- Speaker #0
Bienvenue dans Vies de Mère. Je suis Clémentine Guilbeault de Maison et moi Margot Elkier. Et dans ce podcast, on part à la rencontre des mères de toute la France. Notre but ? Remonter à la racine de leur engagement, comprendre leur quotidien, leurs difficultés et leurs réussites. Et peut-être vous donner envie de vous bouger vous aussi pour votre commune. Vies de Mère,
- Speaker #1
c'est une sacrée vie de mère.
- Speaker #0
Pour ce nouvel épisode de Vie de mer, je me suis rendue à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, à 3 km à l'est de Paris. Nous sommes en septembre, il fait encore très beau, et les enfants de la ville sont réunis devant le théâtre municipal à l'occasion d'un spectacle qui signe le lancement de la saison culturelle. Fontenay-sous-Bois, c'est une ville animée comptant plus de 50 000 habitants et marquée par de forts contrastes sociaux, de grands quartiers populaires aux zones pavillonnaires cossues, à proximité du bois de Vincennes. Depuis 2016, c'est Jean-Philippe Gautret qui en est le maire. Fontenésien de naissance, il a grandi dans la ville avant de s'y engager très tôt, d'abord par le monde associatif et l'économie sociale et solidaire, avant d'être élu municipal, puis élu maire à seulement 35 ans. Avec Jean-Philippe Gautret, on a parlé de communisme municipal et d'écologie populaire, de logement et de mixité sociale. d'urbanisme au cœur de métropole, d'union de la Ausha l'échelle locale et nationale, mais aussi de la responsabilité du maire dans un contexte de crise sociale, démocratique et climatique. Je vous précise que cet épisode a été enregistré il y a plusieurs mois. L'entretien que vous allez entendre n'est pas un épisode de campagne, mais un temps long pour comprendre un parcours et une façon très concrète d'exercer le pouvoir local aujourd'hui. Bonne écoute ! Monsieur le maire, bonjour.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #0
Merci de m'accueillir dans ce magnifique théâtre Jean-François Gué, à Fontenay-sous-Bois, pour l'ouverture de la saison culturelle. Je suis ravie d'être ici. Pour commencer cette interview, est-ce que vous pourriez me dire ce que vous rêviez de faire dans votre vie quand vous étiez petit ?
- Speaker #2
Inventeur, puis journaliste sportif, parce que j'adore le sport, mais surtout inventeur, parce que je voulais trouver des solutions pour... que mes grands-parents puissent se déplacer ou vivre le plus longtemps possible. Donc voilà, quand j'étais petit, c'était inventeur que je voulais être.
- Speaker #0
Vous avez inventé des choses, petit ?
- Speaker #2
Non, parce que je suis très maladroit et pas très manuel. Mais par contre, j'ai gardé cette envie de faire pour les autres et avec les autres. Ça, oui, faire des projets collectifs. Tourné vers l'intérêt général, je pense que j'ai gardé un peu cet instinct-là.
- Speaker #0
Et donc, vous avez grandi dans votre ville à Fontenay-sous-Bois ?
- Speaker #2
Oui, mes parents s'y sont installés en 1980 et je suis né en 1980. Donc, ça fait 45 ans que je vis, que j'ai grandi à Fontenay. Et puis maintenant, j'y élève mes enfants. Donc oui, c'est ma ville. Donc voilà, je la vis, j'en suis un passionné. aujourd'hui J'en suis aux plus hautes fonctions pour essayer de continuer à en faire une ville agréable pour les habitants, où les gens ont plaisir à y habiter, à plaisir à y vivre, à partager. Et donc ça nécessite énormément d'engagement, mais c'est vrai que je suis intarissable pour parler de Fontenay-sous-Bois.
- Speaker #0
Comment c'était de grandir dans les années 80 à Fontenay ?
- Speaker #2
D'abord, je trouve qu'il y a un avant et un après 2000. Je trouve que moi j'ai eu beaucoup d'insouciance, on est dans une génération où on sortait dehors dans le quartier, nos parents nous laissaient aller jouer avec les copains en bas, moi j'ai grandi dans les quartiers populaires de la ville, on allait faire du foot, de la tech, jouer Ausha et à la souris, beaucoup d'insouciance, beaucoup aussi de projets sportifs et culturels, moi j'ai des souvenirs d'être... d'être parti trois semaines au Portugal en classe de découverte en CM2, qui laisse des souvenirs indélébiles, encore aujourd'hui. Je fais aussi beaucoup de sport, donc voilà, beaucoup d'insouciance, et puis je trouve qu'il y a un après-2000, un peu avec voilà, 2000 et puis encore plus depuis 2020, peut-être aussi depuis que j'ai eu des enfants, mais je trouve un monde plus anxiogène qu'à mon époque. Un monde tourné euh où il y a la crise climatique, le retour de la guerre, un peu plus angoissant, et peut-être aussi parce que maintenant je suis père de famille. un peu plus angoissant aussi pour les générations futures. Or, moi, j'ai grandi dans un monde tourné vers l'après-guerre, finalement, même si je suis né longtemps après la guerre. Je trouve qu'on nous faisait passer le message qu'on vivait dans un monde de paix, apaisé. Évidemment, il fallait continuer à lutter contre les inégalités, mais un monde un peu plus apaisé, un peu plus épanouissant qu'aujourd'hui.
- Speaker #0
Est-ce que dans votre famille, il y avait des personnes qui étaient... déjà intéressé par la chose publique, par la politique. Qui vous a transmis ce souffle dans votre plus jeune âge ?
- Speaker #2
D'abord, j'ai eu un grand-père qui est dans son petit village en Mayenne où une partie de ma famille est originaire, qui était premier adjoint du petit village. J'ai des oncles qui étaient conseillers municipales. J'ai une histoire, je suis un laïc, mais j'ai une éducation religieuse, notamment avec mes grands-parents. Toujours une place dans la dimension chrétienne sociale, où il y avait toujours une place à manger le soir pour le vagabond chez mes grands-parents l'été. Voilà un peu cette culture-là. Et puis après, j'ai grandi dans une ville où le communisme municipal a bercé mon enfance et où je crois que ça donne aussi des perspectives d'engagement et de volonté d'être tourné vers les autres. Quelque part, mon engagement, il est aussi comment je rends ce qu'on m'a donné. Et sans cette vertu du communisme municipal, ces services publics, l'école publique. Moi, je fais un produit de l'école publique. Je ne serais pas là aujourd'hui. Donc, il y a aussi cette volonté de donner pour les autres, mais aussi de rendre ce qu'on m'a donné parce que je pense que c'est juste.
- Speaker #0
Mais vous êtes parti quand même un an de ce que j'ai pu voir dans les Hauts-de-France.
- Speaker #2
Ouais, alors c'était un an en alternance, donc j'y faisais une semaine par mois, c'est au moment où je finissais mes études, où je commençais à m'engager un peu dans mon quartier, dans des activités, des associations de quartier. Sans le savoir, on faisait de l'économie sociale et solidaire, on a monté une boutique de commerce équitable, puis un restaurant associatif, et dans un petit centre commercial de quartier, quartier de 8000 habitants, très populaire, on voulait le transformer en... pôle d'économie sociale et solidaire et je me suis rendu compte que je faisais de l'économie sociale et solidaire et qu'il y avait des masters 2 qui existaient. Voilà comment j'ai fait, après avoir fait beaucoup d'études de gestion, fini par un master 2 en droit à l'administration publique, mention développement local et économie sociale et solidaire, où il y avait beaucoup d'expérimentations dans le nord de la France puisque un territoire marqué par la crise, et notamment la crise économique et sociale forte, taux de chômage très élevé, avec des initiatives pour essayer de... de trouver des solutions alternatives au capitalisme et répondre aux besoins de justice sociale. Et donc je suis parti en formation et je faisais mon stage ici pour porter nos projets. Ça a été ma première expérience un peu politique puisque c'était aussi très intellectuellement très valorisant, très enrichissant pour intellectualiser une pratique. Moi je suis plutôt un praticien. Et donc, c'était passionnant et ça m'a permis d'avancer et de construire après mon parcours en politique, puisque en 2008, dans la foulée, le maire de l'époque, mon prédécesseur, Jean-François Bruguet, m'a proposé de devenir élu, en l'occurrence adjoint au maire. Et je suis devenu dans la foulée adjoint au maire à l'habitat et au développement durable des quartiers. Donc, c'est comme ça que j'ai commencé à faire de la politique locale. Voilà, donc... C'est aussi ça qui fait que un peu mon parcours.
- Speaker #0
Avant ça, pendant vos années étudiantes, vous l'avez dit, vous étiez très engagé dans des projets locaux qui étaient aussi basés dans votre ville. Est-ce que vous y avez déjà aussi un engagement politique ou vous étiez vraiment dans le côté pratique ou pratique ? Je fais des projets pour aider autour de moi.
- Speaker #2
Il y avait les deux puisque je n'ai jamais été naïf. Et ce que j'ai dit tout à l'heure, j'ai d'ailleurs aujourd'hui pas de carte dans un parti politique, mais je me suis assez vite, dans l'échange de la politique locale, été en lien avec les élus de l'époque et notamment mon prédécesseur, qui ce n'est pas un secret, était au Parti communiste. Donc voilà, je suis très proche des communistes. Je suis très emprunt aussi de la culture politique de Selvide qui est marquée par les réfugiés politiques sud-américains. puisque Fontenay était une des deux portes d'entrée des réfugiés politiques uruguayens, chiliens, argentins notamment, qui fuyaient les dictatures dans les années 70, qui sont restés vivre en partie, pas tous, mais en partie vivre à Fontenay, et qui eux ont bercé mon engagement politique, m'ont formé, et notamment dans comment on construit des fronts unis, citoyens, politiques, à gauche. pour toujours avoir en tête de battre la droite et l'extrême droite, pour porter des politiques publiques au service des gens, pour toujours plus de justice sociale, pour toujours plus de transition écologique, de démocratie. Donc voilà, tout ça a bercé aussi mon engagement politique et ma formation politique. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on me demande mon étiquette politique, un coup, je vais au gré de l'actualité. J'ai dit Front de Gauche, ça a été Nupes. Aujourd'hui, je vais dire Nouveau Front Populaire parce que... Fontenay a toujours été dans l'union à gauche depuis 1965, dans le pluralisme. Et je crois que c'est aussi dans l'unité, c'est comme ça aussi qu'on construit des projets progressistes et qui répondent aux besoins des habitants. Donc c'est aussi ça ma culture politique fontenésienne, qui fonctionne bien parce que ça permet aussi d'avancer et de construire des alternatives au service des gens et des politiques publiques. et c'est aussi ça que... J'ai essayé de retranscrire dans le livre que j'ai écrit l'année dernière, c'est à la fois raconter mon parcours, mais surtout essayer d'intellectualiser une pratique qui s'appuie évidemment sur des engagements, sur de la théorie politique, mais aussi sur des politiques publiques qui permettent de transformer la vie d'agent. Parce que faire de la politique, c'est bien, avoir le pouvoir, c'est bien, mais si on ne transforme pas la vie des gens et qu'on n'agit pas sur leur quotidien, ça n'a que peu d'intérêt. C'est aussi pour ça que ce mandat-là, il est difficile, le mandat de maire, mais il est passionnant, puisqu'on a la capacité de pouvoir agir. sur la vie des gens et pour ce qui me concerne, pour améliorer leur vie, leur quotidien, mais aussi essayer, parce qu'on ne peut pas faire sans, toucher à essayer de transformer et à répondre à l'urgence climatique. Donc c'est aussi ça qui est passionnant dans ce mandat.
- Speaker #0
Donc pour revenir un petit peu chronologiquement, vous finissez vos études, vous avez ce projet d'économie sociale et solidaire. En 2008, vous devenez conseiller municipal. Qu'est-ce que vous découvrez en devenant conseiller municipal ?
- Speaker #2
En parallèle de ça, en 2006, j'avais démarré mon activité professionnelle. Je dis ça parce que j'ai pendant presque 10 ans, à la fois dans un premier temps chargé de mission politique de la ville, puis directeur du pôle géontologie de la Fondation F de la Croix-Saint-Simon, puis directeur de tout leur patrimoine, fondation qui fait à peu près 1000 salariés, plus de 50 structures, qui est en plein développement encore aujourd'hui. Et donc, j'ai continué aussi à mon activité professionnelle, qui est aussi formatrice, puisqu'on découvre des choses, on est confronté au réel dans la gestion aussi. Et en 2008, en parallèle de ça, je deviens élu. Et donc, en devenant élu, on apprend aussi la gestion. On rentre complètement dans la dynamique de comment on trouve des solutions au service des habitants. Dans les combats et dans les projets que j'ai menés, notamment comment on réhabilite tous les programmes sociaux de la ville à haute performance énergétique. On est en train de finir, mais en 15 ans, on aura réussi à réhabiliter tout le parc social de la ville. Comment on fait en sorte que dans tout marché de réhabilitation chez les bailleurs, il y ait des clauses d'insertion qui permettent de faire travailler des jeunes fontenésiens. Comment on développe aussi un réseau d'amicales de locataires dans l'engagement collectif pour défendre leurs droits. Puisque je ne cesse de leur rappeler que nous, les élus, nous ne sommes que des porte-voix. S'ils ne mènent pas des combats, les habitants, ça ne fonctionne pas. Donc on a fait tout ce travail-là. On a monté des plans locaux de l'habitat qui ont permis de se donner des objectifs bien clairs sur les questions du logement. On continue de construire pour avoir 35% de logements sociaux. Il y a 30% de logements sociaux dans chaque programme immobilier qui sort à Fontenay, de minimum 20 logements, etc. Donc voilà, continuer à avoir une ambition. au service de ma ville, mais de l'autre côté, puisque après y avoir été habitant professionnel, donc militant associatif, on en devient un élu. Et donc, on a la charge de répondre aux besoins des habitants et à leurs aspirations, qui évidemment, sur les questions, en l'occurrence du logement, sont très difficiles, puisque c'est la crise la plus importante que vivent les habitants de cette ville. Avant la ville de Paris, j'étais un des premiers à mettre en place la... La cotation, la commission de validation des candidats au logement avec un nombre de points qui permettait de rendre visible et transparent l'attribution de logement. Voilà, toutes ces propositions concrètes qui agissent sur la vie et le quotidien des gens. Évidemment, ce n'est pas simple, mais quand on le fait avec passion, c'est un engagement extrêmement riche. En 2014, je deviens élu à l'urbanisme en plus. Ça veut dire réfléchir à l'évolution de la ville pour demain. Puis en 2016, je deviens maire. Donc là, c'est encore autre chose, puisque tant qu'on ne l'est pas, on ne sait jamais ce que c'est cette responsabilité, puisque c'est 365 jours par an, 24 heures sur 24, et on a ça dans la tête, ce qui est légitime. Mais aujourd'hui, ça va faire presque 10 ans, et je ne regrette pas, puisque c'est passionnant.
- Speaker #0
On dit, pour revenir à 2014, quand vous devenez adjoint en charge de l'urbanisme, on dit souvent que c'est ce qui est le plus difficile dans une mairie, toutes les questions d'urbanisme, que c'est extrêmement technique, que c'est aussi pour ça souvent que c'est eux-mêmes des urbanistes ou des architectes qui s'occupent de ce pôle-là. Comment vous l'avez expérimenté, cette complexité municipale ?
- Speaker #2
Très tranquillement. Pour une raison simple, c'est qu'il faut savoir faire confiance aux techniciens, aux sachants, les écouter. Mais le rôle du politique, et particulièrement sur la question de l'urbanisme, c'est de porter une vision politique de sa ville. C'est quelle ville on veut, comment on fait en sorte de se doter des outils pour arriver à nos objectifs, et quel projet on veut porter. Je pense avoir, pour le coup, porté haut et fort une vision de la ville. que je suis capable de mettre en débat, y compris d'avoir de la contradiction, mais je porte une vision de la ville. Je pense que là où on peut avoir des difficultés, c'est qu'on ne porte pas de vision de la ville. Moi, je porte une vision de la ville, je sais où je veux aller, je sais que cette ville, je veux qu'elle reste accessible à toutes et tous. Le danger à Fontenay, ce n'est pas que ça devienne un ghetto de pauvres, c'est que ça ne devienne même pas un ghetto de riches, c'est que ça devienne un ghetto d'ultra riches. On est à 10 minutes du centre de Paris, on est très bien doté en transport, en équipement public, on touche le bois de Vincennes. On est entouré du ghetto du Gotha, avec les villes aux alentours, avec des gens qui ont des moyens, et tant mieux. Mais moi, mon ambition, c'est que cette ville, elle reste évidemment et continue d'accueillir des gens qui sont riches, et c'est tant mieux. Ça fait de la mixité. Mais c'est que des gens qui n'ont pas les moyens, qui font partie des classes populaires, mais y compris des classes moyennes, puissent continuer d'habiter à Fontenay, et donc en cœur de métropole, puisque à Fontenay, on est en cœur de métropole, même si je suis très attaché pour avoir grandi à Fontenay, à la banlieue. On est aujourd'hui dans le Grand Paris et on est quasiment à Paris. Et donc porter cette ambition-là, premièrement c'est important. Le deuxième, c'est faire en sorte que la diversité morphologique de la ville, avec ses différentes époques, de l'habitat traditionnel, très industriel à la limite de Montreuil et Vincennes, assez dense, très parisien, d'autres quartiers avec des maisons bourgeoises. des parisiens du 18e siècle le long du bois puissent continuer à vivre, un quartier pavillonnaire sur le plateau un peu populaire, et puis un habitat un peu plus moderne, collectif, dès les années 70. Tout ça, il faut que ça se poursuive. Mais en même temps, une ville qui ne bouge pas, c'est une ville qui s'endort. Et donc, il faut trouver l'équilibre pour que ça permette de se poursuivre. Il faut aussi prendre en compte l'urgence climatique là-dedans. Et donc, comment on fait en sorte que cette ville reste vivable ? pour tout le monde. Donc on n'est pas une ville surdense, on est une des villes de la petite couronne, une des plus vertes. On a près de 45 mètres carrés d'espace de pleine terre par habitant et on continue d'en développer, y compris public, parce que c'est un des enjeux. On a eu un des grands ensembles, une des UPL en France, les plus vertes et pourtant on a des immeubles qui montent à 18 étages mais on a 600 000 mètres carrés d'espace vert public non résidentialisé, parce qu'on tient à ça, à ce que ce soit accessible à tout le monde. Donc comment on fait en sorte qu'on réponde à la question de l'accessibilité au logement. Donc on continue de construire du logement et en même temps que ce soit vivable. Donc on cherche à construire, pas à sur-densifier, mais à densifier un peu quand même. Donc c'est un jeu d'équilibre. On est aujourd'hui 53 000 habitants. On a mis dans le PLU qu'on pourrait monter jusqu'à 56 000 habitants. Et je pense que pour que cette ville reste telle qu'elle est, avec sa diversité morphologique, en même temps qu'on ait les équipements... suffisant pour répondre aux besoins des habitants, qui reste vivable avec des espaces de pleine terre pour faire en sorte de répondre à l'urgence climatique, il ne faudra pas monter à terme au-delà de 60 000 habitants. Donc voilà, en vous disant tous ces éléments, et j'en oublie sûrement, je vous donne une vision très claire de ce que je veux pour cette ville, avec ses habitants, et donc évidemment, on est plus à l'aise quand on a une vision que quand on n'en a pas. Et donc évidemment, j'ai plein de gens, de sachants qui viennent me porter des projets, mais je sais... dans les orientations ce que je veux et ce que je ne veux pas. Et donc ça aide à être très à l'aise pour porter l'avenir de cette ville. On a un pôle de transport Val-de-Fontenay qui est la deuxième gare d'Ile-de-France hors Paris après la Défense et ça va continuer en nombre de voyageurs par jour. Il y a beaucoup de projets de développement. Évidemment, on pourrait construire des centaines de logements. On ne le fera pas. On construira ce qu'il faut. On va en construire du logement. On va transformer l'urbanisme. de cette zone-là, y compris le déminéraliser. C'est un endroit très minéral où on va pouvoir développer de la pleine terre. Mais en même temps, on va répondre aux besoins des habitants. On ne va pas surconstruire parce que l'enjeu, c'est d'être en équilibre entre, oui, Fontenay est un enjeu de la métropole. qui dépassent Fontenay, mais c'est aussi répondre aux besoins des habitants, puisque c'est pour ça que j'ai été élu. Donc répondre aux besoins des habitants, c'est répondre aux équipements dont ils ont besoin, c'est répondre aux soucis de logement, répondre aux soucis de parc et de lieu de vie pour répondre à la crise climatique.
- Speaker #0
Est-ce que vous diriez que vous vous inscrivez dans la continuité du maire précédent, puisque vous étiez adjoint à l'urbanisme alors qu'il était maire ? et aujourd'hui dans votre travail actuel aussi, en tant que maman ?
- Speaker #2
Je pense que je continue d'écrire les pages d'un livre qui s'est ouvert en 1965 avec Louis Bayard, qui a été 36 ans maire ici, qui a été le premier maire à accepter des écologistes dans sa majorité, qui a inventé la gauche plurielle avant qu'elle n'existe. J'ai travaillé avec Jean-François Vauguet, qui était un ami. C'est avec lui que j'ai appris à... à exercer mes premiers pas en politique. Donc oui, je suis complètement dans la continuité, avec évidemment ma personnalité qui est différente, avec mon histoire qui est différente de celle de Jean-François et de Louis. Mais je m'inscris complètement dans cette continuité-là qui a été bercée à la fois par les politiques publiques municipales ambitieuses du communisme municipal, avec aujourd'hui la nécessité plus que jamais de répondre à l'urgence climatique. Et donc c'est ce que moi j'appelle... l'écologie populaire dans la continuité des politiques publiques qu'ils ont inventées, qu'ils ont commencé à développer. Jean-François Voguet, on se trouve dans le théâtre aujourd'hui, m'avait dit au moment où il m'a passé le flambeau, il m'avait dit il faut que tu t'occupes de culture absolument et il faut que tu ailles au bout de ce projet de théâtre. On est ici dans le théâtre qui porte son nom aujourd'hui. C'est la plus belle des continuités, le plus bel hommage qu'on puisse lui rendre, mais qu'on puisse rendre au service. des fontenésiennes et des fontenésiens, puisque pour lui, la culture, c'était permettre de rendre plus intelligents les gens, de faire en sorte d'ouvrir les gens à l'autre et de faire en sorte que de répondre au repli sur soi et au débat et à la lutte contre l'extrême droite aujourd'hui qui est nécessaire.
- Speaker #0
Comment, dans une telle continuité de maire, vous arrivez à quand même faire de la démocratie locale ?
- Speaker #2
D'abord, on n'a jamais connu une crise démocratique en France comme on connaît aujourd'hui. Et particulièrement depuis dix ans et l'arrivée de Macron au pouvoir. D'abord parce que je crois que le système politique dans lequel on vit était déjà malade. Mais là, on est au bout et Macron l'a renforcé, cette crise, puisqu'il veut supprimer les corps intermédiaires, les syndicats, les partis politiques, les élus locaux. Bref, tout ce qu'il fait. le corps social historique de ce pays, dont les collectivités, les communes sont partie prenante. D'ailleurs, on est plébiscité, nous, les maires, pas parce que je vous dis pas ça, parce que j'ai envie qu'on soit plébiscité, mais on est aujourd'hui dans la proximité, on est à portée d'engueulades. Et je crois que c'est ça aussi la capacité de faire de la démocratie, c'est être auprès des gens et de faire avec les gens. Alors nous, on développe un certain nombre d'outils. Il fut un temps et ça a été inscrit dans la loi. On les avait créés avant. Il y a les conseils de quartier, les commissions municipales ouvertes à l'ensemble des habitants. Dans la programmation culturelle, je le disais tout à l'heure, maintenant, on a 20% de la programmation qui est faite par les gens et par un comité d'usagers. On a développé maintenant les budgets participatifs. Ça, c'est tous les outils qu'on peut permettre de développer pour développer la démocratie et la participation des habitants. Et puis, il y a la capacité des élus à être présents sur le terrain, à écouter, à faire avec. C'est faire avec les associations. On a plein d'associations et on les aide massivement financièrement, mais aussi en aide en nature, en prêtant des cars, des moyens matériels pour qu'elles permettent de développer leurs activités, permettre le débat public, favoriser la liberté d'expression au moment où on interdit les uns ou les autres, parce que la société est très cristallisée. Nous, ici à Fontenay, on permet... la liberté d'expression tant qu'elle respecte la loi. À partir du moment où ça respecte la loi, on permet aux uns aux autres, même si on n'est pas d'accord, on permet la liberté d'expression. Je crois que c'est ça aussi, faciliter la démocratie. Et puis, en allant se confronter aux habitants, moi, je n'ai pas peur d'avoir des débats publics, des réunions publiques, à recevoir les habitants collectivement ou individuellement, à habiter avec eux. Moi, j'habite dans l'un des quartiers les plus populaires de la ville, mes enfants vont aux écoles publiques. Donc, je vis aussi, et les élus de cette ville vivent ce que vivent les gens. C'est important. je crois, et c'est une manière de vivre la démocratie au quotidien, sans démagoger, en toute simplicité, ce que je vous dis là. C'est aussi ça, faire de la démocratie au quotidien. C'est aussi aller voir les politiques publiques que l'on mène. Moi, j'aime bien me déplacer, aller voir les agents, évidemment, puisqu'on a près de 200 métiers sur la ville, donc c'est bien d'aller voir ce que font les agents, mais c'est aussi aller me déplacer sur les classes de découverte, dans les spectacles, dans les colos, à la restauration collective, chez le producteur de la restauration collective, bref, dans tout un certain nombre de politiques publiques. qui font notre politique publique, ça permet de savoir en parler. Ça permet de sentir, parce que comme je vous le disais tout à l'heure, l'administration, les techniciens, les sachants, ils savent faire leur métier. D'ailleurs, on les recrute pour ça et il n'y a pas besoin d'élus pour leur dire ce qu'ils doivent faire. Par contre, nous, on a besoin de sentir pour se dire, est-ce qu'il ne faut pas réorienter notre politique publique ? Est-ce qu'elle répond bien aux besoins de la population ? Et ça, là, nous, c'est notre job quotidien.
- Speaker #0
Donc, en 2016, vous succédez au maire précédent. Comment ça se passe ? Ce relais ?
- Speaker #2
Écoutez, ça se passe assez vite, puisque les choses se font entre février-mars et je suis élu en mai. Donc voilà, je crois que Jean-François Voguet avait décidé de faire valoir ses droits à la retraite. Et on était deux ou trois à pouvoir avoir la capacité de devenir maire. Et donc, il y a eu des échanges. Et puis voilà, je crois que... J'en avais la capacité, l'envie, ça aurait pu être d'autres, c'est tombé sur moi et j'en suis à la fois fier et en même temps je vois la tâche qui est la mienne aujourd'hui, c'est une responsabilité de devenir maire, c'est porter l'avenir d'une ville qui a une histoire et donc c'est une responsabilité importante puisqu'on a le devoir de faire aussi bien que ses prédécesseurs. J'ai la chance d'avoir un collectif d'élus dans mon groupe d'élus, mais aussi dans la majorité municipale, très investi, attaché à l'union, dans lequel j'ai confiance, mais ils ont confiance aussi en moi, c'est un partage. Je délègue beaucoup, l'équipe s'est renouvelée en 2020, mais dans cet état d'esprit-là. Et je crois qu'on fait un travail remarquable dans la diversité des groupes. politiques qui composent la majorité, mais il y a toute la gauche qui est présente du NFP. Du coup, c'est à la fois passionnant, difficile, mais je crois qu'il n'y a pas mieux que s'écouter et construire des projets collectifs avec d'autres. C'est une tâche que je fais au quotidien avec engagement, détermination, mais avec beaucoup de responsabilités.
- Speaker #0
En 2020, vous faites cette fois campagne. Pour la première fois, vous, en tant que tête de liste, et vous l'avez dit avec l'Union de la gauche, comment ça s'est fait ? Est-ce qu'au débat, il y avait plusieurs listes et après, il y a eu des négociations ? Ou est-ce que dès le début, vous êtes parti dans cette logique collective ?
- Speaker #2
Ma culture politique franconaisienne, emprunt évidemment de mes prédécesseurs, mais aussi parce que j'ai grandi dans cette ville, a été tout de suite de dire, il faut rassembler... le plus largement possible, la gauche et les écologistes, comme ça a toujours été fait depuis 1965 dans cette ville. Donc j'ai porté, évidemment, cet esprit-là et ce message-là tout de suite. On était dans un moment politique où j'avais fait aussi des gestes en direction des autres groupes politiques de la gauche et dans la gestion. Et je crois que j'avais aussi peut-être fait le travail qu'il faut pour que ma personnalité soit suffisamment rassembleuse pour porter... Le leadership, il y a forcément toujours des négociations, mais le rassemblement s'est imposé de lui-même, et ça s'est fait dans des bonnes conditions. C'est l'état d'esprit dans lequel je suis aujourd'hui, et dans lequel on travaille activement aujourd'hui. J'espère qu'on aboutira, comme à son habitude, il y a des échanges entre les différentes composantes de la majorité, mais qui avancent bien, et je n'ai pas de doute que nous ferons comme nous avons l'habitude de faire dans cette ville. Nous partirons dans l'unité. En tout cas, c'est ce que je souhaite. Parce que là aussi, collectivement, nous avons une responsabilité vis-à-vis des habitants à Fontenay, mais aussi ailleurs, puisque c'est quand même Fontenay, une ville importante. C'est une des 100 villes les plus importantes de France. Et c'est aussi le message qu'on doit renvoyer en dehors. C'est un message d'unité face à la droite et à l'extrême droite pour avoir des points d'appui pour d'autres combats demain. C'est important que pour Fontenay, on continue de... de porter ce message-là, mais aussi pour envoyer un message ailleurs, parce qu'on aura d'autres combats à mener quand on voit la montée de l'extrême droite aussi forte dans le pays.
- Speaker #0
En implémentant l'union de la gauche dans votre ville, ça vous arrive d'être déçu par ce qui peut se passer au niveau national ?
- Speaker #1
Déçu, voire même plus. Je vous ai dit tout à l'heure que j'étais emprunt de la culture sud-américaine, qui n'est pas parfaite. Mais eux, ils ont vécu, je pense notamment au Chili. ils vivaient un moment de démocratie extrêmement important avec Allende, et puis du jour au lendemain la dictature est arrivée, ils n'ont pas vu ça venir, donc il faut qu'on se souvienne nous en France que ça n'arrive pas qu'aux autres, et donc on a une responsabilité à un moment donné, évidemment, qui est du débat, c'est le jeu démocratique, mais on doit se donner les conditions au niveau national de se rassembler, et pas le rassemblement pour le rassemblement, c'est le rassemblement sur un projet construit, débattu. pour transformer la vie des gens, pour répondre à l'urgence climatique. Mais on a le devoir de se rassembler in fine. Et oui, déçu parfois, mais surtout triste, parce que ce n'est pas pour moi que je suis triste, c'est pour mes enfants et pour les gens. On ne peut pas se permettre aujourd'hui d'être divisé, de penser à soi, qu'il y ait des ambitions en politique, ça fait partie du jeu. Mais on doit avoir un esprit de responsabilité, parce qu'au bout... Eh bien, être responsable politique, c'est savoir à quel moment on doit penser à avoir de l'ambition. Et puis, à un moment donné, se dire à quel moment on doit jouer collectif. Et c'est une nécessité. En tout cas, moi, j'oeuvrerai là où est ma place, là où je pourrais, pour que dans les assurances futures, on aille vers ce chemin-là qui me semble nécessaire pour l'avenir de nos enfants, les miens en particulier, mais l'avenir du pays, voire du monde.
- Speaker #0
Quelle méthode pour faire l'union ? vous avez pu développer à l'échelle de la ville et qui pourrait être répliquée à une échelle internationale ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il faut être modeste. Il n'y a pas de méthode magique, pas de baguette magique. Par contre, se dire qu'on se respecte, on s'écoute, on se fait confiance, ne pas laisser la possibilité qu'on va pouvoir se diviser, je pense que ce qui nous rassemble, toujours. est plus important que ce qui nous divise. Après, qu'il y ait des points de désaccord, c'est la vie. Et puis, s'écouter, parfois on change aussi d'avis, on évolue. Et je pense que c'est la meilleure méthode pour y arriver. Après, je pense qu'il faut surtout éviter d'avoir une méthode qui, à la fin, pense qu'à soi et qu'à la fin, ça ne marche pas. Je pense que moi, sans être naïf, il y a toujours une méthode pour trouver le bon chemin de l'unité. Après, c'est les électeurs qui choisissent. Mais il n'y a que des bons chemins pour mener à l'unité. Il faut se donner les moyens et avoir l'envie d'aller vers l'unité. Là encore, je ne parle pas d'unité au rabais. Je parle d'unité sur le fond pour transformer la vie des gens. Mais je pense que quand on le veut, on peut.
- Speaker #0
Donc, vous êtes élu en 2020 avec 57% des suffrages et il me semble 60% de taux d'abstention. Comment vous expliquez ce si fort taux d'abstention à ces élections ?
- Speaker #1
On a un taux d'abstention beaucoup moins important qu'ailleurs. Mais voilà, Covid, on a vu que depuis les élections qui ont suivi, on a été revenu à un taux quand même assez important de participation. Donc voilà, il faut toute proportion garder. L'impact du Covid, il était là. les résultats électoraux des dernières années montrent qu'on est à peu près dans le même étiage qu'à ces élections assez particulières, qui étaient dans un contexte particulier. Bon, ça arrive, j'ai été élu au premier tour à 57%. D'autres n'ont pas eu cette chance-là d'avoir été élu au premier tour et pas de faire ce score-là. Vous l'avez rappelé, c'était la première fois sur mon nom que j'étais élu et que je portais la liste. Donc je pense que c'était un sacré pari. Maintenant, il faut confirmer dans les prochaines séances. En tout cas, j'y travaille. Mais je crois que ça fait la démonstration que l'unité, ça marche.
- Speaker #0
Aujourd'hui, cinq ans plus tard, j'aimerais bien savoir, parce que vous parlez beaucoup de responsabilité, si pendant ces cinq ans en tant que maire, il y a eu des anecdotes, des événements marquants qui ont pu vous rappeler cette responsabilité ?
- Speaker #1
D'abord les 50 crises qu'on vient de vivre. Quand on mange la crise du Covid et qu'on est élu, mais en même temps on ne sait pas ce qui va se passer et qu'on doit gérer la crise, alors au moins j'étais élu et j'étais sortant. On a vécu... Les 6 à 8 semaines qu'ont suivi le confinement de manière un peu dingue. Et puis les deux ans qu'ont suivi avec confinement, déconfinement, mesures sanitaires. La crise de l'énergie derrière, qui a des impacts sur nos budgets, sur nos politiques publiques, sur les gens. Comment il y a des gens qui n'avaient plus les moyens de payer leurs charges locatives. Les émeutes. même si on n'a pas été touchés massivement quand même. Et puis tout événement dramatique qui peut arriver. Donc à chaque fois qu'on est dans ces moments-là, on sent la responsabilité qu'est la nôtre. On doit tenir la barre et même dans la tempête, même quand ça tangue, nous on n'a pas le choix, on ne doit pas flancher et on doit être les premiers de tordé et on doit tenir pour les gens, mais aussi pour la responsabilité qu'est la nôtre, pour la ville. pour le pays. Quand on est responsable politique et quand on est à la tête d'un exécutif, c'est toute la responsabilité qu'on doit mener. Après des anecdotes, depuis 10 ans, j'en ai plein, mais qui sont heureuses comme malheureuses. Je dis souvent, quand on est maire, on doit avoir deux qualités. On doit être empathique, donc aimer les gens, savoir les écouter, et puis on doit être curieux. Et s'il y a bien une fonction qui permet de découvrir des milliers de choses, des milliers de gens, c'est bien d'être maire. Et donc quand on est curieux, on peut évidemment, les gens se confient sur leurs difficultés, des choses terribles. Et puis en même temps, on peut aller visiter une entreprise sur une niche qui fait des éponges qui vient de je ne sais pas où, rencontrer un super photographe qui fait toutes les plaquettes de rap, se retrouver au marché de Rungis à 3h du matin pour aller visiter le marché, rencontrer le pape comme je l'ai fait il y a quelques jours à l'invitation de l'évêque. Je me retrouve avec le patron de la Société Générale, qui ont un de leurs sièges ici. Et puis, vous vous retrouvez aussi avec les gens de votre quotidien, qui sont le copain d'enfance, le SDF, la personne de ma logement, celle qui a des difficultés sociales fortes, des jeunes qui sont confrontés à des difficultés, qui n'ont pas de travail, bref. C'est aussi ça, la fonction d'être maire, et qui fait que c'est passionnant.
- Speaker #0
Vous avez parlé au début de l'interview du fait que vous aviez une certaine éducation religieuse. Là que vous veniez de rencontrer le pape, mais aussi beaucoup d'empathie. Est-ce que cette spiritualité, elle est importante pour vous dans votre fonction ?
- Speaker #1
Non, je pense qu'elle m'a donné des bases pour être très à l'aise avec le fait religieux. Et dans une ville comme Fontenay, où il y a quatre églises, trois synagogues, trois mosquées, et beaucoup de non-croyants. C'est ça la laïcité d'ailleurs, c'est avoir cette capacité à être à l'aise avec l'ensemble de la diversité religieuse ou non-religieuse du pays. Et donc oui, effectivement, je suis très à l'aise avec le fait religieux. Maintenant, est-ce qu'aujourd'hui d'abord, je ne pratique plus, et puis c'est quelque chose dont je ne parle pas beaucoup parce que c'est quelque chose de privé. C'est aussi ça la laïcité. Mais par contre, c'est vrai que je suis très à l'aise avec ces questions-là. Et je trouve que parfois, on a une petite vue de la laïcité. Or, je trouve quelque chose qui fait une spécificité française. Je crois qu'il y a trois pays dans le monde, dont la France, qui ont le concept de laïcité. Ce qui, je trouve génial, puisque ça permet de respecter tout le monde. Et donc, autant les non-croyants que les croyants, dans leur diversité religieuse. Je trouve ça génial. et c'est vrai que ça me permet de parler avec les uns ou les autres de manière très apaisée, de manière très ouverte, très curieuse aussi et donc c'est vrai que ce voyage à l'initiative de l'évêque avec le pape avec le recteur de la mosquée de Créteil et une quarantaine d'élus du Val-de-Marne était un moment de dialogue interreligieux, de connaissance de l'autre de connaissance aussi de la diplomatie par exemple Vatican au moment où il y a la guerre dans le monde, était passionnant
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est la différence ? Est-ce qu'il y a une différence entre l'écologie politique et l'écologie populaire ?
- Speaker #1
Bonne question. En tout cas, je ne sais pas s'il y a une différence, mais moi j'ai essayé de définir ce qu'on faisait ici. D'abord, je pense profondément qu'on ne peut pas être de gauche sans être écologiste et qu'on ne peut pas être écologiste sans être anticapitaliste. Au moins, ça pose les choses. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas être pragmatique et on vit dans un monde et on ne vit pas en dehors du monde. Mais le poser comme tel, c'est aussi remettre en cause un certain nombre de concepts galvaudés et je crois que c'est important de le définir. La deuxième chose, c'est que je crois que l'écologie populaire, c'est dire... L'écologie, ça doit s'adresser à tout le monde. Ça s'appuie sur des services publics très importants et ça s'adresse au plus grand nombre. Et j'essaye de montrer que, par quelques exemples, c'est ce qu'on fait ici à Fontenay, c'est vrai sur la restauration collective, sur le mode de tarification, quotient familial avec les deux premiers quotients où c'est gratuit, les circuits courts, plus de 60% produits bio, le menu de substitution est porté par le service public. C'est vrai sur l'énergie avec la régie publique, c'est vrai sur les questions d'aménagement. Bref, j'essaye de faire la démonstration que finalement, on peut transformer le pays, on peut transformer la vie des gens tout en répondant à l'urgence climatique, en ayant une pensée claire. Et c'est ça que j'appelle l'écologie populaire. Donc si l'écologie populaire, c'est de l'écologie politique, c'est très bien, mais moi, je ne fais pas tant de... Je n'essaie pas d'opposer les uns aux autres. J'essaie de faire ma définition de ce qu'on fait ici à Fontenay de manière empirique, de manière très claire, pour essayer de proposer des solutions qui peuvent être dupliquées ailleurs. Et si ça marche à Fontenay, c'est que ça peut être dupliqué ailleurs.
- Speaker #0
Il y a quelque chose qui m'a marquée aussi dans vos écrits, c'est le fait que vous dites que l'aménagement des villes, aujourd'hui, il est conçu par le capitalisme. J'aimerais bien que vous puissiez expliquer ça. et aussi Quelque chose qui pouvait me paraître un peu contradictoire, quand on dit qu'aujourd'hui il n'y a plus de leviers fiscaux pour les villes, vous disiez que pour que les villes retrouvent une certaine indépendance, aujourd'hui il fallait travailler à l'attractivité économique. Comment est-ce qu'on peut conjuguer le fait d'avoir des aménagements de villes qui soient plus en cas à l'écologie populaire et en même temps travailler à l'attractivité économique ?
- Speaker #1
Sur la question du... du capitalisme dans l'aménagement. C'est l'exemple que je prends sur, par exemple, moi je pense que le concept de l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine était un bon concept de réunir les acteurs, être en mode projet, mettre les moyens sur eux pour rénover un quartier, c'est bien. Sauf que la logique qui a présidé à ça, c'était de remettre sur le marché des territoires et pas de réduire les inégalités. C'est un exemple tout simple pour expliquer comment est conçu l'aménagement au travers simplement de la pensée capitaliste. C'est comment on va chercher à faire des bénéfices, à tirer profit d'un territoire. Or, moi, je pense que l'enjeu n'est pas de tirer profit d'un territoire, mais c'est soit de réduire les inégalités ou comment faire en sorte que chacun ait sa place dans la ville. Pour ça, il faut qu'on casse les logiques du marché. C'est ce qu'on essaye de faire à Fontenay. En ayant des outils, on a une convention avec l'établissement public foncier d'Île-de-France. pour porter les fonciers et racheter des fonciers à des prix acceptables. Ce n'est pas toujours simple, mais c'est ce qu'on fait. On a un outil d'aménagement qui est une société publique locale qui a une concession d'aménagement sur 100 hectares autour de la gare. Pareil, c'est un outil parmi d'autres, mais on n'est pas en dehors du monde. Et donc, par ailleurs, on est dans un monde capitaliste et donc on est obligé de faire aussi avec les logiques du capital. Donc, c'est une bataille, ce n'est pas simple. C'est aussi pour ça qu'on a parfois des choses qui peuvent être contradictoires ou qui viennent s'interchoquer. Mais ceci dit, on arrive autant que faire se peut à construire toujours 30% de logements sociaux. Si on n'avait pas ces outils-là, on n'y arriverait pas. À définir la programmation du type de choses qu'on veut sur Fontenay. Mais évidemment, ça vient se confronter à... On n'est pas le petit village gaulois en dehors du monde, même si on résiste, ça a ses limites. Et sur la question fiscale, si on veut de l'autonomie pour les collectivités, pour répondre aux besoins de la population, ça veut dire qu'il faut, et on veut continuer sur des processus de décentralisation, il faut que nous ayons la capacité de pouvoir lever l'impôt et donc avoir de l'autonomie fiscale. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, ou très peu, avec juste les impôts fonciers, mais ça a une limite puisque ça réduit. l'assiette sur laquelle s'appuie l'impôt. Et en plus, ce n'est pas très juste, puisque tout le monde n'y participe pas. Et l'impôt, la fiscalité économique, notamment des entreprises, elle est en train de s'écrouler. Et en plus, ce n'est pas juste, puisque les entreprises, pour se développer, elles ont besoin des investissements de la puissance publique. Et en même temps, on réduit leurs impôts. Sur une ville comme Fontenay, où il y a beaucoup d'investissements publics en infrastructures au service du développement économique, ce n'est pas très juste. En même temps, avoir du développement économique sur une ville, c'est ce qui permet l'emploi. C'est ce qui permet de faire vivre des commerces. Donc voilà, c'est un jeu d'équilibre. Ou parfois, oui, évidemment, il faut assumer qu'on vit, notamment quand on porte une pensée d'écologie populaire anticapitaliste, on vit avec nos contradictions. Mais moi, je ne suis pas en dehors du monde et j'assume mes contradictions. J'ai grandi dans un quartier populaire où on avait tous des naïs copiés quand on était jeunes. Voilà, je ne suis pas sûr que Nike soit le plus gros, que ce soit si génial que ça, pour là où il fabrique ses chaussures. Mais voilà, on vit tous avec nos contradictions. Ceci dit, il faut essayer de les limiter. Il faut en avoir conscience. Et puis, il faut essayer de structurer une pensée alternative avec des politiques publiques alternatives. C'est ce que j'essaye de faire dans le bouquin et ce qu'on essaye de faire à Fontenay avec l'écologie populaire et les politiques publiques qu'on mène pour transformer la vie des gens tout en répondant à l'urgence climatique.
- Speaker #0
Donc, vous vivez effectivement, on vit dans un monde, vous êtes ancré en ce monde-là. Et notamment, quand vous arrivez à collaborer avec différentes forces politiques de gauche au sein de votre ville, qu'en est-il quand vous devez travailler avec d'autres forces politiques à d'autres échelons de l'intercommunalité, de la métropole ?
- Speaker #1
Eh bien, ça nécessite de défendre les intérêts de sa ville. Écoutez, il faut défendre notre bout de gras, comme on dit. Donc on est avant tout élu au service de sa ville. Et on reçoit des gens qui parfois n'ont pas voté pour nous, qui ne sont pas de la même couleur politique. Et on travaille avec des élus, d'autres exécutifs qui n'ont pas la même couleur politique. Il faut aller défendre nos projets. Donc moi, je n'ai pas d'état d'âme à aller défendre nos projets. S'ils sont légitimes, il n'y a pas de raison qu'ils ne soient pas financés, aidés, à la hauteur qu'ils le doivent l'être. Après, parfois, évidemment, il y a des jeux politiciens qui parfois durcissent. Ces relations, on n'est pas naïf quand on fait de la politique, donc ça nécessite beaucoup d'abnégation, de détermination et de développer des stratégies qui permettent à la fin qu'on soit soutenu. Pas toujours le cas, mais en général, on n'y arrive pas trop mal. Il faut savoir se rendre incontournable.
- Speaker #0
Vous êtes conseiller métropolitain. Ça, c'est un échelon dont je pense que les Franciliens qui font partie de la métropole ont peu conscience de l'importance de ces choses-là. Est-ce que vous, vous arrivez à visibiliser le pouvoir de cette métropole-là auprès de vos habitants ?
- Speaker #1
Moi, je fais partie de ceux qui pensent que, alors qu'on nous a bassinés sur le millefeuille territorial, on nous a rajouté deux échelons, le territoire, qui n'est pas une vraie intercommunalité, puisqu'il n'est pas fiscalité propre, et la métropole. Moi, je pense que ces deux échelons devraient disparaître, et il faudrait revenir aux échelons qu'on avait initialement, et qui existent toujours, mais qui sont un peu dilués. le département, la région et l'État. Par contre, qu'on toilette les compétences des uns et des autres, qu'on redonne de l'autonomie fiscale aux uns et aux autres, oui, ça me semblerait intelligent, mais on n'a pas besoin ni du territoire ni de la métropole pour construire du logement. On a besoin d'un État qui fasse respecter, par exemple, la loi SRU, celle qui oblige les communes de plus de 5000 habitants de construire au moins 25% de logements sociaux, ce que l'État ne fait pas forcément. Il n'y avait pas besoin de construire deux échelons. supplémentaires. La région dont la compétence est plutôt l'aménagement, il n'y avait pas besoin de la métropole pour ça. Quant à la question des territoires, quand on a une ville qui a plus de 50 000 habitants, c'est plutôt des frais supplémentaires et des coûts et du service amoindri du service public amoindri en direction des populations. Donc voilà mon fond de pensée. Je pense qu'il faut supprimer ces deux échelons et revenir à des choses bien plus compréhensibles pour le citoyen lambda qui n'y comprend pas grand chose et qui à la fin vient voir le maire parce que Merci. Celui-là, par contre, il comprend bien à quoi ça peut arriver. Et surtout, il comprend qu'on va pouvoir lui donner soit des clés de compréhension, soit résoudre son problème.
- Speaker #0
Est-ce que pour défendre votre commune, vous aimeriez également être potentiellement élu à d'autres échelons départementaux régionaux ?
- Speaker #1
C'est souvent une question qu'on me pose maintenant. C'est peut-être parce que j'arrive à maturité dans mon mandat d'élu. C'est vrai que j'aime la politique, mais je suis concentré sur mon mandat de maire. J'aime ce que je fais. Il sera bien temps un jour ou l'autre de se poser la question si j'ai envie de faire autre chose, soit comme mandat, soit retourner dans une activité dans le monde du privé. Ça ne me ferait pas peur. J'ai eu une activité de cadre dirigeant dans une autre vie. S'il fallait y retourner, ça ne me dérangerait pas. Je crois qu'il faut se laisser porter par ce qu'on aime faire. C'est la meilleure façon de bien le faire. Par contre, il faut être engagé jusqu'au bout sur la mission dans laquelle on s'est engagé. C'est la tâche que j'ai aujourd'hui et que j'ai envie de poursuivre demain.
- Speaker #0
Vous disiez être arrivé à maturité peut-être. Est-ce qu'on devient un meilleur maire en vieillissant ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si on devient un meilleur maire, mais l'expérience, c'est toujours utile pour mieux appréhender les nombreuses problématiques ou les nombreuses crises auxquelles on est confronté. Et j'en ai parlé tout à l'heure, on n'en manque pas de crises complexes. Donc évidemment, avec l'âge et l'expérience, quand on a vécu des choses difficiles, on s'en sert pour l'avenir, y compris peut-être des erreurs qu'on a pu faire. Après, le fait d'avoir été élu jeune maire, puisque j'avais à l'époque 35 ans, au moins on a beaucoup d'énergie. Et ça permet de faire bouger peut-être les lignes, d'avoir encore plus d'envie au service des gens. Mais en tout cas, l'expérience, c'est toujours utile.
- Speaker #0
Comment vos enfants vivent le fait d'être les enfants du maire en étant à l'école publique de Fontenay-sous-Voix ?
- Speaker #1
Écoutez, je crois que c'est une question qu'avec ma femme, on leur pose souvent. Je crois qu'ils sont fiers, fiers des messages qu'on porte et de ce qu'on essaye de faire au service des autres. Après, ils sont bien insérés dans la vie fontenayienne, ils font du sport. Ils n'ont pas beaucoup de copains dans notre quartier. Pour l'instant, ils le vivent bien. Le jour où peut-être un peu plus tard, à l'adolescence, ce sera un peu plus difficile. Mais ils sont bien dans leur basket, on y est attentifs. Et pour l'instant, ils le vivent plutôt comme une fierté.
- Speaker #0
Parce que votre femme aussi est élue conseillère municipale.
- Speaker #1
Tout à fait. Et puis très engagée dans la vie politique, ce qui nous permet aussi de partager tous les deux la vie politique. Et comme c'est très exigeant et très prenant. Ça nous permet aussi d'échanger et de le vivre de manière très apaisée en famille.
- Speaker #0
Donc les dates, c'est au conseil municipal ?
- Speaker #1
Non, on évite.
- Speaker #0
Est-ce que vous pourriez me dire le projet dont vous êtes le plus fier, que vous avez pu réaliser depuis que vous êtes maire ?
- Speaker #1
Le plus fier ? Il y en a plein, mais les classes à avoir aménagé théâtre au collège Jean Massé. J'en suis fier parce que ça venait accompagner le projet de théâtre et ça peut paraître anecdotique, mais pas tant que ça, puisqu'on joue sur comment les gens vont venir vivre la culture, en l'occurrence des enfants. Le projet juste à côté qu'on va inaugurer le 11 octobre, la nouvelle médiathèque et le nouveau centre de santé, qui sont les deux équipements aujourd'hui les plus visités. par les habitants fontenésiens et la transformation du quartier de la Redoute. Et puis notre restauration collective qui fonctionne comme jamais. Bref, moi je vis ma ville, j'en suis le premier à la porter haut et fort. Et je crois que ce dont je suis le plus fier aujourd'hui, c'est que les gens soient fiers d'habiter dans cette ville, se sentent à l'aise et soient fiers des valeurs qu'on porte ici. L'inclusion, l'accueil, la justice sociale, que chacun se sente à l'aise dans sa ville, qu'on soit petit, jeune, vieux, quels que soient les âges de la vie, trouve son compte, quelle que soit sa revenue, quelle que soit sa culture, sa religion, je crois que c'est ça dont je suis le plus fier aujourd'hui. Je le dois à mes prédécesseurs, je le dois aux habitants, mais c'est ça aussi qui fonde ma responsabilité, c'est continuer à faire de cette ville une ville à vivre. Et ça, je crois que c'est ce dont on doit être le plus fier dans un monde difficile. Une ville où on se sent bien, je crois que c'est important.
- Speaker #0
Et votre plus grand échec ?
- Speaker #1
Vous avez sûrement compris, je suis un passionné, un optimiste. Je ne saurais pas vous répondre. Peut-être aussi parce que ce qu'on peut ressentir comme échec à un moment donné, je vais en faire une force pour demain. C'est aussi ça qui m'anime. je crois que ce qui peut-être ce qu'on peut vivre quand on est maire et élu local dans une ville mixte et où il y a des gens qui souffrent peut-être ce qu'on vit le plus durement c'est de ne pas répondre à toutes les problématiques et à toutes les difficultés des gens parce qu'on aimerait résoudre tous les problèmes donc peut-être que c'est ça, c'est pas un vrai échec parce qu'on ne peut pas répondre à tout mais c'est ce qu'on vit le plus durement parce qu'on aurait envie de... de transformer la vie des gens en permanence et que les gens vivent bien.
- Speaker #0
Alors peut-être votre prochain défi ?
- Speaker #1
Faire en sorte qu'on continue à ce que chacun puisse avoir un toit qui permette de vivre dans les meilleures conditions, soit accéder à un logement, soit avoir un logement décent, qu'il n'y ait plus d'enfants à la rue, et que cette ville reste fidèle à ses valeurs, c'est-à-dire une ville accueillante, accessible à toutes et tous. Et puis une ville où on continue de se sentir bien. Je crois que c'est le plus gros des défis par les temps qui courent.
- Speaker #0
Là, on est six mois avant les prochaines élections municipales. Est-ce que vous vous voyez maire encore longtemps ?
- Speaker #1
En tout cas, je m'y vois encore pour assez longtemps, pour continuer à transformer la vie des gens et pour faire des projets qui vont permettre d'épanouir nos enfants. vont permettre de faire la transition écologique nécessaire à l'urgence climatique et vont nous permettre de vivre encore des moments joyeux. Parce qu'on a besoin de moments de joie, de fraternité. Après, on verra, c'est la vie qui décidera.
- Speaker #0
Et comment vous vous sentez là, avant la campagne ?
- Speaker #1
Je ne me suis jamais senti aussi bien, surtout que ça fait deux ans que je cours intensément, que je cours des marathons, donc je n'ai jamais été aussi en forme.
- Speaker #0
Ça c'est fou, il y a beaucoup de mères qui font des raisons.
- Speaker #1
Parce que le sport, et particulièrement la course à pied, ça détend. Et en plus, le sport c'est bon pour la santé.
- Speaker #0
C'est une leçon à tous les futurs. Et sinon, est-ce que vous auriez un conseil à donner à un jeune qui souhaite se présenter aux prochaines élections municipales ?
- Speaker #1
Il faut toujours croire en soi, ne pas avoir peur d'être curieux, d'ouvrir les portes. Et d'où qu'on vienne, qui qu'on soit, on a toujours une chance. Donc, il ne faut pas avoir peur d'ouvrir les portes.
- Speaker #0
Croyez en vous et faites des marathons. Merci beaucoup, monsieur le maire.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Avant de se quitter, un dernier mot. Jean-Philippe Gautret a publié en 2024 le livre « Fontenay sous bois, un territoire d'écologie populaire » dans lequel il développe sa vision de l'écologie, une écologie ancrée dans le quotidien, portée par les services publics et pensée à partir des réalités sociales. Bref, un ouvrage qui prolonge beaucoup de réflexions abordées dans cet épisode. Et puis, à quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, cet échange rappelle aussi une chose essentielle. La démocratie locale se joue d'abord dans les urnes. Voter, c'est choisir une équipe, un projet, une manière de faire vivre sa ville au quotidien. A bientôt, dans une prochaine vie de mère, et surtout, allez voter !
- Speaker #1
Vous avez écouté ce podcast jusqu'au bout, alors on imagine qu'il vous a plu.
- Speaker #0
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