Description
Départ sur le rythme soutenu de la Mamie du Raï, genre dont elle fut la plus grande représentante féminine. Une grande dame qui s’appelait Cheikha Remitti. Femme libre et insoumise, elle parlait de liberté, d’amour, de féminisme, d’alcool, et fut souvent censurée par les régimes algériens de l’époque. «N’ta Goudami», raï bien moderne et captivant. On file en Allemagne pour écouter Can, groupe précurseur du krautrock. C’était ainsi, ironiquement, que les Britanniques appelaient la musique des Allemands à la fin des 60's et au début des 70's. Les mêmes British qui, déjà au XIXe siècle, les surnommaient «les mangeurs de choucroute». N’empêche, sans ces groupes, probablement pas de punk, pas de post-rock, pas de new age, pas d’ambient. Écoutez la structure de «Father Cannot Yell» (1969) : le punk avant le punk ? Du blues chanté en occitan, Moussu T e lei Jovents. Entre Marseille et la Louisiane, «Ma rue n’est pas longue» nous entraîne dans un moment très festif. Suit un grand monsieur de la musique du XXe siècle, Ryuichi Sakamoto, artiste très engagé politiquement qui nous a quittés trop tôt. Éclectique musicalement, fouinez dans sa discographie, ça vaut le coup ! Pianiste à la touche élégante et raffinée, il a traversé les époques, des débuts synthpop du Yellow Magic Orchestra jusqu’à la musique savante. On écoute sa «Triste», avec la chaude voix de Marco Prince, charismatique chanteur des FFF. Retour à Marseille avec IAM et leur «Regarde», morceau au texte encore très actuel. Du rap, du vrai, du haut de gamme. On reste dans la dénonciation avec «The Ballad Of Sacco And Vanzetti», déchirante chanson sur la B.O. du film Sacco e Vanzetti. Le film raconte l’histoire de ces 2 immigrés italiens anarchistes, injustement accusés aux États-Unis, au début du XXe siècle, d’un hold-up sanglant, puis exécutés sur la chaise électrique. Un grand monsieur signe la musique, Ennio Morricone, tandis qu’une immense artiste pose sa voix : Joan Baez. Une chanson bouleversante qui, paradoxalement, laisse aussi beaucoup d’espoir. On poursuit dans le conscious avec The Watts Prophets, avec les The Last Poets parmi les meilleurs représentants du spoken word, du pré-rap si l’on veut. Ils viennent de Watts, quartier tristement célèbre pour les émeutes sanglantes de 1965 et 1992, déclenchées par les comportements clairement racistes de policiers envers des citoyens afro-américains. Leur «Searchin» de 1990 embarque quelques sonorités drum'n bass grâce à Geoff Wilkinson, l’un des deux fondateurs des Us3. De Roumanie vient Macroblank, l’une des pointures de la barber beats. Dans «Consumed By The Abyss», il fabrique, à partir de «No Stress (At All)» de Paul Hardcastle, un morceau ultra smooth à écouter en mode détente absolue, sans se poser de questions. Nous voilà ensuite face à une artiste aux multiples activités et collaborations : Laurie Anderson. William S. Burroughs, Brian Eno, Philip Glass, Peter Gabriel, Ryuichi Sakamoto ou encore Frank Zappa comptent parmi ses compagnons de route. Ses concerts ont souvent été de remarquables performances multimédias. Cette dame au style musical inclassable signe ici «The Puppet Motel», sur l’album Bright Red (1994). On se dégourdit les muscles avec «Believer», son bien clubbing par Luke Vibert, sous le pseudo Wagon Christ. Puis Colonel Claypool's Bucket of Bernie Brains, groupe éphémère de Les Claypool, bassiste de Primus, de Buckethead, remarquable guitariste toujours masqué, de Bernie Worrell, incroyable clavier des Parliament-Funkadelic, et de Bryan Mantia, batteur passé par Praxis, Primus, Guns N' Roses et même Tom Waits. «48 Hours To Go» est une claque où funk, rock et folie s’entremêlent dans un résultat explosif. On termine avec la douce et émotionnelle musique de Peter Pearson, avec la suave voix de Karen VR. Enjoy!
peace & love
d’r Unbekànnt Schàllplàttahàndlanger





