- Speaker #0
« Aujourd'hui, dans À contre jour, je reçois une femme dont vous connaissez forcément le nom de famille. Quand on s'appelle Faroudjia, on imagine tout de suite les projecteurs, l'humour, Canal+, et une vie passée dans la lumière d'un des piliers de la pop culture française avec les nuls, Dominique Faroudjia. Sauf qu'Isabelle n'a pas attendu pour se faire un prénom. » Les agences de pub de Jacques Seguela au coulisses du marketing radio, en passant par l'aventure intense et solitaire de l'entrepreneuriat avec sa propre marque de sac, elle a mille vies. Mais Isabelle aime par-dessous tout l'humain. C'est d'ailleurs cette soif de comprendre l'autre qui l'a poussé à lancer son propre podcast, en début d'année, jamais dit. Mais être la femme d'eux, c'est aussi devoir composer avec les préjugés, protéger farouchement sa vie privée, et réussir à se construire son propre espace de liberté sans jamais se laisser effacer. Alors Isabelle, pour une fois, tu vas passer de l'autre côté du micro. Bonjour Isabelle.
- Speaker #1
Bonjour Vanessa.
- Speaker #0
Merci d'être avec nous.
- Speaker #1
Merci à toi surtout.
- Speaker #0
On va faire un petit jeu de rôle. Imaginons que tu me rencontres pour la première fois, comment tu te présentes ?
- Speaker #1
Comment je me présente ? Oui. L'ast sujet. Écoute, je m'appelle Isabelle, j'ai 61 ans, je suis une maman, j'ai deux enfants, deux filles de 16 et 18 ans. J'ai une entreprise qui porte mon nom de maroquinerie. Et comme tu l'as bien évoqué, j'ai démarré un podcast en ce début d'année qui s'appelle Jamais dit, dans lequel je reçois des personnalités. Et quand ils viennent chez moi, ils sont censés me faire une promesse, mais ils la font, qui est de dire quelque chose qu'ils n'ont jamais dit ailleurs. Et comme ce sont des gens qui sont souvent très médiatisés et qui parlent beaucoup, c'est un vrai challenge.
- Speaker #0
Alors toi, ça te rate un peu moins important de challenge, mais essaye de me faire un Jamais dit aussi chez moi.
- Speaker #1
Un Jamais dit ?
- Speaker #0
Comme ça, on va voir. Au fil de la conversation, ça arrive à m'entrouver. Ok, on va essayer.
- Speaker #1
Je peux déjà te dire que je dégouline. Je pense que ça fait très longtemps que je ne suis pas aussi chaude.
- Speaker #0
Mais ne t'inquiète pas, ça va bien se passer. On va discuter, ça va te faire oublier la chaleur et on ne va pas trop bouger. On n'est pas en mode sportif. Tu n'es pas prête. Donc tu l'as dit, il y a une dizaine d'années, dix ans je crois, tu avais lancé ta propre marque.
- Speaker #1
Onze ans, exactement.
- Speaker #0
Onze ans exactement de sac de maroquinerie. Là tu te lances dix ans après, onze ans après dans une nouvelle aventure.
- Speaker #1
Ça marche par cycles.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ce que j'allais te dire. Donc aujourd'hui tu fais quoi, les deux ?
- Speaker #1
Je fais les deux. je dois avouer un peu moins de sacs quand même parce que le podcast me prend beaucoup de temps je crois que je suis un petit peu allée au bout de l'aventure des sacs, je crois que ça m'amuse un peu moins, même si je suis toujours aussi dingue des sacs je suis une vraie fille donc j'adore ça j'aime les matières, j'aime le cuir, j'adore toujours je prends un peu moins de plaisir aujourd'hui à en fabriquer parce que c'est devenu difficile, parce que le business est devenu difficile, parce que les fournisseurs sont difficiles à contenter parce qu'on te demande des des quantités astronomiques pour produire, parce que le retail, il y a un vrai problème de pouvoir d'achat aujourd'hui. Et quand tu as envie de t'acheter un vrai beau sac avec des vraies finitions, la tentation c'est d'aller chez Zara et d'en payer un teint à 30. Du coup, il y a beaucoup de conséquences et le marché a beaucoup bougé. Je ne suis pas la seule à avoir le même constat. Donc je prends un petit peu moins de plaisir, mais ça reste quand même mon bébé. Et puis le podcast me prend beaucoup de temps.
- Speaker #0
Alors qu'est-ce qui t'a amenée à créer ce podcast ? L'idée, elle vient d'où ?
- Speaker #1
Écoute moi j'ai toujours aimé, alors ça fait un peu con Franchement si j'entendais quelqu'un Dans un podcast qui me dit j'aime les gens Je trouve que c'est ça Je ne m'entends pas parler J'aime pas ça Mais la vérité est que j'ai toujours Une petite propension à avoir C'est pas un talent mais Que les gens se confient beaucoup à moi C'est à dire que j'arrive à les faire parler J'ai beaucoup de chouettes copines et des copains d'ailleurs aussi Qui quand ils ont un petit souci M'appellent parce que je crois que Ils pensent que je suis de bons conseils. Et puis, je suis une tombe. Donc, je ne partage pas les secrets.
- Speaker #0
Là, dans le podcast, en l'occurrence, il y a quelques petites personnes qui savent.
- Speaker #1
Voilà. En l'occurrence, c'est le but. Mais on ne me demande pas de ne pas le dire. Donc, je respecte ce qu'on me demande. Et donc, voilà. L'activité de ma roquinerie était de commencer à devenir un peu solitaire. Et moi, j'aime les gens. Et j'aime être au contact des gens. Comme de la même manière que je peux avoir et besoin et envie d'avoir des moments très seuls. Mais cette activité, je tournais un petit peu en haut. Tu t'isolais un peu ? Oui, je m'isolais et puis c'est très solitaire. Je n'ai toujours pas une grosse société avec des salariés, des personnes avec qui échanger. Et du coup, c'est un processus qui est très solitaire à partir du moment où j'essaye de deux fois par an, puisqu'il y a deux collections, d'élaborer des modèles. Je les fais comme je les conçois. Comme si c'était pour moi. J'ai eu beaucoup de chance parce que les gens souvent ont le même goût parce que quand je l'ai fait pour moi, j'espère que ça marche. Mais c'est vrai qu'à partir du moment où je conçois un modèle, que je dois partager les choses, toute la partie technique, et c'est un vrai, vrai métier que je respecte extrêmement, la partie maroquinerie finition sur laquelle je n'ai jamais fait aucun compromis. Je voulais vraiment que les cuirs soient parfaits. Donc tout cet échange avec les fournisseurs que j'aime encore beaucoup. Les couleurs à choisir, les collections à lancer, la comptabilité, les réseaux sociaux, la livraison. Je ressens aujourd'hui plus un besoin d'échanger et de voir les gens. Ma philosophie de vie, c'est qu'on est souvent toujours meilleur à plusieurs et que ça aide beaucoup.
- Speaker #0
Et là, tu as voulu un petit peu changer de sphère, faire parler les gens et se promener avec eux, les retrouver quelque part ?
- Speaker #1
Oui, en tout cas, de retourner à mes premiers amours qui étaient la communication dans laquelle j'ai travaillé pendant plus de 30 ans.
- Speaker #0
Oui, parce qu'avant ton aventure entrepreneuriale, il y avait aussi Isabelle qui comptait aussi beaucoup, directrice de la communication d'un grand groupe. Et puis, je l'ai dit, effectivement, au sein de la pub, il y a eu beaucoup de choses. Tu peux nous raconter un petit peu ce que tu as fait avant ?
- Speaker #1
J'ai démarré, en fait, moi je suis belge. À 18 ans, je rêvais déjà de communication. Et il n'y avait pas exactement, je n'avais pas envie de m'embarquer dans des études longues. Et à cette époque-là, il fallait aller à l'ULB, à l'université, et faire des études de journalisme qui duraient 6 ou 7 ans. Je n'avais pas envie de m'embarquer là-bas. Donc j'ai fait comme beaucoup de gens quand ils ne savent pas quoi faire, du droit. Donc j'ai fait du droit, j'ai rejoint mon papa sur la côte d'Azur où j'ai eu un doc de droit. Et la communication me manquait. Et dans les années 85-86, la communication, ça se passait à Paris. Donc à Bruxelles, s'est ouvert l'EFAP. Et la seule vertu que je trouvais à cette école, c'est qu'il y avait des cours le matin, mais surtout qu'il y avait des stages d'après-midi. À l'époque, la pub faisait beaucoup rêver. Il faut se mettre vraiment aux gens qui nous écoutent, vraiment qui nous regardent. La pub, c'était vraiment, dans les années 80, c'était The Place to Be, c'était un univers... extrêmement créatif, où il y avait de l'argent, où il y avait beaucoup d'imagination, où il y avait des idées. Ce n'était pas de la réclame comme aujourd'hui, ou quand on regarde la télé. Et la pub était très valorisée. Il y avait des pages entières. Il y avait une page entière, je me rappelle, dans le Figaro sur les coulisses de la pub. Les écoles de pub pour travailler dans la pub étaient blindées. Et j'avais très, très envie de faire ça. Et comme je n'étais pas la seule... Il y avait une agence qui ressortait un peu, qui était celle de Jacques Seguela, qui s'appelait RSCG, qui était très créative puisqu'elle gérait notamment les budgets de Citroën avec des budgets où on mettait des voitures sur des porte-avions, où il y avait des graisses jaunes. C'était vraiment très paillette à l'époque. Et j'ai écrit à Jacques Seguela pour obtenir un stage.
- Speaker #0
Donc sans le connaître ?
- Speaker #1
sans connaître. Non, je me doutais qu'il y avait beaucoup de gens qui étaient dans mon cas. Je suis très objectivement incapable de te dire ce que je lui ai écrit. Mais je sais que trois jours après, j'ai reçu un télégramme qui me disait « Hippie Pippoura, tu es ma fille de pub » . Incroyable. Donc j'ai sauté dans l'ancêtre du TANIS, qui n'est plus le TANIS d'ailleurs, qui s'appelle Rostar maintenant. À l'époque, ça s'appelait le TE, Trans-Europe Extract. Et donc voilà, des amis de mes parents ont pu me loger pour un stage qui devait durer initialement trois mois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et puis le stage a duré six mois et puis on a fini par 13 ans. Voilà.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc j'ai abandonné. Légèrement. pas terminé l'EFAP, la question s'est posée.
- Speaker #0
C'est rentré directement, en fait, dans le boulot.
- Speaker #1
Je me suis posé la question de savoir s'il fallait que j'aie un diplôme, si il fallait que je... Là, j'avais une opportunité d'emploi tout de suite, donc je me suis dit que j'apprendrais plus sur le travail. Et puis,
- Speaker #0
quelle opportunité d'emploi ?
- Speaker #1
Oui, ça a été des années où j'ai appris à travailler.
- Speaker #0
Oui, je pense. Et puis, c'était là la période culture pub, vraiment, on était...
- Speaker #1
C'était la période culture pub, c'était la période avant la loi Sapin, c'était une agence à part entière où... où on a créé, on travaillait beaucoup, mais on riait beaucoup. On en a tous, tous les gens qui sont passés par cette agence. On se voit encore, j'ai des amitiés encore très fidèles de cette époque-là. On évoque avec nostalgie une époque de rêve, où encore une fois, moi j'ai travaillé sur des campagnes électorales, que ce soit celle de François Mitterrand en 1988, comme encore une fois, il faut se rappeler les années 80, c'était Bernard Tapie. Pas de problème de budget, parce que si une idée était disruptive, en tout cas créative, il n'y avait pas de problème d'argent. On était tous jeunes. Canal+, s'était créé un ou deux ans après. D'ailleurs, on n'était pas très loin. Et une ambiance assez familiale, très joyeuse, beaucoup de travail. Mais on ne se rendait pas compte qu'on travaillait parce qu'on avait notre vie amoureuse là-bas. C'était passionnant. On avait nos copains, notre job. C'était là que ça se passait.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on a tous, ceux qui font de la com aujourd'hui, cette espèce d'âge d'or de l'époque. On se dit que c'était un âge de référence, même aujourd'hui dans les agences, on en parle beaucoup.
- Speaker #1
Aujourd'hui, on est dans le ROI, le retour sur investissement, des chiffres, assez peu de place à la création. Et nous, quand on allait au festival de Cannes de la pub, c'était magique. On riait, il y avait de l'émotion. C'était donc les projections des meilleures pubs du monde et c'était un régal.
- Speaker #0
Et alors, quand tu étais petite, tu rêvais de ça ? La petite Isabelle, elle rêvait de quoi ?
- Speaker #1
La petite Isabelle, elle rêvait de journalisme, de médias déjà. Mes parents ont divorcé quand j'avais 15 ans. Mon père est parti sur la côte d'Avesur avec mon frère. Moi, je suis restée avec ma maman, parce qu'il me restait deux ans pour terminer, pour avoir mon bac. Et je ne me voyais pas. de changer ce système scolaire. Donc j'étais déjà attirée par les écrans, les médias, et j'écrivais. Mais j'avais envie d'être tout de suite dans l'action.
- Speaker #0
Après tu es donc allée effectivement dans l'agence de pub, après tu as passé 15 ans dans une entreprise d'IRCOM.
- Speaker #1
Alors après je suis partie un petit peu en Afrique du Sud, après je suis revenue, et...
- Speaker #0
Attends juste, qu'est-ce que tu as fait en Afrique du Sud du coup ?
- Speaker #1
Je suis allée suivre un garçon. Et puis après j'ai fait un petit peu d'humanitaire là-bas, parce que... Voilà, mais c'est mon deuxième pays coup de cœur. Et puis je suis rentrée et les anciens copains de RSCG m'ont branchée sur François, qui n'était déjà pas un journal qui allait très bien, il venait d'être acheté par des Italiens, le Figaro l'avait cédé, mais j'ai eu la chance là-bas de rencontrer Jean-Luc Manot, qui était l'ancien directeur d'information de France 2, qui était directeur de la rédaction du Quotidien. Là, j'ai commencé un petit peu à m'occuper, à essayer de gérer la communication du journal, pour essayer d'avoir des reprises. Et j'ai vécu la vie d'un journal, d'un quotidien, au jour le jour.
- Speaker #0
Et on était en quelle année là ?
- Speaker #1
Là, on devait être en 2000. Et j'y suis restée trois mois parce que Jean-Luc n'y est resté. J'arrivais sur la fin de la mission de Jean-Luc, qui a été appelé ensuite à être le dirigeant de BFM Radio. Donc je venais d'arriver, il m'a emmené avec lui. J'ai dirigé la communication et le marketing de BSM Radio. Donc après la pub, j'ai touché à la presse. Et puis après la presse, c'était la radio. Donc c'était toujours les deux d'une effervescence. J'ai adoré l'actu.
- Speaker #0
Tu as touché à tous les médias ? Tu as préféré quoi ?
- Speaker #1
Alors pas tous les médias parce que je n'ai pas travaillé en télé. J'aimais beaucoup la radio, le fait que ce soit un média show. On était à la radio qui a eu le concept. Le direct qu'il a fallu tenir non-stop. Et le 11 septembre a un peu tué la radio parce que comme nous étions une radio privée, enfin BFM était une radio privée, nous avions la même régie qu'Europe 1, mais le modèle économique était très fragile, c'est-à-dire qu'on ne vivait que de la pub. Et après le 11 septembre 2001, tous les annonceurs qui étaient la banque, la téléphonie, etc. ont coupé tous les budgets. Donc ça a signé la mort de BFM Radio. dans le modèle dans lequel nous étions depuis trois ans et demi, et ça a été racheté ensuite par Alain Veil, qui en a fait l'empire qu'on connaît. Après BFM, la radio a été vendue, et je suis devenue dire comme de la direction de la communication institutionnelle d'Alain Fleulot, que j'avais d'ailleurs rencontré des années auparavant, puisqu'il était client chez RSCG, chez Jacques Seguela, qui a lui-même créé le fameux On est fou d'Affleulot.
- Speaker #0
Et donc tu restes là-bas pendant 13 ans. 13 humains aussi, c'est lui que tu suis ?
- Speaker #1
Oui, c'est une communication. Il faut que tu puisses vendre évidemment une entreprise que tu respectes, mais surtout quelqu'un pour qui tu as de l'admiration et avec qui tu es en face sur les valeurs. Mais en fait, finalement, quand j'étais salariée, j'ai eu que trois patrons, qui étaient trois hommes d'ailleurs. Et quand j'ai quitté Alain Fleulot, j'aurais adoré travailler pour une femme. Je n'ai pas trouvé quelqu'un qui me donne envie de travailler comme j'ai eu l'habitude de travailler, c'est-à-dire sans compter ni mon temps ni mon énergie. Ça ne s'est pas fait.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu avais aussi envie de monter ta preuve ? Pas du tout. De prendre ton indépendance ? Pas du tout. Pas du tout ? Parce que les circonstances se sont faites comme ça ?
- Speaker #1
Non, je suis très consciente de ce que je suis. Je suis très consciente de ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Je ne me vois pas du tout solitaire à diriger une entreprise. Parce qu'il faut quand même se dire que quand on dirige une entreprise, on est seul. On prend des décisions seul. On assume les conséquences seul. Et moi, je ne suis pas quelqu'un qui aime la solitude. Voilà.
- Speaker #0
Alors parle-nous un petit peu plus maintenant de ta nouvelle aventure, le podcast. Raconte-nous un petit peu les gens que tu reçois, ce qui te motive, pourquoi tu l'as fait, pourquoi tu as pensé que tu étais la bonne personne ? Alors,
- Speaker #1
je n'ai jamais pensé que j'étais la bonne personne parce que je ne suis pas très très sûre de moi. Mais il y a une chose que j'ai apprise, en tout cas à 61 ans, c'est que…
- Speaker #0
Arrête ton tournage, ça va mettre des complexes à tout le monde là, s'il te plaît.
- Speaker #1
Mais je le dis volontairement parce que ce n'est pas un sujet en fait. Je ne comprends pas cette coquetterie en fait. Surtout à un âge où, on en parlait justement avec Maïtena El-Biarabène, ça ne s'est plus possible aujourd'hui. Voilà, donc pour en revenir à la seule chose, en tout cas les leçons que j'ai tirées de ma petite vie professionnelle, c'est qu'il faut faire en fait. Et c'est en faisant qu'on apprend, et qu'on apprend les choses qu'il faut faire, comme les choses qu'il ne faut pas faire. Et moi je me suis plantée plein de fois, mais quand j'ai quitté Alain Flelou, ou un jeu. Je ne pensais pas du tout monter une boîte, mais je savais que j'aimais les sacs, je savais que j'aimais le cuir, je savais que j'aimais toucher les choses, parce que finalement, le sac, c'est quand même le prolongement de soi et qu'on le touche. Et que je déteste les sacs rigides ou les sacs en cuir, en plastoc comme ça. Voilà, j'avais envie de ça. Maintenant, je ne sais pas dessiner, mais quand je dis que je ne sais pas dessiner, mais vraiment, c'est une catastrophe. Je ne sais pas, petit bonhomme pointu, je suis au max. Mais je savais ce que je voulais. Je savais que je ne voulais pas. plus de sacs lourds parce que la plupart de mes sacs étaient lourds quand ils étaient vides. Je trouve que la vie qu'on a aujourd'hui où on marche de plus en plus n'est plus adaptée à ces sacs-là. J'en ai fait un petit peu de sacs à l'épaule, j'avais vraiment envie de crossbag. Donc, comme je ne sais pas dessiner, qui est quand même un vrai handicap quand on veut faire des sacs, je déchirais des pages dans les magazines avec ce que j'aimais dans les couleurs, ce que j'aimais dans les matières, dans les choses comme ça. Et de manière complètement le hasard. Quand on dit vraiment le hasard, un jour, je vais chez mon coiffeur et je savais que j'avais très envie d'un sac en piton. Et dans l'imaginaire des gens, le piton, ça coûte très cher. Et je savais qu'il y en avait à Bali, sauf que moi, débarquer à Bali, je ne connais personne. Et donc j'en parle à mon coiffeur qui me dit « Attendez, j'ai une cliente qui est partie il y a très longtemps, elle vit à Bali, je vous donne ses coordonnées, appelez-la, on ne sait jamais. » Je dis toujours, toujours, la vie c'est un espèce de Y, et selon qu'on prend une branche ou une autre, ce qui en découle ne donne pas la même vie. Et donc j'ai appelé... appelé cette dame. J'ai pris un billet d'avion pour aller à Bali. J'ai laissé mon mari, mes enfants. Et je suis arrivée toute seule à Bali. J'avais donc toutes mes pages de magazine déchirées. Elle me présente plutôt à une dame charmante dont elle savait qu'elle faisait des sacs. Et donc, me voilà dans une cave à Bali, avec des pots de toutes les couleurs en piton. C'était une merveille. Et cette dame avec laquelle j'ai travaillé plus de dix ans. a tout de suite compris ce que je voulais. Quand je lui ai montré le cabas que je voulais, on l'a un peu conçu ensemble. Il y avait une réalité économique et que je n'avais pas beaucoup d'argent pour lancer les protos. Donc en fait, d'un sac qui devait au départ se fermer, je n'avais pas l'argent pour faire les zips parce que c'est très bête, mais les zips dans un sac, ça coûte très cher. Et de cette faiblesse, on en a fait une force parce que du coup, on a mis des aimants. Et ce cabas qui était rectangulaire d'une forme assez classique, Le fait de mettre des aimants à chaque extrémité faisait qu'on pouvait l'ouvrir et donc l'agrandir. Et de cette faiblesse, c'est devenu une valeur ajoutée. Et donc ça a été mon premier sac qui s'appelait Zoé, le nom de ma deuxième fille. Et j'en ai vendu beaucoup.
- Speaker #0
Donc une belle aventure qui a commencé à ce moment-là. Et du coup, tu en as fait.
- Speaker #1
Je suis revenue avec 10 sacs et je suis revenue surtout avec un catalogue de 5000 couleurs de peau de piton. Et donc quand je suis revenue... J'ai dit à mes copines, voilà, un sac en piton, normalement, ça coûte 1000 euros. Là, vous pouvez l'avoir à 500 euros. Et en plus, vous pouvez non seulement le personnaliser en choisissant la couleur de votre pot extérieur, mais vous pouvez choisir la couleur intérieure. Donc, petit à petit, le bouchard, il s'est fait comme ça. Et puis, les commandes ont commencé à s'accumuler. Je me suis dit, une fois qu'on a fait le tour du réseau, il faut peut-être un peu le faire savoir. Et donc, j'ai appris à faire un site internet. Une charte graphique, et puis tous les éléments de communication, et puis la boîte est née.
- Speaker #0
Attends-tu que te dire comme elle n'a pas été inutile ?
- Speaker #1
C'est jamais inutile, c'est jamais inutile.
- Speaker #0
Aujourd'hui, ton podcast où tu écoutes les gens. Pourquoi l'idée d'un podcast déjà ?
- Speaker #1
Je trouvais qu'il y avait beaucoup, quand on reçoit les gens, il y a beaucoup d'éléments de langage, parce qu'aujourd'hui les choses en sont un petit peu moins spontanées, parce qu'il y a beaucoup de communicants, et parce qu'il y a une parole qui est la parole officielle, et un peu moins de paroles officieuses. Et j'avais envie d'une notion d'exclusivité. J'ai pris le parti pris de prendre des gens déjà médiatisés et célèbres. Parce que j'ai toujours en tête le sketch d'un humoriste que j'adore, qui s'appelle Az, Azed. Il a fait un sketch que je trouvais très drôle, qui disait en gros, les podcasts c'est facile, c'est quelqu'un qu'on ne connaît pas, qui interroge quelqu'un qu'on ne connaît pas. Donc appelez-vous les mecs. Au-delà de la plaisanterie, je me suis dit que ça irait plus vite si les gens étaient connus. Le fait de pouvoir avoir une conversation avec des gens que je ne connais pas et les mettre un petit peu à l'aise, en confiance. À aucun moment je les piège. Quand on vient chez moi, c'est vraiment une safe place. Il y a toujours des choses qu'on peut, en tout cas, arriver à tirer de choses qui ne sont pas des éléments de langage et qui sont des choses un peu plus personnelles. Alors, il y a soit des trucs épouvantables qui n'ont jamais été dits et ce n'est pas chez moi qu'ils vont les dire et ce n'est pas ce que je cherche, mais il y a toujours des petites anecdotes et des trucs sympas qui en ressortent. Pour le moment, j'en suis à, je pense, une quinzaine d'invités et j'ai toujours eu un jamais dit. Donc je suis très contente.
- Speaker #0
Donc ça, contrait rempli pour l'instant. Et du coup, ton petit talent, donc à 61 ans, aujourd'hui, si tu devais me donner ton talent, celui que tu as identifié avec le recul, ce qui est quelque chose que tu as de toi et peut-être moins d'autres, c'est quoi ton talent à toi ?
- Speaker #1
Franchement, je n'ai aucun talent. Vraiment, je n'ai pas de talent. Je crois juste que quand je parle aux gens, j'arrive à les mettre... À se dire qu'on peut se parler et qu'on est dans un climat de confiance et qu'on peut se dire des choses et qu'il y a une notion de confiance qui est installée.
- Speaker #0
Alors, tu es aussi ici parce qu'on te connaît aussi parce que tu es la femme de Dominique Ferruccia. C'est aussi pour ça que moi j'ai souhaité te recevoir parce que c'est l'identité de ce podcast pour le coup. Est-ce que tu peux nous raconter quand vous vous êtes rencontrés, ce qui t'a le marqué, ce dont tu te souviens ? Vraiment la chose marquante, le jour de votre rencontre.
- Speaker #1
Alors le jour de notre rencontre, je suis chez Alain Flulou. J'ai un ami, toujours, qui date de l'époque RSCG, qui me dit, écoute, Dominique Faroud, j'ai acquis de Canal+, donc il est le président, et il s'installe dans des nouveaux bureaux dans le 17ème. Je pense que c'est bien pour ton boulot que tu rencontres des gens comme ça. Voilà, c'est bien, c'est intéressant. Je dis, écoute, enfin voilà, j'ai pas prévu, je suis pas habillée pour, enfin bon, les trucs, voilà, ridicules, c'était pas prévu, mais je dis, ok, on se retrouve là-bas, ce jour-là. C'est un pot, en fait. d'emménagement de bureau. Je me retrouve avec plein de gens que je ne connais pas. Mon ami, qui s'appelle Alain Roussel, que je salue, qui m'amène là-bas. Et je vois Dominique Faroudjia. Alain, qui le connaissait puisqu'ils avaient joué de la batterie ensemble, me présente. Et voilà. Il n'y a rien de particulier ce jour-là.
- Speaker #0
Toi, tu le connaissais déjà, j'imagine, en réputant les nuls, etc. Tu avais déjà une image de lui ?
- Speaker #1
J'avais une image de lui, des nuls. Parce que j'étais très fan des nuls. Parce que moi, j'étais une des premières fans d'Objectifs Nuls avant même la création des Nuls. Moi, quand j'étais chez RCG, j'étais tombée. C'était un ovni pour moi, Objectifs Nuls. Je ne m'en rappelle pas. À l'époque, on avait des cassettes VHS et je travaillais encore chez RCG. On avait des longues journées et j'enregistrais Objectifs Nuls tous les jours parce que je ne voulais pas le louper. On oublie. C'était complètement dingue. Après, j'étais un peu quand même admirative du parcours parce que je savais que... Il était autodidacte, je savais qu'il avait démarré ou stagiaire ou en tout cas un poste vraiment tout en bas à Canal+, et qu'il en était ressorti patron. Je crois qu'il avait déjà commencé à produire des films, donc je savais qu'il avait plusieurs casquettes. Donc j'avais déjà beaucoup de respect pour la carrière en tout cas. J'étais un peu pressionnée.
- Speaker #0
Mais c'est pas pour ça que ça a été facile.
- Speaker #1
Ah non, rien n'a été facile, pas du tout.
- Speaker #0
C'est un peu bagarré, il me semblerait.
- Speaker #1
On s'est revus après, je me rappelle que c'était en décembre, je suis partie en Afrique du Sud pour les vacances et on a décidé, moi j'écrivais deux, trois trucs et je n'avais pas beaucoup d'ambition sur le fait que ça pouvait devenir quelque chose, mais je me suis dit que c'est intéressant de lui montrer. Et donc on prend rendez-vous en janvier, j'arrive dans son bureau et il me dit bonjour, je m'appelle Dominique Charoudière, alors qu'on s'était rencontré, donc voilà, c'était une manière de mettre à l'aise les gens et on convient en fait qu'il va lire ce que j'ai écrit. Pour le moment, il ne peut m'engager personne. De toute façon, j'étais chef, le loup. Mais peut-être, à force de déjeuner ensemble, il y a peut-être des idées qui vont sortir. Et moi, je crois ça, en fait. Tellement je suis à milieu du truc d'imaginer que ce mec peut me draguer. On commence à déjeuner ensemble et on se marre. On commence à déjeuner une ou deux fois ensemble. On se vouvoie. Je n'arrive pas à le tutoyer. Et souvent, quand il m'appelait, j'étais sur le chemin du bureau. aujourd'hui, écoutez, je peux pas... Je ne peux pas vous parler. Là, je n'ai pas envie d'avoir une prune. Donc, je n'ai pas de Bluetooth, machin, etc. Et le temps du trajet, j'avais déjà un Bluetooth qui m'attendait au bureau. Une oreillette, quoi. Alors là, je me suis dit, je suis déjà un mec qui écoute, c'est pas mal. Qui va très vite, en tout cas. Et là, tu ne te dis pas,
- Speaker #0
tiens, quand même.
- Speaker #1
Si, je commence à me dire, je ne suis pas Colombo, mais quand même, je me dis quand même un petit truc. Et puis, on déjeune ensemble. Et à chaque fois qu'on déjeune ensemble, j'ai un bouquet de fleurs quand je rentre au bureau. Donc là, c'est beaucoup plus clair. Les filles de l'accueil qui étaient mes copines me disaient qu'elles m'appelaient Monsau Fleur. C'était super mignon. Donc il m'a fait une cour vraiment à l'ancienne.
- Speaker #0
Ça a duré combien de temps cette histoire ?
- Speaker #1
Six mois quand même.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te faisait doute ? T'avais un doute ? Ou c'était juste le plaisir de voir si c'était important pour lui ?
- Speaker #1
Il n'y a eu aucun plaisir à ramer quelqu'un. Non, je ne suis pas maso, etc. Je n'étais pas sûre qu'il me plaise. Je sortais d'une histoire qui était très longue. J'avais pas prévu de me remettre tout de suite en couple, en même temps j'avais 38 ans donc voilà, et pas non plus, mais ça ne me dérangeait absolument pas. Je sais pas, je pense que voilà, à un moment probablement ça n'allait pas assez vite pour lui, donc il a fait un truc qui est assez malin, c'est qu'il a disparu complètement de la circulation. Donc lui il est parti pour un repérage en Afrique du Sud, et moi je devais organiser une énorme convention pour les franchisés Alain Flelou, et je suis partie en Chine. pour faire des repérages. Donc, on était chacun de l'autre côté du club. Et donc, très compliqué pour s'appeler. On s'appelait tous les jours à l'époque. Et donc là, silence radio. Et silence radio, trois jours, une semaine, quinze jours. Et là, je me suis mis face à ma gueule. Je me suis dit, ma petite chérie, peut-être qu'il faut appeler ça comme ça. Il faut peut-être que ça a un nom et que tu ne veux pas te l'avouer. Donc, on est rentrés. Je l'ai bourré. Je l'ai insulté en disant, qu'est-ce que c'est que cet histoire ? Tout disparaît. comme ça, il faut être à deux pour jouer et avoir des trucs à la con. Et c'était au mois de mai, on s'est dit voilà, on va partir ensemble à Marrakech.
- Speaker #0
Ah oui, non, alors attends, tu passes de le voiement, rien, machin, et là, direct les vacances ensemble.
- Speaker #1
Ben, c'est pas ça, c'est qu'on s'est dit, on est malheureux tous les deux quand on... On n'est pas... Voilà, on ne se parle pas, en tout cas. Donc, essayons. On va passer l'âge, voilà. Et ça passe ou ça casse, et voilà, et depuis.
- Speaker #0
Et a priori, c'est passé.
- Speaker #1
Ben, on ne s'est pas quitté. Voilà, depuis ce week-end.
- Speaker #0
Ben, c'est une très jolie histoire. Merci de nous l'avoir partagée. Est-ce que, toi, tu avais donc une vie déjà ? Bien remplie, tu connaissais déjà pas mal de monde, tu étais déjà installée dans ta vie professionnelle, donc tu avais déjà un regard des gens sur toi en tant que personne. Est-ce que tu as eu l'impression d'un petit basculement entre le moment où tu es devenue officiellement la compagne, donc tu n'étais pas encore son épouse j'imagine, même si je vois que vous êtes mariée assez rapidement, mais la compagne de Dominique Ferrigia. Est-ce que tu as eu l'impression que le regard des gens avait évolué, changé ?
- Speaker #1
Oui et non. Ça a été compliqué. Le début a été compliqué, mais comme pour toutes les femmes mariées, c'est-à-dire que je n'ai pas voulu... changer mon nom directement. C'était embêtant parce que mon nom de famille, c'est Amaraji, avec un R et deux G. Et Faroudjia, c'est deux R et un G. Donc ça faisait des trucs à rallonge, mais en même temps, je n'ai pas voulu effacer mon identité. J'ai fait le choix que ce soit long, que ce soit pénible, qu'on se trompe dans les R, qu'on se trompe dans les G, parce que j'avais 39 ans et que je n'avais pas envie, tout d'un coup, de devenir Isabelle Faroudjia, même si j'étais très contente de l'être. et Les gens me connaissaient selon Isabelle Amaragi, en tout cas dans le milieu professionnel. Donc il n'y a pas eu, enfin voilà, c'est pas Johnny Hallyday quoi, on n'est pas dans un truc où on t'arrête dans la rue. Alors oui, on l'arrête dans la rue, mais on n'est pas dans une hystérie absolue. Et puis que ce soit à l'époque comme aujourd'hui, les gens qui l'arrêtent dans la rue, on est plutôt dans vraiment une forme de bienveillance. Et les gens sont très gentils parce qu'il n'a laissé que des bons souvenirs. C'est du rire, c'est une période plus légère, iconique. En tout cas, qui n'existe plus aujourd'hui. Donc, les gens sont très nostalgiques de cette époque-là, quand même.
- Speaker #0
Donc, il n'y a pas eu de changement de regard. Même de la part de tes collègues ou des gens qui étaient dans tes proches, il n'y a pas eu de changement de comportement ?
- Speaker #1
Non, parce que moi, je n'ai pas changé de comportement.
- Speaker #0
Et des nouvelles personnes sont arrivées dans ta vie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Comment tu as su faire la différence entre les personnes qui étaient là pour toi, pour vous, et celles qui étaient dans ton mariage ? C'est comme dans tous les mariages.
- Speaker #1
C'est-à-dire que quand tu épouses quelqu'un, tu épouses ses amis. Lui fait la connaissance des miens. Et moi comme j'ai encore, Enfin, voilà, la plupart de mes amis sont des amis que j'ai depuis 30 ans, 40 ans. Les vrais purs et durs, ceux qui t'aident à mettre le calabre dans le coffre si tu as tué quelqu'un, ils se comptent sur les doigts d'une main, peut-être d'une et demie. J'ai rencontré ses amis, ils ne m'ont pas plu. Ses amis à lui n'étaient pas des gens très recommandables. Enfin, ça ne veut rien dire, pas très recommandables. En tout cas, qu'ils ne voulaient pas du bien.
- Speaker #0
D'accord, il n'était pas là pour les bonnes raisons, justement.
- Speaker #1
Que j'ai trouvé assez intéressé.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et sans que je dise quoi que ce soit, la vie et les années ont fait que le vide s'est fait et qu'ils ont disparu.
- Speaker #0
L'avenir t'a donné raison.
- Speaker #1
Oui, et puis je pense que ça correspondait à un moment de sa vie où il avait besoin de peut-être un peu plus d'excès, de fêtes, de substances. Alors j'en parle de manière complètement transparente parce que lui en a toujours parlé, donc je ne révèle rien de particulier. Mais ce n'était pas ma vie, ce n'était pas la vie. que je voulais, pas celle que j'ai jamais connue. Et en tout cas, c'est certainement pas la vie de famille que je souhaitais avec ces gens-là.
- Speaker #0
Parce que toi, tu n'avais pas d'enfant.
- Speaker #1
Moi, je n'avais pas d'enfant, lui non plus.
- Speaker #0
Lui non plus. Donc très vite, il s'est posé cette question, où ça a été naturel. Vous en voulez tous les deux ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. La chance qu'on a quand on se rend compte à 39, moi 39 et lui 42, c'est qu'effectivement, on n'a pas d'enfant. Alors, il en aurait eu, ce n'était pas très grave. Et moi non plus. C'est qu'on a envie des mêmes choses au même moment. Et qu'il ne faut plus perdre de temps.
- Speaker #0
Et donc, deux filles ? Et donc, deux filles.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Deux, de 16 à 18, c'est ça ? Oui. Oh, gentil. Est-ce que, on a dit qu'on abordait aussi ce sujet, de la maladie de Dominique. Est-ce que ça a été une inquiétude pour toi ? Parce qu'il était déjà malade à l'époque ?
- Speaker #1
Moi j'ai connu, il avait une canne. Il marchait avec une canne. Ensuite, il a marché avec une béquille. Puis après deux béquilles. Et aujourd'hui, il est en fauteuil roulant. Donc la sclérose en plaques est une maladie qui est neurodégénérative, qui ne se soigne pas. Mais qui a quand même la seule vertu, qui est qu'en vieillissant, il y a moins de poussées. En fait, la sclérose en plaques ne fonctionne pas avec des poussées qui sont assez agressives. C'est une maladie qui attaque la myéline. La myéline, c'est une espèce de gaine qui enrobe les nerfs. Et donc, quand la myéline s'en va, quand le cerveau envoie un ordre à un nerf, bouge une main, lève un pied, etc., s'il n'y a plus de myéline, l'ordre ne peut plus se faire. D'où les pertes de mobilité. Chez lui, c'est la perte de mobilité. Il y a des gens chez qui c'est la vue qui est attaquée. Il y a autant de formes de maladies que de personnes.
- Speaker #0
Donc, ça a été une inquiétude ? pour l'avenir pour les filles ?
- Speaker #1
Au-delà des filles, ça a d'abord été pour moi, quand je l'ai rencontrée, oui. Je veux dire, c'est dans une vie de femme, d'épouse, d'avoir quelqu'un d'handicapé, de malade, oui, c'est des questions tout à fait légitimes qui se posent. Parce que ta vie n'est pas la même que quelqu'un qui est en bonne santé. Quand ça attaque la mobilité, en plus, ça implique de la préparation pour tout. C'est-à-dire, aucune improvisation ne peut se faire. dans la vie au quotidien. Alors quand il marchait, à peu près, ça allait. On a fait plein de voyages, enfin vraiment, en dehors du fait qu'on se soit marié tard, on a eu de jolies vies, on a beaucoup profité de la vie avant d'avoir nos enfants. Et puis après, comme tous les couples, malades ou pas malades, quand il y a des enfants, c'est plus la même. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, qui est en chaise, le handicap est un vrai sujet parce que... Parce que quand on n'y est pas confronté, on ne se rend pas compte que, voilà, quand on habite à Paris comme nous, il y a 98% des immeubles qui sont haussmaniens. Il y a toujours une marche avant, après. On ne rentre pas, la chaise ne rentre pas dans les ascenseurs. Quand il y a des ascenseurs, il y a une marche avant l'ascenseur. Parfois, il y a quatre marches. Il y a un temple maya avant d'arriver à l'ascenseur qui est en haut. Il y a toujours un obstacle qui fait que rien n'a été conçu pour. On ne parle même pas des transports où il n'y a qu'une seule ligne de métro. Les trottoirs qui ne sont pas conçus pour, les pavés qui sont comme ça. Et Paris, et la France en général, mais particulièrement Paris, il n'y a absolument aucune volonté politique de changer ça. Que ce soit Anne Hidalgo ou Emmanuel Grégoire, il n'y a absolument pas d'argent qui est fait pour, on est dans les bons discours, ce n'est pas... on s'en fout. Je parle des gens qui sont handicapés, mais je parle des jeunes mamans qui ont des poussettes. alors que quand tu... Vraiment, quand tu voyages, il n'y a pas de sujet ailleurs. Même en parlant de l'Afrique du Sud, il y a des choses qui ont été conçues. Et alors, cette fameuse loi sur le handicap pour mettre à niveau tous les... Elle est reculée, elle est reculée, elle est reculée. Donc, c'est bien la preuve que c'est un non-sujet.
- Speaker #0
Et ça impacte votre vie sociale ?
- Speaker #1
Ça impacte notre vie sociale, absolument. Nous, on est dans un appartement ancien. La cage d'escalier est tellement petite que la chaise roulante ne rentre pas dans l'ascenseur. Donc ça veut dire que mon mari, quand il rentre à la maison le vendredi soir, il ne peut pas en sortir le dimanche. Pourquoi ? Parce qu'il a quelqu'un qui l'aide à ce qu'il rentre dans l'ascenseur. Heureusement, on n'habite qu'au premier étage. Le temps qu'il monte au premier étage, il faut que la personne ait monté à pied la chaise roulante au premier étage pour que quand il sort de l'ascenseur, il puisse s'asseoir à nouveau. Donc on ne peut jamais prévoir d'aller dîner ou sortir tout seul. Il faut toujours qu'il y ait quelqu'un qui l'aide. Quelqu'un qui pousse sa chaise ou quelqu'un qui l'aide à monter l'ascenseur. Alors tu vas me dire, les gens qui nous écoutent, ils n'ont qu'à déménager. Sauf que vraiment, ça fait dix ans que je cherche un appartement dans un immeuble moderne qui, à l'époque, aujourd'hui mes enfants sont grands, qui ne soit pas trop loin de l'école, etc. Et c'est un vrai challenge. C'est un vrai challenge.
- Speaker #0
Ça c'est important parce que tu vois, c'est important de montrer que... tout le monde est concerné par ces questions.
- Speaker #1
Tout le monde est concerné et pour répondre à ta question sur la vie sociale, tu sais, tu peux inviter... Nous, on invite des gens à la maison et on est ravis de le faire, mais quand les gens nous invitent, c'est un vrai sujet. Souvent, toi, quand tu as dîné ou les gens qui nous écoutent quand ils vont dîner chez les gens, il n'y a pas de sujet. Tu viens dîner chez les potes, mais oui, bien sûr, on ne vient pas mardi, non, mais on peut venir jeunie. Ou bien tu viens ce soir, on s'en fout, on n'a rien prévu. Ça, on ne peut pas le faire. Et même les gens qu'on invite, souvent, ils ont envie de te rendre l'invitation ? Ce n'est pas possible. Et donc, une fois, deux fois, trois fois, on t'invite et la quatrième fois, on ne t'invite plus parce que ce n'est pas possible. Ou alors, il faut aller au restaurant et tout va bien. On peut aller au restaurant et heureusement, on peut aller au restaurant.
- Speaker #0
Mais je comprends aussi que,
- Speaker #1
tu vois, les gens ont envie de te recevoir, mais ça, c'est compliqué.
- Speaker #0
Est-ce que toi, du coup, alors, ce n'est pas chouette parce qu'effectivement, tu es un peu pénalisée aussi parce que tu as une vie... Bon,
- Speaker #1
après, j'accepte, j'ai signé, il n'y a pas de souci, mais je trouve que, oui, à ta question, est-ce que la vie sociale a un impact ? Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce que toi, ça veut dire faire un choix, souvent ? C'est-à-dire sortir ?
- Speaker #1
Alors, j'ai un mari qui est absolument au-delà de génial et qui ne m'a jamais empêché de faire quoi que ce soit. Quand je dis quoi que ce soit, c'est vraiment quoi que ce soit. Alors, c'est une maladie qui fatigue beaucoup, donc il a besoin vraiment souvent de... Il a une vie professionnelle intense, où il voit beaucoup de monde toute la journée. Donc il a besoin de moments de calme, de se reposer, et tout le monde respecte ça. Mais c'est vrai qu'il ne m'a jamais empêché, si jamais, je ne sais pas, un dîner, quelqu'un nous invitait, il m'a dit « mais vas-y, vas-y, vraiment » . Ça c'est chouette.
- Speaker #0
En tout cas, il ne te fait pas ressentir.
- Speaker #1
Non, jamais.
- Speaker #0
Non mais ça pourrait être chouette, tu pourrais devenir un peu aigrie, te dire « j'ai pas envie qu'elle s'en... »
- Speaker #1
Jamais de culpabilisation, au contraire, elle m'a toujours poussée à faire des choses. à les faire. Après, c'est moi qui trouve que c'est plus sympa de les faire à deux. Mais bon, voilà, mon vieillage, maintenant, sort un petit peu moins quand même. Ça m'arrange aussi.
- Speaker #0
Arrête, je vais pleurer dans trois minutes. Arrête. Sortons un peu de ce sujet, soyons plus légers. Quoique, on parlait du regard des gens à partir du moment où tu es devenue la femme d'eux. Est-ce que tu peux me donner une question un peu curiosité malsaine qu'on te pose tout le temps ?
- Speaker #1
Écoute, les gens ne posent pas beaucoup de questions. Les gens, s'ils me posent des questions, c'est souvent bienveillant. C'est-à-dire qu'ils me demandent comment va Dominique, comment va sa santé. Parce que les gens connaissent mal l'asclérose en plaques. Les gens connaissent mal, ils savent qu'ils sont malades. Il y a plein de gens qui, encore, ne savent pas qu'il est malade.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. Chez moi, pour avoir parlé de ce podcast et de cet enregistrement à des proches, certains ont découvert, effectivement, qu'il était malade. Ils ne le savaient pas.
- Speaker #1
Peut-être des générations, peut-être plus... Non, les gens me demandent comment il va.
- Speaker #0
Très bien, bien. Ok. Donc il n'y a pas de questions un peu malsaines, que c'était un petit peu bizarre. Et toi, le préjugé qu'on a le plus par rapport à toi ou à ton mode de vie ?
- Speaker #1
Écoute, pour être tellement franche, je ne me pose pas la question que les gens se posent sur moi.
- Speaker #0
Donc il n'y a rien qui t'a vraiment...
- Speaker #1
Non, comme on est tous les deux sur les réseaux sociaux, les gens sont absolument persuadés qu'on est pétés d'argent. À ça, les gens sont persuadés qu'on est très très riches. Alors je ne sais pas d'où ça vient.
- Speaker #0
C'est ce que vous avez à la télé, je pense. Parce qu'on voit la télé. Donc, pour les gens, c'est...
- Speaker #1
Il y a plein de gens qui passent à la télé qui n'ont pas d'argent. On ne nous a pas vus à la télé en gagnant l'auto. Donc, je ne vois pas le rapport entre la télé et l'argent, en fait. Donc,
- Speaker #0
c'est ce genre de commentaires que tu peux avoir parfois ?
- Speaker #1
Alors, sur les réseaux, on a beaucoup de commentaires antisémites. Bon, j'ai envie de dire...
- Speaker #0
Justement, ça, c'est quand même un sujet... C'est-à-dire qu'en fait, on se dire que c'est un peu normal.
- Speaker #1
Bah, lui, il ne fait qu'à l'argent.
- Speaker #0
Donc, en fait, c'est ce lien-là, tu penses ?
- Speaker #1
Beaucoup depuis cet octobre, ouais, beaucoup. Parce que lui et moi... On ne se cache pas de qui on est et de ce qu'on pense. Mais en général, les gens se disent qu'il a fait du cinéma, il est producteur, donc c'est de l'argent.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un petit préjugé qui est vrai ? Par exemple, ton mari est effectivement hyper drôle.
- Speaker #1
Ah, mais non, ça c'est vrai.
- Speaker #0
On est d'accord que quand il est content, il ne vomit pas ?
- Speaker #1
Non, Dommage,
- Speaker #0
ça aurait pu être rigolo.
- Speaker #1
Moi, ça m'arrange. Personnellement, je ne réclame pas. Non, non, effectivement, il est très drôle. Et heureusement.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Et mes filles sont très drôles aussi.
- Speaker #0
Aussi. Ah bah tiens, j'avais une question sur tes filles. Justement, comment tu leur apprends à vivre avec cette image-là ? Est-ce qu'elles ont un impact dans leur vie de la notoriété de leur papa ? Est-ce qu'elles en jouent ? Est-ce qu'elles le cachent ?
- Speaker #1
Pas du tout. Moi, mon job de maman, c'est, et ça a toujours été de protéger mes filles, d'une part, de les aider à aborder la maladie et la notoriété. C'est pas un job à plein temps. C'est un papa un peu différent. tellement compensée par d'autres trucs à la maison qui les fait marrer, c'est pas très grave, si petites, il les a pas pris sur les épaules, elles ont eu beaucoup de choses que d'autres n'ont pas eues, et je suis pas sûre qu'elles aient perdu au change. Aujourd'hui, en grandissant, elles se rendent compte quand même de la notoriété parce qu'il y a une nouvelle génération qui est sur Youtube et qui a découvert la cité de la peur qui est très, régulièrement rediffusée. Évidemment. Et que le truc est devenu, enfin, le film est culte. Donc, il n'y a aucune de mes... de mes deux filles qui n'a pas vu la cité de la peur. Elles ont grandi avec ça. Quand elles étaient petites, j'ai voulu qu'elles aillent voir un psy, les deux, parce que je me suis dit qu'il y avait peut-être des trucs qu'elles avaient envie de dire sur la maladie et que c'était important qu'elles aillent en parler à quelqu'un d'autre que moi. Ça a duré très peu de temps et après, elles m'ont dit, ça y est, on a dit ce qu'on avait à dire, on passe à autre chose.
- Speaker #0
Et tu ne les vois pas dans leur vie quotidienne, ce n'est pas un impact pour elles, elles le vivent tout à fait. Il y a la fille d'Alain Chabat qui a pris beaucoup la parole, notamment ces derniers temps, sur ça, sur le fait d'être une fille de Népo Baby, justement. Et qui dit, voilà, on assume. Je pense que c'est aussi une génération qui sait qui elle est, d'où elle vient.
- Speaker #1
Il n'y a pas assumer ou pas assumer, c'est comme ça en fait. On n'est pas dans un rôle à assumer. Elles ont vu à la maison des gens qu'elles voient à la télé. Ce n'est pas un sujet, c'est très naturel. Et là, par exemple, ma fille qui est en terminale, elle était... Elle était contente de son prof de maths, lui demande que le DVD soit signé par son papa. Donc bon, c'était après les résultats du bac. Ouais, elle était plutôt contente.
- Speaker #0
Ouais, ça c'est chouette. Et toi, est-ce que ça a joué positivement ou peut-être négativement ? Les gens pensent, on parlait des préjugés, mais les gens pensent souvent aussi que les femmes d'eux particulièrement, utilisent leur nom, le nom pour pouvoir vendre plus ou être plus bankable. Est-ce que pour les sacs ou pour le podcast, parce que c'est des choses que tu faisais en ton nom, Est-ce que ça t'a aidé ? Est-ce que ça n'a rien fait ? Ou est-ce que ça a été un handicap ?
- Speaker #1
Si le sac est moche, que tu t'appelles Farouji à un tartampion, il est moche. Ouais,
- Speaker #0
ça se vend pas.
- Speaker #1
De toute façon, il se vend pas. Donc,
- Speaker #0
pas d'impact. C'est pas son secteur, pour le coup.
- Speaker #1
Pas du tout, c'est pas son secteur du tout. Il m'a absolument pas du tout aidée sur le podcast.
- Speaker #0
Ouais, parce qu'on peut se dire, tu vois, il peut te mettre en contact. Pas du tout. Ok.
- Speaker #1
Pas du tout. Les gens que j'ai invités n'étaient pas forcément les gens qu'il connaissait. Les gens que je voulais avoir n'étaient pas forcément de son réseau. La seule fois où j'ai, je crois, dit que j'étais la femme 2, c'est quand j'ai envoyé un SMS à Gad Elmaleh que je voulais recevoir et qu'il ne m'a même pas répondu.
- Speaker #0
Ah bah ça n'a pas marché.
- Speaker #1
Donc tu vois que je suis extrêmement à l'aise. Donc ça ne t'a pas beaucoup aidé. Voilà, alors aujourd'hui je m'en fous, ça n'a pas très grave, mais j'étais passée par un de ses copains, je voulais être sûre que c'était le bon numéro. C'était le bon numéro et je me suis pris un vent. Donc en fait... Ce n'est pas un avantage, ce n'est pas non plus un inconvénient. Quand j'essaye de booker mes invités, je ne dis pas que je suis la femme d'eux. Je m'appelle Isabelle Faroudja après. S'ils ont envie de voir à qui je suis mariée, je suis très bien. Mais ce n'est pas parce que je m'appelle Isabelle Faroudja, j'espère qu'ils viennent chez moi.
- Speaker #0
Moi, ce qui m'impacte souvent, c'est l'absence de liberté. C'est vrai que je me dis, ou en tout cas pendant très longtemps, je me suis dit, il faut que je fasse attention à ce que je dis, il faut que je fasse attention à... Comment je me présente, etc. Est-ce que toi, tu as déjà ressenti ça ?
- Speaker #1
Mais auprès de qui ?
- Speaker #0
Par exemple, dans l'écosystème de ton mari. Tu es dans un écosystème qui n'est pas forcément le tien, avec des proches de ton mari. Est-ce que parfois, tu fais attention à ce que tu dis pour ne pas l'impacter, pour ne pas abîmer son image ?
- Speaker #1
Je vais t'expliquer pourquoi. Parce qu'on a deux vies professionnelles extrêmement séparées. C'est-à-dire que moi, je ne vais jamais sur un tournage. Quand ils produisaient des films, il y avait des fêtes de tournage. Je ne vais jamais là-dedans.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
D'abord parce que c'est comme si, je veux dire, c'est une équipe qui a travaillé, ils ont travaillé ensemble sur un projet qui a duré parfois trois mois, six mois, un an. Les gens se connaissent, moi je ne les connais pas. Ce n'est pas ma place en fait. Ce n'est pas du tout ma place.
- Speaker #0
Donc ta façon de préserver un peu ta liberté et ton indépendance, ça a été de bien séparer. vos devis professionnels.
- Speaker #1
Mais je n'ai jamais eu l'impression de ne pas être libre, en fait.
- Speaker #0
Ça n'a pas été une réflexion que tu as pu avoir ? Jamais,
- Speaker #1
jamais. Quand il y avait des dîners professionnels chiants, il ne m'a jamais demandé d'y accompagner. Il a reçu deux médailles, je crois, une fois à la Légion d'honneur, lors du Mérite, etc. Il a évidemment invité les gens du bureau. Donc oui, je connais Alexis, on a Alexis à la Roche-Joubert, mais on ne dîne pas ensemble. S'il a des choses à voir avec elle ou avec d'autres acteurs du métier, ce n'est pas ma place. Ce n'est pas ma place.
- Speaker #0
Et vous êtes très peu, finalement. people aussi. Il y a aussi ce côté-là, vous n'êtes pas dans...
- Speaker #1
Alors, pour deux raisons. D'abord, par choix, parce qu'on n'aime pas ça.
- Speaker #0
C'est une bonne raison.
- Speaker #1
Et deuxièmement, parce que c'est pas accessible.
- Speaker #0
Aussi. Voilà.
- Speaker #1
Donc ça nous manque pas, parce que franchement, je pense que si on était invité, je suis pas sûre qu'on dirait tout. En tout cas,
- Speaker #0
vous n'iriez pas forcément.
- Speaker #1
Voilà. Mais il peut arriver, parfois, on est souvent invité par exemple à des avant-premières, de gens, d'amis, de Dominique et tout. Et parfois, le cinéma n'est pas accessible. Ça peut arriver.
- Speaker #0
Question un peu plus légère maintenant pour finir ce podcast. Je voulais savoir, petite curiosité, tu nous appelles ton âge, tu nous appelles ton mariage, mais comment vous faites ? Ça fait combien de temps aujourd'hui que vous êtes mariée du coup ?
- Speaker #1
23 ans.
- Speaker #0
23 ans. Comment on fait pour garder la petite flamme dans le couple ?
- Speaker #1
Trop de choses. J'ai absolument pas de secret à donner. Je pense qu'il faut justement avoir chacun une activité. Je pense qu'il ne faut pas être collé les uns aux autres. Je pense qu'on n'est pas fait pour vivre toute notre vie à être collé au basque de son mari ou de sa femme. Je pense qu'il faut lui laisser...
- Speaker #0
D'où pas d'intrusion dans sa vie pro, c'est sa vie, t'as ta vie.
- Speaker #1
En fait, ça ne me coûte pas de ne pas avoir d'intrusion, parce que, très honnêtement, alors évidemment, je m'intéresse à ce qu'il fait, mais les égos des petites comédiennes, c'est absolument pas méprisant, mais ça ne me fait pas rêver, en fait. Voilà, donc je pense que c'est important pour lui d'exister dans son métier, qu'il soit heureux dans ce qu'il fait. Aujourd'hui, il fait plus de cinéma, il fait des séries, il est très bon dans ça, il adore ça. Donc tout cet écosystème de casting, en plus c'est vraiment un métier qui est très basé sur l'image, sur l'ego, sur le fait d'exister. Je pense qu'il faut le laisser exister là-dedans, d'avoir son rôle, qu'il ait ses amitiés professionnelles ou personnelles. Et puis moi j'ai les miennes. Et puis moi, j'ai les miennes, puis moi, j'ai mes amis. Et puis heureusement qu'on en a en commun.
- Speaker #0
Tes amis de longue date.
- Speaker #1
Ouais, qui sont devenus les siens aussi.
- Speaker #0
C'est une très belle leçon, je pense, de savoir garder ses amis de longue date d'avant.
- Speaker #1
Ah ouais, mais c'est la base.
- Speaker #0
T'es sûre que ces amis-là sont là pour les bonnes raisons ?
- Speaker #1
En fait, tu fais des rencontres. En fait, t'as des amis, t'as des gens qui t'accompagnent. C'est vraiment un bout de chemin dans ta vie. Il y a beaucoup de gens qui te côtoient. Mais des rencontres, il y en a peu en fait. Des vraies rencontres. Et puis des gens à qui tu peux tout dire. Ça a fait une séquence dans mon podcast, mais moi, j'ai une vraie copine poubelle. J'ai une copine que j'appelle depuis 25 ans, que je peux appeler peut-être un peu moins, mais que je peux appeler tous les jours. Et je vide ma poubelle. C'est-à-dire, je vide mon sac. Tout ce que j'ai à dire, des choses absolument honteuses, tous des trucs qui... Mais je sais qu'il y a de la bienveillance, de l'écoute et surtout aucun jugement. Et je peux lui avouer des choses complètement inavouables, mais c'est ma copine poubelle. Et elle fait exactement de même. J'en ai parlé la première fois dans le premier épisode de Jamais dit avec Valérie Banaïm. Et j'ai posté ça comme premier extrait test de Jamais dit. Et ça a fait un million de vues. Parce qu'en fait, il y a des gens qui sont absolument outrés du terme employé. Parce que quand l'amitié c'est tellement beau qu'on ne peut pas appeler.
- Speaker #0
On ne peut pas utiliser le mot poubelle. Explique le concept, on comprend quand même.
- Speaker #1
J'explique le concept, mais il y a plein de gens que ça heurte, qui valorisent tellement que l'amitié, qui n'ont pas beaucoup de recul, en tout cas pas beaucoup d'humour, sur le fait qu'on peut employer le terme de copine poubelle. Et puis il y en a d'autres, et heureusement c'est la majorité, qui ont tellement aimé ça qu'elles ont tagué leur copine poubelle en dessous de l'extrait. Et l'extrait est devenu viral et il y en a passé un million.
- Speaker #0
Les gens se projetaient en disant, regarde c'est toi !
- Speaker #1
Toi t'es ma copine très sélective, toi t'es ma poubelle jaune. Enfin bon, donc je tiens beaucoup à mon concept de copine poubelle.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, tu me parlais des réseaux sociaux et des commentaires. Comment tu gères ça ? Parce que toi qui es dans la com, toi qui es maintenant dans la lumière aussi, j'imagine que t'es visible.
- Speaker #1
Je suis visible par 20 000 personnes sur Instagram, donc je reste quand même... Ouais,
- Speaker #0
tu fais un petit peu plus de vues sur les YouTube quand même.
- Speaker #1
Sur YouTube, ce n'est pas moi qui fais des vues. C'est mes invités qui font des vues. Ce n'est pas moi qui ai mis en lumière. C'est vraiment les gens que je reçois qui vraiment décident de parler de certaines choses. Mais ce n'est pas moi.
- Speaker #0
Tu as quand même des commentaires. Comment tu les gères ? Alors,
- Speaker #1
j'accepte toujours les débats. Je bloque les insultes.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est ma règle. C'est assez simple. Et puis, si vraiment je suis très fatiguée, comme aujourd'hui quand il fait 80 degrés et que c'est toujours les mêmes, à la haine de nos chiens. Ça me fatigue.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
c'est bon.
- Speaker #0
Ok. Donc tu les lis un peu quand même. Parce que la stratégie qui est d'y dire je ne lis plus. Ah non, non,
- Speaker #1
pas du tout. Je lis surtout ceux de jamais dit, parce que si porte atteinte à mes invités, je dégage.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Encore une fois, le dialogue toujours possible. L'agressivité est insufflée. C'est non.
- Speaker #0
Ok. Si tu devais donner un seul conseil à l'Isabelle de 20 ans, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #1
Je lui dirais que c'est cool. Cool. Je pense que si on sait où on va, on y va. Peu importe le temps que ça prend, peu importe les chemins qu'on emprunte. Il y a des moments où ça va aller vite, il y a des moments où ça va être stressant. Je lui dirais que tu vas accorder beaucoup d'importance à des choses qui, avec le temps, tu te rendras compte que finalement, ce n'était pas important du tout. Et je pense que si on sait où on va, encore une fois, on y va de toute façon. au rythme... N'aie pas peur.
- Speaker #0
N'aie pas peur, ose et fais surtout.
- Speaker #1
Fais. Je crois que vraiment le plus important c'est de faire et le plus grave c'est de ne pas faire.
- Speaker #0
C'est ce que tu dis à tes filles ?
- Speaker #1
Je leur dis à peu près ça.
- Speaker #0
Pas trop trop quand même.
- Speaker #1
Le problème c'est que quand tu donnes des conseils, tu projettes tes propres peurs. Et que les gens qui vont te dire ne fais pas ci, ne fais pas ça, c'est qu'eux-mêmes ont vécu des choses. Sauf que... T'as pas le même vécu que eux, tu n'as pas la même construction qu'eux. Je pense que peut-être le meilleur conseil, c'est de ne pas en donner.
- Speaker #0
C'est pas mal. Est-ce que tu as hésité avant de faire ce podcast ?
- Speaker #1
Pas du tout.
- Speaker #0
Pourquoi tu as dit oui ?
- Speaker #1
D'abord parce qu'on s'est rencontrés, parce que j'ai vu qui tu étais, parce que j'ai un petit instinct où je me dis, enfin je sais qu'on s'est piégés au foireux et que je peux me tromper évidemment, mais que j'ai pas eu ce sentiment-là avec toi.
- Speaker #0
Et ça va, ça se confirme ?
- Speaker #1
Bah oui, je suis pas trop inquiète, ça va.
- Speaker #0
Et c'est la dernière question, la question qui revient, qui est la question de fin du podcast. Si tu avais un bouton magique qui te permettait de faire en sorte que Dominique ne soit pas connue, et donc vous êtes un couple tout ce qu'il y a de plus normal, vas-y, qu'est-ce que tu appuies dessus ?
- Speaker #1
Je ne pense pas que ma vie serait différente. Si j'avais un bouton magique, ce serait pour qu'il ne soit plus malade.
- Speaker #0
Oui. On aimerait bien appeler tous dessus, je pense.
- Speaker #1
Mais pas pour qu'ils soient plus connus ou pas, parce qu'aujourd'hui, il y a plein de gens qui ne le connaissent pas, et puis ce n'est pas grave. Notre vie, oui, notre vie n'est absolument pas une vie de gens célèbres dans la lumière. Donc, moi, avec ou sans, ma vie est la même. Vraiment.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci infiniment, Isabelle. Merci beaucoup à toi d'avoir passé ce temps avec nous pour cet épisode, de nous avoir offert ce superbe portrait de toi. Tout en nuance, en liberté. Oui, par contre, un petit peu caliente. Mais c'est ça, c'est... C'est la chaleur humaine.
- Speaker #1
On va dire ça comme ça.
- Speaker #0
En tout cas, on peut te retrouver dans ton propre podcast, Jamais dit. Je vous invite à aller l'écouter parce qu'il est vraiment super. Il est disponible sur toutes les plateformes, y compris YouTube, évidemment. Si vous avez aimé écouter cette histoire à contre-jour, faites-le savoir, abonnez-vous, activez la petite coche sur YouTube et tous les réseaux sociaux. N'hésitez pas à me laisser vos impressions aussi en commentaire. On se donne rendez-vous un mercredi sur deux pour continuer à explorer l'envers du décor de ceux qui partagent la vie de nos personnalités. préférées. A très vite !