- Speaker #0
Il y a des parcours qui impressionnent et d'autres qui inspirent. Renaud Lemoyle a longtemps dirigé l'un des plus grands groupes bancaires français, le Crédit Mutuel Arkea. Mais derrière le costume de dirigeant, il y a toujours eu un homme de Bretagne, profondément attaché à son territoire, à sa famille et à cette idée simple « on ne réussit pas sans rester fidèle à ce qu'on est » . Après 25 ans de carrière, il a choisi de tout réinventer, de passer du grand groupe à la grande aventure, celle de l'entrepreneuriat. en créant Épopée Gestion, un fonds d'investissement breton tourné vers les territoires et le sens collectif. Ensemble, on a parlé d'équilibre, de transmission, de fatigue et de renouveau, de vélo, de vin, de finistère et de cette quête d'alignement qu'on finit tous par chercher un jour ou l'autre.
- Speaker #1
Je suis Loïc Millin et vous écoutez En Cré, le podcast qui prend le temps d'écouter, de comprendre et de ressentir. Aujourd'hui, cap sur Brest. pour une conversation avec Ronan Lemoyle.
- Speaker #0
Je suis ravi de t'accueillir au sein de ce podcast ancré. J'ai une première question, c'est déjà, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va très bien Loïc, merci beaucoup, tout va très bien, on s'ouvre soleil breton.
- Speaker #0
Donc tu es toujours basé à Brest, tu oscilles entre Brest et Paris ?
- Speaker #1
Toujours basé à Brest, effectivement, je commute entre Brest et Paris, il y a un peu ailleurs, mais pas mal Brest et Paris, effectivement.
- Speaker #0
Alors nous, on s'est croisés il y a... Il y a un peu plus de cinq ans maintenant lorsque tu étais DG du Crédit Mutuel Arkea, depuis que tu as créé POPP Gestion, aujourd'hui comment tu te présenterais cinq ans après qu'on s'est vu ?
- Speaker #1
En fait c'est assez intéressant comme question parce qu'il fut un temps quand je me présentais, j'avais tendance à faire ce qu'on fait tous en premier lieu, c'est-à-dire à me focaliser sur ce que j'étais au sens professionnel, donc DG d'Arkea, banquier, tout ce qu'on veut. Depuis, je ne sais pas si le temps passant ou peut-être la... Peut-être la conscience du plus important remontant à la surface, j'ai un peu changé mon fil d'épaule. Quand je me présente, je me dis d'abord ce que je suis initialement. Je suis un breton finistérien brestois, comme mon prénom et mon nom le trahissent assez facilement. Né à Brest il y a plus de 50 ans maintenant, parce que j'ai passé le demi-siècle. Je suis marié, j'ai deux enfants, deux grands-enfants. Aujourd'hui, nous avons deux grands-enfants qui ont 22 et 19 ans, qui s'appellent Jeanne et Noé. Et par ailleurs, je suis quelqu'un qui est amoureux du territoire qu'il a vu naître, amoureux au sens ayant envie de lui rendre ce que ce beau territoire m'a apporté, parce que j'ai eu la chance d'être porté à la fois par une famille qui m'a beaucoup supporté et en même temps porté par un territoire qui m'a beaucoup donné. Et puis j'ai quelques passions, je suis, je crois, je peux dire passionné de vin et fou, raide, dingue de vélo. Que tu pratiques encore aujourd'hui, régulièrement je suppose ? Oui, j'en fais pas mal. Je fais à peu près 10 000 km par an de vélo, ce qui est bien. J'en fais 3-4 fois par semaine. Mon emploi du temps, malheureusement, ne permet pas d'en faire beaucoup plus, mais j'en fais des séances de trois quarts d'heure sur ce qu'on appelle un home trainer. C'est une machine qui permet d'en faire à la maison sur un temps relativement restreint. J'en fais pas mal, des exercices structurés. Le week-end, j'essaye d'aller en faire un peu plus sur la route. Et là, je vais me mettre prochainement au gravel, parce que je viens d'acheter un gravel que je n'ai pas encore eu. Je vais essayer ce nouveau mode de vélo qui est en fait un mi-chemin pour le VTT et le vélo de route. Pratiquer des chemins dans un cadre un peu plus sécurisé, un peu plus tranquille. Et peut-être aussi parce que, pas que je sois âgé, mais il faut faire attention malgré tout, c'est un mode un peu moins compétition parce que j'ai un petit côté compétiteur dans l'âme. Donc il faut que je trouve un moyen de trouver autre chose comme plaisir dans le vélo que le simple effort violent pour monter la côte le plus vite possible.
- Speaker #0
Si on revient un peu sur la Bretagne et surtout là d'où tu viens, tu viens d'un milieu ouvrier avec deux sœurs. Qu'est-ce qui t'a façonné dans ce milieu-là et quel enfant étais-tu ?
- Speaker #1
Effectivement, je suis celui d'une famille de parents qui sont malheureusement décédés aujourd'hui, mais qui étaient des gens remarquables, au sens, quand j'observe un peu ce qui se passe autour de nous aujourd'hui, et d'autres font sans doute la même chose, des gens pas forcément très bien lotis par la vie, mais travailleurs qui ne se plaignaient jamais, qui nous ont toujours enseigné que le travail finissait par payer, qu'il fallait entre guillemets pas se plaindre, mais prendre son destin en main, alors même qu'ils avaient beaucoup de raisons de se plaindre potentiellement. et qui m'ont inculqué ces valeurs-là, les valeurs du courage, de la négation, de toujours essayer, de ne pas renoncer, des plaisirs simples aussi, je crois qu'ils m'ont appris que le bonheur... Et parfois j'essaie de me le râper, parce qu'on peut vite être tenté, quand on commence à avoir un peu de confort, à oublier ça, que le bonheur, ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est des plaisirs bien plus simples. Donc j'ai été baigné par ça, et enfant, j'étais un garçon, on va dire, assez insouciant, je dis ça parce que ça m'a sans doute un peu trop passé par la suite au gré de ma carrière. C'est insouciant, passionné de sport, j'ai toujours fait beaucoup de sport, énormément de vélo à partir de 14 ans, mais autre chose avant, du foot, du handball, j'adorais ça. Et puis il y a un enfant qui adorait les plaisirs simples de ses enfants des années 75-85, c'est-à-dire jouer au cow-boy dans la rue, jouer au ballon, jouer aux raquettes, ne pas regarder la télé, il n'y en avait pas beaucoup d'ailleurs à l'époque. J'étais un garçon, tout ce qu'il y a de plus commun et qui avait des plaisirs relativement simples.
- Speaker #0
C'est ce que tu as à cultiver. inculqué à tes enfants également, je suppose, même si on grandit dans un environnement différent de ce que tu as pu connaître, toi, ces valeurs-là qui te sont...
- Speaker #1
Avoir des enfants, pour moi, c'est l'école de l'humilité, parce que on croit toujours qu'on a toutes les clés pour réussir à faire super bien, et que justement, son expérience à soi va permettre de faire les choses beaucoup mieux que d'autres ont pu faire avant vous. Et puis en fait, d'abord, chaque enfant est différent, et puis on fait des erreurs, et j'en ai fait beaucoup. d'erreurs nous en fait beaucoup et moi pas mal sans doute donc en fait on a laissé leur inculquer ça c'est vrai mais pas toujours avec pas toujours avec la les bons outils parce que malheureusement je sais pas mais quand on a peut-être été un peu élevé dans le dur entre guillemets pas la dure mais dans le dur peut-être qu'on a envie de rendre la vie de ses enfants plus facile mais quand on leur rend la vie plus facile parfois on leur donne pas assez le goût de l'effort je dis pas que mes enfants n'ont pas le goût de l'effort ils l'ont on a deux enfants qui ont le goût de l'effort mais c'est pas je veux dire il n'y a pas de Ce n'est pas parce qu'on a traversé des moments un peu plus compliqués peut-être dans la vie qu'on est capable de les transposer, parce que parfois on a envie de faire éviter à ses enfants la même chose, parce qu'on peut se permettre, et on ne leur rend pas toujours service. En moyenne, j'espère qu'on ne s'est pas trop mal débrouillé. On a deux enfants qu'on adore par définition, qui sont pour nous par définition aussi les plus beaux, les meilleurs, etc. Mais on a fait des erreurs, bien sûr, on s'est trompé aussi.
- Speaker #0
Souvent on dit on a des principes, ensuite on a des enfants.
- Speaker #1
Exactement, c'est exactement ça.
- Speaker #0
Donc là on va revenir un peu sur le côté Arkea, donc tu as travaillé chez Arkea pendant plus de 20 ans, tu as gravi des âges longs jusqu'à devenir TG dans un contexte pas toujours simple. Comment tu as fait pour rester présent auprès de ta famille, auprès de tes enfants ? Je veux aussi aller sur le côté un peu comment tu as pu résister à la pression qui je suppose au fil des années en fonction du poste que tu avais pouvait être plus grande.
- Speaker #1
ce qui s'est passé c'est que jusqu'à mes 36 ans qui est la date à laquelle j'ai pris le poste de DG d'Arkea j'avais eu entre mes 23 et mes 36 ans venant du parcours qui était celui qu'on expliquait tout à l'heure j'ai eu la chance d'avoir des jobs hyper intéressants j'ai été patron du contrôle de gestion directeur technique financier de suravenir je me suis occupé de fortune au banque j'ai eu des jobs hyper sympas et gravi les échelons très très vite et simplement à un moment donné j'ai eu ce job de DG d'Arkea et là c'est un job qui euh à la fois passionnant, exigeant, difficile, que je n'ai pas forcément mesuré avant. Je n'avais pas forcément vu tout ce que ça impliquait. En tout cas, je m'étais demandé à réfléchir parce que je me rendais bien compte que d'être patron d'un groupe de 10 000 personnes, ce n'est quand même pas tout à fait... À 36 ans, c'est jeune. À 36 ans, voilà, c'était relativement jeune. Encore une fois, à l'époque, vraiment, je n'en avais pas conscience de ce qu'il y avait un côté enjeu ou challenge très très fort. Je m'en suis rendu compte au fur et à mesure et Dieu se le sait, c'est un vrai challenge. pour la boîte, pour moi, etc. Donc en fait, ces 36 ans, c'était un truc assez linéaire, assez évident. J'ai le sentiment que je m'amusais à chaque fois que je prenais des responsabilités. Et puis après, DG et d'Arkea, ça a été à la fois extraordinaire, parce que j'ai pu, avec Jean-Pierre Denis, avec qui je crois pouvoir dire qu'on a... Qui était le président d'Arkea. Le président, oui. Qui est d'ailleurs celui qui m'a proposé de me présenter ma candidature au conseil d'administration. Donc je crois qu'on a fait des choses, en tout cas pour moi, assez incroyables et qui m'ont beaucoup marqué. J'espère qu'on a fait quelques trucs pas mal. Mais ça a été aussi une somme d'engagement incroyable. Et moi, j'ai toujours eu coutume de dire, et je le crois fondamentalement, c'est vrai du sport, du boulot et du reste. On a une fille qui est violoncelliste. Effectivement, c'est vrai aussi dans ce domaine-là. Il faut travailler dur, très dur, pour être capable de faire mieux que la moyenne. Être capable de faire mieux que la moyenne, c'est forcément bosser beaucoup, J'ai énormément travaillé. Et d'ailleurs, je ne dis pas ça pour qu'on se dise quel pauvre garçon. C'est normal, il y a des contreparties aussi à ça, positives. On a un statut sympathique, on est bien rémunéré, etc. Donc il ne faut pas vouloir tout et son contraire. Mais simplement, ça a été une forme d'engagement. très importante, qui m'a fait bien des fois oublier qu'à côté de ça, j'avais une famille et des enfants en bas âge, puisque moi à 36 ans, c'était en 2008, j'en avais 5 ans et Noé avait 2 ans. Donc ils étaient jeunes et je ne les ai pas beaucoup vus, je n'ai pas été très présent à côté de mon épouse à l'époque, pas vraiment, et donc je dois avouer que c'est peut-être ce que je n'ai pas très bien géré, c'est-à-dire que je crois que je me suis laissé embarquer dans l'euphorie, l'enthousiasme. vraiment le sentiment d'avoir la chance de participer à une aventure extraordinaire et j'ai un peu oublié parfois les j'allais dire les à côté ce qui n'est vraiment pas le plus important finalement tu sais dans la vie et ça je pense que si j'avais un seul regret même si je suis quelqu'un qui ne nourrit pas beaucoup de regrets c'est peut-être ça c'est peut-être de ne pas avoir su de temps en temps lever
- Speaker #0
un peu le pied et me dire qu'il y avait autre chose à côté qui était bien plus important et tu t'en es rendu compte récemment ou c'est au fil des années que ça a commencé à grandir quand tu as vu tes enfants grandir justement et Et j'ai une autre question, c'est que tes enfants comprennent ton parcours aujourd'hui ? Ils se disent, tiens, il y a 8 ans, ils disent, zut, papa aurait pu être plus présent, mais en même temps, c'est génial ce qu'il a fait.
- Speaker #1
C'est marrant ce que tu dis, parce que mon épouse était absente 2-3 jours en début de semaine, et moi j'ai la chance d'être un peu plus présent à la maison. Donc j'étais avec notre fille, qui était encore à la maison, à dîner tête à tête, et j'en parlais avec elle, et elle me disait, mais non, non, on ne te veut pas, on sait pourquoi tu n'étais pas là, tu travaillais, tu avais des responsabilités. Donc quelque part, quand elle me le dit, tu vois, j'ai presque des... Ça fait bizarre, la chair de peau, ça me fait du bien d'entendre ça, parce que je n'ai vraiment pas ce sentiment-là à titre personnel. Donc c'est vrai que quand tes enfants te le disent, ça t'enlève au moins momentanément un poids de responsabilité. Oui, ils s'en rendent compte, et oui, encore plus maintenant, qu'ils voient ce que c'est un peu que la vie professionnelle, et qu'ils entendent un peu plus parler peut-être de ce que j'ai pu faire, bien, pas bien, mais en tout cas, ils le voient, et donc ils arrivent à avoir un jugement là-dessus. Donc ça, c'est sûr. Après, comment j'en suis rendu compte ? Il se trouve que moi, j'ai toujours voulu... En tout cas, j'ai assez vite voulu entreprendre, mais je ne l'avais pas fait parce que j'étais à la tête d'un groupe. J'ai fait des aventures intrapreneuriales, je n'ai pas fait d'entrepreneuriat, comme plein de personnes que je connais qui ont tout lâché, ils n'ont pas rejoint le risque et tout le reste pour réussir à créer. Et donc, j'avais envie de faire ça. Et quelque part, ce qui m'a fait me décider, c'était mon âge, entre guillemets, en 2020. J'avais 47 ans, donc je me suis dit, c'est maintenant ou jamais que ça se passe. C'était aussi sans doute un peu le fait qu'on allait passer à un autre projet stratégique du groupe. et qu'effectivement, il n'était peut-être pas le temps de partir avant d'arrêter au milieu. Puis troisième point, ce que tu disais, c'était peut-être l'idée également d'essayer de voir si je ne pouvais pas trouver un équilibre un peu différent dans ma vie pro et ma vie perso. Et alors, pour aller dans le sens de ta question, ce qui est assez incroyable, c'est que je pense, ça fait cinq ans que j'ai quitté les groupes Arkea, à peu près aujourd'hui, à peu près cinq ans. C'est beaucoup et c'est peu à la fois. J'ai passé 20, comme tu disais, je suis rentré en 1995 et je suis parti en 2020, 25 ans. Ce qui est conséquent, effectivement. C'est à peine depuis un an, un an et demi, que je commence à vraiment retrouver une forme d'équilibre dans ma vie personnelle. Non pas que je ne l'avais pas au sens factuel du terme, mais à pouvoir prendre conscience que c'est possible, que j'y ai le droit, que je peux, entre guillemets, le consommer. Je ne sais pas comment dire ça. Je peux l'utiliser, cette présence en plus que je peux avoir. Et souvent, quand les gens me demandent, je l'ai raconté plusieurs fois, mais ça me fait toujours sourire quand je le dis, quand les gens me demandent souvent, mais comment tu arrives à exprimer ça de manière simple ? Je leur raconte souvent ce... Cette chose qui est vraie, c'est quand tu diriges un groupe comme celui-là, ce qu'on appelle des comités exécutifs ou comités de direction, qui en général sont le lundi matin. Chez nous, c'était le lundi matin. C'était de 10h à 13h. On est 7 ou 8 au COMEX, puisqu'à l'époque, on était 7 ou 8. C'est des réunions très intenses, parce qu'il y a des sujets avec des gros enjeux. Il y a aussi parfois des enjeux, pas de personnes, mais entre les différentes équipes. Et puis, c'est parfois lourd à porter. Donc, ça te tend beaucoup. Tu as un déjeuner rapide derrière qui dure une demi-heure, puis tu renchaînes sur les réunions l'après-midi, tu rentres le soir, chez toi, tu es cramé. Et souvent ce que je raconte c'est que maintenant on a un petit comité de direction avec Charles, mon associé et Laurent, on est les trois, ça dure une heure, ça va assez vite, et le midi, puisque en général je suis à Brest le lundi, le midi comme j'ai la chance toujours, on est un peu jaloux de ça avec mon épouse, d'avoir notre fille toujours à la maison, je rentre déjeuner avec toutes les deux et on déjeune rapidement un truc assez frugal, et ça c'est mon plaisir. de façon que pendant 12 ans, je n'ai pas eu ça. Je n'ai jamais été là pour déjeuner à la maison. J'étais très rarement là pour dîner. Donc, c'est comme ça que tout doucement, j'ai commencé à retoucher ce que pouvait être le droit. Je crois qu'il n'y a pas d'autre terme à avoir autre chose dans sa vie que le boulot. Je pense que je n'ai eu pendant 12 ans que ça dans ma tête. Je ne regrette pas d'ailleurs, je pense. Peut-être qu'on ne pouvait pas faire ce qu'on a fait, si on a fait des choses bien, ce qu'on a fait autrement. Mais il a fait que je me déshabitue.
- Speaker #0
Et la vie de DG, si on revient un tout petit peu sur le DG Arkea, c'est quoi en termes d'horaire et de jours de journée de travail à passer tous les jours ?
- Speaker #1
Les horaires, je dis toujours que ça ne veut pas dire grand-chose parce qu'à la fois, tu peux avoir une idée géniale en 30 secondes et puis prendre 3 jours pour trouver le truc qui n'a pas vraiment d'impact. C'est vrai que les journées sont lourdes parce que l'agenda est lourd. Il y a beaucoup de ce qu'on appelle des comités, des réunions, des réunions de place. En général, j'étais à 8h moins le quart, 8h au bureau et j'en partais rarement avant 20h30, 21h. D'accord. Et quand j'entrais chez moi, puisque la moitié de la semaine, j'étais à Paris. Donc j'étais entre deux et trois soirs par semaine, j'étais pas chez moi minimum. Mais ça, à la limite, il y a plein, il y a des métiers malheureusement, où des gens, ils sont sur la route parce qu'ils sont en route, ils rentrent pas chez eux. Donc bon, ça existe, il y en a plein d'autres. Ils perdent trois mois parce qu'ils sont en déplacement. Non, surtout, ce qui est dur, c'est la charge mentale. Et la charge mentale, c'est tout le temps. ça ne s'arrête pas.
- Speaker #0
D'ailleurs, comment tu joues avec ça ? Est-ce que tu as eu des moments de doute ? Est-ce que tu t'es demandé si tu étais sur la bonne voie ? Il y a des moments, je suppose, où tu as été fatigué quand tu as beaucoup de dossiers à gérer, quand tu as beaucoup de choses à penser.
- Speaker #1
Oui, la fatigue, c'est vrai. La fatigue, je pense qu'on peut la trouver. La chance qui était la mienne, c'est que j'avais 36 ans. Et à 36 ans, je ne suis pas toujours en forme, j'espère. À 36 ans, j'étais jeune, sportif déjà. Et donc, en fait, tu as une bonne condition physique. Et la condition physique, ça aide beaucoup. Je suis de ceux qui revendiquent. que quand on dirige une entreprise, ou quand on a des responsabilités, quelles qu'elles soient, essayer d'avoir une bonne hygiène de vie, l'entretenir, ça fait partie du dirigeant. Donc ça, j'essaie de faire ça. Après, comment est-ce que tu gères la pression ? Comment est-ce que tu arrives à t'en séparer ? Moi, j'ai souvent le coutume de dire que j'arrive 90% du temps. A dire que de toute façon, avoir mal au ventre avant le problème, ça ne sert à rien. De toute façon, si ça doit arriver, ça arrivera. Et si ça n'arrive pas, on aurait mal au ventre pour rien. J'ai toujours réussi à à peu près bien dormir, quoi qu'il arrive, en essayant de me dire, en me convainquant, de la bonne manière je pense, que de toute façon, les soucis, il va aller mieux que je les laisse là où ils étaient. Il serait toujours assez tôt de les reprendre le lendemain matin. Ça,
- Speaker #0
il faut avoir la capacité de le faire, ça.
- Speaker #1
Oui, mais ça, c'est un travail sur soi. C'est clair. Mais quelque part, c'est salvateur. Parce que si tu ne peux pas faire ça, tu ne tiens pas très longtemps. Parce qu'il y a quand même beaucoup... de bonnes raisons d'avoir du stress il ya beaucoup de bonnes raisons d'avoir peur et beaucoup de bonnes raisons de la si on veut bien faire le job si on s'en fout sur autre chose mais bon je pense que j'aurais été les gens comme son à coeur de bien faire effectivement tu as plein de raisons d'être d'être stressé j'ai dit je l'étais on apparemment bien sûr mais j'essayais quand même de trouver cette bulle qui me permettait d'avoir des moments où j'ai décompressé la nuit ce qu'on fait pour se reposer notamment le cerveau et ça j'ai essayé de bien coupé j'arrivais plutôt pas trop mal et puis après par contre pour répondre à ta question sur les horaires le reste c'est vrai mon job c'était toute ma vie et ça ne s'arrêtait pas, le samedi j'y pensais, le dimanche j'y pensais le soir j'y pensais la nuit je coupais à peu près même au tout début ça m'arrivait j'ai arrêté ça parce que c'était en contradiction avec cette hygiène que je m'opposais comme je vais te dire, c'est que j'ai un calepin où je notais parfois la nuit quand je me réveillais des trucs bon ça j'ai arrêté parce que c'est terrible parce qu'en fait après quand tu commences à s'habituer là tu te réveilles régulièrement, donc j'ai arrêté ça pour justement être capable de me préserver de garder une hygiène la plus respectueuse possible de ce qu'il pourrait faire ce que j'appelle ma capacité à être compétitif. Parce que malgré tout, c'est une forme de compétition aussi.
- Speaker #0
Mais là, tu retrouves ce que tu as, je suppose, c'est une question que j'ai apprise, mais tu retrouves un peu ce que tu as appris avec le vélo. Je suppose que tu as quand même été en équipe de Bretagne de vélo, si je ne dis pas de bêtises. Le goût de l'effort, le goût de la compétition, l'hygiène aussi, c'est des choses que tu retrouves quand tu es DG d'une boîte.
- Speaker #1
Exactement. En fait, quand tu fais du sport, et notamment ce genre de sport... Il n'y a pas que celui-là, il y en a plein d'autres, mais la course à pied, le vélo, en fait, on est singulièrement parti. Les sports très, très durs physiquement, c'est les sports qui ne pardonnent pas parce que la technique ne compense pas grand-chose en la matière. Tu as beau savoir très beaucoup de pédales, si tu n'as pas la forme physique, tu ne vas pas aller très loin. Effectivement, ça t'apprend les gènes de vie, ça t'apprend l'abnégation également, c'est-à-dire qu'il faut s'entraîner, c'est dur. Ça t'apprend l'humilité parce qu'il n'y a pas toujours la grande forme. Et puis moi, ça m'a appris aussi à ne pas lâcher parce que j'ai des souvenirs de... courses de vélo où j'ai parfois, ça m'est arrivé, un peu lâché trop tôt et où j'ai raté ou la victoire ou une très bonne place alors même que ça se jouait à pas grand chose. Donc j'ai quelque part ce truc qui me fait dire et je pense que là-dedans je ne suis pas trop mauvais, je sais tenir le moment où les autres lâchent. Je sais quand ça se passe. Donc là c'est vraiment sur le mental quoi. Après, l'âge venant, on joue sur d'autres caractéristiques. Je parle du sport notamment. Mais dans le boulot, ça reste vrai. Dans le boulot, je crois être capable de tenir ou de ne pas renoncer là où on commence à avoir des gens renoncer. Pas tout le monde, mais la zone où on commence à avoir les gens renoncer. Je pense que je ne suis pas trop mauvais là-dedans pour dire « je m'accroche » . Et ça va finir par finir. C'est ton côté breton, ça. Têtu et… Il doit y avoir un petit côté breton aussi là-dedans, sans doute, j'imagine. Un côté bélier aussi, je crois. C'est bon, c'est bon. C'est correct, ok.
- Speaker #0
Il y a des moments dans ta carrière où tu t'es senti malgré tout vulnérable, où tu dis « Ouh là, il faut que je fasse vraiment attention » , où tu as sur-instigé à chaque fois ?
- Speaker #1
Plein de fois. D'ailleurs, je n'en ai pas beaucoup parlé par leur définition quand j'étais chez Arkea. C'est assez facile de comprendre pourquoi. J'en parle plus facilement maintenant, d'abord parce que je ne suis plus dedans. Et deuxièmement, parce que je pense qu'il y a aussi, et c'est bien d'ailleurs, j'ai une nouvelle tendance, ce n'est pas le mot, mais... Il y a aussi maintenant capacité à exprimer une forme de sensibilité ou de fragilité qui n'est pas en contradiction avec l'idée de performer. Et donc de plus en plus j'en parle, donc effectivement j'ai eu des moments de doute, j'ai eu des moments où c'était difficile, j'ai eu des pépins physiques aussi dont je n'ai pas beaucoup parlé, mais tu vois j'ai perdu 50% de mon édition, tel que tu me vois là, mais tu ne le vois pas, je suis appareillé parce que sinon je n'entends pas. J'ai eu des vertiges pendant très longtemps qui m'ont handicapé en essayant de le cacher le plus possible et c'était notamment, pas que, mais... notamment lié au rythme de vie qui était le mien. Donc oui, on n'a rien sans rien. À un moment donné, quand tu tires sur un élastique, si tu rates un petit peu le moment où l'élastique va casser, tu peux, si c'était le casser, en tout cas le fragiliser. Donc tu peux te faire un peu de mal. Donc oui, ça m'est arrivé. Ça m'est arrivé de ne pas m'écouter, comme on dit. Et là, c'est le corps qui parle, du coup, en général, dans ces cas-là. En général, on somatise, comme on dit. Le corps, effectivement, il réagit, il te dit, attention, là, c'est pas bien. Donc oui, ça m'est arrivé quelques fois. Ça m'est arrivé. J'ai eu la chance que ça n'a jamais... J'ai quelqu'un, d'ailleurs, un ami, qui est un ancien administrateur d'Arkia. que je côtoie toujours, qui est un homme extraordinaire, que j'aime beaucoup, qui a 79 ans aujourd'hui, mais qui a toujours l'œil qui brille comme un cadet, comme il dit souvent, et qui m'avait dit une fois que j'avais eu ce pépin, et comme j'étais assez proche de lui, en dehors du fait qu'il soit administrateur d'Arkea, j'arrivais à lui en parler ou le savais en tout cas, il m'avait dit « avertissement sans frais, mais rappelle-toi Mathilde » . Donc effectivement, au fur et à mesure, j'ai appris qu'à un moment donné, on ne peut pas La force du mental ne peut pas tout faire. C'est pour ça que je pense que j'ai réussi à comprendre qu'il fallait un équilibre entre le physique et la tête. Parce que tu as beau, encore une fois, avec toute l'humilité qu'il faut avoir, avoir peut-être un gros moteur au sens très capable d'aller loin, tu as quand même un corps avec aussi. Donc il faut préserver les deux. Donc oui, j'ai eu des moments où c'était difficile. J'ai eu des moments où je pensais que je n'y arriverais pas. J'ai eu des moments où physiquement ça a été compliqué. Mais quand tu es dirigeant, en tout cas à cette époque-là, tu ne montres pas beaucoup. Aujourd'hui, on en parle un peu plus, mais c'est plus facile d'en parler quand tu n'es plus dedans. Parce que quoi qu'on en dise, ça reste vrai, je pense, malgré tout. Quand tu diriges une boîte de 10 000 personnes et que les gens doivent arriver au bureau le matin, ce qu'ils ne veulent plus te voir, c'est le sourire, c'est l'énergie. Et je ne dis pas ça, ce n'est pas une figure de style. Je dis ça parce que c'est aussi dans le regard des dirigeants que les gens voient si ça va aller, si ça ne va pas aller. Bien sûr. Et on sait combien ça compte. Donc, tu dois te faire ça. C'est important, je pense.
- Speaker #0
Et en même temps... Comment savoir effectivement des dirigeants des DG notamment Advance ou Armors si je dis pas de bêtises, où ils commencent à parler de leur vulnérabilité ? Oui bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr. Moi j'en parle plus facilement, la preuve tu vois, j'en parle plus facilement maintenant et je ne m'en cache pas, je dis que ça fait partie de la vie d'un dirigeant et qu'il ne faut pas croire qu'on n'est que des carapaces. Écoles et machines. Mon épouse m'a souvent dit d'ailleurs que le sentiment que j'étais parfois un peu une machine, rien ne pouvait m'arrêter, c'est pas vrai. Les gens, les êtres humains sont tous faits de la même manière, ils ont l'agilité, simplement ils les cachent plus ou moins bien, plus ou moins heureusement on va dire. Et parfois il faut savoir faire attention à se donner quelques limites sur le pouvoir durer. On fait des marathons, c'est pas des 100 mètres.
- Speaker #0
Et du coup pour trouver aujourd'hui cet équilibre, alors tu me disais que tu rentres manger avec ta fille le lundi, c'est quoi une journée type où toi c'est la journée idéale parce qu'il y a du sport, il y a de la méditation, il y a du boulot, je sais pas, c'est quoi ?
- Speaker #1
Bon après ça dépend des périodes de l'année, une journée idéale en été pour moi c'est une journée en Corse, parce que j'adore la Corse en famille, ça c'est un des endroits que j'aime beaucoup. Et après la perspective d'aller faire une bonne virée à vélo avec les copains, et une journée du mois de mai-juin où j'ai bossé. On est jeudi soir et il fait jour tard et je peux aller faire un peu de vélo le soir de 19h30 jusqu'à 21h30. Ça, c'est des bonnes journées. C'est une soirée entre amis, faire une dégustation de vin, ce genre de choses. Ce sont des choses qui n'ont pas de plaisir. J'aime bien faire un super bon restaurant, mais je ne suis pas non plus allé au restaurant tous les jours. Je crois qu'on aime bien les plaisirs. C'est bête de dire ça au Tartelacreme, mais on aime bien les plaisirs simples. On aime bien nos amis, on aime bien nos enfants, on aime bien faire les choses ensemble. Simple. pas très compliqué. On a bien passé des week-ends, des fois, sans voir personne et être qu'entre nous. Moi, mon plaisir, le vendredi soir, c'est un de nos enfants qui est en DUT, là, en deuxième année, notre fille qui est toujours à la maison, c'est de prendre un verre le vendredi soir, tous les quatre. Notre garçon, mon petit ami, je suis très heureux que sa petite amie vient et qu'on est tous les cinq, pour le coup. Pour moi, c'est un moment important. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est un moment important.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu es enfin entrepreneur, comme tu disais, mais avant c'était intrapreneur, là c'est entrepreneur. Tu as cofondé Épopée Gestion en 2020. Déjà, est-ce que tu peux nous en dire quelques mots ? Et moi, la question, c'est comment tu passes de la gestion d'une boîte de 10 000 personnes à 40 collaborateurs aujourd'hui ?
- Speaker #1
40, on est 40-45. Qu'est-ce que ça change dans ta vie, dans ta sérénité, tout ça ? Écoute, d'abord, Épopée Gestion, c'est une boîte qu'on voulait créer avec Charles parce qu'on voulait avoir de l'impact sur le territoire. et on se disait, on va mettre... entre guillemets tout ce qu'on a pu apprendre dans nos différentes expériences charles très entrepreneur dans le digital et moi je le chaleur kabili qu'un pour chaque à mellick voilà ce qui a beaucoup fait dans le digital et moi pas mal entre banquier un peu entrepreneur on va dire on va être au service de la région investir et accompagner les boîtes donc ça c'est l'idée un peu de départ on va le faire sur l'arc atlantique parce qu'on connaît bien l'arc atlantique on va faire du venture capital du capital investissement de l'immobilier l'infrastructure et c'est né comme ça et cette boîte qui est partie de cette idée est parti on est trois ou quatre départs en tout début et et on est aujourd'hui 45. On gérait 30 millions, on en gérait 800. On avait deux investisseurs, on en a une cinquantaine, un site et aujourd'hui près de 200 particuliers. Après, qu'est-ce que ça change ? En fait, je dirais, d'abord, ça change que j'arrive encore à me souvenir des prénoms de tout le monde, donc c'est pas mal. Ça, encore aujourd'hui, je m'y arrive. Je ne sais pas comment ça durera parce que je ne suis pas très bon là-dedans. Je suis très bon pour reconnaître les gens, mais j'ai toujours du mal avec les prénoms. En tout cas, ça, on y arrive encore, donc c'est pas mal. Ça change qu'on a recruté tout le monde. Tous les gens qui sont là, c'est des gens qui ont... Non pas que j'ai RK, j'étais pas content des gens avec qui je bossais, j'étais très heureux, mais par contre, j'ai pas embauché tout le monde. On a recruté tout le monde, on a une histoire avec tout un chacun pour raconter l'histoire de chaque personne, en disant comment on l'a recruté, dans quelles conditions. Donc ça, ça change quelque chose que j'ai connu dans des projets que je menais chez RK, mais que là, je vis à l'échelle de l'entreprise. C'est que tout au fond de nous, chacun, on a ce petit truc qui est de dire, on a contribué à ça, à ce truc qui n'existait pas. Il y a encore cinq ans, on a tous, d'une manière ou d'une autre... toutes et tous contribuer à ce que ça devienne, ce que c'est devenu aujourd'hui. Alors, ce n'est pas fini et on n'a jamais fini d'ailleurs de développer une entreprise. Mais je pense que ça change ça aussi. Moi, je dis souvent, c'est comme quand tu fais un travail d'équipe, que tu fais une photo à la fin, que chacun se dit au fond de lui-même, j'ai peut-être été décisif dans ce qui se passe aujourd'hui, dans cette aventure, sur tel et tel point. Mais ce n'est pas le côté, comment dire, ventard de la chose. C'est le côté... Le petit truc au fond de toi qui te dit j'ai sans doute contribué très fortement à ce que ça marche et tout le monde se le dit, ça fait une très belle aventure collective. Donc ça change ça et puis après ça change de manière un peu plus évidente qu'une boîte de 40 personnes. C'est peut-être plus facile, je ne sais pas, mais c'est plus simple à manager qu'un groupe de 10 000 personnes. En tout cas pour faire passer la communication, les messages un peu clés, pour s'organiser, ça reste plus simple. Il faut dire ce qu'il y a. Donc heureusement.
- Speaker #0
Et aujourd'hui cette société elle existe dans un monde qui est de plus en plus complexe et incertain. Comment tu vois les choses aujourd'hui ? C'est quoi ta boussole à toi pour avancer sans te perdre, sachant qu'aujourd'hui c'est ta boîte, les collaborateurs sont entre guillemets les tiens. Comment tu fais avancer ce petit bateau-là dans ce monde-là aujourd'hui ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'on est dans un monde qui est, sans faire de politique, à 2 euros. On a un monde qui est terrible parce que c'est un monde qui n'a plus de projet. Il n'y a plus de destin commun. Et en fait, pour réussir dans la vie, quel que soit le contexte, il faut un projet commun. En tout cas, pour réussir ensemble, il faut une ambition commune. Une ambition commune pour... Pardon de le dire comme ça, mais des riches, des pauvres, des gens, des hommes, des femmes, des petits, des grands, bref. Il faut qu'on ait tous une ambition commune, qu'on vit chacun différemment, dans laquelle la société fait qu'on s'y retrouve, par tout un tas de mécanismes, mais il faut cette ambition commune. Aujourd'hui, il n'y a plus ça. Nous, ce qu'on essaie de faire à notre petit niveau, c'est d'essayer d'avoir, pour ce qu'on maîtrise, nous, une espèce d'ambition commune. Nous, on est entreprise à mission depuis deux ans, ce qu'on veut, c'est, par notre action, permettre à tout le monde de vivre, de travailler là où il le souhaite. C'est ça, notre ambition. c'est une partie de la raison d'être pour nous dit sur la dira littéral c'est
- Speaker #0
permettre à tout un chacun de vivre et de travailler là où il a envie et d'être un acteur qui reconstruit le pacte sociétal et écologique dans lequel on voudrait être c'est à dire qui réconcilie en plus une dynamique ESG si on veut utiliser des termes un peu à la mode mais vraiment ce côté les territoires sont de réponse à nos grands enjeux ça fait partie de ce qu'on pense on a des grandes ambitions par rapport à ça et on essaye de donner ça comme boussole aux équipes la chance qu'on a entre guillemets je sais pas si c'est de la chance on les a recrutés parce qu'ils étaient comme ça aussi C'est qu'on a des gens qui sont hyper engagés, qui sont hyper imprégnés de ça. Donc quelque part, on se retrouve là-dedans. Mais tu vois, je pense que si je transpose ça à l'échelle de la société, malheureusement, ce qui nous manque à toutes et tous aujourd'hui, c'est ça. C'est un destin commun. C'est un imaginaire commun, effectivement. Exactement. Et ça, c'est terrible parce qu'on pourra faire tous les budgets qu'on veut. On pourra faire toutes les économies ou dépenses qu'on veut. Si tu n'as pas le reste, ça, c'est de la comptabilité. Ce n'est pas de l'ambition.
- Speaker #1
Aujourd'hui, l'épopée gestion, c'est donc implanté à Paris, mais surtout en Bretagne, le siège social. supposons, en Bretagne. C'est quoi aujourd'hui pour toi la Bretagne ? C'est quoi une boussole pour toi ? C'est quoi dans 5 ans, dans 10 ans, comment tu veux l'avoir en fait ?
- Speaker #0
D'abord, c'est une région dans laquelle on investit beaucoup, mais ce n'est pas la plus grosse forcément. On investit beaucoup en l'Orient Atlantique, en Nouvelle-Aquitaine également. Par contre, c'est un endroit où on est très, très, très présents pour plein de raisons, y compris liées à nos histoires personnelles. Après, la Bretagne, ce qui est impressionnant, je trouve, c'est que si on se ramène à ce que nous sommes nous, c'est-à-dire une entreprise qui accompagne les entrepreneurs, C'est une terre d'entrepreneurs incroyable d'ailleurs. Il n'y a donc qu'un seul défaut, c'est que pour vivre heureux, ils vivent cachés. Ils ont raison, mais c'est un défaut au sens où ça a pendant longtemps peut-être un peu, comment dire, se contrecarrer le côté attractif du territoire. Dit autrement, de manière un peu caricaturale, les gens se demandant, mais qu'est-ce qu'il y a vraiment à faire en Bretagne, parce qu'on ne voit pas tellement, on peut créer de la richesse, des entreprises. Ce qui était faux, mais ce côté vivre caché, il a amené à ça. Une fois qu'on a dit ça... Je pense que c'est un territoire qui recèle d'un potentiel incroyable, qu'il y a beaucoup de transmissions d'entreprises qui vont arriver dans les prochaines années. Donc il y a un potentiel de reprise assez incroyable, qui également, je pense, à l'heure où la distance n'est plus forcément un sujet, où le cadre de vie est très important, va sans doute retrouver, et peut-être d'ailleurs aussi les changements climatiques, si on voit un peu le côté positif, retrouve un peu des couleurs, entre guillemets, et voit des gens vouloir s'y installer pour y vivre, y travailler, etc. Je pense que c'est une terre qui a beaucoup d'avenir. qui a beaucoup de potentiel, et pas seulement entre l'agroalimentaire qui est un peu la caricature du sujet. Il y a plein d'autres choses dans lesquelles on peut bien sûr réussir. La cybersécurité, l'industrie classique, le maritime bien entendu. L'agroalimentaire, ça va sans dire, mais il y a plein de secteurs dans lesquels on peut faire des choses. Et surtout, c'est une région qui, à mon avis, est une terre dans laquelle on a des gens qui ont envie. Je pense que le côté, je prends le Finistère comme un exemple peut-être un peu extrême. C'est un peu comme la vigne. Quand tu prives la vigne d'eau, elle va chercher l'eau plus profond. Quand tu mets à distance le Finistère, il est plus fort parce que... Il est habitué à vivre en terrain aride, en terrain difficile. Je pense que c'est les gens qui sont en plus très bosseurs. Moi, je l'ai vu quand j'étais chez Arkea. On faisait de la marque blanche pour des grands opérateurs. On faisait du système bancaire en marque blanche, du titre en marque blanche, pas mal d'activités en marque blanche. Les grands acteurs qui nous choisissaient, les grands assureurs, banquiers, ils trouvaient que les équipes d'Arkea, c'était des bosseurs incroyables. Ils étaient hyper engagés, etc. Je pense qu'il y a tout ça.
- Speaker #1
Ça, ça m'avait marqué quand je travaillais à l'école de design et qu'on faisait les partenariats avec vous. On en avait fait une dizaine. Et ça, ça m'avait vraiment marqué l'engagement des équipes. C'était la passion qu'ils avaient et la fierté qu'ils avaient de travailler chez Arkea.
- Speaker #0
Je pense que ça, c'est une constante pour moi. C'est-à-dire que j'ai quand même passé 25 ans, donc c'est une période assez longue pour pouvoir... Et d'ailleurs, on me le disait avant, les gens qui étaient là avant me le disaient aussi les périodes précédentes et je pense que ça continue. C'est des gens qui sont très fiers de leur boîte, c'est des gens qui sont très fiers de faire ce qu'ils font, qui ont une capacité de travail incroyable, d'engagement. Au-delà du travail, ça peut donner un sentiment de quantité. Moi, je n'ai pas de quantité, c'est d'engagement dans ce qu'ils font. C'est incroyable et je pense que ça en fait Arkea un partenaire top pour des gens qui veulent bosser avec parce que c'est l'assurance d'avoir des gens engagés, fidèles, qui vont se bouger, comme on dit, pour réussir à tenir les délais, les objectifs, les migrations, s'il s'agit de migration, etc. Donc je pense que l'Arkea, d'une certaine manière, peut-être, est un peu la synthèse de ce qu'on disait là. Ce que j'avais noté, moi, c'était cette fierté d'être à Brest. Exactement, oui. C'était assez impressionnant, ça. C'est marrant parce que moi, quand j'ai quitté... J'ai fini mes études, mes camarades de promo trouvaient que c'était une forme de coquetterie de travailler à Brest. C'est une manière polie de dire qu'ils trouvaient ça un peu stupide, entre guillemots. Mais effectivement, depuis, il y a une côté un peu fierté d'être en région, en Bretagne, à Brest, un territoire qui aujourd'hui fait plus rêver qu'il faisait rêver avant. Je trouve qu'il y a, pour revenir à ta question du départ, je trouve qu'il y a plein de potentiel. Le champ des possibles pour la Bretagne est immense pour les années qui viennent. Et aujourd'hui, toi, tu ne dois pas vivre ailleurs qu'en Bretagne, je suppose ? J'ai envie de dire, mes amis sont ici, mes enfants adorent cette région. ils ont vécu à Paris parce qu'on a pas mal été à Paris ma femme est lyonnaise mais elle a vécu l'essentiel de sa vie en Bretagne elle adore la Bretagne moi j'adore la Corse comme je t'ai dit donc je vois bien passer un peu plus de temps en Corse plus tard je trouve chez les Corses ce qui fait un peu image d'épinal mais c'est quelques images, quelques proximités avec les Bretons, dans le caractère notamment bien trempé. Je m'y retrouve, mais je pense que je reste rattaché toute ma vie à cette région qui m'a vu naître d'abord, et qui par ailleurs est une région qui m'a permis de faire tellement de choses, bien sûr.
- Speaker #1
Et on vient un peu sur le côté breton, du coup côté territoire, toi avec Épopée Gestion, vous avez rajouté le moté à la logique de ESG. Pourquoi c'est essentiel pour toi et pour Charles, ce côté territoire, réinvestir dans les territoires en fait ?
- Speaker #0
En fait, on l'a fait parce que... Au tout début, quand on a lancé l'épopée de gestion, ce qu'on a dit et ce qu'on constate, c'est qu'on a des grands enjeux qui sont devant nous aujourd'hui, c'est évident, des enjeux économiques, ça va sans dire, des enjeux sociaux, ça va sans dire, des enjeux écologiques, ça va sans dire. Pas la peine d'être grand clair pour se dire qu'on a compris depuis quelques temps maintenant que les ressources naturelles étaient limitées, on a compris que d'un point de vue sociétal et social, il y avait quand même beaucoup de sujets qui n'allaient pas, et donc on a des grands enjeux qu'il faut adresser. Et souvent... C'est toute la logique de l'ESG, toute la logique de la taxonomie européenne. On a voulu l'adresser par des labels, des normes, des articles 8, articles 9, si on parle de fonds, bref, de tout un tas de corpus réglementaires, qui finalement font sans doute beaucoup plaisir aux gens qui les pondent, mais qui sont incompréhensibles au sens de leur application pratique pour monsieur et madame tout le monde. Et nous, ce qu'on a dit de manière assez simple, c'est que... En fait, il y a une manière très simple d'adresser ces sujets économiques, sociaux et environnementaux. C'est de redonner toute leur place au territoire. Parce que, sans tomber ni dans les phalanstères de fourastiers, ni dans une espèce d'idéologie un peu, on va dire, utopique, si tu aides des entreprises à grandir en région, ces entreprises vont créer de l'emploi chez elles, créer de l'emploi autour. faire vivre des villes et des villages, permettre à des gens de voir des circuits plus courts en termes de consommation, ce qui évite les portiques écotaxes, par exemple, pour retomber dans la caricature la plus débile qui puisse exister de ce truc, c'est du délire. Permettre également à des gens de travailler plus près de là où ils vivent. Donc tu vois, tu fais finalement de l'ESG comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Et nous, c'est ce qu'on a voulu dire par ce T de territoire, c'est de dire derrière cet acronyme ESG, quand tu le dis d'ailleurs, cet acronyme souvent dit, les gens plaquent dessus, ce qui est normal, des choses qui sont pareil chez tout le monde. Et nous, ce qu'on essaie de dire, c'est que notre singularité, notre singularité qui n'est pas très compliquée d'ailleurs, c'est de dire que les choses les plus simples sont souvent les plus efficaces. C'est du bon sens. Dans le territoire, c'est le bon sens que tu as perdu avec la centralisation Paris-Européenne, etc. Exactement. Nous, on retrouve ça. Désolé si à la fois je te choque et ceux qui nous écoutent sont choqués d'entendre ce que je vais dire, mais je le dis parce que je le pense. Quand j'ai entendu il y a quelques temps maintenant, même si on en parle beaucoup moins, Dire qu'une des solutions c'était de créer des RER dans les grandes villes de France, moi j'ai bondi. Parce que si on me dit que la solution pour Saint-Malo, c'est d'avoir un RER qui relie Saint-Malo à Rennes pour que les gens de Saint-Malo viennent travailler à Rennes, j'ai dit moi j'ai pas ça. Notre idée à nous c'est qu'à Saint-Malo il y ait plus d'entreprises où les gens de Saint-Malo puissent travailler. C'est ça notre solution. Donc en fait encore une fois, ce mouvement jacobin, qui est quelque part un peu... qui est très français, il nous rattrape alors que les territoires, si on les laisse faire... sont capables d'apporter... Voilà, c'est un peu la phrase de Lamartine, la nature est là qui t'invite et qui t'aime. Les choses sont simples. Oui, mais tu le vois à une plus petite échelle que la Bretagne, ce qui se passe en Vendée. Bien sûr, exactement. C'est pour ça que l'ESGT, pour nous, c'est important, parce que c'est Zoé chez nous, qui est notre directrice ESG, qui a beaucoup travaillé sur ces sujets avant, dans ses autres postes, qui a beaucoup travaillé cette politique ESG chez nous, qui a très vite compris comment le côté... pragmatique des choses, terre à terre, dans le bon sens du terme, était important. Donc elle a beaucoup aidé à ce qu'on mette ça en place. Et moi, je me retrouve pleinement là-dedans. Et c'est vrai que souvent, c'est un peu l'éléphant au milieu du magasin, tu vois, c'est le truc qu'on ne voit pas. On se dit que c'est énorme, mais on ne le voit pas. Et donc en fait, oui, c'est vrai que si tu fais grandir... Tu sais, moi, je raconte souvent cette histoire en rigolant. En rentrant de Paris, je me suis installé à Plouvien, ville du Nord-Finistère, très peu connue, sauf pour ceux qui connaissent la SIL, qui est donc cette boîte qui fait les jus fruits, les yaourts malots, etc. Et en fait, cette petite commune de Pouviens, son maire, Christian Calves, vendait des terrains pas chers à des jeunes couples, on faisait partie, mon épouse, avait réouvert la supérette, avait réouvert la boulangerie, refait venir le CMB et créer la récolte, et fait en sorte que la CIL reste implantée chez lui. Il avait tout compris.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Il faisait exactement ce qu'on veut faire à l'échelle macroéconomique. Il avait compris qu'un territoire dynamique, c'est d'abord des gens qui y vivent, qui donc créent les formes de circuits courts entre eux, même si bien sûr c'est une image, il faut le prendre au second degré, et travaillent près de là où ils vivent. Et c'est comme ça qu'on fait le meilleur aménagement du territoire, la meilleure. politique USG. Nous ce qu'on essaie de faire modestement c'est ça.
- Speaker #1
Et là, après 5 ans d'existence, tu commences à sentir les premiers effets des investissements ?
- Speaker #0
D'abord, on n'a pas la prétention de dire que seul on peut contribuer à faire ça. Oui,
- Speaker #1
il y a des aspects politiques. Oui,
- Speaker #0
d'abord, c'est le nerf de la guerre dans nos métiers. Parce que je ne vois pas ça comme une fin, mais comme un besoin, c'est l'argent. Et plus tu déploies de capital, on a 800 millions d'euros aujourd'hui, plus tu vas être capable d'avoir cet impact. Parce que plus tu vas accompagner des boîtes, des états financiers, et donc aider à ce que tu as. la politique USGT se met en place. Mais si on fait un peu le bilan à notre échelle, aujourd'hui, ce qu'on arrive plutôt à bien faire, c'est qu'on démontre tout doucement que la capacité à créer des champions en région, c'est possible. On a financé aujourd'hui, nous, pas que nous, mais nous notamment, une petite dizaine de PME, 30 startups. On a financé en infrastructure pas mal de projets déjà, en immobilier, on fait pas mal de choses. Donc, on montre qu'on peut commencer à avoir de l'impact en faisant ça en région. On montre comment, d'ailleurs, l'accompagnement opérationnel. Aider à recruter un dirigeant, aider à connecter les gens, et mettre en place une politique marketing d'intelligence artificielle ou autre chose. Créer de la valeur. On montre aussi comment connecter les gens, c'est important. On a créé des événements, on a le Westway Festival qui a lieu dans le cadre des Vieilles Charrues. On fait venir des gens de Provence, mais de Paris. On a créé les 40 de moins de 40 ans qui feront la Bretagne de demain. Et donc c'est aussi une manière de connecter les gens. On montre que cette logique d'écosystème est une logique hyper importante pour réussir à fonctionner. En fait, quand tu réfléchis bien, Notre monde, depuis des décennies, n'a pas arrêté de siloter les choses. On en parlait tout à l'heure, de scinder, il y a les bons, les méchants, les pauvres, les riches, les petits, les grands. Il y a la province, il y a Paris, il y a tel village et tel autre. Alors que la réalité, c'est que quand les choses fonctionnent en écosystème et quand on fonctionne ensemble, on crée beaucoup plus de valeur. Tout doucement, à notre échelle, et il faut prendre notre échelle comme étant, on est un exemple parmi d'autres, j'espère, avec d'autres, on montre que c'est possible et que ça crée de la valeur. et que ça crée de la valeur qui n'est pas que économique, ça crée de la valeur pour la société, ça crée de la valeur pour l'écologie. Donc oui, tout doucement, on commence à voir ça apparaître effectivement.
- Speaker #1
Et du coup, à un jeune breton, toi, qui voudrait réussir sans perdre ses racines, qu'est-ce que tu lui dirais aujourd'hui ? Un breton, je ne sais pas, qui cherche un peu, qui…
- Speaker #0
D'abord, je pense qu'il y a quelque chose qui a changé peut-être chez les jeunes par rapport à notre époque, ou la mienne en tout cas. Les gens ont moins envie de faire carrière et plus envie de faire des choses qui les passionnent et des choses qui font du sens. Alors il faut trouver un peu le chemin de crête parce qu'une fois qu'on a dit ça, il ne s'agit pas non plus d'aller papillonner à droite à gauche. Mais une fois qu'on a dit ça, je pense que ça fait des gens qui ont une colonne vertébrale peut-être plus jeune, plus vite sur un certain nombre de sujets. Et nous on l'observe chez nous, on a pas mal de jeunes chez nous qui ont déjà des convictions assez fortes sur ce qu'ils veulent faire. Et donc je dirais déjà qu'il faut rester ancré, c'est le cas de le dire. avec ses convictions et donc rester avec ses convictions et faire ce qui nous paraît important et puis après je pense qu'il ne faut pas c'est plus facile aujourd'hui moi quand j'ai fait le choix de revenir en région après mon école de commerce à l'époque ça paraissait vraiment j'utilise un terme qui est vraiment le vrai débile, stupide, tout ce que tu veux c'était dans les années 90 95 je te vieillis un petit peu mais c'était...
- Speaker #1
C'était plus direction, tout le monde va ou reste à Paris. Exactement.
- Speaker #0
Aujourd'hui, c'est moins vrai. Donc un jeune, déjà, il a ça en tête. Et puis après, j'ai envie de dire, ce qui est important, je le dis souvent, mais je le dis, je radote en le disant, mais j'ai compris aussi qu'il faut répéter souvent, souvent, c'est qu'il faut laisser sa chance à la rencontre. Il faut que les gens se rencontrent. Il faut accepter de voir du monde. Il faut se connecter aux autres. Il faut accepter les différences. Je ne vais pas dire qu'il faut être une éponge, s'en imprégner. ce qui ne veut pas dire qu'il faut... tout absorber de manière stupide, mais être critique par rapport aux choses, c'est avoir ses convictions et entendre ce que les autres disent. Et donc, j'ai envie de dire, dans un projet professionnel, le plus important sans doute, au-delà du job qu'on peut faire, la nature du job, entreprendre dans une entreprise, c'est s'ouvrir aux autres et rencontrer le plus de monde possible. C'est à mon avis comme ça qu'on s'ouvre le plus de possibilités dans ce qu'on pourra appeler, je ne sais pas si c'est encore un sens, une carrière dans le boulot. Et même, j'ai envie de dire, c'est ce qui fait le sel de la vie aussi. Finalement, moi, je... finalement j'espère bosser encore longtemps et faire quelques belles choses encore mais quand je me retournerai ce qui restera de plus beau dans ce que j'aurais fait je parle pour moi c'est les rencontres que j'aurais fait quand je parle maintenant de ce qui compte dans ma vie c'est les rencontres que j'ai fait la femme qui partage ma vie c'est évident au tout début mais les amis que je peux avoir les gens que j'ai rencontrés dans ma carrière c'est des gens qui ont changé une partie de ma carrière professionnelle Merci. Jean-Pierre Denis a fait beaucoup pour moi pour que je puisse prendre la responsabilité jeune. J'ai connu un homme, ça s'appelle Jean-François Ranz, qui est décédé, qui a beaucoup compté pour moi à tout début quand ils m'ont embauché au CMB. Et il y en a eu quelques autres. Et ça, c'est ça qui reste à la fin. Ces rencontres-là, les projets qu'on fait en ce moment. C'est ça qui est important.
- Speaker #1
Mais c'est marrant ce que tu dis, Rodan, parce que moi, je voulais t'avoir absolument dans le crée, parce qu'il y a des rencontres que tu n'oublies pas. Et moi, c'est cette rencontre que j'avais eue avec toi il y a… Il y a 5, 6, 7 ans, je ne sais plus, où j'avais déjeuné à côté de toi suite à la signature avec le crédit mutuel. Il y a comme ça des rencontres. Tu ne sais parfois pas les expliquer. C'est sympa,
- Speaker #0
merci.
- Speaker #1
Je t'en prie. Lui, je le reverrai.
- Speaker #0
Et là, tu as raison aussi sur un point qui est à mon avis important. Souvent, la vie est longue. Il faut rencontrer des gens. Il faut respecter les gens qu'on rencontre. Parce que la vie revient. Il ne faut jamais oublier que... C'est pas quand on voit quelqu'un, on fait pas un trade sur les marchés quoi. C'est à dire qu'on crée un lien et ce lien il peut perdurer. Et donc plus on respectue la relation, plus on crée quelque chose avec les gens, plus un jour, sans qu'il faille d'ailleurs essayer de... Il s'agit pas de créer une transaction dans la relation, c'est pas ça le truc. Pour rencontrer les gens, il faut que ce soit gratuit entre guillemets, c'est pour le plaisir. Et puis après il se passe quoi ?
- Speaker #1
Moi j'ai envie de dire, il y a sincère. Moi c'est ce que je retiens. Mais justement ce que j'avais vu avec toi, c'est quelque chose de sincère. On sent que ce n'est pas un jeu politique stratégique, c'est simple, c'est sincère.
- Speaker #0
Il faut aimer les gens.
- Speaker #1
Il faut aimer les gens, tout à fait. On va arriver du coup bientôt à la dernière question. J'ai une question de la part d'un certain Sébastien Musset qui m'a demandé de te demander qu'est-ce qui t'éclate le plus aujourd'hui dans tes activités ?
- Speaker #0
J'ai écouté Sébastien, j'avais entendu effectivement la question. Qu'est-ce qui m'éclate le plus ? Il y a deux choses. D'abord... J'ai fait quelque chose, quoi qu'il arrive, que je voulais faire, entreprendre. Et donc, je n'aurai jamais ce regret de ne pas avoir essayé. Donc déjà, ce n'est pas que ça m'éclate, mais c'est quelque chose que j'ai coché. Pour moi, c'était important parce que je n'aime pas me décevoir du point de vue des choses que j'ai envie de faire. Donc là, j'ai fait. Après, ce qui m'éclate le plus, c'est d'avoir, c'est encore qu'un sentiment, parce que je te disais tout à l'heure, on a tout à construire encore. Le sentiment avec des gens qui nous ont rejoints, plus jeunes que nous, parce que j'observe maintenant, même si... parfois ça me fait mal de le dire, qu'effectivement j'ai plus de 50 ans et je n'ai plus de 30 ans. On a embarqué des jeunes avec nous qui ont beaucoup d'ambition pour cette boîte. Nous on en a beaucoup, Charles et moi et Laurent également, mais parfois d'observer avec beaucoup de gourmandise qu'ils ont plus d'ambition que nous encore. Et ça c'est quelque chose qui vraiment me fait du bien, parce que d'abord ça fait toujours plaisir de voir que les gens qui t'embarquent avec toi ont des ambitions qui parfois dépassent les tiennes. Et deuxièmement, si on se débrouille bien, s'ils se débrouillent bien aussi, et il se débrouille bien c'est euh L'assurance, ce n'est pas le mot, mais en tout cas, c'est l'idée de dire qu'on construit quelque chose qui nous dépassera peut-être. Et ça, pour moi, ce n'est pas fait. Encore une fois, je ne le dis pas comme étant quelque chose d'arrêt. On n'a que cinq ans. On a tout à prouver encore. En tout cas, tu me disais, Sébastien, de demander un peu ce qui m'éclate. Je pense que lui, dans ce qu'il a fait, qui est un parcours assez atypique, il a construit quelque chose qui n'existait pas il y a encore quelques années, et qui lui a donné une trajectoire totalement différente, et effectivement qui lui survivra au sens professionnel, j'entends. Avec cette notion de... d'un axe différent qu'il a donné. Moi, quelque part, ce qui aujourd'hui, quand j'y pense, me fait du bien et m'éclate, c'est d'imaginer que peut-être on est en train de construire une aventure avec des gens qui auront envie à la fois de penser plus grand que nous, et j'ai envie de dire bravo, ça c'est génial, et à la fois envie de poursuivre l'aventure au-delà de ce que nous, on aurait pu en faire. Et si ça, on y arrive, moi j'ai envie de dire, je regarderais ça avec beaucoup de bonheur.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, on peut dire que tu te sens ancré dans ce que tu fais et où tu es.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je pense que j'ai réconcilié quelque chose qui est mon moi professionnel et mon moi personnel. J'arrive à réconcilier un peu les deux. Moi, je suis quelqu'un qui aime les rencontres. Il faut prendre ça avec des pincettes. Quand je dis transmettre, je ne suis pas omniscient. J'aime partager ce que j'ai pu apprendre, bien ou pas bien. J'ai le sentiment d'arriver à un moment de ma vie où c'est à la fois... J'aimerais tellement avoir 30 ans parfois, mais à la fois. Il y a ça, mais en même temps, je me dis, c'est le moment où je peux transmettre beaucoup. Et c'est quelque chose qui m'aligne beaucoup. C'est quelque chose qui est une source d'alignement important.
- Speaker #1
C'est génial parce qu'on reprend les trois mots que j'aime bien entendre dans ce podcast.
- Speaker #0
C'est transmission, alignement et ancrage. Merci beaucoup, Ronan. Merci beaucoup d'avoir participé à ce podcast. Merci à toi. Et j'espère à bientôt.
- Speaker #1
Voilà, c'est la fin de ce nouvel épisode d'Ancré. On a parlé d'ambition et d'humilité, d'effort et d'équilibre. d'un dirigeant devenu entrepreneur qui reste avant tout un breton attaché à son territoire. Transmission, alignement, ancrage, les trois mots qui font le fil rouge d'ancrer et qui, chez Ronan, ne sonnent pas comme des slogans, mais comme une manière d'être. Merci encore Ronan pour cette parole vraie. Si cet épisode vous a parlé, abonnez-vous, laissez une note sur votre app et surtout partagez-le à une personne à qui il fera du bien. Pour suivre les coulisses et les prochains invités, direction... Instagram et la newsletter, dont vous trouverez les liens en description. Je suis Loïc Milin et à bientôt pour un nouvel épisode d'Encré. Qu'est-ce que ça vaut ?