. Le curseur est vachement bas. Compris à ce que tu pourrais penser de la période, justement, où ce n'est pas la joie non plus.
- Speaker #0
C'est vrai que je l'interprète, comme disait Lucas, comme plutôt, du coup, une sorte de fantasme qui te rappelle constamment que c'est un fantasme. Mais pour dire, effectivement, on va faire un film plus joyeux que ce que c'était vraiment. Mais je trouve que c'est assumé de la part du réalisateur. Mais je peux comprendre que du coup, ça dérange notamment sur le côté peut-être trop lisse, du coup.
- Speaker #2
Ouais, vite.
- Speaker #0
Par rapport à la caméra qui flotte. Ouais,
- Speaker #2
c'est ça. Mais non, sinon, une bonne découverte. Et puis, je suis allé vite fait checker un peu les sons du groupe Kino. Parce que Kino, c'est l'histoire du groupe Kino, entre guillemets, surtout de Victor Seuil. Et du coup, l'histoire de ce mec, un peu un club des 27 aussi, il est mort à 28 ans d'un accident de voiture. Mais voilà, en tout cas, c'est encore un film qui parle d'une... ...montante avec celle aussi qui se met en retrait et je trouve aussi ça que le personnage du coup de Mike qui fait de moi une sorte de futur lui alors que lui n'est pas considéré comme fini. C'est vraiment ce genre de gars qui... On ne sait pas trop pourquoi, mais il va pousser les autres au devant, comme tu disais tout à l'heure. Il a une générosité. En gros, mais après, tu sens que ça le pèse. Tu sens que ça le pèse aussi. T'as l'impression que le mec, il a tout accepté. Vraiment, c'est un truc un peu fatal. Non, mais parce que, ok, ma meuf, elle préfère le mec et je vois comment elle le regarde. Mais parce que, merde.
- Speaker #3
Tu vois, dans Amadeus, par exemple, il y a un moment où le personnage, il va dire, enfin, c'est l'adversaire de Mozart, il va dire, les gens autour ne voient pas à quel point il est bon, sauf moi. Mais moi, je le déteste, tu vois. Et lui ? C'est vraiment ce truc là de, il voit que Victor, il a un talent qui est bien plus grand que le sien. En tout cas, il le déteste pas. Non, il le déteste pas. Ce que je veux dire, c'est que c'est le seul à le voir en tout cas. Et donc, il y a un moment, il va enregistrer même l'album pour lui. Et l'autre, il va dire, c'est le sien que j'attends.
- Speaker #2
Mais justement, cette réflexion là, elle est vachement plus parlante quand il fait sa première sur scène. Ou il fait sa petite chanson. personne dans la salle ne réagit à rien alors déjà qu'ils sont empêchés de réagir mais alors en plus tu vois un peu les mous du public qui s'émergent qu'est-ce qu'ils nous font et puis qui arrive Mike le grand se monte sur scène et du coup va les porter ouais et je trouve qu'au-delà de voir que
- Speaker #0
Victor Tsoi est supérieur à lui ou quoi je trouve qu'il a surtout compris la nécessité d'un Victor Tsoi oui c'est ça pour faire avancer le rock dans le pays il y a vraiment un truc aussi je pense où il voit beaucoup plus loin que eux deux et juste se dire bah en fait si tu fais ça,
- Speaker #3
ça va permettre c'est pas tant une hiérarchisation de lui il est meilleur que moi c'est que c'est traduit aussi dans le film c'est un style plus classique qu'il a recopié et tout alors que Victor moins il a un peu ils ont déjà pas les mêmes références parce que lui il connaissait pas autant euh c'est l'ERF américaine, et donc il a créé son art à lui. Oui,
- Speaker #0
c'est ça, et que le pays en a besoin. Il y a vraiment un truc où il voit beaucoup plus loin que leur simple dualité. Et du coup, peut-être que c'est aussi pour ça qu'il y a cette forme de fatalité par rapport à Natalia. En fait, moi je compte pas là-dedans, dans cette histoire-là, je compte pas. Et c'est triste.
- Speaker #2
Est-ce que c'est triste,
- Speaker #1
Eliott ? Moi je vous ai écouté, c'était intéressant.
- Speaker #3
globalement vous avez enfin je partage tous vos avis peut-être pas bref je pense que je l'ai pas autant téléutilisé que ça après encore une fois ça fait pas mal de visionnage on l'a vu peut-être avant-hier hier on parle de distance mais il y a quand même on va vachement avec des longs plans des plans séquences etc et ça ça favorise plutôt l'immersion tu vois dans le récit toi quand tu parles de distance c'est distance avec le oui
- Speaker #0
mais il y a toujours des ruptures en fait justement c'est même dans le rythme Merci. Il y a des grandes ruptures.
- Speaker #3
Il peut même te mettre un stop. Voilà,
- Speaker #0
c'est plus ça. Il longe. Ça te met ? Ouais, voilà,
- Speaker #3
c'est ça. Là,
- Speaker #0
tu penses à t'immerger dans l'histoire ?
- Speaker #3
Il joue vachement avec ça, du coup, parce qu'il te met à fond pour que tu sois immergé dans le film jusqu'à un moment où tu te dis « Ah, attends, quoi. » Voilà,
- Speaker #0
te rappeler.
- Speaker #3
Ok.
- Speaker #0
Tu regardes un film, là,
- Speaker #2
en fait. Donc, il nous manipule, le salaud.
- Speaker #0
Et il nous le dit, qu'il nous manipule.
- Speaker #3
Au moins, ça manipule à tort, mais...
- Speaker #0
C'est pas un peu comme si il y avait ce côté le divertissement. et quand même au centre.
- Speaker #3
Donc,
- Speaker #0
t'es obligé d'être un minimum immergé pour te divertir. Sinon, tu regardes juste le truc comme un théoricien et c'est chiant, quoi. Autant lire un livre.
- Speaker #1
Ouais, bah, bref, je te dis... Alors, moi, j'ai un peu d'appréhension, à vrai dire, avant de voir le film. Parce qu'en fait, à chaque fois que je vois un film, à cause de vous, je vais voir un film de Kirill Serebrennikov, à chaque fois, c'est un sacré morceau. À chaque fois, je me dis... Et du coup, je me disais, allez, c'est parti pour les taux. Et en fait, c'est vraiment, pour moi, c'est son film le plus grand public. C'est vraiment, tu rentres dans l'histoire avec une telle simplicité. C'est vraiment, c'est hyper accessible comme film. Et pour moi, c'est du coup son plus grand film. Il ne m'en reste plus qu'un à voir qui est La Fief de Petrov, qui m'a l'air d'être un sacré morceau de l'encontre. Pour moi,
- Speaker #0
et son chef d'oeuvre.
- Speaker #1
Et ce qui est drôle, c'est que du coup, malgré moi j'ai vu beaucoup de films de Kirill Serebryanikov t'avais vu La femme de Tchaïkovski et ce qui est drôle c'est que du coup dans l'étau en fait je me rends compte à quel point ce film incarne tout son cinéma qui va suivre derrière genre là on avait vu par exemple la disparition de Joseph Mengele avec ce rapport au noir et blanc parfois t'as la couleur qui va survenir il fait exactement la même chose dans l'étau t'as ce côté punk par exemple que tu retrouves dans Limonov donc en fait c'est marrant comment ce film là incarne tout son cinéma Une des premières scènes, c'est la scène sur la plage où il chante justement l'étoche. Et qui est une scène que j'aime vraiment beaucoup et j'ai compris du coup que le film allait être vraiment un vrai film nostalgique, mélancolique. C'est des scènes qui sont très lentes, avec une petite guitare. Moi, je sais pas, ça me parle. Le ton, l'ambiance et même le personnage de Mike pour toutes les raisons que vous avez invoquées. Et puis voilà quoi. Je vais pas rappeler tout ce que vous avez dit. Je passe un très bon moment. J'aurais aimé les... plus que ça, notamment en le voyant en salle, là le voir sur ma télé je trouve que c'est un peu limitant parce qu'en fait ça aborde plein de notions que moi j'adore dans le cinéma, je vois les dispositifs qu'il met en place en général moi je vois ça au cinéma mais je m'effondre et là c'est pas ce qui m'est arrivé et j'aurais aimé le découvrir en salle pour que vraiment je me prenne le truc en pleine gueule bon après ça reste un très très bon film je vous invite à voir
- Speaker #3
Petit truc bonus là que je vous donne. Oh bah c'est trop bien ça ! Le personnage qui joue Mike, en vrai c'est un mec qui a un groupe de musique et c'est lui qui fait certaines musiques du film, notamment que son personnage va jouer. Et le personnage du narrateur, dans les bonus, ils vont interviewer, comment elle s'appelle déjà ? C'est Nathalia ? Et bah ils vont vraiment interviewer la dame quoi, et ça va être le narrateur qui va l'interviewer. En fait, c'est adapté des mémoires de... Ouais, c'est elle qui a écrit le bouquet.
- Speaker #0
Et elle fait partie de l'écriture du film, non ? Il me semblait.
- Speaker #3
Ouais, tout à fait. Elle était impliquée dans le process et tout. Et donc, t'as le narrateur qui vraiment joue son rôle. En fait,
- Speaker #0
il est juste comme ça dans la vie, peut-être.
- Speaker #3
Mais je vous invite à voir les bonus parce que c'est très intéressant.
- Speaker #0
Vous avez mieux acheté le coffret collector. C'est vrai. C'est ça qu'il est noir.
- Speaker #3
Il est super.
- Speaker #1
Très stylé.
- Speaker #0
Très belle édition.
- Speaker #1
alors moi par exemple juste en bêtant j'avais pas les sous-titres alors sur les musiques anglaises ça passe parce qu'en fait c'est vrai qu'on l'a pas dit mais en gros toutes les scènes musicales ça va être des musiques de rock que nous on connait de rock occidental quoi et qui vont avoir une nouvelle signification dans le paysage russe et du coup sur les musiques anglaises ça allait mais quand ça chante en russe voilà je dois réviser mon russe parce que parfois je comprends pas tout quand même t'as arrêté des chansons ?
- Speaker #2
Bah ouais, les paroles...
- Speaker #0
Je bois des bières toute la journée. C'est ça,
- Speaker #2
moi je me pense direct à Lucas quand il a dit... La fameuse phrase, le nombre de bières que je bois... Mais ça c'est quoi putain ?
- Speaker #1
Et ça c'est tout Lucas du coup. C'est pour ça que j'aime ce film.
- Speaker #3
Mais ouais, c'est intéressant quand même d'avoir le... d'avoir la traduction ne serait-ce que pour voir le style et ce que les deux racontent parce qu'il y a un peu ce truc là au moment où il y a un personnage qui va dire moi j'aime bien ce que tu écris parce que c'est vraiment le prolétariat et tout alors que Mike il dit n'importe quoi et il raconte sa vie quoi scène trop cool d'ailleurs par rapport à Mike qui résume tout ce que vous avez dit c'est quand ils enregistrent du coup l'album de
- Speaker #1
Victor et là ils disent tout le monde tout le monde venez on va faire le coeur pour l'album et lui il prend sa veste et il part et je me suis dit oh mais c'est incroyable Bravo à ceux qui sont arrivés à la fin de cet épisode. Bien joué de nous avoir écoutés jusque là. Écouter Lucas autant de temps, ça peut avoir des effets secondaires. Alors, faites attention. Et rendez-vous bientôt pour un nouvel épisode classique. Je ne sais pas si vous voulez rajouter un petit mot de la fin.
- Speaker #2
Non, non. On va pas vous parler en fait. Allez découvrir des comédies musicales.
- Speaker #0
Ouais, regardez Cabaret. parce que Cabaret je ne sais pas dire recommander je m'en fous parce que Cabaret ça parle de ce qu'on est en train de vivre en ce moment par rapport à la montée du fascisme voilà la montée du quoi ?
- Speaker #1
ça n'existe pas ça ça va c'est pas le fascisme ça va et Champon sous la pluie aussi ça c'est trop bien j'ai adoré c'est ma comédie musicale préférée et c'est celle de tout le monde mais avant c'était la lande donc bon c'était aussi celle de l'économie donc je suis grave original Portez-vous bien, bisous, dansez, chantez, Romain va faire son breakdance.
- Speaker #2
Ok, on en revient ? 1, 2, 3.
- Speaker #1
Oh my god !
- Speaker #3
J'en ai cassé mon micro ! Et bis tout le monde ! La bise !
- Speaker #0
Salut !