- Speaker #0
Est-ce qu'on t'a déjà reproché d'être trop engagée ?
- Speaker #1
Évidemment, évidemment, enfin direct. Tu vois, je suis arrivée avec ma petite tête et j'ai dit « Yaya, ça, ça va pas en chanson » . Et certains se sont dit « Autant, elle est un peu trop frontale, celle-ci » . Et en plus, je suis une fille, donc forcément, je suis toujours trop ou pas assez, souvent trop, mais tu vois, il y a quand même ce truc-là. 33 minutes avant que la planète brûle. Salut Suzanne ! Et salut Julia !
- Speaker #0
Tellement heureuse de te recevoir dans cet épisode de 33 minutes avant que la planète brûle. C'est un podcast qui a été imaginé par WWF France, qu'on adore, qu'on embrasse. On vous embrasse en vrai. Gros love. Le petit panda.
- Speaker #1
Le petit panda.
- Speaker #0
Je suis sûre que tu l'as déjà croisé dans ta vie.
- Speaker #1
Mais je l'ai déjà croisé dans ma vie, je l'ai identifié même ce petit panda et j'espère que tout le monde sait qui est ce petit panda et qui il représente.
- Speaker #0
Tu es en face de moi, tu sais très bien que je t'adore. J'aimerais te poser la première question quand même, c'est comment ça va ?
- Speaker #1
Écoute Julia, tout va bien, je suis très heureuse d'être avec toi sur ce petit canapé.
- Speaker #0
Tu es superbe. Dans ce podcast, on va parler de ton rapport à l'écologie, à la nature. J'aime aussi demander à mes invités de se présenter eux-mêmes. Est-ce que tu peux te présenter toi-même s'il te plaît Suzanne ?
- Speaker #1
Alors, waouh ! Merci Julia. Écoute, je suis Suzanne, je suis autrice. Compositrice, interprète, après ça commence à faire beaucoup tu vois si je cache que je fais du judo, du poney et ça commence à... Tu fais du judo ? Non pas du tout.
- Speaker #0
Ah ok parce que moi oui.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Je pensais qu'on avait un nouveau point commun.
- Speaker #1
Non il n'y a pas, non, le judo et le poney du coup non. Donc autrice, compositrice, interprète, ce petit accent vient de Provence, Avignon précisément, Avignon représente. Et puis voilà enfin qu'est-ce que je peux dire de plus ? Bah c'est déjà pas mal, je donne pas mon âge. Plus que flemme.
- Speaker #0
On fait ce qu'on veut en fait. T'as raison.
- Speaker #1
Une vraie milléniale quoi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Je sais que t'as des origines françaises, dans le terroir français, je sais qu'on a ce point commun là. On est originaire toutes les deux de l'Auxerre. Je pense qu'on va en parler parce que c'est une terre de nature exceptionnelle. Est-ce que tu as un premier souvenir dans ta vie de ce rapport à la nature, à l'écologie ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une chance de pouvoir vivre proche de la nature. Et donc j'ai des ancêtres lausériens, effectivement. Mais moi, je suis née en province, à Avignon, précisément. Et j'ai toujours eu la chance d'avoir un rapport avec la nature. Nous, quand on était petits, on allait très souvent en forêt avec mes parents. On allait s'amuser dehors, on faisait des herbiers. On faisait des petits collages avec ça, c'était le feu, etc.
- Speaker #0
On peut rappeler aux jeunes générations qui nous écoutent ce que c'est qu'un herbier.
- Speaker #1
Je ne sais pas s'ils savent vraiment ce que c'est. Après, on ne sait pas. Peut-être qu'on est un peu durs et qu'ils savent très bien ce que c'est un herbier. mais un herbier, c'est en fait, tu vas dans la forêt et tu... tu collectes des feuilles, plein d'éléments qui servent à faire une forêt. Et puis, tu les mets dans un cahier et tu définis ce que c'est. C'est une manière de s'éduquer sur ce qui nous entoure. Et c'est vrai qu'il y avait beaucoup de choses comme ça. Quand on était jeunes, on était beaucoup en plein air. Moi, j'adore être en plein air. Et d'ailleurs, dès que j'ai besoin de me déconnecter, je vis dans une grande ville à l'année. Il y a beaucoup de béton à Paris, il faut dire ce qui est, même si on essaye au maximum de remettre des arbres. On voit d'ailleurs que ça a beaucoup évolué. Moi, je suis arrivée il y a dix ans. Il n'y avait pas les pistes cyclables, il n'y avait pas tout autant d'arbres, mais voilà, en tout cas, on a besoin de nature, moi j'en ai besoin. Et souvent, je rentre, je vais me reconnecter dans des endroits comme la Lausère, la Provence, et voilà.
- Speaker #0
Donc tu es originaire de Provence, est-ce que tu retournes en Provence et tu vois un peu des différences de paysages, une évolution d'un réchauffement climatique, une écologie qui se modifie avec le temps dans tes souvenirs d'enfance ?
- Speaker #1
Je pense que quand je rentre et... Et je pense comme beaucoup de monde, parfois tu vois les choses changer. Moi, je pense surtout, admettons, tu vois, à l'époque, j'allais dans la maison de ma grand-mère, qui était dans une zone où il y avait quelques grands magasins autour, mais il y avait quand même des maisons, il y avait quand même un peu de forêt encore, etc. Et là, quand je repasse devant, il n'y a plus du tout la maison de ma grand-mère, il y a un gros, je peux dire, non, je ne dis pas, un gros magasin, un énorme magasin avec plein de, tu vois, de béton. Et souvent, je me dis... C'est triste de voir que le béton a pris le dessus sur la maison de ma grand-mère, donc tous mes souvenirs et tout plein de choses. Mais on voit la nature évoluer. Nous, dans le Sud, on a beaucoup de sécheresse, je pense. On a un peu peur de ce que va devenir le Sud, en fait. Moi, j'avoue, souvent, je me dis ce que je vais rentrer chez moi un jour. Tu vois, ça fait des années que je vis à Paris pour mon métier. J'adore Paris, elle m'a tout donné. Mais par contre, je sais qu'un jour, je vais avoir envie de me reconnecter à mes racines. Et je me dis souvent, est-ce que je vais rentrer dans le Sud ? parce que le Sud... Souvent on te dit, le Sud, dans quelques années, ce sera des canicules sur canicules, ça va brûler, ça donne pas trop envie de se projeter, ça me fait un peu peur. Je me dis, est-ce que mon Sud va changer à ce point ? Est-ce qu'on pourra y... vivre comme nos parents l'ont fait et j'espère que oui mais on n'est pas sûr de ça.
- Speaker #0
Je suis un peu d'accord, la ville, et d'ailleurs c'est dommage, mais c'est un peu, c'est vrai, étouffant. C'est bien d'avoir des espèces de soupapes et de pouvoir aller en nature, surtout en France où on a quand même des parcs naturels qui sont exceptionnels. Et je sais que tu affectionnes la Lauserre, tu y vas assez souvent. La Lauserre c'est un endroit en France qui est particulier, c'est l'endroit le moins pollué de France. Je crois qu'il y a 12 habitants au kilomètre carré, donc il y a carrément plus de vaches. que d'habitants en Lauser. Et moi, j'y vais souvent aussi. Et c'est un endroit vraiment qui nous ressource en profondeur. Je sais que tu y vas souvent.
- Speaker #1
À fond, j'y vais chaque année. En fait, c'est le département le moins peuplé de France. Donc, comme tu dis, il y a plus de vaches que d'humains. Et d'ailleurs, ça se sent. Je pense que c'est un endroit où la nature vit sainement. On sent qu'il n'y a pas d'activité humaine ou très peu. Et c'est un endroit qui est dur d'accès. Et en même temps, ce n'est pas plus mal. parce que je pense que c'est... Moi, en tout cas, quand je pense à un endroit qui est préservé, où je me dis, il reste des petits coins de paradis quand même dans ce monde où le décor n'est pas toujours très joli, je pense à cet endroit et effectivement, ça me rassure de me dire OK, il y a encore des endroits où on n'a pas tout abîmé partout. Et après, attention, en Lauserre, il y a quand même des sécheresses aussi. Les gorges du Tarn, chaque année, on se demande s'il y a, il n'y a pas d'eau. On ne sait pas trop. Donc voilà, en tout cas, c'est un endroit qu'il faut continuer de préserver et j'espère que ça pourra durer. un moment et qu'on ira chaque été faire du kayak là-bas, Julia.
- Speaker #0
Là, t'es en pleine tournée, t'as beaucoup, beaucoup de dates. Est-ce que tu penses, dans l'élaboration de tes tournées, à l'impact écologique que tes tournées ont ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une vraie question qu'on se pose tous dans l'industrie de la musique parce que c'est vrai que la musique, ça ne va pas toujours avec l'écologie. Il y a besoin, en tout cas pour tourner, de prendre un tourbus, de mettre des gens dedans, de faire beaucoup de routes. Les scènes, aujourd'hui, les scénographies... On est de plus en plus gourmand, entre guillemets, le public veut voir des gros écrans LED, etc. Il faut se poser la question, est-ce qu'on est obligé de s'adapter à tout ça ? Ça part aussi beaucoup des tourneurs qui mettent les dates en place. Tu vois, moi au début, je ne comprenais pas pourquoi on me faisait faire Bretagne, Sud-Est, enfin, des gros routings, mais qui ne sont pas très logiques et qui, écologiquement parlant, sont vraiment néfastes pour le coup. Donc là, aujourd'hui, on essaye de respecter un routing qui est plus logique. où on essaie de moins polluer. Moi, sur ma tournée, j'impose carrément. Je suis un peu rude là-dessus, mais pas de viande, pas d'animaux, on mange végé. Donc, tous mes techs, tous mes techniciens, même si dans leur vie de tous les jours, ils ne sont pas forcément dans ces régimes-là, ils s'y adaptent. Comme ça, nous, sur la tournée, pour la cause animale, pour l'écologie, ça fait un petit peu un poids en moins. Et évidemment, sur la consommation d'eau, éviter le plastique au maximum. On est tous sous gourde. Et je pense que c'est des petits gestes, tu vois, mais sur des équipes de 15 fois le nombre de dates, fois le nombre d'artistes qu'il y a en France, fois ça peut quand même jouer.
- Speaker #0
On a parlé des tournées, de l'impact écologique sur les tournées, mais moi, ma question, c'est plutôt sur les objets, le merchandising, les CD. Comment on gère un peu l'impact écologique par rapport aux objets que la musique produit ?
- Speaker #1
Alors, ouais, c'est vrai que c'est une question qu'on doit se poser, nous, quand on produit un album, tu vois, admettons. Moi, je trouve encore que c'est assez important de garder l'objet, mais essayer encore une fois de le tailler sur mesure à notre époque. C'est-à-dire, tu vois, les tonnes de plastique sur les CD qu'il y avait avant, tu étais obligé de déballer le plastique. Puis encore, il y avait encore du plastique. Enfin, c'était une tonne de plastique, en fait. Aujourd'hui, tu peux faire, attention, avec des emballages, cartons, etc. Enfin, ça évolue aussi sur ces questions-là. Après, c'est des choix de l'artiste aussi. C'est des choix... Moi je sais que j'aime bien supprimer le plastique au maximum des œuvres physiques. Donc voilà, je pense que c'est encore une fois des petites choses tout le temps à essayer d'ajuster. Et voilà, mais je trouve ça quand même plutôt cool que l'objet continue d'exister. Mais à nous de savoir le rendre un peu plus soft en écologie.
- Speaker #0
L'écologie, c'est un thème qui revient vachement dans tes chansons. C'est pour ça que je te pose cette question-là par rapport à tes concerts, etc. Il y a notamment la chanson « Il est où le SAV ? » Et tu utilises cette formule, tu dis « on a cassé la planète » . Est-ce qu'on a vraiment cassé la planète, selon toi ?
- Speaker #1
Oui, je pense qu'en tout cas, on ne l'a pas aidé à être en bonne santé. Aujourd'hui, on est quand même dans une génération où on constate, peut-être que nos parents ne s'en sont pas rendus compte, nos grands-parents encore moins. Mais nous aujourd'hui on a le rapport du GIEC, on est au courant que la Terre elle va pas être viable encore très longtemps et en tout cas pas dans des conditions comme celle-ci. Je crois avoir lu que les enfants nés après 2010 vont constamment subir des problèmes climatiques. donc ça fait un peu peur je pense que je parle d'écologie dans ma musique et je me permets de dire qu'on a cassé la planète parce que c'est factuel moi ça me crée de l'angoisse je pense que l'éco-anxiété ça existe sur les jeunes générations peut-être encore plus parce qu'arriver à se projeter dans l'avenir quand on te dit constamment dans les médias et un peu partout que le monde va mal et en tout cas que la nature a du mal à se régénérer parce qu'on est constamment en train de de la sollicité, on n'a plus de ressources, il n'y a plus d'eau, il n'y a plus assez en tout cas pour nous tous. Ouais, ça peut créer quand même de l'angoisse, quoi.
- Speaker #0
Et même dans tes visuels, dans ta DA, dans ta direction artistique de tes clips, t'es vachement engagée, je trouve, sur ce sujet-là. Notamment, t'as tourné un clip devant une décharge affolante. Est-ce que tu peux expliquer ce que c'est et où est-ce que c'était et comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
C'était une vraie question de tourner ce clip au Sénégal, dans une des plus grosses décharges à ciel ouvert. Parfois, il faut arriver à montrer des images, parce que c'est le seul truc qui peut créer un choc. Parce que parfois, on a beau parler d'écologie... À l'oral, comme ça, les gens ne se rendent pas vraiment compte. Et au moment où tu montes des images, on se dit « Oh oui, quand même, on en est là, quoi. » On montre les dégâts et c'est ce que j'ai voulu faire dans ce clip. Ça a été pour moi très intense, ce tournage, parce que je ne pensais pas que ça existait déjà. Tu te dis « C'est pas possible, tu vois des trucs, mais atroce. » Déjà, j'étais obligée de porter un masque parce que sinon, tu vomis toutes les trois secondes. C'était une horreur. Des chiens morts, des trucs, beaucoup de déchets électroniques. il faut voir aussi que Nous, tous les pays européens, on envoie du déchet électronique partout, enfin tu vois, les fringues, etc. C'est l'envers du décor. Et là, tout à coup, c'est moins joli à voir, mais je pense qu'il faut que les gens soient conscients que nos déchets ne sont pas absorbés par la terre, ou ils ne montent pas au ciel. Enfin moi, tu vois, à l'époque, dans les années 90, je voyais encore des gens sur l'autoroute jeter leur emballage par la fenêtre. On en voit encore faire ça, je me dis... complètement fou, des gens jetés par terre. Il y en a encore un petit peu. Mais on n'était pas éduqués, je pense. Moi, quand je gamine, je me disais, mais ils vont où les déchets ? Est-ce que c'est l'eau qui les absorbe ? Est-ce que... Aujourd'hui, je pense qu'on n'en sait plus et j'espère que les jeunes générations seront mieux éduquées, qu'il y aura plus de prévention pour aller vers du mieux.
- Speaker #0
Est-ce que c'est un thème que tu veux reprendre dans les prochaines chansons que tu vas écrire ? Que tu vas réintégrer dans tes clips ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y aura forcément de ma part des chansons qui parlent d'écologie, qui parlent de causes animales, parce que pour moi je décris le monde. Je suis une conteuse d'histoires vraies, je suis une chanteuse réaliste et j'inclus le vivant. J'inclus pas que les humains, j'inclus les animaux, j'inclus ce qui se passe autour de moi. Et je pense que tout ça, parfois on ne donne pas assez de paroles à ça. Les humains ont carrément pris ce truc un peu, on est au-dessus de tout. On parle beaucoup de nous, mais on ne donne pas la parole aux animaux, à la nature. Et pourtant, on a besoin de tout ça pour pouvoir nous vivre.
- Speaker #0
Il y a aussi une scène hyper parlante dans un de tes clips où c'est une femme qui allaite devant une centrale nucléaire. Ça, c'était très visuel aussi, très puissant, je trouve.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est une image marquante dans ce clip de « Il est où le SAV ? » . Il y a beaucoup de questions liées à la maternité aujourd'hui. à est-ce qu'on fait des enfants ou pas ? La question qui se pose, c'est souvent, déjà, la liberté de la femme de vouloir faire des enfants ou pas, mais il y a aussi ce truc de, est-ce que je fais des enfants dans ce monde-là ? Est-ce que ce monde-là ne fait pas un peu peur ? Je pense qu'il y a quand même beaucoup de gens qui ont de l'anxiété et qui arrivent à se poser ce genre de questions. Est-ce qu'on fait des enfants ? On s'est aperçus que, je crois que cette année, les femmes de 40 ans ont eu plus d'enfants que des femmes de 16. Ce qui n'est pas plus mal. Mais tu vois, comme quoi, on met plus de temps à faire des enfants. Et je pense que la question écologique aussi, et la nature, etc., ça fait partie du pourquoi on n'en fait pas.
- Speaker #0
Tu parlais de la cause animale à l'instant. Nous, avec WWF, on aime bien aussi aborder les choses avec des bonnes nouvelles. Il faut quand même annoncer les bonnes nouvelles. Parce qu'il y a des super choses qui se passent au niveau de l'écologie, d'ailleurs, grâce à eux. Surtout sur la cause animale, nos animaux chéris, moi, évidemment, comme toi, j'adore. Et en fait, en Lauserre, il y a énormément de gens qui sont en train de se faire enlever. de hérissons. Et les hérissons, alors je t'explique, très bonne nouvelle pour les hérissons, ils sont en voie de réapparition. 30% de leur population avait disparu ces dix dernières années, mais on a développé, des chercheurs ont développé une technologie avec des ultrasons pour pouvoir prévenir les hérissons, notamment quand ils traversent les routes, etc. pour éviter qu'ils se fassent percuter par les voitures. Et donc la population des hérissons a augmenté vachement grâce à cette technologie. Donc bravo aux chercheurs, vraiment les hérissons, voilà. On les embrasse, on les aime.
- Speaker #1
On les embrasse, on les aime très fort. Et je trouve ça super parce que c'est vrai qu'on oublie souvent les animaux qui doivent comme ça balader ou aller chez eux, etc. Nous, on fait beaucoup de routes. Et on se dit souvent que tout ça, c'est à nous, la route, etc. Mais en fait, c'était leur maison à la base. Donc au moins, c'est cool de les prévenir avec un petit ultrason. Et je suis très contente.
- Speaker #0
Ils sont sensibles aux ultrasons. C'est ça qui est énorme. C'est des animaux hyper intelligents. On a aussi le tigre. Le tigre, c'est un animal tellement majestueux, tellement magnifique. Au XXe siècle, il y en avait 100 000 dans le monde. Et il y a quelques années, il n'en restait que 3 200. Ce qui est quand même un drame absolu. C'était des animaux qui étaient braconnés évidemment pour leur peau, leurs dents, etc. Et WWF et 13 autres pays ont été très engagés pour leur protection. Et aujourd'hui, leur nombre a quasiment doublé. Le tigre est même réintroduit au Kazakhstan. Et c'est ce qu'on n'avait pas vu depuis 70 ans. Donc ça, c'est quand même une excellente nouvelle. Des gros animaux comme ça, ça fait plaisir.
- Speaker #1
Ça fait plaisir, bravo.
- Speaker #0
Troisième bonne nouvelle, c'est des nouvelles espèces. Des nouvelles espèces, notamment en Guadeloupe, au Pérou. Il y a des scorpions, des coléoptères, excellents, qui réapparaissent. Il y a une nouvelle espèce d'abeille aussi en Australie. Voilà, donc on a retrouvé plein de nouvelles espèces. Et ça, c'est toujours grâce à WWF. Donc franchement, merci beaucoup. Toi, tu as fait un truc assez exceptionnel. C'est que tu as fait un concert en stream à 1900 mètres d'altitude. Est-ce que tu peux nous raconter cette expérience ?
- Speaker #1
Écoute, oui, j'ai eu une expérience assez folle sur cette mer de glace il y a quelques années. C'était juste après le Covid, tu vois, au moment où on se rendait compte que, en fait, la nature sans les humains, mine de rien, elle peut se régénérer, elle peut se reconstruire. J'ai voulu sur ce concert-là, en fait, encore une fois, montrer ce qui se passe, profiter de la musique pour ouvrir des images. Et cette mer de glace, moi je l'avais vue quand j'avais 8 ans. Il y avait encore de la glace. Ça ressemblait vraiment à une mer de glace et elle était déjà... Voilà, pas en très bon état. Mais là, j'y retourne quelques années après et en fait, il n'y a que des cailloux. C'est une mer de cailloux, il n'y a plus de glace. C'est un décor qui a vraiment, vraiment changé. Il faut se rendre compte, il faut y aller. J'espère qu'il y a encore des gens qui vont marcher un petit peu et se rendre compte de l'état de la mer de glace. C'est des escaliers chaque année, ça se creuse, Et je pense que si un jour on a des gosses, ils ne verront absolument pas la mer de glace. Ça n'existera pas pour eux. Tu vois, tout à l'heure, tu parlais de l'évolution des décors et ça, ça en fait partie. Je pense qu'il y a des lieux en France où malheureusement, les futures générations ne pourront pas les connaître. Donc bref, en tout cas, j'avais fait ce concert aussi pour pouvoir donner à une asso et pouvoir... avancer sur ces questions-là, en tout cas, ouvrir le débat s'il faut.
- Speaker #0
Est-ce que c'est important pour toi, justement, de reverser des dons de tes bénéfices à des associations ?
- Speaker #1
Complètement, parce que je trouve que parfois, à ma place, j'ai l'impression que c'est pas assez. Tu vois, on dit souvent de moi que je suis une artiste engagée. Certes, peut-être que je le suis dans mes chansons. C'est un engagement qui est très naturel, parce que je le suis dans ma vie de citoyenne tout court. Mais je me dis, est-ce que c'est assez ? Là, en 2026, quand on voit tout ce qui se passe, moi, j'ai besoin d'avoir Un truc où il y a des gens qui agissent sur le terrain, qui sont encore plus... Enfin moi j'ai l'impression qu'ils ont les mains dans le cambouis. Et donc si je peux aider à ça, ouais. En tout cas sur des assos écolos, animaux, etc. Oui, je serai toujours présente. Et s'il faut donner ma voix pour faire avancer les choses, c'est un vrai honneur en tout cas pour moi de pouvoir le faire.
- Speaker #0
Je trouve que tu donnes vachement l'exemple aux autres artistes. tu les motives, tu les inspires effectivement à être engagée. Est-ce que tu penses qu'aujourd'hui, les artistes doivent être absolument engagés ?
- Speaker #1
Écoute, je ne sais pas si les artistes ou les gens tout court doivent être engagés. Je pense qu'encore une fois, vu tout ce qui se passe aujourd'hui, de ne pas être engagé, c'est presque une prise de position pour moi. Après, aujourd'hui, être engagé dans l'industrie de la musique, ce n'est pas forcément une place très facile. Les gens ont peur des gens engagés. Il faut dire ce qui est, l'engagement est égal souvent à la colère. Les gens engagés, ils sont en colère, ils ne sont qu'en colère. Non, moi je pense que les gens engagés, effectivement, quand il y a de l'engagement quelque part, quand tu veux te mettre en action, c'est que tu as été assez touché intérieurement par quelque chose, ça a réveillé quelque chose en toi, en l'humain que tu es, pour te dire... Dire « Ok, là je me mets en action, je fais quelque chose, je ne veux plus être dans le déni. » Ça c'est un chemin intérieur, tu vois, et je pense que chacun est à son rythme sur la prise de conscience. Mais ce n'est pas évident finalement d'être un artiste engagé parce que tu ne passes pas forcément en radio. Souvent les messages que tu véhicules, ça peut faire peur à certains lobbyings, à plein de gens ça peut faire peur. Mais bon, moi je pense encore une fois que la musique est une sacrée arme, qu'elle n'est pas là que pour divertir. Elle est aussi là pour dénoncer.
- Speaker #0
Est-ce qu'on t'a déjà reproché d'être trop engagée ?
- Speaker #1
Évidemment, direct. Je suis arrivée avec ma petite tête et j'ai dit « ça, ça va pas en chanson » . Et certains se sont dit « elle est un peu trop frontale, celle-ci » . Et en plus, je suis une fille, donc forcément, je suis toujours trop ou pas assez, souvent trop. Mais il y a quand même ce truc-là. On n'aime pas que les artistes, en général, prennent position. Là, on va arriver dans des... période politique etc on n'attend pas de nous chanter tais-toi c'est souvent ça qu'on nous dit mais je crois qu'aujourd'hui il ya toujours eu des artistes engagés peut-être qu'il y en a encore un peu plus aujourd'hui mais je sais pas moi je repense à balavoine à l'époque il s'engageait en chanson et pas qu'en chanson et je pense que c'est important d'avoir des humains comme ça aussi quoi qui n'ont pas peur de se mouiller un petit peu tant pis si ça ferme des portes et je crois aussi que c'est une question de partenaires
- Speaker #0
Donc j'imagine que tu as utilisé tes propres moyens pour faire ces happenings dans ces clips, devant cette décharge au Sénégal, mais aussi ce concert en stream au Mont-Blanc. Est-ce que tu as des rêves, d'autres happenings que tu ferais en concert, en clip ?
- Speaker #1
Là, je n'ai pas l'idée, je n'ai pas la vision tout de suite, mais je pense qu'en tout cas, je me suis toujours dit, j'aimerais beaucoup, tu vois, moi qui suis une artiste de scène, c'est un peu là mon terrain, c'est là où j'arrive à rassembler des foules, à rassembler des gens. J'aimerais pouvoir organiser des concerts caritatifs pour les animaux, admettons, pour la cause animale. Je trouve que ce n'est pas encore assez fait. Je trouve qu'on n'a pas encore réuni des artistes. Et je pense qu'il y en a beaucoup qui, mine de rien, sont plutôt engagés dans cette cause-là. Et il n'y a pas assez encore pour moi. Donc on peut associer nos forces. Et par l'art, et par l'engagement, et par l'action, rassembler les gens face à ces questions-là.
- Speaker #0
Tout à fait d'accord. Et si tu as une idée, moi je serais prête. mais tu seras la présentatrice du concert relayer participer faire ce que tu veux tu peux m'utiliser à 100% tu feras mes bacs aussi si tu veux avec plaisir je peux faire ça également je fais de la guitare je peux t'accompagner sur scène ça c'est très possible on va faire un petit jeu ensemble Suzanne vas-y si tu le veux bien je vais te donner des chiffres et tu dois me dire à quoi ça correspond ok ok tranquillement détente entre un et je vais te donner les chiffres et Et ensuite, je te donnerai les réponses et tu choisiras la réponse par rapport aux chiffres.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
On peut jouer ensemble aussi. Évidemment, tous ceux qui nous regardent peuvent jouer aussi. 17 842, qu'est-ce que c'est entre ces trois propositions ? Le nombre de litres d'eau qu'on consomme dans une vie, le nombre d'espèces en voie d'extinction en 2024 ou le nombre d'ex que j'ai ?
- Speaker #1
La 3 évidemment, non je dirais la 2 parce qu'il me semble qu'on consomme beaucoup plus d'eau dans une vie.
- Speaker #0
Donc le nombre d'espèces en voie d'extinction en 2024 c'est exactement ça, bravo, tout à fait. L'eau je crois qu'on en consomme beaucoup moins. Et mes ex, j'ai moins d'ex que 17 842, peut-être qu'un jour j'y arriverai, je ne sais pas. Je ne sais pas si c'est une bonne chose aussi, bon bref, ça c'est plus tard, un autre podcast. 11 000, c'est... Le nombre d'années sans pluie sur la Terre, l'âge du plus vieil animal connu ou le nombre de tonnes de CO2 rejetées par minute dans le monde. Redis la une, la une. La une, c'est le nombre d'années sans pluie sur la Terre. La deux, l'âge du plus vieil animal connu. Et la trois, le nombre de tonnes de CO2 rejetées par minute dans le monde. Et le chiffre, c'est 11 000.
- Speaker #1
La une.
- Speaker #0
Le nombre d'années de sang plus sur la Terre ? C'est l'âge du plus vieil animal connu. Alors, le plus vieil animal connu, c'est... C'est une éponge de mer. Ça s'appelle le monoraphis cunni. C'est une éponge de mer qui peut vivre jusqu'à 12 000 ans. Exactement, tu vois.
- Speaker #1
Et j'ai envie de me réincarner en éponge de mer. Mais si ça vit aussi longtemps et tranquillement comme ça, c'est génial.
- Speaker #0
Notre planète redorge de choses assez étonnantes, c'est clair.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
200. Est-ce que c'est le nombre de kilos de déchets produits par seconde dans le monde ? Est-ce que c'est le poids d'un requin ? Ou, en kilogrammes bien sûr, ou est-ce que c'est le nombre de lynx restant en France ? 200. Le nombre de kilos de déchets produits par seconde dans le monde ? Le poids d'un requin ? Ou le nombre de lynx restant en France ?
- Speaker #1
200 lynx, ça ferait vraiment très... Ce serait très très très très inquiétant, donc j'espère que c'est pas celle-ci, mais j'ai quand même hésité. Un requin, je crois que ça fait à peu près 200 kilos, non ? Moi je pense que c'est le poids du requin.
- Speaker #0
Et c'est malheureusement le nombre de lynx qui reste en France. Le lynx c'est un félin exceptionnel, donc c'est une espèce en voie de disparition. Et je sais que WWF France fait des choses aussi pour la protection des félins, notamment en France. Donc c'est bien aussi de sensibiliser les gens quand même.
- Speaker #1
C'est wow, tu vois, ça ça me choque. 200 lynx en France j'en parlais tout à l'heure en coulisses WWF est en train de faire un travail de réintroduction donc j'ai hâte qu'on puisse refaire le jeu et que le chiffre ait un petit peu augmenté et dernière question
- Speaker #0
9000 milliards est-ce que c'est l'argent qu'il faudrait pour investir dans le climat pour nous sauver est-ce que c'est le nombre d'humains maximum que la Terre peut porter ou est-ce que c'est le nombre de tonnes qui ont perdu les glaciers depuis 1970. 9 000 milliards !
- Speaker #1
9 000 milliards, la une c'était...
- Speaker #0
L'argent qu'il faudrait investir dans le climat pour nous sauver.
- Speaker #1
Franchement, je sais pas si ça se peut quantifier, tu vois, l'argent nécessaire qu'il nous faut pour sauver tout le bordel là.
- Speaker #0
Ou le nombre de tonnes qu'ont perdu les glaciers depuis 1970.
- Speaker #1
Ça c'est probable, je dirais celle-ci.
- Speaker #0
9 000 milliards, je sais pas si on se rend compte, c'est fou. C'est fou, c'est terrifiant.
- Speaker #1
Mais ouais, sauf que sans les glaciers, enfin tout est lié quoi, donc sans les glaciers, bref, le niveau de l'eau monte, enfin bon... Ça va être sympa.
- Speaker #0
Non, mais carrément. Et j'espère qu'on pourra refaire ce jeu ensemble dans peu de temps et que les chiffres seront beaucoup plus enthousiasmants. Suzanne, on va conclure cet épisode avec un petit exercice que j'aimerais que tu fasses. Tu es la dernière femme sur Terre, la dernière survivante de l'humanité. Et tu vas passer un message avec ce talkie-walkie que je vais te donner immédiatement. Qu'est-ce que tu dirais à la prochaine espèce qui découvrira ce message au nom de l'humanité ?
- Speaker #1
Oh waouh ! Écoutez l'album OVNI de Joule. Ouais, de Joule ! Non mais grave ! Non, qu'est-ce que... C'est fou ça, ce que tu me fais faire là.
- Speaker #0
T'es le dernier humain sur Terre. T'es Will Smith dans le film I Am A Legend.
- Speaker #1
Je pense que j'ai envie de leur dire... Écoutez le premier épisode de 33 minutes avant la fin du monde.
- Speaker #0
Avant que la planète brûle.
- Speaker #1
On vous renseignera sur tout. Voilà, c'est un podcast très complet. Voilà, bisous les OVNI.
- Speaker #0
Je crois que la recourse c'est d'écouter l'album de Jul, OVNI. Je suis complètement d'accord avec ça.
- Speaker #1
Aussi,
- Speaker #0
les extraterrestres vraiment peuvent kiffer je pense.
- Speaker #1
Non, je pense que dans un état de panique, si j'étais vraiment la dernière humaine, je... Je pense que je leur ferai un discours plus long. Mais là, comme ça, non. Franchement, je ne suis pas plus aspirée que ça. Parce que c'est moi. Mais c'est pas mal, non, de leur dire d'écouter ce podcast-là. Et de Joule.
- Speaker #0
Bah oui.
- Speaker #1
Juste après.
- Speaker #0
Merci beaucoup Suzanne.
- Speaker #1
Merci Julia.
- Speaker #0
Je dois dire qu'un truc, c'est qu'on a quand même une belle tournée qui est en cours.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Combien de dates ?
- Speaker #1
Oh, il y a beaucoup de dates. En fait, moi je tourne tant que tu ne viens pas au concert.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça exactement. On va venir et on va venir surtout, je pense, à Bercy, donc à l'Accord Arena. C'est quand ?
- Speaker #1
C'est le 27 mai 2027.
- Speaker #0
C'est fou. Exactement. C'est complètement fou. Et surtout, on stream en masse Millenium.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
voilà l'album on écoute toutes les chansons Champagne Il est où le SAV on y va à Donf et merci pour tout merci Suzanne et j'ai adoré cette conversation merci moi aussi Julia bisous bisous