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121. Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique et engagée en France ! cover
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Wedding Divan - Le Podcast des pros du mariage (par Magaly ZARKA)

121. Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique et engagée en France !

121. Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique et engagée en France !

40min |11/04/2024|

218

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Wedding Divan - Le Podcast des pros du mariage (par Magaly ZARKA)

121. Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique et engagée en France !

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40min |11/04/2024|

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Description

Hello Hello le gang ✌️

J’espère que tu vas bien !

Aujourd’hui dans le podcast Wedding Divan, jai le plaisir d’accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de Joaillerie éthique en France aka @paulette_a_bicyclette. 🚲

C’est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce qu’Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j’étais wedding planner ! 🥰

Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant !


🎧 Montage réalisé par : @intothewavesstudio 

✨ Le Wedding Divan : @leweddinggang


Présentation de l'invité du jour :

Je suis la fondatrice de Paulette à Bicyclette - joaillerie éthique. La marque a déjà 17 ans, et a été la pionnière de la joaillerie éthique en France. Nos bijoux sont fabriqués dans notre atelier parisien, en or équitable Fairmined. L'or que nous utilisons respecte les droits humains et l'environnement. Notre mission : allier le beau et le bien, avec nos bijoux en or texturé, inspirés par l'art ou la nature, et leur impact positif sur les communautés minières avec lesquelles nous travaillons.

Comment je suis passée de professeure de français en Jordanie à créatrice d'une marque de joaillerie ? C'est une longue histoire, avec de multiples rebondissements, que je n'aurais jamais imaginée...

📷 Crédit Photo : @florenceakouka

🎧 L'épisode t'as plu ? ⭐

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Hey ! Moi, c'est Mag 👋 Je suis coach pour les professionnels du mariage qui (re)lancent leur activité 🚀 

Je t'aide à prendre confiance🔥, à remplir tes saisons 👰🏻🤵🏻 et à devenir une référence 👑grâce à mes formations et coachings sur-mesure !

Rejoins moi sur Insta !   ✌️

XOXO 💋   


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Hello et bienvenue dans Wedding Divan, le podcast dédié aux pros du mariage. Je suis Magali Zarka, formatrice du Wedding Gang, officiante de cérémonie laïque et ancienne wedding planner avec plus de 100 mariages à mon actif. Si tu es entrepreneur dans le milieu du mariage ou que tu souhaites te lancer, ce podcast est fait pour toi. Comment réussir, comment se démarquer et surtout, comment durer dans le mariage ? Autant de questions auxquelles nous répondrons ici via des interviews sans tabou de prestataires de mariage ou qui peuvent t'aider à améliorer ton business. On y abordera leur parcours, leurs réussites et leurs erreurs aussi parfois. Je partagerai également avec toi tous mes conseils, astuces et outils pour te donner un accès direct à la réussite dans le Wedding World. Allez, pose-toi dans ton canapé, écoute-nous dans ta voiture ou même en faisant la vaisselle. Et surtout, abonne-toi pour ne manquer aucun épisode. Hello, hello, le gang, j'espère que tu vas bien. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de joaillerie éthique en France. C'est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce que, et qui me tient d'ailleurs à cœur, parce qu'Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j'étais wedding planner. Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant. Hello Hélène, bienvenue dans Wedding Divan, ça fait très longtemps qu'on se connaît, mais en même temps ça fait très longtemps qu'on ne s'est pas parlé, donc je suis ravie de t'accueillir, bienvenue à toi.

  • Speaker #0

    Oui, bonjour Magali, c'est un plaisir de te retrouver du coup.

  • Speaker #1

    Mais oui, ça fait mille ans qu'on ne s'est pas parlé, donc du coup j'ai envie de te poser plein de questions, mais d'un côté je me suis dit, on ne va pas faire ça en off, comme ça je pourrais te les poser en live. Alors, je préviens aussi que je suis bien malade, donc vous devez l'entendre à mon... à ma voix qui parle du nez. Mais après, on a Geoffrey qui montre le podcast qui va enlever ma toux, je pense, de temps en temps. Hélène, pour les personnes qui ne te connaissent pas, est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ton parcours ?

  • Speaker #0

    Je suis Hélène Grassin, la fondatrice de Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique. Mon parcours, j'étais à la base professeure. J'étais professeure de français à l'étranger, en Jordanie. Et là-bas, j'ai une copine qui m'a montré comment monter des colliers avec les pierres naturelles, les perles de rivière qu'on pouvait trouver là-bas. Et puis, j'ai commencé à faire ça en hobby. Et le hobby a pris de plus en plus de place. Mais à l'époque, j'avais un autre projet professionnel. Je voulais, c'est vrai, quitter l'éducation nationale, mais je voulais être comédienne. Donc je rentre à Paris, avec des perles, des cailloux dans mon sac. Je continue à faire des bijoux sur mon temps libre, mais je rentre en école de théâtre pro. Et deux ans plus tard, un constat. Je ne décroche aucun casting. Et en revanche, mes bijoux commencent déjà à se vendre tout seul. J'avais fait un petit blog. Et je me suis dit, bon, peut-être que c'est un signe. Et je décide de tenter, avec aucune autre mission à l'époque, que de vivre de mon travail. si possible. Et je prends des cours du soir pour apprendre à... à scier, à limer, à souder, pour apprendre les bases de la joaillerie.

  • Speaker #1

    On est en quelle année, là ?

  • Speaker #0

    On est en 2006.

  • Speaker #1

    Ça date.

  • Speaker #0

    Merci, Nagali. On va nous le rappeler. Mais le bon côté, l'autre bon côté, c'est que Paulette à bicyclette, finalement, a 17 ans.

  • Speaker #1

    C'est ouf. Nous, on s'est rencontrés en 2012, je pense, ou 2013. À l'époque, je me souviens, j'avais fait même l'inauguration de la nouvelle boutique dans le 20e, en tant que coordinatrice et organisatrice avec toi et tout. Donc, tu as été une des premières finalement à me faire confiance en tant que wedding planner. Donc, encore merci pour ça, déjà. Et moi, je te suis toujours. Je vois ta boîte évoluer parce qu'à l'époque, vous étiez deux. Et encore, ce n'était pas vraiment deux. C'était une ennemie, quoi. Comment ton rôle a évolué depuis ce moment ? Je ne t'ai même pas laissé finir finalement, parce que tu n'as pas fini. Là, tu dis que tu as 17 ans, mais du coup, depuis 2006, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça a évolué ?

  • Speaker #0

    Alors, j'ai continué à prendre des cours du soir pour me perfectionner dans les techniques par rapport au métal. Et pour la tapis-cyclette, à cette période-là, c'était des bijoux qu'on pourrait dire de haute fantaisie. en perles de rivière et argent. principalement. Et c'était vraiment consacré au mariage. Les accessoires de coiffure, etc. Les bijoux de dos. Et en fait, j'attendais d'être prête d'avoir acquis des bases un petit peu plus solides pour me lancer dans la joaillerie. Mais surtout, je me disais, je ne sais pas pourquoi j'avais ça en tête, mais enfin, à cette époque-là, on avait déjà vu Blood Diamonds. Et pour peu qu'on ait... Qu'on soit un peu curieux, on connaissait déjà les ravages de l'extraction d'or. Et j'avais donc cette idée, c'était comme un impératif, qu'il fallait d'abord que j'ai trouvé un sourcing propre avant de pouvoir lancer des collections en argent et or. Donc moi je n'ai fait aucune école de joaillerie. On se rappelle que je débarque de l'étranger donc je ne connais personne à Paris. J'avais mis toutes mes économies dans mon école de théâtre pro donc pas de sous et à force de chercher je vois qu'il y a des marques... aux US, un peu en Angleterre aussi, qui disent utiliser de l'or éthique. Je commence à chercher, je vois qu'il y a une ou deux marques françaises de joaillerie qui commencent aussi à en parler, et je me mets à chercher. Je retourne les internets, comme on dit, et puis je découvre le projet Oro Verde en Colombie. C'est la toute première mine test du label Fairmind, mais on y reviendra au label Fairmind. Et donc je les contacte, ils me disent Madame, on n'en vend pas directement aux joyers, adressez-vous au label Fairmind Je résume, le label Fairmind incarnait tout ce que je recherchais. C'est un label qui a été créé par une ONG colombienne qui émane donc d'un pays minier. Et c'est quoi la garantie du label Fairmine ? C'est de 1, c'est un or qui provient de mines dans lesquelles il n'y a aucun enfant qui travaille. De 2, les mineurs hommes et femmes ont des revenus décents et égaux et l'égalité homme-femme est extrêmement importante pour le label. Troisièmement, pas de polluants rejetés ni dans l'air ni dans les sols. Et enfin, une grande attention portée à la sécurité, puisque l'extraction minière, c'est un secteur dangereux. Et donc, tout le monde a des équipements de protection, les galeries des mines sont sécurisées, et les mineurs sont formés aux bonnes pratiques de sécurité. Donc, je découvre ce label, je me dis Waouh, ça y est, j'ai trouvé, génial ! Et petit à petit, l'ONG... Alliance for Responsible Mining, qui a créé le label Fairmine, me renvoie vers Patrick Schein, qui est l'un des cofondateurs du label, qui est français et qui vend, lui, leur Fairmine aux joyeux. Je l'appelle. Et là, scène d'anthologie, il me dit bonjour, vous êtes qui ? Je suis Hélène. D'accord, vous venez de la part de qui ? Personne, je vous ai trouvée toute seule. Alliance for Responsible Mining, il me dit, OK, vous avez fait quelle école ? Je dis, je n'ai pas fait d'école.

  • Speaker #1

    Une école du soir.

  • Speaker #0

    D'accord. Et c'est pour quelle maison ? Et là, évidemment, quand je dis Paulette à bicyclette, il est plié en deux. Et ce n'est pas fini parce que je lui dis, oui, mais moi, je voudrais vous acheter 5 grammes d'or fermé. Parce qu'à l'époque, un gramme d'or, pour faire court, c'est 50 euros. Donc... Il me dit, écoutez, allez, va pour 10. Voilà, je me dis... Plus exactement, lui, il me dit 10 grammes aujourd'hui et peut-être qu'un jour, vous m'en achèterez des kilos. Il l'avait vu juste,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    Il l'avait vu juste. Et donc, grâce à lui, Paulette Abiciclette a pu commencer à faire des bijoux en or fermé. Et donc, c'est 2010. En 2010, j'ai démarré avec de l'or recyclé parce que c'était le plus facile à trouver d'abord. Et puis, 2010-2011, On démarre avec l'Orphermind. Pendant 4 ans, on va donner le choix à nos clients, soit Orphermind, soit Orphermind. Et fin 2015-2016, on bascule à 100% Orphermind. Et alors,

  • Speaker #1

    combien de kilos tu commandes aujourd'hui à ce monsieur ?

  • Speaker #0

    Tu sais... Oui, oui, oui, oui, oui. On le sait, mais effectivement, on est passé à des kilos.

  • Speaker #1

    Ben oui. Il a cru en toi, en ta motivation, ta détermination, en tout cas.

  • Speaker #0

    Il s'est dit, allez, on tente.

  • Speaker #1

    Tentons, quoi. Trop bien. Et donc ça, c'est vrai, moi, depuis que je te connais, en tout cas, je sais que c'est hyper important pour toi, la partie éthique. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu peux nous dire là-dessus ?

  • Speaker #0

    En 2010-2011, je lance les premières collections d'Allianz et Bac de fiançailles. Et comme l'activité de Paulette à bicyclette, elle était depuis le départ vraiment centrée sur le mariage, ça se fait assez naturellement. Mais bon, 2010, je ne sais pas, on a dû vendre même pas cinq alliances ou bacs de fiançailles. Et puis, en 2014, ça monte doucement de 2010 à 2014. Et là, 2014, c'est l'explosion. On fait chiffre d'affaires et multiplié par deux. C'est la crise de croissance, panique à bord. Enfin, très grande joie et panique à bord.

  • Speaker #1

    Oui, ça a explosé. Et tu dirais que c'est dû à quoi, la com ?

  • Speaker #0

    En fait, on a dès le départ bénéficié d'une super exposition médiatique, puisqu'en fait, on faisait vraiment partie des tout premiers en France à être sur ce créneau. Et puis, on avait la particularité, et on était la seule marque Fairminds comme ça, à avoir notre propre atelier. Ce qui fait que les journalistes, ils aimaient beaucoup, parce qu'en venant chez nous, ils pouvaient voir directement le travail des joailliers, comment on s'y prenait pour la traçabilité, et la boutique. Je pense que ça, ça a compté. Et ce qui a joué aussi, c'est que moi, comme je n'avais aucun... qu'une connaissance entrepreneuriale. Pas d'entrepreneur dans ma famille, vraiment. Quand j'entendais TVA, j'avais les genoux qui tremblaient. Et donc, j'ai démarré en coopérative. C'est-à-dire que la société Paulette à la bicyclette n'avait pas d'existence en tant que telle, puisque moi, j'étais entrepreneur salarié de la coopérative. J'étais donc chez Copanam. Et ça a été vraiment très précieux pour moi parce que je n'avais pas à me soucier de la compta, des déclarations, etc. J'avais juste à m'occuper de faire mon job et de développer la marque. Et dans cette coopérative, puisque c'est un mode d'entrepreneuriat très collectif, collaboratif, Je rencontre dès 2007-2008 Stéphanie Rivier, qui me forme aux techniques du référencement naturel, au SIO. Et c'est là, c'est tout... L'ironie de l'histoire, c'est qu'en fait, comme j'avais dépensé toutes mes économies de prof dans l'école de théâtre, je n'avais plus un sous-veillant. Je pense que si j'en avais eu, j'aurais fait comme tout le monde. J'aurais acheté des encarts de publicité dans les magazines. Je ne pouvais pas quasiment, enfin très très peu le faire. Et là, j'ai eu l'occasion d'être formée au référencement naturel. Il se trouve que j'ai en plus un bébé qui ne dort pas et donc je vais passer mes nuits à booster le référencement de mon blog. Je n'avais même pas encore de site à l'époque. 2012 premier site internet et donc 2012 j'ai deux enfants en bas âge. Je rebelodge, je remets un coup, ce qui fait qu'en 2014 on avait très peu de marques. avait investi le champ du référencement naturel. Et Paulette à bicyclette, la petite boîte qui vient de nulle part, truste tous les top 3, top 10 Google sur tous les mots-clés liés au mariage. Et en 2014, Paulette à bicyclette, c'est la première marque de joaillerie française à être certifiée Fairmind.

  • Speaker #1

    Et du coup, toi, ton rôle dans la boîte depuis le début ? Alors au début, tu faisais toi-même les bijoux. Aujourd'hui, comment ça a évolué ? Parce que vous êtes nombreux maintenant, vous êtes une quinzaine ?

  • Speaker #0

    On est une dizaine. Et en haute saison des mariages, ça monte un peu. Mon rôle, il a beaucoup changé. J'ai eu la chance en 2022 de pouvoir intégrer un programme de l'ESSEC, l'école de commerce, entièrement dédié aux chefs d'entreprise et financé par la fondation Goldman Sachs. Moi qui n'avais jamais fait d'école de commerce, je me suis retrouvée sur les bancs de l'ESSEC pour ce qu'on peut appeler un MBA en accéléré. Ça, c'est venu tard, mais ça a changé aujourd'hui ma façon de faire et de voir les choses, parce que pendant très longtemps, je me suis considérée comme incapable de bien gérer une boîte, donc je m'en remettais toujours à des consultants, ou pendant trois ans, j'ai pris un DG. Et évidemment que quand on part de zéro, son rôle dans une entreprise change énormément. Après... il y a des chefs d'entreprise, même dans la joaillerie, qui continuent à faire des bijoux, qui continuent à fabriquer. Moi, c'est quelque chose que j'ai lâché assez vite, 2012, 2013. Pourquoi ? Parce qu'en fait, mes collaborateurs étaient beaucoup plus doués que moi, donc je ne voyais pas l'intérêt. En fait, ça faisait beaucoup plus sens que ce soit eux. qui soit à l'établi, à fabriquer.

  • Speaker #1

    Et ça ne te manque pas de créer ? Tu crées quand même ? Qu'est-ce que tu fais du coup ?

  • Speaker #0

    2024, je vais m'y remettre.

  • Speaker #1

    C'est l'objectif de l'année ?

  • Speaker #0

    Oui, mais aujourd'hui, c'est vrai que le processus créatif chez Poletta Bicyclette, il est très collaboratif. C'est vraiment un travail d'équipe.

  • Speaker #1

    Trop bien.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une personne toute seule dans son coin. Chaque personne de l'équipe peut donner son avis, exprimer ses souhaits. C'est un travail qu'on fait ensemble.

  • Speaker #1

    Ok. Et donc là, sur ton rôle, c'est vraiment le rôle de chef d'entreprise depuis 2022, depuis que tu as fait la formation à l'ESSEC. C'est vraiment gérer l'entreprise ?

  • Speaker #0

    Non. Après la formation à l'ESSEC, j'ai quitté ma boîte pendant un an. Ok.

  • Speaker #1

    Tu t'es dit non, finalement.

  • Speaker #0

    J'ai quitté ma boîte pendant un an. J'ai pris un CDI.

  • Speaker #1

    J'adore !

  • Speaker #0

    Ça s'est présenté comme ça, et moi je me suis dit, ah là là, oui, je crois que tu as vraiment besoin de prendre du recul. Parce que franchement, les années Covid, ça avait été atroce. Et je suis revenue en septembre dernier, en septembre 2023, et c'est vraiment depuis septembre 2023 seulement que oui. J'ai repris la direction de l'entreprise.

  • Speaker #1

    Mais alors attends, comment ça s'est passé dans la boîte pendant un an ? C'est-à-dire, qui a géré ?

  • Speaker #0

    Ah mais il y avait déjà un DG qui était là.

  • Speaker #1

    Donc ça roulait sans toi ?

  • Speaker #0

    Bah oui, ça pouvait tout à fait rouler sans moi.

  • Speaker #1

    Ok, je sais pas si tu veux en parler, mais t'as fait quoi pendant un an ? T'as fait quel rôle ?

  • Speaker #0

    Oh bah je suis allée dans le secteur de la RSE, de la responsabilité sociétale des entreprises.

  • Speaker #1

    Ok, et qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ? ça t'a manqué ?

  • Speaker #0

    En fait, c'est un concours de circonstances, mais c'est comme souvent, toutes les planètes qui s'alignent, mon DG partait, donc j'ai dû revenir, mais j'étais au début pas sûre de est-ce que je reviens vraiment, est-ce que je reviens à temps plein, est-ce que c'est une bonne idée ? Parce que moi, pendant cette année où j'ai fait autre chose, j'ai découvert le bonheur que j'étais en télétravail, d'être là tous les jours quand mes filles rentraient, j'ai découvert une vie de famille avec un rythme normal. et je n'étais pas sûre d'être prête à renoncer à ça. Et puis en fait, au bout de trois ou quatre semaines, je me suis dit, non mais bien sûr, évidemment, c'est là que je dois être, chez Paulette et Bicyclette. Alors évidemment, ça a râlé à la maison, parce qu'après un an à me voir tous les soirs, tous les week-ends, de... ça a été un petit peu dur de revenir en arrière.

  • Speaker #1

    Et comment ça se passe depuis que tu es revenue ? Est-ce que tu arrives à prendre un peu de recul comme ça ?

  • Speaker #0

    Je pense que le fait d'avoir pris un an de recul, d'avoir été dans la peau d'une salariée pendant un an aussi, très important ça ! D'avoir fait le MBA de l'ESSEC, il y a eu d'autres choses aussi dans ma vie personnelle qui ont amené de... Grosse prise de conscience et changement et en fait ça se passe super bien. En fait je suis vraiment... Hyper heureuse aujourd'hui de travailler avec mon équipe, d'avoir une équipe qui dit on est super content d'être là, on adore travailler chez Paulette la bicyclette C'est vraiment hyper sympa. Je m'éclate. C'est vraiment un plaisir d'aller travailler.

  • Speaker #1

    Ça, c'est hyper important. Je me reconnais un peu dans ce que tu as dit. Alors moi, je n'ai pas... J'avais pas de salariés, j'avais des stagiaires à l'époque, etc. Mais c'est vrai que ça m'a fait du bien, moi, de retourner pendant 5 ans dans le salariat, même si j'ai repris l'entrepreneuriat au bout de 2 ans. Mais ça m'a fait du bien. Rien que le fait d'avoir des vacances. Et tu vois, là, justement, j'ai posé une semaine de vacances, là, au mois d'avril, pour vraiment rien foutre, parce que j'étais repartie dans mes travers. Parce que moi, je suis quelqu'un qui va travailler beaucoup, beaucoup et pas m'écouter. Et là, tu vois, c'est pour ça que je suis malade. Et je me dis... En fait, c'est pas parce que tu t'arrêtes de temps en temps que ça va s'arrêter, quoi. Même si aujourd'hui, j'ai une petite équipe, mais voilà, même si moi je m'arrête une semaine, ça va pas changer la donne, en fait. Pour les gens qui savent pas d'où vient Paulette à bicyclette, moi je sais, mais le nom, est-ce que tu peux le redire ?

  • Speaker #0

    Alors, on se rappelle, en 2006, moi je débarquais de nulle part, donc j'avais pas envie que ce soit mon nom, parce que j'avais un petit syndrome de l'imposteur. Voilà, mais on n'était pas particulièrement sexy. Ensuite... J'avais pas non plus envie que ça s'appelle Or éternel ou Diamant qui brille soin de soin. Et puis, j'aime bien rire, donc j'avais vraiment envie d'un nom qui n'ait rien à voir... avec le secteur d'activité de l'entreprise. Et puis franchement, à l'époque, je pensais juste vivre de mon travail, c'est-à-dire faire des bijoux dans mon salon, les vendre sur Internet, et c'est tout. Et c'est venu à la fin d'un dîner très sympa entre amis. On avait fait un brainstorming pour trouver le nom de la marque. Et après avoir dit les trucs les plus improbables possibles, tout à coup il y a Paulette à bicyclette qui m'est venue. Et en fait, Paulette c'était un surnom que m'avait donné une copine, elle m'appelait Poulette, et puis après c'était devenu Paulette. La marque est née à Belleville-Ménilmontant, le quartier des chansonniers. J'aime beaucoup la chanson française et je faisais beaucoup de vélo et voilà, bolette à bicyclette.

  • Speaker #1

    Et du coup, tu as gardé ça tout le temps parce que ça se retient.

  • Speaker #0

    Évidemment, c'est un clin d'œil à la chanson d'Yves Montand, je le dis parce que nos clients maintenant n'ont plus forcément la ref.

  • Speaker #1

    On est trop vieillis.

  • Speaker #0

    Et oui. Et donc, ça se retient bien. Oui,

  • Speaker #1

    ça se retient. C'est ça. Quelles évolutions tu as pu voir entre maintenant et 2006, en fait, entre 2006 et maintenant, au niveau du marché de la joaillerie ?

  • Speaker #0

    Alors, chez nous, ça a été très, très flagrant. Les premières alliances en or équitable ou recyclées qu'on a vendues, Très clairement, nos premiers clients, c'était des expats, c'est-à-dire des étrangers qui vivaient en France.

  • Speaker #1

    Pourquoi, à ton avis ?

  • Speaker #0

    Parce que je pense qu'ils avaient une sensibilité plus marquée, ils avaient davantage ce souci du sourcing. et de la responsabilité environnementale que les Français. Disons que c'est la conclusion que j'en ai tirée. Et vraiment, ça a été très marqué. Et ensuite, c'est des couples mixtes qui sont venus, c'est-à-dire franco-canadiens, franco-brésiliens. On a fait le tour du monde. Et seulement au bout de 2-3 ans, les Français sont arrivés. Vraiment, ça a été très très très flagrant et avec, dès le départ, une proportion très importante de couples LGBT. On était avant le mariage homo en France. Donc c'était d'abord pour le PAX, ensuite on a eu la joie de faire les alliances pour le presque premier mariage gay français. Et là, il n'y a pas longtemps, on a fait les alliances pour le tout premier mariage homo-suisse.

  • Speaker #1

    Mais tu le revendiques ça ? Ou c'est juste qu'ils le sentent à travers les mots que tu emploies dans ton site ?

  • Speaker #0

    J'ai essayé de demander à mes clients...

  • Speaker #1

    Pourquoi ?

  • Speaker #0

    Pourquoi ? Et en fait, la plupart du temps, ils ne savent pas me répondre comme ça, parce qu'ils sont venus... Alors, j'ai fini par mettre sur Google qu'on était LGBT friendly, mais si tu veux, on n'a pas de drapeau nulle part. Et en discutant avec des clients, c'est dit peut-être que c'est le fait que nos modèles ne soient pas genrés, mais on n'a pas d'explication plus... Pour nous, on est tellement habitués à ne pas avoir de modèle genré que si tu veux, on ne se rend même plus compte de l'impact que ça peut avoir. Mais après, je pense que l'état d'esprit d'une marque transpire toujours à travers son site Internet. Nos clients doivent le sentir que chez nous, ils seront bien accueillis, qu'ils viennent comme ils veulent et ce n'est même pas une question pour nous.

  • Speaker #1

    Et du coup, dans ta boîte, tu me disais que vous êtes une dizaine en temps normal. Tu as quoi comme poste à peu près pour les autres personnes ?

  • Speaker #0

    Mais tu as les équipes de vente.

  • Speaker #1

    Oui. T'as combien de magasins aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Paris et Lyon.

  • Speaker #1

    Paris et Lyon.

  • Speaker #0

    Plus le site internet.

  • Speaker #1

    Et au niveau des ventes, c'est quoi ? C'est plus internet, plus les boutiques ?

  • Speaker #0

    C'est plus les boutiques, mais après, comme pour beaucoup de marques, on fait web to store. Les gens prennent rendez-vous en boutique parce qu'ils ont vu le site internet, parce qu'ils ont vu des modèles qui leur plaisent.

  • Speaker #1

    T'es toujours première sur Google, j'ai cherché.

  • Speaker #0

    on y est revenu.

  • Speaker #1

    Tu as remis les mains dedans ?

  • Speaker #0

    Oui, là, l'équipe marketing, elle a fait un super boulot, un très, très gros boulot pour qu'on regagne nos places.

  • Speaker #1

    Très bien.

  • Speaker #0

    Donc, tu as évidemment les équipes de vente, l'équipe, justement, marketing, digital, fonctions, support, admin, finance et l'atelier.

  • Speaker #1

    Combien de personnes en atelier ?

  • Speaker #0

    Pareil, géométrie variable, 5, 6.

  • Speaker #1

    Et donc, à chaque fois, c'est créé dans la boutique, comme avant ? Les ateliers sont dans la boutique ou ailleurs ?

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Ils sont toujours sur le même lieu. Alors, à Lyon, il n'y a pas d'atelier, il n'y a que la boutique. Mais à Paris, oui, tout est au même endroit.

  • Speaker #1

    Et tu es toujours dans le 20e ou pas ? Il faudrait que je vienne te voir.

  • Speaker #0

    Mais bonjour, madame. Je t'invite à venir visiter notre boutique du 11e. On est entre Charonne et Fédère.

  • Speaker #1

    Ok, je viendrai avec plaisir.

  • Speaker #0

    Au 13 rue Paulbert. Tu es là, bienvenue.

  • Speaker #1

    Ça marche. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer dans le mariage aujourd'hui ou dans la joaillerie, peut-être ?

  • Speaker #0

    Pour le mariage ? Il y a un truc qui pour moi a été essentiel, mais je pense aussi pour toi, c'est le réseau. Ça, ça me manque parce que c'est quelque chose que je ne prends plus le temps de faire. Mais toi et moi, quand on a démarré vraiment, moi sur les alliances et toi sur le wedding planning, il y avait vraiment... On était une bonne équipe de gens à se lancer à peu près au même moment. Et il y avait un réseau vraiment hyper sympa autour du mariage. On s'invitait aux ouvertures de boutiques les uns des autres, aux événements divers et variés. C'était vraiment très sympa. Ça, ça me manque aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Écoute, on va recréer ça alors. Non, mais après, c'est vrai que voilà, tu en as parlé au tout début. Et moi, c'est la même chose. En fait, on a... Parce que les gens qui se lancent aujourd'hui se disent Mais oui, mais moi, je n'ai pas de réseau. Mais quand on s'est lancés toutes les deux, on n'en avait pas non plus, en fait.

  • Speaker #0

    Non, non.

  • Speaker #1

    C'est très le, en fait, ton réseau, quoi.

  • Speaker #0

    Alors, moi, le fait d'avoir rejoint des réseaux, ça a été déterminant pour la réussite de la marque. Le premier réseau, ça a été celui de la coopérative dans laquelle j'étais, Copanam. Tu vois, grâce à qui j'ai découvert le référencement naturel. On s'était créé aussi un petit groupe d'entrepreneurs liés au mariage. C'est là que j'ai découvert la com, etc. Et puis, de fil en aiguille, j'ai découvert le réseau Mompreneur, donc les mamans entrepreneurs. Et là aussi, j'ai rencontré des gens vraiment super, avec des gens qui étaient à la fois secteurs du mariage, chez les membres preneurs, etc. Et puis ensuite, le réseau mariage. Mais vraiment, ça a été extrêmement important, ces rencontres. En tout cas, on ne peut pas se lancer sans, pour moi, trouver un ou deux réseaux qui vont nous porter et nous aider.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Donc ça, ça serait ton conseil principal ?

  • Speaker #0

    Je ne suis pas la seule à le donner. C'est juste du bon sens.

  • Speaker #1

    Oui, mais c'est important. Parce qu'on ne se rend pas compte, je pense. Quand on se lance, on se dit qu'est-ce que je vais faire ? Oui, mais moi, je vois mes clientes. Je me lance à côté de celles qui sont là depuis dix ans. Comment ça va être ? Je leur dis mais tu as cette chance, en fait. Et j'ai une... J'ai eu une interview, je crois que c'était Solveig qui avait dit ça, et je la reprends souvent, elle dit tout le temps, mais kiffe en fait chaque étape du process, parce que dans dix ans, tu ne seras plus là où tu en es. Et en fait, là où tu en es, c'est hyper important, parce que c'est là que tu vas créer plein de choses. Et j'adore ce moment-là, de leur dire, mais toi, tu as des choses en plus que... Celles qui sont là depuis 10 ans. Mais juste, tu t'en rends pas compte. Déjà, t'as la niaque, t'as envie, t'as la motivation. Celle qui est là depuis 10 ans, elle l'a peut-être perdue. Donc, tu t'en rends pas compte, mais elle l'a peut-être perdue. Et toi, où tu imagines poêler ta bicyclette dans 10 ans ?

  • Speaker #0

    J'aimerais bien avec... Des boutiques un petit peu partout en France, en Europe. Enfin, pas un petit peu partout, mais des belles boutiques en France et en Europe. Qu'on arrive à garder cet esprit vraiment chaleureux et familial. Une boîte où il fait bon vivre, une marque où il fait bon venir faire ses bijoux sur mesure ou commander ses alliances.

  • Speaker #1

    C'est quoi la prochaine ville en France que tu as envie d'aller ?

  • Speaker #0

    Bordeaux.

  • Speaker #1

    Oui, Bordeaux. Bordeaux pour le mariage, c'est bien, il y a plein de monde.

  • Speaker #0

    Bordeaux, ça nous plairait bien. On y a déjà fait des ventes éphémères.

  • Speaker #1

    Ça marchait bien ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est une ville dans laquelle on se verrait bien.

  • Speaker #1

    Et en Europe, ce serait quoi la première ville que tu irais targeter ?

  • Speaker #0

    Alors là, j'ai du mal. J'ai essayé de faire ma liste de priorités, mais...

  • Speaker #1

    Il y en a trop ?

  • Speaker #0

    Oui, il y en a trop. Bruxelles, Munich, Berlin, Genève...

  • Speaker #1

    Ok, alors je ne sais pas si tu as déjà écouté Wedding Divan, mais j'envoie toujours quelques questions et il y en a d'autres que je garde pour la surprise parce que j'aime bien les questions un peu spontanées. La première, ça va être, est-ce qu'il y a une phrase qu'on t'a dit ? Une phrase d'entrepreneur, on t'a dit que tu garderas toute ta vie.

  • Speaker #0

    Non, je n'ai pas le truc qui est génial à balancer en fin d'interview. Mais si je regarde rétrospectivement... Le parcours de Paul Attaplicyclette, c'est vraiment il ne savait pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait la phrase de Mark Twain. Parce que sérieusement, je me suis lancée dans l'entrepreneuriat sans aucun bagage entrepreneurial, sans argent, sans réseau, sans avoir une formation solide en joaillerie, et en disant oui, moi je vais faire de l'or équitable Non mais, complètement zinzin quand même.

  • Speaker #1

    Complètement zinzin.

  • Speaker #0

    Mais vraiment, j'y repense. Mais je n'avais aucune conscience de ce dans quoi je m'engageais.

  • Speaker #1

    Mais bon, t'as bien fait.

  • Speaker #0

    Oui, alors ça n'a pas été un long fleuve tranquille, franchement.

  • Speaker #1

    L'entrepreneuriat, c'est pas un long fleuve tranquille.

  • Speaker #0

    Non, non. Mais l'écueil... principale qu'on peut rencontrer quand on a des idées comme ça, qu'on se lance, qu'on est créatif, créative, c'est de se heurter à la réalité de la gestion d'une entreprise. Et c'est là qu'il faut savoir et se former soi-même pour ne pas être un pigeon qui va prendre pour argent comptant tout ce que des experts vont lui raconter et savoir déléguer. Mais en fait, tu ne peux pas déléguer complètement ce que toi, tu ne sais pas faire, tu es quand même obligée de te former un minimum pour comprendre au moins ce qu'on te raconte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. J'en suis là, non. Ton dernier coup de gueule ?

  • Speaker #0

    Le truc que je regrette, moi, c'est... C'est beaucoup plus facile d'entreprendre à plusieurs, notamment à deux. Non mais si on pense à Pierre Berger et Yves Saint Laurent, bon... C'est quand même sympa d'être à deux pour entreprendre. Ça facilite les choses.

  • Speaker #1

    Tu aurais voulu être associée ?

  • Speaker #0

    Je pense que oui. Mais bon, après, on ne va pas refaire l'histoire. C'est comme ça.

  • Speaker #1

    Alors moi, je pense l'inverse. Mais c'est normal, j'ai vécu l'inverse. Donc aujourd'hui, je ne me réassocierai pas. Alors, je dis ça, peut-être que je changerai d'avis. parce que peut-être que j'ai pas vécu la bonne expérience pour ça. Mais aujourd'hui, j'apprécie justement de pouvoir prendre mes décisions seule, d'avoir justement cette équipe qui est là pour me conseiller, mais qui m'écoute si demain je dis non, je veux lancer ça. Et même si c'est une connerie, c'est pas grave, c'est moi qui aurais pris la décision et qui aurais fait cette connerie et ce sera à moi de l'assumer. Maintenant, j'apprécie vraiment de tout gérer seule. Je pense que c'est aussi parce que toi, tu n'as pas vécu l'opposé, et moi, j'ai vécu ça. Donc, on veut toujours ce qu'on n'a pas, finalement. Et donc, ton dernier coup de gueule, c'est ça ? C'est de ne pas être associée ?

  • Speaker #0

    Non, non, non, pas du tout. Ça m'est juste venu suite à nos échanges précédents, mais mon dernier coup de gueule, oui, moi, c'est l'or recyclé. Pourquoi ? Parce qu'en fait, quand au bout de quatre ans, 2015-2016, alors que jusque-là on proposait à nos clients de choisir entre hors recyclé et hors Fairmind, j'ai décidé qu'on basculait tout en 100% Fairmind, c'est parce que je me suis rendu compte qu'en fait, Le seul intérêt de l'or recyclé, c'était quoi ? C'était que ça ne générait aucune extraction, avec tous les dommages environnementaux et humains que ça peut créer. Mais en fait, en analysant les chiffres, le constat était terrible. C'était de dire que même si de plus en plus de gens et de marques disaient oui, moi j'utilise de l'or recyclé, la la li la la en fait, on voyait bien que les volumes d'or extrait ne baissaient jamais. Et je me suis dit, alors si le... Le seul intérêt pour moi de l'or recyclé, c'est de réduire le volume d'or extrait et que... Ça n'a aucun effet là-dessus, autant soutenir l'artisanat minier, parce qu'avec l'artisanat minier, avec le label Fairmind, on sait qu'on agit concrètement pour réduire la pollution au mercure, pour supprimer l'utilisation de mercure dans l'extraction de l'or, on sait qu'on réduit le travail infantile, qu'il y a des gens qui, grâce à ce label, vont avoir des meilleures conditions de travail et que l'environnement va être... préservé au maximum. Je me suis dit, en fait, si on veut avoir l'impact positif le plus fort possible, c'est ça qu'il faut choisir. Mais évidemment, aux yeux du grand public, et je les comprends, quand les gens entendent hors recyclé ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire, et ils s'imaginent que c'est comme pour le verre recyclé ou le plastique recyclé, ils se disent ah, mais génial ! Et quand on dit hors fair-mind ou équitable évidemment, ça nécessite toujours une explication. d'informer les gens, ce n'est pas aussi facilement compréhensible par le grand public. Le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que souvent, l'or recyclé est présenté comme une avancée écologique. Et bien en fait, pourquoi est-ce que, malgré le nombre toujours grandissant de marques de joaillerie qui revendiquent l'utilisation de l'or recyclé parce que c'est mieux pour la planète, Pourquoi est-ce qu'il n'y a absolument... aucun progrès au niveau des volumes d'extraction, c'est parce que l'or a toujours été recyclé. C'est la particularité de cette matière première, l'or est recyclable à l'infini, il est réaffinable à l'infini, et vu sa valeur, l'homme s'en est assez vite rendu compte. Et l'or a toujours été recyclé. C'est juste qu'avant, on ne le disait pas. Mais l'or a toujours été recyclé. Maintenant, on le dit, et on fait passer ça pour une avancée écologique, mais en fait... Ça ne change rien à la donne. Ça ne change rien. Si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, pour faire court, parce que le mercure qui est balancé dans les rivières en Colombie, on le retrouve, le mercure ne s'arrête pas. sur les côtes. Et donc, si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, c'est l'artisanat minier qu'il faut soutenir pour vraiment éradiquer très rapidement le mercure, les exactions humaines et environnementales. Voilà, mon coup de gueule, c'est Y'en a marre ! qu'on fasse prendre aux gens des vessies pour des lanternes. Bien sûr que nous aussi, on recycle notre or. Évidemment, tous nos résidus d'atelier repartent dans la chaîne de recyclage Fairmine. Évidemment que c'est bien de recycler l'or. Je ne vais jamais en dire à dire aux gens Non, mais jetez-le à la poubelle ! Bien sûr. C'est simplement qu'est-ce qu'on fait croire. au client.

  • Speaker #1

    Oui. L'honnêteté, l'authenticité, c'est important pour toi.

  • Speaker #0

    Ça va ? Tu l'as bien entendu le coup de gueule, là ?

  • Speaker #1

    J'ai bien entendu. Dernière question qui sera entre deux que j'adore poser, c'est c'était quand la pire période de ta vie en termes d'âge ?

  • Speaker #0

    Hum.

  • Speaker #1

    Il y en a quand même plusieurs.

  • Speaker #0

    Le pire, franchement, c'était la période de Covid.

  • Speaker #1

    OK. Parce que tu te sentais...

  • Speaker #0

    Parce que cumule de plein, plein, plein de choses. Feu d'artifice.

  • Speaker #1

    Feu d'artifice, mais pas cool,

  • Speaker #0

    du coup.

  • Speaker #1

    Et du coup, qu'est-ce que tu dirais à la Hélène qui vivait cette période-là aujourd'hui, avec le recul que t'as ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas ce que je lui dirais aujourd'hui, à part ça va passer.

  • Speaker #1

    C'est déjà bien. Si,

  • Speaker #0

    je lui dirais, écoute, plus les gens qui t'aiment que les autres.

  • Speaker #1

    C'est bien ça. Écoute, on va rester là-dessus. Un immense merci à toi pour tout le partage et tout ce que tu nous as livré aujourd'hui. C'était un plaisir de reparler avec toi et je viendrai bientôt dans ta boutique, promis.

  • Speaker #0

    Franchement, avec plaisir, Magali. Je te ferai un quiz sur l'enfermage d'attention.

  • Speaker #1

    Oula ! Ah ouais, non, ça y est, la professeure ressort.

  • Speaker #0

    Non mais, prof un jour, prof toujours.

  • Speaker #1

    Ok, bah écoute, moi je veux bien. Après, si je me trompe, tu m'engueules pas, c'est juste que j'apprends.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Magali.

  • Speaker #1

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    De ton invitation.

  • Speaker #1

    Bisous.

  • Speaker #0

    Bye bye.

  • Speaker #1

    Et voilà, Logan, j'espère que cette interview t'aura plu autant qu'à moi. Si c'est le cas, partage-la sur Insta et tag nous, Hélène, donc Paulette à bicyclette, et moi, ça nous fera trop, trop plaisir. Et puis, tu sais maintenant que tu peux me mettre aussi 5 étoiles sur Apple Podcast ou sur Spotify, c'est ce qui m'aide le plus à faire connaître Wedding Divant et un petit commentaire sur Apple Podcast, c'est encore mieux. Merci pour tout et à très vite pour le prochain épisode de Wedding Divant.

  • Speaker #0

    Merci.

Description

Hello Hello le gang ✌️

J’espère que tu vas bien !

Aujourd’hui dans le podcast Wedding Divan, jai le plaisir d’accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de Joaillerie éthique en France aka @paulette_a_bicyclette. 🚲

C’est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce qu’Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j’étais wedding planner ! 🥰

Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant !


🎧 Montage réalisé par : @intothewavesstudio 

✨ Le Wedding Divan : @leweddinggang


Présentation de l'invité du jour :

Je suis la fondatrice de Paulette à Bicyclette - joaillerie éthique. La marque a déjà 17 ans, et a été la pionnière de la joaillerie éthique en France. Nos bijoux sont fabriqués dans notre atelier parisien, en or équitable Fairmined. L'or que nous utilisons respecte les droits humains et l'environnement. Notre mission : allier le beau et le bien, avec nos bijoux en or texturé, inspirés par l'art ou la nature, et leur impact positif sur les communautés minières avec lesquelles nous travaillons.

Comment je suis passée de professeure de français en Jordanie à créatrice d'une marque de joaillerie ? C'est une longue histoire, avec de multiples rebondissements, que je n'aurais jamais imaginée...

📷 Crédit Photo : @florenceakouka

🎧 L'épisode t'as plu ? ⭐

Pour me soutenir, laisse moi 5 étoiles et un commentaire sur Apple Podcast ! Merci ! ...........................................................................................................................................................................


Hey ! Moi, c'est Mag 👋 Je suis coach pour les professionnels du mariage qui (re)lancent leur activité 🚀 

Je t'aide à prendre confiance🔥, à remplir tes saisons 👰🏻🤵🏻 et à devenir une référence 👑grâce à mes formations et coachings sur-mesure !

Rejoins moi sur Insta !   ✌️

XOXO 💋   


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Hello et bienvenue dans Wedding Divan, le podcast dédié aux pros du mariage. Je suis Magali Zarka, formatrice du Wedding Gang, officiante de cérémonie laïque et ancienne wedding planner avec plus de 100 mariages à mon actif. Si tu es entrepreneur dans le milieu du mariage ou que tu souhaites te lancer, ce podcast est fait pour toi. Comment réussir, comment se démarquer et surtout, comment durer dans le mariage ? Autant de questions auxquelles nous répondrons ici via des interviews sans tabou de prestataires de mariage ou qui peuvent t'aider à améliorer ton business. On y abordera leur parcours, leurs réussites et leurs erreurs aussi parfois. Je partagerai également avec toi tous mes conseils, astuces et outils pour te donner un accès direct à la réussite dans le Wedding World. Allez, pose-toi dans ton canapé, écoute-nous dans ta voiture ou même en faisant la vaisselle. Et surtout, abonne-toi pour ne manquer aucun épisode. Hello, hello, le gang, j'espère que tu vas bien. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de joaillerie éthique en France. C'est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce que, et qui me tient d'ailleurs à cœur, parce qu'Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j'étais wedding planner. Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant. Hello Hélène, bienvenue dans Wedding Divan, ça fait très longtemps qu'on se connaît, mais en même temps ça fait très longtemps qu'on ne s'est pas parlé, donc je suis ravie de t'accueillir, bienvenue à toi.

  • Speaker #0

    Oui, bonjour Magali, c'est un plaisir de te retrouver du coup.

  • Speaker #1

    Mais oui, ça fait mille ans qu'on ne s'est pas parlé, donc du coup j'ai envie de te poser plein de questions, mais d'un côté je me suis dit, on ne va pas faire ça en off, comme ça je pourrais te les poser en live. Alors, je préviens aussi que je suis bien malade, donc vous devez l'entendre à mon... à ma voix qui parle du nez. Mais après, on a Geoffrey qui montre le podcast qui va enlever ma toux, je pense, de temps en temps. Hélène, pour les personnes qui ne te connaissent pas, est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ton parcours ?

  • Speaker #0

    Je suis Hélène Grassin, la fondatrice de Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique. Mon parcours, j'étais à la base professeure. J'étais professeure de français à l'étranger, en Jordanie. Et là-bas, j'ai une copine qui m'a montré comment monter des colliers avec les pierres naturelles, les perles de rivière qu'on pouvait trouver là-bas. Et puis, j'ai commencé à faire ça en hobby. Et le hobby a pris de plus en plus de place. Mais à l'époque, j'avais un autre projet professionnel. Je voulais, c'est vrai, quitter l'éducation nationale, mais je voulais être comédienne. Donc je rentre à Paris, avec des perles, des cailloux dans mon sac. Je continue à faire des bijoux sur mon temps libre, mais je rentre en école de théâtre pro. Et deux ans plus tard, un constat. Je ne décroche aucun casting. Et en revanche, mes bijoux commencent déjà à se vendre tout seul. J'avais fait un petit blog. Et je me suis dit, bon, peut-être que c'est un signe. Et je décide de tenter, avec aucune autre mission à l'époque, que de vivre de mon travail. si possible. Et je prends des cours du soir pour apprendre à... à scier, à limer, à souder, pour apprendre les bases de la joaillerie.

  • Speaker #1

    On est en quelle année, là ?

  • Speaker #0

    On est en 2006.

  • Speaker #1

    Ça date.

  • Speaker #0

    Merci, Nagali. On va nous le rappeler. Mais le bon côté, l'autre bon côté, c'est que Paulette à bicyclette, finalement, a 17 ans.

  • Speaker #1

    C'est ouf. Nous, on s'est rencontrés en 2012, je pense, ou 2013. À l'époque, je me souviens, j'avais fait même l'inauguration de la nouvelle boutique dans le 20e, en tant que coordinatrice et organisatrice avec toi et tout. Donc, tu as été une des premières finalement à me faire confiance en tant que wedding planner. Donc, encore merci pour ça, déjà. Et moi, je te suis toujours. Je vois ta boîte évoluer parce qu'à l'époque, vous étiez deux. Et encore, ce n'était pas vraiment deux. C'était une ennemie, quoi. Comment ton rôle a évolué depuis ce moment ? Je ne t'ai même pas laissé finir finalement, parce que tu n'as pas fini. Là, tu dis que tu as 17 ans, mais du coup, depuis 2006, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça a évolué ?

  • Speaker #0

    Alors, j'ai continué à prendre des cours du soir pour me perfectionner dans les techniques par rapport au métal. Et pour la tapis-cyclette, à cette période-là, c'était des bijoux qu'on pourrait dire de haute fantaisie. en perles de rivière et argent. principalement. Et c'était vraiment consacré au mariage. Les accessoires de coiffure, etc. Les bijoux de dos. Et en fait, j'attendais d'être prête d'avoir acquis des bases un petit peu plus solides pour me lancer dans la joaillerie. Mais surtout, je me disais, je ne sais pas pourquoi j'avais ça en tête, mais enfin, à cette époque-là, on avait déjà vu Blood Diamonds. Et pour peu qu'on ait... Qu'on soit un peu curieux, on connaissait déjà les ravages de l'extraction d'or. Et j'avais donc cette idée, c'était comme un impératif, qu'il fallait d'abord que j'ai trouvé un sourcing propre avant de pouvoir lancer des collections en argent et or. Donc moi je n'ai fait aucune école de joaillerie. On se rappelle que je débarque de l'étranger donc je ne connais personne à Paris. J'avais mis toutes mes économies dans mon école de théâtre pro donc pas de sous et à force de chercher je vois qu'il y a des marques... aux US, un peu en Angleterre aussi, qui disent utiliser de l'or éthique. Je commence à chercher, je vois qu'il y a une ou deux marques françaises de joaillerie qui commencent aussi à en parler, et je me mets à chercher. Je retourne les internets, comme on dit, et puis je découvre le projet Oro Verde en Colombie. C'est la toute première mine test du label Fairmind, mais on y reviendra au label Fairmind. Et donc je les contacte, ils me disent Madame, on n'en vend pas directement aux joyers, adressez-vous au label Fairmind Je résume, le label Fairmind incarnait tout ce que je recherchais. C'est un label qui a été créé par une ONG colombienne qui émane donc d'un pays minier. Et c'est quoi la garantie du label Fairmine ? C'est de 1, c'est un or qui provient de mines dans lesquelles il n'y a aucun enfant qui travaille. De 2, les mineurs hommes et femmes ont des revenus décents et égaux et l'égalité homme-femme est extrêmement importante pour le label. Troisièmement, pas de polluants rejetés ni dans l'air ni dans les sols. Et enfin, une grande attention portée à la sécurité, puisque l'extraction minière, c'est un secteur dangereux. Et donc, tout le monde a des équipements de protection, les galeries des mines sont sécurisées, et les mineurs sont formés aux bonnes pratiques de sécurité. Donc, je découvre ce label, je me dis Waouh, ça y est, j'ai trouvé, génial ! Et petit à petit, l'ONG... Alliance for Responsible Mining, qui a créé le label Fairmine, me renvoie vers Patrick Schein, qui est l'un des cofondateurs du label, qui est français et qui vend, lui, leur Fairmine aux joyeux. Je l'appelle. Et là, scène d'anthologie, il me dit bonjour, vous êtes qui ? Je suis Hélène. D'accord, vous venez de la part de qui ? Personne, je vous ai trouvée toute seule. Alliance for Responsible Mining, il me dit, OK, vous avez fait quelle école ? Je dis, je n'ai pas fait d'école.

  • Speaker #1

    Une école du soir.

  • Speaker #0

    D'accord. Et c'est pour quelle maison ? Et là, évidemment, quand je dis Paulette à bicyclette, il est plié en deux. Et ce n'est pas fini parce que je lui dis, oui, mais moi, je voudrais vous acheter 5 grammes d'or fermé. Parce qu'à l'époque, un gramme d'or, pour faire court, c'est 50 euros. Donc... Il me dit, écoutez, allez, va pour 10. Voilà, je me dis... Plus exactement, lui, il me dit 10 grammes aujourd'hui et peut-être qu'un jour, vous m'en achèterez des kilos. Il l'avait vu juste,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    Il l'avait vu juste. Et donc, grâce à lui, Paulette Abiciclette a pu commencer à faire des bijoux en or fermé. Et donc, c'est 2010. En 2010, j'ai démarré avec de l'or recyclé parce que c'était le plus facile à trouver d'abord. Et puis, 2010-2011, On démarre avec l'Orphermind. Pendant 4 ans, on va donner le choix à nos clients, soit Orphermind, soit Orphermind. Et fin 2015-2016, on bascule à 100% Orphermind. Et alors,

  • Speaker #1

    combien de kilos tu commandes aujourd'hui à ce monsieur ?

  • Speaker #0

    Tu sais... Oui, oui, oui, oui, oui. On le sait, mais effectivement, on est passé à des kilos.

  • Speaker #1

    Ben oui. Il a cru en toi, en ta motivation, ta détermination, en tout cas.

  • Speaker #0

    Il s'est dit, allez, on tente.

  • Speaker #1

    Tentons, quoi. Trop bien. Et donc ça, c'est vrai, moi, depuis que je te connais, en tout cas, je sais que c'est hyper important pour toi, la partie éthique. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu peux nous dire là-dessus ?

  • Speaker #0

    En 2010-2011, je lance les premières collections d'Allianz et Bac de fiançailles. Et comme l'activité de Paulette à bicyclette, elle était depuis le départ vraiment centrée sur le mariage, ça se fait assez naturellement. Mais bon, 2010, je ne sais pas, on a dû vendre même pas cinq alliances ou bacs de fiançailles. Et puis, en 2014, ça monte doucement de 2010 à 2014. Et là, 2014, c'est l'explosion. On fait chiffre d'affaires et multiplié par deux. C'est la crise de croissance, panique à bord. Enfin, très grande joie et panique à bord.

  • Speaker #1

    Oui, ça a explosé. Et tu dirais que c'est dû à quoi, la com ?

  • Speaker #0

    En fait, on a dès le départ bénéficié d'une super exposition médiatique, puisqu'en fait, on faisait vraiment partie des tout premiers en France à être sur ce créneau. Et puis, on avait la particularité, et on était la seule marque Fairminds comme ça, à avoir notre propre atelier. Ce qui fait que les journalistes, ils aimaient beaucoup, parce qu'en venant chez nous, ils pouvaient voir directement le travail des joailliers, comment on s'y prenait pour la traçabilité, et la boutique. Je pense que ça, ça a compté. Et ce qui a joué aussi, c'est que moi, comme je n'avais aucun... qu'une connaissance entrepreneuriale. Pas d'entrepreneur dans ma famille, vraiment. Quand j'entendais TVA, j'avais les genoux qui tremblaient. Et donc, j'ai démarré en coopérative. C'est-à-dire que la société Paulette à la bicyclette n'avait pas d'existence en tant que telle, puisque moi, j'étais entrepreneur salarié de la coopérative. J'étais donc chez Copanam. Et ça a été vraiment très précieux pour moi parce que je n'avais pas à me soucier de la compta, des déclarations, etc. J'avais juste à m'occuper de faire mon job et de développer la marque. Et dans cette coopérative, puisque c'est un mode d'entrepreneuriat très collectif, collaboratif, Je rencontre dès 2007-2008 Stéphanie Rivier, qui me forme aux techniques du référencement naturel, au SIO. Et c'est là, c'est tout... L'ironie de l'histoire, c'est qu'en fait, comme j'avais dépensé toutes mes économies de prof dans l'école de théâtre, je n'avais plus un sous-veillant. Je pense que si j'en avais eu, j'aurais fait comme tout le monde. J'aurais acheté des encarts de publicité dans les magazines. Je ne pouvais pas quasiment, enfin très très peu le faire. Et là, j'ai eu l'occasion d'être formée au référencement naturel. Il se trouve que j'ai en plus un bébé qui ne dort pas et donc je vais passer mes nuits à booster le référencement de mon blog. Je n'avais même pas encore de site à l'époque. 2012 premier site internet et donc 2012 j'ai deux enfants en bas âge. Je rebelodge, je remets un coup, ce qui fait qu'en 2014 on avait très peu de marques. avait investi le champ du référencement naturel. Et Paulette à bicyclette, la petite boîte qui vient de nulle part, truste tous les top 3, top 10 Google sur tous les mots-clés liés au mariage. Et en 2014, Paulette à bicyclette, c'est la première marque de joaillerie française à être certifiée Fairmind.

  • Speaker #1

    Et du coup, toi, ton rôle dans la boîte depuis le début ? Alors au début, tu faisais toi-même les bijoux. Aujourd'hui, comment ça a évolué ? Parce que vous êtes nombreux maintenant, vous êtes une quinzaine ?

  • Speaker #0

    On est une dizaine. Et en haute saison des mariages, ça monte un peu. Mon rôle, il a beaucoup changé. J'ai eu la chance en 2022 de pouvoir intégrer un programme de l'ESSEC, l'école de commerce, entièrement dédié aux chefs d'entreprise et financé par la fondation Goldman Sachs. Moi qui n'avais jamais fait d'école de commerce, je me suis retrouvée sur les bancs de l'ESSEC pour ce qu'on peut appeler un MBA en accéléré. Ça, c'est venu tard, mais ça a changé aujourd'hui ma façon de faire et de voir les choses, parce que pendant très longtemps, je me suis considérée comme incapable de bien gérer une boîte, donc je m'en remettais toujours à des consultants, ou pendant trois ans, j'ai pris un DG. Et évidemment que quand on part de zéro, son rôle dans une entreprise change énormément. Après... il y a des chefs d'entreprise, même dans la joaillerie, qui continuent à faire des bijoux, qui continuent à fabriquer. Moi, c'est quelque chose que j'ai lâché assez vite, 2012, 2013. Pourquoi ? Parce qu'en fait, mes collaborateurs étaient beaucoup plus doués que moi, donc je ne voyais pas l'intérêt. En fait, ça faisait beaucoup plus sens que ce soit eux. qui soit à l'établi, à fabriquer.

  • Speaker #1

    Et ça ne te manque pas de créer ? Tu crées quand même ? Qu'est-ce que tu fais du coup ?

  • Speaker #0

    2024, je vais m'y remettre.

  • Speaker #1

    C'est l'objectif de l'année ?

  • Speaker #0

    Oui, mais aujourd'hui, c'est vrai que le processus créatif chez Poletta Bicyclette, il est très collaboratif. C'est vraiment un travail d'équipe.

  • Speaker #1

    Trop bien.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une personne toute seule dans son coin. Chaque personne de l'équipe peut donner son avis, exprimer ses souhaits. C'est un travail qu'on fait ensemble.

  • Speaker #1

    Ok. Et donc là, sur ton rôle, c'est vraiment le rôle de chef d'entreprise depuis 2022, depuis que tu as fait la formation à l'ESSEC. C'est vraiment gérer l'entreprise ?

  • Speaker #0

    Non. Après la formation à l'ESSEC, j'ai quitté ma boîte pendant un an. Ok.

  • Speaker #1

    Tu t'es dit non, finalement.

  • Speaker #0

    J'ai quitté ma boîte pendant un an. J'ai pris un CDI.

  • Speaker #1

    J'adore !

  • Speaker #0

    Ça s'est présenté comme ça, et moi je me suis dit, ah là là, oui, je crois que tu as vraiment besoin de prendre du recul. Parce que franchement, les années Covid, ça avait été atroce. Et je suis revenue en septembre dernier, en septembre 2023, et c'est vraiment depuis septembre 2023 seulement que oui. J'ai repris la direction de l'entreprise.

  • Speaker #1

    Mais alors attends, comment ça s'est passé dans la boîte pendant un an ? C'est-à-dire, qui a géré ?

  • Speaker #0

    Ah mais il y avait déjà un DG qui était là.

  • Speaker #1

    Donc ça roulait sans toi ?

  • Speaker #0

    Bah oui, ça pouvait tout à fait rouler sans moi.

  • Speaker #1

    Ok, je sais pas si tu veux en parler, mais t'as fait quoi pendant un an ? T'as fait quel rôle ?

  • Speaker #0

    Oh bah je suis allée dans le secteur de la RSE, de la responsabilité sociétale des entreprises.

  • Speaker #1

    Ok, et qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ? ça t'a manqué ?

  • Speaker #0

    En fait, c'est un concours de circonstances, mais c'est comme souvent, toutes les planètes qui s'alignent, mon DG partait, donc j'ai dû revenir, mais j'étais au début pas sûre de est-ce que je reviens vraiment, est-ce que je reviens à temps plein, est-ce que c'est une bonne idée ? Parce que moi, pendant cette année où j'ai fait autre chose, j'ai découvert le bonheur que j'étais en télétravail, d'être là tous les jours quand mes filles rentraient, j'ai découvert une vie de famille avec un rythme normal. et je n'étais pas sûre d'être prête à renoncer à ça. Et puis en fait, au bout de trois ou quatre semaines, je me suis dit, non mais bien sûr, évidemment, c'est là que je dois être, chez Paulette et Bicyclette. Alors évidemment, ça a râlé à la maison, parce qu'après un an à me voir tous les soirs, tous les week-ends, de... ça a été un petit peu dur de revenir en arrière.

  • Speaker #1

    Et comment ça se passe depuis que tu es revenue ? Est-ce que tu arrives à prendre un peu de recul comme ça ?

  • Speaker #0

    Je pense que le fait d'avoir pris un an de recul, d'avoir été dans la peau d'une salariée pendant un an aussi, très important ça ! D'avoir fait le MBA de l'ESSEC, il y a eu d'autres choses aussi dans ma vie personnelle qui ont amené de... Grosse prise de conscience et changement et en fait ça se passe super bien. En fait je suis vraiment... Hyper heureuse aujourd'hui de travailler avec mon équipe, d'avoir une équipe qui dit on est super content d'être là, on adore travailler chez Paulette la bicyclette C'est vraiment hyper sympa. Je m'éclate. C'est vraiment un plaisir d'aller travailler.

  • Speaker #1

    Ça, c'est hyper important. Je me reconnais un peu dans ce que tu as dit. Alors moi, je n'ai pas... J'avais pas de salariés, j'avais des stagiaires à l'époque, etc. Mais c'est vrai que ça m'a fait du bien, moi, de retourner pendant 5 ans dans le salariat, même si j'ai repris l'entrepreneuriat au bout de 2 ans. Mais ça m'a fait du bien. Rien que le fait d'avoir des vacances. Et tu vois, là, justement, j'ai posé une semaine de vacances, là, au mois d'avril, pour vraiment rien foutre, parce que j'étais repartie dans mes travers. Parce que moi, je suis quelqu'un qui va travailler beaucoup, beaucoup et pas m'écouter. Et là, tu vois, c'est pour ça que je suis malade. Et je me dis... En fait, c'est pas parce que tu t'arrêtes de temps en temps que ça va s'arrêter, quoi. Même si aujourd'hui, j'ai une petite équipe, mais voilà, même si moi je m'arrête une semaine, ça va pas changer la donne, en fait. Pour les gens qui savent pas d'où vient Paulette à bicyclette, moi je sais, mais le nom, est-ce que tu peux le redire ?

  • Speaker #0

    Alors, on se rappelle, en 2006, moi je débarquais de nulle part, donc j'avais pas envie que ce soit mon nom, parce que j'avais un petit syndrome de l'imposteur. Voilà, mais on n'était pas particulièrement sexy. Ensuite... J'avais pas non plus envie que ça s'appelle Or éternel ou Diamant qui brille soin de soin. Et puis, j'aime bien rire, donc j'avais vraiment envie d'un nom qui n'ait rien à voir... avec le secteur d'activité de l'entreprise. Et puis franchement, à l'époque, je pensais juste vivre de mon travail, c'est-à-dire faire des bijoux dans mon salon, les vendre sur Internet, et c'est tout. Et c'est venu à la fin d'un dîner très sympa entre amis. On avait fait un brainstorming pour trouver le nom de la marque. Et après avoir dit les trucs les plus improbables possibles, tout à coup il y a Paulette à bicyclette qui m'est venue. Et en fait, Paulette c'était un surnom que m'avait donné une copine, elle m'appelait Poulette, et puis après c'était devenu Paulette. La marque est née à Belleville-Ménilmontant, le quartier des chansonniers. J'aime beaucoup la chanson française et je faisais beaucoup de vélo et voilà, bolette à bicyclette.

  • Speaker #1

    Et du coup, tu as gardé ça tout le temps parce que ça se retient.

  • Speaker #0

    Évidemment, c'est un clin d'œil à la chanson d'Yves Montand, je le dis parce que nos clients maintenant n'ont plus forcément la ref.

  • Speaker #1

    On est trop vieillis.

  • Speaker #0

    Et oui. Et donc, ça se retient bien. Oui,

  • Speaker #1

    ça se retient. C'est ça. Quelles évolutions tu as pu voir entre maintenant et 2006, en fait, entre 2006 et maintenant, au niveau du marché de la joaillerie ?

  • Speaker #0

    Alors, chez nous, ça a été très, très flagrant. Les premières alliances en or équitable ou recyclées qu'on a vendues, Très clairement, nos premiers clients, c'était des expats, c'est-à-dire des étrangers qui vivaient en France.

  • Speaker #1

    Pourquoi, à ton avis ?

  • Speaker #0

    Parce que je pense qu'ils avaient une sensibilité plus marquée, ils avaient davantage ce souci du sourcing. et de la responsabilité environnementale que les Français. Disons que c'est la conclusion que j'en ai tirée. Et vraiment, ça a été très marqué. Et ensuite, c'est des couples mixtes qui sont venus, c'est-à-dire franco-canadiens, franco-brésiliens. On a fait le tour du monde. Et seulement au bout de 2-3 ans, les Français sont arrivés. Vraiment, ça a été très très très flagrant et avec, dès le départ, une proportion très importante de couples LGBT. On était avant le mariage homo en France. Donc c'était d'abord pour le PAX, ensuite on a eu la joie de faire les alliances pour le presque premier mariage gay français. Et là, il n'y a pas longtemps, on a fait les alliances pour le tout premier mariage homo-suisse.

  • Speaker #1

    Mais tu le revendiques ça ? Ou c'est juste qu'ils le sentent à travers les mots que tu emploies dans ton site ?

  • Speaker #0

    J'ai essayé de demander à mes clients...

  • Speaker #1

    Pourquoi ?

  • Speaker #0

    Pourquoi ? Et en fait, la plupart du temps, ils ne savent pas me répondre comme ça, parce qu'ils sont venus... Alors, j'ai fini par mettre sur Google qu'on était LGBT friendly, mais si tu veux, on n'a pas de drapeau nulle part. Et en discutant avec des clients, c'est dit peut-être que c'est le fait que nos modèles ne soient pas genrés, mais on n'a pas d'explication plus... Pour nous, on est tellement habitués à ne pas avoir de modèle genré que si tu veux, on ne se rend même plus compte de l'impact que ça peut avoir. Mais après, je pense que l'état d'esprit d'une marque transpire toujours à travers son site Internet. Nos clients doivent le sentir que chez nous, ils seront bien accueillis, qu'ils viennent comme ils veulent et ce n'est même pas une question pour nous.

  • Speaker #1

    Et du coup, dans ta boîte, tu me disais que vous êtes une dizaine en temps normal. Tu as quoi comme poste à peu près pour les autres personnes ?

  • Speaker #0

    Mais tu as les équipes de vente.

  • Speaker #1

    Oui. T'as combien de magasins aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Paris et Lyon.

  • Speaker #1

    Paris et Lyon.

  • Speaker #0

    Plus le site internet.

  • Speaker #1

    Et au niveau des ventes, c'est quoi ? C'est plus internet, plus les boutiques ?

  • Speaker #0

    C'est plus les boutiques, mais après, comme pour beaucoup de marques, on fait web to store. Les gens prennent rendez-vous en boutique parce qu'ils ont vu le site internet, parce qu'ils ont vu des modèles qui leur plaisent.

  • Speaker #1

    T'es toujours première sur Google, j'ai cherché.

  • Speaker #0

    on y est revenu.

  • Speaker #1

    Tu as remis les mains dedans ?

  • Speaker #0

    Oui, là, l'équipe marketing, elle a fait un super boulot, un très, très gros boulot pour qu'on regagne nos places.

  • Speaker #1

    Très bien.

  • Speaker #0

    Donc, tu as évidemment les équipes de vente, l'équipe, justement, marketing, digital, fonctions, support, admin, finance et l'atelier.

  • Speaker #1

    Combien de personnes en atelier ?

  • Speaker #0

    Pareil, géométrie variable, 5, 6.

  • Speaker #1

    Et donc, à chaque fois, c'est créé dans la boutique, comme avant ? Les ateliers sont dans la boutique ou ailleurs ?

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Ils sont toujours sur le même lieu. Alors, à Lyon, il n'y a pas d'atelier, il n'y a que la boutique. Mais à Paris, oui, tout est au même endroit.

  • Speaker #1

    Et tu es toujours dans le 20e ou pas ? Il faudrait que je vienne te voir.

  • Speaker #0

    Mais bonjour, madame. Je t'invite à venir visiter notre boutique du 11e. On est entre Charonne et Fédère.

  • Speaker #1

    Ok, je viendrai avec plaisir.

  • Speaker #0

    Au 13 rue Paulbert. Tu es là, bienvenue.

  • Speaker #1

    Ça marche. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer dans le mariage aujourd'hui ou dans la joaillerie, peut-être ?

  • Speaker #0

    Pour le mariage ? Il y a un truc qui pour moi a été essentiel, mais je pense aussi pour toi, c'est le réseau. Ça, ça me manque parce que c'est quelque chose que je ne prends plus le temps de faire. Mais toi et moi, quand on a démarré vraiment, moi sur les alliances et toi sur le wedding planning, il y avait vraiment... On était une bonne équipe de gens à se lancer à peu près au même moment. Et il y avait un réseau vraiment hyper sympa autour du mariage. On s'invitait aux ouvertures de boutiques les uns des autres, aux événements divers et variés. C'était vraiment très sympa. Ça, ça me manque aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Écoute, on va recréer ça alors. Non, mais après, c'est vrai que voilà, tu en as parlé au tout début. Et moi, c'est la même chose. En fait, on a... Parce que les gens qui se lancent aujourd'hui se disent Mais oui, mais moi, je n'ai pas de réseau. Mais quand on s'est lancés toutes les deux, on n'en avait pas non plus, en fait.

  • Speaker #0

    Non, non.

  • Speaker #1

    C'est très le, en fait, ton réseau, quoi.

  • Speaker #0

    Alors, moi, le fait d'avoir rejoint des réseaux, ça a été déterminant pour la réussite de la marque. Le premier réseau, ça a été celui de la coopérative dans laquelle j'étais, Copanam. Tu vois, grâce à qui j'ai découvert le référencement naturel. On s'était créé aussi un petit groupe d'entrepreneurs liés au mariage. C'est là que j'ai découvert la com, etc. Et puis, de fil en aiguille, j'ai découvert le réseau Mompreneur, donc les mamans entrepreneurs. Et là aussi, j'ai rencontré des gens vraiment super, avec des gens qui étaient à la fois secteurs du mariage, chez les membres preneurs, etc. Et puis ensuite, le réseau mariage. Mais vraiment, ça a été extrêmement important, ces rencontres. En tout cas, on ne peut pas se lancer sans, pour moi, trouver un ou deux réseaux qui vont nous porter et nous aider.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Donc ça, ça serait ton conseil principal ?

  • Speaker #0

    Je ne suis pas la seule à le donner. C'est juste du bon sens.

  • Speaker #1

    Oui, mais c'est important. Parce qu'on ne se rend pas compte, je pense. Quand on se lance, on se dit qu'est-ce que je vais faire ? Oui, mais moi, je vois mes clientes. Je me lance à côté de celles qui sont là depuis dix ans. Comment ça va être ? Je leur dis mais tu as cette chance, en fait. Et j'ai une... J'ai eu une interview, je crois que c'était Solveig qui avait dit ça, et je la reprends souvent, elle dit tout le temps, mais kiffe en fait chaque étape du process, parce que dans dix ans, tu ne seras plus là où tu en es. Et en fait, là où tu en es, c'est hyper important, parce que c'est là que tu vas créer plein de choses. Et j'adore ce moment-là, de leur dire, mais toi, tu as des choses en plus que... Celles qui sont là depuis 10 ans. Mais juste, tu t'en rends pas compte. Déjà, t'as la niaque, t'as envie, t'as la motivation. Celle qui est là depuis 10 ans, elle l'a peut-être perdue. Donc, tu t'en rends pas compte, mais elle l'a peut-être perdue. Et toi, où tu imagines poêler ta bicyclette dans 10 ans ?

  • Speaker #0

    J'aimerais bien avec... Des boutiques un petit peu partout en France, en Europe. Enfin, pas un petit peu partout, mais des belles boutiques en France et en Europe. Qu'on arrive à garder cet esprit vraiment chaleureux et familial. Une boîte où il fait bon vivre, une marque où il fait bon venir faire ses bijoux sur mesure ou commander ses alliances.

  • Speaker #1

    C'est quoi la prochaine ville en France que tu as envie d'aller ?

  • Speaker #0

    Bordeaux.

  • Speaker #1

    Oui, Bordeaux. Bordeaux pour le mariage, c'est bien, il y a plein de monde.

  • Speaker #0

    Bordeaux, ça nous plairait bien. On y a déjà fait des ventes éphémères.

  • Speaker #1

    Ça marchait bien ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est une ville dans laquelle on se verrait bien.

  • Speaker #1

    Et en Europe, ce serait quoi la première ville que tu irais targeter ?

  • Speaker #0

    Alors là, j'ai du mal. J'ai essayé de faire ma liste de priorités, mais...

  • Speaker #1

    Il y en a trop ?

  • Speaker #0

    Oui, il y en a trop. Bruxelles, Munich, Berlin, Genève...

  • Speaker #1

    Ok, alors je ne sais pas si tu as déjà écouté Wedding Divan, mais j'envoie toujours quelques questions et il y en a d'autres que je garde pour la surprise parce que j'aime bien les questions un peu spontanées. La première, ça va être, est-ce qu'il y a une phrase qu'on t'a dit ? Une phrase d'entrepreneur, on t'a dit que tu garderas toute ta vie.

  • Speaker #0

    Non, je n'ai pas le truc qui est génial à balancer en fin d'interview. Mais si je regarde rétrospectivement... Le parcours de Paul Attaplicyclette, c'est vraiment il ne savait pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait la phrase de Mark Twain. Parce que sérieusement, je me suis lancée dans l'entrepreneuriat sans aucun bagage entrepreneurial, sans argent, sans réseau, sans avoir une formation solide en joaillerie, et en disant oui, moi je vais faire de l'or équitable Non mais, complètement zinzin quand même.

  • Speaker #1

    Complètement zinzin.

  • Speaker #0

    Mais vraiment, j'y repense. Mais je n'avais aucune conscience de ce dans quoi je m'engageais.

  • Speaker #1

    Mais bon, t'as bien fait.

  • Speaker #0

    Oui, alors ça n'a pas été un long fleuve tranquille, franchement.

  • Speaker #1

    L'entrepreneuriat, c'est pas un long fleuve tranquille.

  • Speaker #0

    Non, non. Mais l'écueil... principale qu'on peut rencontrer quand on a des idées comme ça, qu'on se lance, qu'on est créatif, créative, c'est de se heurter à la réalité de la gestion d'une entreprise. Et c'est là qu'il faut savoir et se former soi-même pour ne pas être un pigeon qui va prendre pour argent comptant tout ce que des experts vont lui raconter et savoir déléguer. Mais en fait, tu ne peux pas déléguer complètement ce que toi, tu ne sais pas faire, tu es quand même obligée de te former un minimum pour comprendre au moins ce qu'on te raconte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. J'en suis là, non. Ton dernier coup de gueule ?

  • Speaker #0

    Le truc que je regrette, moi, c'est... C'est beaucoup plus facile d'entreprendre à plusieurs, notamment à deux. Non mais si on pense à Pierre Berger et Yves Saint Laurent, bon... C'est quand même sympa d'être à deux pour entreprendre. Ça facilite les choses.

  • Speaker #1

    Tu aurais voulu être associée ?

  • Speaker #0

    Je pense que oui. Mais bon, après, on ne va pas refaire l'histoire. C'est comme ça.

  • Speaker #1

    Alors moi, je pense l'inverse. Mais c'est normal, j'ai vécu l'inverse. Donc aujourd'hui, je ne me réassocierai pas. Alors, je dis ça, peut-être que je changerai d'avis. parce que peut-être que j'ai pas vécu la bonne expérience pour ça. Mais aujourd'hui, j'apprécie justement de pouvoir prendre mes décisions seule, d'avoir justement cette équipe qui est là pour me conseiller, mais qui m'écoute si demain je dis non, je veux lancer ça. Et même si c'est une connerie, c'est pas grave, c'est moi qui aurais pris la décision et qui aurais fait cette connerie et ce sera à moi de l'assumer. Maintenant, j'apprécie vraiment de tout gérer seule. Je pense que c'est aussi parce que toi, tu n'as pas vécu l'opposé, et moi, j'ai vécu ça. Donc, on veut toujours ce qu'on n'a pas, finalement. Et donc, ton dernier coup de gueule, c'est ça ? C'est de ne pas être associée ?

  • Speaker #0

    Non, non, non, pas du tout. Ça m'est juste venu suite à nos échanges précédents, mais mon dernier coup de gueule, oui, moi, c'est l'or recyclé. Pourquoi ? Parce qu'en fait, quand au bout de quatre ans, 2015-2016, alors que jusque-là on proposait à nos clients de choisir entre hors recyclé et hors Fairmind, j'ai décidé qu'on basculait tout en 100% Fairmind, c'est parce que je me suis rendu compte qu'en fait, Le seul intérêt de l'or recyclé, c'était quoi ? C'était que ça ne générait aucune extraction, avec tous les dommages environnementaux et humains que ça peut créer. Mais en fait, en analysant les chiffres, le constat était terrible. C'était de dire que même si de plus en plus de gens et de marques disaient oui, moi j'utilise de l'or recyclé, la la li la la en fait, on voyait bien que les volumes d'or extrait ne baissaient jamais. Et je me suis dit, alors si le... Le seul intérêt pour moi de l'or recyclé, c'est de réduire le volume d'or extrait et que... Ça n'a aucun effet là-dessus, autant soutenir l'artisanat minier, parce qu'avec l'artisanat minier, avec le label Fairmind, on sait qu'on agit concrètement pour réduire la pollution au mercure, pour supprimer l'utilisation de mercure dans l'extraction de l'or, on sait qu'on réduit le travail infantile, qu'il y a des gens qui, grâce à ce label, vont avoir des meilleures conditions de travail et que l'environnement va être... préservé au maximum. Je me suis dit, en fait, si on veut avoir l'impact positif le plus fort possible, c'est ça qu'il faut choisir. Mais évidemment, aux yeux du grand public, et je les comprends, quand les gens entendent hors recyclé ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire, et ils s'imaginent que c'est comme pour le verre recyclé ou le plastique recyclé, ils se disent ah, mais génial ! Et quand on dit hors fair-mind ou équitable évidemment, ça nécessite toujours une explication. d'informer les gens, ce n'est pas aussi facilement compréhensible par le grand public. Le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que souvent, l'or recyclé est présenté comme une avancée écologique. Et bien en fait, pourquoi est-ce que, malgré le nombre toujours grandissant de marques de joaillerie qui revendiquent l'utilisation de l'or recyclé parce que c'est mieux pour la planète, Pourquoi est-ce qu'il n'y a absolument... aucun progrès au niveau des volumes d'extraction, c'est parce que l'or a toujours été recyclé. C'est la particularité de cette matière première, l'or est recyclable à l'infini, il est réaffinable à l'infini, et vu sa valeur, l'homme s'en est assez vite rendu compte. Et l'or a toujours été recyclé. C'est juste qu'avant, on ne le disait pas. Mais l'or a toujours été recyclé. Maintenant, on le dit, et on fait passer ça pour une avancée écologique, mais en fait... Ça ne change rien à la donne. Ça ne change rien. Si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, pour faire court, parce que le mercure qui est balancé dans les rivières en Colombie, on le retrouve, le mercure ne s'arrête pas. sur les côtes. Et donc, si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, c'est l'artisanat minier qu'il faut soutenir pour vraiment éradiquer très rapidement le mercure, les exactions humaines et environnementales. Voilà, mon coup de gueule, c'est Y'en a marre ! qu'on fasse prendre aux gens des vessies pour des lanternes. Bien sûr que nous aussi, on recycle notre or. Évidemment, tous nos résidus d'atelier repartent dans la chaîne de recyclage Fairmine. Évidemment que c'est bien de recycler l'or. Je ne vais jamais en dire à dire aux gens Non, mais jetez-le à la poubelle ! Bien sûr. C'est simplement qu'est-ce qu'on fait croire. au client.

  • Speaker #1

    Oui. L'honnêteté, l'authenticité, c'est important pour toi.

  • Speaker #0

    Ça va ? Tu l'as bien entendu le coup de gueule, là ?

  • Speaker #1

    J'ai bien entendu. Dernière question qui sera entre deux que j'adore poser, c'est c'était quand la pire période de ta vie en termes d'âge ?

  • Speaker #0

    Hum.

  • Speaker #1

    Il y en a quand même plusieurs.

  • Speaker #0

    Le pire, franchement, c'était la période de Covid.

  • Speaker #1

    OK. Parce que tu te sentais...

  • Speaker #0

    Parce que cumule de plein, plein, plein de choses. Feu d'artifice.

  • Speaker #1

    Feu d'artifice, mais pas cool,

  • Speaker #0

    du coup.

  • Speaker #1

    Et du coup, qu'est-ce que tu dirais à la Hélène qui vivait cette période-là aujourd'hui, avec le recul que t'as ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas ce que je lui dirais aujourd'hui, à part ça va passer.

  • Speaker #1

    C'est déjà bien. Si,

  • Speaker #0

    je lui dirais, écoute, plus les gens qui t'aiment que les autres.

  • Speaker #1

    C'est bien ça. Écoute, on va rester là-dessus. Un immense merci à toi pour tout le partage et tout ce que tu nous as livré aujourd'hui. C'était un plaisir de reparler avec toi et je viendrai bientôt dans ta boutique, promis.

  • Speaker #0

    Franchement, avec plaisir, Magali. Je te ferai un quiz sur l'enfermage d'attention.

  • Speaker #1

    Oula ! Ah ouais, non, ça y est, la professeure ressort.

  • Speaker #0

    Non mais, prof un jour, prof toujours.

  • Speaker #1

    Ok, bah écoute, moi je veux bien. Après, si je me trompe, tu m'engueules pas, c'est juste que j'apprends.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Magali.

  • Speaker #1

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    De ton invitation.

  • Speaker #1

    Bisous.

  • Speaker #0

    Bye bye.

  • Speaker #1

    Et voilà, Logan, j'espère que cette interview t'aura plu autant qu'à moi. Si c'est le cas, partage-la sur Insta et tag nous, Hélène, donc Paulette à bicyclette, et moi, ça nous fera trop, trop plaisir. Et puis, tu sais maintenant que tu peux me mettre aussi 5 étoiles sur Apple Podcast ou sur Spotify, c'est ce qui m'aide le plus à faire connaître Wedding Divant et un petit commentaire sur Apple Podcast, c'est encore mieux. Merci pour tout et à très vite pour le prochain épisode de Wedding Divant.

  • Speaker #0

    Merci.

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Description

Hello Hello le gang ✌️

J’espère que tu vas bien !

Aujourd’hui dans le podcast Wedding Divan, jai le plaisir d’accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de Joaillerie éthique en France aka @paulette_a_bicyclette. 🚲

C’est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce qu’Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j’étais wedding planner ! 🥰

Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant !


🎧 Montage réalisé par : @intothewavesstudio 

✨ Le Wedding Divan : @leweddinggang


Présentation de l'invité du jour :

Je suis la fondatrice de Paulette à Bicyclette - joaillerie éthique. La marque a déjà 17 ans, et a été la pionnière de la joaillerie éthique en France. Nos bijoux sont fabriqués dans notre atelier parisien, en or équitable Fairmined. L'or que nous utilisons respecte les droits humains et l'environnement. Notre mission : allier le beau et le bien, avec nos bijoux en or texturé, inspirés par l'art ou la nature, et leur impact positif sur les communautés minières avec lesquelles nous travaillons.

Comment je suis passée de professeure de français en Jordanie à créatrice d'une marque de joaillerie ? C'est une longue histoire, avec de multiples rebondissements, que je n'aurais jamais imaginée...

📷 Crédit Photo : @florenceakouka

🎧 L'épisode t'as plu ? ⭐

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Transcription

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Hello et bienvenue dans Wedding Divan, le podcast dédié aux pros du mariage. Je suis Magali Zarka, formatrice du Wedding Gang, officiante de cérémonie laïque et ancienne wedding planner avec plus de 100 mariages à mon actif. Si tu es entrepreneur dans le milieu du mariage ou que tu souhaites te lancer, ce podcast est fait pour toi. Comment réussir, comment se démarquer et surtout, comment durer dans le mariage ? Autant de questions auxquelles nous répondrons ici via des interviews sans tabou de prestataires de mariage ou qui peuvent t'aider à améliorer ton business. On y abordera leur parcours, leurs réussites et leurs erreurs aussi parfois. Je partagerai également avec toi tous mes conseils, astuces et outils pour te donner un accès direct à la réussite dans le Wedding World. Allez, pose-toi dans ton canapé, écoute-nous dans ta voiture ou même en faisant la vaisselle. Et surtout, abonne-toi pour ne manquer aucun épisode. Hello, hello, le gang, j'espère que tu vas bien. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de joaillerie éthique en France. C'est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce que, et qui me tient d'ailleurs à cœur, parce qu'Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j'étais wedding planner. Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant. Hello Hélène, bienvenue dans Wedding Divan, ça fait très longtemps qu'on se connaît, mais en même temps ça fait très longtemps qu'on ne s'est pas parlé, donc je suis ravie de t'accueillir, bienvenue à toi.

  • Speaker #0

    Oui, bonjour Magali, c'est un plaisir de te retrouver du coup.

  • Speaker #1

    Mais oui, ça fait mille ans qu'on ne s'est pas parlé, donc du coup j'ai envie de te poser plein de questions, mais d'un côté je me suis dit, on ne va pas faire ça en off, comme ça je pourrais te les poser en live. Alors, je préviens aussi que je suis bien malade, donc vous devez l'entendre à mon... à ma voix qui parle du nez. Mais après, on a Geoffrey qui montre le podcast qui va enlever ma toux, je pense, de temps en temps. Hélène, pour les personnes qui ne te connaissent pas, est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ton parcours ?

  • Speaker #0

    Je suis Hélène Grassin, la fondatrice de Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique. Mon parcours, j'étais à la base professeure. J'étais professeure de français à l'étranger, en Jordanie. Et là-bas, j'ai une copine qui m'a montré comment monter des colliers avec les pierres naturelles, les perles de rivière qu'on pouvait trouver là-bas. Et puis, j'ai commencé à faire ça en hobby. Et le hobby a pris de plus en plus de place. Mais à l'époque, j'avais un autre projet professionnel. Je voulais, c'est vrai, quitter l'éducation nationale, mais je voulais être comédienne. Donc je rentre à Paris, avec des perles, des cailloux dans mon sac. Je continue à faire des bijoux sur mon temps libre, mais je rentre en école de théâtre pro. Et deux ans plus tard, un constat. Je ne décroche aucun casting. Et en revanche, mes bijoux commencent déjà à se vendre tout seul. J'avais fait un petit blog. Et je me suis dit, bon, peut-être que c'est un signe. Et je décide de tenter, avec aucune autre mission à l'époque, que de vivre de mon travail. si possible. Et je prends des cours du soir pour apprendre à... à scier, à limer, à souder, pour apprendre les bases de la joaillerie.

  • Speaker #1

    On est en quelle année, là ?

  • Speaker #0

    On est en 2006.

  • Speaker #1

    Ça date.

  • Speaker #0

    Merci, Nagali. On va nous le rappeler. Mais le bon côté, l'autre bon côté, c'est que Paulette à bicyclette, finalement, a 17 ans.

  • Speaker #1

    C'est ouf. Nous, on s'est rencontrés en 2012, je pense, ou 2013. À l'époque, je me souviens, j'avais fait même l'inauguration de la nouvelle boutique dans le 20e, en tant que coordinatrice et organisatrice avec toi et tout. Donc, tu as été une des premières finalement à me faire confiance en tant que wedding planner. Donc, encore merci pour ça, déjà. Et moi, je te suis toujours. Je vois ta boîte évoluer parce qu'à l'époque, vous étiez deux. Et encore, ce n'était pas vraiment deux. C'était une ennemie, quoi. Comment ton rôle a évolué depuis ce moment ? Je ne t'ai même pas laissé finir finalement, parce que tu n'as pas fini. Là, tu dis que tu as 17 ans, mais du coup, depuis 2006, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça a évolué ?

  • Speaker #0

    Alors, j'ai continué à prendre des cours du soir pour me perfectionner dans les techniques par rapport au métal. Et pour la tapis-cyclette, à cette période-là, c'était des bijoux qu'on pourrait dire de haute fantaisie. en perles de rivière et argent. principalement. Et c'était vraiment consacré au mariage. Les accessoires de coiffure, etc. Les bijoux de dos. Et en fait, j'attendais d'être prête d'avoir acquis des bases un petit peu plus solides pour me lancer dans la joaillerie. Mais surtout, je me disais, je ne sais pas pourquoi j'avais ça en tête, mais enfin, à cette époque-là, on avait déjà vu Blood Diamonds. Et pour peu qu'on ait... Qu'on soit un peu curieux, on connaissait déjà les ravages de l'extraction d'or. Et j'avais donc cette idée, c'était comme un impératif, qu'il fallait d'abord que j'ai trouvé un sourcing propre avant de pouvoir lancer des collections en argent et or. Donc moi je n'ai fait aucune école de joaillerie. On se rappelle que je débarque de l'étranger donc je ne connais personne à Paris. J'avais mis toutes mes économies dans mon école de théâtre pro donc pas de sous et à force de chercher je vois qu'il y a des marques... aux US, un peu en Angleterre aussi, qui disent utiliser de l'or éthique. Je commence à chercher, je vois qu'il y a une ou deux marques françaises de joaillerie qui commencent aussi à en parler, et je me mets à chercher. Je retourne les internets, comme on dit, et puis je découvre le projet Oro Verde en Colombie. C'est la toute première mine test du label Fairmind, mais on y reviendra au label Fairmind. Et donc je les contacte, ils me disent Madame, on n'en vend pas directement aux joyers, adressez-vous au label Fairmind Je résume, le label Fairmind incarnait tout ce que je recherchais. C'est un label qui a été créé par une ONG colombienne qui émane donc d'un pays minier. Et c'est quoi la garantie du label Fairmine ? C'est de 1, c'est un or qui provient de mines dans lesquelles il n'y a aucun enfant qui travaille. De 2, les mineurs hommes et femmes ont des revenus décents et égaux et l'égalité homme-femme est extrêmement importante pour le label. Troisièmement, pas de polluants rejetés ni dans l'air ni dans les sols. Et enfin, une grande attention portée à la sécurité, puisque l'extraction minière, c'est un secteur dangereux. Et donc, tout le monde a des équipements de protection, les galeries des mines sont sécurisées, et les mineurs sont formés aux bonnes pratiques de sécurité. Donc, je découvre ce label, je me dis Waouh, ça y est, j'ai trouvé, génial ! Et petit à petit, l'ONG... Alliance for Responsible Mining, qui a créé le label Fairmine, me renvoie vers Patrick Schein, qui est l'un des cofondateurs du label, qui est français et qui vend, lui, leur Fairmine aux joyeux. Je l'appelle. Et là, scène d'anthologie, il me dit bonjour, vous êtes qui ? Je suis Hélène. D'accord, vous venez de la part de qui ? Personne, je vous ai trouvée toute seule. Alliance for Responsible Mining, il me dit, OK, vous avez fait quelle école ? Je dis, je n'ai pas fait d'école.

  • Speaker #1

    Une école du soir.

  • Speaker #0

    D'accord. Et c'est pour quelle maison ? Et là, évidemment, quand je dis Paulette à bicyclette, il est plié en deux. Et ce n'est pas fini parce que je lui dis, oui, mais moi, je voudrais vous acheter 5 grammes d'or fermé. Parce qu'à l'époque, un gramme d'or, pour faire court, c'est 50 euros. Donc... Il me dit, écoutez, allez, va pour 10. Voilà, je me dis... Plus exactement, lui, il me dit 10 grammes aujourd'hui et peut-être qu'un jour, vous m'en achèterez des kilos. Il l'avait vu juste,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    Il l'avait vu juste. Et donc, grâce à lui, Paulette Abiciclette a pu commencer à faire des bijoux en or fermé. Et donc, c'est 2010. En 2010, j'ai démarré avec de l'or recyclé parce que c'était le plus facile à trouver d'abord. Et puis, 2010-2011, On démarre avec l'Orphermind. Pendant 4 ans, on va donner le choix à nos clients, soit Orphermind, soit Orphermind. Et fin 2015-2016, on bascule à 100% Orphermind. Et alors,

  • Speaker #1

    combien de kilos tu commandes aujourd'hui à ce monsieur ?

  • Speaker #0

    Tu sais... Oui, oui, oui, oui, oui. On le sait, mais effectivement, on est passé à des kilos.

  • Speaker #1

    Ben oui. Il a cru en toi, en ta motivation, ta détermination, en tout cas.

  • Speaker #0

    Il s'est dit, allez, on tente.

  • Speaker #1

    Tentons, quoi. Trop bien. Et donc ça, c'est vrai, moi, depuis que je te connais, en tout cas, je sais que c'est hyper important pour toi, la partie éthique. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu peux nous dire là-dessus ?

  • Speaker #0

    En 2010-2011, je lance les premières collections d'Allianz et Bac de fiançailles. Et comme l'activité de Paulette à bicyclette, elle était depuis le départ vraiment centrée sur le mariage, ça se fait assez naturellement. Mais bon, 2010, je ne sais pas, on a dû vendre même pas cinq alliances ou bacs de fiançailles. Et puis, en 2014, ça monte doucement de 2010 à 2014. Et là, 2014, c'est l'explosion. On fait chiffre d'affaires et multiplié par deux. C'est la crise de croissance, panique à bord. Enfin, très grande joie et panique à bord.

  • Speaker #1

    Oui, ça a explosé. Et tu dirais que c'est dû à quoi, la com ?

  • Speaker #0

    En fait, on a dès le départ bénéficié d'une super exposition médiatique, puisqu'en fait, on faisait vraiment partie des tout premiers en France à être sur ce créneau. Et puis, on avait la particularité, et on était la seule marque Fairminds comme ça, à avoir notre propre atelier. Ce qui fait que les journalistes, ils aimaient beaucoup, parce qu'en venant chez nous, ils pouvaient voir directement le travail des joailliers, comment on s'y prenait pour la traçabilité, et la boutique. Je pense que ça, ça a compté. Et ce qui a joué aussi, c'est que moi, comme je n'avais aucun... qu'une connaissance entrepreneuriale. Pas d'entrepreneur dans ma famille, vraiment. Quand j'entendais TVA, j'avais les genoux qui tremblaient. Et donc, j'ai démarré en coopérative. C'est-à-dire que la société Paulette à la bicyclette n'avait pas d'existence en tant que telle, puisque moi, j'étais entrepreneur salarié de la coopérative. J'étais donc chez Copanam. Et ça a été vraiment très précieux pour moi parce que je n'avais pas à me soucier de la compta, des déclarations, etc. J'avais juste à m'occuper de faire mon job et de développer la marque. Et dans cette coopérative, puisque c'est un mode d'entrepreneuriat très collectif, collaboratif, Je rencontre dès 2007-2008 Stéphanie Rivier, qui me forme aux techniques du référencement naturel, au SIO. Et c'est là, c'est tout... L'ironie de l'histoire, c'est qu'en fait, comme j'avais dépensé toutes mes économies de prof dans l'école de théâtre, je n'avais plus un sous-veillant. Je pense que si j'en avais eu, j'aurais fait comme tout le monde. J'aurais acheté des encarts de publicité dans les magazines. Je ne pouvais pas quasiment, enfin très très peu le faire. Et là, j'ai eu l'occasion d'être formée au référencement naturel. Il se trouve que j'ai en plus un bébé qui ne dort pas et donc je vais passer mes nuits à booster le référencement de mon blog. Je n'avais même pas encore de site à l'époque. 2012 premier site internet et donc 2012 j'ai deux enfants en bas âge. Je rebelodge, je remets un coup, ce qui fait qu'en 2014 on avait très peu de marques. avait investi le champ du référencement naturel. Et Paulette à bicyclette, la petite boîte qui vient de nulle part, truste tous les top 3, top 10 Google sur tous les mots-clés liés au mariage. Et en 2014, Paulette à bicyclette, c'est la première marque de joaillerie française à être certifiée Fairmind.

  • Speaker #1

    Et du coup, toi, ton rôle dans la boîte depuis le début ? Alors au début, tu faisais toi-même les bijoux. Aujourd'hui, comment ça a évolué ? Parce que vous êtes nombreux maintenant, vous êtes une quinzaine ?

  • Speaker #0

    On est une dizaine. Et en haute saison des mariages, ça monte un peu. Mon rôle, il a beaucoup changé. J'ai eu la chance en 2022 de pouvoir intégrer un programme de l'ESSEC, l'école de commerce, entièrement dédié aux chefs d'entreprise et financé par la fondation Goldman Sachs. Moi qui n'avais jamais fait d'école de commerce, je me suis retrouvée sur les bancs de l'ESSEC pour ce qu'on peut appeler un MBA en accéléré. Ça, c'est venu tard, mais ça a changé aujourd'hui ma façon de faire et de voir les choses, parce que pendant très longtemps, je me suis considérée comme incapable de bien gérer une boîte, donc je m'en remettais toujours à des consultants, ou pendant trois ans, j'ai pris un DG. Et évidemment que quand on part de zéro, son rôle dans une entreprise change énormément. Après... il y a des chefs d'entreprise, même dans la joaillerie, qui continuent à faire des bijoux, qui continuent à fabriquer. Moi, c'est quelque chose que j'ai lâché assez vite, 2012, 2013. Pourquoi ? Parce qu'en fait, mes collaborateurs étaient beaucoup plus doués que moi, donc je ne voyais pas l'intérêt. En fait, ça faisait beaucoup plus sens que ce soit eux. qui soit à l'établi, à fabriquer.

  • Speaker #1

    Et ça ne te manque pas de créer ? Tu crées quand même ? Qu'est-ce que tu fais du coup ?

  • Speaker #0

    2024, je vais m'y remettre.

  • Speaker #1

    C'est l'objectif de l'année ?

  • Speaker #0

    Oui, mais aujourd'hui, c'est vrai que le processus créatif chez Poletta Bicyclette, il est très collaboratif. C'est vraiment un travail d'équipe.

  • Speaker #1

    Trop bien.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une personne toute seule dans son coin. Chaque personne de l'équipe peut donner son avis, exprimer ses souhaits. C'est un travail qu'on fait ensemble.

  • Speaker #1

    Ok. Et donc là, sur ton rôle, c'est vraiment le rôle de chef d'entreprise depuis 2022, depuis que tu as fait la formation à l'ESSEC. C'est vraiment gérer l'entreprise ?

  • Speaker #0

    Non. Après la formation à l'ESSEC, j'ai quitté ma boîte pendant un an. Ok.

  • Speaker #1

    Tu t'es dit non, finalement.

  • Speaker #0

    J'ai quitté ma boîte pendant un an. J'ai pris un CDI.

  • Speaker #1

    J'adore !

  • Speaker #0

    Ça s'est présenté comme ça, et moi je me suis dit, ah là là, oui, je crois que tu as vraiment besoin de prendre du recul. Parce que franchement, les années Covid, ça avait été atroce. Et je suis revenue en septembre dernier, en septembre 2023, et c'est vraiment depuis septembre 2023 seulement que oui. J'ai repris la direction de l'entreprise.

  • Speaker #1

    Mais alors attends, comment ça s'est passé dans la boîte pendant un an ? C'est-à-dire, qui a géré ?

  • Speaker #0

    Ah mais il y avait déjà un DG qui était là.

  • Speaker #1

    Donc ça roulait sans toi ?

  • Speaker #0

    Bah oui, ça pouvait tout à fait rouler sans moi.

  • Speaker #1

    Ok, je sais pas si tu veux en parler, mais t'as fait quoi pendant un an ? T'as fait quel rôle ?

  • Speaker #0

    Oh bah je suis allée dans le secteur de la RSE, de la responsabilité sociétale des entreprises.

  • Speaker #1

    Ok, et qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ? ça t'a manqué ?

  • Speaker #0

    En fait, c'est un concours de circonstances, mais c'est comme souvent, toutes les planètes qui s'alignent, mon DG partait, donc j'ai dû revenir, mais j'étais au début pas sûre de est-ce que je reviens vraiment, est-ce que je reviens à temps plein, est-ce que c'est une bonne idée ? Parce que moi, pendant cette année où j'ai fait autre chose, j'ai découvert le bonheur que j'étais en télétravail, d'être là tous les jours quand mes filles rentraient, j'ai découvert une vie de famille avec un rythme normal. et je n'étais pas sûre d'être prête à renoncer à ça. Et puis en fait, au bout de trois ou quatre semaines, je me suis dit, non mais bien sûr, évidemment, c'est là que je dois être, chez Paulette et Bicyclette. Alors évidemment, ça a râlé à la maison, parce qu'après un an à me voir tous les soirs, tous les week-ends, de... ça a été un petit peu dur de revenir en arrière.

  • Speaker #1

    Et comment ça se passe depuis que tu es revenue ? Est-ce que tu arrives à prendre un peu de recul comme ça ?

  • Speaker #0

    Je pense que le fait d'avoir pris un an de recul, d'avoir été dans la peau d'une salariée pendant un an aussi, très important ça ! D'avoir fait le MBA de l'ESSEC, il y a eu d'autres choses aussi dans ma vie personnelle qui ont amené de... Grosse prise de conscience et changement et en fait ça se passe super bien. En fait je suis vraiment... Hyper heureuse aujourd'hui de travailler avec mon équipe, d'avoir une équipe qui dit on est super content d'être là, on adore travailler chez Paulette la bicyclette C'est vraiment hyper sympa. Je m'éclate. C'est vraiment un plaisir d'aller travailler.

  • Speaker #1

    Ça, c'est hyper important. Je me reconnais un peu dans ce que tu as dit. Alors moi, je n'ai pas... J'avais pas de salariés, j'avais des stagiaires à l'époque, etc. Mais c'est vrai que ça m'a fait du bien, moi, de retourner pendant 5 ans dans le salariat, même si j'ai repris l'entrepreneuriat au bout de 2 ans. Mais ça m'a fait du bien. Rien que le fait d'avoir des vacances. Et tu vois, là, justement, j'ai posé une semaine de vacances, là, au mois d'avril, pour vraiment rien foutre, parce que j'étais repartie dans mes travers. Parce que moi, je suis quelqu'un qui va travailler beaucoup, beaucoup et pas m'écouter. Et là, tu vois, c'est pour ça que je suis malade. Et je me dis... En fait, c'est pas parce que tu t'arrêtes de temps en temps que ça va s'arrêter, quoi. Même si aujourd'hui, j'ai une petite équipe, mais voilà, même si moi je m'arrête une semaine, ça va pas changer la donne, en fait. Pour les gens qui savent pas d'où vient Paulette à bicyclette, moi je sais, mais le nom, est-ce que tu peux le redire ?

  • Speaker #0

    Alors, on se rappelle, en 2006, moi je débarquais de nulle part, donc j'avais pas envie que ce soit mon nom, parce que j'avais un petit syndrome de l'imposteur. Voilà, mais on n'était pas particulièrement sexy. Ensuite... J'avais pas non plus envie que ça s'appelle Or éternel ou Diamant qui brille soin de soin. Et puis, j'aime bien rire, donc j'avais vraiment envie d'un nom qui n'ait rien à voir... avec le secteur d'activité de l'entreprise. Et puis franchement, à l'époque, je pensais juste vivre de mon travail, c'est-à-dire faire des bijoux dans mon salon, les vendre sur Internet, et c'est tout. Et c'est venu à la fin d'un dîner très sympa entre amis. On avait fait un brainstorming pour trouver le nom de la marque. Et après avoir dit les trucs les plus improbables possibles, tout à coup il y a Paulette à bicyclette qui m'est venue. Et en fait, Paulette c'était un surnom que m'avait donné une copine, elle m'appelait Poulette, et puis après c'était devenu Paulette. La marque est née à Belleville-Ménilmontant, le quartier des chansonniers. J'aime beaucoup la chanson française et je faisais beaucoup de vélo et voilà, bolette à bicyclette.

  • Speaker #1

    Et du coup, tu as gardé ça tout le temps parce que ça se retient.

  • Speaker #0

    Évidemment, c'est un clin d'œil à la chanson d'Yves Montand, je le dis parce que nos clients maintenant n'ont plus forcément la ref.

  • Speaker #1

    On est trop vieillis.

  • Speaker #0

    Et oui. Et donc, ça se retient bien. Oui,

  • Speaker #1

    ça se retient. C'est ça. Quelles évolutions tu as pu voir entre maintenant et 2006, en fait, entre 2006 et maintenant, au niveau du marché de la joaillerie ?

  • Speaker #0

    Alors, chez nous, ça a été très, très flagrant. Les premières alliances en or équitable ou recyclées qu'on a vendues, Très clairement, nos premiers clients, c'était des expats, c'est-à-dire des étrangers qui vivaient en France.

  • Speaker #1

    Pourquoi, à ton avis ?

  • Speaker #0

    Parce que je pense qu'ils avaient une sensibilité plus marquée, ils avaient davantage ce souci du sourcing. et de la responsabilité environnementale que les Français. Disons que c'est la conclusion que j'en ai tirée. Et vraiment, ça a été très marqué. Et ensuite, c'est des couples mixtes qui sont venus, c'est-à-dire franco-canadiens, franco-brésiliens. On a fait le tour du monde. Et seulement au bout de 2-3 ans, les Français sont arrivés. Vraiment, ça a été très très très flagrant et avec, dès le départ, une proportion très importante de couples LGBT. On était avant le mariage homo en France. Donc c'était d'abord pour le PAX, ensuite on a eu la joie de faire les alliances pour le presque premier mariage gay français. Et là, il n'y a pas longtemps, on a fait les alliances pour le tout premier mariage homo-suisse.

  • Speaker #1

    Mais tu le revendiques ça ? Ou c'est juste qu'ils le sentent à travers les mots que tu emploies dans ton site ?

  • Speaker #0

    J'ai essayé de demander à mes clients...

  • Speaker #1

    Pourquoi ?

  • Speaker #0

    Pourquoi ? Et en fait, la plupart du temps, ils ne savent pas me répondre comme ça, parce qu'ils sont venus... Alors, j'ai fini par mettre sur Google qu'on était LGBT friendly, mais si tu veux, on n'a pas de drapeau nulle part. Et en discutant avec des clients, c'est dit peut-être que c'est le fait que nos modèles ne soient pas genrés, mais on n'a pas d'explication plus... Pour nous, on est tellement habitués à ne pas avoir de modèle genré que si tu veux, on ne se rend même plus compte de l'impact que ça peut avoir. Mais après, je pense que l'état d'esprit d'une marque transpire toujours à travers son site Internet. Nos clients doivent le sentir que chez nous, ils seront bien accueillis, qu'ils viennent comme ils veulent et ce n'est même pas une question pour nous.

  • Speaker #1

    Et du coup, dans ta boîte, tu me disais que vous êtes une dizaine en temps normal. Tu as quoi comme poste à peu près pour les autres personnes ?

  • Speaker #0

    Mais tu as les équipes de vente.

  • Speaker #1

    Oui. T'as combien de magasins aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Paris et Lyon.

  • Speaker #1

    Paris et Lyon.

  • Speaker #0

    Plus le site internet.

  • Speaker #1

    Et au niveau des ventes, c'est quoi ? C'est plus internet, plus les boutiques ?

  • Speaker #0

    C'est plus les boutiques, mais après, comme pour beaucoup de marques, on fait web to store. Les gens prennent rendez-vous en boutique parce qu'ils ont vu le site internet, parce qu'ils ont vu des modèles qui leur plaisent.

  • Speaker #1

    T'es toujours première sur Google, j'ai cherché.

  • Speaker #0

    on y est revenu.

  • Speaker #1

    Tu as remis les mains dedans ?

  • Speaker #0

    Oui, là, l'équipe marketing, elle a fait un super boulot, un très, très gros boulot pour qu'on regagne nos places.

  • Speaker #1

    Très bien.

  • Speaker #0

    Donc, tu as évidemment les équipes de vente, l'équipe, justement, marketing, digital, fonctions, support, admin, finance et l'atelier.

  • Speaker #1

    Combien de personnes en atelier ?

  • Speaker #0

    Pareil, géométrie variable, 5, 6.

  • Speaker #1

    Et donc, à chaque fois, c'est créé dans la boutique, comme avant ? Les ateliers sont dans la boutique ou ailleurs ?

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Ils sont toujours sur le même lieu. Alors, à Lyon, il n'y a pas d'atelier, il n'y a que la boutique. Mais à Paris, oui, tout est au même endroit.

  • Speaker #1

    Et tu es toujours dans le 20e ou pas ? Il faudrait que je vienne te voir.

  • Speaker #0

    Mais bonjour, madame. Je t'invite à venir visiter notre boutique du 11e. On est entre Charonne et Fédère.

  • Speaker #1

    Ok, je viendrai avec plaisir.

  • Speaker #0

    Au 13 rue Paulbert. Tu es là, bienvenue.

  • Speaker #1

    Ça marche. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer dans le mariage aujourd'hui ou dans la joaillerie, peut-être ?

  • Speaker #0

    Pour le mariage ? Il y a un truc qui pour moi a été essentiel, mais je pense aussi pour toi, c'est le réseau. Ça, ça me manque parce que c'est quelque chose que je ne prends plus le temps de faire. Mais toi et moi, quand on a démarré vraiment, moi sur les alliances et toi sur le wedding planning, il y avait vraiment... On était une bonne équipe de gens à se lancer à peu près au même moment. Et il y avait un réseau vraiment hyper sympa autour du mariage. On s'invitait aux ouvertures de boutiques les uns des autres, aux événements divers et variés. C'était vraiment très sympa. Ça, ça me manque aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Écoute, on va recréer ça alors. Non, mais après, c'est vrai que voilà, tu en as parlé au tout début. Et moi, c'est la même chose. En fait, on a... Parce que les gens qui se lancent aujourd'hui se disent Mais oui, mais moi, je n'ai pas de réseau. Mais quand on s'est lancés toutes les deux, on n'en avait pas non plus, en fait.

  • Speaker #0

    Non, non.

  • Speaker #1

    C'est très le, en fait, ton réseau, quoi.

  • Speaker #0

    Alors, moi, le fait d'avoir rejoint des réseaux, ça a été déterminant pour la réussite de la marque. Le premier réseau, ça a été celui de la coopérative dans laquelle j'étais, Copanam. Tu vois, grâce à qui j'ai découvert le référencement naturel. On s'était créé aussi un petit groupe d'entrepreneurs liés au mariage. C'est là que j'ai découvert la com, etc. Et puis, de fil en aiguille, j'ai découvert le réseau Mompreneur, donc les mamans entrepreneurs. Et là aussi, j'ai rencontré des gens vraiment super, avec des gens qui étaient à la fois secteurs du mariage, chez les membres preneurs, etc. Et puis ensuite, le réseau mariage. Mais vraiment, ça a été extrêmement important, ces rencontres. En tout cas, on ne peut pas se lancer sans, pour moi, trouver un ou deux réseaux qui vont nous porter et nous aider.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Donc ça, ça serait ton conseil principal ?

  • Speaker #0

    Je ne suis pas la seule à le donner. C'est juste du bon sens.

  • Speaker #1

    Oui, mais c'est important. Parce qu'on ne se rend pas compte, je pense. Quand on se lance, on se dit qu'est-ce que je vais faire ? Oui, mais moi, je vois mes clientes. Je me lance à côté de celles qui sont là depuis dix ans. Comment ça va être ? Je leur dis mais tu as cette chance, en fait. Et j'ai une... J'ai eu une interview, je crois que c'était Solveig qui avait dit ça, et je la reprends souvent, elle dit tout le temps, mais kiffe en fait chaque étape du process, parce que dans dix ans, tu ne seras plus là où tu en es. Et en fait, là où tu en es, c'est hyper important, parce que c'est là que tu vas créer plein de choses. Et j'adore ce moment-là, de leur dire, mais toi, tu as des choses en plus que... Celles qui sont là depuis 10 ans. Mais juste, tu t'en rends pas compte. Déjà, t'as la niaque, t'as envie, t'as la motivation. Celle qui est là depuis 10 ans, elle l'a peut-être perdue. Donc, tu t'en rends pas compte, mais elle l'a peut-être perdue. Et toi, où tu imagines poêler ta bicyclette dans 10 ans ?

  • Speaker #0

    J'aimerais bien avec... Des boutiques un petit peu partout en France, en Europe. Enfin, pas un petit peu partout, mais des belles boutiques en France et en Europe. Qu'on arrive à garder cet esprit vraiment chaleureux et familial. Une boîte où il fait bon vivre, une marque où il fait bon venir faire ses bijoux sur mesure ou commander ses alliances.

  • Speaker #1

    C'est quoi la prochaine ville en France que tu as envie d'aller ?

  • Speaker #0

    Bordeaux.

  • Speaker #1

    Oui, Bordeaux. Bordeaux pour le mariage, c'est bien, il y a plein de monde.

  • Speaker #0

    Bordeaux, ça nous plairait bien. On y a déjà fait des ventes éphémères.

  • Speaker #1

    Ça marchait bien ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est une ville dans laquelle on se verrait bien.

  • Speaker #1

    Et en Europe, ce serait quoi la première ville que tu irais targeter ?

  • Speaker #0

    Alors là, j'ai du mal. J'ai essayé de faire ma liste de priorités, mais...

  • Speaker #1

    Il y en a trop ?

  • Speaker #0

    Oui, il y en a trop. Bruxelles, Munich, Berlin, Genève...

  • Speaker #1

    Ok, alors je ne sais pas si tu as déjà écouté Wedding Divan, mais j'envoie toujours quelques questions et il y en a d'autres que je garde pour la surprise parce que j'aime bien les questions un peu spontanées. La première, ça va être, est-ce qu'il y a une phrase qu'on t'a dit ? Une phrase d'entrepreneur, on t'a dit que tu garderas toute ta vie.

  • Speaker #0

    Non, je n'ai pas le truc qui est génial à balancer en fin d'interview. Mais si je regarde rétrospectivement... Le parcours de Paul Attaplicyclette, c'est vraiment il ne savait pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait la phrase de Mark Twain. Parce que sérieusement, je me suis lancée dans l'entrepreneuriat sans aucun bagage entrepreneurial, sans argent, sans réseau, sans avoir une formation solide en joaillerie, et en disant oui, moi je vais faire de l'or équitable Non mais, complètement zinzin quand même.

  • Speaker #1

    Complètement zinzin.

  • Speaker #0

    Mais vraiment, j'y repense. Mais je n'avais aucune conscience de ce dans quoi je m'engageais.

  • Speaker #1

    Mais bon, t'as bien fait.

  • Speaker #0

    Oui, alors ça n'a pas été un long fleuve tranquille, franchement.

  • Speaker #1

    L'entrepreneuriat, c'est pas un long fleuve tranquille.

  • Speaker #0

    Non, non. Mais l'écueil... principale qu'on peut rencontrer quand on a des idées comme ça, qu'on se lance, qu'on est créatif, créative, c'est de se heurter à la réalité de la gestion d'une entreprise. Et c'est là qu'il faut savoir et se former soi-même pour ne pas être un pigeon qui va prendre pour argent comptant tout ce que des experts vont lui raconter et savoir déléguer. Mais en fait, tu ne peux pas déléguer complètement ce que toi, tu ne sais pas faire, tu es quand même obligée de te former un minimum pour comprendre au moins ce qu'on te raconte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. J'en suis là, non. Ton dernier coup de gueule ?

  • Speaker #0

    Le truc que je regrette, moi, c'est... C'est beaucoup plus facile d'entreprendre à plusieurs, notamment à deux. Non mais si on pense à Pierre Berger et Yves Saint Laurent, bon... C'est quand même sympa d'être à deux pour entreprendre. Ça facilite les choses.

  • Speaker #1

    Tu aurais voulu être associée ?

  • Speaker #0

    Je pense que oui. Mais bon, après, on ne va pas refaire l'histoire. C'est comme ça.

  • Speaker #1

    Alors moi, je pense l'inverse. Mais c'est normal, j'ai vécu l'inverse. Donc aujourd'hui, je ne me réassocierai pas. Alors, je dis ça, peut-être que je changerai d'avis. parce que peut-être que j'ai pas vécu la bonne expérience pour ça. Mais aujourd'hui, j'apprécie justement de pouvoir prendre mes décisions seule, d'avoir justement cette équipe qui est là pour me conseiller, mais qui m'écoute si demain je dis non, je veux lancer ça. Et même si c'est une connerie, c'est pas grave, c'est moi qui aurais pris la décision et qui aurais fait cette connerie et ce sera à moi de l'assumer. Maintenant, j'apprécie vraiment de tout gérer seule. Je pense que c'est aussi parce que toi, tu n'as pas vécu l'opposé, et moi, j'ai vécu ça. Donc, on veut toujours ce qu'on n'a pas, finalement. Et donc, ton dernier coup de gueule, c'est ça ? C'est de ne pas être associée ?

  • Speaker #0

    Non, non, non, pas du tout. Ça m'est juste venu suite à nos échanges précédents, mais mon dernier coup de gueule, oui, moi, c'est l'or recyclé. Pourquoi ? Parce qu'en fait, quand au bout de quatre ans, 2015-2016, alors que jusque-là on proposait à nos clients de choisir entre hors recyclé et hors Fairmind, j'ai décidé qu'on basculait tout en 100% Fairmind, c'est parce que je me suis rendu compte qu'en fait, Le seul intérêt de l'or recyclé, c'était quoi ? C'était que ça ne générait aucune extraction, avec tous les dommages environnementaux et humains que ça peut créer. Mais en fait, en analysant les chiffres, le constat était terrible. C'était de dire que même si de plus en plus de gens et de marques disaient oui, moi j'utilise de l'or recyclé, la la li la la en fait, on voyait bien que les volumes d'or extrait ne baissaient jamais. Et je me suis dit, alors si le... Le seul intérêt pour moi de l'or recyclé, c'est de réduire le volume d'or extrait et que... Ça n'a aucun effet là-dessus, autant soutenir l'artisanat minier, parce qu'avec l'artisanat minier, avec le label Fairmind, on sait qu'on agit concrètement pour réduire la pollution au mercure, pour supprimer l'utilisation de mercure dans l'extraction de l'or, on sait qu'on réduit le travail infantile, qu'il y a des gens qui, grâce à ce label, vont avoir des meilleures conditions de travail et que l'environnement va être... préservé au maximum. Je me suis dit, en fait, si on veut avoir l'impact positif le plus fort possible, c'est ça qu'il faut choisir. Mais évidemment, aux yeux du grand public, et je les comprends, quand les gens entendent hors recyclé ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire, et ils s'imaginent que c'est comme pour le verre recyclé ou le plastique recyclé, ils se disent ah, mais génial ! Et quand on dit hors fair-mind ou équitable évidemment, ça nécessite toujours une explication. d'informer les gens, ce n'est pas aussi facilement compréhensible par le grand public. Le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que souvent, l'or recyclé est présenté comme une avancée écologique. Et bien en fait, pourquoi est-ce que, malgré le nombre toujours grandissant de marques de joaillerie qui revendiquent l'utilisation de l'or recyclé parce que c'est mieux pour la planète, Pourquoi est-ce qu'il n'y a absolument... aucun progrès au niveau des volumes d'extraction, c'est parce que l'or a toujours été recyclé. C'est la particularité de cette matière première, l'or est recyclable à l'infini, il est réaffinable à l'infini, et vu sa valeur, l'homme s'en est assez vite rendu compte. Et l'or a toujours été recyclé. C'est juste qu'avant, on ne le disait pas. Mais l'or a toujours été recyclé. Maintenant, on le dit, et on fait passer ça pour une avancée écologique, mais en fait... Ça ne change rien à la donne. Ça ne change rien. Si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, pour faire court, parce que le mercure qui est balancé dans les rivières en Colombie, on le retrouve, le mercure ne s'arrête pas. sur les côtes. Et donc, si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, c'est l'artisanat minier qu'il faut soutenir pour vraiment éradiquer très rapidement le mercure, les exactions humaines et environnementales. Voilà, mon coup de gueule, c'est Y'en a marre ! qu'on fasse prendre aux gens des vessies pour des lanternes. Bien sûr que nous aussi, on recycle notre or. Évidemment, tous nos résidus d'atelier repartent dans la chaîne de recyclage Fairmine. Évidemment que c'est bien de recycler l'or. Je ne vais jamais en dire à dire aux gens Non, mais jetez-le à la poubelle ! Bien sûr. C'est simplement qu'est-ce qu'on fait croire. au client.

  • Speaker #1

    Oui. L'honnêteté, l'authenticité, c'est important pour toi.

  • Speaker #0

    Ça va ? Tu l'as bien entendu le coup de gueule, là ?

  • Speaker #1

    J'ai bien entendu. Dernière question qui sera entre deux que j'adore poser, c'est c'était quand la pire période de ta vie en termes d'âge ?

  • Speaker #0

    Hum.

  • Speaker #1

    Il y en a quand même plusieurs.

  • Speaker #0

    Le pire, franchement, c'était la période de Covid.

  • Speaker #1

    OK. Parce que tu te sentais...

  • Speaker #0

    Parce que cumule de plein, plein, plein de choses. Feu d'artifice.

  • Speaker #1

    Feu d'artifice, mais pas cool,

  • Speaker #0

    du coup.

  • Speaker #1

    Et du coup, qu'est-ce que tu dirais à la Hélène qui vivait cette période-là aujourd'hui, avec le recul que t'as ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas ce que je lui dirais aujourd'hui, à part ça va passer.

  • Speaker #1

    C'est déjà bien. Si,

  • Speaker #0

    je lui dirais, écoute, plus les gens qui t'aiment que les autres.

  • Speaker #1

    C'est bien ça. Écoute, on va rester là-dessus. Un immense merci à toi pour tout le partage et tout ce que tu nous as livré aujourd'hui. C'était un plaisir de reparler avec toi et je viendrai bientôt dans ta boutique, promis.

  • Speaker #0

    Franchement, avec plaisir, Magali. Je te ferai un quiz sur l'enfermage d'attention.

  • Speaker #1

    Oula ! Ah ouais, non, ça y est, la professeure ressort.

  • Speaker #0

    Non mais, prof un jour, prof toujours.

  • Speaker #1

    Ok, bah écoute, moi je veux bien. Après, si je me trompe, tu m'engueules pas, c'est juste que j'apprends.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Magali.

  • Speaker #1

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    De ton invitation.

  • Speaker #1

    Bisous.

  • Speaker #0

    Bye bye.

  • Speaker #1

    Et voilà, Logan, j'espère que cette interview t'aura plu autant qu'à moi. Si c'est le cas, partage-la sur Insta et tag nous, Hélène, donc Paulette à bicyclette, et moi, ça nous fera trop, trop plaisir. Et puis, tu sais maintenant que tu peux me mettre aussi 5 étoiles sur Apple Podcast ou sur Spotify, c'est ce qui m'aide le plus à faire connaître Wedding Divant et un petit commentaire sur Apple Podcast, c'est encore mieux. Merci pour tout et à très vite pour le prochain épisode de Wedding Divant.

  • Speaker #0

    Merci.

Description

Hello Hello le gang ✌️

J’espère que tu vas bien !

Aujourd’hui dans le podcast Wedding Divan, jai le plaisir d’accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de Joaillerie éthique en France aka @paulette_a_bicyclette. 🚲

C’est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce qu’Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j’étais wedding planner ! 🥰

Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant !


🎧 Montage réalisé par : @intothewavesstudio 

✨ Le Wedding Divan : @leweddinggang


Présentation de l'invité du jour :

Je suis la fondatrice de Paulette à Bicyclette - joaillerie éthique. La marque a déjà 17 ans, et a été la pionnière de la joaillerie éthique en France. Nos bijoux sont fabriqués dans notre atelier parisien, en or équitable Fairmined. L'or que nous utilisons respecte les droits humains et l'environnement. Notre mission : allier le beau et le bien, avec nos bijoux en or texturé, inspirés par l'art ou la nature, et leur impact positif sur les communautés minières avec lesquelles nous travaillons.

Comment je suis passée de professeure de français en Jordanie à créatrice d'une marque de joaillerie ? C'est une longue histoire, avec de multiples rebondissements, que je n'aurais jamais imaginée...

📷 Crédit Photo : @florenceakouka

🎧 L'épisode t'as plu ? ⭐

Pour me soutenir, laisse moi 5 étoiles et un commentaire sur Apple Podcast ! Merci ! ...........................................................................................................................................................................


Hey ! Moi, c'est Mag 👋 Je suis coach pour les professionnels du mariage qui (re)lancent leur activité 🚀 

Je t'aide à prendre confiance🔥, à remplir tes saisons 👰🏻🤵🏻 et à devenir une référence 👑grâce à mes formations et coachings sur-mesure !

Rejoins moi sur Insta !   ✌️

XOXO 💋   


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Hello et bienvenue dans Wedding Divan, le podcast dédié aux pros du mariage. Je suis Magali Zarka, formatrice du Wedding Gang, officiante de cérémonie laïque et ancienne wedding planner avec plus de 100 mariages à mon actif. Si tu es entrepreneur dans le milieu du mariage ou que tu souhaites te lancer, ce podcast est fait pour toi. Comment réussir, comment se démarquer et surtout, comment durer dans le mariage ? Autant de questions auxquelles nous répondrons ici via des interviews sans tabou de prestataires de mariage ou qui peuvent t'aider à améliorer ton business. On y abordera leur parcours, leurs réussites et leurs erreurs aussi parfois. Je partagerai également avec toi tous mes conseils, astuces et outils pour te donner un accès direct à la réussite dans le Wedding World. Allez, pose-toi dans ton canapé, écoute-nous dans ta voiture ou même en faisant la vaisselle. Et surtout, abonne-toi pour ne manquer aucun épisode. Hello, hello, le gang, j'espère que tu vas bien. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Hélène, la fondatrice de la première marque de joaillerie éthique en France. C'est vraiment une interview qui me tenait à cœur parce que, et qui me tient d'ailleurs à cœur, parce qu'Hélène a été une des premières à me faire confiance quand j'étais wedding planner. Je te laisse écouter Hélène et son parcours si inspirant. Hello Hélène, bienvenue dans Wedding Divan, ça fait très longtemps qu'on se connaît, mais en même temps ça fait très longtemps qu'on ne s'est pas parlé, donc je suis ravie de t'accueillir, bienvenue à toi.

  • Speaker #0

    Oui, bonjour Magali, c'est un plaisir de te retrouver du coup.

  • Speaker #1

    Mais oui, ça fait mille ans qu'on ne s'est pas parlé, donc du coup j'ai envie de te poser plein de questions, mais d'un côté je me suis dit, on ne va pas faire ça en off, comme ça je pourrais te les poser en live. Alors, je préviens aussi que je suis bien malade, donc vous devez l'entendre à mon... à ma voix qui parle du nez. Mais après, on a Geoffrey qui montre le podcast qui va enlever ma toux, je pense, de temps en temps. Hélène, pour les personnes qui ne te connaissent pas, est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ton parcours ?

  • Speaker #0

    Je suis Hélène Grassin, la fondatrice de Paulette à bicyclette, la marque de joaillerie éthique. Mon parcours, j'étais à la base professeure. J'étais professeure de français à l'étranger, en Jordanie. Et là-bas, j'ai une copine qui m'a montré comment monter des colliers avec les pierres naturelles, les perles de rivière qu'on pouvait trouver là-bas. Et puis, j'ai commencé à faire ça en hobby. Et le hobby a pris de plus en plus de place. Mais à l'époque, j'avais un autre projet professionnel. Je voulais, c'est vrai, quitter l'éducation nationale, mais je voulais être comédienne. Donc je rentre à Paris, avec des perles, des cailloux dans mon sac. Je continue à faire des bijoux sur mon temps libre, mais je rentre en école de théâtre pro. Et deux ans plus tard, un constat. Je ne décroche aucun casting. Et en revanche, mes bijoux commencent déjà à se vendre tout seul. J'avais fait un petit blog. Et je me suis dit, bon, peut-être que c'est un signe. Et je décide de tenter, avec aucune autre mission à l'époque, que de vivre de mon travail. si possible. Et je prends des cours du soir pour apprendre à... à scier, à limer, à souder, pour apprendre les bases de la joaillerie.

  • Speaker #1

    On est en quelle année, là ?

  • Speaker #0

    On est en 2006.

  • Speaker #1

    Ça date.

  • Speaker #0

    Merci, Nagali. On va nous le rappeler. Mais le bon côté, l'autre bon côté, c'est que Paulette à bicyclette, finalement, a 17 ans.

  • Speaker #1

    C'est ouf. Nous, on s'est rencontrés en 2012, je pense, ou 2013. À l'époque, je me souviens, j'avais fait même l'inauguration de la nouvelle boutique dans le 20e, en tant que coordinatrice et organisatrice avec toi et tout. Donc, tu as été une des premières finalement à me faire confiance en tant que wedding planner. Donc, encore merci pour ça, déjà. Et moi, je te suis toujours. Je vois ta boîte évoluer parce qu'à l'époque, vous étiez deux. Et encore, ce n'était pas vraiment deux. C'était une ennemie, quoi. Comment ton rôle a évolué depuis ce moment ? Je ne t'ai même pas laissé finir finalement, parce que tu n'as pas fini. Là, tu dis que tu as 17 ans, mais du coup, depuis 2006, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça a évolué ?

  • Speaker #0

    Alors, j'ai continué à prendre des cours du soir pour me perfectionner dans les techniques par rapport au métal. Et pour la tapis-cyclette, à cette période-là, c'était des bijoux qu'on pourrait dire de haute fantaisie. en perles de rivière et argent. principalement. Et c'était vraiment consacré au mariage. Les accessoires de coiffure, etc. Les bijoux de dos. Et en fait, j'attendais d'être prête d'avoir acquis des bases un petit peu plus solides pour me lancer dans la joaillerie. Mais surtout, je me disais, je ne sais pas pourquoi j'avais ça en tête, mais enfin, à cette époque-là, on avait déjà vu Blood Diamonds. Et pour peu qu'on ait... Qu'on soit un peu curieux, on connaissait déjà les ravages de l'extraction d'or. Et j'avais donc cette idée, c'était comme un impératif, qu'il fallait d'abord que j'ai trouvé un sourcing propre avant de pouvoir lancer des collections en argent et or. Donc moi je n'ai fait aucune école de joaillerie. On se rappelle que je débarque de l'étranger donc je ne connais personne à Paris. J'avais mis toutes mes économies dans mon école de théâtre pro donc pas de sous et à force de chercher je vois qu'il y a des marques... aux US, un peu en Angleterre aussi, qui disent utiliser de l'or éthique. Je commence à chercher, je vois qu'il y a une ou deux marques françaises de joaillerie qui commencent aussi à en parler, et je me mets à chercher. Je retourne les internets, comme on dit, et puis je découvre le projet Oro Verde en Colombie. C'est la toute première mine test du label Fairmind, mais on y reviendra au label Fairmind. Et donc je les contacte, ils me disent Madame, on n'en vend pas directement aux joyers, adressez-vous au label Fairmind Je résume, le label Fairmind incarnait tout ce que je recherchais. C'est un label qui a été créé par une ONG colombienne qui émane donc d'un pays minier. Et c'est quoi la garantie du label Fairmine ? C'est de 1, c'est un or qui provient de mines dans lesquelles il n'y a aucun enfant qui travaille. De 2, les mineurs hommes et femmes ont des revenus décents et égaux et l'égalité homme-femme est extrêmement importante pour le label. Troisièmement, pas de polluants rejetés ni dans l'air ni dans les sols. Et enfin, une grande attention portée à la sécurité, puisque l'extraction minière, c'est un secteur dangereux. Et donc, tout le monde a des équipements de protection, les galeries des mines sont sécurisées, et les mineurs sont formés aux bonnes pratiques de sécurité. Donc, je découvre ce label, je me dis Waouh, ça y est, j'ai trouvé, génial ! Et petit à petit, l'ONG... Alliance for Responsible Mining, qui a créé le label Fairmine, me renvoie vers Patrick Schein, qui est l'un des cofondateurs du label, qui est français et qui vend, lui, leur Fairmine aux joyeux. Je l'appelle. Et là, scène d'anthologie, il me dit bonjour, vous êtes qui ? Je suis Hélène. D'accord, vous venez de la part de qui ? Personne, je vous ai trouvée toute seule. Alliance for Responsible Mining, il me dit, OK, vous avez fait quelle école ? Je dis, je n'ai pas fait d'école.

  • Speaker #1

    Une école du soir.

  • Speaker #0

    D'accord. Et c'est pour quelle maison ? Et là, évidemment, quand je dis Paulette à bicyclette, il est plié en deux. Et ce n'est pas fini parce que je lui dis, oui, mais moi, je voudrais vous acheter 5 grammes d'or fermé. Parce qu'à l'époque, un gramme d'or, pour faire court, c'est 50 euros. Donc... Il me dit, écoutez, allez, va pour 10. Voilà, je me dis... Plus exactement, lui, il me dit 10 grammes aujourd'hui et peut-être qu'un jour, vous m'en achèterez des kilos. Il l'avait vu juste,

  • Speaker #1

    en fait.

  • Speaker #0

    Il l'avait vu juste. Et donc, grâce à lui, Paulette Abiciclette a pu commencer à faire des bijoux en or fermé. Et donc, c'est 2010. En 2010, j'ai démarré avec de l'or recyclé parce que c'était le plus facile à trouver d'abord. Et puis, 2010-2011, On démarre avec l'Orphermind. Pendant 4 ans, on va donner le choix à nos clients, soit Orphermind, soit Orphermind. Et fin 2015-2016, on bascule à 100% Orphermind. Et alors,

  • Speaker #1

    combien de kilos tu commandes aujourd'hui à ce monsieur ?

  • Speaker #0

    Tu sais... Oui, oui, oui, oui, oui. On le sait, mais effectivement, on est passé à des kilos.

  • Speaker #1

    Ben oui. Il a cru en toi, en ta motivation, ta détermination, en tout cas.

  • Speaker #0

    Il s'est dit, allez, on tente.

  • Speaker #1

    Tentons, quoi. Trop bien. Et donc ça, c'est vrai, moi, depuis que je te connais, en tout cas, je sais que c'est hyper important pour toi, la partie éthique. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu peux nous dire là-dessus ?

  • Speaker #0

    En 2010-2011, je lance les premières collections d'Allianz et Bac de fiançailles. Et comme l'activité de Paulette à bicyclette, elle était depuis le départ vraiment centrée sur le mariage, ça se fait assez naturellement. Mais bon, 2010, je ne sais pas, on a dû vendre même pas cinq alliances ou bacs de fiançailles. Et puis, en 2014, ça monte doucement de 2010 à 2014. Et là, 2014, c'est l'explosion. On fait chiffre d'affaires et multiplié par deux. C'est la crise de croissance, panique à bord. Enfin, très grande joie et panique à bord.

  • Speaker #1

    Oui, ça a explosé. Et tu dirais que c'est dû à quoi, la com ?

  • Speaker #0

    En fait, on a dès le départ bénéficié d'une super exposition médiatique, puisqu'en fait, on faisait vraiment partie des tout premiers en France à être sur ce créneau. Et puis, on avait la particularité, et on était la seule marque Fairminds comme ça, à avoir notre propre atelier. Ce qui fait que les journalistes, ils aimaient beaucoup, parce qu'en venant chez nous, ils pouvaient voir directement le travail des joailliers, comment on s'y prenait pour la traçabilité, et la boutique. Je pense que ça, ça a compté. Et ce qui a joué aussi, c'est que moi, comme je n'avais aucun... qu'une connaissance entrepreneuriale. Pas d'entrepreneur dans ma famille, vraiment. Quand j'entendais TVA, j'avais les genoux qui tremblaient. Et donc, j'ai démarré en coopérative. C'est-à-dire que la société Paulette à la bicyclette n'avait pas d'existence en tant que telle, puisque moi, j'étais entrepreneur salarié de la coopérative. J'étais donc chez Copanam. Et ça a été vraiment très précieux pour moi parce que je n'avais pas à me soucier de la compta, des déclarations, etc. J'avais juste à m'occuper de faire mon job et de développer la marque. Et dans cette coopérative, puisque c'est un mode d'entrepreneuriat très collectif, collaboratif, Je rencontre dès 2007-2008 Stéphanie Rivier, qui me forme aux techniques du référencement naturel, au SIO. Et c'est là, c'est tout... L'ironie de l'histoire, c'est qu'en fait, comme j'avais dépensé toutes mes économies de prof dans l'école de théâtre, je n'avais plus un sous-veillant. Je pense que si j'en avais eu, j'aurais fait comme tout le monde. J'aurais acheté des encarts de publicité dans les magazines. Je ne pouvais pas quasiment, enfin très très peu le faire. Et là, j'ai eu l'occasion d'être formée au référencement naturel. Il se trouve que j'ai en plus un bébé qui ne dort pas et donc je vais passer mes nuits à booster le référencement de mon blog. Je n'avais même pas encore de site à l'époque. 2012 premier site internet et donc 2012 j'ai deux enfants en bas âge. Je rebelodge, je remets un coup, ce qui fait qu'en 2014 on avait très peu de marques. avait investi le champ du référencement naturel. Et Paulette à bicyclette, la petite boîte qui vient de nulle part, truste tous les top 3, top 10 Google sur tous les mots-clés liés au mariage. Et en 2014, Paulette à bicyclette, c'est la première marque de joaillerie française à être certifiée Fairmind.

  • Speaker #1

    Et du coup, toi, ton rôle dans la boîte depuis le début ? Alors au début, tu faisais toi-même les bijoux. Aujourd'hui, comment ça a évolué ? Parce que vous êtes nombreux maintenant, vous êtes une quinzaine ?

  • Speaker #0

    On est une dizaine. Et en haute saison des mariages, ça monte un peu. Mon rôle, il a beaucoup changé. J'ai eu la chance en 2022 de pouvoir intégrer un programme de l'ESSEC, l'école de commerce, entièrement dédié aux chefs d'entreprise et financé par la fondation Goldman Sachs. Moi qui n'avais jamais fait d'école de commerce, je me suis retrouvée sur les bancs de l'ESSEC pour ce qu'on peut appeler un MBA en accéléré. Ça, c'est venu tard, mais ça a changé aujourd'hui ma façon de faire et de voir les choses, parce que pendant très longtemps, je me suis considérée comme incapable de bien gérer une boîte, donc je m'en remettais toujours à des consultants, ou pendant trois ans, j'ai pris un DG. Et évidemment que quand on part de zéro, son rôle dans une entreprise change énormément. Après... il y a des chefs d'entreprise, même dans la joaillerie, qui continuent à faire des bijoux, qui continuent à fabriquer. Moi, c'est quelque chose que j'ai lâché assez vite, 2012, 2013. Pourquoi ? Parce qu'en fait, mes collaborateurs étaient beaucoup plus doués que moi, donc je ne voyais pas l'intérêt. En fait, ça faisait beaucoup plus sens que ce soit eux. qui soit à l'établi, à fabriquer.

  • Speaker #1

    Et ça ne te manque pas de créer ? Tu crées quand même ? Qu'est-ce que tu fais du coup ?

  • Speaker #0

    2024, je vais m'y remettre.

  • Speaker #1

    C'est l'objectif de l'année ?

  • Speaker #0

    Oui, mais aujourd'hui, c'est vrai que le processus créatif chez Poletta Bicyclette, il est très collaboratif. C'est vraiment un travail d'équipe.

  • Speaker #1

    Trop bien.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une personne toute seule dans son coin. Chaque personne de l'équipe peut donner son avis, exprimer ses souhaits. C'est un travail qu'on fait ensemble.

  • Speaker #1

    Ok. Et donc là, sur ton rôle, c'est vraiment le rôle de chef d'entreprise depuis 2022, depuis que tu as fait la formation à l'ESSEC. C'est vraiment gérer l'entreprise ?

  • Speaker #0

    Non. Après la formation à l'ESSEC, j'ai quitté ma boîte pendant un an. Ok.

  • Speaker #1

    Tu t'es dit non, finalement.

  • Speaker #0

    J'ai quitté ma boîte pendant un an. J'ai pris un CDI.

  • Speaker #1

    J'adore !

  • Speaker #0

    Ça s'est présenté comme ça, et moi je me suis dit, ah là là, oui, je crois que tu as vraiment besoin de prendre du recul. Parce que franchement, les années Covid, ça avait été atroce. Et je suis revenue en septembre dernier, en septembre 2023, et c'est vraiment depuis septembre 2023 seulement que oui. J'ai repris la direction de l'entreprise.

  • Speaker #1

    Mais alors attends, comment ça s'est passé dans la boîte pendant un an ? C'est-à-dire, qui a géré ?

  • Speaker #0

    Ah mais il y avait déjà un DG qui était là.

  • Speaker #1

    Donc ça roulait sans toi ?

  • Speaker #0

    Bah oui, ça pouvait tout à fait rouler sans moi.

  • Speaker #1

    Ok, je sais pas si tu veux en parler, mais t'as fait quoi pendant un an ? T'as fait quel rôle ?

  • Speaker #0

    Oh bah je suis allée dans le secteur de la RSE, de la responsabilité sociétale des entreprises.

  • Speaker #1

    Ok, et qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ? ça t'a manqué ?

  • Speaker #0

    En fait, c'est un concours de circonstances, mais c'est comme souvent, toutes les planètes qui s'alignent, mon DG partait, donc j'ai dû revenir, mais j'étais au début pas sûre de est-ce que je reviens vraiment, est-ce que je reviens à temps plein, est-ce que c'est une bonne idée ? Parce que moi, pendant cette année où j'ai fait autre chose, j'ai découvert le bonheur que j'étais en télétravail, d'être là tous les jours quand mes filles rentraient, j'ai découvert une vie de famille avec un rythme normal. et je n'étais pas sûre d'être prête à renoncer à ça. Et puis en fait, au bout de trois ou quatre semaines, je me suis dit, non mais bien sûr, évidemment, c'est là que je dois être, chez Paulette et Bicyclette. Alors évidemment, ça a râlé à la maison, parce qu'après un an à me voir tous les soirs, tous les week-ends, de... ça a été un petit peu dur de revenir en arrière.

  • Speaker #1

    Et comment ça se passe depuis que tu es revenue ? Est-ce que tu arrives à prendre un peu de recul comme ça ?

  • Speaker #0

    Je pense que le fait d'avoir pris un an de recul, d'avoir été dans la peau d'une salariée pendant un an aussi, très important ça ! D'avoir fait le MBA de l'ESSEC, il y a eu d'autres choses aussi dans ma vie personnelle qui ont amené de... Grosse prise de conscience et changement et en fait ça se passe super bien. En fait je suis vraiment... Hyper heureuse aujourd'hui de travailler avec mon équipe, d'avoir une équipe qui dit on est super content d'être là, on adore travailler chez Paulette la bicyclette C'est vraiment hyper sympa. Je m'éclate. C'est vraiment un plaisir d'aller travailler.

  • Speaker #1

    Ça, c'est hyper important. Je me reconnais un peu dans ce que tu as dit. Alors moi, je n'ai pas... J'avais pas de salariés, j'avais des stagiaires à l'époque, etc. Mais c'est vrai que ça m'a fait du bien, moi, de retourner pendant 5 ans dans le salariat, même si j'ai repris l'entrepreneuriat au bout de 2 ans. Mais ça m'a fait du bien. Rien que le fait d'avoir des vacances. Et tu vois, là, justement, j'ai posé une semaine de vacances, là, au mois d'avril, pour vraiment rien foutre, parce que j'étais repartie dans mes travers. Parce que moi, je suis quelqu'un qui va travailler beaucoup, beaucoup et pas m'écouter. Et là, tu vois, c'est pour ça que je suis malade. Et je me dis... En fait, c'est pas parce que tu t'arrêtes de temps en temps que ça va s'arrêter, quoi. Même si aujourd'hui, j'ai une petite équipe, mais voilà, même si moi je m'arrête une semaine, ça va pas changer la donne, en fait. Pour les gens qui savent pas d'où vient Paulette à bicyclette, moi je sais, mais le nom, est-ce que tu peux le redire ?

  • Speaker #0

    Alors, on se rappelle, en 2006, moi je débarquais de nulle part, donc j'avais pas envie que ce soit mon nom, parce que j'avais un petit syndrome de l'imposteur. Voilà, mais on n'était pas particulièrement sexy. Ensuite... J'avais pas non plus envie que ça s'appelle Or éternel ou Diamant qui brille soin de soin. Et puis, j'aime bien rire, donc j'avais vraiment envie d'un nom qui n'ait rien à voir... avec le secteur d'activité de l'entreprise. Et puis franchement, à l'époque, je pensais juste vivre de mon travail, c'est-à-dire faire des bijoux dans mon salon, les vendre sur Internet, et c'est tout. Et c'est venu à la fin d'un dîner très sympa entre amis. On avait fait un brainstorming pour trouver le nom de la marque. Et après avoir dit les trucs les plus improbables possibles, tout à coup il y a Paulette à bicyclette qui m'est venue. Et en fait, Paulette c'était un surnom que m'avait donné une copine, elle m'appelait Poulette, et puis après c'était devenu Paulette. La marque est née à Belleville-Ménilmontant, le quartier des chansonniers. J'aime beaucoup la chanson française et je faisais beaucoup de vélo et voilà, bolette à bicyclette.

  • Speaker #1

    Et du coup, tu as gardé ça tout le temps parce que ça se retient.

  • Speaker #0

    Évidemment, c'est un clin d'œil à la chanson d'Yves Montand, je le dis parce que nos clients maintenant n'ont plus forcément la ref.

  • Speaker #1

    On est trop vieillis.

  • Speaker #0

    Et oui. Et donc, ça se retient bien. Oui,

  • Speaker #1

    ça se retient. C'est ça. Quelles évolutions tu as pu voir entre maintenant et 2006, en fait, entre 2006 et maintenant, au niveau du marché de la joaillerie ?

  • Speaker #0

    Alors, chez nous, ça a été très, très flagrant. Les premières alliances en or équitable ou recyclées qu'on a vendues, Très clairement, nos premiers clients, c'était des expats, c'est-à-dire des étrangers qui vivaient en France.

  • Speaker #1

    Pourquoi, à ton avis ?

  • Speaker #0

    Parce que je pense qu'ils avaient une sensibilité plus marquée, ils avaient davantage ce souci du sourcing. et de la responsabilité environnementale que les Français. Disons que c'est la conclusion que j'en ai tirée. Et vraiment, ça a été très marqué. Et ensuite, c'est des couples mixtes qui sont venus, c'est-à-dire franco-canadiens, franco-brésiliens. On a fait le tour du monde. Et seulement au bout de 2-3 ans, les Français sont arrivés. Vraiment, ça a été très très très flagrant et avec, dès le départ, une proportion très importante de couples LGBT. On était avant le mariage homo en France. Donc c'était d'abord pour le PAX, ensuite on a eu la joie de faire les alliances pour le presque premier mariage gay français. Et là, il n'y a pas longtemps, on a fait les alliances pour le tout premier mariage homo-suisse.

  • Speaker #1

    Mais tu le revendiques ça ? Ou c'est juste qu'ils le sentent à travers les mots que tu emploies dans ton site ?

  • Speaker #0

    J'ai essayé de demander à mes clients...

  • Speaker #1

    Pourquoi ?

  • Speaker #0

    Pourquoi ? Et en fait, la plupart du temps, ils ne savent pas me répondre comme ça, parce qu'ils sont venus... Alors, j'ai fini par mettre sur Google qu'on était LGBT friendly, mais si tu veux, on n'a pas de drapeau nulle part. Et en discutant avec des clients, c'est dit peut-être que c'est le fait que nos modèles ne soient pas genrés, mais on n'a pas d'explication plus... Pour nous, on est tellement habitués à ne pas avoir de modèle genré que si tu veux, on ne se rend même plus compte de l'impact que ça peut avoir. Mais après, je pense que l'état d'esprit d'une marque transpire toujours à travers son site Internet. Nos clients doivent le sentir que chez nous, ils seront bien accueillis, qu'ils viennent comme ils veulent et ce n'est même pas une question pour nous.

  • Speaker #1

    Et du coup, dans ta boîte, tu me disais que vous êtes une dizaine en temps normal. Tu as quoi comme poste à peu près pour les autres personnes ?

  • Speaker #0

    Mais tu as les équipes de vente.

  • Speaker #1

    Oui. T'as combien de magasins aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Paris et Lyon.

  • Speaker #1

    Paris et Lyon.

  • Speaker #0

    Plus le site internet.

  • Speaker #1

    Et au niveau des ventes, c'est quoi ? C'est plus internet, plus les boutiques ?

  • Speaker #0

    C'est plus les boutiques, mais après, comme pour beaucoup de marques, on fait web to store. Les gens prennent rendez-vous en boutique parce qu'ils ont vu le site internet, parce qu'ils ont vu des modèles qui leur plaisent.

  • Speaker #1

    T'es toujours première sur Google, j'ai cherché.

  • Speaker #0

    on y est revenu.

  • Speaker #1

    Tu as remis les mains dedans ?

  • Speaker #0

    Oui, là, l'équipe marketing, elle a fait un super boulot, un très, très gros boulot pour qu'on regagne nos places.

  • Speaker #1

    Très bien.

  • Speaker #0

    Donc, tu as évidemment les équipes de vente, l'équipe, justement, marketing, digital, fonctions, support, admin, finance et l'atelier.

  • Speaker #1

    Combien de personnes en atelier ?

  • Speaker #0

    Pareil, géométrie variable, 5, 6.

  • Speaker #1

    Et donc, à chaque fois, c'est créé dans la boutique, comme avant ? Les ateliers sont dans la boutique ou ailleurs ?

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Ils sont toujours sur le même lieu. Alors, à Lyon, il n'y a pas d'atelier, il n'y a que la boutique. Mais à Paris, oui, tout est au même endroit.

  • Speaker #1

    Et tu es toujours dans le 20e ou pas ? Il faudrait que je vienne te voir.

  • Speaker #0

    Mais bonjour, madame. Je t'invite à venir visiter notre boutique du 11e. On est entre Charonne et Fédère.

  • Speaker #1

    Ok, je viendrai avec plaisir.

  • Speaker #0

    Au 13 rue Paulbert. Tu es là, bienvenue.

  • Speaker #1

    Ça marche. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer dans le mariage aujourd'hui ou dans la joaillerie, peut-être ?

  • Speaker #0

    Pour le mariage ? Il y a un truc qui pour moi a été essentiel, mais je pense aussi pour toi, c'est le réseau. Ça, ça me manque parce que c'est quelque chose que je ne prends plus le temps de faire. Mais toi et moi, quand on a démarré vraiment, moi sur les alliances et toi sur le wedding planning, il y avait vraiment... On était une bonne équipe de gens à se lancer à peu près au même moment. Et il y avait un réseau vraiment hyper sympa autour du mariage. On s'invitait aux ouvertures de boutiques les uns des autres, aux événements divers et variés. C'était vraiment très sympa. Ça, ça me manque aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Écoute, on va recréer ça alors. Non, mais après, c'est vrai que voilà, tu en as parlé au tout début. Et moi, c'est la même chose. En fait, on a... Parce que les gens qui se lancent aujourd'hui se disent Mais oui, mais moi, je n'ai pas de réseau. Mais quand on s'est lancés toutes les deux, on n'en avait pas non plus, en fait.

  • Speaker #0

    Non, non.

  • Speaker #1

    C'est très le, en fait, ton réseau, quoi.

  • Speaker #0

    Alors, moi, le fait d'avoir rejoint des réseaux, ça a été déterminant pour la réussite de la marque. Le premier réseau, ça a été celui de la coopérative dans laquelle j'étais, Copanam. Tu vois, grâce à qui j'ai découvert le référencement naturel. On s'était créé aussi un petit groupe d'entrepreneurs liés au mariage. C'est là que j'ai découvert la com, etc. Et puis, de fil en aiguille, j'ai découvert le réseau Mompreneur, donc les mamans entrepreneurs. Et là aussi, j'ai rencontré des gens vraiment super, avec des gens qui étaient à la fois secteurs du mariage, chez les membres preneurs, etc. Et puis ensuite, le réseau mariage. Mais vraiment, ça a été extrêmement important, ces rencontres. En tout cas, on ne peut pas se lancer sans, pour moi, trouver un ou deux réseaux qui vont nous porter et nous aider.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Donc ça, ça serait ton conseil principal ?

  • Speaker #0

    Je ne suis pas la seule à le donner. C'est juste du bon sens.

  • Speaker #1

    Oui, mais c'est important. Parce qu'on ne se rend pas compte, je pense. Quand on se lance, on se dit qu'est-ce que je vais faire ? Oui, mais moi, je vois mes clientes. Je me lance à côté de celles qui sont là depuis dix ans. Comment ça va être ? Je leur dis mais tu as cette chance, en fait. Et j'ai une... J'ai eu une interview, je crois que c'était Solveig qui avait dit ça, et je la reprends souvent, elle dit tout le temps, mais kiffe en fait chaque étape du process, parce que dans dix ans, tu ne seras plus là où tu en es. Et en fait, là où tu en es, c'est hyper important, parce que c'est là que tu vas créer plein de choses. Et j'adore ce moment-là, de leur dire, mais toi, tu as des choses en plus que... Celles qui sont là depuis 10 ans. Mais juste, tu t'en rends pas compte. Déjà, t'as la niaque, t'as envie, t'as la motivation. Celle qui est là depuis 10 ans, elle l'a peut-être perdue. Donc, tu t'en rends pas compte, mais elle l'a peut-être perdue. Et toi, où tu imagines poêler ta bicyclette dans 10 ans ?

  • Speaker #0

    J'aimerais bien avec... Des boutiques un petit peu partout en France, en Europe. Enfin, pas un petit peu partout, mais des belles boutiques en France et en Europe. Qu'on arrive à garder cet esprit vraiment chaleureux et familial. Une boîte où il fait bon vivre, une marque où il fait bon venir faire ses bijoux sur mesure ou commander ses alliances.

  • Speaker #1

    C'est quoi la prochaine ville en France que tu as envie d'aller ?

  • Speaker #0

    Bordeaux.

  • Speaker #1

    Oui, Bordeaux. Bordeaux pour le mariage, c'est bien, il y a plein de monde.

  • Speaker #0

    Bordeaux, ça nous plairait bien. On y a déjà fait des ventes éphémères.

  • Speaker #1

    Ça marchait bien ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est une ville dans laquelle on se verrait bien.

  • Speaker #1

    Et en Europe, ce serait quoi la première ville que tu irais targeter ?

  • Speaker #0

    Alors là, j'ai du mal. J'ai essayé de faire ma liste de priorités, mais...

  • Speaker #1

    Il y en a trop ?

  • Speaker #0

    Oui, il y en a trop. Bruxelles, Munich, Berlin, Genève...

  • Speaker #1

    Ok, alors je ne sais pas si tu as déjà écouté Wedding Divan, mais j'envoie toujours quelques questions et il y en a d'autres que je garde pour la surprise parce que j'aime bien les questions un peu spontanées. La première, ça va être, est-ce qu'il y a une phrase qu'on t'a dit ? Une phrase d'entrepreneur, on t'a dit que tu garderas toute ta vie.

  • Speaker #0

    Non, je n'ai pas le truc qui est génial à balancer en fin d'interview. Mais si je regarde rétrospectivement... Le parcours de Paul Attaplicyclette, c'est vraiment il ne savait pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait la phrase de Mark Twain. Parce que sérieusement, je me suis lancée dans l'entrepreneuriat sans aucun bagage entrepreneurial, sans argent, sans réseau, sans avoir une formation solide en joaillerie, et en disant oui, moi je vais faire de l'or équitable Non mais, complètement zinzin quand même.

  • Speaker #1

    Complètement zinzin.

  • Speaker #0

    Mais vraiment, j'y repense. Mais je n'avais aucune conscience de ce dans quoi je m'engageais.

  • Speaker #1

    Mais bon, t'as bien fait.

  • Speaker #0

    Oui, alors ça n'a pas été un long fleuve tranquille, franchement.

  • Speaker #1

    L'entrepreneuriat, c'est pas un long fleuve tranquille.

  • Speaker #0

    Non, non. Mais l'écueil... principale qu'on peut rencontrer quand on a des idées comme ça, qu'on se lance, qu'on est créatif, créative, c'est de se heurter à la réalité de la gestion d'une entreprise. Et c'est là qu'il faut savoir et se former soi-même pour ne pas être un pigeon qui va prendre pour argent comptant tout ce que des experts vont lui raconter et savoir déléguer. Mais en fait, tu ne peux pas déléguer complètement ce que toi, tu ne sais pas faire, tu es quand même obligée de te former un minimum pour comprendre au moins ce qu'on te raconte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. J'en suis là, non. Ton dernier coup de gueule ?

  • Speaker #0

    Le truc que je regrette, moi, c'est... C'est beaucoup plus facile d'entreprendre à plusieurs, notamment à deux. Non mais si on pense à Pierre Berger et Yves Saint Laurent, bon... C'est quand même sympa d'être à deux pour entreprendre. Ça facilite les choses.

  • Speaker #1

    Tu aurais voulu être associée ?

  • Speaker #0

    Je pense que oui. Mais bon, après, on ne va pas refaire l'histoire. C'est comme ça.

  • Speaker #1

    Alors moi, je pense l'inverse. Mais c'est normal, j'ai vécu l'inverse. Donc aujourd'hui, je ne me réassocierai pas. Alors, je dis ça, peut-être que je changerai d'avis. parce que peut-être que j'ai pas vécu la bonne expérience pour ça. Mais aujourd'hui, j'apprécie justement de pouvoir prendre mes décisions seule, d'avoir justement cette équipe qui est là pour me conseiller, mais qui m'écoute si demain je dis non, je veux lancer ça. Et même si c'est une connerie, c'est pas grave, c'est moi qui aurais pris la décision et qui aurais fait cette connerie et ce sera à moi de l'assumer. Maintenant, j'apprécie vraiment de tout gérer seule. Je pense que c'est aussi parce que toi, tu n'as pas vécu l'opposé, et moi, j'ai vécu ça. Donc, on veut toujours ce qu'on n'a pas, finalement. Et donc, ton dernier coup de gueule, c'est ça ? C'est de ne pas être associée ?

  • Speaker #0

    Non, non, non, pas du tout. Ça m'est juste venu suite à nos échanges précédents, mais mon dernier coup de gueule, oui, moi, c'est l'or recyclé. Pourquoi ? Parce qu'en fait, quand au bout de quatre ans, 2015-2016, alors que jusque-là on proposait à nos clients de choisir entre hors recyclé et hors Fairmind, j'ai décidé qu'on basculait tout en 100% Fairmind, c'est parce que je me suis rendu compte qu'en fait, Le seul intérêt de l'or recyclé, c'était quoi ? C'était que ça ne générait aucune extraction, avec tous les dommages environnementaux et humains que ça peut créer. Mais en fait, en analysant les chiffres, le constat était terrible. C'était de dire que même si de plus en plus de gens et de marques disaient oui, moi j'utilise de l'or recyclé, la la li la la en fait, on voyait bien que les volumes d'or extrait ne baissaient jamais. Et je me suis dit, alors si le... Le seul intérêt pour moi de l'or recyclé, c'est de réduire le volume d'or extrait et que... Ça n'a aucun effet là-dessus, autant soutenir l'artisanat minier, parce qu'avec l'artisanat minier, avec le label Fairmind, on sait qu'on agit concrètement pour réduire la pollution au mercure, pour supprimer l'utilisation de mercure dans l'extraction de l'or, on sait qu'on réduit le travail infantile, qu'il y a des gens qui, grâce à ce label, vont avoir des meilleures conditions de travail et que l'environnement va être... préservé au maximum. Je me suis dit, en fait, si on veut avoir l'impact positif le plus fort possible, c'est ça qu'il faut choisir. Mais évidemment, aux yeux du grand public, et je les comprends, quand les gens entendent hors recyclé ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire, et ils s'imaginent que c'est comme pour le verre recyclé ou le plastique recyclé, ils se disent ah, mais génial ! Et quand on dit hors fair-mind ou équitable évidemment, ça nécessite toujours une explication. d'informer les gens, ce n'est pas aussi facilement compréhensible par le grand public. Le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que souvent, l'or recyclé est présenté comme une avancée écologique. Et bien en fait, pourquoi est-ce que, malgré le nombre toujours grandissant de marques de joaillerie qui revendiquent l'utilisation de l'or recyclé parce que c'est mieux pour la planète, Pourquoi est-ce qu'il n'y a absolument... aucun progrès au niveau des volumes d'extraction, c'est parce que l'or a toujours été recyclé. C'est la particularité de cette matière première, l'or est recyclable à l'infini, il est réaffinable à l'infini, et vu sa valeur, l'homme s'en est assez vite rendu compte. Et l'or a toujours été recyclé. C'est juste qu'avant, on ne le disait pas. Mais l'or a toujours été recyclé. Maintenant, on le dit, et on fait passer ça pour une avancée écologique, mais en fait... Ça ne change rien à la donne. Ça ne change rien. Si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, pour faire court, parce que le mercure qui est balancé dans les rivières en Colombie, on le retrouve, le mercure ne s'arrête pas. sur les côtes. Et donc, si on veut arrêter de manger des sushis au mercure, c'est l'artisanat minier qu'il faut soutenir pour vraiment éradiquer très rapidement le mercure, les exactions humaines et environnementales. Voilà, mon coup de gueule, c'est Y'en a marre ! qu'on fasse prendre aux gens des vessies pour des lanternes. Bien sûr que nous aussi, on recycle notre or. Évidemment, tous nos résidus d'atelier repartent dans la chaîne de recyclage Fairmine. Évidemment que c'est bien de recycler l'or. Je ne vais jamais en dire à dire aux gens Non, mais jetez-le à la poubelle ! Bien sûr. C'est simplement qu'est-ce qu'on fait croire. au client.

  • Speaker #1

    Oui. L'honnêteté, l'authenticité, c'est important pour toi.

  • Speaker #0

    Ça va ? Tu l'as bien entendu le coup de gueule, là ?

  • Speaker #1

    J'ai bien entendu. Dernière question qui sera entre deux que j'adore poser, c'est c'était quand la pire période de ta vie en termes d'âge ?

  • Speaker #0

    Hum.

  • Speaker #1

    Il y en a quand même plusieurs.

  • Speaker #0

    Le pire, franchement, c'était la période de Covid.

  • Speaker #1

    OK. Parce que tu te sentais...

  • Speaker #0

    Parce que cumule de plein, plein, plein de choses. Feu d'artifice.

  • Speaker #1

    Feu d'artifice, mais pas cool,

  • Speaker #0

    du coup.

  • Speaker #1

    Et du coup, qu'est-ce que tu dirais à la Hélène qui vivait cette période-là aujourd'hui, avec le recul que t'as ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas ce que je lui dirais aujourd'hui, à part ça va passer.

  • Speaker #1

    C'est déjà bien. Si,

  • Speaker #0

    je lui dirais, écoute, plus les gens qui t'aiment que les autres.

  • Speaker #1

    C'est bien ça. Écoute, on va rester là-dessus. Un immense merci à toi pour tout le partage et tout ce que tu nous as livré aujourd'hui. C'était un plaisir de reparler avec toi et je viendrai bientôt dans ta boutique, promis.

  • Speaker #0

    Franchement, avec plaisir, Magali. Je te ferai un quiz sur l'enfermage d'attention.

  • Speaker #1

    Oula ! Ah ouais, non, ça y est, la professeure ressort.

  • Speaker #0

    Non mais, prof un jour, prof toujours.

  • Speaker #1

    Ok, bah écoute, moi je veux bien. Après, si je me trompe, tu m'engueules pas, c'est juste que j'apprends.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup Magali.

  • Speaker #1

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    De ton invitation.

  • Speaker #1

    Bisous.

  • Speaker #0

    Bye bye.

  • Speaker #1

    Et voilà, Logan, j'espère que cette interview t'aura plu autant qu'à moi. Si c'est le cas, partage-la sur Insta et tag nous, Hélène, donc Paulette à bicyclette, et moi, ça nous fera trop, trop plaisir. Et puis, tu sais maintenant que tu peux me mettre aussi 5 étoiles sur Apple Podcast ou sur Spotify, c'est ce qui m'aide le plus à faire connaître Wedding Divant et un petit commentaire sur Apple Podcast, c'est encore mieux. Merci pour tout et à très vite pour le prochain épisode de Wedding Divant.

  • Speaker #0

    Merci.

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