Speaker #1J'ai souhaité au départ rejoindre la mission handicap parce que je suis moi-même porteuse d'une maladie chronique. Et par la suite, au moment du Covid, j'ai eu un diagnostic pour ma fille aînée d'autiste Asperger. On a erré pendant 17 ans sans savoir ce qu'elle avait. Elle a eu beaucoup de symptômes ou de comorbidités. Elle a des troubles de l'attention, elle a des troubles anxieux, elle a fait des dépressions. Elle a eu une anorexie forte aussi, elle a été hospitalisée 9 mois. Et donc, c'est à ce moment-là, je me suis dit, c'est vraiment le bon moment d'y aller, il faut foncer. Il y a tellement de choses qui restent à faire, il y a beaucoup de sensibilisation à faire autour de tous ces sujets. Et donc, j'ai voulu m'investir, en fait, pour sensibiliser, pour faire changer le regard autour du handicap dans la firme. On est tous concernés par le handicap, directement ou indirectement. On sait que 85% des handicaps s'acquièrent au cours de la carrière professionnelle. Et c'est un sujet qui est encore très tabou aujourd'hui. Et il y a beaucoup de méconnaissances, notamment autour du handicap invisible. Donc il est important à mon sens d'en parler pour faire bouger les choses et pour faire prendre conscience de la marge de manœuvre qui reste pour que les personnes en situation de handicap se sentent plus incluses et plus intégrées, notamment en entreprise. C'est important pour moi de sensibiliser, bien sûr, parce qu'il reste encore tant de choses à faire. Après, je pense que ce que je fais, ce n'est pas extraordinaire en soi. Je pense qu'on peut tous, comme j'ai dit tout à l'heure, à notre niveau, avoir des petites attentions, des petites actions au quotidien qui font qu'au final, on va améliorer le monde. C'est très satisfaisant. Ça permet de trouver un équilibre et de trouver un sens à ce qu'on fait. Et ça permet aussi de se reconnaître dans les valeurs de la firme. J'encourage les personnes qui sont porteuses de handicap invisible à en parler. Parce qu'il n'y a que comme ça qu'on peut mettre en place des aménagements, qu'on peut prendre en compte leurs difficultés et puis les aider. Chez mon ancien employeur, j'avais pris le parti de ne pas en parler, sans doute par pudeur et par volonté de ne pas mélanger le perso et le pro, jusqu'au jour où je me suis rendue compte qu'en fait j'avais une collègue sur le même plateau que moi, donc en open space, qui avait des soucis avec un de ses enfants et qui elle aussi avait fait le choix de ne pas en parler. Et on s'est retrouvés à ce moment-là, toutes les deux à chercher des écoles inclusives pour nos enfants, et on s'est ouvertes l'une à l'autre, et c'est à partir de ce moment-là en fait que je me suis dit, mais pourquoi ne pas en parler ? Parce qu'on se sent moins seul déjà. et puis on peut s'entraider. Il faut en parler à son supérieur, à ses supérieurs, on peut en parler au RH, on peut en parler à la mission handicap, on peut en parler à ses collègues si on le souhaite. Alors moi j'ai toujours fait attention de ne pas polluer mes collègues et mes responsables avec tous mes problèmes personnels, on en a tous. Surtout que quand ma fille est tombée malade, elle était en dépression il y a maintenant un peu plus de 4 ans, j'ai été amenée à reprendre le service dans lequel j'étais au pied levé parce que la responsable a été arrêtée pour une longue durée. Donc c'était assez intense à la fois personnellement et professionnellement. Mais ce qui m'a beaucoup aidée, c'est que j'ai rencontré des managers qui étaient bienveillants et qui m'ont dit en fait à partir de maintenant ta priorité c'est ta fille, on s'adaptera. Donc j'avais carte blanche pour m'organiser et ça m'a en fait déculpabilisé et enlevé un poids moral en fait qu'on peut avoir quand on doit s'absenter sur les heures du travail et que ça perturbe un petit peu l'organisation d'un service. Mais ça m'a permis vraiment de faire la part des choses entre la partie pro et la partie perso. On se sent beaucoup plus libre et on ne culpabilise plus. Et en fait, au cours de cette année-là, j'ai réalisé ma plus belle année chez PwC. Il m'est arrivé au début de me demander si ma place n'était pas plutôt auprès de mes filles qu'au travail. Et je me suis vite rendue compte en fait que si cette solution pouvait être peut-être bénéfique pour mes filles, elle ne le serait peut-être pas pour moi, parce que ça me permettait, en fait le travail me permettait de sortir un peu de mon quotidien à la maison, de voir du monde, de me changer les idées et voilà, de faire autre chose. Et je dirais que ça a été salutaire pour ma part en fait de continuer à travailler. Et sachant qu'en fait... j'avais réussi à trouver un équilibre en continuant à travailler. Je pense que cet équilibre, mes fils l'ont ressenti aussi.