- Speaker #0
« Il y a des opérations, mais pas de l'histoire secrète. »
- Speaker #1
Bienvenue dans Ajaccio, histoire secrète, le podcast de l'Office de tourisme du pays d'Ajaccio. Aujourd'hui, lumière sur une voix, une star, une légende, un homme que toute la France a adoré, mais qui n'a jamais cessé d'être l'enfant du bourreau, Tino Rossi. Avec nous Pierre-André, notre guide conférencier. A toi de chanter Pierre-André, non je rigole, à toi de nous raconter.
- Speaker #0
Non, je ne me hasarderai pas à chanter. Merci Christophe. Alors, on commence cette histoire par un 29 avril 1907 dans le quartier populaire du Borg, l'actuelle rue du Cardinal Fech. Ce jour-là, naît Constantino Rossi, le quatrième d'une fratrie de huit enfants. C'est d'ailleurs, pour en revenir à son prénom, à l'église Saint-Roch. le jour de sa confirmation que l'évêque prononce son prénom en disant « Constantino » , une déformation affectueuse qui restera pour toujours. Tino grandit dans une famille modeste. Son père, Laurent Ross, tailleur, travaille dans la rue Fèches et est une figure du quartier. Sa mère, femme au foyer, lui inspire une grande tendresse. Tino chante dès l'enfance. À dix ans, il aurait dit à son père « Je serai chanteur » . Un souhait encouragé, son père, passionné d'opéra, rêve pour lui de la Scala de Milan. Tino fréquente le collège Fèches, mais préfère l'école Bussonère. Il fait rire ses camarades, séduit déjà par son charisme naturel. Il quitte l'école sans réel projet. La mer, le chant, la rue deviennent ses lieux de formation.
- Speaker #1
Oui, parce qu'Ajaccio, déjà à l'époque, c'est une ville musicale.
- Speaker #0
Oui, dans les années 20, on vibre au rythme de la musique. Sur le cours Napoléon, la boutique Minigate vend les derniers tubes. Tino, d'ailleurs, adolescent, il laisse ses pièces pour acheter les chansons du moment. Au Café Napoléon, encore existant, il découvre les violonistes et surtout, en 1925, une rencontre déterminante, Annie Mornand. Violoniste de talent, ils tombent amoureux et partent ensemble à Monton, puis Tino la quitte pour faire son service militaire. De retour à Ajaccio, Il travaille au casino comme changeur, puis en 1929, à 22 ans, il tente une nouvelle fois sa chance à Marseille avec peu de sous en poche. C'est d'ailleurs dans cette ville qu'il enregistre une chanson qu'il destine à sa mère, le titre « Aya Choubelle » . Par hasard, lors de l'enregistrement, un représentant des disques parlophones l'entend et là, tout bascule.
- Speaker #1
C'est ce moment-là qui marque le début de la carrière de Tino Ross.
- Speaker #0
Exactement, en 1932, il enregistre... au Choucharil, le premier disque corse jamais gravé. À Ajaccio, Minigate le diffuse dans la rue avec des haut-parleurs. Très vite, la maison colombienne le repère. En 1933, il sort le tango de Marie-Lou, son premier grand succès. Puis tout s'enchaîne. Au Corse, il est d'amour. Marinella, vieni, vieni. Sa dernière chanson sera d'ailleurs reprise aux Etats-Unis où Tino Ross y est accueilli avec les plus grands honneurs. C'est difficile à imaginer aujourd'hui, mais à son époque Tino est une star immense, il vendra des centaines de millions de disques. Et, il faut le dire, malgré la gloire, il garde Ajaccio dans le cœur. Dans les années 50-60, il fréquente souvent le son des guitares. Un cabaret de la rue Roi de Rome, il y chante avec Antoine Bonneil, son ami et guitariste ajaccien. Dans l'opérette Méditerranée, en 1955, il rend un hommage vibrant à sa ville, concluant la chanson Ajaccio. sur un air de l'ajaxienne.
- Speaker #1
On peut dire quand même que Tino Ross n'a pas eu de cesse de mettre en avant la ville d'Ajaccio. Est-ce que la ville d'Ajaccio lui a rendu l'hommage qu'il mérite à son tour ?
- Speaker #0
Alors oui, en 1973, Ajaccio inaugure le boulevard Tino Rossi où se trouve encore la maison familiale. Des artistes d'ailleurs y sont passés, Fernandelle ou encore Marcel Pagnol, un ami proche de Tino. Et puis le port de plaisance aussi porte aussi son nom, comme un hommage encore aujourd'hui. Euh... présent, car Tino décèdera en 1983. Sa dépouille, partie de Paris, est attendue à Ajaccio, mais est détournée sur Bastia à cause d'une tempête. Il traverse alors une dernière fois la Corse avant ses obsèques à la cathédrale d'Ajaccio. Il repose maintenant au cimetière des Sanguinaires, dans le caveau familial. Des quarts de touristes s'y arrêtent encore, parfois, même si, soyons honnêtes, de moins en moins.
- Speaker #1
Mais vous, nous à l'office de tourisme... On n'oublie pas Tino Ross.
- Speaker #0
Jamais. L'office de tourisme du pays d'Ajaccio tient à honorer sa mémoire. Nous proposons donc des visites guidées sur les traces de Tino Ross, de la rue Fèche à la rue du Bras de Rome, en passant par la cathédrale. Et pour finir ce parcours en beauté, on a décidé qu'un concert intimiste sera organisé avec des artistes locaux. Les chansons de Tino y résonnent encore, et souvent l'émotion gagne les visiteurs. Des larmes, des souvenirs, des sourires. Car Tino n'est pas seulement une voix, Il est une part de l'âme d'Ajaccio.
- Speaker #1
Merci Pierre-André pour ce bel hommage. Et à vous qui nous écoutez, venez marcher sur les pas de Tino Ross grâce à l'excellente et innovante visite que porte Pierre-André. Je le dis sincèrement, plus qu'une visite, c'est une expérience avec l'histoire et un concert privé. Ajaccio, c'est aussi cela. Des rues qui chantent, encore la voix d'un homme. A très vite pour un nouvel épisode d'Ajaccio, histoire secrète.