Speaker #0Bonjour, bonsoir, bonne nuit, bienvenue dans ce nouvel épisode de 7 semaines, le podcast qui vous donne 7 recours culture par quinzaine. J'imagine que vous connaissez tous le Monopoly, le célèbre jeu de société créé par Charles Darrow dans les années 30. Acheter des propriétés, y mettre des maisons, les hypothéquer, faire payer ses adversaires, avec ses parties qui durent des heures et des heures. Trop long. En 2026, on n'a plus le temps. Qu'à cela ne tienne, j'ai trouvé mieux. Monopoly Deals. Plus de plateau, plus de dés, uniquement des cartes et des parties qui durent en moyenne 20 minutes. Qui dit mieux ? J'allais dire un design plus moderne, mais mon édition familiale du Monopoly est en ancien franc, alors forcément tout me semble plus moderne. Cette première recue est en fait une recue multiple, car je n'ai pas fait cette découverte toute seule. On m'a présenté ce jeu dans un bar à jeux qui a ouvert tout près de chez moi à Chevilly-la-Rue, le Paradoxe Ludique. E.H.L. vous y accueille du mercredi au dimanche autour d'un de ses nombreux jeux mis à disposition et de ses excellentes crêpes. Que vous veniez seul ou à plusieurs pour jouer à un classique du jeu de plateau ou à une nouveauté dénichée par E.H.L., vous êtes les bienvenus. Le programme d'animation change toutes les semaines, le planning est nodé sur leur canal WhatsApp et sur les réseaux sociaux, je vous mets les liens en description comme d'habitude. Ceci n'est pas une collaboration commerciale, mais je passe beaucoup de temps dans ce lieu depuis son ouverture et ça me semblait justifié de vous en parler ici. C'est à l'occasion d'une de mes visites que j'ai découvert mon jeu préféré du moment, The Gang, créé par Carrie Heath et John Cooper, sorte de poker coopératif. Le but du jeu est d'ouvrir trois coffres de banque. Pour cela, une base de Texas Hold'em, la variante la plus connue du poker. Chaque joueur débute avec deux cartes et cinq cartes sont ensuite révélées sur la table tour à tour. Les joueurs doivent, sans révéler leur main ni communiquer au sujet de ce qu'elle contient, se classer de la main la plus faible à la main la plus forte. S'ils y parviennent, un coffre est ouvert. Sinon, une alarme se déclenche. Trois alarmes et c'est l'élimination. Ce jeu est addictif et au moment où j'écris ces lignes, je n'y ai pas joué depuis plus d'une semaine, ça ne va pas du tout. Monopoly Deals est distribué par Hasbro, The Gang lui est édité par Yellow et le paradoxe ludique se trouve à Cheville-la-Rue. Déjà... un film avec Alexander Skarsgård n'a pas besoin de grand chose pour me convaincre de le voir. Mais si en plus il joue un dominateur biker qui aime lire des livres avec ses petites lunettes argentées sur le nez, comment voulez-vous que je résiste ? Adapté du roman Box Hill, Pillion d'Harry Lytton est actuellement en salle et c'est un immense coup de cœur. Colin, un jeune homme introverti rencontre Ray, le séduisant et charismatique Ray. Il lui fait découvrir sa communauté de motards adeptes du BDSM et fait de Colin son soumis. Porté par Harry Melling, oui oui, cousin de Delay, Alexander Skarsgård, Douglas Hodge et Leslie Sharp. J'ai enfin trouvé une comédie romantique qui me plaît, car oui, c'est une comédie romantique. Selon les schémas du genre les plus classiques, ils se rencontrent dans un resto, viennent de deux mondes différents, doivent être acceptés par l'entourage de l'autre malgré leurs différences. Le film joue sur une certaine ambiguïté autour du consentement pour les gens qui ne sont pas familiers des mœurs BDSM, ce qui met le spectateur au même niveau que Colin qui découvre petit à petit les codes. A plusieurs reprises, Ray montre à Colleen qu'il peut partir à tout moment si ses limites personnelles sont atteintes. Je ne doute pas que Colleen et Ray ont parlé de leurs limites, mais j'aime que cette scène ne soit pas montrée. Les personnes qui connaissent cet univers n'auraient rien appris, et les néophytes n'auraient je pense pas su quoi en faire. C'est l'une des plus belles histoires d'amour qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années. Je pense à la scène du camping, qui a dérangé certains critiques, mais c'est personnellement une scène qui m'a émue aux larmes et je crois que je n'étais pas la seule dans ma salle de cinéma. Alors que si on vous la racontait comme ça... personne n'aurait de quoi être ému aux larmes, mais c'est surtout ce que ça raconte de la relation entre Ray et Colline. C'est vraiment quelque chose de très prenant et de très beau pour quiconque traîne un petit peu dans ces milieux de sexualité interlope. Ce qui est d'autant plus malin dans l'écriture, c'est de nous montrer une relation toxique en apparence, celle de Ray et Colline, pour nous faire comprendre in fine que la vraie relation toxique c'est entre Colline et sa mère. Certes, c'est elle qui organise son premier rencard quand Colline... Certes, c'est elle qui organise son premier rencard et on a l'impression qu'elle accepte totalement le fait que son fils soit homosexuel et que ça ne lui pose aucun problème. Mais quand c'est lui qui prend ses propres décisions dans sa relation avec Ray, elle est beaucoup moins tolérante qu'elle n'essaye de le faire croire. Et ça va amener une dynamique encore différente dans la famille parce qu'on le sait depuis le début, sa mère est malade. Il ne lui reste que quelques semaines slash mois à vivre. Donc elle veut que son fils soit heureux, mais de la manière dont elle l'a décidé et pas de la manière dont lui l'a décidé. Et ça, même des... Une scène de dîner dominical absolument brillante sur toutes les tensions que ça peut amener. Le fait que Ray n'est pas là pour faire plaisir aux parents de Colline, il est là pour faire plaisir à Colline. Et leur relation n'est pas là pour faire plaisir aux parents non plus, c'est leur relation et c'est quelque chose de très personnel qu'ils ne veulent pas partager et que de toute manière les autres ne pourraient pas comprendre. C'est un film qui m'a rappelé « Sans jamais nous connaître » d'Andrew Hay, dont j'ai déjà souvent parlé ici, sur la solitude des trentenaires gays anglais, la tristesse qu'elle engendre et la peur d'aller vers les autres. Ce sont deux films qui me bouleversent immensément et je pense qu'il y a quelque chose à creuser encore un petit peu plus sur ce sujet. J'aime beaucoup la réalisation également, qui s'attarde toujours sur les détails, mais sans nous les montrer avec insistance. Une ligne de dialogue, un regard, un bruit de fermeture éclair. C'est un film très doux et très fin, et vu comment le sujet pouvait être casse-gueule à traiter, c'est pour moi une immense réussite. Pylian d'Arileyton est actuellement en salle. Attention cependant, il est interdit aux moins de 16 ans et peut heurter certaines sensibilités. On change radicalement d'ambiance. On quitte l'Angleterre pour Venise avec « Ne vous retournez pas » de Nicolas Srog, sorti en 1973 avec Julie Christie et Donald Sutherland. Suite à la mort tragique de leur fille, les Baxter partent à Venise pour changer d'air. John, architecte, est embauché par un mystérieux prêtre pour rénover l'église. Un jour, alors que le couple se balade, ils sont accostés par deux sœurs, et l'une d'entre elles, voyante, leur apprend que leur fille est toujours vivante. S'en suivent d'autres rencontres et visions étranges qui raviveront de douloureux souvenirs du passé. C'est un film à l'ambiance gothique très marqué, adapté d'un roman de Daphné Dumouriez. On retrouve cette ambiance très lugubre qu'on pourrait avoir chez Maupassant par exemple, et Nicolas Srog arrive très bien à la retranscrire à l'image. On sent presque l'humidité à travers l'écran. C'est vraiment le gros point fort du film. Avec la photographie qui est très travaillée, on a énormément de plans absolument sublimes dans ce film. A contrario, je trouve que l'écriture est un petit peu bancale. En tout cas, en 2026, on sait où le film se dirige et quels vont être les rebondissements, mais pour 1973, ça devait être assez innovant, et c'est sans doute ce qui lui a donné son aura de film culte. D'autant plus que le film a inspiré bon nombre de cinéastes après lui, notamment des films que j'aime beaucoup comme Vignane de Fabrice Duvels, dont je comprends rétrospectivement toutes les influences que Duvels doit à ce film. Notamment sur l'ambiance, j'y reviens mais c'est vraiment un film d'ambiance. La Thaïlande et Venise ont ce même côté maussade, humide et sordide. C'est un petit peu difficile de retranscrire cela à l'oral, mais c'est un film qu'il faut voir pour comprendre exactement de quoi il retourne. L'interprétation des acteurs est parfaite, on les sent habiter par cette histoire tragique, et on ressent leur tiraillement constant et les tensions qui vont progressivement s'installer dans le couple. Ne vous retournez pas être un très grand film, même si je n'ai pas entièrement été convaincue. Il reste très intéressant sur bien des points. Il dure 1h40 et est disponible en VOD et format physique. Décidément, que de grands écarts dans cet épisode, puisque cette prochaine reco nous emmène auprès d'un légendaire navicile. Je vous parle d'American Sniper de Clint Eastwood, avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Jake McDormand et Luke Grimes. Tireur d'élite des naviciles, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but, protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille, et tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende » . Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak. S'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des Siles, Pas de quartier. Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale. Je ne suis habituellement pas très friande des films de guerre, mais avec Monsieur Histoude à la réalisation, je m'attendais à une bonne surprise, et ce fut le cas. Le film n'est pas là pour poser la question de la légitimité de l'intervention en Irak, ce n'est pas ce qui intéresse le réalisateur. Comme toujours, ce qui l'intéresse, c'est l'humain, l'individu derrière l'histoire. On est sur un héros typiquement histoudien, si tant est que le terme existe. C'est un homme à l'existence banale, voire médiocre, que l'on va suivre dans sa volonté de faire corps avec la société américaine. La caméra sera très souvent à sa hauteur pour appuyer ce propos, et l'alternance des séquences théâtre des opérations vie privée appuie encore sur la dichotomie qui traverse notre héros. Même si de base ce sont ses choix, il subit tout ce qui lui arrive. Bradley Cooper parvient brillamment à donner corps à ce personnage trouble. C'est la mise à l'écran de l'autobiographie de Chris Kyle, et à ce titre je vais me permettre de spoiler un petit peu la fin car c'est ce qui est arrivé dans la vraie vie. Vous pouvez avancer de quelques secondes si vous ne voulez pas savoir ce qu'il s'y passe. Comme souvent chez Eastwood, le danger vient de l'intérieur. Les responsables sont ceux pour qui vous avez tout sacrifié, car vous pensiez que c'est ce qu'il était juste de faire. Et l'enchaînement de cette scène avec les images d'archives des vrais obsèques nationals rendus à Chris Kyle est un moment extrêmement fort qui vient clôturer le film en beauté. C'est un véritable chef-d'oeuvre que je vous recommande. American Sniper dure 2h10, il est dispo sur HBO dans l'abonnement canal et en format physique. J'étais persuadée de vous avoir déjà parlé des magnétiques de Vincent Mayle-Cardona, visiblement non, alors je corrige ça tout de suite. Une petite ville de province au début des années 80. Philippe vit dans l'ombre de son frère Jérôme, le soleil noir de la bande. Entre la radio pirate, le garage du père et la menace du service militaire, les deux frères ignorent qu'ils vivent là les derniers feux d'un monde sur le point de disparaître. Côté casting, on retrouve Timothée Robart, Marie Collomb, Joseph Olivenès et Antoine Pelletier. Ça fait six fois maintenant que je vois ce film et je suis toujours autant éblouie parce qu'a réussi à faire le réalisateur ici. Je ne l'ai pas connu les années 80, mais je reconnais les vêtements, les papiers peints, les voitures. C'est comme si je les avais vécues. C'est un parfait film de coming of age. Philippe, Philou, est dans l'ombre de son frère et de son aura charismatique. Il va devoir prendre son envol, grâce notamment à son service militaire, où il intégrera la radio britannique. Parce que la radio c'est vraiment son truc. Pas parler, non. Ça c'est le truc de Jérôme. Lui il ne peut pas dire ce qu'il a à l'intérieur. C'est trop intime, il n'y arrive pas. Son truc c'est la technique. Les remixes, les mashups, les assemblages de sons qui n'ont de sens que si on les écoute avec attention. Il y a une scène où il fait une démonstration de ses talents à l'antenne, et à chaque visionnage je suis en apnée tellement je suis captivée par ce que je vois. Ça nous montre que c'est un personnage qui a toujours été un petit peu en retrait, même si comme il le dira lui-même quand il était petit, c'est lui qui parlait tout le temps. En grandissant, il a vraiment renfermé plein de choses, laissant un petit peu la lumière à Jérôme, et c'est un film où il va réussir à prendre le dessus un petit peu sur Jérôme. Envers et contre tous, j'ai un petit peu envie de dire sans vouloir trop spoiler, mais surtout avec lui-même en fait il va pouvoir enfin s'épanouir loin de tout le côté enfermement de cette petite ville où il connaît tout le monde, il y a toujours vécu, il n'y a pas grand chose à faire aux alentours de ce qu'on comprend et là il a enfin la possibilité de s'épanouir en étant à Berlin et c'est vraiment ce qui va marquer son évolution tout au long du film. Une autre scène sublime de ce film, c'est une scène de sexe dans une grange. Le travail sur la lumière et les ombres est époustouflant. Pour un premier film, c'est vraiment grandiose. Le tout est porté par un casting très solide, avec Marie-Colomb, tout en douceur, qui murmure presque toutes ses phrases et qui a une petite fêlure dans la voix. Ce qui fait que dès qu'elle prend la parole, notamment pour dire des choses très douces ou un peu moins, mais toujours très romantiques, Il y a toujours ce petit côté où on a l'impression que tout va s'effondrer dès qu'elle aura terminé sa phrase. Et ça me met la chair de poule à chaque fois. Timothée Robart, toujours prêt à s'excuser de vivre, sauf quand il est derrière une console de son. Comme je disais, c'est vraiment un film qui va ouvrir à ce personnage toutes les possibilités de la vie. Et toutes les rencontres qu'il va pouvoir faire au cours de ce service militaire et l'amener sur une toute nouvelle trajectoire. Et c'est presque un personnage que j'aurais envie de suivre pour savoir comment ça se passe pour lui une fois qu'il monte dans le train à la fin du film. C'est vraiment quelque chose qui m'intéresse parce que c'est un personnage auquel je me suis beaucoup identifiée. Alors qu'on n'a pas grand chose en commun. Je n'ai pas fait mon service militaire à Berlin-Ouest et les techniques radiophoniques me sont un petit peu étrangères. Mais c'est vraiment un personnage très attachant. Et c'est pour ça que le film me parle beaucoup, je pense. La bande-soie est évidemment une part importante du film. On y retrouve notamment Mark Hitzad, Joy Division, The Undertones, Camera Silence et Iggy Pop. Que du beau monde. Le film dure 1h37, il est disponible en VOD et format physique chez Blackout. Quand on veut se moquer des cinéphiles pompeux, on parle souvent des films tchèques en noir et blanc. Et bien ce prochain film est effectivement un film tchèque en noir et blanc. Mais il s'appelle L'incinérateur de cadavres, ça fait tout de suite un peu moins pompeux. Monsieur Kopfgringel est un employé modèle. Incinérateur de cadavres de son état, il exerce son métier avec amour. Il aime ses morts. Il est heureux de libérer les âmes et souhaite, par amour de son prochain, à tous une mort prochaine. A la veille de la seconde guerre mondiale, un ami nazi le persuade qu'il doit avoir du sang allemand dans les veines. Et M. Kopfkringel se prend à rêver d'une race pure, à commencer dans sa propre famille. Socrématorium va pouvoir tourner à plein régime. Réalisé par Jourage Kers, on retrouve au casting Rudolf Ruzinski, Vlasta. Chra Mostova et Ilija Prachar. Et je m'excuse une nouvelle fois pour ma prononciation du tchèque, qui ne s'améliore pas d'épisode en épisode. C'est un film un peu éprouvant à voir, car derrière toute l'horreur de ses actions, Kopfringel est persuadé de faire le bien, et il le fait avec un grand sourire très désarçonnant. Peu à peu, les pires actes deviennent des actions anodines, et le pire côtoie le meilleur, mais toujours avec jovialité. C'est un film plein d'humour, et c'est bien la dernière chose à laquelle je m'attendais en commençant ce film. Le tout est sublimé par un noir et blanc extrêmement réussi qui tranche avec le propos où personne n'est tout noir ou tout blanc. Ici, on laisse ça à l'image. On a aussi de nombreux travelling et de gros plans déformants qui traduisent la folie qui touche le personnage avant même que le nazisme vienne le trouver et devienne un prétexte à ses pires désirs. On est sur une esthétique proche de l'expressionnisme allemand, même si Jorach Kers fait partie de la nouvelle vague tchèque dont les codes esthétiques sont un peu différents. C'est un film qui est... C'est pas un film qui est très agréable à voir. Je ne peux pas dire que c'était le meilleur moment de ma semaine, mais c'est un film que j'ai quand même trouvé très intéressant pour ce qu'il dit de la folie humaine et de comment certains utilisent justement l'argument de la folie ou de l'environnement politique dans lequel se trouve une société pour exorciser leur pire volonté. Et c'est quelque chose que j'ai trouvé très intéressant dans la partie psychologique des personnages. C'est un film qui mise vraiment beaucoup là-dessus et a raison parce que ça fonctionne vraiment très très bien. Le film dure 1h40 et il vient de ressortir chez Potemkin. Voir Pilion m'a rappelé un livre qui m'avait profondément touchée à sa sortie et dont je n'ai jamais encore parlé. J'aurais aimé avoir le temps de le relire pour cet épisode, mais mes journées ne font toujours pas plus de 24h. Je vous parle pour terminer d'Objet trouvé, de Mathias Jambon-Puyet, paru chez Anne Carrière en 2018. Le soir de son enterrement de Vingarçon, Marc disparaît, laissant seule sa fiancée, Nadege, enceinte de leur premier enfant. Trois ans plus tard, alors que Nadege a refait sa vie, on retrouve Marc, nu dans une salle de bain, bras menottés dans le dos. Dans la pièce voisine, quelqu'un est mort. Une femme gainée de cuir. Qui était-elle ? Que s'est-il passé durant ces années ? Et surtout, quel futur pour Marc et Nadege ? Derrière l'énigme apparente se cache une histoire simple qu'il faut reconstituer. Celle de trois personnes qui se cherchent, se frôlent, et doivent choisir comment mener leur vie. Du cheminement qui nous pousse à choisir la souffrance et la soumission, alors qu'on a une vie des plus normales. Là encore, c'est un sujet glissant, mais Mathias Jean-Bonpuyet a su mettre tous les clichés de côté pour ne garder que la pureté des sentiments et des actions de ses personnages, même s'ils nous paraissent amoureux. On en voudra à Marc, évidemment. Et on se mettra aussi à sa place dans la suite du roman, quand il tentera de se racheter, même si la tâche semble impossible. J'ai adoré son écriture, c'est un premier roman qui avait tout compris pour captiver le lecteur. Lothaire le dit lui-même. Il ne connaissait pas bien ce milieu, mais il ne voulait pas en donner une mauvaise image ou une image tronquée, alors il s'est beaucoup renseigné pour en livrer une version du BDSM qui ne soit pas idéalisée. On y voit des comportements problématiques, qui sont dénoncés, mais qui montrent surtout que c'est un milieu fait de règles, de codes, et qui rappelle que chaque individu a sa place, quelles que soient ses motivations et ses envies. Si vous aimez les histoires d'amour qui ne se passent pas toujours bien, et que vous voulez en savoir un peu plus sur ce milieu autant fantasmé que craint, c'est un livre que je vous conseille grandement. C'est la fin de cet épisode, merci de m'avoir écouté. Les liens sont dans la description comme d'habitude. A dans 15 jours !