- Speaker #0
Moi je suis beaucoup avec ma femme et mes enfants. Parce que je me rends compte que c'est le plus important. Tu dois avoir une super boîte, tu as tout. En fait, quand tu as la maladie, tu te rends compte que c'est ça le plus important. C'est ça le noyau. Donc je passe beaucoup de temps avec les enfants. Malheureusement, je ne peux pas forcément les porter. Tu vois, faire beaucoup de choses. Mais tu es là. Tu vois. Donc déjà, tu es là parce que... C'est con, mais... J'étais à Maurice, je les amène là-bas, et je me rends compte que je leur offre un super cadre. La mer, la maison, la piscine, il y a tout, quoi. Et en fait, je suis là sans être là. Tu vois ? Et c'est Jean de la Roche-Brochard qui disait à un moment un truc comme ça, je sais plus dans quel interview, qui disait des fois que t'es là, mais t'es pas là, en fait. Et en fait, moi, je me suis rendu compte que j'ai toujours été à côté de mes enfants, de ma femme, mais toujours dans mes business. La tête tournée dans le business. Moi, je prenais, tu vois, quand je regarde mes salariés, ils ont tous cinq semaines de vacances avec des RTT, etc. Mon associé prenait des vacances, voilà, aussi. Moi, j'étais le seul de la boîte à prendre que deux semaines par an. Tu regardes. La boîte, elle tourne, je prends que deux semaines par an. Trois semaines, grand mal, je regardais. Deux, trois semaines. Je ne m'autorisais pas. Il fallait toujours bosser. Il fallait toujours penser au travail. Parce que c'était jamais assez, tu vois. Je ne mérite pas encore. Ce n'est pas encore la métrique, elle n'est pas assez élevée. Tu vois, alors que c'était bien. Mais tu vois, quand tu commences, tu te dis, le jour où j'arrive à 10 000 par mois de MRR, c'est bien. Mais après que tu arrives à 10 000, tu te dis, non, c'est nul. En fait, il faut 50. Après, il faut 100. Et en fait, ça ne s'arrête jamais. Et du coup, j'étais là avec mes enfants. Je me souviens, moi, je travaillais dehors sur la terrasse. Il y a la piscine. Ils se baignaient. Moi, je bossais. Papa, viens avec nous. Non, il faut que je travaille avec ton enfant. J'arrive, j'arrive. En fait, tu n'es jamais là. Il te parle, il te montre un dessin. Tu le regardes sans vraiment le regarder. Tu vois, des fois, tu es là, tu regardes, mais tu ne regardes pas le dessin, en fait. Donc maintenant, c'est différent. Il me montre un dessin, je le regarde. Tu vois, je prends le temps, je prends le temps, quoi. Et c'est con, mais... C'est vraiment... C'est vraiment important d'être là. Et des fois, je le suis pas encore. Des fois, je me rends compte, putain, mais t'es pas là, quoi, t'as pas compris encore. Tu vois ? Mais quand même, à 90% du temps, je suis là. Tu vois, l'autre soir, là, ben... Des fois, ils aiment bien faire un parent et un enfant, tu vois, pour dormir le soir. Donc je dors avec ma fille. Parce que c'est maintenant qu'il faut dormir avec eux s'ils ont envie de dormir avec papa et maman. C'est pas plus tard. En fait, à 16 ans, c'est fini, quoi. Mais même avant. Et là, l'autre soir, avant-hier, je dormais avec ma fille. On se fait un câlin dans le lit. Et elle me dit... Je lui dis, tu sais... Je dis, franchement, papa, il est désolé. Je suis vraiment désolé parce que je ne peux pas trop jouer avec vous. Je suis là, mais je ne peux pas. J'aimerais bien te porter dans la piscine, te jeter. Je suis un peu faible en ce moment. Et j'ai ma grosse cicatrice qui me fait mal, etc. Elle m'a fait « Oui papa, t'as pas eu de chance, mais dans un an, ça sera réglé. » Tu vois, elle comprend. Elle comprend, on s'est fait un gros calence, on a dormi ensemble. Elle m'a dit « Non mais t'inquiète pas, ça va revenir comme avant. » Et ça, c'est... Ouais, c'est... Voilà, tu vois, tu prends du temps, quoi. Et arrêter de courir à toujours... Tu vois, on parlait tout à l'heure d'Anthony Bourbon ou d'autres, mais à courir après le milliard, quoi. Tu vois, ces trucs-là. Des 100 millions, des 1 milliard. Et à quoi bon en fait si t'as pas des gens qui t'aiment autour de toi et que t'aiment ? Tu vois, moi des fois j'entends, on entend, oui il faut pas être entrepreneur, il faut être focus, il faut pas avoir d'amis, si tes amis ils sont pas comme toi, il faut les mettre de côté, tracer ta route. Ça c'est des bêtises. Bon moi je pense qu'il faut être équilibré. Il faut être équilibré, c'est bien d'être ambitieux, d'avoir des business, c'est bien. Mais c'est bien aussi d'avoir, si c'est ton délire. femmes, des enfants et de prendre du temps aussi.
- Speaker #1
Merci pour ce rappel parce que très émouvant en plus. Mais ça fait penser à la flamme. Le pêcheur, tu sais, le fameux truc de ce gars au Mexique avec sa famille, ses enfants sur la plage avec son cabanon qui pêche tous les jours. C'était pas mal ? Non, ça va, ça.
- Speaker #0
J'ai une grosse cicatrice.
- Speaker #1
Tu nous la montreras tout à l'heure. C'est pas du voyeurisme. Non, non, moi je montre tout sur Instagram. Le but, c'est justement de décomplexer et de ne pas rendre ce sujet tabou parce que c'est complètement stupide pour les gens qui souffrent. les accompagnants et voilà on a décidé de le faire en full transparence mais ouais c'est cette fable qu'on se répète tous qu'on connait tous en fait intellectuellement du gars qui est heureux comme ça et qui rencontre un américain qui lui dit mais si tu achètes un bateau si tu achètes après tu investis avec je sais pas quoi tu vas faire une compagnie et puis après tu seras millionnaire et à la fin quoi du coup et à la fin tu pourras revenir sur ta plage pêchée tu vois mais je suis déjà sur ma plage je suis déjà sur ma plage en fait et je crois que hum Ce que tu témoignes, il faut le vivre dans sa chair parfois pour s'en rappeler. Et je te remercie pour le message parce que moi qui ai des enfants, tu vois, je me reconnais parfois dans ce que tu dis et ça me rappelle à quel point il y en fait. Il faut que j'arrête, il faut juste revenir.
- Speaker #0
Il faut faire des pauses.
- Speaker #1
J'ai fait des progrès parce qu'effectivement, quand tu bosses sur toi, quand tu travailles sur toi, quand tu fais un chemin de... Tu vois, comme tu disais tout à l'heure, moi, par exemple, je considère que ce que j'ai vécu dans mon enfance, j'ai le courage de l'affronter. J'ai le courage d'essayer de le regarder, de le faire bouger. Du coup, je... je me sens aujourd'hui plus à même d'être heureux. Parfois, les gens, ils ont eu un truc moins terrible au début, mais par contre, ils ne se rendent pas compte de ce qui se rend dans la roue du hamster et après, ça continue. Donc en fait, ce que toi, tu témoignes, c'est que tu as vécu une enfance difficile. En plus, tu as eu cette épreuve de vie de cancer et du coup, putain, tu l'as prise à bras le corps et ça te permet d'être heureux aujourd'hui, peut-être plus heureux que tout un tas de gens qui sont en bonne santé. Ça, c'est ouf, je trouve.
- Speaker #0
Oui, parce que moi, je pense que... Le cancer, c'est un signal d'alarme. Tu vois, c'est vraiment... En gros, il m'a envoyé peut-être des messages, peut-être que l'univers et tout, m'envoie des messages depuis des années, arrête de faire le con, là ça va pas, t'es pas toi-même, vraiment, tu fais ça pour des mauvaises raisons, etc. Et là, à un moment, le corps, il suit plus, quoi. Et là, il m'a dit, cancer stade 4, calme-toi, stop tout, remets-toi en cause, remets-toi en question, tu vois, il faut que tu changes les choses. Mais à un moment, tu fais pas des enfants pour... Faire semblant d'être là mais de ne pas être là. Et moi je pensais que j'étais là. Oui j'étais là mais comme plein de papas. On est tous là mais on n'est pas là. Ou des mamans aussi, on n'est pas forcément des papas. Des fois on est là, on n'est pas là.
- Speaker #1
C'est quoi les faux problèmes, enfin tu en as parlé de quelques-uns, mais peut-être le faux problème le plus frappant que tu as réalisé après avoir cette épreuve ? Le truc que tu vois où on se dit on est tout le temps préoccupé par le boulot, par la réussite comme tu disais tout à l'heure. Un truc qui en fait avec le recul, tu dis mais franchement, D'ailleurs, tu lisais le... Le seul truc qui compte, c'est la santé. C'est quoi les faux problèmes qu'on a tous ?
- Speaker #0
En fait, il n'y a pas de problème. Pour moi, il n'y a aucun problème dans la vie, sauf la santé. Mais vraiment, vraiment. Parce que tu vois, j'ai fait un podcast il y a quelques années, en 2022, je crois. Et je disais justement, parce que quelqu'un me demandait, mais comment tu fais pour ne pas avoir peur de monter des boîtes, des choses comme ça ? Comment tu fais pour avoir le courage ? Je me suis toujours dit dans la vie, c'est quoi le pire du pire du pire qui peut t'arriver ? Et moi, c'est ce que je me suis toujours dit dans la tête. C'est quoi le pire du pire du pire ? Je me dis que le pire du pire du pire du pire qui peut arriver, c'est d'être vraiment à la rue, de faire faillite, de te retrouver à la rue, et même, je ne serais même pas à la rue, parce que je retournerais vivre chez mes parents. Parce que j'ai une famille qui m'aime, j'ai une belle famille qui m'aime, qui nous aime, donc ils ne nous laisseront pas à la rue. Et c'était ça le pire du pire, donc je me dis, ça va. Le pire du pire, c'est retourner vivre chez ses parents, avec ses enfants, temporairement, et tu vas travailler chez McDo ou autre. Pendant six mois, tu te refais et tu reposes un CV quelque part, au pire, tu remontes une boîte. C'était ça le pire du pire. Et en fait, le pire du pire, il est arrivé. On est allé vivre chez les parents pendant un an. En fait, ça va encore.