- Speaker #0
Bonjour, bonsoir à toutes et tous et bienvenue dans Virage à l'Ouest, le podcast qui explore les trajectoires de vie et les tournants professionnels des Rochelais et des Charentais maritimes. Je suis Paul Petitjean et j'accompagne chaque jour ici à La Rochelle les personnes en quête de sens qui se posent des questions sur leur avenir professionnel ou qui ont besoin d'aide pour aborder un virage. Et cette semaine, mettez vos ceintures. accrochez-vous bien et j'espère que personne n'a le mal des transports parce qu'on s'apprête à emprunter un chemin sinueux. Le début du trajet de mon invité s'apparente toutefois plus à une ligne droite sur une autoroute. Diplômée dans le commerce international, elle commence par occuper des postes divers dans les achats et le marketing. Un début de parcours somme toute classique, bien que brillant, au cours duquel elle occupera des postes à responsabilité important ou du moins qu'on qualifie d'important dans le monde corporate. Et puis, quand on est sur l'autoroute, il y a toujours un moment où il faut en sortir. Et c'est là que les virages se multiplient. conseillère municipale de la ville de La Rochelle, fondatrice des Ecologites, des lieux de vacances respectueux de l'environnement, et aujourd'hui scénariste de bandes dessinées notamment. Cette sortie d'autoroute est sport. Mais finalement, est-ce qu'il n'est pas plus agréable de rouler à vélo sur une route dont les paysages changent à chaque virage, plutôt qu'en voiture sur ces voies rapides et relativement droites dont on ne peut s'échapper que tous les 20 kilomètres ? Réponse dans cet épisode avec mon invitée, la scénariste de bandes dessinées Lux. Bonjour Lux.
- Speaker #1
Bonjour Paul.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Ça va super, en forme. Merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Cette petite présentation te va, ça te convient ?
- Speaker #1
C'est nickel. Ouais,
- Speaker #0
j'ai fait une petite analogie avec le monde de la route.
- Speaker #1
Ça marche super bien.
- Speaker #0
C'est le langue que j'ai trouvée, voilà.
- Speaker #1
J'aime beaucoup la métaphore.
- Speaker #0
Parfait. Bah écoute, donc comme j'ai dit, tu... Début de carrière, somme toute classique, même s'il y a quand même un fort aspect international, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, ça a démarré parce que j'aimais beaucoup parler des langues étrangères. J'avais beaucoup voyagé quand j'étais plus jeune et c'était une espèce de passion qui m'est venue. Donc j'ai appris plusieurs langues et j'ai voulu en faire quelque chose avec mon travail.
- Speaker #0
Depuis très jeune, tu as cet attrait pour les langues ?
- Speaker #1
Oui, depuis peut-être le début du collège.
- Speaker #0
Tu viens d'un contexte international, dans ta famille ou quoi ? Ou pas du tout ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Par contre, j'ai beaucoup voyagé avec mes parents.
- Speaker #0
Donc, ça t'a ouvert à d'autres cultures, quoi ?
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que tu avais un métier rêvé quand tu étais enfant ? Est-ce que tu te rappelles ? Est-ce que tu voulais faire quelque chose de spécial ou pas ?
- Speaker #1
Oh là là, rien à voir. Je me rappelle, j'ai voulu être... J'ai voulu être vétérinaire. pour aider les animaux mais quand j'ai vu qu'ensuite il fallait leur faire des piqûres c'était pas possible j'ai voulu être boulangère pour pouvoir manger toutes les sucreries que je pouvais j'ai voulu être serveuse de cantine ça ça remonte vraiment peut-être primaire maternelle
- Speaker #0
parce que ça avait l'air facile ok d'accord en fait il y avait beaucoup cette volonté de prendre du plaisir de manger ou de la facilité le truc de prendre du plaisir
- Speaker #1
Oui, voilà. Et la facilité, ça n'a pas du tout été ce qui s'est passé ensuite.
- Speaker #0
Oui. Dans les études, tu veux dire ? Ça n'a pas été facile ?
- Speaker #1
Plutôt dans les choix de carrière, parce que j'avais toujours envie d'aller plus loin, de faire mieux. Donc, j'ai toujours choisi de la voie de l'effort.
- Speaker #0
Et du coup, les langues, c'est une orientation que tu trouves très rapidement. Du coup, dès le collège, tu te dis, il faut que je fasse quelque chose dans les langues ?
- Speaker #1
Oui, parce que du coup, j'étais très bonne en anglais. Et donc, je me suis dit, c'est facile, je vais apprendre l'espagnol et l'italien. Puis, j'ai fait de l'arabe aussi. Et du coup, j'ai fait une fac de langue. Mes premières études, j'ai fait une fac de chinois.
- Speaker #0
Premières études, parce qu'il y en a eu plusieurs, du coup.
- Speaker #1
Ensuite, oui, j'ai repris mes études plusieurs fois pendant ma carrière. J'ai un master en chinois. J'ai travaillé ensuite à peu près deux ans dans le commerce international. Et puis j'ai été confrontée très vite à un espèce de plate-fond de verre puisque je sortais de l'université et les écoles de commerce en face, je voyais des différences de salaire, des différences d'opportunités. En gros, je voulais devenir acheteuse et on m'a dit que non parce que je n'avais pas le diplôme ni l'expérience. Donc j'ai repris mes études, j'ai fait une école de commerce, j'ai fait un master en achat et supply chain.
- Speaker #0
J'ai vu à l'étranger, je crois, ce que j'ai vu sur ton parcours.
- Speaker #1
Alors effectivement, une partie, j'ai fait une licence de chinois à la Rochelle et ensuite je suis partie faire mon master de chinois en anglais. et aussi en Chine.
- Speaker #0
Pourquoi le chinois en particulier ? Est-ce qu'il y a une raison particulière ou pas forcément ?
- Speaker #1
Alors, je voulais continuer l'arabe et mon père m'a influencée. Il me dit quand même, tu vois, il y avait la guerre en Iran, je crois, qui avait démarré à ce moment-là. Mon père m'avait fortement... orientée vers quelque chose qui a été un peu plus tendance. Tout le monde parlait du chinois, tout le monde disait que c'était l'usine du monde. À ce moment-là, je pense qu'il y avait une espèce de mode. Et donc, je me suis dit, allez, je vais faire du chinois.
- Speaker #0
Langue difficile à apprendre ou pas ?
- Speaker #1
Alors, pour moi, non.
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #1
Une fois...
- Speaker #0
Je ne connais pas du tout, c'est pour ça que je te demande. Je n'ai aucune notion.
- Speaker #1
En fait, une fois que tu as compris comment ça fonctionne, ce n'est pas très compliqué. Elle écrit, il y a des systèmes de clés. Et une fois que tu les connais, en fait, il suffit d'apprendre par cœur et comment ça s'emboîte et c'est assez facile. Par contre, il faut retenir un certain nombre de caractères, plusieurs milliers pour avoir la capacité de converser.
- Speaker #0
C'est plus l'écriture alors qu'il est compliqué, c'est ça ?
- Speaker #1
Alors, ben non, moi je trouve que c'est du coup l'oral qui est compliqué parce que l'oral... Il y a un système de ton, c'est-à-dire en fonction de la façon dont tu prononces une même syllabe, ça ne va pas vouloir dire la même chose. Ouais,
- Speaker #0
donc il ne faut pas se tromper.
- Speaker #1
Il ne faut pas se tromper.
- Speaker #0
Sinon, ça peut avoir des conséquences assez radicales.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok, et donc, alors après l'obtention de ce master, donc tu te lances dans la vie... Je disais classique, même si ce n'est pas forcément classique, tout le monde ne fait pas ça, mais classique de quand on a une formation en école de commerce, tu rentres dans le monde de l'entreprise, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça. En tant qu'acheteuse, du coup, après mon master en achats, tout de suite, je suis allée dans les achats. Et là, j'ai une carrière assez classique que j'ai déroulée dans des grosses entreprises. Achats, responsable achats, process, finance, marketing.
- Speaker #0
À ce moment-là, du coup, quand tu débutes un petit peu dans ce monde-là, est-ce que tu te sens à ta place ? Est-ce que tu te dis « je suis sur la bonne voie » ou est-ce qu'il y a déjà des petits signes de se dire « je ne suis peut-être pas forcément au bon endroit » ?
- Speaker #1
Non, je ne me suis pas posé cette question de me sentir à ma place ou pas. Je pense que j'étais bien. Au tout début de carrière, avec les premiers stages, j'essaye d'apprendre les codes, donc ça c'est une chose, mais une fois que j'avais compris à peu près comment ça fonctionnait, j'ai assez bien navigué dans ce milieu. J'ai aimé ça, j'ai aimé ce que je faisais, beaucoup.
- Speaker #0
Très bien, t'as aimé quoi dans ce métier-là ? Le côté international ?
- Speaker #1
Alors, oui, forcément, parce que j'ai travaillé avec beaucoup de pays un peu partout dans le monde. Mais il y avait aussi la gestion de projet. J'étais dans les achats d'emballage et de marketing, beaucoup. Et donc, c'était travailler pour créer des produits ou pour optimiser des services. Et alors, moi, optimiser, créer de la valeur, j'adore ça.
- Speaker #0
D'accord. Mais parce que... Alors, du coup, je te posais la question, est-ce que tu te sentais à ta place ? Parce que j'ai vu que... Alors, c'est une interprétation totalement subjective que j'ai en... que j'ai eues en regardant ton parcours sur ta page LinkedIn, tout simplement. Au tout début de parcours, j'ai noté quand même qu'il y avait eu plusieurs expériences, petites expériences. Donc, est-ce que c'était parce que tu n'arrivais pas à trouver ta place ou est-ce que c'était voulu de ta part d'expérimenter dans différentes sociétés ?
- Speaker #1
Alors, avec le recul, je peux donner une réponse un peu plus complète. À l'époque, je faisais de l'intérim. Et en fait je cherchais un CDI au départ Et je pense que j'ai eu beaucoup de pression de la part de ma mère Pour avoir un CDI, pour avoir de l'argent sécurisé Le problème c'est que les peu de postes en CDI qu'on m'a proposé Étaient soit très mal payés, soit vraiment ça ne me donnait pas envie du tout Et en fait j'ai compris que l'intérim payait beaucoup mieux Que j'avais plus de liberté de choix et ça me permettait de tester beaucoup plus de choses.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire, ouais. Souvent, l'intérim, ça permet d'expérimenter et de toucher à plein de choses différentes.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
D'apprendre, de continuer d'apprendre, en fait. Une dernière petite question sur cette première partie de carrière qui se passe sur Paris, il me semble, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, majoritairement, mais aussi en Angleterre.
- Speaker #0
Et en Angleterre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
OK. Et toi, t'es originaire d'ici, de La Rochelle, de base ?
- Speaker #1
Je suis le poitier.
- Speaker #0
OK, de la région, quoi.
- Speaker #1
Je suis de la région et j'ai fait une partie de mes études à La Rochelle, ouais.
- Speaker #0
Est-ce que ça a joué ça le retour dans le coin ? Clairement Alors justement, qu'est-ce qui a fait qu'à un moment tu te sois posé la question ou que tu aies décidé, alors déjà comment ça s'est passé et puis quels sont les éléments déclencheurs qui ont fait que tu as décidé de partir ?
- Speaker #1
Donc, dans les achats, je pense qu'à un moment donné, j'avais quand même fait un peu le tour de la question et je commençais à m'ennuyer sérieusement. Si on va jusqu'au bout, mon expérience en Angleterre où j'ai été manager très vite et j'étais dans une équipe extrêmement exigeante en termes de productivité. Je pense qu'aussi la culture anglo-saxonne là-dessus a influencé, c'est-à-dire tu remplis tes objectifs ou tu t'en vas. C'est vrai, et ça peut être dur à vivre, et j'en ai eu assez parce que j'avais vraiment l'impression d'être pressurisée sur des objectifs qui n'avaient plus de sens pour moi. Donc j'ai décidé d'arrêter, je suis rentrée en France, et en fait là j'ai eu un choc culturel puisque je suis retournée dans les entreprises franco-françaises. où il n'y avait absolument pas de recherche de productivité, ni de management, ni d'amélioration continue, ça a été assez dur. Et donc je me suis retrouvée un petit peu dans l'autre sens en me disant mais je m'ennuie en fait maintenant.
- Speaker #0
D'accord, tu as connu les deux extrêmes un petit peu.
- Speaker #1
J'ai connu les deux extrêmes et du coup j'ai fait un bilan de compétences à ce moment-là pour voir si les achats c'était toujours quelque chose de bien pour moi. Et donc, je me suis retrouvée à faire du management du changement dans les achats, de la mise en place de process, de système d'information, ce genre de choses. Et j'ai fait ça quelques années, mais globalement, ça n'a pas non plus tenu, puisque j'ai optimisé mon poste, et du coup, je me suis mise à m'ennuyer très vite.
- Speaker #0
ok ouais parce que t'avais pu vu que t'avais optimisé le truc t'avais pu de Enfin, un incentive, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Je n'avais plus de challenge. J'avais compris comment tout fonctionnait. J'avais fait en sorte que mes collègues aient moins besoin de moi. Donc, c'était quand même... Je pense que je suis allée vers un peu le bore-out, je pense.
- Speaker #0
Mais dans ces cas-là, pourquoi changer radicalement de métier ? Pourquoi ne pas essayer de retrouver une autre mission dans les achats, par exemple ?
- Speaker #1
J'avais l'impression d'avoir fait le tour. je fous des achats je voyais parce que c'est toujours un petit peu la même chose ce métier une fois que t'as compris le process d'optimisation des coûts des délais, de valeur, de qualité etc bon tu peux changer le produit tu peux changer l'entreprise, tu peux changer les gens mais c'est globalement toujours la même chose donc je pense que c'était ça aussi, j'avais besoin d'apprendre quelque chose de nouveau je savais pas quoi et euh... En parallèle avec mon ex-mari à l'époque, on voulait retrouver une espèce de liberté financière, une indépendance. Et donc, on commençait à regarder l'immobilier pour faire autre chose. Et c'est là où on est tombé en fait sur les gîtes qu'on a achetées.
- Speaker #0
Alors, juste une petite question parce que du coup, tu parles de la pression des résultats et tout ça. alors je pense qu'il y a une question qui est importante parce que On voit bien ce que peuvent être des objectifs quand on est commercial, par exemple, c'est de vendre le plus possible. C'est quoi les objectifs quand on est acheteur ? C'est de faire le plus d'économies possible ? Oui,
- Speaker #1
c'est exactement ça. Mais sans perdre la qualité, le délai, tous les autres indicateurs qui permettent de maintenir le niveau de service ou de produit de ce que tu achètes.
- Speaker #0
Donc c'est un peu... Mettre la pression sur les fournisseurs pour qu'ils baissent leur prix ?
- Speaker #1
Sur les fournisseurs, mais aussi sur les usines de production, par exemple, en disant, écoutez, si on change ce réglage-là, peut-être qu'on va gagner des sous. Ça va être terrible comme métier.
- Speaker #0
Ça veut dire essayer de trouver vraiment les petits trucs qui font...
- Speaker #1
Moi, j'adorerais ça.
- Speaker #0
Oui, c'est très bien. Oui, moi, je trouve ça terrible parce que c'est moi, je suis comme ça. Mais oui, je suis sûr qu'optimisé. Et tout ça, ça doit être intéressant, effectivement.
- Speaker #1
C'est très intéressant, sauf que t'arrives à un moment, t'es en haut de... Enfin, t'arrives un peu au maximum de ce que tu peux faire, et donc tu vas fournir un niveau d'effort pour des miettes. Et donc tu peux plus faire grand-chose, en fait. C'est souvent comme ça que ça se passe, en général. Et donc t'as des services qui sont pas matures du tout, et là tu peux faire plein de choses, tu peux t'amuser, et t'as des services qui sont très matures, et là, pour aller... Gratter de la valeur.
- Speaker #0
Oui, c'est deux métiers et deux personnalités différentes qu'il faut à ces postes-là quand on a un service achat qui est déjà bien rodé et au contraire quand on a un service achat qui ne fonctionne pas encore de manière optimale.
- Speaker #1
Alors j'ai fait les deux et j'ai commencé par le plus optimisé. Ce qui, je pense, était une bonne chose. Et c'est là où, justement, si on a des gens qui ne comprennent pas bien la démarche achat, ça peut devenir compliqué quand on arrive de l'autre côté où il y a encore tout à faire. Donc, il faut réussir à convaincre en interne. C'est effectivement... Le métier,
- Speaker #0
c'est un peu différent.
- Speaker #1
C'est une autre démarche.
- Speaker #0
Ok. Alors, revenons-en à... Donc, le départ, on est vers quelle période là, à peu près, en termes d'années ?
- Speaker #1
Donc, la fin, on va dire la première partie de ma carrière, les achats, etc. On est en 2018. Ok. Oui.
- Speaker #0
Et vous achetez avec ton ex-mari des gîtes tout de suite ou d'abord un ?
- Speaker #1
En fait, on tombe sur une maison qu'on retape. Et donc, c'est là où on achète l'ensemble. Il y avait un truc avec cet endroit qui était incroyable. Il y avait une base, un grand jardin. Il y avait... On était dans une démarche écolo aussi. Il y avait des panneaux solaires, il y avait une pompe à chaleur. Il y avait une vraie opportunité de faire quelque chose. Et donc, il y avait... On a fait les 4 gites directement.
- Speaker #0
Les 4 gites au même endroit, en fait, c'est ça ? Au même endroit,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Et le côté écolo, du coup, parce que du coup, comme je disais dans l'intro, ce sont des gîtes qui sont vertueux en termes d'écologie, c'est ça ?
- Speaker #1
En tout cas, au maximum de ce qu'on a été capable de faire, oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et ça, c'est un sujet sur lequel tu es sensible depuis toujours ?
- Speaker #1
Pas du tout.
- Speaker #0
Non, ok.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a eu une autre démarche qui est arrivée en parallèle. Il y a eu un moment où... Je me rappelle très bien, j'étais une très mauvaise cuisinière et puis il y a eu un déclic où j'ai commencé à chercher pour essayer de m'améliorer et en cherchant un peu sur internet, je commençais à découvrir l'alimentation bio. Et puis après ça s'est déroulé sur le zéro déchet et puis sur la sensibilisation à l'écologie en général. Et je suis le genre de personne, quand elle creuse, elle va vraiment jusqu'au bout des choses. Et donc, du coup, j'étais allée assez loin et ça a un petit peu chamboulé aussi ma façon de penser, ma façon d'être. Et je pense qu'aussi, ça a d'ailleurs joué sur le fait que je ne voulais plus être dans mon entreprise parce que j'étais en décalage avec l'activité.
- Speaker #0
Parce que du coup, c'est donc un intérêt, un sujet qui te parlait, qui est arrivé vraiment... Au moment où tu as acheté les gîtes, en fait, c'est ça ?
- Speaker #1
Alors, c'était un petit peu avant, mais globalement, oui, ça se correspond. Ça correspond assez bien, ouais.
- Speaker #0
Ok, ok. C'est fou, ça. Enfin, du coup, le projet, au départ, c'était pas forcément de faire des gîtes à résonance écologique, quoi.
- Speaker #1
Au départ, non.
- Speaker #0
Ok. C'est venu petit à petit, au fur et à mesure.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Ok, ok. Et tu, à ce moment-là, donc, tu achètes les gîtes, tu lâches directement les postes en achat ?
- Speaker #1
Comment j'ai fait ça ? Mon ex-conjoint, lui, a trouvé un poste d'abord, puisqu'on était à Paris et donc ça se passait à La Rochelle, les gîtes qu'on a achetées. Donc il a trouvé un poste dans la région et moi j'ai fait un suivi de conjoint.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ce qui nous a permis financièrement d'avoir une vraie sécurité. Donc j'ai démissionné pour faire un suivi de conjoint et j'ai géré toute la rénovation. des gîtes pendant que lui travaillait pour lancer le projet.
- Speaker #0
Qui est un travail en soi aussi, de suivre... Oui,
- Speaker #1
je confirme.
- Speaker #0
Et du coup, en ayant zéro compétence dans le bâtiment ou quoi ? Au moment où tu te lances là-dedans. Ou alors tu connaissais un petit peu.
- Speaker #1
J'avais déjà géré deux rénovations. Mais C'était pas moi qui ai travaillé sur les sujets, j'étais là en tant que... Chef de chantier. Oui, c'est un grand mot.
- Speaker #0
Donc les gîtes s'ouvrent vers quelle période ? Pareil, 2019 ? 2019,
- Speaker #1
juste avant le Covid.
- Speaker #0
Ah oui, ça tombe pas très bien.
- Speaker #1
Pas trop.
- Speaker #0
Ils existent encore ces gîtes ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ils sont où ?
- Speaker #1
Tadon.
- Speaker #0
Il y en a quatre, du coup, c'est ça ?
- Speaker #1
Il y en a quatre.
- Speaker #0
Et là, donc, alors l'ouverture, donc tu commences, du coup, ça devient ton métier à temps plein ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
La gestion des gîtes, l'accueil des personnes, etc., c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça, la création du site web, le ménage, puis l'entretien du jardin, parce qu'on avait 600 m² de jardin, la maintenance, le marketing... Oui,
- Speaker #0
la communication.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Comment tu vis ce... Est-ce que c'est un... un espèce de petit déclic en te disant là je suis bien où je suis finalement j'ai bien fait de quitter les achats ou est-ce qu'il y a quand même un petit peu de regret et de se dire je vais peut-être quand même essayer de retourner dans cette voie là dans la voie des achats ou pas
- Speaker #1
Il y a toujours une petite voix qui s'est dit « Oh la vache, c'est un gros changement. J'ai changé de ville, j'ai changé de métier. Est-ce que je n'ai pas fait une erreur ? » Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Oui, et cette voix, elle existe toujours aujourd'hui. Il ne faut pas se leurrer. Mais en même temps, je me souviens à quel point je m'ennuyais aussi. Donc, je pense qu'il fallait que j'aille de l'avant de toute façon, que j'essaie de faire autre chose.
- Speaker #0
On a toujours cette petite nostalgie quand on quitte un truc, on a tendance à se rappeler souvent effectivement des choses bien, mais on ferait mieux de se rappeler peut-être des fois des choses moins bien pour se dire non non faut pas que j'y retourne.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Du coup alors question importante aussi, ça reste donc un nouveau métier, est-ce que tu t'es formé sur certains aspects, est-ce que tu as été accompagné pour je sais pas... Que ce soit sur la communication, la gestion au quotidien d'un gîte, est-ce que tu as été accompagnée sur ces aspects-là ?
- Speaker #1
Je n'ai pas été accompagnée. Par contre, je me suis insérée dans les réseaux de loueurs du coin. Il y avait quand même de l'activité, il y avait quand même l'office du tourisme qui était là, qui nous portait. Donc si j'avais besoin, j'avais quand même d'autres acteurs avec qui discuter. J'ai quand même lu des choses sur le sujet, mais je n'ai pas été accompagnée formellement là-dessus.
- Speaker #0
D'accord, donc tu as découvert un peu sur le tas.
- Speaker #1
Complètement,
- Speaker #0
oui. En fait, je te demande ça parce que ça implique quand même beaucoup de compétences, que ce soit sur l'aspect financier, l'aspect communication, l'aspect juste rien que tourisme, accueil de touristes, etc. Et donc, tu as un peu découvert tout ça sur le tas.
- Speaker #1
Alors, on va dire oui et non, parce que tout ce qui était communication, marketing, site web, en fait, je savais déjà faire.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et mon ex-conjoint aussi, parce qu'on s'est partagé les tâches quand même. Oui. Même si lui travaillait, il a quand même participé à tout ça. La compta a été déléguée. Et puis assez vite, le ménage a été délégué. Et puis la gestion de l'accueil aussi des clients à la conciergerie.
- Speaker #0
Donc financièrement, ça doit avoir des coûts assez importants. Si tu délègues toutes ces parties-là, ça doit être...
- Speaker #1
Oui, ça grignote la marge. C'était un choix de vie aussi parce que je ne me voyais pas non plus... Moi, j'aimais le projet. Après... Merci. Je ne me voyais pas forcément faire ça tout le temps.
- Speaker #0
Tu savais déjà à ce moment-là que ça n'allait pas être une fin en soi, la gestion de gîtes ?
- Speaker #1
La gestion en elle-même, non. Par contre, avoir ces gîtes et continuer. Oui, ça oui. À partir du moment où tu délègues. Dès le départ, on avait prévu des coups de conciergerie dans l'ensemble du projet. Par contre, j'ai tout fait au départ pour...
- Speaker #0
comprendre les problématiques qu'il pouvait y avoir pour pouvoir les anticiper.
- Speaker #1
Ok, ça marche. Bon et du coup, le virage suivant, c'est la partie mairie, non ? C'est ça qui arrive à quel moment, ce poste de conseillère municipale ?
- Speaker #0
Alors il y a la partie mairie et la partie BD qui sont arrivées à peu près en même temps.
- Speaker #1
Ah ok. Alors raconte-nous comment ça est arrivé.
- Speaker #0
Et c'est aussi un peu un hasard. Ce qui s'est passé, c'est que pendant... Donc du coup, les gîtes ont ouvert un peu avant le Covid. On a dû refermer un petit peu à ce moment-là. Et le temps que j'ai récupéré m'a fait retomber sur un amour d'enfance qui était la bande dessinée.
- Speaker #1
Parce que tu étais une lectrice, c'est ça, assidue ?
- Speaker #0
Une très très grosse lectrice de BD. Et j'ai... J'avais déjà voulu faire de la BD, je me rappelle au collège, ça a fait partie des choses qui me titillaient. J'ai beaucoup écrit, j'écris depuis que je sais écrire. Je participe à des concours de jeunes écrivains. J'ai tenu un petit blog BD aussi, il y a 12-13 ans, je crois, quelque chose comme ça. À l'époque des blogs BD.
- Speaker #1
À l'époque des blogs tout court même.
- Speaker #0
il y avait beaucoup de blog à cette époque là oui certainement et puis en fait comme je ne savais pas dessiner du coup ça m'avait très vite bloqué et j'avais fini par arrêter et mettre de côté et je ne sais pas très précisément je suis tombée sur la pub d'une nana qui te formait à vraiment apprendre le dessin avec un vrai process, une vraie méthode d'apprentissage et pas juste tu as le talent ou tu ne l'as pas ce que j'avais un petit peu en tête Et du coup, j'ai pris cette formation et ça a réveillé quelque chose. Et au bout de quelques mois, je me suis dit, ok, bah oui, en fait, c'est parce que je veux faire de la BD. C'est ce que j'ai toujours voulu. Un petit déclic, quoi. Voilà. C'est ce que je voulais faire avant. Je ne l'ai pas fait parce que... Mes parents m'ont poussé à avoir un vrai travail, de l'argent, etc. Et puis évidemment, la BD, c'est pas un vrai métier,
- Speaker #1
voilà. Oui, dans la tête de beaucoup de gens, effectivement. Dans la tête de beaucoup de gens, absolument. T'as dû aussi te rendre compte, via cette formation ou via ton expérience, que finalement, on s'imagine, parce que c'est du divertissement, on s'imagine que c'est pas un vrai métier, mais finalement, on peut en vivre aussi.
- Speaker #0
Alors c'est un vrai métier par contre c'est très très difficile d'en vivre Il faut être très honnête là dessus
- Speaker #1
Parce que le contexte actuel ?
- Speaker #0
Non Alors le contexte on va dire peut-être des 30-40 dernières années en bande dessinée Un auteur vit Très très mal La plupart sont sous le seuil de pauvreté C'est Assez scandaleux Donc tu peux pas juste faire de la BD Pour vivre aujourd'hui Ça n'a pas de sens Merci. Et tu as quand même quelques auteurs qui en vivent, mais ça représente peut-être 5% de la population. Donc, quoi qu'il en soit, moi, je m'étais dit que je voulais aller dans cette voie, donc j'ai commencé à bosser. Le dessin, le scénario, j'ai continué à prendre des formations, soit en ligne, parce qu'il y en a des très bien qui existent aujourd'hui. Puis j'ai fini, en fait, par refaire une formation professionnelle dans une école de BD qui s'appelle l'école Cézanne à Paris. et en plus j'ai eu la chance d'avoir été financée par Pôle Emploi donc je suis retournée à Paris pendant 6 mois pour pouvoir me former juste pour la formation c'est que vraiment t'es motivée
- Speaker #1
et rien ne pouvait t'arrêter oui en général quand j'ai décidé un truc c'est assez compliqué de m'arrêter et du coup c'est via cette première formation qui a un déclic c'est une formation Si je comprends bien, que tu avais pris un petit peu pour dire, tiens, j'aimerais bien, ça m'intéresserait de voir comment on fait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et au final, tu t'es dit, bah non, mais en fait, c'est ça que je veux faire, quoi.
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est ça. Et puis, en parallèle, donc, il y avait la politique.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Parce que, du coup, j'étais impliquée dans des associations, plutôt avec une démarche écolo, parce que mes gîtes. Et du coup, en étant très impliquée... J'ai eu un chasseur de tête, j'aime bien dire ça, qui m'a repéré et qui m'a dit « Écoute, tu devrais venir aux réunions pour préparer le programme du maire sortant, t'as des idées sympas, etc. » Donc j'y suis allée, puis je connaissais pas du tout, la politique ça a jamais été un sujet pour moi. Je m'intéresse de loin, je vais voter, etc. Mais voilà, j'étais pas très impliquée plus que ça. Et donc... j'y suis allée J'ai rencontré des élus, j'ai discuté avec eux parce que j'étais quand même très curieuse, c'était quelque chose de très nouveau. Et puis parce que j'ai posé plein de questions, je pense du coup ils ont dû se dire, ah bah tiens, elle peut-être que...
- Speaker #1
Elle est intéressée.
- Speaker #0
Peut-être qu'elle est intéressée. Donc ils m'ont rappelé, ils m'ont proposé d'être sur leur liste. Et bon, moi, j'ai répondu, OK, mais ça fait quoi ?
- Speaker #1
C'est pas juste ajouter un nom sur une liste, il y a des trucs à faire derrière.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Puis on m'a rassurée, on m'a dit, t'inquiète pas, on te met en milieu de liste, comme ça, peut-être que tu seras pas élue, si t'es pas sûre, t'as le temps d'y réfléchir. Et puis, je sais pas si tu sais, mais quand t'es sur une liste électorale, si tu te retrouves... Tu es élu en fonction de l'ordre... Il y a un prorata, oui. Il y a un prorata en fonction des votes.
- Speaker #1
Mais du coup, ce qu'on sait peut-être moins, c'est que les listes qu'on voit là, les listes de noms, c'est dans l'ordre de ceux qui... C'est-à-dire si, par exemple, telle liste a six sièges, c'est les six premiers noms qui sont... Oui. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça. C'est les six premiers noms de la liste.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Ou alors, il y a une négociation interne pour choisir telle personne. Mais normalement, c'est les six premières personnes. Oui,
- Speaker #1
donc les listes de noms, c'est dans l'ordre de... J'allais dire d'importance, mais dans l'ordre de ceux qui seront au siège.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Ok. Et finalement, ils te mettent en milieu de liste, mais tu es partie quand même du conseil municipal.
- Speaker #0
Non. Pas tout à fait. Je n'ai pas été élue.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Parce que j'étais en milieu de liste.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, deux ans plus tard, on me rappelle pour me dire, il y a eu des démissions, c'est ton tour.
- Speaker #1
ok ok sauf que là la réaction c'est quoi ?
- Speaker #0
parce que c'est un peu ça arrive soudainement ah bah alors c'est c'est très soudain mais c'est d'autant plus soudain que mais à je crois un jour ou deux près on m'avait validé ma formation pour partir à Paris ah mince ok ah oui d'accord donc moi j'étais en fait je faisais ma vie je dis bon bah j'ai pas été élue très bien voilà je fais autre chose mais bon j'avais organisé quelque chose de différent Oui. Et donc, on m'a dit, mais toi, ce n'est pas grave, on va s'arranger pendant les six mois.
- Speaker #1
D'accord. Donc, tu as quand même pu aller faire ta formation. Oui. Il n'y a pas eu de soucis là-dessus ?
- Speaker #0
Non, ils ont été très bien.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Ils ont été très bien.
- Speaker #1
Alors, beaucoup de questions, du coup, sur le conseil municipal. Et puis, d'ailleurs, c'est aussi le sujet d'une de tes BD que tu m'as apporté. Qu'est-ce qu'on... Alors, déjà, est-ce que... J'ai plein de questions qui me viennent, je n'arrive pas à mettre de l'ordre dans mes idées. Et puis je ne veux pas qu'on tombe dans des trucs. Qu'est-ce qui te frappe déjà en premier quand tu arrives dans un conseil municipal ?
- Speaker #0
Je le raconte un peu dans la BD, il y a une scène là-dessus. Ce n'est pas du tout comme une réunion d'entreprise. Je crois qu'en fait, j'ai fait ce parallèle très fort. Alors, l'ordre du jour déjà est gigantesque, puisqu'on a 30-40 points à voir. Et là, je me suis dit, ça veut dire qu'il y a tous ces dossiers à préparer, à relire, etc. Et en plus, il y a eu des réunions avant pour préparer ce qu'on allait dire au conseil municipal. Donc, pour moi, c'était scandaleux de faire autant de réunions pour dire, ah, à 50 personnes. Enfin, parce que c'est ça aussi. Oui,
- Speaker #1
il y a du monde. Dans une ville comme La Rochelle.
- Speaker #0
Voilà. Et puis ensuite, je vois les gens parler pendant des heures, exposer leur point de vue, etc. Donc là, en fait, je découvre le débat. Ce qui est effectivement très, très différent d'une entreprise où on veut décider de quelque chose tous ensemble. Déjà, en général, il y a deux personnes qui connaissent bien leur sujet, donc elles valident. S'ils ont des questions, ils ont des questions, mais ça s'arrête là, alors que là, on a des gens qui exposent leur point de vue. Et puis comme on est... on est filmé, et puis ça concerne toute la ville, c'est des gens aussi qui défendent, qui n'hésiteront pas à s'étaler au maximum, parce que plus on s'étale en politique, plus on est présent, plus on est présent, plus on se rappelle de toi. Donc c'est...
- Speaker #1
C'est... Ouais, et tu ne maîtrises pas tous les sujets, quoi, donc des fois, ouais, il y a des débats, tu... Et tu dois quand même voter, même si tu ne maîtrises pas le sujet.
- Speaker #0
Après, c'est à toi de bosser au maximum. Oui,
- Speaker #1
d'essayer de comprendre et tout ça.
- Speaker #0
D'essayer de comprendre, mais c'est là où ça devient difficile. Effectivement, tu ne peux pas tout gérer. Donc, il faut accepter de voter aussi sur des choses que tu ne maîtrises pas. Mais toi, tu gères tes propres délégations. Moi, c'était mon cas. Après, c'est aux autres de te faire confiance aussi. Mais sur certains sujets qui sont quand même très stratégiques avec des enjeux importants, on a quand même tous intérêt à comprendre ça. Donc ça, c'est du temps.
- Speaker #1
Par contre, du coup, ça doit t'apprendre aussi à comprendre comment fonctionnent un petit peu toutes les arcanes de la gestion d'une ville. Ça doit être super enrichissant personnellement. Tu dois apprendre plein de trucs, non, je suppose ?
- Speaker #0
C'est passionnant. Oui, complètement. Là, c'est un monde que j'ai découvert. Non seulement t'apprends effectivement la gestion d'une ville, mais tu découvres aussi des gens que tu n'aurais jamais rencontrés autrement. de par tes délégations rien qu'en conseil municipal on est tous extrêmement divers c'est la démocratie en fait c'est qu'on se complète tous les uns les autres et clairement parfois il y a des étincelles et il y a des personnes qui ne s'aiment pas et c'est normal mais du coup d'être obligé d'être ensemble tout ça malgré tout je trouve que c'est une force incroyable c'est la force de mettre en
- Speaker #1
Mettre dans un même groupe des compétences différentes et même des personnalités différentes qui se complètent ou qui se fightent.
- Speaker #0
Oui, il y a des alliances aussi, évidemment.
- Speaker #1
Bon, du coup, bonne expérience, cette partie politique ?
- Speaker #0
Excellente. Très difficile, mais transformatrice.
- Speaker #1
Sur quel point ?
- Speaker #0
Sur une ouverture au monde, déjà. Sur la compréhension de l'importance de la vie politique locale, de la démocratie en général, sur le fait de s'impliquer vraiment dans la vie, au moins dans sa ville, vraiment, même si c'est pas au-delà, c'est déjà beaucoup. Et puis, le regard qu'on a sur soi aussi, parce que moi, je me suis remise en question en permanence, en fait, avec ce mandat. Je me suis vue... Aussi par rapport aux citoyens qui ont une vraie défiance contre nous.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est vrai.
- Speaker #0
La difficulté aussi d'assumer ces points de vue. Quand on parle de courage politique, c'est un vrai sujet. Et pour avoir été dans cette position, c'est très compliqué.
- Speaker #1
Ça a été difficile, parce qu'effectivement, ça allait être une de mes questions aussi. Il y a beaucoup de défiance de plus en plus auprès des politiques aujourd'hui, des citoyens. Du coup, comme tu dis, il faut savoir assumer ses positions. Ça a été compliqué, ça, ou pas ?
- Speaker #0
Oui, c'est compliqué. On peut y arriver. Je pense qu'après, on a tous des capacités plus ou moins importantes à faire ça. Mais il faut effectivement à la fois être capable d'avoir l'esprit ouvert aux nouvelles opinions, à tout le monde, quoi. Et en même temps, être capable de décider et de tenir la route derrière. Et on peut avoir des pressions très fortes.
- Speaker #1
Ouais, être ouverte aux nouveaux opinions, c'était exactement ce que j'étais en train de me dire, parce qu'en fait, il faut aussi être capable de, même des gens qui ont des opinions qui sont complètement à l'encontre de ce qu'on pense, il faut être capable de comprendre pourquoi est-ce qu'ils pensent comme ça, et comment est-ce que je peux lui répondre pour faire passer, moi, mon opinion, et... Enfin, je pense qu'il doit y avoir un travail, vraiment, d'essayer de comprendre d'où vient cette opinion-là qui ne nous ressemble pas, pour pouvoir, après, l'accepter et lui apporter la nôtre, quoi.
- Speaker #0
Alors oui, effectivement, je ne sais pas s'il y en a beaucoup qui vont jusqu'au fait de comprendre. Oui, malheureusement. Malheureusement, mais aussi parce qu'avec tout le travail qu'on a aussi, prendre ce temps-là, c'est quand même difficile. Néanmoins, savoir répondre correctement et savoir prendre en compte tout ça, même si on n'est pas d'accord avec la personne en face, oui, ça par contre, c'est nécessaire, je pense.
- Speaker #1
Et est-ce que ça t'a aidé aussi sur le côté... prise de parole, construire un discours, tu vois, on voit souvent des éléments de langage, des trucs comme ça chez les politiques, est-ce que ça t'a appris un petit peu ça, est-ce que c'était quelque chose que t'avais peut-être déjà en remarque ?
- Speaker #0
Alors oui, non, ça m'a appris effectivement, ça m'a appris ça, quand on est élu, pour information, on a un CPF élu, donc en fait on a le droit des formations, le compte CPF élu et... Il y a des formations spécifiques aux élus. Et donc moi, j'ai été formée à l'art oratoire. Ah, ok. Ah, c'est passionnant.
- Speaker #1
Oui, ça doit être super intéressant.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
C'est d'ailleurs plein de trucs... Je ne sais même pas d'ailleurs, des attitudes physiques ou des petites phrases à dire ou des tournures de phrases qui doivent capter plus l'attention que d'autres et tout ça.
- Speaker #0
Alors oui, sans aller jusque là, parce qu'après ça va être ta personnalité, c'est-à-dire qu'on va te reconnaître effectivement par les gestes que tu fais, t'as peut-être des petites phrases un peu catchy comme ça, mais globalement c'est... Comment convaincre tel auditoire dans tel contexte ? Et quel message tu veux faire passer ?
- Speaker #1
Bon, parallèlement à ça, du coup, tu arrives quand même à faire ta formation et tu te lances en parallèle de la politique dans la BD.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est ça ? Alors, parle-nous un petit peu de ce monde-là, parce que du coup, c'est un monde, effectivement, comme tu disais tout à l'heure, qu'on ne connaît pas très bien. Comment ça se passe les débuts ? Tu fais ça en indépendant ? ou pas, du coup ?
- Speaker #0
La BD, c'est un statut d'artiste-auteur.
- Speaker #1
Ça vaut intermittence, ou pas ? Non,
- Speaker #0
c'est pas la même chose qu'intermittent du spectacle. D'ailleurs, c'est un statut qui est globalement assez critiqué, parce qu'il apporte encore moins de couverture qu'intermittent du spectacle ou autre. Mais en dehors de ça, oui, donc je... Je fais de la bande dessinée en parallèle, c'est encore un nouveau monde, le monde de l'édition, le monde des auteurs. Donc on est des indépendants si tu veux, mais on choisit pas le statut d'indépendant. C'est un monde où tu travailles souvent un petit peu seul chez toi. Moi je n'aime pas ça, donc je suis dans un espace de co-working pour pouvoir travailler, j'ai besoin de gens.
- Speaker #1
Ouais c'est marrant parce que du coup l'image qu'on peut avoir quand on écrit quelque chose, quand on est scénariste... C'est peut-être un endroit calme où il n'y a pas de bruit, etc. Toi, tu as besoin qu'il y ait de la vie à côté pour être inspirée.
- Speaker #0
Alors, pas pour être inspirée. J'ai besoin de gens à côté pour m'aider à réguler, à structurer mes temps de pause. D'accord. Et pour ne pas me dire à la fin de la journée que je n'ai parlé avec personne parce que je ne peux pas. Par contre, j'ai besoin effectivement de calme quand même pour me concentrer quand j'écris. Donc, je me fais des plages horaires où je suis tranquille. Et puis ensuite, je vais rejoindre le monde humain.
- Speaker #1
Bon, donc du coup, quand tu te lances dans la BD, tu obtiens ce statut-là qui est, rappelle-moi...
- Speaker #0
Le statut d'artiste-auteur ?
- Speaker #1
Oui. Donc, le statut d'artiste-auteur qui s'obtient comme ça. Enfin, je veux dire, tu dis, à partir de maintenant, je suis scénariste de BD et ils te donnent le statut...
- Speaker #0
Tu vas sur le site de l'Inpi et tu fais une demande de création de statut et tu peux choisir artiste-auteur à ce moment-là.
- Speaker #1
Et alors après, ça se passe comment ? Parce que... On a l'œuvre finale, on voit tous l'œuvre finale dans les librairies, etc. Mais comment ça se passe, la création d'une BD, du coup ? Par quoi ça commence ? Tu n'es pas dessinatrice, donc il faut aussi trouver un dessinateur, je suppose. Comment ça se passe globalement ?
- Speaker #0
Alors, ça commence par le fait d'avoir une idée.
- Speaker #1
Oui, déjà. Déjà,
- Speaker #0
ce qui est pas mal. D'avoir la capacité de l'écrire dans une histoire qui peut parler. à d'autres personnes. Donc ça peut se mettre sous plein de formes différentes. Et à partir de là, tu vas essayer de vendre ce projet à une maison d'édition. Donc soit effectivement...
- Speaker #1
Alors tu le vends comment ? En faisant des maquettes ?
- Speaker #0
Alors voilà, tu vas préparer un dossier. D'accord. Un dossier de projet. Dans le dossier, tu auras un pitch. un résumé, une note d'intention pourquoi tu veux faire ce projet et tu auras quelques planches de BD plutôt terminées peut-être aussi avec des planches de storyboard pourquoi pas des présentations de personnages et puis une petite bio de l'auteur ou des auteurs et puis ensuite tu vas prospecter les maisons d'édition et tu t'amuses à prendre un certain nombre de refus
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis, à un moment donné, si t'as de la chance, t'as une maison d'édition qui te dit oui, banco. Et puis, bon, comme c'est ta première BD, tu peux essayer de négocier. Je conseille toujours de négocier, même si t'as l'impression que t'as pas trop de marge de négociation. Parce que d'abord, ça...
- Speaker #1
Négocier quoi, du coup ?
- Speaker #0
Ah bah, tu peux négocier le montant de tes avances, le pourcentage de tes droits d'auteur. Mais tu peux aussi négocier toutes les clauses de ton contrat. Et il ne faut pas l'oublier, Sam. En tant qu'ancienne acheteuse, si tu veux, j'ai des réflexes. Oui,
- Speaker #1
tu dois bien connaître tout ça. C'est vrai que, mine de rien, ce parcours... Du coup, tu as le côté... J'étais en train de me dire ça dans ma tête. Je me disais, il y a le côté business, il y a le côté création, il y a le côté politique, il y a du coup... Le côté tourisme, hôtellerie-tourisme. Ça couvre beaucoup de... En compétence, tu dois effectivement maîtriser pas mal de choses.
- Speaker #0
Oui, je pense que je maîtrise pas mal de choses aujourd'hui, peut-être trop. Mais comme tu l'as dit, tu vois, par exemple, je ne sais pas très bien dessiner, et donc j'ai besoin d'un dessinateur pour faire ce travail.
- Speaker #1
Que tu prospectes ? Pour retrouver un dessinateur, ça se passe comment ? Tu connaissais déjà quelqu'un ?
- Speaker #0
Il se trouve que c'est un ami que j'ai rencontré à la formation que j'ai faite à Paris. On est restés en contact. C'est toujours un très bon ami aujourd'hui. Lui, par contre, n'était pas un très bon scénariste. En tout cas, il n'arrivait pas à vendre ses projets de scénario. Donc on s'est retrouvés comme ça. Et c'était parfait !
- Speaker #1
Oui, c'est par réseau. C'est par réseau.
- Speaker #0
Mais clairement, il ne faut pas hésiter. Je vais aussi chercher des dessinateurs.
- Speaker #1
Tout à fait. Je ne sais pas, peut-être que je dis faux, mais ça doit être un petit monde, le monde de la BD, non ? Oui. On doit connaître, tout le monde doit se connaître plus ou moins. En tout cas, savoir quel est le travail d'un tel, d'une telle, etc.
- Speaker #0
Alors il y a quand même beaucoup de BD qui sortent aujourd'hui, de mémoire je crois qu'il y en a 5 ou 6 000 par an, nouvelles BD, donc tu peux pas te connaître non plus, faut pas exagérer, mais quand tu t'y intéresses et quand tu veux vraiment être professionnellement intégré, oui tu finis par connaître les gens assez vite.
- Speaker #1
Ce côté créatif, du coup, parce que là, on est clairement dans le monde de la création. Un projet, comme tu disais, il faut déjà avoir l'idée. Donc, ça veut dire qu'on part de zéro. Il faut tout construire de soi-même. Donc là, c'est vraiment de la création à l'état pur. On part d'une page blanche. Est-ce que c'est quelque chose que tu avais en toi depuis toujours ?
- Speaker #0
Oui, j'ai toujours écrit. Je crois que dès la primaire, j'écrivais des histoires.
- Speaker #1
Et ça ne te manquait pas trop dans ta première vie dans le monde de l'entreprise ? peut-être qu'à l'époque tu t'en rendais pas compte mais est-ce que tu te dis c'était ça qui me manquait c'était le côté un peu créatif partir d'une page blanche oui et non parce que du coup j'ai toujours un petit peu écrit mais on va dire en amateur
- Speaker #0
C'est-à-dire que je gardais... Enfin, ouais, il y a des histoires qui traînent dans mes fonds de tiroirs, qui sont là, et que je pourrais ressortir aujourd'hui. Il faudrait que je les retravaille sérieusement. Et puis, il y a eu ce blog BD aussi qui a été là. Donc, j'ai comblé cette créativité. C'était souvent par vagues. C'est-à-dire qu'il y avait une période, peut-être sur un an, deux ans, je faisais, puis ensuite, j'arrêtais pendant un certain temps. Puis ensuite, je reprenais, puis ensuite, j'arrêtais.
- Speaker #1
Bon. Ok, donc là t'es scénariste de bande dessinée, ou scénariste autrice, tu préfères qu'on utilise quoi comme...
- Speaker #0
Les deux sont très bien, on peut dire scénariste si tu veux,
- Speaker #1
c'est très bien,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Donc c'est scénariste de BD depuis combien de temps là du coup ?
- Speaker #0
Donc là c'est le premier projet qui est sorti en maison d'édition, donc c'est Conseilère Municipale chez Marabout. et c'est un projet qui m'a pris
- Speaker #1
3 ans c'est important à dire ça parce que du coup la BD elle vient de sortir, elle est sortie il n'y a pas très longtemps il y a 2 mois mais c'est une idée que tu as initiée il y a 3 ans pourquoi ça prend autant de temps,
- Speaker #0
est-ce que tu peux nous expliquer alors le découpage est assez facile il y a eu la première année en fait où j'ai commencé à être conseillère municipale Et en même temps, j'ai commencé ma formation de BD et tout le monde m'a dit « Mais c'est ça qu'il faut que tu racontes. Tout le monde a envie de savoir comment ça se passe. » J'avais d'autres projets que j'ai mis de côté d'ailleurs, parce que je sentais bien que c'est celui-là qui parlait à pas mal de monde. Donc le temps de récolter des informations, de vivre vraiment le sujet, il y a eu une bonne année. Après, ça s'est un petit peu... délayé sur le reste de mon mandat mais grosso modo c'était un an comme ça de réflexion de prise de notes de structuration du scénario ensuite il y a eu la deuxième année où j'ai commencé à prospecter les maisons d'édition d'abord toute seule parce que j'ai commencé à vouloir faire ça en dessinant moi-même on m'a très clairement fait comprendre que mon dessin n'était pas à la hauteur ok Merci. Mais que par contre, le scénario plaisait beaucoup. Donc si j'avais un dessinateur ou une dessinatrice, ça n'aurait pas été plus mal. Donc j'avais mon ami Sib qui était juste à côté de moi. Il dit, écoute, là j'ai des éditeurs qui potentiellement sont intéressés. Est-ce que tu veux pas venir me filer un coup de main ? Elle a fait, ah bah oui, je veux bien. Donc on a un peu écumé les festivals comme ça. et les éditeurs je crois de mémoire j'ai eu 7 refus ouais faut ne pas avoir peur de prendre des portes du coup ah ouais et puis certaines sont très violentes d'abord parce que c'est ton projet c'est un peu ton bébé donc il faut quand même être un peu accroché par rapport à ça et ensuite il y en a qui ne prennent pas de gants donc quand ils critiquent ce que tu fais t'as intérêt à savoir remonter la pente ensuite derrière néanmoins moi je trouve que c'est un apprentissage formidable ça t'apprend l'humilité la remise en question et puis à évaluer ton travail je pense que ça aussi c'est crucial donc en fait ça a pris beaucoup de temps parce qu'il y avait aussi cet
- Speaker #1
engagement politique qui était présent qui prenait beaucoup de temps ça est légit aussi c'est vrai que je mets ça de côté depuis tout à l'heure mais il y a ça aussi à côté c'est ça
- Speaker #0
Et puis pour finir, la troisième année, c'était la production pure.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Voilà, une fois qu'on avait signé le contrat.
- Speaker #1
Production pure, qui est du coup l'impression, la mise... C'est ça, la mise en...
- Speaker #0
La création en elle-même. C'est-à-dire que maintenant, j'ai posé le scénario en storyboard. Ensuite, j'avais mon dessinateur qui dessinait. Ensuite, moi, j'ai colorisé derrière lui.
- Speaker #1
D'accord. Comment on colorise une BD ?
- Speaker #0
Alors, de plein de façons différentes. Moi, je... Donc, on a travaillé sur tablette graphique. Donc, moi, je colorisais à l'ordinateur.
- Speaker #1
tout simplement alors juste une petite dernière question parce que tu en as touché un mot tout à l'heure et je pense que c'est important parce qu'il y a plein de gens qui ne doivent pas savoir comment ça fonctionne sur la rémunération des auteurs de BD parce que souvent sur les métiers artistiques la chanson, le cinéma peut-être un peu moins mais la BD aussi, on a toujours du mal à se rendre compte par quel billet sont rémunérés les auteurs, les autrices Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu comment ça fonctionne ?
- Speaker #0
Oui, surtout que c'est vraiment un sujet important aujourd'hui. On est très très mal rémunéré, alors que c'est un métier qui demande un travail à plein temps. En gros, quand on signe un contrat, on reçoit des avances sur droit. Quand on signe un contrat avec une maison d'édition... Donc,
- Speaker #1
que te paye la maison d'édition, les avances ? Voilà,
- Speaker #0
la maison te paye. Et donc, les montants... Merci. sont quand même relativement faibles et de plus en plus faibles avec les années qui passent. Moi, j'ai été payée avec mon auteur à 2, 10 000 euros pour faire ce projet, qu'on se divise en deux.
- Speaker #1
Et alors ça, c'est des frais qui te permettent aussi de financer le début de projet. Non, je suppose qu'il doit y avoir des coûts pour lancer un projet, non ?
- Speaker #0
Alors je sais pas ce que t'appelles exactement des coûts pour lancer le projet. Je sais qu'il y a des projets de livres où effectivement t'as besoin de te déplacer, t'as besoin de rencontrer les gens, etc. Moi, ça va. J'ai quand même eu assez peu de coûts là-dessus. Mais oui, oui, ça fait partie absolument de ce genre de sujet. Et donc ensuite, on reçoit des pourcentages de droits d'auteur sur les ventes. Donc ces pourcentages varient entre... Quelques pourcents pour vraiment les pires, à peut-être 15-16% pour les meilleurs, divisé évidemment toujours par le nombre d'auteurs sur le projet.
- Speaker #1
Et dessinateurs aussi du coup. Oui, voilà, c'est ça.
- Speaker #0
On se partage avec mon dessinateur ces pourcentages, sachant que ces pourcentages, on va les toucher une fois qu'on aura remboursé nos avances.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Parce qu'une avance, par définition, c'est une avance. Donc, ça veut dire que ça doit être remboursé.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Donc, tant que tu n'as pas 10 000 euros de chiffre, mais même avec ton pourcentage, tu ne touches rien, en fait.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Donc, tu vas commencer à toucher des droits sur les ventes une fois que tu auras vendu un certain nombre d'exemplaires. Dans notre cas, je crois que c'est 6 ou 7 000 exemplaires. Et là, on commencera à rembourser. On aura fini de rembourser et on commencera à toucher. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et si jamais tu n'arrives pas à rembourser l'avance, tu leur dois de l'argent ?
- Speaker #0
Alors non. Néanmoins, certains éditeurs peuvent poser cette clause dans les contrats. Donc, il faut quand même faire attention. Ça fait partie des choses qu'il faut négocier. Dans notre cas, ce n'était pas le cas. Bon, n'empêche qu'une fois que tu as... Si tu commences à toucher ces droits, ça veut dire que tu touches quelques pourcents sur la vente d'un livre à 18 euros. Donc je vais toucher 70 centimes dessus. Si je rembourse mes avances.
- Speaker #1
D'accord. Donc c'est effectivement très peu. Et il y a aussi un autre sujet dans l'artistique qui est les droits d'auteur dont tu parlais tout à l'heure. Il y a le droit... Enfin, je veux dire, par exemple, quand... Quand quelqu'un, je ne sais pas, je ne saurais pas trop te dire quoi, mais quand quelqu'un reprend une partie de ta BD pour la publier sur un article, un blog, un truc comme ça, est-ce que tu touches des droits d'auteur ?
- Speaker #0
Oui, ça s'appelle la gestion des droits collectifs. Donc il y a des organismes auxquels tu adhères. en tant qu'auteurs, qui font ça automatiquement et en fait tu récupères un pourcentage en fin d'année.
- Speaker #1
Donc cet organisme-là, leur travail c'est de vérifier tout ce qui est partagé ou quoi, et après dire là il y a des droits d'auteur, là il y a des droits d'auteur ?
- Speaker #0
Alors je pense qu'ils font ça de façon forfaitaire, parce que sinon je pense que c'est trop compliqué à gérer. Mais oui, du coup il y a des accords typiquement, par exemple quand les médiathèques achètent... quand il y a des droits de reproduction, ou quand il y a des... quand la BD est diffusée dans des journaux, etc. Donc il y a des accords qui sont faits avec des plateformes, des médias... Oui, et puis de toute manière,
- Speaker #1
les journaux qui, par exemple, tu parlais de journaux, les journaux qui partagent un extrait de ta BD, par exemple, sont obligés de déclarer à cet organisme-là qu'ils ont partagé telle BD de telle auteur, etc. Non, je suppose ?
- Speaker #0
Alors je pense que ça va être... Je n'ai pas les détails exacts par rapport à ça, mais je ne suis pas sûre qu'il déclare à chaque fois dans le détail.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je pense à confirmer que, globalement, il y a un accord entre l'organisme qui récupère ses droits collectifs et le média, et qu'il y a un pourcentage global qui est ensuite redistribué vers tous les auteurs.
- Speaker #1
D'accord,
- Speaker #0
ok. À confirmer.
- Speaker #1
Bon, donc, oui. Une rémunération pas simple.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Bon, donc du coup, la BD Conseillère Municipale, c'est ça ? Donc, qui est dispo depuis deux mois dans toutes les librairies, c'est ça ? On peut la retrouver ?
- Speaker #0
Dans toutes les librairies en France. Si la librairie ne l'a pas, vous pouvez leur demander de la commander.
- Speaker #1
Aux éditions Marabou, Marabule ?
- Speaker #0
Marabou ? Marabule, c'est la collection.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Donc, aux éditions Marabou, Collection Marabule, Conseillère Municipale, donc Deluxe, et Dessinateur Sib, S-I-B, c'est ça ? Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
et bah écoute merci beaucoup Lux d'avoir répondu à mes questions est-ce qu'on a fait le tour tu penses ?
- Speaker #0
oui je pense je pourrais ajouter si jamais vous voulez me suivre c'est ce que j'allais te demander où est-ce qu'on peut te retrouver ? on peut me retrouver sur Instagram notamment à lux underscore bombix underscore bd l u x et bombix b o m b y x
- Speaker #1
donc sur Instagram principalement c'est là où tu postes le plus c'est ça ?
- Speaker #0
c'est ça,
- Speaker #1
j'ai aussi une page sur Facebook qui est sous le même nom et puis dans toutes les librairies on peut te retrouver aussi merci beaucoup bon là du coup d'autres projets en cours d'autres projets à venir sur la bande dessinée ?
- Speaker #0
j'ai des projets pour le reste de ma vie je suis en train d'en préparer deux ok,
- Speaker #1
très bien Et puis, toujours les gîtes aussi, mine de rien, à Tadon, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cette présentation de parcours. Il y a plein de choses, du coup, de la politique, de la création, du tourisme, de l'entreprise. Je pense qu'on a été gâtés aujourd'hui. Merci Lux, merci à l'espace de Co-Working, Working Share, qui nous accueille pour cet enregistrement. Et puis, merci à vous, chers auditeurs, chères auditrices, de nous avoir écoutés. Je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à très vite pour un nouvel épisode.