- Speaker #0
Cette nuit est dédiée à tous ceux qui croient en un futur de paix et de liberté. Vous savez qui vous êtes. Nous sommes l'unité et nous sommes inévitables. Nos 12 points vont à... Nos 12 points. Les 12 points. Les 12... points 12 points 12 points 2 Go to Lusca Estonia Iceland Lusca Espagne Italie United Kingdom
- Speaker #1
France
- Speaker #2
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans 12 points, le podcast qui décrypte encore l'Eurovision ! Bonjour, bonjour tout le monde, aujourd'hui nous parlons de l'Eurovision LGBTQIA+, en ce mois des fiertés, le mois de juin est le mois des revendications, de la fierté, et nous sommes là autour de la table pour aborder ce grand sujet qu'on voulait faire déjà depuis la saison 1, mais on se retrouve en saison 4 seulement, à l'aborder, salut Vincent !
- Speaker #3
Coucou les mascus ! Oui, mais franchement, on va parler de fiotte pendant une heure. Donc du coup, j'aimerais surtout qu'on intègre tout le monde ce soir. Même les mascus. On est avec vous, on vous oublie pas.
- Speaker #2
Parce que les hétérosexuels vont bien. Point.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #2
Salut Quentin.
- Speaker #4
Salut Thomas.
- Speaker #2
Et salut Agathe, Gicou. Salut Thomas. Et alors aujourd'hui, pour cet épisode spécial. Mais non. Mais oui. Arrête. Nous recevons avec grand plaisir, comme à chaque fois, mais avec intérêt aussi. car il a sorti un livre au mois d'avril dernier. Montre-le la carrière. L'histoire de la plus grande scène du monde, l'histoire de l'Eurovision à travers le prisme queer, encore plus que nous on a pu le faire. Fabien Randam, salut !
- Speaker #5
Et merci de m'accueillir à nouveau.
- Speaker #2
On sait à quel point écrire un bouquin et en sortir un, c'est quand même crevant. Comment t'es venu l'idée de créer ce bouquin ?
- Speaker #5
Ça faisait quelques années que ça me trottait dans la tête. d'écrire un livre sur l'Eurovision. Je réfléchissais à plusieurs angles, etc. Puis bon, ça n'avait jamais abouti. Et pendant l'Eurovision à Malmeux, donc 2024, je reçois un message de l'éditeur Double Ponctuation qui me dit « Je vois vos articles sur 20 minutes. Je pense qu'il y aurait quelque chose à faire autour de l'Eurovision. » Et Double Ponctuation est une maison d'édition qui est spécialisée sur les questions LGBT, féministes, J'ai réfléchi et ça m'est venu assez vite l'idée de raconter une histoire LGBT de l'Eurovision et une histoire aussi des luttes LGBT en Europe et un petit peu en dehors de l'Europe à travers le contexte de l'Eurovision.
- Speaker #2
Bravo en tout cas pour cette sortie. On l'a tous lu, on l'a tous parcouru depuis le début. Nous, on te soutient dans la publication de cet ouvrage. On apprend énormément de choses. En fait, tu as fait le choix de le raconter. de manière chronologique, mais surtout à travers des portraits, à travers des histoires d'artistes de l'Eurovision. Comment tu es allé chercher tes sources, notamment pour les plus anciennes ?
- Speaker #3
Il a déterré les morts !
- Speaker #5
Pour les plus anciens, déjà c'était effectivement faire une sorte de liste de chansons, se replonger dans l'histoire. Et puis il y a aussi, c'est vrai que Danny Dobertson, ce n'était pas une artiste que je connaissais par exemple avant de... d'écrire ce livre. Donc, voilà. Et je me suis rendu compte, en faisant cette liste, qu'il était possible de faire une douzaine de portraits, ce qui allait très bien avec l'idée des douze coins. Et aussi de représenter le spectre LGBTQ+, et aussi différentes zones géographiques, de ne pas parler, par exemple, des pays d'Europe de l'Ouest. Donc, justement, ça permettait de parler de plusieurs époques. Donc, bien sûr, au revoir L'époque actuelle où il y a davantage d'acceptation, même si les luttes ne sont pas terminées. Et aussi, dès la première édition, 1956, en plus, c'était parfait, puisque ça montrait finalement que la question LGBT, d'une certaine manière, a toujours été liée à l'Eurovision.
- Speaker #2
Alors, Queerovision, les histoires de la plus grande scène du monde. Quentin, tu as eu l'occasion, toi aussi, de le parcourir. Qu'est-ce que tu en as retenu, aujourd'hui, de ce bouquin ?
- Speaker #4
Alors, ce que j'en ai retenu, j'y arrive juste après, mais ce que j'ai particulièrement aimé dans les chapitres, c'est en fait la remise en contexte de l'artiste et de son époque. C'est-à-dire que, bien sûr, il y a tel artiste qui vient parfois avec telle chanson. La chanson en elle-même n'est pas... lié à la question queer, parfois oui, mais surtout dans les premières chansons, il n'y a pas vraiment de thématique queer, mais c'est plus le parcours de l'artiste et on apprend en termes historiques, sociologiques, économiques, sur par exemple les clubs lesbiens à Paris. Je trouve qu'il y a une mine d'informations. Je ne sais pas combien de temps tu as pu faire, tu as appris pour sédimenter tout ce texte-là, mais je trouve qu'on a une sorte de tranche de vie. de 5-10 ans sur chaque artiste dans chaque chapitre. Et c'est plutôt ça que j'en retiens, c'est que, à défaut de juste « Ah tiens, telle parole, à telle évocation politique à l'Eurovision » , en fait c'est remettre l'artiste dans son contexte de l'époque, l'année 50, l'année 60, 70, et l'évolution, et se rendre compte que c'est un combat encore permanent et tout était fait calfeutré au début années 50-60. Petit à petit, il y a de la lumière. Et finalement, l'ombre, elle n'est pas si loin que ça encore aujourd'hui. C'est encore difficile.
- Speaker #2
Eh bien justement, on va en parler dans cet épisode Eurovision, la petite histoire du grand concours LGBTQIA+. Je vous propose à toutes et tous d'utiliser ces sources d'informations. Faisons ça !
- Speaker #6
Nous sommes à nous cinq des bibles incroyables.
- Speaker #3
Ah ça, c'est sûr !
- Speaker #5
Et on oublie les bibles.
- Speaker #4
Et les hétéros.
- Speaker #2
pouvoir qu'on a trop à détester oh mais je crois qu'on le détestait déjà ça allait déjà oui c'est vrai écoutez est-ce que vous êtes prêts à parcourir ce grand prisme de l'Eurovision c'est parti on va commencer avec cette question que j'avais vous posé autour de la table l'Eurovision aujourd'hui quand on en parle autour de nous évidemment la première connotation qu'on a dans l'état d'esprit général en France c'est que c'est kitsch mais c'est surtout que c'est très gay.
- Speaker #3
C'est pro-gay !
- Speaker #2
Que c'est une émission hyper gay qui est faite pour les gays, ça n'intéresse que les gays et pour autant on sait que l'audience est grande et que tout le monde regarde mais que les gens ont du mal à l'assumer. Pourquoi l'Eurovision à votre avis aujourd'hui a cette connotation pop culture gay ?
- Speaker #3
C'est un quiz ou c'est un récit ? Parce que voilà, après moi je peux parler de mon ressenti personnel, je suis gay. Ah non je le savais pas, c'est incroyable, je croyais qu'il était hétéro, pas du tout.
- Speaker #4
Comme dans une première nouvelle.
- Speaker #3
Mais non, c'est après le côté concours de chant, concours de performance, le concert, les paillettes, et vraiment je prends des clichés, mais moi qui me plaisent, c'est sûr et certain, les grandes voix, les windmachines, tout le folklore qui va avec, c'est quelque chose de... de théâtral et de over dramatique dans les prestations c'est quelque chose qui me plaît essentiellement et c'est ça qui rend le concours gay et j'adore cette chose là justement c'est juste que tu dis ça parce que regarde il y a
- Speaker #2
Brian Singleton qu'on a cité qui est professeur d'art dramatique au Trinity College de Dublin a dit en 2007 que le glamour et le spectacle sont des domaines où les gays s'investissent pour échapper aux normes de la masculinité ... Et justement, ça répond à ce que tu dis, tu vois, ce que tu aimes. C'est ça. Et du coup, dans l'Eurovision, tu t'y retrouves complètement. Oui,
- Speaker #3
mais je m'y retrouve complètement. Je m'y love. Je déteste ce mot du verbe lover. Et je m'y installe très tranquillement et c'est parfait. Fabien,
- Speaker #5
oui. Oui, moi, c'est sur l'aspect Eurovision, gay ou trop gay, etc. En fait, le truc, c'est que l'Eurovision, c'est effectivement 160 millions de téléspectateurs cette année. Donc, il n'y a bien sûr pas qu'un public LGBT qui le suit. Et donc tout le monde est bienvenu dans ce concours. Et d'ailleurs, à l'inverse, si on prend un autre domaine populaire qui est censé fédérer le football, est-ce que quelqu'un pose vraiment le problème sur la table ? Pourquoi est-ce que le football est un domaine trusté par les mecs hétéros ou… Quand on est une femme, il faut faire ses preuves, qu'on s'y connaît, qu'on est vraiment une vraie supportrice, etc. Quand on est gay, il faut accepter et on est validé quand on dit non, non, mais ça va, allez-y, vous pouvez dire que l'équipe adverse, c'est des... mettez l'insulte homophobe que vous voulez derrière, voilà, le côté, il faut encaisser quoi, enfin voilà. Alors qu'à l'Eurovision, les hétéros ont leur place et cette année... On ne peut pas dire que par exemple la chanson de Luan c'était la plus queer ou que la chanson de la Slovénie sur ce chanteur Clément qui parle de sa femme qui a été malade et qui d'ailleurs vient sur scène, enfin la femme qui le rejoint sur scène à la fin. On est dans une sorte de finalement d'illustration hétéro mais c'est vrai que ce qui marque c'est davantage le côté paillette, peut-être excentrique. Camp, qui est toujours le mot que je préfère à kitsch, puisque pour moi, c'est vraiment un kitsch qui est... Appumé. Appumé, voulu, et justement pour subvertir toutes les normes, même du bon goût, et pousser les potards à fond. Donc, pour moi, l'Eurovision, c'est vraiment un cocktail, effectivement, où finalement, tout le monde a... à sa place, peut proposer plein de choses. On peut voir des artistes plus conservateurs que d'autres, d'ailleurs. Oui,
- Speaker #2
mais tu vois, ce qui est très curieux, je trouve, c'est vraiment l'appréciation qu'il y a du concours aujourd'hui où, initialement, quand il s'est construit, il n'y avait pas cette... cette... cette image très forte de pop culture queer de l'Eurovision et qui, je pense, sur les 15 dernières années, s'est vraiment développée. Alors, on va en parler dans cette émission, mais il y a une appropriation culturelle qui s'est faite aussi par la communauté queer du concours, dans les années 2000 principalement, parce qu'on est sur un télé-crochet grandiose, parce qu'on est sur quelque chose qui célèbre aussi le fait d'être... ensemble dans la différence ? Est-ce que c'est pas ça qu'on apprécie aussi à travers l'Eurovision ?
- Speaker #5
C'est savoir faire des gays en fait Je suis complètement d'accord. Alice Coffin parle du génie lesbien, on peut parler du génie queer d'une certaine manière, puisque depuis les années 2000, sont beaucoup aux manettes les Suédois, avec notamment Christophe Björkman, qui a été un ancien candidat à l'Eurovision, qui a été d'ailleurs sommé d'être dans le placard d'une certaine manière au début des années 90 quand il s'est présenté. Et ensuite, il a repris en main le Melody Festivalen, donc la sélection suédoise, le festival des chances. le festival des chances Et donc l'Eurovision, et il est encore très présent Il y a vraiment une influence suédoise Dans ce qui est devenu l'Eurovision Au fil des années depuis les années 2000 Et avec la Suède Donc pays relativement ouvert Plus que d'autres sur les questions LGBT Et qui vient injecter de l'humour Qui vient injecter son savoir-faire Aussi en matière de pop-musique Et voilà Donc c'est un ensemble Et je pense que c'est vraiment une question de savoir-faire Et que heureusement que les gays ont été là pour au moment moment où l'Eurovision entrait dans un creux.
- Speaker #6
Mais heureusement que les gays sont là.
- Speaker #3
Et quoi qu'il en soit, c'est vrai que tu soulèves un point important. Et pardon, pour baigner dedans, le monde du spectacle appartient aux gays. Agathe, on en a fait les frais.
- Speaker #6
Et aux filles APD.
- Speaker #3
Non mais, quand t'es une femme dans le milieu du spectacle, tu comptes les hétéros, en vrai, de savoir qui tu vas pouvoir te taper. Ah bah,
- Speaker #6
c'est simple, d'ailleurs, personne.
- Speaker #2
Alors, Moi je pense plutôt que... Le monde queer est très présent dans le monde du spectacle du côté scène, mais qu'en revanche, côté coulisses, côté finances, il y a quand même tout un pan de la population qui n'est pas du tout queer et qui tient les ficelles de ce secteur. Agathe, avant que tu te positionnes comme grande fan de l'Eurovision depuis ce podcast même pas fan mais si il faut l'assumer c'est ce que tu avais écrit en plus c'est même plus grande fan c'est grande expert de l'Eurovision
- Speaker #6
Je vais dire que j'ai quand même écrit ce bouquin.
- Speaker #2
Comment tu percevais le concours avant de participer au podcast, justement, sous le prisme queer ?
- Speaker #3
Je ne le percevais pas.
- Speaker #6
Mais bien sûr que oui. Et c'est une question, d'ailleurs, que je vous ai posée. Je ne sais pas si vous vous rappelez très vite. Quand est-ce qu'on fait un épisode ? Parce que je ne savais pas que vous en aviez déjà parlé. Moi, en fait, je me pose vraiment la question de pourquoi et d'où c'est venu que ce soit un public homo qui suit principalement ça évidemment que oui c'est ça et des femmes si je peux aussi me permettre c'est la ménagère ouais mais pas que pas que des ménagères peut-être j'ai une explication sur le
- Speaker #5
tournant qui est dans les années 90 avec justement Paul Oscar premier candidat ouvertement gay en 97, Dana International première candidate trans en 98 donc des moments où notamment en Europe de l'Ouest l'acceptation des questions LGBT commence à être... un peu plus large on commence on est après on va dire le plus gros de la crise des années sida il ya eu la dépeignée ce sont le mot c'est que ça vient déjà à l'ailé à l'om en tout cas voilà en france 82 l'om est ce qui sort l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 91 je crois qu'il est très tard quand même donc voilà c'était il n'y a pas si longtemps c'était il ya moins de 40 ans et je suis né oui tu as alors été née tu étais malade été été content d'être malade maladie mentale. On a l'impression... Agathe Cotty !
- Speaker #4
C'est parce qu'elle n'a pas fait les tests.
- Speaker #5
C'est une histoire très récente et où il y a des choses qui se sont accélérées. Heureusement, il y a eu des droits qui ont été acquis, qui restent à défendre comme on peut le voir. Et donc, on est à cette période charnière, années 90. Et ces artistes finalement sont à cette époque un peu les seuls... Les porte-parole ? Ouais, enfin, les seules représentations positives, célébrées à l'écran, massivement quoi, on va dire. Sinon, parce que même encore Philadelphia, quelques années, début des années 90, c'est les homos qui ont été tués, mais quand ils meurent du sida. C'est un peu... Il faut faire pleurer. Il faut faire pleurer ou il faut faire rire. Mais là, on est célébrés à l'Europe. Oui,
- Speaker #6
je trouve que c'est quelque chose qui est très bien expliqué dans ton bouquin sur Paul Oscar et la vision positive. Et moi, c'est vrai que j'avais... J'aurais eu plutôt bêtement l'idée inverse de « Oh là là, on va lui jeter des tomates. »
- Speaker #4
Ce que tu dis Fabien est très juste et en plus ça rentre dans une espèce de télescopage avec, c'est pile poil le moment où l'Eurovision est en crise, vraiment en crise, en crise en termes d'audience, en crise en termes de désintérêt massif des pays de l'Ouest. qui commencent à se dire, on s'en fout en fait, ça y est, maintenant l'industrie musicale, elle est lancée dans chacun des pays. Donc en fait, la marque Eurovision, c'est le moment historique depuis 1956 où elle est au plus bas. Et donc, il y a une espèce de deux phénomènes qui se percutent. et c'est aussi pour ça que beaucoup d'artistes LGBTQIA+, ont investi la question en reviseur en se disant et bien en fait il y a un domaine il y a une sorte de friche il y a un truc qui est laissé un peu à l'abandon par les grosses majors ou les gros groupes télévisuels, ils se disent en fait on a l'impression qu'on a une espèce de bulle on peut faire à peu près ce qu'on veut on peut dire à peu près ce qu'on veut dans la limite du raisonnable de l'UER qui était moins stricte il y a 30 ans qu'aujourd'hui et en fait il y a une espèce de bulle de respiration Et c'est pour ça que les années... et 90 si vous regardez, c'est incroyable le nombre, même si les artistes ne sont pas LGBTQIA+, en fait ils évoquent de manière très directe ou indirecte des thématiques l'amour pour tous au sens de vraiment très ouvert, de tolérance, des valeurs extrêmement tolérantes, pas forcément marquées avec le drapeau LGBTQIA+, mais cette vraie bulle de joie, de festivité et de tolérance collective.
- Speaker #2
Depuis quand à l'Eurovision on voit sur la scène de manière non dissimulée des prestations queer assumées. Quelle est la première prestation qui vous parle ?
- Speaker #5
En prestations queer assumées, c'est vrai que Paul Oscar, il est entouré de jeunes femmes, de jeunes danseuses avec des poses assez lassives.
- Speaker #2
En 97 à Dublin.
- Speaker #5
97, voilà. Après, moi, c'est vrai que peut-être que la première... Alors, il y a deux choses. Je pense au groupe Sestré qui est arrivé après tattoo. Là, j'ai un...
- Speaker #4
Juste après l'année suivante.
- Speaker #5
Parce que Tattoo, c'était encore une mise en scène d'un couple lesbien. Mais un groupe dont je n'ai pas parlé dans le livre, parce que justement, le lien avec le côté queer était vraiment trop agile. C'est le groupe Ping Pong qui a représenté Israël, je crois que c'était en 2000, et où c'est une histoire qui est assez... C'est une histoire dans l'histoire, puisque c'est un groupe qui a été lâché par la délégation israélienne israélienne. Des amateurs, finalement. La moitié sont journalistes.
- Speaker #6
C'est typique d'épongistes.
- Speaker #5
C'est des journalistes qui ont une chanson en hébreu, je ne sais plus de quoi ça parle.
- Speaker #4
Une histoire d'amour entre une Syrienne ou un Syrien et une Israélienne.
- Speaker #5
Je crois qu'il y a des histoires de courgettes aussi. Et donc, en fait, ils branlent des drapeaux israéliens et des drapeaux syriens, etc. Et là, la délégation, elle pète un câble en disant non mais là on vous soutiendra jamais qu'au bout, etc. Et ça part complètement en live. D'ailleurs, il y a un documentaire qui a été fait par Eitan Fox qui est visible sur YouTube et qui raconte vraiment les coulisses de tout ça. Il a filmé au caméscope vraiment leurs doutes quand ils sont dans la chambre d'hôtel en disant « Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on y va pas ? Mais non, si, il faut qu'on y aille, etc. » Et il y a notamment les deux hommes de ce groupe qui s'embrassent, qui se font un smack sur la bouche. Voilà, bon. Est-ce que c'est queer ? On peut voir dans la définition la plus large, mais en tout cas, moi, c'est une des images de subversion du concours, d'être un espace pour raconter quelque chose, pour porter un propos et puis pour sortir d'un côté, d'un cadre très sage. C'est un des exemples qui me vient en tête.
- Speaker #3
Moi je pour parler de moi pour changer moi je me rappelle très très bien de Dana International Je ne regardais pas l'Eurovision à cette époque-là. On était en 98, j'étais jeune comme le jour, j'avais 13 ans. Et je me rappelle, en revanche, que je passais mes vacances près de Montpellier, dans une maison familiale. Et nous allions très souvent, pendant que mes parents faisaient les courses, on allait à l'espace culturel de Leclerc-Saint-Honès. Et alors, à l'époque, pour les gens qui sont autour de cette table, vous avez connu cette chose-là, nous écoutions les CD de titres avec les casques. Ah oui,
- Speaker #2
oui,
- Speaker #4
oui. C'était très bon.
- Speaker #3
à la FNAC et donc l'espace culturel de Leclerc-Saint-Aunès, il y avait cette chose-là. Et je me rappellerai toujours de cette pochette de Dana International, donc de cette femme qui était en couverture comme ça, qui faisait un regard un peu genre « Ah ! » Comme ça, elle avait des gants en sequins rouges, les nichons, mais alors jusqu'à ce qu'on leur ait dit deux amygdales, tellement ils étaient imposants et tout machin. Et puis je me retrouve fascinée par cette femme. comme ça et tout et du coup j'écoute et ça parlait Cléopatra, Aphrodite j'étais genre oh la la elles sont toutes là c'est incroyable j'étais déjà passionné d'antiquité et de mythologie surtout à l'époque et le gros néné certainement que j'avais envie d'y mettre mon nez et donc du coup et je me rappelle très bien que ma soeur m'avait dit tu sais c'est un homme et en fait j'étais là et du coup j'essayais de regarder cette pochette genre ah bon c'est un homme mais pourtant on dirait vraiment une femme ... C'est le premier souvenir réellement, parce qu'après, évidemment, j'ai fait le lien entre l'Eurovision qu'elle avait représenté d'Israël à l'Eurovision et qu'elle avait en plus gagné l'Eurovision, ce qui était énorme pour 98 quelque part.
- Speaker #6
Mais c'est ça qui est fou, parce que est-ce que ça, ça se reproduirait aujourd'hui ?
- Speaker #4
Écoutons un petit extrait.
- Speaker #0
c'est
- Speaker #4
Il faut remettre Dana International dans son contexte en 1998 en Israël. Les orthodoxes et les juifs radicaux se sont fortement opposés à la candidature de Dana International et de l'image que ça donne d'Israël au concours européen. Elle a dû faire face à des menaces de mort. Elle a été extrêmement protégée parce qu'en interne, pendant des mois, elle a vraiment vécu l'enfer, au sens premier du terme. Voilà, c'est tout ce que je voulais dire. Bravo !
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #6
Non mais oui c'est vrai c'est violent, on peut également le lire dans le bouquin qu'on a écrit mais c'est vrai que les insultes ça a été très très violent exactement et alors question parce que là on évoque beaucoup les années 90,
- Speaker #2
2000 qui sont des années très colorées, très pop culture aussi très orientées musique, on a beaucoup de télécrochets qui naissent aussi à cette époque là sur nos écrans du samedi soir avec Arthur à la fureur pardon on a la naissance dans les années 2000 de la nouvelle star, de la star academy Il fallait y aller télé-réalisé. réalités qui prennent le pas, les téléspectateurs votent aussi, est-ce que ça n'a pas aussi une incidence claire sur ok, qu'est-ce qu'on va représenter à l'Eurovision, puisque finalement on connait notre audience, donc du coup on va les satisfaire, mais avant de revenir sur cette période-là, quand est-ce que date la première proposition, la première candidature gay assumée, et est-ce que finalement ça a été assumé au tout début du concours.
- Speaker #3
Assumé ?
- Speaker #5
Non, puisque même, enfin, puisque Danny Deberson, première candidate lesbienne de l'Eurovision, a représenté la France en 56 avec une chanson qui s'intitule « Il est là » , qui raconte donc un… Il est là, il est là. Hétéro, enfin, on est dans un cadre hétéro-normatif. Il y a Jean-Claude Pascal qui a remporté le concours pour le Luxembourg en 61. Alors là, pour le coup, on ne peut pas dire que c'était assumé, mais en tout cas, il arrive avec une chanson où le texte… Nous les aimons. quand on le voit aujourd'hui. Oui, ça nous paraît évident.
- Speaker #3
Mais je pense que le public averti pouvait comprendre, mais juste le public averti.
- Speaker #5
Oui, le public averti. Et même à l'époque, et là, récemment, Nicole Croisy est décédée, et c'était une chanson qu'elle a reprise à l'époque. C'était début des années 60. Les artistes reprenaient beaucoup les chansons les uns des autres et sortaient leurs propres versions en 45 tours, etc. Et donc Nicole Croisy a chanté Nous les amoureux, ce qui fait que ça casse complètement le sens de de cette chanson qui raconte la répression des homos à l'époque.
- Speaker #2
Alors, est-ce qu'il y a des prestations marquantes qui vous évoquent la communauté LGBTQIA+, au sein de la communauté ? sein de l'Eurovision dont vous aimeriez qu'on parle ce soir.
- Speaker #4
Alors oui, moi je trouve que, je ne sais pas si je spoil chronologiquement, enfin ce n'est pas la chronologie, moi je trouve qu'en tout cas dans la période récente, il y a 15-20 ans on va dire, si on remonte à 15-20 ans, c'est Conchita Wurst, je trouve que c'était quand même Rise Like a Phoenix, là il s'est passé quelque chose, c'est-à-dire que... Pour le triche, il s'est même passé quelque chose, alors d'abord, écoutons cet extrait, et on en parle juste après.
- Speaker #2
C'est un point de bascule pour l'Eurovision.
- Speaker #4
C'est un point de bascule. C'est vraiment un point de bascule. Déjà, la scène est sublime en 2014. La mise en scène est très belle. Et puis, je trouve que cette performance, déjà, elle chante extrêmement bien. La musique est très bien produite. Et en fait, pour moi, il se passe vraiment quelque chose. Il y a une déconnexion entre ce que disent les élites politiques de l'Est de l'Europe et le vote du public. parce qu'en fait, Kouchita, elle a marqué 8 ou 10 points en Russie. Elle a marqué 7, 8, 10, 12 points dans les pays de l'Est. C'est-à-dire que les gens qui ont regardé l'Eurovision dans les pays de l'Est, ils ont voté point. pour elle. Et on ne peut pas voter contre, souvenez-vous, l'Eurovision. En fait, en votant, ils ont payé pour voter pour Conchita Wurst. Donc, voilà, il y a ce que disent les dirigeants politiques, parce que, si vous vous souvenez, Vladimir Poutine à l'époque et puis d'autres, on dit c'est quoi ce fric chaud, c'est quoi cette décadence de la femme à barbe, c'est quoi cette décadence de l'Europe occidentale. Bref, tous les trucs qu'on entend encore aujourd'hui. Oui, mais sauf qu'en fait, le peuple a voté et le peuple a massivement soutenu, y compris à l'Est, a massivement soutenu Conchita Wurst. Donc là, il y a un point de bascule.
- Speaker #3
Après, moi, je me rappelle très bien du décriement qu'il y a eu post ça, en fait, en disant genre de toute manière, c'est un personnage qui a été créé pour l'Eurovision parce qu'avant, il avait fait partie d'un boys band, je ne sais quoi et tout machin. Donc, en fait, il s'est cherché et en fait, il a fait ça exprès pour l'Eurovision, pour marquer des points, pour avoir. C'était vraiment les discours un peu dégueulasses qui sont qui sont ensuite passés derrière.
- Speaker #2
alors moi je vais vous donner mon point de vue c'est le moment où adolescent je ne suivais plus du tout l'Eurovision et où moi Moi-même, je me cherchais en tant que... Enfin, c'est pas que je me cherchais du tout, mais en tout cas, j'avais énormément de mal à assumer mon homosexualité à ce moment-là. C'était très, très dur pour moi. Et évidemment, cette prestation fait parler de l'Eurovision. Et en fait, cette prestation, on en parle beaucoup dans les médias, même avant l'Eurovision. Et je me souviens regarder d'un coin de l'œil les reportages dans les JT. en moi-même conspuant le fait « Ah putain, une femme à barbe, mais vraiment, c'est abusé, c'est cliché au possible, c'est vraiment renvoyer encore une image de l'homosexualité qui n'est pas celle à laquelle j'essaye de survivre finalement, qui est tout ce sur quoi j'essaye de me battre à ce moment-là contre. » Et puis en fait, on parle... De ça, sauf de la chanson, je découvre la chanson et là, en fait, je me dis « Waouh ! » Qu'est-ce qui est en train de se passer ? Quelle est la force de ces gens ? Comment ils arrivent à se réveiller le matin, à prendre autant de coups ? à assumer autant d'horreur de la part du monde entier et d'être là, debout, de chanter parfaitement, sans fausse note, devant tout le monde en direct et de montrer qu'en fait, je suis là et je suis vivant. Et à partir de là, je me suis réintéressé au concours. J'ai redécouvert ce qu'était l'Eurovision des années 2010. Je pense que je ne suis pas le seul à ce moment-là avoir d'ailleurs la délégation française on en a déjà parlé a eu le même effet mais il y a une vraie transformation du concours qui s'opère à ce moment là et de facto une appropriation culturelle démultipliée qui se fait par la communauté LGBT parce que même si jusqu'à présent en fait il y a eu de nombreuses figures et on va en faire quelques années même Dana International et tout ça ça n'a pas transformé l'essai quelque part Là, clairement, ça a transformé l'essai. Et je me pose la question, je ne suis pas sûr, peut-être que vous l'avez, vous, autour de la table, je pense qu'à partir de ce moment-là, on a commencé à avoir des rainbow flags à l'émission.
- Speaker #0
Fabien ? Peut-être qu'on en a vu un petit peu avant des Rainbow Flags, mais en tout cas, je trouve ton témoignage intéressant, Thomas, parce qu'effectivement, quand la visibilité, parce que c'est souvent ça, la visibilité LGBT à l'Eurovision est décriée, ce qui est plus intéressant peut-être à analyser, ce n'est pas tant l'artiste en lui-même, en elle-même, ce qui est proposé, que pourquoi est-ce que... que ça crée des réactions comme ça, alors qu'il s'agit d'une personne qui chante sur scène. Qu'est-ce qui fait qu'il y a une crispation ? Et donc après, les explications, ça peut être plein de choses. Ça peut être une forme d'homophobie intériorisée, une forme de... Non, mais quand je parle, par exemple, dans l'exemple de Thomas, il y a cette idée de donner une bonne image. Et ça, c'est quelque chose. Et là, on est dans cette période du mois des fiertés où c'est ça, il faut donner une bonne image. Je pense qu'avec Conchita Wurst apparaît aussi l'idée d'une artiste qui présente son orientation sexuelle ou son identité, comme avec une dimension politique assumée. Et des artistes qui ensuite ont, comme Kanchita Wurst, était ambassadrice au niveau du Parlement européen qui avait une voix qui portait, même Ban Ki-moon à l'époque avait salué la manière dont elle s'exprimait et les messages qu'elle faisait passer et c'est ça, c'est vraiment les identités queer comme des identités politiques qui apparaissent avec Conchita Wurst à mon sens
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'était quand même je ne m'intéressais pas du tout à l'Eurovision mais je me rappelle que ça m'avait vachement marqué parce que malgré tout rien que visuellement c'était Merci. un homme qui se présentait avec son personnage femme des cheveux longs et une barbe. Et c'était ça qui emmerdait la plupart des gens. Moi, c'est ça que j'ai trouvé extraordinaire et comme si c'était normal. Et ça peut l'être. C'est ça qui était génial. Dans ce truc tellement assumé et à chanter avec une voix d'homme, parce qu'il y a ça aussi.
- Speaker #2
Et puis, il a déchiré cette prestation.
- Speaker #3
Oh, mais cette taille de quête ! C'était incroyable.
- Speaker #1
tout était génial et je pense que ça rebondit sur ce que vous disiez tout à l'heure, il fallait pas se planter. Tu fais ça, putain, fallait pas se planter. Et bordel, elle s'est pas plantée. C'est magistral, c'est une masterpiece ce morceau.
- Speaker #4
Et en fait, c'est ça, parce que tu vois, en 2002, on sait que le trio drag à l'Eurovision a représenté la Slovénie à Tallinn. C'est la première fois qu'il y a des drag queens qui se présentent sur scène à l'Eurovision.
- Speaker #3
Et ça n'a pas du tout... C'était une chanson blague avec un truc, elles étaient déguisées en doté de l'air machin et ça restait après ça restait une chanson très consensuel qui paraît d'abner la stade où la priscille a fallu désert un petit peu c'est mon ex on est quand même exprès c'est politique comme on est un extrait ouais non
- Speaker #5
bon ça ça si car
- Speaker #4
Elles font au test de l'air
- Speaker #2
Et puis n'oublions pas Comme le dit si bien Vincent régulièrement C'est un concours de chansons Et là en fait Rise Like a Phoenix C'était indépendamment du personnage de Conchita Wurst C'était une putain de bonne chanson C'est à dire que Ça chante bien, la mise en scène est canon C'est à dire indépendamment du personnage Tu mets même quelqu'un de lambda, enfin lambda, en tout cas non grimé, en femme à barbe, je pense que ça pouvait gagner cette année. C'est-à-dire que c'est super. Oui,
- Speaker #3
mais là où Agathe a raison, c'est vrai qu'il ne fallait pas se planter, c'est sûr et certain. Mais c'est vrai que le produit était de qualité parce que jusqu'à... Ah non, pardon, excusez-moi.
- Speaker #2
Il y a un molly de J.R.R. Je viens d'avoir un flammeau.
- Speaker #1
Je me permets de citer ton livre, Fabien. Et donc, il y a un des artistes, donc Félix alias Daphne, qui dit qu'on n'a pas répondu aux haters. qui raconte ça dans le podcast Eurovision Legends en 2020. Donc bien après. Maintenant, on réalise quelle révolution ça a été en Slovénie à l'époque. Les gens aimaient notre chanson, mais pas nos tenues. Cependant, ils ont changé d'avis en quelques semaines. Et après, tout le monde voulait être pris en photo avec nous. On avait l'impression d'être Madonna. On était au centre de l'attention. C'était un gros défi pour nous, mais on l'a fait. Si on me demandait de le refaire, ce ne serait pas possible. Ça demande tellement d'énergie. Et je trouve que ces phrases-là sont importantes. Malgré tout, il y a eu un putain d'engouement.
- Speaker #3
mais si sur Surtout qu'en fait, ça a été terrible. C'était à la Slovénie, on est d'accord ? Oui. C'était terrible là-bas parce qu'en plus, ils ont interdit la Pride. Enfin, genre, c'était ultra polissé. C'était horrible, en vrai. Et donc, du coup, oui, je pense que ça faisait chier aussi les organisateurs. On n'en a pas parlé, mais Kunj Tavurs, quand même, qui représente l'Autriche. L'Autriche, en 2014, pardon, c'était pas non plus de place to be pour les homosexuels, quoi. donc ah si quand même
- Speaker #0
C'est vrai que la Slovénie, au moment où les sestrés ont représenté le pays, jouait sa candidature pour intégrer l'Union Européenne. Et c'est remonté d'ailleurs les polémiques, puisqu'il y a eu des manifestations contre elle dans la rue. C'est remonté jusqu'au Parlement Européen avec la... la représentante de la commission sur les droits humains ou à l'égalité homme-femme, je ne sais plus quelle est la dénomination, a dit, pour schématiser, si la Slovénie veut intégrer l'Union européenne, il ne faut pas qu'il y ait de... de problèmes avec l'homosexuel.
- Speaker #2
Il faut accepter les valeurs qu'on a avec.
- Speaker #3
En vrai, pour revenir sur mon propos, j'allais dire que les chansons homosexuelles n'étaient que des chansons blagues, parce que je pensais du coup à Sestre, je pensais à Verka, évidemment, mais en vrai, j'allais oublier La Petite Serbe, évidemment, n'est-ce pas, Quentin ?
- Speaker #2
Absolument. Mais en même temps, on est dans une zone grise, c'est-à-dire que... Je m'écris La Petite Serbe, d'une part. Marina.
- Speaker #0
Maria Serifovitch.
- Speaker #3
On va écouter un petit extrait, comme ça, c'est fait.
- Speaker #5
Je ne sais pas si vous le savez, mais je suis en train de faire une vidéo sur le sujet. Je vais vous montrer comment je fais.
- Speaker #4
Mais alors, tu vois, moi, pour le commun des mortels, c'est beaucoup moins connoté gay que comme tabou.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #2
Vincent, c'est ça,
- Speaker #3
c'est la zone grise. Moi, je ne suis pas zone grise parce qu'en fait, vraiment, ça se voit. La coupe du veldop est fait mouillée, en costard, etc. Alors qu'en fait, à l'époque, elle n'était pas habillée comme ça, de base. Et finalement, la finale, elle est habillée en costard. Derrière. T'as les espèces de nanas avec leur brushing drôle de dame qui font du air sexe avec du elbow sexe.
- Speaker #2
La machin elle se touche les mains et c'est incroyable. Je comprends ce que tu veux dire et moi aussi je l'ai vu comme ça en 2008, mais parce qu'on avait une sensibilité sur la question.
- Speaker #3
Peut-être qu'on était des hommes qui aimaient leur maman.
- Speaker #2
160 millions de téléspectateurs, les gens lambda se sont dit « Ah bah c'est une belle balade, ça serait l'occasion d'une belle balade » . Je ne suis pas sûr qu'ils aient vu, qu'ils aient compris tous les signaux faibles. pour nous sont très criards et très parlants. Pour moi, ça évoque beaucoup moins que Conchi Tavours, qui est un marqueur d'Abelizé.
- Speaker #0
Si je vous demande toute la question, effectivement, des perceptions, parce qu'en Serbie, effectivement, c'était pas le trait le plus marquant. La Serbie était justement, à travers cette victoire, heureuse de revenir dans le concert international, après avoir été épudiée, après avoir mené toutes les guerres qui ont été lancées depuis la Serbie.
- Speaker #3
mais le royaume
- Speaker #0
Au Royaume-Uni, il y a une journaliste du Guardian que je cite dans le livre qui parle justement de cette dimension butch, lesbienne, etc. Mais sauf que ce qui apparaissait évident, par exemple au Royaume-Uni en France, en Serbie, c'était plus cryptique, même si elle était entourée. Je crois que ces choristes avaient pris le nom des Beauty Girls. Pas, pas, pas. Hyper sexualisées, enfin quelque chose d'un peu plus…
- Speaker #2
On aurait dit les méchantes, on dirait les Jazzbound Girls méchantes.
- Speaker #3
Ah oui !
- Speaker #2
Dans GoldenEye. Période.
- Speaker #3
dans les années 90 avec Pierce Brosnan non mais cela dit je reviens là dessus parce qu'en fait c'est une proposition queer sérieuse et pas une proposition queer blague Comme a pu faire Verkas et Dujka, dont je viens de massacrer le nom. Et les sestres, pour le coup, c'était quelque chose de plus...
- Speaker #2
C'était le côté moins évident. Et je pense que le grand public n'a pas forcément compris.
- Speaker #3
Le grand public est...
- Speaker #2
Mais non, parce qu'elle a gagné. Et d'ailleurs, justement, l'année suivante, c'est organisé en Serbie. Et c'est là où, à mon avis, elle a été finaude. Marga ou finaude, j'aime bien ce mot. Parce qu'au numéro d'ouverture pour la première demi-finale, elle arrive habillée en moitié mariée homme, moitié mariée femme. Donc, c'est-à-dire que là, on n'a plus de doute. En tout cas, elle a assumé au bout d'un an, en fait, elle a assumé son statut de fer de lance des questions LGBT contre vents et marées en Serbie, à ce moment-là, et encore aujourd'hui d'ailleurs. Mais ça a duré 30 secondes, le numéro d'ouverture.
- Speaker #3
Tout le monde l'avait vu garer son semi-remorque et poser son piquant bière avec son bracelet de force. Tout va bien.
- Speaker #1
Mais nous ne faisons pas du tout dans les clichés.
- Speaker #2
Non !
- Speaker #3
Et comme l'a chanté Jane Birkin, Ouh les goudous, les goudous, les goudous,
- Speaker #5
Ouh les goudous,
- Speaker #3
les goudous, Il faut des phrases mascus, je vous ai dit, il faut des phrases mascus, il ne faut pas les perdre dans cet épisode-là, c'est impossible. Les hétéros,
- Speaker #2
restez avec nous.
- Speaker #0
Les hétéros, bravo les lesbiennes. Voilà,
- Speaker #1
bravo les lesbiennes plutôt. D'ailleurs, y a-t-il des hétérosexuels qui nous écoutent ? Moi, j'ai donné mon numéro plusieurs fois.
- Speaker #3
Ben, et on t'a appelé ?
- Speaker #1
Ben non.
- Speaker #3
Ben alors non.
- Speaker #1
On m'appelle de la... Tu le comprends, on s'en fout. Y a mon numéro au kit qu'ils prennent. Et j'ai régulièrement des messages. Salut, des photos et tout.
- Speaker #2
Y a un message Agathe avec un numéro. Y a
- Speaker #1
Agathe avec un numéro.
- Speaker #2
Y a pas de message.
- Speaker #0
C'est ma braque.
- Speaker #1
Laisse-moi.
- Speaker #2
Viens.
- Speaker #0
En tout cas,
- Speaker #1
s'il y a des hétérosexuels qui nous écoutent, je suis toujours célibataire.
- Speaker #2
Mais seulement s'ils vont bien. Oui,
- Speaker #3
seulement s'ils vont bien.
- Speaker #1
Et je crois qu'ils ne vont pas bien. C'est pour ça que je suis célibataire.
- Speaker #0
S'ils écoutent le podcast, c'est qu'ils vont bien. S'ils suivent leur opinion,
- Speaker #2
c'est qu'ils vont bien.
- Speaker #3
Parce que ça veut dire que c'est des hétérosexuels qui savent faire la fête. Parce qu'en vrai, on n'a pas évoqué ce truc-là, mais heureusement qu'on n'a pas gagné l'Eurovision cette année. Je vous le dis tout de suite, parce que sinon, on serait descendus dans la rue, nous aussi.
- Speaker #2
Les chansons d'Élysée ?
- Speaker #3
Comme au football, on y serait allés. Bon, c'est sûr, on n'aurait pas brisé les vitrines parce qu'on se serait regardés dedans. Ça va, t'as rien. On se serait regardés dedans, ça serait certain.
- Speaker #2
On aurait renoncé des pavés.
- Speaker #3
On n'aurait pas écrit des tags « Nique la police » , on aurait fait des arcs-en-ciel et des caca-paillettes. Mais voilà, nous aussi Ça va,
- Speaker #1
t'as déjà une après-midi par an calme toi !
- Speaker #3
Oh pardon, excuse-moi, on parle pas de la journée de la femme, alors c'est pour ça que tu t'énerves ?
- Speaker #2
On prend 50% sur les soutiens-gorge !
- Speaker #3
Ça devrait aller quand même, Victoria Secret !
- Speaker #4
Non mais ce qui est certain, c'est que l'Eurovision permet aussi de faire bouger les codes dans les pays qui vont assumer les représentations LGBTQIA+, de manière forte sur cette scène, et la France, typiquement, en 2019 Avec Bilal Hassani, secoue la médiasphère française.
- Speaker #3
Ça a été une catastrophe au niveau de ma grand-mère, en tout cas je vous le dis tout de suite.
- Speaker #4
On écoute un extrait.
- Speaker #5
I can't see my kingdom now Quand je rêve, je suis dans l'ouest Quand je rêve, je suis dans l'ouest Not only a child of shining pure of sight I can't see my kingdom now Quand je rêve, je suis dans l'ouest They know, they even know You take too much time You cannot break me now Qu'est-ce qu'on fait ?
- Speaker #4
Qu'est-ce qu'on cherche à faire lorsqu'on envoie Bilal Hassani sur la scène de l'Eurovision ?
- Speaker #3
Alors, on ne cherche rien à faire parce qu'il sort quand même d'un concours de sélection qui a été validé par les Français.
- Speaker #0
Il a gagné la destination Eurovision.
- Speaker #3
Face à Emmanuel Moir et Chimène Badi.
- Speaker #0
Oui, et face à Simone, je crois, si je ne dis pas de bêtises. Tout à fait,
- Speaker #3
qui a fini deuxième.
- Speaker #0
Elle a fini deuxième et qui était première des votes des jurys internationaux. Peut-être que ça pouvait indiquer le fait que ça passerait moins bien côté... Côté jury, côté Eurovision, c'est vrai que dans une sélection nationale, il vaut mieux être soutenu par le jury international et le public. Bref, c'est vrai que peut-être la seule réserve que j'ai sur la candidature de Bilal Hassani en 2010... c'est que finalement la chanson s'appelle Roi alors que ça devrait être Reine, quand je rêve je suis une reine et ce qui me semble être peut-être beaucoup plus collé à son identité queer à tout ce qu'il a ce qu'il ou elle, puisque c'est une chanson qui a été écrite par la suite. Moi, c'est il ou elle. Cette chose sur les pronoms. Mais c'est vrai qu'il y a eu la victoire dans Destination Eurovision et notamment en partie expliquée par le vote massif du public puisque grosse communauté de fans me suivaient sur YouTube et qui se sont mobilisés pour ce moment-là. Et Bilal accomplit son rêve d'aller à l'Eurovision. D'ailleurs, quand il a participé à The Voice Kids, qui est une des émissions qui l'a... a révélé. Il a chanté première audition à l'aveugle Rise Like a Phoenix de Conchita Wurst.
- Speaker #4
Mais tu vois, moi, je questionne sa volonté aujourd'hui de défendre l'Eurovision, en tout cas son comté fer de lance. Là où, par exemple, Conchita Wurst, tous les ans, elle est présente sur les scènes de l'Eurovision, elle revendique l'Eurovision. Il fait encore partie de cette classe d'artistes français qui, une fois qu'ils descendent les escaliers de la Seine, eh bien, refuse d'en reparler.
- Speaker #0
On le voit dans Fire Saga. Oui, non,
- Speaker #3
c'est pas vraiment, enfin, je veux dire, peut-être qu'il n'a pas la parole, peut-être qu'on ne l'invite pas non plus, peut-être que la délégation française ne l'invite pas non plus à venir, à venir, ou même la délégation de l'UER ne l'invite pas non plus, parce que du fait de son score, parce que tout ça, en fait.
- Speaker #2
Oui, mais en moins, sur les réseaux sociaux,
- Speaker #4
il n'en parle pas.
- Speaker #3
Mais c'est pas vrai, c'est pas vrai, parce qu'en fait, tous les ans depuis qu'il a gagné, et même avant qu'il participe à l'Eurovision, Il faisait le rapport Et il décritait toutes les chansons Celles qu'il aimait moins, celle qui le mêle plus. Il faisait des bops ou flops comme nous, en fait, on fait dans ce podcast. Et il les fait toujours encore cette année. Il a encore fait cette année.
- Speaker #2
Je pense que ce qui joue sur le fait qu'on ne le voit pas médiatiquement dans les médias, c'est son score qui a été plutôt moyen, moyen-moins.
- Speaker #0
C'est vrai que j'aurais pu m'attendre à le voir davantage, à inviter aux Euroclubs, par exemple. Les Euroclubs, c'est géré par, généralement, les clubs au GAE du pays organisateur, qui invitent des anciens artistes. Là, à Bâle, on a vu la représentante de la Zavaritjan en 2021. Il y a eu quand même pas mal de monde qui est passé, pas forcément des gagnants. Et je pense que Bilal pourrait avoir tout à fait sa place. Mais je crois que je lui avais posé la question il y a deux ans, je crois, quand il sortait un EP. justement à la période des Pride, où il me disait que ce n'était pas forcément le fait d'aller chanter, de revenir à l'Eurovision pour des intervalles actes ou des Euroclubs, le truc qui le motivait le plus. ça peut changer avec le temps mais c'est vrai que pour le coup pour quelqu'un qui est aussi fan de l'Eurovision je me serais attendu à le revoir beaucoup plus régulièrement après.
- Speaker #4
C'est là que je reviens sur la force de ces artistes à assurer se produire sur cette scène qui est une caisse de résonance incroyable à l'échelle internationale et quand il va avec un personnage comme a pu le faire conchi ta bourse parce que nous on le voit de notre prisme bilal assani en france et tout tout tout l'enfer qui qui qui la vache hier malgré le grand soutien de france télévisions vraiment et même de tf1 parce qu'il a participé à d'alsocime mais en tout cas des médias, il s'en prend et il continue de s'en prendre plein la gueule. une con de Cheetah Wurst, j'imagine d'un international. Enfin, le concours, c'est cette bulle, en fait, qui permet aussi à la communauté LGBTQIA+, de se sentir bien un instant, et qui le revendique, et qui le soutient, et qui du coup, effet boule de neige, ben, on est soutenu par une communauté, on présente des artistes qui plaisent à cette communauté, et de fil en aiguille, comme on sait que c'est elle qui célèbre aussi dans la joie, la musique et la fête, et qu'on est là pour célébrer la joie, la musique et la fête, mais de fil en aiguille, on se développe. Je te vois pincer les lèvres,
- Speaker #3
Vincent. Ouais, parce qu'on a eu quand même, rappelez-vous, à Malmeux, on a eu quand même des témoignages de Nemo, de Bambi Thug, de choses comme ça, en fait, qui étaient attaqués sur leur non-binarité aussi, par une élégation qu'on ne nommera pas, mais voilà, enfin, je veux dire, il y a quand même des choses où, en fait, aujourd'hui, ce n'est pas non plus une bulle de safe place aussi, comme on pourrait l'attendre, vraiment.
- Speaker #0
Il y a eu des coups de pression, effectivement, et Et c'est vrai que, et d'ailleurs, au-delà de la non-binarité, par les prises de position des lettres ouvertes qui ont été signées, et c'est remonté au sein des délégations, je pense qu'il y a des choses qui vont changer.
- Speaker #3
On l'espère, on l'espère.
- Speaker #0
C'est effectivement à espérer. Mais c'est vrai que, malgré tout, pour le public de l'Eurovision, je ne sais pas si ça vous a fait ça aussi à Bâle, par exemple, ou à Turin, aux éditions auxquelles... vous avez assisté, mais voilà, il y a quand même cette idée d'être effectivement dans une bulle, un peu comme si c'était une pride où on peut être soi-même sans se sentir jugé, sans savoir à retenir un geste qui pourrait être efféminé, mal perçu, etc. Je pense qu'il y a vraiment ce côté safe place pour le public.
- Speaker #3
Quand j'ai vu Quentin faire le poirier et la culotte sur la tête, je me suis dit, il est à l'aise, il est à l'aise.
- Speaker #1
Moi j'adore parce que j'ai l'impression d'être ch... chez moi comme d'habitude. Voilà, moi, en bonne fag-hag, c'est vrai qu'à l'Eurovision, je me dis...
- Speaker #3
Qu'à la maison !
- Speaker #1
Je sais pas, je me sens bien fun with flags.
- Speaker #4
Et parlons-en des flags, justement, parce qu'en fait, il y a un changement qui est en train de s'opérer aujourd'hui au sein de l'Eurovision. Au-delà des artistes qui viennent revendiquer eux-mêmes leur propre identité, on s'est rendu compte au fur et à mesure des années et ce, depuis les dix dernières, que maintenant on brandissait fièrement le drapeau LGBTQIA+, Arc-en-Ciel, le Rainbow Flag et les grandes stars de la pop le font, Lady Gaga le fait, au-delà de l'Eurovision, c'est vraiment aujourd'hui une communauté dont on sait qu'ils célèbrent la joie et la fête et donc à l'Eurovision, les artistes quand ils viennent à la flag parade, et on l'a notamment vu avec Marco Mangoni sur cette entrée sur scène, qui a arboré et qui a brandi fièrement ce drapeau rainbow, en soutien aussi à la communauté. Eh bien, en 2025, l'UER décide, par économie et fainéantise politique, de s'épargner des questions de gestion géopolitique du drapeau palestinien. Ça nous fait chier de trier les drapeaux qu'on interdit ou qu'on n'interdit pas. Donc, du coup, on interdit tout. Et là, en fait, on rentre dans une censure et dans... et dans quelque chose qui, moi, me déplaît profondément aujourd'hui dans la gestion du concours par l'UER et son équipe de direction, qui est de dire que le concours, pour moi, prend une direction... hasardeuse.
- Speaker #0
Oui, mais après, il y a aussi comment est-ce qu'on contourne le règlement. Et l'Italien Gabri Ponte, qui représentait Saint-Marin et qui n'avait donc pas le droit de brandir le drapeau italien, il a débarqué habillé avec un pantalon rouge, une peste verte et un t-shirt blanc, si je me souviens bien.
- Speaker #3
Et toute l'Italia, toute l'Italia.
- Speaker #0
Et donc, il représentait l'Italie. Voilà, il a réussi à évoquer l'Italie à travers ça. Moi, je ne sais pas dans quelle mesure est-ce qu'un artiste ou une artiste qui serait venu arriver avec, par exemple, les couleurs du drapeau palestinien ou de l'Ukraine ou avec un motif arc-en-ciel aurait été rejeté de la scène, puisque là, on est dans le symbolique, dans l'allusion.
- Speaker #2
Mais là, ce que tu dis, Thomas, est très juste. On ne va pas revenir écouter le débrief sur le débrief de l'Eurovision 2025. C'est qu'en fait, clairement, il y a eu un non-choix. de l'UER, et le non-choix ça a été on interdit tout sauf les drapeaux nationaux et des pays participants, et vous n'avez pas le droit de prendre un autre drapeau que votre pays participant, et on sait très bien ils l'ont pas dit mais on comprend, on est pas débiles que c'est juste pour éviter qu'il y ait des drapeaux palestiniens sur la scène, et donc comme ça pour éviter de cibler en disant, bah tiens on va interdire que ce drapeau, on interdit tout sauf les pays des drapeaux participants, par contre dans le public, et on en a vu beaucoup, d'ailleurs à la télévision et les caméras, c'est pour ça que je suis très mitigée. Il y a l'UER. Et puis, il y a le télédiffuseur suisse qui, lui, par contre, a bien zoomé, mais alors de manière évidente, sur les drapeaux LGBTQIA+, sur les drapeaux d'étranges genres. Enfin, c'est vraiment, c'était, visuellement, c'était pas hasardeux. On sent qu'ils ont dit, caméra 4, vas-y, t'as deux secondes et on va le voir et on va voir quelqu'un secouer le drapeau LGBTQIA+. Donc, je suis très partagé entre l'UR d'un côté et après le télédiffuseur suisse qui, lui, a pour le coup plutôt fait son boulot et plutôt bien fait dans ce qu'il pouvait faire.
- Speaker #0
Et l'UER qui, je crois, je ne sais plus si c'était le lendemain ou la semaine d'après, a publié sur Instagram un carousel de photos. Et la première photo, c'était Sénith, ancienne candidate pour Saint-Marin, qui a annoncé les points de Saint-Marin. Oui, parfait. Donc, qui posait avec le drapeau arc-en-ciel. Et puis, bien sûr, les internautes ne se sont pas modérés pour aller dire, voilà, un peu votre hypocrisie. C'était le drapeau interdit. Donc là, elle a le droit. Bon, mais effectivement. Cette interdiction des drapeaux, ce n'était pas pour invisibiliser le drapeau arc-en-ciel ou le drapeau de la communauté trans ou non-binaire, mais c'était simplement pour ne pas se poser le problème du drapeau palestinien. Et alors,
- Speaker #4
avant de passer à la dernière question qui, à mon avis, va soulever des débats autour de cette représentation et de cette émission Eurovision LGBTQIA+. Alors, si vous avez des prestations, vous voulez qu'on parle, on en parle. Je crois que Quentin a une petite chronique pour nous. Oulala !
- Speaker #3
Il y en a pour 8h30. Française, français,
- Speaker #2
préfère pour pas prier. Agathe, Thomas, Vincent, Fabien. Bienvenue à l'Eurovision, ce concours de chansons devenu temple refuge des LGBTQIA+. Chaque année, des nations s'affrontent à coup de modulation vocale pas toujours juste. et de concours lépine des scénographies les plus improbables des unes comme les autres. Mais parfois, derrière les boules disco et les paillettes, se cache une stratégie un poil moins glorieuse, elle famoso Pinkwashing. J'entends déjà Godefroy du Montmirail s'exclamer. « On s'est tiré le lit ! » Alors Godefroy, le Pinkwashing à l'Eurovision, c'est simple. C'est quand un État se repeint en rose pour détourner l'attention sur ses politiques internes pas toujours très reluisantes envers la communauté LGBTQIA+, en mode. Regardez comme on est au neveu d'esprit, on envoie une chanteuse lesbienne, donc ne tenez pas compte du fait que nous réprimons violemment la Pride en tirant un bout portant sur les manifestants. XOXO ! Poucou la Serbie, on vous voit. Et gros bisous à Maria Serifovic, qui a gagné le concours en 2008 avec sa chanson Molitva dans un pays qui, il y a encore deux ans, a interdit l'Euro Pride et la Belgrade Pride a de multiples reprises depuis une dizaine d'années.
- Speaker #3
Madame et Serbie !
- Speaker #2
Exactement ! J'en arrive à un point particulièrement clivant, slash crispant, slash, pour ne pas dire politiquement sensible, ce sont très souvent, pour ne pas dire exclusivement, les pays démocratiquement douteux, voire autoritaires, voire dictatoriaux, qui ont recours le plus à cette stratégie du pickwashing. J'ai dit bizarre, bizarre, comme si c'était grand-signe.
- Speaker #5
J'ai dit bizarre, bizarre. J'ai dit bizarre, bizarre. Comme c'est bizarre.
- Speaker #2
Comme c'est bizarre. Alors,
- Speaker #3
ce n'était pas la version de Juliette Binoche.
- Speaker #2
Non. Alors, vous l'aurez compris, l'autre objectif de Peacwashing est également d'améliorer l'image extérieure du pays auprès du grand public européen pour que le soft power fonctionne et que le citoyen européen moyen ait une image progressiste du pays en question. Et à ce petit jeu, la Russie, l'Azerbaïdjan, Ou encore Israël, liste non exhaustive, sont les champions d'Europe toute catégorie.
- Speaker #5
On a encore une belle brochette de vainqueur.
- Speaker #2
Alors... Si quoi de ça ? J'ai trouvé des sources improbables.
- Speaker #3
C'est un mauvais doublage français d'un truc américain,
- Speaker #2
non ? Un truc japonais. Je suis allé dans les tréfonds d'internet pour trouver... Arrêtons-nous un instant moins drôle sur le cas d'Israël qui, en plus de faire du pic washi-gagogo... Souvent, ce dernier vient accompagner de son cousin encore plus sournois, l'homo-nationalisme. Très rapidement, ça consiste pour Israël à se présenter comme un pays fer de lance de la communauté LGBTQIA+, un pays modèle notamment en se différenciant de ses états voisins, pour l'essentiel des états arabes, qui seraient totalement, je cite, « arriérés, homophobes, sauvages, barbares avec les LGBTQIA+. » Ou comment instrumentaliser la cause LGBTQIA+, pour renforcer le racisme et la xénophobie de sa population vis-à-vis de ses voisins. L'homonationalisme, c'est ça. Mais alors, dans tout ce marasme et ces instrumentalisations qui dénaturent l'esprit love-love-peace-peace de l'Eurovision, que faire, hein, Lara Fabian ? Que doit-on faire ? Comme tu le dis si bien, Lara, doit-on partir de l'Eurovision ? Doit-on rester à l'Eurovision ou bien se rendre à l'évidence ? Comme souvent, Dominique de Villepin a la réponse.
- Speaker #0
J'écoute ceux qui manifestent,
- Speaker #1
mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas.
- Speaker #0
Ah bah on est sauvés !
- Speaker #2
On est sauvés !
- Speaker #1
Alors, faut-il boycotter l'Eurovision ? Bien sûr que non. Faut-il être vigilant ? Toujours. Le pickwashing c'est donc... donc un peu comme le maquillage. Un peu de fard à paupières et de gloss, ça passe. Mais trop de contouring et de fentein pour camoufler les traits d'un régime autoritaire LGBTQIAphobe, c'est trop. Alors restons sur nos gardes et l'année prochaine, quand nous entendrons un couplet à la gloire de l'amour pour toutes et tous, posons-nous la question. Est-ce que ce pays qui chante les louanges des LGBTQIA+, accepte et intègre réellement les gays dans son pays, ou est-ce qu'il n'aime que l'image progressiste que cela renvoie de lui sur la scène internationale ? Vous avez 3 minutes. Mais pour se quitter sur une note beaucoup plus positive, mettons de côté le washing du pinkwashing. Et écoutons tout simplement l'allié qu'est la fabuleuse chanteuse Pink.
- Speaker #0
Bravo !
- Speaker #1
Et bravo sur... Bravo Pink !
- Speaker #3
Attends, attends, bravo Pink, oui,
- Speaker #4
mais bien mieux que Deville Pain.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #3
c'est sûr, mais juste pour rebondir, il y a quand même des pays, pour ne pas le nommer, pour le nommer carrément, la Turquie, qui est partie de l'Eurovision et qui l'a complètement suivi, genre, c'est trop gay, on se casse ! C'était clair et net !
- Speaker #5
La Turquie, la Hongrie, la Bulgarie... On s'en va ! C'est pour ça que, mine de rien, l'UE... on ne peut pas lui enlever ça, c'est qu'il n'y a pas eu de côté à transiger, à dire pour garder ces pays dans le giron de l'Eurovision, on va essayer de revoir les règles pour que…
- Speaker #3
À mon avis, le chèque de la Copé-Tarive n'était pas si…
- Speaker #2
Non,
- Speaker #5
mais c'est… Bien sûr, il y a ça.
- Speaker #2
Oui, ce qu'on aime à l'Eurovision, c'est aussi se dire qu'on peut être, à ce moment-là, vous avez raison, dans cette bulle… d'être fier de qui on est, d'enfiler des paillettes, de chanter à tue-tête, de bouger nos cheveux.
- Speaker #4
Enfiler des paillettes !
- Speaker #2
Non, mais c'est vrai, moi, tu vois...
- Speaker #3
Il n'y a pas qui l'appelle ses mecs.
- Speaker #2
Moi, il y a un truc aujourd'hui, à travers l'Eurovision, où je me sens mieux dans ma peau depuis que je fais ce podcast, parce que j'ai trouvé un truc qui me permet d'assumer...
- Speaker #1
Pour les Espagnolades !
- Speaker #2
d'acheter mon homosexualité différemment dans mon monde du travail dans mon quotidien avec mes amis de trouver quelque chose qui certes est plein de clichés mais qui aussi trouve des sujets qui te permettent de ne pas y rester et à l'inverse tu vois de par exemple s'intéresser peut-être à euh Je m'enfonce dans mon argumentaire.
- Speaker #1
Je n'ai pas de question de parler. Oui, voilà, je vais couper là. Sauf si tu as un exemple.
- Speaker #2
Non, mais je pense que tu vois, par exemple, si j'étais, et je vais voir si je le mets ou pas, mais si j'étais fan hardcore de Drag Race, par exemple, je ne suis pas sûr que l'image que je véhiculerais en dehors de mon cercle amical serait aussi positive. que de présenter aujourd'hui le fait que je sois fan de l'Eurovision. Je sais pas ce que tu veux dire. Et ça n'a pas du tout la même...
- Speaker #4
Oui, la même connotation.
- Speaker #2
L'Eurovision n'est pas LGBTQIA+. En fait, c'est ça que je veux dire. C'est-à-dire qu'en fait, elle l'accepte. Et sur les 40 propositions des pays aujourd'hui, en fait, c'est juste dire, vous êtes à un pied d'égalité. Et en fait, on vous accepte et c'est génial. Et venez, on se prend la main et on chante et on danse ensemble. Et en fait, du coup, c'est cette sensation d'acceptation qui, moi, me plaît. Et c'est pas... de la revendication militante, tu vois. Et ça, moi, c'est ce que j'aime dans ce programme.
- Speaker #3
Alors, le problème étant que moi, je trouve que, et c'est très personnel ce que je vais dire, mais je sais que certaines personnes autour de cette table vont me rejoindre, c'est-à-dire qu'en fait, je trouve que cette année, il y a eu un bashing vraiment très manifeste, et je pense que c'est dû à la montée du populisme en Europe. Il y a eu un bashing des propositions queer qui a été... Vraiment très, enfin ça a été très marqué et un truc et donc une plébiscitation des chansons blague et en même temps enfin le gagnant en effet c'est un contre-ténor on ne sait pas ce mec pardon excusez moi on on est ok qu'il est gay enfin voilà je pense Gigi je crois que j'avais caché on n'est pas caché et d'ailleurs on vendicte d'être une voix queer voilà et vous l'avez dit troisième gagnant queer à l'Eurovision c'est ça mais c'est vrai que que faire de cette victoire qu'est ce qu'il va dire voilà
- Speaker #5
Le truc où effectivement, après sa victoire, il a pris position en disant l'an prochain, ce serait bien qu'il n'y ait pas Israël à l'Eurovision. Et il a dû, bien sûr, rétro-pédaler. Je l'ai interviewé à Paris dix jours après cette polémique. On m'a dit une interdiction de poser de questions sur Israël, etc. Donc, j'ai essayé de poser des questions du style est-ce que quand on a gagné l'Eurovision, on a une responsabilité sur ce qu'on dit, sur machin, etc. Qu'est-ce que vous voudriez l'an prochain à l'Eurovision ? J'ai essayé de tourner autour du pot. les seules choses qu'il m'a su me répondre c'était des éléments de langage je suis sûr que l'Autriche arrivera à faire un concours magnifique qui permettra le meilleur spectacle il s'était pré-retoqué par cette dirigeante politique qui a dit très clairement
- Speaker #3
gars a besoin de cours d'histoire, etc.
- Speaker #1
Mais elle vient d'extrême droite, ça l'exclude. En revanche, tu soulèves une question, c'est que il est queer, simplement sa performance et sa chanson ne l'étaient pas. Par contre, lui, dix minutes après, il a dit, je serais très content, dans l'interview collective après la conférence de presse, je serais très content que ça soit à Vienne, parce que mon copain habite à Vienne, donc en mode... Et juste en face de la scène. C'est normal. C'est normal. En fait, mon problème, c'est que là... peut-être en Autriche ou peut-être lui, en tout cas, n'a pas voulu mettre cet élément-là dans sa chanson parce que pour lui, ça n'avait pas de sens de mettre ça. Par contre, il le dit naturellement qu'il voudrait bien que ça soit à Vienne parce que son copain habite de l'autre côté de la rue, de la Seine. Et en fait, je trouve ça super. C'est-à-dire que là, on a passé un cap. Dans le fait, ça devient une discussion, une information naturelle. Et je ne dis pas qu'il ne faut pas, du coup, faire une performance queer. Mais c'est que, bon, on peut gagner l'Eurovision en étant queer, sans le mettre en avant, mais Mais ça marche très bien.
- Speaker #5
On voit qu'effectivement, les prestations queer, comme la Belgique, Red Sebastian et dans la deuxième émission, Adonis, pour la Tchéquie, c'était les deux propositions peut-être les plus queer. Et je pense effectivement que ça a joué un rôle, puisqu'il n'y avait que le public qui décidait. Le Tchèque s'est un peu foiré, il a chanté une partie de sa chanson en retard. Bon bref. Et sur le tableau de Red Sebastian, je ne trouvais pas lisible. Il y avait un côté très travaillé, mais je ne savais pas ce que cette scénographie... avec ce que les rappelements me racontait. Et donc du coup, voilà, j'étais perso complètement perdu, donc je sais pas si j'aurais mis la Belgique très haut dans mon top 10 de demi-final.
- Speaker #3
Mais après, moi pour revenir finalement à ce que tu posais comme question, que tu disais que tu aimais qu'en fait le militantisme n'existe pas à l'Eurovision, en tout cas le militantisme queer, il existe Thomas ? Non,
- Speaker #2
c'est pas ce que je dis,
- Speaker #3
excuse-moi, je me suis trompé.
- Speaker #2
Non, moi j'aime bien que le militantisme existe, et justement, je pose la question aujourd'hui, et tu fais bien d'en parler est-ce que l'Eurovision dans ce rôle-là n'est pas en danger ? Parce qu'on voit que l'Eurovision aujourd'hui cherche à faire autre chose que ce qu'elle est. C'est-à-dire, ils développent une marque, ils font des produits dérivés, ils veulent… Ils ont une escotte ! Il y a des rumeurs à ouvrir le concours au-delà de l'Australie. On sent que l'équipe dirigeante veut inscrire cette marque. et du coup pour inscrire cette marque dans une audience plus globale, délisser les choses le problème c'est qu'ils n'y arriveront jamais mais du coup ça rejoint le fait que je soutiens qu'il y ait des candidatures militantes en revanche ce que j'apprécie dans ce programme et je précise juste ma pensée si je n'ai pas été clair, désolé, c'est que l'Eurovision ne brandit pas le drapeau LGBTQIA+. Elle le soutient, mais elle ne le brandit pas. Ce n'est pas un programme... C'est un programme familial, c'est un programme international, c'est un programme qui se veut d'ouverture d'esprit mais qui n'est pas militant. Et c'est en ça que j'apprécie aujourd'hui ce concours parce que justement, il permet d'avoir une puissance de frappe en termes de véhicules de messages encore plus fortes parce qu'elle permet de s'exprimer sur des territoires un peu plus sensibles à ces questions-là encore aujourd'hui.
- Speaker #4
C'est le seul programme qui est comme ça.
- Speaker #3
Et c'est pour ça que des familles peuvent voir la prestation d'Oli Alexander dans une barbe dégueulasse.
- Speaker #4
Ses parents allaient en parler.
- Speaker #5
Et il a eu zéro point du public.
- Speaker #4
Je pense que c'est con mais le public lambda n'a pas cap... que c'était une backroom nous c'est peut-être parce qu'on a l'oeil et qu'on sait ce qu'est une backroom. Je pense que le public lambda n'a pas capté et bon en même temps c'était quand même très assumé gay mais je me suis dit putain ah ouais ça va loin ouais ouais ça va là ça va loin
- Speaker #1
C'est là où je ne suis pas totalement d'accord avec toi Thomas, c'est que je pense qu'en fait à l'UER... Non, moi je suis un gars. Non, non.
- Speaker #3
Oh la rabasse,
- Speaker #0
par rapport à ça.
- Speaker #1
Pourtant tu as une superbe émotion.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
c'est que je ne sais pas comment dire ça, le formuler très clamment, mais je pense que l'UER en fait est militant sans le dire à bas bruit. C'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas eux prendre position en disant nous sommes un spectacle militant, mais ils sont bien contents que des pays, que des télé-diffuseurs... envoie des trucs. Et ils ne mettent que très peu de limites. Vraiment que très très peu de limites. Il y a eu quelques éléments sur bon, il ne faut peut-être pas montrer son boule pendant trois minutes, ok. Bon,
- Speaker #3
parce qu'Éric Hall a fait cette année.
- Speaker #1
Apparemment, il y a eu des contacts en disant, remettez un petit peu plus de tissu. C'est un show familial. Je ne sais pas à quel point c'est factuel ou autre, mais j'ai l'impression qu'il y a quand même une sorte de tolérance volontaire de l'UER en disant On ne peut pas officiellement dire « nous sommes une institution militante » et d'autant plus que, par contre, la valeur de tolérance, elle est intrinsèquement liée au concours de l'Eurovision et elle est dans la charte de l'UER et de l'Eurovision. Donc de manière indirecte, ils le sont quand même. Je ne sais pas si tu vois, c'est une sorte de zone grise.
- Speaker #5
Pour l'instant, la dimension militante de l'Eurovision, c'est essentiellement de la visibilité. La visibilité, en termes de militantisme, ne peut pas être une fin en soi, puisque ça reste finalement dans une dimension assez performative, puisque une personne est visible et après, c'est qu'est-ce qu'on en fait ? C'est pour ça que quand une Conchita Wurst gagne, est visible, tient ce discours, devient ambassadrice, etc. Il se passe quelque chose, elle fait quelque chose de son identité qui devient une identité politique. Et sur l'aspect, est-ce que l'Eurovision est en danger parce que trop gay ? Eh bien, si l'Eurovision est en danger parce que trop gay, ça veut dire que là, le problème, il est là. Et elle n'est pas en danger parce qu'elle est trop gay ou donne trop de visibilité, mais parce qu'il y a une montée des conservatismes, des populismes, des forces réactionnaires. Et je pense que je terminerai là-dessus sur le fait que l'Eurovision ne sera jamais trop gay ou trop queer, trop lesbien, trop trans, tant que le monde lui-même sera aussi hétéro.
- Speaker #3
Oh là là ! Drop the mic ! Et juste pour rebondir là-dessus, moi, je... Non,
- Speaker #4
tu peux plus,
- Speaker #2
Vincent !
- Speaker #1
Drop the mic !
- Speaker #3
C'est dommage parce qu'en fait, moi, je me dis que tant que le concours restera avec des propositions aussi fortes, et bravo vraiment pour tes mots, Fabien, ça m'a vachement touché, mais c'est vrai que moi, je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ces petits garçons ou petites filles, en fait, dans le monde entier, vraiment, qui vont voir ce concours et qui peut-être se diront, ben, c'est OK, en fait. C'est OK.
- Speaker #2
Qui vont faire comme Thomas en 2000... en 2014, qui vont regarder le side-eye et qui vont se dire « Ah bah finalement,
- Speaker #5
c'est ok. »
- Speaker #2
En tout cas, merci. Franchement, cet épisode, j'aurais...
- Speaker #4
Ça mériterait un deuxième en vrai.
- Speaker #2
Oui, ça mériterait un deuxième. Il y a un million de choses. On a très peu passé de musique finalement, mais il y a un million de choses. On a blablaté,
- Speaker #3
on a fait rien.
- Speaker #2
Si vous voulez aller plus loin sur ce sujet, il y a évidemment le livre de Fabien Rondan, Queerovision, histoire au pluriel, de la plus grande scène du monde, et qui vous raconte en fait les participations de Patrick Juvet, de Jean-Claude Pascal, de Sestre, de Constance Tabour, de Paul Oscar, de
- Speaker #3
Danny Doberson, et surtout de
- Speaker #2
Tatou, les fausses lesbiennes ! Vous découvrez les histoires, les coulisses avec... passion, des indications, des choses qu'on apprend. Il y a des QR codes pour aller redécouvrir, des vidéos d'archives qui sont disponibles encore aujourd'hui. Ce livre est passionnant. Je vous invite toutes. Il ne coûte que 16 euros.
- Speaker #3
Franchement,
- Speaker #2
ça te rende sur un malade.
- Speaker #3
C'est une très bonne lecture.
- Speaker #2
Et Eurovision, la petite histoire du grand concours. Notre livre qui raconte l'Eurovision de manière thématique. et qui a un chapitre consacré à l'Eurovision LGBTQIA+, dans lequel on évoque justement tous ces sujets qu'on a traversés lors de cet épisode, aujourd'hui dans 12 points.
- Speaker #5
Ça fait du bien. Qui est dans ma bibliographie aussi.
- Speaker #2
Qui est aussi dans ta bibliographie.
- Speaker #5
Je vais te référer à plusieurs.
- Speaker #1
On est des sources officielles.
- Speaker #5
Je vais vérifier.
- Speaker #3
Il a fait du bien cet épisode. Merci Thomas.
- Speaker #2
Je pense qu'il est nécessaire en ce mois des fiertés de continuer à être fière de qui on est.
- Speaker #4
Fière !
- Speaker #2
Fière ! De qui on est ou des alliés comme toi, Agathe, en fait.
- Speaker #1
Toi, Agathe,
- Speaker #3
t'es gay.
- Speaker #1
Elle ne sait pas encore puisqu'elle n'a pas fait les tests.
- Speaker #3
Non,
- Speaker #4
elle aurait adoré être un homme.
- Speaker #2
Être pédé, ouais. Ce podcast, je l'espère, on l'adresse aussi à tous les hétéros qui nous écoutent.
- Speaker #4
Non mais Dans deux il y a mon père dedans Parce que moi je suis
- Speaker #2
Je suis contre le communautarisme, vraiment, c'est un truc que je ne supporte pas. Et j'aime justement, au contraire, arriver à déployer des messages un peu universels. Et j'aspire à ce que cette émission n'est pas clivée, mais qu'elle ait, au contraire, ouvert un peu les yeux et les oreilles à ceux qui nous auraient écoutés. Du moins ceux qui n'étaient pas convaincus, déjà, par le propos. Mais en tout cas, je pense qu'on est dans une transition politique. assez délicate à plusieurs égards et donc du coup j'invite toutes celles et ceux qui le peuvent à participer aux différentes Pride qu'on aime ou pas les gens qui régissent et les messages qui sont diffusés par les gens qui régissent logistiquement les Pride sur les différentes villes
- Speaker #3
T'énerves pas tu m'as provoqué un sénium en nez Qu'est-ce que t'as ?
- Speaker #1
Je me souviens toi Thomas Personne ne regarde les affiches.
- Speaker #2
Je garde mon opinion pour moi. J'en suis pas moins très en colère. Mais néanmoins, je pense qu'il est important aujourd'hui de profiter de ce mois des fiertés. Surtout pourquoi ?
- Speaker #5
Pour s'amuser.
- Speaker #2
Pour faire la fête. Sortez, allez en boîte, dansez,
- Speaker #3
mettez les musiques de l'Eurovision à fond et pensez vraiment aux droits LGBTQIA+, qui sont encore vraiment très mal servis dans tous les pays européens, surtout en Europe. Il y a plein de pays européens qui n'ont pas les mêmes droits partout. On a beaucoup de chance en France. Il faut vraiment s'accrocher à ça.
- Speaker #1
Mais il faut rester vigile.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #5
c'est ça. Il faut continuer à militer et surtout se rappeler que... Alors, on est une communauté. Je fais une nuance avec communautarisme, puisque une communauté, il n'y a pas forcément d'exclusion. Et on est dans une période où on veut nous diviser. Et il faut se rappeler que l'important, c'est vraiment de rester unis. United by music. Mais unis par des valeurs, par des combats communs. parce que je pense que... en tant que personnes queer, on a des vécus qui ne sont pas forcément les mêmes, mais qui ont des choses en commun en termes de discrimination, de quête de soi, de compréhension de soi et de l'autre, et qu'on gagnerait davantage à oublier ce qui peut nous diviser et à se concentrer sur ce qui nous rassemble et sur ce qui peut faire notre force pour lutter contre ceux qui nous veulent vraiment du mal.
- Speaker #3
Alors j'appelle à toutes les hooliganettes ! de descendre dans la rue avec perruque et castagnette et quand je parle des castagnettes je parle pas d'Israël quelle chanson on écouterait pour la fin de cet épisode ?
- Speaker #2
une chanson un peu niche parce qu'en fait à l'époque on savait pas et maintenant on sait et puis c'est quand même le début un peu de l'enconvision nous les amoureux alors et bien les gens comme Pascal nous les amoureux merci à toutes et tous on se retrouve très vite pour le bilan fin de l'année A très bientôt, merci à toutes et tous, on vous embrasse.
- Speaker #5
Oui, merci pour l'invitation. Oh,
- Speaker #2
tu sais quoi ?
- Speaker #0
On voudrait nous séparer, on voudrait nous empêcher d'être heureux, savoureux. Il paraît que c'est l'enfer qui guette bien le fer et le feu. C'est vrai, les imbéciles et les méchants, nous font du mal, nous nous détournons. Pourtant rien n'est plus évident, là où les amoureux... Nous nous trouvons à y rencontrer, ils sont mille, elle en a deux, les amoureux. Mais l'heure va sonner, des nuits difficiles, et je pourrais t'aimer, sans qu'on en parle en ville, c'est pas mille. C'est écrit, les amoureux, le soleil parie pour nous, et l'on dort sur les genoux du bon Dieu. Les amoureux, il nous a donné le droit au bonheur. Et à la joie d'être à deux Et alors les sans-amour, les mal-aimés Il faudra bien nous acquitter Tous qui n'avaient jamais été Pour aller, les amoureux, nous allons vivre sans, car le ciel est avec nous, les amoureux.