- Speaker #0
Bienvenue dans mon podcast à l'instant T, un espace sans jugement pour prendre le temps d'écouter et de comprendre. Ici on parle de bien-être, du corps et du mental, à travers des vécus et des ressentis. Je suis Océane et je t'invite à faire une pause, à t'écouter, à l'instant T. Bonne écoute ! Pour ce premier épisode, j'avais envie de vous parler d'un moment très humain, celui où les émotions prennent toute la place et où le corps et le mental s'expriment plus fort que nous. Cet épisode s'appellera à fleurs de peau. Pour en parler, j'ai invité Cyndelle. Nous nous sommes rencontrées en première année d'études et elle a récemment créé un projet autour du dessin, devenu pour elle un moyen de comprendre ses ressentis et de prendre soin de son bien-être. Aujourd'hui, elle nous partage son regard et son expérience. Je lui laisse la place pour se présenter. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Alors donc moi c'est Cyndelle, j'ai 23 ans et j'aime créer et dessiner depuis que je suis toute petite. Et là, je me lance très prochainement dans un projet d'artiste-auteur. Donc, je suis en train de créer un carnet d'acceptation pour les femmes, une sorte de refuge où on peut se regarder autrement, s'accepter pleinement comme on est, revoir un petit peu l'idée du développement personnel et aborder des thématiques qui sont, à mon sens, importantes pour les femmes à travers justement l'art, l'art-thérapie et puis notamment mes dessins.
- Speaker #0
Ok, super. Et à partir de là, qu'est-ce qui a fait que tu t'es lancée dans le dessin ?
- Speaker #1
Alors moi je me suis lancée dans le dessin quand j'étais toute petite. Il faut savoir que j'étais une petite fille hyper sensible, un petit peu hyper active, qui avait toujours plein d'idées dans la tête, qui avait toujours envie de faire plein de choses. Et c'est vrai que ma mère pour me canaliser un jour m'a ramené des carnets pour apprendre à dessiner et c'est comme ça que ça m'est venu et c'est quelque chose qui m'a énormément ancrée, permis de m'ancrer dans l'instant présent, d'arriver vraiment à poser toutes ces idées que je pouvais avoir un peu parasites parfois. Mieux appréhender mes émotions aussi en grandissant. Donc je pense que vraiment le dessin ça a été la première activité artistique que j'ai faite. Puis après il s'en est suivi plein d'autres. Donc je pense à partir de l'âge où j'ai tenu un crayon j'ai commencé à dessiner.
- Speaker #0
Ça a l'air trop bien. Et justement tu parles d'hypersensibilité. Comment ça s'est on va dire déclaré dans ton corps ? Qu'est-ce qui a fait ? Comment t'as fait pour savoir que tu étais hypersensible ?
- Speaker #1
Alors c'est quelque chose que j'ai compris très vite, enfin pas l'hypersensibilité mais c'est quelque chose qui s'est manifesté très vite depuis l'enfance Très vite quand j'étais enfant ça se manifestait par ressentir vraiment les émotions des autres avec une très grande intensité On parle souvent d'éponge émotionnelle, c'est ce côté d'avoir un peu des radars, ressentir ce que les autres ressentent Donc toutes les émotions ça peut être la joie, la tristesse, la colère Merci. Des fois j'avais vraiment le sentiment d'être différente. Ça pouvait malheureusement se traduire aussi par de la solitude. Parce que c'est vrai que quand on est enfant, on apprend justement tout ce qui est ce côté émotionnel, les rapports aux autres. Et moi c'était assez compliqué pour moi parce que je ressentais beaucoup les émotions. C'est un peu complexe à expliquer en fait, mais c'est ce truc de ressentir tout très fort. En grandissant, ça a été quelque chose que j'ai appris à gérer. Quand je suis rentrée dans l'adolescence, j'ai un peu plus compris que c'était de l'hypersensibilité. Et après, j'ai su en faire une force, notamment avec mon projet. Mais c'est vrai qu'au début, c'était quelque chose qui pouvait sembler un petit peu lourd à comprendre. Parce que j'avais vraiment ce sentiment de différence et un peu ce côté où c'est handicapant. Parce qu'on a l'impression qu'il y a des choses qui nous prennent à cœur, qui ne prennent pas forcément à cœur des autres. Avoir des réactions peut-être trop, notamment ça fera écho avec le nom de mon projet, mais ce côté toujours avoir l'impression d'être à fleur de peau aussi, jugé comme ça par les autres, parce qu'on est trop heureux, parce qu'on peut être trop triste, parce qu'on a des réactions qui peuvent sembler excessives. Donc c'est assez complexe à expliquer en fait.
- Speaker #0
Justement tu parles de ton projet qui s'appelle A fleur de peau, d'où le nom du podcast aujourd'hui. Oui. Pourquoi ce nom exactement ?
- Speaker #1
Justement ce nom en fait il est venu un petit peu d'un ras-le-bol, dans le sens où je trouve que A fleur de peau c'est un peu un mot qui a une connotation de base féminine assez péjorative, un peu comme le mot hystérique, dans le sens c'est souvent les femmes qu'on dit qu'elles sont A fleur de peau parce qu'elles sont... Elles sont énervées, elles ont des émotions qui débordent. Souvent, on a ce côté qu'elles n'arrivent pas à gérer leurs émotions. Ça cache souvent beaucoup de charges invisibles, que ce soit côté professionnel, familial ou autre, qui touchent beaucoup de femmes, peu importe l'âge, pas forcément des femmes qui sont adultes. Ça peut être aussi des très jeunes femmes, des adolescentes ou autres. Et c'est souvent moi aussi, en tant qu'hypersensible, mais après, je pense que ça touche. Tout le monde, pas forcément les femmes hypersensibles, ce côté de cette surréaction, un peu comme si tout était surjoué, comme si on devait apprendre à maîtriser qui on était et à nous imposer un cadre. Et c'est ça, en fait, j'en ai eu marre. C'est toujours dans ce cadre-là. Et j'ai voulu en faire une force et qu'à fleur de peau, ce soit puvu comme un mot péjoratif, mais comme quelque chose de beau, parce que c'est finalement ce qui fait mon entièreté. Et au-delà de ça, il faut savoir qu'au niveau de ma charte graphique, on est beaucoup, j'en parlerai après, dans des corps, dans des fleurs, tout ce qui est floraison finalement. Donc je trouvais que c'était un bon jeu de mots avec le « à fleur de peau » et dessiner des corps avec des fleurs et de la peau finalement.
- Speaker #0
Ok. Et bien justement, raconte-nous un peu ton projet.
- Speaker #1
Alors mon projet, c'est de créer un carnet d'acceptation. Alors on est en soi sur du développement personnel, mais moi j'avais envie de faire les choses autrement. J'ai été beaucoup passionnée par le développement personnel, comme beaucoup de personnes à un certain moment de ma vie. Ça m'a fait du bien aussi de faire une grosse introspection sur moi-même, d'apprendre qui j'étais, de comprendre certains mécanismes. Et c'est vrai que c'est quelque chose qui est très en développement en ce moment, donc c'est top, parce que du coup ça invite, et notamment les femmes, à pouvoir prendre soin d'elles, se ressourcer, se comprendre, peut-être avoir plus d'empathie envers elles-mêmes. Et de se dire que si elles ont certaines réactions, c'est pas qu'elles sont juste un fleur de peau ou quoi, c'est parce qu'il y a des causes, il y a des choses derrière. Mais je trouve que des fois ça peut avoir une dérive, comme tout. Je trouve qu'aujourd'hui il y a une absence de nuances, soit dans beaucoup de sujets, dans beaucoup de choses, ce qui fait que tout est toujours tout blanc ou tout noir. Et on n'a pas cette nuance qui fait que, voilà, être énervé c'est aussi humain, ne rien faire c'est aussi humain. Et que le développement personnel, ça commençait un peu à devenir une quête à la perfection finalement, à la performance, à toujours faire du sport pour être en bonne santé, pour avoir un beau corps, apprendre à bien gérer sa vie professionnelle, apprendre à être toujours dans les cadres. Et je trouve que ça manquait un petit peu de ce qu'était initialement le développement personnel, c'est-à-dire apprendre juste à s'accepter. Et souvent l'acceptation, c'est devenu un objectif final et pas un point de départ. Et ça, c'est vrai que je trouve que c'est dommage, c'est triste, et c'est pas forcément la bonne façon de faire, je pense, même s'il n'y a pas de bonne façon de faire, dans le sens où, pour moi, on doit d'abord s'accepter comme on est, et après vouloir, justement, ou non, changer, se transformer. Et le fait d'avoir l'acceptation comme objectif final, je pense que ça rajoute des injonctions, forcément. Et du coup, j'ai voulu créer un outil qui permette justement d'avoir ce regard. qui est différent sur la chose et d'utiliser le biais de l'art thérapie. Il faut savoir qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de carnets de coloriage pour adultes, tout ce genre de choses, justement l'art thérapie, ça permet, comme je le disais, de se poser, de poser des couleurs, de se détendre, de se reconnecter à soi-même. Et c'est vrai que dans les coloriages, il y a beaucoup de thématiques différentes, on a les fleurs, on a les paysages, on a les animaux, on a plein de licences Disney, etc. On a souvent des choses qui sont catégorisées comme belles. comme parfaites, des jolies formes à colorier. Et c'est vrai que moi, je me suis dit, il n'y a pas de thématique féminine finalement. Et j'ai trouvé que c'était un bon point d'ancrage pour utiliser à la fois ce mode d'art-thérapie comme outil, mais aussi de partir sur un autre constat, qui est que forcément, en étant femme, on a beaucoup d'injonctions, on peut avoir beaucoup de complexes sur certaines choses, que ce soit liées au physique, à l'intimité, au mental. Et je trouvais que ça pouvait être un acte fort de s'accepter en se coloriant. Donc je me suis dit, c'est complexe, que moi et plein d'autres femmes ont, et qu'on a tout le temps voulu sans cesse gommer, effacer, raturer, pourquoi pas justement les colorier, les voir autrement, et je trouve que c'est un geste très symbolique, très fort, et du coup j'ai voulu créer un carnet où moi je fais des coloriages avec mes dessins, donc je colorie des corps, de la cellulite, des vergetures, des plis, des corps qui sont maigres, qui sont musclés, enfin... plein de choses différentes qui touchent les femmes, j'essaye un petit peu de toutes les représenter pour pouvoir justement les colorier telles qu'elles sont et avoir vraiment ce point d'ancrage où j'accepte comme je suis, je me colore c'est quand même pas rien de se colorier, c'est mettre de la couleur c'est trouver quelque chose de beau finalement dans quelque chose qui à la base est censé être mal vu par la société donc je trouvais que c'était un bon croisement par rapport à cette idée de faire un carnet d'acceptation. Donc à fleur de peau c'est ça, ça va être une série de carnets que je suis en train de développer. Le premier s'appellera justement Incarner, pour le but de s'incarner dans ce premier carnet, et puis le jeu de mots avec Incarner. Et le but c'est d'aborder ces thématiques féminines au fur et à mesure, et d'inviter vraiment les femmes à prendre un temps pour elles, en toute intimité. sur des sujets qui peuvent être parfois compliqués. Le but, ce n'est pas simplement de faire un outil avec une checklist ou quoi que ce soit, où on dit il faut faire ci, il faut faire ça. Le but, c'est plutôt juste de faire comme vous voulez et de vous retrouver avec vous-même.
- Speaker #0
Je trouve le projet incroyable. Mais justement, le fait que tu sois orientée vers la féminité, vers justement l'acceptation de soi, qu'est-ce qui a fait que tu t'es dit Ouais, il faut vraiment que je communique là-dessus, c'est important. Je pense que c'est ce que je disais qu'il y a...
- Speaker #1
Enfin, moi, je l'ai vécu personnellement en tant que jeune femme. C'est vrai qu'il y a eu forcément cette différence entre quand on passe de l'enfance à l'adolescence et de l'adolescence à l'âge adulte. Moi, j'ai 23 ans, donc je sais qu'au tout début de ma vie, il y a plein de choses que je ne connais pas. Il y a des choses sûrement... Des billions des choses que j'ai actuellement qui sont sûrement fausses. Et quand j'étais dans ces parcours-là de jeunes femmes où je découvre ce que c'est la vie, ce que c'est les injonctions qui sont de plus en plus présentes, c'est vrai que c'est compliqué de trouver vraiment un refuge dans le sens où soit on a la chance d'avoir un entourage présent, soit on a la chance d'avoir des parents qui sont ouverts et qui nous transmettent un petit peu, qui nous alertent sur toutes ces choses-là. Mais sinon, on peut vite se retrouver un peu seul, un peu submergé face à ça. et je trouvais que c'était important de mettre des mots sur ça de façon assez poétique je sais qu'un carnet de coloriage ça va pas révolutionner le monde malheureusement c'est pas ça qui va changer la vie d'une personne mais je pense qu'apporter un peu de couleur un peu de douceur dans des choses qui sont pas forcément marrantes qui sont la dureté de la vie finalement je trouvais que c'était quelque chose d'intéressant et puis c'est vrai que bon aujourd'hui heureusement le body positive c'est Merci. Ça n'a rien à voir avec il y a 10-15 ans. Les femmes, il y a beaucoup de choses qui sont beaucoup moins cadrées. Donc ça évolue et c'est super. Mais c'est vrai qu'il y a encore des thématiques qui peuvent être encore taboues, notamment sur l'intimité, sur les cycles, sur comment fonctionnent finalement les femmes au-delà du corps. Je trouvais que c'était important de faire un projet qui parle de tout ça.
- Speaker #0
Ok. J'ai une question. Tu as le droit d'y répondre ou pas, tu me dis. Mais pour en venir à là, que je trouve déjà justement les sujets top est-ce que toi justement tu t'es rendu compte par toi-même par rapport à ton expérience justement que t'avais des,
- Speaker #1
je dirais pas des problèmes mais tu te sentais qu'il y avait peut-être t'étais peut-être pas soit à l'aise dans ton corps ou soit justement mal comprise tout à fait déjà au niveau du rapport au corps je pense que malheureusement la majorité des femmes mais aussi les hommes mais en soi la majorité des femmes ont des complexes à chaque fois la femme qu'on admire au détour d'une rue et on se dit oh là là qu'est ce qu'elle a de la chance d'être comme si comme ça elle même elle regarde une autre femme au détour d'une rue enfin c'est un cercle voilà exactement moi je fais partie de la génération qui ont évolué où il y a eu quand même l'essor des réseaux sociaux snapchat instagram mais c'était pas comme aujourd'hui donc je pense qu'aujourd'hui ça doit être encore plus dur pour les jeunes femmes enfin les jeunes femmes les adolescentes parce que je suis aussi une jeune femme mais c'est vrai que donc j'ai été confrontée à ça forcément les pressions, les dictates de toujours avoir un corps parfait, il ne faut pas avoir de cellulite, il ne faut pas avoir de vergeture, qui sont des choses complètement naturelles. Et ça, c'est dommage, mais c'est complètement occulté. Et des fois, c'est même dangereux. On le sait que c'est dangereux dans l'aspect psychologique, mais on oublie que c'est dangereux aussi dans l'aspect physique, dans le sens où une femme, c'est normal qu'une femme ait un peu de gras sur le ventre, c'est normal qu'une femme ait des formes, c'est aussi normal qu'elle n'en ait pas. mais ce que je veux dire, c'est que... en fait c'est son histoire exactement et puis au delà de ça un corps est un corps, il est fait pour fonctionner il n'est pas fait pour répondre à des standards après je ne me limite pas dans le fait qu'on peut être mal dans sa peau et qu'on peut avoir envie de changer je pense que ça c'est quelque chose de très personnel et si quelqu'un a envie de le faire et que c'est bien fait moi je la pousse à faire ce qu'il la rend heureuse je ne suis pas non plus dans un truc tout noir tout blanc où il ne faut pas se transformer Merci. Mais c'est vrai que du coup, oui, le côté complexe, je l'ai vécu dans mon adolescence, je le vis encore aujourd'hui, mais c'est vrai que le fait de colorier maintenant des corps, de moi-même être ma propre utilisatrice, ça me fait beaucoup de bien, parce que ça me permet de prendre du recul sur ces choses-là. Et puis au-delà du corps, beaucoup aussi dans la santé, la gestion de la santé des femmes, c'est vrai que tout ce qui est... La gestion des règles, la gestion que ce soit des douleurs menstruelles, des maladies féminines. Moi-même ou dans mon entourage, j'ai souvent des témoignages comme ça de copines, de sœurs, de mères qui me racontent un peu leur histoire de femme, que ce soit d'un point de vue... juste règles, cycles, ou d'un point de vue comment elles ont géré la maternité. Et c'est vrai que des fois, il y a des choses qui me choquent. Il y a des choses qui semblent complètement incomprises de la société, alors que c'est quand même des choses complètement normales. Par exemple, les cycles, moi, c'est quelque chose que j'ai 23 ans, j'ai compris ce que c'était vraiment les cycles il y a peut-être un ou deux ans. Et j'ai compris comment vivre avec mes cycles il y a un ou deux ans. Et je pense que je l'ai compris parce qu'on en parle de plus en plus, et heureusement.
- Speaker #0
Et encore, ça met du temps.
- Speaker #1
Exactement. Et encore, il y a beaucoup de femmes qui, aujourd'hui, essayent de travailler un peu dans la même dynamique que les cycles des hommes et qui ne comprennent pas qu'elles ont des phases différentes dans leurs cycles et que s'il y a des moments où elles sont plus sensibles, c'est normal. S'il y a des moments où elles sont moins productives, c'est normal. Et tout ça, c'est des choses qui sont hyper importantes. C'est comment nous, on fonctionne en tant que femmes. Donc, ça m'énervait de voir qu'on n'en parlait pas suffisamment. Donc voilà, je pense qu'il y a beaucoup de thématiques, puis même au-delà de ça aussi l'émotionnel. Aujourd'hui les femmes elles sont émancipées, encore il y a certaines choses où on se bat encore malheureusement, mais c'est sûr que par rapport aux générations d'avant ça n'a rien à voir. Et c'est vrai que ça paraît une force, mais on oublie qu'il y a des injonctions, elles ne sont pas parties. Donc aujourd'hui on demande à une femme de réussir professionnellement, on demande à une femme d'être une bonne mère, on demande à une femme d'être... Plein de choses, en fait, finalement. Et la charge mentale, elle est énorme. Et en soi, je sais qu'on peut se dire, mais elle, 3 ans, elle, qu'est-ce qu'elle raconte ? Elle connaît rien de la vie, elle n'est pas mère, elle n'est pas ci, elle n'est pas ça. Mais déjà, juste à mon échelle, je me rends compte plus je grandis. Et ça, c'est vraiment le décalage que j'ai fait de petite fille à, on va dire, ado. Et quand j'ai commencé, dans le début de la vingtaine, vraiment à m'émanciper professionnellement, à devenir autonome, etc., là, je me suis rendue compte... de certaines choses qui sont encore bien ancrées profondément et qui ne sont pas forcément visibles au-delà.
- Speaker #0
Très bien. Et justement, tu parles justement de tes coloriages, le bien que ça fait de mettre des couleurs, des mots dessus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que toi justement, tu t'en sers ? Est-ce que toi, tu t'es rendu compte que ça te faisait du bien de le faire ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors moi, de base, je suis une adepte des coloriages pour adultes. J'ai découvert ça il n'y a pas très longtemps. J'ai découvert ça il y a deux ans. Et moi, qui suis une personne, on en parlait, hypersensible, donc un peu sujette aussi à l'anxiété, beaucoup en train de ruminer souvent, j'ai beaucoup de pensées qui me traversent constamment. Et c'est vrai que des fois, j'ai du mal à me poser et à faire le tri dans ce qui est bénéfique, ce qui est moins bénéfique. Et j'avais tendance à lutter. on en revient un peu à la quête du développement personnel à lutter contre ces pensées là et en fait à force de les fuir elles revenaient au galop donc j'aimais bien créer pour permettre de poser ces idées là mais c'est vrai qu'il y a des fois je savais pas quoi créer j'avais pas d'idée, j'avais juste envie de griffonner ou de poser des couleurs et le coloriage ça m'a pas mal aidé par rapport à ça oui on dit que c'est un peu une thérapie ouais franchement ça fait du bien moi j'aime bien personnellement les coloriages qui sont assez simples à faire Merci. où je sais que pendant une heure et demie je peux me poser sur un coloriage et après il est fini je sais qu'il y en a qui sont adeptes des grands mandalas qui vont mettre des jours à se terminer moi c'est plus vraiment le côté je me pose une heure et demie je finis mon coloriage, c'est un temps pour moi donc c'est comme ça que j'ai découvert ça et que j'ai pratiqué et c'est vrai que moi ça me fait beaucoup de bien de pratiquer ça et maintenant que je crée mes propres coloriages ça me fait encore plus de bien parce que forcément j'arrive à L'introspection elle devient plus intime. Là on n'est plus sur juste poser des couleurs sur une forme. On est sur je pose des couleurs sur une forme qui me fait peur, sur une forme qui m'étouffe parfois, sur une forme que je ne comprends pas, sur une forme qui a pu me blesser. Et aujourd'hui le fait vraiment cet acte, moi c'est un peu ma philosophie, ne te gomme pas mais colorie-toi, c'est vraiment le côté de je suis ma propre œuvre d'art finalement et je mérite de m'attribuer les couleurs. Et toute la beauté finalement que je suis, le fait de colorier la cellulite, des vergetures, des plis, c'est un acte vachement profond et intime. Et je pense que c'est bien parce que chaque personne a son histoire, comme on le disait. Donc chaque personne a sa vision aussi des corps. Je pense qu'il y a des personnes qui vont avoir des complexes complètement différents. Et des rapports, par exemple cellulite, vergeture, complètement différents. Je pense qu'il y a des femmes qui ont toujours eu ce... su faire cette acceptation par rapport à ça, mais d'autres non. Et je pense du coup que d'offrir ces supports-là, ça permet que chacun puisse vraiment mettre son histoire dessus. Et c'est hyper intime.
- Speaker #0
Non, franchement, c'est une trop, trop bonne idée. Et justement, ce projet-là, tu sais quand est-ce qu'il verra le jour. Je sais que tu es en pleine réalisation. dessus et que tu communiques sur les réseaux.
- Speaker #1
Oui, alors là mon projet, il faut savoir que j'ai commencé, déjà l'idée est née juin dernier, donc il n'y a pas très longtemps, j'ai commencé à faire des esquisses de coloriage un peu de mon côté pendant tout l'été. J'ai vraiment pris tout ça en forme et je me suis fait accompagner par quelqu'un pour m'aider à partir d'octobre, c'est vraiment tout récent. Et là je suis en train de finaliser la première maquette de mon premier carnet incarné. Donc en soit, j'ai terminé tout ce qui est partie coloriage, etc. On est plus sur la fin que sur le début. J'aimerais bien arriver à sortir un premier carnet au printemps. Donc ouais, c'est vraiment bientôt. Donc je croise les doigts. J'espère que tout va bien se passer. Le mois prochain, j'aimerais bien commencer justement à essayer tout ce qui est tirage, etc. Mais ouais, courant printemps, j'aimerais bien arriver à proposer ce premier carnet pour avoir des retours. ce que les utilisatrices en pensent, si elles ont des choses aussi à m'apporter. Moi, je suis vraiment ouverte à tout ça. Justement, tu parlais des réseaux sociaux. Les réseaux sociaux, moi, ça me permet aussi d'essayer d'échanger et d'essayer vraiment de dessiner ce qu'attendent mes futures utilisatrices pour vraiment leur offrir...
- Speaker #0
Oui, que tu aies un retour de leur part. Exactement,
- Speaker #1
exactement. C'est ça. Donc, comme je disais, on a chacun des histoires de vies différentes. Moi, je n'ai pas du tout la science infuse. Il y a des choses que peut-être moi ça me semble important, d'autres personnes ça leur semblera moins importante ou plus importante. Donc le fait d'avoir un peu ce retour pour mes autres carnets, c'est pour ça que j'ai hâte aussi que ça sorte rapidement.
- Speaker #0
J'avais une question pour toi, si tu devais dire ce que c'est le bien-être pour toi aujourd'hui, comment tu le définirais ?
- Speaker #1
Je pense que c'est se foutre la paix. Je pense que c'est vraiment le truc de faut pas chercher mes 14 heures. C'est très bateau ce que je suis en train de dire, j'en ai conscience. Mais je pense qu'aujourd'hui, on est dans une quête du bien-être qui part dans tous les sens. Et la simplicité, l'authenticité, des fois, elle est oubliée. Et malheureusement, c'est avec tous les réseaux sociaux, toutes ces choses-là, en fait, le fait qu'on ait énormément de supports. Donc forcément, on est tout le temps confrontés à la perfection, à des modèles tout lisses, tout parfaits. Et du coup, à chaque fois, l'authenticité que nous, on a. Je parle que ce soit physique, mentale ou dans le mode de vie. Elle peut sembler brouillonne par rapport aux autres, mais en fait non. C'est notre authenticité qui fait notre vie. Et je pense que c'est juste apprendre à lâcher prise. Et lâcher prise pour moi c'est juste accepter ses défauts aussi. Je pense que c'est important. Les qualités c'est bien, c'est bien de se transformer, c'est bien de se remettre en question, c'est bien d'évoluer parce qu'on grandit. Mais c'est bien aussi... D'accepter qu'on n'est pas parfait et d'accepter son authenticité.
- Speaker #0
Super. Et la dernière question pour la fin. Si tu devais donner un conseil à quelqu'un qui se sent en fleur de peau en ce moment, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
Ça rejoint un petit peu la question d'avant, je pense. Moi, je le vois plutôt comme ça. C'est vraiment arriver à s'accepter comme on est. Donc, je pense que c'est avoir peut-être une introspection sur soi-même et qui est différente. du développement personnel, c'est-à-dire être plus dans visualiser ce qui se passe, l'accepter, que d'être dans visualiser ce qui se passe. Je décortique ce qui ne va pas et je veux forcément le changer. Je pense qu'il y a vraiment cette distance à prendre. Prendre du temps pour soi, c'est aussi important. Et aussi accepter que ces émotions, ça peut être une force. Moi, l'hypersensibilité, pendant longtemps, j'ai cru que c'était une faiblesse.
- Speaker #0
Et t'en as fait ta force.
- Speaker #1
Exactement. Franchement, il y a des moments où je me disais Putain, mais j'en ai marre Pourquoi je suis pas Pourquoi tout ça, ça me prend autant Pourquoi je réagis comme ça Pourquoi j'arrive pas à avoir cette stoïcité Que d'autres personnes ont Et en fait, finalement, aujourd'hui, je me dis que ça me permet Moi, de ressentir des émotions très fortes Partager des très bons moments avec les autres De construire des choses aussi Qui me ressemblent Et voilà
- Speaker #0
C'est une réussite au final
- Speaker #1
Ouais, c'est ça Donc je pense que c'est important juste de s'accepter comme on est.
- Speaker #0
Super. Je te remercie en tout cas d'avoir participé à ce podcast.
- Speaker #1
Merci beaucoup à toi.
- Speaker #0
Merci pour ton expérience et on va suivre de près ce que tu fais. Et puis on se dit à très vite pour un prochain épisode.
- Speaker #1
Ça marche, j'espère aussi.