- Speaker #0
Hello ! Bienvenue sur le premier épisode d'À travers l'objectif, un podcast H. Moi c'est Craig Pokinghorn, je suis photographe depuis bientôt 6 ans dans la mode.
- Speaker #1
Bonjour, je m'appelle Gail Rapon, je suis photographe depuis 20 ans, je tape beaucoup de reportages, de documentaires, de portraits, d'identités visuelles, et plein de petits trucs.
- Speaker #0
Bah écoute, ça fait 20 ans que t'as commencé la photo, c'est quoi qui t'a donné le courage de commencer aussi jeune ?
- Speaker #1
Ouais, c'était pas vraiment une question de courage, c'est vraiment une question d'envie. En fait, j'en avais marre de me lever. Tu sais, je t'avais dit, j'étais délégné pharma, commercial, j'y fais pas un petit truc. J'ai même vendu des chaussures. Et il y a un moment donné, en fait, où j'avais juste envie de me lever, pas d'avoir de boss au-dessus de ma tête et de me lever, faire des choses, tu sais, qui m'apportaient beaucoup de plaisir, de satisfaction dans ma vie. Donc du coup, voilà, c'était la photo qui m'a...
- Speaker #0
D'accord, mais c'était quoi tes premiers projets ou plutôt ta première entrée dans... ce genre de carrière aussi
- Speaker #1
Ah les premiers projets pro ?
- Speaker #0
Oui
- Speaker #1
Une meuf du collège en fait qui aimait bien ce que je faisais parce que je tapais pas mal de photos de rue dans ma ville et j'utilisais aussi des gens avec qui j'avais grandis dans mon quartier pour les prendre en portrait du coup elle aimait mon travail et elle m'avait pris pour ses fiançailles donc c'était pour moi un truc qui était assez fou de devoir avoir une commande c'est la commande des premiers pas avant le mariage de cette meuf donc J'ai commencé comme ça. Avec, pour le coup, en plus, première commande professionnelle, c'était avec un Sony Ericsson téléportable.
- Speaker #0
T'as fait un mariage avec un téléportable ?
- Speaker #1
Je suis genre, fiançaille, fiançaille, et mariage, du coup, après. Et ensuite, après ça, je me suis acheté un réflexe.
- Speaker #0
D'accord. Donc, tu dirais que ta carrière, bien sûr, elle a évolué au fil des années, mais c'est quoi le fil conducteur ? C'est quoi que tu fais ? C'est quoi que tu... Comment est-ce que tu décrirais le travail que tu aimes faire ?
- Speaker #1
Les commandes que j'aime le plus, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, plutôt.
- Speaker #1
Généralement, les commandes avec une forte dimension humaine, j'aime beaucoup, je t'en parle souvent, en plus des ateliers que je fais avec Pascal Beugretelier, qui traite des masculinités, que ce soit en milieu carcéral, par exemple, comme dernièrement, avec ces femmes qui étaient soit réfugiées politiques ou qui avaient subi des violences pour recréer du lien entre les enfants et les mères et utiliser l'image pour soit développer, soit rapprocher la personne de ce qu'elle est le plus. Ou alors pour l'aider, si tu veux, à recoller les morceaux de ce qu'elle a. Ça, j'aime beaucoup les travaux à dimension humaine.
- Speaker #0
Donc, il y a toujours une force de présence de l'humain dans ton travail. Est-ce que ça, parfois, ça peut rendre... Ou plutôt, comment est-ce que ça impacte ton travail, ta manière de voir les choses ? Est-ce que ça a changé un peu ?
- Speaker #1
Ça m'a fait grandir. Ça m'a fait... Ce sont des choses qui ont fait évoluer le petit Gaël et l'homme que tu as choisi. Moi aussi, j'ai une petite question pour toi. Je voulais savoir comment tu trouves l'équilibre entre l'univers d'une marque et ta griffe, ton regard personnel.
- Speaker #0
Alors ça, c'est plutôt intéressant parce que je ne suis pas seulement photographe, je suis également assistante light. Donc j'ai un côté qui peut être très technique lorsque je fais de la photo. Donc ça peut varier, ça peut être une marque qui m'approche pour mes capacités. Donc moi, tout ce que je fais, c'est écouter le brief. Après, les marques, elles ont tendance à venir me voir ou les gens qui veulent... récréer ma photographie en voyant le style que je fais. J'ai un portfolio qui est très professionnel avec des gens avec qui je travaille, mais il y a aussi une grosse importance de continuer à faire des projets personnels. Notamment, si vous regardez ma grille, je shoote énormément mon frère et ma sœur. D'ailleurs, c'est comme ça que je suis rentrée dans la photo. Je suis rentrée à Paris. Avant, j'habitais à Londres. J'avais une petite sœur avec qui on prend des photos depuis très longtemps. Elle est mannequin. J'ai... Ça a un peu commencé comme ça, en fait. Et au fur et à mesure du développement de ma carrière, j'ai toujours privilégié de prendre en photo les gens que j'aime. Moi aussi, j'ai toujours adoré l'aspect humain de la photographie. C'est pour ça que je fais aussi des tests mannequins. C'est quelque chose que j'aime vraiment faire parce que j'aime beaucoup le rapport humain. Le rapport humain avec les gens, les particuliers, et le rapport technique pour quand on a besoin de mes skills. Pour que ce soit un lookbook ou du backshot. Après, oui, ça arrive que les deux se mélangent. C'est au fur et à mesure que tu dévolues. Et j'ai envie de te voir pour ta griffe créative.
- Speaker #1
mais c'est quelque chose qui évolue tout le temps Yann te voit aussi pour tes compétences je pense que quand on va sous ton Insta qu'on voit tes photos en termes de qualité on voit que tu, comme t'as dit tu sais gérer la light et il y a ta griffe aussi qui se voit, ta direction artistique
- Speaker #0
Oui alors la direction artistique c'est quelque chose qui va évident parce qu'au début oui en effet c'était des projets personnels entre moi et mes proches moi et ma soeur surtout, moi et mes amis que j'ai rencontrés surtout au fur et à mesure quand je suis rentrée à Paris Après, j'ai eu une période où j'ai commencé à travailler en entreprise et ça, c'était une très bonne opportunité pour vraiment me mettre... affiner les capacités techniques. C'est là où j'ai commencé à utiliser plus de lumière en studio, faire de l'assistance aussi. Puis après, il a fallu que je laisse un peu le côté. Ça, ce n'est pas le problème, mais un rite de passage pour les photographes. En fait, il faut que parfois on sache que, certes, on a notre créativité à développer. Et pour la développer, parfois, il faut avoir des restrictions face à ce que le client te demande. Tu ne peux pas le faire qu'à ta tête. C'est important que tu écoutes ce que les gens demandent de toi et ça te pousse, en fait. C'est même pas des contraintes, c'est juste des différents chemins qui t'amènent.
- Speaker #1
Après, les contraintes, ça fait évoluer aussi.
- Speaker #0
Oui, complètement. Après, moi, j'ai un peu du mal avec ce mot parce que pour moi, une contrainte, c'est comme si on se fermait une porte à l'anglais. C'est plus un différent couloir, si tu veux.
- Speaker #1
Et du coup, photographe, assistante light, tu as eu la capacité aussi d'être assistante digite aussitôt.
- Speaker #0
Oui, alors après...
- Speaker #1
Avec ADR, ça fait pas mal.
- Speaker #0
C'est vrai que moi, j'aime beaucoup être derrière la caméra. Genre là, j'ai commencé il n'y a pas très longtemps à faire des vidéos aussi également. Et pour ça, parfois, pour apprendre quelque chose, il faut que je laisse le côté créatif personnel. Il n'y a pas tout le monde qui est comme ça, attention. Mais afin de vraiment laisser l'ego parfois de côté, si on peut appeler ça comme ça. Pour que tu puisses... J'ai oublié la question, mais bref.
- Speaker #1
Non, la question, j'ai répondu. Là, on partait sur autre chose. Ce que j'aimais entendre, c'est le fait que dans un studio, en fait, toi, tu as un couteau suisse, tu vois, en zidjit, photographe, tu as la DA. Donc, le côté de la grille, de ce que j'ai compris, c'est que ça dépend, tu as des commandes comme à Veja où tu avais des... Oui,
- Speaker #0
des briefs créatifs.
- Speaker #1
On va dire des gabarits créatifs, des briefs créatifs. Et il y a des commandes où on vient te voir, où on te fait confiance.
- Speaker #0
Oui. C'est vrai qu'après, en tant que photographe, tu peux avoir... Enfin, il y a les briefs, bien sûr, pour des lookbooks, mais après, quand c'est des campagnes, c'est là où on fait un peu plus appel, par exemple, à... ce que toi tu peux apporter, le genre de profit que toi tu aimes mettre en avant, le genre de setup que tu aimes faire. Parce qu'aussi au début, je ne m'attendais pas du tout à être une photographe dans la mode. Moi, je pensais, j'ai commencé avec la photo de rue. C'est quand j'ai commencé à shooter à l'argentique pendant des voyages. Avec qui apparaît ? C'était, je crois que c'était un Nikon F1.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Qui a coûté 5 balles à San Francisco et qui fonctionne encore. Il y a un gaffeur sur le côté, mais ça fait l'affaire depuis tout ce temps-là. Oui, donc en fait, il y a eu cette dimension qui n'était pas mode du tout au départ, qui a fait que ça nourrit un peu ma façon de voir les choses, des façons cadrées. Après, oui, il y a eu d'autres expériences qui ont fait que ça a changé. Par exemple, être en entreprise, ce qui fait que tu dois avoir des vues plus sur le produit. Chaque personne n'est pas autant sur l'univers que veut donner la marque, forcément. Enfin, c'est un boulot qui... J'ai répondu longuement à la question, là.
- Speaker #1
Merci. Voilà. Donc voilà, en fait, il y a une différence entre... des clients qui viennent te voir toi pour ton univers à toi, c'est-à-dire qu'ils voient, comme tu dis, la light, que tu es DA, que tu es assistant digit. Et du coup, pour Veja, c'était ça aussi ou alors c'était...
- Speaker #0
Alors Veja, c'était une entreprise où j'étais embauchée à temps partiel, en tant que retoucheuse. Et puis au fur et à mesure du temps, ça a fait que c'était un poste rempli uniquement de photographes. Et puis là, par contre, j'ai eu de l'argent parce que c'était un... M'emploi est en partiel et le reste de la semaine, je pouvais me consacrer à mes projets personnels. C'est là où j'ai commencé à shooter aussi pas seulement des choses en amont, mais aussi des artistes. Par exemple, une fois, j'étais avec Maureen, ça c'était incroyable. Mais ce qui était cool avec Veja, ce qui était très différent aussi, c'est que là, en effet, ce n'était pas forcément notre direction artistique qui était demandée. C'était vraiment nos capacités, nos skills. C'est là où j'ai vraiment développé les capacités de retouche, les capacités en studio aussi. qu'avant Je faisais ça à la maison avec une light continue que tu commences sur Amazon. Ce qui était cool là-bas, c'est que tu es entouré d'une équipe et il y avait des gens qui étaient directeurs artistiques au sein de la boîte et qui nous prenaient en fonction des différents projets. Par exemple, le dernier que j'ai fait, qui était une collab entre Veja et Au Vieux Camper, c'était une fille qui s'appelle Craig Gardner qui était venue en voyant que je faisais des projets avec ma sœur et ainsi les épuiser dans l'argentique. Et puis on a su mettre ça... regrouper des différentes personnes pour mettre ce projet à terme. Voilà, c'était plus... Donc déjà, comparé à d'autres emplois en freelance, c'était vraiment comment travailler en équipe et être une exécutante.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu préfères, toi ? Qu'on vienne te voir porter le 6 et que tu aies libre en termes de créativité, ou alors qu'il y ait des gabarits déjà bien prédéfinis et qu'on te dise ça c'est comme 6, comme ça.
- Speaker #0
Alors, ça dépend, je dirais, ça reste les deux, parce que c'est vrai que maintenant, surtout que j'ai grandi, J'arrive à avoir un oeil, une meilleure capacité en termes de direction artistique.
- Speaker #1
C'est il y a combien de temps ?
- Speaker #0
Ça fait depuis deux ans que je suis en full freelance. C'est vrai que maintenant, j'arrive un peu plus à pas m'affirmer devant les autres, mais m'affirmer moi-même en tant que photographe avec ses propres goûts, sa propre vue sur les choses et tout. Après, ça n'empêche pas du tout que si quelqu'un vient et me dit « Bon, on veut ce type de light-là, c'est des profils dont ils n'ont pas l'habitude. » Moi, par exemple, j'aime bien un style qui est un peu semi-documentaire, mais avec des lights en studio, donc des profils un peu de tous les jours, mais qu'après, on met, par exemple, la grand-mère en… studio, mes gens n'ont pas forcément des profils de mannequin, mannequin. Ça n'empêche pas que quand les gens viennent me voir avec des profils complètement différents, ça me pousse dans ma zone de confort, ça développe aussi ce que je fais, ça développe comment je regarde les gens aussi dans la rue. Donc, je pense que j'ai répondu à la question.
- Speaker #1
Oui, t'as très bien répondu, même plus.
- Speaker #0
T'as dit qu'il a fallu 15 ans pour devenir professionnel.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est à quel stade tu t'es senti légitime ?
- Speaker #1
À quel stade je me suis senti légitime ? Je pense que je me suis senti bien, on va dire, pour ne pas parler de légitimité, ça va monter après, mais ça va refuser quoi. Mais je me suis senti bien dans mes pompes à la fin de ma première grosse mission reportage pour la société et où je suis parti en... en Afrique et en Europe de l'Est pour faire, pour photographier toute la flotte en fait qu'ils avaient entre l'Europe de l'Est et l'Afrique. Et il fallait, dans ce shoot, en plus on m'a passé un bouquin lavé, on m'a fait, tiens, tu vois, tu connais les avions parce que j'étais militaire dans l'armée de l'air aussi. J'ai eu plein de vies. J'ai 45 ans cette année mais j'ai eu multitude de vies. On me disait, ouais, il va falloir que tu shoots un ticket, il va falloir que tu... prennent la boîte noire. Et donc, il a fallu que j'apprenne, en fait, que je me documente un peu plus sur le système, sur l'aviation pour trouver, par exemple, la boîte noire. Il a fallu que je monte sur des toits d'avion et tout ça. À la fin de cette mission qui a duré trois mois, j'ai pleuré parce que tu vois des choses quand tu pars à Niamey, puis il y avait la fatigue et tout ça. C'est vraiment à la fin des choses, quand on agençait le livre, parce qu'à la fin de la mission, j'avais pour projet, j'avais comme finalité de mission à sortir un livre. Je crois que c'est qu'à la fin. Quand j'ai vu la maquette du livre avec toutes mes photos qui n'étaient pas retouchées, je me suis dit, en fait, gros, t'es photographe parce que les valeurs de plan sont nickels. Tu t'inscris dans un schéma qui est logique et tes photos ne sont pas retouchées. Donc, t'es vraiment dans la veine du documentaire. Et ce n'est pas un petit livre, c'est un livre qui a plus de 500 pages. Donc, du coup, à partir de ce moment-là, je me suis senti légitime pour le coup d'être photographe. et je crois que c'est à partir vraiment de là où j'ai... où je me suis pris un peu plus au sérieux. Ou même quand je tapais un simple portrait. Tu sais, quand tu es bien dans tes pompes, je trouve que tu fais les choses avec une certaine légèreté, de la joie et il y a moins de pression. Ou il n'y en a pas du tout. Donc c'est à partir de ce moment-là. Je crois que c'est le premier gros contrat qui m'a mis un képi de photographe sur la tête.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu d'autres boulots qui ont eu le même niveau d'adrénaline, si je peux dire, je ne sais pas si c'est le bon mot ? Si tu peux dire,
- Speaker #1
la prison. La première fois que j'étais en prison, c'était prison pour hommes. C'était pas la même adrénaïne, mais c'était presque pareil. Tu arrives en 11 ans, avant tu devais remplir des petits papiers. Donc, le fait d'inscrire mon matériel, c'était un travail de visualisation. Je disais, je vais avec mon canon, avec ci, avec ça. Et de travailler, par exemple, sur ces vides. Je me suis dit, si... C'est toi qu'on appelle pour aller travailler avec ces hommes. Et il y a eu prison de femmes aussi. Mais du coup, le fait qu'on fasse appel à moi, ouais, je me sentais légitime. Je me suis dit, bah, c'est pas vraiment des milieux où tu peux te tromper. Donc ouais, je pense que ça... Ça fait un peu... Comment on pourrait dire ? Comme j'ai pris la photo il y a 20 ans et qu'il m'a fallu 15 ans, ouais, j'irais pour répondre plus globalement à ta question, qu'il m'a vraiment fallu 15-16 ans pour me sortir à l'aise. Et moi, en tant que photographe, parce qu'avant, je disais aux gens, ouais, j'ai un appareil photo, je prends des photos, je sais prendre des photos. Mais en vrai, le photographe, c'est celui qui connaît ses valeurs de plan. C'est celui qui... Enfin, on a des notions techniques, notamment en termes de retouches, et que je n'avais pas. Donc, du coup, je voyais plein de gens autour de moi se dire photographe. Mais moi, avec ce que je savais déjà de la photographie, je savais qu'ils avaient... qui ne maîtrisait pas assez rudiment. Et je trouvais ça injuste par rapport à des maîtres de la photographie. Il y a des gens qui ont 40 ans de photographie, 50 ans. Je me disais, attends, tu ne peux pas dire... Autant dire qu'on apprend. Moi, c'est ce que je disais. Je me forme à devenir photographe. Aujourd'hui, oui, je suis photographe au même titre que tu l'es.
- Speaker #0
En plus, tu n'as pas fait d'école, toi.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Toi, tu as vraiment appris à travers les jobs que tu as eus.
- Speaker #1
C'était dans la rue, dans le 91, à Vigneux, vraiment.
- Speaker #0
et à travers la confiance effectivement comme tu dis quand les gars me faisaient confiance j'apprenais sur le tas selon toi c'est quoi exactement la différence mis à part l'évidence que certaines personnes vont à l'école pour de la photo d'autres sont autodidactes comme toi là
- Speaker #1
où je vois la différence moi avant faut se dire vraiment que si ma mère et si moi même j'avais eu les moyens j'aurais peut-être tapé une école photo Pourquoi ? Parce que je pense que tu as des notions, c'est ce que je te disais, des notions à maîtriser. Et j'avais besoin de guidance. Et tu vois, je demandais de l'aide sur les réseaux comme Facebook à l'époque, auprès de photographes qui étaient bien aguerris, qui avaient des commandes, notamment en mode. Et les gars me laissaient en vue, tu vois. Donc, quand on te laisse en vue, que tu ne te sens déjà pas photographe ou quoi, c'est vraiment... Pour le coup, on peut dire aussi que la photographie, c'est... Merci. Un job, une passion, ton job, passion, un métier. C'est un métier moita, il est là, il te met des low-kick. Tous les matins, tu te lèves. Pendant toute ta journée, ça peut te mettre des low-kick. Et donc, au final, tu vois, les gars... Moi, je n'ai pas de... Comment on pourrait dire ? Je n'ai pas de rapport d'infériorité vis-à-vis des mecs qui ont fait des écoles. Aujourd'hui, je m'en fous. En fait, j'ai eu de la chance que dans mon quartier, il y avait une association qui s'appelait Cité Art. Et on tournait pas mal de courts-métrages. Donc, de temps en temps, ils savaient que Gaël lisait des photos. De temps en temps, ils m'appelaient. Moi, j'avais toujours aimé être libre. Donc, pas m'affilier à des trucs. Donc, de temps en temps, je venais sur les plateaux. Et il y avait une meuf qui s'appelait Lisa. Et Lisa, je lui dis... Elle m'avait dit, putain, c'est bien que tu... Tu fais beaucoup de photos. Et j'ai dit, ouais, ouais, mais je crève un peu. Je suis désolé de parler comme ça, mais je reviens sur le sentiment de l'époque. Je lui disais, je crève un peu, Lisa. En fait, j'ai vraiment envie de taper une école et de me former, avoir des rudiments. Parce que je vois bien que les gars... que je regarde et que je peux admirer. Je peux parler des... Il y avait Herman Deza qui s'est suicidé, d'ailleurs. Je me disais, je vois bien qu'ils ont des trucs que moi, je n'ai pas encore réussi à inscrire dans mon œil, à maîtriser. Et au final, Lisa, elle m'a dit un truc qui était très cool à l'époque, comme elle m'a fait dire, en fait, Gaëlle, tu as des trucs dans ton œil et tu as des trucs en toi qui ne sont pas aseptisés. Donc, en fait, il y a du bon à aller en école, mais il y a aussi... une belle partie à être autodidacte, c'est-à-dire que tu vas rester singulier, tu vas rester... Tu vas te faire grandir, ça prendra peut-être un peu plus de temps, mais tu vas garder ton œil. Ce qu'il y a dans ton œil, on ne va pas te l'effacer. J'ai peur que... MD, j'ai peur que si t'as YoGoblin, par exemple, qu'on t'aseptise et que tu aies une forme de photo qui soit institutionnelle, pour reprendre ces mots. Et au final, aujourd'hui, ça va, c'est cool, je vis bien avec ça, mais... Tu vois, quand j'ai des gens qui viennent prendre des cours photo avec moi, je les encourage aussi à peut-être des fois prendre une année dans une école photo.
- Speaker #0
C'est vrai que j'oubliais que tu enseignais aussi des cours.
- Speaker #1
Avec le peu que je sais, humblement.
- Speaker #0
Bah quand même, non. Genre après, ça c'est moi, mais... En fait, c'est intéressant parce que même si toi et moi, on a des carrières qui sont assez différentes, je trouve qu'on arrive un peu à... Enfin, c'est comme ça que je le perçois. Enfin déjà, toi, tu me donnes des cours surtout... Enfin, des cours. Ce que des conseils...
- Speaker #1
On s'en donne aussi.
- Speaker #0
Oui, après, on s'instruit bien, on s'informe bien. Puis c'est des choses que moi... Après, moi, je n'ai pas fait d'école de photo non plus. Après, moi, j'ai fait une licence de beaux-arts. Va savoir pourquoi j'ai fait de l'animation 3D.
- Speaker #1
Ça va peut-être rebondir à un moment B.
- Speaker #0
Oui, enfin, c'était 3D AliExpress, quoi. C'était... Mais il y avait... Donc, il y avait un peu quand même ces notions de perspective et ces notions de vouloir faire des choses... Très propre, tu vois, même toi et moi, quand on fait de la foule.
- Speaker #1
J'allais dire, justement, sur notre interromp, j'allais dire que moi, la plus-value que tu m'apportes aujourd'hui, le dinosaure que je suis, c'est vraiment le coup sur l'esthétisme. Moi, j'adore l'art pictural et tout ça. Et toi, tu m'apportes, tu m'as fait une mise à jour dans mon œil, disons que j'ai, même dans ma photo de rue, maintenant, je suis beaucoup plus intéressé, beaucoup plus fin sur l'aspect chromatique. La lumière, ça n'a jamais été un problème. Mais tu vois, le choix, comment on retouche la photo, où... ou même ajuster le cadrage à la sortie finale. Et ça, c'est une valeur que je n'avais pas, que tu m'as transmise. Et ce n'est pas rien, quoi.
- Speaker #0
C'est marrant parce que je dirais la même pour toi. Après, c'est peut-être différent dans le sens où toi, c'est aussi d'être plus courageuse avec mes prises de vue. Tout à l'heure, j'ai parlé... Tu sais, quand tu m'as posé sur la question de D.A. et j'ai commencé à bégayer. Oui, j'ai ça. C'est aussi parce que tu m'as encouragé à... Justement, il y avait une période où j'ai fait énormément de travail d'exécutant, si on veut. Donc, beaucoup de lumière, beaucoup de retouches. Et puis, au final, j'en... J'avais un peu une crise existentielle de photographe.
- Speaker #1
On en a un peu tout le temps, ça.
- Speaker #0
Oui, mais après, c'est le côté où j'ai commencé à mettre l'expertise suivante au-dessus de ce que je regardais. T'arrives à me pousser à par exemple shooter 10 personnes différentes, à ajouter de la narration.
- Speaker #1
C'est important.
- Speaker #0
En fait, c'est ça aussi qui change un peu le sujet. Mais quand tu fais de la photographie en tant que passion, au final, tu vis... Je pense que c'est la même chose pour n'importe qui qui fait un boulot passion. Mais quand tu n'arrives pas à travailler, parfois tu sens que... Enfin, tu sais qu'il y a quelque chose qui ne va pas, que peut-être tu as un peu mis le travail au-delà de tes intérêts. Oui. Tu ne sais plus comment regarder les gens. Parce qu'il y avait une période où j'ai vraiment, surtout après, en étant full freelance, où j'ai vraiment voulu me lancer pour être une sorte de perfectionniste après. Pour essayer de... Bon, OK, j'ai eu mon travail en entreprise, c'est bon, on se lance, etc. Et puis au final, je shootais, mais je ne savais pas comment regarder, en fait. Puis c'est grâce à... En te voyant aussi, tu sais, shooter. Parfois, on marche, c'est genre... Comme ça, et la personne, elle est à l'aise, son nez. Et la photo, elle est ouf, tu vois. Donc il y a une sorte de spontanéité avec tes cadrages aussi, que moi, je trouve... Et en vrai, je peux encore m'améliorer un peu avec ça. Oui,
- Speaker #1
on n'a pas fini de s'améliorer.
- Speaker #0
Non, merci.
- Speaker #1
Non, mais merci à nous. La question, c'est est-ce que vous vous inspirez mutuellement ou on cherche inconsciemment à nous différencier ?
- Speaker #0
Est-ce qu'on cherche à se différencier ou on s'inspire mutuellement ?
- Speaker #1
En fait, on pourrait parler de ça en disant que... rebondir sur le sujet précédent, en disant qu'on s'apporte énormément, mais que, ouais... Ce que j'aime bien chez nous, en fait, c'est que... c'est que j'ai déjà eu des copines qui étaient photographes et pour le coup, il y a toujours eu une forme de rivalité. Alors je dis bien, et ça va peut-être paraître chelou au niveau des autres, c'est peut-être facile de dire, moi pas de mon côté, mais c'est la vérité. Pas de mon côté, moi j'ai toujours été sûr de moi, bien dans mes chaussettes, j'aime bien mon odeur, il n'y a pas de souci. Mais ce que j'aime bien avec toi, c'est que je sens que quand je pose, par exemple les premières fois où j'ai posé... mes photos où je retouchais, on est tout de suite dans l'échange, dans l'apport. Chacun essaie de faire élever l'autre, plutôt. Et on n'est pas dans une forme de critique non constructive, ou de critique jalousie, ou de personne... Moi, quand je retouche, ça ne te chauffe pas, et vice-versa. On a un œil qui est assez bien viré. C'est un aspect de la relation qui me plaît énormément. Et je dirais même que, tu vois, quand tu disais tout à l'heure le truc en photo de rue, aujourd'hui, aujourd'hui, que je sois hyper à l'aise à marcher avec n'importe qui et que le mec ou que la meuf fasse deux mètres et soit championne de l'OMMA ou quoi que ce soit, que je puisse arriver à distance de poignet ou avant-bras face à elle et shooter, lui faire un sourire et partir. Ça, c'est aussi des choses qui me sont arrivées quand on était ensemble, par exemple, après le livre dont on ne va pas parler là, mais tu vois, c'est une somme de confort. et je pense que quand on a une relation créative où on peut jouir de ce confort,
- Speaker #0
quelque part les aptitudes s'élèvent tout simplement on m'a souvent dit quand j'ai commencé à dire à mes amis qu'on sortait ensemble ils disaient, ah deux photographes ça passe ou ça casse en couple et moi j'avais jamais vraiment compris parce que c'est vrai qu'ensemble j'ai jamais sensé de rivalité je pense que même ce qui est cool c'est que la question c'est est-ce qu'on s'inspire mutuellement Je suis d'accord, c'est plus qu'on s'apporte des choses. Par exemple, quand tu me dis de lâcher prise, tu peux dire non, ça, ça ne vaut pas la peine. Je ne le prends pas personnellement. Je ne vais pas sentir comme s'il y avait une sorte d'ascendance.
- Speaker #1
Non, non, non.
- Speaker #0
Et puis, c'est vrai qu'au début, je n'avais pas vraiment compris quand les gens disaient de photographier, ça passe ou ça casse. Parce que pour moi, ça passe.
- Speaker #1
Oui, mais les formes de ruralité, c'est certain.
- Speaker #0
Est-ce que vous critiquez le travail de l'autre sans filtre ?
- Speaker #1
Moi, je trouve, et c'est plutôt ça, on a un type de relation où si tu veux, désolé pour s'il va sortir, Chloé, elle peut péter au lit, en fait, tu vois, et je veux péter aussi. Et donc, c'est sans filtre. Donc, dans tous les compartiments de notre relation, c'est assez comme ça. Et je pense que sur l'aspect créatif, c'est pareil. Et que quand je lui pose une question, par exemple, sur une photo, si je lui dis t'aimes ou t'aimes pas, si elle me dit c'est claqué au sol, je vais pas moi me vexer, je vais comprendre déjà que 1, ça lui parle pas. Et ça ne veut pas dire que moi, je dois me remettre en question par rapport à ce que j'aime sur la photo. Mais par contre, elle ne va pas avoir ce genre de truc-là. Mais je vais écouter ses critiques. Par exemple, si elle va me dire, ouais, ton fond, il mérite un peu plus de ci. Oui, je vais l'écouter, sans flitre même, oui.
- Speaker #0
Non, je pense que quand je m'ai critiqué, c'est même une critique quand tu m'apportes du feedback, on va dire. Les seules fois où je l'ai mal pris, entre autres, ce n'est pas parce que c'est toi qui me disais... Ce n'était même pas ce que tu dis, c'est l'état d'esprit dans lequel j'étais.
- Speaker #1
C'est la science.
- Speaker #0
Parfois, je ne sais pas si d'autres photographes peuvent relativiser avec ça, mais il y a des fois où on peut être des personnes assez introverties, on peut prendre des photos, on a des notions de lumière. En fait, on aime bien amener des choses que les gens ne voient pas forcément. Et il m'est déjà arrivé où je prends une photo, je ne sais pas, d'une personne. La personne, ce n'est pas forcément son meilleur profil. Mais j'aime bien le petit rayon de lumière qu'il a dans la pupille. Et je suis en train de dire, non mais vas-y, c'est la photo de l'année et tout. Et toi, tu m'entends dire, ben... C'est là où je braque parfois parce que moi, je suis obsédée par ça.
- Speaker #1
C'est vraiment le truc que j'ai bossé avec des iconographes ces deux dernières années. C'est-à-dire de faire attention à... Et ça a été très dur. Faire la différence entre... sentimentale, l'affectif et le job. Ce qu'on te demande d'être objectif. C'est-à-dire là, c'est ça qu'on veut. Et ça, la rigueur, ces photos-là, de les garder pour nous. Moi, je suis pro sur le truc de la photo affective. Mais voilà, c'est juste, je te transmets moi ce que j'ai vu du mal. Et je pense que c'est pareil pour toi. Dans tes photos à San Francisco, il y a vraiment une atmosphère qui est particulière. Est-ce que certaines villes, elles t'imposent une esthétique ? Est-ce que ton esthétique, elle est conditionnée par les endroits où tu vas ? Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui... Comment on pourrait... Le crottre, quand même. Il conditionne. Vas-y, je pense qu'on est là pour ça. Qu'est-ce qui conditionne ton esthétique ? Dans une ville, dans un voyage.
- Speaker #0
Déjà, on peut commencer par plein de choses. Après, si on parle purement d'esthétisme... Quelle argentée ? C'est sûr des villes, ça change. Et pas seulement du point de vue visuel, mais aussi la façon dont la lumière tape les différents bâtiments. Par exemple, si tu vas à Londres, t'as des endroits qui sont plus plats, il y a différentes briques, ça refait la lumière différemment. À Paris, d'après ce que j'ai compris, c'est bâti dans une sorte de trou. Ce qui fait que la lumière, elle tape pas de la même manière, mais après, t'as quand même des...
- Speaker #1
Des réflexions avec les fenêtres.
- Speaker #0
Voilà, t'as des bâtiments assez hauts aussi. Donc c'est un différent type d'approche. Et aussi, culturellement, j'ai eu énormément de chance d'avoir beaucoup voyagé. D'ailleurs, une des photos, c'est là où j'ai compris que je voulais faire de la photo, c'était quand j'étais en Asie. Je suis moi-même vietnamienne.
- Speaker #1
En détail ?
- Speaker #0
Alors non, c'était à Hong Kong, on était allés de passage. Les bâtiments, l'architecture, elle est incroyable. C'est aussi une ville où il y a les personnalités, les gens, c'est beaucoup plus bombé, c'est beaucoup plus dense. Il y a des gens qui parlent anglais, il y a des gens qui parlent... Je ne me rappelle plus de la langue qu'ils parlent, je sais pas si c'est le mandat ou... Oh pardon. Mais ça changeait en fait. par rapport à tes réflexes, la rapidité à laquelle tu vas prendre des photos, la lumière aussi, ça te fait voir des choses différemment. Par exemple, San Francisco, c'est pareil. J'ai la famille là-bas, les rues sont plus grandes, les gens, tu prends des photos, il n'y a pas de souci. À Paris, on peut te regarder un peu. On ne juge pas forcément, mais il y a cette sorte de curiosité parfois que les gens n'ont pas, alors que là-bas, tu peux prendre une photo par terre, allongée. C'est mon expérience du monde. Puis l'acheter avec ma soeur aussi, donc ça faisait que vraiment, nous deux, on était sans chien.
- Speaker #1
Donc, l'aspect, le fait que tu sois, on peut dire que c'est conditionné par le fait que tu sois dans une ville où il y ait plus d'horizons.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Entre New York et San Francisco, par exemple.
- Speaker #0
Plus d'horizons, c'est-à-dire ?
- Speaker #1
Qu'il soit plus dégagé en termes de vue.
- Speaker #0
Oui, il y a ça et aussi, je pense, enfin ça c'est mon avis à moi, mais quand tu vas de ville en ville, t'as différents... une mouvance de la population. Et à New York, par exemple, tout le monde est un main character là-bas. C'est vraiment, tu es dans une ville de NPC. J'adore, c'est ma ville préférée d'ailleurs. Mais du coup, ça fait que tu te permets de prendre plus de photos. Il y a l'autre qui est en train de se gigoter dans tous les sens. Tu prends la photo et tu dis merci, limite. Après, il y a aussi quand même à faire des choses dans le respect. Je ne dis pas que je suis la folle du bus qui prend les photos de tout et n'importe quoi.
- Speaker #1
Mais je ne fais pas du bon.
- Speaker #0
Non. Dans chaque ville apporte une différente rapidité, des différents réflexes. Ce n'est pas seulement le côté esthétique, c'est aussi le côté culturel qui conditionne, ou plutôt forme ta prise de vue, ton module.
- Speaker #1
Tu préfères shooter quoi ? Si tu avais un shoot de mode et qu'on te laissait choisir entre San Francisco et New York, tu choisirais quoi ?
- Speaker #0
San Giorgio et New York ?
- Speaker #1
San Giorgio et un véto.
- Speaker #0
Pour l'instant, je dirais New York. Parce que la dernière fois que je suis allée, chaque jour, je n'ai rien compris à ma vie. Mais en fait, c'est une ville qui est déjà très formée par l'image. C'est le genre de... C'est une ville que tu vois dans les films. Tu vas là-bas, c'est exactement ce que tu pensais, mais genre x1000.
- Speaker #1
Il y a des lignes partout. Moi, c'est ce que je vois de New York. À chaque fois que je vois des photos, je vois des espèces de lignes partout. Je me dis, putain, ça doit être hyper simple de shooter. au niveau que tu as réglé tiers des... Ouais, en fait,
- Speaker #0
tu vois les livres, les pop-up books un peu pour enfants ? Ouais. Toi, tu ouvres, après, t'as un bâtiment. Pour moi, ça, c'est New York. Ouais, ouais. Donc, tu sais, je dirais New York, juste pour explorer ça davantage. Forcément, je dirais que t'étais là-bas une semaine. Et en fait, quand je dis que je pars quelque part et que j'ai rien compris à ma semaine, ça veut dire que je réussis. Enfin, ok. Donc, façon simple de parler.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà. Après, bon, là, on parle beaucoup de ville et des choses comme ça. Après, j'ai pas trop tenté des campagnes. Après, moi, je sais pas si toi... Enfin, je dis pas que Fontainebleau, c'est une campagne, mais c'est quelque part de rural aussi. Je sais que t'as tendance à jouer. Moi,
- Speaker #1
j'adore un village.
- Speaker #0
Ouais. C'est vrai que c'est intéressant parfois quand je vois... Parce que là-bas, j'adore... C'est beau et tout, mais j'ai pas encore trouvé ma graine qui fasse que j'ai envie de shooter. Je sais pas comment c'est pour toi, mais...
- Speaker #1
Moi, j'utilise là-bas. Quand je veux shooter là-bas, c'est que j'ai des clients. Tu as vu les commandes en bain de forêt. Pour la mode, c'est des pots-là que je vais en forêt parce que la lumière, elle est filtrée avec les feuilles des arbres et que ça fluidifie un peu le bouc des mannequins. Sinon, voilà, c'est pour des clients qui ont des fois des besoins spécifiques. Pour mes covers photos, quand les gens disent « Ouais, je veux du shoot urbain en coin » , je choisis de shooter dans mon camp parce que je sais que c'est tranquille, on ne va pas être embêté. on a Il y a beaucoup de possibilités en termes de murs. Mon coin, c'est vraiment pour me reposer après Paris.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses, j'ai un peu posé la même question tout à l'heure, mais j'ai l'impression que tu élabores, c'est comment ton rapport à l'humain dans la photographie a changé. S'il a changé au fur et à mesure de ta carrière, avec une différente... Tu vas parler du fait que tu fais des documentaires en prison, par exemple. Tu fais des documentaires, tu fais aussi des polars, tu fais aussi des bambes florées. Enfin, tu as une carrière qui est assez riche en différentes...
- Speaker #1
Je peux dire qu'il est exophrénique, ça me dérange pas.
- Speaker #0
D'accord, très bien.
- Speaker #1
Vraiment, il n'y a aucun souci. Ouais, non, moi... Après, qu'on se le dise bien, j'ai le job, j'ai la passion. C'est ma passion, la photo. Et je suis content de me lever tous les matins et de pouvoir faire des photos. Après, je suis content aussi de pouvoir gagner des sous. Donc, c'était important pour moi de me transformer en octopus, tu vois, d'être exophrénique, de pouvoir me dire, on va déployer les tentacules. Et tout ce qui nécessite de l'image, on va... se rendre capable de le faire, autant en vidéo, autant que... Et puis ça m'intéresse. Je pense que depuis tout petit, et ça mes profs, ils l'ont très vite compris, c'est un truc que m'intéresse. Je n'ai pas besoin d'apprendre, en fait. Il faut que la chose m'intéresse. Et quand la chose m'intéresse, ça va monter, je vais lire deux secondes, et les compétences vont monter. Donc voilà, et en tant qu'homme, oui, ce sont des choses qui m'ont fait grandir. Après, ce n'est pas qu'il a changé, c'est que la photo, pour moi, c'est quelque chose d'initiatif. Forcément, ça a grandi avec moi. Ça m'a aidé à me construire moi en tant qu'homme. Par exemple, les travaux que j'effectue avec Pascal Becretelier, même si j'avais commencé à travailler sur ma masculinité en tant que père aussi, ces travaux-là m'aident à aller en profondeur dans certains aspects, dans tous les aspects plutôt même de ma masculinité. Donc ouais, je dirais que ça a grandi avec moi et ça m'a fait grandir. Ça continue même de me faire... de me faire grandir. J'ai l'impression que de toute façon, plus tu rencontres des êtres humains, et ça, ce n'est pas lié qu'à la photo, mais plus tu vas connecter avec des gens et que tu vas avoir des expériences profondes. Ce que je décris là, c'est un mouvement, c'est-à-dire que je donne, la personne, elle me donne, et au final, on monte à chaque fois. C'est un peu comme nous deux ensemble. Je pense que c'est le meilleur travers, le travers positif d'une relation, c'est de grandir. Donc oui, mon rapport à l'humain a grandi. avec les différentes commandes que j'ai eues. Et c'est même une baraka, je dirais.
- Speaker #0
Est-ce que ça me fait penser par rapport au fait que tu... Il y a beaucoup d'implications de toi-même dans tout ce que tu fais, je dirais, par rapport à ton regard, par rapport à comment tu fais non seulement de la photo de rue, mais aussi tu travailles dans des ateliers. Tu es aussi, avec les mains de fourré, à cet aspect thérapeutique. Qu'est-ce qui se passe dans ta vie quand... C'est la question qui fait peur aux photographes parfois, mais quand il n'y a plus de passion. Est-ce que tu as eu des périodes comme ça ? Tu t'écrirais comment ?
- Speaker #1
Il y a eu des périodes où je crachais dans mon plat de spaghettis, ça c'est clair. Ça me traversait l'esprit d'arrêté, mais j'ai toujours senti le fluide créatif qui s'agitait. Et c'était plus, j'irais, ce n'était pas une déficience en termes de créativité, c'était un aspect de, j'allais dire moral, mais c'est même mental. Disons que des fois, j'ai l'impression que c'est pour tout le monde pareil. Des fois, on va mal parce qu'il nous arrive certaines choses. Et quand on enchaîne les trucs où ça va mal, on est un peu low dans le sujet principal de sa vie.
- Speaker #0
Maintenant, c'est important d'entretenir ça.
- Speaker #1
La photo, c'est un truc que j'ai pris avec passion. J'ai claqué pas mal de portes. J'ai claqué quand même. C'est un CD quand même. pour faire ça. Donc du coup, j'ai quand même eu conscience très vite que j'avais moi par rapport à mes parents et par rapport aux gens qui nous entouraient. Moi, j'avais choisi ce que je voulais faire et ce que je voulais être. Moi, j'avais cette chance. Donc, le fait de me... Tu vois, j'ai eu des troubles créatifs, comme je t'ai dit, slash ordre mental, c'est-à-dire que je suis down dans ma vie. Donc, bien entendu, tu n'as pas envie de te lever. Je vais prendre le cadre. Tu as eu une longue relation, tu as une rupture. Le lendemain, tu n'as pas envie de prendre forcément ton appareil pour... Voilà. C'était plus d'ordre comme ça. Mais sinon, j'ai... Et je l'ai toujours en conscience et je pense que tu peux le... Je me dis toujours que, ouais, moi, par rapport à mes aïeux, j'ai eu la chance, enfin, je suis né ici et j'ai la chance de choisir ce que je veux être. J'arrive pas à me voir dans un truc où j'ai plus de créativité, j'ai plus d'idées. Ça, c'est pas un truc qui est possible par rapport à... J'ai l'histoire de ma grand-mère, j'ai l'histoire de ma mère derrière et du coup, tu sais, ça me met... Non, c'est pas ce geste-là, mais je sens deux mains qui me... Tu vois ? Et c'est là, quoi, du coup...
- Speaker #0
C'est une question que je me suis énormément posée quand je suis passée à full freelance. Parce qu'après un certain moment, tu te dis... Déjà, ça c'est mon avis, mais être photographe, c'est un boulot qui est extrêmement... Pour pouvoir vivre de ça, il faut avoir des privilèges. Ça, ça n'a pas été ton cas.
- Speaker #1
Non, non, non. Je peux te dire, c'est un sport de bourge la photo.
- Speaker #0
Oui, possible. Après, moi j'ai eu énormément de chance. J'ai des parents qui m'ont énormément soutenu. J'ai aussi le job parfait à un moment. Dans le sens où c'était... Tant parcelles et l'autre freelance. Après, je me suis lancée dans le freelance. Et on parle beaucoup de ces... Surtout, il y avait des périodes où, avec d'autres photographes, on se demandait, est-ce que ça vaut la peine ? Quand tu perds la passion, c'est genre, OK, je vais me baser sur mes compétences techniques. Et puis après, il y en a plusieurs. C'est un marché qui est extrêmement compétitif. Mais après, toi, tu as dit qu'avec ta passion, c'est pas... En fait, toi, c'est même pas une option de ne pas avoir une autre.
- Speaker #1
Et encore une fois, je trouve que quand il n'y a pas de passion, il n'y a pas d'intention. Après, c'est au client. Des fois, tu as des clients, ils ont leur gabarit, comme déjà. Ils disent, voilà, nous, on fait ça comme ci, comme ça, avec tes lumières. Tu fais le truc. Si tu n'as pas de passion, tu vas être... Non, je pense même que tu peux être jovial sans avoir de passion, puisque le truc est là. Mais pour la créativité, si on te dit, voilà, on a ça, on aimerait le mettre en avant, qu'est-ce que tu penses ? Si tu n'as pas de passion derrière, il n'y a pas d'intention, tu vois. Tu as l'intention, toi, d'avoir ton argent, clairement. de faire ce qu'il faut pour avoir ton argent, mais faire ce qu'il faut, si ça ne se branche pas dans une veine où il y a de la passion, ça, c'est mon regard perso. Je me dis, moi, je préfère travailler avec des gens, même d'ailleurs, je travaille avec tout le monde, quand j'ai quelqu'un de l'argent, je travaille, mais je suis très heureux quand les gens ont une intention plus derrière les produits qui m'amènent à mettre en avant, ou même hors personne. Je trouve ça...
- Speaker #0
Après, je ne sais pas si c'est exactement... Quand tu parles des intentions plus...
- Speaker #1
C'est-à-dire que ce soit nourri dans une forme de passion, de créativité. Il faut avoir envie.
- Speaker #0
Et parfois, c'est aussi trouver des petits... C'est comme ça que je le vois. Parce que moi, pendant mes périodes, je ne ressens plus forcément cette envie. Ou je me sens... Il faut trouver parfois... Ça, c'est moi, par contre. J'adore travailler avec des gens. Même si je peux être une personne introvertie, il y a un réel plaisir à travailler en équipe. C'est pour ça qu'avec cette question, j'aime bien travailler directeur artistique, j'aime bien travailler aussi, il y avait des moments où, pendant un moment, dans la période freelance, où ça se passait un peu moins bien, on va être honnête, on ne va pas faire comme si tout est rose tout le temps, il y avait... Freelance,
- Speaker #1
on pourrait dire, pour les aficionados, c'est un RPG, c'est vraiment un jeu de rôle. Ah ouais, non, non, non, il faut le dire, démarrer en freelance, c'est comme un jeu de rôle avec, je vais dire, on va dire t'as qu'une seule vie.
- Speaker #0
et t'en as pas 20 000 non non c'est très très dur oui après t'as des gens ils survivent de différentes manières après pour moi c'est une manière qu'on peut considérer un peu naïve après moi ça me dérange pas parce qu'à travers des erreurs de naïveté après on apprend mais ouais les périodes où j'ai moins senti l'envie ou le besoin et d'un coup il n'y avait plus créativité et j'avais cette exécution de skills qui pouvaient t'être satisfaite et puis après t'es pas heureuse forcément c'est que après c'est vrai que j'ai eu shooter les mannequins par exemple genre j'adore Merci. J'adore les thèses mannequins, j'adore rencontrer des gens. Souvent, en plus, c'est des gens qui viennent un peu de partout, travailler avec des particuliers, sortir de... En fait, il ne faut pas oublier qu'être photographe, c'est un job qui a une immense opportunité sociale. Je ne parle pas d'échelle sociale non plus, je parle vraiment de... Quand j'ai parlé tout à l'heure de sortir de mon propre corps en prenant des photos quand je ne me sentais pas bien et du coup, apprendre à regarder les autres, tu apprends aussi sur chaque taf, à travers les gens avec qui tu shoots. Parfois aussi, là... En ce moment, cette année, j'ai l'énorme chance de travailler dans un studio. Donc parfois, je suis aussi assistant de plateau. Ce qui fait que je rencontre plein de différents photographes. Et c'est en fait un environnement qui est tellement riche en expériences. Les gens viennent de partout. En fait, quand tu ne ressens plus de créativité, là par exemple, c'était une période comme ça. Shooter des mannequins, ce qui te permet de... vivre... Quand tu oublies en fait pourquoi tu aimes la photo, en fait tu vois d'autres gens qui aiment aussi.
- Speaker #1
Oui oui.
- Speaker #0
Et ça te crée des mini rappels tu vois donc faut pas être... faut pas se décourager vraiment. La seule personne qui peut t'arrêter c'est toi. Il y a des périodes où genre bah toi t'es le parfait exemple en fait de personnes qui à des périodes n'a rien eu et qui a quand même réussi à vivre de ça, qui réussit à être fière de toi, qui peut faire des très belles choses. Franchement y a aucune excuse. Mais prenez soin de vous par contre.
- Speaker #1
Oui, après, c'est compliqué de prendre soin de soi quand on ne joue pas. Mais oui, Après, oui.
- Speaker #0
Tu donnes des cours de photo également. Ça, on a un tout petit peu parlé, mais il y a toujours un truc que j'ai vraiment envie de savoir. C'est en fait, est-ce qu'à travers ce que tu transmets, ça a informé ta manière de travailler ou ça t'a fait progresser ?
- Speaker #1
À travers les cours ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est des rappels. C'est des rappels. Moi, j'adore les cours. Si j'étais dans l'école. J'ai haï l'école parce qu'il n'y avait pas de photos. Et du coup, donner des cours photo, c'est cool. Je mets mes élèves des fois à rue d'épreuve. Je ne les tape pas, mais je les mets dans des contextes où ils ne sont pas du tout à l'aise. Ça fait ressortir des choses chez eux. Et comme je leur dis à chaque fois, il ne faut pas avoir honte parce que ce que tu as, par exemple, on l'a déjà constaté dans notre relation photographique, mais les choses sur lesquelles je vais te rebooster vont être un rappel pour moi. forcément que d'après, je vais appuyer fort sur le curseur de ça. Et puis, ouais, ouais, non, ouais.
- Speaker #0
Tu t'es déjà fait rappeler par un élève quelque chose de particulier ? Non,
- Speaker #1
qui m'a remonté sur un truc ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Non, jamais. Est-ce que la contrainte, c'est quelque chose qui va limiter ou qui va nourrir, apporter quelque chose en plus à ta créativité ? La contrainte. Est-ce que l'handicap, c'est quelque chose qui...
- Speaker #0
Alors, j'avais déjà dit... Tout à l'heure, pour moi, contrainte, ce n'est pas un mot que j'aime tellement parce qu'en fait, à chaque fois, pour moi, c'est une chance. Mais moi, j'ai toujours vu comme ça. Au début, quand tu commences à être photographe, en fait, chaque contrainte te fait trouver une autre manière de cadrer, une autre manière de jouer avec la lumière. Il y a de différentes manières. Il y avait des fois où, par exemple... En tant que photographe, souvent, tu n'as pas la connaissance des flashs. La lumière continue, c'est parfait. La lumière du jour, c'est très bien. Savoir aussi si la lumière n'est pas top. Savoir comment placer ton sujet, ton produit. Il y a toujours des différentes manières qui te poussent à... Ce n'est pas comme le sport, par exemple. Avec la photo, tu as 10 000 membres en fait. Alors qu'avec le sport, tu en as peut-être 4. Je dirais, pour répondre de manière simple, la contrainte, ça n'existe pas vraiment. C'est une modulation de ce que tu dois faire. Après, bien sûr, tu peux avoir des limitations, par exemple, de budget. Ça,
- Speaker #1
c'est une contrainte.
- Speaker #0
Ça, c'est une contrainte. Mais après, c'est ça qui est important quand tu photographes. C'est de travailler avec le budget de ton client quand même à un certain point. Avec le budget qu'ils ont, c'est savoir comment les accompagner. Tout en respectant. Oui, tout en respectant. Par contre, ne baissez pas trop vos prix. Ça, c'est très important. Mais aussi, il faut savoir comment fonctionner avec son client, trouver des solutions. Ça, c'est moi, par contre.
- Speaker #1
moi j'aime bien par contre résoudre des problèmes peut-être le côté exécutant un peu là-dedans l'accompagnement c'est bien là t'es en train de dire que quand tu as un client tu le prends en charge à 360° ou la plupart du temps c'est cool ça après moi j'aime bien les mains tout ça là tout ce qu'on s'est dit ça m'amène à si on devait dire chacun de nous là ce qu'on a le plus C'est ce dont on est le plus fier vis-à-vis de la photo en termes de commandes ou peut-être de projets persos. Mais je pense que c'est plus en termes de commandes, vu qu'on a parlé beaucoup de commandes. Qu'est-ce qui, toi par exemple ?
- Speaker #0
La commande qui m'a le plus rapporté ?
- Speaker #1
Le donjon était le plus fier.
- Speaker #0
Ouf ! Je dirais que quand...
- Speaker #1
Tu peux me faire un top 3.
- Speaker #0
Ouais, top 3, vas-y, on va faire ça. Ce n'est pas un projet en particulier, mais les lookbooks, surtout durant ma première année de freelance, j'en étais extrêmement fière. Parce que c'est là où j'ai commencé à mieux faire mes devis. Là, pour une fois, ce sont des marques qui, parfois, ce sont des gens qui ne sont pas des photographes. Du coup, il faut aussi les amener à savoir comment faire un lookbook. Donc, c'était aussi très enrichissant en termes d'expérience. Comme autre projet, sinon, c'était aussi quand j'étais réalisatrice pour une vidéo. J'ai fait très peu de vidéos à ce stage-là. Donc, ce n'était pas un petit bain. On m'a lancée dans l'océan Pacifique, en fait. Mais c'était incroyable. Et c'est là où je me suis rendue compte que j'étais vraiment une exécutante. C'est là où, par exemple, je ne dirais pas que je suis une réalisatrice vidéo, mais je sais que j'adore être chef-op, par exemple. Et sinon comme troisième, c'était pas une commande, c'était un édito que j'ai fait avec un styliste qui s'appelle Edith O'Hilly. Je sais pas si j'ai mal prononcé ton nom de famille, désolé. Mais il m'a contacté le jour avant le shoot. Il a dit ouais j'ai pas encore de main de casse, on fait ce projet demain. Et tout a été fait à la minute près. Et c'était vraiment genre une belle expérience pour savoir comment réfléchir au tac au tac. Là c'était, en fait la limite c'était le temps qu'on avait. Et c'était shooté avec des gens que je n'ai jamais rencontrés avant. Et au final, maintenant, on s'entend très bien. Donc celui-là, il m'a rapporté peut-être pas de l'argent, mais il m'a rapporté énormément en termes de capacité. J'utilise beaucoup ce mot, mais aussi de très bons souvenirs. C'est là où je me suis rendu compte que je peux travailler très rapidement et bien aussi.
- Speaker #1
Attends, c'est important les souvenirs. Il n'y a pas que la forme professionnelle, c'est-à-dire la commande, ou les sous, C'est ce que je dis toujours aux gens. On ne fait pas ce métier pour des sous. Il y a le truc avec vocation et tout ça. Il faut prendre du plaisir, en fait. S'il n'y a pas de joie. Pour moi, je suis désolé. En premier lieu, c'est ce qu'on a découvert aujourd'hui. C'est ce grand reportage sur trois mois. Je ne vais pas plus m'étendre. On en a déjà beaucoup parlé. En deuxième, ce dont je suis très fier aussi, on en a beaucoup parlé, c'est parce que c'est pas parce que c'est dans l'actualité, mais c'est parce qu'il faut vraiment avancer là-dessus sur les masculinités par rapport à tout ce que l'on voit aujourd'hui. Je ne vais pas développer, mais c'est les travaux que j'effectue avec Pascal Beugretelier parce que je suis sur l'aspect extérieur, mais je rentre aussi dans l'intériorité et c'est une bénédiction d'avoir... Mr Beugretelli dans ma vie. Et troisième, je suis en train d'hésiter, je suis en train d'hésiter, mais je dirais troisième, ce sont, c'est les photos, c'est des photos de plateau. Donc, j'en ai pas parlé parce que je fais aussi des photos de plateau pour des longs-métrages. J'ai bossé avec un pote d'enfance en fait, qui est réalisateur, qui s'appelle Nesim Chikawi. Il a réalisé un film qui s'appelle Placé, donc qui parle d'enfants qui sont placés en foyer. Et donc, de bosser, d'être à la gestion des photos sur ce film, ça a été le début d'une vraie belle expérience dans ce domaine. Et j'adore la photo de plateau. J'adore être derrière les scènes, c'est-à-dire en silence. Et pouvoir bifurquer dans les loges, ou vu que j'aime la photo de rue, être sneaky dans les couloirs, et voir que ce soit une comédienne ou un comédien en train de fumer une clope ou sans bruit au téléphone. Mais moi, je suis toujours là pour récupérer. récupérer et faire des photos qui, des fois, servent plus à la communication qu'on pouvait le penser. Donc, il y a un peu d'affectif dedans. Donc, ouais, c'est ça. Ce reportage-là, l'émission sur les masculinités et puis ce long métrage. On s'arrête sur le top 3.
- Speaker #0
Merci de nous avoir écoutés. Vous pouvez me retrouver sur H. C'est Chloé Palkinghorn. Et puis Gaëlle Rapon.