- Speaker #0
Ça fait 8 ans que je suis sur Ariane 6, donc j'ai vu le début. Et là, on est dans la dernière ligne finale du marathon Ariane 6. C'est une super aventure humaine.
- Speaker #1
Bonjour à tous, bienvenue sur Jump Seat, l'émission qui parle d'aéronautique et d'espace sur Twitch. Merci de nous retrouver comme tous les mardis à midi. Et aujourd'hui, nous recevons Aline de Cadi. Bonjour Aline.
- Speaker #0
Bonjour, je suis ravie d'être là. Bonjour Aline.
- Speaker #1
Aline qui travaille à l'Agence Spatiale Européenne, l'ESA selon l'acronyme anglais. Aline, peux-tu nous donner ton titre exact en français s'il te plaît ?
- Speaker #0
Oui, je suis ingénieure sûreté de fonctionnement et sécurité du système de lancement Ariane 6.
- Speaker #1
Donc ça va être vraiment le cœur du sujet aujourd'hui. Vous voyez devant nous, devant Aline, trois petites maquettes. Tiens, il y a quatre boosters latés. 0.4 étage accélérateur à poudre, une des deux versions d'Ariane 6, donc qui... Donc Ariane 6 encore une fois qui n'a pas encore décollé, qui n'a pas encore volé, mais c'est pour bientôt, on va en parler. Donc Ariane 64, 64 parce que Ariane 6 avec 4 boosters latérons. Exactement. A côté d'elle c'est Ariane 62, Ariane 6 avec Vous sortez latéraux, deux étages accélérés. Ce sera la première version qui va décoller tout à fait dans les mois qui viennent. Et puis, on a la vétéran, vétérane, je ne sais pas si on peut le mettre au féminin, Ryan 5, qui a fait son dernier vol à l'été 2023 et qui a fait les belles heures de l'espace du secteur spatial européen avec deux grands succès commerciaux dans le lancement de satellites. Aline, tu étais à Kourou récemment. Oui,
- Speaker #0
j'en reviens.
- Speaker #1
Quelle est l'ambiance à Kourou ? Alors Kourou, on rappelle, Kourou, c'est le port spatial de l'Europe, situé en Guyane française, donc de l'autre côté de l'Atlantique Sud pour nous. Quelle est l'ambiance à Kourou ?
- Speaker #0
Les équipes sont sur les starting blocks. On est en train de finir le montage de la fusée. Donc on va en reparler. Vous avez vu, peut-être il y a quelques jours, j'en reviens, donc on a monté le corps. centrale avec les deux boosters. Donc les équipes sont en train de finaliser maintenant tous les contrôles électriques, fluides et la préparation pour le vol inaugural dans quelques semaines. Donc à la fin de la dernière ligne droite du marathon interminable d'Ariane 6.
- Speaker #1
Donc là, on peut parler d'assemblage final, on peut le dire comme ça, pour employer un terme herbusien disons. Donc ce qu'on voit sous le hangar, c'est le corps central.
- Speaker #0
Ouais, donc c'est ça, le corps central, c'est vraiment la partie centrale, la grande partie verticale que vous voyez.
- Speaker #1
Avec un booster latéral qui est déjà attaché, en tout cas qui est juste à ses côtés, et le deuxième booster latéral qui arrive.
- Speaker #0
Qui arrive, en intégration également.
- Speaker #1
Alors ce que j'ai appelé hangar, comment ça s'appelle ?
- Speaker #0
Un portique mobile. Un portique mobile. Un portique mobile qui est constitué de plateformes, mais surtout il repose sur des bogies. qui ont chacun des moteurs séparés. C'est comme un rail. Il faut imaginer que le portique mobile, contrairement à Ariane 5, c'est une structure mobile qui va se reculer de 120 mètres pour laisser le lanceur qui est positionné directement sur sa table de lancement entre ses mafoudres. Quelques heures avant le lancement, on va reculer ce portique mobile et on aura le lanceur à découvert. prêt pour son lancement.
- Speaker #1
Alors les mains à foudre, ce sont les sortes de grands pylônes qu'on voit.
- Speaker #0
Les quatre pylônes que l'on voit.
- Speaker #1
Pour gérer le risque d'éclair.
- Speaker #0
Oui, c'est ça le risque de foudre. Donc il faut voir qu'un lanceur, lorsqu'il est à découvert, vis-à-vis du vent et de la foudre, c'est des environnements extérieurs qu'on ne peut pas maîtriser. Et donc pour éviter d'avoir des coups de foudre directs, et donc protéger le lanceur pendant qu'il est à découvert, il a ses quatre mains à foudre.
- Speaker #2
Et donc là, au niveau de l'assemblage, c'est donc une... Procédure différente par rapport à Ariane 5, comme tu le dis. Qu'est-ce qui a fait que vous avez choisi d'assembler le lanceur directement sur le pas de tir ? Avant, vous l'assembliez ailleurs.
- Speaker #0
Dans un bâtiment et on l'amenait la veille, enfin deux jours avant.
- Speaker #2
Ce changement est dû à quoi ?
- Speaker #0
C'est une optimisation du plan d'opération. D'abord, industriellement, il y a un intérêt à pouvoir l'assembler horizontalement. On pourrait en parler longtemps, mais c'est vrai que le corps central peut être assemblé sous un bâtiment qui est beaucoup moins haut, qui est donc beaucoup moins consommateur lorsqu'il faut climatiser le bâtiment. D'un point de vue sécurité, lorsqu'on travaille sur des plateformes élévatrices, ils ne sont pas très très hauts et donc quand il faut évacuer en cas de problème, on est dehors tout de suite. D'un point de vue sécurité, c'est bien aussi. Et puis ça vient du fait que sur Soyouz ça avait bien fonctionné, donc il y avait un retour d'expérience qui était positif. Et puis après le fait d'avoir un seul bâtiment... qui fait l'assemblage et qui en même temps est sur le pas de tir et permet de reculer, ça c'est une idée qui était vraiment pertinente. Et les industriels seuls qui ont conçu et qui ont monté l'assemblage de cette... C'est quand même un sort de chef-d'oeuvre architectural si on en veut parler du spatial. Ils ont eu une idée qui permet vraiment d'avoir un seul bâtiment et donc on n'est pas... La veille, comme on était sur Ariane 5, à devoir venir raccorder à la table de lancement toutes les connexions du lanceur sur son mât, etc. Et donc, c'était quelque chose qui se faisait à la fin. À la fin et juste avant le lancement. Après, il fallait ramener la partie haute qui était déjà là, etc. Donc, le lanceur arrivait, il fallait tout raccorder. Il fallait que ça se passe bien obligatoirement. Là, on est déjà à tous les modules sont directement assemblés et on peut faire tous les contrôles fonctionnels et fluides directement sur le pas de cire sous le portique mobile.
- Speaker #1
On peut dire qu'on a amélioré la succession de l'assemblage et des derniers préparatifs.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Finalement, on a pris un retour d'expérience qui était ce qu'il était avec le meilleur de ce qu'on pouvait penser il y a 30 ans. Et puis, on s'est dit OK, finalement, on gagnerait du temps et ça serait. plus sécurisant pour nous parce que les derniers jours coûtent très cher lorsqu'on a du retard et ça permet aussi d'anticiper plein de choses, plein de contrôles que l'on ne fait plus à la dernière minute mais qu'on fait bien en amont.
- Speaker #2
Est-ce que ça veut dire que vous avez par ce moyen raccourci le temps d'assemblage final ?
- Speaker #0
Oui, on a raccourci le temps d'assemblage final. Sur les premiers lancements, ça ne sera pas le concept final parce qu'on fait des contrôles additionnels, on mesure plein de scénarios dégradés. Donc on va vraiment dans les coins. Pour essayer de s'assurer qu'on n'a rien oublié, donc on en fait plus que ce qu'on devrait. Mais lorsqu'on sera à une cadence de lancement, on sera plutôt sur 5 semaines, là où on était sur plutôt 7, 8, 9 semaines pour Ariane 5.
- Speaker #1
Et on a une question tout de suite de DarkM. Combien de temps prend l'opération complète de déplacement du portique mobile ?
- Speaker #0
28 minutes.
- Speaker #2
pour faire les 200 mètres ?
- Speaker #0
Les 120 mètres, il met entre 25 et 30 minutes.
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #1
d'accord. Donc les amis du chat, vous pouvez poser des questions techniques aujourd'hui. Vous aurez du répondre. Vous aurez Aline pour vous répondre. Merci Aline. pour ces précisions je reviens à ma question initiale sur l'ambiance c'est un programme spatial avec ou sans retard c'est un programme de longue haleine enfin bon ça c'est un programme de longue haleine donc là entre ingénieurs et techniciens sur la base comment est l'ambiance est-ce qu'on commence à ressentir un peu de débullition
- Speaker #0
Ah oui, alors là c'est assez frénétique en fait. Tous les jours il y a énormément d'opérations, il y a énormément de préparations, il y a des coordinations régulières tous les soirs. Donc on regarde ce qu'on a fait, ce qu'on doit faire le lendemain, ce qu'on doit replanifier, ce qu'on peut rentrer dans le plan d'oeuvre. Et il y a toujours des contrôles à faire, des analyses complémentaires à faire, des vérifications à faire, dans quel ordre on va faire telle OP. Donc on est tous occupés et en même temps on sent que ça vient. Ça y est maintenant on a la qualification du système de lancement qui vient d'être déclaré le 30 avril. Donc maintenant il n'y a plus rien qui arrête les opérations.
- Speaker #1
C'est important ça, qu'est-ce qu'on appelle la qualification du système de lancement ?
- Speaker #0
La qualification théorique du système de lancement, ça veut dire que tous les dossiers ont été déposés pour, si tu veux ça serait l'équivalent en aéronautique du dossier que tu déposes à la ZAP. pour la certification de type. Et donc, tu vas dire... Donc, tu as ton autorisation et tu as donc un... On va dire un certificat, en tout cas un package qui te dit, OK, donc là, maintenant, modulo les quelques réserves qui sont liées, justement, aux derniers essais qu'on va faire. On va faire un essai de répétition générale, voilà, en bonne et due forme avant le lancement. Eh bien, modulo que ça se passe bien, eh bien, on va... On a tous nos systèmes qui sont prêts. qui sont arrivés à maturité pour être lancés.
- Speaker #1
The Dark M qui nous dit, merci, beaucoup moins que le transfert balle ZL. C'est beaucoup plus court que le transfert du bâtiment d'assemblage lanceur. Je pense que c'est ça le balle.
- Speaker #0
Le bal jusqu'en ZL ?
- Speaker #1
J-L-Jusqu'à la zone de lancement.
- Speaker #0
J-L-Ça dépend pourquoi. Le corps central qui part du bal, il ne met pas très longtemps non plus. Il met une demi-heure à aller en ZL puisqu'il n'y a que 600 mètres à faire. Donc c'est des temps qui sont approximativement les mêmes.
- Speaker #1
J-L-À moins que DarkM fasse allusion à Ariane 5. Oui,
- Speaker #2
je pense que c'est plutôt ça.
- Speaker #0
Ah, alors c'est le BAF. Ah, BAF, d'accord. Le BAF. Oui, parce que là, le bâtiment d'assemblage de l'insert, c'est vraiment le Ariensis. Et c'est justement le transfert à l'horizontale du corps central qui est ici. Et effectivement, elle est... Ah, donc c'était BAF, pardon, aucun souci. Oui, qui durait plusieurs heures. Alors,
- Speaker #1
je suis sur Ariane 5, la fusée ou lanceur, ce sont des signes de l'IMCAT ici. Dans le jargon, on disait, puisque le processus d'assemblage était plus long, il y avait plus d'étapes, en tout cas, c'est allé sur une période plus longue. Et dans le jargon, j'avais entendu dire qu'Ariane 5 passe du bil au BAF. Donc Ariane 5 passe du bâtiment d'intégration lanceur, tu me corriges, au baf bâtiment d'assemblage.
- Speaker #0
L'assemblage final avec la partie haute que l'on vient positionner au baf.
- Speaker #1
Et là, on a un bâtiment d'assemblage lanceur, un bal.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et donc,
- Speaker #0
il n'y a que le lanceur. Il n'y a pas la partie haute. Donc, la partie haute viendra sous Portique Mobile d'ici peu, en juin. Et effectivement, ça sera la dernière pièce que l'on va assembler, puisque les clients sous charge d'utile, eux, ils ont une zone de stockage et de préparation qui est pour monitorer l'environnement et la bonne santé.
- Speaker #1
C'est surveiller l'environnement et la santé.
- Speaker #0
La santé, les paramètres des charges utiles. Et donc, ils sont mis sous coiffe un peu plus tard.
- Speaker #1
La coiffe, c'est la partie pointue.
- Speaker #0
C'est la partie pointue qui a une forme aérodynamique qui permet justement d'être la forme la plus adéquate pour consommer moins sur la trajectoire de lancement. Et donc, ils vont arriver à la fin. À la toute fin, une fois que le lanceur sera prêt à les accueillir. C'est une des opérations qu'on fait à la fin, avant la répétition générale.
- Speaker #1
Tu nous parlais de l'ambiance des emplois du temps très chargés à Kourou. Quelle langue on parle à Kourou ?
- Speaker #0
On parle français. Même si entre les ingéries, ils peuvent parler anglais, allemand, italien ou français, les procédures sont en français et elles sont déroulées en français. Ah,
- Speaker #1
c'est resté en français. J'ai cru que tu étais passée à l'anglais pour Ryan 6.
- Speaker #0
Non, non, non. On parle aussi en français. Voilà.
- Speaker #1
Le pupitre qui est ?
- Speaker #0
C'est le centre de contrôle, on va dire le cockpit de la vue. D'où on va faire justement cette répétition générale et on va dire les dernières opérations quelques heures avant le lancement qu'on appelle chronologie.
- Speaker #1
D'accord, c'est au pupitre qu'est annoncé le décompte final ? L'allumage vulcain, c'est ce...
- Speaker #0
Alors le décompte final, il n'est pas au même pupitre.
- Speaker #1
Ah d'accord, c'est différent, ouais.
- Speaker #0
Donc on a un cockpit qui est donc le centre de contrôle où finalement on contrôle depuis le sol le lanceur jusqu'à ce qu'il décolle. Et on a une tour de contrôle qui est la tour Jupiter. J'essaye de faire des correspondances. Cette tour de contrôle, elle, elle est plutôt vers le centre technique. Elle est assez déportée au début du centre spatial. Et c'est là qu'on va avoir le directeur des opérations qui, sur écran, va recevoir toutes les informations, passage au vert de tous les voyants, y compris celui du lanceur, mais pas que. qui viendra donc du cockpit, du centre de commande où on aura les opérateurs au pupitre. Et donc chaque centre déporté va fournir une information à la tour de contrôle Jupiter et la tour de contrôle, c'est elle qui à un moment donné va faire le décompte final.
- Speaker #1
C'est le directeur des opérations qui lance les comptes finales. Ah j'en ai des frissons. Qui parle de l'allumage Vulcain, alors est-ce qu'il dira aussi allumage Vulcain pour Ryan 6 ?
- Speaker #0
Il va le dire je pense, oui.
- Speaker #1
C'est un Vulcain 2.1. Tout à fait. On garde le nom Vulcain. J'ai les yeux qui brillent. Moi aussi j'ai des pressions.
- Speaker #0
Ça va être compliqué de rester calme.
- Speaker #2
Tu n'es pas basé à Kourou ? Mais tu y passes beaucoup de temps ? Oui. C'est-à-dire qu'en ce moment, tu partages ton temps entre la France et Paris et
- Speaker #0
Kourou ? Entre Paris et Kourou, je pense que j'y passe plus de 50% de mon temps.
- Speaker #2
Depuis combien de temps ?
- Speaker #0
Depuis presque deux ans maintenant. On a fait les essais qui ont duré 22 mois. Là, on vient d'avoir la qualification du système de lancement. Et à partir de... Dans dix jours, je vais y retourner. Puis on va tous y retourner. On va rester jusqu'au lancement.
- Speaker #2
Donc le prochain voyage, c'est... le voyage où tu vas attendre le lancement.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Les viewers, j'espère que vous appréciez. Ça juste valeure le temps qu'Aline, avec son emploi du temps, passe avec nous.
- Speaker #0
Je suis ravie d'être là.
- Speaker #2
Donc, ça veut dire qu'à chaque voyage que tu as fait depuis deux ans, tu vois qu'il y a chaque fois un peu plus de monde dans le centre spatial ?
- Speaker #0
Oui, ça se remplit au fur et à mesure. Alors évidemment, il y a des collègues qui sont là toute l'année, qui opèrent et qui comptent. qui conduisent le management des opérations pour qu'on en arrive là. Mais il y a aussi tout le management technique et tous nos chefs qui sont en métropole et qui poussent les équipes à réussir à avoir le graal de la qualification des équipements parce que c'est ce qu'il nous faut en parallèle des essais. Donc ça a vraiment été deux étapes en parallèle. On pensait réussir à les faire l'une après l'autre, mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Et donc du coup il a fallu réussir à garder la motivation des équipes, à garder une gestion de priorité entre les deux et réussir à tout faire. Et ça a soudé beaucoup les équipes aussi. Ceux qui restent, ils sont vraiment très très soudés. Et d'ailleurs, quand on a un problème sur un pôle de compétences, il y a quelqu'un qui n'arrive pas à finir ses sujets. Dès qu'on a fini les nôtres, on va filer un coup de main. C'est vraiment quelque chose de très collaboratif. On est tous monopolisés pour... arriver à faire fonctionner, à livrer un lanceur qui marche pour le J0.
- Speaker #2
Quand tu dis tous, tu as une idée du nombre de personnes qui travaillent en ce moment sur le centre spatial ?
- Speaker #0
Sur le centre spatial, il y a plusieurs centaines de personnes. C'est simple, à la coordination d'équipe, tous les soirs, il y a déjà 300 personnes dans la boucle chaque soir. Sur le Pâtire, toutes les entreprises qui sont impliquées. dans le système de lancement. C'est pour ça que je parle de système de lancement, parce que ce n'est pas qu'un lanceur. Il y a plein d'usines de stockage. On parle des ergols, par exemple. qui sont fabriqués, hydrogène et oxygène, qui sont manutentionnés et qui servent après à l'intégration sur le char.
- Speaker #1
L'oxygène liquide, c'est en quelque sorte le carburant de la fusée. Et l'oxygène, on l'emmène, c'est le comburant, on l'emmène parce que dans l'espace, il n'y a pas de...
- Speaker #0
Exactement, donc le carburant, qui va faire la combustion, qui se transforme en eau, qui n'est pas polluante. Et ça, c'est vraiment un atout par rapport à d'autres lanceurs internationaux. Mais il y a aussi les gaz neutres que l'on utilise, comme l'azote, l'hélium ou l'air comprimé. qui vont permettre d'assainir les lignes et les réservoirs, de les pressuriser et encore de ventiler la partie haute une fois qu'elle sera assemblée sur le lanceur. Donc ça pareil, il y a des ensembles de fabrication de ces gaz qui sont sur le pâtissier. Et puis après, il y a toutes les entreprises qui ont servi et qui manutentionnent et qui assurent la maintenance. Du portique mobile, on en parlait tout à l'heure, du transporteur à l'horizontale du corps central, des transporteurs qui sont défardés pour les boosters, et toutes les personnes qui vont travailler quelque part sur la mise en place de la base de lancement. Donc on a des stations de poursuite, on a des radars, on a des camionneurs.
- Speaker #1
C'est un radar qui suit le lanceur pendant son vol ?
- Speaker #0
On va assurer, donc il y a la montagne des Pères qui a une quarantaine de kilomètres du site et le jour du lancement, on va suivre la bonne santé et la trajectoire du lanceur pendant son vol, donc pendant la première phase de vol jusqu'à ce qu'elle passe à une autre station de poursuite. Et donc c'est comme ça qu'on va mettre en place d'ailleurs de façon internationale une coopération sur les différentes stations qui vont suivre le lanceur pendant son trajet.
- Speaker #2
Tout autour de la Terre ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors les viewers, si vous nous rejoignez, alors merci pour les réactions et les questions. Si vous nous rejoignez, nous sommes aujourd'hui avec Aline Decady, ingénieure de l'espace, d'ingénieur de l'espace, l'agence spatiale européenne, donc de l'ESA, qui parle d'Ariane 6. Ariane 6, alors si vous voyez les maquettes devant nous, Ariane 6 existe en deux versions, existe rare en deux versions, avec quatre ou deux boosters latéraux, et on a mis la devantière Ariane 5 à côté. Et donc côté chat, Elliot Bire qui nous dit Je suis un novice en espace et lancement spatial, mais est-ce que le premier lancement d'Ariane 6 est juste un vol, entre guillemets, test, ou le déploiement d'un satellite ou autre ? Alors excellente question.
- Speaker #0
Oui, très bonne question. On va avoir 18 charges utiles, donc 18 clients pour le premier lancement. Client, c'est une charge utile, donc ça va être des sondes, des déployeurs, des satellites. des capsules...
- Speaker #1
On va bien expliquer tous ces mots-là.
- Speaker #0
Ah, mais ça fait.
- Speaker #1
Donc, satellite, je pense qu'on comprend bien.
- Speaker #0
Ça, ça va.
- Speaker #1
Sonde.
- Speaker #0
Donc, des sondes qui vont capter des paramètres plutôt environnementaux, d'observation. Donc, on a des universités et des centres de recherche qui développent des sondes. Elles vont capter des informations.
- Speaker #2
Quelle différence entre une sonde et un satellite ?
- Speaker #0
Par exemple, tu peux avoir un satellite qui va plutôt avoir pour objectif de rester en orbite et puis d'observer son environnement. La sonde, elle, elle va collecter des informations pour un certain état, une observation de la température, pression, état de l'atmosphère, enregistrement de données.
- Speaker #2
C'est quand même en orbite.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et il y en a qui vont revenir aussi, puisqu'on a des capsules de rentrée, qu'on appelle capsules, qui vont revenir, il y en a deux, et qui vont être déployées, mais après revenir avec le lanceur. Et quand on dit revenir avec le lanceur, c'est parce qu'en fait, contrairement à Ariane 5, on a le moteur 26 qui est là-dessous pour l'instant.
- Speaker #1
Donc le moteur du deuxième étage ?
- Speaker #0
Du deuxième étage, qui est rallumable. Qu'est-ce que tu veux dire par rallumable ? Rallumable, c'est-à-dire qu'il peut aller positionner, c'est une versatilité, il peut aller positionner sur différentes orbites différents clients.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Et la dernière...
- Speaker #2
Ça fait un peu omnibus, on va à une première... Ça fait.
- Speaker #1
Première orbite,
- Speaker #2
on largue, on repart.
- Speaker #0
On rallume, on peut rallumer 40 minutes et aller sur une autre orbite.
- Speaker #2
D'accord, c'est le TER ça.
- Speaker #0
Un peu le TER si tu veux. Et puis à un moment donné, il y a une politique qu'on a mis en place côté européen qui est sur la loi spatiale, sur un territoire français, c'est la loi spatiale que l'on applique. qui est le zéro débris. Et donc sur Ariane 6, on rallume le dernier étage pour qu'il fasse un boost de déorbitation. Et donc c'est là qu'on va évacuer les ergols qui restent, couper l'énergie et donc faire rentrer, et donc ne pas garder en orbite un débris. Donc on ne génère pas de débris avec Ariane 6 en orbite.
- Speaker #1
L'idée c'est de ne générer aucun déchet en orbite avec Ariane 6. Et donc tu disais que ces capsules vont revenir, certaines capsules, donc certaines charges utiles sous la coiffe, Oui ! Du premier lancement, on va en revenir avec le lanceur. Tout à fait. Alors, est-ce qu'elles seront brûlées dans l'atmosphère, celles-là, ou est-ce qu'on va les récupérer ?
- Speaker #0
Alors, il y en a que l'on va récupérer parce qu'elles vont rester sur une orbite plus basse de transfert. Et puis, il y en a d'autres qui, je pense, alors je ne connais pas la trajectoire finale, qui se sont données ou s'ils se sont donné un objectif de réussite qui soit jusqu'à la rentrée. Mais en tout cas, ils vont faire de la rentrée contrôlée. Donc ils vont aussi tester les algorithmes qu'ils ont développés pour faire de la rentrée contrôlée.
- Speaker #1
La rentrée contrôlée, c'est quand on rentre dans l'atmosphère, quand on revient dans l'atmosphère. Et dans certains cas, il s'agit de brûler dans l'atmosphère. Ce qu'on va éviter de voir transformer en déchets. Et dans d'autres cas, cette rentrée atmosphérique peut aboutir à un atterrissage ou un amérissage.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et d'ailleurs, on a SpaceRider qui est un projet avec une sorte d'avion réutilisable spatial. Et lui, par exemple, son retour sur Terre, c'est un retour avec un boost de désorbitation. et un retour un peu comme un avion, comme le shuttle qui viendrait se reposer.
- Speaker #1
Mais en beaucoup plus petit. Mais en beaucoup plus petit. Donc on a un navet spatial en plus petit. Donc tu disais sous la coiffe des satellites, des sondes, tu expliquais ce que c'était, et tu parlais de déployeur.
- Speaker #0
De déployeur, donc le déployeur finalement c'est la façon dont la grappe... va déployer les charges utiles. Donc, il faut réussir à rentrer tout ça sous la coiffe. Et donc, on a des déployeurs, donc des sortes de structures intermédiaires qui vont déployer tout ce qu'il y a sous la coiffe pour ouvrir et pour aider à propulser dans des directions un petit peu différentes de façon à éviter toute possibilité de collision. Alors,
- Speaker #2
qui est-ce qui, dans l'équipe d'Ariane, s'occupe justement de ça ? Parce que ça, c'est assez intéressant de savoir que sous une même coiffe, il y a plusieurs objets qui vont devoir partir dans des directions opposées. Donc, ça veut dire que tout est programmé. Qui est-ce qui s'occupe de cette partie-là ?
- Speaker #0
À l'Agence spatiale, on a un travail qui s'opère entre le lanceur, donc l'équipe d'Ariane Group qui conçoit un lanceur. pour lequel le volume sous coiffe doit être adapté à ce type de déployeur. On doit pouvoir mettre des adaptateurs, les positionner dans des configurations. Il faut que ça rentre dans l'enveloppe du lanceur, donc il faut qu'on ait de la place. Et puis après, il y a l'ESA qui gère avec Ariane Espace les clients en tant qu'opérateur de lancement pour le premier lancement, tous les clients qui sont sous satellite. Donc du coup... On leur crée les structures qui permettent de les mettre sous coiffe. Donc ça, c'était le développement ESA. Et puis Ariane Espace, parce qu'Ariane Espace, depuis toujours, ont été les opérateurs de lancement d'Ariane 5. Et donc, ils ont à la fois la compétence, l'expertise et puis l'héritage qui va bien pour aider à conseiller et à opérer au mieux. Puisqu'après, de toute façon, un Rennes Espaces, c'est l'opérateur de lancement historique, et donc ils savent exactement les types de besoins et les réponses que l'on peut proposer aux clients, et donc évidemment, ils sont dans la boucle de ce genre d'opérations.
- Speaker #1
Merci Léna. Encore des réactions et questions côté chat. Merci pour votre activité côté chat. D'après le programme BIA, un satellite est satellisé, donc il reste autour de la Terre. Une sonde va chercher des données, quelle que soit sa trajectoire. Elle peut faire un saut de puce, rester satellisée un certain temps ou sortir de l'attraction terrestre.
- Speaker #2
Le BIA, je rappelle que c'est le Brevet d'Initiation Aéronautique. Un brevet de l'éducation nationale qu'on peut préparer quand on est en troisième ? On va voir en ce temps, et qui permet d'acquérir une culture aéronautique et spatiale.
- Speaker #0
Et alors je me permets de rajouter un petit détail là-dessus, parce que du coup, le BIA, on essaye de l'adapter aujourd'hui à Kourou, parce qu'on s'est rendu compte qu'il n'y aurait jamais... Imaginez, vous grandissez à Kourou, vous habitez là-bas, et vous pouvez voir des lanceurs décoller depuis la plage, mais par contre vous n'avez aucun accès pour travailler au centre spatial parce qu'il n'y a pas un système éducatif qui vous permet de monter en compétence et un jour de rentrée. Et donc on est en train de mettre en place l'équivalent d'un BIA aérospatial. qui va permettre d'être une formation. Je donnais il y a quelques mois des cours, mais je ne suis pas la seule, on est plusieurs collègues à donner des cours, et à créer une formation qui sera un peu semblable, c'est-à-dire disponible en ligne avec des quiz et des certificats qui seront ensuite des certificats d'éplouement et qui permettront de rentrer sur ces compétences-là, travailler sur la base. Et ça, c'est quelque chose qui nous tient aussi beaucoup à cœur parce que c'est hyper important. De s'assurer que la génération qui arrive, c'est la génération des gens qui aussi sont là et voient grandir les fusées, voient opérer les fusées au fur et à mesure. Et il n'y a pas forcément que des experts de métropole qui viennent en Guyane. L'objectif, c'est vraiment d'avoir un pôle de talent en local.
- Speaker #1
On ne peut utiliser indifféremment le terme fusée et lanceur ?
- Speaker #0
On peut, mais le lanceur est plus approprié à notre discours aujourd'hui, parce qu'un lanceur, comme son nom l'indique, il lance quelque chose. Et donc, pour lancer quelque chose, comme tu disais tout à l'heure, je ne sais pas. Je ne sais plus qui parlait des satellites tout à l'heure, excusez-moi.
- Speaker #1
Eliott peut-être. Peut-être.
- Speaker #0
Et du coup, on disait que l'objectif, c'est la satellisation. Alors oui, la satellisation, puisque le lanceur, ce qu'il permet de faire, c'est d'atteindre les 7,9 km secondes qui sont nécessaires pour satelliser un objet en orbite et donc le faire tourner autour de la Terre. C'est bien ça son objectif, donc c'est un lanceur. qui lance quelque chose évidemment avec un moteur qui propulse cette fusée, alors que la fusée en elle-même c'est juste, c'est le nom générique d'un composant structurel qui est propulsé par un moteur et qui va dans l'espace. Donc ici comme on parle de notion de charge utile et de satellisation, le lanceur c'est le mot le plus approprié.
- Speaker #1
Très bien. C'est peut-être l'occasion aussi, on a commencé à le faire, de rappeler à quoi sert un lanceur. Pourquoi est-ce qu'il y a plusieurs moteurs qui ne s'allument pas tous au même moment ? On peut parler du moteur central. Est-ce que tu peux montrer où se situe le moteur central ? On l'indique tout dessous, c'est le moteur Vulcain. le moteur Vulcain 2.1 sur Ariane 6 4 boosters latéraux et puis il y a le moteur Vinci que tu as évoqué tout à l'heure, qui sera le moteur du deuxième étage alors pourquoi ah oui Martin nous souffle mais effectivement on peut montrer à quel moment de prendre la grande maquette ah oui c'est dommage même pour l'actualiser alors pourquoi alors pourquoi
- Speaker #0
Pourquoi plus d'un étage par exemple ? Pourquoi avoir un vulcain en bas, un bain-ci un peu plus haut ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on essaye au final, tout simplement, de virer ce qui n'est pas nécessaire le plus vite possible. pour optimiser la consommation et le carburant qu'on va utiliser.
- Speaker #0
Pour s'alléger le plus vite possible.
- Speaker #1
Pour s'alléger le plus vite possible. C'est pour ça qu'on a un concept à étage. Par exemple, les boosters sont très puissants au décollage. Ils vont permettre de s'extraire de la gravité terrestre très rapidement. Mais ils ne vont brûler que 2-3 minutes.
- Speaker #0
On les appelle les boosters latéraux ou les étages accélérateurs à poudre ? C'est ça, c'est bien les deux dénominations ?
- Speaker #1
C'est tout à fait ça, de façon un peu identique à ce qu'on avait sur ARES 5. Ensuite, le moteur principal, le Vulcain 2.1, va faire toute la phase. Il faut voir que les réservoirs vont jusque là. Hydrogène, gén, voilà. Il y a des groupes.
- Speaker #0
Tout en montant, reprends l'emplacement des réservoirs s'il te plaît.
- Speaker #2
Et ne te laisse pas impressionner par l'ardoise du réglisseur.
- Speaker #1
Donc on a le gros réservoir d'hydrogène et d'oxygène et c'est de là effectivement qu'on a besoin de faire environ 8-9 minutes de vol avec le corps central alimenté, propulsé par le vulcain. Et par la suite, une fois qu'ils sont vides évidemment... on peut les séparer et donc le reste du lanceur continue. Et en fait, finalement, la séparation est jusque là, puisque le Vinci étant en dessous, on va séparer et pouvoir le mettre à visu à partir du moment où on enlève l'étage inférieur. Et après, on va enlever la coiffe, puisque une fois qu'on est... Dans l'espace, à 120 km d'altitude, les forces aérodynamiques qui sont là et qui obligent d'avoir une coiffe pour protéger notre charge utile, ce n'est plus nécessaire.
- Speaker #0
Il n'y a plus d'air.
- Speaker #1
Il n'y a plus d'air, donc on va pouvoir séparer. Elle va s'ouvrir en deux parties et elle va retomber. Et donc après, le Vinci qui restera, lui. est en charge d'emmener à l'orbite finale de libération les grappes de satellites aux différents endroits. Et donc il va se réallumer autant de fois nécessaire jusqu'à ce qu'il ait largué la dernière charge utile avant de revenir.
- Speaker #0
D'accord. Vulcain, Vinci, alors à chaque fois on a des noms qui commencent par un V parce que...
- Speaker #1
Parce que je pense que c'était lié aux premières fusées françaises, je pense, qu'on avait toute la série des Véroniques, et je pense que c'était toute cette partie-là à l'époque.
- Speaker #0
C'est lié au site de Vernon ?
- Speaker #1
Oui, je pense que tout est lié à la base, oui, c'est vrai. fabriqué à Vernon et développé à...
- Speaker #0
Côté chat, on ne vous oublie pas, on ne peut pas répondre à tout à la fois, mais au fil de l'émission, on va répondre à tout.
- Speaker #2
Il y avait une question de femme Morlon à propos de l'envoi d'utiliser Ariane 6, pour envoyer un équipage. Est-ce que c'est jouable, ça ?
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Oui, très bonne question, j'aurais dû le dire. Effectivement, on parle des gens qui mettent en œuvre et qui pilotent depuis le sol, mais on n'a pas de pilote à bord. Le pilote à bord, c'est un programme de vol qui est avec des paramètres de mission qui sont rentrés avant le lancement et qui font que le lanceur est autonome au décollage. Donc on n'a pas de pilote aujourd'hui. Le développement d'Ariane 6 en version habitée, c'est quelque chose dont le directeur général de l'ESA essaye de mettre sur la table des négociations. On a un projet dans les cartons avec des études qui sont faites en interne pour étudier comment on pourrait imaginer, ce serait quoi les modifications qu'il faudrait opérer sur l'architecture du lanceur pour pouvoir faire du vol habité. Donc c'est en cours d'analyse pour pouvoir le présenter à la prochaine ministérielle.
- Speaker #0
C'est une grande réunion qui a lieu une fois tous les deux ans et où les ministres... Des pays européens de l'ESA, les ministres en l'occurrence en charge de l'espace, se réunissent pour prendre les grandes décisions stratégiques de l'Agence spatiale européenne.
- Speaker #1
De l'Agence spatiale européenne.
- Speaker #0
Donc ça pourrait être le lieu d'une décision, d'une future décision sur d'éventuels vols habités, puisque c'est le terme Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. C'est vrai que c'est en cours d'analyse, c'est vrai que tout le monde en parle. C'est une ambition européenne du directeur général. Alors quand on est passionné d'espace, c'est sûr qu'on ne peut que rêver de ça. Après, on verra ce que les 22 États membres décident et comment ils arrivent à se mettre d'accord pour créer cet accès à l'espace habité européen dans le futur.
- Speaker #0
Je voudrais une petite parenthèse pour rappeler ce que c'est l'ESA, pour citer le nom du directeur général, aussi Joseph H. Barreur, qui est moins connu en France. Quand on est Français, on entend plus souvent parler de Stéphane Israel. On va parler de Martin Sion qui est le patron d'Ariane Groupe, on va y venir après. Ariane Groupe, Ariane Espaces, l'une est le filial de l'autre, on y reviendra après. L'Agence Spatiale Européenne, on en entend un peu moins parler, toujours est-il que le directeur général c'est Josef H. Barreur. Tout à fait. Et que tu parlais des 22 pays membres, en effet, on pourrait se dire pourquoi 22, pourquoi pas 27 comme l'Union Européenne ? Parce que ce sont deux organisations indépendantes. L'une n'est pas une agence de l'autre. Non. C'est-à-dire que l'Asa, tu en parlais tout à l'heure, l'Agence de la Sécurité aérienne, l'EASA… est bien une agence de l'Union Européenne. D'ailleurs, son nom complet, c'est l'Agence de l'Union Européenne pour la Sécurité Aérienne. En revanche, l'ESA, l'Agence Spatiale Européenne, est une organisation intergouvernementale avec 22 pays membres qui recouvrent partiellement les 27 pays de l'Union Européenne, mais pas entièrement. Par exemple, le Royaume-Uni est toujours membre de l'Agence Spatiale Européenne, indépendant du fait qu'il a quitté l'Union Européenne.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et à contrario, certains pays de l'Union ne sont pas membres de l'Agence Spatiale Européenne.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Donc il y a une organisation qui s'est développée autour de ces États membres et qui est un petit peu indépendante finalement de l'Union.
- Speaker #0
Donc 22 pays membres qui font des... Quand il y a une réunion ministérielle, ce sont des grandes histoires. Plusieurs jours,
- Speaker #1
la réunion, plusieurs jours.
- Speaker #0
Tout à fait, puis c'est sacrément préparé. Je voulais ajouter sur les vols habités, l'Europe. au sens Agence Spatiale Européenne, possède presque toutes les compétences et plus que ce qu'on imagine pour le vol habité. C'est faire des lanceurs parfaitement fiables. On a qualifié avec l'ATV, donc c'était un véhicule qui a ravitaillé, plusieurs années de suite, qui a ravitaillé la Station Spatiale Internationale. Avec ce véhicule, on a maîtrisé des véhicules qualifiés pour le vol habité, même s'ils n'étaient pas habités. Il devait remplir les mêmes niveaux de sécurité pour faire cours.
- Speaker #1
Il devait s'arrimer à une station habitée. Il devait donc avoir les mêmes critères de qualification qu'une station habitée.
- Speaker #0
Ça, on sait faire en Europe. Et on sait très bien faire aussi les modules de la Station Spatiale Internationale, puisque la majeure partie... des modules pressurisés pour la partie occidentale, alors occidentale au sens pays occidentaux, de la Station Spatiale Internationale, sont fabriqués par Thales Alenia Space, à Turin, donc on maîtrise parfaitement les modules pressurisés.
- Speaker #1
Tout à fait, et d'ailleurs on est un acteur majeur du programme Artemis. Quel vol lunaire ? Quel vol lunaire avec la fameuse Station 6 lunaire, la Gateway.
- Speaker #0
Et ce que je voulais ajouter, c'est que la technologie, qu'on ne prise pas encore en Europe, Ce serait le système de secours au décollage. C'est-à-dire que si, avant que la fusée soit suffisamment haute, s'il est encore au sol ou à très basse altitude, il faut un système d'éjection de secours pour la décollage, pour mettre tout en haut de la coiffe. Et ce système-là, c'est la seule technologie, le seul système qu'on n'a pas encore fait en Europe pour le vol habité.
- Speaker #1
Qui est spécifique du coup de la capsule. avec les pilotes à bord de l'équipage.
- Speaker #2
Tu disais qu'on a toutes les compétences, et en plus des compétences, on a une grosse frustration aussi, parce qu'il y a toute une génération d'ingénieurs aérospatiaux, donc tes prédécesseurs, qui ont travaillé sur le projet Hermès. Et Hermès, c'était un véhicule spatial habité. qui devait permettre aux Européens de partir dans l'espace de façon autonome.
- Speaker #0
Et qui ressemblait, pour faire con, à la navette spatiale américaine. Oui,
- Speaker #2
en plus petit, je pense. Mais c'était par volonté politique que ce programme a été arrêté en plein élan. Et là, je connais beaucoup d'ingénieurs qui sont aujourd'hui à la retraite et qui l'ont encore entré vers la gorge.
- Speaker #1
Moi, je pense que j'en ai entendu parler. toute ma carrière depuis que je suis arrivée dans le spatial, beaucoup de nostalgie sur ce projet-là et beaucoup d'attente de voir quelque chose arriver qui maintenant soit un petit peu la revanche de cette période-là.
- Speaker #0
Mais on rappelle qu'il a abandonné en 92 lors d'une réunion ministérielle. Voilà, effectivement, donc programme abandonné.
- Speaker #1
Non, je pense qu'effectivement, il y avait l'idée après de la laisser aux partenaires privés, donc aux industriels, et plutôt se positionner sur le 6 lunaire, le réutilisable, etc. Donc je pense que peut-être c'est ça dont tu parles.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on appelle 6 lunaire ?
- Speaker #1
Le 6 lunaire, en fait, ça va être orbité autour de la Lune et avoir une sorte de hub. qui puisse permettre de venir, donc qui soit ravitaillable, mais qui puisse en fait être une plateforme avant de partir dans l'espace. Donc l'idée c'est quoi ? C'est de pouvoir monter des choses en étant en orbite lunaire, de façon à ne plus finalement avoir à transporter tout. tous nos réservoirs qui servent essentiellement à l'extraction de la gravité terrestre. Donc avoir comme ça une plateforme, un hub, il puisse être... en assembleur de véhicules pour aller plus loin, mais qui puisse aussi être un hub pour descendre sur la Lune, faire des expériences. Et c'est pour ça que du coup, dans ce cadre-là, les différents protocoles d'échange qui ont été discutés avec l'ESA, et tu parlais de Thalès tout à l'heure, donc sur la Gateway, il y a une station Habitat, le HAB. qui serait donc dans le contrat européen.
- Speaker #0
Oui, c'était la station 6 lunaires.
- Speaker #1
Donc, la station 6 lunaires, on a des modules d'habitation qui seraient européens. Il y a le module de ravitaillement, justement pour ravitailler la station, qui serait européen. Il y a un module de transmission qui permet d'échanger les datas. Que ce soit de la voix, de l'image, des données entre la station et la Lune. Et il y a évidemment le lander, donc l'atterrisseur lunaire européen, qui fait aussi partie de la conception de cette architecture lunaire, et qui fait partie aussi des constructions et des contributions européennes. C'est sur quoi on échange ? On aura des astronautes comme Thomas qui vont faire partie des équipages à un moment donné plus lointains dans le développement.
- Speaker #2
Justement, on parle de quelle échéance ?
- Speaker #1
L'échéance, alors là je ne saurais pas vous dire, parce que je pense qu'on était plutôt à... Quelques années.
- Speaker #2
2000,
- Speaker #1
2030 ? Plutôt dans les 2030. D'accord,
- Speaker #2
ok.
- Speaker #0
Tu parles d'astronautes européens sur la Lune.
- Speaker #1
Oui, je crois que c'était à peu près ça, parce que Thomas et ils ont discuté.
- Speaker #0
On parle de Thomas Pesquet.
- Speaker #1
Thomas Pesquet, effectivement, ils ont discuté. Il y avait un article là-dessus qui était sorti et qui disait qu'il serait sur un des équipages, pas les premiers, mais un des équipages... lorsqu'on sera bien établi. Donc ça va être dans quelques années.
- Speaker #0
Tout ça dans le cadre du programme Artemis, qui est dirigé par les Etats-Unis, par la NASA.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Qui n'est pas un programme purement américain, qui est un programme international, avec notamment une contribution importante européenne, déjà aujourd'hui et peut-être demain. des choses à valider dans le domaine de l'atterrissage sur la Lune, que ce soit un atterrisseur cargo ou atterrissage avec des astronautes. Alors là, on ouvre une parenthèse. Dans la participation actuelle de l'Europe à ce programme Artemis, il y a notamment ce qu'on appelle le module de service d'Orion, donc de la capsule Orion. Ce qu'on appelle le module de service, de quoi s'agit-il ?
- Speaker #1
Le module de service, il te donne l'énergie, donc le carburant. Donc l'énergie électrique, le carburant, les ergols, et il te donne le support de vie, juste ça s'il vous plaît, donc tout ce qui est l'oxygène, l'eau, la régulation thermique, l'azote, donc en fait tout ce qui permet à l'équipage constitué dans la capsule de survivre.
- Speaker #0
Donc tout ça pour dire qu'il ne manquerait pas grand-chose en termes de technologie à l'Europe pour lancer des astronautes avec Ariane 6. ce sont d'autres budgets et d'autres décisions politiques.
- Speaker #1
Oui, et puis il faut se rappeler aussi que Ariane 6, du coup, ça prend du temps. Mais ce qu'il faut voir aussi, c'est que ça permet de monter en compétence toute la génération actuelle européenne sur les lanceurs et les systèmes de lancement en général. Parce que tout l'héritage de nos anciens d'Ariane 5, qui aujourd'hui ne sont pas tous à la retraite, mais quand même dans pas longtemps, En fait, ce qu'ils font, c'est qu'ils passent le relais à la nouvelle génération pour qu'on soit capable ensuite de fabriquer de nouvelles choses. Mais ce passage de relais, il prend du temps. Il doit être avec un niveau d'excellence qu'on s'est figé extrêmement haut dès le départ parce que c'est ça qu'on a demandé. Et après, on espère pouvoir faire des choses un peu plus innovatrices et contribuer au futur à des systèmes de lancement dans le monde.
- Speaker #0
On pourrait parler des tests récents. Je pense à ce qu'on a appelé les essais combinés. Puis après on pourrait parler des essais de Vinci, mais est-ce que tu peux nous dire ce qu'on appelle les essais combinés ?
- Speaker #1
Oui, en fait c'est parce qu'on parle de système de lancement depuis tout à l'heure, mais en fait un lanceur quand il est au sol, il est alimenté par le sol. Donc essai combiné ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il a des servitudes qui lui permettent d'être, donc il faut l'imaginer, posé sur une table avec un mât. Et donc quand il est au sol, il reçoit son énergie, il est contrôlé, commandé et il est même rempli via des ombilicaux qui vont venir lui fournir son énergie, le commander, le piloter, lui envoyer des informations, vérifier que ces informations sont bien reçues, etc. Et le jour de la chronologie, donc le jour où on le remplit, aider à son remplissage progressif et vérifier que tous les voyants sont au vert.
- Speaker #0
Aline, pourquoi remplit-on les réservoirs au dernier moment ?
- Speaker #1
On remplit les réservoirs au dernier moment parce que c'est une opération finalement critique que l'on va faire à la fin. Donc on va vérifier d'abord une fois qu'on aura raccordé les ombilicaux électriques et fluides.
- Speaker #0
Alors les ombilicaux ce sont les ?
- Speaker #1
Donc c'est toutes ces connexions que l'on voit en fait qui sont derrière le lanceur et qui vont s'accrocher à la OMA que l'on voit derrière.
- Speaker #2
Des gros tuyaux.
- Speaker #1
Donc c'est des gros tuyaux. Et ces gros tuyaux vont permettre de faire bouger des vannes, les ouvrir, les fermer partiellement. Vous voyez, c'est sur le côté derrière le lançard. Et donc on a besoin de vérifier fil à fil, câble à câble, vanne à vanne, que toute la ligne d'énergie jusqu'à la vanne, c'est bien la bonne vanne que l'on commande, avec la bonne impulsion, avec la bonne fiabilité, avec le bon niveau de modification du positionnement de cette vanne que l'on veut. Et donc on va faire énormément de contrôle là-dessus et ce n'est qu'à la fin quand on a maîtrisé ça. et qu'on maîtrise aussi l'environnement, la pression, la régulation thermique du lanceur, qu'on commence à mettre en froid les lignes, donc mettre tout à la même température, puisque les ergols que l'on a, c'est des ergols cryogéniques, donc moins 183 degrés pour l'oxygène et moins 250 degrés pour l'hydrogène, c'est très froid.
- Speaker #0
En tout cas, ils sont liquides. Oui.
- Speaker #1
Et donc on va pouvoir remplir une fois qu'on aura mis en froid et assaini les lignes, donc on en parlait tout à l'heure avec des gaz neutres, et après on remplit progressivement. On a des sondes de niveau qui nous permettent de dire à quel niveau on se retrouve dans les réservoirs, et progressivement on va continuer à rajouter du débit jusqu'à ce qu'on est rempli totalement. Et on ne remplit pas au même débit tout le temps, parce que quand on arrive en haut, c'est un peu comme une coupe de champagne, si on la remplit trop vite, ça va buller, ça va donc vouloir déborder. Donc ce qu'on fait, c'est qu'on freine à un moment donné, on fait des petits remplissages jusqu'à ce que ça monte au niveau haut et que l'on s'arrête. Là, au premier lancement, ça dépend beaucoup des charges utiles que l'on a sous coiffe. Donc si on a 20 tonnes à envoyer, on va devoir remplir les réservoirs au maximum. Là on a 18 petits clients, donc on n'aura pas besoin de remplir au maximum. Mais ceci dit, on va faire exactement la même procédure et on va se mettre à un niveau haut qui va bien. Et comme c'est des ergols volatiles, il faut continuer à remplir progressivement, quasiment jusqu'à la fin.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'ils ont tendance à s'évaporer au fur et à mesure qu'on remplit ?
- Speaker #1
Un petit peu. Il y a des fuites naturelles qui sont faites pour gérer l'ensemble thermique du lanceur. Ça monte en pression, ça gestionne en pression. Il faut faire très attention à tout ça. C'est très contrôlé, mais c'est un environnement critique. Et donc c'est quelque chose que l'on fait à la fin, puisqu'on ne veut pas consommer non plus de l'hydrogène pendant des heures et des heures. Donc quand on a fini, on est prêt et on lance.
- Speaker #0
Remplissage au dernier moment. Sur l'animation, il y a un détail que je pense qu'il n'est pas sur l'animation, mais qu'on voit souvent lors des vrais lancements de fusées Ariane 5 par exemple. Au décollage, on a l'impression qu'il y a des petits morceaux blancs qui se détachent. De quoi ça ?
- Speaker #1
Ah oui, les protections thermiques. Il y a des protections thermiques que l'on met et qui peuvent... C'est de la mousse en fait, qui va au décollage simplement retomber.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a aussi un phénomène de givre ? C'est-à-dire que les réservoirs étant très froids, l'humidité de l'air environnant se condense. Givre sur une petite couche de givre.
- Speaker #1
Bien sûr, il y a de la formation glace. C'est plutôt du givre, effectivement. Et ça se décroche. On le voit, c'est une fine couche blanche qui repond. Oui, tout à fait.
- Speaker #0
C'est de la glace.
- Speaker #1
C'est de la glace.
- Speaker #0
Que nous dit le chat ? Si vous vous rejoignez maintenant, nous sommes avec Aline Decady, ingénieure de l'Agence Spatiale Européenne. On parle Ariane 6, le futur lanceur européen. Ariane 6, dont nous avons une magnifique maquette ici. C'est la grande maquette dans sa version Ariane 64, parce qu'Ariane 6 avait quatre boosters latéraux, je rappelle. Et puis dans les petites maquettes, on a la même ici, mais à une échelle différente. Ariane 64, avec quatre boosters latéraux. Et puis on a Ariane 62, toujours Ariane 6 mais avec 2
- Speaker #1
Deux boosters latéraux La version du vol inaugural
- Speaker #0
Qui sera lancée dans les semaines qui viennent Et puis la devancière L'ancêtre, si on peut l'appeler comme ça maintenant Ariane 5 Qui a connu son dernier vol l'été dernier Ariane 62 Qui sera lancée, alors la période définie C'est entre mi-juin et fin juillet Est-ce qu'on affine la période là ?
- Speaker #1
Oui, il y a une note DG, Joseph Parker, qui va définir dans les semaines qui viennent, normalement, un planning à terminaison sur les objectifs qu'on va proposer là, d'ici quelques jours, et qui va donner une date de lancement. Target.
- Speaker #2
Restez jusqu'à la fin de l'émission, on vous donnera le jour et l'heure du lancement d'Ariane 6 et on sera les premiers à vous le donner.
- Speaker #1
L'heure, je l'ai.
- Speaker #0
J'aimerais tant. C'est DarkM qui nous demande si Ariane 6 décollera également à H0 plus 7 secondes. Peux-tu nous expliquer ?
- Speaker #1
Elle va décoller à H0. H0.
- Speaker #0
Et d'où vient la référence à H0 plus 7 ?
- Speaker #1
Alors, H0 plus 7 secondes, donc super, merci pour la question. C'est que sur Ariane 5, en fait, on... Sur Ariane 5, pardon, je ne sais pas si tu dis Ariane 7. Sur Ariane 5, on a l'allumage du vulcain. Et on a donc au décollage, au H0, on a l'allumage du Vulcain. C'est juste avant l'allumage. Juste avant le H0, on a l'allumage du Vulcain. Mais on attend quelques secondes pour vérifier que le moteur, le transitoire d'allumage est bon. Et on déclenche les boosters à 7 secondes. Et donc là, il décolle à H0 plus 7. Voilà. Et donc là, on va décoller à H0.
- Speaker #0
Très bien alors on va faire une transition vers désolé il faut en parler le sujet qui fâche les retards d'Ariane 6 les 4 Ah oui j'ai retrouvé dans le déroulé bah oui les retards d'Ariane 6 juste alors je vais essayer de faire une transition aussi positive que possible même si c'est un sujet délicat Tu parlais des essais combinés, combinés parce qu'on essaie à la fois le lanceur, ou en tout cas une maquette grandeur nature du lanceur qu'on a appelé le CCM, le Combined Test Model. Donc une sorte de maquette géante fonctionnelle du lanceur pour les essais postaux.
- Speaker #1
Bien sûr, il y avait quatre pousseurs pour le coup,
- Speaker #0
c'était vraiment celle-là. On essaie le lanceur, ce qu'il représente, et le système SOL, et le segment SOL. On combinait parce que c'est SOL et vol. Ces essais-là ont été longuement retardés, ils ont été assez longs. Ils ont pris combien de temps ? Tu disais 22 mois ?
- Speaker #1
En tout et pour tout, depuis le moment où on est arrivé en Guyane avec le modèle d'essai, et ensuite l'arrivée du modèle de vol, il y a eu 22 mois.
- Speaker #0
Et il y a eu aussi dans les essais critiques qui conditionnaient l'avancée du programme et en particulier la définition de cette période de lancement. On parlait de la période mi-juin, fin juillet, période qui a été définie il y a quelques mois. Mais avant de pouvoir définir cette période, l'Agence spatiale européenne et ses partenaires avaient besoin de certitudes sur les résultats de ces essais combinés d'une fois à l'autre. Et les résultats d'essais du moteur Vinci, ce fameux moteur dernier cri rallumable, alors... D'autre part, essais qui ont eu lieu en Allemagne sur un site connu dans le domaine spatial qui s'appelle le site de Lampolzhausen, qui est un site du DLR, l'équivalent allemand de l'ONERA, où on fait pas mal d'essais spatiaux, notamment de l'étage supérieur, l'AN6. Ces essais du moteur Vinci aussi, ils ont été retardés. Il y a eu des problèmes logistiques, disons, à l'impôt de sa zone. Il y a eu une inondation, c'est ça ?
- Speaker #1
Il y a eu une inondation à un moment donné. Donc, ça a noyé complètement le complexe. Bon, et puis après, il faut comprendre quelque chose, c'est qu'à Kourou, on ne peut pas... On peut tester le moteur Vulcain, c'est ce que l'on a fait avec un allumage, puisqu'on a les carnaux, on a tout le système.
- Speaker #0
Les carnaux, c'est le système d'évacuation des gaz, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est le système d'évacuation comme des pots d'échappement.
- Speaker #0
Martin, si tu peux nous repasser la vidéo, on les voit, ce sont des espèces de grandes buses de section carrée, rectangulaires, par lesquelles s'évacuent les gaz.
- Speaker #1
Les gaz, et donc Vulcain peut être testé, comme on a fait en novembre dernier, avec des allumages, donc des tirs à feu longs. et court, donc on en a fait plusieurs pour pouvoir tester tous les cas dégradés possibles. Donc ça, ça a pris beaucoup de temps, mais c'est aussi les cas dégradés qui nous intéressent, c'est ceux où il faut aller remettre en sécurité le lanceur, vérifier qu'on sait faire des scénarios hors nominal, c'est-à-dire qu'on a toujours des lignes de vidange qui sont ségrégées. des lignes nominales séparées. On va pouvoir aussi utiliser des parties du banc de contrôle qui sont faites pour les parties secours et 4 pannes, qui ne sont pas ceux qu'on utilise en nominal.
- Speaker #0
On voit les gaz s'évacuer par les carnons.
- Speaker #1
Exactement. En gros, ce qu'on a fait, c'est qu'on a évacué tous ces gaz, mais sans décoller. Ce qu'il fallait, c'était aussi protéger les installations au sol, puisque comme on ne décolle pas, il ne faut pas non plus les abîmer. Donc, il y a eu... tout un tas de problématiques spécifiques à un allumage au sol qu'on n'aurait jamais dans un cas nominal où on décolle. Donc ça, c'était la problématique du vulcain qui a fait qu'on a mis du temps aussi à Kourou pour trouver des solutions pour ne pas endommager le pâtissier, parce qu'on n'en a qu'un.
- Speaker #0
Donc dans certains cas, c'est... plus compliqué de tester que de voler en vrai en fait ?
- Speaker #1
C'est pas plus difficile parce qu'à la fin on est content finalement de mettre en oeuvre ce qui va bien au spol parce qu'on veut pas maîtriser à la fois le lancement, le vrai lancement et la dynamique de vibratoire thermique et propulsive du moteur tout d'un coup. Donc on veut essayer de tester des éléments les uns différemment des autres pour vérifier que tout ça, ça fonctionne comme attendu. Mais ça ne nous facilite pas la tâche. Et le Vinci, lui, évidemment, on ne pouvait pas le tester à Kourou parce que le lanceur, on ne va pas le séparer. Donc, comme ils ne volent pas, on avait besoin d'un banc d'essai dédié. Et ce banc d'essai est un Lampol-Shausen. Et donc, il a servi à ça. Mais pareil, c'est un banc d'essai qui est dédié au Vinci. C'était le premier banc d'essai qu'on dédie au Vinci. Il y a le système de rallumage qui est avec un système de puissance interne. qui est un auxiliaire de puissance, qui est aussi quelque chose qu'on qualifie pour la première fois sur Ariane 6, qui a mis du temps.
- Speaker #0
On a eu besoin de plusieurs séquentiels d'essais pour qualifier les différents types de réallumage, le transitoire d'allumage, l'efficacité et le séquentiel d'allumage. Tout ça s'est peaufiné dans le temps. avec un banc d'essai nouveau. Donc ça a pris plus de temps que ce que l'on espérait initialement.
- Speaker #1
Et les étages accélérateurs à poudre, les boosters latéraux, on les avait essayés à quel moment ?
- Speaker #0
On les avait déjà essayés bien avant. Ceci dit, l'industrialisation... Donc c'est pas tant la qualification, puisque il faut voir que les boosters en eux-mêmes sont aussi le premier étage du Vega. du lanceur Vega, le plus petit lanceur que je crois que vous en aviez parlé un peu en venant ici sur Jamseat. Donc on avait déjà qualifié l'efficacité et la propulsion par booster à poudre.
- Speaker #1
Ce sera Vega C, c'est l'étage principal. Un booster à la jamseat.
- Speaker #0
Vega et Vega C par la suite. Donc Vega qui vole depuis 2012. Donc on avait déjà qualifié le booster l'étage principal.
- Speaker #1
C'est pas le même. Il est plus puissant celui d'Ariane 6, c'est l'étage principal de Vega C.
- Speaker #0
Oui, mais la composition de l'ergueul et tout ça était assez semblable. Et c'est vrai que depuis qu'on fait du Vega, on a un mode commun entre les boosters d'Ariane 6 et l'étage propulsif central de la famille Vega.
- Speaker #1
Oui, ils avaient encore testé. étaient testés encore avant.
- Speaker #0
Et ils avaient été testés et ils avaient bénéficié de ce retour d'expérience bien avant. Donc, ce n'est pas sur ça où on a pris le plus de temps.
- Speaker #1
Dans les retards, on avait évoqué, lors de notre première émission spatiale de l'année, avec Jérôme, on avait évoqué ce lié à la mise au point des bras, des bras cryo. Oui,
- Speaker #0
tout à fait.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous en dire un mot ?
- Speaker #0
Oui, donc on a des bras cryo qu'on a vus tout à l'heure sur la vidéo qui était plutôt en jaune, si je me souviens bien. Donc les bras cryo c'est quoi ? Donc il y a des caissons en bas, plutôt des caissons qui enveloppent le lanceur et qui viennent s'accrocher au lanceur et qui remplissent les réservoirs du bas. Et puis il y a des bras qui remplissent en haut, qu'on voit en jaune bien derrière, et qui sont un système de déconnexion en temps positif puisqu'on décolle en temps zéro. C'est-à-dire que l'allumage des boosters va consister aussi au même ordre que la séparation des bras cryo que vous voyez en haut. Ça veut dire qu'entre le moment où on sépare, on rétracte, Et on referme la main qu'on voit en train de se refermer ici. Il y a un séquentiel de quelques centaines de millisecondes. Et ce séquentiel-là, il doit être fait exactement sur un timing très précis. Et le développement de cette capacité-là, de cette nouvelle technologie-là, qui est essentielle pour un décollage sur un timing parfait, et la conservation du moyen qui va rester au sol et qui va être réutilisé et donc qu'on ne veut pas abîmer. Ça, ça a été le casse-tête, un des gros casse-tête de l'architecture du système de lancement sur la R&C.
- Speaker #2
Pourquoi un tel degré de précision nécessaire ?
- Speaker #0
Parce que comme on décolle maintenant, ce qu'on voulait, c'était éviter de se retrouver à avoir un problème avant le lancement. à avoir, comme c'était sur le cas possiblement sur Ariane 5, à avoir décroché les bras cryo, mais ne pas décoller. Et quand on a décroché les bras cryo et qu'on n'a pas décollé, on n'a plus de système pour vidanger. Et donc là ce qu'on voulait c'était de pouvoir garder ses bras connectés pour gérer tous les cas dégradés possibles avant le décollage. Mais une fois qu'on a décidé de décoller, il faut y aller. Et là le timing est super important parce que le lanceur va décoller très vite. Et les bras, il ne faut pas qu'ils viennent être finalement, alors qu'ils gèrent la sécurité du lanceur jusqu'au décollage, qu'ils deviennent celui qui va potentiellement rester accroché ou mal se décrocher ou pas se décrocher quand il faut. Donc le séquentiel était comment on gère la panne avance et la panne retard, ce qu'on appelle ça dans notre jargon, pour avoir le timing parfait. Viabilité versus sécurité.
- Speaker #1
Alors justement, c'était un élément qu'on avait développé avec Jérôme Bonnard dans notre première émission, celle du mois spatial de l'année, au mois de janvier. Donc on avait expliqué avec les doigts et avec des allumettes qu'on avait failli allumer sur le plateau. Tiens Martin au passage peux-tu nous remettre le chat sur les écrans s'il te plaît il vient de se cacher
- Speaker #2
Martin tu pourras te donner une ardoise pour la prochaine émission s'il te plaît
- Speaker #1
pour qu'on communique alors DarkM on va te répondre mes auparavant donc voilà je peux parler de cette séquence tu parlais aussi des bras cryo on vous recommande de revoir l'émission du je crois que c'était le 9 janvier et puisqu'on parle de replay pour la team replay donc si vous nous regardez en replay on est en live tous les mardis à midi donc vous pouvez aussi nous voir en live Et on est en live aussi tous les vendredis à 18h, là c'est le lâcher solo, et un jeudi sur deux à 20h, ça ce sont nos amis de Grand Frequency. donc la team replay on vous salue et on revient au chat alors j'ai promis à DarkM qu'on va les répondre femme morlant on te garde pour juste après question de DarkM pour Aline est-ce que l'APU est spécifique à Ariane 6 ou existe-t-il d'autres lanceurs avec un système similaire ? Donc l'APU c'est Auxiliary Power Unit le groupe auxiliaire de puissance rien à voir avec l'APU des avions
- Speaker #0
Non, rien à voir.
- Speaker #1
Alors, qu'est-ce que la PU sur Ariane ?
- Speaker #0
C'est ce qu'on expliquait tout à l'heure. Et finalement, Darken, tu avais bien compris. C'est ce qui va permettre de rallumer le Vinci plusieurs fois. fournir l'énergie en continu et faire en sorte que le système puisse être utilisé et versatile. Donc c'est ce qu'il y a sur la versatilité d'Arganci.
- Speaker #1
C'est la polyvalence.
- Speaker #0
Ça polyvalent.
- Speaker #1
Je te chante.
- Speaker #0
Non, on n'a pas ce système-là sur d'autres lanceurs à l'heure actuelle.
- Speaker #1
D'accord, donc c'est une innovation.
- Speaker #0
C'est une innovation et c'est vrai qu'à maîtriser, elle a eu ses challenges de maîtrise. en bonne et due forme, comme à chaque fois qu'on se lance dans une nouvelle techno.
- Speaker #1
Et donc c'est l'occasion de dire aussi que Ariane 6 sera un lanceur à la fois très polyvalent et capable de s'adapter. Depuis le lancement du programme, depuis qu'on a lancé l'idée d'Ariane 6, le programme a évolué. Ariane 6 pourra faire des choses qui n'étaient peut-être pas prévues tout à fait au début parce qu'on a su s'adapter. Et notamment, elle sera tout à fait adaptée, comme le montre son carnet de commandes, Ariane 6 sera tout à fait adaptée au lancement de constellations de satellites, donc un grand nombre de satellites, plus légers que ceux auxquels on a été habitués pendant des décennies. les satellites géostationnaires de télécommunication. Les constellations sont des satellites plus petits, dans une orbite plus basse, et qu'on lance en plus grand nombre. Et donc Ariane 6 a su s'adapter à ce marché-là aussi.
- Speaker #0
Oui, finalement, c'est vrai que c'est assez pratique puisqu'on a la conf, on a dit, 4 et 2 boosters. On a une coiffe qui est soit moyenne, on va dire, soit longue, et qui permet d'emporter différents adaptateurs à l'intérieur jusqu'à 20 tonnes. Donc c'est vrai qu'on va pouvoir lancer tout type de... de clients petits ou grands et en même temps les mettre à différentes orbites. Et ça, c'est aussi grâce au Vinci qui a son étage réallumable et qui permet justement d'aller répondre à des clients différents sur le même lanceur. Donc ça veut dire qu'en termes de coûts, tu partages les frais en termes de clients et c'est vrai que ça répond à une plus grande gamme. Puisqu'il faut quand même avouer que les gros clients qui lancent des gros satellites géostationnaires n'ont pas forcément le même budget que les constellations qui arrivent et qui ont des besoins sur lesquels il faut quand même... répondre avec quelque chose qui est concurrentiel.
- Speaker #1
Et donc, j'ai plus serré ?
- Speaker #0
Oui, certainement plus serré. Et puis, on a des nouveaux acteurs qui vont vouloir lancer plus petit aussi. Et donc, il y a le marché des micro-lanceurs qui va venir, mini micro-lanceurs. Mais il faut aussi que Ariane 6 soit capable de répondre à une certaine demande. Et donc, c'est une certaine flexibilité, versatilité qu'on lui demande. Et ça permettra de le faire.
- Speaker #2
Mais il n'aurait pas été plus simple de faire par exemple le 3-Ariane-6, une pour les petites... Le petit tonnage, moyen tonnage et gros tonnage ? Parce que la flexibilité, ça entraîne forcément des casse-têtes au niveau technologique.
- Speaker #0
Alors oui, tu as raison, finalement, sur Ariane 6, on va rester quand même entre du 5 tonnes et 12 tonnes pour le GTO et 20 tonnes pour les orbites basses.
- Speaker #1
Alors GTO, c'est l'orbite de transfert géostationnaire, donc le satellite géostationnaire, on le lance... jusqu'à cette orbite de transfert. C'est ça. Et il finit son voyage tout seul.
- Speaker #0
Et il finit son voyage tout seul. Après, on compte aussi sur Vega, qui lui sera sur la gamme des satellites plus petits. et qui va pouvoir faire le pendant de cette famille. Et puis il y avait Gassé, il y avait Gae, donc on va avoir une famille qui va finalement remplir au fur et à mesure ses composants. Et puis aussi sur Kourou et sur la base de lancement en général, on va avoir des nouveaux acteurs et finalement les acteurs de l'Europe vont pouvoir répondre. conjointement à l'ensemble de ces demandes. Et en fait, finalement, c'est tout le système qui va s'adapter, aussi bien la base spatiale que les systèmes de lancement institutionnels, que les nouveaux arrivants. Donc, il y aura de la place pour tout.
- Speaker #1
Donc, Ariane 6 sera... un lanceur européen il y en aura d'autres je ne sais pas si on peut parler de famille puisque ce sera des opérateurs différents mais toujours est-il que tu parlais de Vega donc un lanceur léger à moyen la famille Vega Vega C qui a déjà fait un vol ou deux Vega E pour les années qui viennent et tu parlais des futurs acteurs qui seront vraisemblablement aussi lancés depuis Kourou donc là tu parlais des micro lanceurs oui on parle de quelle taille là on est plutôt on est plutôt
- Speaker #0
On est plutôt sur quelques centaines, 100-200 kilos en orbite.
- Speaker #1
Position à plusieurs tonnes avec une Ariane 6. Oui.
- Speaker #0
Donc ça ouvre un autre marché, ça ouvre une autre demande, ça répond à un autre besoin. Et là, typiquement, c'est assez sympa parce qu'on voit aussi la base de lancement qui commence à utiliser les moyens Ariane 5 pour Vega, Vega C, Vega E. On a un endroit où on avait des anciennes installations ariennes, du tout début d'Ariane, sur lesquelles on va pouvoir installer des nouveaux arrivants. Alors pourquoi on utilise à chaque fois ce qu'on a déjà ? C'est parce que sur le centre spatial, le fait de... Comment je pourrais dire ça ? De fabriquer, de prendre de la place de ce gros campus, de cette nature. L'idéal, c'est que quand on fait un terrassement, vu qu'on a pris sur la nature, il faut utiliser ce terrassement après et essayer de ne pas refaire un terrassement à côté. qui va encore prendre sur la nature, etc. Donc pour garder un équilibre avec la faune et la flore, on utilise vraiment les pâtissiers qui ont déjà été conçus et on les réutilise à bon escient. Et donc c'est comme ça qu'on essaye aujourd'hui d'utiliser les bâtiments qui existent. On les remet à poste, on leur redonne une seconde vie, mais on essaye de ne pas fabriquer ce qui n'est pas nécessaire.
- Speaker #2
Le Centre Spatial de Kourou, c'est en fait un ensemble de pas de tir. Et vous pouvez travailler simultanément sur deux pas de tir, de façon à pouvoir faire des tirs très rapprochés ?
- Speaker #0
Oui, on peut. Après, il y a des histoires de coactivité. Par exemple, le jour où on va faire le remplissage, la veille du lancement et le jour du lancement qu'on va remplir vraiment le lanceur pour qu'il décolle, on n'aura pas d'opération critique sur, par exemple, le pas de tir de Vega qui est à côté. Mais sinon, concrètement, sous le portique mobile de chacun, chacun peut faire ses opérations effectivement conjointement.
- Speaker #2
Et il y a combien de pas de tir ?
- Speaker #0
Sur Ariane 5, on est sur le quatrième pas de tir. Sur Ariane 6, on est sur le quatrième pas de tir Ariane, sachant que les autres vont être redistribués. Et on a celui de Soyouz qui va être remis à la France, dont la France va reprendre la main dessus. Et on a le pas de tir Vega. pour l'instant.
- Speaker #1
Donc on rappelle, Soyuz, effectivement, une fusée russe qui a été lancée pendant de longues années depuis... Certaines ont été lancées pendant de longues années depuis Kourou. Elle faisait partie de la famille de lanceurs que proposait Ariane Espace. Et évidemment, depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, la coopération avec l'agence russe est terminée. Bien sûr. Donc on reprend possession du pas de tir de Soyuz à Kourou. On avait la question de Fab Morlon. Sur l'héritage d'Ariane 5 repris d'Ariane 6, quel est cet héritage technologique ?
- Speaker #0
Alors, ce qui est repris, c'est intéressant parce que souvent on parle de ce qui est nouveau, mais de ce qui est repris, pas tant que ça finalement. Il faut voir qu'Ariane 5, c'est un bijou de technologie. On en est très fiers, il est très fiable, donc c'est bien celui-ci. Il a répondu à un besoin pendant très longtemps, parce qu'il était capable d'emmener deux charges utiles différentes avec un système qui permet d'adapter et de mettre les deux charges utiles sous coiffe. qu'on appelle SILDA, système de lancement double. On pouvait lancer jusqu'à 10 tonnes. Il a vraiment permis de développer, il a été évolutif. Il a permis de lancer des JWST ou des JUICE qui sont des programmes avec des gros télescopes ou des...
- Speaker #1
Une sonde qui est partie vers Jupiter.
- Speaker #0
Qui est partie vers Jupiter, qui n'est pas encore arrivée. Et en fait, il a vraiment rempli des missions très diversifiées. Et il était à la pointe de la technologie à un moment donné. Ce qu'il a permis de faire, c'est de monter en compétence l'Europe à ce moment-là, de conserver finalement une fiabilité, une qualité au travers des années. C'est-à-dire vraiment avoir un suivi du pourquoi, du comment. Il faut garder une certaine rigueur, une certaine excellence dans l'industrie aérospatiale, surtout quand on ne peut pas se permettre. de tester toutes les erreurs qu'on pourrait faire. Donc il a rempli ça avec brio pendant des années. Et puis il est arrivé ce qui devait arriver, c'est qu'il y a des nouvelles manières d'industrialiser, il y a des nouvelles manières d'avoir des composants plus légers, d'arrêter d'utiliser du plomb, de s'améliorer vis-à-vis des débris puisque le système de lancement double est un composant inerte qui ne redescend pas dans l'atmosphère rapidement. Il y avait tout un tas de petites choses qui finalement sur Ariane 6, on a pu les repenser différemment, mais comme un incrément technologique. C'est-à-dire que si on devait repartir de zéro sur Ariane 6, on n'aurait pas fait autant d'avancées sur la versatilité, la flexibilité, la modularité, alors qu'Ariane 5 fabriquait un vrai lanceur fiable. pour du 10 tonnes avec deux lancements, un 4,5 et un 6 tonnes. Donc il répondait à un autre type de problématique, mais quelque part quand on en rediscute avec nos anciens et qu'ils nous donnent un coup de main aujourd'hui pour la qualification, qu'ils nous conseillent, qu'ils nous disent pour les essais, voilà ce que nous on ferait, voilà comment il faut finir, voilà ce qui compte, essayer de vous centraliser, de vous focaliser sur ça, ça et ça. on se rend compte que finalement on transfère tout ça, on transfère tout ce patrimoine, tout cet héritage via Ariane 5, et c'est ça qu'on essaye de faire sur Ariane 6. Donc ça donne un résultat différent, mais ce sur quoi on est le plus fier, c'est finalement de pouvoir récupérer un héritage, de le remettre au goût du jour avec 30 ans plus tard, et de se dire ok, est-ce que vous pensez qu'on a bien fait, et de pouvoir finalement le faire valider encore par nos anciens.
- Speaker #1
Donc on peut dire que l'héritage, il n'y a pas d'élément de R&S 5 repris sur R&S 6, mais c'est un héritage en termes de savoir-faire.
- Speaker #0
Oui, c'est un héritage de savoir-faire.
- Speaker #1
On a cité pas mal de noms au fur et à mesure de nos discussions. Bon, les lanceurs, je pense que tout est à peu près clair. Les entreprises. Alors, je vais faire un résumé et puis tu m'interromps ou tu complètes si besoin. Je vais essayer de résumer parce qu'on a encore pas mal de sujets à aborder. On a le chat qui a des questions tout à fait pertinentes. et je sais pas si on va arriver à tout faire toujours est-il que donc pour bien clarifier sur les noms puis après je vais te poser la question plutôt de qui fait quoi donc on a parlé de l'agence spatiale européenne qui est le maître d'ouvrage On a parlé d'Ariane Espace qui est un opérateur, donc un prestataire de service. Donc si vous avez un satellite à lancer, c'est chez Ariane Espace que vous allez, c'est à la porte d'Ariane Espace que vous pouvez toquer pour lancer votre satellite sur une Ariane. On a cité un moment le nom de Ariane Group. Ariane Group, c'est la maison mère d'Ariane Espace et c'est le constructeur. C'est le maître d'oeuvre. Du lanceur. Juste en dessous du maître d'ouvrage, l'ESA, il y a le maître d'oeuvre, l'Ariane Group. Et encore en dessous, il y a Ariane Espace, en dessous au sens de l'organisation, Ariane Espace qui est une filiale d'Ariane Group et qui est le prestataire de service. Et puis, on ne l'a pas cité, mais c'est important aussi de le mentionner, le CNES, l'agence spatiale française. qui n'est autre que le propriétaire et gestionnaire de la base de Kourou, du port spatial européen à Kourou, qu'on appelle aussi le CSG, le Centre Spatial Guyanais. Mais donc, c'est bien le CNES qui est en charge de cette base, donc l'agence spatiale française qui est en charge de cette base.
- Speaker #0
Tout à fait. Et qui gère aussi les contrats vis-à-vis du portique mobile, des transporteurs du corps central, qui font toutes les infrastructures d'ouvrage et qui ont... aussi tous les sites qui gèrent avec des industriels sur place, le stockage, la maintenance, toute la gestion de la base de lancement autour du lanceur.
- Speaker #1
Et il y a eu... Autour du programme Ariane 6, il y a eu une réorganisation de l'industrie spatiale européenne, on peut le dire comme ça ?
- Speaker #0
Oui, on peut, oui. Oui, oui, tout à fait. Il faut se rappeler que sur Ariane 5, la fusée, le lanceur a été développé par le CNES. Donc la compétence à la base, elle était vraiment sur tout le complexe servitude plus lanceur. On avait le CNES qui était vraiment le concepteur. Et donc à un moment donné, il y a eu des changements d'organisation et donc on a vu arriver, se positionner effectivement l'ESA en maître d'ouvrage. Et puis après l'industrie, le lanceur est passé plutôt chez Ariane Group. Le CNES a gardé tout ce qui était moyens de sol, infrastructure de la base de lancement et, comme tu le dis, l'entité régalienne au Centre Spatial Guyanais. Mais tu as aussi Ariane Group, c'est Ariane Group côté lanceur, mais il y a plus de 550 entreprises et compagnies qui travaillent sur toute la chaîne industrielle du lanceur en Europe. Côté CNES, pareil, il y a énormément d'industriels qui mettent en œuvre la base et qui ont des moyens très différents pour gérer des ergols ou des infrastructures de bâtiments ou du sous-sol ou des tables de lancement qui ressemblent plus à des sous-marins qu'autre chose. Donc il y a vraiment...
- Speaker #1
Pardon, qu'est-ce qu'on appelle la table de lancement ? La table de lancement. C'est ce que repose le lanceur.
- Speaker #0
C'est ce que repose le lanceur et posé.
- Speaker #1
Et ça ressemble à un sous-marin ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a des inertages. Donc il faut pouvoir en fait être complètement isolé. Et donc c'est un peu conçu comme un sous-marin à l'intérieur. Donc c'est assez marrant.
- Speaker #1
Et voilà. Les inertages, ça veut dire qu'on met des gaz inertes pour éviter... Qu'est-ce qu'on appelle l'inertage ?
- Speaker #0
L'inertage, c'est quand tu veux éviter que tu aies un excès d'hydrogène ou des fuites. Donc tu mets du gaz neutre de façon à remplir l'air et éviter d'avoir des ergols critiques qui peuvent s'enflammer, comme l'oxygène qui a tendance à prendre feu, l'oxygène et l'hydrogène qui a plutôt tendance à exploser. Et donc tu inertes, c'est-à-dire que tu mets des gaz neutres à la place. Ceci dit, c'est complètement incompatible de la vie humaine, et donc c'est confiné, c'est régulé.
- Speaker #1
D'accord. Et sur place, on parlait de cette organisation avec l'ESA, Ariane Groupe, Ariane Espace, le CNES. Sur place, est-ce que c'est très formalisé ?
- Speaker #0
Alors, oui et non. Si tu es quelqu'un qui fait du contrat, de la stratégie, du marketing, tu vas être très positionné sur à qui tu t'adresses, à quel titre tu t'adresses et donc au protocole d'échange qui va bien, donc au badge. Si tu parles de client à fournisseur, tu vas rester de client à fournisseur. Donc tu sais pourquoi tu viens et donc tu as un certain badge et statut. Si maintenant tu me parles équipe, projet opérationnel sur place, non pas tant que ça. Parce que les équipes sont mélangées. Donc moi je fais du système de lancement. Il y a quelqu'un qui fait la même chose que moi sur le lanceur, quelqu'un qui fait la même chose que moi sur la structure sol, des moyens sol. Et donc on est toujours un triptyque. Donc est-ce que le badge est important ? Non. Ce que moi je fais c'est important, mais s'il a besoin qu'on fasse quelque chose ensemble, on va le faire ensemble. S'il y a des métiers qui se mélangent, s'il y a des talents qui se combinent, le badge n'a aucun intérêt. L'idée c'est de faire fonctionner le système et la fonction qu'on est en train de vouloir faire débuguer. Quelque part, quand on travaille sur cette base, oui chacun a un rôle et une responsabilité, mais au-delà de ça, les personnes qui travaillent peuvent même changer de badge temporairement. Par exemple, au centre de contrôle, là où on pilote le lanceur, Pendant tous les essais combinés, c'était le CNES qui était à la manette. Donc, en termes d'entités, c'est eux qui ont fait les essais, c'est eux qui ont piloté au plus vite. Pour le premier lancement, on fait un changement d'équipe. Ariane Group, qui était en support, devient ceux qui vont piloter. Ceci dit, pour autant, on ne va pas changer tous les gens parce que les gens, c'est des talents. Et les talents, on ne va pas les réinventer à six mois du décollage. Donc, certains. vont accepter de changer et de dire ok moi je veux rester là parce que c'est ça que je veux faire c'est ça ma passion, c'est ça qui me motive, c'est ma compétence c'est ça, c'est ce pourquoi je suis fait, c'est ce pourquoi je suis là et donc du coup ils vont changer de badge si je puis dire temporairement ou pas, c'est un peu qui gère après, qui négocie mais pour pouvoir garder cette fonction là sur le premier lancement Donc une organisation peut dire à un employé je te missionne pendant
- Speaker #1
quelques temps, quelques semaines, quelques mois, tu porteras un badge d'une couleur différente, enfin, un badge d'une entité différente, mais tu conserves ton rôle.
- Speaker #0
Donc, c'est vrai que ça crée un peu des compétences un peu... De la même façon qu'on a une physique un peu modulaire, j'ai l'impression qu'on a des compétences qui s'adaptent et qui sont flexibles pour aboutir au succès du lancement.
- Speaker #1
Quel sera ton rôle le jour du lancement, d'ailleurs ?
- Speaker #0
C'est bon. Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
je serai au centre de lancement. Donc, je serai dans l'équipe projet. Donc, il y a deux grandes équipes au centre de lancement le jour du lancement. Il y a l'équipe au pupitre qui envoie les commandes et donc qui sont dédiées devant les consoles. Et il y a l'équipe projet. Donc, l'équipe projet, en général, c'est ceux qui ont conçu le projet depuis le début. Et en gros, quand on va opérer, Il y a des procédures qui vont être menées, donc il y a des ordres qui vont être envoyés, on va remplir le lanceur. S'il y a un problème, au pupitre, on va toujours avoir un protocole de remise en sécurité. Et une fois que la remise en sécurité est faite et qu'on s'est arrêté là pour l'instant... L'équipe projet qui est juste à côté, dans la salle d'à côté, on va se réunir en fait et on va dire ok, là par rapport à comment c'est conçu et comment c'est opéré, voilà les solutions qu'on peut proposer, la cause de l'anomalie on la connaît, le pourquoi on dévie un petit peu de l'aspect qu'on sait expliquer pour ça, pour ça, pour ça. Donc on propose de continuer sous telles conditions et de surveiller tels paramètres. Et à ce moment-là, l'opérationnel après il retourne sur son pupitre, continue les opérations avec les limitations et les demandes. complémentaires qu'on vient de proposer. Et puis l'équipe projet, elle reste là en attendant qu'il y ait d'autres choses à analyser. Et donc pendant ce temps-là, ce qu'on fait, c'est qu'on surveille les paramètres de sécurité du lanceur, on vérifie que tout se passe bien et on suit progressivement les différents paramètres qui permettent de remettre en sécurité. Et on est prêt à intervenir dès qu'il y a une anomalie.
- Speaker #2
Ce moment, tu l'attends depuis combien de temps ?
- Speaker #0
Huit ans.
- Speaker #1
Parle-nous de ton parcours.
- Speaker #0
J'ai commencé mon parcours, j'ai une formation d'ingénieur que j'ai faite à l'Estaca.
- Speaker #1
L'école bien connue du domaine aéronautique et spatial.
- Speaker #0
Exactement, donc aéronautique et spatial.
- Speaker #2
On ne rentre pas à l'Estaca par hasard.
- Speaker #0
J'étais déjà pas mal motivée, je crois à la base. Oui, j'ai toujours aimé le spatial, j'ai toujours vu le spatial comme... comme quelque chose à découvrir pour comprendre d'où est-ce qu'on vient, où est-ce qu'on va. Et j'ai toujours eu envie d'expérimenter moi-même en pilotant, en concevant, en fabriquant et peut-être même en allant voler dedans. Donc oui, j'ai toujours été passionnée, ça c'est sûr. Après, les choses se sont faites au fur et à mesure. J'ai commencé par bosser chez Airbus sur la 380. sur les équipements avioniques. Et puis après, ça m'a énormément plu. J'ai appris tout ce qui est la rigueur et l'excellence d'un système de transport qui contient 300 passagers à bord. Et ce que je peux en retenir de cette expérience-là, c'est qu'on s'interdit d'être négligent. Voilà, c'est tout. Il y a une certification de type, la certification n'est pas faite pour rien. Les gens ont tous le même objectif et c'est un niveau d'excellence sur lequel les gens ne veulent pas déroger. C'est la culture d'entreprise sur laquelle je me suis finalement... Ça m'a mis à un niveau sur lequel ça m'a toujours marqué et c'est toujours ça qui m'a emmenée par la suite. Après, je suis arrivée chez Thales, j'ai travaillé sur les satellites de télécom. Le critère qui était comparable entre les deux, c'était que de l'avionique, je suis passée au contrôle d'attitude des orbites. Mais finalement, c'est des équipements que tu développes de la même façon pour des... des trajectoires et donc de la boucle fermée, etc.
- Speaker #1
Là, il s'agit de cette allie qui doivent maintenir leur position.
- Speaker #0
Leur position et qui doivent comprendre où est le soleil, où sont les étoiles, où est la Terre et donc se mouvoir en fonction de ça. Et après je voulais faire une expérience à l'international, donc j'avais fait une année en partenariat, une année d'échange, parce qu'à l'Estaca on peut faire aussi des échanges, donc j'avais fait une année à Polytechnique. Et ça m'avait beaucoup plu. façon de travailler un peu différente, très basée sur la physique des phénomènes et non pas tant sur les équations. Donc ça m'avait beaucoup plu et je m'étais dit je voudrais vraiment après mon expérience chez Thales avoir une autre proposition de façon de travailler, de façon de construire un argumentaire technique. Je voulais m'alimenter par d'autres moyens, d'autres façons. J'ai postulé pour aller bosser chez MDA, McDonald's, Deadwitter Associates, qui est la compagnie qui fabrique le Canadarm, le bras robotique de la station internationale. Et j'ai travaillé deux ans chez eux à faire d'abord de l'AOCS sur les satellites, de l'AOCS, donc du contrôle d'attitude et d'orbite. Et puis après, on est passé sur une mission à plus grande échelle où on mettait des satellites sous coiffe avec un lanceur, avec un système d'interface sous coiffe et des contraintes avec un système de lancement. Et c'est comme ça en fait que ça m'a mis à un moment donné, sans que ça n'ait été vraiment prévu, le pied à l'étrier et que quand il y a un chasseur de tête de l'ESA qui est venu me proposer un poste sur Ariane 5, Evolution, puis qui est devenu Ariane 6 par la suite, je suis rentrée en France pour faire ça. Voilà, et donc oui, ça fait dix ans que je suis à l'agence et ça fait huit ans que je suis sur Ariane 6, donc j'ai vu le début. Et là, on est dans la dernière ligne finale du marathon Ariane 6. Et comme tout le monde, on travaille comme des fous pour que ça se termine et que ça fonctionne bien. et je peux vous garantir que là-dessus, on y met tous nos efforts. C'est une super aventure humaine. C'est beaucoup de travail, on apprend énormément tous les jours, et ça, c'est ce qui me motive, c'est d'apprendre tous les jours quelque chose de nouveau. Mais c'est une super aventure humaine.
- Speaker #1
Et pour ceux qui aimeraient travailler dans le secteur spatial, tu aurais des conseils ?
- Speaker #0
Oui, j'aurais des conseils. On en discute souvent, parce que j'aime bien aller à la rencontre des plus jeunes aussi. Il y a beaucoup de postes qui s'ouvrent, donc ce que j'aurais tendance à dire aux gens... S'il y a forcément un job à la hauteur de vos rêves, je ne crois pas qu'il faut avoir peur de ces rêves. Je crois que ce n'est pas écrit d'emblée et ce n'était pas écrit d'emblée que j'allais finir sur Ariane 6 et que j'allais faire tout le développement et qu'un jour je passerais de la théorie à la pratique et que ça serait un rêve éveillé. Mais ça aurait pu être différent. Ce que je veux dire par là, c'est que quand on a un rêve, il faut vraiment essayer de le suivre. Il n'est pas impossible. Rocket Science, ce n'est pas inaccessible. Je voudrais vraiment essayer de désacraliser ça.
- Speaker #1
La science des lanceurs, la science du spatial, c'est pas impossible.
- Speaker #0
C'est pas impossible. On a des compétences à la base, on a des choses sur lesquelles on est plus à l'aise. Et bien, il y a des gens qui vont superviser, qui vont nous aider à nous enrichir, à apprendre des choses nouvelles. Et pour un peu qu'on soit motivé et passionné, on dit, ben... C'est ce qui se passera avec le temps. On va acquérir des compétences et on va les mettre à profit de toutes les équipes. Je pense qu'il faut postuler. En particulier, j'aurais tendance à dire aux jeunes filles qui ont tendance à postuler que quand 100% de la fiche de poste correspond aux compétences, je n'aurais tendance à dire que ce n'est pas nécessaire dans le sens où. Les fiches de poste, souvent on les voit, et à l'ESA c'est un peu comme ça, je vois dans les industries aussi, la fiche de poste ne reflète pas la façon dont ça va fonctionner dans l'entreprise, est-ce qu'on va s'entendre avec ses collègues ? Comment va se passer la journée ? Est-ce qu'on travaille en équipe plutôt qu'en solo ? Le temps de réflexion qu'il faut se donner ? Comment interagir avec le nombre de réunions et la pression que les gens peuvent vous mettre pour rendre un dossier ? Il y a plein de petites choses comme ça qui vont se définir au fur et à mesure. Donc il faut tenter, il faut postuler, il faut apprécier l'interview aussi qu'on passe avec son futur potentiel employé. Parce qu'on peut poser des questions et on peut voir si finalement ces attentes personnelles... dans un contexte professionnel, peuvent finalement s'allier et se marier correctement.
- Speaker #1
Donc même si on a l'impression à la lecture d'une annonce qu'on ne remplit pas tous les critères, on a tout intérêt à postuler et peut-être que lors de l'entretien avec celui qui sera peut-être le futur ou la future chef, l'entretien va nous montrer que si, ça peut marcher.
- Speaker #0
Ça peut marcher et je suis certaine qu'il faut vraiment aller à la rencontre des gens Il ne faut pas hésiter, il ne faut pas se dire qu'il faut y aller que quand on a 200% de la fiche de poste, parce que si on l'avait, on ne chercherait pas ce poste-là. L'objectif, ce n'est pas de faire ce sur quoi on a déjà fait le tour, le parcours et que tout est bon. On veut apporter quelque chose de plus. Donc, si on veut apprendre quelque chose, il faut accepter que tout ne soit pas parfait d'emblée. Et oui, les entreprises, et oui, le secteur du spatial est là aussi pour... fabriquer les compétences et faire monter les gens en compétences. On n'est pas là pour juste avoir des moutons à cinq pattes.
- Speaker #1
Tu t'adresses en particulier aux jeunes filles. C'est un sujet qui nous tient à cœur ici. On aimerait avoir la parité des invités. On y travaille beaucoup, on a beaucoup de mal. On est d'autant plus ravis de t'avoir en tant que femme aujourd'hui sur le plateau. L'industrie aérospatiale, d'une manière générale, est très loin de la parité. Quel que soit le niveau de responsabilité, en particulier au plus haut niveau. Qu'est-ce qu'elle a raté ? L'industrie aérospatiale, qu'est-ce qu'elle a raté ? Qu'est-ce qu'elle rate ? Puisque le résultat, c'est un pourcentage insuffisant de femmes.
- Speaker #0
Oui, alors c'est vrai, il y a un raté parce qu'il manque peut-être des choses un petit peu fondamentales. Tu parlais du visuel, mais oui, c'est vrai, quand je vois un board ou un panel d'experts du spatial qui se réunissent et qui discutent d'un sujet et qu'il n'y a pas une seule nana pour donner son avis, je n'ai pas l'impression qu'on a représenté l'ensemble des talents disponibles à ce panel-là. Il est vrai que faire un peu attention, comme tu dis, être un peu sensible à est-ce que je suis sûre que j'ai fait venir la représentativité de tout le monde à mon panel, je pense que c'est important. Après, pendant longtemps, on avait un langage qui n'était pas suffisamment inclusif. Quand on parle, il faut avoir des termes un peu plus neutres. pour ne pas avoir un mankind, et pour avoir plutôt un humankind, quand on discute, il y a des choses qui ne passent plus, et c'est important Parallèlement qu'en français,
- Speaker #1
je comprends ce que tu veux dire, mais est-ce que ça existe aussi en français ? On a tendance à mettre des choses au masculin, alors qu'on pourrait employer des termes plus neutres, c'est ce que tu veux dire ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Au lieu de dire il en parlant de la communauté, on peut dire nous tous ou nous Voilà, ou s'adresser à tout le monde en règle générale, donc avoir des termes un peu plus neutres et inclusifs. Et puis, peut-être aussi tout ce qui est harmonie entre le travail perso et pro. Dans les entreprises, on laisse pas assez la place à comment on gère son temps quand on a des enfants.
- Speaker #1
Ah oui, mais ça c'est censé être aussi le boulot des hommes.
- Speaker #0
Tout à fait. Et c'est pour ça qu'en fait il faut quelque chose de beaucoup plus neutre, c'est-à-dire quelle que soit la personne qui va être engagée à devoir avoir du flexi ou des aménagements de temps de travail. Qu'on ait quelque chose peut-être même sur le lieu de travail avec des lieux pour recevoir les enfants pendant une heure. En tout cas à l'ESA, à l'ESOC et en Allemagne en particulier, ils ont déjà mis en place des... des moyens qui permettent aux parents d'aller chercher l'enfant à tel moment, donc il peut rester là un certain temps, avec des adaptations du temps de travail, que ce soit pour la maman ou pour le père. Mais du coup, il n'y a plus ce choix ou cette contribution. Un peu old school de c'est la nana qui va s'en occuper alors que peut-être le père voudrait s'en occuper tout autant. Mais c'est un problème de gestion du temps. Et ça, il y a des solutions là-dessus. Et il faut les proposer dès le moment de l'emploi, en fait. Pour que ça ne soit pas compliqué à mettre en place. Et pour que la femme ne se sente pas obligée de venir réclamer du temps. pour gérer sa famille une fois qu'elle est embauchée.
- Speaker #1
Et on est bien d'accord, ces aménagements de temps de travail ou d'organisation doivent être proposés aux femmes et aux hommes. Bien sûr. On est bien d'accord.
- Speaker #0
En fait, l'idée...
- Speaker #1
Il y en a qui s'occupent des mecs.
- Speaker #0
Bah évidemment.
- Speaker #1
Des enfants, pardon, des enfants.
- Speaker #0
D'accord, et l'idée c'est de sortir en fait de cette problématique de... En fait, il faudrait que ce soit un non-sujet.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Tout simplement. Et pour les jeunes filles, c'est un autre problème. Là, c'est un problème d'éducation. C'est vrai qu'on a beaucoup moins de jeunes filles qui postulent. qui sont orientées beaucoup plus jeunes à faire autre chose que de la technique, de la recherche, et donc qui n'ont pas forcément envie de poursuivre leur rêve, parce qu'elles ne se sentent pas dans le moule de la tendance, peut-être qu'elles n'ont pas assez de personnes qui les inspirent, qui leur donnent envie de continuer ou de faire de la technique. Donc ça, ça commence dans les petites classes. Là-dessus, on essaye justement d'aller dans les écoles, de donner des perspectives, de dire que c'est possible de ne pas fermer des portes sous prétexte que ça serait plus simple de faire autre chose. Non, l'objectif, ce n'est pas de rayer ses rêves parce qu'à un moment donné, on rêve un peu trop grand. Au contraire. Donc on essaye de garder les étoiles dans les yeux des enfants quand on va les voir et leur dire que si justement ça paraît plus simple et qu'ils sont plus conditionnés à ne pas le faire. que non, on peut y aller quand même. Et on parle aussi aux parents. Et voilà, il faut avoir comme ça une construction ensemble.
- Speaker #1
Et on a des astronautes hommes et femmes. Côté francophone, on a Sophie Adnaud qui vient de recevoir son diplôme. Je ne sais pas comment on dit, pardon.
- Speaker #0
Oui, oui, son diplôme d'assistante.
- Speaker #1
Officiellement, Sophie Adnaud, comme Thomas Pesquet, est assis pendant le tournée au PN. Donc on espère qu'elle fera briller les yeux des enfants, quel que soit leur genre. Gilles, il nous reste environ un quart d'heure, même si la durée de l'émission n'est pas gravée dans le marbre. Est-ce que tu as relevé des choses dans le chat ? Oui,
- Speaker #2
alors dans le chat, cela vient peut-être... Là, on parlait de... Peu de femmes dans le spatial et dans l'aéronautique en général. Cela vient peut-être aussi des grandes écoles où les femmes ne sont pas assez représentées. Oui,
- Speaker #1
ça commence encore avant.
- Speaker #2
Les directeurs des écoles s'en plaignent.
- Speaker #1
Oui, on a un taux consternant de femmes à la sup aéro, c'est 16% par promo, je crois.
- Speaker #2
Et alors Franck May qui répond. C'est tout un enchaînement, ça commence dès l'école primaire. Il y a plein d'études sociaux là-dessus. Toutes unanimes.
- Speaker #1
Merci doublément Aline.
- Speaker #2
Et alors la dernière question s'adresse à Aline. Qui ont été les modèles ? Dalyne, y avait-il des femmes ?
- Speaker #0
Oui, il y a des femmes. Alors, moi, mes modèles, c'est mes collègues en ce moment. Dans notre équipe, on a la parité, ce qui est assez incroyable d'ailleurs. J'ai certaines de mes collègues, y compris du CNES et d'Ariane Group, qui sont d'Ariane 5. Là tout de suite, je pense à une de mes collègues qui s'appelle Agnès, qui est une femme extra, qui est toujours là pour expliquer tous les détails de ce qu'elle connaît. Elle prend des heures et des heures quand il y a un problème technique. pour expliquer comment ça peut marcher, comment on peut transférer ça sur Ariane 6, quels sont les bons moyens. Donc des personnes comme elles, qui sont très inspirantes, qui vous donnent envie de vous lever même quand la journée va être compliquée, qui sont aussi humbles, posées et qui sont juste là pour...
- Speaker #1
Et est-ce que avant de commencer tes études ou pendant tes études, donc plutôt avant d'avoir ton premier emploi, est-ce que tu avais déjà des modèles ? Pas forcément, mais est-ce que tu avais des modèles femmes dans tes études ?
- Speaker #0
J'en avais pas beaucoup. J'avoue que je me posais beaucoup de questions pourquoi on n'en avait pas plus que ça. Donc c'est certainement pour ça aussi que j'ai eu une démarche d'aller voir ailleurs pour essayer de mieux comprendre. de mieux comprendre comment on peut penser différemment. Est-ce que ça me satisfait d'avoir une seule façon de penser qui est très liée à l'ambition de l'entreprise ? Je n'aurais pas un nom comme ça à dire, mais effectivement, si on regarde les astronautes comme Claudie et Inuré, c'est des gens auxquels je pense tout le temps, où je me dis voilà... C'est des gens, c'est des gens, des choses à dire.
- Speaker #1
Claudia Nurek, qui a été astronaute active dans les années 90.
- Speaker #0
Dans les années 90, oui. Et qui est toujours là pour répondre à des projets étudiants, des projets dans des plus petites classes, qui est très inspirante. Il y a des gens comme ça qui sent le vouloir parce qu'ils répondent très naturellement. aux questions sans le vouloir sont des personnes inspirantes et des modèles pour des générations futures quoi et oui c'est grâce à des personnes comme ça qu'on est là aujourd'hui sans aucun doute super donc les viewers et les viewers alors viewers bien sûr j'emploie de façon neutre en
- Speaker #1
anglais mais viewers et viewers on va dire comme ça maintenant postuler postuler dans le domaine spatial et dans le domaine aéronautique on a besoin de plein de bonnes personnes de plein de talents hum Gilles, dans les minutes qui nous restent, est-ce que tu as des priorités parmi les mille questions qui nous restent à poser ? Moi j'ai les autres idées mais je t'en prie. Oui,
- Speaker #2
il y en a une quand même qui me brûle les lèvres, c'est celle du marché, la place que va occuper Ariane 6 sur ce marché, parce qu'en face il y a des concurrents qui font beaucoup parler d'eux. On pense à SpaceX par exemple, comment toi tu vois SpaceX ? Parce que SpaceX a lancé aussi beaucoup de projets. Je dirais, elle n'a pas du tout la même approche que vous.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #2
C'est-à-dire, on lance le projet, il n'est pas forcément abouti. Au moins, on sait ce qui manque.
- Speaker #0
Oui, c'est très différent parce que ce ne sont pas les mêmes budgets. Ce ne sont pas les mêmes budgets, ce n'est pas la même approche de la façon de travailler, ce n'est pas la même sécurité de l'emploi.
- Speaker #1
Alors, c'est pas les mêmes budgets. Tu veux dire que SpaceX a des budgets plus importants ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et en plus, gérés de manière différente. Là, on parle de budgets privés. Au contraire, ce sont des budgets publics dans le cas de l'ESA. Sécurité de l'emploi différente, on peut être viré de chez SpaceX plus facilement ?
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant quand on travaille en Amérique du Nord, parce que du coup, on se rend compte quand même de la façon dont on travaille. Et ça peut convenir très bien aux gens, il faut juste en être conscient. C'est que... On travaille pour la vision de son employeur. Donc la négociation, les argumentaires techniques, comme on a à la française, les discussions pour faire passer sa voix. ça n'a absolument aucun intérêt. Donc la vision du chef, c'est celle que l'on suit. Parce qu'il y a deux semaines de préavis, et ces préavis-là, on peut les commencer aujourd'hui. Donc c'est pas du tout...
- Speaker #1
Préavis de licenciement.
- Speaker #0
De licenciement, et même tu peux prendre tes cartons aujourd'hui. Il y a préavis de deux semaines, il y en a qui s'assoient dessus. C'est pas pareil. Du coup, le mindset de... Moi, je comprends beaucoup plus que du coup, on aille directement vers l'essai et que quand on a les fonds pour le faire, on le fasse directement parce que la discussion est beaucoup moins... établi dans le long terme pour les négociations. On va plutôt dire, OK, on essaye ça et basta. C'est sur ça qu'on se lance. On essaye ça et on verra après si ça fonctionne ou pas.
- Speaker #1
C'est un mindset, un état d'esprit qui fait qu'on a moins peur de l'échec. C'est une conséquence de cet esprit, on a moins peur de l'échec.
- Speaker #0
Alors si on a les finances, oui. Si on a les finances, oui. Sinon, effectivement, ça fait plein de centaines de startups américaines dont on ne parle pas non plus et qui n'arrivent pas à percer parce qu'elles n'ont pas les finances pour le faire. Mais effectivement, ça peut du coup devenir un combo gagnant, à condition d'avoir une vision établie, qu'elle soit bonne, puisque là c'est une bonne vision qui fonctionne, et qui soit en plus assez... nourri par un ensemble d'autres paramètres extérieurs, parce qu'il y a Tesla, parce qu'il y a les batteries, parce qu'il y a Starlink, parce qu'il y a le projet Martien, parce qu'il y a le Bitcoin à côté. Donc il y a plusieurs choses qui s'alimentent et on voit bien qu'il y a une vision. très haute, très stratégiquement posée et qui, en plus, financièrement, est absolument bien alimentée. Et donc, si on avait, nous aussi, des milliardaires de ce type-là chez nous, c'est vrai que peut-être on aurait une optique un peu différente. Mais je pense que ce qui fait aussi la force de l'Europe, c'est d'avoir cette bataille pour la meilleure idée. Moi, j'ai des idées dans mes cartons, je te les sors. J'y ai travaillé pendant dix ans. Regarde ça, on peut le mettre, oui on le prend, on ne le prend pas, on va se battre pendant des mois pour le faire prendre. À la fin, il y aura une vraie discussion d'argumentaire technique face à face pour essayer de prendre une décision la meilleure possible. Je trouve que les débats sont beaucoup plus ouverts, même si... ça prend du temps, c'est moins propice en résultat à premier échant, au premier niveau, et que je comprends que visuellement, c'est beaucoup moins sexy. Mais voilà, c'est un modèle un peu différent.
- Speaker #2
Alors le chat met le doigt sur un autre problème qui fait la différence aussi, c'est les contraintes écologiques, tu en parlais tout à l'heure, où vous avez la nécessité, sur le centre spatial, de réutiliser des pas de tir existants, alors que c'est sûr que SpaceX s'est moins posé de questions au Texas. On a vu les résultats des pas de tir, c'est la dévastation écologique la plus complète.
- Speaker #0
La dévastation écologique, les gens qui habitent dans le coin ont fait des pétitions, sont allés devant le maire, le maire les a envoyés bouler parce qu'il a donné le feu vert. À SpaceX, l'agence environnementale publique, après ces débris-là, ils n'ont pas pris le dossier en main et ils ne le prendront pas. C'est quelque chose qu'on ne s'autorise pas.
- Speaker #2
Et heureusement.
- Speaker #0
Et on ne se l'autorisera pas, parce qu'on ne conçoit pas les choses de la même façon. Et là-dessus, on... Je ne pourrais pas dire qu'on se tire une balle en pied en Europe, parce qu'effectivement, ça nous met des contraintes supplémentaires de faire en sorte de ne pas polluer l'environnement, de faire en sorte de faire moins de débris possible, sachant tous les débris qui sont déjà dans l'espace, de s'intéresser... Il y a des projets iguanes, en fait, qui étaient en cours, mais dont on parle de plus en plus maintenant, qui est une façon de faire de l'hydrogène verte. sur le site spatial. Donc là, du coup, on va améliorer les sites de production pour que l'hydrogène soit fait de façon plus...
- Speaker #1
Pour faire de l'hydrogène qui vient de l'électrolyse de l'eau par opposition à le faire venir de fossiles, de ressources fossiles, comme c'est le cas en général aujourd'hui pour l'hydrogène.
- Speaker #0
Exactement. Et donc, tout ce qui est CO2, on n'a pas parlé de la canopée, mais qui est le bateau hybride qui consomme 30% de moins. qu'un bateau classique qui est aidé par le vent et qui amène les composants du corps central en Guyane tout ça ça a été des coups mais c'est pour la santé publique et c'est pour l'environnement
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut terminer en parlant j'aurais bien poursuivi une heure de plus je pense qu'on aurait tous bien poursuivi une heure de plus Aline est-ce que tu pourras venir s'il te plaît Oui J'aurais une dernière question, mais avant, je rappelle à tous les viewers, viewers, pensez à nous suivre sur YouTube, Twitch, TikTok, Instagram, Facebook, LinkedIn et autres réseaux sociaux de la galaxie, ça nous soutient. Pour terminer, est-ce qu'on peut parler… de l'après Ariane 6 puisque l'agence spatiale a toujours eu le secteur spatial européen a toujours eu un coup d'avance a toujours en tout cas pensé pendant la mise au point d'un lanceur X a toujours pensé au lanceur X plus 1 ou lanceur suivant est-ce qu'on sait déjà un petit peu ce qu'il y aura après Ariane 6 est-ce qu'il y aura une Ariane 7 ?
- Speaker #0
Alors on ne va pas parler d'une Ariane 7, on va parler d'évolution d'Ariane 6. On verra comment on les appelle par la suite, mais il y a la partie réutilisable, on peut parler de ça déjà. Moteur réutilisable avec... Donc là on est plutôt sur... Donc l'idée c'est quoi ? C'est plutôt éviter la poudre et puis être plutôt sur méthane comme nouveau comburant.
- Speaker #1
Ce serait le méthane qui remplace l'hydrogène, c'est ça ? Oui, c'est ça. Et on garderait l'oxygène liquide aussi ? Oui. D'accord, c'est ce qu'on appelle méthane-lox dans le organe. Donc méthane et oxygène liquide.
- Speaker #0
À la place.
- Speaker #1
Toujours en cryogénique, toujours ce qu'il faut.
- Speaker #0
Toutes cryo. On a des projets qui se développent à l'agence. Il y a du réutilisable avec le moteur Promethée. Là, c'est un moteur réutilisable sur lequel on fait des essais.
- Speaker #1
qu'on peut appeler Prométhée ou Prométhéus, et qui a fait ses premiers essais ? Ça y est, il a fait ses premiers essais ?
- Speaker #0
Oui, oui. Et donc du coup, il va pouvoir passer à l'étape d'après, qui est le programme TEMIS. Le programme TEMIS qui va être en fait un étage avec ce moteur Prométhée. Parce qu'il faut bien comprendre que la propulsion d'un étage avec tout l'environnement thermique et en pression d'un étage, ce comportement-là... Il est très différent du moteur juste par lui-même. Donc il y a vraiment un programme à faire dessus. Et puis bon, une fois que tu as l'étage, en fait, tu as ton lanceur avec des petits incréments, alors que le moteur évidemment n'est pas suffisant pour pouvoir avoir une fusée. Donc le projet était mis sans lui-même. Il est dans quelques années, il va arriver dans quelques années mais il est pas en avance non plus d'ailleurs ça avance doucement
- Speaker #1
Est-ce moteur Prometheus est-ce qu'on peut imaginer de le voir sur une future version d'Ariane 6 ?
- Speaker #0
Oui on pourrait tout à fait le voir Il est plus petit que Vulcan donc il y aurait plusieurs moteurs Prometheus C'est pour ça qu'on verra si ça a un lien vraiment avec Ariane ou pas mais effectivement tu pourrais tout à fait imaginer que tu aies plusieurs moteurs Voilà Pour remplacer.
- Speaker #1
D'accord. Est-ce qu'on peut imaginer d'autres lanceurs lancés depuis Kourou ? On a parlé des lanceurs, des futurs micro-lanceurs, donc quelques centaines de kilos à Placé Norvite. Est-ce qu'on peut donner quelques noms ? Il y a des startups allemandes, il y a Isara Aerospace.
- Speaker #0
Il y a Isara, RFA, Latitude.
- Speaker #1
Latitude, ils sont français.
- Speaker #0
Oui, il y a PLD.
- Speaker #1
Espagnol. Espagnol.
- Speaker #0
Ils sont bien avancés Qui ont très bien avancé, qui font du super boulot. Maya, évidemment.
- Speaker #1
Maya, filiale d'Ariane Group. C'est Maya qui développe Témis.
- Speaker #0
Qui développe Témis et qui va venir sur le pâtir justement à Kourou faire ses essais.
- Speaker #1
Alors si l'Europe se met enfin au réutilisable, après pendant longtemps ne pas y avoir cru, alors il y avait des arguments pour ne pas y croire, mais le fait que l'Europe s'y mette, c'est qu'on se rend compte que c'est rentable. C'était ça en fait la principale pierre d'achoppement. Est-ce que ça ne va pas coûter encore plus cher de réutiliser, paradoxalement, de réutiliser que de faire du jetable ?
- Speaker #0
Oui, parce que quelque part, il y avait cette maintenance qu'il fallait assurer. On réutilise, mais c'est quoi les critères pour réutiliser ? Est-ce que finalement, ce n'est pas moins coûteux d'en faire plein et de les utiliser qu'une fois ? Oui, mais on s'intéresse quand même maintenant aux débris, non pas seulement ceux dans l'espace, mais ceux des éléments du lanceur. Et donc, ça nous intéresserait vraiment. de les faire revenir.
- Speaker #1
Et on a cité plusieurs noms quand il s'est agi de mini-micro-lanceurs, donc ISAR, FA Latitude, etc. Est-ce que l'ESA va tous les financer ?
- Speaker #0
Eh bien, il y a des projets qu'on appelle... qu'on appelait... Génération Launcher 2025, mais donc c'est ce consortium où effectivement l'ESA va... insuffler à ces nouveaux arrivants des enveloppes budgétaires conséquentes, de façon à ce qu'ils puissent vraiment développer leur concept et proposer quelque chose. Ça ne veut pas dire qu'il y aura après un choix et qu'il ne doit en rester qu'un, etc. Ce que ça veut dire, c'est que ça va donner l'opportunité à tout le monde de montrer les meilleurs concepts possibles. Et après, en fonction de la demande, de voir comment le marché évolue, comment il reçoit ça et qui sort son épingle du jeu.
- Speaker #1
Alors néanmoins, tu disais, l'idée, ce n'est pas forcément qu'il ne reste qu'un à la fin, mais ce qu'on appelle le Launcher Challenge, le concours des lanceurs pour 2025. Là, il s'agit bien à la fin de soutenir le meilleur.
- Speaker #0
Ou la somme des meilleurs concepts, puisqu'on pourrait imaginer qu'il y ait des parties hautes assemblées avec d'autres parties différentes du lanceur, finalement, qui conçoivent le meilleur lanceur. en prenant les briques technologiques de plusieurs propositions. Donc il faudra voir ce que ça donne, ce n'est pas gravé dans le marbre, mais aujourd'hui l'idée c'est de bien laisser ces différents acteurs proposer leurs solutions pour pouvoir à la fin avoir le meilleur concept possible.
- Speaker #1
Donc le rôle de l'ESA, de l'agence spatiale européenne, est en train d'évoluer.
- Speaker #0
Oui c'est vrai, du coup on s'oriente, donc là on était quand même sur un... un bureau d'études pour le développement et la qualification d'un nouveau système de lancement. Maintenant, on va passer plutôt dans le soutien technique et pousser les industriels à développer le futur pôle de compétences européen qui sera dans l'industrie.
- Speaker #1
Les industriels établis ou les startups ?
- Speaker #0
Ou les startups, évidemment. Parce que finalement, les startups, au bout de quelques années, ça devient des vrais industriels.
- Speaker #1
Merci Aline. Pendant ce temps, est-ce que Gilles, tu as remarqué des choses intéressantes sur le chat ? Mais on s'achemine vers la fin de l'émission.
- Speaker #2
Le chat commence aussi à fatiguer, donc...
- Speaker #1
Je n'y crois pas. Très bien. Écoutez, merci les viewers de nous avoir suivis. Merci pour avoir alimenté nos débats. Il nous restait plein de points à aborder, mais le spatial, c'est décidément vaste et nous n'avons que deux heures. On va suivre,
- Speaker #2
trois petits points.
- Speaker #1
Pour paraphraser Fabienne Saintez sur France Inter, le monde du spatial est vaste et il n'en a bon que deux heures. Merci infiniment Aline, c'était passionnant. Merci. Tu as insufflé une énergie sur ce plateau.
- Speaker #0
Merci pour l'invitation.
- Speaker #1
Qui faisait plaisir à voir. Garde-en pour Vulcain et autres éléments de Ryan6, garde-en pour la sécurité. Je comprends que tu t'occupes très bien à Kourou, avec tes collègues. Bon courage pour les semaines et les mois qui viennent. On te suivra de près. Gilles, veux-tu...
- Speaker #0
Est-ce que tu as un mot de la fin Gilles ?
- Speaker #1
Oui, malheureusement oui, le mot de la fin me revient parce que je voudrais au nom de toute l'équipe d'Aérobuzz et de Jumpseat avoir une pensée pour Olivier Mazurel. Olivier Mazurel était un pilote de voltige, il s'est tué dimanche en vol, il rentrait d'un meeting, il était dans le centre de l'Espagne, il est rentré en collision avec un vautour. Et donc le vautour a percuté son avion au niveau du poste de pilotage, ce qui fait qu'il a été tué sur le coup, il a perdu le contrôle et évidemment donc il s'est tué. Olivier était un grand champion de voltige, il avait été vice-champion du monde en 2011, il a fait une carrière brillante au sein de l'équipe de France, il a eu plusieurs titres de champion du monde par équipe, c'était surtout un homme... très attachant, très ouvert vers ses coéquipiers. Et puis moi, en tant que journaliste, je le suivais. Et il était toujours disponible pour répondre aux questions, même pendant une compétition. Donc ça, c'était un plus. Donc on a vraiment une pensée pour Olivier et pour ses proches.
- Speaker #0
Merci Gilles merci beaucoup, on pense à lui, on pense à ses proches merci les viewers de nous avoir suivis jusqu'au bout et puis Aline,
- Speaker #1
bon retour à Kourou, je t'envis et j'espère bien un jour y retourner allez, ciao