- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur 1, 2, 3 français, le podcast des parents expatriés. Je m'appelle Audrey, je suis franco-allemande et je vis en Allemagne depuis 15 ans. Je suis maman de deux enfants nés en Allemagne et qui grandissent avec deux langues, l'allemand et le français. Je suis professeur de français langue étrangère et langue maternelle. En 2022, j'ai lancé les Franco-Expat pour permettre aux enfants francophones de Cologne et de l'étranger de garder un lien actif avec la langue française ainsi qu'avec la culture francophone. Aujourd'hui, je lance le podcast 1, 2, 3 Français afin de donner la parole aux parents expatriés sur leur expérience de l'éducation bilingue au quotidien de leurs enfants. J'accueillerai aussi des professionnels qui apporteront des conseils et donneront des idées pour soutenir ces familles expatriées.
- Speaker #1
Bonne écoute !
- Speaker #0
Aujourd'hui, je vous retrouve pour un épisode un petit peu différent de ce que vous avez l'habitude d'entendre jusqu'à présent. Alors j'accueille toujours une maman d'une famille bilingue avec une langue minoritaire et une langue majoritaire. La différence, c'est que cette fois, ce n'est pas le français qui est la langue minoritaire, mais une autre langue, comme vous allez le découvrir. J'avais en effet le souhait de pouvoir aussi interviewer d'autres familles bilingues et pas seulement des familles où le français est minoritaire, pour découvrir d'autres expériences et vécus, et notamment en fonction de la langue minoritaire. de comment elle est vue dans les autres pays, comment elle est acceptée, etc. Donc on reste sur les mêmes questions, mais avec une autre langue, une autre culture. Et j'en profite pour lancer un petit appel. Si vous ou si vous connaissez une famille qui est dans cette situation, vous pouvez volontiers me contacter pour réaliser un nouvel épisode. J'ai donc le plaisir d'accueillir Lisa, maman allemande qui vit en France avec ses deux enfants. Bonjour Lisa !
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, donc moi c'est Elisa, je suis allemande, ça fait presque 14 ans que je vis en France et depuis presque 8 ans en Bretagne. Donc je suis arrivée en France, on va dire, pour les études et je suis toujours là. Finalement, grâce à mon mari, on va dire, qui est breton, et du coup voilà, c'était le déménagement après Marseille, Chambéry jusqu'à Rennes, et maintenant en pleine campagne avec nos deux filles qui ont presque 3 et presque 6 ans.
- Speaker #0
Donc elle va encore à l'école maternelle ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. D'accord.
- Speaker #0
Et alors, donc, elle parle français et allemand ?
- Speaker #1
Les deux langues, français très bien et allemand bien, je dirais. C'est comme une différence, mais elle parle bien les deux langues.
- Speaker #0
Alors, comment se passe la transmission de l'allemand avec tes enfants ?
- Speaker #1
Alors, on va dire dans la vie quotidienne, c'est vraiment moi la seule qui parle allemand parce que mon mari... Il ne parle pas allemand. Il connaît maintenant des mots qu'il utilise. Il parle français à l'école. C'est français avec des copains. C'est français. Nous, on habite en plus dans un habitat collectif. Également avec les voisins, c'est le français. Du coup, c'est sur moi que ça repose. Il peut être un peu stressant au début, mais maintenant je suis habituée. Et après, on essaie quand même d'aller régulièrement en Allemagne. L'avantage entre la France et l'Allemagne, ce n'est pas si loin, même si je suis en Bretagne. Et que des amis et de la famille viennent aussi ici parce que tous mes amis et toute ma famille, personne ne parle français. Donc du coup, voilà, c'est obligatoire que mes filles parlent allemand quand même.
- Speaker #0
Mais c'est un très gros avantage justement, comme tu dis, elles sont obligées du coup de parler allemand puisque déjà, si elles veulent avoir ce lien avec la famille, il faut parler allemand. Donc finalement, c'est un avantage. et Quelle stratégie tu as mis en place au quotidien pour intégrer des moments allemands avec tes filles ?
- Speaker #1
Alors moi, dès que je parle avec mes filles, c'est uniquement en allemand. Je ne leur parle pas du tout en français dès leur naissance. Donc au début, la première année avec la plus grande, c'était quand même, je trouvais ça le plus dur. Parce que je parle dans le vide. En tout cas, j'ai eu l'impression parce qu'il n'y a aucun retour en allemand. Donc du coup, c'était vraiment... J'ai parlé en permanence. Quand j'ai mis la table, j'ai dit, là, j'ai mis une fourchette, là, j'ai mis un couteau. Donc, du coup, pour vraiment nommer en permanence tous les objets. Après, voilà, une fois qu'elle a commencé à parler, pareil, c'était la plus grande. Elle m'a répondu toujours en français au début. Elle m'a écrit le fait que je parlais uniquement en allemand. Et moi, j'ai mis la stratégie en place parce que ça m'a quand même beaucoup embêtée que c'était plus dur qu'elle me réponde en allemand. Je suis allée six semaines. avec les deux filles, donc la plus petite avait trois mois. Je suis allée chez mes parents pendant six semaines et la grande était quatre semaines à la crèche en Allemagne, du coup à trois ans. Et depuis, elle me répond systématiquement en allemand. C'était vraiment le déclencheur d'avoir, je pense, déjà six semaines, c'est assez long, et surtout d'être dans une crèche pendant quatre semaines, même si elle n'allait que le matin. Mais vraiment d'entendre qu'il y a d'autres personnes que moi qui parlent en permanence allemand, je pense que ça aide quand même beaucoup.
- Speaker #0
Oui, cette immersion, c'est vraiment un très très gros atout quand on a la chance de pouvoir le faire. Et comment est vu l'allemand, alors, dans ton entourage francophone, dans ta région ?
- Speaker #1
Alors, la Bretagne, je dirais, l'allemand est inexistant. Mais bon, il y a encore quelques collèges qui proposent ça. Alors pour te dire, c'était quand j'étais enceinte, je cherchais une crèche bilingue. Je suis arrivée au lité. Donc je me suis dit, bon, vu que l'enfant n'est même pas né, je ne veux pas me précipiter pour trouver un lycée directement. Donc ça démarre uniquement au collège. Je dirais que globalement, l'allemand est vu comme une langue assez moche. Ça reste encore dans les têtes des Français. C'est aussi encore le cliché que c'est très compliqué. Bon, alors, je ne veux pas dire que c'est une langue super facile, mais du coup, que c'est uniquement accessible pour des très bons élèves. Donc, du coup, les classes d'allemand, c'est que des super élèves. C'est un peu ça, les stéréotypes ou préjugés qu'on peut avoir sur l'allemand.
- Speaker #0
Ça n'a pas changé depuis que moi, j'étais à l'école. C'était exactement les mêmes clichés. C'était il y a déjà un certain nombre d'années.
- Speaker #1
Non, j'avoue, c'est... C'est un peu déprimant, mais c'est comme ça. J'ai accepté maintenant.
- Speaker #0
Alors tu dis que tu as cherché des crèches. Je vais parler au niveau national. Je pense que tu ne connais pas tout évidemment, mais moi je suis en Allemagne, je sais qu'il y a beaucoup de crèches, écoles bilingues français-allemand. Est-ce que tu sais si en France, il y a quand même des structures français-allemand ?
- Speaker #1
Alors, déjà, à Rennes, donc c'est à 30 minutes de là où on habite, il y a quand même en lycée, donc les Abibac qui existent. Donc, même en Pétanque, ça existe. Mais bon, il faut avoir 15 ans pour l'intégrer. Donc, c'est pas tout de suite. Donc, ça, je pense qu'il y a vraiment un peu partout en France. Et sinon, pour vraiment avoir quelque chose dès la maternelle ou dès la crèche, c'est à Strasbourg ou à Paris. C'est vraiment très limité. Ça n'a rien à voir avec les écoles françaises qui sont... partout. Et donc ici, oui, c'est des écoles sinon bretons qu'on peut avoir. Mais au niveau national, oui, c'est vraiment Strasbourg et Paris où c'est très concentré. Bon, tout l'Alsace, même j'imagine dans des petites villes aussi, ça existe. Mais dès qu'on est plus loin de la frontière, c'est beaucoup plus compliqué quand même à trouver.
- Speaker #0
Et alors, dans ton entourage, comment ça a été vu de manière générale le bilinguisme et plus précisément avec l'allemand ? Est-ce qu'ils ont bien réagi ? moins bien réagi ?
- Speaker #1
Si, tout le monde considère quand même que c'est une chance pour mes enfants d'avoir directement deux langues. On va dire, l'allemand, même si c'est vu comme une langue moche, c'est quand même vu comme une très bonne langue à apprendre parce que c'est, on va dire, voilà, comparé à d'autres langues, je pense que l'allemand est quand même très bien vu parce qu'on voit les avantages pour les enfants et tout ça, donc c'est pas avec toutes les langues aussi, il faut se le dire. Même à l'école, vu que j'avais fait deux fois le projet à partir de six semaines en Allemagne avec les filles, donc c'est uniquement la grande qui était scolarisée, donc elle était une fois en petite section et là en grande section, donc elle était déscolarisée du système français où c'est obligatoire pendant quatre semaines, et la directrice et le maître m'ont clairement encouragée de le faire. Donc eux aussi ils voient un intérêt que l'enfant, il connaît bien la culture. de la maman du coup, et qu'ils parlent très bien aussi cette langue-là.
- Speaker #0
C'est super que ce soit bien accueilli, alors de manière générale, mais que tu n'aies même pas eu de bâton dans les roues, on va dire, entre guillemets, pour déscolariser ta fille, comme tu dis, pour partir autant de temps en Allemagne. Je pense que ce soit toutes les écoles qui sont aussi cool, on va dire.
- Speaker #1
Non, donc on a vraiment une super école. Après, les rectorats, c'est encore d'autres choses. Mais bon, les fois, on nous a soutenues. Et dans mon environnement, oui, c'est vraiment… Elles voient ça très bien. Après, je vois parce que du coup, vu que je parle toujours allemand avec mes filles, bon et maintenant tout le monde est habitué, mais du coup, personne ne comprend ce que j'ai dit. Mais bon, après globalement, on voit quand même si je m'énerve, si je suis, voilà, tranquille. Il y a d'autres enfants français qui sont là. Je parle quand même allemand avec mes filles. Bon, dès que c'est un peu qui les inclut, forcément, je passe au français.
- Speaker #0
Alors pour revenir, on a parlé des écoles maternelles, des écoles, est-ce qu'il y a d'autres actions locales qui sont mises en place pour soutenir l'allemand chez les petits allemands ? Alors je ne sais pas, par exemple des mamans qui se retrouvent ou des familles ou des associations peut-être ?
- Speaker #1
Alors j'ai eu au début, quand je suis devenue maman, donc les premiers mois j'étais quand même en lien avec notamment deux ou trois autres mamans allemandes, parce qu'en fait… J'ai l'impression que toutes les Allemandes accouchent dans la maison de naissance à Rennes. C'est quand même pas très connu en France. Et du coup, la sage-femme, elle nous a connectées, parce qu'on était quatre mamans allemandes qui ont accouché pendant trois mois. Et donc, on s'est vues un peu, pas à la suite, mais entre le Covid, et on n'était quand même pas proches, parce que tout le monde était à 30 minutes de Rennes. Donc du coup, ça peut quand même faire une distance vite d'une heure. Donc ça n'a pas tenu. Mais du coup, la première année, on s'est quand même vu un peu et je vais le revoir une à deux fois dans l'année parce qu'il y a aussi un centre culturel franco-allemand à Rennes même qui propose parfois des activités. Donc moi, je voulais il y a deux ans, je crois déjà, inscrire ma fille sur une activité de toutes petites le mercredi matin, mais il n'y avait pas assez d'inscrits. Là, je suis aussi moins motivée parce que c'est quand même à 30 minutes voiture, il faut se garer. Donc bon, c'est au moins 45 minutes pour vraiment y arriver, pour faire une heure sur place. Je me dis bon, en fait, je ne travaille pas le mercredi et je parle allemand avec mes filles et je me dis c'est si bien aussi.
- Speaker #0
C'est bien. Qu'est-ce qu'ils proposent pour les enfants, ce centre alors ?
- Speaker #1
Alors, le mercredi matin, en tout cas, c'était vraiment des activités ludiques, mais avec des jeux en allemand. Et du coup, uniquement des enfants et des parents qui parlent allemand aussi. Donc, c'était assez libre. Sinon, là, ils proposent aussi des galeries d'art qui sont commentées en allemand. Mais c'est plutôt à partir de 8 ans. Donc, mes filles sont encore trop petites. Et parfois, il y a aussi la musique, donc des concerts en lien avec la culture allemande. Mais je dirais que c'est pareil, plus pour les enfants un peu plus grands. Donc ça va arriver.
- Speaker #0
Ça va vite arriver, oui. Le temps passe bien, bien vite. Est-ce que toi, tu aurais des conseils pour les parents, de manière générale, qui transmettent comme toi une langue minoritaire pour la maintenir, pour que les enfants l'apprennent ?
- Speaker #1
C'est vraiment de rester à sa langue, de toujours en parler, même si l'enfant continue à parler dans la langue du pays. C'est de ne pas céder, de vraiment se dire, déjà au moins s'il écoute, même si ce n'est pas énorme comparé à l'école, ses copains et tout, mais s'il entend toujours la langue que moi je veux transmettre, ça va quand même rester. Et à un certain moment, si on va dans le pays, forcément il va se mobiliser. Et moi, c'est aussi, par exemple, je lis des livres uniquement en allemand. Tout est en allemand. Donc on a un côté livre allemand, livre français. Donc si moi je couche les filles, c'est en allemand. Si c'est mon mari qui les couche, c'est en français. Et du coup, pareil au début, la grande voulait parfois que je lis en français. Parfois je le fais en disant mais pour moi c'est important que j'ai très envie de lire aussi dans ma langue maternelle. Donc parfois j'achète aussi des livres un peu plus faciles pour que ça soit pas trop compliqué pour elle à comprendre, surtout le soir. Donc voilà, il faut quand même s'adapter parce que c'est... pas tout de suite le même niveau. Donc voilà, des livres un peu plus faciles qu'elle adore. Toute la musique est en allemand, par exemple nous dans les voitures, mais mon mari aussi, il n'a que des CD en allemand. Du coup, on a toutes les chansons. Oui, parce que chez la nounou, à la crèche et à l'école, ils n'apprennent que des chansons françaises. Et aussi la télé, du coup pour la grande, c'est en allemand. Donc du coup, je me suis dit, c'est pareil, parce que ça, c'est un côté très sympathique. Donc tout ce qui est sympa en fait, il faut le faire dans ma langue maternelle. Et pareil, au niveau de la télé, de ne pas choisir directement un film trop compliqué qu'elle pourra déjà voir en français, mais de se dire plutôt quelque chose de plus facile, comme ça elle comprend bien, ça doit quand même être quelque chose de rigolo. Ou comme elle regarde aussi parfois la Pat Patrouille ou Paw Patrol, pareil, ça c'est facile, je peux le faire en allemand. Mais le conseil c'est vraiment de ne pas céder. Et continuer, et à un certain moment, ça fonctionne.
- Speaker #0
Et comme tu dis, je trouve que tu le dis très bien, justement, de choisir des choses qui fassent plaisir. Évidemment, ça passe toujours beaucoup plus facilement avec les enfants. Les livres, quand ils sont un peu plus grands, la télé, c'est en effet leur moment plaisir. Donc, c'est des très bonnes idées à appliquer facilement au quotidien. Alors, nous deux, on s'est connus par Instagram. Tu as un compte Instagram où tu postes régulièrement des différences que tu constates entre la France et l'Allemagne. qui sont toujours très fascinantes à découvrir. Moi, je les connais évidemment puisque je suis en Allemagne, mais je trouve que pour les autres, c'est très intéressant. Et il y a à peu près un mois, je crois, tu avais posté une vidéo justement sur la transmission de la langue. et donc d'une langue minoritaire, donc l'allemand dans ton cas, et il y avait dans les commentaires des mamans allemandes en France qui ont dit qu'elles avaient honte de transmettre une autre langue, notamment l'allemand, et bien on revient toujours à cette histoire entre la France et l'Allemagne, même si c'était il y a 80 ans, il y a pour certains, c'est encore très présent et très difficile. Qu'est-ce que tu dirais, toi, à ces gens qui ont honte de transmettre une autre langue, et notamment l'allemand, pour les convaincre que, ben, il ne faut pas avoir honte et qu'on peut transmettre cette langue maternelle ?
- Speaker #1
Déjà, moi je trouve que voilà, effectivement tout le monde sait ce qui s'est passé dans l'histoire et c'est bien à un certain moment de parler aussi à ses enfants, mais bon, pas les premiers cinq ans, je dirais, c'est pas nécessaire. C'est ma culture, donc du coup, dès la culture, la langue elle fait partie. Donc moi j'ai envie déjà de transmettre ma culture, mais j'ai envie de transmettre la langue pour qu'il y ait un lien avec tout ce qui est lié à mon pays, donc avec ma famille, avec mes amis. Et du coup, si on parle uniquement de la honte sur le passé, la France n'a pas le droit d'enseigner les Français non plus à ses enfants. Donc, c'est... On est d'accord. Moi, ma langue, il y a vraiment zéro de choses qui se sont passées dans le passé. Donc, moi, je peux transmettre. Non, tout le monde a... Voilà, l'Allemagne a clairement plus de choses à porter que plein d'autres pays. Mais c'est... Voilà. même si c'est quelque chose qui aura actuellement lieu. Ce n'est pas non plus parce qu'il y a AFD en Allemagne que je dis que je ne vais plus transmettre ma langue, je hante. Non, ça fait partie. Et c'est plutôt plus tard d'en échanger avec ces enfants. Qu'est-ce qui s'est passé pour aussi avoir les retours que moi je peux donner, et pas uniquement l'école française. Donc, à un certain moment, ça va être peut-être compliqué pour mes filles. Je ne sais pas comment l'histoire est enseignée en France, mais voilà. de se sentir coupable. En tout cas, nous, à l'école, en tout cas, moi, quand j'étais à l'école, c'était vraiment, il faut se sentir coupable, tout le monde. Du coup, d'avoir l'histoire en France, je pense que ça va faire le même effet. Mais c'est, voilà, donc, de se dire, c'était comme ça, qu'est-ce que je peux mettre en place pour échanger avec mes filles, pour en parler, et pour dire aussi tout ce qui va bien, qu'est-ce qu'on a fait avec ce passé-là, et de les surpasser.
- Speaker #0
Je trouve que c'est... Tu dis les mots justes. Déjà, en effet, la France a pas son pareil dans l'histoire, même si c'est peut-être un peu moins récent, quoique il y a certains épisodes récents. Mais voilà, chaque pays a en effet son fardeau à porter de mauvaises actions. Et voilà, il faut vivre avec. Et puis de toute façon, déjà nous et nos enfants encore plus, ils ne peuvent absolument rien de ce qui a été fait. Même si, évidemment, c'est toujours compliqué. Comme tu dis, à l'école, ça posera sûrement question. il y aura peut-être des difficultés, des différences, mais expliquer, toujours expliquer. On est toujours dans cette phase d'expliquer pour avancer positivement, on va dire. Alors, on va revenir sur quelque chose d'un peu plus léger. Est-ce que tu as des anecdotes du bilinguisme de tes filles, de ce qu'elles peuvent avoir dit, traductions rigolotes et des formulations, etc. ?
- Speaker #1
La première chose, la grande, ça va maintenant, mais la petite, elle n'arrive pas du tout à prononcer les H, comme une vraie Française. Et du coup, en allemand, on a quand même besoin des H très très souvent pour faire la distinction entre les mots. Et aussi pour dire, mes parents s'appellent Heide et Hans. Donc bon, après les noms, ils ne les appellent pas forcément par les prénoms, mais c'est quand même marrant quand elle dit ça. Et les deux, ça c'est quelque chose que je n'arrive pas à enlever, ils disent toujours « ich hab kalt » « ich hab heiß » Donc c'est vraiment la traduction directe de « j'ai froid, je chauffe » et ça passe pas. Parce que du coup, je n'ai pas envie de toujours dire non, c'est faux. Donc, je le redis. Ni est calme, ni est calme. Mais aucun enregistrement. Ça reste comme ça. Et pareil, du coup, souvent, je trouve que aussi, ça, c'est peut-être intéressant à savoir. Pour moi, l'enseignement ou la transmission d'une langue, ça ne se passe toujours pas des vagues. Là, les filles sont dans une vague assez basse parce que c'est la fin de l'école. Donc ça fait un moment qu'on n'était pas en Allemagne et du coup il n'y a que moi qui parle, qui parle, qui parle. Dans une semaine il y a mes parents qui viennent pendant une semaine, après nous on va aller en Allemagne et donc là elles vont remonter au niveau du lexique et de la manière de s'exprimer, au niveau de la grammaire donc ça va être vraiment pendant l'été et je sais que ça va être monté et après fin octobre c'est de nouveau très bas et du coup moi fin octobre, début novembre je veux de nouveau retourner en Allemagne et du coup c'est voilà. C'est vraiment des vagues qui se suivent. Et là, actuellement, ma grande, elle utilise dans toutes les deux phrases un mot en français. Mais je pense qu'elle est fatiguée. Pour elle, c'est plus facile de parler français. Donc, elle me parle toujours en allemand, mais avec de plus en plus de mots en français. pas évident à comprendre parfois du coup, de là, ok, qu'est-ce qu'elle veut me dire exactement ? Parce qu'en plus, elle parle très vite et beaucoup. Et la petite, elle utilise toujours les « comme » . Comme d'où ? Comme d'abord. Elle ne peut pas utiliser les « comme » en allemand. Donc, elle parle pareil en allemand, mais c'est un mot qu'elle ne veut pas. Elle ne veut pas l'intégrer en allemand.
- Speaker #0
Je trouve que c'est très juste ce que tu dis avec les vagues. Je le vois, moi, chez mes enfants et je crois que c'est beaucoup de familles bilingues qui le voient avec les enfants. et qui attendent, on est à la veille des vacances scolaires d'été, là, au moment où on enregistre, et je crois qu'on est énormément de parents à attendre le retour au pays natal pour que les enfants fassent un bond dans la deuxième langue.
- Speaker #1
Carrément. Oui, et du coup, de ne pas déprimer quand on est vraiment en bas de la vague, et c'est dire, voilà, ça remonte rapidement. Et les enfants, après une semaine déjà, on sent la différence du niveau.
- Speaker #0
C'est vrai. Eh bien, écoute, je te dis merci pour ton témoignage. Je trouve que c'est très intéressant et je suis ravie d'avoir justement ce que je souhaitais, des témoignages qui ne sont pas que sur la transmission du français, la transmission des autres langues, puisque chaque langue a sa culture. Moi, j'entends souvent dans les podcasts, le français, c'est la bonne langue. Alors, l'allemand, ce n'est pas la mauvaise langue, quoique pour certains peut-être, mais ça reste encore une bonne langue. Mais je trouve que c'est important d'avoir tous ces différents points de vue sur la transmission de la langue et de la culture au quotidien et dans les différents pays.
- Speaker #1
Merci en tout cas à toi pour l'invitation. Et donc, je dis aussi pour ceux ou celles qui parlent allemand, donc n'hésitez pas à suivre sur Instagram si ça vous intéresse, les différences entre la France et l'Allemagne. C'est Bretagne-Léban.
- Speaker #0
Je marquerai tout dans les épisodes du podcast, dans les posts sur Instagram. Je vous invite aussi en effet à suivre. C'est toujours rigolo. Pour moi, c'est rigolo parce que je connais ces différences, mais c'est rigolo de voir le côté miroir.
- Speaker #1
Eh bien, merci. Merci. J'espère que cet épisode vous a plu et je vous donne rendez-vous bientôt pour un nouvel épisode. N'hésitez pas à me partager en commentaire vos impressions et vos questions. À bientôt.