Speaker #0quand les tout petits appellent moi je traduis bienvenue dans allô maman le podcast qui aide les adultes à comprendre les enfants qui n'a jamais entendu ce genre de phrase en se précipitant vers son bébé en pleurs ah vas-y laisse le pleurer un peu ça lui fait les poumons ou alors il doit apprendre à s'endormir seul et encore tu vas l'habituer à être dans les bras tout le temps A vous cette année. Et le pire, c'est qu'on ne sait pas toujours quoi répondre, surtout quand on doute, qu'on est fatigué et qu'on voudrait juste faire sur ce qui nous semble juste. Dans cet épisode, je te donne enfin des réponses, mais attention, pas n'importe lesquelles. Des réponses basées sur les neurosciences, sur ce que nous disent aujourd'hui des études scientifiques sur le cerveau du bébé, ses émotions et l'impact des pleurs non-consolables. Tu pourras enfin réagir en confiance pour ton bébé et pour toi, et enfin mettre un terme à toutes ces idées déjà... Ce qui est important de se demander dans un premier temps, c'est de comprendre pourquoi les bébés pleurent. Et en fait, c'est tout simple, c'est le seul moyen de communiquer du bébé, c'est son langage pour signaler un besoin, tel que la faim, la fatigue, le froid, la douleur, l'inconfort et bien sûr le besoin de contact. A la naissance, un bébé n'a pas de moyen de s'autoréguler, il dépend totalement de l'adulte pour se calmer. Donc en gros pleurer pour lui c'est vraiment une fonction de survie et pas du tout un moyen de pression. On va distinguer trois types de pleurs. On a les pleurs de besoin immédiat, donc ça ça va être tout ce qui est lié à la faim, aux besoins d'un inconfort, enfin à un inconfort donc un changement de couche. Ensuite on va avoir les pleurs de décharge, donc ceux-là on les connaît malheureusement un peu trop bien. Donc c'est ces pleurs qui arrivent en fin de journée et qui permettent à bébé de relâcher un peu la tension accumulée sur toute la journée. Et enfin, les derniers, c'est les pleurs de détresse, donc tout ce qui va être lié à la pleur, à la souhaitude, aux douleurs. Je fais d'ailleurs une petite parenthèse, mais ça me semble important de vous en parler. Je ne sais pas si vous avez déjà vu, mais il existe des applications qui sans doute parfois sont payantes, qui prétendent reconnaître les pleurs de votre bébé, pour vous dire si c'est une pleur de faim, si c'est une pleur de fatigue, de douleur, etc. Donc j'avoue, ça fait rêver. C'est un sorte de Google Translate des pleurs. clairement quand on devient maman, j'avoue ce serait incroyable. Mais malheureusement, je préfère vous le dire, ce n'est pas fiable scientifiquement. Des recherches se sont penchées sur le sujet et l'étude a été menée par le docteur Bertrand Audrin et a publié en 2020, après une analyse de plusieurs milliers de pleurs de bébés qui sont dans des contextes différents. Le résultat montre qu'il n'y a aucune signature acoustique universelle qui permettrait d'identifier de façon certaine un type de pleurs, comme la... pleurs de la faim ou le pleur de la douleur. Alors évidemment chaque bébé a sa propre manière de pleurer, donc on peut reconnaître son propre enfant pleurer par rapport à un autre, mais il ne suffit pas à comprendre ce qu'ils veulent dire, ce que le pleur veut dire en tout cas. Ce qui permet réellement de comprendre les pleurs, c'est le contexte, l'intuition parentale, l'habitude que l'on développe au fur et à mesure du temps passé avec bébé. Donc c'est vraiment toi qui écoute, souvent un des parents. qui va savoir et pas une application. Vous êtes la meilleure personne pour comprendre et décrypter ce que vit un bébé. Maintenant il est important de comprendre ce qui se passe dans le cerveau d'un bébé qui va plus loin. Donc déjà le premier élément qui est très important d'un point de vue neurosciences, c'est que un cerveau est immature. Qu'est ce que cela veut dire ? À la naissance le cerveau du bébé est encore très immature. On estime qu'il est seulement développé à environ 25% de ses capacités adultes. Sachez que pour l'être humain, il faut 25 ans pour que le cerveau soit complètement mature. Donc notre cerveau devient mature que lorsque l'on a 25 ans. Donc évidemment, vous vous en doutez, pour un petit bout, le cerveau à la naissance est complètement immature. Pour vous expliquer, le cerveau va se construire de bas en haut et de l'arrière vers l'avant. Cela veut dire que les zones les plus primitives, comme celles qui gèrent la respiration, la succion, les pleurs, elles, elles sont déjà actives à la naissance. Par contre, les zones les plus réfléchies, comme le cortex préfrontal, qui se situe vraiment au niveau du front, c'est lui qui va gérer toutes les émotions, la tension, la patience, la planification, ce genre de choses. Elles, elles sont encore très immatures. Et les conséquences de cette immaturité, je pense que vous me voyez venir, ça veut dire que bébé ne comprend pas ses émotions. Il les ressent de façon brute, mais il ne peut pas les décrypter, il ne peut pas les comprendre. Il ne sait pas se calmer seul. C'est... impossible pour lui de se calmer seul parce qu'il ne comprend pas ce qui est en train de lui arriver. Il ne met pas de mots dessus. C'est certain qu'il ne peut pas se calmer et donc il a besoin. d'un adulte pour co-réguler ses états émotionnels. Et je pense que c'est ce qu'on a déjà pu voir à de nombreuses reprises et qui parfois nous déstabilise un peu, c'est qu'on peut voir notre enfant passer très vite du calme à la panique, sans filtre, sans qu'on comprenne vraiment pourquoi. Et ça en fait, c'est juste parce que son cerveau ne freine pas ses réactions car il n'est pas en capacité de le faire. C'est vraiment quelque chose qui est très important à comprendre, c'est qu'un bébé ne comprend pas tout ce qui lui arrive parce que son cerveau n'est pas développé à ce moment-là. En résumé, ce n'est pas une question d'éducation ou d'habitude, c'est une question de biologie. Et ça, c'est vraiment important de le comprendre. Un bébé a besoin d'un adulte pour l'aider à réguler ses émotions. Et plus l'adulte répond de façon empathique, plus le cerveau de l'enfant apprend petit à petit à se réguler, à se réguler par lui-même. Et ça, c'est tout ce qu'on recherche. Donc vraiment, je vous encourage à répondre aux besoins de votre bébé. Ensuite, un autre point en neurosciences qui est très important, c'est le système de stress du bébé. Quand un bébé pleure, c'est souvent parce qu'il ressent une tension, une douleur ou un inconfort. Ce stress active une petite zone de son cerveau appelée amygdale. Responsable des réactions de peur, c'est elle qui déclenche la fameuse production de cortisol, l'hormone du stress. Le problème, c'est que le bébé n'a pas encore les zones cérébrales matures pour calmer cette alerte. En particulier, comme je vous le disais tout à l'heure, le cortex préfrontal, qui joue un rôle central dans la régulation des émotions. Et donc le problème, c'est que si personne ne vient... Quand les pleurs ne trouvent pas de réponse, le taux de cortisol va grimper et rester en alerte plus longtemps. Le bébé va alors rentrer dans un état de stress chronique. Bien entendu, attention, ici je ne veux pas que vous culpabilisez, il faut comprendre que c'est sur de la répétition et à force que ce stress va devenir chronique. Catherine Guégan explique cela, qui est une pédiatre aujourd'hui très reconnue dans le domaine, et je la cite qui dit L'enfant n'a pas les structures cérébrales pour gérer son stress seul. Si l'adulte ne répond pas, le bébé va produire du cortisol, l'hormone du stress, et cela peut perturber le développement amournu de son cerveau. Des chercheurs ont d'ailleurs fait des études, comme Bruce Perry ou Alan Shaw, et ont montré que les expositions répétées à un stress non régulier pouvaient ralentir le développement de certaines zones. Les zones concernées vont être l'hippocampe, donc l'hippocampe lui est essentiel pour la mémoire et le traitement émotionnel. Le cortex préfrontal, comme je vous en parle depuis le début, lui sert pour l'autorégulation, la capacité à raisonner, à différer une réponse, donc il est essentiel. Et bien sûr, la dernière zone qui va être impactée, c'est le circuit d'attachement qui va perturber les connexions sociales et actives. Donc concrètement, sur le long terme, ça veut dire quoi ? Un stress qui va être trop fréquent, mal accompagné, peut laisser des empreintes biologiques. On va donc constater qu'on va avoir des enfants plus sensibles à l'anxiété, à l'agitation, un seuil de stress plus bas, donc des réactions plus vives à l'avenir, et un lien d'attachement plus fragile, ce qui affecte la confiance en soi et en les autres. Donc là, clairement, on n'est pas sur quelque chose qui est une théorie floue. Ce sont des résultats constatés avec des IRM, des dosages hormonaux et des suivis cliniques sur plusieurs années. On est sur quelque chose qui est concret, qui est scientifique et qui est positif. Maintenant, je voudrais vous parler... Du fameux répondre aux pleurs, ce n'est pas s'aider, mais au contraire, c'est construire le cerveau. Bonne nouvelle, ce stress, il peut être réparé, régulé, mais pas sous selle. Le bébé a besoin d'un co-régulateur émotionnel. Et ce régulateur, c'est sans doute toi qui m'écoutes, le parent, l'adulte présent. Quand tu prends ton bébé, que tu lui parles doucement, que tu poses une main sur lui, tu ne fais pas rien. Tu calmes son système nerveux. Et donc le rôle de la réponse parentale, elle est essentielle. Marie Ainsworth, je prononce peut-être mal son nom, je m'en excuse, a fait des études sur l'attachement et montre que quand on répond de manière sensible et cohérente aux pleurs d'un bébé, le bébé va développer un attachement sécure et ça c'est essentiel pour un enfant. Il va apprendre que ses émotions sont valides et son cerveau forme des connexions stables et solides. Et donc ça c'est essentiel. Je vais reparler de Catherine Guigan qui explique que cette réponse empathique renforce les circuits du calme. aide l'enfant à se construire une sécurité intérieure et même à mieux apprendre à se concentrer plus tard. Donc non, ce n'est pas céder. Un bébé ne manipule pas. Ça, c'est vraiment quelque chose qui est essentiel à comprendre. Avant 5 ou 6 ans, le cerveau de notre enfant ne peut pas permettre d'agir de manière stratégique pour obtenir ce qu'on veut. C'est juste pas possible de façon biologique. Comme je disais tout à l'heure, ce n'est pas mature. Donc il ne peut pas, il ne comprend pas. Donc quand il pleure, ce n'est pas un caprice, il faut vraiment arrêter avec ce mot-là, parce que l'enfant ne fait pas un caprice puisqu'il n'est pas capable de comprendre ce qu'il fait. C'est vraiment pour le coup un appel. Et au plus on va répondre rapidement et avec constance, et au moins il va pleurer sur le long terme. parce qu'il saura que ses besoins sont entendus. Et donc ça, c'est vraiment quelque chose qui va être important pour un enfant. Pour conclure, et c'est vraiment important pour moi de vous parler de ces mots-là, pleurer, c'est humain. On pleure tous et ça fait partie de notre nature. Ce qui est important, c'est accompagner. Parce qu'accompagner, c'est très puissant. Les pleurs de bébé, comme je vous l'ai dit, c'est un langage. C'est un moyen d'expression brute, primitif, mais vital. Et non, ce n'est pas tous les jours facile d'y répondre, je le sais. Surtout quand on est soi-même épuisé. on est perdu et on est juste tout simplement humain. Donc ce n'est pas toujours facile de répondre aux pleurs de nos bébés. Ce que nous disent les neurosciences, ce n'est pas qu'il faut être parfaite, qu'il faut répondre à chaque pleur dans la seconde, ni qu'un bébé qui va pleurer pendant un moment est un bébé qui va être abîmé. Ce n'est pas du tout ça que ça nous montre. Ce que nous montrent les neurosciences, c'est que l'intention que vous allez y mettre, la répétition et surtout la relation comptent bien plus que la perfection. Il y aura forcément des jours où vous serez disponible et à l'écoute, et d'autres... ou vous n'en aurez pas la force. Et franchement, c'est complètement OK. Il ne faut pas s'inquiéter. L'important, c'est que sur la durée, bébé sente qu'il n'est pas seul, que vous cherchez à le comprendre, que vous êtes là pour lui, même imparfaitement. C'est de faire de son mieux. Rappelez-vous, un bébé ne devient pas capricieux parce qu'on le prend dans les bras. Il se construit, se sécurise et crée des connexions neuronales à travers cette présence aimante. Alors, la prochaine fois qu'on va vous dire « Tu vas l'habituer en le prenant dans tes bras » , Vous pourrez répondre. oui, je l'habitue à être écoutée, à se sentir en sécurité et à pouvoir me faire confiance. Et ça, ça je vous le dis, c'est énorme, c'est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à votre enfant. Voilà pour cet épisode sur les pleurs. J'espère que celui-ci vous a plu. N'hésitez pas à me faire vos retours en vous abonnant à ce podcast Allô Maman et en me découvrant ou en me contactant sur mes réseaux sociaux eShop.tandem que je vous mettrai dans le descriptif de cet épisode. Je vous dis à très vite pour aborder de nouveaux sujets et parler de la maternité en toute transparence et bienveillance.