- Speaker #0
Et si la femme forte, celle qui tient, qui gère, qui avance coûte que coûte, était surtout une femme fatiguée, qui n'a jamais vraiment appris à s'écouter ? Et si ce costume de Wonder Woman, enfilé très tôt pour être aimé, reconnu et accepté, était une armure devenue bien trop lourde à porter ? Dans cet épisode d'A Fleur de Soie, nous parlons de femmes qui font beaucoup. de corps qui parlent quand on ne les écoute plus, d'hypersensibilité, de neuro-atypie et de ces parcours invisibles que vivent tant de mamans, d'enfants atypiques, parfois seules, souvent épuisées, toujours courageuses. Avec mon invité Julie Lecomte, thérapeute holistique, nous avons ouvert un espace. Un espace pour parler du masque, de la vulnérabilité qu'il protège, du féminin blessé qu'il cache. et du chemin de libération qui commence quand on accepte enfin de tomber l'armure. Alors si tu es une femme ou tu as été une femme qui se reconnaît dans l'action, qui tient toujours tout, mais qui sent que quelque chose à l'intérieur appelle à ralentir, si tu es hypersensible, neuroatypique ou parent d'un enfant atypique et que tu te sens parfois à bout, alors cet épisode est pour toi. Bienvenue dans À fleur de soi.
- Speaker #1
Je suis Clémentine Gransart et vous écoutez À fleur de soi, le podcast des âmes sensibles qui en ont assez de se limiter.
- Speaker #0
Ici, on met des mots sur les mots, on se défait de nos costumes trop étroits. On apprivoise nos ombres et nos saboteurs intérieurs pour retrouver la liberté d'être pleinement soi. À travers mes traversées, mes réflexions et des conversations inspirantes avec mes invités, je t'invite à libérer ce qui t'étouffe, à laisser ta voix éclore, à oser entreprendre avec audace, à déployer ta vérité, ta créativité, ta lumière, sans te cacher, te réduire ou t'excuser.
- Speaker #1
Ici, on vient vibrer, ressentir et éclore, à fleur de peau, à fleur de soi.
- Speaker #0
Bonjour Julie.
- Speaker #1
Bonjour Clémentine.
- Speaker #0
Alors Julie, avec mes mots, je vais essayer de te présenter. Ton parcours, Julie, ressemble à une véritable traversée. Une traversée du mental vers le corps, du « il faut » vers le « je choisis » , du faire, de l'action, de la performance, vers la douceur, le ressentir, l'être. Julie Lecomte, toi qui oses aujourd'hui dire « je suis thérapeute holistique » Alors que... pendant longtemps, tout en toi, respirait le cartésien. Petite fille brillante, première de la classe, celle qui comprend vite, qui réussit, qui s'adapte pour être aimée, reconnue, validée. Puis, la jeune femme ambitieuse. Une carrière exigeante, intense, passionnante aussi. Des postes à responsabilité, de la finance à la communication, du management. Et ce rôle que tu incarnes parfaitement. Celui de la femme forte, empathique, fiable. sur qui on peut toujours compter, la Wonder Woman. Et puis, en 2012, l'arrivée de ton fils, Titouan. Un immense amour, un soleil dans ta vie, et en même temps, les premiers chamboulements intérieurs. Quelque chose commence à bouger. Tu regardes la vie autrement. La maternité solo, les diagnostics, le TDAH, les troubles d'ice, les rendez-vous, les combats avec le système scolaire. Les journées bien trop pleines et les nuits bien trop courtes. Et malgré tout, tu continues, tu tiens, tu avances encore en Wonder Woman. Jusqu'au moment où les appels intérieurs deviennent trop forts pour être ignorés. La quête de sens, le corps qui commence à parler, et cette intuition grandissante. Et si je m'étais oubliée en chemin ? À partir de là, un autre monde s'ouvre à toi. Le corps, l'énergie, l'invisible, les formations, les explorations, et aussi une vraie nuit noire de l'âme, où tout s'effondre pour mieux renaître. Et peu à peu, Julie, ce que tu découvres, c'est toi. Celle qui était là depuis toujours, cachée sous les injonctions, l'hyperactive, l'abattante, la vibration d'un corps trop longtemps relégué au dernier rang de ta to-do liste. Celle... qui sait écouter le corps, les émotions, celle qui sait apaiser, accompagner, celle qui ressent, même dans l'invisible. Aujourd'hui, tu es thérapeute holistique, tu accompagnes des femmes hypersensibles, atypiques, épuisées d'être fortes à déposer l'armure, à quitter le costume de Wonder Woman, à revenir au corps, à la douceur, au yin, à l'intuition, à redevenir vivante. Je suis très honorée de t'accueillir ici. Est-ce que tu te reconnais dans ces mots ? Est-ce que tu as des choses à ajouter ?
- Speaker #1
Merci, waouh ! Quelle belle appropriation de mon parcours ! C'est déjà très très complet. J'accompagne les femmes, j'accompagne aussi les enfants. Oui, l'accompagnement de mon fils a vraiment été un tournant dans cette prise de conscience.
- Speaker #0
On va en parler, mais peut-être pour débuter cette interview, j'aime bien commencer comme ça, est-ce que tu te rappelles comment tu étais enfant ? Et que reste-t-il de cette petite fille aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je n'ai pas énormément de souvenirs de l'enfance. Les souvenirs que j'ai, c'est à la mer. Il a toujours été mon élément, mon endroit, puisqu'on avait un mobilhome avec mes parents quand on était petits. Et donc, on partait en vacances toujours sur la mer du Nord. Donc, j'ai des souvenirs là où je m'éclatais dans l'eau, je jouais à Olivier Tom. Je ne sais pas si toi, tu as connu ce dessin animé là. C'est un dessin animé de foot. Alors, bon... J'étais, comme on dit, garçon manqué. Elle est horrible, cette expression. Jamais on dit fille manquée. C'est comme si j'avais été ratée dès le début. Je suis quand même partie avec cette étiquette-là, je pense.
- Speaker #0
Tu le sentais à l'époque que tu étais garçon manqué ou c'est l'image qu'on te renvoyait ?
- Speaker #1
On me renvoyait cette image et je le sentais aussi parce que j'adorais jouer aux voitures, j'adorais regarder le foot avec mon père. J'adorais donc jouer dans les vagues avec un ballon, à attraper mon ballon de foot comme dans Olivier Tom. Ouais, je pense que je me suis collée cette étiquette. Parce que j'ai une grande sœur, je me suis dit que mes parents auraient sûrement voulu un petit garçon. J'ai pris déjà ce masque à l'époque.
- Speaker #0
Alors, je l'ai dit un peu en introduction, mais tu as une vie très active. Tu as fait des études brillantes, tu as eu des postes de direction. Tu as été aussi maman solo, un tempérament assez fonceuse, un perfectionniste. À quel moment tu as compris que ce rythme n'était plus tenable ?
- Speaker #1
Je ne sais pas trop s'il y a eu un... un moment précis, parce qu'il y a eu plusieurs choses dans ma vie. Il y a un moment où je me suis retrouvée le nez sur le parquet. J'avais 25 ans, j'avais une hernie discale en L4 et L5. L5, c'est la sauveuse quand même, ça je l'ai appris après. Donc j'étais déjà bien là-dedans.
- Speaker #0
L4 et L5, c'est ceux qui ne connaissent pas, c'est les lombaires.
- Speaker #1
Les lombaires dans le bas du dos. Et donc à 25 ans, je me suis retrouvée sortie du lit, impossible de me relever. Et là, c'était le premier coup en me disant, à 25 ans, c'est quand même pas normal. J'ai dû appeler ma mère pour qu'elle vienne me relever.
- Speaker #0
Donc à l'époque, tu étais sortie de tes études de commerce.
- Speaker #1
Oui, j'étais déjà chez Chrono, c'était le début, chez Chrono Drive, et une vie hyperactive déjà. Donc il y a eu ça, c'était une première alerte, mais évidemment que je n'ai pas vraiment écouté, j'ai fait des infiltrations et puis c'est passé. Après, c'est vraiment avec l'arrivée de mon fiston, où vraiment quand il est arrivé, il y a eu ce besoin de sens en fait. Mais à quoi ça sert une vie à 9h, 19h ? Au boulot, récupérer mon gamin qui a 9 mois en étant maman solo chez la nounou après 10 heures de réunion. Complètement KO, bosser le week-end sur mes présentations, etc. Il n'y avait plus de sens. Et après, il y a eu la quarantaine. J'ai fêté mes 40 ans et là, ça a été aussi un coup de sens. C'était en 2018.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ?
- Speaker #1
J'étais bien pour mes 40 ans quand même. J'étais déjà dans l'agence de com. déjà en quête de sens finalement un peu avant, mais je l'ai associé à cette crise de la quarantaine, cette crise de sens, toujours ce business, le vendre plus, toujours plus, en plus comme j'avais été dans la finance, tu sais, tu fais des budgets tous les ans pour rajouter du chiffre, pour faire plus de chiffres, et à un moment tu te dis, mais à quoi ça sert ?
- Speaker #0
Puis ensuite dans le marketing,
- Speaker #1
et ensuite dans la com, j'ai essayé de trouver du sens en me disant, je vais aller vers l'écologie et tout ça, mais j'ai fait un coaching pour ça, pour essayer de retrouver du sens là-dedans, dans mon activité. Et je n'ai pas trouvé. Donc j'avais besoin de me nourrir aussi ailleurs. Et c'est là que j'ai démarré mes formations.
- Speaker #0
J'ai employé ce mot Wonder Woman. Tu en parles souvent toi-même. Est-ce que tu peux nous expliquer, nous décrire un peu ce qu'il y a derrière ce masque de la Wonder Woman que beaucoup de femmes, je pense, portent encore aujourd'hui ? Comment tu le définirais toi, avec ton expérience, ton cœur ?
- Speaker #1
C'est un peu ce que tu as défini au début. Pour moi, la Wonder Woman, elle commence dès l'enfance. C'est ce côté bonne élève, première de classe. Pour être aimée, il faut que j'ai des bons résultats. Et donc, je fais tout pour bien faire. Et donc, moi, ça s'est ancré dès ce moment-là. Et le côté faire qui est hyper quand même important dans notre société aussi. Mais je pense que ça vient aussi de... Ça vient aussi de tout ce qu'on a dû faire, nous, les femmes, pour se battre pour avoir les mêmes droits que les hommes. Donc, on est devenus finalement aussi young, voire plus young que les hommes, à devoir démontrer qu'on savait faire aussi bien qu'eux.
- Speaker #0
Mériter notre place.
- Speaker #1
Mériter notre place, déjà dans la société. Et puis après, moi, en tant que personne, je... J'avais l'impression, on m'a souvent dit que j'étais timide, que je restais dans mon coin, etc. Donc comme je ne m'exprimais pas, puis à force de me dire que j'étais timide, je m'exprimais de moins en moins, je faisais tout pour montrer que j'avais une place quand même. Donc j'étais dans le faire à outrance. Tu te sentais obligée d'en faire plus ? Je me sentais obligée d'en faire plus, oui, en tout cas de prouver ma valeur par l'action et par la réussite. Et ce côté Wonder Woman de la femme qui doit être à la fois femme, épouse, amante, bonne maman, bonne fille à ses parents, bonne dans son job pour mériter sa place, enfin partout. Forcément, on a des charges mentales qui débordent et des épuisements à gogo chez l'ensemble des femmes en ce moment.
- Speaker #0
Et ça part de quoi en fait ? Ça vient d'un sentiment d'illégitimité ? Qu'est-ce qu'on cherche à protéger quand on enfile ce masque ?
- Speaker #1
Je pense qu'on protège sa vulnérabilité. C'est à la fois un masque pour se faire aimer et accepter, mais aussi pour se... protégée du féminin qui reste quand même là, qui est blessé. Et on lui met une belle armure pour que personne n'aille voir ce féminin blessé, épuisé, qui craque souvent la Wonder Woman. Elle craque quand elle est toute seule dans sa voiture.
- Speaker #0
Toi, par exemple, quand tu étais cette Wonder Woman et dans l'action, et dans ces postes à responsabilité, et que tu étais aussi maman solo en parallèle, ces moments de vulnérabilité, c'était toujours quand tu étais seule.
- Speaker #1
Oui, seule ou avec des amis très très proches ou avec ma sœur.
- Speaker #0
Tu t'autorisais parfois à l'enlever, je veux dire, ce costume et ce masque ?
- Speaker #1
De toute façon, des fois, ça explosait. Surtout en rapport avec mon fiston, parce que mon fils, quand j'étais à des postes de direction, je partais parfois en séminaire, etc. Et puis, c'est à ces moments-là qu'il choisissait de faire des crises de convulsions. Et c'est souvent là que je craquais.
- Speaker #0
C'est fou, il t'a envoyé finalement des messages.
- Speaker #1
Oui, comme je n'écoutais pas les messages de mon corps, j'étais obligée d'écouter les siens. Parce que les siens, évidemment qu'en tant que maman, je les écoutais.
- Speaker #0
Et justement, tu nous en as un peu parlé, il n'y a pas vraiment eu de point de rupture quand même où tu t'es dit c'est vraiment là, stop, je ne peux plus continuer comme ça. Ou il y a quand même eu un passage plus fort où tu t'es dit là, c'est vraiment plus possible d'être dans le faire tout le temps.
- Speaker #1
Non, parce que même quand j'ai commencé à travailler sur moi et à faire mes formations et tout ça, j'étais encore dans le fer à fond. J'ai fait quatre formations en même temps. Donc, même là-dedans, dans l'énergie éthique, la Wonder Woman, elle était encore là. Et c'est vraiment quand j'ai fait une formation de coaching sur la base de l'Enneagram et du Voice Dialogue. Et là, tu vas rechercher les différentes sous-personnalités en toi. Bon, la première qui est arrivée, c'est l'hyperactive. Bizarre. et donc c'est Vraiment, quand j'ai découvert cette hyperactive, accepté d'avoir ce côté hyperactif trop présent dans ma vie et que c'était elle qui prenait toutes les décisions de ma vie et pas moi, Julie Lecomte, mais juste la partie hyperactive de Julie Lecomte, c'est là que j'ai commencé à ralentir. Mais il a fallu cette prise de conscience.
- Speaker #0
De l'accepter, cette part-là de toi ?
- Speaker #1
La voir, accepter que c'est elle qui guidait ma vie et pas moi. Et petit à petit, trouver d'autres sources. Pour qu'elle se calme un peu, quoi.
- Speaker #0
Ouais. Donc,
- Speaker #1
ça a pris du temps.
- Speaker #0
Complètement. Mais finalement, tu vois, dans ce... C'est pas vraiment un remplissage, mais il y a quand même cette idée de toujours être dans l'action, d'ajouter, que ce soit dans les formations ou dans ton agenda, toujours ajouter plein de choses. Est-ce que c'est quoi ? C'est la peur du vide, finalement, derrière ?
- Speaker #1
Oui, oui, je crois que c'est la peur du vide. Peur du manque. Peur du vide. Peur de la souffrance. Pour moi, le vide, c'était la mort. C'était aller aussi me confronter à ma tristesse que je ne comprenais pas forcément.
- Speaker #0
De ressentir vraiment ce qui nous traverse.
- Speaker #1
Oui, et puis je pense la peur aussi de sombrer et de ne pas réussir à remonter. C'est une peur que j'avais aussi. Quand j'ai démarré dans l'entrepreneuriat, que mon agenda était vide, que mes journées étaient vides, que tout était vide, c'était assez vertigineux.
- Speaker #0
Comment tu l'as vécu au début, ce vide ?
- Speaker #1
Hyper compliqué. parce qu'il y avait plus plein de choses dans ce vide. Il y avait à la fois le vide en lui-même, mais aussi cette peur de ne pas réussir, cette peur de me tromper, cette peur de « mais qu'est-ce que tu es en train de faire, ma fille ? » À tout envoyer valser. Cette peur aussi financière, parce que maman solo, donc est-ce que je vais m'en sortir, etc. Donc c'était rude.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui... Je suppose que du coup, de passer d'un modèle à un autre, tu l'as dit toi-même, ça n'a pas été facile parce que cette Wonder Woman est revenue toquer à ta porte. Et dans les peurs qui se sont réveillées peut-être aussi, il y a eu peut-être des voix un peu dures dans ta tête par rapport à ce vide. Qu'est-ce qui t'a aidé, toi, à accepter ce vide et à lâcher ? Qu'est-ce que tu as dû lâcher ?
- Speaker #1
Alors, avant de répondre à ta question, le système, il est toujours... Pour moi, je n'ai pas fini la transformation du système, parce que ça prend un temps fou. et que mon système ancien, avec l'hyperactive, mon critique intérieure et tout ça, il revient très régulièrement. Donc, il faut toujours être attentive. Parce que même dans ma vie d'aujourd'hui de thérapeute, il y a cette Wonder Woman qui revient de temps en temps. Quand je lance un truc et que ça ne marche pas tout de suite, cette impatience, cette volonté d'aller vite, ça vient constamment toquer à la porte. Mais la différence, c'est que maintenant, j'en ai conscience. Et pour moi, c'est vraiment le sujet. c'est quand tu prends tout conscience, c'est comme l'hyperactivité, quand j'ai pris conscience que c'est l'hyperactivité qui guidait ma vie, j'ai commencé à ralentir. Donc, quand j'ai conscience que ma working girl, ma wonder woman, là, revient, j'arrive à la voir venir et à me dire, bon, allez, calme. Et on va chercher d'autres ressources. En fait, donc, ce qui m'a aidée, ce qui m'a permis de lâcher, c'est chez moi, d'abord, le retour au corps. C'est pas pour rien que j'ai démarré ma formation. par la sonosomatothérapie, j'aurais pu choisir n'importe quoi. Et j'ai été guidée vers ça parce que j'avais un grand besoin de lâcher le contrôle par le corps. Je me souviens de ma formatrice, les premières fois qu'elle me massait les bras, elle me dit « Mais tu vas lâcher, c'est moi qui commande ! » Même dans un massage, tu sais. Et je ne me rendais pas compte que j'étais crispée à ce point-là. Dans le contrôle. Et aujourd'hui, quand je masse des gens comme moi à l'époque et je vois les bras, je me dis « Mais lâche ! » Le retour au corps, c'est quelque chose de fondamental pour moi, pour toutes les femmes, et particulièrement les femmes atypiques qui sont beaucoup dans la tête. Je leur dis toujours le corps, le corps, le corps. Il n'y a que ce moyen-là pour sortir des boucles. Retour au corps, et puis après la respiration, la méditation, et apprendre à aimer être seule aussi. J'avais du mal à être seule avant. Aujourd'hui, j'adore et il me faut des moments de solitude absolument pour me...
- Speaker #0
Pour te recharger ?
- Speaker #1
Oui, pour me recharger. Et la nature, bien sûr.
- Speaker #0
Tu vois, dans une vie qui s'organise beaucoup autour du faire, de l'action, de la performance, du contrôle, tu en as parlé, finalement, il y a cette déconnexion souvent progressive du corps, de ses ressentis. Mais j'ai l'impression, en t'entendant parler, que c'est avant tout peut-être une question de s'autoriser. à prendre soin de soi. Est-ce que c'est ces femmes qui sont hyper actives, qui occupent des postes à responsabilité ou qui ont des rôles très chargés, finalement, est-ce que le problème c'est pas qu'elles ne s'autorisent pas à se mettre en priorité, à ressentir, à prendre soin d'elles ?
- Speaker #1
Alors, si. Alors je sais pas si c'est le cas de toutes les Wonder Woman, mais en tout cas... Oui,
- Speaker #0
on fait un peu des généralités là, mais...
- Speaker #1
Mais en tout cas... Moi, c'était le cas et celles que j'accompagne, c'est le cas. C'est des femmes qui vont mettre en priorité leur mari ou leur femme, leurs enfants, leurs équipes. Et elles s'occupent d'elles en dernier. Donc souvent d'ailleurs, les femmes que j'accompagne, elles viennent d'abord me voir pour leurs enfants. Parce qu'il faut d'abord s'occuper des enfants alors que c'est tout l'inverse. Et j'ai fait pareil. Moi, quand j'ai démarré ma formation, c'était pour apaiser mon fils. Ce n'était pas pour moi. Évidemment que ça a tout de suite travaillé sur moi. Et j'ai vite compris que ce n'était pas mon fils le sujet, c'était moi d'abord. Et je crois que c'est aussi s'autoriser à être doux avec soi. J'ai toujours été quelqu'un de très doux. Donc on a l'impression que j'étais aussi dans cette énergie yin quand même. Dès le début même dans mon management, j'étais hyper maternante, très douce avec mes équipes, etc. Mais pas avec moi.
- Speaker #0
Dans ton discours interne en fait par rapport à toi-même, c'était dur ?
- Speaker #1
Violent.
- Speaker #0
C'était un peu en mode tyran ?
- Speaker #1
Un critique intérieur. ultra présent, très très présent.
- Speaker #0
Quel genre de phrase ?
- Speaker #1
Tu ne vas pas y arriver, tu n'as aucune personnalité, tu ne sers à rien, tu as vu ton fils, tu n'es même pas capable de réussir une famille. Très très dur.
- Speaker #0
Elles viennent d'où ces voix ?
- Speaker #1
T'es grosse, t'es moche, ça c'était dans l'adolescence, mais c'est quand même resté longtemps, et d'où ma difficulté avec le corps. Il a fallu du temps à réussir à accepter et aimer mon corps. Ne serait-ce que dire « aimer mon corps » , il y a quelques années, c'était impossible de dire ce genre de phrase.
- Speaker #0
Ce critique intérieur qui est tellement fort, ces voix, est-ce qu'elles nous appartiennent ou elles viennent de notre éducation ?
- Speaker #1
Les voix, elles viennent d'un peu partout. Pour moi, il y a des voix qui viennent de l'inconscient collectif, tout notre système judéo-chrétien déjà, qui fait que le critique est très présent chez l'ensemble des judéo-chrétiens. Puis après, il y a aussi l'éducation. Et puis pour moi, la voie critique intérieure, au départ, c'est un protecteur. C'est une voie qui est là pour nous protéger quand on est petit, de nous protéger de l'échec justement, de faire en sorte qu'on soit aimé, qu'on aille vers la perfection pour être aimé. Sauf qu'à un moment, ça peut devenir un tyran. Et c'est inconscient. C'est surtout ça, moi, qui me fascine. C'est la puissance de l'inconscient. Et de ces voix qui dirigent notre vie sans qu'on le sache. Et c'est pour ça que je dis, pour moi, la moitié du chemin, c'est la conscience. Parce qu'une fois que tu as conscience de ces voix-là et de qui est en train de parler en toi...
- Speaker #0
Tu peux l'observer et prendre le risque.
- Speaker #1
Et être comme un peu un chef d'orchestre en disant, bon, OK, est-ce que j'ai vraiment envie que ce soit lui qui guide ma vie, là, ou pas ? Et donc reprendre le lead.
- Speaker #0
C'est le son un petit peu de ces voix-là. gentiment parce que si tu les envoies bouler elles reviennent puissance 10 j'aime bien dire que tout ce qu'on réprime en fait s'imprime et tout ce qu'on rejette revient fort en force en fait donc il y a vraiment une question d'acceptation tu as raison et de reconnaissance de ce qui est en douceur parce qu'il s'agit pas non plus on est pas en train de dire qu'il faut rejeter ce côté complètement Wonder Woman hyperactif c'est pas ce que tu as fait et ce n'est pas le chemin que tu proposes non plus. Mais d'ailleurs, aujourd'hui, je pense qu'elle t'aide encore.
- Speaker #1
Oui, carrément. Cette énergie yang, elle m'aide à fond dans mes projets, mais elle ne me bouffe plus. En fait, l'idée, c'est de transformer. Transformer ce masque-là qui, à un moment, t'étouffe dans une vie qui ne te convient pas et la transformer en disant qu'est-ce que je vais chercher comme ressource dans ce masque-là qui m'a quand même été utile pendant des années. Quelles sont les ressources que je peux utiliser pour des choses que je veux faire aujourd'hui ?
- Speaker #0
Cet équilibre n'est pas facile à trouver ?
- Speaker #1
Non, je pense que tu le trouves parfois. Moi, j'ai toujours l'image du funambule. En fait, tu es sur le fil, tu as l'équilibre et puis pouf, il se passe un truc. Tu tombes du fil et puis tu reviens. Mais je pense qu'on ne trouve jamais l'équilibre tout le temps. C'est toujours un jeu de funambule.
- Speaker #0
Cette recherche un peu d'homéostasie là. Bah oui. Mais comment on sait finalement qu'on est dans l'excès ? Est-ce que peut-être tu peux définir ce que ça fait d'être dans une vie, ce que c'est le yang, ce que c'est le yin, et qu'est-ce que ça fait d'être dans l'excès de yang ? Parce que les gens ne connaissent pas forcément ce concept de yang et de yin.
- Speaker #1
L'excès, c'est le corps qui parle. j'ai mal au dos ou j'ai une douleur quelque part qui revient tout le temps, c'est qu'il y a un excès de quelque chose. C'est qu'il faut aller regarder. Il faut, ce serait bien d'aller regarder. Et après, pour répondre à ta question sur l'yin et yang, donc yin c'est tout ce qui est l'énergie féminine, mais que les hommes ont aussi, on a tous du yin et du yang. L'idéal étant d'être à 50-50 yin-yang, qu'on soit homme ou femme. Donc le yin c'est tout ce qui est introspection, ralentissement, c'est relié à la lune, c'est relié à l'élément eau. C'est relié aussi à tout ce qui est créativité. Quand on est dans la créativité, dans la nature, dans les balades, dans l'émerveillement de ce que peut donner la nature, etc. Tout ça, on est dans le yin. Et le yang, à l'inverse, c'est l'action, c'est le faire. Donc le yin, c'est l'être. Le yang, c'est le faire. C'est aussi l'expansion, le collectif.
- Speaker #0
Tourner vers l'extérieur.
- Speaker #1
Tourner vers l'extérieur, oui. Le sport, mais du sport intense. Du yin, tu peux faire du sport aussi, mais tu es plutôt sur du yoga et du yang.
- Speaker #0
Cardio à fond.
- Speaker #1
Du cardio, de la zumba, etc. Même si c'est un truc de nana, c'est quand même un truc yang. C'est le soleil, c'est le feu. Donc, il en faut de cette énergie-là. Évidemment qu'il faut des deux énergies. Le seul truc, c'est que souvent, on est en déséquilibre là aussi. Donc, moi, j'étais très dans le yang et assez peu dans l'yin, sauf dans cette douceur maternante, mais avec les autres, pas avec moi. Donc quand on est en excédient, on a un agenda rempli, on fait plein de trucs, on est toujours débordé.
- Speaker #0
On n'a jamais le temps de rien.
- Speaker #1
On n'a jamais le temps de rien et on fuit le vide et la solitude et l'introspection. Et à l'inverse, quand on est en trop de yin, ça je n'ai encore pas connu, mais quand on est en trop de yin, on peut être dans une certaine passivité. On peut aussi être dans une certaine morosité parfois, parce qu'on ne va plus aller vers l'extérieur, on ne va pas se régénérer vers l'extérieur et tout ça, et on en a besoin quand même.
- Speaker #0
Plus dans la rêverie, un peu déconnectée de la réalité.
- Speaker #1
Peut-être ce côté un peu perché, quand on dit aller perché, c'est des gens qui peuvent être un peu trop, entre guillemets, dans le lien et pas assez dans l'action, dans l'ici et maintenant, dans le faire.
- Speaker #0
Mais en fait, les deux se nourrissent.
- Speaker #1
Les deux se nourrissent. Et moi, j'aime bien donner des tips à mes clientes. En général, quand on regarde cet équilibre yin-yang, évidemment, j'attire ce que je suis ou ce que j'étais. Donc, j'ai essentiellement des femmes qui sont assez yang, qui viennent me voir. Et en fait, ce qu'on fait, c'est qu'on regarde leur agenda avec toutes leurs activités. Et sur chacune des activités, on se dit c'est yin, c'est yang, etc. Et je leur dis, petit à petit, tu refais ton agenda de la semaine pour être à 50% d'activité Yin et 50% d'activité Yang. Donc là où tu faisais du cardio à fond, remplace par un cours de yoga ou de la danse. Et petit à petit, on arrive à cet équilibre.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux peut-être donner plus d'exemples sur comment faire rentrer plus de Yin dans sa vie ?
- Speaker #1
La première phase aussi.
- Speaker #0
Et peut-être avant ça, désolée. Cerveau d'atypique. Pourquoi c'est si important, en tant que femme, de se reconnecter à son yin ?
- Speaker #1
Oh, bonne question. Parce que tant qu'on n'est pas connecté à son yin, on n'est pas soi. On est dans ce côté masque, on est dans ce que la société attend de nous. Cette société qui veut du yang partout. Et on voit où ça mène aujourd'hui. Pour moi, la société, elle a grandement besoin d'énergie yin, mais de vous aussi, messieurs, et de la nôtre. Nous, on est partis à fond, nous les femmes, on est partis à fond sur du yang et on a une société qui est complètement déséquilibrée. Bon, là, je pars un peu plus loin, mais en tant que personne, si tu ne vas jamais te reconnecter à ton yin, tu n'es jamais toi. On est yin quand même en étant fan, en étant femme, fan du yin. On est yin. C'est après, on se laisse embrigader par une société yang et on devient yang à fond. Enfin, pas toutes, mais en tout cas, ces femmes n'engent pas. Et si tu ne reviens pas à ton yin initial, tu passes ta vie à côté de toi.
- Speaker #0
L'importance du ressentir par rapport au faire. Dans cette société, effectivement, on a l'impression que ça va de plus en plus vite. On est dans le faire à fond, dans prouver les choses.
- Speaker #1
Cette société qui valorise le faire avant l'être, qui nous pousse à remplir un maximum, que ce soit nos armoires, nos ventres, nos têtes, nos maisons, nos ordinateurs, tout va vers le remplissage.
- Speaker #0
Et ça,
- Speaker #1
c'est très yang. Et j'ai un argent aussi.
- Speaker #0
Oui, je t'ai coupé.
- Speaker #1
Non, vas-y.
- Speaker #0
J'ai l'impression que ce remplissage, cette vitesse, elle nous coupe de la réflexion. Elle nous empêche de réfléchir et de nous poser des bonnes questions. C'est-à-dire, est-ce que ça que je suis en train de faire, c'est bon pour moi ? Est-ce que ça a vraiment du sens ? Ou est-ce que je suis en train de courir après quelque chose qui ne m'appartient pas ? Qu'est-ce que je veux prouver ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça, ça nous coupe du sens, ça nous coupe des ressentis. Ça nous coupe de qui on est intrinsèquement. Quand on va dans cette énergie yang du fer, de l'extérieur et tout ça, on va vers ce que les autres pensent de moi et pas ce que je suis. Le yin, c'est je suis.
- Speaker #0
Finalement, le yin doit nourrir le yang.
- Speaker #1
Et le yang peut nourrir le yin aussi. Tu peux être dans l'action pour nourrir ton énergie d'être.
- Speaker #0
Ce que je me dis, c'est d'abord peut-être ressentir, se poser les questions et après entreprendre, agir en partant de qui on est. et je me dis que le qui-on-est, c'est plutôt Yin.
- Speaker #1
Si, si, qui-on-est, oui, c'est Yin.
- Speaker #0
Tu dis que ton chemin, il a commencé par le corps. Qu'est-ce que ton corps t'a appris que ton mental n'a pas voulu entendre ? Il m'a appris plein de choses. Il m'a appris que j'étais dans le contrôle, par exemple. C'est très difficile, en tout cas ça a été difficile pour moi d'assumer que j'étais dans le contrôle. C'est quelque chose qui m'ennuyait, le contrôle. Donc de me dire que j'étais dans le contrôle, il a fallu que mes bras me le disent vraiment dans les massages. Et après, il m'a révélé toutes mes blessures, mon corps. Je n'étais pas consciente de mes blessures. Déjà, je ne connaissais pas cette thématique des blessures de l'âme, etc. C'est vraiment en démarrant les formations que j'ai appris ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux peut-être revenir dessus sur comment, à travers le corps, on peut aller voir ces blessures de l'âme ? Quelles sont ces blessures de l'âme et comment le corps nous montre des choses finalement ?
- Speaker #0
Oui, alors les blessures... Bon, moi je reste sur les cinq blessures de l'âme, même s'il y en a un petit peu plus. Mais bon, je reste focus plutôt sur ces cinq blessures de l'âme. Donc ils sont l'abandon, le rejet, l'injustice, la trahison. Et il m'en manque une.
- Speaker #1
L'humiliation.
- Speaker #0
L'humiliation. C'est sûrement la première qui est arrivée d'ailleurs dans mon corps. Donc ces cinq blessures de l'âme, oui, elles sont visibles dans le corps. Bon après, c'est évidemment une conviction que j'ai, et que j'ai appris au fur et à mesure de mes formations, mais chaque point dans le dos notamment, chaque dorsale, chaque lombaire, révèle une blessure ou une problématique. Donc par exemple, au hasard, l'abandon qui est très présent chez moi. il est en D9 dans le corps. C'est à peu près au niveau du soutif, de la grave du soutif. Quand je masse un dos, en fonction de la dorsale sur laquelle je vois un nœud, les gens n'ont pas forcément de douleur, mais quand tu masses, tu sens un nœud. C'est une émotion, une blessure qui n'est pas exprimée, qui n'est pas expliquée, qui correspond à une blessure. Le D9, c'est l'abandon. L'humiliation, elle est en lombaire croix. Comme je te disais tout à l'heure, mon ernie L4-L5, j'ai appris 10 ans plus tard que le L4 c'était la frustration, la lombaire 4, et L5 c'était la sauveuse, la lombaire 5. Et ça, il y a beaucoup de femmes quand même qui sont dans la sauveuse, et c'est assez lié à la blessure d'abandon. Souvent quand on est dans la blessure d'abandon, on essaye de donner, donner, donner un max pour être aimée. Et en général, on a une sorte de sciatique en lombaire 5.
- Speaker #1
La lombaire 5, pour situer un peu,
- Speaker #0
c'est tout en bas du dos.
- Speaker #1
Tout en bas du dos.
- Speaker #0
Juste au-dessus du sacrum.
- Speaker #1
Ok. C'est passionnant d'aller voir les messages, effectivement, derrière les mots du corps. Tu t'es vraiment passionnée pour ce corps. À travers la sonosomatothérapie. Mais comment nous, la plupart des femmes qui ont envie de s'intéresser à ces sujets-là, comment tu peux les inviter peut-être à se reconnecter tout doucement à leur corps, à aller écouter ces signaux-là ? Est-ce qu'il y a des outils, des méthodes ?
- Speaker #0
Allez vous faire masser.
- Speaker #1
Il faut venir te voir.
- Speaker #0
Non, mais pas que moi. Il y a des faciatérapeutes. Les massages dans l'absolu, de toute façon, nous reconnectent à notre corps. C'est difficile d'aller soi-même garder ce qui cloche, sauf si tu as une sciatique ou si tu as une tendinite ou un truc comme ça. De toute façon, tous les trucs en hit, c'est de la colère. C'est de la colère non exprimée, par exemple. Donc ça, ça peut déjà être un truc. On peut s'acheter le livre du... Le dictionnaire des maladies. Dis-moi où t'as mal et je te dirai ce qui se passe. Ça, ça peut être un bon début. Moi, maintenant, dès que j'ai une mini-douleur, je vais voir. Mais les blessures, c'est plus profond parce qu'il n'y a pas forcément de douleur. Tu vois, en D9, moi, je n'ai jamais eu de douleur en D9. C'est quand on m'a massé. J'ai été massé sur ce point-là pendant au moins deux ans. Parce que ça ne part pas non plus d'un copagate magique.
- Speaker #1
On sent que t'es plus contracté.
- Speaker #0
Mais il y a un neuf. Il y a un neuf. En fait, je vais rentrer un peu dans la technique, mais ce sont les fascias. Les fascias, c'est une pellicule qui est tout autour de nos muscles et de l'ensemble de nos organes, etc. Je fais toujours cette image-là qui n'est pas très jolie, mais c'est comme quand tu coupes un blanc de poulet, tu as une petite pellicule transparente. Nous, on a ça aussi et ça s'appelle des fascias. Ma conviction, en tout cas, c'est que dès que tu as une émotion qui n'est pas exprimée, le fascia se contracte et donc fait un nœud. Et évidemment, au fur et à mesure de la vie, tu as des nœuds de partout. À un moment, ton corps, c'est comme s'il était dans une robe taille 36 alors que tu fais du 42. Parce que tu as des nœuds partout. Et c'est ça mon job, c'est d'aller libérer petit à petit les nœuds là où ils sont. Mais si tu les libères sans expliquer l'émotion, ça se recontracte. Donc l'idée, c'est OK de les libérer, mais d'aller voir qu'est-ce qu'ils ont à dire. Pourquoi ils sont là ? Pourquoi ils se sont contractés à un moment donné ? Et souvent, on a quand même mal toujours aux mêmes endroits. Et on va au quai chez l'ostéo trois fois par an pour débloquer le truc. Et ça revient toujours.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. On n'écoute pas ce qui se dit.
- Speaker #1
Et parfois, on a besoin de se prendre des murs pour vraiment écouter le message.
- Speaker #0
Oui, parce que le corps, si tu ne l'écoutes pas quand il chuchote, il se m'a crié jusqu'à te bloquer. C'est pour ça que le burn-out, il y a des femmes qui, à un moment, ne savent plus, enfin des hommes aussi, mais c'est quand même plus fréquent chez les femmes, qui n'arrivent plus juste à se lever de leur lit sans avoir mal quoi que ce soit. C'est juste qu'il n'y a plus de jus. Et le corps est obligé d'aller jusque-là pour ses working girls. pour dire maintenant tu vas m'écouter, tu vas t'arrêter un peu, ça sert à quoi ton truc ?
- Speaker #1
Et c'est marrant d'ailleurs, le burn-out finalement on dit que c'est comme un feu de la tête. Donc c'est bien ce feu du yang dont tu parlais. Après il y a burn-out mais il y a aussi le bore-out,
- Speaker #0
le burn-out,
- Speaker #1
qui sont plutôt par l'ennui. On perd deux sens. Ouais. Toi qui accompagne des femmes atypiques, et d'ailleurs même des enfants, des jeunes atypiques. Qu'est-ce qui rend leur parcours si singulier ? Qu'est-ce que tu peux observer qui revient souvent dans les problématiques ? Pourquoi elles viennent te voir ?
- Speaker #0
Je pense que la première chose, c'est cette incapacité à prendre soin de soi quand même. Mais si elles viennent me voir, c'est déjà qu'il y a une conscience. C'est aussi ce sentiment d'être décalé par rapport aux autres. mais de ne pas savoir d'où ça vient. En fait, souvent, les atypiques ont l'impression que tout le monde fonctionne comme elles. Et quand elles découvrent qu'en fait, non, qu'elles ont un fonctionnement différent et que c'est pour ça qu'elles ne se sentent pas comprises par les autres, il y a tout un soulagement qui arrive. Il y a aussi souvent de la honte, de la culpabilité.
- Speaker #1
D'être comme elles sont.
- Speaker #0
D'être comme elles sont. De l'incompréhension, parce qu'elles ne se comprennent pas. Donc, évidemment, les autres ne peuvent pas les comprendre puisqu'elles-mêmes ne se comprennent pas. Moi, quand j'ai compris que j'étais atypique...
- Speaker #1
Quand est-ce que ça est arrivé, toi, que tu as découvert que tu es atypie ? D'ailleurs, derrière le mot atypie, tu vois, il peut y avoir plein de choses. Il peut y avoir de l'hypersensibilité, du HPI, du TDAH. Pour toi, c'était quoi ?
- Speaker #0
Je ne sais toujours pas parce que je n'ai pas fait tous les diagnostics. Hypersensibilité, c'est sûr. Après, HPI et TDA, j'ai quelques doutes. Je pense l'être un peu. mais je ne ressens pas forcément le besoin de faire les diagnostics pour moi mais c'est surtout l'hypersensibilité parce que j'ai toujours en tout cas je me suis toujours considérée comme la pleurnicheuse et donc quand j'ai mis le mot hypersensibilité et bien ça m'a déculpabilisée ben non je ne suis pas pleurnicheuse, juste je ressens tout plus fort. Intensément. Et ça m'a surtout aiguillée pour aller chercher les forces de tout ça plutôt que d'arrêter avec toujours mon petit critique intérieur bien puissant qui me traitait de pleurnicheuse. Et de sortir de cette image-là pour me dire, en fait, j'ai des talents de malade avec cette hypersensibilité. J'ai une intuition, j'ai de la créativité, j'ai une empathie. Et c'est grâce à tout ça que j'ai fait mon virage et que j'accompagne aujourd'hui. Et donc, c'est transformer ce côté chiant de l'hypersensibilité en prise de conscience. En fait, il y a plein de trucs magnifiques là-dedans.
- Speaker #1
Et c'est ce que tu fais aussi avec tes clientes. Du coup, tu les emmènes vers ce chemin d'acceptation. Oui. Compréhension puis acceptation.
- Speaker #0
D'abord compréhension de leur fonctionnement, que tout le monde ne fonctionne pas comme ça. C'est souvent la première séance, c'est comment fonctionne un neuro-atypique, un neuro-typique.
- Speaker #1
Se libérer de la honte, de la culpabilité, d'être comme on est.
- Speaker #0
Et puis après, cheminer tout doucement vers ses talents et ses dons, parce que ça, ça ne vient pas forcément tout de suite chez tout le monde. Il y a toujours ce critique intérieur qui est très, très puissant. Tu me demandais ce qui était... Ce qui était un peu présent chez l'ensemble des neuroatypiques. Je pense que tout le monde a un critique intérieur, mais chez les neuroatypiques, il est quand même bien chargé.
- Speaker #1
Ces femmes hypersensibles, HPI ou TDAH, avant de connaître leur fonctionnement, petites, elles ont appris souvent, très souvent, ce que j'observe, puisqu'elles font aussi partie de mes clientes. à se camoufler, à atténuer certaines parts de leur personnalité. Toi, tu parlais de ta vulnérabilité, de toutes ces émotions intenses que finalement tu jugeais fort et que tu réfrénais quand même en public. Qu'est-ce qu'on vient protéger derrière cette hyperadaptation ? Pourquoi il y a cette hyperadaptation forte ?
- Speaker #0
Pour se faire aimer, pour rentrer dans le moule. Et là, pour moi, il y a un décalage. C'est pour ça que j'accompagne, en tout cas je communique essentiellement sur l'accompagnement des femmes. parce que Pour un garçon, par exemple, c'est autorisé d'être TDA, d'être turbulent, de montrer de l'impulsivité, tout ça. Pour une fille, en tout cas à mon époque à moi, la colère, elle n'avait pas à sortir. Elle devait rester, la colère, ce n'est pas beau, tu ne l'exprimes pas. Et donc, tu rentres dans le moule. Et c'est pour ça que c'est beaucoup moins détecté aussi chez les femmes, parce qu'on a une capacité d'adaptation, de front, et de tenir cette adaptation pendant des années et des années. Et les hommes, on ne leur demande pas autant là-dessus. Sans être sexiste, c'est vraiment pour moi un truc d'inconscient collectif.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Mais donc la fille, même qu'elle soit TDA ou pas, je ne sais toujours pas aujourd'hui si je suis TDA, parce que je suis tellement rentrée dans le moule de cette bonne élève qui doit rester concentrée, tranquille et tout ça, que j'ai traîné une colère toute ma vie, qui est sortie et qui sort encore dans des soins, et qui est encore présente dans le corps. Mais parce que ce n'était pas beau, ce n'était pas autorisé de la sortir.
- Speaker #1
Et pourtant, toutes les émotions ont leur place. Il n'y a pas d'émotions positives ou négatives. Selon toi, elles méritent toutes d'exister. C'est important de les exprimer, toutes ?
- Speaker #0
Oui, toutes, de les exprimer. Parce que tu l'as dit tout à l'heure, ce qui ne s'exprime pas s'imprime. Et moi, je le vois dans les corps. De toute façon, j'ai pas mal de femmes victimes d'abus. Cette honte, cette colère aussi, mais qui est souvent vis-à-vis de soi. Colère de ne pas avoir dit, de ne pas avoir dit non. ça on le ressent puissance 10 dans le corps. Donc parfois, juste en massant le foie, je sais qu'il y a quelque chose, le foie, et puis quand tu descends un peu côté au vert, et le chakra sacré, tu te fais une idée sur ce qui est arrivé à la personne.
- Speaker #1
C'est puissant pour avoir testé plusieurs séances avec toi. Moi j'adore, j'avais des problématiques de sommeil. Suite à tes séances, j'ai vraiment dormi comme un bébé. Et tu as vraiment quelque chose dans les mains et une énergie qui ne s'explique pas et qui soigne. Je pense que oui, on doit passer par le corps. C'est important parce que c'est la clé de tout. Et parfois, on a tendance à s'y déconnecter. En parlant d'atypie, tu as été confrontée avec Titouan, qui a été diagnostiqué TDAH, mais aussi vous avez découvert toute la panoplie des troubles dys. Et puis plus tard, un diagnostic de TSA récemment qui est tombé, donc du trouble du spectre de l'autisme. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu, comment tu as vécu tout ça ?
- Speaker #0
Chaudement, c'est un vrai parcours du combattant. Vraiment, notre système éducatif n'est pas du tout adapté. Même si on met plein de choses en place qui sont magnifiques, mais on a quand même une bataille à mener en tant que maman ou papa dans toute la scolarité de l'enfant. Donc, nous, ça a démarré très tôt. De toute façon, à chaque fois qu'on rentrait en classe, au bout d'un mois, on était convoqués par l'institut qui disait « Bon, il y a quand même un truc bizarre. » Donc, dès la première année, il avait trois ans. On a d'abord détecté la dyspraxie. Bon, je vous la fais courte, mais en image, par exemple. C'est comme si tu faisais tout avec un gant de boxe au bout des doigts. Donc forcément, fermer un pantalon, écrire, dessiner, tout ça, c'est très compliqué. Donc on a découvert ça en premier. Puis le TDA est arrivé très vite dans la foulée, à 4 ans. Et après, tout ce qui est dyslexie, dysphasie, etc., c'est arrivé plutôt à partir du CP. La chance qu'on a quand même, c'est que le fait qu'il ait commencé par la dyspraxie, enfin qu'il est dyspraxique, on l'a détecté très vite. Parce que ça se voit très vite dans le graphisme. Et donc, on a mis en place tout de suite les aides qui allaient bien. En CP, il avait déjà un dossier MDPH, il avait une AVSI, donc une personne qui est à ses côtés à 100% pour l'aider dans l'écriture, parce que pour lui, l'écriture, c'est quasi impossible. Donc, tout ça a été mis en place rapidement. Là, pareil, mon hyperactive, elle était quand même aux anges de faire tout ça. C'était ma façon aussi de réagir par rapport à toutes ces problématiques, c'est de me mettre en action. Et donc voilà, accompagnement, libéraux dans tous les sens, dossiers MDPH, réunion avec l'école. Et le TSA, oui tu disais ça, je l'ai découvert plus tard. Pendant quelques années, on s'est surtout focalisé sur les troubles dys pour l'école.
- Speaker #1
Pour qu'ils puissent continuer dans un parcours classique, être accompagnés, avancer au mieux auprès d'autres enfants.
- Speaker #0
Oui, oui, pour qu'ils puissent continuer tout simplement à aller à l'école. et à ne pas être complètement perdu à l'école. Et puis, pour son estime de lui, moi, c'était un truc hyper important. À chaque fois, je disais en réunion, je m'en fous de ses notes. Tout ce que je veux, c'est que mon fils soit heureux. Il se sente bien. Il se sente bien. Donc, faites ce qu'il faut pour qu'il se sente bien, même s'il ne sait pas bien lire, il ne sait pas bien écrire. Je m'en fous, moi, je veux qu'il se sente bien. Mais c'est difficile de se sentir bien dans un système éducatif quand tu ne sais pas bien lire et pas... et pas bien écrire, forcément, ça entame l'estime de toi. Forcément, ce sont des enfants qui sont confrontés à l'échec tous les jours. Donc, ça donnera une puissance plus tard et j'ai aucun souci sur l'avenir de mon fils. Est-ce qu'il aura une puissance de dingue ? Je le sais. Et en plus, avec un cœur en or. Donc, j'ai de l'émotion qui arrive quand je parle de ça. Mais je sais qu'il sera super puissant, quoi qu'il fasse. Sauf que ses années d'école, elles sont hyper souffrantes. Pour l'enfant et pour la maman où je suis.
- Speaker #1
Je reprends mon émotion.
- Speaker #0
Je me suis concentrée sur ses troubles d'isthme pour qu'il puisse rentrer dans le moule. Je me rends compte en le disant. Je me rends compte maintenant, il a 13 ans, il arrive à l'adolescence. Ce qui est le plus impactant pour lui maintenant, c'est tout ce qui est relationnel. C'est plutôt son TDA et son TSA qu'on a découvert. Assez tardivement, mais je pense que ça fait longtemps que je sais qu'il y a un trouble autistique. Peut-être qu'il y avait une peur d'avoir le mot, d'y aller vraiment. J'y suis allée parce que je me tâtais à le mettre sous traitement pour son TDA. J'avais lu que le traitement du TDA n'était pas forcément bon pour le TSA. Donc là, je me suis dit qu'il fallait y aller, il faut savoir. On a fait le test sur le trouble autistique et effectivement, il a un léger trouble autistique.
- Speaker #1
qui complète cette petite panoplie. C'est vrai que pour vous connaître un petit peu, vous avez une super complicité, une relation qui est très belle à voir. Moi aussi, j'ai de l'émotion quand je n'écoute parler. Mais c'est vrai que cette confiance qui a été ébranlée forcément avec le système scolaire parce qu'il faut rentrer dans un moule. Et ça lui demande beaucoup d'adaptation, de suradaptation, et ça peut être épuisant aussi pour lui. Mais il y a en fait une maman derrière qui lui apporte beaucoup d'énergie, de confiance. En tant que maman d'un enfant atypique, quel conseil tu pourrais donner justement à d'autres mamans qui ont un enfant atypique et qui peuvent se sentir parfois démunies, parfois, comme tu dis, c'est un vrai parcours du combattant pour être compris, accompagné dans ce système scolaire et par ailleurs ? Tu aurais envie de leur dire quoi ?
- Speaker #0
Prenez soin de vous d'abord. Ce n'est pas inné. parce qu'on a tendance à prendre soin de son enfant avant soi. Et pour moi, c'est là qu'on fait une grosse erreur. Et c'est là qu'on s'enfonce, c'est là qu'on s'épuise. Et une maman épuisée, ça fait un enfant pas heureux. Il m'a fallu du temps pour comprendre ça. Mais aujourd'hui, quand je vois des mamans arriver avec leurs enfants et les enfants que j'accompagne, j'essaye de leur faire prendre conscience petit à petit que c'est elles qui ont besoin d'un accompagnement. Ok, l'enfant, il a aussi ses besoins, mais si la maman va bien, et le papa va bien, l'enfant va bien aussi, même s'il a des troubles, etc. Donc, c'est surtout ne pas se sacrifier. Ça aussi, la culture du sacrifice, c'est bien judéo-chrétien aussi, mais pas que judéo-chrétien, musulman, ça marche aussi. Mais cette culture de faire passer l'autre avant soi, non, en fait, quand tu n'as plus d'énergie, tu n'as plus d'énergie, donc tu n'en as plus pour ton gamin. Et c'est ça le piège pour moi dans ces parcours-là. C'est de tout donner pour l'enfant et puis d'être complètement épuisée.
- Speaker #1
De plus avoir de jus.
- Speaker #0
Deuxième chose, c'est la culpabilité. Moi, c'est ce que je fais en premier rendez-vous en général. C'est « Ok, votre enfant a des troubles, ce n'est pas de votre faute. Ce n'est pas un problème d'éducation. » Souvent, il y a ça, surtout sur les TDA. L'image de tout le monde autour, c'est « De toute façon, il est mal élevé, il court partout, il n'y a pas de cadre. » Qu'est-ce que ça mérite tout ça ? Mais je l'ai vécu en tant que maman aussi. Le jugement des autres, même des amis, ça fait mal. Moi, dans les premiers rendez-vous, c'est ça, c'est enlever la culpabilité. C'est non, ok, votre enfant a un trou, c'est pas de votre faute. Et arrêtez de vous soucier du regard des autres. Ça vous fait, vous, agir différemment, ça vous épuise et ils peuvent pas comprendre ce que vous vivez. Et déjà là, ça libère. Souvent, les mamans pleurent parce que c'est la première fois qu'elles entendent ça.
- Speaker #1
Par rapport à Titouan, qu'est-ce que tu aurais envie de lui transmettre, de lui dire ? Parce que tu le vois bien au-delà de ces troubles d'ice, etc.
- Speaker #0
Mais c'est l'un des pièges aussi, il faut que j'en parle.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
L'un des pièges aussi avec des enfants atypiques, c'est de les enfermer. dans leur atypie. Et à un moment, moi, je l'ai fait, je parlais de mon fils. La première chose que je disais en parlant de mon fils, c'est qu'il était 10. Et ça ne le définit pas, quoi. Il n'est pas 10, il est titouan. Et il a des troubles 10. Mais ça prend tellement de place dans la vie, dans la tête aussi, évidemment, dans tout ce que tu fais pour l'accompagner, qu'à un moment, tu le réduis à ça. Et c'est hyper malsain. C'est malsain, mais je pense que c'est un peu le processus naturel aussi. Là aussi, il faut prendre conscience que tu lui as foutu cette étiquette et que ça l'enferme là-dedans.
- Speaker #1
Au début, elle est importante, cette étiquette, mais après, il faut s'en libérer.
- Speaker #0
En fait, elle est importante, oui, pour comprendre comment il fonctionne et l'aider, mais ne pas dire... Maintenant, dès que je dis « Titouan et 10 » , non, Titouan est mon fils, il a des troubles.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Et ça, je dois encore faire hyper gaffe.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu aurais envie qu'il retienne ? Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire, au-delà de ses troubles, de lui transmettre ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si j'ai besoin de lui transmettre des choses, parce que je pense qu'il a tout déjà, ce garçon. Il a une sensibilité en or, il a une créativité de dingue. Il a la chance de savoir ce qu'il veut faire. Il veut travailler dans la cuisine, l'hôtellerie, comme son papa. Et avec cette créativité qu'il a dans la cuisine, quand il me fait des plats aujourd'hui, il met des épices et tout ça, je trouve ça dingue pour un enfant de 13 ans. C'est pour ça que je disais tout à l'heure, je ne me fais aucun souci pour lui à moyen terme et je sais que tout ce qu'il a vécu, toutes ses adaptations, toutes les stratégies qu'il a mises en place, ça va lui donner une force de dingue pour la suite. Et c'est ce que je lui répète régulièrement, oui, aujourd'hui c'est difficile, mais je t'assure que plus tard, ça va te servir. Et donc, sois confiant. et le seul truc Le truc qui m'embête encore et que je n'arrive pas à lui inculquer, parce que moi il m'a fallu 42 ans pour y arriver, c'est de mettre ses limites. Il a tellement une empathie et un cœur gros qu'il n'arrive pas... Il a beaucoup de mal avec la méchanceté, il ne comprend pas la méchanceté des autres. Et donc il n'arrive pas à mettre ses limites vis-à-vis des gens qui peuvent être méchants avec lui.
- Speaker #1
Dire stop.
- Speaker #0
Dire stop. Donc il s'est fait régulièrement harceler et... Et ça, j'ai du mal à l'aider là-dessus. Donc, je vais voir des thérapeutes, moi aussi. De toute façon, je ne peux pas être la thérapeute de mon fils. Il y a encore ce côté, cette frustration-là d'accompagner d'autres enfants, de les aider à mettre leurs limites, justement, et de ne pas réussir à le faire pour le mien. Mais tu vois, ça, c'est encore ma working girl qui veut réussir. Et c'est OK. Et voilà.
- Speaker #1
Mais je pense qu'on est vraiment les plus mauvais accompagnants pour ses propres enfants ou sa propre famille. C'est ce qu'on dit et que tu fais déjà énormément. Et que c'est un chemin auquel on est tous appelés à... En fait, il faut qu'il passe par là lui-même et qu'il ait cette prise de conscience, ce déclic par lui-même.
- Speaker #0
C'est ça qui m'aide beaucoup, moi, dans la maternité. Depuis que je suis dans l'énergie éthique, c'est de me dire, en fait, il m'a choisi. Son âme a choisi mon âme pour travailler des choses. Et il est venu là pour travailler des choses, pour travailler en tout cas, pour faire son chemin. Et donc, dès qu'il y a un souci maintenant, j'arrive à me dire, OK, il a choisi. Je me le dis à moi-même déjà. Et j'arrive à me dire ça aussi, ce qui enlève la culpabilité. En tout cas, moi, c'est comme ça que j'ai réussi à sortir de la culpabilité de maman, notamment par rapport au divorce. Pendant très longtemps, j'ai eu cette culpabilité de casser la famille, jusqu'à me dire, mais en fait, c'est une famille qu'on est tous les deux. Et ce choix, ce choix d'âme... Je ne sais pas si c'est inconfort, mais en tout cas, ça me va bien. Ça sort cette culpabilité.
- Speaker #1
J'adore, carrément. Julie, tu dis que tu es thérapeute holistique. En quoi ça consiste exactement ?
- Speaker #0
Alors l'holistique pour moi c'est la prise en compte de l'ensemble de l'être humain, la prise en compte à la fois du corps, du mental, de l'âme, de tout un être humain. Moi en fait c'est ce qui m'a manqué au début dans mon accompagnement, c'est que j'avais une psy qui s'occupe de ma tête, une personne qui va me masser, une autre personne qui va me faire de l'hypnose, etc. Et je trouvais dommage de ne pas avoir un accompagnement global sur l'entièreté de la personne que j'étais. Et donc, je suis allée voir des tonnes de thérapeutes divers et variés. Alors, ça m'a fait découvrir plein de trucs, c'est super. Mais en même temps, à chaque fois, je devais re-raconter mon histoire, redémarrer tout à zéro. Et puis, on me morcelait finalement, on s'occupait de bout de mois. Et j'ai eu envie, moi, de me former à plein de choses, parce que j'adore ça, mais aussi pour pouvoir accompagner la personne dans sa globalité et pas par morceaux.
- Speaker #1
C'est tellement aussi en lien avec ton parcours. où tu étais d'abord dans la tête et puis après dans ton corps.
- Speaker #0
Et puis finalement dans l'âme.
- Speaker #1
Et dans l'âme. Et là, c'est tout réuni.
- Speaker #0
Tout réuni, voilà. Donc pour moi, holistique, ça veut dire ça. Dans les accompagnements individuels, je vais utiliser toute ma panoplie d'outils en fonction de l'énergie et du besoin de la personne, mais toujours en alliant ces trois centres énergétiques, le corps, l'âme et... le mental, avec du coaching, avec de l'hypnose, avec des soins, la sonosomatothérapie, avec des choses, si les gens sont open, avec des choses un peu plus tournées vers l'invisible, avec mes baguettes, etc., du tarot. Aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Les enfants sont hyper open à tout ça, évidemment. Et après, j'ai aussi, là, dernièrement, créé un programme en ligne. Ce programme est dédié aux femmes hypersensibles. C'est un programme thérapeutique. qui est en 22 modules. C'est le programme dont j'aurais eu besoin quand j'ai commencé ce chemin. Parce que je trouve que je l'ai fait un peu dans n'importe quel sens. Donc ça a pris 7 ans. Enfin, je l'ai fait dans n'importe quel sens. Je l'ai fait dans le sens où ça venait. Mais tu vois, l'hypersensibilité, je l'ai découvert à la fin du chemin. Alors que si j'avais su au début comment je fonctionnais et comment mon cerveau fonctionnait, ça m'aurait fait gagner du temps sur beaucoup de choses. Et donc par ce programme, j'ai voulu apporter aux femmes hypersensibles Merci. Un vrai chemin de retour vers soi avec toutes les thématiques que moi j'ai pu aborder dans ces sept années, mais dans une chronologie, un sens particulier. Donc je vais commencer par l'hypersensibilité, expliquer ce que c'est, puis les émotions, les besoins. Après on va aller un petit peu plus dans le dur, dans l'enfant intérieur, dans les blessures de l'âme justement. chacune des blessures, aller voir comment ça se passe, et toujours avec ce traitement holistique, c'est-à-dire d'abord comprendre ce que c'est la blessure, comment elle arrive dans la vie, où elle se place dans le corps, et puis aller la travailler avec de l'inconscient et de l'hypnose, mais aussi avec du corporel, et des protocoles énergétiques. Donc à chaque fois, je lis ces trois centres d'énergie dans chacune des thématiques.
- Speaker #1
C'est hyper complet.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
En tout cas, c'est ce que je voulais te donner.
- Speaker #0
de cette vision holistique de chacune des thématiques à aborder sur ton travail vers soi, sur le travail retour vers soi. Et donc après les blessures, il y a aussi le rapport justement à toutes ces énergies yin-yang dont on a parlé tout à l'heure, donc le rapport au travail, à l'autorité, à l'argent, à la sexualité, pour ensuite retrouver ton énergie yin, ta créativité, ton féminin sacré. Et retrouver en final ton alignement, même si on a dit qu'on ne restait jamais aligné 100%, en tout cas, le toucher du doigt pour savoir ce que c'est, et puis tendre vers ça.
- Speaker #1
Et alors, pourquoi tu l'as appelé de la luna à le sol ? Ça m'intrigue.
- Speaker #0
Ça t'intrigue ? Alors, j'adore l'espagnol, ma boîte s'appelle Mélocotone. C'est mon mot préféré en espagnol. Et puis, ça veut dire pêche. Donc, mon but, c'est de redonner la pêche aux gens. Je ne sais pas pourquoi je suis attirée comme ça par l'espagnol. J'ai dû vivre une vie antérieure dans ces pays-là. Je n'en sais rien. Mais c'est une langue qui est chantante, qui est enthousiasmante, qui correspond à beaucoup de mes valeurs. Et donc, c'était obligatoirement en espagnol que j'allais sortir un nom. Et puis après, de la lune à le sol, moi, je suis très connectée aux énergies de la lune. Je suis cancer. Donc, je suis cancer et lune en cancer. Merci. Bien, bien, bien dans la lune. Donc la lune, c'est un astre qui me régénère, qui m'aide beaucoup aussi dans ma transformation. Et le soleil, évidemment, que j'adore aussi. Et puis ce côté ombre et lumière. Donc aller voir tes ombres, aller t'introspecter. La lune, c'est l'astre de l'introspection, du yin, pour aller ensuite retrouver le soleil et le yang. Mais sans oublier la lune. Le but, ce n'est pas de dire que la lune, c'est le noir et le soleil, et c'est tout ce qui est magnifique. Pas du tout. Pour moi, la lune, elle est aussi magnifique que le soleil. Tant que tu n'es pas allé voir à l'intérieur de toi, tu ne peux pas trouver le vrai soleil, en tout cas pas durablement.
- Speaker #1
La lune, c'est aussi se confronter à nos ombres, nos blessures, aller voir ce qu'il y a à l'intérieur, oser regarder ça.
- Speaker #0
Oui, oser regarder ça. Et les ombres, souvent, on voit les ombres comme des trucs pas beaux. Mais moi, dans mes ombres, j'avais justement cette créativité. Elle était dans mes ombres. Parce que mon masque, il ne permettait pas d'aller vers cette créativité. J'étais toujours dans le faire.
- Speaker #1
C'est aussi ce qui est caché, en fait. C'est caché,
- Speaker #0
ouais. Ce n'est pas forcément ce qui est moche. Alors oui, dans les ombres, il y a aussi des parties moches de nous, mais il y a aussi des parties magnifiques qu'on a écrasées avec nos masques.
- Speaker #1
En une phrase, qu'est-ce que ce programme apporte pour les femmes ? Qu'est-ce que tu as voulu apporter à travers ce programme ? Vraiment, tu as mis... et c'est hyper riche. Tout ton parcours de libération de toi-même et de reconnexion à la vraie Julie dans ce programme, donc tout ce qui t'a aidé toi, tous les outils, mais la finalité de tout ça ?
- Speaker #0
Libération, c'est le mot. C'est ce que j'adore faire. Libérer, que ce soit par le corps, par le mental, libérer les croyances, libérer les masques, libérer les armures. Et donc pour moi, c'est vraiment un chemin de libération de tout ce qui n'est pas soi.
- Speaker #1
Pour terminer, si tu pouvais parler à la femme que tu étais avant ta libération, quand tu es encore peut-être dans ce costume de Wonder Woman beaucoup plus fort, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Je lui ferais un câlin.
- Speaker #1
Je lui ferai un massage sur moi.
- Speaker #0
Et je lui dirai que je suis fière d'elle, mais qu'elle n'a plus rien à prouver maintenant, qu'elle peut lâcher tout ça et se retrouver vraiment. Moi, je lui dirai que toute cette douceur qu'elle donne aux autres, qu'elle se la donne à elle en priorité et que ça changera tout dans sa vie.
- Speaker #1
Génial. Pour les femmes qui nous écoutent, celles qui se sentent peut-être épuisées, dispersées ou coupées d'elles-mêmes, par où commencer ? Est-ce que tu as des tips à nous donner pour entamer ce chemin de libération ?
- Speaker #0
Écoutez ton podcast, c'est déjà pas mal.
- Speaker #1
C'est déjà une ouverture, une prise de conscience. Donc, je dirais...
- Speaker #0
Prendre une pause, c'est s'octroyer une journée seule, avec elle-même, dans un endroit idéalement de nature, l'endroit qui les régénère. Souvent, en tout cas celles que j'accompagne, elles n'ont jamais pris du temps seules en général. Et c'est l'un des premiers objectifs que je leur donne. Au début, je commençais par un week-end et comme elles sont... hyper apeurée, je suis en train de dire bon ok une journée mais tu places une journée dans ton agenda qui est déjà remplie pour les 3 mois qui viennent tu places la journée et tu passes cette journée seule avec toi-même et tu vois ce qui vient si tu devais donner 3 permissions essentielles
- Speaker #1
à ces femmes qui veulent se libérer, qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #0
3 permissions et bien déjà s'autoriser à investir pour elles-mêmes Donc à dépenser de l'argent pour soi, s'autoriser à investir du temps pour soi. Donc ça revient à mon conseil de tout à l'heure. Et comme c'est des gens qui remplissent l'agenda, c'est de le mettre dans l'agenda, c'est pas grave, mais de placer des plages horaires où là c'est temps pour moi. Je ne sais pas ce que je mets dedans, mais c'est temps pour moi. Et puis s'autoriser à prendre soin de soi en priorité.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Et ça n'a rien d'égoïste.
- Speaker #1
Ouais, parfait. Je vais arrêter de creuser parce que moi, je suis du genre à creuser tout là, mais tu vois. Donc, merci beaucoup, Julie, pour cette interview. C'était riche en émotions et je pense que ça va aider aussi beaucoup de femmes à peut-être oser franchir ce cap, ce chemin de libération. Où est-ce qu'on peut te retrouver, te rencontrer, continuer finalement le chemin avec toi ?
- Speaker #0
Merci à toi d'abord, Clémentine. Déjà, l'appropriation que tu t'es faite dans mon histoire, ça m'a beaucoup touchée. Et merci à toi pour cette discussion hyper enrichissante et puis pour ce podcast qui est magnifique et qui ira loin, je pense. Je te le souhaite, en tout cas. Bravo pour cette libération. Et donc, pour revenir à moi, où est-ce qu'on peut me trouver ? Évidemment, sur les réseaux sociaux, sur Instagram, Julie Lecomte. J'ai un site web aussi qui s'appelle soinmelocoton.fr. Alors, je prononce à l'espagnol, mais ça s'écrit melocoton pour un français. Soin, S-O-I-N-S-M-E-L-O-C-O-T-O-N.fr. J'ai donc ce programme de la Luna El Sol qui est accessible via tous mes réseaux. Je suis aussi sur LinkedIn, sur TikTok, sur Facebook. Tapez-lui le compte, Soinmelocoton, vous allez me trouver. et j'accompagne à la fois en physique en visio et puis par ce programme donc en physique sur ah oui en physique maintenant sur la côte d'Opal puisque j'ai déménagé enfin vers mon rêve qui est la mer ces derniers mois donc je suis du côté de Wimreux et Marquise sur la côte d'Opal génial,
- Speaker #1
merci beaucoup Julie merci à toi à fleur de soi, c'est là que commence la lumière. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout et merci à Julie d'avoir déposé son histoire avec autant d'émotions, de sensibilité. Peut-être que tu t'es reconnue dans cette femme forte, ce costume de Wonder Woman qui fait tout, qui tient tout, mais qui, à l'intérieur... se sent parfois fatiguée. Et peut-être qu'au fil de notre conversation, une autre voix s'est fait entendre. Une voix plus douce, plus lente, celle du corps, celle du cœur. Si c'est le cas, je t'invite simplement à ne pas refermer trop vite, à respirer, à écouter ce qui, en toi, demande peut-être à déposer l'armure. Ici, il n'y a rien à réussir, rien à prouver, juste à ressentir. Si cet épisode t'a touché, tu peux le partager. Et pour soutenir le podcast, t'abonner ou laisser un avis sur ta plateforme d'écoute préférée. À très bientôt dans à Fleur de Soi.