- Speaker #0
Bienvenue dans 13e mois, l'émission Management et Ressources Humaines pour celles et ceux qui visent le haut niveau. Je suis Flo Bervulier, ancien DRH et fondateur de la Manufacture RH, le spécialiste du recrutement et du coaching des fonctions RH.
- Speaker #1
On peut réduire parfois la préparation mentale à de la visualisation. Visualise-toi réussir, c'est la plus grosse connerie qu'on puisse faire. Parce que visualise-toi en train de réussir, tu vas arriver en train de prendre la parole en public. ou à faire une conférence et là il va se passer un couac dans ta conférence donc tu ne vas pas réussir comme tu avais préparé ton cerveau et là ton cerveau il va être en mode danger, en mode détresse avec tous les voyants allumés en disant ça se passe pas comme prévu et là ça va être une catastrophe Aujourd'hui, vous avez le rôle de cet amortisseur. Parfois, l'amortisseur, il peut être grippé. Il n'amortit plus rien. Il peut être un peu lâche comme ça. Il ne fait plus non plus son rôle. Donc, si j'avais un conseil à vous donner, prenez ce qui est bon pour vous, mais prenez soin de vous déjà. C'est essentiel. Vouloir aider les autres avant même de s'aider soi-même, c'est un peu peine perdue. On ne peut pas aider quelqu'un à... qui est en train de se noyer, si nous-mêmes on est en train de se noyer. Donc prenez soin de vous. Comment je fais quand je suis père de famille ou mère de famille, que je n'ai pas dormi la nuit et que je dois justement prendre la parole en public dans une situation tendue ? Il y a peut-être des syndicats ou il y a peut-être... Comment je fais pour ça ? Parce que ça, on ne l'apprend pas, tu le dis encore une fois à juste titre. dans les écoles de commerce ou autres, on ne l'apprend pas. Et à l'école des officiers, on ne l'apprenait pas non plus. On était très technique. En fait, on apprenait la technique. Comme souvent. Voilà, comment on fait un bon discours. Mais avant de préparer le discours, comment on fait pour préparer celui qui va donner le discours ? Avant de préparer la conférence, comment on fait pour préparer le conférencier, en fait ? Comment on fait pour que déjà, le RH, lui, il se sente bien, qu'il y ait du sens dans ce qu'il fait, qu'il apprenne à se connaître, qu'il soit en capacité aussi d'aider peut-être encore mieux, mais pas Pas mieux techniquement, mieux émotionnellement, humainement. La personne qu'il a en face de lui, c'est des frampons. On a de la difficulté à s'imaginer ça, mais des copains qui sont dans des groupes spécialisés, comme le RAID, la BRI, le GAO ou autres, mais pleurer, quoi. Je ferais, j'en peux plus, je suis à bout. Mais c'est génial ce que tu es en train de vivre, là. C'est génial parce que tu t'autorises à lâcher prise, à avoir cette soupape de sécurité, là. Un peu comme une cocotte minute. Si elle ne fait pas le bruit, que la vapeur ne ressort pas, ça pète. C'est la même chose, en réalité.
- Speaker #0
Attendez, juste avant de rentrer dans le vif du sujet de notre épisode, je voulais vous parler de notre partenaire, Mucho. Mucho est la seule plateforme à réunir en un seul et même endroit tous les avantages salariés pour aider les PME à faire mieux pour leurs équipes et aussi à le faire savoir. De la carte d'avantages prépayés à l'épargne salariale, en passant par la mutuelle, c'est simple, tout est dans Mucho. Leur mission ? Elle est simple, aider les dirigeants et les RH à piloter, optimiser, centraliser et surtout valoriser tous les avantages salariés. Fini les lignes de coût invisibles et le trop-plein de charges mentales, avec Moutcho, transformez votre budget en avantages concrets, en engagement et aussi en reconnaissance. Bonjour Jean-Fray.
- Speaker #1
Salut Flaubert.
- Speaker #0
Le cœur qui tape fort avant d'entrer en réunion est la gorge sèche. Ces sensations-là, aucune. aucune école de commerce ne vous apprend à les gérer. Il y a des nuits, quand j'étais DRH, où je ne dormais pas, où je dormais très très mal. Pas parce que j'avais trop de dossiers, mais parce que le lendemain, il y avait une réunion. Et que dans cette réunion, je savais que j'allais me faire challenger et même secouer fortement. J'ai même connu des périodes de tensions sociales très poussées, où j'allais en réunion accompagnée de mon garde du corps. Des syndicalistes qui vous poussent dans vos retranchements jusqu'à la tension physique, parfois. Et vous, en face ? Vous devez rester droit, fort et articulé. C'est ça la partie du métier de DRH dont personne ne parle. On nous forme au droit du travail, à la paie, aux relations sociales. On ne nous forme jamais à ce qui se passe dans notre tête à ce moment précis. Comment on reste debout ? Comment on ne perd pas ses moyens ? Comment on rentre chez soi le soir sans tout ramener avec soi pour bien polluer la petite famille ? Pendant des années, j'ai géré ça à l'instinct et parfois même avec quelques anxiolytiques un peu à l'arrache, si je suis honnête. Et ce que j'ai compris depuis, c'est que la préparation mentale, ce n'est pas que pour encaisser les coûts, c'est aussi savoir être bon au moment précis où il faut l'être. Une échéance importante, un entretien qui compte, une présentation dont tout dépend. Comment on fait pour donner le meilleur de soi-même exactement quand c'est nécessaire, pas trois heures avant ou trois heures après. et cette discipline... et elle n'est pas réservée qu'aux sportifs de haut niveau. Aujourd'hui, je reçois donc Geoffrey Brochet. C'est avec toi, Geoffrey, que je me suis formé et que je continue de me former comme préparateur mental. Dans cet épisode, on va donc parler de ce qu'est vraiment la préparation mentale, au-delà de la simple visualisation que tout le monde a en tête. On va parler de l'inconscient et surtout, on va parler de la place que la préparation mentale pourrait, devrait même prendre en entreprise, alors qu'aujourd'hui, elle y est, selon moi, quasiment absente. Si vous avez déjà eu cette sensation de perdre pied en réunion, ou si vous vous êtes déjà demandé comment certains dirigeants tiennent sous une pression énorme, alors cet épisode est fait pour vous. Mais avant de parler de tout ça, qui es-tu Geoffrey Brochet ?
- Speaker #1
Déjà, merci Flaubert pour ton invitation. Quand on me demande qui je suis, c'est toujours un peu délicat d'y répondre parce que je me pose toujours la question dans quel côté je vais aborder les choses. Finalement, je pense que la meilleure des façons, en tout cas aujourd'hui, c'est de me présenter comme quelqu'un de passionné, passionné par l'humain, de comprendre comment fonctionne l'humain et surtout comment l'humain fait pour s'adapter quelles que soient les circonstances, quels que soient les événements, que ce soit des événements du quotidien jusqu'aux événements les plus extrêmes. et je me rends compte que cette passion-là, elle est née déjà tout jeune, quand j'écoutais ma grand-mère me raconter, tu sais, comment elle était partie de la zone occupée pour aller vers la zone libre. Et je me suis dit, waouh, c'est tellement dingue d'avoir cet état d'esprit, de sortir de cette zone, finalement, pour être dans une autre zone. Et j'ai compris un peu par la suite que, finalement, c'est ce qui allait driver toute ma vie. Et donc, on va en parler aujourd'hui. J'ai eu un parcours dans la police nationale où j'étais le premier instructeur en préparation mentale. Mais au départ, je ne me destinais pas du tout à aller dans cette direction. Je voulais être professeur des écoles. Mais on reste quand même en relation avec l'humain. Et ça, c'est ce qui a toujours été important pour moi. Donc, j'aime me définir comme quelqu'un qui est passionné et en quête de comprendre sans cesse l'humain parce qu'il évolue. tous les jours en réalité.
- Speaker #0
Ok, donc raconte-nous un peu, tu es jeune, tu te dis moi je vais être professeur des écoles, beau métier, très beau métier, accompagner les enfants les plus petits pour commencer à leur apprendre, et pour autant là il y a un virage qui se passe, et donc police nationale, il y a quoi dans ce virage là ?
- Speaker #1
Ouais, il y a une discussion avec mon père en fait, et à ce moment-là moi je dis oui je vais être prof des écoles, parce que transmettre, amener tout ce qu'on peut, c'est les futurs adultes de demain, donc tous ces jeunes-là, j'étais fasciné pour pouvoir les aider. Et puis une discussion avec mon père, il me dit « t'as jamais pensé à la police ? » Et là, c'est comme une étincelle qui arrive et qui me dit « waouh, mais c'est vrai ! » Et en réalité, moi, ce qui m'a surtout animé dans ce métier de policier que j'ai vécu pendant près de 15 ans, c'était pour deux raisons. La première, c'était de mieux apprendre à me connaître et à connaître l'humain. Ça peut paraître un peu contre-intuitif ce que je dis là, parce que certains vont y aller pour certaines raisons. Et moi, c'était vraiment pour ça. Parce que c'est à l'époque où, justement, je fais ce changement d'orientation. Je suis en licence de droit et ma mère est plutôt rassurée parce qu'elle se dit mon fils va être prof. Donc, avec un salaire confortable, avec des vacances, avec un job tranquille finalement. Et quand je lui dis non, maman, en fait, je veux aller dans la police, elle me dit ouf. Parce que forcément, on sait que la police, c'est risqué. Mais moi, j'y vais dans cette quête d'apprendre à me connaître, vraiment découvrir comment je peux être dans des situations un peu particulières. Parce qu'en plus, à ce moment-là, quand je suis en fac, je vis des véritables crises d'angoisse. Ça peut paraître encore paradoxal, mais je vis des crises d'angoisse, des pertes de sens. Je me dis, mais qu'est-ce que je fous là, en fait ? Et là, je me dis, je dois apprendre à mieux gérer mes émotions, mieux gérer mon stress. C'est pas normal d'être comme ça. Alors ça m'a fait sourire quand tu as dit que parfois tu as fonctionné aussi aux anxiolytiques. Parce qu'à cette époque-là, j'avais à peine 20 ans et j'étais allé voir un psychiatre qui m'avait donné aussi des anxiolytiques. Alors oui, j'avais plus de crise d'angoisse, mais j'avais plus d'émotion, j'avais plus rien en fait. J'étais un peu comme un robot. Et avec mon jeune âge, je me suis dit mais la vie c'est pas ça en fait. Et donc là, ça a été, je cherche des choses pour aller mieux, etc. Et puis j'ai trouvé. Et puis, au fur et à mesure du temps, je me suis dit, quoi de mieux que d'aller... Peut-être me tester aussi dans des situations extrêmes comme celui de la police. Ça, c'était la première chose, apprendre à mieux me connaître, apprendre à mieux connaître l'humain. Et puis aussi, à ma façon, contribuer à un monde qui soit meilleur qu'il ne l'est actuellement. Parce que j'avais le sentiment, en tout cas, je n'avais pas encore toutes ces désillusions que j'ai pu avoir après toutes ces années. Mais en tout cas, je me suis dit, je vais pouvoir aider. C'est une phrase un peu bateau, mais aider mon prochain du mieux que je peux en allant leur venir en aide. Et je peux te dire que pendant 15 ans, j'ai été servi. Donc, j'en garde en tout cas un excellent souvenir.
- Speaker #0
J'imagine. Donc, tu passes un concours, tu rentres dans la police.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est-à-dire que j'avais ma licence en droit et ensuite, je passe le concours d'officier. Je loupe à deux reprises et après, je commence flic, gardien de la paix. Et puis, je gravis les échelons et pendant dix ans, je suis sur le terrain. Donc, j'évolue en région parisienne sur le secteur de Noisiel, 77, proche 93. Et puis après, je suis dans une unité un peu plus spécialisée, une unité départementale. Donc là, pareil, on est confronté à des situations toujours bien tendues, comme tous les policiers de région parisienne peuvent sentir. Et puis après, épuisé, fatigué, en perte de sens aussi, j'évolue vers la formation, parce que le terrain m'avait vraiment épuisé. Moi, tu me connais, je suis quelqu'un de sensible, à la fois très solide et en même temps avec une grande sensibilité. Et un peu comme, je fais souvent ce parallèle-là, un peu comme d'ailleurs les personnes qui nous écoutent aujourd'hui, peut-être que vous aussi vous ressentez ça, mais un peu comme John Coffey dans La Ligne Verte. qui absorbe un peu toutes ces émotions un peu comme un RH pourrait absorber un peu les difficultés de ce qui se passe sur le terrain des gens qui viennent le voir et puis en même temps d'être un peu entre le marteau et l'enclume tu vois et donc moi j'ai ressenti ça beaucoup quand j'étais sur le terrain et je suis allé vers la formation ensuite où je me suis spécialisé en maniement des armes, en sport en secourisme, technique d'intervention et notamment en préparation mentale où là j'ai eu la chance parce que c'est une chance d'accéder à ce genre de stage formé en préparation mentale, notamment chez les militaires, où j'ai été moniteur en préparation mentale et après instructeur en préparation mentale, où j'ai été le premier instructeur en préparation mentale. C'est en 2018. 2016, première formation. 2018, deuxième formation pour être instructeur. Donc, formateur, deux formateurs en préparation mentale.
- Speaker #0
Donc, c'est la police nationale qui met à dispo, si je schématise un peu, un module de préparation mentale auprès de l'armée, c'est ça ? Toi, tu apprends ça et ensuite tu dis tiens, je vais former là-dessus, c'est ça ?
- Speaker #1
Très simplement, c'est-à-dire qu'en fait, les militaires avaient déjà une grande avance sur la police. C'est-à-dire que depuis les années 90, avec le docteur Edith Perropierre, ils ont étudié comment le soldat pouvait exploiter au mieux son potentiel dans des situations extrêmes et notamment apprendre à bien récupérer quand c'était le moment de récupérer, bien agir quand c'est le moment d'agir, prendre la bonne décision quand c'était le moment de prendre la bonne décision. Donc nous, les policiers, on s'est dit, il y a des choses à aller chercher chez les militaires. Donc moi, je suis parti me former chez eux. En fait, il faut savoir qu'en 2016, c'était peut-être la première ou deuxième promo. Je ne sais plus exactement, mais c'était les prémices de la préparation mentale dans la police. T'imagines, en 2016, c'est à la fois hier et c'est dingue. Tu vois, on a les militaires, c'était les années 90. Et les personnes étaient déjà allées se former en prépa mentale chez les militaires. C'était notamment les... les collègues du REDD quelques années auparavant et moi j'ai fait partie de la seconde vague ou enfin vraiment la première vague on va dire où on a décidé d'instaurer la préparation mentale dans la police et par la suite j'ai eu la chance en 2018 d'être formé comme formateur de formateur en préparation mentale mais après ça a été lourd de mettre en place tout ça la police c'est une belle institution et en même temps c'est Comme disait Claude Allègre en parlant de l'éducation nationale, c'était un mammouth. Le fameux mammouth, il n'avait pas tort. Et c'est un peu pareil pour la police. Il y a vraiment des gens qui ont envie, mais à un moment donné, tu es confronté à l'administration qui est assez lourde. Donc, c'était la réalité de terrain.
- Speaker #0
Tu parlais du RAID. J'en profite pour faire un petit coucou à Laurent Combalbert, que j'avais reçu dans le podcast, qui avait instauré tout ce qui est négo, etc. au RAID. Et donc, toi, ensuite, tu te mets à former dans la police, tu formes beaucoup de monde, et puis un jour, tu te dis, je vais quitter la police, et donc tu crées l'Académie de la Puissance Mentale. Tu peux nous parler de tout ça ?
- Speaker #1
Oui, en fait, moi, au départ, je vois vraiment la police comme un grand laboratoire où je peux réellement tester, expérimenter un maximum de choses avec des publics réellement différents. Tu vas avoir de l'administratif. Parce que moi, j'étais à l'école des officiers de police. C'était un peu rigolo parce que j'avais loupé deux fois le concours pour être officier. Après, je me retrouve comme formateur spécialisé à l'école des officiers. Mais finalement, comme quoi, chacun a son chemin. Exactement. Belle leçon de vie. Oui, c'est ça. Je ne devais pas passer par la voie pour être officier. Même par la suite, on m'avait demandé de passer officier. J'avais toujours refusé parce que ce n'était pas ma voie finalement. Je me retrouve à l'école des officiers. et là donc comme je dis Je forme des personnes qui sont du monde administratif, des personnes aussi qui sont en formation initiale. Donc, il va y avoir à la fois ceux qui sortent de la faculté, donc des Bac plus 3, Bac plus 4, Bac plus 5, Master, etc. Et en même temps, les internes qui ont réussi le concours, donc des gens qui viennent du commissariat, de services spécialisés, BRI, RAID, services de la protection. Et puis en même temps, j'ai les petits jeunes, ceux qui préparaient le concours pour rentrer. C'est des classes préparatoires intégrées. Donc finalement, je me retrouve avec un public qui est vraiment très diversifié. Et en plus, il y a les stages en formation continue, etc. Donc là, je me dis, mais c'est génial. Je vais pouvoir proposer, diffuser la préparation mentale à tout ce monde-là. Et j'ai vraiment... Je suis vraiment très reconnaissant par rapport à l'École nationale supérieure de police, à l'UNSP, qui m'a donné vraiment ma carte blanche. Ils me faisaient confiance et ils voyaient les retours que j'avais. C'était vraiment très chouette parce qu'on se rend compte que ce soit du petit jeune qui prépare le concours à la personne qui est déjà sur le terrain. J'étais aussi confronté avec les officiers et les commissaires, tu t'en doutes, des gens qui manageaient parfois plus de 1000 personnes. Des réalités différentes et c'était vraiment... pour moi extrêmement puissants, de pouvoir leur apporter comme ça des clés déjà pour eux, et ensuite des clés qui pouvaient diffuser aux personnes qui étaient amenées à côtoyer. Et c'est rigolo parce que tu sais que ce soit finalement un étudiant qui prépare le concours de la police ou un grand directeur, derrière il y a un humain, et il a toujours plus ou moins les mêmes modes de fonctionnement. Donc on va retrouver des grands leviers qui sont, c'est ça que j'ai réellement découvert aussi. que ce soit le stress de l'examen ou le stress d'aller prendre la parole en public, comme tu disais dans ton introduction, comment je fais quand je suis père de famille ou mère de famille, que je n'ai pas dormi la nuit et que je dois justement prendre la parole en public dans une situation tendue, où il y a peut-être des syndicats, comment je fais pour ça ? Parce que ça, on ne l'apprend pas, tu l'as dit encore une fois à juste titre, dans les écoles de commerce ou autre, on ne l'apprend pas, et à l'école des officiers, on ne l'apprenait pas non plus, on était très technique. En fait, on apprenait la technique. Comme souvent. Voilà, comment on fait un bon discours. Mais avant de préparer le discours, comment on fait pour préparer celui qui va donner le discours ? Avant de préparer la conférence, comment on fait pour préparer le conférencier, en fait ? Et donc, c'est ça que j'ai amené, moi, au fur et à mesure des années, à toutes ces personnes. Donc, à vue de nez, et c'était bien plus d'ailleurs, mais je dis toujours, j'ai formé plus de 1 000 officiers et commissaires de police. Mais une fois, en m'amusant avec un collègue, on a été atterri autour de 1200-1300 personnes. Donc finalement, un beau laboratoire et d'excellents souvenirs, des gens incroyables, avec des parcours de vie aussi incroyables. C'est pour ça que je suis très reconnaissant vis-à-vis de tout ce que j'ai vécu. Je suis rentré dans la police par vocation et je l'ai quitté aussi par vocation. Ou plutôt, je suis rentré dans la police par conviction et je suis sorti aussi de la police par conviction. La conviction que je pouvais aider plus de monde, la conviction que je pouvais me réaliser aussi différemment. Moi, tu me connais, Flaubert, je suis quelqu'un qui aime être libre, libre de créer ce que je veux, de travailler avec qui je veux, quand je veux, d'où je veux. Et pour ça, ça me demandait de quitter cet emploi garanti à vie pour justement voler de mes propres ailes.
- Speaker #0
J'aime beaucoup, on prépare le technicien, le spécialiste. Mais on prépare souvent, très peu, l'homme avec un grand H. C'est ce que tu disais, on prépare la conférence, mais le conférencier, est-ce qu'il se prépare lui à être aligné, à gérer son stress, ses émotions, à mettre ses impacts là où il veut les mettre, etc. Donc j'aime beaucoup ce que tu as évoqué là, on y reviendra tout à l'heure. Donc, sortie de la police, maintenant tu gères et tu as créé l'Académie de la Puissance Mentale. En quelques mots, c'est quoi cette académie ?
- Speaker #1
On est un organisme de formation où il y a vraiment deux branches. La première branche, celle que tu connais très bien, parce que comme tu disais, tu as fait une belle montée en compétences chez nous. On forme toutes les personnes à la préparation mentale et notamment à devenir des coachs en préparation mentale. Ce qui est drôle, c'est qu'au départ, je pensais, au tout début, quand j'ai commencé en 2018, je pensais former des gens, notamment en reconversion des gens qui sont qui étaient dans le milieu du sport, au milieu de l'extrême. Et en fait, au fur et à mesure du temps, je me suis rendu compte qu'il y avait pas mal de DRH qui venaient, des managers, des gens du milieu hospitalier. Et puis, finalement, le panel s'est élargi. Il y avait des profs aussi, des salariés, des étudiants. Il y a vraiment eu de tout type de personnes depuis le 2018. Réellement depuis 2020, parce que 2018-2020 j'étais encore dans la police, donc j'ai commencé à monter mon activité. Et à partir de 2020, depuis 2020, on a formé plus de 300 coachs en préparation mentale et on les accompagne justement tout au long de leur cursus pour évoluer. Et puis ça c'est la première partie où on forme les personnes de façon sur une compétence spécifique et en même temps on accompagne de façon individuelle. Et là c'est moi qui accompagne essentiellement. Ça va être des dirigeants, des artistes, des célébrités, des grands sportifs. Et là, on a très peu de place et souvent, notre agenda est complet. En l'occurrence, il l'est. Mais voilà, c'est deux branches très complémentaires qui, moi, me passionnent. Et j'adore ça.
- Speaker #0
OK, merci pour tous ces éléments. Et donc, tu es en Bretagne, tu as rejoint la Bretagne, tu as quitté Noisiel et l'environnement parisien. Je pense que tu as bien fait. T'es en Bretagne, c'est pour ça qu'on est en... en visio, tous les deux. Tiens, première question, comme ça, tu parles, toi, de puissance mentale. Et souvent, tu dis, je parle de puissance mentale et pas de puissance du mental. C'est d'ailleurs souvent une erreur qui est commise par les personnes qui ne connaissent pas la prépa mentale et se disent, ah ouais, ok, c'est la tête, et il faut, en gros, forcer ta tête. Mais toi, t'aimes parler de la puissance mentale, ce qui a le corps. qui évidemment induit ce qu'on a dans la tête.
- Speaker #1
C'est important que tu amènes ce sujet-là, parce qu'aujourd'hui, j'ai des gens qui viennent me voir en me disant « oui, je vais être plus fort mentalement » . Dernièrement, j'avais un athlète qui me disait « je vais être une machine » . Donc tu sais, cette image finalement, on va apprendre à dompter son mental, et puis à être coupé de ses émotions, et puis d'agir un peu comme une machine, comme un robot. Et en réalité, c'est la pire chose qui puisse t'arriver. de réagir comme ça. Et ce n'est pas pour rien que tu as des athlètes de très haut niveau, voire des Olympiens qui disent, après la médaille autour du cou, j'ai déprimé pendant plusieurs mois. Il y a des gens qui réussissent des concours qui me disent, en fait, je pensais que j'allais être heureux sur ce statut-là, mais non, je me suis planté. J'ai aussi pas mal de managers, d'entrepreneurs, de RH qui viennent me voir en me disant, mais tu sais, je pensais qu'en arrivant là, j'allais être le plus heureux du monde ou la plus heureuse des femmes, et en réalité, je ne le suis pas. Et tout simplement parce qu'ils ont été driveés par leur mental, par cet égo, par notre conscient, finalement, qui nous donne l'objectif. Et moi, j'aime parler de puissance mentale parce que au-delà de cette sphère du mental, il y a aussi cette sphère de cette puissance intérieure. Tu sais, cette puissance intérieure, c'est toute la partie inconsciente, tout ce qui nous anime profondément, toute... toute cette âme finalement qui est en nous. Quand quelqu'un va regarder un film, va écouter une personne parler, il va avoir des frissons, il va avoir l'émotion. Là, c'est justement cette puissance intérieure qui te dit « Tiens, ça c'est important pour toi, écoute ce qui se passe là, écoute en quoi ça résonne pour toi. » Et de se couper de cette ressource, de ce réservoir intérieur, ça serait dommage. Et tu sais, pendant des années, j'ai fonctionné justement à la puissance du mental. J'intervenais sur des interventions où il y avait de la misère, de la tristesse, de la violence. Je rentrais chez moi, j'étais coupé complètement émotionnellement. La nuit, je me réveillais, je faisais des cauchemars, je pleurais, je ne comprenais pas pourquoi. J'ai compris qu'en fait, je mettais un mouchoir, mais plus qu'un mouchoir, c'est carrément un drap sur mes émotions. Finalement, ce fort intérieur, cette puissance intérieure, cette partie émotionnelle, ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer. Et en réalité, quand je parle de... puissance mentale, on va aller rechercher ce qu'il y a au fond de nous. Mais quand je dis au fond de nous, tu sais, Flaubert, on n'est pas obligé d'aller savoir ce qu'on a fait à l'âge de 7 ans et pourquoi on nous a piqué un truc à l'école maternelle. Tu vois, ça, on s'en fout. Non, c'est pas qu'on s'en fout, c'est que c'est pas forcément le sujet. Mais en tout cas, on va aller observer comment cette puissance intérieure a été éduquée, a été... quand j'ai éduqué à la fois par notre éducation, mais à la fois par les expériences aussi qu'on a pu vivre dans notre quotidien, qu'est-ce qu'on a intégré comme quelque chose de vrai ? Des fois, il y a des gens qui vont dire, mais oui, mais c'est plus fort que moi, je n'arrive pas à faire ça. C'est plus fort que moi, je n'arrive pas à dire telle chose à telle personne. Parce que là, le c'est plus fort que moi, et pourtant tu as envie, donc dans ta tête, au niveau mental, tu as envie, mais le c'est plus fort, c'est justement cette puissance intérieure qui t'empêche. Parce qu'elle a été éduquée, parce qu'elle a été driveée, parce qu'il y a des schémas qui se sont mis en place et qui font qu'aujourd'hui, il manque cet alignement entre ce que j'ai envie ce que je veux, ce que je peux. Effectivement, il y a les dimensions émotionnelles, du corps, de la tête et tout ça. Ça ne fait qu'un en réalité. Et c'est pour ça que certains parlent de préparation mentale, notamment du mindset. C'est se couper d'une des choses les plus importantes, c'est-à-dire notre sphère inconsciente qui, elle, est là. Et encore, quand on parle d'inconscient, parfois ça peut faire peur parce qu'on se dit « waouh, c'est quoi ça ? » Mais en réalité, l'inconscient, c'est comme là, pour vous qui nous écoutez, si je vous disais « tiens, vos dernières vacances, vous étiez où ? » Vous allez aller puiser dans votre inconscient pour aller… Alors, on pourrait parler de préconscience et inconscient, on ne va pas rentrer dans le détail, mais là, vous allez chercher dans votre réservoir de ressources « tiens, j'étais où la dernière fois ? » Et si vous étiez, il y a 10 ans ou en 2011 ou en 2001, enfin en septembre, quand il y a eu les attentats, vous étiez où ? Vous allez rechercher dans votre réservoir. Et pourtant, il y a de ça quelques secondes avant, vous n'y pensiez pas. Donc là, c'est pareil, c'est parce qu'on a ce réservoir. Et en fait, quand la personne va prendre la parole en public, quand la personne va postuler pour un emploi, là, quand elle va se mettre en action, il y a toute cette... C'est ce réservoir-là d'expérience qui va se mettre... Il y a tous les logiciels qui vont s'activer. Donc nécessairement, si tu n'as pas mis ton logiciel à jour, si tu avances toujours sur le même logiciel de « je dois être fort, je dois faire plaisir, je dois paraître pour telle personne » , nécessairement, tu ne seras pas forcément toi-même et à ce moment-là, tu risques de passer à quelque chose de peut-être plus grand.
- Speaker #0
Ok, et quand tu évoques le blocage, souvent « oui, je sais » . que je suis impatient ou que je ne dois pas fonctionner comme ça, et ça on le voit souvent en accompagnement, quelqu'un qui dit « ah je sais, donc on travaille des choses » , mais à un moment donné, comme il y a ce blocage, toi souvent après, le truc c'est de descendre dans autre chose qui est plus émotionnelle, et donc là on part en relaxation, en état modifié de conscience de travail, sur « ok on va descendre d'un cran justement pour aller chercher ce que la personne a au fond, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, parce que la personne qui dit « Oui, mais je sais que je ne vais pas bien, mais je n'arrive pas à faire… » en fait, elle voudrait transformer quelque chose au même niveau de conscience qu'elle ne l'a créé. Et ce n'est pas possible, en fait. C'est-à-dire que si on est dans la performance, on ne peut pas modifier quelque chose avec la performance. Ce n'est pas possible. C'est Einstein qui disait qu'on ne peut pas modifier un problème dans le même état de conscience avec lequel il a été créé. Donc là, nécessairement, on va descendre dans un autre état de conscience qui est, comme tu l'as dit, moi je les appelle les états modifiés de conscience de travail, les EMCT. Donc là, ça va nous permettre de contourner ce que j'appelle le facteur critique. Le facteur critique, c'est ce mental qui lui va dire « Oui, je sais, non, mais ça va. » Il va couper l'accès à toutes ces ressources et même l'accès au logiciel qu'on pourrait transformer. D'accord ? Donc là, en contournant ce facteur, facteur critique à l'aide des EMCT, comment on arrive en état modifié de conscience de travail, ça peut être via des respirations, des relaxations, via des suggestions hypnotiques aussi, et encore une fois, quand on parle d'hypnose, parfois ça ne peut pas faire peur, mais l'hypnose, encore une fois, c'est un état qui est complètement naturel et c'est rien à voir avec ce qu'on peut voir avec Mesmer, parce que souvent les gens font un parallèle, et quand on va contourner ce facteur critique-là, et je vais dire après comment faire ? Eh bien, on a accès finalement, à ce qu'on peut véritablement vivre. Tu sais, c'est comme si la personne restait dans sa tour de contrôle, mais n'allait pas voir ce qui se passait au niveau des machines. Peut-être qu'au niveau des machines, ça crame, ça brûle, il n'y a plus d'essence, il n'y a plus rien, il n'y a plus d'énergie. Mais là, la tour de contrôle dit non, on continue, Tu sais, aujourd'hui, et ce n'est pas à toi que je vais apprendre ça, mais si près de 47% des gens en 2025 étaient en situation de burn-out, si tu as près de 30% des DRH qui vivent pareil, fin. 30% qui veulent changer de job parce qu'ils sont dans des situations critiques. Ce n'est pas pour rien, Flaubert. Parce que ces gens-là, ils sont pour la plupart épuisés. Ils aiment ce qu'ils font, mais ils sont épuisés. Et là, ils sont tellement, notamment les RH, mais même les managers, ces personnes qui ont ce sentiment d'être un peu l'amortisseur, tu sais, entre ce qui se passe en haut, ce qui se passe en bas. S'ils restent bloqués au niveau de la tête tout le temps, à un moment donné, ça va finir par craquer. Et pourquoi je dis le tout le temps ? Parce que parfois, c'est nécessaire de rester bloqué au niveau de la tête. Tu sais, moi, quand j'étais policier de terrain, quand je devais aller annoncer à une personne que son fils avait été victime d'un accident de la route, ou quand je devais être sur une scène où il y avait des personnes décédées, etc. Là, ce n'était pas le moment de me connecter à mes émotions. Bien sûr. D'aller me connecter à ces ressources, à cette sphère émotionnelle. Non, c'était le moment d'agir sous pression. Par contre, une fois que c'est terminé, comment je fais pour... passer de la tête à me reconnecter au corps ? Comment je fais pour contourner ce facteur critique ? Et souvent, le facteur critique, il est vraiment bien ancré.
- Speaker #0
Par des éducations, par nos expériences, etc. Et là, j'ai vu des... Des fois, on a de la difficulté à s'imaginer ça, mais des copains qui sont dans des groupes spécialisés, comme le RAID, la BRI, le GAO ou autres,
- Speaker #1
pleuraient.
- Speaker #0
Je ne peux plus, je suis à bout. C'est génial ce que tu es en train de vivre là. C'est génial parce que tu t'autorises à lâcher prise, à avoir cette soupape de sécurité. Un peu comme une cocotte minute. Si elle ne fait pas le bruit et que la vapeur ne sort pas, ça pète. C'est la même chose en réalité.
- Speaker #1
C'est le principe du burn-out au final. Absolument. Je suis en pilotage automatique, je continue, je continue, j'en veux plus. Et souvent d'ailleurs, les gens victimes du burn-out sont plutôt les très bons élèves qui s'investissent et surinvestissent. Et à un moment donné, tu te coupes de tes émotions et un matin, tu n'y arrives plus. Ou tu craques et tu pleures, tu ne sais pas pourquoi. Bon ben là t'es rattrapé par tout ça, donc voilà je vois vraiment bien en effet ce que t'expliques sur cette importance et cette puissance mentale globale. Ok merci pour ces explications, donc je disais en introduction la prépa mentale, moi je la vois bien dans le sport, je suis assez fan de sport, il y a pas mal de sportifs qui ont leur préparateur mental, tu en accompagnes certains et quand je dis C'est encore peu présent dans le monde de l'entreprise. Tu es d'accord avec ça ?
- Speaker #0
Je suis plus que d'accord. Ce n'est même pas présent dans le monde de l'entreprise. Des fois, on dit qu'il y a des prémices, mais on est à des années-lumières de ce qu'on pourrait... Alors, on parle des qualités de vie au travail. Oui, on coche des cases sur un papier. Mais réellement, comment on fait pour que... Déjà, le RH, lui, il se sente bien. Il se sent... qui ait du sens dans ce qu'il fait, qu'il apprenne à se connaître, qu'il soit en capacité aussi d'aider peut-être encore mieux, mais pas mieux techniquement, mieux émotionnellement, humainement, la personne qu'il a en face de lui. Et oui, c'est drôle ce que tu dis, parce que j'étais dans la police, et puis je formais déjà la préparation mentale, et puis j'arrive chez moi, j'assiste à une crise entre mes enfants, et là, je me surprends à utiliser... des techniques de préparation mentale pour moi et pour mes enfants. Et là, j'ai un déclic en me disant « Attends, c'est dingue ce que j'apprends dans les situations extrêmes ou dans des milieux opérationnels comme la police, je peux aussi le transposer dans mon quotidien. » Et là, pour moi, ça a été une révélation. Et ce n'est pas étonnant qu'aujourd'hui, quand on parle de préparation mentale, on va penser à Thédé Riner, à Léon Marchand, à toutes ces personnes qui ont une belle notoriété, qui utilisent la préparation mentale et surtout qui en... parle, parce qu'il y en a beaucoup qui n'osent pas encore en parler, même des athlètes de haut niveau, parce que très souvent, on dit préparation mentale égale, j'ai un problème avec le mental, alors que non, dans préparation mentale, il y a la préparation. Donc, aujourd'hui, effectivement, tout le monde, selon moi, a intérêt à avoir accès à cette sphère de la préparation mentale, pour une simple raison, c'est qu'elle va te permettre à la fois d'être au meilleur de toi-même, quand c'est le moment d'être au meilleur de toi-même, Parce que tu ne vas pas être dans le même niveau d'énergie, avoir le même focus, le même discernement, la même lucidité, quand tu es tranquille derrière ton écran. Et puis, quand tu as un salarié qui arrive en pleurs et qui est peut-être à deux doigts de se foutre en l'air. Là, par contre, quand le salarié arrive et que tu sens que ce n'est pas le moment, tu n'as pas le temps d'appeler la police, les pompiers. C'est toi, en fait, qui dois éteindre le feu. Mais là, comment tu fais ? Alors, tu te dis, qu'est-ce que j'ai appris dans mes cours ? Trop tard. Il n'a pas senti chez toi qu'il pouvait avoir cet espace de confiance, de sécurité, que tu étais calme, que tu étais en mesure d'intervenir comme il se devait. Et encore une fois, pour les gens qui nous écoutent, il n'y a pas à culpabiliser parce que vous ne l'avez pas encore appris. Donc là, aujourd'hui, la préparation mentale, comme un athlète, on parle, tu sais, moi j'ai accompagné un athlète olympique sur les derniers JO d'hiver là, et comment il fait pour être prêt le jour J à telle heure ? Ce n'est pas 5 minutes avant, ce n'est pas 10 minutes après, c'est à tel moment.
- Speaker #1
En plus, les compètes, c'est vraiment timing. Tu ne peux pas dire qu'il faut que tu sois prêt tel jour. Non, tu es prêt tel jour, à telle heure.
- Speaker #0
Et puis sur un sport individuel, c'est toi. Quand il y a l'équipe, tu peux un peu te cacher, entre guillemets, quelques minutes derrière l'équipe. Mais quand c'est toi, tu n'as pas le choix, en fait. Donc ça, c'est... Et là, pour les gens qui nous écoutent, Flaubert, c'est posez-vous la question. Quand est-ce que, dans votre quotidien, vous auriez... intérêt à dire tiens je dois être prêt là maintenant ça peut être face à un directeur ça peut être face à un client face à un collègue ou même Comment je fais pour switcher d'énergie quand je suis dans mon job et quand je vais rejoindre ma famille ? Parce que tu sais, moi, pendant longtemps, je restais dans la même vibe, dans la même énergie quand j'étais flic ou quand je rentrais à la maison. Ma femme disait, Jo, c'est bon, tu n'es plus sur le terrain. J'étais nerveux, j'étais vigilant, j'étais attentif à tout. Dès qu'il y avait un bruit, c'était en hyper-vigilance, en permanence. Pas en permanence. Donc, ça m'épuisait. Donc, la préparation mentale, pour terminer, pour répondre à ta question, c'est... développer cette compétence, parce que c'est une réelle compétence, à mieux se connaître et à savoir agir et interagir dans les situations du quotidien, quelles qu'elles soient, et à pouvoir s'adapter, peu importe la situation qui arrive, peu importe l'événement qui arrive. Et ça, ça va te permettre de mettre ton focus sur ce qui dépend de toi et pas sur ce qui ne dépend pas de toi. Donc ça, c'est tout. Et ça se développe, ça s'apprend.
- Speaker #1
Ça se travaille.
- Speaker #0
Et ça se travaille. Il n'y a pas besoin de faire dix ans d'études pour apprendre des choses qui sont, entre guillemets, je dirais, vitales.
- Speaker #1
Donc j'aime bien, tu dis, la préparation en test est une compétence. Ce n'est pas une qualité. Oui, moi, je sais gérer mes émotions. Non, c'est une compétence qui s'inquière, qui se travaille.
- Speaker #0
Je me permets, Flaubert, c'est que, oui, c'est une compétence. Maintenant, en fonction de là où tu as été éduqué, Là où tu as vécu, tu vas avoir plus ou moins facilement accès à cette compétence. Moi, par exemple, je viens de l'Est de la France, un territoire à Verdun, où on a connu les guerres pendant des générations et des générations. Moi, je suis né en 81, tu vois, pourtant largement après la guerre. Et pourtant, c'est on doit être fort, on doit être dur, on se coupe de ses émotions, on avance, on bosse. Donc, j'ai quand même été élevé dans un climat où l'accès à ses émotions, l'accès à la compréhension de soi, c'est... Non, c'est bon. Tu sais, moi, ma grand-mère me disait, c'est bon, t'inquiète, tant que t'as pas vu ta tête voler à 15 mètres, c'est bon, t'es encore en vie, c'est bon, fonce. Donc, il y a toutes ces notions de, oui, tout le monde a la capacité, mais en fonction de là où on a vécu, où on vit, ça peut être plus ou moins accessible. Mais en tout cas, c'est accessible à tout le monde, j'en suis persuadé.
- Speaker #1
J'aime bien ce que tu évoques sur ce qu'on appelle les drivers, les fameux cinq drivers qui sont soit fort, fait plaisir. et qui sont... on se construit, notre environnement familial, voilà, je sais pas, un garçon qui tombe, un garçon ça pleure pas, faut que tu sois fort, n'aie pas mal, montre rien aux gens, de toute façon les autres ils sont là pour te défoncer, ah ok, on se construit comme ça. Et j'ai écouté récemment un podcast sur quelqu'un qui expliquait, c'est quand même formidable que quand on est enfant, tout est possible, et on a... On ne prête pas attention au regard de l'autre. Un gamin qui se met à essayer de marcher, il tombe, il rigole. Plus on évolue dans le temps, à l'adolescence, on commence à renvoyer des messages. Donc là, on se construit à travers les autres. Et après, on se coupe justement un peu de cette puissance globale, cette force intérieure qu'on a. Plus on devient adulte, plus on réfléchit avec le regard des autres. Et je fais toujours ce parallèle de... Sartre qui disait l'enfer c'est les autres, c'est pas l'enfer c'est pas les autres parce qu'il y a du monde autour de moi c'est parce que les gens en fait je vais me construire à travers ce que je pense que les autres pensent de moi donc c'est le regard de l'autre qui fait que je me construis comme ci ou comme ça et c'est ce que tu évoques aussi en disant selon l'environnement on évolue d'une manière ou d'une autre donc faut se reconnecter à tout ça et comprendre en effet qu'on a une vraie puissance au fond de soi quoi.
- Speaker #0
Comme tu le dis justement cette puissance on pourrait se dire tu sais quand tu vois un gamin qui se connecte à son coeur Il y va, il avance, il va se connecter à sa créativité. Moi, quand je fais de l'hypnose avec des gamins, c'est tellement facile. Ils ont accès tout de suite à cette sphère de la créativité. Tu dis, moi, pendant des années, j'ai endormi mes enfants à l'aide des techniques hypnotiques en leur faisant imaginer qu'une petite coccinelle venait sur leur front. Dès qu'ils posaient à différentes parties de leur corps, ils étaient de plus en plus fatigués, ils s'endormaient, etc. Mais parce qu'ils imaginaient la coccinelle avec des grandes ailes et puis de telle couleur, alors que l'adulte, des fois, il dit, non. coccinelle ça va pas m'endormir. Donc c'est aussi aujourd'hui, et même vous qui nous écoutez aujourd'hui, c'est comment, est-ce que dans votre quotidien, vous écoutez votre cœur, votre âme, ce qui vibre à l'intérieur, est-ce que vous vous autorisez à être vous-même, quelles que soient les situations, sans non plus faire n'importe quoi évidemment, mais c'est, ou au contraire, est-ce que vous êtes pieds et mains liés, est-ce que vous, personnellement, vous vous mettez pieds et mains liés, parce que tu sais, j'ai évolué à l'école des officiers de police, où c'est très cadré, très structuré, et pourtant, Dans cette école-là, j'ai fait de l'hypnose en école de police. J'ai fait des trucs dingues devant des amphithéâtres de 100 personnes, de 100 officiers, où je me mettais debout sur la table, tu sais, un peu à la cercle des poètes disparus, et on testait des expériences. Et là, je voyais des étoiles dans leurs yeux, en fait, parce qu'ils se connectaient à leur âme. Ils n'étaient plus dans cette école. Mais tu sais, un truc tout bête, je me mettais debout sur cette table d'amphithéâtre et je leur disais, allez, on va compter jusqu'à trois et à trois, vous criez le plus fort possible. Certains regardaient leurs voisins en disant, mais on a le droit, on n'a pas le droit. Vous inquiétez pas, ma place en dépend et j'assume complètement. Et de voir quelqu'un qui s'autorise à faire des choses qui ne sont pas autorisables peut-être, eh bien là, tu voyais que tout de suite, là, pour le coup, ils étaient connectés à leur puissance mentale. Leur fort intérieur avec « On a le droit ! » Et là, ils étaient heureux. Et après, on faisait le cours. Et puis, j'avais forcément hautement leur attention pendant l'heure ou l'heure et demie que j'étais avec eux.
- Speaker #1
Ok, je voudrais bien qu'on aille sur les quelques outils de préparation mentale. Parce que c'est vrai que souvent, on a visualisation. Ah bah tiens, visualise-toi dans ta salle en train de parler. Ok, très bien. Pour aller un peu plus loin, tu peux nous dire quoi sur ce qu'il y a derrière quelques éléments de la préparation mentale ?
- Speaker #0
Tu sais, effectivement, on peut réduire parfois la préparation mentale à de la visualisation. Visualise-toi réussir. C'est la plus grosse connerie qu'on puisse faire.
- Speaker #1
Ok, j'adore.
- Speaker #0
Parce que visualise-toi en train de réussir, tu vas arriver en train de prendre la parole en public. ou à faire une conférence, et là, il va se passer un couac dans ta conférence, donc tu ne vas pas réussir comme tu avais préparé ton cerveau, et là, ton cerveau va être en mode danger, en mode détresse, avec tous les voyants allumés en disant « ça ne se passe pas comme prévu » , et là, ça va être une catastrophe. Donc, si tu n'anticipes pas le meilleur comme le pire dans ta préparation mentale, dans ton imagerie mentale, on peut l'appeler vulgairement la visualisation mentale ou la représentation mentale. Si tu n'envisages pas le meilleur comme le pire, ton cerveau, lui, sera préparé à une seule facette de la réalité. Et ce n'est pas la réalité. Donc, c'est ça, c'est très problématique. Et on voit parfois des gens dire, je vais te préparer mentalement avec une séance, on va te visualiser. Je ne dis pas que ça ne marche pas, mais ce n'est pas optimal. Parce que si ça se passe comme prévu, c'est cool. Et moi, j'ai vu dans des situations extrêmes que la plupart du temps, ça ne se passait pas comme prévu. Et c'est rare que ça se passe comme prévu.
- Speaker #1
Par exemple, pour ça que toi, tu mets en place des protocoles comme la TAO, par exemple, ou des techniques d'anticipation optimale ?
- Speaker #0
Absolument, c'est une des techniques phares que j'enseigne, tu la connais parfaitement, celle-là, c'est technique d'anticipation optimale. Donc, on va déjà réfléchir à l'objectif qu'on veut atteindre pour donner un cap finalement à ce qu'on va préparer. Et ça, on le fait en état modifié de conscience de travail pour aller justement préparer toute la sphère inconsciente. Parce que... Quand on est en situation d'urgence, c'est pas ce que l'on sait qui va ressortir, c'est ce que l'on a intégré, tous les automatismes. Et d'ailleurs, il y a des gens qui disent « je ne sais pas pourquoi j'ai réagi comme ça » . Parce que tu as appris comme ça, en fait. Et le savoir ne transforme pas. Le savoir, il donne une information. Et pour que le savoir passe du savoir à l'intégration, c'est par un travail de répétition. Et notamment via... la répétition en état modifié de conscience de travail. Donc là, si on revient sur le protocole TAO, la première phase, ça va être quel objectif j'ai envie de réaliser, quelle direction on va se donner. Donc là, on le donne à son mental, on va dire tiens, tu vas préparer ça. On peut s'imaginer réussir son objectif. Et ensuite, il va venir toute la phase de qu'est-ce que je mets en place pour, finalement, quels sont les différents ingrédients que je vais prendre pour atteindre cet objectif-là. Donc là, il va y avoir effectivement, qu'est-ce que je peux faire pour être au meilleur de moi-même ? Et en même temps, on va avoir par la suite la phase d'anticipation optimale. Cette anticipation, c'est qu'est-ce qui peut mal se passer ? Prépare-toi au pire pour assurer le meilleur. Et moi, j'ai vu dans des interventions où je risquais ma vie, mais comme beaucoup de policiers, si je n'avais pas préparé mentalement le pire qui puisse nous arriver, on aurait eu un temps de latence. Et ce temps de latence aurait pu être vital. Donc là, on prépare, on peut anticiper, et puis on peut noter factuellement, je risque ça, ça, ça, ça, OK, comment je m'y adapte ? Et ensuite, une fois, quand on a fait tout ce protocole-là, on ressent ça, on se met dans l'énergie, et c'est comme si on vivait la situation, en train de s'adapter, quelles que soient à la fois les bonnes choses et peut-être les moins bonnes choses. Et là, en fait, on est en train de créer de nouvelles connexions neuronales, des nouvelles habitudes, des nouveaux automatismes. Et ça, ça demande de l'entraînement, c'est de l'entraînement mental. Et ça, une fois qu'on a réussi ça, on augmente nos chances de réussite. Tu vois, des études qui sont dingues quand même. L'imagerie mentale augmente la force physique, la force musculaire. Ça veut dire que quand tu es en train d'utiliser l'imagerie mentale dans ton canapé, où tu imagines que tu soulèves un halter, il y a des connexions neuronales et nerveuses qui sont en train de se faire, et tu augmentes la force, pas le volume musculaire. Parce que tous les gens qui se sont dit, c'est cool, je vais faire ça, comme ça je vais avoir des beaux abdos, je vais avoir le six-pack. Non, non, ça ne marche pas comme ça. Par contre, des gains de force sont notables.
- Speaker #1
D'accord. Oui, c'est vraiment le mental. Là, pour le coup, c'est comment... C'est ça.
- Speaker #0
Les connexions neuronales amènent, en fait, ils envoient l'information au muscle et lui, donc, il se prépare à travailler, à augmenter sa force. Et de mémoire, on est à près de 15% de gain juste avec la dimension de préparation mentale, juste sur la force musculaire.
- Speaker #1
Tu as le même muscle, mais tu vas mieux le mobiliser, donc tu vas avoir plus de puissance au final, c'est ça ?
- Speaker #0
Absolument, plus de force, oui. C'est-à-dire qu'il y a eu des groupes d'essais, on ne va pas rentrer dans l'étude, des gens qui faisaient... que préparés mentalement, d'autres qui faisaient des protocoles à la fois où ils entraînaient physiquement leurs muscles plus préparation mentale, et d'autres qui ne faisaient rien. Et on voyait, évidemment, ceux qui font physique plus mental ont un gain supérieur, enfin, ils progressent. Ceux qui n'ont que le mental progressent aux alentours de 10-15%, et ceux qui ne font rien n'ont pas d'évolution.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, je fais une parenthèse, mais... Quand tu parles de force physique, c'est quelque chose que tu as travaillé toi-même, puisque tu as fait du kettlebell et tu as le record du monde, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est ça, en fait, moi j'ai toujours aimé exploiter, découvrir et me connaître de plus en plus. Effectivement, je faisais un sport qui était, il y a des années, on parlait de kettlebell, les gens ne savaient pas ce que c'était, probablement que les gens qui nous écoutent aujourd'hui...
- Speaker #1
Ceux qui vont en salle de sport voient ce que c'est.
- Speaker #0
C'est une boule de fonte avec une hanse comme ça. Ça, ça a été notamment développé dans les pays de l'Est, où mon sport spécifique, c'était de soulever ce poids-là pendant un temps donné. Et donc, effectivement, j'ai été plusieurs fois champion du monde et j'ai un record mondial. Le record mondial, j'ai soulevé 2388 fois un poids de 16 kilos. Donc, c'est l'équivalent de 38 tonnes, en fait. Et à l'époque, je faisais quasiment 10 kilos de moins. Je faisais 73 kilos pendant deux heures, non-stop. Donc, sans jamais poser la... Et là, tu passes dans tous les états de conscience. Là, tu as le mental qui veut à un moment donné reprendre le lead en disant « Allez, pose, arrête, pourquoi tu fais ça ? » Puis après, il y a ce fort intérieur qui dit « Non, continue, on est là pour ça. » Et après, tu rentres dans des états modifiés. Donc, c'est comment j'utilise aussi ces états-là pour performer, etc.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Donc, ça a été passionnant.
- Speaker #1
Tiens, imagine là, et après on ira sur la conclusion, mais là, quelqu'un qui nous écoute, qui dit « Quand j'écoute tout ça, c'est vrai que moi, je suis stressé quand même. » J'ai un vrai stress au travail, je sens que ça me pèse aussi dans mon comportement, dans ma vie de famille, etc. Allez, un conseil comme ça que tu peux lui donner, quelque chose de simple à mettre en place, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Déjà, avant de lui donner un conseil, je le féliciterais. Parce que déjà, d'avoir conscience qu'on est stressé, que ça ne va pas bien, c'est déjà que tu as fait le plus gros du job. C'est-à-dire que tu t'en rends compte. Et ensuite, c'est... Une question, avant de lui donner un conseil, c'est une autre question. C'est de quoi tu as besoin ? Réellement, de quoi tu as besoin ? Là, maintenant, est-ce que tu as besoin de te reposer physiquement ? Est-ce que tu as besoin de te reposer mentalement ? Est-ce que tu as besoin de te déconnecter ? Est-ce que tu as besoin de créer des relations qui soient beaucoup plus intenses ? Est-ce que tu as besoin de t'isoler personnellement ? Finalement, tu sais, je pourrais donner mille conseils. Mais en réalité, la vraie question à se poser, et ça peut être une sorte de conseil, c'est... Pose-toi la question aujourd'hui de quoi tu as besoin. Et c'est pour ça qu'il peut y avoir des fois des incompréhensions dans les couples parce que tu vois des gens, des fois, ils ont besoin de se coucher, d'aller au lit à 21h parce qu'ils sont explosés, ils sont fatigués. Et puis d'autres à 23h et puis d'autres vont avoir envie de sortir. Et puis c'est de quoi tu as besoin toi, si tu te mets réellement comme ça, peu importe que tu aies des enfants, un job, peu importe. Là, de quoi tu as besoin ? Et c'est une vraie question. Et si la personne ne sait pas y répondre, j'ai une deuxième question. de quoi tu as vraiment besoin.
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #0
on va aller creuser.
- Speaker #1
C'est pas mal comme programme, histoire de se dire, tiens, ce week-end, je me bois mon café tranquille dans mon coin, le matin, je me lève peut-être un peu plus tôt, et je vais au café du coin, de quoi j'ai besoin, de quoi j'ai vraiment besoin. Et tu vois, quand on parlait, je me disais, bah oui, déjà, ça part de là, et puis quand tu dis, est-ce que j'ai besoin de me reposer, mais ça peut être, est-ce que j'ai besoin de me dépenser ? aussi. Donc est-ce que j'ai besoin de me mettre à faire du sport ou aller essayer de marcher une fois par semaine ? C'est vrai qu'il y a plein de petites choses qui peuvent aider, mais de quoi j'ai besoin ? Ok, génial cette phrase. Vas-y,
- Speaker #0
vas-y. Les gens vont dire, là j'aurais besoin d'être trois semaines en vacances à l'île Maurice. Ok. Mais ce besoin-là derrière les vacances, ça veut dire quoi ? Tu as besoin de quoi quand tu dis que tu as besoin d'aller en vacances ? Est-ce que tu as besoin d'avoir un moment pour toi ? Est-ce que tu as besoin de soleil ? Et finalement, après, la question, c'est comment je peux faire pour répondre à ce besoin le plus simplement possible ? Et quand je dis le plus simplement possible, quelque chose qui ne te prend pas beaucoup de temps, d'énergie et beaucoup d'argent. Et venir nourrir ce besoin de plus en plus tous les jours. Un peu comme on viendrait arroser une plante pour en prendre soin.
- Speaker #1
Exactement, j'aime beaucoup cette image. Et tu vois, ça me fait penser ce que tu dis sur « oui, j'ai besoin de partir trois semaines » , mais il y a quand même un constat, et c'est presque un petit indicateur, comme ça, qu'on peut partager, mais à partir du moment où tu ne vises que tes périodes de vacances pour prendre du plaisir, être bien, déjà là, ça peut être un alerteur de se dire Qu'est-ce que je pourrais mettre dans mon quotidien pour, en effet, c'est vrai qu'on voit de plus en plus, tout est rythmé par les vacances, il faut que je parte, il faut que je... Mais ok, dans ton quotidien, qu'est-ce que tu pourrais mettre en place, comme tu le dis, de manière simple, peut-être récurrente, et qui me fasse du bien aussi au quotidien ?
- Speaker #0
Et ça peut être juste quelque chose qui a vraiment changé mon quotidien, c'est une fois par semaine d'aller au spa. jacuzzi, hamam, sauna et j'ai eu le sentiment de m'honorer j'ai eu le sentiment de prendre un temps pour moi et ça ça change tout et puis après évidemment le sport, la marche, des choses qui sont propres à chacun mais méditation si vous aimez ça, faire une sieste une récupération si vous pouvez entre medier deux c'est des choses qui, c'est pas grand chose mais qui changent littéralement la trajectoire de temps quotidien
- Speaker #1
Ok, on est notre premier outil de travail au final Et ça, il faut toujours se le rappeler, c'est bien, son ordinateur, ses tableaux, ses outils, son SIRH, ses machins, mais soit même, on est son premier outil de travail, comment on prend soin de son outil de travail ? On va terminer là-dessus, Geoffrey, merci beaucoup pour tout ce que tu as partagé, je vais terminer par les questions que j'ai l'habitude de poser à mes invités. Déjà, est-ce que tu as comme ça un conseil à donner aux personnes qui travaillent dans les RH ou dans le management, ce serait quoi ce conseil-là ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, vous avez le rôle de cet amortisseur. Un amortisseur, parfois l'amortisseur, il peut être grippé. Il n'amortit plus rien. Et puis l'amortisseur, il peut être un peu lâche comme ça. Enfin, tu sais, un peu... Pas le mot lâche, mais il se lâche un peu et il ne fait plus non plus son rôle. Donc, si j'avais un conseil à vous donner, prenez ce qui est bon pour vous, mais prenez soin de vous déjà, c'est essentiel. Vouloir aider les autres avant même de s'aider soi-même. C'est un peu peine perdue. On ne peut pas aider quelqu'un qui est en train de se noyer si nous-mêmes, on est en train de se noyer. Donc, prenez soin de vous. Et j'irais même, prenez vraiment soin de vous.
- Speaker #1
Ça rejoint ce qu'on se disait juste avant. Un livre à nous conseiller. Directement, on va parler de ton livre. Alors, tu as aussi un podcast qu'on retrouve sur Apple, Deezer, Spotify. Comment on le trouve ?
- Speaker #0
Puissance mentale. puissance mentale, vous le retrouverez sur toutes les plateformes, sur YouTube aussi. Et puis oui, comme tu l'as dit, j'ai écrit un livre aux éditions Erol. C'est mon challenge, puissance mentale, 5 minutes par jour pour apprendre à se faire confiance et oser dépasser ses limites. Parce que pour moi, la vie, c'est un vrai challenge du quotidien. Et 5 minutes par jour, je me suis dit, c'est quelque chose qui est vraiment abordable. Et quand on dit apprendre à se faire confiance, c'est derrière la confiance, c'est comment j'apprends à me connaître pour avoir... conscience de qui je suis avec mes failles, avec mes forces, etc. Et donc, voilà, c'est un livre que vous pouvez retrouver partout, sur toutes les plateformes, et j'ai de très très bons retours en tout cas.
- Speaker #1
Ok, génial. Et puis le podcast aussi, c'est très concret, tu donnes des conseils, parfois des protocoles. Donc allez-y, vous aurez plein de choses pour travailler votre prépa mental. Dernière question, est-ce que tu as une personne à me recommander pour un futur épisode ? Je pourrais tendre mon micro, est-ce que tu as quelqu'un en tête comme ça ?
- Speaker #0
Je pense à deux personnes comme ça, quand tu me parles de RH, de management. Il y a Erwan Olivier, un breton que j'adore, quelqu'un qui est aussi formé à la préparation mentale, quelqu'un de l'académie, quelqu'un qui a fait 20 ans dans les multinationales et qui a vu justement l'humain sous tension et qui aujourd'hui prend beaucoup de plaisir à accompagner toutes ces personnes-là. et à Audrey Dufresne aussi. qui a une belle visibilité sur LinkedIn, une belle personne aussi spécialisée dans l'ARH. Super. Deux belles personnes.
- Speaker #1
Merci, merci mille fois, Geoffrey. On va suivre tes aventures. Et nous, de toute façon, on continue évidemment de se voir et de travailler sur tout ce qui est préparation mentale. Merci beaucoup. Merci à toi. Et puis, à bientôt. Salut.
- Speaker #0
Salut tout le monde.