- Speaker #0
Pour ce que moi j'avais commis comme infraction, j'encourais jusqu'à 24 mois d'emprisonnement.
- Speaker #1
J'arrive dans la boutique mec, y'a trois fusils à pompe.
- Speaker #0
Il tire, il prend, il ouvre un paquet d'allumettes, dans le paquet d'allumettes il regarde pour quelle cellule c'est.
- Speaker #1
On est très différent mais on est obsédé quand on a envie d'un truc tu vois.
- Speaker #0
Pepper, pepper, kill 4, kill 4 !
- Speaker #1
Écrit à légende à jamais. Cet épisode est réalisé en collaboration avec Aliber Tricking. Aliber, c'est une agence de voyage spécialiste de l'aventure pour tous. Il suffit parfois d'un déclic pour oser sortir, faire ce premier pas, et vivre quelque chose de plus intense, de plus vrai. Aliber est là pour ça, vous accompagner, vous inspirer, vous ouvrir la voie. Pas pour cocher des destinations, mais pour vivre des expériences qui comptent vraiment. Alors peut-être que l'aventure qui changera tout, elle commence ici. Bonjour Sofiane.
- Speaker #0
Salut Steven.
- Speaker #1
T'es qui alors ? Explique-nous, parce que moi, je connais le Sofiane Duhoff, mais qui est Sofiane Seili ?
- Speaker #0
Sofiane Seili, c'est un aventurier à vélo, c'est un aventurier à deux roues, c'est un voyageur. J'en parlais avec un pote ce matin qui me disait, mais est-ce que tu te considères comme un sportif de haut niveau ? Et je lui dis, ben non, moi, je fais du vélo, je me fais kiffer et je parcours le monde. Il se trouve que je suis un peu fou, donc j'arrive à me mettre dans un état d'esprit où quand je pars sur des courses... Sans, je pense, avoir de talent particulier, avec ce mental, j'arrive à les finir. Une fois sur deux, je les finis premiers, c'est pas mal.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses vraiment que tu es fou ? Moi, je ne crois pas que tu es fou. Je pense que tu es tout l'inverse de quelqu'un de fou. Pour connaître un peu le off de l'animal. Deux athlètes de haut niveau, je pense que tu es un athlète de très haut niveau. Et trois ? Déjà, tu réfléchis beaucoup comme un athlète de haut niveau. Et trois, une anecdote. Je t'ai vu la tête par terre une fois. C'était la Silk Road. Et je t'avais raconté quelque chose. Je t'avais dit une phrase et j'y ai pensé hier dans ma cuisine. Et j'ai dit, mec, là, si tu finis la course, t'écris ta légende à jamais. Et j'avais envoyé la même chose à ta copine. Et j'avais dit... Il finit, mais dans ma tête, j'ai dit, il a vu le moral qu'il a, je pense que au checkpoint, il bâche. Et tu gagnes la course qui était pour moi le championnat du monde des cinq dernières années en ultra.
- Speaker #0
Le niveau était ouf. Le niveau était dingo. Il y avait tous les meilleurs qui étaient là. Il y avait Justinas qui était là, il y avait Seb Breuer, il y avait Jakub Sliakhan qui avait déjà gagné, il y avait Joshi Bet, James Hayden, il n'y avait que des stars, Manuka Trist, tout le monde était là. Et je me... Je chute dans la première demi-heure de la course. Un gros nid de poules, on est tous à 40.
- Speaker #1
Prolongateur.
- Speaker #0
Je ne le vois pas, 40 dans les prolongateurs, gros nid de poules. Et là, boum, je tape la tête, je m'ouvre le poignet. Et là, je me dis, waouh. Moi, je me suis dit pareil. Je me suis dit, si je finis, c'est super. Et je pense que j'ai eu une petite concussion, comme ils disent, une petite commotion. T'as aidé,
- Speaker #1
je pense. parce que là tu roulais à une vitesse tu m'as rattrapé, j'étais avec un tchèque un tchèque israélien qui a gagné beaucoup de courses dans l'Est de l'Europe et quand tu m'as doublé je me suis dit là la vitesse à laquelle il va, tu te rappelles on avait croisé les autres concurrents surtout moi j'avais tellement bien préparé mon affaire que je ne comprenais pas pourquoi on les croisait on croisait les mecs ils étaient allés au checkpoint Oui. On avait fait quoi, 200 bornes ?
- Speaker #0
Il y avait à peu près 200 bornes.
- Speaker #1
Je ne sais pas combien de D+, à un moment, on était à 3000. Pour moi, tu es un athlète de haut niveau, pour ces raisons-là. Parce que se relever de ça, c'est du très haut niveau.
- Speaker #0
Après, tu le sais aussi bien que moi, l'ultra, le bikepacking, surtout off-road, c'est énormément dans la tronche. Évidemment que si tu n'as pas le physique, si tu n'as pas des... des aptitudes à la base tu peux pas tout rattraper avec la tronche mais je veux dire après sans avoir un talent extraordinaire si t'as la tronche tu peux rattraper beaucoup de choses encore aujourd'hui tu penses ? de moins en moins, je sais pas ce que t'en penses toi mais les animaux qu'on a en ce moment là Alex McCormack Robin Gameperlé, Victor Bozoni là on a des on en a parlé il y a quelques jours ouais euh
- Speaker #1
Je sais qu'Adrien, qu'Adrien, on a déjà eu ces discussions. Moi, je pense que je suis fini, clairement. Faire mieux que cinquième podium, déjà, c'est beau aujourd'hui. mais qu'est-ce que tu penses de cette évolution, on va sauter les questions parce que j'avais écrit un listing mais je savais qu'on sauterait direct les questions moi je trouve que le niveau est exceptionnellement élevé le niveau est ouf,
- Speaker #0
si tu regardes ce que fait Robin Gameparley cette année sur le Tour Divide c'est des trucs que moi je pensais pas possibles c'est totalement stratosphérique
- Speaker #1
24h il te met ?
- Speaker #0
48 je pense
- Speaker #1
48 heures, ok. Maintenant, c'est vraiment... Donc,
- Speaker #0
il met 50 heures. C'est vraiment déliant. Ouais. Et après, ouais, pour avoir couru plusieurs fois avec Alex McCormack, voir le temps qu'il a réussi à poster sur l'Island Trail. Moi, ce que j'observe finalement comme évolution, surtout par rapport à des gens comme toi et moi, je pense qu'on a un peu la même approche. On est pas mal à l'arrache. Et on compte beaucoup sur notre tête, quoi. Sur la vie aussi. Le fait de rien lâcher. Ouais, l'expérience aussi. Sur la vie. Je ne sais pas si tu te souviens,
- Speaker #1
sur cette tour device, cette Silk Road. Est-ce que tu te souviens ? Je pense qu'on était 15 heures avant le départ et on se retrouve dans l'appartement de l'organisateur.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
en train d'essayer de télécharger les maps Asie sur nos devices respectifs. Et là, on n'était pas bons, mais en fait, c'est ça que j'aime. Et en fait, te voir dans ce moment-là...
- Speaker #0
Ça t'a rassuré.
- Speaker #1
Ah ouais, comme Justinas. En fait, je suis très proche de toi et Justinas pour ces raisons-là notamment. Je me dis, on est les mêmes en fait. Après, il y a un décalage de niveau physique. Voilà, techniquement, il y a des trucs. Mais là, quand je t'ai vu, et Justinas, évidemment, on est deux seuls à ne pas faire la bonne map avec Justinas, donc on a maintenu le truc de ne pas avoir les bonnes maps sur une des courses les plus relevées du monde. C'est fou. Parce que moi, je donne des leçons.
- Speaker #0
Cette nouvelle génération qui arrive et qui, à mon avis, va dominer pendant quelques années, c'est des mecs qui sont ultra carrés. Mais c'est pour ça que je suis aussi content que Justinas soit là et qu'il soit toujours aussi fort. c'est parce qu'il perpétue vachement cette tradition de ça reste quand même les jambes, la tête et tu peux avec ton talent et ta tronche réussir à gagner encore, il le prouve et il gagne mais ça va être de plus en plus difficile parce que là maintenant c'est des pros c'est une approche pro
- Speaker #1
Ouais ouais ouais Je me rappelle d'avoir vu des posts de McCormack, c'est comme ça que je l'ai découvert notamment, sur la diététique. Nous, ce n'était pas trop notre problème pendant 5-10 ans. Et lui, il postait le nombre de glucides et tout, comme un athlète qui fait une course de 50-100 bornes. Et je trouvais ça impressionnant, parce que je pense qu'il ne transporte pas loin d'un kilo, voire beaucoup plus sur des courses de 1500 bornes de tube. et glycogène rapide et tout. Je me rappelle d'un Justinas qui achète des burgers au Marrakech, Atlas Mountain Race, où il me dit, viens, on va sur la place de Jamal-Efna, je sais qu'il y a un Burger King. Et je lui dis, je pense qu'il me fait une blague, tu vois, parce que bon, je savais qu'il était très bon. Et il y va, et il y va. Je dis, mais c'est pas possible, quoi. Il me dit, non, mais il n'y a pas de Ravito pendant 170 heures.
- Speaker #0
Justine, cette année, on a fait une course. On a pris le départ tous les deux de la Transbalkane que tu as gagnée l'année dernière. Et j'ai vu les quantités de nourriture qu'il emporte. C'était hyper impressionnant. Quasiment tout ce qu'il emportait, c'était de la nourriture. Ses sacoches étaient juste pleines de bouffe. Et je pense que c'est aussi là qu'il arrive à faire la diff. Alors, pas que ça, mais il mange énormément. Il est jamais, ou très rarement...
- Speaker #1
en train de pédaler sur de la réserve et il y arrive surtout il arrive à manger des quantités c'est notre force à tous les deux ça m'a toujours impressionné parce que des fois j'ai l'impression parce que tu mets presque tout dans ton sac ton mini sac de Doral exploratrice mais des fois je me dis il a rien je me dis il a rien ce gars c'est impossible dans son sac quand tu vois les mac en mac ils savent où est placé chaque truc et tout ça Et voilà, mais moi, je voulais te parler aussi parce que tu reviens de Russie. Tu as fait un truc un peu costaud entre le Portugal et la Russie. Alors tout le monde a suivi ça.
- Speaker #0
18 000 kilomètres.
- Speaker #1
18 000 kilomètres en 60 jours. Et tu as été enfermé. J'ai été enfermé dans ma vie pour d'autres raisons, un peu plus jeune. Et je sais ce que ça fait. Déjà, tu vas nous expliquer ce que ça fait et qu'est-ce que ça t'a apporté ? Parce que je ne vais pas répéter les mêmes questions que tout le monde.
- Speaker #0
Oui, ce que ça a fait, honnêtement, sur les premiers jours, c'est extrêmement difficile à vivre. C'est vraiment se retrouver complètement privé de sa liberté, du contrôle sur son existence. Moi, je suis vraiment resté quasiment prostré pendant une semaine où je ne faisais rien. J'étais juste allongé sur la couchette du haut, sur mon matelas.
- Speaker #1
T'étais habillé en tenue de vélo ou t'étais en cuissard ?
- Speaker #0
J'avais ma sous-couche, ma petite sous-couche pédalée dans mes rhinos et un petit pantalon. Non, ça va, je n'étais pas en cuissard, mais j'étais en tenue technique. Ils ne m'avaient pas donné de vêtements. Et ouais, c'était difficile. Et ce que j'ai dû faire, c'est à un moment me dire, bon, je ne vais pas passer une semaine ici, je vais passer au mieux 30 jours, au pire deux ans. Et donc, à un moment, j'ai décidé que je reprenais le contrôle de mon quotidien. Et j'ai commencé à écrire, j'ai commencé à faire du sport. J'ai essayé de m'organiser. Tu vois, des trucs tout bêtes, mais être sûr d'être nickel au niveau de... de l'hygiène, se laver tous les jours. Je pouvais me doucher qu'une fois par semaine. On nous emmenait à la douche une fois par semaine. Mais voilà, tous les jours, toutes les deux jours, tu te fais une toilette. Après, t'as que ça à faire, t'as le temps. Mais on te prend beaucoup du contrôle que t'as sur ta vie. Et donc, ce qui m'a aidé, moi, à supporter finalement, c'était d'aller chercher ce qui pouvait encore être sauvé du contrôle que j'avais sur mon quotidien. Et ça, ça m'a aidé à refaire surface. Et après, une dizaine de jours après le début de mon incarcération, j'avais un peu digéré le truc et je me mettais dans le quotidien. Et ce qui a pris le relais, malheureusement, à ce moment-là, c'est juste l'incertitude de savoir combien de temps ça allait durer. Et ça, c'était très, très, très difficile à vivre. Subir quoi, subir, parce que tu étais dans un truc de... Tu projetais quand même de sortir assez vite ou tu avais des idées ? Au début, je me suis dit, bon, allez. Peut-être que dans un mois, je sors grand max dans deux mois. Mais même deux mois, j'avais du mal à me le dire. J'avais un cahier sur mon cahier tous les jours à partir de 20h. Je notais le jour qu'on était. Et pour moi, ça veut dire celui-là, j'ai tiré mon temps. Et je me disais, voilà, je regardais. Je me disais, j'attends d'arriver au 4 octobre. Ça fera un mois que je suis là et j'espère qu'à ce moment-là, je sortirai. Mais je savais que ce n'était pas sûr à 100%. Et après, quand le process judiciaire a suivi son cours et que j'ai compris que pour ce que moi, j'avais commis comme infraction, j'encourais jusqu'à 24 mois d'emprisonnement. Là, ça a été très, très dur. Ça a été vraiment un combat pour réussir à rester positif, réussir à rester optimiste, réussir à se dire non, ça ne va pas se passer comme ça. J'ai rien fait de grave, ils vont me libérer. Mais le truc qui a été vraiment le plus compliqué à vivre pendant un mois, c'est dès que je n'avais pas l'esprit occupé par quelque chose, c'était vraiment dans ma tête la gamberge. Toujours les mêmes questions. Combien de temps je vais rester ? Analyser les paroles de tel détenu, les paroles de tel enquêteur, les paroles de mon avocate, les paroles du juge. Et tout analyser pour essayer de comprendre. qui pouvaient m'arriver. Et ça, tu penses non-stop, dès que tu n'as pas l'esprit occupé. C'est horrible de penser à une chose pendant un mois, une seule chose. Tu as l'impression de vivre.
- Speaker #1
Et puis, tu étais avec des vrais mecs qui avaient fait des vraies conneries, pour le coup. Et en Russie, quand on connaît un peu le décalage qu'on peut avoir avec les russophones, moi, je connais un peu ça parce que je suis allé dans ces pays-là, les pays en ce temps, et en Russie également. J'ai traversé le Baïkal, mais je pensais à ça. Moi, je me dis, mais... Je te voyais vraiment avec des gars tatoués, découpés de partout. Et je me disais, le man, s'il est avec cinq gars comme ça, c'est chaud. Moi,
- Speaker #0
c'était ma crainte. Le jour où j'arrive au centre de détention, je suis là, on marche dans les couloirs avec le gardien et on passe devant plein de cellules. Et moi, à chaque fois, j'essaie de m'imaginer ce qu'il y a derrière la porte. Et au moment où il ouvre la porte, c'est la dernière cellule du couloir, au moment où il ouvre la porte, je me dis, je suis là, je prie, je me dis, mais j'espère qu'il n'y a personne dedans. J'espère qu'il ouvre une porte et que dedans, il y a un lit.
- Speaker #1
Il y a un trainer.
- Speaker #0
Je me dis, j'espère qu'il y a un lit et je suis tout seul. Et voilà, au moins, je suis calme. Il y a un ordi,
- Speaker #1
tu fais le dispatch.
- Speaker #0
Et il ouvre la cellule. Et je passe la tête comme ça. Et là, je vois 7 mecs, d'un coup, qui se retournent comme ça. Et qui me regardent. Et là, moi, je fais « Wow » . Et je commence à flipper, tu vois. Et là, je commence à avancer dans la cellule. Et avant qu'ils te ramènent en cellule, ils te font passer à l'endroit où tu récupères ton matelas, ton oreiller, tes draps et tout. Et c'est assez encombrant comme pactage, tu vois. Et puis, tu as tes affaires. Du coup, tu es un peu encombré. Et je m'avance comme ça dans la cellule. Et là, tu as un des gars qui arrive, le russe. Vraiment le ruche, quoi. Avec la grosse croix orthodoxe au bout de la chaîne en or et tout. Et là, je m'avance et là, il me repousse comme ça. Et là, une panique, un sentiment de panique. Il n'y a pas d'autre mot. Où vraiment, je me suis liquéfié. Et j'ai regardé le gardien. Il a l'air de dire, je ne peux pas rester là en vrai. Parce que je vais mourir ici. Et je m'attendais à ce que le gardien me prenne et me ramène. Et en fait, le gardien a dit deux, trois mots en russe. Et tout le monde s'est calmé. Et cinq minutes après, les gars me lavaient les cheveux, sortaient la tondeuse, me rasaient la tête, me rasaient la barbe, me donnaient une paire de claquettes, faisaient mon lit.
- Speaker #1
Ils ont vu que tu étais...
- Speaker #0
Ils ont vu que j'étais un blanc mec. Ils ont vu que je ne parlais pas la langue, que je n'avais pas commis de crimes.
- Speaker #1
Tu parles russe un peu ?
- Speaker #0
Je savais... Alors maintenant, ça va. Mais à ce moment-là, je savais dire bonjour, merci, au revoir, de l'eau, du pain, et c'est tout.
- Speaker #1
Je suis marié.
- Speaker #0
je sais le dire maintenant mais avant je savais pas mais ouais c'est à dire qu'eux ils étaient là pour tu vois trafic de drogue détournement de mineurs agression ouais j'aurais demandé agression moi j'étais là j'avais franchi la frontière donc bon on était pas sur le même calibre tu leur as demandé c'est quoi ton palmarès il y avait un gars il avait déjà fait 7 ans Merci. Il était là dans cette cellule ? Non, avant. Il avait une première condamnation. Il avait déjà fait 7 ans et là, il était parti pour 10 ans. Il était super simple.
- Speaker #1
Et j'aimerais, parce que tu me l'as dit la semaine dernière, tu m'as expliqué que tu ne dormais pas beaucoup. Est-ce que tu peux me raconter l'anecdote ? Je ne sais pas si tu as le droit de le raconter. Ou t'essaies de changer de cellule parce que tu n'arrives pas à dormir, clairement. Et il y en a un qui arrive pas, enfin qui dort pas, je sais pas quoi, c'est ce que tu m'as sorti. Ouais,
- Speaker #0
on met trois dans la cellule. Et ma cellule, c'est la poste. C'est-à-dire que mon co-détenu, il a une corde qui fait 32 mètres de long, donc il peut faire tout le tour de la prison. Et donc, tous les trafics, tout le courrier intercellule, ça passe par chez moi. Tu vois, il est là, il toque, il tire, il prend, il ouvre un paquet d'allumettes, dans le paquet d'allumettes. Il regarde pour quelle cellule c'est. C'est une grosse chaussette comme ça. Hop, il renvoie à la cellule. Enfin, ça jusqu'à 6h du mat. 20h, 6h du matin, la poste.
- Speaker #1
Mais de manière légale ? Ah non, pas du tout. Ah ouais, ok. Non, non,
- Speaker #0
non, pas du tout. C'est pour ça que c'est fait la nuit. C'est pour ça que c'est fait la nuit, parce que la nuit, ils ne peuvent pas voir. Et moi, au bout d'un moment, je vais péter un cap, parce que j'ai un co-détenu qui se couche à 6h du mat. Allez,
- Speaker #1
proposez une collab.
- Speaker #0
Et j'ai un autre co-détenu. À 9h du mat, il allume la télé. Et toi, tu te dis, en fait, j'ai trois heures dans ma vie où il n'y a pas de bruit dans ma cellule. Et moi, je pète un câble. Et je veux changer de cellule, mais je ne sais pas le dire au gardien. Et donc, je commence à faire des schémas sur un papier. Tu vois, j'écris les numéros de cellule, j'essaie de montrer. Je vais arriver de là, je vais retourner là. Et j'ai un co-détenu qui tombe sur ce papier. Et moi, à ce moment-là, ce que je ne comprends pas, c'est que le comportement que tu as dans le centre de détention... derrière, c'est des informations qui arrivent au juge avant ton verdict. Et si tu as un mauvais comportement, tu prends très, très cher en sentence. Et ça, je ne le sais pas, moi. Et lui, il voit ça et il commence à se dire, attends, le Français, il est en train de vouloir changer de cellule. Qu'est-ce qu'il va dire ? Est-ce qu'il va dire qu'il veut changer de cellule parce qu'on est des fous, parce qu'on fait des trafics et tout ? Et là, il se dit, mais en fait, moi, après, quand je vais partir en procès, si je me retrouve avec un mec qui a dit ça sur moi je vais prendre hyper cher et il s'énerve de ouf et moi comme je dors pas bah je m'énerve aussi et on part en engueulade mais le truc c'est que lui il me gueule dessus en russe moi je lui gueule dessus en français et alors ça part pas en violence tu lui expliquais je lui disais no sleep no sleep crazy crazy il comprenait vaguement quoi mais bon c'était pas un échange très serein Et... La chance qu'on a eue, c'est que l'autre co-détenu, il comprenait un peu mon point de vue. Et en fait, ce qui s'est passé à partir de là, c'est que ça n'a pas arrêté de faire la poste la nuit. Mais ils ont quand même commencé à être un peu plus sympas avec moi. On a partagé des repas. T'en fais ta fée, quoi.
- Speaker #1
Ils t'ont mis dans la boîte.
- Speaker #0
Ah mais parfois, ouais. Parfois, genre, je faisais des trucs. Mais c'était un peu une maison de fou, quand même. À un moment, je ne comprenais pas. Il avait une sarbacane. Je ne comprenais pas ce qu'il faisait. Il était là, il mettait des boules de mie de pain et il crachait les boules de mie de pain par la fenêtre. Et un jour, je vais regarder comme ça. Ce n'était pas de la mie de pain. Il envoyait des boules de mie de pain qu'il avait accrochées à un fil. Et les Ausha, parce qu'on était en dessous de là où il y avait les poubelles. Donc, tu avais tous les Ausha errants. Et après, il essayait de faire venir les Ausha comme ça parce que les Ausha se jetaient sur les boules de mie de pain. C'était extrêmement étonnant.
- Speaker #1
Et pour faire quoi avec les Ausha ?
- Speaker #0
Écoute, on s'occupe comme on peut apparemment.
- Speaker #1
Ah ouais, peut-être qu'ils voulaient... Parfois,
- Speaker #0
ils me disaient... Ils prenaient une boule de mie de pain et ils disaient... Pepper, Pepper ! Kill cat, kill cat ! Pourquoi tu veux tuer les Ausha ?
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Mais bon, apparemment, les Ausha ne mangeaient pas les boules de mie de pain au poivre.
- Speaker #1
Qu'est-ce que t'en... Qu'est-ce que t'en retiens ? Tu prends ça comme un truc positif ?
- Speaker #0
Honnêtement, il y a quand même des moments qui étaient marrants, il y a quand même des moments qui étaient absurdes, où t'es là, tu te dis, mais je ne pensais pas que j'allais vivre ça une fois dans ma vie. Si ça avait duré, je ne sais pas, une dizaine de jours, et que tout avait été concentré en une dizaine de jours, ces moments où j'ai un co-détenu qui m'apprend à jouer au backgammon, il a fabriqué un truc, genre c'est juste une feuille, avec des... Des morceaux de je sais pas quoi qui ont été, certains coloriés en feutre noir et les autres non. La débrouille, tu vois mon co-détenu là, celui qui jetait des boules de mie de pain. Un soir, il sort une résistance comme ça. Et je le vois, il passe une demi-heure à entourer un fil électrique autour. Et tu te dis, qu'est-ce qu'il fait ? Et après, il sort un récipient, il met de l'eau salée dedans, il met des fils, il branche la résistance. Il met ça sur une grosse pierre. Et là, il sort la marmite et il fait la bouffe. Il a fait des plaques électriques avec une résistance de bouilloire et il nous a fait un petit frishti. Après, il m'a dit, allez, viens manger. Et il y a des moments... C'est un documentaire. C'est vraiment dans un documentaire sur la prison russe. Qu'est-ce qu'ils font, les gars ? C'est intéressant. Mais après, globalement, 50 jours, c'est long. C'est long et après, je suis content de m'en être plutôt bien sorti, de ne pas avoir flanché mentalement. Parce que je pense que tu peux rentrer dans une spirale vraiment négative et finir très très mal. Écoute, ça ne fait qu'un mois que je suis sorti. J'espère que ça m'a rendu plus fort. J'espère que la prochaine fois que je me retrouverai sur un Highland Trail par 3 degrés, Bruyne, 2 heures du mat, et que là je vois une petite cabane avec un matelas, ou alors... continuer pour rattraper Alex McCormack, j'espère qu'à ce moment-là, je repenserai à la zonzon et je me dirai « Allez, roule ! »
- Speaker #1
C'est que 4 jours ! C'est pas trop du genre à dormir sur l'Island Trail. Moi, j'ai trouvé ça impressionnant. En tous les cas, ce recul, j'avais fanné assez souvent dès le début et c'était dur. C'était hyper dur pour elle. Moi, le donner... Mon avis, elle me dit qu'est-ce que t'en penses déjà dès le début. Je lui ai donné mon avis déjà dès les premières secondes. C'est-à-dire que ce que t'as fait, je l'aurais fait 500 fois. Parce que je connais ce mindset, on va pas revenir là-dessus de je veux aller au bout, etc. Jusqu'au boutiste, oui, des frontières, oui, c'est pas bien, oui, tu pouvais aller en prison. Mais tu pouvais aussi ne rien avoir. Tu pouvais aussi être absolument libre et devenir une légende en battant le record. Mais je trouve que ton histoire est plus forte, en fait. Avec ce truc, je pense que tu aurais aimé l'éviter. Mais moi, je trouve ça beau que tu aies ajouté ça, parce que les gens ne connaissent pas cette partie de toi, un petit peu les anglo-saxons, parce que tu parles beaucoup plus en anglais sur les réseaux sociaux, voire en américain, parce que tu as clairement un accent de ricain.
- Speaker #0
Je peux parler un peu en russe maintenant.
- Speaker #1
Mais tu es très cultivé, tu es très poète, tu es très romantique. En fait, je pense que tu es un des athlètes ultra-endurance les plus cultivés. Même si tu ne le montres pas trop, tu es certainement celui qui lit le plus. En anglais, surtout, non ?
- Speaker #0
Non, je lis quasiment qu'en français.
- Speaker #1
Mais ça t'apporte quoi, en fait, cette culture que tu as ? Je me suis toujours posé la question, est-ce que c'est mieux d'être bête ? même quand j'étais athlète. Est-ce que c'est mieux d'être bête ou d'être très intelligent pour être athlète de haut niveau ?
- Speaker #0
Écoute, je ne sais pas parce que je n'ai pas testé être bête.
- Speaker #1
Il devient insolent, attention.
- Speaker #0
Mais moi, je trouve que c'est hyper intéressant d'arriver dans un sport sur le tard et de réussir à le concevoir comme une partie de sa vie. Et d'en tirer ce que tu peux en tirer, mais de quand même réussir à avoir le recul pour te dire que... Après, nous, on est sur un sport qui est très particulier aussi. On est sur du sport, sur de l'aventure. Il n'y a qu'à regarder les gens qui font ça. C'est des gens qui sont quand même globalement tous intéressants. Il n'y a pas trop de gens qui ont rien à dire dans notre sport. Quand on passe du temps ensemble, Que ce soit avec tous les gens dont on a pu parler sur la CILC ou même Adrien. On a une certaine vision de la vie. On a une vision qui est ouverte. Tu ne me contrediras pas là-dessus parce qu'on est forcément ouvert sur le monde. Si on part pour s'exposer comme ça aux éléments dans tous les pays, c'est parce qu'on a cette curiosité, parce qu'on a ce besoin d'être nourri par... ce qu'on va ressentir et comment ça va nous mettre à nu, parce qu'évidemment que ça nous met à nu, ce genre de choses-là. Ça nous met face à nous-mêmes et ça nous met dans des états dans lesquels aucun autre sport nous mettrait, à part peut-être de l'ultra-trail ou ce genre de choses. Et encore, c'est différent parce que tu parcours moins de chemin, tu vois moins de choses, donc peut-être que ça se... Il y a des ravitaux, il y a de l'assistance. Il y a plus de monde aussi.
- Speaker #1
Il y a moins dans la merde. Et ouais, il y a ce truc de long. Nous, c'est des très longs temps. Il y a beaucoup d'athlètes qui... soit que j'ai entraîné, soit qu'ils sont passés vers un autre sport, du trail vers là ou du triathlon. Et ils n'arrivent pas à s'ennuyer, en fait.
- Speaker #0
Et nous, notre force... Tu vas complètement rire. Je ne connais pas très bien... Tu connais beaucoup mieux le monde du trail que moi, mais les gens, ils n'ont pas affaire à un trail au camp existant. Alors que nous, on a fait le tour du pays. Et en dehors du fait que c'est une course, tu te retrouves à faire des trucs que tu... à vivre des trucs que tu n'aurais jamais vécu ailleurs. Dans quel sport tu passes une nuit en yourte à être chauffé par un poil qui est alimenté à la bouse de vache après avoir mangé une soupe au cheval ?
- Speaker #1
Parce que tu es tellement dans la merde, clairement, que tu trouves des solutions. Tu parlais de la prison, mais tu trouves des solutions de survie. Parce que tout juste, t'en as besoin, c'est vital. Toi, je trouve que c'est ta grande force. Après, tu t'arrêtes pas. Clairement, sur la Silk, quand tu gagnes, parce que les autres, t'as gagné trois fois. Et les deux autres fois, j'étais pas présent. Mais moi, j'ai trouvé ça hallucinant. Je me suis dit, comme là, ce qu'ils ont fait sur la Tour Divide. Mais il faut un peu s'arrêter quand même, on est des êtres humains.
- Speaker #0
Même si tu regardes la Transbalkan cette année, les temps délirants qu'ils ont postés devant Justina, c'est pareil. Ah mais Justina,
- Speaker #1
je ne comprends pas. Justina, je voulais la rattraper sur la silk. Mais il me dit, mais je te voyais, je te rigolais mec. Il me dit, j'ai dormi trois heures en t'attendant. Donc quand t'es arrivé à deux heures de moi, j'ai redémarré et je t'ai assommé mec.
- Speaker #0
C'est un animal lui.
- Speaker #1
Il m'a dit un truc que toi t'aurais pu me dire cent fois, mais il me dit, Elle était tellement belle, sa phrase à l'arrivée. Parce qu'il m'avait attendu. Vous étiez dans l'eau, en train de sauter dans l'eau. Je trouvais que c'était une belle image. Personne ne m'attendait vraiment en réalité, parce que même l'organisateur était dans l'eau.
- Speaker #0
Tu nous as surpris.
- Speaker #1
Et Justina, une des premières phrases, je dis, je n'ai vraiment pas réussi à te rattraper. Il me dit, mais en fait, j'ai tellement vécu ce genre de situation que je te maîtrisais, en fait. Et c'est la première fois que je me sentais vraiment humilié. Parce que d'habitude, j'ai... J'ai utilisé ce genre de technique sur des courses qui, pour moi, sont des courses d'un moindre niveau. Ce n'est pas du tout méchant ou dénigrant, mais sur les Race Cross, par exemple, que j'ai gagné, je savais que je maîtrisais. Par contre, quand je gagnais le Nordscape, je sentais que je maîtrisais de moins en moins. Et au fur et à mesure des années, Transbalkan, je ne maîtrisais absolument pas quand j'ai gagné, sauf sur les trois dernières heures.
- Speaker #0
Ouais, c'est quand Jochen décide de faire le détour pour se ravitailler.
- Speaker #1
Je sais pas ce qu'il a fait, c'était un détour, les gens me disent « il bâche » . Et en fait, dans ma tête, j'ai dit tout simplement…
- Speaker #0
Il faut partir du principe qu'il va repartir le plus vite possible. Mais ça,
- Speaker #1
ça doit être ouf parce que finalement, la victoire, tu ne la vois pas arriver. Ça, c'est hyper rare en ultra de ne pas voir arriver la victoire. De ne pas être en contrôle et qu'elle te tombe dessus, ça doit être un moment hyper intense.
- Speaker #0
Et puis, en fait, tu sais des choses que tu ne peux te rendre compte uniquement si tu fais de l'ultra-endurance ou peut-être le Tour de France, mais ce n'est même pas pareil. C'est que moi, je suis arrivé à ce moment-là au pied d'un col qui fait 27 kilomètres pour aller dans le Dürmitor. Et je savais que si j'étais en haut et qu'il était en bas, selon moi, j'avais gagné la course. Je roulais à peu près à la même vitesse que lui en ascension. Il ne pouvait pas me rattraper. Il restait trois, quatre heures de course. Et ça, ce genre de situation, toi, tu l'as tellement vécu. Sur une Tour Divide, c'est des temps qui sont monstrueux. Et je me rappelle la Tour Divide, quand tu gagnes, je me disais mais Pourquoi il continue à se faire mal autant alors qu'il est solo quoi ?
- Speaker #1
Ouais c'est vrai que j'étais solo ouais. J'avais Manu qui était loin derrière, Manu Catrice le belge.
- Speaker #0
C'est genre on dit loin mais on parle de quoi ? De 20h non ? Ouais quelque chose comme ça. T'avais presque 24h d'avance.
- Speaker #1
Je sais pas après t'es dans le truc, tu veux finir quoi, tu veux avancer c'était... Mais euh...
- Speaker #0
Tu redivides il y a clairement ça.
- Speaker #1
Mais on en parle de cette transbalkane ou pas ?
- Speaker #0
Moi, je trouve que c'est une des plus belles courses qui existe.
- Speaker #1
Elle est magnifique. Elle est magnifique. Mais alors, la fin ? Elle m'a mis un coup, moi, la fin, là.
- Speaker #0
Mais t'es avec deux vitesses.
- Speaker #1
Quand tu... Tu te souviens de Jabljak ?
- Speaker #0
Ouais, je sais pas. Je connais aucun village, moi.
- Speaker #1
Tu connais aucun village.
- Speaker #0
Tu me connais.
- Speaker #1
Jabljak, Monténégro, là. La dernière grande ville au Monténégro avant que tu rentres dans la section qui va te...
- Speaker #0
Mais c'est là qu'il est allé à l'hôpital, je crois. C'est là qu'il est allé à l'hôpital ou je ne sais pas quoi dans un hôtel. C'est le dernier village, un truc...
- Speaker #1
Il n'a pas fait un détour à un moment parce qu'il n'avait plus rien à manger ? C'est ça. Non, mais ce n'est pas un détour parce que j'ai l'impression que c'est sur la trace.
- Speaker #0
Oui, c'est sur la trace, mais tu sais comment c'est. Tu fais booking, tu regardes, tu crois que c'est à 2 km à vol d'oiseau. Et ça devait être à 7 bornes, mais 7 plus 7, 14. C'est ça qu'il a fait, comme il a fait sur la Silk Road, où il avait fait quelque chose comme ça en allant à l'hôpital aussi. Enfin, il avait fait un truc comme ça. Et je savais qu'il était capable de ça, alors que c'est un ingénieur quand même. Mais ouais, je crois que c'est ça, avec une ascension de 27 kilomètres juste après, ou je ne sais pas combien.
- Speaker #1
Je sais juste qu'en fait, c'est après le Dourmitor. Tu arrives au Monténégro par la Bosnie, tu passes la petite rivière, et là, tu montes au Dourmitor. Et après 2,5 heures, tu redescends et t'arrives à Jabljak. En fait, c'est à partir de là où tu t'avances plus.
- Speaker #0
C'est fini.
- Speaker #1
C'est magnifique. C'est absolument splendide. Mais par contre, il n'y a personne et c'est ingrat au possible. Vraiment, c'est terminé, t'avances plus du tout.
- Speaker #0
Et ouais. T'as 12 heures. C'est dans cette descente que je me suis arrêté et j'ai trouvé des motards et en fait, je croyais que c'était la... La lumière clignotante de Jorhen, c'est comme ça que je m'arrête, parce que je ne regardais pas le tracker. Et en fait, c'était cinq motards croates qui faisaient un peu notre trace, mais avec des motos. Et j'ai mangé un espèce de truc dégueulasse avec eux. Je me suis endormi et c'est dans le film qui va passer au Grand Rex. Franchement, à ce moment-là, je croyais que j'allais mourir. En fait, je revois ce moment, c'était inhumain. Eux ne me comprenaient pas. Mon anglais n'est pas très bon, mais même moi, aujourd'hui, je ne comprends pas ce que je disais. J'étais complètement défoncé. Et j'arrive au pied du truc, donc ce col, et en haut, il est en bas, et je sais que j'ai gagné, mais ça ne faisait que monter après. Et je me souviens de la voiture d'Orga. Je me dis que c'est impossible qu'il soit arrivé là. Et là, je vois notre photographe favori en haut. Je dis, mais ce n'est pas possible. Ils sont trois personnes de l'Orga. Je dis, la voiture, elle ne va jamais repartir. Tu vois, ils étaient en haut d'un col de l'enfer. Mais ouais, pour moi, c'est une des plus belles courses, une des plus dures. Elle est magnifique, elle est vraiment magnifique. Si, je vous conseille de la faire, parce que surtout, il y a un autre truc, c'est que l'Orga, ça, ça joue beaucoup. Parce que la Tour Divide, c'est quand même déshumanisé au possible, même si toi, tu les connais un peu plus. Ouais, moi,
- Speaker #1
j'ai eu un peu plus de contacts avec Matt Lee. Du coup, c'est un peu moins... Pour moi, il y a une personne derrière.
- Speaker #0
C'est un peu différent. Il faut raconter la Tour Divide. Tu n'as pas de paiement à faire. Tu t'inscris de manière gratuite. C'est de la donation. Et tu reçois la map à J-2 ou J-1. Et tu t'inscris. Tu ne sais pas si tu es vraiment inscrit. Moi, j'étais en panique. Tu reçois une... Non,
- Speaker #1
tu envoies une candidature.
- Speaker #0
Une candidature, pardon.
- Speaker #1
À une adresse Tour Divide. Et tu ne reçois jamais de réponse. Et moi, c'est vrai que tu n'es pas le seul à me l'avoir demandé. Même... Robin, qui gagne cette année, il s'inquiétait. Il disait, ouais, c'est normal.
- Speaker #0
Tu crois que je suis inscrit ?
- Speaker #1
Personne ne reçoit de réponse. Après, c'est tout un folklore, mais moi, je respecte vachement ça. Et c'est vrai qu'il n'y a pas d'organisateur officiel. Il y a un organisateur officieux, bien évidemment, parce qu'il faut quand même vérifier que tous les ans, le parcours est praticable. parce que par exemple à un moment il y avait un pont qui n'existait plus donc il a fallu tout rerouter donc il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui soit en charge de ça et il faut bien aussi quelqu'un qui décide que quand il y a des incendies on n'y va pas et que du coup il faut envoyer un nouveau fichier mais en soi voilà, t'es jamais en contact avec personne, il n'y a personne qui décide de quand la course commence, la course commence tous les ans le deuxième vendredi du mois de juin à 8h du matin depuis la toute première édition et jusqu'à la toute dernière Non, il... Et après, voilà, moi, j'aime bien cette approche un peu romantique de c'est comme ça que ça a toujours été. Et donc, c'est bien, je trouve que ça reste, tu vois, qu'il y ait quelque chose, une course qui nous permette de nous connecter aux racines de ce sport. Parce que tu vois, si on parle de l'évolution du sport, moi, un truc qui me fait peut-être un peu peur, c'est qu'on commence maintenant à être assez éloigné de la date de naissance du sport. On commence à avoir tout un panel de courses. auquel on peut s'inscrire à n'importe quel moment de l'année et avec des éthiques parfois différentes et parfois t'as des jeunes qui connaissent pas l'histoire et moi je trouve que c'est important pour un sport comme le nôtre de connaître un petit peu l'histoire parce qu'encore une fois c'est un sport que je trouve différent et de savoir comment il est né et quel est son éthos à la base et que ça puisse persister ça c'est ton côté romantique,
- Speaker #0
moi j'appelle pas ça Je n'appelle pas ça l'histoire. J'appelle ça, en fait, pour moi, l'esprit. L'esprit qui règne au-delà de l'histoire parce qu'il y a une création, mais après, c'est les athlètes qui font la course et c'est les courses qui font les athlètes. Moi, je me suis toujours demandé, avant de faire la Divide, pourquoi il aime ce truc ? Parce que je me disais, tu n'as pas de dossard. J'ai vécu quand même une partie de ma vie avec des dossards. Tu n'as pas de dossard. Tu n'as pas d'orga. Tu as des athlètes. Bon, il ne faut pas se mentir. Tu n'as aucune... Encore une fois, je dénigre personne, mais tu as dix mecs et dix filles. Il y a les cinq filles qui tiennent vraiment la route et dix mecs environ, un peu plus d'année en année. Donc, le niveau n'est pas extrêmement élevé, mais c'est quand même les meilleurs du monde dans les trois, cinq premiers.
- Speaker #1
Ces dernières années, en tout cas. Depuis, on va dire, depuis la fin du Covid.
- Speaker #0
Et c'est parce que moi, je t'avoue, il y a dix ans, je disais, il n'y a personne. Franchement, c'est dur pour l'avoir fait. C'est horrible, franchement. Tu as des temps d'ennui qui sont de l'ordre de 50% de ta journée. Voir 100% de 24 heures, des fois.
- Speaker #1
Tu sais, un endroit auquel je repense souvent quand je pense à quel point tu peux prendre cher en termes mentalement sur le tour Divide, c'est quand tu fais la toute fin du Montana avant de rentrer dans l'Aïda-Hau. Quand tu pars de Polaris et tu fais genre de... Polaris jusqu'à l'entrée dans Idaho. Toute cette Medicine Lodge. Banach Road, Medicine Lodge. Avant d'arriver, et même encore après Lima, dans le Montana. Après, où tu as les lacs avec tous les oiseaux. Là, ça commence à être un peu mieux quand tu commences à arriver vers les lacs. Mais tout le moment où tu finis, je repense souvent à ça. Je me dis, ça, tu dois... Le basin. Dans le Wyoming, ça aussi, tu prends cher.
- Speaker #0
En fait, j'étais dans l'instantané. En fait, moi, je ne retenais rien. Il y avait un gars, je pense, ça faisait six fois qu'il essayait, six fois qu'il se ratait. Et c'est une légende, parce que je pense qu'il a jamais... Peut-être qu'il a réussi, maintenant, depuis trois, quatre ans. Mais il y a des gens passionnés, quand même, de cette épreuve. Il y a des gens qui la font tous les ans. Impressionnant.
- Speaker #1
Tous les ans, oui.
- Speaker #0
Qui viennent, qui se mettent un carton. Il y en a, ils ne vont pas forcément... Mais moi,
- Speaker #1
ce que j'ai remarqué, c'est que souvent, voient exclusivement les gens qui ont un rapport privilégié avec cette course, c'est des Américains. Et je pense qu'ils arrivent à avoir cet état d'esprit où ils arrivent à se mettre dans ce mood où tu peux faire 10 heures dans un désert de petits buissons de sauge haut comme ça. C'est l'Amérique. Je ne sais pas exactement dans quel état d'esprit ils arrivent à se mettre. Moi, j'ai fait le Tour Divide 3 fois. Et la dernière fois où je l'ai fait, j'ai fait « Heureusement que j'ai gagné, parce que là, je ne veux pas revenir. » Genre maintenant, c'est bon. Parce que c'est vrai que c'est... Ouais, il y a beaucoup de moments où tu te fais chier.
- Speaker #0
Il y a le film de Josh qui parle très bien de ça. Et en fait, je l'avais regardé. Je crois que c'était un mal ou peut-être un bien, parce que j'y ai pensé toute la course. Où ça parle de l'ennui, clairement. Et il m'avait prévenu, je lui avais envoyé un vocal. Il me dit, bon, bah, en fait, je pense que t'as vécu des choses dans l'Himalaya, le Baïkal et tout. Mais là, c'est pas trois jours, c'est pas cinq jours. Tu vas voir, les temps sont très, très longs. Et mec, tu vas te faire chier. Il m'a dit clairement. J'ai dit, wow, Josh. Si, si. Vraiment, vraiment.
- Speaker #1
Ouais, non, mais tu sais, on me demande souvent, et j'imagine qu'on te pose la question aussi, parce que tu les as toutes faites. Que ce soit l'Atlas, que ce soit la Six, que ce soit le Tour Divide, on les a toutes faites. On me pose souvent la question, quelle est la plus dure ?
- Speaker #0
Et les nicks, on n'a pas fait. Toi, t'as perdu un mollet, et moi, j'y suis jamais allé. C'était jamais le bon timing.
- Speaker #1
Quelle est la plus dure ? Et c'est très, très difficile de répondre parce que je pense que concrètement, la plus dure, celle qui réunit du moins le plus de difficultés, c'est la silk. Parce que la silk, évidemment, ça n'avance pas. La route est toujours défoncée. T'as l'altitude, les amplitudes de température. T'as le fait qu'à n'importe quel moment, tu peux tomber malade et te vider pendant trois jours et être incapable de repartir. T'as la barrière de la langue, t'as les ravitaillements qui sont très, très espacés. T'as à peu près toutes les difficultés que tu peux rencontrer sur une épreuve de bikepacking.
- Speaker #0
Chaleur aussi, des cages de chaleur énormes, froid chaud.
- Speaker #1
Mais comme t'as dit, en fait, c'est tellement beau que tu t'es récompensé à chaque fois. Quand t'es en souffrance, t'es en souffrance dans un endroit qui te récompense, tu vois. Alors que le Tour Divide, c'est moins de dénive, c'est plus roulant, c'est moins compliqué en termes de ravito, t'as moins de chances de tomber malade, t'as plus d'endroits où tu peux dormir au chaud. Mais c'est tellement long et la météo peut transformer ça en des choses qui sont tellement pénibles. Tu peux dire, moi, ça m'est arrivé d'avoir 3-4 jours de vent de face d'affilée. Et ingrat parce que t'es en vent de face dans des « steps » , c'est des déserts. t'as rien à regarder et t'es en vent de face comme ça et t'es à 15 kmh sur le plat et tu sais que tu vas le prendre jusqu'à la fin de la journée le vent de face et là dans ta tronche ça t'arrive pas sur la cil donc quelle est la plus dure ?
- Speaker #0
c'est très très difficile à dire je trouve que c'est la course mais c'est peut-être le timing qui a voulu ça en fait je suis resté du temps avec la L parce que c'est la première fois de ma vie que j'avais peur d'être seul Ah ouais ? Ah ouais, c'est la première fois en ultra où je me suis dit, il faut que je reste avec quelqu'un. Vraiment, je m'ennuyais très fort. Il fallait qu'on me raconte des trucs. Et puis elle, il fallait qu'elle me raconte le pays. Je me suis dit, je vais rester avec une Américaine qui connaissait de course très bien parce qu'elle va me raconter des trucs, tu vois. Parce que je me disais, ces endroits n'ont aucun sens. Quand tu arrives à Atlantic City, elle me dit, là, ils ont des sneakers sur la gauche, il y a une étagère, elle connaissait chaque truc. J'arrive dans la boutique, mec. Il y a trois fusils à pompe.
- Speaker #1
Elle l'a fait tellement de fois.
- Speaker #0
C'était un vendeur d'armes, le mec.
- Speaker #1
Oui, c'est Wild Bill. Wild Bill, oui.
- Speaker #0
Incroyable. Et après, je pars.
- Speaker #1
J'ai dormi chez lui. C'était, je crois, mon tout premier tour Divide. J'avais un GPS qui se déchargeait pas mal. Je suis rentré et j'ai fait, je peux juste le laisser brancher tout le temps de recharger et je m'assois. Je me suis assis pendant que le GPS chargeait. Je me suis endormi sur la chaise, au bout d'un moment, il a fait « Je vais fermer maintenant ! » Mais oui, oui, c'est un... C'est une armurerie. C'est clairement une armurerie. Et c'est une armurerie dans un village de 100 habitants. Tu vois ?
- Speaker #0
Incroyable. Ça, c'est fou. Oui, non,
- Speaker #1
mais après, c'est les Etats-Unis, c'est un pays dingue.
- Speaker #0
Ouais, mais tu vois, j'ai découvert les Etats-Unis, j'y étais déjà allé, mais en fait, on connaît rien vraiment des US. Quand tu fais la tour Divide, c'est les Etats-Unis du vide, quand même. Les Etats-Unis sont vides.
- Speaker #1
T'as deux Amériques. T'as l'Amérique des côtes, ouest et est, et après t'as tout ce qui est au milieu. Et là, ça n'a rien à voir. Ça n'a vraiment rien à voir.
- Speaker #0
Il n'y a pas d'habitants, en fait.
- Speaker #1
Il n'y a pas d'habitants. Tu sais que moi, j'avais calculé que si tu prends l'Alberta où on commence, le Montana, l'Idaho, le Wyoming, le Colorado, le Nouveau-Mexique, et tu rassembles tout ça, t'as moins d'habitants que l'Île-de-France. Sachant que ça doit faire en surface, je ne sais pas combien de fois à la fois.
- Speaker #0
Ah ouais, mais c'est monstrueux. J'ai souvenirs d'habitants qui ne t'attendent pas forcément là. Et puis il y a un autre truc, qui était un autre paramètre à gérer. C'est que tout est quand même très cher, tu vois, comparé à une silk. Et ça fait bizarre. Toi, tu me l'avais dit, tu étais le seul à me l'avoir dit. Mais ouais, quand tu arrives, tu sens que ça peut te sauver la vie d'aller dans un hôtel, te réchauffer. Je prends plus battante, j'arrive, sourire. En France, tu fais ça, tu peux l'avoir l'hôtel à 60 euros pour dormir trois heures. Et là, je lui demande et elle me dit vraiment 280 dollars en souriant comme ça de manière américaine. Et moi, j'ai regardé, je pense que c'est une blague. Je dis trois heures. Elle me dit trois heures ou une nuit, vous me salissez la chambre, monsieur. Elle me voyait, mais un clochard. Et à ce moment-là, j'ai dit, cette course va être très dure parce que je dors dans des toilettes de deux kilomètres après dans la Pampa avec tout ce qu'il peut y avoir autour comme faune sauvage. Toi, tu n'as jamais eu de clochette.
- Speaker #1
J'ai eu la même expérience que toi sur le Tour Divide que je gagne. où je fais une première nuit sans dormir. La deuxième nuit, j'arrive à Columbia Falls de nuit, tu vois. Et je me dis, là, je peux peut-être me prendre trois heures. Ça, je vois où c'est.
- Speaker #0
Il y a un lac, non ?
- Speaker #1
Oui. Quand tu n'es pas loin de Glacier National Park. Et là, je regarde le prix des hôtels. Et je fais, non. Je vais continuer à rouler parce que je n'ai pas les moyens de payer un hôtel 200 dollars. Et tu te dis, en fait, ça met en condition toute ta course. Et ouais, ça ne va pas aller en s'arrangeant. Parce que maintenant, le dollar est fort, parce que l'inflation là-bas, elle est encore pire qu'ici. Donc maintenant, ça coûte extrêmement cher de faire un tour de divide.
- Speaker #0
Et après tout ça, comment tu te vois dans deux ans déjà ?
- Speaker #1
Dans deux ans ? Dans deux ans, je pense que je continuerai à faire ça. Moi, tu vois... Aussi, un truc que j'ai, je pense, compris en prison, c'est que, tu vois, ces dernières années, j'étais beaucoup dans une optique de me plaindre, de dire ce sport, il est vraiment dur, ce sport, il est vraiment usant, le niveau, il est en train de monter. Il faut travailler encore plus pour soit réussir à s'améliorer et perdre moins de place, soit réussir à garder un peu son niveau. Et faire des podiums, tu vois, alors qu'avant, c'était des victoires, quoi. Et bon, après, le temps passe et les jeunes arrivent. Et moi, j'ai 44 ans maintenant. Mais j'étais beaucoup dans cette optique de me dire, je ne vais peut-être pas rester longtemps parce que c'est usant. Je n'ai plus le mental et tout. Et quand j'étais en prison, j'y ai réfléchi. Je me suis dit, mais de quoi tu te plaignais en vrai ? De quoi tu te plaignais ? C'est toi qui t'inscris à ces courses. C'est... T'es quand même là, t'es en train de faire du vélo, c'est ton kiff, c'est ta passion, t'es dans des endroits qui sont souvent magnifiques. Genre juste arrête de te plaindre, fais tes courses. C'est ton taf, c'est ta passion. T'es en train de construire ton palmarès. Si t'as encore l'occasion de rajouter des lignes à ton palmarès, rajoute-les. Parce que je peux peut-être en rajouter l'année pro, je peux peut-être en rajouter en 2027. Je n'en rajouterai pas en 2034, en 2035. C'est un peu le truc que j'ai tiré, la leçon que j'ai tirée de cette incarcération. Je me suis dit, arrête de t'apitoyer. Arrête de dire, c'est dur, c'est de plus en plus dur. Ouais, c'est dur. Mais est-ce qu'on se lève tous les jours à 6h pour aller à l'usine ?
- Speaker #0
Toi, tu vois ça comme un job.
- Speaker #1
Je ne vois pas que ça comme un job, mais moi, c'est aussi j'en vis. À moins que je trouve une solution pour que les sponsors me payent pour ne pas faire de course, il faut que j'en fasse. Et quitte à en faire, j'ai envie de bien les faire.
- Speaker #0
C'est nouveau que tu dises ça. Moi, je l'ai toujours dit, mais des fois, on me l'a reproché, notamment sur mes épreuves. On me dit, mais ça ne t'a pas passionné. Je dis, c'est dur. C'est mon travail. Il faut te lever tous les jours. Comme tu dis, ce n'est pas l'usine, etc. Mais franchement, en 2022, je fais sans nuit blanche. Je pense que tu en as fait autant dans les années 2020, 2021, 2022. Mais c'est un sport qui est contraignant. Après, nous, on a la chance de gagner un petit peu d'argent avec ça. On n'est pas millionnaire. vers quoi tu veux aller vers les documentaires, vers écrire des livres parce que là il y a un célèbre président qui écrit un livre pour 20 jours de prison tu veux déjà en écrire deux ah oui clairement limite trois parce que moi c'était en Russie donc il y a plus de 30 non c'est très très fort ce qu'il a fait
- Speaker #1
20 jours ouais Chapeau.
- Speaker #0
52, t'as fait toi ?
- Speaker #1
52, ouais. Moi, j'ai toujours été intéressé par l'écriture. Si les gens me suivent un peu, ils savent que c'est mon médium de prédilection, que moi, j'ai toujours aimé écrire. À la base, j'ai fait des études de lettres. J'écris depuis que je suis adolescent. C'est vraiment l'outil que j'utilise. Merci. Quelque chose, malheur et bon, puisqu'en rentrant de Russie, après avoir fait de la prison, j'ai été énormément médiatisé. Donc ça a aussi attiré l'attention d'éditeurs. Et là, j'ai des éditeurs qui me proposent de faire un livre sur l'expérience entière. Le record, puis la prison et parler aussi un peu de mon parcours, de ce que c'est que l'ultra, tout ça. Et oui, moi, c'est quelque chose que j'avais envie de faire. Après, je n'étais pas encore dans le fait d'aller démarcher des éditeurs. Et je n'étais pas non plus, je n'avais pas cette volonté d'écrire un livre dans mon coin et après l'envoyer à un éditeur en croisant les doigts pour que ça se fasse. Parce que c'est quand même du boulot. Et si tu bosses et qu'à la fin, il n'y a pas de livre qui sort, ça fout les boules quand même. Pas possible pour rien. Mais ouais, moi, ça fait partie des choses que j'ai envie de faire. Après, tu vois, j'aurais toujours envie de faire du vélo. J'aurais toujours envie de partir dans des endroits improbables à vélo. Et après, il faut réussir à trouver comment transmettre ces expériences aux gens qui veulent les vivre avec moi. Alors, il y a l'écriture. Il y a donc Fanny, ma compagne, qui monte ce vidéo. Et moi, maintenant, dès que je fais quelque chose, je me filme à la GoPro et les films après sortent sur mon YouTube. Mais on peut imaginer des projets encore plus grands. On peut imaginer de trouver des producteurs a priori. de réussir à monter un truc ou une expédition là c'est vraiment documenté, c'est pas que moi avec ma GoPro, il y a une équipe on essaye toujours un peu de faire ça mais toi même tu sais que c'est extrêmement difficile de trouver des budgets pour ce qu'on fait, nous c'est très niche c'est une niche et tu vois moi je parlais avec des gars un producteur qui m'a dit j'avais un projet de film sur Thibaut Pinot et on a pas trouvé le financement et là tu te dis Merci. Si on ne trouve pas les financements pour un type comme Thibaut Pinot, ça va être dur de les trouver pour Sofiane Salini. Mais en soi, j'ai toujours envie de faire du vélo. Je ne sais pas si j'aurai dans deux ans, dans trois ans, toujours envie de faire des courses. Peut-être. À chaque fois, je me dis que j'en ai marre de faire des courses. Et après, quand je fais la course, je me dis que c'est marrant quand même. Je ne sais pas pour toi si c'est la même chose. Non, mais même, parfois, tu te bats pour le podium, tu te tires la bourre avec des gars. Juste tirer la bourre avec des gars, parfois, c'est juste un peu drôle.
- Speaker #0
Oui, j'ai eu ça sur la Transbalkane. C'est pour ça que ça a été presque ma dernière course. J'ai tellement vécu un moment avec l'orga parfaite, le parcours extrêmement dur. Il y a une battle un peu incroyable. Tout était réuni. Et puis, je sortais d'une année difficile. Et je me rappelle de mots de Justinas pendant la course. Il me dit, mais on s'est vu en mars. On en a parlé, Steven. Tu es comme moi. On ne pense qu'à ça. On ne pense qu'à ça. Et en fait, c'était dans ma tête toute la course, cette phrase de « on ne pense qu'à ça » . Tu vois, l'obsession, je pense qu'on a ce point en commun. On est très différents, mais on est obsédés quand on a envie d'un truc, tu vois, une épreuve et tout, on s'entraîne pour. Parce que tu n'es pas un athlète de haut niveau, mais M. Seilly s'entraîne quand même, il se met des grosses sessions d'entraînement. Et tu fais du vélo toute l'année, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Et moi, je pense, et j'aimerais faire des trucs friendly, tu vois, qu'on parte toi, moi, Justinas, tu vois, cinq, six, sept potes, et qu'on raconte tout ça. Parce que Justinas, les gens le voient, beautiful people, machin, Justinas, il est très philosophe, très poète, très romantique. On a tous ce point en commun, tu vois, sauf... Bon, Yoren, un peu moins, tu vois. Les Allemands ont un petit peu moins ou les Suisses-Allemands ont un petit peu moins ce truc.
- Speaker #1
Il faudrait qu'on invite ton pote Seb.
- Speaker #0
Seb Breuer, il l'a un peu moins ce truc. Qu'est-ce qu'il m'avait dit ? Il me dit...
- Speaker #1
C'est quoi ton nom ? Ah oui, c'est ça.
- Speaker #0
Ah oui, c'était à l'arrivée de la Silk. On était juste après et tout et je t'avais sorti l'anecdote. Et le mec quand même arrive à côté de moi et je l'avais battu. Oui,
- Speaker #1
je l'avais battu.
- Speaker #0
Tu fais 4 derrière Justina. Il fait 5, il casse son guidon. Toute la course, il ne peut pas mentir. Toute la course, il a regardé mon point. Mon point était juste derrière lui. C'est sûr, il ne peut pas mentir. Lui, sa femme, tout le monde a regardé mon point. Il sait très bien mon nom. Il arrive, qu'est-ce qu'il dit ? Tu es qui, toi, déjà ? Et là, ça m'a fait sourire. Sofiane, je lui avais déjà dit avant la course... Seb, je le trouve un peu dur. Je ne sais pas, moi je l'aime bien, pas plus que ça, mais c'est un performeur, il ne faut pas le prendre comme ça. Et là, à l'arrivée, il me sort ça. J'ai explosé de rire.
- Speaker #1
Je vois très bien ce que tu veux dire pour reprendre deux choses, cette obsession. Il y a un truc que je n'oublierai absolument jamais, c'est 2022, quand je m'anime sur le Tour Divide et j'ai vraiment absolument envie que ce soit mon dernier Tour Divide. J'ai envie qu'enfin je le gagne. Ça fait huit ans que je ne rêve que de ça. J'ai échoué deux fois. Enfin, échoué, c'est beaucoup. beaucoup dire. Mais vraiment, et là, je tombe sur l'année où il y a le plus de neige au départ, et c'est pas que au départ, c'est du Canada jusqu'au Wyoming. Et donc, chaque col avait entre trois quarts d'heure et deux heures et demie de marche. Et honnêtement, sur les deux, trois premiers jours, je suis un robot.
- Speaker #0
Et t'es le seul à faire le vrai parcours ? Je suis le seul à faire le vrai parcours, ouais.
- Speaker #1
Je suis vraiment un robot. C'est-à-dire que j'arrive en bas du col, je commence à monter. Et après, je vois la neige. Et après, je descends de mon vélo et je marche et je ne ressens rien.
- Speaker #0
Avec ton kawaii keshua.
- Speaker #1
Je ne ressens rien du tout. Tu vois, je suis là. Je me dis, il faut marcher, je marche. Et je marche. Et ça ne me fait évidemment pas plaisir, mais ça ne me fait pas spécialement chier. Parce que je me dis, c'est ce qu'il faut faire. Je suis venu là pour le gagner. Il faut marcher. Deux heures, trois heures par jour. Je le fais. Et à la fin, j'arriverai et je gagnerai. Après, le robot est redevenu humain au bout d'un moment. La détermination a commencé. J'ai commencé à ressentir un peu plus la souffrance. Solo, il va être 2022. Non, mais 2022, c'est la neige. Donc, marché du Canada jusqu'au Wyoming. Après, au Wyoming, Colorado, le vent de face. Et après, Nouveau-Mexique, la drache. La mousson qui normalement arrive. Deux, trois semaines plus tard, là, elle arrive sur Miguel.
- Speaker #0
Je ne sais pas si je ne préfère pas ça que le 45 degrés du Nouveau-Mexique. Je ne sais pas. L'enfer, mec. L'enfer. Avec les petits serpents et les petites araignées qui sautent sur la route sur les derniers 70 bornes ou 70 miles.
- Speaker #1
Ah oui, il y en a un paquet de Miguel là-bas.
- Speaker #0
Je t'ai fou, moi. Je ne comprenais pas leurs blagues avec les snakes et tout. Ils parlaient des araignées. Arrêtez de faire les malins. Moi, je viens de la Courneuve, les gars. Je suis arrivé, je voyais les trucs qui sautaient sur la housse. Je me suis dit, OK, il ne faut peut-être pas sortir, se jeter par terre. Non,
- Speaker #1
il ne faut pas. Non, mais ce serait génial si on arrivait à faire un truc entre potes. Moi, ce serait mon rêve aussi. Mais c'est compliqué tant qu'on est dans ces calendriers, tant qu'on est chacun sur ces événements, sur ces projets, réussir. Même ne serait-ce que parfois, on essaie de se caler un truc avec juste Josh et on n'y arrive pas.
- Speaker #0
Ah ouais, Josh. Je suis super mec. Josh, incroyable pour un Britannique. Il m'a fait changer mon mindset des British.
- Speaker #1
C'est un mec en or, Josh.
- Speaker #0
Ah ouais, putain, incroyable. Je me suis retrouvé lit-collé, lui, Justinas, moi. À l'arrivée de la Silk, parce que ça coûtait, je ne sais pas, 7 euros par personne. Juste après, là, on était dans le même hôtel. Ah oui, tu étais solo. Oui, j'étais solo. Ah oui, dans une chambre horrible.
- Speaker #1
J'avais plus de budget. Je mettais 20 euros par nuit.
- Speaker #0
Il mettait 20 euros, mais ah oui, dernière anecdote et après, on en aura fini. J'ai une pensée. En fait, je ne te l'ai pas dit l'autre fois quand on a pris ce café, mais j'y pensais à un truc. Je me suis dit, ce mec, il est vraiment différent. Ça m'a rappelé mes années coureurs. T'arrives sur la Silk quand tu gagnes. Tout le monde, je me rappelle, on prenait des bols de muesli d'influenceurs. Tout le monde mangeait, c'était un lieu super stylé et tout. Et là, tu nous dis, non, non, moi, je vais me mettre tout seul. Et tu t'es enfermé dans le noir pendant genre trois jours avant la course, solo, à parler à personne. On ne te voyait pas, juste. 10 minutes dans la journée où tu venais manger, discuter avec les gens pour voir la lumière. Et à ce moment-là, je me dis, OK, le mec est un robot. Tu vois, ça me motivait. Et je me disais, difficilement battable. Je pense qu'il a un problème dans sa tête. Il est robotisé.
- Speaker #1
Comme tu l'as dit toi-même, c'était le championnat du monde. Il y avait tout le monde. Et moi, c'est chez moi. Je l'avais gagné deux fois. Et je voulais, là, vraiment, là, c'était... Montrer, quoi. Et si t'en parles à Josh, Josh te le dira. Josh te dira, j'ai jamais vu le Sofiane comme ça. Il te dira, j'ai jamais vu ce Fianna aussi angoissé, aussi stressé, aussi focus.
- Speaker #0
Parce que là, c'était le moment où je me disais je ne peux pas m'arrêter. C'est chez moi, tout le monde est venu, il faut que je montre au monde que ici, voilà. Quand je viens, je gagne.
- Speaker #1
Et puis, ouais, t'avais ce truc.
- Speaker #0
J'étais dans le mal, moi.
- Speaker #1
Ouais, t'es roulé vite, mec.
- Speaker #0
Non, mais avant, je veux dire, avant, t'étais vraiment dans le mal. Non,
- Speaker #1
mais tu viens de... Tu viens du Kazakhstan parce que tu m'avais envoyé un message. Tu es venu du Kazakhstan. Je t'avais dit, peut-être, tu avais fait Almaty. Après, tu étais venu en vélo. Tu m'avais dit, j'ai dormi dans des trucs où il n'y a pas de fenêtres, dans des chambres d'hôtes de l'enfer. Et ouais, j'ai ce truc-là parce que les gens pensent, oh, Justinas, il est gentil. Oh, Sofiane est gentille. Oh, Stephen. Oh, Josh. Mais au fond, il y a des animaux à l'intérieur. Moi, quand je t'ai vu là, j'avais dit, Justinas. Parce que Justina, c'est-à-dire qu'il arrive souvent à peu près 45 minutes avant le départ.
- Speaker #0
Ouais, c'est fou lui.
- Speaker #1
Mais je trouvais ça dingue que t'aies ce truc de robot, en fait. C'est la première fois que je voyais un mec, sauf si tu fais des courses de 300 bornes ou de 200 bornes de gravel aujourd'hui, parce qu'ils sont tous comme ça. Mais là, on était tous friendly et tout ça. Et j'ai dit, ah ouais, là, il est en mode... Je me rappelle du Nathalie Bayon qui avait explosé la moitié de son vélo la veille. Et toi, je te voyais en mode robotisé à regarder. Ça se prépare une silk. Et elle gagne, non ? Elle gagne.
- Speaker #0
Elle fait première égalité avec Peggy.
- Speaker #1
Et maintenant, avec un vrai vélo, elle gagne tout. Mais c'était un bon moment de passer ça avec toi. Je ne pensais pas qu'on aborderait tous ces sujets. Et ça donne du sens.
- Speaker #0
ça c'est un truc que je pense que je t'ai jamais raconté mais toi t'étais détente t'étais là, t'avais tes anecdotes t'avais tes histoires et moi j'étais là Steven quoi et j'avais du mal en fait avec ce côté détente et ça me et ça me stressait un peu et par contre après Une fois que c'était terminé, là, j'ai vraiment commencé à apprécier le temps qu'on passait ensemble. Parce que là, j'avais réussi à faire redescendre la pression.
- Speaker #1
J'ai besoin que ça sorte. J'ai besoin. Parce que, quoi qu'on dise, c'est inhumain. C'est inhumain de faire ces courses-là. Pour Divide, ça... D'autres, même une Atlas, à vos vitesses, à laquelle ça roule aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est n'importe quoi. C'est n'importe quoi. Quand tu gagnes, tu as dormi zéro minute, je crois. Franchement, c'est très, très dur. Et moi, cette angoisse d'avoir mal, le truc que je déteste le plus dans la vie, c'est avoir mal. C'est pour ça que je t'ai parlé de la prison et d'autres trucs.
- Speaker #0
Tu as bien choisi ton sport.
- Speaker #1
Mais c'est ça. C'est complètement une thérapie pour moi. Mais j'ai besoin de rigoler. J'ai besoin de m'amuser. Parce que si c'est dur avant la course... J'ai fait ça toute ma vie, avec des mecs qui font la gueule à la signature, ou ça, ça, mec. Mec, on était hier... Les gars ne te parlent pas pareil. Tu vois, toute ma carrière vélo, c'était comme ça. Les gars sont méchants. Et si on devient méchant avec moi, je deviens méchant. Mais dans le haut niveau ultra, jamais j'ai voulu rentrer dans ce truc-là, sauf sur des épreuves comme la Tour Divide. Toi, tu dis le Tour Divide, moi je dis là, comme je dis le Covid, ou le Wi-Fi. et Pour moi, c'est impressionnant d'avoir vu ça de près, l'animal Sofiane Seilly. Justinas est comme moi, un peu trop détendu. Impressionnant, avant le départ, il fait deux, trois bagues.
- Speaker #0
Est-ce qu'on parle de Justinas Silk Road 2023 ? Le mec arrive la veille du départ.
- Speaker #1
Aucune acclimatation.
- Speaker #0
On parle quand même d'une course où on va passer des cols à 4000. Et la veille du départ, il vient d'arriver. Alors on parle d'un vol de Oslo jusqu'à Bishkek et après bien 4 heures de route pour arriver à Osh dans des conditions de transport forcément un peu précaires. Et il est là et il se boit un Cosmo au bar Trandilou en discutant et je me dis mais qu'est-ce que tu nous fais ? Et il a fait un tour d'Ivade avant aussi. Il a fait un tour d'Ivade en 13 jours et quelques. et je vais t'avouer que à ce moment là je me suis dit bon normalement, c'est pas lui qui va aller me chercher. Et en vrai, pendant tout le temps où il était devant moi pendant la cour, je me disais je vais aller le chercher, je vais le récupérer. Parce que tu peux pas faire... Tu peux manquer un peu de sérieux, mais à ce point-là... C'est compliqué, quand même.
- Speaker #1
Il est comme ça.
- Speaker #0
Il est comme ça, mais après, je pense qu'il est devenu de plus en plus fort aussi. À classe Mountain High. Il a prouvé qu'il était monstrueux. Mais après, moi, ce qui m'a apporté cette confiance aussi, c'est qu'il y a peu de gens qui l'ont tenté de faire Tour Divide Silk Road.
- Speaker #1
Et qu'on gagnait les deux.
- Speaker #0
Alors, on n'est que deux à l'avoir fait maintenant parce que je l'ai fait en 2022 et Robin Gamperley l'a fait cette année. Mais je sais que En 40 jours, qui est à peu près le temps qui sépare la fin du tour d'Iva et du début de la Silk Road, tu ne digères pas un tour d'Iva.
- Speaker #1
Même dans la tête.
- Speaker #0
Tu ne le digères pas.
- Speaker #1
Même dans la tête.
- Speaker #0
Et je savais qu'à un moment, ça allait le rattraper. Et à un moment, ça l'a rattrapé. À un moment, il a commencé à tousser. En fait, il m'était arrivé pratiquement la même chose l'année d'avant. Sauf que moi, je n'étais pas tombé malade pendant la course. J'étais tombé malade avant la course. Et ouais, il y a un moment où le corps lâche parce que le corps, tu lui demandes de faire... Un tour d'Iva et tu lui demandes d'être au max, du max pendant deux semaines. Et après, 40 jours après, tu lui redemandes la même chose. Sachant qu'il est un peu plus jeune que nous, mais il est quand même dans la fin de sa trentaine.
- Speaker #1
Il a peu de cheveux blancs. Il est dans la fin de sa trentaine.
- Speaker #0
Et autant un kid comme Robin Gameperlé, lui, il n'est pas encore dans sa trentaine. Tu vois, il peut récupérer. Et je me disais, je me disais, bon, Justina, ce n'est pas de lui que je vais me méfier le plus. Et assez rapidement dans la course, je me suis dit. Celui qui va me titiller jusqu'à la fin, c'est Yacoub.
- Speaker #1
Et Yacoub,
- Speaker #0
le dernier jour, il est à 30 minutes derrière moi.
- Speaker #1
Je ne l'ai jamais vu.
- Speaker #0
Il finit à deux heures derrière moi.
- Speaker #1
Je l'ai croisé une fois. Je l'ai croisé une fois. À l'endroit où tu fais un tour. Et là, tu croises la... Comment ça s'appelle ? La machin road. Le truc où il y a le barbelé, là, où tu as crevé, je crois, dans la descente. Et tu montes le truc. À la soviète. À la soviète, ouais. Merci, merci Sofiane Merci pour ton temps ça m'a fait plaisir en fait t'es le premier invité et j'ai monté ce truc pour faire des bons moments, des moments différents pas que forcément on a parlé beaucoup de sport, beaucoup de vélo, beaucoup de trucs mais montrer les gens sous un angle différent et je crois que t'as montré un peu un autre côté de monsieur Sofiane Ouais et puis moi j'ai accepté je vais être honnête avec toi,
- Speaker #0
je refuse plein de podcasts. En fait, maintenant, je refuse 90% des podcasts. Mais j'ai accepté, déjà parce qu'on est potes, mais aussi parce que c'est pas une interview. Tu vois, moi, c'est ça qui me plaît dans le concept. C'est qu'on est là et on discute comme si... La semaine dernière, on a pris un café, on a discuté pareil, en vrai. Et moi, c'est ça que j'aime et je trouve que c'est ça qui manquait un peu dans le paysage de l'ultra et des podcasts bikepacking. C'est... des gens qui ont tous les deux des histoires à se raconter plutôt que moi de venir et de raconter mon histoire une fois.
- Speaker #1
Et puis la prochaine fois, on le fera plusieurs. On fera peut-être un Justinas, un Josh. Là, je serai le plus mauvais en anglais, mais ça sera très bien. Merci, merci. Un grand plaisir.