Speaker #0Bonjour, bonsoir, bonne nuit. Bienvenue dans ce nouvel épisode de cette semaine, le podcast qui vous donne 7 recocultures par quinzaine. Centième épisode d'aujourd'hui, et je vous parle de 7 de mes oeuvres préférées all-time. J'ai 3 tatouages de ce roman, je ne sais pas comment j'aurais pu ne pas en parler pour revivre cet épisode. La Horde du Contrevent, édité par La Volte et écrit par Alain Damasio. Ils sont 23, formant la 34ème Horde du Contrevent, et ont entre 25 et 43 ans. Dans un monde balayé par les vents, ils ont été formés depuis l'enfance dans un seul but. Parcourir le monde d'ouest en est, de l'aval vers l'amont, à contre-courant, face au vent à travers la plaine, l'eau et les pics glacés, pour atteindre le mythique Extrême Amont, la source de tous les vents. Tous différents mais tous unis, ils forment une horde autonome et solitaire qui avance vers un seul objectif. Profitant du savoir et de l'expérience de huit siècles d'échec, on l'a dit meilleure et ultime horde, la seule qui atteindra enfin l'Extrême Amont. Ça fait longtemps que je n'ai pas lu le résumé officiel, et s'il est correct, je le trouve très froid par rapport à ce qu'on va vivre pendant ces 700 pages. C'est un roman qui est arrivé à un moment particulier de ma vie, où ça ne l'allait pas du tout, et ça a été à une immense bouffée d'émotions, de sentiments contradictoires, d'espoir et de tristesse. Ça semble un peu bateau de dire que c'est un livre qui a changé ma vie, mais pourtant je le pense. C'est un vrai bonheur de parcourir au fil des pages le monde de cette 34ème horde, quand bien même le monde est hostile, entre vent violent, peuple hostile et nature contrariante. Nos héros vont vivre des choses très fortes. Je ne sais pas à quel point je peux détailler ce qu'ils vivent, car si je pourrais en parler pendant des heures, je n'ai pas envie de vous divulguer des éléments, si jamais je vous donnais envie de le lire. Alors parlons un peu de la forme. Je l'ai dit, nous suivons 23 personnages dans cette aventure, et chacun d'entre eux va prendre la parole régulièrement. C'est une narration partagée, et il faudra faire attention aux symboles et signes de ponctuation placés en début de paragraphe, pour savoir qui prend la parole, et qui nous amène dans ses pensées. Chaque signe étant associé à un personnage, Pas d'inquiétude, vous avez un petit marque-page pour vous accompagner dans vos débuts de lecture et ne pas vous perdre entre les différents protagonistes. Même si très vite on se repère, et on repère les éléments de narration propres à chacun, et vous n'aurez plus besoin de ce petit marque-page. Parce qu'Alain Damasio arrive à donner une identité propre à l'écriture de chacun. C'est un travail titanesque qu'il a abattu ici, ce qu'il refera des années plus tard dans Les Furtifs, où en plus d'une narration multiple comme ici, on a aussi un élément typographique propre à chacun tout au long du récit. La Horde du Contrevent, c'est un roman un peu difficile à lire, je le reconnais. Mais si jamais vous parvenez à accrocher à la forme un peu difficile, le fond sera un peu exigeant aussi. C'est une écriture dense, fournie, minutieuse et immensément riche. C'est un roman qui vous fera voyager, qui vous fera rire, pleurer, qui vous donnera envie de partir à la découverte du monde, de dire je t'aime à vos proches. C'est mon roman préféré et j'ai l'impression de ne pas réussir à lui rendre justice, alors essayez-le et peut-être que pour vous ça marchera comme ça a marché pour moi. On poursuit la littérature avec un roman italien de Paolo Giordano, La solitude des nombres premiers. Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d'en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l'autre. Ils se croisent, se rapprochent, puis s'éloignent avant de se frôler à nouveau. Les nombres premiers ne sont divisibles que par un et par eux-mêmes. Soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mathia, jeune surdoué passionné de mathématiques en est persuadé. Il compte parmi ses nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. Leurs camarades de lycée seront les premiers à voir ce qu'Alice et Mathia ne comprendront que bien des années plus tard. Le lien qui les unit est indestructible. Pour les gens qui me connaissent et qui connaissent ma passion pour les nombres premiers, elle vient de ce livre, découvert à sa sortie en 2009. J'ai tout de suite été embarquée dans les sentiments complexes de Mathia et Alice. Je n'ai pourtant rien en commun avec l'un ou avec l'autre, mais c'est comme si je les avais toujours connus, et je comprends ce par quoi ils passent. Je me sens particulièrement proche de Mathia, sans surprise, mais j'aime la fragilité qui se dégage d'Alice, son incapacité à s'exprimer autrement qu'à travers un objectif, son refus d'expliciter les choses. C'est une histoire d'amour empêché, comme souvent, Mais Paolo Giordano ne va jamais jouer sur le pathos des situations. Il décrit les événements de leur vie avec une certaine froideur, comme s'il ne voulait pas que son lecteur soit trop impliqué. C'est raté. Je suis très impliqué dans leur histoire, mais j'arrive à en rester suffisamment détaché pour que ça me bouleverse sans me faire de mal, et ça c'était quelque chose qui n'était pas simple à écrire j'imagine. L'auteur a une écriture chaude, mais en même temps très clinique. Tout semble calculé, minuté. Chaque virgule est à sa place et ne pourrait être ailleurs. Paolo Giordano a une formation scientifique. Il a présenté une thèse en physique des interactions fondamentales, et on sent cette rigueur dans l'écriture. Ça pourrait en rebuter certains, mais j'aime beaucoup ses écritures très méticuleuses et précises, comme je viens de le dire en parlant de la Horde. Les deux romans sont assez similaires sur ce point, même si chez Damasio on sent beaucoup plus la viscéralité qu'il a mis dans ses personnages. Ici, Mathia et Alice sont deux entités brutes, plus minérales qu'organiques. On ne s'attachera jamais à rien d'autre qu'eux, ni les autres, ni les environnements n'auront d'importance. La seule chose qui compte, ce sont Mathia et Alice. 2 760 889 966 649 2 760 889 966 651 Et c'est leur trajectoire qui nous intéressera, rien d'autre. C'est un roman qui a été déterminant dans ma vie à plein de niveaux, et si Paolo Giordano n'a pas réussi à autant me convaincre avec ses romans suivants, c'est un auteur que je vous conseille. A noter aussi que le roman est adapté en téléfilm pour Arte en 2010, et c'est très dispensable, soyons honnêtes. La solitude des nombres premiers est parue chez Seuil pour un total de 336 pages. Beaucoup connaissent Christophe Honoré pour son cinéma. Personnellement, je l'ai d'abord découvert comme auteur de théâtre quand, lors de mon année de cinquième, nous avons joué sa première pièce, Les Débutantes. Le petit frère est parti depuis 28 jours, loin de la cité, à la recherche de ses parents qui les ont abandonnés. Lui, ses deux sœurs aînées et les cinq jumelles. Il n'a pas retrouvé les parents. Il se cache encore un peu avant d'affronter ses sept sœurs et de leur avouer son échec. Il se doute que depuis son départ, les sœurs déraillent. Les sœurs aînées font ce qu'elles peuvent pour donner un semblant d'ordre à la maison. Elles surveillent les plus jeunes, mais elles ne savent pas à quoi rêvent les jeunes filles, ni à quel point le désir des jeunes filles peut devenir fou et dangereux. La petite sœur est désespérée. Ses copines lui ont fait croire qu'elle rencontrerait enfin à une fête un garçon qui l'aimera, un amoureux qui l'aiderait à s'enfuir. Les jumelles fument en cachette et lisent des livres à l'eau de rose. La grosse ment comme elle respire, mange et rêve d'un jeune homme qui l'embrassera enfin. Béatrice délire, elle attend que les lumières s'éteignent pour faire surgir une ronde de garçons, les attendus, qui doivent éternellement rejouer la même scène, aller voir ce qui se passe dans la chambre close des parents. Pendant qu'il joue, Béatrice parle de son seul amour qui s'appelait aujourd'hui, de cet amour déçu, meurtri, qui l'a transformé en folle meurtrière. Comment ne pas délirer quand on n'a pas été aimé ? Comment aimer avec ferveur quand l'amour très tôt a déserté la place ? De ce désir de vivre qui fait rage, de ce désir tout court qui sortira indemne. C'est une pièce que j'ai beaucoup aimée lors de ma première lecture, et que je continue de beaucoup aimer, même si je ne l'ai pas relue depuis longtemps. J'ai encore des passages en tête de manière très claire. Oui, je connais encore ma scène presque par cœur, quand bien même je ne l'ai pas jouée depuis plus de 20 ans. J'aime beaucoup ses personnages, tous loufoques, dans cette situation, elle aussi surréaliste. On ne sait rien du lieu de l'action ou de sa temporalité. Tout est très flou, mais c'est ce que j'aime dans le texte. Et ce que j'aime aussi dans l'œuvre de Christophe Honoré plus globalement. C'est un auteur qui n'a pas peur de perdre son public en lui proposant des choses qui ne sont pas linéaires et sur lesquelles on doit faire des efforts. pour l'intégrer à notre propre vision du monde. Je n'ai jamais vu cette pièce jouée par de vrais comédiens, mais je serais très curieuse de voir comment une troupe peut donner vie à cette adélphité. J'aime tous les personnages, même les plus peaux de vache, car les sœurs ont un sacré caractère, il faut le reconnaître. C'est très drôle et en même temps assez triste. On n'aura jamais le fin mot de l'histoire, de ce qui est arrivé aux parents, ni si les sœurs vont voir leurs rêves se réaliser. C'est une pièce qui interroge l'idée de l'adolescence et du début de l'âge adulte, et je constate en écrivant que c'est une thématique commune à toutes les recommandations que je vais faire dans cet épisode. C'est assez logique parce que c'est une période qui est fondatrice pour beaucoup de gens, mais c'était drôle de s'en rendre compte comme ça. Les Débutantes est parue chez l'école des loisirs et c'est une pièce très courte qui tient en 86 pages. Pour cet épisode, je voulais parler d'un film de Xavier Dolan. La question était de savoir lequel. Après de longues discussions avec moi-même, mon choix s'est porté sur Momie, sorti en 2014, avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément et Patrick Huard. Dans un Canada où la loi S14 permet à un parent de confier son enfant très difficile à une institution... à une institution d'état type hôpital psychiatrique pour mineurs. Diane, que l'on appelle Dai, veuve, doit récupérer son fils exclu du centre de redressement où il se trouvait pour de graves faits de violence. Steve, TDAH, impulsif et très violent, ne se sent bien nulle part et ne parvient pas à se faire à cette nouvelle vie. Dai est à bout, mais avec l'aide de Kayla, une voisine aussi discrète que fragile, Steve et Dai tentent de trouver une nouvelle dynamique familiale. C'est un des films qui me bouleverse le plus. Je rentre immédiatement en empathie avec chaque personnage de notre trio. Steve est totalement inadapté et n'accepte pas la mort de son père. Dyke qui fait tout pour survivre mais qui ne sait pas comment faire pour vivre maintenant qu'elle est veuve, malgré qu'elle donne tout pour avoir l'image d'une femme forte. Et Kyla, qui n'arrive pas à surmonter un drame personnel qu'on ne présentera qu'à demi-mot et qui se laisse couler dans sa grande maison sans pouvoir interagir avec son mari et ses enfants. Tous les trois vont se trouver et sortir peu à peu la tête de l'eau, mais la vie est bien décidée à ne pas leur faire de cadeaux. C'est un film qui a été beaucoup commenté à sa sortie et je n'ai rien de nouveau à ajouter. Le changement de ratio d'image pour marquer les moments de liberté et les moments où les problèmes reviennent. Le format carré revenant emprisonner les acteurs dans le cadre. La musique, très chère à Dolan, qui ici est presque un peu caricaturale. Comme dit, ce qui me parle vraiment ici, c'est les interactions entre les personnages. Au début du film, quelqu'un dit en substance à Dai, c'est pas parce qu'on aime quelqu'un qu'on peut le sauver. Et si elle lui répond que les sceptiques seront confondus, Diane ne prend pas totalement conscience de ce que ça implique de s'occuper de Steve. Et ce n'est pas du tout un personnage que je veux accabler, et si je comprends certains de ses choix, je ne les approche pas. Notamment la scène du bar, parce qu'elle fait appel à un voisin avocat pour qu'il l'aide sur une procédure et celui-ci accepte à la condition d'un rendez-vous dans un bar karaoké. Il aurait préféré que Steve ne soit pas là et il lui fait bien sentir. Quand Steve va chanter un morceau et faire une vraie déclaration d'amour à sa mère, personne ne fait attention à lui, à part un pilier de bar qui va le bouler. Sa mère est trop occupée à faire les yeux doux aux voisins. Évidemment que cette scène va mal tourner. Rien ne va dans ce cadre, un environnement bruyant et angoissant, Diane qui se laisse draguer sans faire attention à son fils, Et elle en a tout à fait le droit, bien sûr. Mais dans cette situation, on sent que ça n'est pas totalement sincère et qu'elle ne prend pas conscience de ce que ça va déclencher. On comprend qu'elle soit au bout du rouleau et qu'elle voit ce rendez-vous comme une occasion de peut-être sortir de cette mauvaise passe et de cette mauvaise nouvelle qui lui est tombée dessus. Et peut-être aussi l'occasion d'avoir un rendez-vous qui lui rappelle qu'avant d'être la mère de Steve, elle est une femme et que sortir avec un homme est une possibilité intéressante. Je ne la blâme pas. On comprend que tout est ligué contre elle et Steve. J'aime beaucoup le côté montagne-urus de ce film. Si vous avez le cœur bien accroché et pas peur de pleurer des hectolitres de larmes, je vous le recommande chaudement. Momie est distribuée par MK2 Diaphanah et il dure 2h20. On change radicalement d'ambiance, puisqu'on entre maintenant dans les cinémas d'Edgar Wright. Baby Driver, avec Ansel Elgort, Jamie Foxx, Lily James, John Hamm, Kevin Spacey, Eiza Gonzalez, C.J. Jones et Sky Ferrara. Baby est chauffeur pour des breakers à Atlanta. Souffrant d'acouphènes depuis l'accident de voiture qui a tué ses parents, il écoute de la musique en permanence pour atténuer la douleur. Entre deux jobs, il fait des remixes de conversations enregistrées et de bruits du quotidien. Et il prend soin de Joe, son père adoptif atteint de surdité, qui aime les sandwiches avec du beurre de cacahuète bien étalé dans les coins. Un jour, il rencontre Deborah, serveuse dans un diner dont il tombe immédiatement amoureux. Et alors qu'il pense qu'il va pouvoir lui offrir une vie normale, il reprend du service pour un dernier casse. Tout est préparé, millimétré, organisé. Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ? La nuit va être très longue et les choix de playlist seront plus importants que jamais. J'aime énormément le cinéma d'Edgar Wright et Baby Driver est un condensé de ce qui j'y apprécie. Un fort intérêt pour la musique et des références pop culture plus ou moins discrètes. Un montage rapide mais pas surquêté ni haché. Une grande alchimie entre les acteurs et un certain talent pour filmer les scènes d'action. Les acteurs sont parfaitement castés pour leur rôle, et les différentes équipes de braqueurs fonctionnent très bien. J'aime beaucoup le couple Darling-Buddy, qui prenne la défense de Baby quand il sera un peu malmené par les autres qui ne comprennent pas son fonctionnement différent, jusqu'à ce que les choses se passent mal et que ça soit chacun pour soi. J'aime aussi beaucoup la caractérisation de Doc, chef d'entreprise intraitable et autoritaire. Braqueur, c'est un métier sérieux, on ne peut pas composer avec des amateurs. Mais il a un côté très paternaliste avec Baby malgré tout. Jusqu'à la fin, il fera tout pour l'aider. Il l'emploie depuis l'enfance quand Baby a volé une de ses voitures. Doc a très vite vu son habileté et son intérêt pour les voitures et il a veillé sur lui à sa manière depuis lors. Edgar Wright est très doué pour filmer de jolies images et il le prouve encore ici. La composition des plans, les couleurs, les lumières, j'aime tout ce que je vois. Et le film est une des plus chouettes scènes d'ouverture que je connaisse. Scène que je regarde régulièrement même sans voir la suite du film. Je regarde juste cette ouverture, le premier braquage, jusqu'à la distribution du premier café. Si vous cherchez un film pop, fun, qui ne s'arrête pas pendant deux heures, qui vous fera rire, retenir votre souffle, et peut-être pleurer un peu, ce film est pour vous. Le film du Runeur 53 est dispo en VOD format physique grâce à Sony Pictures. Berlin, 11h40. Lola et son petit ami Manny, à peine 20 ans, se heurtent à un gros problème. Déboussolé par la présence de contrôleurs, Manny a en effet égaré dans le métro les 100 000 marques qu'il doit à un dealer. Or, le rendez-vous est fixé à midi pile. Cour le lacourt, troisième film de Tom Tickwer, à qui on doit entre autres le parfum, histoire d'un meurtrier, et Cloud Atlas co-réalisé avec Lewachowski, mais aussi la réalisation d'épisodes de Sense8 et de Babylon Berlin. Porté par le duo Franca Potente et Moritz Bloibtreu, qui joue aussi dans Speed Racer de Lewachowski, La Boucle Bouclée. Comme quoi faire un mot LV1 peut servir à quelque chose. J'ai découvert ce film lors de mon année de quatrième, et ça a été une petite révolution dans ma cinéphilie. C'est avec ce film que j'ai vraiment compris que la manière de raconter une histoire est vraiment primordiale, et Tom Tickwer nous le montre par trois fois. Trois fois, l'histoire va se répéter. Mani appelle Lola pour la prévenir, elle raccroche, et chacun va chercher comment récupérer l'argent en seulement 20 minutes. Braquage, chantage familial, casino, traque de la personne qui a trouvé l'argent dans le métro. Trois fois la même histoire et pourtant, trois histoires différentes, offertes à chaque personnage que l'un ou l'autre de nos héros croisera dans la rue. Une série de photos comme des flashs qui annoncent l'avenir de ces passants innocents. Tantôt heureux, tantôt carrément tragiques, c'est là que l'on voit que littéralement le malheur des uns fait le bonheur des autres. J'aime énormément ce procédé, et même si j'ai vu le film plus de dix fois, je suis toujours surprise et amusée de découvrir les destins de ces différents protagonistes. J'aime aussi beaucoup le jeu des acteurs, et on ne doit pas se mentir, la couleur de cheveux de Lola a grandement influencé mon évolution capillaire. Si j'avais choisi un autre élément de caractérisation, j'aurais peut-être pu commencer une collection de pantalons verts poids macarons, j'ai clairement fait le bon choix avec les cheveux rouges. C'est un film qui fait référence à plusieurs éléments de la culture allemande. La manière qu'a Lola de crier jusqu'à briser les vitres est un clin d'œil au tambour, de Volker Schlöndorff, sorti en 1979. Le téléphone de Lola est rouge, Et dans l'Allemagne de la fin des années 90, cela n'est pas anodin. Il y a aussi des passages en animation, dont le style rappelle celui de Pink Floyd The Wall, et à l'inverse, c'est un film qui va influencer à son tour la production audiovisuelle. Notamment le premier épisode d'Alias, la série de J.J. Abrams, qui crie son amour pour le film, mais on retrouve aussi des clins d'œil d'en buffier contre les vampires et les Simpsons. Courleau la cour dure 1h21, il est distribué par ARP. Un épisode sur mes œuvres préférées sans parler de musique n'aurait pas beaucoup de sens. et j'ai longuement cherché quel album j'allais choisir pour cet épisode. Puis, un album s'est peu à peu démarqué, et avec lui son groupe plus globalement. Pour cette dernière reco, je vous parle de This Is In Virtues, troisième album du groupe de Las Vegas Panic At The Disco, sorti en 2011. L'album arrive après un changement majeur de line-up, avec le départ de Ryan Ross, co-fondateur avec Brandon Urie. John Walker quitte lui aussi l'aventure, mais Spencer Smith, le troisième co-fondateur, est revenu fin 2009, donc... On récupère un peu le line-up de base, mais plus vraiment. C'est un album que j'ai énormément écouté entre 2011 et 2014, et que j'écoute encore très régulièrement. 11 pistes sur l'édition classique et 15 sur la version deluxe. 4 titres en plus qui comptent 3 de mes titres préférés de l'album. Stole Me, Turn of the Light et I Wanna Be Free, qui sont parmi mes chansons préférées du groupe de manière générale. C'est un album qui tranche avec les deux premiers de leur discographie. Une musique plus simple, avec moins de fioritures que Pretty Odd, et a fever you can't sweat out. On a plus de profondeur sur les textes, c'est un peu plus adulte. Ils veulent parler d'amour. C'est à cette période que Brandon rencontre celle qui sera sa femme et à qui une chanson est dédiée. Ils veulent se poser et poser les premières briques de leur vie d'adulte. Musicalement, on reste sur quelque chose de très pop-rock, loin des influences beatlesques de Pretty Odd. C'est un groupe qui va savoir renouveler son style d'album en album, à tel point que la première écoute d'un nouvel album de Panic à The Disco peut être décontenancente. Visuellement aussi, on sent une évolution. Fini les costumes baroques et victoriens, place au steampunk. comme on peut le voir dans les clips de Mona Lisa, premier single annonçant l'album. Cette évolution se poursuivra jusqu'à la sortie de Viva Las Vengeance, dernier album du groupe qui est entre-temps devenu un projet solo. Chaque album marquant une nouvelle période de l'histoire américaine. Le jour de l'annonce de la fin de l'aventure Panic At The Disco, j'avoue avoir été très émue. C'est une partie de mon adolescence qui partait, mais je me suis souvenu qu'ils avaient cet album derrière eux, même si je n'aime pas trop le tout dernier et que j'aurais préféré qu'il s'arrête avant. J'ai donc 6 albums que je peux réécouter régulièrement, ce que je fais, soyez-en certains. C'est un groupe qui a été très important pour moi. J'ai pu les voir plusieurs fois en concert et ils auront toujours une place dans mon cœur. Vous pouvez les écouter sur toutes les plateformes habituelles. C'est la fin de cet épisode, merci de m'avoir écouté. Les liens sont dans la description comme d'habitude. Et à dans 15 jours pour commencer la route vers les 200 épisodes.