Speaker #0Bonjour et bienvenue. Vous écoutez Virgilien, l'émission de lecture et résumé de l'Enneïde, épopée de la fondation de Rome et de la civilisation romaine, écrite par Virgile entre moins 29 et moins 19 avant Jésus-Christ. Alors, pour ceux qui découvrent ou redécouvrent ce chef-d'œuvre antique, ceux qui révisent avant l'heure fatidique, ou ceux qui veulent toujours plus de légendes épiques, Installez-vous confortablement et plongez dans l'histoire de Rome. le naufrage d'un héros je chante les armes et le héros qui chassé par le destin des bords de troie vint le premier en italie au rivage où s'élevait l'avignom longtemps et sur terre et sur mer la puissance des dieux d'en haut se joua de lui à cause du ressentiment de la cruelle junon et longtemps aussi la guerre l'éprouva en attendant qu'il eût fondé sa ville et transporté ses dieux dans le latium ce fut là l'origine de la race latine de nos pères albains et des remparts de la grande rome muse rappelle-moi les causes dis-moi pour quelle atteinte à ces droits sacrés pour quelle blessure la reine des dieux précipita un homme d'une insigne piété dans un tel enchaînement de malheurs et de vent de si rudes épreuves entre-t-il tant de colère dans les âmes divines jadis une ville occupée par des colons tyriens carthage opulente et passionnément âpre à la guerre regardait de loin l'italie et les bouches du tibre junon la préférait dit-on à tout autre séjour même à samos là étaient ses armes là était son char si les destins ne s'y opposent pas elles rêvent et s'efforcent déjà d'en faire la reine des nations mais elle avait ouï dire que du centroyen naissait une race qui renverserait un jour cette citadelle tyrienne et qu'un peuple roi partout et superbe dans la guerre en sortirait pour la ruine de la libye tel est le sort filé par les parcs c'est sa crainte et le souvenir des anciennes batailles qu'elle a livrées devant troyes au premier rang pour sa chère argos n'est pas encore sorti de l'esprit de la saturnienne non plus que la cause de sa haine et ses farouches ressentiments au fond de son cœur vive toujours le jugement de paris le mépris injurieux de sa beauté une race odieuse l'enlèvement et les honneurs de elle en brûlait encore et repoussait loin du latium balottés sur l'étendue des mers les derniers troyens qui avaient échappé aux grecs et à l'implacable achille depuis de longues années ils erraient poussés par les destins de rivage en rivage ah tant c'était une lourde charge à émouvoir que de fonder la nation romaine hors de la vue des côtes siciliennes à peine les vaisseaux troyens faisaient-ils voile vers la haute mer et soulevaient ils de leurs prouts d'airain l'écume salée que junon son éternelle blessure au coeur se dit à elle-même moi vaincu renoncer à mon entreprise et m'avouer incapable d'écarter de l'italie le roi des troyens assurément les destins me le défendent Mais Pallas n'a-t-elle pu brûler la flotte des Grecs et les engloutir eux-mêmes pour la faute et la folie du seul Ajax, fils d'Oilé ? Elle a lancé du haut des nuages la foudre rapide de Jupiter, dispersé les navires, bouleversé les flots au souffle des vents. Elle a saisi dans un tourbillon le malheureux, qui, transpercé, vomissait des flammes, et l'a cloué à la pointe d'un roc. Et moi, qui m'avance reine des dieux ? moi la sœur et l'épouse de jupiter j'en suis depuis tant d'années à guéroyer contre un seul peuple qui après cela peut adorer la puissance de junon ou viendra en suppliant apporter des offrandes à ses autels ainsi s'agitait son cœur enflammé elle arrive en néolithe patrie des orages terre grosse des là dans une vaste caverne le roi éol fait peser son empire sur les vents rebelles et les tempêtes sonores il les tient emprisonnés et enchaînés mais eux s'indignent remplissent la montagne de leurs grondements et frémissent autour de leurs barrières assis sur le roc le plus élevé éol le sceptre à la main amollit leurs âmes et tempère leurs courroux sinon la mer la terre les profondeurs du ciel seraient certainement emportées dans leurs courses et balayées à travers l'espace mais craignant cela le père tout-puissant les a enfermés dans des antres noirs sous l'entassement et la masse de hautes montagnes et leur a donné un roi qui d'après un pacte immuable et selon ses ordres sut les retenir ou leur lâcher les rênes c'est à lui que je non s'adresse suppliante éole toi qui tiens du père des dieux et du roi des hommes le pouvoir d'apaiser et de soulever les flots au gré des vents une race mon ennemi navigue sur la mer tyrénienne elle porte en italie ilion et ses peinades déchaînent les vents submergent la flotte de ces troyens envoient les par le fond ou dispersent les et sèment la mer de leurs cadavres j'ai quatorze nymphes de formes admirables et d'éioupée en est la plus belle je l'unirai à toi d'un lien indissoluble et je te la donnerai pour toujours ce sera la récompense de tes services qu'elle te consacre toute sa vie et qu'elle te fasse le père de beaux enfants éole lui répond c'est à toi reine de bien savoir ce que tu désires pour moi mon devoir est de prendre tes ordres je te dois tout ce que j'ai de royauté mon cètre la faveur de jupiter le lit où je m'étends au banquet des dieux ma puissance sur les orages et les tempêtes à ces mots du fer de sa lance il a frappé violemment sur le flanc de la montagne creuse les vents comme formés en colonnes se ruent par la porte qui s'ouvre et la terre n'est plus qu'un tourbillon ils se sont jetés sur la mer le russe le nothus l'africus chargé d'ouragans ils se conjurent et l'arrachent tout entière de ces profonds abîmes et roulent sur les rivages des lames énormes les clameurs des hommes se mêlent au christ ridant les gueules les nuages dérobent subitement aux yeux des troyens le ciel et le jour une nuit ténébreuse se couche sur les eaux les cieux donnent l'air s'illumine criblé d'éclairs les hommes ne voient autour d'eux que la présence de la mort aînés sont tout à coup ces membres glacés il gémit et les paumes de ses mains tendues vers les astres oh trois et quatre fois heureux s'écrit-il ceux qui sous les yeux de leurs parents devant les hauts murs de troie eurent la chance de trouver la mort fils de tydée le plus courageux de la race des grecs que n'ai-je pu tomber dans la plaine d'hilion et rendre l'âme sous tes coups là où le fer de l'aeacide étendit le farouche hector là où fut terrassé l'énorme sarpedon, là où le Simoïs a saisi et roulé dans son monde tant de boucliers, de casques et de robustes corps. Comme il jetait ses mots, la tempête ou la qu'il en siffle frappe en plein sa voile et soulève les flots jusqu'au ciel. Les rames se brisent, la crouvire et découvrent au vague le flanc du vaisseau, et aussitôt arrive avec toute sa masse une abrupte montagne d'eau. les uns restent suspendus à la cime les autres au fond du gouffre béant aperçoivent la terre l'eau et le sable bouillonnent furieusement le nautu se fait tournoyer trois navires et les jette sur des rocs cachés ces rocs que les italiens nomment autels et qui au milieu de la mer en affleurent la surface comme un dos monstrueux le russe en précipite trois hôtes de la haute mer sur des bas-fonds des cirtes ah pitoyable spectacle Et il les broie contre les écueils ou les enlises dans le sable. Celui qui portait l'hélicien et le loyal Oronte, sous les yeux même d'Ainé, reçoit un énorme paquet de mer qui de toute sa hauteur s'abat sur la poupe. Le corps du pilote est arraché et roulé la tête en avant. trois fois sous la poussée du flot et sans changer de place le navire tourne sur lui-même et le rapace tourbillon le dévore sur le gouffre immense de rares nageurs apparaissent et des armes et des planches et les trésors de déjà ni le solide vaisseau d'ilionnet ni celui du courageux zacate ni ceux que montaient abbas et le vieil alétès n'ont résisté à la tempête flanc disjoint laisse passer l'onde ennemie ils se fendent et s'entrouvrent cependant neptune a entendu les convulsions tumultueuses de l'océan et l'ouragan déchaîné et les nappes d'eau qui refluent des profondeurs l'ont gravement irrité il a levé sa tête calme au-dessus des vagues et promène au loin ses regards il voit la flotte d'aînés disséminés sur toute la mer les troyens écrasés sous les flots et sous l'écroulement du ciel le frère de junon reconnaît les artifices et les colères de sa sœur il appelle à lui le russe et le zéphyr est-ce de votre origine leur dit-il que vous tenez tant d'audace vous bouleversez le ciel et la terre sans mon ordre vous les vents et vous osez soulever ces énormes masses oh je vous mais il vaut mieux apaiser l'agitation des flots une autre fois vous n'en serez pas quitte à si bon compte hâtez-vous de fuir et dites ceci à votre roi ce n'est pas à lui que le sort a donné l'empire de la mer et le terrible trident c'est à moi il possède lui les rochers sauvages vos demeures eurus et sa cour qu'éoles s'y pavanent et qu'ils règnent dans la prison des vents bien closes il dit et plus rapidement encore il calme les flots gonflés met en fuite le rassemblement des nuages et ramène le soleil tous deux cimotohé et triton pesant sur les navires les détachent de la pointe des rocs le dieu lui-même les soulève de son trident leur ouvre les vastes cirtes et aplanit les eaux dont ils rasent de ces roues légères la surface ondoyante il arrive souvent dans un grand peuple qu'une sédition éclate et que l'infâme plèbe entre en fureur déjà les torches volent et les pierres la folie fait arme de tout mais alors si un homme paraît que ses services et sa piété rendent vénérable Les furieux s'arrêtent, se taisent et tendent l'oreille. Sa parole maîtrise les esprits et adoucit les cœurs. Ainsi tout le fracas de la mer est tombé, du moment que le dieu, la surveillant du regard, lance ses chevaux sous un ciel redevenu serein. Il leur lâche les rênes, son char glisse sur l'onde et vole au loin. épuisés les compagnons d'aînés essaient de gagner les rivages les plus proches et se détournent vers les côtes de la libye là s'ouvre une baie profonde et retirée le port est formé par une île dont les flancs s'opposent au flot du large qui se brise se séparent et se replient en longues ondulations des deux côtés de vastes rochers et deux pics jumeaux menacent le ciel sous leur escarpement s'élargit une eau tranquille et silencieuse au-dessus comme un mur de fond des bosquets frémissants et un bois noir qui domine du mystère de son ombre en face de l'île sous des rocs qui le surplombent se creuse un antre avec des eaux douces et des sièges dans la pierre vive Une demeure de nymphes ! Là, aucune amarre n'enchaîne les navires fatigués, et l'ancre ne les retient pas de son croc mordant. C'est là qu'Ainé rassemble et fait entrer les sept derniers vaisseaux qui lui restent. Dans leur impatience de toucher terre, les Troyens s'élancent, s'emparent de ce sable tant désiré, et tout ruisselant d'eau salée, ils s'étendent sur la grève. akat commence par frapper un caillou et en tirer une étincelle il la recueille sur des feuilles sèches l'entoure et la nourrit de brindilles et d'un mouvement rapide fait jaillir la flamme dans ce foyer puis accablés de besoins ils retirent de leurs navires les provisions de cérès que l'eau de mer a gâtées et les instruments agricoles Et ce grain, sauvé du naufrage, il s'apprête à le griller au feu et à le broyer sous la pierre. Iné, cependant, escalade un rocher, d'où il a une vue immense sur la mer. Son regard voudrait y découvrir, balotté par les vents, quelques-uns de ses compagnons, comme Anté et les Birem phrygiennes, ou Capice. ou la haute poupe et les armes de Caïcus. Aucun vaisseau à l'horizon. Mais il aperçoit trois cerfs errants sur le rivage, et derrière eux, un troupeau tout entier en train de pêtre en longues files à travers la vallée. Il s'arrête, saisit dans les mains du fidèle acate son arc et ses flèches rapides, Et d'abord les trois chefs qui portaient haut leur tête aux longues ramures sont abattus. Ils poursuivent de ces traits le reste de la troupe qui détale confusément sous la frondaison des bois. Et ils n'abandonnent sa chasse victorieuse qu'après avoir étendu à terre sept énormes bêtes, autant qu'il a de vaisseaux. il regagne le port les distribue à ses compagnons et leur partage les amphores que le bonnaceste sur le rivage de sicile avait remplis de vins et que ce roi leur avait donnés au départ puis ils consolent leur coeur affligé ô mes compagnons leur dit-il ce n'est pas d'aujourd'hui que nous connaissons le malheur vous avez souffert de pires maux Et la divinité mettra encore un terme à ceci. Vous avez vu de près la rage de Scylla et ses écueils mugissants. Vous avez éprouvé ce que sont les rochers des Cyclopes. Rappelez votre courage. Congédiez la tristesse et la crainte. Peut-être un jour aurez-vous plaisir à vous souvenir même de ces épreuves. Un long chemin de hasard et de péril nous conduit vers le Latium où les destins nous montrent de tranquilles foyers. là ils nous permettront de ressusciter le royaume de Troie tenez bon et conservez-vous pour cet avenir heureux c'est ainsi qu'il leur parle tourmenté d'énormes soucis il se fait un visage plein d'espérance et refoule sa douleur au plus profond de son âme les Troyens se mettent en devoir de préparer les bêtes abattues pour le repas qui vient il les écorche les dépaisse en des nues de la viande les uns découpent et embrochent ses chairs palpitantes les autres sur le rivage attisent la flamme autour des vases de bronze la nourriture les ranime étendu sur l'herbe il se rassasit d'un bon vin et d'une grasse viande la faim satisfaite et le service enlevé ils s'entretiennent longuement de leurs compagnons perdus flottant de l'espoir à la crainte vivent ils encore ou ont-ils rendu le dernier soupir et n'entendent ils plus l'appel de leur nom le pieu est né sur pleure en lui-même la perte du vaillant oronte et d'amicus et les cruels destins de lycus et le fort gyas et le fort cloanthe ils avaient fini quand du haut de la voûte éthérée jupiter tenant sous ses yeux la mer semée de voiles l'étendue des terres les rivages et les peuples qui les habitent au loin s'arrêta au sommet du ciel et fixa ses regards sur le royaume de Libye. Et comme cette vue occupait sa pensée, triste, les yeux brillants à travers les larmes, Vénus lui dit Toi qui gouvernes sous des lois éternelles l'empire des hommes et des dieux, et toi qui les épouvantes de ta foudre, quel crime mon aîné a-t-il commis envers toi qu'ont pu faire les troyens pour qu'après avoir subi tant de funérailles leur désir de l'italie leur ferme l'univers c'est d'eux pourtant qu'au cours des siècles devaient naître les romains non c'est du sang ranimé de troie que devaient sortir ces maîtres qui tiendraient en pleine souveraineté toutes les terres et l'océan tu l'avais promis Qui t'a fait changer, mon père ? Cette pensée me consolait de l'écroulement de Troie et de ses lamentables ruines. Au destin contraire, j'opposais des destins réparateurs. Mais maintenant, la même fortune poursuit ces hommes de malheur en malheur. Rois tout-puissants, quand finiront leurs épreuves ? Voix en ténor, échappés du milieu des Achaéens. il a pu sans danger pénétrer dans le golfe d'ilhéry jusqu'au coeur même du royaume des liburnes et franchir les sources d'où le timave par neuf bouches au vaste grondement des montagnes s'en va avec la violence d'une mer et presse les campagnes de ses flots retentissants là pourtant il a fondé la ville de padoue il a établi ses troyens donné un nom à son peuple suspendu les armes de troie Et il se repose aujourd'hui, tranquille, dans une paix profonde. Mais nous, tes enfants, à qui tu consens l'entrée des hautes demeures du ciel ? Il faut qu'abandonnés à la haine d'une seule divinité, nous perdions nos vaisseaux. Oh, douleur ! Et que nous soyons rejetés loin de la rive italienne ! Est-ce là le prix de la piété ? Est-ce ainsi que tu nous rends notre sceptre ? Le père des hommes et des dieux, avec un sourire et ce visage qui apaise le ciel orageux, effleura d'un baiser les joues de sa fille, et lui répondit. Rassure-toi, Citérée, la destinée de tes Troyens reste immuable. Tu verras la ville et les murs promis de l'Avignum, et tu emporteras dans l'espace jusqu'aux astres du ciel le magnanime aîné. Rien ne m'a fait changer, mais je veux bien, puisque cette inquiétude te ronge, dérouler sous tes yeux toute la succession des secrets du destin. ton aîné soutiendra en italie une terrible guerre il domptera des peuples farouches et donnera à ses hommes des lois et des remparts jusque le moment où le troisième été l'aura vu régner en volatium et où le troisième hiver aura passé sur la soumission des rutules mais l'enfant qui porte aujourd'hui le surnom d'ihul Il s'appelait Illus, tant que la fortune d'Illion et son royaume furent debout. Ascagne remplira de son règne le long déroulement des mois durant trente années, et de l'Avignum il transférera le siège de sa royauté derrière les remparts d'une ville nouvelle. La puissante Albe-la-Longue. Là, pendant trois siècles pleins, règnera la race d'Hector. jusqu'au jour où une prêtresse de la famille royale ilia grosse des œuvres de mars enfantera des jumeaux romulus gorgé de lait à l'ombre fauve de sa nourrice la louve continuera la race d'aînés fondera la ville de mars et nommera les romains de son nom je n'assigne de bornes ni à leur puissance ni à leur durée je leur ai donné un empire sans fin mieux encore l'approche du nom qui fatigue aujourd'hui de sa crainte et la mer et la terre et le ciel reviendra à des sentiments meilleurs et protégera comme moi le peuple qui portera la toge les romains maîtres du monde telle est ma volonté un jour dans la suite des âges la maison d'assaracus pressera du joug de la servitude phti et la fameuse mycène et dominera sur argos vaincu de cette belle race naîtra le troyen césar dont l'océan seul bornera l'empire et les astres la renommée son nom de jules viendra du grand nom d'ihul un jour chargé des dépouilles de l'orient tu le recevras au ciel en toute tranquillité et à lui aussi les hommes adresseront leurs prières alors les durs siècles renonceront aux guerres et s'adouciront la bonne foi aux cheveux blancs et vestins quérinus de concert avec son frère rhémus donneront des lois étroitement barrés de fer les terribles portes de la guerre se fermeront à l'intérieur la fureur sacrilège assise sur un sauvage monceau d'armes les mains enchaînées derrière le dos par cent nœuds d'airain frémira hérissée et la bouche sanglante il dit et du haut des cieux il envoie le fils de maïa mercure pour que l'hospitalité ouvre aux troyens la terre et la ville nouvelle de carthage car il craignait que didon ignorante du destin ne les repoussât de ses frontières le dieu vole et rame de ses ailes à travers l'immensité et il touche en un instant au bord de la libye il accomplit les ordres donnés sous la volonté divine les carthaginois déposent leur farouche humeur et surtout la reine conçoit à l'égard des troyens des sentiments de paix et de bonté le pieux aîné dont la nuit s'était passée à réfléchir se lève et sort au premier rayon de la bonne lumière Il veut explorer ces lieux inconnus, savoir sur quelles rives le vent l'a poussé, si ces terres qu'il voit, sans culture, sont habitées par des hommes ou des bêtes sauvages, et rapporter à ses compagnons les précisions de son enquête. Sa flotte est bien cachée dans un enfoncement des bois sous une voûte de rochers tout enveloppée d'arbres et d'ombres mystérieuses. Le seul acate l'accompagne, balançant à la main deux javelots au large fer. Au milieu de la forêt, sa mère s'avança à sa rencontre. Elle avait pris le visage et l'attitude d'une jeune fille, telle une vierge de Sparte avec ses armes, ou telle la trace Arpalis qui fatigue ses chevaux et devance à la course le vol de l'Eurus. Elle portait, suspendue à son épaule, l'arc flexible, comme une chasseresse, et elle avait abandonné sa chevelure aux caprices du vent. la jambe nue jusqu'aux genoux et les plis ondoyants de sa robe relevée par un nœud eh jeune gens fit-elle la première dites-moi si par hasard vous n'avez pas vu une de mes sœurs armée d'un carquois et couverte d'une peau de lynx tachetée qui errait ou qui chassait à grands cris d'un sanglier écumant ainsi parle vénus et le fils de vénus répond je n'ai vu ni entendu aucune de tes sœurs ô jeune fille que je ne sais comment nommer tu n'as pas le visage d'une mortelle et l'on ne sent pas la mortelle au son de ta voix déesse certainement sœur de phoebus peut-être ou vierge du sang des nymphes sois-nous propice et qui que tu sois allège notre lourde tâche sous quel ciel enfin sur quelles rives sommes-nous jetés fais-le nous savoir nous ignorons tout les hommes les lieux et nous errons poussés ici par le vent et les vastes flots plus d'un sacrifice tombera sous notre main au pied de tes autels Oh ! je ne suis pas digne d'un tel honneur ! répondit Vénus. La mode des jeunes filles tyriennes est de porter le carquois et de chausser haut le couturne de pourpre. Tu vois là le royaume punique, un état des Tyriens et d'Agénor, mais tu es dans le pays des Libyens, race intraitable et guerrière. Le pouvoir appartient à Didon, qui s'est sauvé de Tyr pour fuir son frère. l'injustice qu'elle a soufferte serait longue à raconter et longue les péripéties je n'en effleurerai donc que les plus saillantes son mari syché était le plus riche seigneur de la phénicie et la malheureuse l'aimait d'un grand amour son père la lui avait donnée vierge et l'avait mariée sous les auspices d'un premier émen mais son frère qui possédait le royaume de tyre Pygmalion était le plus abominable des scélérats. Une furieuse haine se mit entre les deux beaux frères. Pygmalion, aveuglé par la passion de l'or, surprend et tue Ciché en secret devant l'hôtel domestique, sans pitié pour l'amour de sa sœur. Quel sacrilège ! Le forfait demeura longtemps caché et ce misérable, à force d'imposture, trompait d'un vain espoir la douleur de l'amante. Mais elle vit dans son sommeil l'image de son mari privé de sépulture, le visage effroyablement pâle. Il lui montrait l'autel ensanglanté, sa poitrine traversée d'une lame, et il lui découvrit tout le mystérieux crime de sa maison. Puis il lui conseille une fuite rapide et l'exil, et pour l'aider dans sa route, il lui révèle d'anciens trésors enfouis dans la terre, une masse ignorée d'argent et d'or. Bouleversé, Didon préparait sa fuite et se cherchait des compagnons. Tous ceux à qui le tyran inspirait une haine violente ou une âpre crainte se joignent à elle. Ils s'emparent de vaisseaux qui, par hasard, allaient appareiller et les chargent d'or. Les richesses que Pygmalion avait convoitées sont confiées à la mer. Une femme a tout conduit. Ils arrivèrent dans ce pays où tu verras aujourd'hui surgir d'énormes remparts et la citadelle d'une nouvelle ville, Carthage. Ils achetèrent tout le sol qu'on pouvait entourer avec la peau d'un taureau, d'où son nom de Birsa. Mais vous, enfin, qui êtes-vous ? Et d'où venez-vous, d'ailleurs ? Où allez-vous ? À ces questions, il soupire et répond d'une voix profonde. Ô déesse, s'il me fallait remonter à la première origine de nos malheurs, et si tu avais le loisir d'en entendre le récit année par année, v'espère, avant que jusse finit, fermerais les yeux du jour dans le sombre l'impe. Nous venons de l'Antique Troie, dont le nom est peut-être arrivé à tes oreilles. Nous avons été traînés de mer en mer, et les hasards de la tempête nous ont jetés sur les côtes de la Libye. Moi, je suis le pieu aîné, qui emporte dans ses vaisseaux ses pénates arrachées à l'ennemi, et que la renommée a fait connaître jusqu'au ciel. Je cherche l'Italie, la patrie, et le berceau de ma race, issu du souverain Jupiter. Je me suis embarquée sur la mer Phrygienne avec vingt navires. La déesse, ma mère, m'indiquait la route et je suivais les oracles. C'est à peine s'il m'en reste sept, désemparée par les flots et le russe. Moi-même, inconnue, dénuée de tout, j'aire dans les déserts libyens, chassée d'Europe et d'Asie. Vénus, toujours déguisé en chasseresse, n'en supporta pas davantage et interrompit ses plaintes douloureuses. Qui que tu sois, non, je le crois, les dieux ne t'envient point le jour que tu respires, puisque tu es arrivé à la ville tyrienne. Poursuis donc et va d'ici jusqu'au seuil de l'arène. Je t'annonce que tes compagnons et ta flotte sont revenus et qu'un heureux changement des Aquilons les a menés en lieu sûr. si toutefois la science des augures où mes parents m'ont instruite ne m'abuse pas vois ces douze cygnes heureux de s'être reformés en bataillons l'oiseau de jupiter fondant des plaines éthérées les avait dispersés dans le libre espace Maintenant, en longues files, ils atterrissent ou choisissent du regard la place où atterrir. Ils fêtent leur retour du battement strident de leurs ailes. Leur troupe a tournoyé dans le ciel et a chanté à pleine voix. Ainsi, tes vaisseaux et tes jeunes équipages sont déjà au port, où y entre à voix le déployé. Poursuis donc. Ce chemin t'y conduit. Suis-le. Elle se détourne à ces mots. Et son cou brille de l'éclat d'une rose. Du haut de sa tête, ses cheveux parfumés d'ambroisie exhalent une odeur divine. Les plis de sa robe coulent jusqu'à ses pieds et sa démarche a révélé la déesse. Aîné a reconnu sa mère et ses paroles courtes après elle. Pourquoi abuser si souvent ton fils de fausses apparences ? Tu es cruel, toi aussi ! Pourquoi ne m'est-il pas donné de te presser la main, de t'entendre et de te répondre sans fin ? Tout en lui adressant ses reproches, il se dirige vers la ville. Mais sa mère a enveloppé leur marche d'un obscur brouillard. La déesse épaissit autour d'eux ce voile de nuages pour que personne ne puisse les voir, ni les toucher, ni les retarder, ni leur demander la cause de leur venue. Puis elle s'élève dans les airs et s'en retourne à Paphos. Elle aime à revoir ce séjour où les cent hôtels de son temple fument de l'encens sabéen et embaument les fraîches guirlandes. Cependant, ils avaient pris vivement le sentier qui leur était indiqué et ils gravissaient la colline qui de toute sa hauteur domine la ville et en face se regardent les remparts. Aînée admire la cité monumentale. Jadis, un amas de gourbis. Il admire les portes, le bruissement de la foule, le pavé des rues. Les tyriens travaillent ardemment. Les uns prolongent les murs, construisent la citadelle, roulent de bas en haut les blocs de pierre. Les autres se choisissent l'emplacement d'une demeure et l'entourent d'un sillon. Ils élisent des juges, des magistrats, un sénat auguste. Ici on creuse des ports, là on établit un théâtre sur de larges assises, et d'énormes colonnes sortent de la pierre. Haute décoration de la scène future. Ainsi, au retour de l'été par les champs en fleurs, les abeilles en plein soleil s'évertuent sans trêve. Elles font sortir les essaims déjà adultes, ou elles condensent la liqueur du miel et gonflent leurs cellules d'un doux nectar. où elles reçoivent la charge de celles qui rentrent, où, en bataillon serré, elles repoussent de la ruche la troupe paresseuse des frelons. C'est un bouillonnement de travail, et des rayons odorants sortent un parfum de teint. Ah ! Heureux ceux qui voient déjà s'élever leur muraille ! dit Aenée, et ils regardent les hautains monuments de la ville. Oh ! Merveille ! Enveloppé d'un nuage, il marche dans la foule, se mêle aux hommes et n'est vu d'aucun d'entre eux. Sous-titrage ST'501 La semaine prochaine, nous poursuivrons l'avancée d'Ainé et de ses amours avec la belle reine Didon.