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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Le rapport à la frontière est hyper important. Il ne se passe pas une semaine sans que j'entende quelqu'un en parler.
Est-ce que tu peux te présenter et me dire pourquoi tu te rends en Suisse dans ton quotidien ?
Moi, je m'appelle Lorane et je suis là aussi depuis 4 ans. Moi, je vais très souvent en Suisse parce que mon copain travaille à Lausanne et on travaille tous les deux dans le milieu de la culture. Donc du coup, c'est très drôle parce que lui, il a la vision de la culture suisse, moi, j'ai la vision de la culture anécienne. Donc du coup, moi, je vais en Suisse pour le travail, pour aller voir des spectacles. en Suisse. J'y vais pour aller profiter plus d'une ville plus ouverte avec des boutiques différentes, des événements différents. J'y vais pour me baigner dans le lac aussi.
Tu m'as parlé de ton copain qui travaillait en Suisse. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus ?
Les allers-retours de tous les jours, on habite ensemble à Annecy. Il y a une limite à Annecy, c'est qu'en fait nous comme on travaillait déjà dans le plus gros lieu culturel annecien, bah du coup si tu veux évoluer autour dans la région c'est quand même assez difficile. Donc l'Aceus a été une réponse.
Oui.
Donc du coup c'était une opportunité qu'il pouvait pas rater. Donc il s'est juste dit bah let's go je vais faire les trajets tous les jours. Mais c'est quand même une heure et demie aller, une heure et demie retour, donc trois heures de route par jour. Avec comme on travaille dans le milieu du spectacle, c'est difficile de faire du télétravail. Donc la question s'était posée de si on s'installait en Suisse, mais comme moi j'ai pas trop eu de travail en Suisse, du coup on est resté vivre à Annecy. L'équilibre entre le temps que tu passes à aller travailler là-bas et ce que tu gagnes, il y a des gens qui font vite la croix dessus en se disant c'est trop d'investissement pour moi d'aller travailler en Suisse. Moi ça niquerait ma santé de faire autant de bouchons et de voitures par jour. En même temps il y a plein de gens qui font ce choix-là ici parce qu'ils disent... Déjà que si t'es pas Contanié en vivant à Annecy Tu galères si t'as envie de t'installer à Annecy Franchement c'est hyper chaud Pour acheter quelque chose Si t'as pas de salaire
Quand tu traverses la frontière franco-suisse Est-ce que t'as l'impression de véritablement changer de pays Ou pas du tout Et d'être juste dans une sorte de continuité territoriale
Moi j'ai pas du tout l'impression Si on parle vraiment du genre des Merci. On appelle ça des péages de frontières, on appelle ça la douane. Quand tu passes les douanes, moi j'ai absolument pas l'impression de changer de pays. Après par contre, effectivement, quand tu commences à rentrer dans un système de consommation, tu te dis, ah ouais, en fait, je paye pas le même prix, c'est déjà beaucoup plus cher. Les marques, les accents, il y a plein de choses. Mais moi, ça me fait souvent du bien d'y aller, parce que je sens un truc très cosmopolite que je ressens pas quand je suis à Annecy.
Je vais revenir sur ton travail. Et je voulais savoir, du fait de la proximité de la frontière, est-ce que vous restez tournée vers la France quand même, ou bien vous êtes totalement tournée vers la Suisse ?
Nous, on est une scène nationale, donc on dépend des subventions françaises. Mais par contre, là, tu ne peux pas te leurrer là-dessus, dans le sens où nous, on bénéficie de subventions européennes. Sur la culture, les structures suisses bénéficient aussi de subventions européennes. La culture en Suisse est quand même un petit peu différente. Ce qu'elle ne gère pas, c'est autofinancé par le manque des jeux. Le pourcentage de gains sont reversés à la culture. C'est pour ça que la culture en Suisse est beaucoup plus variée et plus intensifiée en Vichy. Parce que c'est directement l'addiction des gens qui finance la culture des autres. C'est moi. Je trouve qu'Annecy est quand même assez poussée d'un point de vue de la culture, du côté français. Moi,
à l'inverse, je trouve qu'Annecy est très, pas au niveau culturel, mais au niveau population, est très tournée vers la Suisse. Combien aujourd'hui de foyers et de ménages qui tiennent au moins une personne à minima qui travaille en Suisse, c'est énorme. Et on le ressent sur les prix anessiens. Une bière à 10 balles,
il y a à Paname,
mais Annecy, ça reste une toute petite ville dans laquelle, justement... Beaucoup de personnes, les vrais, entre guillemets, anessiens, pure chouche, moi j'en connais très peu, déjà, ils ne s'en lancent pas. C'est compliqué de s'immerger, et même les anessiens eux-mêmes le disent, venir parce qu'ils ont vu justement le prix de la vie augmenter, que ce soit un pour le touriste, mais aussi la proximité avec la Suisse, et le fait que les gens aillent travailler en Suisse. Voilà, et je trouve que oui, si on est plutôt... plutôt limité là-dessus par le pouvoir d'achat des fontaines.
Oui mais tu vois, dans l'ordre des choses, je pense que les anisciens, ils ont d'abord subi le fait que les anisciens ou les gens qui travaillaient ici allaient travailler en Suisse d'abord avant le tourisme. Parce que le tourisme, il a eu un grand bond il y a 5-10 ans, en mode les réseaux sociaux, parce que les gens ne connaissaient pas. Quand tu parles à des anisciens d'ici, ils te disaient qu'avant, ils étaient considérés comme des pouilleux, tu vois. Et aujourd'hui, c'est stylé d'habiter à Annecy.
Finalement, à travers le témoignage de Lorane, on comprend que la proximité avec la Suisse ne se limite pas à une simple frontière géographique. Elle influence directement les parcours de vie, les choix professionnels et même les équilibres du quotidien. Son copain, comme beaucoup d'autres habitants du territoire, travaille en Suisse et fait régulièrement les allers-retours. Un choix souvent motivé par la recherche d'un meilleur pouvoir d'achat. Mais ce pouvoir d'achat, justement, semble devenir de plus en plus fragile. avec l'augmentation du tourisme à Annecy. La hausse du nombre de travailleurs frontaliers et la pression que cela crée sur le territoire, vivre près de la frontière devient à la fois une opportunité et une contrainte. À Annecy, la Suisse est donc proche, parfois invisible, mais ses effets se ressemblent dans les logements, les déplacements, les salaires et les modes de vie. Je remercie Lorane et ses amis pour leur regard, et à bientôt pour un nouvel épisode d'Itinéraires Frontaliers.
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Le rapport à la frontière est hyper important. Il ne se passe pas une semaine sans que j'entende quelqu'un en parler.
Est-ce que tu peux te présenter et me dire pourquoi tu te rends en Suisse dans ton quotidien ?
Moi, je m'appelle Lorane et je suis là aussi depuis 4 ans. Moi, je vais très souvent en Suisse parce que mon copain travaille à Lausanne et on travaille tous les deux dans le milieu de la culture. Donc du coup, c'est très drôle parce que lui, il a la vision de la culture suisse, moi, j'ai la vision de la culture anécienne. Donc du coup, moi, je vais en Suisse pour le travail, pour aller voir des spectacles. en Suisse. J'y vais pour aller profiter plus d'une ville plus ouverte avec des boutiques différentes, des événements différents. J'y vais pour me baigner dans le lac aussi.
Tu m'as parlé de ton copain qui travaillait en Suisse. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus ?
Les allers-retours de tous les jours, on habite ensemble à Annecy. Il y a une limite à Annecy, c'est qu'en fait nous comme on travaillait déjà dans le plus gros lieu culturel annecien, bah du coup si tu veux évoluer autour dans la région c'est quand même assez difficile. Donc l'Aceus a été une réponse.
Oui.
Donc du coup c'était une opportunité qu'il pouvait pas rater. Donc il s'est juste dit bah let's go je vais faire les trajets tous les jours. Mais c'est quand même une heure et demie aller, une heure et demie retour, donc trois heures de route par jour. Avec comme on travaille dans le milieu du spectacle, c'est difficile de faire du télétravail. Donc la question s'était posée de si on s'installait en Suisse, mais comme moi j'ai pas trop eu de travail en Suisse, du coup on est resté vivre à Annecy. L'équilibre entre le temps que tu passes à aller travailler là-bas et ce que tu gagnes, il y a des gens qui font vite la croix dessus en se disant c'est trop d'investissement pour moi d'aller travailler en Suisse. Moi ça niquerait ma santé de faire autant de bouchons et de voitures par jour. En même temps il y a plein de gens qui font ce choix-là ici parce qu'ils disent... Déjà que si t'es pas Contanié en vivant à Annecy Tu galères si t'as envie de t'installer à Annecy Franchement c'est hyper chaud Pour acheter quelque chose Si t'as pas de salaire
Quand tu traverses la frontière franco-suisse Est-ce que t'as l'impression de véritablement changer de pays Ou pas du tout Et d'être juste dans une sorte de continuité territoriale
Moi j'ai pas du tout l'impression Si on parle vraiment du genre des Merci. On appelle ça des péages de frontières, on appelle ça la douane. Quand tu passes les douanes, moi j'ai absolument pas l'impression de changer de pays. Après par contre, effectivement, quand tu commences à rentrer dans un système de consommation, tu te dis, ah ouais, en fait, je paye pas le même prix, c'est déjà beaucoup plus cher. Les marques, les accents, il y a plein de choses. Mais moi, ça me fait souvent du bien d'y aller, parce que je sens un truc très cosmopolite que je ressens pas quand je suis à Annecy.
Je vais revenir sur ton travail. Et je voulais savoir, du fait de la proximité de la frontière, est-ce que vous restez tournée vers la France quand même, ou bien vous êtes totalement tournée vers la Suisse ?
Nous, on est une scène nationale, donc on dépend des subventions françaises. Mais par contre, là, tu ne peux pas te leurrer là-dessus, dans le sens où nous, on bénéficie de subventions européennes. Sur la culture, les structures suisses bénéficient aussi de subventions européennes. La culture en Suisse est quand même un petit peu différente. Ce qu'elle ne gère pas, c'est autofinancé par le manque des jeux. Le pourcentage de gains sont reversés à la culture. C'est pour ça que la culture en Suisse est beaucoup plus variée et plus intensifiée en Vichy. Parce que c'est directement l'addiction des gens qui finance la culture des autres. C'est moi. Je trouve qu'Annecy est quand même assez poussée d'un point de vue de la culture, du côté français. Moi,
à l'inverse, je trouve qu'Annecy est très, pas au niveau culturel, mais au niveau population, est très tournée vers la Suisse. Combien aujourd'hui de foyers et de ménages qui tiennent au moins une personne à minima qui travaille en Suisse, c'est énorme. Et on le ressent sur les prix anessiens. Une bière à 10 balles,
il y a à Paname,
mais Annecy, ça reste une toute petite ville dans laquelle, justement... Beaucoup de personnes, les vrais, entre guillemets, anessiens, pure chouche, moi j'en connais très peu, déjà, ils ne s'en lancent pas. C'est compliqué de s'immerger, et même les anessiens eux-mêmes le disent, venir parce qu'ils ont vu justement le prix de la vie augmenter, que ce soit un pour le touriste, mais aussi la proximité avec la Suisse, et le fait que les gens aillent travailler en Suisse. Voilà, et je trouve que oui, si on est plutôt... plutôt limité là-dessus par le pouvoir d'achat des fontaines.
Oui mais tu vois, dans l'ordre des choses, je pense que les anisciens, ils ont d'abord subi le fait que les anisciens ou les gens qui travaillaient ici allaient travailler en Suisse d'abord avant le tourisme. Parce que le tourisme, il a eu un grand bond il y a 5-10 ans, en mode les réseaux sociaux, parce que les gens ne connaissaient pas. Quand tu parles à des anisciens d'ici, ils te disaient qu'avant, ils étaient considérés comme des pouilleux, tu vois. Et aujourd'hui, c'est stylé d'habiter à Annecy.
Finalement, à travers le témoignage de Lorane, on comprend que la proximité avec la Suisse ne se limite pas à une simple frontière géographique. Elle influence directement les parcours de vie, les choix professionnels et même les équilibres du quotidien. Son copain, comme beaucoup d'autres habitants du territoire, travaille en Suisse et fait régulièrement les allers-retours. Un choix souvent motivé par la recherche d'un meilleur pouvoir d'achat. Mais ce pouvoir d'achat, justement, semble devenir de plus en plus fragile. avec l'augmentation du tourisme à Annecy. La hausse du nombre de travailleurs frontaliers et la pression que cela crée sur le territoire, vivre près de la frontière devient à la fois une opportunité et une contrainte. À Annecy, la Suisse est donc proche, parfois invisible, mais ses effets se ressemblent dans les logements, les déplacements, les salaires et les modes de vie. Je remercie Lorane et ses amis pour leur regard, et à bientôt pour un nouvel épisode d'Itinéraires Frontaliers.
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Le rapport à la frontière est hyper important. Il ne se passe pas une semaine sans que j'entende quelqu'un en parler.
Est-ce que tu peux te présenter et me dire pourquoi tu te rends en Suisse dans ton quotidien ?
Moi, je m'appelle Lorane et je suis là aussi depuis 4 ans. Moi, je vais très souvent en Suisse parce que mon copain travaille à Lausanne et on travaille tous les deux dans le milieu de la culture. Donc du coup, c'est très drôle parce que lui, il a la vision de la culture suisse, moi, j'ai la vision de la culture anécienne. Donc du coup, moi, je vais en Suisse pour le travail, pour aller voir des spectacles. en Suisse. J'y vais pour aller profiter plus d'une ville plus ouverte avec des boutiques différentes, des événements différents. J'y vais pour me baigner dans le lac aussi.
Tu m'as parlé de ton copain qui travaillait en Suisse. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus ?
Les allers-retours de tous les jours, on habite ensemble à Annecy. Il y a une limite à Annecy, c'est qu'en fait nous comme on travaillait déjà dans le plus gros lieu culturel annecien, bah du coup si tu veux évoluer autour dans la région c'est quand même assez difficile. Donc l'Aceus a été une réponse.
Oui.
Donc du coup c'était une opportunité qu'il pouvait pas rater. Donc il s'est juste dit bah let's go je vais faire les trajets tous les jours. Mais c'est quand même une heure et demie aller, une heure et demie retour, donc trois heures de route par jour. Avec comme on travaille dans le milieu du spectacle, c'est difficile de faire du télétravail. Donc la question s'était posée de si on s'installait en Suisse, mais comme moi j'ai pas trop eu de travail en Suisse, du coup on est resté vivre à Annecy. L'équilibre entre le temps que tu passes à aller travailler là-bas et ce que tu gagnes, il y a des gens qui font vite la croix dessus en se disant c'est trop d'investissement pour moi d'aller travailler en Suisse. Moi ça niquerait ma santé de faire autant de bouchons et de voitures par jour. En même temps il y a plein de gens qui font ce choix-là ici parce qu'ils disent... Déjà que si t'es pas Contanié en vivant à Annecy Tu galères si t'as envie de t'installer à Annecy Franchement c'est hyper chaud Pour acheter quelque chose Si t'as pas de salaire
Quand tu traverses la frontière franco-suisse Est-ce que t'as l'impression de véritablement changer de pays Ou pas du tout Et d'être juste dans une sorte de continuité territoriale
Moi j'ai pas du tout l'impression Si on parle vraiment du genre des Merci. On appelle ça des péages de frontières, on appelle ça la douane. Quand tu passes les douanes, moi j'ai absolument pas l'impression de changer de pays. Après par contre, effectivement, quand tu commences à rentrer dans un système de consommation, tu te dis, ah ouais, en fait, je paye pas le même prix, c'est déjà beaucoup plus cher. Les marques, les accents, il y a plein de choses. Mais moi, ça me fait souvent du bien d'y aller, parce que je sens un truc très cosmopolite que je ressens pas quand je suis à Annecy.
Je vais revenir sur ton travail. Et je voulais savoir, du fait de la proximité de la frontière, est-ce que vous restez tournée vers la France quand même, ou bien vous êtes totalement tournée vers la Suisse ?
Nous, on est une scène nationale, donc on dépend des subventions françaises. Mais par contre, là, tu ne peux pas te leurrer là-dessus, dans le sens où nous, on bénéficie de subventions européennes. Sur la culture, les structures suisses bénéficient aussi de subventions européennes. La culture en Suisse est quand même un petit peu différente. Ce qu'elle ne gère pas, c'est autofinancé par le manque des jeux. Le pourcentage de gains sont reversés à la culture. C'est pour ça que la culture en Suisse est beaucoup plus variée et plus intensifiée en Vichy. Parce que c'est directement l'addiction des gens qui finance la culture des autres. C'est moi. Je trouve qu'Annecy est quand même assez poussée d'un point de vue de la culture, du côté français. Moi,
à l'inverse, je trouve qu'Annecy est très, pas au niveau culturel, mais au niveau population, est très tournée vers la Suisse. Combien aujourd'hui de foyers et de ménages qui tiennent au moins une personne à minima qui travaille en Suisse, c'est énorme. Et on le ressent sur les prix anessiens. Une bière à 10 balles,
il y a à Paname,
mais Annecy, ça reste une toute petite ville dans laquelle, justement... Beaucoup de personnes, les vrais, entre guillemets, anessiens, pure chouche, moi j'en connais très peu, déjà, ils ne s'en lancent pas. C'est compliqué de s'immerger, et même les anessiens eux-mêmes le disent, venir parce qu'ils ont vu justement le prix de la vie augmenter, que ce soit un pour le touriste, mais aussi la proximité avec la Suisse, et le fait que les gens aillent travailler en Suisse. Voilà, et je trouve que oui, si on est plutôt... plutôt limité là-dessus par le pouvoir d'achat des fontaines.
Oui mais tu vois, dans l'ordre des choses, je pense que les anisciens, ils ont d'abord subi le fait que les anisciens ou les gens qui travaillaient ici allaient travailler en Suisse d'abord avant le tourisme. Parce que le tourisme, il a eu un grand bond il y a 5-10 ans, en mode les réseaux sociaux, parce que les gens ne connaissaient pas. Quand tu parles à des anisciens d'ici, ils te disaient qu'avant, ils étaient considérés comme des pouilleux, tu vois. Et aujourd'hui, c'est stylé d'habiter à Annecy.
Finalement, à travers le témoignage de Lorane, on comprend que la proximité avec la Suisse ne se limite pas à une simple frontière géographique. Elle influence directement les parcours de vie, les choix professionnels et même les équilibres du quotidien. Son copain, comme beaucoup d'autres habitants du territoire, travaille en Suisse et fait régulièrement les allers-retours. Un choix souvent motivé par la recherche d'un meilleur pouvoir d'achat. Mais ce pouvoir d'achat, justement, semble devenir de plus en plus fragile. avec l'augmentation du tourisme à Annecy. La hausse du nombre de travailleurs frontaliers et la pression que cela crée sur le territoire, vivre près de la frontière devient à la fois une opportunité et une contrainte. À Annecy, la Suisse est donc proche, parfois invisible, mais ses effets se ressemblent dans les logements, les déplacements, les salaires et les modes de vie. Je remercie Lorane et ses amis pour leur regard, et à bientôt pour un nouvel épisode d'Itinéraires Frontaliers.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Le rapport à la frontière est hyper important. Il ne se passe pas une semaine sans que j'entende quelqu'un en parler.
Est-ce que tu peux te présenter et me dire pourquoi tu te rends en Suisse dans ton quotidien ?
Moi, je m'appelle Lorane et je suis là aussi depuis 4 ans. Moi, je vais très souvent en Suisse parce que mon copain travaille à Lausanne et on travaille tous les deux dans le milieu de la culture. Donc du coup, c'est très drôle parce que lui, il a la vision de la culture suisse, moi, j'ai la vision de la culture anécienne. Donc du coup, moi, je vais en Suisse pour le travail, pour aller voir des spectacles. en Suisse. J'y vais pour aller profiter plus d'une ville plus ouverte avec des boutiques différentes, des événements différents. J'y vais pour me baigner dans le lac aussi.
Tu m'as parlé de ton copain qui travaillait en Suisse. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus ?
Les allers-retours de tous les jours, on habite ensemble à Annecy. Il y a une limite à Annecy, c'est qu'en fait nous comme on travaillait déjà dans le plus gros lieu culturel annecien, bah du coup si tu veux évoluer autour dans la région c'est quand même assez difficile. Donc l'Aceus a été une réponse.
Oui.
Donc du coup c'était une opportunité qu'il pouvait pas rater. Donc il s'est juste dit bah let's go je vais faire les trajets tous les jours. Mais c'est quand même une heure et demie aller, une heure et demie retour, donc trois heures de route par jour. Avec comme on travaille dans le milieu du spectacle, c'est difficile de faire du télétravail. Donc la question s'était posée de si on s'installait en Suisse, mais comme moi j'ai pas trop eu de travail en Suisse, du coup on est resté vivre à Annecy. L'équilibre entre le temps que tu passes à aller travailler là-bas et ce que tu gagnes, il y a des gens qui font vite la croix dessus en se disant c'est trop d'investissement pour moi d'aller travailler en Suisse. Moi ça niquerait ma santé de faire autant de bouchons et de voitures par jour. En même temps il y a plein de gens qui font ce choix-là ici parce qu'ils disent... Déjà que si t'es pas Contanié en vivant à Annecy Tu galères si t'as envie de t'installer à Annecy Franchement c'est hyper chaud Pour acheter quelque chose Si t'as pas de salaire
Quand tu traverses la frontière franco-suisse Est-ce que t'as l'impression de véritablement changer de pays Ou pas du tout Et d'être juste dans une sorte de continuité territoriale
Moi j'ai pas du tout l'impression Si on parle vraiment du genre des Merci. On appelle ça des péages de frontières, on appelle ça la douane. Quand tu passes les douanes, moi j'ai absolument pas l'impression de changer de pays. Après par contre, effectivement, quand tu commences à rentrer dans un système de consommation, tu te dis, ah ouais, en fait, je paye pas le même prix, c'est déjà beaucoup plus cher. Les marques, les accents, il y a plein de choses. Mais moi, ça me fait souvent du bien d'y aller, parce que je sens un truc très cosmopolite que je ressens pas quand je suis à Annecy.
Je vais revenir sur ton travail. Et je voulais savoir, du fait de la proximité de la frontière, est-ce que vous restez tournée vers la France quand même, ou bien vous êtes totalement tournée vers la Suisse ?
Nous, on est une scène nationale, donc on dépend des subventions françaises. Mais par contre, là, tu ne peux pas te leurrer là-dessus, dans le sens où nous, on bénéficie de subventions européennes. Sur la culture, les structures suisses bénéficient aussi de subventions européennes. La culture en Suisse est quand même un petit peu différente. Ce qu'elle ne gère pas, c'est autofinancé par le manque des jeux. Le pourcentage de gains sont reversés à la culture. C'est pour ça que la culture en Suisse est beaucoup plus variée et plus intensifiée en Vichy. Parce que c'est directement l'addiction des gens qui finance la culture des autres. C'est moi. Je trouve qu'Annecy est quand même assez poussée d'un point de vue de la culture, du côté français. Moi,
à l'inverse, je trouve qu'Annecy est très, pas au niveau culturel, mais au niveau population, est très tournée vers la Suisse. Combien aujourd'hui de foyers et de ménages qui tiennent au moins une personne à minima qui travaille en Suisse, c'est énorme. Et on le ressent sur les prix anessiens. Une bière à 10 balles,
il y a à Paname,
mais Annecy, ça reste une toute petite ville dans laquelle, justement... Beaucoup de personnes, les vrais, entre guillemets, anessiens, pure chouche, moi j'en connais très peu, déjà, ils ne s'en lancent pas. C'est compliqué de s'immerger, et même les anessiens eux-mêmes le disent, venir parce qu'ils ont vu justement le prix de la vie augmenter, que ce soit un pour le touriste, mais aussi la proximité avec la Suisse, et le fait que les gens aillent travailler en Suisse. Voilà, et je trouve que oui, si on est plutôt... plutôt limité là-dessus par le pouvoir d'achat des fontaines.
Oui mais tu vois, dans l'ordre des choses, je pense que les anisciens, ils ont d'abord subi le fait que les anisciens ou les gens qui travaillaient ici allaient travailler en Suisse d'abord avant le tourisme. Parce que le tourisme, il a eu un grand bond il y a 5-10 ans, en mode les réseaux sociaux, parce que les gens ne connaissaient pas. Quand tu parles à des anisciens d'ici, ils te disaient qu'avant, ils étaient considérés comme des pouilleux, tu vois. Et aujourd'hui, c'est stylé d'habiter à Annecy.
Finalement, à travers le témoignage de Lorane, on comprend que la proximité avec la Suisse ne se limite pas à une simple frontière géographique. Elle influence directement les parcours de vie, les choix professionnels et même les équilibres du quotidien. Son copain, comme beaucoup d'autres habitants du territoire, travaille en Suisse et fait régulièrement les allers-retours. Un choix souvent motivé par la recherche d'un meilleur pouvoir d'achat. Mais ce pouvoir d'achat, justement, semble devenir de plus en plus fragile. avec l'augmentation du tourisme à Annecy. La hausse du nombre de travailleurs frontaliers et la pression que cela crée sur le territoire, vivre près de la frontière devient à la fois une opportunité et une contrainte. À Annecy, la Suisse est donc proche, parfois invisible, mais ses effets se ressemblent dans les logements, les déplacements, les salaires et les modes de vie. Je remercie Lorane et ses amis pour leur regard, et à bientôt pour un nouvel épisode d'Itinéraires Frontaliers.
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