- Speaker #0
Bonjour Tiffaine, bonjour, merci d'être parmi nous, de me faire l'honneur d'être présente dès les débuts de cette nouvelle aventure pour moi, cette nouvelle aventure du voyage des initiés. Avant de démarrer, je voudrais commencer par une petite révélation. On dit que tout bon coach a son propre coach et aujourd'hui je suis doublement honorée par ta présence parce qu'il se trouve... que tu es ma propre coach et que tu as accepté de venir ici. Alors merci, merci, merci mille fois, Tiffaine.
- Speaker #1
Merci pour ton invitation et je suis très honorée de partager ce moment avec toi et avec tes auditeurs.
- Speaker #0
Merci. Alors, on va mener cette interview entre le Cap, en Afrique du Sud, où toi tu te trouves. Moi à Annecy, donc on est en visio, mais on est connectés, j'en suis certaine, il n'y a pas de souci. Avant d'explorer les différentes phases que tu as vécues, notamment à travers des terres différentes, et aussi ton exploration relativement jeune du sujet de la spiritualité, j'aimerais, une fois n'est pas coutume, commencer par la fin. Et oui ! Rétrospectivement, je vais... expliquer comment tu es arrivé à où tu en es mais avant toute chose j'aimerais que tu me dises si tu devais me décrire en une image où tu en es aujourd'hui quelle image te vient exactement si tu peux nous en partager les couleurs les textures les sensations parce que je sais que tu as le verbe très
- Speaker #1
affiné pour ça j'adore et la première image qui jaillit tout de suite dans mon Dans mon cœur et dans mon esprit. En sachant qu'on est relié du CAF à ANSI, comme tu le disais, c'est la médecine de l'eau et celle des montagnes. Donc moi, c'est vraiment l'histoire de ma vie, c'est créé entre ancrage et mouvement. Et donc l'image qui me vient, je me vois dans un café ici à Cape Town, que j'adore, en train de travailler sur la fin de l'écriture de mon livre, raffiner mon livre, avec les montagnes devant moi, l'océan et les surfers, tu sais que j'aime beaucoup surfer. Voilà, donc l'image qui me vient, c'est vraiment... entre ancrage et mouvement, entre la terre, les montagnes qui se jettent dans l'océan et ce côté transmission à travers le livre. Et ce côté aussi plaisir, fun, grâce, mouvement à travers le surf qui est aussi une de mes passions et un espace que je chéris profondément.
- Speaker #0
C'est quelque chose que tu vis actuellement ou c'est comme une métaphore d'un paradis rêvé ?
- Speaker #1
C'est quelque chose que je vis actuellement, c'est ma vie, c'est mon quotidien et c'est bon de vivre dans la réalité. C'est bon de vivre dans la réalité qu'on s'est choisi quelques années auparavant, tu sais, quand on fait l'exercice de notre vision, quand on fait l'exercice de où est-ce que j'aimerais m'emmener, à quoi est-ce que je désire que ma vie puisse ressembler. On écrit sur le papier une réalité et parfois ça nous semble très loin. Je sais qu'on va retracer le fil de mon parcours, mais moi j'ai écrit cette réalité-là à l'époque où j'étais en Bretagne. dans un tout petit appartement de même pas 30 mètres carrés, où il pleuvait, c'était une orage breton, la tempête à l'extérieur. Et je savais dans mon cœur, dans mon âme, que j'aspirais retourner vivre sur le continent africain, que j'aspirais, j'ai toujours rêvé d'écrire, j'ai toujours rêvé de transmettre par ce moyen-là. Et le surf, je surfais déjà à l'époque, mais mon niveau était tout petit, c'était vraiment les débuts. Et donc ça m'a demandé beaucoup de patience, beaucoup de persévérance et de vraiment continuer. à m'engager chaque jour dans la direction de cette vision. On en parlera aussi probablement, mais pour moi, la spiritualité, c'est très lié au self-leadership, comment est-ce que je me guide à travers ce que j'ai envie de pouvoir créer. Et donc, c'est vraiment ma vie. C'est vraiment la réalité que j'ai vie aujourd'hui.
- Speaker #0
C'était quelle période, ce moment, dans l'appartement en Bretagne ?
- Speaker #1
C'était en 2021, quand j'ai créé mon entreprise, il y a cinq ans déjà.
- Speaker #0
Cinq ans déjà. Ok, d'accord. Et depuis, il s'est passé pas mal de choses. On va le voir ensemble. Oui. Alors... On va commencer tout de suite par le sujet de la spiritualité parce que c'est quelque chose qui est un fil très riche, très profond et très réel depuis ton plus jeune âge. Alors étonnamment, je suis allée creuser un petit peu, j'ai vu et lu que tu as grandi dans une famille sans religion ni spiritualité. Comment tu dirais que ce silence t'a façonné par rapport au monde invisible ? Est-ce que c'est quelque chose qui est arrivé sur le tard ou que tu ressentais déjà sans forcément arriver à le nommer ?
- Speaker #1
Merci pour ta question. Je dirais que je le ressentais sans parvenir à le nommer et qu'il y a certains espaces dans ma vie où cette connexion, elle est venue tout de suite.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Notamment ma capacité à répondre à l'appel de mon âme, à me sentir appelée par... certaines terres, par certaines expériences, et d'avoir la capacité à me mettre en mouvement pour le créer dans ma réalité. Ça, c'est arrivé très jeune, avec la dimension de sens et d'engagement qui, pour moi, sont profondément liés à la spiritualité. Et il y a des choses qui sont arrivées beaucoup plus tard, notamment la connexion au corps, la connexion... À mon intuition, j'avais la sensation que je n'étais pas du tout intuitive. Je me revois lire des livres dans le métro parisien, les fois que je travaillais à la Défense, en me disant « Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire d'intuition ? » Moi, je n'en ai pas. Mais parce qu'en fait, je ne voulais pas entendre ce que mon intuition me criait. Donc, ça m'a mangé bien d'en être coupée. Et donc, la connexion au corps, à l'intuition, à la créativité, je me suis longtemps raconté l'histoire que je n'étais pas quelqu'un de créative parce que J'ai pas tellement la fibre d'une artiste dans l'imaginaire que j'en avais, alors que j'ai écrit de la poésie depuis mes 14 ans, alors que je suis une créatrice de projets, que je suis une créatrice de mouvements. Je suis une créative, une créatrice, mais ça j'en étais pas consciente. Et ça c'est des choses qui sont arrivées plus tard, c'est des prises de conscience qui sont arrivées davantage dans ma vingtaine et dans ma trentaine. Là où la dimension vraiment de sens et de voyage, ça je l'ai eu tout de suite. Ça c'était inné pour moi.
- Speaker #0
D'accord, mais c'est un sujet qui a commencé à prendre forme dans la réalité, on va dire au moment de l'adolescence, peut-être au moment où tu as laissé les mots se poser sur le papier ?
- Speaker #1
La spiritualité, pas du tout. Donc moi j'ai grandi dans une famille, comme tu le dis, sans religion, sans spiritualité. Ma maman qui était de, on va dire, d'éducation protestante, mon père très anti-religion et donc on ne parlait pas de religion, c'était tabou. Mes parents, qui étaient tous les deux ingénieurs, étaient vraiment dans le fait de valoriser l'intelligence. logique, l'intelligence mathématique, la raison, et pas du tout l'intelligence spirituelle, créative, artistique, l'intelligence émotionnelle, d'autres formes d'intelligence. Et donc pour moi, le moment vraiment de connexion avec le mot, même spiritualité, qu'est-ce que ça signifie, ça a été bien plus tard, pendant mes études à l'époque où j'ai fait un semestre en Malaisie, où je suis partie étudier pendant six mois sur l'île de Pénang. entre les montagnes et l'océan. C'est vraiment un paysage qui est revenu à plusieurs moments dans Malaisie. Et donc, je dirais que c'est là que la notion de spiritualité, parce que j'étais connectée à la Malaisie, qui est un pays extrêmement spirituel, qui est un pays musulman, mais dans lequel, et moi sur l'île de Pénang, on était vraiment très mélangés avec beaucoup de temples taoïstes, hindouistes. Voilà, la religion, la spiritualité, la religion était partout. Et donc, moi, ça m'a connectée très fort. C'est un moment où je méditais beaucoup, ça a été un moment vraiment de retour à moi et c'était la première fois de ma vie où je partais vivre à l'étranger si longtemps, si loin de l'univers dans lequel j'avais grandi, si loin de mes amis d'enfants, si loin de ma famille, si loin de mon réseau, etc. Et évidemment, ça m'a ouvert à une autre manière de voir le monde, une autre manière de vivre. culture et ça m'a permis vraiment de revenir en moi. Paradoxalement, tu sais, il y a un proverbe que j'adore, qui est un proverbe Touareg qui dit que voyager c'est aller de soi à soi en passant par les autres.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et donc pour moi, c'est vraiment ça. Le fait de m'ouvrir à une autre manière de voir le monde et de prendre ce temps aussi d'éloignement, ça m'a permis un retour à moi. Et pour moi, c'est la spiritualité, c'est vraiment, en tout cas dans ma manière de le concevoir aujourd'hui, c'est vraiment d'abord de soi à soi. avant d'être de soi vers les autres et puis de soi vers le monde et vers la vie.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Donc tu dirais, est-ce que tu arriverais à définir quand même, en reprenant le fil, j'ai bien compris que la maladie ça a été un premier seuil, mais est-ce que tu te souviens d'un premier signe très clair ou pas du tout, c'est quelque chose qui a été latent au fur et à mesure et qui après s'est imposé par les mots et par les expériences ?
- Speaker #1
Oui, je me souviens d'un premier signe très clair. Ça s'est vraiment joué en Malaisie, c'est pour ça que pour moi c'est le moment fondateur. À cette époque, je sens au fond de moi que ma vie est à l'étranger. Je le sais, je le sens, je l'ai senti quand j'étais au Ghana et que j'avais 16 ans. Je sens que j'aspire à vivre notamment sur le continent africain. Et je suis dans une relation amoureuse depuis environ 6 ans qui ne me correspond pas du tout. pour laquelle on n'a pas du tout le même projet de vie. Mon compagnon de l'époque aspire à rester, vivre près de chez ses parents, très casanier, pas du tout aventurier, pas du tout... On a plein de choses en commun, mais on a surtout beaucoup de différences. Et à ce moment-là, je sais, au fond de moi, que ce qui s'impose, c'est de quitter la relation et de partir vivre ma vie. vie et j'ai trop de peur, j'ai trop de peur de décevoir et donc j'enferme cette intuition à l'intérieur de moi et quand je rentre de Malaisie on se sépare, j'ai le courage, je prends ma vie en main, je pose cette décision qui a été la décision la plus difficile à prendre de ma vie et la plus salvatrice, c'est celle qui a enclenché tout le reste et toutes les autres et à ce moment-là je découvre que j'ai une maladie de la thyroïde, une hypothyroïdie, maladie d'Hashimoto. Et donc pour moi, tu me parles de signal, pour moi c'est le signal. Parce que le signal c'est ok, mon corps m'envoie un message. Je ne l'ai pas écouté depuis des années. Parce que j'ai grandi dans une famille, on était très déconnectés. Mes parents sont allés de dépression en dépression. Toutes les émotions étaient anesthésiées par le travail, par la télévision, par l'alcool, de plein de manières différentes. Et donc là, tout à coup, le signal c'est oh waouh. Mon corps a quelque chose à me dire. C'est très en lien d'ailleurs avec l'expression, puisque la timide, c'est vraiment le chakra de la gorge. Et donc, c'est très en lien avec l'expression. Et la question que je me pose, c'est « Oh waouh, Tiffaine, quelle est la réalité que tu n'as pas exprimée ? » « Quelles sont les vérités à l'intérieur de toi que tu ne t'es pas autorisée à exprimer ? » Et donc, pour moi, le chemin de spiritualité qui en a découlé depuis, c'est vraiment un chemin de reconnexion à ma voix. Et dans tous les sens du terme, à ma capacité à porter ma voix, ma capacité à m'exprimer et à m'exprimer, exprimer ce que je suis à travers mes relations, à travers l'entreprise que je crée, à travers les messages que je porte dans le monde. Et ça, c'est quelque chose qui était coupé avant pour moi et dont je n'avais pas conscience.
- Speaker #0
Tu as entrepris quoi comme travail spécifiquement pour justement la faire éclore, j'ai envie de dire ?
- Speaker #1
Eh bien, la pratique. J'ai le courage, la médecine du courage, la médecine de l'audace. Me lancer dans l'entrepreneuriat, ça a été déjà un premier pas pour moi de j'ose exprimer qui je suis dans le monde. J'avais nourri, on pourrait dire, cette spiritualité intérieure depuis des mois, des années, même quand je pense à tous les sujets de développement personnel qui m'ont toujours passionnée, mais c'était vraiment mon univers intérieur. Je n'avais jamais exprimé ça dans le monde. j'avais jamais forcément exprimé à mes proches que c'était des sujets qui m'intéressaient. Donc c'est une forme de coming out, quelque part, quand on lance notre entreprise, comme tu le fais toi aussi à travers ce podcast, où tu veux aborder ce sujet-là. Et puis par la suite, assez rapidement, puisque le podcast, donc mon podcast « Oser l'aventure d'être soi » va fêter ses trois ans dans quelques semaines. Et donc, assez rapidement, finalement, dans mon activité, s'est imposée cette idée de j'ai envie de porter ma voix, j'ai des messages à transmettre dans le monde. Et donc, ça a été la pratique. Je vais prendre mon micro, je vais me lancer même si j'ai peur et je vais grandir dans mon courage et dans ma capacité à avancer avec la peur et je vais partager mon message.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Est-ce que tu as un petit tips pour dépasser la peur qui, toi, a été un vrai game changer, par exemple ? Parce que la peur, on peut la retrouver dans plein de situations différentes. Toi, ça t'a aidé à éclore et à montrer finalement qui tu étais pour incarner ton envie et ta mission de transmission. Il y en a d'autres où ça peut les coincer dans des situations et ils sont bloqués, ils procrastinent, ils restent là. Est-ce qu'il y a vraiment un petit quelque chose qui peut être un déclic au-delà de « moi, je suis capable de dépasser la peur » .
- Speaker #1
Oui, parce que pour moi, le type, c'est de comprendre que la peur, ce n'est pas l'ennemi. L'ennemi, c'est d'attendre que la peur s'en aille avant de passer à l'action. Et donc, commencer avant d'être prêt, pour moi, ça, c'était un game changer immense parce que c'est dans la pratique que je vais... améliorer mes compétences, que je vais raffiner ma capacité à m'exprimer, que je vais avoir confiance dans ma capacité à être spontanée dans ma prise de parole. Donc c'est vraiment oser se lancer avant d'être prêt, ça je dirais que c'est un premier point. Et pour moi ce qui m'a toujours aidée, ce qui m'a toujours portée, au-delà de la peur, c'est vraiment de me reconnecter au sens et à la mission. Pourquoi est-ce que c'est important que je le fasse ? Pourquoi est-ce que c'est important que je crée mon entreprise. Pourquoi est-ce que c'est important que je porte ma voix sur les sujets qui sont précieux pour moi et dont je sais que le monde a besoin d'entendre parler de ces sujets-là ? Et quand on se relie à pourquoi, quand on se relie au sens, quand on se relie à la mission, alors le pourquoi est plus grand que la peur. Et l'idée, c'est vraiment de réussir à se mettre dans un espace où on sent que c'est notre chemin. Et donc, oui, je vais trembler un peu. Je vais le faire.
- Speaker #0
ça m'intéresse de parler de ça parce que pour moi ça reboucle avec le sujet du corps parce que je pense que c'est peut-être la même chose pour toi mais en tout cas la peur elle est ressentie forcément à travers le corps donc si on remet la main d'une certaine manière sur comment je traverse cela dans mon corps physiquement selon moi en tout cas et par mon passé aussi de malade entre guillemets de sport où il y a une notion du corps qui est très importante et que moi j'ai beaucoup exploré enfant. Je trouve que c'est le premier, en tout cas le premier step, la reconnexion au corps qui permet justement de prendre conscience et ensuite de dépasser ça. Je ne sais pas comment toi tu vois ça, mais en tout cas tu as mis quelques graines sur ce sujet-là déjà.
- Speaker #1
Oui. Aujourd'hui c'est plus facile parce que j'ai beaucoup plus d'outils aussi en lien avec le corps, tu vois, que je n'avais pas spécifiquement à l'époque. Mais déjà à l'époque, je parvenais à me dire, la peur c'est une sensation physique corporelle. Et donc quand j'arrive à ressentir où est-ce qu'elle est dans mon corps, j'arrive à me dissocier. Tu vois, ce n'est pas quelque chose, ce n'est pas un scénario catastrophe qui m'engloutit. Et si je ne réussis pas, je vais être lapidée dans d'atroces souffrances, mais c'est vraiment ok. Ok ? C'est une sensation physique, corporelle, et je peux respirer à cet endroit-là. Et cette peur, elle vient, elle a un message pour moi. Elle vient me rappeler que c'est important pour moi. Elle vient me rappeler que je suis quelqu'un qui met du cœur dans ce qu'il fait, qui a envie de bien faire. Elle vient peut-être m'inviter à me préparer davantage. Tu vois, c'est si j'arrive à voir que ce n'est pas mon ennemi et que j'apprends à l'apprivoiser, Alors je peux... Guider ma vie, elle peut faire partie de ma vie. Et aujourd'hui, moi, mon but, c'est plus d'avoir peur. J'ai tellement fait grandir mon courage ces dernières années que je sais que même si j'ai peur, je peux avancer avec la peur. Et l'objectif, c'est d'arriver à avancer avec elle comme si elle était sur le siège passager à l'arrière. Mais la personne qui guide, la personne qui lead ma vie, c'est moi. Et celle qui va prendre la décision, c'est moi.
- Speaker #0
En somme, la peur, elle serait comme un message positif. Du coup, pour la personne ?
- Speaker #1
Souvent, c'est un message qui est intéressant à écouter. Qu'est-ce que c'est que peur à me dire ? Et comment est-ce que, plutôt que de me dire... Souvent, les gens croient que la peur, c'est le signal qu'on n'est pas prêt. C'est le signal que ce n'est pas la bonne direction pour nous. Alors que non, c'est le signal de... Ok, get ready for it. Quelles sont les compétences que tu as besoin de faire grandir ? Quelles sont les qualités d'être que tu as besoin de déployer ? De quelle manière est-ce que tu peux t'entourer ? De quelle manière est-ce que tu peux te préparer ?
- Speaker #0
d'ailleurs.
- Speaker #1
Ensuite, ne pas attendre que cette peur, elle se dissolve complètement parce que le meilleur remède à la peur, c'est l'action.
- Speaker #0
Clairement.
- Speaker #1
Et donc, let's go for it. Be afraid and do it anyway.
- Speaker #0
Ok, hyper intéressant. J'aimerais revenir un petit peu sur un passage que tu as évoqué, l'environnement familial, sans aller forcément en profondeur là-dessus. Je pense que tu le penses comme moi, le côté Tao nous dit toujours que les choses s'analysent de deux façons, comme une pièce de monnaie, on a le côté pile, on a le côté face. Aujourd'hui avec le recul, l'environnement familial, au-delà de l'expérience vécue, peut-être du trauma en tout cas à l'instant T, qu'est-ce que tu dirais que ça t'a apporté pour forger la Tiffaine que tu es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Tout, ça m'a tout apporté. Et j'ai beaucoup de gratitude pour mes parents qui ont fait comme ils ont pu, avec les moyens qu'ils avaient, avec l'intelligence émotionnelle qu'ils avaient, avec l'espace intérieur qu'ils avaient. Ce pourquoi j'ai le plus de gratitude, c'est le fait qu'ils m'aient laissée, à l'âge de 15-16 ans, partir toute seule au Ghana avec mon ami d'enfance. Et ça, pour moi, ça a été un... C'est l'expérience de ma vie qui a tout changé, qui a tout bouleversé. Ça m'a permis de prendre conscience très jeune de certaines réalités. Ça m'a permis de me connecter avec ma mission, avec ce que je sentais au fond de moi. De « Oh waouh, c'est à ça que j'ai envie de contribuer. J'ai envie de contribuer à des projets qui ont du sens, qui ont de l'impact. » Et j'ai su ça alors que j'avais 16 ans, là où parfois des personnes ont 30 ans, 40 ans, 50 ans, se demandent encore... Qu'est-ce que je fais avec ma vie ? Quelle est la direction que je dois prendre ? Quelle est ma place sur cette terre ? Et moi, je l'ai senti tout de suite dans mon corps très jeune parce que j'ai osé répondre à l'appel de mon âme et parce que, soyons clairs, mes parents m'ont autorisé et ont autorisé avec mon ami à le faire.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et ils ne l'ont pas autorisé depuis un égard. espace de naïveté ou depuis un espace où ils n'étaient pas conscients de nous laisser partir à cet âge-là, ils nous ont vraiment dit « Ok, on a entendu votre désir d'expérience, on a entendu que vous aviez envie de pouvoir créer un projet d'aide au développement au Ghana, on va vous laisser partir, mais on va vous laisser partir l'année prochaine. » Et pendant cette année, vous allez prendre le temps de mûrir le projet, de récolter les fonds dont vous avez besoin pour partir, ce qui représentait à l'époque 3 000 euros. et nous on ne vous financera pas, on va vous soutenir mais on ne vous financera pas, c'est à vous même de trouver les ressources et l'immense gratitude que j'ai pour ça parce que ça m'a permis de connecter très jeune aussi à ma capacité à créer les ressources on les a levées ces 3000 euros à 16 ans, à une époque où on n'avait pas de réseaux sociaux on avait à peine le droit de travailler même si j'ai découvert qu'on avait le droit de travailler à l'âge de 12 ans et j'ai travaillé chez un caviste on a fait Merci. plein de missions, on a récolté cet argent-là. Et donc aujourd'hui, dans ma vie, quand j'aspire à partir voyager, à investir en moi, à rejoindre une formation, à créer quelque chose dans ma vie et que je vois le prix qui est de 3 000, 5 000 euros, parfois plus encore, je ne me dis pas que je n'ai pas les moyens. Parfois je les ai, parfois je ne les ai pas. Je me dis comment je peux créer les moyens. Parfois on n'a pas les ressources, mais on a la capacité à créer des ressources. Et donc ça m'a permis de me connecter à ça aussi, très jeune. Et puis, dans le côté peut-être plus plus difficile à vivre, mais dans lequel j'ai eu aussi des clés de compréhension très jeune, c'est que, donc, pourquoi ce voyage au Ghana ? Parce que, à l'époque, ma maman venait de vivre un burn-out qui était très violent, qui a duré des mois, elle a été hospitalisée, je me souviens d'un de mes anniversaires que j'ai passé à l'hôpital, j'avais séché les cours pour me rendre à l'hôpital, pour pouvoir lui apporter des roses, etc. C'était très difficile. Et, pour autant, ça m'a permis de comprendre aussi très jeune que la vision du monde à laquelle on voudrait nous faire souscrire, tu sais, d'avoir un bac plus simple, d'être dans une grande entreprise, d'avoir une grande maison, d'avoir un mari, des enfants. Très vite, j'ai compris, c'est pas le fait d'avoir coché ces cases-là qui nous rend profondément heureux, qui nous rend profondément vivants. Moi, j'ai grandi en voyant mes parents qui étaient éteints toute ma vie. et donc mon... Ma quête, ça a été de comprendre, ok, qu'est-ce qui va me faire me sentir profondément vivante ? Qu'est-ce qui va m'animer ? Qu'est-ce qui va me faire me sentir que ce que je fais a du sens, que je contribue dans la bonne direction à quelque chose qui est juste pour moi ? Et donc j'ai aussi la gratitude envers eux pour ça, parce que dans les difficultés qu'ils ont vécues, ils m'ont permis de prendre conscience de quelle est la vie que moi j'ai envie de créer pour moi.
- Speaker #0
Un miroir révélateur au final. grossissant presque et dans comme une loupe de la suite.
- Speaker #1
Exactement. Et dans la vie, tout ce qui nous challenge, parce qu'au début, c'est nos parents, mais ensuite, on va retrouver ça dans notre relation amoureuse, on va retrouver tout ce qu'on a pu vivre et tout ce qu'on a pu coder, on va le retrouver parfois avec nos clients, parfois avec nos collègues. Et donc, c'est à chaque fois que je me vois en difficulté, que je me vois en réaction, quelle est l'opportunité de guérison ? quelle est l'opportunité.
- Speaker #0
de grandir à cet endroit là c'est hyper intéressant je reviens sur le sujet des l'appel de des terres lointaines qui est un sujet qui moi aussi me porte comme tu te sais quand je fais référence moi à mes souvenirs je sais qu'à chaque fois que j'ai été appelé par Les voyages à l'étranger, en tout cas au tout début, c'était... Je répondais à des élans de vie, vraiment. Quand j'y réfléchis, je me dis que c'est vraiment ce qui s'est passé à ces instants-là qui étaient des instants constructeurs pour moi. Toi, tu m'as parlé de la Malaisie, tu m'as parlé du Ghana. Aujourd'hui, tu vis entre deux pays en Afrique. Faisons un focus sur l'Afrique. Qu'est-ce que... Pourquoi l'Afrique ? Qu'est-ce qui t'a animée très rapidement ? Qu'est-ce que... Est-ce que c'était une évidence ? Quel mot tu mets dessus ?
- Speaker #1
C'était une évidence. C'était un appel de l'âme, clairement. Je pense que mon âme est africaine. C'était un appel à revenir à mon essence. Et ce qui m'a tout de suite marquée, tu vois, je me revois dans les rues d'Akra, de Cape Coast. C'est intéressant d'ailleurs parce que là où j'ai été envoyée au Ghana, ça s'appelait Cape Coast. Et aujourd'hui, je vis entre Capskilling et Cape Town. c'est vraiment une histoire de cap dans ma vie mais ce dont je me souviens c'est vraiment ce côté voir les gens profondément vivants les voir dans leur corps les voir danser, les voir chanter voir un monde coloré ce joyeux chaos que tu peut-être retrouves toi aussi en Inde ce chaos joyeux cet art de vivre cette connexion à la présence pour moi et c'est ce qui m'émeut le plus notamment tu vois dans ma vie Au Sénégal, qui est une vie de village, où j'habite dans un petit village de pêcheurs, au bord de l'océan, où il y a vraiment cet art de vivre où on prend le temps. On prend le temps de vivre, on prend le temps de saluer son prochain, on prend le temps d'avoir une conversation dans la rue avec un inconnu, on prend le temps, on honore le temps. Et moi qui venais d'une famille, d'une société dans laquelle on instrumentalise le temps, On doit rendre notre temps productif, on doit le rentabiliser. Ça a été, tu vois, un bouleversement de paradigme de « Oh waouh, en fait, on peut honorer, on peut rendre grâce. »
- Speaker #0
On peut vivre différemment.
- Speaker #1
On peut vivre différemment, on peut savourer notre... notre expérience. On peut oeuvrer, on peut contribuer, on peut créer des résultats extraordinaires et on peut le faire d'une manière qui honore notre temps, qui honore notre énergie, qui honore nos besoins. Et donc moi, ce qui m'a marquée profondément en Afrique, c'est cette relation au temps. C'est cette capacité à être connecté au vivant, cette connexion extraordinaire à la nature, à la spiritualité. L'Afrique est une terre de spiritualité et de spiritualité ancestrale. Même là où on vit au Sénégal, même si le Sénégal est un pays musulman, là où on habite en Casamance, c'est davantage la religion chrétienne avec l'ethnie diola qui est majoritaire. Tout le monde est animiste, tout le monde est connecté aux anciennes religions traditionnelles. Et donc il y a cette connexion à quelque chose de plus grand que soi. soi. Et qu'est-ce que c'est que l'animisme, tu vois, quand on vient vraiment à la racine, c'est de croire que toute chose a une âme. La nature a une âme, les animaux ont une âme, les objets, certains objets, tu vois, je joue de la cora quand je suis au frégal, c'est un objet pour moi qui a une âme, ma planche de surf pour moi c'est un objet qui a une âme, toute chose a une âme. Et quand on voit que le vivant n'est pas coupé de soi, mais qu'on fait partie du vivant, qu'on fait partie du tout, notre manière de vivre elle est complètement différente.
- Speaker #0
Mais tu avais déjà touché ces sujets sur l'Afrique ou c'est en, je ne sais pas, peut-être un livre, un reportage ou c'était non, c'était vraiment ton âme africaine en toi, peut-être d'une autre vie ou pas, mais c'était ancré. Est-ce qu'il y a eu un déclencheur dans la réalité ou c'était profondément là et ça demandait qu'à se réveiller ?
- Speaker #1
Je pense que c'était là, ensommé, que ça demandait être réveillé. et quand mon ami d'enfance m'a dit à un moment de ma vie où c'était très difficile pour moi encore une fois avec ma maman qui était malade qui m'a dit et si on partait dans un endroit où on peut faire une différence on peut contribuer à quelque chose et dans la conversation vient le mot de l'Afrique et là je sens tout mon corps qui vibre mais d'une manière extraordinaire et j'ai des souvenirs de moi au Ghana où je sens dans mon corps que tout s'allume, que tout s'illumine. Et je sais que je suis au bon endroit. Je suis au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne. Et que c'est ça ma vie, que c'est ça ma direction, et que c'est ça mon chemin. Et je me fais la promesse à ce moment-là de ne pas oublier ce que j'ai ressenti dans mon corps.
- Speaker #0
Et me dire,
- Speaker #1
Tiffaine, tu vas avancer dans ta vie, tu vas aller apprendre, tu vas aller étudier. J'avais que 16 ans à l'époque. Tu vas te rappeler. de ce que tu as ressenti à ce moment-là. Et j'ai choisi de faire une école de commerce parce que je voulais apprendre la gestion de projet, je voulais apprendre l'entrepreneuriat, je voulais apprendre le leadership. J'étais déjà dans cette vision-là et je voulais l'apprendre au service de projets que j'allais pouvoir mener sur le continent africain. Et mon premier job à la sortie de mes études, ça a été un VIE, donc un volontariat international en entreprise. en tant que responsable de fondation d'une grande entreprise de tourisme entre le Sénégal et la Tunisie, où je faisais la gestion de projets de développement durable.
- Speaker #0
D'accord, oui.
- Speaker #1
Et je contribuais à des projets d'agroécologie, d'émancipation des femmes, d'éducation dans des villages reculés, en brousse, etc. Et donc c'était, pour moi, le... Tu vois, ça s'est réveillé dans mon corps, j'ai senti que c'était ça. Et j'ai senti que c'était et l'Afrique et l'engagement. Et que c'était vraiment ces deux notions-là qui... Ça venait tout allumer à l'intérieur de moi.
- Speaker #0
Et il y a donc ce moment où ça se réveille et ce moment où tu arrives, tu mets le premier pied sur la terre africaine. Est-ce qu'il y a une différence ou c'est exactement ce que tu as ressenti au plus profond de toi ?
- Speaker #1
Je me sens à la maison. Je me sens à la maison. Et tu vois, quand je suis allée au Sénégal pour la première fois, et ça a été quelques années plus tard pendant mes études où je me suis engagée dans des projets.
- Speaker #0
d'entrepreneuriat social, évidemment, j'ai choisi les projets qui étaient en lien avec le continent africain. Et quand je pose pour la première fois mon pied à Dakar, je me sens à la maison. Tout de suite. Tout de suite.
- Speaker #1
Moi, je comprends très bien. Je comprends très bien.
- Speaker #0
J'ai les codes, je comprends tout. Je comprends tout. Peut-être pas encore les subtilités, parce qu'évidemment, j'aurais encore tellement de choses à apprendre. Et maintenant, ça fait presque dix ans, tu vois, que je suis au Sénégal et que j'y habite presque. ça fera bientôt 10 ans tout compris j'ai évidemment encore tellement de choses à apprendre mais tout de suite je comprends tout de suite j'ai les codes, tout de suite j'arrive à parler Wolof et je parle avec un accent si on voit pas ma couleur de peau on peut pas savoir si je fais ça oui tu vas réfléchir tout de suite parce que c'est quelque chose je comprends,
- Speaker #1
je me souviens quand je suis allée en Inde pour la première fois et que je suis partie en 2018 8. Au moment où je prends l'avion de retour, je ne suis pas du tout triste parce que je me dis, non mais de toute façon je sais que je vais revenir parce que j'avais l'impression d'être comme un poisson dans l'eau, c'est ce que je disais, j'étais comme un poisson dans l'eau, j'avais aucun choc culturel, émotionnel, c'était tout à fait naturel, donc je comprends tout à fait ce que tu dis. Autre question, j'aimerais que... Est-ce que t'arrives ? Tu sais, moi, c'est la notion de cycle qui m'intéresse. On a vu la Malaisie, donc le Ghana en premier, la Malaisie, l'Afrique avec le VIE, l'entrepreneuriat ensuite. Tout ça, ça a été différents seuils que tu as dépassés. Moi, je vois les seuils comme une évolution forcément ascendante. Est-ce que toi, avec le recul, tu arrives à voir qu'il y a un espèce de mouvement récurrent qui s'est répété ? Et du coup, qui peut être aujourd'hui un signal de traduction pour les prochains seuils ? Ou à chaque fois, ça a été différent ? Ou pour l'instant, c'est juste pour essayer d'éclairer les personnes qui vont nous écouter. Est-ce que tu arrives à déterminer ça, en tirer un fil, ou pas du tout encore ?
- Speaker #0
Le fil qui me vient, c'est celui de l'intuition. Et donc... Pour moi, à l'époque, à l'âge de 15 ans, ça a été cette voie très claire de partir sur le continent africain, de partir réaliser cette mission au Ghana, et j'ai répondu à l'appel. Quelques années plus tard, ça a été le fait de sentir, d'avoir cette pensée qui revenait en boucle avant que j'essaye de l'étouffer, de quitter la relation dans laquelle j'étais. Et j'étais terrorisée à l'idée de le faire, et j'ai fait. Et puis, quelques années plus tard... Ça a été quelques mois plus tard, même quelques mois plus tard, ça a été de nouveau l'engagement. En fait, pour moi, c'est le fil, c'est l'intuition et c'est l'engagement qui m'a ramenée en Afrique. Et je travaillais à l'époque à Paris, à la direction développement durable du Club Med. Et le Club Med avait une fondation, il y avait un projet qui s'appelait les congés solidaires, qui était la possibilité pour les salariés en bureau de poser une semaine de congés dédiée à une association partenaire de la fondation.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et moi, j'ai candidaté pour ça parce que j'avais besoin de reconnecter avec le sens, j'avais besoin de reconnecter avec la terre africaine. J'ai candidaté à ça. Immédiatement, on m'a envoyée au Sénégal. On m'a envoyée en Casamance. La Casamance qui est la terre, la région, la plus belle région du Sénégal, tout au sud entre la Guinée-Bissau et la Gambie, qui est celle où j'habite aujourd'hui. Et le jour où je pose un pied en Casamance, je rencontre Erwan, mon compagnon, le même soir. Erwan avec qui je partage ma vie depuis 9 ans, bientôt. Et ça m'a permis de décrocher aussi le job de rêve dont je parlais, qui a été mon premier job quand je suis sortie de mes études. Et puis quelques mois après ça, l'intuition est revenue, frappée à la porte, et le message c'était entreprends, crée ton activité, crée ton activité. Et c'était difficile parce que j'avais plein de peur à l'idée de me lancer dans l'entrepreneuriat, mais je me suis mis au service du message et je me suis mis au service de la vision. Et c'est ce qui m'a permis d'ailleurs... de pouvoir revenir par la suite sur le continent africain avec mon projet dans mes valises et de pouvoir m'établir durablement. Et puis, chemin faisant, quelques années plus tard, un autre message qui m'est venu, c'est écrit. Remets-toi à écrire. Et donc je dirais que pour moi, c'est l'intuition qui me dit que je suis au seuil de leur nouveau chapitre dans ma vie parce que je vais avoir le message de go for it. Et des fois, ça ne fait pas sens. Des fois, partir au Ghana quand on a... 15-16 ans, quitter une relation. Tu vois, parfois, il y a des peurs, mais si je me mets au service du message et si je réponds à l'appel de mon âme, alors je déverrouille le prochain chapitre.
- Speaker #1
Ça serait comme une boussole, en fait, qui ne se trompe jamais, l'intuition. En tout cas pour toi.
- Speaker #0
Je ne sais pas si elles se trompent. Je pense que nos intuitions ne se trompent pas, mais parfois on a de la difficulté à discerner. Est-ce que c'est l'intuition ? Est-ce que c'est mon mental ? En tout cas, mon intuition m'amène là où je ne savais même pas que j'aspirais à aller, si j'osais écouter.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. C'est un sujet que j'adore, comme tu sais. Donc, merci de le partager. J'aimerais revenir à nouveau sur le fil de la spiritualité, bien qu'on a bien compris que les deux sont très liés, en tout cas au regard de ta vie. J'ai lu que tu avais fait un dépouillement spirituel. intéressant déjà le le nom le concept même est intéressant est ce que tu peux nous dire à quel moment de ta vie ça s'est imposé à toi et en quoi ça a consisté exactement parce que tu avais déjà mis le doigt sur différentes choses de
- Speaker #0
par ton évolution spirituelle pour le coup oui pour moi le chemin du dépouillement née d'une rencontre celle avec une femme qui s'appelle joanne utard Et ça arrive au moment de ma vie où j'ai la sensation d'avoir beaucoup travaillé intérieurement.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
J'ai la sensation d'avoir compris beaucoup de choses. Néanmoins, je me retrouve notamment dans ma relation amoureuse à me heurter à des conflits qui reviennent, à des schémas que je vois être récurrents. Et c'est le moment, tu sais, où on se dit... L'autre devrait quand même travailler sur lui. Et donc pour moi, à chaque fois que dans ma vie, je me vois, je me prends en flagrant délit avec cette prise de conscience, je me dis, Tiffaine, c'est à toi de te remettre au travail et d'aller explorer des endroits que tu n'as pas encore explorés. Et donc c'est à ce moment-là que Johan entre dans ma vie. Mon activité vient de démarrer. Je crois que c'est la première année d'entrepreneuriat. Je sens que... En fait, je sens que dans ma vie, c'est comme si le fait d'oser créer... Tu sais, il y a des personnes qui ont besoin d'aller en thérapie, qui ont besoin de faire un travail de guérison avant de pouvoir créer dans leur vie vraiment ce à quoi elles aspirent et pouvoir créer leur vie, que ce soit entreprendre, que ce soit quoi que ce soit que les personnes aspirent à créer. Pour moi, ça a été vraiment le chemin inverse, c'est-à-dire... J'ai vécu des choses comme chacun dans mon enfance. Et puis, je suis partie voyager. Je suis partie m'ouvrir au monde. J'ai commencé à créer mon entreprise. En fait, j'ai fait comme ce chemin, presque, on va dire plus en coaching d'ailleurs qu'en thérapie, où je suis arrivée à un point où je me sens suffisamment solide dans ma vie pour aller regarder des dossiers que j'ai un peu laissés de côté quand même, soyons clairs, ces dix dernières années. Et donc, ça arrive à ce moment-là. Ce moment où je sens que mon prochain chapitre d'évolution, il est dans le fait de revenir à l'essence de ce que je suis. Et ça, c'est le chemin de dépouillement. Le chemin de dépouillement spirituel, c'est un chemin de retour à son unicité et c'est un chemin où on apprend à observer tout ce qui entrave la pleine expression de ce que l'on est. Et donc toutes les pensées, tous les moments... où on agit depuis notre égo, depuis nos peurs, et pas profondément depuis notre essence. Tu vois, c'est vraiment ce chemin-là. Et c'est un chemin qui est très confrontant, et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas prêtes à le faire, parce que c'est un chemin de radicale responsabilité. Et pour moi, la spiritualité, c'est reprendre aussi la responsabilité de notre vie, comprendre à quel point on est créateur. Et on est créateur pas que quand ça nous arrange, on est créateur tout le temps. Bien sûr. Et donc quand il se passe des choses dans ma vie où je me dis, oulala, là c'est pas exactement ce que j'aspire à vivre, ok, en quoi est-ce que j'ai co-créé cette situation ? Et donc pour moi ça a été extraordinaire ce chemin-là, parce que ça a été de comprendre aussi, tu vois, en termes de spiritualité. Pour moi aujourd'hui, ma vision de la spiritualité, c'est une spiritualité qui est très incarnée. C'est-à-dire c'est revenir à l'essence de ce que je suis, pour moi c'est ça. Et créer depuis cet espace-là. Et donc c'est ce que moi j'enseigne aujourd'hui dans mes espaces, c'est comment est-ce qu'on va entreprendre à partir de qui on est. À partir de ma nature profonde, à partir de mon unicité, à partir de mes dons, de mes talents, de mes rêves, de mes aspirations, comment est-ce que je vais créer une activité qui me permet d'exprimer ce que je suis, qui me permet d'exprimer toutes les parts de ce que je suis ? Et ça pour moi c'est de la spiritualité, qui va prendre soin de mon corps, qui va prendre soin de mon énergie, qui va aller dans le sens de ma vision. Tu vois, c'est quelque chose qui est très concret, qui est très tangible, et c'est comment est-ce que je vais mettre de la congruence entre ce que j'aspire à vivre, quelle est la réalité que je souhaite me faire vivre, comment est-ce que je pose des actions dans la matière qui vont dans cette direction-là, et comment est-ce que je cultive un état d'être intérieur, c'est-à-dire des pensées, mais aussi un état d'être, comment je prends soin de mon système nerveux pour m'accompagner dans cette direction-là. Et quand on commence à être congruent... et à vraiment agir en alignement avec, entre nos valeurs, notre vision, nos actions, alors c'est infini ce qu'on peut créer. Et les personnes nous trouvent, et les personnes ont envie de travailler avec nous, et les personnes ont envie de pouvoir collaborer à nos côtés, parce qu'elles sentent cette congruence-là, cette cohérence-là. Et ça, pour moi, c'est de la spiritualité ancrée. Tu vois, c'est vraiment ancré dans le quotidien. dans la manière dont on oeuvre, dans la manière dont on relationne avec les autres.
- Speaker #1
Ouais, vaste sujet ! Vaste sujet ! Ouais, hyper intéressant ! Du coup, ça me donne envie de te poser la question, avec tout ce travail d'exploration, de dépouillement, d'enrichissement par les expériences. Si tu devais transmettre une seule chose à la petite fille, petite fille, l'adolescente, excuse-moi, qui part au Ghana, en tout cas qui a cette vision-là de « je sais que c'est là-bas, j'ai cette intuition, je le sens, c'est une évidence » , avec tout le recul, qu'est-ce que tu lui dirais aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je lui dirais d'oser. Pour moi, c'est vraiment, tu vois, c'est mon plus grand message, c'est d'oser l'aventure d'être soi. et c'est si... Il y a une part de moi qui se sent appelée dans un pays à vivre une expérience, une relation, à créer, à entreprendre, à écrire un livre. Est-ce que je peux faire confiance à ce que je ressens ? Est-ce que je peux avoir le courage de répondre à l'appel même quand je ne sais pas ce qui m'attend de l'autre côté ? Tu vois, c'est un message de foi presque. D'avoir foi, d'avoir confiance que de l'autre côté du courage, il y a un message de foi. Il y a la grâce, il y a les prises de conscience, il y a les rencontres extraordinaires, il y a les opportunités qui s'ouvrent à nous. Mais ça nous demande d'oser y aller quand on n'a pas la garantie que ça va marcher, quand on n'a pas la garantie que ça va nous apporter ce qu'on cherchait. Est-ce qu'on est capable d'y aller quand même ? Et c'est pour ça que moi, ce que j'adore transmettre, c'est pas seulement des stratégies. On peut avoir de la stratégie pour créer des résultats dans son entreprise, dans sa vie. Mais au-delà de ça, c'est pas ce que l'on fait, c'est qui l'on est quand on le fait. Et donc, c'est quels sont... les qualités d'être à déployer et pour moi l'une des premières qualités d'être si j'avais un message c'est déployant notre courage le monde qui s'ouvre à nous quand on apprend à plus avoir peur de la peur mais être en capacité d'avancer vers nos rêves même si on tremble un peu il n'y a pas pas de limite à ce qu'on peut créer.
- Speaker #1
Merci Tiffaine pour ce message de foi. C'est magnifique. C'est toujours hyper intéressant d'explorer ces sujets avec toi. C'est vaste, c'est riche, c'est ouvert. C'est un peu comme le soleil qui sortirait derrière la montagne, comme pour refaire la boucle avec ton image. Je trouve que c'est ça. C'est oser aller derrière la montagne et puis il y a la lumière qui apparaît. Et merci de nous l'avoir montré à travers ton parcours. Pour terminer, j'aimerais que tu nous en dises un petit peu plus sur ton actualité présente, où tu en es. Je sais que tu es donc, ce qu'on disait, tu es au cap. C'est quoi tes prochains projets, hormis la clôture de ton livre, j'imagine ?
- Speaker #0
Exactement. Vaste projet. Simplement l'image qui me venait quand tu parlais de ce soleil qui se lève derrière la montagne et le message. en lien avec ce que je partageais, c'est de ne pas chercher à connaître toutes les étapes. Ça me fait écho aussi avec le livre, c'est comment est-ce que je peux répondre à l'appel de la prochaine étape. Je me sens appelée là et j'ai confiance que quand j'aurai gravi cette marche-là, j'aurai les ressources pour gravir la prochaine. Et de ne pas attendre d'avoir tout le trajet en tête, d'avoir compris tout le cheminement et de se sentir capable de gravir toutes les marches pour commencer à avancer. ça c'est hyper précieux et donc effectivement ça me fait penser à mon projet de livre où heureusement que je me suis pas dit oulala c'est une montagne qui est trop grande pour moi, non commence à écrire, ça je suis capable de le faire structurer mon livre, ça je suis capable de le faire et donc là effectivement pour moi la prochaine étape, donc mon livre s'appelle Entreprendre durablement l'art de concilier l'impact, la prospérité économique et l'écologie personnelle Et donc là, pour moi, la prochaine étape, c'est... Alors, la recherche est en cours. C'est de trouver une maison d'édition ou bien de décider de le publier moi-même, si ça ne m'arrive pas. Because I'm gonna lead myself through it, no matter what. Et ensuite, c'est dans mon paysage, donc Entreprendre Durablement, qui est mon programme signature qui va revenir à l'automne. En ce moment, je suis en hiver entrepreneurial, comme tu le sais. Moi, je parle beaucoup des cycles et des saisons de l'entrepreneuriat. Et pour moi, c'est important d'avoir des phases où on s'autorise à ralentir dans notre activité, prendre le temps de contempler, d'intégrer. Et à chaque fois que je me suis offert ces moments de respiration, pour moi, ça a été une expansion extraordinaire que j'ai connue et que mon entreprise a connue de l'autre côté. Et donc, entreprendre durablement reviendra au printemps pour moi, qui sera l'automne en France, au mois de novembre. Et pour moi, ce programme-là, c'est la porte d'entrée. de mon univers et c'est mon plus grand désir pour chaque entrepreneur et chaque futur entrepreneur parce que c'est vraiment l'art de pouvoir créer une entreprise qui soit au service du vivant en nous et autour de nous et c'est vraiment, tu vois on parle de spiritualité, c'est l'art d'incarner sa spiritualité, d'incarner pleinement son unicité, ce que nous sommes dans notre activité et comment est-ce que je crée une entreprise qui non seulement est le prolongement de ce que je suis qui va dans le sens de ma vision, qui va dans le sens de mes valeurs qui contribuent positivement au monde, qui me permet de créer cette vie magnifique d'abondance, de prospérité, et aussi qui va me permettre de prendre soin de mon corps, qui va être écologique pour moi, qui va me permettre d'honorer mes besoins, de prendre soin de mes limites, d'apprendre aussi à poser des limites. Et pour moi, quand on crée depuis cet espace-là, c'est... C'est extraordinaire ce que ça change dans le monde parce que pour moi, le monde a besoin de plus en plus de personnes qui s'engagent dans cette voie-là. Mais trop souvent, on le fait et on sacrifie le sens, on sacrifie notre santé en chemin, on sacrifie parfois nos finances parce qu'on est tellement animés par l'impact qu'on souhaite créer, qu'on en oublie d'être rentable dans notre activité. Tu sais, on veut donner à tout le monde. Et donc, le fait d'apprendre à pouvoir concilier ces trois piliers ça change notre manière ça change notre rapport au monde, ça change notre manière d'entreprendre et ça nous permet de créer des transformations dans le monde qui soient durables ce qui revient dans mon paysage au mois de novembre super,
- Speaker #1
waouh je l'ai fait et je le conseille fortement merci Tiffaine, c'était passionnant encore, comme d'habitude quand on évoque tous ces sujets ensemble Merci.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci, merci vraiment d'avoir répondu présente. Et puis je te dis à très bientôt.
- Speaker #0
À très vite.
- Speaker #1
Merci.