- Speaker #0
Ad vitam, le podcast de médecine préventive.
- Speaker #1
Environ 70% des maladies sont évitables. La médecine préventive, c'est une approche globale de la santé. Elle permet de cibler les facteurs de risque et ainsi de pouvoir limiter ou retarder l'apparition de pathologies. Dans ce podcast, avec l'expertise d'intervenants de qualité, nous décryptons sans tabou les données de la science auxquelles nous confrontons différents points de vue. Nous expliquons, avec bienveillance et empathie, Quels sont les éléments pour devenir acteur de votre santé, de manière positive, quel que soit votre âge ? Je suis le docteur Sarah Langeais, médecin généraliste et gériatre depuis plus de 15 ans.
- Speaker #0
Bienvenue dans Advitam, le podcast de médecine préventive.
- Speaker #1
Charlotte Jacouré Platonoff, merci beaucoup docteur, diabétologue endocrinologue qui travaille sur le centre hospitalier de La Rochelle en cabinet de ville en tant que spécialiste et aussi qui supervise la coordination des programmes d'éducation thérapeutique dans plein de maladies chroniques, dont le diabète. Je suis ravie de t'accueillir Charlotte pour qu'on puisse parler des problématiques thyroïdiennes. Pourquoi est-ce qu'on a de plus en plus de problématiques thyroïdiennes ? Est-ce qu'on a une réponse sur le sujet, Charlotte ?
- Speaker #0
Alors disons que je ne sais pas s'il y a de plus en plus d'hypothyroïdies, mais en tout cas il y a de plus en plus de pathologies thyroïdiennes particuliers je dirais plus de plus en plus de problématiques de nodules qui sont découverts parce qu'on fait beaucoup d'examens maintenant en particulier des échographies pour faire des Doppler ou pour faire des scanners etc et en fait on trouve beaucoup de pathologies donc au niveau de la thyroïde au niveau des nodules après il n'y a pas je pense pas qu'il y ait vraiment plus d'hypothyroïdie mais heureusement elles sont diagnostiquées peut-être plutôt au
- Speaker #1
Mais peut-être qu'on peut dire de plus en plus de maladies auto-immunes, et là-dessus on est d'accord. Oui, mais alors du coup dans l'hypothyroïdie, peut-être plus de thyroïdite de Hashimoto qui sont des maladies auto-immunes ?
- Speaker #0
Alors, dans les hypothyroïdies effectivement il y a différentes causes. Il y a des causes évidentes, chirurgicales, on enlève la thyroïde. Il y a des causes qui sont liées à des médicaments, certains médicaments qu'on utilise maintenant dans le cancer, et c'est sans doute pour cela qu'il y a plus de dysfonctionnement thyroïdien parce qu'on soigne de plus en plus les patients par des immunothérapies, des traitements dans certains cancers et effectivement ça donne des problématiques endocriniennes et en particulier ça peut donner des hypothyroïdies. Donc par ce biais là oui il y a plus de patients atteints de problématiques. Ensuite il y a d'autres médicaments qu'on utilise parfois, la cordarone c'est un médicament qu'on utilise en cardiologie très fréquemment et donc ça peut donner des hypothyroïdies ou des hyperthyroïdies et enfin il y a tout le domaine des pathologies auto-immunes dont la thyroïdite de Hashimoto qui a été décrite par ce monsieur et qui est liée à la présence de la fabrication d'anticorps contre sa propre thyroïde et qui la met le plus souvent au repos. Et je dis le plus souvent parce que parfois on peut avoir des hyperthyroïdies Avec les mêmes anticorps.
- Speaker #1
Ok, donc cette thyroïde, elle est mise au repos dans l'hypothyroïdie et donc dans la thyroïdite de Hashimoto. Bien souvent on va avoir des symptômes dans cette hypothyroïdie et moi bien souvent en consultation je retrouve beaucoup de patients qui vont présenter une prise de poids, une fatigue, parfois un arrêt un petit peu de la digestion avec des constipations assez présentes mais c'est compliqué parce qu'on a beaucoup de de patientes qui sont atteintes d'hypothyroïdie et on ne sait plus trop parfois faire la part des choses entre le fonctionnement de la thyroïde en hypothyroïdie, mais qui va parfois être substituée et qui va être bien équilibrée. Et ces profils-là où il y a beaucoup de fatigue, prise de poids. Et c'est bien difficile parfois de faire comprendre aux patientes si c'est bien la thyroïde qui pose problème ou s'il y a d'autres composants. Parce que si je prends la thématique de la fatigue par exemple... C'est une composante qui est très fréquente. On peut tous être fatigué parce qu'on est surchargé dans son travail, on a les enfants à gérer, on a des troubles du sommeil et il y a la fatigue dans l'hypothyroïdie. Comment est-ce qu'on peut la préciser cette fatigue dans l'hypothyroïdie quand on a cette glande qui fonctionne moins bien ? Parce qu'elle se fatigue.
- Speaker #0
Quand on fait un diagnostic de pathologie thyroïdienne et d'hypothyroïdie, les symptômes sont assez généraux. Pourquoi ? Parce que les hormones thyroïdiennes sont indispensables pour tout. tous les métabolismes : glucides, des protéines, le métabolisme des lipides. Donc c'est une hormone qui est essentielle au fonctionnement de l'organisme, mais vraiment majeure. Et quand on en manque, eh bien on va se mettre dans un état d'hypométabolisme, de ralentissement du métabolisme. D'où l'apparition d'une fatigue généralisée qui est un symptôme qui n'est pas du tout spécifique de cette maladie. Ce symptôme est très fréquent dans plein de maladies donc ça ne peut pas orienter. Mais il y a un ralentissement alors qui peut être psychique. Les gens qui ont des dépressions, parfois le diagnostic est fait sur une dépression qui a été traitée et en fait le bilan n'a pas forcément été tout de suite posé. Il peut y avoir des ralentissements au niveau digestif, effectivement des gens qui se disent de plus en plus constipés. Il peut y avoir des ralentissements au niveau du fonctionnement du cerveau, du raisonnement. Les gens ont des difficultés à réfléchir et puis il peut y avoir effectivement des troubles métaboliques avec une prise de poids qui est rapidement progressive. Ce qui ne va pas trop avec une prise de poids habituelle, en général c'est sur plusieurs mois, années. Et par contre, ce ne sont pas des prises de poids majeures. Ce sont des prises de 5-6 kg et c'est plutôt de l'œdème. Ce n'est pas du gras qu'on fait. Il peut y avoir également, en dehors de ces symptômes habituels, des crampes musculaires, des douleurs musculaires parce qu'on fait une véritable myopathie. Il y a même des personnes, si vous ne faites pas le diagnostic, qui peuvent avoir des difficultés à se mouvoir. et enfin la frilosité qui est un symptôme assez fréquent, les gens ont froid alors que leur entourage ne l'a pas donc c'est vraiment un symptôme vraiment pertinent. Et donc pour revenir à ça, on va amener des hormones thyroïdiennes qui vont permettre de remettre les choses en ordre et de redonner de l'énergie, remettre le métabolisme en marche. Certaines personnes peuvent développer sur la prise de sang une hypothyroïde. hypercholestérolémie par exemple. Donc ils peuvent être traités pour leur cholestérol, en fait il faut toujours qu'il y ait un bilan thyroïdien qui soit fait pour dépister une hypothyroïdie qui pourrait donner cette hypercholestérolémie en fait qui n'est pas liée à un problème d'alimentation mais liée à cette hypothyroïdie. Donc l'hypothyroïdie c'est beaucoup de symptômes et il y a certains symptômes qui doivent interpeller plus que d'autres parce que d'autres certains comme la fatigue c'est un symptôme qui est trop général.
- Speaker #1
Le diagnostic de l'hypothyroïdie pour nos patients finalement il se fait très simplement ? Oui,
- Speaker #0
normalement dans un bilan de fatigue etc. on fait une prise de sang et on dose la TSH pour Thyroid Stimulating Hormone. Et cette TSH en fait c'est l'espèce d'hormone qui contrôle le fonctionnement de la glande thyroïdienne. La glande thyroïdienne elle est située au niveau de la base du cou, elle a deux lobes, ça ressemble à un papillon. avec un corps au milieu. Et sous l'effet d'une hormone qu'on appelle la TSH, qui elle est fabriquée dans une glande qui est derrière le nez, qu'on appelle l'hypophyse, eh bien elle va se mettre à fabriquer des hormones thyroïdiennes. Et donc quand on a une hypothyroïdie, on a moins d'hormones thyroïdiennes. Alors on les appelle T3 libres, T4 libres pendant les prises de sang. Et du coup, le corps est bien fait. Quand on manque d'hormones, eh bien le corps va prévenir l'hypophyse et l'hypophyse va fabriquer plus de TSH. Donc la TSH augmente.
- Speaker #1
Il y a une erreur, c'est vrai, sur les prises de sang, les gens ne comprennent pas bien, mais effectivement, TSH très élevé, hypothyroïdie.
- Speaker #0
Voilà, parce que cette thyroïde stimulating hormone, cette hormone de la stimulation de la glande thyroïdienne, elle va augmenter pour essayer de faire sortir des hormones thyroïdiennes de cette thyroïde qui ne fabrique pas assez d'hormones. il y a trop d'hormones dans le sang, trop de T3, trop de T4, donc une hyperthyroïdie. Le corps prévient l'hypophyse et l'hypophyse se dit ce n'est pas la peine que je stimule la thyroïde, elle est assez stimulée comme ça, elle fabrique assez d'hormones. Donc elle baisse et la TSH est basse. C'est comme ça qu'on fait le diagnostic de l'hyperthyroïdie, de l'hypothyroïdie, en dosant dans une prise de sang la TSH qui doit facilement être faite, qui est un TSH ultra sensible, donc c'est un dosage qui est très fiable. Et il y a des normes. Si on est dans la norme, c'est qu'on n'a pas d'hypothyroïdie, en tout cas pas d'hypothyroïdie. lié à un problème d'anticorps qui bloque votre thyroïde, de maladie de Hashimoto.
- Speaker #1
Oui, ce que tu disais, parce que sinon on peut doser les anticorps pour voir qu'on a un taux d'anticorps trop élevé pour justement poser le diagnostic de thyroïdite de Hashimoto, donc de cette synthèse d'anticorps pour aller détruire cette glande thyroïde. Et donc là, on se retrouve dans cette maladie auto-immune spécifique.
- Speaker #0
L'hypothyroïdie auto-immune, il y en a plusieurs, mais celle qu'on connaît bien c'est... celle qui est liée à la présence d'anticorps antithyroïdiens, qui sont spécifiques, qu'on appelle les anticorps antipéroxidases, et qui se développent contre votre thyroïde. Comme si vous aviez une maladie virale, donc vous allez lutter contre ce virus en fabriquant des anticorps, là c'est la même chose. Le corps, de façon anormale, prend votre thyroïde pour quelque chose d'étranger et donc va fabriquer des anticorps, et ces anticorps sont dirigés vers des thérapeutes tissus, enfin une partie de la thyroïde. Et à terme, il va y avoir une réaction inflammatoire qui va se faire dans votre thyroïde et à terme, ça va conduire à un manque d'hormones thyroïdiennes et donc à une hypothyroïdie. Donc on va doser une fois pour faire le diagnostic d'hypothyroïdie de Hashimoto les anticorps anti-péroxidase. Ils sont positifs. Parfois ils effraient les patients parce qu'ils sont supérieurs à 2000, mais c'est pas parce qu'ils sont supérieurs à 2000 ou à 400 que c'est grave. C'est juste que... c'est la marque qu'il y a bien une maladie auto-immune et que l'hypothyroïdie est liée à ces anticorps qui bloquent le fonctionnement de la thyroïde.
- Speaker #1
D'ailleurs quand on fait une échographie, c'est assez joli parce que quand on regarde une thyroïde normale, elle est toute belle, elle est homogène et la structure est assez similaire partout. Quand on regarde à l'échographie ce petit papillon donc la thyroïde quand il y a une thyroïdite, On voit qu'elle est complètement déstructurée et qu'elle est parfois hétérogène.
- Speaker #0
Exactement, parce que comme il y a une réaction de ces anticorps, il y a une infiltration pour se défendre par des lymphocytes dans la thyroïde et ça va tout déstructurer le bel aspect tout homogène de la thyroïde. Mais ce n'est pas un signe de gravité, ça montre un peu l'aspect. pseudonodulaire, hétérogène de la thyroïdite que l'on voit dans les hypothyroïdies auto-immunes de Hashimoto ou dans d'autres hypothyroïdies auto-immunes.
- Speaker #1
Donc on est en hypothyroïdie, on a une thyroïde qui a du mal à fonctionner et donc on va pallier à ce dysfonctionnement en apportant des hormones. Alors sur les hormones thyroïdiennes, c'est grave d'en prendre ? C'est pas grave ? Est-ce que c'est pour toute la vie ? Ton avis sur le sujet ?
- Speaker #0
Mon avis n'est pas le mien, mais en fait l'hypothyroïdie c'est une maladie qui est définitive. Lorsque s'installe l'hypothyroïdie, les hormones disparaissent, voire totalement, ça peut mener à un coma qui est dramatique. Donc les hormones thyroïdiennes, lorsqu'on en manque, lorsqu'il y a une hypothyroïdie avérée, eh bien... nécessite un traitement à vie par hormone thyroïdienne. Donc l'hormone thyroïdienne, c'est la levothyroxine qui existe sous plusieurs formes et ça se prend en général le matin. Il y a des études qui ont montré que parfois chez certaines personnes qui l'absorbaient mal ou chez qui c'était compliqué de prendre le matin à jeun 30 minutes avant le petit déjeuner, et bien de le prendre le soir ça pouvait aussi très bien marcher.
- Speaker #1
Je t'interromps, on va revenir là-dessus parce que j'ai beaucoup de patients qui ne prennent pas le traitement à jeun. Dans l'idéal c'est quand même mieux de les prendre le matin à jeun n'est ce pas ?
- Speaker #0
Alors c'est mieux de le prendre quand on se réveille pour éviter que le traitement soit moins bien absorbé à cause du petit déjeuner. Et c'est surtout important de le prendre en évitant de prendre par exemple certains traitements comme le fer ou les traitements qui protègent l'estomac. Et donc, dans tous les cas, il faut éviter de les prendre en même temps et qu'il y ait un peu de temps entre les deux. Donc, le mieux, c'est de le prendre le matin à distance du petit déjeuner. Et puis si on a oublié, on le prend avec son petit déjeuner, ça sera absorbé également.
- Speaker #1
Voilà, mais il vaut mieux le prendre dans le pire des cas avec le petit déjeuner. Comme ça, on ne l'oublie pas et pas avec les autres traitements. le fer et les inhibiteurs de la pompe à protons qu'on appelle Mopral, Lanzoprazol, Pantuprazol etc. donc pas en même temps. Et sinon dans l'idéal bien avant le petit déjeuner c'est poser sur la table de chevet, on l'avale avec un verre d'eau ensuite on fait sa vie ou alors le soir avant de dormir pour résumer.
- Speaker #0
Le soir avant de dormir demandez à votre endocrinologue quand même.
- Speaker #1
Ok voilà donc on reste sur un matin à jeun quand même dans l'idéal mais ça c'est important parce qu'on n'en parle pas assez en prévention, en consultation sur le moment de la prise médicamenteuse puisque l'observance, c'est-à-dire à quel point on prend bien ses traitements, est important pour nous en tant que médecin parce que bien souvent on pense que les traitements sont bien pris, mais souvent il y a des traitements qui ne sont pas pris ou qui sont pris de manière fluctuante, que quelques jours dans la semaine. Et ensuite nous quand on fait des analyses et analyses de sang et je ne sais pas, par exemple pour la tension artérielle, on mesure des tensions et en fait notre patient nous dit derrière « Ah ben non, en fait j'avais pas pris le traitement » . Bon ben ok, on ne peut pas bien analyser les choses si on n'a pas… la réalité de la prise des traitements derrière. Donc dites-nous en consultation si vous prenez les traitements ou pas. L'idée, ce n'est pas de juger, ce n'est pas de vous faire engueuler, si j'ose dire, mais le plus important, c'est qu'on puisse avoir tous les éléments en notre connaissance pour pouvoir adapter au mieux les traitements pour vous et de pouvoir bien analyser les données cliniques qu'on a, cliniques ou biologiques. L'hormone ? Du coup, ça va être spécifiquement la lévothyroxine dont tu parlais qui se décline sous plusieurs présentations. Qu'on comprenne bien cette histoire de lévothyrox, d'hormones thyroïdiennes. Il y a plusieurs médicaments dans l'hypothyroïdie quand on veut aider la thyroïde à fonctionner. Alors, il y avait eu le scandale du lévothyrox, allons-y gaiement. Problématique essentiellement sur les excipients. C'est ça sur la nouvelle formule qui était sortie et qui avait provoqué quelques effets secondaires chez des patients.
- Speaker #0
Oui, donc le traitement par les hormones, c'est la lévothyroxine, c'est l'hormone que fabrique habituellement la thyroïde. Elle est là pour substituer le manque d'hormones. Elle ne va pas aider la thyroïde à mieux fabriquer des hormones, non. C'est vraiment un traitement substitutif à vie. Et donc il y a quatre formulations actuellement, fabriquées par des laboratoires différents, le laboratoire Merck, le laboratoire... laboratoire Henning, donc le Lévothyrox, la L-thyroxine Henning, la thyroxine et le T-Caps. Donc la différence dans ces formulations c'est effectivement les excipients. Et la problématique du Lévothyrox était effectivement le changement à la demande de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament au laboratoire Merck, le changement de l'excipient parce que le lactose apparemment ne permettait pas une bonne absorption régulière, enfin en tout cas un bon taux d'hormones dans chaque comprimé et qui s'usait au fil du temps. Donc le laboratoire Merck a changé la composition en excipients, en mettant un autre excipient plus du magnésium pour améliorer la stabilité du médicament. Sauf qu'à l'époque, seuls les professionnels spécialistes avaient été prévenus, pas les patients. Donc ils ont été en premier et en cours de cassation, ils ont été condamnés pour un défaut d'information auprès des patients parce que certaines personnes effectivement ont développé des intolérances au traitement lors du changement, ce changement d'excipient. supporte une des molécules. La dernière n'a pas d'excipients, c'est le DECAPS. La problématique c'est qu'aujourd'hui en France elle n'est pas remboursée donc c'est environ 10 euros par mois le traitement si on veut aucun excipient dans son normal.
- Speaker #1
- D'accord intéressant et comment tu choisis sinon sur les trois autres qui restent ?
- Speaker #0
- Alors moi personnellement je commence par la L-thyroxine Heining parce que l'évothyrox a une mauvaise presse mais les chirurgiens utilisent après une chirurgie un le lévothyroxine. Et ça se passe très bien. Et dès que l'instant où la personne a des effets secondaires, allergie ou intolérance, je lui propose de changer dans l'une des molécules. On regarde si c'est les mêmes excipients, dans le détail, parce qu'on ne sait pas à quoi la personne est allergique ou intolérante. Et puis on change. Et au final, si la personne vraiment ne tolère pas les trois molécules, le TECAPS sans excipient est quand même bien toléré, mais il n'est pas remboursé.
- Speaker #1
Et finalement, c'est la même composition dans ces quatre molécules ?
- Speaker #0
Oui, c'est de la lévothyroxine, mais c'est l'emballage qui est différent.
- Speaker #1
Donc on peut varier et puis en fait, en fonction de la tolérance, effectivement, on est tous différents. La preuve en est qu'au niveau de l'alimentation, on est tous différents. Il y a des gens qui vont tolérer le gluten, d'autres non, le lactose, d'autres non, qui vont être à l'aise avec les choux, d'autres non. Donc si on prend l'exemple de l'alimentation, on peut décaler et se dire que sur certains composants, donc les excipients sur des médicaments, on peut avoir une certaine intolérance un très bon... Je trouve que c'est quand même assez gratifiant de se dire qu'on peut changer de molécule et que c'est tout à fait envisageable d'en parler avec son professionnel de santé plutôt que de ne pas prendre la molécule alors qu'on en a besoin pour justement aider cette glande à fonctionner au mieux.
- Speaker #0
Exactement, et il n'y a pas de raison qu'un professionnel refuse de changer. Alors évidemment, il ne faut pas changer tout le temps mais si une personne ne tolère pas un traitement, on doit on se doit de changer le traitement et on contrôle le bilan thyroïdien trois mois après parce que selon la molécule par contre l'absorption ne sera pas tout à fait la même donc pour s'assurer qu'on est bien équilibré il faudra refaire un contrôle de tsh trois mois après.
- Speaker #1
Alors après je pense qu'il faut pas parler de refus de la part des praticiens si jamais vous accueillez un refus mais je pense qu'on peut plus parler en termes de méconnaissance bien souvent tout le monde connaît le levothyrox et il y a peut-être une méconnaissance des autres formulations par d'autres confrères Un médecin généraliste ou endocrinologue, l'enjeu c'est peut-être d'aller voir un endocrinologue qui lui maîtrise très bien ses médicaments et qui peut facilement switcher s'il y a besoin. Enfin il y a toujours d'autres possibilités.
- Speaker #0
C'est ça, c'est qu'il y a des possibilités, il y aura toujours un traitement qui sera adapté à chaque personne.
- Speaker #1
Dans le fonctionnement de la thyroïde, donc tu expliques très très bien que la TSH donne les hormones thyroïdiennes, celles qui sont actives. Dans ce fonctionnement de la thyroïde, il n'y a pas que finalement cette TSH, la T4, la T3. Il y a aussi quelques vitamines, quelques minéraux qui jouent dans la régulation de toute cette cascade enzymatique, comme le fer, le zinc, le sélénium, l'iode. Et par exemple, l'iode, est-ce qu'on est carencé, pas carencé en iode ? dans les pays occidentaux ? Qu'est-ce qu'on a fait en termes de prévention pour cette carence en iode ?
- Speaker #0
Il y a plusieurs années de cela, on a intégré de l'iode dans le sel afin que justement les carences qu'on rencontrait surtout dans les zones montagneuses ou qui s'accompagnaient de faits de goîtres, donc de grosses glandes thyroïdiennes, on a apporté cette supplémentation en iode dans le sel pour qu'il n'y ait plus de carences. Et donc aujourd'hui, on ne peut plus parler de zones carencées actuellement, en tout cas en France ou dans les pays d'Europe justement parce que cette prévention a permis d'éviter cela. Il y a certains aliments parfois qui peuvent aussi donner des goites comme le manioc, donc dans certaines régions où on en mange beaucoup. Pour le reste, l'iode, c'est capital puisque ça fait partie de... Quand on fabrique des hormones au niveau de la thyroïde, l'iode c'est un des substrats les plus importants pour former l'hormone thyroïdienne. Et donc c'est capital de ne pas être carencé en iodes ou de ne pas être surchargé en iodes comme parfois certains médicaments contiennent, comme la cordurane par exemple. Mais donc l'iode c'est capital pour la synthèse thyroïdienne, pour la synthèse des hormones thyroïdiennes qui vont ensuite agir sur les cellules Et ça agit sur l'ensemble de l'organisme pour permettre aux cellules de métaboliser, de faire leur travail et construire le cerveau quand on est bébé, de permettre la construction de toutes les structures nobles de l'organisme. Et puis ensuite, pour le métabolisme. Donc oui, l'iode c'est important et c'est capital.
- Speaker #1
Donc vous pourrez le regarder sur vos sachets de sel fin en cuisine ? C'est toujours noté sur la boîte, enrichi en iodes pour éviter cette carence. Est-ce que c'est utile de la doser l'iode ? Il y a des dosages qui se font sur le plan urinaire.
- Speaker #0
D'abord il faut savoir que ce n'est pas remboursé. Ensuite ça a du sens quand on recherche une cause par exemple d'hyperthyroïdie et qu'on ne trouve pas dans le bilan de complément. causes liées à la présence de maladies auto-immunes, etc. On regarde si les gens n'ont pas ce qu'on appelle une surcharge iodée qui ne serait pas si inaperçue. Par exemple, quelqu'un qui, ça arrive parfois, qui se nettoie la bétadine en permanence avec une solution qui est enrichie en iode, peut avoir une surcharge dans son organisme. Certains médicaments contiennent aussi de l'iode en dehors de la cordarone. Ils contiennent de l'iode et peuvent donner une surcharge quand il est consommé de façon... Et donc, dans ces cas-là, Alors qu'on ne trouve rien au niveau du reste du bilan, on a fait une échographie, on a fait une scintigraphie, on ne trouve pas la cause de l'excès d'iodes. On va regarder dans les urines s'il n'y a pas trop d'iodes. Et ensuite il va falloir pister pour savoir d'où vient cette surcharge iodée qui entraîne une hyperthyroïdie.
- Speaker #1
C'est une vraie enquête. Donc si on part du principe qu'il y a quand même beaucoup de minéraux et de vitamines qui aident à la synthèse de ces hormones... On peut garder en tête la prévention nutritionnelle essentielle qui est de varier, de manger équilibré, mais surtout de varier les aliments. Puisque plus on varie les aliments, plus on va s'apporter des éléments en micronutrition qui vont être différents et qui vont potentialiser l'efficacité de cette glande. Tu es bien d'accord là-dessus ?
- Speaker #0
Tout à fait, oui.
- Speaker #1
Ok, parce que pour que notre glande fonctionne bien, en dehors du fait qu'il y a une partie génétique et qu'il y a des choses qu'on ne peut pas toujours expliquer... on essaye en prévention d'optimiser le fonctionnement en amenant tous ces cofacteurs, on appelle ça des cofacteurs enzymatiques qui permettent que toutes les étapes de la synthèse des hormones thyroïdiennes se fassent.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #1
En prévention, finalement dans la thyroïde, le message qu'on peut passer c'est que le dosage est très simple à faire sur le plan biologique. On dose donc la TSH comme on l'a très bien dit, on la dose en laboratoire le matin à jeun. On voit si on est dans les normes ou pas. Si on n'est pas dans les normes, on va aller voir son médecin généraliste ou ensuite son endocrinologue. Après, en termes de prévention, c'est peut-être plutôt de se dire que prise de poids normale, comme on disait, fatigabilité qui stagne ou d'autres symptômes, surtout consulter. C'est ça qu'on peut retenir essentiellement en termes de prévention sur la thyroïde ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Consulter tôt, faire ce test qui est assez simple finalement, assez reproductible. le recontrôler s'il n'est pas tout à fait normal pour voir s'il n'y a pas... Et puis finalement, s'il est nécessaire d'avoir un traitement, revoir avec son médecin traitant pour débuter un traitement au plus tôt.
- Speaker #1
Voilà, donc on fait un bilan globalement de santé quand il y a un sujet à aller voir un peu plus en profondeur sur un changement clinique qui nous interpelle. Et puis ça c'est quand on n'a pas de traitement. Et sinon, quand on est avec un traitement, il faut bien sûr vérifier de temps en temps qu'il y a une bonne tolérance de ce traitement, qu'on est bien dans les normes de l'hormone qui est prise et de voir que tout fonctionne bien au niveau de la thyroïde.
- Speaker #0
Non, c'est assez simple en fait.
- Speaker #1
Écoute, déjà je pense que ça clarifie beaucoup de choses sur la thyroïde. Merci beaucoup Charlotte.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté Advitam, le podcast de médecine préventive. Retrouvez le docteur Sarah Longer sur les réseaux sociaux pour échanger et abonnez-vous sur votre plateforme d'écoute préférée.