- Speaker #0
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- Speaker #1
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- Speaker #0
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- Speaker #1
Advitam, le podcast de médecine préventive.
- Speaker #0
Environ 70% des maladies sont évitables. La médecine préventive, c'est une approche globale de la santé. Elle permet de cibler les facteurs de risque et ainsi de pouvoir limiter ou retarder l'apparition de pathologies. Dans ce podcast, avec l'expertise d'intervenants de qualité, nous décryptons sans tabou les données de la science auxquelles nous confrontons différents points de vue. Nous expliquons, avec bienveillance et empathie, quels sont les éléments pour devenir acteur de votre santé, de manière positive, quel que soit votre âge. Je suis le docteur Sarah Longé. médecin généraliste et gériatre depuis plus de 15 ans.
- Speaker #1
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- Speaker #0
le podcast de médecine préventive. J'ai le plaisir et l'honneur de recevoir le docteur Laura Serrano que nous avons choisi pour parler prévention en cardiologie, pour vous aider, vous les femmes surtout, pour être en bonne santé et rester en bonne santé avec votre cœur. Pourquoi ? Parce que Laura Serrano est donc cardiologue spécialiste en réadaptation et en cardio-oncologie. Et qu'elle est aussi ambassadrice pour la fondation Agir pour le cœur des femmes, une fondation qui avait été fondée par Claire Mounier-Veyer, professeure cardiologue, et Thierry Drion. Elle est aussi vice-présidente du groupe Exercices, Réadaptation, Sport et Prévention de la Société Française de Cardiologie et également présidente de l'Association de Prévention de la Santé Post-Cancer, tout ça pour éviter les maladies cardiovasculaires. Et j'ajoute à ça que Laura Serrano nous forme, nous médecins. lors de diplômes universitaires à la Faculté de médecine de Tours et à Paris, à la Pitié-Salpêtrière et à l'hôpital Saint-Antoine sur la santé de la femme et sur la réadaptation cardiovasculaire. Ça en fait donc une actrice majeure de la prévention en santé sur le plan cardiovasculaire et également sur la réadaptation et sur le plan cardio et oncologie. Bonjour Laura.
- Speaker #2
Bonjour Sarah et merci beaucoup de ton invitation.
- Speaker #0
Les maladies cardiovasculaires, c'est la première cause de mortalité chez les femmes. Bien souvent, on pense au cancer du sein alors qu'en fait, c'est le cœur qui tue les femmes. En France, on a à peu près 200 femmes qui meurent chaque jour d'une problématique cardiaque ou neurovasculaire. Donc les problématiques de cœur ou les accidents vasculaires cérébraux, c'est beaucoup. Chaque jour, 200 femmes. on pourrait dire que 80% des événements cardiovasculaires sont potentiellement évitables. Et ça, sur Advitam, vous me l'entendez souvent dire, le côté évitable. Oui, on peut éviter beaucoup de maladies et on peut donc être actrice et acteur de notre santé et faire en sorte qu'on puisse être en vie pas forcément le plus longtemps possible, parce qu'on parle beaucoup de longévité, mais surtout être en forme, bien en forme. pendant l'espérance de vie qu'on a. On ne cherche pas à vivre 120 ans, on cherche surtout à vivre en bonne santé, avoir le moins de handicap possible sur la vie qu'on aura à gagner. Les femmes sont souvent diagnostiquées plus tard que les hommes sur l'infarctus. Donc moi, j'aimerais bien avoir ton point de vue, Laura, s'il te plaît, déjà, sur ces chiffres que j'amène et voir comment, au cours de cet épisode, on va pouvoir parler des symptômes chez les femmes. des facteurs de risque, voir comment on peut les éviter, les étapes clés au cours de la vie d'une femme et voir quels sont les examens à faire. Et aussi lors des cancers, comment est-ce qu'on peut prendre soin de notre cœur ?
- Speaker #2
Merci Sarah pour tous ces rappels. En effet, les maladies cardio-neurovasculaires sont une cause de mortalité importante chez les femmes. 200 femmes meurent chaque jour. Et lorsque tu dis « neuro » , c'est parce qu'en effet, il va y avoir des AVC, des accidents vasculaires cérébraux qui vont être fatals chez les femmes, mais également des infarctus, embolies pulmonaires, etc. C'est contre-intuitif. Souvent, on pense que les femmes meurent plus du cancer du sein, alors qu'il n'y a que, évidemment, c'est un chiffre important, mais 13 000 décès chaque année pour le cancer du sein. Il est assez stable depuis de nombreuses années, puisqu'il y a eu une grande amélioration de la prise en charge des cancers du sein. Et a contrario, Il n'y a pas eu forcément de grand recul de la mortalité cardio-neurovasculaire chez les femmes, parce que dans l'imaginaire collectif, les femmes sont moins atteintes des maladies cardiovasculaires, donc l'imaginaire collectif, mais même médical. Il y a eu un gros travail de fait ces dernières années par Agir pour le cœur des femmes, la Fondation Cœur et Recherche, pour vraiment sensibiliser les femmes. les professionnels de santé à mieux repérer le risque cardiovasculaire des femmes, mais également à être plus sensibilisés aux symptômes qu'elles présentent et à les hospitaliser plus précocement que d'habitude, et autant que les hommes. Parce que la prise en charge hospitalière des femmes est retardée pour un infarctus du myocarde par rapport à celui des hommes. Les femmes sont moins prises en charge par le SAMU pour une douleur thoracique qu'un homme. Les femmes vont avoir moins accès à la réadaptation cardiovasculaire après un infarctus qu'un homme, seulement 23%, alors qu'il y a des grands bénéfices à la réadaptation, par exemple post-infarctus pour une femme. Donc c'est toute la chaîne de la prise en charge de l'infarctus du myocarde, je parle plutôt de ceci puisque je suis cardiologue, mais j'imagine un neurologue pourrait parler de la même chose pour un accident vasculaire cérébral. C'est toute cette chaîne qui existe finalement, qui est hyper bien huilée en France avec l'appel du SAMU. la prise en charge aux soins intensifs, et puis la réadaptation, qui se fait moins bien pour les femmes. Donc là, c'est juste une question d'éducation, d'éducation des professionnels de santé et des femmes elles-mêmes, et de leur famille, de leur entourage, parfois même des adolescents. Si un adolescent nous écoute, il peut aussi donner l'information.
- Speaker #0
Donc Laura, finalement, parfois on entend beaucoup parler de cette inégalité homme-femme sur... plein de domaines, sur le plan professionnel, sur le plan salarial, sur plein de sujets. Mais là, on retrouve cette inégalité sur le plan de la santé. C'est quand même incroyable, sachant que tu décris très bien ce parcours. Je le rappelle quand même pour les gens qui nous écoutent. Quand on appelle le SAMU, le centre 15, et qu'on dit qu'on a une douleur thoracique, typiquement que ça nous serre dans la poitrine, le centre 15 met en place tout de suite une prise en charge extrêmement rapide. pour pouvoir déboucher une artère si donc il y a un infarctus du myocarde. Et on a vu l'évolution, parce que maintenant on commence à avoir un certain âge, et on a vu que pour les accidents vasculaires cérébraux, avant on était très en retard, donc on arrivait chez les gens très tardivement, mais en fait c'est aussi un sujet de déboucher une artère, mais dans le cerveau. Et là aussi, quand il y a des symptômes, de troubles de la parole, j'ai du mal à parler. J'ai un bras qui ne marche plus, une jambe qui ne marche plus. On a mis ça aussi en place maintenant pour que quand il y a un appel au 15, on puisse arriver très vite sur site pour ensuite prendre en charge notre patient et ensuite déboucher une artère. Et tout ça, c'est de la survie gagnée. Alors pour les femmes, sur le plan cardiaque, puisque c'est toi notre experte du jour, quels sont les symptômes sur lesquels les femmes doivent faire attention ? quand elles ont une problématique qui pourrait potentiellement être grave ?
- Speaker #2
Pendant longtemps, on a pensé que les douleurs étaient différentes ou les symptômes étaient différents dans les infarctus du myocarde de la femme. Mais les dernières études montrent tout de même qu'il y a une similitude dans la douleur. Une douleur thoracique, c'est-à-dire derrière le sternum, entre les deux seins, parfois en barre, irradiant dans le dos, irradiant dans le bras gauche et irradiant éventuellement dans les carotides, c'est-à-dire dans le cou. les artères du cou. Donc là, si une douleur thoracique est présentée par une femme à ce moment-là, à l'effort, il faut consulter assez rapidement. Et si c'est une douleur au repos qui se prolonge 15 à 20 minutes, il faut composer le 15. En tout cas, en France, on compose le 15, l'appel du SAMU. Il peut y avoir un cortège de symptômes. C'est là où les femmes peuvent être un peu moins bien prises en charge parce que parfois, elles vont avoir, au début, Pas forcément la douleur, elles vont avoir une grosse fatigue, des vertiges, des palpitations, des nausées, des sueurs. Il y a une douleur peut-être un peu moins intense et on va mettre ça sur le compte de l'anxiété de la femme, etc. Donc c'est là où la femme elle-même, elle doit ne pas hésiter à consulter ou ne pas hésiter à en parler à son entourage en disant « j'ai cela, ça m'inquiète » .
- Speaker #0
C'est compliqué ce sujet de la fatigue parce qu'en fait en cabinet de médecine générale, où nous on reçoit beaucoup de gens qui sont fatigués, il faut arriver à faire la part des choses entre du surmenage, entre de l'anxiété, du stress et effectivement quelque chose qui pourrait venir du plan cardiaque. Bon, peut-être qu'elles peuvent effectivement, on peut leur conseiller déjà de faire le point avec leur médecin traitant, de voir que lui puisse évaluer s'il y a un essoufflement. aussi, peut-être à la marche, à l'activité physique. Et puis ensuite, le cardiologue va faire un examen qui est une échographie cardiaque, un électrocardiogramme peut-être pour aller voir plus en profondeur.
- Speaker #2
Exactement. Donc dans les examens qui peuvent être réalisés, bien sûr, il faut aller vers son médecin en traitant, son médecin généraliste, son médecin de famille qui va débroussailler un petit peu le terrain. Et puis ensuite, le cardiologue va faire, comme tu le dis, l'électrocardiogramme, l'échographie cardiaque. et ensuite peut-être ce qu'on appelle un score calcique. C'est un... Une imagerie qui dure 30 secondes, qui se fait avec un scanner et qui permet de vérifier s'il n'y a pas du calcaire, des calcifications à l'intérieur des artères coronaires. Et ça peut déjà nous permettre d'apprécier le risque cardiovasculaire de la femme qui aurait une douleur. Et on peut aller jusqu'au test à l'effort, évidemment.
- Speaker #0
Alors tu vois qu'on aide les femmes qui nous écoutent encore une fois pour être peut-être un peu plus précise. Soit j'ai cette douleur caractéristique un peu dans la poitrine, soit j'ai cette fatigue, des palpitations. Mais je sens qu'il y a quelque chose qui n'est pas normal. C'est ça, toi, t'en vois beaucoup. Qu'est-ce qu'elles te rapportent majoritairement comme symptômes ?
- Speaker #2
Elles décrivent la douleur tout de même, mais souvent, elles ont attendu. C'est-à-dire qu'elles ont eu la douleur et au lieu d'appeler dans l'heure qui suit le début de la douleur, elles ont appelé beaucoup plus tardivement. Donc, on a beaucoup plus d'infarctus tardifs chez les femmes. C'est pour ça que la mortalité est plus élevée. que chez les hommes, parce qu'elles-mêmes se disent « ça va passer, je vais rester chez moi, je vais me reposer » . Ça peut arriver aussi pour les hommes, mais dans les études, c'est plus fréquent chez les femmes. Et dans mon quotidien, c'est ce qu'on voit quand même assez fréquemment également. Après, il n'y a pas forcément de signe avant-coureur de l'infarctus du myocarde. Lorsqu'une artère se bouge complètement, parfois c'est juste cette douleur-là initiale qui est le premier symptôme. et lorsqu'il y a eu par contre des douleurs à l'effort en montant un escalier, en faisant les courses en faisant le ménage ou en s'occupant du jardin là c'est là qu'il faut être aussi alerté c'est ce qu'on appelle l'engord d'effort, l'angine de poitrine et c'est là qu'il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous chez son médecin traitant si on n'a pas de médecin traitant ou que ça paraît compliqué de l'avoir tout de suite il ne faut à ce moment-là pas hésiter à composer le 15 ou SOS médecin franchement sur une douleur thoracique, il ne faut plus hésiter.
- Speaker #0
L'idée, c'est de ne pas être anxiogène ici, avec vous qui nous écoutez, mais c'est vraiment plutôt de passer le message que si vous avez cette douleur dans la poitrine, comme le dit Laura, maintenant, on sait qu'il y a quand même ça, c'est de ne pas traîner. Est-ce qu'il y a des choses, finalement, nous, on appelle ça en médecine des facteurs de risque, mais est-ce qu'il y a des choses dans notre vie qui favorisent tout ça ? Vous êtes peut-être alerte sur le sujet, vous savez que le tabac, l'alcool, la sédentarité, le fait de ne pas bouger, mais bien sûr tout ça parfois c'est compliqué, parce que vous avez pris du poids, parce que vous fumez, parce que ça ne va pas bien moralement, vous buvez votre verre de vin parce que vous voulez aussi désamorcer un petit peu avec le travail. La réalité c'est ce qu'on voit au quotidien et bien sûr on fait tous chacune comme on peut, avec toutes les difficultés qu'on a. Toi, en tant que cardiologue, parce que je sais que tu accompagnes les femmes et qu'on n'est pas jugeants et que chacun fait ce qu'il peut, qu'est-ce que tu aurais comme conseil pour faire prendre conscience un petit peu de tout ça aux femmes ou de les aider ?
- Speaker #2
Il faut reconnaître ces facteurs de risque déjà et oser en parler. Les facteurs de risque des femmes sont communs aux hommes et il y en a des différents qu'on va pouvoir expliquer. Les communs, c'est ceux que tu as déjà évoqués, le tabac. Et l'alcool par exemple, la consommation d'alcool a quand même augmenté chez les femmes ainsi que celle du tabac depuis les dernières années, dernières décennies. Mais c'est deux toxiques qui sont beaucoup plus toxiques pour les femmes que pour les hommes. Pourquoi ? Alors probablement pour des raisons de masse musculaire, d'hormones. Mais par exemple, une femme qui consomme du tabac a 13 fois plus de risques qu'un homme. fumeur de développer une maladie cardiovasculaire au même âge. Je ne connais pas le prorata pour l'alcool, mais je sais que les femmes sont plus sensibles. Ensuite, évidemment, les autres facteurs de risque, c'est comme tu disais, le manque d'activité physique. Le fait d'être sédentaire, c'est-à-dire de rester plus de 8 heures par jour assise à son bureau, par exemple. On peut être sédentaire, mais faire de l'activité physique le soir aussi. C'est bien, mais dans la journée, il faut essayer de se lever. Je sais que ce n'est pas toujours évident, mais de prendre un petit temps dans la journée pour se lever et bouger. La sédentarité est un facteur de risque cardiovasculaire.
- Speaker #0
Je veux bien revenir là-dessus. En fait, c'est le cas maintenant avec le télétravail, en consultation, des dizaines de patients, des centaines de patients qui passent leur journée assise. Et le sujet, c'est juste de se dire, et les gens n'y pensent pas forcément, que déjà juste se lever une fois par heure, déjà ça change les choses, puisque sur des études, on mesure le taux de sucre dans le sang de gens qui restent assis pendant 8 heures, on le compare aux gens qui se lèvent juste une fois par heure, on voit qu'il y a une régulation qui est bien meilleure. Juste quand on se lève une fois par heure, juste ça. Et finalement, on sait aussi que c'est le micro-mouvement qui fait qu'on va améliorer notre santé de ce point de vue-là. Donc, ce n'est pas justement d'aller faire un footing une heure après, huit heures assis, pas du tout. Mais peut-être d'acheter un pédalier pour le mettre sous le bureau. Juste ça, c'est des micro-mouvements. Ou sinon, je me lève, je fais quelques mouvements pour aller mobiliser mon corps, ou je fais un petit peu de jardinage pendant mes périodes de télétravail. Tous ces petits trucs-là. Et bien sûr, les gens... par culpabilité, parfois, ne font rien parce qu'ils se disent « de toute façon, ça ne sert à rien » ou « j'en ferai pas assez » ou « moi, je ne vais pas aller courir » . Donc, les gens abandonnent. C'est ça le sujet que moi, je vois en consultation. Je ne sais pas toi.
- Speaker #2
Oui, l'objectif est de lutter contre la sédentarité, donc de se lever et de faire ces micro-mouvements, comme tu le dis, toutes les heures. Et l'objectif, c'est également de débuter une activité physique simple. Aller marcher, aller faire du vélo si on veut. L'objectif, c'est vraiment d'essayer de majorer Merci. La pratique d'activité physique quotidienne, qui est un facteur de risque masculin et féminin, mais qui va avoir un poids majeur si on cumule d'autres facteurs de risque. C'est-à-dire que le risque se multiplie quand on ajoute un peu de tabac, un petit verre de vin le soir, plus j'ai passé 8 heures assise à mon siège. Ensuite, la prise de poids. Donc là, on peut parler de différents moments de la vie, mais notamment à la ménopause. Et puis, il va y avoir aussi la malbouffe, c'est-à-dire que parfois, faire les courses, ça passe après. Tout le reste, s'occuper d'emmener les enfants quelque part, etc. La charge mentale est tellement importante qu'on en oublie l'essentiel. L'essentiel, c'est bouger et manger équilibré. Manger équilibré, ça veut dire alimentation de type crétois, des fruits, des légumes, en respectant la saisonnalité, des oméga-3 apportés par les bonnes huiles, etc. et cuisiner soi-même. En effet, l'objectif, ce serait d'aller vraiment vers du fait maison et de limiter des choses qui coûtent très cher et qui sont bourrées d'éducorants, d'additifs qui sont potentiellement cancérigènes et athérogènes. C'est la base, c'est ce que faisaient nos grands-parents à grands-parents et qui s'est un peu perdu ces dernières décennies, on va dire 30 ans.
- Speaker #0
Il y a un sujet dont on ne parle pas encore assez à mon sens, c'est le sujet du stress. Parce qu'on est quand même, je ne sais pas si tu le constates aussi, on est maintenant une population de plus en plus stressée. On le sait maintenant sur les études, on le sait sur le passage aux urgences psychiatriques, la santé mentale va très mal, de pire en pire. C'est pour ça qu'il y a eu un plan santé mentale, c'est pour ça qu'il y a plein de choses qui sont mises en place. Et le stress joue sur le plan cardiaque et vasculaire, tu confirmes ? Tout à fait.
- Speaker #2
En fait, souvent, les patients ne comprennent pas le lien. Mais lorsqu'on est stressé, on va sécréter des hormones, notamment l'adrénaline et d'autres hormones, qui vont majorer ce qu'on appelle le stress oxydatif. C'est un mot un peu compliqué, mais l'inflammation dans notre corps. L'inflammation, ça se voit un petit peu autour de nos yeux, les rides. Donc ça, ce n'est pas grave. Mais il peut y avoir des rides, entre guillemets, ailleurs, dans les organes et dans les artères. Donc l'objectif, c'est de lutter contre l'inflammation. Et en fait, tout va ensemble. C'est-à-dire que si on est sédentaire et qu'on mange, on va moins bien manger aussi. Ça va diminuer l'envie de manger de manière équilibrée. Et par ailleurs, le fait de bouger, de pratiquer une activité physique un peu quotidienne, 30 minutes par jour par exemple, et de se lever toutes les heures lorsqu'on est au boulot, ça va limiter l'inflammation et ça va aussi améliorer la santé mentale. Et c'est quelque chose qui est vraiment lié. C'est-à-dire qu'on augmente les hormones du bien-être lorsque l'on bouge. Et donc plus on bouge, plus on a envie de bouger, parce qu'on ressent les bénéfices dans le corps. Donc vraiment, c'est ce que tu balayes, c'est-à-dire le fait qu'on va prendre une petite cigarette, parce qu'on est stressé, on va prendre un petit verre d'alcool aussi et on va décharger un peu. Finalement, on pourrait contrebalancer cela en bougeant plus. Et en même temps, bouger plus et bouger mieux, ça permet également d'aller vers, souvent, de l'alimentation plus équilibrée. On va avoir moins envie de se jeter sur du sucre, sur des plats préparés. Donc c'est vraiment un cercle vicieux ou vertueux.
- Speaker #0
Je pense qu'on peut le rappeler, l'activité physique est le... meilleur médicament. Et ça, je pense qu'il faut qu'on en parle partout et tout le temps et sans arrêt pour que tout le monde prenne conscience que c'est le truc qui nous sauve.
- Speaker #2
Alors en effet, et en fait, on n'en prend pas assez conscience puisqu'on se rend compte que déjà les disparités entre les garçons et les filles commencent dès l'enfance et l'adolescence. Dans des études très récentes, on voit qu'il y a 9% des femmes, des filles et des adolescentes qui pratiquent de l'activité physique, alors qu'il y a 19% des ados garçons qui respectent les recommandations. Et en fait, ça va creuser les inégalités ensuite, plus tard, à l'âge adulte. C'est-à-dire qu'une enfant qui n'a pas été habituée à pratiquer de l'activité physique en fera moins à l'âge adulte, va développer plus de risques d'insulino-résistance, comme tu disais, donc risques de diabète. d'hypertension artérielle, de syndrome métabolique, c'est-à-dire augmentation du tour de taille. Et donc cela, ça va majorer les risques. Alors que lorsque l'on débute l'activité physique dans l'enfance, l'adolescente, en respectant les recommandations, on prépare la jeune femme, ensuite même pour ses grossesses, avoir moins de risques autour de la grossesse cardiovasculaire. et puis ensuite à la transition vers la ménopause et la ménopause. Donc la pratique de l'activité physique, il y a plein de recommandations, selon les âges, mais en gros, chez la femme adulte, dans les recommandations, on ne fait pas le distinguo entre les hommes et les femmes, pourtant il y a des études qui montrent qu'une femme pourrait bouger moins qu'un homme avec de plus grands bénéfices. Donc ça, il faut aussi le rappeler. C'est-à-dire qu'on dit 5 fois par semaine, d'activités physiques d'endurance, marche rapide, vélo, natation, rameur, course à pied. Mais une femme pourrait faire un peu moins et avoir de plus grands bénéfices sur le plan cardiovasculaire, insuffisance cardiaque et infarctus du myocarde. Et notamment dans l'intervalle training aussi.
- Speaker #0
Les HIIT, c'est ça ? Oui,
- Speaker #2
voilà.
- Speaker #0
C'est High Intensity Intervalle Training. En gros,
- Speaker #2
si vous faites une minute... de marche très rapide et deux minutes de marche plus lente, ou une minute où vous courez et deux minutes de marche plus lente, vous allez, voilà. Et pareil, monter un escalier une minute très vite, pour une femme, on diminue de 47% le risque d'insuffisance cardiaque. Des études très récentes, et donc c'est mieux que les bénéfices que peuvent obtenir les hommes.
- Speaker #0
Donc quand on n'a pas beaucoup de temps, on peut aussi faire des choses qui sont très bénéfiques. Je rebondis sur ce que tu disais par rapport à la grossesse. Les étapes clés comme ça dans la vie de la femme, parce que la femme passe par plein d'étapes différentes, donc elle est adolescente, ensuite c'est une jeune femme, il y a peut-être une contraception, mais après elle est enceinte, et puis ensuite arrive la ménopause, donc il y a vraiment plein de cycles et plein d'étapes dans la vie de la femme. À quel moment c'est plus dangereux pour son cœur ?
- Speaker #2
Les moments les plus dangereux, c'est la grossesse et le postpartum, on va dire. La transition vers la ménopause et la ménopause. où là il va y avoir des chamboulements hormonaux qui vont être importants. Et bien sûr, la période où on prend la pilule est aussi une période où il faut faire attention. L'objectif est de bien connaître les recommandations de la gynécologue au moment de la prescription de la contraception, notamment éviter le tabac. Normalement, on ne doit pas fumer lorsqu'on prend une contraception orale, ce qui n'est pas toujours respecté. Et après, c'est le mode de vie sain qui va protéger les femmes. Mais c'est des étapes clés. Donc la contraception, là, on voit plutôt en général le médecin généraliste et la gynéco. Péripartum, la grossesse, on voit plutôt aussi le gynéco, le médecin traitant. Mais s'il y a des symptômes ou si la personne a fait ce qu'on appelle une HTA gravidique, une hypertension de grossesse ou un diabète de grossesse.
- Speaker #0
Elles sont bien suivies en général. Oui,
- Speaker #2
mais dans les dix ans qui suivent, elles sont à risque de développer une maladie cardiovasculaire. Et donc, dans les dix ans qui suivent, l'objectif, c'est qu'elles voient un cardiologue. et qu'elles mettent en œuvre leur pratique d'activité physique.
- Speaker #0
Et question sur le sujet quand même un peu actuel des grossesses dites entre guillemets gériatriques, c'est-à-dire tardives, mais on appelle ça, c'est vrai comme ça, quand on est une femme qui a 40 ans et qui veut un enfant, mais il y en a plein, Qu'est-ce qu'on peut conseiller à ce moment-là ? Parce que c'est une étape clé. Elle a quand même eu sa vie professionnelle. Elle arrive, elle a 40 ans, il y a une grossesse. Comment on peut protéger son cœur ?
- Speaker #2
Et quelques années après, parfois 5 ans après, elle débute sa transition ménopausique. Les nuits ne seront pas encore terminées avec le bébé et qu'elle débutera les bouffées de chaleur la nuit. Donc en effet, c'est génial d'avoir un enfant à 40 ans. Il faut bien sûr le rappeler. mais l'objectif c'est quand même de prendre soin de son cœur donc soit c'est une grossesse que l'on a prévue et on peut faire un bilan un petit peu avant chez le cardio ou au moins chez son médecin généraliste avec un bon bilan lipidique, pression artérielle si on est migraineuse aussi c'est un facteur de risque associé donc bien revoir son traitement etc. Soit c'est une grossesse qui n'était pas prévue et que l'on mène au terme. Et à ce moment-là, on peut quand même demander aussi à son médecin traitant d'évaluer le risque cardiovasculaire et consulter le cardiologue pendant la grossesse. Il n'y a pas de tabou, au contraire. Et puis, on n'a pas parlé des facteurs de risque qui sont très liés aux femmes aussi, qui sont l'endométriose, le syndrome des ovaires polycystiques. Tout ce qui est ménopause, ça ne s'appelle plus vraiment ménopause précoce, mais les insuffisances ovariennes, les ménopause précoces, je vais le dire de manière simple. Avant 40 ans, avant 45 ans, c'est des facteurs de risque cardiovasculaire.
- Speaker #0
Pourquoi c'est des facteurs de risque ?
- Speaker #2
On est moins protégé par ces hormones de manière précoce. Du coup, on va être privé de ces hormones, notamment les oestrogènes qui nous protègent, plus précocement qu'une femme de 50-55 ans. Donc quand on est ménopausé à 39 ans... L'objectif, c'est d'aller voir le cardiologue régulièrement et le médecin vasculaire éventuellement aussi. Le médecin vasculaire, donc angiologue. Voilà, angiologue, pardon.
- Speaker #0
Alors, du coup, peut-être qu'on peut conseiller à ces femmes-là, endométriose, syndrome des ovaires polycystiques et arriver à la ménopause, d'aller voir un cardiologue.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
Et les femmes qui ont eu des complications obstétricales, dont on parlait tout à l'heure, hypertension, diabète et retard de croissance intra-utérin.
- Speaker #0
Donc déjà, si on donne ce conseil-là, à ces dames-là, je pense que c'est bien.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Ok. Est-ce qu'en prévention, est-ce que tu verrais d'autres choses qu'on pourrait distiller, donner comme informations sur toutes ces femmes qui nous écoutent ou leurs maris ou leurs enfants qui veulent transmettre des infos ?
- Speaker #2
Oui, c'est les mêmes infos. Après, je pense que c'est des infos générales. Mais depuis quelques années, les Français dorment moins. Et donc, ils se couchent plus tard. Ils font de la tablette ou autre chose. Parfois, la vie professionnelle est très intense. Donc, on recule l'heure du coucher. Et quand même, en fait, il faut... Alors, je suis désolée, il faut, ça paraît être une injonction, mais l'objectif serait de respecter un temps de sommeil de 7 à 8 heures par nuit, au moins 7 heures, pour pouvoir limiter, on va dire, les maladies cardiovasculaires, les syndromes d'apnée du sommeil aussi, la prise de poids, parce que lorsqu'on dort moins, on va avoir plus tendance à avoir de la graisse qui va se déposer au niveau de l'abdomen, et donc qui est un facteur de risque cardiovasculaire. Et l'hydratation aussi. On a parlé d'activité physique, du sommeil, de l'alimentation équilibrée. Et bien s'hydrater quotidiennement, ça fait partie aussi des choses qu'il faut conseiller.
- Speaker #0
Merci, c'est très bien de rappeler le sommeil, je pense, parce que c'est vrai que c'est un sujet qu'on met toujours un petit peu à la trappe. On en parle peu en fait en consultation, à moins que les gens aient des gros troubles du sommeil, de l'anxiété, des réveils la nuit, alors qu'en fait c'est un sujet qui est fondamental, prendre soin de son sommeil et dormir suffisamment. Merci beaucoup pour ces points, Laura Serrano, spécialiste en cardiologie, en réadaptation, en cardio-oncologie, qui a vraiment beaucoup de casquettes et qui nous aide à y voir plus clair pour le cœur des femmes, pour la santé cardiologique des femmes. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci ton invitation, Sarah. Merci d'avoir écouté Advitam,
- Speaker #1
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