- Speaker #0
Bonjour, merci d'être là avec nous aujourd'hui, je suis Sandy Becchi.
- Speaker #1
Je suis Laure Kepes, vous écoutez À la croisée des âmes, le podcast qui met les âmes en dialogue. Territoire vivant de nos aspirations et transformations, l'âme demeure une source inépuisable de questionnements.
- Speaker #0
Chaque mois, nous recevons deux invités issus d'univers différents, artistes, entrepreneurs, dirigeants, philosophes, scientifiques, écrivains, viendront nous rejoindre pour explorer l'âme en lien avec un sujet de société, pour que chaque voix unique contribue à tisser une toile de savoir riche et complexe.
- Speaker #1
C'est grâce à votre engagement et votre soutien que notre podcast, À la croisée des âmes, se fait connaître auprès d'un large public. Alors abonnez-vous, likez, partagez autour de vous, et suivez-nous sur Instagram et LinkedIn. Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, nous allons parler de l'âme sous l'angle de l'entrepreneuriat. Pas de business plan, pas de levée de fonds, pas de métrix. Nous allons chercher à comprendre quelle force invisible pousse une personne à devenir entrepreneur. Quelle âme faut-il pour entreprendre, pour affronter les échecs et écouter son intuition face à un monde très rationnel ? L'entrepreneuriat ne serait-il pas aussi un cheminement ? profondément spirituel et un appel de l'âme impossible à terre. Alors pour éclairer ce dialogue entre la vie intérieure et l'action entrepreneuriale, nous recevons aujourd'hui, nous avons la joie de recevoir aujourd'hui, deux femmes qui à travers leur action d'entreprendre touchent aussi à l'essence même de ce qu'elles sont.
- Speaker #0
C'est un immense plaisir pour nous d'être en studio aujourd'hui avec Morgane Rolando et Solène Boquillon-Legoisillou. Bonjour Morgane, bonjour Solène.
- Speaker #2
Bonjour. Bonjour.
- Speaker #0
Alors, on va prendre quelques minutes pour vous présenter l'une et l'autre. Morgane, tu as 25 ans d'expérience en finance, fusion-acquisition, capital investissement et entrepreneuriat. Aujourd'hui, tu es Operating Business Partner et tu vas nous en dire plus sur cette fonction. Tu aimes aussi te définir comme une alchimiste de la transformation des entreprises et ce qui t'anime, c'est de faire le lien entre le business et l'âme. Ce sont différentes épreuves de ton parcours. personnels et professionnels qui t'ont ouvert à l'invisible, notamment au chamanisme, et tu adaptes aujourd'hui tes enseignements au monde économique pour éclairer les dynamiques invisibles entre dirigeants, actionnaires et organisations. Tu as publié plusieurs livres, dont le dernier en date est un ouvrage collectif qui s'intitule Global Voices Shaping the Future, et le chapitre que tu as rédigé est désormais disponible en français. Et pour finir avec cette présentation, je voudrais rajouter qu'en ce moment, tu as embarqué depuis le 19 mai et jusqu'au 30 juin des dirigeants dans un SOUL Bootcamp, SOUL étant la traduction anglaise du mot âme. Bienvenue Morgane et on a vraiment hâte d'échanger avec toi sur ces sujets de business et d'âme.
- Speaker #2
Merci Sandy, j'ai très hâte également. Et à tes côtés,
- Speaker #1
Solène, tu as été DRH internationale chez Shell. En 2018, lors d'un déplacement professionnel en Inde, pour travailler avec ton équipe sur l'impact de l'IA, sur les compétences du futur, tu prends conscience que la seule chose qui va sauver les générations futures, ça s'appelle tout simplement les compétences humaines, connues aussi sous le nom de soft skills. Et tu décides alors de quitter ton job pour monter ta propre startup, une startup éducative, ce qu'on appelle une head tech, qui s'appelle Soft Kids. Et en 2024, tu as publié « Préparez aujourd'hui vos enfants au monde de demain » , un ouvrage pour les parents qui veulent développer justement et cultiver les fameux soft skills de leurs enfants. Ce sont d'ailleurs des sujets que tu évoques dans ton podcast qui s'appelle « Génération Parent » . Et après cette aventure assez intense d'entrepreneuriat avec SoftKids, tu as dû te résoudre à fermer cette startup, tu vas nous en parler. et nous allons revenir sur la façon dont tu as traversé cette fin de cycle, ce que tu en as retenu. Et depuis que tu as tourné la page, on va dire que tu t'es un peu plus ouverte à justement ce monde invisible, une spiritualité un peu plus au sens large. Donc, on parlera de tous ces sujets. Et bienvenue également à toi, Solène, et ravie de t'accueillir aujourd'hui.
- Speaker #3
Merci, ravie d'être avec vous.
- Speaker #0
Alors, comme on le fait d'habitude, on va commencer par le portrait chinois de l'âme. Donc vous avez là devant vous... six cartes. Derrière chaque carte, vous avez une question. Donc, on va vous laisser choisir la carte que vous voulez et répondre à la question. Donc, Morgane, tu veux commencer ?
- Speaker #2
Si l'âme était un animal, ce serait ? Moi, je pense à un félin. Un félin, de premier abord, on a envie de le caliner, de le prendre dans ses bras, de le faire ronronner, quel que soit le félin. Mais quel que soit le félin, il est indomptable. Il fait ce qu'il veut. Il est indépendant, il peut vous faire un sourire, mais partir en sautant et aller dans une autre direction quand lui a décidé. Et je pense que l'âme, c'est ça. Elle nous prend dans son cocon. On peut ronronner en étant en phase avec elle. Mais dès qu'on va dans une autre phase ou qu'on dévie, elle nous redit que non, la direction, c'est par là. Et quoi que tu fasses, tu vas me suivre et tu vas venir avec moi.
- Speaker #1
Et elle est indomptable.
- Speaker #2
Et elle est indomptable.
- Speaker #0
Donc un guide indomptable.
- Speaker #2
C'est ça, elle ne rentre pas dans les cases.
- Speaker #1
Et pour toi, Solène, vas-y, à ton tour.
- Speaker #3
Alors, pour moi, ça sera « Si l'âme était un lieu, ce serait » . Et bien, pour moi, si l'âme était un lieu, ce serait la mer. Pourquoi ? Parce qu'elle peut être un calme absolu et elle peut être complètement déchaînée aussi. Et les deux sont vrais en même temps. Elle est belle dans tous ses états et surtout, moi, la mer, elle me ressource. Quand je ne sais plus quoi penser, je vais juste voir la mer et ça va mieux.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, tu nages, je crois,
- Speaker #3
et tu te baignes tous les temps. Oui, 1er janvier, j'étais la semaine dernière, tout le temps.
- Speaker #0
Donc c'est un lieu ressourçant pour toi, la mère. Ah oui, petite précision, ce podcast est une conversation à quatre voix, donc on le rappelle à chaque fois. Surtout, n'hésitez pas à vous poser aussi mutuellement des questions, à réagir à ce que dit l'une et l'autre. C'est un peu ce qui nous différencie. de mener cet échange comme une conversation. Alors on va, pour commencer, pour comprendre les femmes, les entrepreneurs que vous êtes devenus aujourd'hui, on va faire un petit détour par l'enfance, donc à la source. C'est souvent là que se font entendre les premiers murmures de notre âme et nos aspirations les plus profondes. Morgane, en préparant cet épisode, tu nous as raconté qu'enfant, Tu avais déjà une hypersensibilité, on peut dire que tu étais ce qu'on appelle clairsentante. Tu avais cette capacité à percevoir les vibrations et à entendre finalement ce décalage, à le sentir, ce décalage entre ce que disaient les adultes et ce qu'ils ressentaient vraiment. Et on t'a fait quand même comprendre que c'était mieux de taire ce don. Donc notre question c'est à quoi ça ressemble ? À quel moment dans ta vie tu as recommencé à faire une place à ce don, à lui refaire confiance ? Et quelle place ça a pris aussi dans ton parcours d'entrepreneur ? Vaste question. Oui,
- Speaker #2
on va faire un grand écart là. Donc effectivement, à l'enfance, j'avais du mal à comprendre le monde des adultes parce que je percevais des choses et ce qu'on me disait n'était pas forcément le même. Par contre, moi, je retenais beaucoup plus ce que j'avais ressenti que ce qu'on me disait. Donc, quand je ressortais les conversations ou quand on me demandait comment va un tel ou un autre, je ressentais exactement ce que j'avais perçu. Et on me disait, mais ce n'est pas vrai, mais ce n'est pas possible, mais je n'ai jamais dit ça, mais tu racontes des bêtises, tu es en train d'inventer. Je vivais aussi beaucoup dans des histoires, mais c'est un autre sujet. Quelques temps après, je voyais que finalement, j'avais raison. En fait, l'histoire me disait, un mois, deux mois ou deux ans après, que ce que j'avais dit, c'était vrai. Donc j'avais beaucoup de mal à comprendre pourquoi on me disait quelque chose et qu'en fait, la vérité était différente. Je me trouvais bien dans le monde des enfants parce que je n'avais aucune envie d'être dans le monde des adultes. où je ne comprenais pas les règles et comment ça fonctionne.
- Speaker #1
Excuse-moi, je me permets, dans le monde des enfants, les enfants étaient eux plus alignés ? J'allais dire, tu ne voyais pas forcément cette dissonance entre ce qu'ils disaient et ce qu'ils... C'est intéressant parce que tu voyais ça dans le monde des adultes, mais avec tes amis et tes camarades enfants, eux, ça, ce n'est pas quelque chose que tu ressentais, ce décalage ? Non, pas du tout. Comme s'il y avait une vérité qui était plus pure chez l'enfant. Voilà,
- Speaker #2
j'étais en phase avec mes frères, avec mes amis, mais avec les parents, mes oncles et tantes, ou parfois la maîtresse, c'était différent.
- Speaker #3
Et pourtant,
- Speaker #2
on dit que la vérité sort toujours de la bouche des enfants. Justement.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, comment tu as fait ressortir cette vérité à un moment dans ton parcours d'entrepreneur et que tu as refait ce lien avec ce don de clairsentance ?
- Speaker #2
Alors, j'ai appris à me taire. Donc, j'ai appris à ne plus raconter mes histoires et ce que je ressentais, à le garder pour moi. Et un événement... Ça m'a servi quand même tout au long de ma vie d'adulte pour essayer de comprendre des situations où finalement je me servais de l'ensemble de mes capacités, de ce qu'il fallait dire ou pas, que ce soit dans des entretiens d'embauche ou dans ma vie professionnelle. Et j'ai eu un accident de parcours, une maladie qui, après un divorce tragique, une maladie qui était due à la fois au stress et assez inexpliquée. qui, en recherchant d'où ça pouvait venir, puisqu'on s'attendait à une maladie orpheline que les médecins ne détectaient pas, qui m'avait complètement mise par terre avec 6-2 tensions pendant 18 mois. Et au fil des médecines douces, j'ai fini par rencontrer un médium qui m'a dit « Mais en fait, c'est de la magie noire que tu as reçue. » Et alors là, j'ai été totalement terrassée. Parce que j'avais mis de côté tout ce qui pouvait être ressenti, enfin je l'avais tué dans moi-même. Et je me suis dit, mais au secours, je me prends pour une femme forte. Qu'est-ce que c'est que cette puissance invisible qui peut me terrasser jusqu'à penser à mon testament et qui va pouvoir s'occuper de mes enfants si je pars ? Donc là, j'ai commencé à mettre un pas, puis l'autre, chez une naturopathe, aller faire du jeûne, aller... Beaucoup plus approfondir les liens avec l'invisible qu'avec des gens autour de moi. Donc j'ai lu et ceux qui m'ont attiré, je suis allée voir. Et c'est comme ça que je suis arrivée dans le monde des chamanes, où j'ai compris assez rapidement, à travers mes méditations ou les états modifiés de conscience, qu'en fait ce que je ressentais, c'était une connexion qui était différente de ce qui était dit. qu'on pouvait avoir des dialogues à plusieurs niveaux. Il y a ce qui se dit, ce qui se voit, et en fait le lien invisible qui nous unit tous, qui nous unit nous dans la pièce aujourd'hui, comme quelqu'un qui, comme les enfants, qui ont la figure toute barbouillée de chocolat et qui dit non, non, non, je ne l'ai pas, je n'ai pas été dans le pot de Nutella. Donc là c'est une caricature, parce qu'on le voit bien. Mais en fait, dans le monde des adultes, ça existe de manière plus subtile. Et j'ai commencé à m'ouvrir à ces perceptions et à comprendre ce qui se passait dans mon enfance.
- Speaker #0
Et tu vas nous dire ensuite comment tu utilises ça maintenant pour décrypter des choses, des non-dits ou des choses invisibles dans les organisations.
- Speaker #1
Juste pour rebondir quand même, puisqu'on parle d'entrepreneuriat et d'âme entrepreneuriale. Est-ce que tu penses quand même que dans ton enfance, dans ton éducation, dans ton caractère, il y avait quand même très tôt cette envie de créer ? Est-ce que tu te disais plus jeune, adolescente ou jeune femme, moi je serais entrepreneur ?
- Speaker #2
L'idée d'entrepreneuriat n'est pas venue en tant que telle, parce que je ne suis pas d'une famille entrepreneur, mais le besoin de liberté et d'indépendance et d'affirmation de soi était très très fort. Donc, j'avais besoin, moi, de me sentir libre et indépendante et qu'on arrête de me poser ces carcans, ces manières de penser toutes faites qui ne me convenaient pas.
- Speaker #1
D'accord. Donc, c'est là le besoin de liberté qui t'a conduit finalement à l'entrepreneuriat.
- Speaker #2
Voilà, c'est ça. En fait, c'est comme quand je ressentais quelque chose de différent de ce qu'on me disait. Je voyais qu'il y avait un décalage sans pouvoir mettre les mots dessus.
- Speaker #1
D'accord, merci Morgane. Et toi Solène, tu le dis souvent, tu as une carrière de déléguée de classe et même de représentant d'étudiants jusqu'au niveau national, avec toujours l'envie certes de lutter contre les injustices, tu nous en parleras peut-être, mais il y avait aussi cette envie de faire bouger les choses, de changer l'ordre établi. Donc est-ce que tu dirais qu'il y avait quelque chose déjà là, dès l'enfance, d'essentiel, qui t'a donné, qui explique ? ton envie plus tard de devenir leader, de diriger et de créer ta propre start-up ?
- Speaker #3
Oui, je pense que ça a toujours été là. J'ai toujours été une leader. Et moi aussi, on me disait de me taire. Mais moi, je pense qu'avec le recul, c'est parce que j'étais une fille et qu'en fait, les filles... Je me rappelle, mes cousins et mes cousines me disaient toujours « Ah, toi, il faut toujours qu'on te remarque, etc. » Mais parce que j'avais des idées, je les faisais valoir. J'avais une opinion et je la partageais. Et ça, ça dérangeait parce que je pense que moi, j'ai grandi dans les années 80-90. Une fille, ça doit être sage, ça ne doit pas bouger, ça doit sourire, ça doit dire merci, au revoir. Et donc, avoir des opinions et les partager. Et surtout, avec le recul, parce que c'est quelque chose, même quand j'avais 30 ans et que j'étais DRH de Codire, on m'avait collé un mentor parce que j'étais la seule femme avec... quinze autres messieurs du Moyen-Âge de 55 ans. Et on m'avait collé un mentor parce que j'étais trop Madame Non, j'étais pas assez fluide, enfin, linguiste. Et en fait, avec le recul, pour moi, j'ai toujours fait preuve d'assertivité. Et l'assertivité chez une femme, c'est pas super bien vu. Enfin, ça va mieux maintenant, mais c'était pas super bien vu. Et donc, voilà, j'ai toujours été... La première fois que j'étais déléguée, c'était en CP. J'ai été déléguée toute ma scolarité jusqu'au master, où comme tu disais, j'étais au niveau national. J'ai négocié avec De Robien, avec Fillon, avec Ferry. J'ai vu trois ministres passer des réformes nationales. Et à chaque fois, je racontais à ma remise de médaille, parce que par exemple, en quatrième, j'étais déléguée des délégués. Et je suis arrivée, c'était l'année où on faisait la Révolution française en histoire géo. Et en fait, j'avais fait une réunion de tous les délégués du collège, ce qui n'était jamais arrivé. Et je suis arrivée au premier conseil d'administration avec une liste de 30 doléances pour les élèves. Et en fait, pour moi, ce n'était pas juste « t'es élue déléguée, tu vas à des réunions et tu fais tapisserie » . Si j'étais élue déléguée, c'était pour faire bouger les choses, pour donner la voix aux élèves. Et donc oui, je suis arrivée avec... Une liste de 30 doléances et tous les profs et le principal et tout, on regardait, c'est qui celle-là ? Mais qu'est-ce qu'elle nous fait ? Pour moi, en fait, on doit être des citoyens actifs. On n'est pas là juste pour se laisser porter par le quotidien et la vie. Il faut faire bouger les choses et faire bouger les lignes.
- Speaker #0
Oui, Solène, tu parlais de ta quatrième et cette année-là, c'est une année où on t'a fait redoubler. Parce qu'on considérait que tes notes en maths et en sciences n'étaient pas assez bonnes, alors que tu étais par ailleurs excellente en français,
- Speaker #3
en expression écrite,
- Speaker #0
dans d'autres matières. Mais néanmoins, la décision, ça a été de te faire redoubler en te disant, je mets des guillemets, que tu étais nulle. Oui, en fait,
- Speaker #3
ma prof principale a dit à mes parents en réunion, Solène est nulle en maths. et donc si elle n'a pas je crois que je devais avoir 2 moyennes un truc comme ça si elle n'a pas de bons résultats elle ne pourra jamais faire de seconde générale et donc on m'a fait redoubler Mais dans toute ma scolarité, j'ai eu des profs comme ça. Enfin, c'est pareil, en première et terminale, j'ai eu la même prof principale. Et à chaque fois, c'était mes profs principales, c'était la prof d'anglais. Et première, elle dit, pareil à mes parents, Solène est nulle en anglais. Entre la première et la terminale, je me tape des cours du CNED pendant les deux mois. Je reviens, je dis à la prof, je dis, ah, j'ai eu des 14. Elle me dit, ah, mais le CNED, c'est facile. Enfin, voilà. Mais... J'ai fait une carrière à l'international et je n'ai pas l'anglais.
- Speaker #0
Ce qui est pour nous intéressant justement à comprendre, c'est comment tu ne te laisses pas enfermer, tu ne lâches pas quand tu as ce genre de feedback, de retour. Qu'est-ce que ta petite voix intérieure te disait quand tu as ce genre de... Sur le coup,
- Speaker #3
j'ai trouvé que c'était une injustice parce que cette année-là, je m'étais passionnée pour la Révolution française. J'avais lu tous les rougons Macard de Zola. Je prendrais un livre au CDI, je le ramènerais le lendemain. Donc, je trouvais ça pas justifié. Néanmoins, et c'est mon parti pris depuis des années, j'ai redoublé, mais je ne suis pas devenue meilleure en maths. Je crois que je suis passée de 4 de moyenne à 7 ou 8.
- Speaker #1
C'est une progression.
- Speaker #3
Mais ils m'ont quand même fait passer. Et j'ai fait une seconde générale en économie et sciences politiques parce que j'étais passionnée par les sciences politiques. Et au bac, j'ai eu 16 en éco-sciences politiques et j'ai eu 6 en maths. Et donc j'ai toujours fait la stratégie de compensation et moi je pense que dans la vie on a tous des zones de génie et je préfère cultiver ma zone de génie que le truc qui ne m'intéresse pas.
- Speaker #1
Ce qu'on dit c'est qu'est-ce qui t'a fait te dire j'ai une zone de génie et de ne pas lâcher ? Je ne sais pas ce que te disaient tes parents par rapport à ça ? Comment ils réagissaient eux quand les profs venaient te voir en disant votre fille elle est nulle ? T'es nulle en maths, donc t'es presque nulle de manière générale.
- Speaker #3
Alors mes parents m'ont jamais dit que j'étais nulle. Alors ma mère, elle m'a dit le truc que tous les parents ont dit. Ah bah moi aussi j'étais nulle en maths. Comme j'arrête pas de le dire, les maths ce n'est pas génétique. On n'a pas la bosse des maths, ça n'existe pas. Et donc maintenant j'ai vraiment appris avec le recul, parce que je travaille depuis 20 ans sur le gross mindset et sur l'état d'esprit de développement. Et j'ai appris que moi j'avais cet état d'esprit de développement parce que je ne me laissais pas... enfermée, entre guillemets, dans cette boîte de la nulle en maths. Oui, peut-être que je suis nulle en maths, mais je suis bonne dans d'autres choses. Par exemple, je suis bonne pour représenter les élèves. Donc, je gardais, en fait, dans mon esprit, le positif et les choses pour lesquelles j'étais bonne. Et les choses pour lesquelles on me disait « t'es nulle » , etc., j'évacuais.
- Speaker #1
C'est une force.
- Speaker #3
Voilà.
- Speaker #1
Mais en vous écoutant toutes les deux, j'ai quand même... Merci. Ce sentiment que toutes les deux, on a voulu un peu vous mettre dans une case quand même, en tout cas certaines personnes, et qu'à un moment donné, vous en êtes sorti. Certes, en suivant peut-être d'abord un chemin plus classique, mais qu'à un moment donné, vous avez dépassé tout ça pour créer votre propre voie et votre propre cheminement. Comment est-ce que vous avez fait ? Ou en tout cas, est-ce qu'il a fallu d'abord passer par une route un peu plus classique pour pouvoir se trouver ? après on va s'affirmer un peu plus personnellement.
- Speaker #3
En fait, on passe sa vie à essayer de rentrer dans une case, parce qu'en fait, la société nous demande d'être comme ci, comme ça, etc. Moi, par exemple, chez Shell, ça a été une respiration quand je suis passée en management international. Parce que tant que j'étais en management français, j'avais des managers qui sortaient de grandes écoles, HEC, etc. Et j'avais des réflexions. Par exemple, il y avait un VP qui venait. Évidemment, j'avais négocié pendant trois ans avec des ministres. Donc, quand le VP venait, je lui parlais. Et on me disait, Solène, quand même, ne parle pas trop. Tu n'es pas obligée de poser des questions, etc.
- Speaker #0
Ne te fais pas remarquer.
- Speaker #3
Voilà, ne te fais pas remarquer. Reste à ta place. Et quand je suis passée en management hollandais, puis après Singapourien, etc. Mais c'est là que j'ai... explosé parce que là, en fait, j'ai pu vraiment être moi-même. Ce qui était mis en avant, ce n'était pas mes diplômes, c'était mes compétences. Tout d'un coup, j'ai été classée au potentiel quand je suis passée en management international alors que quand j'étais en management français, je pense que je n'étais pas classée au potentiel parce que je ne sortais pas d'une grande école. Et donc, le prisme était totalement différent. Et... Et donc pendant des années, on surcompense. Et même si je dis que ça va mieux, mon redoublement en quatrième, je dis toujours que c'est ma blessure d'enfance. Parce que j'ai entendu Madame Réal dire... Madame Réal, si vous nous entendez... Solène est nulle en maths. Et en fait, je vais être un peu vulgaire, mais le jour où j'ai été dans le classement des 40 femmes Forbes, j'ai appelé ma meilleure amie de collège. Et je lui ai dit, je suis dans le classement des femmes Forbes, fuck Madame Rial, c'est la première chose que j'ai fait.
- Speaker #1
Comme quoi ça marque.
- Speaker #3
Ça marque quand même.
- Speaker #0
C'est pour ça que quand on revient à la source, on sent la détermination à dépasser des messages qui nous freinent en fait, qui sont là en coulisses et qui nous retiennent alors qu'on a un potentiel énorme.
- Speaker #3
Et à la fois, j'ajoute, je tiens à la remercier parce que je pense que peut-être si je n'avais pas eu ça... Et bien peut-être que je ne serais pas là aujourd'hui. C'est un point de rupture aussi.
- Speaker #0
Merci à tous les mauvais managers, parce qu'ils nous apprennent aussi énormément de choses qui nous servent dans la vie.
- Speaker #1
Tu t'es peut-être dit,
- Speaker #2
je vais te montrer toi.
- Speaker #0
Et toi Morgane ?
- Speaker #2
Et toi Morgane,
- Speaker #1
oui c'est...
- Speaker #2
Moi j'ai eu plusieurs points de rupture aussi. Moi j'étais excellente en maths, mais j'ai eu un...
- Speaker #0
Toi ça...
- Speaker #2
Mais j'ai eu un accident, donc moi j'étais normalement par coup. Cours, grandes écoles, commerce international, c'était fléché, ça me passionnait. Et j'ai eu un accident pendant le lycée. Sur mon vélo, une voiture m'a renversée. J'ai cassé le pare-brise avec ma tête. Donc coma, traumatisme crânien, fracture du crâne. Et j'ai perdu mes capacités cognitives. Donc de super chouette, je suis passée à 4 de moyenne générale en première scientifique. Donc là, j'ai aussi eu des profs qui m'ont dit... « Mais t'es nulle, tu fous rien, Rolando, tu fous rien, on se demande pourquoi t'es là, enfin on m'a descendue au possible. » Donc j'ai pas pu, le parcours grandes écoles, j'avais un dossier tout pourri, donc je suis allée étudier l'expertise comptable qui était un peu plus plan-plan, mais qui était quand même dans l'économie, enfin voilà ce que j'avais trouvé. Et en tant que jeune diplômée, je me suis dit « mais maintenant, moi je peux choisir ce que je fais avec ça » . Et comme les langues étaient vraiment de ma partie, je suis partie. J'ai essayé de candidater en Irlande. Il y avait le Celtic Tiger qui fonctionnait à fond avec toutes les boîtes de tech. Et j'ai trouvé en un mois un poste à Dublin où j'étais en charge des due diligence et post-major integration de l'intégration des filiales européennes dans une boîte américaine. Donc là, je me suis éclatée. Et j'ai fait pendant quelques années ce métier. Pour ensuite me dire, mais en fait, c'est sympa les chiffres, c'est sympa la complexité, c'est sympa d'avoir des gens à intégrer et de voir tout ce qu'on peut en faire. Mais j'ai besoin d'aller au-delà des chiffres, au-delà de la finance. Et alors là, je me suis dit, j'étais arrivée à Amsterdam. Après l'Irlande, je suis allée vivre aux Pays-Bas pour une entreprise qui s'appelle PeopleSoft, qui est maintenant Oracle. Et là, c'était beaucoup plus structuré, beaucoup plus carré dans une case avec des process partout. Et je me suis dit, mais en fait, ce n'est pas ça mon truc. Pas assez de liberté. Pas assez de liberté. Donc, j'ai cherché ce que je pouvais faire. Et j'ai vu que je pouvais faire un MBA qui allait m'élargir mes opportunités. Je me suis dit, ça, c'est la revanche. Mes capacités cognitives sont revenues. C'est la revanche sur mes profs. Quand j'annonce à ma mère, je lui dis, écoute, c'est génial. Je suis prise dans un des top MBA. Ça, c'est chouette. Et là, elle m'a dit, mais tu ne vas pas bien. Je dis quand même, je suis fière. Elle m'a dit, mais une femme, ce n'est pas fait pour diriger une entreprise. C'est fait pour fonder une famille. Alors là, encore une fois, je ne voyais pas le rapport entre les deux. Qu'est-ce qui pouvait empêcher l'un ou l'autre ? Et puis, je me suis dit, de toute façon, je m'en fous, c'est ma vie. T'en penses ce que tu veux. Et effectivement, le MBA m'a ouvert des portes pour... avoir une dimension un peu plus globale et pas seulement de la finance. J'avais toujours des postes en finance. Je suis revenue en France par la suite, où j'ai travaillé pour des entreprises comme Autodesk ou EMC, toujours des Américains, mais avec une vision beaucoup plus globale et stratégique. Et de là, encore rebelote, j'ai bien écouté ma mère, je suis devenue maman, même s'il n'y était pour rien. Et j'ai été licenciée au retour de chaque... quand j'ai maternité. Et alors là, c'est bam, prends ça dans ta tête. Je me suis demandé, la première, je me suis dit, bon, j'encaisse. Quand on travaille dans des fusions-acquisitions, des fois on achète, des fois on fait partie de l'entreprise qui achète, des fois de celle qui est vendue. Et on nous recase, on ne nous recase pas. Il y a une crise financière. On repart. Je me suis dit, j'encaisse celle-là. C'est pas moi qui aurais dû partir, mais c'est comme ça. Rebelote. Enceinte et retour, là, encore la douche froide. Et là, je me suis dit, c'est pas possible. J'ai deux filles. Qu'est-ce que je fais ? On travaille énormément. C'était passionnant. Mais qu'est-ce que je suis en train de construire pour la génération qui suit ? Et c'est là que je me suis dit, il faut que je regarde un petit peu ce qui va se passer. Et c'est là que le goût de l'entrepreneuriat a pu venir. J'ai croisé sur ma route un réseau de business angels qui s'appelle Femmes Business Angels. Et là, je me suis dit, mais c'est ici ma place. C'est ici ma place. Tout ce que j'ai pu faire avec les grands, on peut l'appliquer avec les petits qui sont en train de construire le monde de demain, plutôt que juste répliquer et développer pour avoir... Un retour sur investissement pour raconter aux investisseurs, aux actionnaires ce qu'ils vont faire. Là, je suis dans une place constructive et je pourrais être fière en regardant mes filles leur dire il y a de la place pour vous et pour pouvoir innover, pour pouvoir faire ce qui vous plaît, ce dont vous avez envie.
- Speaker #1
Là, tu parles effectivement de transmission et qu'est-ce que je peux apporter au monde, comment je peux construire le monde de demain. Mais comme tu as eu des grosses épreuves dans ta vie, là tu parles de licenciement. qui sont discriminatoires. Tu as eu un mari violent, tu as eu une maladie non expliquée. Est-ce que l'entrepreneuriat, au-delà de construire un monde meilleur, c'était aussi une façon pour toi, il y avait un aspect un peu de renaissance et de survie dans tout ça ?
- Speaker #2
Ou je me trompe ?
- Speaker #0
Totalement, puisque je contribue déjà à créer mon poste et à créer ma propre ligne de route. Mais au-delà de ça, c'est contribuer à faire changer les choses. Et je vais reparler des Business Angels, puisque je suis venue à l'entrepreneuriat par l'investissement. Donc, c'était quand même ça ma base de départ. Il y avait 7% de femmes dans le capital d'investissement en 2010, quand j'ai commencé. Et la présidente de Femmes Business Angel nous a dit, mais il faut vraiment renverser la tendance. Les femmes aussi ont quelque chose à apporter au monde économique. Donc, si vous pouvez commencer à parler, ouvrir votre bouche et ramener de plus en plus de femmes, montrer qu'elles existent, faites-le. Donc, moi, j'ai bien écouté. À chaque fois que j'allais quelque part, je levais la main et j'expliquais d'où je venais, qu'est-ce que je faisais, ma passion pour l'investissement. et pour travailler avec ces jeunes start-up qui vont changer le monde.
- Speaker #1
Justement, on va continuer sur cette dynamique. Est-ce que ça coûte finalement de s'aligner avec ces valeurs, de vouloir construire différemment, de donner plus grande place aux femmes dans l'économie ? Ça implique qu'on abandonne des choses, qu'on traverse et qu'on devienne aussi quelqu'un d'autre. Solène, je me tourne vers toi. Toi quand même, tu étais heureuse dans ton poste de DRH. Tu nous l'as dit, tu t'es éclatée quand tu es arrivée au niveau international. Tout se passait bien avec ta bosse, tes équipes. Sauf qu'à un moment, il y a eu une dissonance entre le message de l'entreprise, tu nous l'as dit, qui était remettre l'humain au centre des décisions. Et les multiples réorganisations, relocalisations. Et donc, à un moment, on a méconscience. Tu t'es dit stop, je ne veux plus être partie prenante de ces incohérences.
- Speaker #2
Oui, mais je pense qu'on est tous, quand on est dans des grands groupes, en fait, on est tous un petit peu dans ce cycle-là. Parce que c'est des cycles où, en fait, moi, à la fin, j'avais l'impression qu'on faisait que faire et défaire. Je suis restée 13 ans. Les premières années, j'ai fait énormément de réorganisation. J'ai licencié beaucoup de gens. C'est dur. Alors au début, on le fait parce qu'on nous explique que c'est la stratégie de la boîte, etc. Mais à un moment, quand le discours est dissonant avec ce qu'on pense, par exemple, la dernière réorganisation, c'était on va remettre l'humain au cœur du système. et l'idée c'était que Tous les RH allaient être dans des centres de services partagés. Alors, on l'avait déjà pour la paie, etc. Mais moi, ce qui faisait le fait que je m'éclatais chez Shell, c'est que le RH avait toujours été au cœur du business. Je n'ai jamais été assise dans un service RH. Quand j'ai géré les stations-services, j'étais assise sur le plateau des stations-services. J'étais la seule RH. Quand j'ai géré les lubrifiants, j'ai toujours été assise avec les people que je gérais, pas avec au service RH. Pour moi, c'était ce qui faisait que j'étais un vrai business partner. Me dire qu'on allait délocaliser tous les responsables RH qui gèrent votre carrière, pour moi, ce n'était pas remettre l'humain au cœur du système. Effectivement, il y avait une dissonance. importante et même si mon équipe elle était géniale j'avais 12 nationalités et pour moi l'interculturel c'est une richesse folle, ça m'a énormément nourrie c'était un petit peu la goutte de trop on m'a proposé un autre poste avant que je parte mais les conditions n'étaient pas réunies donc je me suis dit il y a une fenêtre d'entrée, une réorganisation et ce que j'ai fait Parce que j'avais toujours ces idées de boîte, tout le temps. Oui,
- Speaker #3
parce que tu aurais pu te dire, je vais chercher un autre boulot ailleurs.
- Speaker #2
Oui, ce que la plupart de mes copines collègues ont fait. Mais moi, en fait,
- Speaker #1
toutes les semaines,
- Speaker #2
j'avais une idée d'entreprise. Et donc, quand ma boss m'a dit, à mon retour de mon deuxième congé maternité, Oui, alors là, il y a une réorganisation, 200 personnes, etc. C'est toi qui vas la gérer. En fait, j'ai regardé et puis je lui ai dit, écoute, je propose qu'on supprime mon poste, qu'on le divise en trois. Et donc, je me suis dit, il y a une fenêtre de tir où tu vas pouvoir partir avec un plan. Et pas démissionner, et en fait avoir un matelas de sécurité pour aller entreprendre ce que tu veux faire. Et puis j'ai beaucoup parlé à ma boss qui était singapourienne avec qui je suis toujours en lien. J'ai toujours mon groupe WhatsApp de mon ancienne équipe, on se parle encore. C'était vraiment une équipe avec des gens avec qui j'ai grandi. Et je lui avais parlé de mon projet et elle m'avait dit oui c'est une super idée, etc. C'est aussi en ayant les discussions avec elle, en validant, quand elle m'a dit « mais moi, je pense que tu peux y arriver » , etc., que je me suis dit « allez, c'est bon, go, et tu proposes cette solution » .
- Speaker #3
De SoftKids, pour ceux qui nous écoutent. C'est une question pour toutes les deux. Est-ce que vous diriez que finalement, ça a été une évidence de se lancer dans l'entrepreneuriat ? Ou c'est plutôt un cheminement, voire un acte de courage ?
- Speaker #0
Non, c'était une évidence. En fait, c'est vraiment quand je me suis passionnée pour... le monde des start-up qui avait besoin d'organisation et de pouvoir se structurer, je me suis dit mais c'est là qu'est ma place. Parce que retourner dans une case où on nous fait travailler énormément, on est dans des métiers où on ne compte pas ses heures, où on est dans un avion en permanence, pour reconnaissance qu'on part au premier plan social ou à la première transformation, réorganisation. C'est plus ce modèle-là que je veux. Donc, est-ce que j'ai envie de refaire mon CV ? En fait, non. Et quand j'ai vu tous ceux qui pouvaient se lancer dans l'entrepreneuriat, qui partaient sans réseau, qui partaient sans les études, je me suis dit, mais en fait, ma place est là, auprès d'eux. Et c'est là que je me suis lancée en tant que leveuse de fonds, d'affatant partagé, pour pouvoir accompagner des histoires qui allaient grandir.
- Speaker #3
Oui, donc vous avez toutes les deux aussi. Qui étaient aussi des organisations où il y avait des dysfonctionnements.
- Speaker #2
Oui, et puis je pense que c'est assez pareil. Moi, en side business, chez Shell, j'étais cataloguée d'intrapreneur. Et donc, j'avais créé le programme de start-up de Shell France. J'avais dit à Shell Venture Capital... qui est l'entité qui investit dans des startups pour Shell. Vous investissez toujours à San Francisco, à Singapour et à Londres. L'écosystème français est en train de boomer. Et à cette époque-là, j'étais très active sur Twitter, sur tout ce qui était digital, etc. Et donc, j'avais co-créé avec un collègue ce programme où j'avais fait rencontrer la BPI, j'avais fait visiter Station F. Et en fait, je voyais des startups tous les mois dans lesquelles on allait investir. Je me disais que c'était vachement bien ce qu'ils font. Je me projetais là-dedans. L'année où j'ai lancé SoftKids, je suis devenue business angel aussi. Tout simplement, j'ai vendu toutes mes actions que j'avais gagnées de performance les 13 dernières années et j'ai investi dans 10 startups. On est un peu aussi... nourris par tous les gens qu'on croise et on se dit, ah mais en fait, ils changent le monde. Nous aussi, on peut changer le monde.
- Speaker #0
Puis la dynamique et l'énergie qui s'en dégagent sont vraiment contaminantes. On a envie de faire partie d'une histoire qui se crée plutôt qu'une histoire qui puisse étrangler de temps en temps.
- Speaker #3
D'ailleurs, tu as créé une belle histoire avec ta start-up Soft Kids que tu as portée vraiment à bout de bras. Mais l'aventure, on le disait en introduction, a dû s'arrêter. On imagine évidemment que ça a dû être... difficile de prendre cette décision. Comment est-ce que ton âme d'entrepreneur a traversé cette épreuve ? Peut-être que tu y es encore dedans, je ne sais pas.
- Speaker #2
Donc en fait, je pense que ça faisait des années que quand on est entrepreneur dans les startups et en plus dans la tech, pour dire, pour moi, avec la Femtech, c'est un des secteurs les plus compliqués de la tech française. C'est 2% des investissements totaux. Sachant que les femmes, elles lèvent 2%. Déjà, rien que j'ai fait deux levées de fonds. J'ai toujours dit que c'était pire que mon accouchement de jumeau sans péridural. Levé des fonds en EdTech. Voilà, justement, au mois de septembre, je déjeunais avec une copine et je lui disais, je pense que là, ça va être la fin. Et elle me disait, c'est bon, ça fait quatre ans que tu nous dis que c'est la fin tous les six mois. Et en fait, c'est jamais la fin. Et en fait, même si je m'y préparais, on va dire depuis juillet, parce qu'il y avait des signaux. Donc, j'ai mon plus gros client qui ne me payait pas. Et donc. qui représentait 70% du chiffre d'affaires. Et donc je sentais quand même qu'il y avait un problème. Et donc je m'y préparais psychologiquement, on va dire, depuis l'été dernier. Néanmoins, en fait, la décision de geler ce contrat, qui était un contrat de 5 ans que j'avais gagné, elle m'est parvenue le 5 décembre, avec un recommandé le 19 décembre, juste avant les vacances de Noël. Donc en fait... C'était quand même assez subi, puisque j'ai appris que tout ce qu'on devait me payer en 2025, on ne me le paierait jamais. Et donc je me trouvais, ça représentait six mois de trésorerie, et donc je me trouvais au 1er janvier avec l'incapacité totale de pouvoir payer les salaires de mes collaborateurs. Même si j'avais zéro dette, tous mes fournisseurs étaient payés à jour, je n'avais pas de prêts. Mais par contre, j'avais un certain nombre de business angels puisque j'avais levé des fonds. qui avait mis dans mon entreprise. Après moi-même étant business en dual, je sais que ça fait partie des règles du jeu. Mais voilà, c'était à la fois quelque chose sur lequel je m'y attendais, mais à la fois, quand le coup préarrive et que c'est un peu subi, c'est un peu plus compliqué. Et c'est vrai que c'est la troisième fois de ma vie que je subis quelque chose. La première fois, c'est mon redoublement de quatrième. La deuxième fois, c'est à... 32 ans, j'ai eu une rupture du plateau tibial en descente de ski qui m'a bloquée. J'ai voulu reprendre trop vite et j'ai boité pendant un an et demi parce que j'ai voulu tout de suite aller au bureau, ne pas prendre de maladie, etc. Et là, j'ai fait des choses qui étaient difficiles. Par exemple, j'ai fait une five pour mes jumeaux, mais c'était quelque chose de choisi. J'avais décidé de le faire, même si c'était difficile. Et là, en fait, c'est subi. Donc, on réfléchit, on se dit, qu'est-ce que j'ai mal fait ? À la fois, comme je l'ai dit, si c'était à refaire, je le referais. Je ne changerai rien du tout. Oui, peut-être que je réagisserai la stratégie de vente, de client, le go-to-market. Mais en fait, j'ai tellement appris que pour moi, en fait, je ne le vois pas comme un échec. Et à la limite, ce qui me dérange le plus, c'est que les gens puissent le voir comme un échec. Parce que, par exemple... J'ai annoncé que je fermais ma boîte le jour où j'ai été au tribunal de commerce parce que j'ai décidé de liquider. J'aurais pu décider de faire un redressement, mais les scénarios m'ont fait choisir la liquidation. Et donc, je l'ai annoncé sur les réseaux sociaux où je suis très active et j'ai continué à aller dans des podcasts. à aller à des endroits, à des cérémonies. Et en fait, j'ai des gens qui m'ont dit « Ah bah, t'es là, toi ! »
- Speaker #3
Comme si tu devais être en deuil.
- Speaker #2
Comme si je devais arrêter de vivre parce que ma boîte s'était arrêtée.
- Speaker #0
Comme si t'étais morte en même temps que l'entreprise. Voilà,
- Speaker #2
c'est ça. Et comme je disais dans mon post-link-in, je disais « Ma boîte a fermé, mais ma mission de vie, elle est toujours là. » Mes compétences, elles sont toujours là. Mes connaissances, elles sont toujours là. Donc, ce n'est pas parce qu'une entité juridique ferme que c'est fini et je dois tout arrêter. Et ça, c'est cette culture très française.
- Speaker #0
Mais en fait, ça résonne beaucoup parce qu'on voit beaucoup d'entrepreneurs qui s'assimilent à leur entreprise. Et moi, je commence à travailler avec eux en leur disant, mais si vous considériez votre entreprise comme une entité vivante à part entière, ce n'est pas vous. J'ai eu plusieurs levées de fonds ou grandissements qui n'ont pas pu se faire parce que les entrepreneurs ne s'imaginaient pas prendre de la largeur ou de la hauteur avec leur entreprise. vraiment s'assimiler à elles, ou des transmissions des ventes qui ne se font pas, parce que c'est vraiment leur bébé. C'est comme si on leur enlevait une partie d'eux-mêmes. Donc je commence à travailler, à leur dire, mais l'entreprise est une personne distincte de vous, et c'est ce que tu as fait. Tu l'as aidée à grandir, tu l'as vue mourir, mais ce n'est pas toi qui es partie avec.
- Speaker #2
Non, et puis justement, il y a quelqu'un là qui a fait une newsletter sur moi la semaine dernière. Pour dire qu'en fait, mon personal branding allait au-delà de mon entreprise. Et donc, la fermeture de ma boîte n'a pas eu d'impact sur qui j'étais en fait, et ma valeur, et ce que je pouvais délivrer.
- Speaker #1
Oui, et ton âme entrepreneuriale, elle ne s'arrête pas avec ton entreprise. Et je voudrais revenir sur ce que tu as dit Morgane, parce que toi, ta vision de l'entreprise, c'est quand même celle d'un... d'un organisme vivant avec son propre inconscient, que tu décorèles complètement de l'ego des fondateurs. Tu pourrais revenir un petit peu sur cette idée d'entreprise, organisme vivant avec son propre inconscient. Qu'est-ce que ça veut dire ? Et pour toi, c'est quoi l'âme d'une entreprise ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup de choses en même temps. Mais effectivement, en étant... Les entrepreneurs... ont tendance à s'assimiler au départ. Mais en étant en Business Angel, j'ai vu beaucoup, beaucoup, beaucoup de dossiers arriver face à nous. Et j'ai remarqué que les activités venaient par vagues. Donc, par exemple, une entreprise qui s'appelait Covoiturage.fr au début des années 2010, qui s'appelle maintenant Blablacar, qui est très connue, on avait quatre dossiers qui avaient exactement la même activité, qui ne se connaissaient pas. Je me suis dit, mais c'est quand même très bizarre. Comment ça se fait qu'ils viennent nous présenter des dossiers similaires ? Et lequel va réussir entre eux ? Pourquoi ça va marcher ? Et là, j'étais en train de lire Big Magic, le livre...
- Speaker #3
Oui, on parle de l'auteur peut-être de Big Magic.
- Speaker #0
Oui, et Elisabeth et son nom, bien sûr, ne me revient pas là tout de suite.
- Speaker #3
En tout cas, c'est la personne qui a écrit...
- Speaker #0
Eat, Pray, Love. Voilà,
- Speaker #3
Mange, Prie, Aime.
- Speaker #0
Mange, Prie, Aime, ou Prends. Elisabeth Gilbert, merci Sandy. Dans Big Magic, elle raconte son quotidien d'écrivaine. Et elle dit, moi, quand j'ai une idée qui me vient, il faut que je l'écrive absolument tout de suite, sinon elle peut repartir. Et là, elle avait une idée qui lui trottait dans la tête et elle la remettait à plus tard parce qu'elle était occupée, parce qu'il y a autre chose à faire, comme on peut tous avoir tendance à faire. Et elle croise une autre écrivaine qui lui dit, écoute, c'est absolument génial. une histoire qui vient de m'arriver et elle lui décrit exactement ce qu'elle avait dans la tête. Elle s'est dit, mais en fait, si j'étais qu'un messager, cette même histoire avec les mêmes mots était sous la plume de quelqu'un d'autre. Et là, moi, ça a fait résonance au moment-là où je voyais ces startups qui arrivaient, mais vraiment par vague. Je parle de Blablacar parce que c'est une des plus connues maintenant, mais c'est arrivé avec d'autres types d'activités. Et en fait... Et c'est comme si l'idée était dans l'air. Et ceux qui peuvent l'attraper sont ceux qui vont réussir à faire l'exécution. En fait, à la concrétiser.
- Speaker #3
À l'incarner.
- Speaker #0
À l'incarner, mais totalement. Et souvent, ce qu'on dit, c'est que les idées, c'est génial. Mais c'est 1% de l'entrepreneuriat. Parce qu'après, il faut l'exécuter. Il faut la concrétiser. Il faut la réaliser. Aller chercher des produits, des clients, des marchés, des partenaires, des actionnaires. Et c'est là toute cette force de travail dans tout ce qu'on va chercher, ce qu'on va appeler les parties prenantes, qui va être très très fort. Et là je vais dire, dans les outils que j'utilise et que j'ai pu créer, il y en a un qui s'appelle l'arbre de vie économique, où je mets en lien la mission de l'entrepreneur, parce qu'il faut quand même que l'entrepreneur ait une mission, avec la mission de l'organisation, on va dire, si on la prend comme une entité vivante. qui certes vont être différentes, mais reliées. Il faut qu'elles puissent se coordonner l'une l'autre. Comme dans un mariage, deux partenaires vont avoir besoin d'être dans une même direction, d'avoir des points communs, d'être alignés les uns avec les autres. Dans le travail que je fais, je vois est-ce qu'ils sont alignés, l'organisation et l'entrepreneur ou l'équipe dirigeante. Et ensuite, je passe aussi aux équipes... aux parties prenantes, parce que je vais redonner une anecdote de Blablacar. Une des choses qui a fait qu'ils ont percé par rapport aux autres, c'était un alignement total entre l'actionnaire principal, fonds d'investissement, Jean-David Chamboredon, et Frédéric Mazella, le dirigeant de Blablacar. Et en fait, on entendait l'un, on pouvait entendre l'autre. Donc, il avait réussi à trouver les actionnaires qui correspondaient bien à l'état d'esprit de l'organisation et aux siens. Et donc, c'est vers cet alignement que je cherche à aller. Avant d'aller pouvoir mettre des chiffres, je sais mettre les chiffres autour et les faire avancer, mais les chiffres ne sont qu'une vision de ce qu'est l'entreprise, ce n'est pas le moteur.
- Speaker #1
Moi j'adore cette idée de l'idée qui se télécharge dans la tête d'une fondatrice, d'un fondateur, et que ces femmes et ces hommes sont des passeurs. Donc j'ose la question, Solène, est-ce que... Est-ce que toi, quand tu as eu l'idée de SoftSkills, tu as eu l'impression que c'était quelque chose qui t'appelait ? C'était une idée qui s'invitait chez toi, qui se reprend un petit peu ce concept ? Oui,
- Speaker #2
c'était quelque chose que j'avais toujours en tête. Puisque moi, en 2005, j'ai été recrutée chez Shell uniquement sur mes SoftSkills et pas sur mes diplômes. Je n'ai eu aucune question sur les diplômes. Et puis à la fin, une fois que les soft skills étaient... était à cesser, on nous disait, on a des jobs au marketing, à la finance, à la logistique, par quoi voulez-vous démarrer votre carrière ? Et déjà, moi, je me disais, mais c'est quoi ce truc de dingue ? Et dès que je suis arrivée, j'avais 12 soft skills qui allaient de l'esprit critique en passant par le fameux gross mindset, la confiance en soi, qui étaient à cesser toutes les ans.
- Speaker #1
Je vais t'interrompre parce que comme c'est la deuxième fois que tu le mentionnes, le Growth Mindset de Carol Dweck. J'aimerais bien que tu... Tu expliques en quelques mots, parce que c'est un concept super intéressant.
- Speaker #2
Donc le Gross Mindset a été théorisé par Carol Dweck il y a une trentaine d'années. Elle est psychologue à Stanford et elle s'est posé la question quelle est la différence entre un enfant qui dit chouette un exercice de maths, je vais m'amuser et un enfant qui dit un exercice de maths, je ne vais jamais y arriver. Évidemment ça me parle. Et en fait, c'est celui qui dit je vais y arriver, il a un gross mindset. Celui qui dit je ne vais pas y arriver, il a un fixe mindset. Le gross mindset, c'est se dire c'est le chemin qui est important. C'est en faisant des erreurs qu'on apprend. Je vais y arriver. Et en France, on a un fixe mindset. C'est dans les enquêtes PISA au CDE. On est 57 sur 62 pays sur le niveau de gross mindset. D'ailleurs... le Conseil scientifique de l'éducation nationale, recommande de développer le Growth Mindset des élèves. Et donc, chez SoftKids, on avait un programme Growth Mindset, puisque ça aide à avoir de meilleurs résultats scolaires.
- Speaker #1
Merci pour cette précision.
- Speaker #2
Et ça aide aussi à mieux réussir dans la vie. Et donc, à chaque fois, je me disais, mais pourquoi je n'ai pas appris ça à l'école ? Parce que... On avait nos compétences humaines qui étaient ACC avec des niveaux de compétences. On avait un 360 degrés feedback tous les ans qui était très intéressant parce qu'on pouvait aussi bien mettre nos collègues que des amis ou nos parents. Et je me disais, mais pourquoi est-ce qu'on n'apprend pas ça à l'école ? Et donc, quand je suis à Bangalore et que je travaille sur l'impact de l'IA à 2025-2030, c'était en 2018 et là, on est en plein dedans. Et que, voilà, je vois que 85% des métiers de 2030 n'existent pas encore, que 65% des écoliers feront des métiers qui n'existent pas encore, et que toutes les ONG et le directeur de l'éducation de l'OCDE disent « Si on ne sait pas quels sont les métiers, on sait très bien que nos enfants auront besoin de compétences humaines, d'esprit critique, de savoir collaborer, d'avoir confiance en eux, d'être créatif, voilà. » Et donc, je me dis « Ben, banco ! » Enfin, moi, là, ça fait... 13 ans que j'apprends à développer mes profs, ceux de mes collaborateurs. Et maintenant, on va aller apprendre aux enfants à faire ça. Et donc, tout de suite, je me suis dit, je vais révolutionner l'éducation.
- Speaker #3
Oui, on a l'impression, vu ton parcours depuis toute petite, je rappelle, déléguée de classe dès le CP, que je ne sais pas si l'idée flottait dans l'air et que tu l'as téléchargée, que tu l'as incarnée et passée, mais je pense qu'il y avait quelque chose, en tout cas en toi, profondément, qui fait que tu sais, si on parle des connecting the dots t'es pas arrivé là par hasard et que finalement c'est l'aboutissement peut-être de quelque chose qui était profondément profondément là.
- Speaker #2
Parce que derrière En fait, quand j'étais en entreprise, que j'étais classée au potentiel, etc., ça validait le fait que je n'étais pas nulle. Et je n'étais pas nulle parce que j'avais un esprit critique, j'avais confiance en moi, j'avais du gross mindset, j'avais des compétences humaines. Et donc derrière moi, ce que je disais chez SoftKids, ce que je dis encore, et ce que je dis dans mon livre, c'est que je dis aux parents, il n'y a aucun enfant qui est nul. On n'a juste pas mis en avance ses compétences humaines. Je dis tout le temps aux parents, arrêtez quand on vous demande comment va votre enfant. Déjà, vous allez tout le temps sur la scolarité. Ce n'est pas « il va bien » , c'est « l'école, ça ne se passe pas trop mal » , « il est bon en maths » , « le français, ce n'est pas trop son truc » . Vous catégorisez vos enfants en fonction de matière. Ils vous entendent, ils sont à côté. Ils se disent que leurs valeurs, c'est les notes qu'ils ont dans les matières. Alors que si vous changez le langage et que vous dites… il sait bien résoudre des problèmes, il a un bon esprit critique, il est très créatif pour raconter des histoires, vous allez parler de les dissertes parce qu'il a des bonnes notes. Là, votre enfant, il va dire que ce qui est important pour lui et pour vous, c'est ses compétences et ce n'est pas ses notes qu'il a dans les matières. Et là, vous sortez l'enfant de la case.
- Speaker #3
Ce que je voudrais dire, c'est que ce que j'entends, c'est que finalement, Soft Kids pour toi, C'est comme si le point de rupture du fameux redoublement quatrième, finalement, tu en as fait ta force et ta mission de vie, surtout. C'est-à-dire que finalement, ta start-up, tu incarnes à travers ça, cette mission de donner aux enfants la force, la confiance, de développer toutes leurs qualités qu'ils vont faire, qu'ils vont pouvoir affronter ce monde-là. C'est pour ça que je fais un peu le pont entre les deux, mais pour moi, il m'apparaît un petit peu comme évident.
- Speaker #1
On pose la question à Morgane sur les constellations systémiques. Oui,
- Speaker #3
alors on est quand même bien avancé, mais peut-être rapidement Morgane, parce que c'est vrai que tu utilises cet outil de constellation systémique, tu pourras nous dire un petit peu ce que c'est en entreprise, pour faire émerger un petit peu la partie justement invisible, la partie immergée de l'iceberg au sein de l'entreprise. Est-ce que tu peux rapidement nous dire ce que c'est, et peut-être ce que tu révèles à travers tout ça ?
- Speaker #0
Ok, je vais d'abord cadrer ce qu'on dit, la partie invisible, Ça peut être... les relations, les influences qu'on ne soupçonne pas, qui viennent du marché, qui viennent de l'interne ou de l'externe, sans aller dans des mots comme ce qu'on a pu dire avant du chamanisme. On peut avoir des choses qui sont un petit peu plus terre-à-terre, qui sont à la partie cachée de l'iceberg. Et effectivement, dans mon travail, j'ai beaucoup avancé sur les constellations et donc je me suis formée aux constellations systémiques. En Hollande, on dirait que je reviens souvent là-bas pour me former. Et les constellations systémiques, c'est une représentation dans l'espace des différentes, si on parle d'une entreprise, des différentes fonctions ou des différents éléments d'une entreprise et pour pouvoir comprendre ce qui se joue. Donc on utilise, comme pour les constellations familiales, pour ceux qui connaissent les constellations familiales, des personnes physiques qui ne connaissent pas forcément ce qui se passe dans l'entreprise. Mais si, par exemple, on est en train de signer un deal, tu parlais d'un gros contrat tout à l'heure, mais en ce moment, on a des gros contrats qui mettent une éternité à signer. Donc, si ça fait six mois qu'on est en train de travailler sur ce client, mais il manque toujours un accord, une question budgétaire, un alinéa qu'on n'avait pas bien compris. Donc, en fait, ce qu'on va faire, c'est se positionner, essayer de comprendre quel est le blocage qu'on nous a... qu'on ne nous apprend pas, ce qui est invisible ou en tout cas non dit. Donc moi, je vais positionner dans la pièce un représentant, une personne physique, qui va représenter, je commence toujours par l'entreprise elle-même. Ensuite, je vais représenter, pourquoi pas, le client. Et ensuite, je vais représenter l'objet du contrat. Et le quatrième va être, par exemple, le blocage. Donc je mets des personnes physiques dans l'espace. le consultant qui, là, peut être le commercial ou le dirigeant, va positionner dans l'espace, soit des personnes physiques, soit si on est tout seul avec des petits pions, là où il les voit. Et je demande à chaque personne physique de se concentrer, de se mettre un petit peu comme dans un état méditatif, mais en tout cas un état concentré, et de nous exprimer ce qu'il ou elle ressent dans ce qui se passe auprès des autres. Rien qu'avec les ressentis, on va pouvoir déjà commencer à sentir des subtilités qui émergent. Et ensuite, je leur demande de pouvoir bouger, de dire, il y en a qui peuvent avoir froid, le blocage va par exemple se mettre très très fort, il va pouvoir lever les bras ou au contraire se rapprocher, se dire mais finalement, moi on a l'impression que je suis le blocage mais ça vient d'ailleurs. Donc avec tous ces ressentis assez fins, on va d'abord les poser et commencer à tisser l'histoire. telle qu'elle se joue et essayer de comprendre si, en tant qu'entreprise, est-ce qu'on a un impact là-dessus ou pas. Donc ça nous donne énormément d'informations et ça nous aide à avoir le parti non rationnel des choses. Parce que ce qui se dit, c'est que la prise de décision, c'est 95% d'émotionnel et 5% de rationnel. Et on fait dire aux chiffres ce qu'on a envie de leur dire par la suite. pour expliquer la prise de décision.
- Speaker #3
Oui, ça doit pas mal bousculer en interne et effectivement faire appel, comme tu dis, à des éléments non rationnels. Je voudrais rapidement aussi l'évoquer avec toi, ces éléments un peu plus intuitifs, plus invisibles, Solène, puisque tu racontais en préparant cette émission que tu étais certes très cartésienne, mais que tu t'ouvrais à la kinésiologie, l'astrologie, le body... Comment tu appelles ça ? Le body talk. Est-ce que comment cette porte un peu plus sur l'invisible s'est ouverte ? Et qu'est-ce que ça t'apporte aujourd'hui à la fois dans ta vie personnelle et puis dans ta vie professionnelle ? Parce qu'on l'a dit, ton âme d'entrepreneur évidemment se poursuit.
- Speaker #0
Alors, kinésiologie, bodytalk, etc., c'est des choses que j'ai abordées. Bodytalk, c'est mes collègues asiatiques qui m'en avaient parlé au moment où j'essayais d'avoir mon deuxième enfant et que je n'y arrivais pas pour la fille. Et c'était assez bluffant. On avait trouvé quelqu'un qui avait été formé à Singapour et qui était à Paris. Et je fais ma première séance. Je m'allonge, la personne prend mon pouls et à la fin de la séance, elle me dit « Voilà ce que votre corps m'a dit » . Et puis en fait, elle me raconte des trucs et je lui dis « Mais c'est pas possible, vous avez passé le week-end avec moi ou quoi ? » Enfin voilà, c'était assez bluffant. À côté de ça, moi, j'ai un grand-père qui était rebouteux, une grand-mère qui était briseuse de feu. Donc voilà, c'est des choses que j'ai toujours entendues. Et donc, je suis curieuse, je me ferme pas à tout.
- Speaker #1
T'étais ouverte ?
- Speaker #0
J'étais ouverte. Néanmoins, là, ces derniers mois, Je n'avais jamais été sur des terrains différents pour tout ce qui était entrepreneuriat. Et cette fameuse amie qui je disais au mois de septembre lors d'un déjeuner, je pense que ça va être bientôt la fin, me dit mais de toute façon Solène, ça fait 7 ans, c'est 2025, c'est la fin d'un cycle, l'alignement des planètes, etc. et puis je commence à regarder et puis en fait je vois euh... pas mal de choses qui résonnent. Et pourtant, je n'ai pas regardé mon horoscope, je pense, depuis 20 ans. Et ça commence à arriver, en plus avec les réseaux sociaux, Instagram, pour regarder un truc, etc. Et puis je vois qu'en fait, j'ai fermé SoftKids le 13 février. Et le 13 février, les Capricornes avaient une fenêtre cosmique qui se fermait pour qu'une nouvelle s'ouvre.
- Speaker #1
Tu es Capricorne ? Oui.
- Speaker #0
Et donc, il y a un certain nombre de choses comme ça où en fait on se dit, oui, alors c'est l'astrologie, c'est fait pour que tout le monde ait l'impression que ça lui parle. Mais plusieurs choses me font dire que quand même, il faudrait peut-être que je regarde un petit peu plus de ce côté-là. Et puis après, d'un autre côté, j'ai envie de dire, ça m'a un peu rassurée parce que... Ce que je disais à mes parents quand ils disaient « quand même, tu fermes ta boîte, ça doit être dur et tout » , je leur disais « ah mais de toute façon, c'est les planètes, papa, maman, vous inquiétez pas, ça fait une justification » . Mais du coup, là, je m'ouvre un petit peu plus à ça. Alors, je ne dis pas que je suis devenue totalement fan, mais je regarde un petit peu, je m'y intéresse et je me dis qu'il est peut-être temps aussi de regarder tous ces phénomènes de cycle. Moi qui adore la mer, l'eau, la lune, je suis bretonne, tout ça. Les marées, tout ça, je me dis qu'il faut peut-être aussi que je me rapproche de tout ça dans mon quotidien entrepreneurial et pas juste pour ma santé.
- Speaker #2
Il y a peut-être des signes qui vont venir de là. Alors, on se rapproche de la fin de cet épisode déjà. Ça passe tellement vite. Tu voulais dire quelque chose, Morgane ? Tu veux réagir par rapport à ce que vient de dire Solène ? On sait que toi, tu fais de la méditation tous les jours aussi.
- Speaker #3
Je fais de la méditation aussi et j'ai des messages qui me viennent, mais je pense que l'intuition est un outil extraordinaire. Et on est entré dans un monde en turbulence économique très, très forte. Et donc, les entrepreneurs qui utilisent déjà leur intuition, c'est vraiment un outil extraordinaire quand les outils classiques ne peuvent pas fonctionner. Moi, tout ce que j'ai appris en école de commerce, c'est dans un environnement stable. Et maintenant, rajouter l'intuition à ces... à tous ces outils, c'est ce qui peut leur permettre de rebondir dans un monde en turbulence. Et c'est aussi beaucoup de ça que je parle dans mon chapitre du livre Global Voices Shaping the Future et qui s'intitule Leading with a Purpose and Resilience in Turbulent Times. Je parle beaucoup de purpose, de la raison d'être et de la robustesse qui sont des piliers qui permettent de pouvoir traverser des crises de turbulence.
- Speaker #1
Alors peut-être, je regarde le timing, On va dépasser un tout petit peu, mais parce que c'est vrai que ça nous intéressait de savoir sur tout ce parcours-là que vous avez eu, à la fois personnel et professionnel, qu'est-ce que vous pourriez dire que vous avez appris de votre âme, l'une et l'autre ? Ou est-ce que votre âme vous a appris quelque chose sur vous, à travers tout ce parcours ?
- Speaker #3
Oui, je vais dire que je me suis rencontrée. C'est pas rien ! Que je me suis rencontrée et qu'en fait je réalise qu'elle a... qu'elle a toquée à la porte depuis longtemps. Et là où j'aurais pu... Tous ces moments de transformation dont j'ai parlé, c'était des moments de colère extraordinaire. Et c'est cette colère qui m'a donné l'énergie. Et cette dernière colère que j'avais très forte vis-à-vis de mon... de mon ex-mari. Finalement, le fait d'avoir compris, j'ai compris qu'elle était venue là pour me révéler des choses à la fois sur moi-même et ce que je pouvais faire. Et c'est une autre colère, celle du Covid, où on n'avait plus beaucoup de sens, parce que je ne comprenais pas ce que je pouvais faire avec ces intuitions, avec des outils de connexion à l'invisible. Je ne me voyais pas devenir guérisseuse alors que je fais partie du monde de l'entreprise. Et le Covid et tout ce non-sens. Au travail, il m'a fait me dire, mais en fait, l'entreprise est une entité vivante. Et cette personne-là, tu la connais vraiment très bien de l'intérieur, en tant qu'entrepreneur, en tant que dirigeante, en tant que salarié, en tant qu'investisseuse. Et c'est vers celle-là que tu vas avoir des liens à tisser et montrer toutes ces connexions qu'on ne soupçonne pas forcément, mais qui sont vraiment omniprésentes.
- Speaker #1
Merci Morgane. Et toi, Solène ? Et toi,
- Speaker #2
Solène ? Peut-être un message aux personnes ? Non, moi je dis,
- Speaker #0
toi t'as dit rencontrer, moi je dis s'écouter. Parce que je pense qu'on grandit avec des injonctions tout le temps, au quotidien. Il faut être comme ci, il faut être comme ça, il faut faire ci, il faut faire ça. Moi je dis, il faut s'écouter, je dis toujours la comparaison est un poison. En fait, vous êtes une personne, on est chacun unique. On ne peut pas se comparer aux autres. On ne connaît pas les histoires. On ne connaît pas la partie de l'iceberg. La partie immergée. Et donc, vous êtes les mieux placés pour vous connaître. Donc, écoutez-vous. Et si vous avez un appel, je pense que si je n'avais pas essayé d'être entrepreneur, ma vie aurait une autre saveur. Donc, écoutez-vous.
- Speaker #2
Merci. Merci énormément.
- Speaker #3
Le petit mot que je dis aussi, c'est cultivez votre singularité parce que votre feuille de route est unique. Soyez entrepreneur de votre vie, que ce soit d'une entreprise ou de votre vie professionnelle.
- Speaker #2
Merci beaucoup à toutes les deux d'avoir été avec nous aujourd'hui pour parler de l'âme entrepreneuriale et d'avoir partagé ces moments de lumière et ces moments d'ombre de votre parcours aussi bien personnel que professionnel. Je remercie aussi toutes les personnes qui nous écoutent. Vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à suivre ce rendez-vous mensuel. Si cet épisode sur l'âme et l'entrepreneuriat vous a touché, partagez-le, mettez 5 étoiles, abonnez-vous. Réagissez aussi sur les posts Instagram et LinkedIn qui accompagnent la publication de chaque épisode. Et nous vous retrouverons le mois prochain, le dernier épisode avant la rentrée, et nous parlerons de l'âme et du corps.
- Speaker #1
Merci. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci Solène.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé avec nous ce moment à la croisée des âmes. Nous espérons que cette conversation à quatre voix aura fait vibrer votre âme et fait jaillir des étincelles de conscience.
- Speaker #2
Nous vous retrouvons le mois prochain pour un nouvel épisode et d'ici là, restez à l'écoute de votre âme.