- Speaker #0
Comment ça se passe ? Comment tu finis en garde à vue déjà ?
- Speaker #1
Alors dans l'heure chronologique, 2015, c'est là où on a eu beaucoup de chauffeurs arrêtés en garde à vue.
- Speaker #0
Ah oui, 2015, c'est la guerre avec Uber Pop. Là,
- Speaker #1
c'est la guerre. Donc en gros, ce qui se passe en 2015, c'est que Uber a lancé Uber Pop en 2014. C'était la version où n'importe qui pouvait être un chauffeur sur Uber. Donc tu n'avais pas besoin d'avoir une licence, etc. Donc forcément, ça a créé énormément de tensions vis-à-vis des taxis. Nous, à la limite, on était relativement discret. On n'était là que le soir. Nos chauffeurs ne pouvaient conduire qu'une soirée par semaine. C'était quand même plus limité. Et puis surtout, on était plus petit, on était moins visible. Là, dès que tu as un massodonte comme Uber qui dit à tout le monde, venez sur Uber, vous allez gagner de l'argent. Enfin, ça part direct en vrille. Donc, il y a tout de suite eu une loi. La loi Thévenoud en 2014 votée qui disait qu'on interdisait les applications. Enfin, on interdisait, pardon, le transport à titre onéreux. Donc, pour pouvoir dire, tu n'as pas le droit de gagner de l'argent grâce à ta voiture. Donc, tu ne peux pas conduire sur Uber Pop. Mais Uber, rien à foutre, il continue, etc. Et donc, à un moment, les taxis commencent à vraiment gueuler. Et en 2015, ils organisent des grosses manifestations. Donc, ça a été parmi les plus violentes. Les gens ne s'en souviennent peut-être pas, mais il y a vraiment eu le périple bloqué, des voitures qui brûlaient. Enfin, c'était un beau bordel. Et c'était contre Uber Pop et les VTC d'une manière générale. Et donc là, l'État décide d'interdire les applications de type Uber Pop avec un arrêté d'interdiction qui est publié par la préfecture de police et qui dit donc les applications de type Uber Pop sont interdites pour troubles à l'ordre public. En gros, vu que les taxis créent du désordre dans la rue, on te dit que c'est à cause de toi qu'il y a ce désordre-là, et donc tu es interdit pour ça. Et donc tu es interdit pendant une durée de six mois. C'est juste ça, c'est pour trouver la l'ordre du public sur la région parisienne. Donc nous, on fait OK. Qu'est-ce qu'on fait ? Et quand même, à ce moment-là, sachant que sur le tweet de la préfecture de police, il y avait écrit Uberpop, Itch et Jump, qui étaient un concurrent belge à ce moment-là, sont interdits, mais dans le communiqué de presse, qui est arrivé un peu après, il y avait écrit les applications de deux types Uberpop. Donc on n'est pas nommé non plus dans le communiqué de presse, donc on se dit bon on sait pas trop, et on pense qu'ils veulent clairement interdire Uberpop, mais on se dit que peut-être il y a un chemin où une fois qu'Uberpop arrête, on peut peut-être un peu discuter, parce qu'on fait pas exactement la même chose quand même.
- Speaker #0
Et puis vous êtes français quoi.
- Speaker #1
Ouais, ça ça joue pas je pense devant la justice, mais voilà, on essaie d'avoir un impact positif, etc. Donc on se dit, ok, premier objectif, faut tenir face à Uberpop, faut attendre de voir. Après l'arrêté d'interdiction, on continue, Jump continue, Uber Pop continue. Et là, premier soir, trois chauffeurs en garde à vue. Et donc, on ne le sait que le lendemain. Donc moi, le lendemain...
- Speaker #0
Vos chauffeurs ?
- Speaker #1
De nos chauffeurs, oui. Moi, on ne le sait que le lendemain. Le lendemain, à 18h, j'ai mon téléphone qui commence à sonner et des mecs qui m'appellent. T'as dit, j'ai fait une garde à vue à cause de toi, etc. Donc, pas un moment facile non plus. Parce que t'es là, en plus, t'es pas trop ce qui va se passer. Et donc là, on se dit, OK, d'accord, on voit comment ils vont opérer. Donc grosso modo, ils arrêtaient des chauffeurs. le vendredi, enfin même tous les soirs d'ailleurs, ils les mettaient en garde à vue et le lendemain, ils les libéraient. Donc, tu les arrêtais vers minuit, deux heures du matin, un truc comme ça. Et le lendemain, ils les libéraient à 18h. Et après, on ne savait pas ce qui allait se passer. Pour l'instant, aucune idée. On avait prévenu la communauté. On leur avait dit qu'il y avait eu l'arrêté d'interdiction. On leur avait dit qu'il y avait des risques. On ne connaissait pas encore les risques, etc. On leur avait dit que nous, on pensait que ce qu'on faisait était légal pour telle et telle raison. Néanmoins, on a perdu la moitié des chauffeurs du jour au lendemain. Mais ça nous a permis quand même d'être à peu près droit dans nos bottes vis-à-vis des chauffeurs. Et donc après, on leur a expliqué qu'il y avait des risques de garde à vue, d'arrestation. Et quand ils étaient arrêtés, il y avait une garde à vue. On ne savait pas ce qui se passait derrière. Quelques jours passent. Tous les soirs, trois chauffeurs en garde à vue, etc. Donc moi, tous les jours, tous les matins, je dois gérer des chauffeurs qui ne sont quand même pas contents. Est-ce que je peux comprendre ? Alors une fois que tu as pris… Toi qui l'as géré quand même.
- Speaker #0
Ce n'est pas anodin parce que ça veut dire que c'est trois ans après, mais c'est toi qui gères. Non, mais bien sûr, mais évidemment.
- Speaker #1
Puis on n'était pas nombreux à ce moment-là. J'ai géré le service client de Hitch. tout seul la première année et la moitié du temps jusqu'à les deux premières années. Avec Mathieu et mon associé, on faisait une semaine sur deux. Et je ne voulais pas le donner à des employés avant un moment pour d'autres raisons. Mais bon. Et donc du coup, pendant une semaine, on a ça. Donc on a une vingtaine je pense de chauffeurs qui ont fait une garde à vue. Et à ce moment-là, Uber Pop et Jump décident d'arrêter. Donc là, on se dit super, peut-être que ça va se calmer. Voilà, UberPap a arrêté que ça. Le lendemain, toujours trois chauffeurs en garde à vue. Donc ça continue, ça continue. Et donc, c'est là où on crée un peu une cellule de crise. Donc, on se fait accompagner par l'un de nos investisseurs qui nous conseille quelqu'un pour les affaires publiques, donc grosso modo pour du lobbying, qui nous conseille elle-même un avocat et elle nous conseille aussi quelqu'un pour les relations presse. Parce qu'en fait, le problème qu'on avait à ce moment-là, c'est que les seuls qui parlaient de nous, c'était Uber et les taxis. Et Uber disait en gros, vous ne pouvez pas interdire Uber Pop, on fait la même chose que Hitch, une petite boîte française qui fait ça bien, etc. Et du coup, les taxis disaient, il faut interdire Uber Pop et son concurrent français Hitch. Donc dans la tête des gens, on était le Uber Pop français. Donc il fallait qu'on arrive à changer un peu cette image-là, parce que sinon, on n'avait aucune chance. Donc il fallait au moins qu'on explique ce qu'on faisait et on avait des vraies différences. Pour le coup, on avait des vraies différences.
- Speaker #0
Ce que j'allais dire dans les faits, vous étiez quand même très proche, non ?
- Speaker #1
On était très proches, mais les différences qu'on avait, qui étaient quand même assez importantes d'un point de vue légal, c'est que la loi disait que le transport à titre onéreux est interdit. Tu ne sais pas exactement ce que ça veut dire, mais ça veut dire qu'à priori, tu n'as pas le droit de gagner de l'argent en conduisant. Et donc, nous, tous nos chauffeurs étaient limités à 6 000 euros par an, ce qui était le coût moyen de possession d'une voiture en France. Et donc, ils étaient limités à une soirée par semaine. Ils ne pouvaient pas conduire plus d'une soirée par semaine. Donc, tu avais d'un côté un truc qui permettait à des chauffeurs d'être des professionnels du transport sans licence. Et de l'autre, un truc qui permettait à des gens de gagner un petit peu d'argent pour payer leur voiture.
- Speaker #0
Oui, c'était la mode bourrin, l'américaine, on s'en fout, on envoie le fric, au pire, on perdra. Toi, tu avais essayé de... Nous,
- Speaker #1
on essayait d'être un peu plus doux. Donc, on essayait de faire passer, de se mettre dans l'économie du partage et d'avoir une réglementation pour l'économie du partage globale. Ce qu'on n'a pas réussi à avoir à la fin, même si on n'était pas si loin. Donc, les arrestations continuent, etc. Et en fait, quand tu as des arrestations comme ça, vu que ça vient de la police, ça vient de l'intérieur. Et à l'époque, les taxis dépendaient de l'intérieur. Maintenant, ça dépend du transport, mais pendant très longtemps, les taxis dépendaient de l'intérieur. Ministère de l'Intérieur. Oui, Ministère de l'Intérieur. Et donc nous, on essaie d'avoir un rendez-vous avec le ministère de l'Intérieur. On n'arrive pas à voir parce qu'ils ne veulent pas nous voir, parce que vis-à-vis des taxis, c'est très compliqué pour eux de nous recevoir. Donc on a un rendez-vous à l'époque avec le ministère de l'Économie. C'était Macron qui essaye de se saisir de ce dossier-là parce que c'est un peu un dossier... Iconique, French Tech, machin, tout ce que tu veux. Donc en mode, voilà, Uber pour lui, c'était important. C'était les startups, ça crée de l'emploi en bon lieu et tout ça. Et nous, on était un peu à côté. Donc on rentre un peu là-dedans. Et donc Macron essaye de régler la crise des taxis alors qu'il a l'économie et d'en faire un sujet un peu transverse. Alors apparemment, c'est un sujet transport. Et le transport, on n'a rien à dire là-dedans. C'est un combat entre l'intérieur et l'économie. Pas trop de sens, mais voilà. Donc l'intérieur ne veut pas nous voir. On continue d'opérer, on continue. On a tout le temps des arrestations. Et au bout d'un moment... tu te poses la question, tu te dis, en fait, ça ne sert à rien. Ils sont en train de te casser les jambes. Et vraiment, la stratégie de l'État à ce moment-là, ça a été de nous casser les jambes. Mais vraiment,
- Speaker #0
ils ne vont pas assez d'argent. De toute façon, ils vont finir par l'acheter.
- Speaker #1
Tu n'as pas envie d'envoyer des centaines de jeunes en garde à vue. Ça n'a aucun sens. Mais à chaque fois qu'on était à deux doigts d'arrêter, il y avait un truc qui se passait. Genre, tu as ton rendez-vous avec Macron qui dit non, non, mais on va vous trouver une solution. Il ne faut pas que ça s'arrête comme ça.
- Speaker #0
À l'époque, quand même, tu avais rencontré Macron.
- Speaker #1
Je n'ai rencontré Macron pas quand là, on avait eu aussi des rendez-vous avec son directeur de cab. mais par contre j'avais déjà rencontré Macron à un ou deux événements et on avait déjà échangé effectivement, il y a un moment où je pense que c'est plus vrai aujourd'hui, mais il y a un moment où je croisais Macron il me reconnaissait, ah ouais le gars de Nietzsche là je suis pas sûr, peut-être encore je suis pas sûr et donc du coup on continue et à un moment on finit par avoir notre rendez-vous avec l'intérieur qui est programmé et voilà, les taxis l'apprennent, enfin non les taxis, parce que je parlais avec des syndicats de taxis, ils me disent mais... Il y avait quand même un peu de tension. Ils me disent, tu n'auras jamais ton rendez-vous avec l'intérieur. Si là, vous n'arrêtez pas dans une semaine, il va y avoir de la grosse casse. Moi, je ne peux plus tenir les chauffeurs de taxi. Ça va vraiment partir en vrille. Il va y avoir des trucs dont tu pourras te sentir responsable.
- Speaker #0
C'est ce qui s'est passé, d'ailleurs. Ils se sont faits, quoi.
- Speaker #1
Oui, mais il n'y a pas eu de grosse casse non plus. Non, ça va. Je ne sais pas quelle était la part de bluff et tout ça. À un moment, j'ai eu un rendez-vous avec les syndicats de taxi. Je suis rentré chez moi derrière. Je suis passé par le métro pour rentrer par une entrée et sortir par une autre sortie.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Oui, parce que... tu es là, tu commences à te dire tu ne sais pas trop quand même.
- Speaker #0
C'est une choc qui essaie de me casser les jambes avec des mecs masqués, tu ne sais pas quoi.
- Speaker #1
Tu ne sais pas, ouais. On a eu un moment, une soirée des mecs nous appellent sur le service client et un chauffeur et il nous dit putain Teddy et tout, je me suis fait agresser par des chauffeurs de taxi c'est la merde, blablabla et tu vois, tu entends un mec paniqué qui court, j'ai plus ma voiture et tout, j'ai mal, blablabla il court, il court, il court, ça raccroche putain, on est en panique, on essaie de rappeler, on n'arrive pas à l'avoir Derrière, ça rappelle, il dit là, ouais, il dit ouais, putain et tout. Et là, on entend le bruit d'une ambulance, il dit ouais, t'as vu, t'entends l'ambulance, elle vient me chercher, etc. Attends, merde, ils reviennent, ça raccroche. Et derrière, donc, troisième coup de fil, bonjour, je suis commissaire de police et tout ça, on vient de récupérer quelqu'un qui dit qu'il était sur Hitch, il est vraiment endommagé, faut qu'on vienne vous voir, où est-ce que vous êtes ? Là je fais... C'était Mathieu mon associé qui faisait le service client, j'étais avec lui, on était tous les soirs ensemble, je lui dis ne dis pas, je lui dis ne dis pas. Et...
- Speaker #0
T'as vraiment vécu un film américain.
- Speaker #1
Ne dis pas, ne dis pas, et donc il dit comment ça, où est-ce qu'on est, etc. Et donc on posait un peu plus de questions et au bout d'un moment on se rend compte qu'effectivement c'est en train de tomber quoi. Et c'était des taxis, enfin probablement des taxis, j'en sais rien qui c'était, mais tout était faux, tout était faux ouais.
- Speaker #0
Ah c'était des taxis qui t'avaient 8 taux au téléphone ? pour te faire flipper et te choper et te choper ton adresse. Non, mais c'est une dinguerie. Mais ils sont malades, les mecs.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'était des taxis, mais je ne vois que ça. Bien sûr. A priori, c'était ça. Donc, c'était quand même une période un peu chaude. Et donc, on finit par avoir notre rendez-vous avec l'intérieur. Et l'intérieur ne veut vraiment pas que ça se sache. Et donc, on a le rendez-vous. On leur explique ce qu'on fait. Et pendant le rendez-vous, ils reconnaissent. Ils nous disent, effectivement, ce que vous faites, ce n'est pas comme Uber Pop. Ils nous disent alors, on ne sait pas si vous êtes du bon côté ou pas de la ligne jaune, vous êtes probablement un peu trop du mauvais côté, mais on reconnaît que ce n'est pas la même chose, les contrôles vont se calmer. Le lendemain, j'ai 16 conducteurs en garde à vue, le record. Les gardes à vue, c'était le commissariat du 13ème, c'est là où il y a la police des taxis, et franchement, pour y avoir été, il n'y a pas beaucoup de cellules non plus, donc ça veut dire qu'il n'y a que des hits, qu'en ce moment-là, il n'y a que ça. Et là, on se dit, putain, en fait, on va mourir, on va arrêter, on ne peut pas tenir, etc. Et donc, l'intérieur nous avait demandé de surtout pas communiquer sur le rendez-vous. Et là, je fais, c'est quoi, perdu pour perdu, vas-y, appelle la presse et c'est parti, on y va. Et donc là, on fait un article, je ne sais plus, peut-être dans Libération ou je ne sais plus quoi, et on explique qu'en gros, l'État préfère demander à des policiers d'arrêter des jeunes étudiants qui ramènent d'autres étudiants plutôt que de faire son travail, une connerie comme ça. Bon, ça a un peu rompu nos relations avec l'intérieur. Et sur le lendemain, un truc comme ça, zéro arrestation. Pour la première fois depuis deux mois, zéro arrestation. J'ai aucune idée de si c'est l'article de presse, si c'est en fait le temps que l'intérieur fasse transmettre les informations, etc. et qu'à la fin, ça se calme un petit peu. Mais grosso modo, à partir de août, on n'a plus d'arrestation. On passe de trois arrestations par soir à une par semaine. Donc on dit OK, on peut tenir et on va voir ce qui se passe après les arrestations, puisque pour l'instant, on n'en sait rien. personne n'est convoqué, on ne sait pas ce qui va se passer on n'a aucune information etc là tu as déjà eu quand même dans le temps,
- Speaker #0
c'est sur une période de combien de temps ?
- Speaker #1
là c'est sur quelques mois non non c'est sur quelques mois là tu as eu 300 chauffeurs en garde à vue 300 chauffeurs sur combien de jours ?
- Speaker #0
on en avait énormément parce qu'ils ne conduisaient pas beaucoup tu étais des dizaines de milliers de chauffeurs ouais mais bon c'est quand même 300 chauffeurs de nombre 300 chauffeurs en garde à vue et toi quand même dans cette période là comment tu te sens, qu'est-ce que tu te dis ? tu te dis euh... Non, j'ai encore la foi, tu t'es tenu par l'esprit de revanche, tu as l'envie d'essayer de poursuivre ton rêve d'entrepreneur. Tu te dis, franchement, c'est trop, j'arrête. Tu passes par quelles émotions quand tu es dans des moments pareils ?
- Speaker #1
Ça dépend des jours, j'imagine. Mais dans l'ensemble, on n'a jamais vraiment voulu arrêter. Ce n'était pas un genre de dépit. Les moments où on a arrêté, c'est juste qu'on s'est dit, en fait, on est en train de faire prendre trop de risques à des gens. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Mais du coup, tu avais un côté un peu injuste. Parce qu'en fait, on était en train d'arrêter juste parce qu'il y avait des gardes à vue et il n'y avait pas eu de décision de justice. Et moi, quand je lisais le texte de loi en mode le transport à titre onéreux est illégal, j'étais là OK. Est-ce qu'on est dedans ? Est-ce qu'on n'est pas dedans ? Et la difficulté que tu avais à ce moment-là, c'est que la startup iconique de l'époque, c'était Blablacar. Et Blablacar, il ne fallait pas le faire rentrer dedans, sinon c'était aussi interdit. Donc tu pourrais dire dès que tu donnes un peu d'argent à un chauffeur, c'est interdit. Mais la réalité, c'est que non, t'es obligé de parler de partage de frais, parce que sinon, blabla carte tombe. Donc du coup, la notion de partage de frais étant pas définie, et elle est dure à définir, on était là en mode, attends, mets ta définition du partage de frais, et après, on discute, on verra si on est dedans ou pas. Donc il y avait un peu un côté d'injustice, en mode, on n'a pas été au bout du truc, et nous, on veut une réponse juridique. Et s'il y a une réponse juridique qui nous dit qu'on a interdit, on la respectera, on n'est pas détruant, on n'est pas là pour ça. Mais tu sais que quand t'es un peu à la frontière de l'innovation, le débat juridique est un peu plus lent, Et du coup, c'est toi qui dois le créer. Donc, on voulait le créer. On voulait aller au bout du débat juridique. Donc, on avait envie de continuer pour au moins aller au bout du truc. Après, si ça mourait, ce n'était pas grave. En soi, on a fait ça parce que ça nous plaisait. Et puis, c'était marrant. Il y avait un côté excitant aussi. On a rencontré Macron, qui n'était pas président à ce moment-là. On a rencontré plein de députés. On a rencontré plein de gens que je n'aurais jamais imaginé rencontrer. Il y avait un truc un peu sympa aussi. C'est dur, mais c'est excitant.
- Speaker #0
Ouais, c'est quand même l'incarnation de l'entrepreneur pirate. Parce que je pense qu'il faut quand même... On dit pour qu'une boîte marche, il faut la rencontre entre un entrepreneur et un marché. Je pense qu'il faut quand même une caractéristique psychologique, un rapport au risque qui est particulier. Parce que ce n'est pas la même chose de faire itch et de se confronter à des dizaines de guerres d'abus de tes prestataires et des problèmes juridiques, etc. Et puis des menaces physiques carrément que lancer un sas. Je n'ai pas de problème avec les sas, j'ai plein de potes qui font des sas. Mais lancer un sas B2B ou... le pire qui va t'arriver c'est un client qui paye pas tu vois c'est pas trop la même chose quoi