- Sandrine
Imagine dix parents dans cette pièce. Neuf vont dire que le numérique c'est à la fois pour les filles et les garçons. Sauf que seulement trois filles sur dix sont encouragées par leurs parents à y aller. Alors on va ouvrir la conversation avec un père concerné par l'orientation de sa fille et de 2 lycéennes pour répondre à cette question. Est-ce que mon métier de rêve peut être dans le numérique ? Je suis Sandrine Delage, créatrice du podcast Adélia Rêve et Deviens. Le podcast qui te révèle les métiers cachés du numérique pour toi et tes parents, avec un secret des lunettes jaunes. Adelia, Rêve et Deviens. Le podcast des filles en lunettes jaunes. 4, 3, 2, 1. Eh bien, je suis ravie de vous accueillir. Eric Gaubert, passionné de tech, comme moi.
- Eric
Bonjour Sandrine et bonjour à tous. Ravi d'être là.
- Sandrine
Et puis bonjour Israe, Bonjour. Un plaisir d'être là. Et Eva
- Eva
Bonjour, merci.
- Sandrine
Et ce qui est génial, c'est que vous avez, durant l'année scolaire, développé, présenté un projet numérique avec l'association Startup for Kids. Et on va en parler tout à l'heure. Alors, on ouvre avec une première rubrique. "T'étais comment, ado ?" Je vais commencer par toi, Eric. Parce qu'en fait, tu commences par une passion. Et je crois que toi, ta passion, c'était la météo.
- Eric
En effet. J'ai 52 ans et ma passion a démarré à l'âge de 10 ans. Et cette passion m'a permis de me projeter. C'est la météo qui a drivé mon parcours, puisque après j'ai suivi des études scientifiques jusqu'à un bac plus 5 en physique.
- Sandrine
Et ce n'était pas du tout ton environnement familial, c'est quand même intéressant de le dire, mais avec des messages, des valeurs très ancrées que tu as suivies, qui t'ont inspiré, que tu as aussi partagé avec ta fille.
- Eric
C'est ça exactement. Ce qui est intéressant dans ce parcours, c'est tout ce qui m'a animé en fait, c'est la curiosité et souvent ce qui bloque, ce que je transmets aussi à mes enfants parce que j'ai aussi un... Un garçon qui a 20 ans, c'est de se dire ne pas se mettre dans un carcan et de ne pas se dire « Ah ben ça, ce n'est pas pour moi » . Tout mon parcours à l'école, c'est de se dire « Qu'est-ce qui m'ouvre le plus de portes ? » Ce qui est super important, c'est vraiment « Qu'est-ce qui va me donner le plus d'opportunités ? » Le parcours scientifique que j'ai suivi m'a permis d'avoir un niveau qui me permet de... d'avoir suivi des études de physique spécialisées dans l'utilisation du laser dans l'industrie lourde et maintenant je travaille dans le secteur de l'assurance donc on voit entre le sujet de la météo le sujet des lasers à l'assurance c'est un parcours qui n'est pas forcément linéaire mais qui est fait de rencontres qui est fait d'opportunités il y a des fois des bonnes surprises et... Quand on a préparé, je te citais cette anecdote qui m'a marqué. J'avais 14 ans et il y avait une course un dimanche. Je me dis, mais ce jour-là, est-ce que je pourrais gagner cette course ? Et je me revois encore, ces images sont encore bien ancrées. J'ai gagné parce que je l'ai aussi décidé et je me suis prouvé que j'étais capable. Il se trouve que pour l'anecdote, mon père avait gagné. 30 ans avant dans ce même village. Et c'est ça qui fait que le message fort à faire passer, et ce que je fais passer à mes enfants, c'est de croyez en vous, ayez confiance et n'ayez pas peur d'échouer. Et puis, ayez la soif d'apprendre parce qu'on apprend tous les jours et d'essayer d'apprendre dans tous les domaines.
- Sandrine
On voit quand même le père qui est une source d'inspiration pour toi, dans tout cas de ce qu'il t'a transmis. Alors moi, je vais poser une autre question à Israe. Eva, quel est l'environnement qui vous inspire ? Le personnage, la personne près de vous, qui est cette source d'inspiration, de soutien ?
- Israe
Moi, je dirais que c'est ma mère. Elle m'a toujours dit oui, travail. Et elle le répétait souvent. Je me dis qu'elle a toujours été là pour moi. Elle m'a toujours aidée. C'est ma confidente, mon amie. On peut dire ça comme ça. Et du coup, c'est vraiment elle qui m'a fait avancer. Et je pense qu'il y a beaucoup de choses que je lui dois. Déjà, juste la vie.
- Sandrine
Et puis, tu as aussi un environnement d'imagination qui te plaît. Et qui accompagne aussi ses valeurs.
- Israe
Ah, les mangas !
- Sandrine
Ah,
- Israe
les mangas ! Non, oui. Franchement, j'ai découvert ça, j'étais en sixième. Et on me l'a même dit, on m'a dit que de la 6ème à la 3ème, j'ai beaucoup changé. Je pense que je dois ça aussi au manga. Cette liberté, tout ce qui fait que, par exemple, les shonen, ce monde d'action, d'aventure, m'a fait beaucoup avancer, m'a ouvert aux autres. Et maintenant, je suis la personne que je suis et je suis devant vous.
- Sandrine
Merci à toi. Eva, quelle est la personne qui t'inspire le plus ?
- Eva
Moi, je dirais aussi que c'est ma mère. Elle a souvent été là pour moi, dans des moments difficiles ou pas. Elle m'a toujours donné de bons conseils que j'ai suivis. Et grâce à elle, j'ai pu avancer. Et voilà. Après, c'est aussi ma famille qui est toujours un soutien. Quand j'ai besoin de conseils, je vais leur demander, que ce soit ma mère ou un oncle, une tante, un peu plus éloignée. J'ai toujours pu compter sur ma famille.
- Sandrine
Et du coup, pour faire le lien avec la tech, le numérique ou les sciences. Vous pouvez raconter pourquoi Startup for Kids, ce programme où vous avez quand même travaillé un mercredi sur deux pour développer un projet numérique, c'est arrivé comment dans votre vie ? Parce que ça va aussi dévoiler ce que vous aimez.
- Israe
Moi, j'ai découvert ça grâce à Télémaque, c'est une association de mentorat et du coup, dans le fil de discussion, ils proposent de nombreuses choses, des sorties, des stages, etc. il y avait eu Startup for Kids. Au début, ça m'a beaucoup intéressée. J'ai commencé en me disant que ça pourrait être une bonne expérience pour confirmer mes choix d'orientation.
- Sandrine
Il y a un lien entre ce qui t'anime et Startup for kids. Qu'est-ce que c'est ?
- Israe
L'informatique.
- Sandrine
L'informatique. Et donc, l'informatique est arrivée comment dans ta vie avant Startup for Kids ?
- Israe
Du coup, moi, ça commence très tôt. Je dirais CM1, CM2, en primaire. Pendant que certains avaient un téléphone, mon père m'avait interdit. Bon, j'étais un peu triste. Mais à la place, il me laissait de temps en temps prendre son PC. Du coup, au début, je regardais des vidéos où je vais jouer. Et je pense que c'est là que ça a commencé ma passion pour l'ordinateur. Je voyais, par exemple, dans les cours de technologie, les autres étaient complètement larguées. Moi, j'étais là, mais non, il faut faire ça, ça, ça. Et de fil en aiguille, je me suis dit, est-ce que je peux en faire mon métier ? Et c'est en quatrième, c'est grâce à mon prof principal. que j'ai vraiment confirmé mes choix pour le lycée. Je savais déjà quelle spécialité je voulais faire, dans quelle école je voulais aller. Du coup, je le remercie pour ça.
- Sandrine
Tu es tombée dedans, donc le lien avec un projet numérique, forcément, c'était déjà très aligné avec ce que tu avais envie de faire. Et toi, Eva, comment as-tu rencontré sur ta route Startup4Kids ?
- Eva
Alors, moi, c'était plus par hasard. C'est-à-dire que j'en avais entendu parler, j'avais fait quelques recherches, etc. Un jour, j'avais été sur YouTube et ça me l'avait proposé. J'ai été intéressée, j'ai regardé. Et j'ai trouvé ça plutôt bien. Ma mère en avait aussi entendu parler sur les réseaux sociaux. Et c'est même elle qui m'en a parlé. Donc c'était plus par hasard, mais je suis contente de l'avoir fait. Ça m'a permis de découvrir beaucoup de choses, notamment sur les métiers de la tech qui m'étaient presque inconnus. Même ce milieu, ce domaine. Ça a été très bénéfique pour moi, notamment pour mon orientation et pour les années qui vont... arriver, puisque ça permet de découvrir et c'est toujours mieux d'avoir plus et d'avoir un domaine plus large sur lequel s'étendre et trouver son bonheur entre guillemets donc oui ça m'a beaucoup aidé pour mon orientation dans le milieu personnel c'était bien.
- Sandrine
Toi aussi tu vas chercher sur Youtube ce n'est pas un hasard non plus, parce que toi tu aimes les mathématiques, qu'est-ce que vous ressentez quand vous Faites votre passion. Parce que souvent on dit, les mathématiques c'est rasoir, les mathématiques c'est pas pour les filles, en plus donc il n'y a rien qui est fait pour aller vers les mathématiques. Mais il y a ce que l'on ressent.
- Speaker
Alors moi je trouve ça presque amusant d'être devant des problèmes de mathématiques, de devoir trouver une logique, les théorèmes à appliquer. C'est presque comme un jeu où on doit appliquer un raisonnement pour pouvoir arriver à un résultat, une fin. C'est plus comme un jeu, je le vois. Après, je sais que ça peut être différent selon les caractères. Mais si on aime ça, il ne faut pas se bloquer du fait que ce n'est pas pour les filles. Et que c'est toujours bien de faire ce qu'on aime.
- Sandrine
Et toi Israe, quand tu es derrière l'écran, qu'est-ce que tu ressens ?
- Israe
Déjà, je m'amuse bien parce que je peux jouer sur les jeux vidéo. C'est beaucoup de plaisir. Par exemple, c'est un peu comme ce qu'elle a dit Eva, c'est quand on voit le résultat arriver. Par exemple, j'ai fait un petit jeu de Space Invaders. On voit les étapes avancer, on voit la concrétisation, quand on peut enfin jouer sur le jeu. Et je pense que c'est ça qui me stimule, parce qu'il y a beaucoup de choses où je finis par lâcher. Mais le fait que je voie tout de suite le résultat, je pense que c'est ça qui me retient. J'aime bien les maths.
- Sandrine
Eric, tu as entendu et écouté ces deux jeunes filles incroyables et leur envie surtout qui est arrivée. C'est une chance aussi, mais c'est une chance que l'on cultive. Vous avez eu cette curiosité, cette détermination. Qu'est-ce que ça te fait réagir par rapport justement toi qui accompagne ta vie sur les mathématiques ?
- Eric
Plusieurs choses. Il y a une phrase que je cite souvent, c'est la phrase de Paul Éluard qui dit en fait, il n'y a pas de hasard, il n'y a que des belles rencontres. Que tu disais Eva, moi c'est ce que j'ai dit à ma fille en lui disant en fait, les maths et la physique, il faut prendre ça comme un jeu. Et je trouve que c'est ça qui est intéressant, que ce soit dans l'informatique, dans les maths, dans la physique. Moi quand j'ai commencé ma carrière, j'étais ingénieur au développement en informatique. En fait, passer la phase d'apprentissage, ce qui est intéressant, c'est ce que disait Isra, c'est qu'on voit tout de suite le résultat. C'est un peu comme l'artisan. qui, à partir d'un morceau de bois, va sculpter et va donner corps et vie pour créer un objet. Et il y a un point aussi très important, c'est le fait de transmettre. Et quand on est dans la transmission, dans la formation, c'est là où on va aussi développer de nouvelles compétences.
- Sandrine
Alors avec ta fille, parce que... Comment ça se passe ? Elle, au départ, elle aimait les mathématiques, pas du tout ?
- Eric
En fait, très tôt, aux primaires et même au collège, elle a privilégié d'avoir des bonnes notes et notamment dans les maths. Et quand elle est arrivée au lycée, comme vous êtes actuellement, il y avait ce côté, les maths, c'est un peu compliqué. Et j'ai toujours dit la même chose, c'est, prends ça comme un jeu. Il faut apprendre les définitions, il faut comprendre. Et c'est vrai que ce soit Pythagore ou Thalès, c'est quand même assez abstrait. Ce qui manque peut-être dans l'éducation qu'on a en France, c'est que souvent on va appliquer les théorèmes, mais c'est de se dire aussi dans quel contexte on peut l'utiliser.
- Sandrine
Alors tu as apporté un point de vue hyper intéressant qui est justement, c'est Quand on est à l'école, on n'arrive pas forcément à voir le lien concret avec les métiers. Vous déjà, vous avez eu cette expérience de concrétisation de ce que vous apprenez, c'est ça qui vous donne envie. Et donc c'est la deuxième rubrique, "Les métiers en action", les métiers du numérique expliqués à ta grand-mère. Alors l'idée c'est que ces métiers en fait, ils sont souvent cachés, ils sont derrière l'écran, ils sont souvent en anglais. Donc c'est très difficile pour des personnes qui ne sont pas dans cet environnement. de comprendre de quoi parle Don, quels sont ses métiers. Peut-être tu peux donner un éclairage sur les métiers du numérique.
- Eric
Moi, j'ai commencé à travailler, c'était en 97. Et à l'époque, en fait, on était au début d'Internet. Et c'est vrai que ça paraît un petit peu un fossé entre nos générations. J'ai pu, dès le début de ma carrière, faire du développement informatique, utiliser des bases de données. Ce qui a facilité l'apprentissage est de ne pas avoir cette appréhension, en fait, et cette soif de comprendre les langages informatiques, le réseau informatique, les systèmes de bases de données. Quand on a préparé l'émission, je citais l'exemple de l'impact de l'IA.
- Sandrine
L'intelligence artificielle.
- Eric
L'intelligence artificielle, pardon. Et en fait, on voit bien que cette vague est en train de déferler. l'impact Dans la vie privée, ça va être d'aide justement pour les devoirs, par exemple. Ma fille est venue me voir en me disant « Papa, j'ai un exercice en physique et l'intelligence artificielle, Tchad GPT, me donne ce résultat. » Et je dis « Il s'est trompé ou elle s'est trompée. » Et donc, on va aller vers l'usage de l'intelligence artificielle via des agents IA qu'il va falloir coordonner. Et ça peut être un nouveau métier qui va monter, qui va exister, c'est superviseur d'intelligence artificielle dans les entreprises.
- Sandrine
Pour toi, en fait, c'est vraiment s'intéresser à beaucoup de choses. Il n'y a pas juste un domaine particulier, c'est vraiment une curiosité de plusieurs éléments.
- Eric
C'est ça qui est formidable, si tu veux, dans cette période, c'est que pour les jeunes, et moi encore une fois, c'est un message que j'ai envie de délivrer, c'est faites-vous confiance et utilisez le numérique pour développer vos passions. Et vous allez apprendre, vous allez rencontrer des gens, vous allez rencontrer d'autres personnes qui sont aussi passionnées que vous. Et après, si on tire le fil, on peut en faire son métier.
- Sandrine
Donc, on va tirer le fil de ce que tu viens de dire, puisque justement, utiliser sa passion pour un projet qui a du sens en plus. La question est toute simple. Israe, quel est le projet numérique que vous avez développé avec Startup for Kids ?
- Israe
moi, j'étais dans un groupe de trois personnes et on avait choisi la thématique de la santé mentale. Notre but, c'était de réduire la charge mentale des jeunes en leur proposant des exercices de respiration, de faciliter leur organisation. C'est non seulement quelque chose qui m'impacte, parce qu'on voit bien qu'avec les cours, de plus en plus de personnes sont stressées. On voit la démocratisation de la santé mentale, des problèmes que les gens peuvent avoir. Et vu que c'est quelque chose qui... qui s'ouvre. On a décidé de régler quelques problèmes à notre échelle. Et toi, Eva, ton projet ?
- Eva
Alors moi, pareil, j'étais dans un groupe de trois. On avait choisi la thématique l'inclusion par rapport au handicap. Le but de notre site internet était de rendre accessible la médecine et toutes les réponses pour des maladies qui peuvent être connues ou moins connues pour tous. On voulait mettre un contenu assez vulgarisé, que la médecine peut être parfois difficile à comprendre, avec des mots techniques, et ainsi de permettre à des personnes atteintes de handicap, ou des proches, ou encore des professeurs, de s'intéresser, de trouver des réponses. Et ce qu'on voulait aussi à travers cette application, ce site internet, c'était de mettre en contact, par internet justement, des personnes atteintes ou des proches. avec un forum de discussion. Parce que c'est un sujet qui me touche plutôt, parce que je suis moi-même atteinte d'un handicap. Et que récemment, j'ai vu qu'il y avait des sortes de réunions, etc. Et ça peut faire du bien de parler, d'avoir des réponses de personnes à l'extérieur. Donc oui, c'était vraiment notre but, rendre accessible des réponses. Un peu comme un Wikipédia des maladies, trouver des réponses. trouver des informations supplémentaires.
- Sandrine
Avec ce projet, vous êtes allé derrière la machine. Qu'est-ce que vous avez découvert sur les métiers et la façon d'exercer ces métiers ?
- Israe
Pour ma part, j'ai découvert le no-code. Je ne connaissais pas du tout. Pour moi, il fallait forcément faire un programme pour créer une application, mais en fait, non. Maintenant, il y a des sites qui proposent de mettre des blocs pour simplifier les choses. Le programme est accessible pour tous, même si on n'a pas, par exemple, les connaissances pour un langage tel que Python,
- Sandrine
Java ou autre. Et toi, Eva, qu'est-ce que tu as découvert ?
- Eva
Alors moi, comme je le disais au début, ce milieu-là de l'informatique, de la tech, m'était presque inconnu. Parce que j'ai grandi dans une famille où on ne parlait pas trop d'informatique, etc. Donc vraiment, ce programme m'a beaucoup aidée. Ça m'a permis de découvrir. plein de métiers différents, d'entreprises que je ne connaissais pas forcément. D'avoir tout ce qui se passe derrière. On avait des professionnels qui évoquaient leur parcours, leur métier. C'est très enrichissant.
- Sandrine
Bravo de cette transmission. On va passer à la troisième rubrique qui s'appelle "Hack ton avenir". Et c'est là où arrivent les lunettes jaunes. Les lunettes jaunes que nous avons préparées. Les lunettes, c'est parce que c'est la transformation. Moi, j'adore les lunettes connectées et elles sont jaunes. Peut-être Eric, tu peux nous parler des grandes étapes de ton parcours. Parce que passion de la météo, ça, on l'a vu. Tu as décidé de faire des études scientifiques. Quelles sont les études que tu as faites ? Comment ça s'est passé pour tes études et ton premier métier ?
- Eric
On part d'une passion. Et après, c'est de se dire, quel parcours je dois réaliser pour atteindre cet objectif ? Et forcément, des fois, on va passer par des « Ah, est-ce que j'en suis capable ? » Et peut-être assez tôt, je ne me suis jamais mis de barrière en fait. Par rapport aux études, moi j'ai suivi un parcours très classique à l'université, donc en Bretagne, maths physique. et je trouvais que les maths c'était un peu trop abstrait et donc j'ai voulu aller vers quelque chose qui était plus concret à l'époque c'est vrai que j'avais pas forcément d'idées préconçues et j'ai fait un master spécialisé sur l'usage des lasers et puis ensuite j'ai fait mon service militaire le service était encore obligatoire je l'ai fait dans... dans la Marine Nationale. Et il y avait aussi une partie où je rejoignais encore ma passion sur la météo, puisqu'il y avait des observations en météo qu'on devait faire. J'ai refait le lien avec la météo. Et donc ça, j'ai fait ça pendant un an. Et puis à un moment donné, de se dire, en fait, j'aimerais travailler. Il y a eu des sociétés qui recherchent des personnes qui ont un bac. plus 5 en maths et en physique. Et pour faire du développement informatique, j'ai postulé. Et voilà, j'ai passé des entretiens. Après, j'ai basculé dans le secteur de la grande distribution, où j'ai managé une équipe de 12 personnes dans un contexte international. Tu vois, dans cette colonne vertébrale, une fois qu'on a cette passion pour, moi c'était l'informatique, et j'avais cette compétence que j'ai enrichie. Mais j'ai travaillé dans différents secteurs d'activité, dans le secteur de la banque et de l'assurance. Et bientôt maintenant, 18 ans, je travaille dans le secteur de l'assurance. Et tout ça, ça m'a aidé en fait à développer d'autres compétences et d'aller dans différents secteurs d'activité avec toujours cette ouverture.
- Sandrine
Quelle évolution ?
- Israe
Du coup, moi je suis d'accord avec vous Eric. C'est que c'est ce qui est beau avec l'informatique, c'est qu'on peut basculer vraiment. d'un secteur à l'autre et à partir de là, on peut emprunter sa passion, que ce soit le sport, la médecine, la physique. Tout ce qui compte, c'est d'abord d'être curieux et de se lancer.
- Sandrine
Et pour tirer le fil justement où le numérique ou la technologie, tu vas pouvoir l'exprimer dans différents contextes, toi Eva, tu as même décidé de faire des options. hybride, puisque tu continues bien sûr ta passion des mathématiques, mais tu vas compléter...
- Eva
Histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques et SES, donc sciences économiques et sociales.
- Sandrine
Et là, pour toi, le numérique, la tech ou les mathématiques, ça va être au service d'autres choses ?
- Eva
Alors moi, au départ, je ne savais pas vraiment dans quoi m'orienter. Donc mes stages m'ont beaucoup aidé en troisième et en seconde. En troisième, je l'avais fait en médecine, je l'ai vu que c'était... pas trop fait pour moi. C'était intéressant, mais je ne me voyais pas travailler dedans pour le reste de ma vie presque. Et donc, un second, j'ai fait trois semaines dans un cabinet d'avocats et j'ai beaucoup apprécié. Et lors de ce stage, j'ai rencontré de nombreux avocats, notamment deux, qui m'ont précisé qu'il était possible de mixer le droit à d'autres choses telles que la médecine, l'informatique, la technologie. Et j'ai trouvé ça très très intéressant. Et pour revenir sur mes spécialités, au lycée on nous a toujours dit qu'il y avait trois critères pour le choix de nos spécialités. Il y a ce qu'on aime, ce qui nous intéresse, les notes, et s'il y a un rapport avec notre orientation future. Donc en fait, moi les maths, c'est un choix personnel parce que j'aime ça.
- Sandrine
Et toi Israe, tu avais une option de spécialisation que tu voulais absolument faire, qui s'appelle NSI. donc numérique, sciences de l'informatique. Aujourd'hui, c'est une spécialité qui n'est pas partout dans tous les établissements scolaires.
- Israe
Oui, malheureusement, vu qu'elle est assez récente, il n'y a pas forcément de profs pour le faire. Et vu que ce n'était pas dans le lycée de secteur que j'avais près de chez moi, en troisième, j'ai décidé de changer de vie. Ce n'était pas toujours évident, parce que j'ai bien vu qu'avec les trains et les bus, Il fallait avoir le cardio pour le faire. Et même si au début, mes parents n'étaient pas forcément d'accord, parce qu'ils s'inquiétaient, ce qui est normal, j'ai réussi à les convaincre grâce à ma prof principale que déjà, c'est un lycée qui est neuf. J'ai la chance d'avoir un lycée tout neuf avec des installations encore dans un bon état. Le fait que le niveau soit plus élevé. J'étais dans un collège qui est en ZEP. Et là j'arrive dans un lycée où je vois qu'il y a de la concurrence. C'est pas comme ce que j'avais au collège. Et le fait que j'ai vraiment insisté, je leur ai dit je peux me débrouiller. Ils ont fini par accepter pour que je puisse aller là-bas.
- Sandrine
Vraiment une détermination à toute épreuve. Justement, est-ce que tu peux parler de tes stages ?
- Israe
Mes stages, ils n'étaient pas forcément dans le domaine que je voulais faire. Je voulais vraiment, vu que je savais que je pouvais aller un peu partout, je me suis dit que... que je devais aller voir. Mon stage en troisième, je l'ai fait dans une banque. Ce n'est pas forcément quelque chose qu'on connaît, nous, en tant que particuliers. J'ai pu découvrir cette entreprise, en apprendre des choses, et voir comment une banque fonctionne. Mon second stage, c'était dans le groupe M6. J'étais là grâce à Télémaque, parce que je n'ai pas forcément la chance de faire jouer mes relations. Et là-bas, j'ai pu découvrir le fonctionnement des médias, j'ai pu visiter des plateaux, faire des conférences. Mais il y avait toujours ce fil sur l'informatique. Parce que j'en avais parlé à ma tutrice, ça m'a fait rencontrer des gens qui travaillaient dans ce milieu-là et qui m'ont beaucoup aidée. Notamment une dame, Catherine. C'est grâce à elle que je sais dans quelle école j'aimerais aller, comment je pourrais faire. Du coup, ça m'a beaucoup aidée ces stages. Je pense que c'était une bonne idée de les faire.
- Sandrine
Donc en conseil, on pourrait dire déjà suivre quand même ses passions et ce qu'on aime. Les stages pour confirmer et voir que finalement, toi, médecine, ce n'était pas du tout ce que tu voulais faire. Et avec des leviers, soit évidemment son entourage. Il faut surtout activer, ne pas hésiter à activer toutes les personnes autour de vous, mais aussi des associations. Tu citais Télémaque, c'est une association qui accompagne les jeunes qui n'ont pas forcément de réseau et qui vont les aider. Tu veux en dire peut-être quelques mots ?
- Israe
De base, c'est du tutorat. Ça veut dire qu'on va rencontrer une personne selon nos goûts. On aura un budget pour faire des sorties dans les musées, dans les aquariums. Des choses qu'on n'a pas forcément la chance de faire avec nos parents pour les choix d'orientation. Chaque fin d'année, il y a un bilan où ils nous proposent de poser tout à plat, de nous aider si besoin. Il y a des cours aussi particuliers si on voit que les notes baissent trop. Aussi pour les stages, ils nous aident vraiment. et si on a la chance de... pouvoir s'y inscrire. J'ai un site fortement, ça va vous permettre de faire ce que vous aimez.
- Sandrine
On mettra le lien sur l'association Télémaque et StartupforKids dans la description du podcast. Et on va passer donc à la quatrième partie avec les questions que se posent les parents et les jeunes filles. C'est la rubrique "Allô Adélia" ? Est-ce que je vais perdre mes copines en allant choisir des options techniques ou scientifiques ? Qu'est-ce que vous pourriez dire à une... Une jeune fille qui se pose cette question.
- Israe
Moi, je vais prendre l'exemple du fait que j'ai dû changer de ville. Du coup, j'ai perdu tous les amis que j'avais au collège. Au début, c'était un peu compliqué parce que je ne savais pas vraiment à qui parler. Vu que je suis déjà assez sociable, j'ai pu tisser des liens avec beaucoup de personnes. Il ne faut pas avoir peur parce que mes amis du collège ont toujours des sorties, etc. Et il faut vraiment prendre l'opportunité parce que ce n'est pas elles qui vont faire... ton avenir. Il faut d'abord penser à soi avant de penser aux autres. Il ne faut pas suivre le groupe parce qu'à un moment, il finira par casser un moment ou un autre. C'est mieux de faire ce qu'on aime. Et les amis, s'ils sont vraiment tes amis, ils te soutiendront et ils resteront toujours pas loin de toi. Merci. Toi, Eva, qu'est-ce que tu dirais ?
- Eva
C'est vrai que moi, au collège, il n'y avait pas énormément d'amis, mais je ne changerais jamais pour plaire aux autres. Vraiment, je préférais rester dans ma voie, même seule, plutôt que d'être accompagnée et de ne pas être heureuse. J'ai le même point de vue qui sera si c'est vraiment des amis. Elles sont toujours là pour toi, selon tes goûts, tes choix d'orientation, tes notes. Donc, il ne faut pas se dire, j'ai peur de faire ça. Parce que je risque de perdre des amis. Parce que si on est sûr d'avoir les bonnes personnes qui nous accompagnent, il n'y a pas de question à se poser.
- Sandrine
La deuxième question, c'est la rémunération, les salaires de ces métiers. Qu'est-ce que tu pourrais en dire ? Éric, toi qui as évolué dans ce milieu, je crois que ta fille aussi s'est fixée un objectif.
- Eric
Oui, quand j'ai commencé à travailler, j'avais le même salaire. que mon père qui était en fin de carrière. Donc ça, c'est des vecteurs qui marquent en fait. Ma fille, elle a un chiffre en tête. Alors je ne sais pas d'où elle le sort, où elle a dit, je veux gagner 7000 euros.
- Israe
Je crois le chiffre, le salaire qu'il faut par mois pour être heureux, pour être considéré comme heureux, c'est 5000.
- Eric
Mais après, il faut considérer que, est-ce que c'est du brut ? Donc en net, c'est beaucoup moins. Donc si on enlève toutes les... Des prélèvements sociaux et fiscaux, on doit être pas loin de 5000.
- Sandrine
Tout à fait. Alors, je peux donner, fin du suspense, les chiffres des métiers du numérique. Alors, les chiffres, c'est le salaire, ce qu'on appelle le médian. C'est vraiment entre les juniors et les seniors. C'est à peu près 2 700 euros net. C'est vraiment ce que tu peux dépenser. Et avec 10 ans d'expérience, ça peut monter effectivement jusqu'à 3 900. Donc, on n'est pas très loin des 4 000 euros. Mais effectivement, en fonction de ton expérience, des choix de vie, on peut bien sûr monter à des salaires plus élevés. Mais ça donne en tout cas des fourchettes. Moi, je vais donner aussi un élément concret, puisqu'on est vraiment sur les questions pour les parents. C'est si je suis parent et que je ne connais rien à ces domaines, ou même si je suis une jeune fille, je ne connais rien à ces domaines. Il y a un site qui s'appelle Talents du numérique. Talents du numérique, c'est le premier site de référence d'orientation du numérique. Il y a vraiment un vocabulaire très accessible pour les jeunes, avec un petit bot qui s'appelle Charlie, des vidéos TikTok et YouTube. Et ce que j'apprécie particulièrement sur ce site, c'est qu'il y a des tableaux récapitulatifs sur les filières, les passerelles entre les filières. Quand j'ai fait un bac technologique, qu'est-ce que je peux faire pour rejoindre une école d'ingénieurs ? Et puis aussi un tableau très clair sur les spécialités qui sont demandées ou qui facilitent les formations que vous voulez faire. On a parlé de NSI. On a parlé de mathématiques, il y a aussi physique et chimie, il y a sciences de l'ingénieur. Ça, ce sont les options évidemment scientifiques, mais il y a 80 métiers dans le numérique, dont des métiers du design que vous avez dû découvrir en façonnant les interfaces de vos projets. Et là, on va trouver aussi des littéraires, mais ça sera l'objet d'un autre podcast. On arrive à la fin de ce podcast. Est-ce que vous auriez chacun et chacune, en une ou deux phrases, un conseil ?
- Israe
Moi, je dis qu'il faut écouter les enfants. Et inversement, en fait, c'est vraiment la clé, c'est la communication. Parce que ça se ressent direct que c'est quand un parent n'écoute pas son enfant. Et ça fait mal. Du coup, je pense que le mieux, c'est toujours écouter son enfant. Se donner à fond. Croyez, quand votre enfant parle, il ne faut pas laisser cette occasion où il essaie de vous... de vous partager sa passion, parce qu'à un moment ou à un autre, il arrêtera définitivement de vous parler.
- Eva
Il faut suivre ses passions. Et comme qui sera, il faut communiquer, parler avec ses parents, avoir un avis extérieur. Et aussi, il faut essayer de faire des choses en dehors de l'école pour avoir un dossier assez complet. Aujourd'hui, ça peut être difficile d'avoir des places si on a un parcours basique. Donc, essayez de se démarquer. Eric, le mot de la fin.
- Eric
Moi, ce sera trois mots. C'est se faire confiance, se faire confiance et encore une fois, se faire confiance. Et c'est ça le message, c'est soyez curieux et allez vers les autres pour découvrir de nouvelles choses.
- Sandrine
Merci à tous les trois. J'avoue, j'ai très envie de suivre la suite de vos parcours. Eva, Israe,vous allez faire des choses formidables. Et puis merci à nos auditeurs et auditrices d'avoir rêvé avec nous. Si vous voulez continuer à suivre l'aventure des filles en lunettes jaunes, ça se passe sur les réseaux sociaux, sur TikTok, sur YouTube, LinkedIn et les plateformes de podcast. Alors à bientôt pour le prochain épisode en lunettes jaunes.