- Speaker #0
Mais est-ce que t'es heureux déjà ? Avec un gros burn-out, perdu 160 000 euros en deux ans quoi.
- Speaker #1
On y va, on brûle de l'argent. Le conseil de Thomas Fantini.
- Speaker #0
Il y en a ras-le-bol quoi. C'est nous qui payons pour les autres alors qu'ils gèrent mal. C'est une des premières guinguettes de Toulouse.
- Speaker #1
En 2004, je savais pas lire. Non, je suis pas obligé de le dire mais... Bienvenue à tous dans Aneto, un média où on accueille des entrepreneurs toulousains, où ils nous racontent leur histoire, leur parcours, leur sommet. On est disponible sur plusieurs plateformes YouTube, mais aussi des plateformes podcast, comme celles d'Apple, Spotify, Deezer ou celles d'Amazon. Aujourd'hui, on a l'honneur d'accueillir Thomas Fantini, qui représente dans le secteur toulousain environ une quinzaine de maisons, une quinzaine de restaurants, environ 20 millions de chiffres d'affaires sur le groupe entier, 200 employés à peu près. Il a construit... son univers de restauration depuis quasiment 2002 si je me trompe pas je suis à peu près sur les bons chiffres et il s'est associé avec la Dépêche sur le Bibend avec aussi Didier Lacroix le président du stade toulousain sur par exemple Ernest au stade et on est ici dans l'un de ses premiers restaurants qui à mon sens représente plutôt bien c'est la fondation c'est l'Apergola là à l'Ardenne ouais c'est ça donc merci de venir sur notre sur notre média merci à vous merci à Aubame et voilà donc le but du jeu c'est de pouvoir discuter ensemble de ton parcours de ton ascension tes sommets etc donc moi j'aurais voulu savoir déjà pour amorcer tout ça parce que moi je pose beaucoup de questions mais parfois il y a des questions que t'aimerais qu'on te pose mais qu'on te pose jamais et moi j'aimerais savoir quelle est la question que t'aimerais que je te pose et à laquelle ça te démange de répondre mais est-ce que t'es heureux déjà ?
- Speaker #0
Bah écoute, tu vois la première question qu'on devrait me poser c'est est-ce que t'es heureux ? Et je suis grave heureux en fait. J'ai une super histoire, j'ai des équipes énormes, j'ai un parcours qui est plutôt bien et professionnel et après dans les syndicats où t'arrives à la présidence du MEDEF c'est quand même quelque chose que j'aurais jamais imaginé. Et j'ai une vie perso avec ma fille, mes amis et tout qui est extraordinaire donc je suis heureux. Voilà la question qu'on me pose jamais mais je le dis, je suis heureux.
- Speaker #1
C'est magnifique parce que je pense que c'est la chose la plus importante dans la vie. Là, tu es heureux maintenant, mais je pense que ça n'a peut-être pas été toujours le cas. Il y a eu des échecs, comme je pense la vie de tout le monde. J'aimerais commencer aux fondations. À la base, toi de ton côté, tu étais comment quand tu étais petit ? Tu étais turbulent, bon élève, pas bon élève ? J'étais catastrophique.
- Speaker #0
J'étais catastrophique. J'étais catastrophique. Je n'ai jamais été très passionné par l'école. Je m'emmerdais même. Et donc j'avais pas des bons résultats, j'ai redoublé souvent, j'ai changé d'école et tout. Et jusqu'au moment où on m'a dirigé vers une section un peu plus commerciale. Et là je me suis éclaté, je me suis retrouvé dans un univers qui me plaisait beaucoup, je me suis retrouvé à l'aise et puis ça a été plus simple, plus facile et je me suis dit ta voix elle est là-dessus quoi. Mais non, mais gamins c'était chaud.
- Speaker #1
Ok, et Atab avec tes parents, parce que l'Atab quand même c'est quelque chose qui te représente bien je trouve. Est-ce que ça parlait un peu d'argent ? ou est-ce que ça parlait business ou pas du tout ? C'était quelque chose de très tabou. J'aime bien savoir d'où on part.
- Speaker #0
Non, ça ne parlait pas du tout d'argent. Ça avait des belles affaires. Mes grands-parents avaient monté de belles affaires en restauration ou dans des gravières, du côté paternel. Ma mère était commerçante. Ça ne parlait pas du tout d'argent. Ça parlait un peu business, mais pas tant que ça. Par contre, je les voyais naviguer, moi. Je les voyais naviguer dans leur boulot, je les voyais faire, je les regardais beaucoup et c'était quelque chose qui me passionnait quand même.
- Speaker #1
C'est inspirant ?
- Speaker #0
Ouais c'est inspirant tu vois mon père géré à l'époque était secrétaire général des voyages fram donc il gérait beaucoup de monde et tout et ce côté management gestion m'intriguer me plaisait beaucoup et j'étais assez admiratif de ce qu'il faisait chacun à leur niveau une grosse boîte pour mon père du commerce pour ma mère et je me disais c'est je me serais là dedans et après on faisait des grandes tablées on était très on se retrouvait beaucoup en famille avec des amis la table c'était important tu vois c'était des moments de partage prioritaire et où justement on oubliait le boulot.
- Speaker #1
Ok, ok. Et si je me suis bien renseigné, il y a une histoire avec ton oncle Tony. Et j'aurais aimé savoir ce que c'était, parce que je trouve que sur les différentes interviews qu'on trouve de toi sur le net, ça ne va pas assez au fond des choses sur cet oncle Tony, alors que j'ai l'impression que c'est ça qui déclenche.
- Speaker #0
Ouais, c'est complètement ça qui déclenche. Tony, c'est le frère de ma mère. qui est pour moi une des références de la restauration à Toulouse. J'ai toujours été super admiratif de lui, il m'a appris ce métier-là. Et puis il m'a donné la passion de ce métier-là, il m'a présenté beaucoup de monde, ce qui m'a beaucoup aidé en suivant. Et c'est le premier qui a dit, très jeune, qui m'a dit « Thomas, t'es fait pour ça. Cherche pas, t'es fait pour ça. » Et donc tu vois, moi j'ai un peu fui quand même, j'ai fait des études de commerce, j'allais travailler dans des boîtes, dans les cosmétiques, en grande distribution. Et à chaque fois, il m'a ramené. « Viens m'aider, s'il te plaît. Tiens, il me manque quelqu'un, viens. » Et à chaque fois, il me picousait et il m'a donné l'envie d'y aller. Donc il m'a pris avec lui, sous son aile, il m'a présenté tout le monde, il m'a pris ce métier-là, il m'a mis en cuisine, il m'a mis en salle. Et il m'a toujours dit, tu vas réussir dans ce métier-là. Donc c'est vraiment mon mentor sur la restauration, c'est vraiment quelqu'un qui compte. Au-delà de ça, on a un lien familial qui est très fort, on est très proches, on se voit beaucoup, on parle beaucoup aussi. Et on est restés très très proches.
- Speaker #1
Il est comment, du coup, Tony, si on doit l'imaginer, si on doit se décrire, on va dire, un personnage de Tony ?
- Speaker #0
Tony, c'est le personnage de la restauration. C'est-à-dire que quand tu rentres dans le resto, tu rentres chez Carmen, tu voyais Tony de suite, il savait t'accueillir. C'était les bras ouverts, il connaissait tout le monde, il était sur le produit. Donc, il maîtrisait vraiment toute la chaîne du métier, ce qui est très rare. Et puis, la longévité, ça a duré de 80 ans, il a fait jusqu'à 2020, il a travaillé. Et sans s'arrêter, c'était midi, soir. Pour moi, ça a été un exemple des modèles. C'est vraiment un modèle. Et toujours le sourire, la banane, toujours bien habillé. Et voilà, je trouvais ça très classe, ça m'a impressionné.
- Speaker #1
Et du coup, tu essayes de garder ça pour un peu lui faire honneur, ce côté-là où tu dis, il faut que j'ai la banane. Est-ce que c'est une obligation pour toi d'avoir la banane tous les jours ?
- Speaker #0
J'ai la banane naturellement parce que j'aime ce que je fais, j'aime voir les gens, j'aime les recevoir, j'aime les voir heureux. J'aime ce métier-là, honnêtement. Ce n'est pas une obligation pour le tout, c'est naturel. Par contre je suis très respectueux de l'histoire de mes familles. Déjà de mes grands-pères, pour qu'ils aient une admiration extraordinaire pour ce qu'ils ont fait. Ma mère, mon père, mon oncle Tony, voilà c'est des gens pour qui j'ai envie d'être à la hauteur, de laisser aussi une belle trace comme ils l'ont fait, qu'ils soient fiers de moi et ça c'est important pour moi. Et tu vois après la transmission à ma fille aussi, où j'ai envie qu'elle soit fière de l'histoire de son père, de ce que j'ai fait, du nom qu'elle a et tout. Donc voilà, tu navigues avec ça un peu dans ta vie et donc ça te recadre souvent quand même.
- Speaker #1
Et il y a souvent ce truc-là, je trouve, chez les chefs d'entreprise qui ont déjà eu des parents qui ont réussi, ce truc-là de ne pas décevoir et d'être vraiment à la hauteur. Parce que quand on parle de, on va dire vraiment, rien du tout, ses parents ne sont vraiment pas du métier et n'ont jamais créé d'entreprise, il y a, je pense, une pression en moins de se dire, bon, il faut que je réussisse, mais au pire, bon, voilà. Est-ce qu'il n'y a pas ce côté pression de, putain, mes parents, ils ont réussi, pour que j'y sois ?
- Speaker #0
Ouais, sans doute. Tu vis avec la pression des histoires aussi, tu vois, des noms, des histoires. Moi, gamin, ça a été compliqué. J'avais un nom où tous les anciens qui avaient connu les gravières de mon grand-père Fontigny, ils ne me parlaient que de ça. Une famille carbone qui avait un resto où tout nous allait. Donc tu vis avec cette pression-là. Un père qui avait réussi aussi, une mère qui existait vachement. Donc tu vis avec ça, avec cette peur, enfin avec cette pression qui te fait dire, toi aussi, tu dois y arriver, tu dois y arriver. C'est peut-être pour ça que j'étais en rébellion, gamin, dans l'école, où je ne me ressentais pas à l'aise parce que... Peut-être trop de pression, peut-être pas l'envie d'y aller trop vite, tu vois ce que je veux dire ? Et donc j'ai fait traîner jusqu'au moment où je me suis senti à l'aise, et capable d'avancer là-dedans et de pouvoir écrire mon histoire aussi. Et puis après tu vis avec l'envie de faire ton histoire et d'avoir ton nom à toi, d'être quelqu'un aussi. Et c'est peut-être le jour, les libérations, c'est peut-être quand tes parents te disent « Bravo, je suis fier de toi » . Et là tu te dis « Ah, je peux passer le cap d'après, ça y est, j'y suis arrivé » .
- Speaker #1
Ouais, là t'as une petite larme à l'œil. Ouais,
- Speaker #0
c'est important, tu vois, on n'est pas des... Ma mère est très expansive, elle est côté espagnol. Mon père est étalé, il est moins expansif. Mais il me l'a écrit, lui. Un jour, il m'a dit, bravo, c'est top ce que tu fais, je suis fier de toi. Et ça, c'est des moments de libération où tu dis, allez, là, j'y suis, là.
- Speaker #1
Et là, tu accélères.
- Speaker #0
Et là, tu accélères.
- Speaker #1
Et donc, tu m'as dit que tu as commencé dans la cosmétique. Si je ne me trompe pas, et si j'ai bien bossé, tu as commencé chez Chanel. On commence chez Chanel. Bon, on est au top niveau, niveau quand même à faire en France, etc. Pourquoi on y va ? Est-ce que c'est par rébellion de se dire non je vais quand même pas faire de la restauration comme tout le monde, comme toute ma famille ? Est-ce que je vais sur autre chose à exprès ou est-ce qu'il y avait un côté passion de ce côté luxe ?
- Speaker #0
Ouais il y avait un côté passion du luxe. En fait le luxe m'impressionnait et m'attirait vraiment parce que je me disais quand tu as les codes du luxe c'est que tu es dans le détail et tu es vraiment dans l'exigence. Donc ça me plaisait beaucoup et j'avais mon beau-père qui travaillait chez Bourgeon qui était une boîte de Chanel et du coup j'ai... postulé sans le dire en personne dire j'ai postulé j'ai été pris Et comme on n'avait pas les mêmes noms, personne ne savait que c'était moi. Et donc, je me suis retrouvé dans la branche Chanel. Et j'ai fait aussi de la grande distribution. Et là, je me suis formé à l'exigence de la négociation, à la dureté de la négociationnaire dans la distribution, à l'importance des ratios, des cas de pied, de tout ce qui est strat. Et ça, ça m'a nourri pour la suite dans mon parcours de profession.
- Speaker #1
Tu as été formé à gérer un gros groupe derrière.
- Speaker #0
Et au marketing. Parce que Chanel, c'est la classe du marketing, c'est le top. Avec la valorisation de tout ce que tu fais, de tous les produits, mais même des équipes, l'exigence sur toi, ta tenue, comment tu présentes, comment tu parles. Et donc tout ça m'a nourri pendant deux ans et demi. J'ai vraiment grandi avec eux. J'ai appris énormément. Et je pense qu'aujourd'hui, le parcours que j'ai eu, c'est aussi dû à Chanel.
- Speaker #1
Et du coup, c'est à quel moment que tu te dis, bon non, en fait, ça ne va pas être Chanel, ça va être le Varsy.
- Speaker #0
C'est pas le Varsis au départ, c'est mon oncle Tony Carman qui m'appelle et me dit Thomas je suis en galère. Tu vois, il m'a rattrapé.
- Speaker #1
Il te rattrape dans ses restaurants et après tu vas lancer tes autres.
- Speaker #0
Ouais, il me rattrape, il me dit je suis en galère, il me manque du monde, tu peux venir une semaine. Donc je prends une semaine de vacances et je vais là-bas. Et là à la fin il me dit Thomas, mais quand est-ce que tu vas déclencher ? T'es fait pour ça. Et là je commence à réfléchir. Parce que chez Chanel, t'étais beaucoup sur la route et tout ça, donc t'avais des moments vides. Et moi je t'avoue que je suis un hyper actif et j'ai besoin de monde autour de moi tout le temps. Et ça me manquait. Là, j'ai réfléchi, j'ai dit, OK, je vais avec toi, mais par contre, je veux passer par tous les métiers. Donc, il m'a mis en cuisine, il m'a mis au bar, il m'a mis en salle, il m'a mis partout. Il m'a pris la gestion des achats. On m'a acheté chez les bouchers, dans les labos, les viandes et tout. Et j'ai commencé chez Carmen pendant 4 à 5 ans avant d'ouvrir l'Aversi en 2002.
- Speaker #1
D'accord, OK. Ah oui, donc tu as fait une formation de 4 à 5 ans. Donc, on peut dire que tu es ingénieur en restauration.
- Speaker #0
C'est ça, presque.
- Speaker #1
Presque, ouais. OK.
- Speaker #0
Ok, je suis ingénieur, je suis devenu plus tard en fait, parce qu'il faut du temps, il faut de l'expérience dans ce métier, mais il m'a bien formé en tout cas, il m'a vraiment bien formé.
- Speaker #1
Ok, et donc du coup, le Varsis étant premier, en 2002, est-ce qu'il y a des doutes à ce moment-là ? Alors on se dit, bon là, quand même, on quitte Chanel avec un salaire, je suppose, qui doit être super confortable, et là, on se lance dans l'aventure de l'entrepreneur, où le salaire, bon, il faut se le construire.
- Speaker #0
Ouais, alors déjà, quand je quitte Chanel et que je vais chez Carmen, ou tu redémarres à zéro, je redémarre au SMIC à l'époque, je me souviens, c'était 6 000 francs. C'était en 98. Déjà, tu as des doutes. Est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que ça va être le bon parcours ? Et en même temps, je me dis, par contre, maintenant que tu as fait ce choix-là, si tu lâches Chanel pour aller là-dedans, ta vie, elle est là. Et donc, chez Carmen, je passe vraiment du temps à apprendre, à rencontrer les gens. J'avais des petits bouquins où je notais tout sur les clients. Je me suis vraiment préparé à ça. Et en 2002, mon cousin, qui était en formation chez Bocuse, revient chez Carmen. Et là, je dis, il n'y a pas la place pour deux non plus, donc je vais faire mon histoire et j'ouvre le Varsis. Mais j'ouvre le Varsis sans rien. Pas d'argent, pas trop, ce que j'avais économisé de Chanel, on me permet d'un peu, honnêtement. Et là, tout est au démarrage. Pas grand monde, tu vois. Tu es chez Carmen, où c'est gavé tout le temps. Et tu n'es pas très loin, mais il n'y a pas grand monde.
- Speaker #1
Le Varsis, c'est combien de tables, en gros ? Le Varsis,
- Speaker #0
c'est 40 places. On était deux. J'étais en cuisine à l'époque. Il y avait Eric, qui est mon directeur de l'apergola.
- Speaker #1
Ok, oui qui nous a offert les cafés d'ailleurs. Ouais,
- Speaker #0
Eric était là en salle, on a commencé à deux, tu vois, sans trop de moyens, sans trop de tables, sans trop de clients aussi. Et puis ça a pris, on s'y est mis, on a mis du sérieux, on a mis de l'envie, on voulait faire plaisir, et puis ça a commencé à venir, ça a commencé à prendre, et c'est devenu un bel établissement qui a bien cartonné, qui avait de belles références, avec aussi plein de... Tu vois les sportifs, le rugby, le TFC, tout le monde nous a aidé, le stade, le TFC, tout le monde nous est venu, Montauban. Tous les clubs, tous les sportifs venaient nous aider. J'avais ce réseau-là de sportifs. Et puis tous les anciens clients que j'avais chez Carmen qui sont venus m'aider aussi, le petit coup de main, tu vois. Et on a pris. On a pris, on a eu des people et tout. Et puis on s'est fait une autorité en très peu de temps. Ça a explosé très vite.
- Speaker #1
Oui, parce que tu connaissais ces sportifs. Parce que si j'ai bien bossé aussi, t'étais à Sport au Stade Toulousain. Alors ça a dû jouer.
- Speaker #0
Ouais, on en parle beaucoup de ça. Mais honnêtement, c'est un passage rapide de ma vie. Et puis je suis rentré en espoir, mais après, ça ne veut pas dire que tu joues aussi. Ouais, attention. Je suis rentré en espoir, mais moi, le rugby, c'est un truc de copain. Donc je n'ai pas forcément joué en espoir. Il y avait une réserve à l'époque, je jouais beaucoup à la réserve. Mais par contre, j'ai fait mes meilleurs potes. C'est un état d'esprit de rugby qui me plaît beaucoup. Je duplique l'état d'esprit, le management du rugby dans mes affaires aussi. Tu vois, c'est l'esprit d'équipe, de solidarité, de combat. Les valeurs du rugby m'ont beaucoup nourri et le stade est une maison qui te marque à vie, même quand tu n'as pas joué ni à une ni à un sport, ça te marque à vie. Et je suis assez fier d'avoir pu partager ces moments-là avec eux.
- Speaker #1
Ok, ok. Et donc du coup, le Varsis, tu l'ouvres. Et deux ans après, donc en 2004, tu viens ouvrir, là où on est présent aujourd'hui, la Pergola. Ouais. Pourquoi deux ans après ? Est-ce que le Varsis, ça a tellement bien marché que ça ? Parce qu'on sait que quand même, pour ouvrir un deuxième établissement deux ans après le lancement du premier, c'est que normalement, ça a bien bossé. Et que les banques font confiance. Comment ça se passe et pourquoi ?
- Speaker #0
Alors ça se passe que déjà j'avais fait une formation à l'école de commerce. Et quand je me suis mis dans la restauration, après Chanel j'avais appris beaucoup de choses. Et quand je me suis mis dans la restauration, je me suis dit tu vas monter un groupe. Tu vois j'avais déjà cette vision de groupe, j'avais des logos dupliqués, des achats centralisés. Tu vois j'avais fait mon planning. Et en fait j'habitais l'Ardenne et je voyais la Pergola qui était une vieille institution très connue. Tout le monde allait à la Pergola sur l'Ardenne. Je la voyais chuter, chuter, chuter et j'ai dit à mon père écoute. Là, il y a un truc à faire, il faut reprendre la Pergola. Moi, j'ai l'argent pour le fonds, mais je n'ai pas l'argent pour les murs. Varsy cartonnait. Et donc, avec mon père, on est arrivé, on a pris la Pergola. Et donc, pendant deux ans, pour être honnête, on a géré Pergola et Varsy. Et là, soit tu es trop jeune, soit tu manques d'immunité. Mais la Pergola, on a perdu un fric fou, ça n'a pas marché. Ah ouais ? J'ai pas pris le temps qu'il fallait, j'ai pas su trouver le truc pour que... C'était un restaurant où il y avait... Beaucoup de personnes âgées, et moi j'arrivais comme un jeune, avec des codes de centre-ville de jeunes, et puis voilà, ça ne marche pas comme ça en fait. Chaque zone a une clientèle bien distincte, a une capacité d'attractivité bien distincte, et donc il faut adapter aussi son offre. Et moi je suis arrivé avec vachement de manque d'humilité, pas assez de sérieux pour le travailler correctement. Et donc en 2006, j'ai vendu le Varsy, parce que ça marchait bien, je l'ai vendu, et j'ai mis l'argent du Varsy ici pour redémarrer à zéro.
- Speaker #1
Mais parce qu'il n'y avait pas Airbus à l'époque à côté ? Si,
- Speaker #0
il y avait Airbus, mais tu sais, il y avait d'autres restos aussi. Et puis, un restaurant, c'est tout un état d'esprit, c'est toute une ambiance. Il faut le guide, le leader qui va animer, qui va accueillir, qui va surveiller ton service et tout. Et moi, je pense que je n'ai pas été assez rigou. Et donc, je n'ai pas assez supervisé les équipes, je n'ai pas assez supervisé la cuisine, je n'ai pas assez supervisé l'accueil. Et donc, je n'ai pas assez personnalisé mon truc. pour le démarrer. Donc voilà, on a patiné pas mal jusqu'à perdre beaucoup, beaucoup d'argent. Beaucoup,
- Speaker #1
on peut dire comme assez ou pas du tout ?
- Speaker #0
Ah ouais, j'avais perdu 165 euros en deux ans.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Donc là, on y va, on brûle de l'argent.
- Speaker #0
Ouais, on brûle de l'argent, on brûle de l'argent jusqu'au moment où tu peux plus payer. Donc tu vends l'autre et tu remets l'argent ici, mais tu redémarres à zéro. Zéro, zéro. C'est à dire que je ne me suis pas payé pendant des mois,
- Speaker #1
Donc en fait, tu y croyais vraiment à la pergola ? Tu y croyais dur ? Parce que je suppose que pour vendre... Le Varsis qui faisait du cash, c'est-à-dire qu'ici il y avait quelque chose à jouer.
- Speaker #0
J'y croyais dur parce que je voyais bien qu'on avait de plus en plus de mal à se garer dans le centre-ville, les terrasses étaient petites et ça chauffait l'été, que c'était important de travailler le B2B, les entreprises, et que la surface du Varsis était trop petite. Et ici il y avait tout, il y avait une grande surface, il y avait du parking facile, il y avait une grande terrasse, il y avait un matériel cuisine énorme. Donc il y avait tout, et si tu veux à un moment je me suis dit, en fait si tu veux, Si tu veux faire du volume, si tu veux faire du chiffre, si tu veux construire quelque chose, fondation solide, c'est le lieu parfait. Et donc voilà pourquoi j'ai fait ce choix-là. Et donc il a fallu trouver le mix entre la clientèle du quartier un peu âgé, familial, qui venait manger ici, mais aussi tous les jeunes du centre-ville à faire venir avec un côté très festif. Donc tu vois, j'ai fait des soirées d'idées, j'ai fait plein de choses, j'ai fait venir plein de monde. Pour animer et le rendre un peu, c'est une des premières guinguettes de tous, il est en vol et nous quoi.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Mais oui.
- Speaker #1
Ah à l'époque c'était ça ? Parce que moi à l'époque du coup, en 2004, je savais pas lire.
- Speaker #0
Ouais c'est ça.
- Speaker #1
Donc si tu veux j'ai...
- Speaker #0
T'es obligé de le dire ça ?
- Speaker #1
Non je suis pas obligé de le dire mais... Mais tu l'as dit. Mais tu vois, tout le monde se rend pas compte de ce que c'était aussi la pergo à son début, parce qu'il y en a des plus anciens qui vont savoir ce que c'est, et encore je pense que quand t'as 35 ans... Tu ne savais peut-être même pas ce que c'était encore l'Apergo, et puis aussi pour les personnes qui nous écoutent ou qui nous regardent qui ne sont pas de Toulouse, tu ne connaisses pas en fait l'institution que c'est ?
- Speaker #0
Oui, en fait l'Apergo, si tu veux, j'allais beaucoup à Saint-Tropez quand même, je travaillais là-bas, et en fait je faisais venir mes potes, DJ, personnalités de partout. Ils ont tous dégoulé ici, on a fait des grosses soirées, ça a été très festif. Et en fait c'était vraiment une guinguette, c'était les premières guinguettes avec Envol et nous, où c'était tout le temps plein, il y a musique à fond tout le temps. Et ça a cartonné comme ça, ça a démarré comme ça.
- Speaker #1
Ok, et du coup, comment après ça se passe, les rachats des futurs restaurants ? Parce qu'après l'Apergo, j'ai l'impression qu'il y a une espèce d'accélération, au moment où ça a vraiment bien fonctionné, une espèce d'accélération de rachat, de création, avec plein de business aussi, un côté traiteur. Il y a plein de choses qui se passent, j'ai l'impression.
- Speaker #0
En fait, je te dis, pendant 2006, quand je me suis mis ici à 100%, jusqu'en 2008-2009, J'ai beaucoup bossé, je ne me suis pas tout le temps payé, mais par contre j'ai travaillé sur la fondation et j'en ai fait une belle machine de garde. Et ça a cartonné, ça a monté, et puis là tu commences à faire de l'argent, et là je me suis dit, bon, mais là maintenant tu peux, tu as une belle fondation, c'est prêt, c'est ancré dans Toulouse, donc tu peux commencer à développer. Et mon idée a toujours été de dire, il faut qu'en fait on puisse manger pergo, dormir pergo, grignoter pergo, debout, assis, en fait tu vois, il fallait qu'on ait tout le spectre de la restauration. Et donc très vite j'ai commencé à bosser sur d'autres concepts. un concept hôtellerie, un concept snacking à l'époque, par exemple. Et en 2010, c'est Micka Merz qui a le Sporting Village à Toulouse qui m'appelle et qui me dit « Putain, un resto, ça marche pas trop, l'hôtel non plus, est-ce que tu peux t'associer avec moi et y aller ? » Et j'ai dit « Bah écoute, on y va » . Et on démarre comme ça le développement, avec d'abord Mickaël Merz sur le Sporting, on fait hôtel et resto. Puis après, j'ouvre Paye Pergo à Nayou au Village des Marques. Puis j'en ouvre un autre à La Bège, puis j'ouvre un resto à La Bège. Et puis je continue comme ça à développer et restauration et snacking et hôtel.
- Speaker #1
À la Bèche, tu as quoi ? Tu as le bouillon toulousain ?
- Speaker #0
J'ai le bouillon toulousain à la Bèche, c'est tout.
- Speaker #1
C'est tout ? Oui, en ce moment.
- Speaker #0
Et à Vaille, il y en avait deux.
- Speaker #1
Et tu as aussi le bouillon toulousain, si je ne me trompe pas, à l'Hippodrome.
- Speaker #0
À l'Hippodrome, tout à fait, ouais. Et qui marche très fort. Et donc voilà, on commence à développer comme ça, comme ça à fond. Et donc on arrive même, on a une franchise à Albi, on a plein de restos à Toulouse, des hôtels à Bruguère, partout.
- Speaker #1
Tu as quoi comme hôtel dans l'esprit à Bruguère ?
- Speaker #0
Pareil, j'avais fait un truc qui s'appelait Pergotel, donc les mêmes décos partout. Et tu vois, j'avais optimisé tout. C'était comme les systèmes de franchise, c'est-à-dire que c'était les mêmes décos, les mêmes tenues, les mêmes achats. J'avais tout centralisé, donc tout optimisé, tu vois. Tout ce que j'avais appris chez Chanel et Bourgogne, en fait. Donc j'avais tout optimisé. Et donc ça cartonnait, et puis on dupliquait, Et en 2015, je voyais, j'ai même ouvert à Paris, une pergola, rue Mazarin. Et en 2015, je voyais bien qu'on perdait les groupes d'entreprise. Et que les groupes d'entreprises, il y avait plein de salles de réception qui s'étaient montées. Et les entreprises allaient de plus en plus dans les salles de réception avec les traiteurs. Et donc là, j'ai dit, là, il y a un changement de mentalité, il y a un changement de consommation. Donc, j'ai vendu les hôtels et j'ai racheté Scandi Traiteur, qui a été mon démarrage en traiteur.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'est en 2015, pour un rachat final en 2018. Et après, en 2019, il y a eu Ernest avec le Stade Toulousain. Et puis 2020, Covid. Et après 2020, par contre, il y a eu une autre phase aussi de construction à cette fois.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Ce côté-là où on s'associe avec Didier Lacroix, comment ça se passe ? Parce que c'est quand même un personnage toulousain très connu, emblématique, connu, j'ai envie de dire, presque partout en France, même maintenant vu les performances. Comment ça se passe ? Parce que ça reste quelque chose d'assez sympa.
- Speaker #0
Alors d'abord, tu t'associes à l'Estat Toulousain.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis Didier gère le stade et donc forcément c'est lui la personne physique qui est à tes côtés. Didier c'est une histoire d'amitié déjà, on se connaît depuis longtemps, on est très proches, on s'entend très bien, on a souvent les mêmes passions. Et quand t'es comme ça ami et tout ça, t'as envie de vivre des histoires en fait. Et en 2017 Didier reprend le stade toulousain qui était dans une période très compliquée honnêtement et sportivement et financièrement. Et là, il appelle plein de potes à lui qui ont joué ou pas joué pour essayer de reconstruire ce club. Et chacun dans sa compétence. Donc ça va du mec qui fait du numérique au mec qui fait du social, au mec qui fait de la restauration comme moi. Et il essaye de créer une task force comme ça pour relancer le club chacun. Et on crée, et là je lui dis, fais-moi toute la politique FNB du club.
- Speaker #1
Et tu sais le FNB pour ce club ?
- Speaker #0
Le Food and Beverage, c'est tout ce qui est alimentation et boisson. Donc les buvettes, la brasserie. Et j'ai créé la Bodega. pour le stade. Mais tu travailles en amitié là, c'est pas payé quoi, tu travailles en amitié. Et donc on a créé la Baudéga, on a revu un peu le fonctionnement des buvettes, on accompagnait aussi la Braski à ce moment-là. Et tout le monde a travaillé pour que le stade reprenne ses lettres de noblesse. Et le stade a la chance d'avoir un président comme Vivier Lacroix, je le dis, haut et force, qui est un mec qui connaît le rugby, qui est un mec humainement énorme, passionné. qui pourrait crever pour son club et qui s'est donné à des 1000% pour le remonter et qui nous a tous fédérés d'ailleurs dans ce projet là. Voilà comment ça passe. Et en 2019, ils avaient une boutique en centre-ville qui leur coûtait cher, qui vivotait, qui était vide. Et du coup, il me dit qu'est-ce qu'on pourrait faire ? J'ai dit écoute, on va faire un Ernest. Sauf que là, on prend les Gilets jaunes au bout d'un mois. Et tu sais, c'était juste à côté. Donc tous les jours, on était bloqué, bloqué et on rate le lancement. Et au bout de six mois, j'ai dit, écoute, laisse tomber, on va ailleurs. Il m'a dit, moi j'ai un projet sur la Seine-Denis avec le golf, fais-moi un resto là sur le golf. Et voilà comment on a lancé Ernest avec le stade. D'accord,
- Speaker #1
et qui n'était pas du coup là où on le connaît tous à cet endroit-là en fait à la base. Parce que je n'étais pas au courant de ce qui se passe en centre-ville.
- Speaker #0
Au départ, on est rue Ernest-Lorraine, là où il y a la boutique du stade aujourd'hui.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, au départ on est là et je te dis... Un mois après, on prend les gilets jaunes et les rassemblements des gilets jaunes, qui étaient là à ce moment-là tous les jours, tu vois, sont à 10 mètres de nous. Donc en fait, les clients ne peuvent plus venir après un bon démarrage. Et c'est là que je dis, il faut partir et on se retrouve sur le golf.
- Speaker #1
OK, OK, d'accord. Et là, on est à peu près sur l'épisode 2019-2020. Bon, il y a un épisode connu, 2019-2020, qui est le Covid. Les restaurateurs, ils ont été un peu bousculés par tout ça. Comment toi t'as fait pour survivre ? Qu'est-ce que tu as mis en place ? Est-ce que ça t'a coûté de l'argent ? Est-ce que tu as réussi à faire des choses qui ont fait que tu t'en es bien sorti finalement ? Ou est-ce que ça a été très dur ?
- Speaker #0
Ouais tu sais je suis d'un tempérament où quand il y a des difficultés j'aime bien me battre. Et j'aime bien me dire tu ne vas pas te laisser bouffer. Donc dès qu'il y a eu la période Covid, mon truc ça a été de réagir très vite. Et j'étais déjà au conseil d'administration du Medef et donc j'avais quand même des infos en amont donc j'avais anticipé un peu. C'est l'avantage de Medef aussi, c'est d'avoir des infos, évidemment, pour les entrepreneurs, c'est un bon guide. Et à ce moment-là, le Medef m'a sollicité pour les aider, au national, à négocier les aides, à l'époque, S1, S2, S3, les aides pour toute la restauration, le tourisme, l'hôtellerie, tout ça. Et donc, je me suis mis à fond là-dessus. Tu vois, ce côté, cette envie d'être utile pour toute la restauration, tout le métier. Et donc, j'ai beaucoup travaillé avec les députés, la nuit, tu vois, je faisais les rapports, je... Je prenais les infos à droite à gauche. Je remontais toutes les infos de tous les MEDEF. Et je travaillais avec les députés pour négocier les aides pour chaque activité.
- Speaker #1
D'accord, donc les restaurateurs de France pourraient te dire presque merci Thomas.
- Speaker #0
Pas que moi, mais effectivement, j'ai fait partie de ces groupes-là. Mais je n'étais pas seul, il y en a plusieurs, mais j'ai fait partie de ces groupes-là. Et là, je me suis vraiment senti utile. Et puis j'ai été utile pour moi aussi, parce que quand tu es utile pour les autres, tu es utile pour toi. Mais ça a été une période archi intense en fait. Une période où je n'ai pas trop réfléchi parce que j'avais comme but, c'était aussi préparer la suite de chez moi. On a digitalisé tout le groupe à ce moment-là. Je me suis dit, ça va changer, il va se passer des choses maintenant.
- Speaker #1
Là, tu as fait du click and collect, ça veut dire ?
- Speaker #0
Oui, on a fait du click and collect, mais on a digitalisé aussi tout le groupe. Nos plannings, nos caisses, tout a été digitalisé. On en a profité de la période pour vraiment tout digitaliser, revoir nos achats, revoir les techniques de service, les formations. Donc, on a vraiment bossé avec les équipes, on a vraiment bossé et en pro. Il y avait le Medef pour le soutien. Et après, oui, tu perds de l'argent. Période Covid, tu perds de l'argent. Moi, avant Covid, j'étais parfait, j'étais au top, tout allait bien. Derrière, tu redémarres, c'est plus compliqué. Et on a eu la chance quand même d'avoir le PGE, qui nous a bien soutenus. L'État était vraiment sans calculer pour la suite sans doute, mais on peut le reprocher pour plein de trucs, mais en tout cas, ils nous ont sauvés. Et après, tu peux revenir sur les modalités de règlement, de remboursement de PGE qui sont beaucoup trop courtes, sur plein de choses. Mais en attendant, on a quand même été accompagné sur cette période.
- Speaker #1
Oui, qui ont fait mal à des restaurants.
- Speaker #0
L'effet qui se coule, il est après en fait. Mais comme j'ai dit, quand tu rembourses 25% de ton chiffre d'affaires en 4 ans, ça ne marche pas. Au métier, tu fais environ 5% de résultats.
- Speaker #1
Pour parler un petit peu chiffres sur les restaurants en globalité, déjà de 1, en tant qu'humain, combien ça te coûte ?
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
En tant que com, combien ça te coûte de gérer un groupe avec 200 salariés ? Il faut faire des concessions, je ne suis pas sur plein de choses. Combien ça coûte ? Parce qu'on parle beaucoup d'argent, mais jamais...
- Speaker #0
On parle humain, là.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'aime bien dire, je le dis souvent d'ailleurs, ça ressort, que l'humain est la plus belle richesse de l'entreprise. Et être dirigeant aujourd'hui, c'est vraiment un dégoûtement. C'est dur, je trouve. C'est dur parce qu'on est dans un pays où fiscalement c'est compliqué. On est avec des crises, des guerres, des conflits, tout ce que tu veux qui fait que tout est dur. Donc aujourd'hui, entreprendre, c'est vraiment quelque chose de forfaut et pas assez valorisé. Donc humainement, ça coûte. Humainement, quand tu lances ton entreprise, que tu as un projet en tête, que tu as envie d'y aller, de réussir, tu donnes ta vie. Tu donnes ta vie, tu tentes tout, tu fais des erreurs, tu chutes, tu te relèves. Et c'est celui qui chute le plus, qui se relève le plus, qui passe le cap en fait. Donc humainement c'est dur, c'est dur et d'ailleurs on ne parle pas assez aujourd'hui du mal-être ou de la solitude des dirigeants. Et après tu as les équipes aussi avec toi, pour qui des fois c'est dur aussi, et puis il faut arriver à, si tu veux, compenser toi pour que ce soit mieux, parce que c'est le moteur de ton projet. Humainement, c'est beaucoup de sacrifices. J'ai dévoué ma vie à ma partie professionnelle, en donnant un espace à ma fille qui est ma priorité. Je peux tout arrêter pour ma fille, honnêtement. Mais voilà, j'ai essayé de naviguer là-dedans, voyant mes amis qui venaient beaucoup me voir dans mes restos. Du coup, tu travailles 18 heures par jour, 20 heures par jour, 7 sur 7. Et ça, c'est 20 ans de ma vie en fait. C'est 20 ans de ma vie, mais j'aime ça. Je me suis éclaté, j'ai eu des belles réussites, j'ai eu des échecs. Par contre, j'ai réussi à naviguer avec ça et j'ai appris à naviguer avec ça. Je te dis, j'aimais le combat aussi. Quand je me suis planté, je m'en suis servi pour essayer de rebondir.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, gérer ce groupe-là de 200 personnes, comment tu le fais au quotidien ? C'est quoi ta technique de chef d'entreprise pour gérer un groupe ?
- Speaker #0
C'est d'être bien entouré avec des gens meilleurs que toi. Ça, c'est la base. C'est-à-dire qu'en fait, tu ne peux pas tout maîtriser. Donc moi, je me suis entêté à prendre des gens meilleurs que moi. Que ce soit en cuisine, que ce soit en salle, que ce soit en contrôle de gestion, en RH, en tout, j'ai des gens meilleurs que moi. Et à moi de les fédérer, de piloter le truc et de leur donner les bonnes stratégies, le bon guide, d'être proche aussi et de motiver tout le monde. Mais tu ne peux pas tout faire tout seul. Ce n'est pas possible. Tu ne peux pas être le meilleur dans tout. Ce n'est pas vrai. Et toi, par contre, tu dois être un bon stratège. Un bon pilote financier, puis tu dois avoir une vision, tu dois anticiper. Et quand tu as les bonnes personnes, elles permettent d'avoir de la hauteur pour que toi tu puisses anticiper la suite et toujours avoir un pas d'avance sur le reste. Et on a fonctionné comme ça, ça a été ma devise. Et à chaque fois que j'ai gagné un peu d'argent, que j'ai évolué, j'ai essayé de prendre une personne de plus, meilleure que moi dans le secteur d'activité. Voilà comment j'ai commencé.
- Speaker #1
Et si on devait avoir le conseil de Thomas Fantini pour une personne qui souhaite ouvrir son restaurant l'année prochaine ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu lui donnes comme conseil, s'il y en a un, deux ou trois, en oubliant celui de l'emplacement,
- Speaker #0
Alors déjà, je vais le féliciter parce qu'ouvrir un restaurant aujourd'hui, c'est chaud. Donc bravo. Deuxièmement, je vais lui conseiller d'avoir pris beaucoup d'expérience dans des restaurants connus où il y a des clients, beaucoup de clients, des gens qui sortent, où il va se faire un réseau, un relationnel des gens. Ça, c'est le premier truc. Parce que si tu n'as pas l'emplacement, Il va falloir que tu fasses venir les gens, donc il faut être une personnalité. Et puis surtout, il faut être très bon dans les fondamentaux. Les fondamentaux c'est la cuisine, le service. Et donc quand tu dis la cuisine, c'est les achats, c'est le bon produit, c'est le bon cuisinier, le petit détail. Au bon prix. Au bon prix, donc c'est les bons achats. C'est le service et l'accueil, c'est le petit détail en plus de fidélisation, c'est la proximité client. Si tu veux, je trouve qu'ouvrir un restaurant aujourd'hui, soit tu es un champion du monde et t'es né, il y en a un, t'as entendu parler au rugby, ben voilà, Louis qui est comme ça. Soit t'as vraiment eu tous ces panels-là d'expertise, d'expérience pendant des années où t'as cumulé et très tôt tu t'es dit, il faut que je sois bon service, que je sois bonne cuisine, que je sois bon achat, il faut que j'ai du réseau. Et là après, c'est pour monter mon restaurant. Moi, ça a été mon parcours, ça en fait. Je voulais monter des restaurants, je voulais monter un groupe. Donc très vite, je me suis dit, il faut que tu maîtrises tout ça très vite. Et je me suis fait mon réseau. Et à cette époque-là, on sortait beaucoup. Le soir, on offrait des coups, pam pam, et tu commençais à construire ton histoire comme ça.
- Speaker #1
Ok. Et il y a un chiffre qu'on ne dit pas souvent, c'est celui de combien il t'en reste à la fin. Parce qu'on va dire qu'on fait un bon resto avec une belle bouteille de vin, un beau menu, etc. Il y en a pour 100 euros. Combien de toi, restaurateur, il t'en reste réellement ?
- Speaker #0
Alors, ce que j'ai oublié de dire sur le truc d'avant, c'est qu'en fait, il faut fournir aussi une expérience au client. Ce que je peux dire, c'est qu'il faut que le client vive une vraie expérience dans la restauration. C'est fini le truc où tu viens manger une bonne table et tout. Non, il faut une vraie expérience. Il faut qu'il se passe un truc au-delà de l'assiette. Combien il reste à la fin ? Sur mon long parcours de restauration, je pense que je suis passé de 12 à 15 % à aujourd'hui entre 2 et 3 %. C'est-à-dire que sur 100 €, tu en restes 2 à 3 €. Voilà la réalité aujourd'hui de notre métier. Pour les meilleurs, il se reste entre 5 et 8 %. Donc 5 et 8 euros, ça c'est pour les meilleurs. Pourquoi ? Parce que 1, la matière première a fortement augmenté. 2, la masse salariale aussi a augmenté. Et c'est un métier où tu as besoin de monde pour servir et pour être, produire et servir. Plus que dans d'autres métiers, donc tu as une valeur ajoutée plus faible. Et en plus aujourd'hui, on est submergé de normes, de contrôles, de trucs, d'obligations qui font que... Ça te coûte une tonne quoi. Et puis tu prends l'énergie, tu prends des variations, des fluctuations, des fluctuations de clientèle parce qu'une fois tu as une guerre, une fois tu as une crise, une fois tu as une canicule. La canicule elle est terrible aujourd'hui pour les conneries. Et donc aujourd'hui ta marge de manœuvre elle est très très très serrée. C'est pour ça qu'il faut être bon dans tout en fait. Et je te dis aujourd'hui la moyenne nationale du résultat en France en restauration c'est entre 3 et 5%. C'est que dalle. Le travail fourni pour faire 100 euros de chiffre d'affaires, je trouve que 3 à 5 euros de résultat, c'est pas assez. C'est un travail de dingue la restauration, comme d'autres métiers d'ailleurs. Mais c'est un travail de fou et ça doit être mieux rémunéré.
- Speaker #1
Ok, c'est super intéressant parce qu'on a l'impression forcément que les restaurateurs, ils prennent une marge énorme. Tu as l'impression que tu prends une bouteille de vin à 30 euros, elle leur coûte 3 euros. Mais en réalité, il y a tout le personnel derrière, le cadre, le lieu, le loyer. Les loyers,
- Speaker #0
les charges, tout, les impôts, tout. Non, aujourd'hui, ce n'est plus un métier à forte valeur ajoutée. Et donc, je te dis, très normé, très normé. Donc, très, très dur. Et d'ailleurs, tu vois toutes les affaires qui pètent.
- Speaker #1
Oui, il y en a énormément. Et du coup, de ce côté-là, toi de ton côté, je sais que tu es président du CFA de Bagnac. J'ai travaillé d'ailleurs, j'ai donné cours il y a quelques années. Et comment tu fais pour passer ce message-là à des étudiants ? Ça formule, si je ne me trompe pas, 25 000 étudiants depuis sa création à peu près. Comment tu leur passes ce message-là ? Allez-y les gars, la restauration, c'est super. Par contre, vous n'allez pas gagner grand-chose, mais motivez-vous à y aller.
- Speaker #0
En fait, déjà le président de la CFA de Bagnac, ou la CFA parce qu'on a féminisé d'ailleurs, la cité des formations, c'est la CFA qui appartient au MEDEF. Et donc qui était en difficulté, pareil, en 2020, du coup le MEDEF m'a demandé d'y aller. Et pour moi c'est l'avenir de notre métier, tu vois. Aujourd'hui on manque de personnel, on a une passion sur les recrutements, et donc on a besoin de CFA fort, on a besoin d'apprentis, d'apprentissage, pour construire l'avenir de notre métier. Donc j'y suis allé plein tube. Et le premier truc que je me suis dit, c'est en fait, on a un métier extraordinaire et il faut donner de la passion avant tout. Avant la technique, il faut passionner les gamins. Et il faut qu'ils aient des exemples en fait. Je suis beaucoup dans la culture des champions, tu vois. Quand quelqu'un réussit dans un truc, il faut qu'il vienne en parler et qu'il transmette. Et donc on est dans la transmission. Et donc au-delà des cours classiques, de la technique que tu peux apprendre et tout ça, on fait venir beaucoup d'intervenants. On valorise énormément le CFA, on a fait une très très belle image. pour que les gens soient fiers d'être au CFA. On a refait tout le bâtiment avec des outils extraordinaires, un bar et tout. Vous avez un bar magnifique. Le bar,
- Speaker #1
pour ceux qui vous regardent, on mettrait un petit plan de coupe du bar du CFA. Le bar, on dirait vraiment qu'on est plein centre-ville, capitale, et un beau bar en bois. C'est magnifique.
- Speaker #0
C'est ce que je voulais, parce que le bar, les sommeliers, le matériel, les cuisines, le resto, en fait, il faut que les jeunes... se retrouvent dans un environnement qui soit valorisant pour eux, dans lequel ils ont envie de travailler, dans lequel ils se sentent bien, qui est à la hauteur de ce qu'ils sont. Parce que dans l'avenir, ça va être des personnages importants pour notre métier. Donc il faut être à la hauteur de ça. Et puis surtout, il faut qu'ils aient les outils actuels. Parce qu'on te forme souvent avec des outils qui ne sont plus... qui ne sont pas minimes pour la suite. Donc là, ils ont vraiment les outils actuels qu'ils vont retrouver dans n'importe quelle entreprise, donc ils ne sont pas à travailler.
- Speaker #1
Et puis c'est eux qui font aussi à manger directement au self.
- Speaker #0
Bien sûr, il faut en manger au CEP, donc ils sont en pratique en permanente. Il faut en manger au restaurant, ils font des cocktails quand on fait des réceptions d'institutionnels ou autres. C'est les cocktails qui font ça. Les sommeliers font le service aussi au resto. Il y a les fleuristes qui travaillent. On a créé une banque alimentaire, on a créé, pardon, avec la banque alimentaire, une épicerie solidaire. Parce qu'on a des gamins en difficulté, moi ça me rend fou ça. Ou les gamins peuvent acheter pour pas grand chose. de quoi manger, se nourrir et même des produits d'hygiène et tout jusqu'aux produits d'hygiène. Parce que là aussi on se doit les accompagner en dehors aussi. La situation économique fait que des fois on a des gamins en grosse difficulté donc on ne doit pas les oublier ceux-là. On a un gros sujet d'inclusion chez nous. On travaille aussi sur le handicap. Et donc tout ça, tout cet environnement fait qu'il y a un état d'esprit où ben tu vois il se passe un truc quoi. Et c'est ça la vie qu'on doit en tout cas, le savoir-être et les valeurs qu'on doit véhiculer et transmettre.
- Speaker #1
Combien ça coûte pour quelqu'un qui voudrait manger au CFA de Bagnac ? Parce qu'en réalité, les gens ne savent pas forcément qu'il y a un restaurant là-bas et qu'on y mange plutôt bien en plus, pas forcément super cher. Comment ça se passe ? Comment on fait pour réserver une table ?
- Speaker #0
Il faut réserver, il faut appeler parce qu'il y a quand même beaucoup de monde entre les apprenants, les formateurs et on a des gens extérieurs. Sur le self, à midi, tu payes entre 5 et 8 euros et c'est super. Oui,
- Speaker #1
je valide. Je vais manger quelques fois, c'est super.
- Speaker #0
Et là, tu vois, sur la partie chef, on les forme aussi à cette restauration-là, qui existe et qui doit exister, mais aussi à la restauration collective et tout. On travaille aussi avec la restauration collective. Et après, tu as la partie resto qui est ouverte mardi et le jeudi, sur réservation, manger entre 30 et 40 euros. Et je t'assure que c'est de la bonne cuisine.
- Speaker #1
Ah oui, c'est du gastronomique. C'est très, très bien. Et du coup Thomas, il y a quelque chose qu'on aborde rarement en tant que chef d'entreprise, parce qu'on est très, je trouve, dans le chef d'entreprise, très dans l'ego, le j'ai réussi, etc. Et on camoufle souvent une partie du parcours. Et cette partie du parcours qu'on camoufle, c'est généralement les échecs.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Toi de ton côté, t'as sûrement eu des échecs.
- Speaker #0
J'en ai plein.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'en ai plein, je t'en parlais tout à l'heure, l'échec quand j'ai repris ici déjà à Pergola. Au bout de deux ans, tu vois, le manque d'humilité ou la jeunesse, il ne faut pas avoir peur de dire ça. Je me suis planté donc j'ai dû redémarrer à zéro. J'ai eu un gros échec en 2013 aussi. 2013 avec un gros burn-out. Et d'ailleurs, je n'ai pas eu peur d'en parler derrière et je suis assez fier d'en avoir parlé parce que c'était très tabou et c'était une marque de faiblesse pour tout le monde et plein de chefs dans le trou. Je me dis Thomas, tu n'aurais jamais dû en parler. Ce n'est pas bon pour ton image. En fait, je m'en foutais parce que ça m'a permis de débacuer. Et là aussi, je me suis dit, ça t'est arrivé. Par contre, quand tu en es sorti, il faut que ça serve aux autres. Là, on en est 13, on a quasiment tout perdu. J'ai redémarré à zéro aussi.
- Speaker #1
Le capitaine du bateau tombe. Qui c'est qui gère ? Peut-être Eric, du coup, qui était quand même là. Il y avait Eric,
- Speaker #0
il y avait Coralie, qui avait moi aussi depuis 20 ans. Ils ont bien tenu la baraque. Christophe Marion, qui était là aussi et qui est maintenant au CFA. Allez, moi. Donc les équipes, je les ai gardées, on est resté fidèles. J'estime qu'on ne fait qu'un. Mais 2013 a été un bel échec. Et puis après tu prends des échecs, Covid est un échec en fait. Et puis il y a des concepts que tu lances qui sont des échecs, qui ne marchent pas. Financièrement, tu as des hauts, des bas. Moi j'ai connu tout ça, j'en ai eu beaucoup. Et en fait ce n'est pas tabou, j'en parle pas mal. Je trouve que ça fait la partie de notre vie, que ça existe. Tu sais aux États-Unis, l'échec c'est souvent une preuve de réussite future. Et moi je trouve qu'à chaque fois que j'ai eu un échec, je me suis construit. Je me suis remis en question. Je suis allé chercher une autre force. Et plutôt que de le subir, je me suis dit à quoi ça va te servir ? Qu'est-ce que tu en tires comme le soin et vas-y. Et ça c'est l'état d'esprit qu'on doit avoir. C'est trop tabou en France. Aujourd'hui, le tribunal de commerce, les gens ont peur d'y aller et tout. Aujourd'hui, le tribunal de commerce c'est là pour t'aider quoi. Au départ, il n'est pas là pour te tuer. Donc il faut y aller en amont, anticiper avant. Et la phase de redressement, elle peut te servir à remonter en ap... plein d'exemples comme ça.
- Speaker #1
Oui, on peut remonter. Ça reste une phase de redressement qui est quand même assez... Qui est dure. Fermée et très dure. Parce qu'il faut tout justifier, etc. C'est très complexe. Mais mine de rien, ça peut sauver beaucoup d'entreprises.
- Speaker #0
Et du coup, ça te sort. Moi, je connais plein de chefs d'entreprise qui, du coup, ont vachement appris sur cette période-là. On a appris des nouvelles techniques. On a appris à optimiser. On a appris à mesurer. Et on a appris de leurs erreurs, en fait. Et derrière, on a explosé de nouveau. Donc, il faut arrêter d'avoir peur de l'échec. Ça fait partie de nos vies. On a le droit de se planter. Tu sais quoi ? En vélo, quand tu tombes plusieurs fois, au bout d'un moment, tu commences à pédaler. C'est pareil, l'entreprise. Tu peux te planter, c'est pas pour ça que tu vas pas réussir. Et donc, en France, on a cette peur de l'échec qu'il faut sortir de nos esprits. Avoir un échec, c'est poser des fondations supplémentaires pour la suite. Donc n'ayons pas peur de se planter, on a le droit de se planter, c'est pas grave. Voilà ce que je dis.
- Speaker #1
Et toi, après un échec, t'as un espèce de rituel ? tu as quelque chose que tu fais, tu te dis, bon, ok, ça, ça a été un échec. Ou alors, peut-être une entreprise, tu vois, qui ne va vraiment pas bien, et tu as peut-être repris aussi des entreprises qui ne vont pas. Qu'est-ce que tu fais pour dire, ok, là, on va dépoussiérer, et je vais remettre la machine en route ?
- Speaker #0
En fait, quand tu as l'échec, ou quand tu sens que ça ne prend pas et tout ça, parce que ça paraît, tu as des bonnes idées, tu te dis, waouh, mais bon, tu n'as pas trouvé le bon lieu, tu n'as pas trouvé la bonne équipe, tu n'as pas trouvé, si, bon, voilà, ça ne prend pas. Il y a deux choses. Il y a soit, tu te dis, ben, j'y vais parce que je sens que je peux. je peux y arriver à rétablir. Et tu reposes tout et tu reprends tout de A à Z. Tu te dis, est-ce que j'ai fait l'erreur là, Et tu tires ton premier constat. Je suis capable de rétablir ? Ou non, il vaut mieux arrêter ? Des fois, tu sais, il vaut mieux se couper un mois. Moi, il m'est arrivé d'arrêter des affaires. Ça m'a coûté beaucoup d'argent. Mais je préfère arrêter parce que je sentais que je n'arriverais pas à la remonter. Et donc ça, ça fait partie de ma vie en fait. J'en ai arrêté 2-3 comme ça. Et j'ai perdu de l'argent. Et ce n'est pas grave. Eh bien, j'ai mieux géré à côté. Je me suis remis dans le match. Et je me suis refait l'argent et j'ai redémarré. Mais tu vas au bout de tes trucs. Premier truc, le constat, comme je te disais. Je pense que je peux réétablir. Ou les voyants ou les process peuvent me faire rétablir. Ou je ne peux pas rétablir, ils vont m'y arrêter. Il ne faut pas avoir peur.
- Speaker #1
Ok, même si c'est une décision qui ne fait pas plaisir, il faut accepter de dire là, c'est un échec.
- Speaker #0
Bien sûr qu'il ne fait pas plaisir, qu'il te met en difficulté, qui moralement est dur. Mais par contre, si tu te mets dans la tête que c'est notre vie et que c'est... comme ça et que ça arrive. Et c'est pas pour ça que t'es pas bon. Au contraire, tu vas être meilleur parce que t'as appris quelque chose. Donc, il faut pas avoir peur de l'échec. Ça fait partie de nos vies et ça fera toujours partie de nos vies.
- Speaker #1
Ok. Et toi, de ton côté, est-ce que tu penses que le chef d'entreprise, le dirigeant doit se faire accompagner ? Parce qu'on voit souvent des dirigeants se faire accompagner par des coachs en management, des coachs en prise de parole, par des super experts comptables, des super assureurs, des super avocats. Comment on doit s'entourer ? Est-ce qu'il y a des... entourages qui sont vraiment obligatoires ? On peut parler de l'espère comptable, par exemple. Mais est-ce qu'il y a des entourages qui sont moins obligatoires mais qui, pour toi... sont vraiment nécessaires.
- Speaker #0
Mais alors, au même titre que je disais tout à l'heure que l'équipe est primordiale et qu'avoir des gens meilleurs que toi dans chaque segment, c'est primordial. Si tu n'es pas entouré, tu ne peux pas y arriver, soyons clairs. Donc aujourd'hui, il te faut le bon cabinet d'expertise comptable. Moi, en 2006, quand je me suis planté, je me suis rapproché de mon cabinet d'expertise comptable et j'ai retravaillé plein de process, des reporting, des outils de reporting, de suivi, de contrôle. Et c'est grâce à eux, en fait, que j'y suis arrivé. Et aujourd'hui, j'ai toujours les mêmes, on est très proches, ils me suivent depuis le début. Très bon avocat. Parce que juridiquement, t'auras toujours des problèmes. Soyons clairs. Ça, c'est la base.
- Speaker #1
Et du coup, j'aimerais aller sur ton dernier épisode, le plus récent. Parce que là, actuellement, on filme, on est quoi ? On est le 15 juillet, je crois, si je ne me trompe pas. Et mi-juin, il s'est passé quelque chose ?
- Speaker #0
Avant mi-juin.
- Speaker #1
Avant mi-juin ?
- Speaker #0
Tu vois, c'est un problème de date. On est le 16 juillet aujourd'hui.
- Speaker #1
On est le 16 juillet.
- Speaker #0
Et le 11 juin, j'ai été élu président du MEDEF 31.
- Speaker #1
Ok. J'étais sur du méjus. Voilà.
- Speaker #0
Et ouais, c'est la suite de six ans de vice-présidence Medef. Tu vois, après Covid, Pierre-Olivier Naud, ancien président, m'avait demandé d'être dans son équipe en vice-président. Donc j'ai fait six ans là-dedans, je me suis éclaté, je me suis senti utile. Je n'aurais pas dû être président là, mais il y a eu une demande. On m'a sollicité pour y être. Et je t'avoue que je voulais aller au bout de la machine. Je voulais continuer à enclencher le travail qui avait été initié par l'équipe de Pierre-Olivier. Je pense qu'on est dans une période économique difficile où il faut qu'on se batte. Et voilà, je voulais me battre, je voulais être au combat, je voulais être solidaire, je voulais fédérer autour de moi des équipes assez costaudes dans tous les segments de trucs. Et puis me battre pour mon territoire aussi, je suis très fier d'être Toulousain. Je suis très fier d'être de Haute-Garonne ou du Sud-Ouest en général. Mais voilà, moi je pense qu'on a une richesse en Haute-Garonne qui est extraordinaire. Cette métropole de Toulouse, elle est fantastique. Il y a des compétences énormes, il y a des personnalités énormes et je crois qu'elles méritent d'être très hautes. Et voilà, tout ça fait que j'ai voulu y aller et je me suis engagé à 10 000% d'entrée d'ailleurs, le jour même.
- Speaker #1
Mais tu es rentré en 2018 au MEDEF, mais qu'est-ce qui fait que tu veuilles te compliquer encore plus la vie ? Parce que tu faisais déjà des choses en 2018, tu étais déjà à ta patte et là tu dis je vais apporter 10 fois plus.
- Speaker #0
Mais tu sais, j'ai toujours voulu être utile en fait, je ne sais pas pourquoi, je suis délégué de classe gamin, j'ai été président du BDE en école de commerce. Après, j'ai été dans d'autres syndicats patronaux où j'ai été actif aussi. Et puis le MEDEF, ça avait du sens. Et puis le MEDEF aussi, ça m'a permis de m'enrichir professionnellement. Parce que quand t'es au contact de gros patrons d'entreprise qui te parlent, parce qu'il y a une proximité, on est proche. Tu vois, ils m'ont fait grandir aussi. Ils m'ont appris beaucoup de choses. J'étais impressionné par eux, donc j'écoutais beaucoup d'apprendre. Et je me suis enrichi de leurs compétences, de leurs idées. Et puis, tu vois, j'ai grandi, Et puis du coup, t'as envie d'aller plus loin. et tu as envie d'être... toi aussi utile, t'as envie de transmettre de même. Et donc voilà comment le parcours il se fait tout le temps. Et puis petit à petit, tu maîtrises les dossiers, t'es dans le truc, puis tu as envie d'aller plus loin, t'as envie de te battre. Et puis après, il y a une notion de territoire, et puis les politiques te font confiance des fois. Donc tu travailles avec eux et puis tu te fais enclencher dans un truc où c'est le parcours normal. Et puis maintenant, je découvre le National. Le National, je me dis waouh, qui remarque, c'est bien de me lire. Au conseil d'administration du MEDEF pour l'UMI, je suis. C'est moi qui représente l'UMI. Le président de l'UMI, le syndicat de la restauration et de l'hôtellerie. Donc il m'a nommé à moi comme mandataire de l'UMI au MEDEF, pour le national. Et donc tu rentres dans un truc où tu te sens vraiment utile et tu te dis « ouais, ça a du sens, je fais quelque chose pour les autres, c'est bien, je suis utile à mon métier, je suis utile pour l'avenir, je suis utile pour mon territoire, ma ville, je suis utile pour les salariés parce qu'il ne faut pas oublier que sans eux, on ne fait rien » . Et puis tous les jours, tu as envie de te battre, tu as envie d'y aller, et tu as envie d'être fort et de réussir tes challenges.
- Speaker #1
Ok, et du coup, ce Medef, qu'est-ce que tu voudrais dire à un entrepreneur qui a une petite boîte, qui a moins de 30 ans, cet entrepreneur-là, qui voudrait aller au Medef ? Comment est-ce que tu lui dirais que c'est vraiment le bon endroit pour lui ?
- Speaker #0
Tu sais, le Medef, ça fait toujours peur dans l'esprit. On se dit, c'est un truc vieux, il n'y a que des gros patrons, qu'est-ce que je vais aller foutre là-bas et ça sert à quoi en fait ? Alors déjà, pour casser les codes, dis-toi qu'aujourd'hui, 88% des adhérents du Medef, c'est des TPE-PME. La moyenne des entreprises adhérentes, c'est 45 personnes. Et c'est souvent des 9, 10, 12 personnes. Et l'avantage, c'est d'avoir les 12% de grosses boîtes qui te donnent du poids du coup, et qui peuvent accompagner aussi les parcours de dirigeants en interne. Parce que ça reste une grande famille finalement. Et on est souvent en proximité. Le MEDEF c'est quoi ? C'est une centaine de mandats aussi. C'est des présidents sur SAF, Prud'homme, Tribunal de commerce, CPM, tout ce que tu veux. Ça on ne le sait pas. Donc c'est 350 personnes qui siègent dans ces instances-là et qui défendent la voix de l'entrepreneur. Puis le MEDEF aujourd'hui c'est aussi les fans du MEDEF. qui marche très fort. Mais c'est aussi le Comex 40, c'est les jeunes. Et les jeunes aujourd'hui sont en train d'exposer. Parce qu'on a plein de pépites, il y a plein de gens qui ont besoin aussi d'avoir l'enrichissement des parcours des grandes boîtes ou de ceux qui ont un peu d'expérience comme moi et qui ont navigué. Du coup, tu rentres au contact de ces gens-là et tu as de la proximité qui se crée parce que tu les croises dans les événements, dans les commissions, dans mon truc. Et on a la chance à Toulouse d'avoir un des Comex les plus forts de France, si ce n'est le plus fort. Donc on a plus de 100 jeunes entrepreneurs qui sont au COMEX du MEDEF et qui font la richesse du MEDEF. Et qui rafraîchissent tout, parce qu'on les écoute beaucoup. Moi je les ai rentrés, j'ai rentré Vincent Furlan, notre président, au bureau du MEDEF, à mon bureau. Et donc en fait cette communauté fait que le MEDEF aujourd'hui c'est surtout, comme je dis, moi j'aime bien le dire, c'est une famille fédérée, une famille d'entreprises fédérées, famille d'entrepreneurs, et de gens qui s'aident, qui s'entraident, qui se soutiennent, des gens qui apprennent. et des gens qui défendent aussi leur territoire, chacun à son niveau, chacun comme il peut, et des gens qui se rencontrent. Et donc le MEDEF a beaucoup évolué,
- Speaker #1
Et donc ce jeune entrepreneur, s'il veut venir et s'investir dans le MEDEF, comme toi tu le fais, tu t'investis à ta hauteur et lui il pourrait s'investir à sa hauteur, quelle est la première chose que tu pourrais lui dire de faire ?
- Speaker #0
Déjà de venir rencontrer les équipes. On a un bureau qui est top avec des gens qui sont là pour déjà expliquer ce qu'on fait, présenter tout ce qu'on fait. et après participer à une soirée pour découvrir. Mais je pense qu'aujourd'hui, on a tous intérêt à être adhérents dans un syndicat professionnel, dans un syndicat patronal, parce qu'on doit être fédérés, parce qu'on doit être nombreux. Plus on sera nombreux, plus on sera influents, plus on sera puissants et puis on pourra défendre nos entreprises. Et donc, après, tu te le fais comme tu peux. Tu vois, chacun a ses rythmes de vie dans l'entreprise. Il y a des moments où tu ne peux pas être dispo parce que tu lances ton entreprise et que tu t'affondes dans le match et tout ça. Mais au moins, tu as les infos de tout ce qui se passe. Et puis, si tu as un problème, tu peux solliciter. On a des services juridiques. Oui,
- Speaker #1
parce qu'il y a une aide juridique comprise à l'intérieur qui est complètement gratuite.
- Speaker #0
Et pas que juridique, sociale, tout. Il y a plein de choses, en fait. Ça, c'est un des sujets que je vais devoir faire connaître un peu plus, d'ailleurs. Et puis, on va négocier des choses au national. On négocie plein de choses. Donc, c'est bien aussi de se dire, je suis soutenu. Et puis, tu n'es pas seul. La solitude de l'entrepreneur, quand tu démarres ou quand tu es en difficulté, c'est chaud. Là, tu n'es pas seul. Tu n'es plus seul. On ne doit pas être seul. C'est pour ça que je dis qu'on doit être nombreux là-dedans. Et puis en plus, tu payes en fonction de ta taille, de ton nombre de salariés. Et puis tu fais du réseau, il ne faut pas se mentir aussi. Quand tu rencontres du monde, quand tu fais connaître ton entreprise, tu développes ton entreprise aussi. Donc voilà, un jeune aujourd'hui, il a tout intérêt à venir, il a tout intérêt à s'y impliquer très vite, parce qu'en plus, tu peux trouver des voies où tu donnes du sens à la suite d'une carrière. Il peut y avoir aussi des moments de vie. Tu t'embêtes un peu dans ton entreprise et tu te dis, je vais m'investir un peu dans une commission et tout, parce que ça va me changer les idées, puis ça va aussi me servir pour moi. Donc voilà, ton parcours Medef, il est celui-là. Moi, je suis rentré jeune au Medef, je suis rentré au Comex d'ailleurs. Donc,
- Speaker #1
tu es rentré au Comex 40 ?
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Il y a des conditions pour rentrer dans ce Comex 40 ? Ou est-ce que tu peux dire, je suis motivé, j'ai envie de me la donner, je veux rentrer dans le Comex 40 ?
- Speaker #0
Oui, non, non, tu peux rentrer dans le Comex 40. Le tout, c'est, il n'y a pas trop d'entrepreneurs chez nous, mais après, dès que tu as une petite boîte, à partir de 3 ou 4 salariés, tu peux commencer à venir. Et tu peux solliciter le MEDEF et avoir la présentation et t'as adhérer quand tu veux. Après il y a des décisions, on adhérait très clairement sur les adhérents qu'on veut tu vois. L'idée c'est de ne pas avoir des gens aussi qui sollicitent nos adhérents tout le temps parce qu'on est là, les choses elles doivent se faire naturellement.
- Speaker #1
Oui mais c'est le réseau du Sud-Ouest.
- Speaker #0
C'est le réseau du Sud-Ouest. Et n'oublions pas qu'il y a un MEDEF Occitanie aussi, donc on est tous liés. On travaille avec les CCI, les CMA, on travaille avec tout le monde donc vraiment c'est très très enrichissant et dans un parcours d'entrepreneur. dans un parcours de dirigeant, je pense que c'est un atout d'être au Medef, sincèrement, et que ça amène beaucoup de choses. Et puis, on a les infos un peu en avant, donc tu peux anticiper aussi dans ta façon de gérer, dans ta stratégie. Tu vois, on a des tendances, on a plein de choses. Donc, ça t'aide dans ton parcours.
- Speaker #1
OK. Et du coup, dernière question, parce que justement, tu as réunion au Medef là. Quel est ton prochain sommet ?
- Speaker #0
Mon prochain sommet, c'est-à-dire ?
- Speaker #1
Le prochain défi, le prochain sommet que tu t'es dit, parce que là, tu en as fait quand même un joli, un gros quand même. Et bon, normalement, quand on arrive en haut d'un sommet, on en vise un autre. Est-ce que toi, de ton côté, tu te dis, mon sommet, ça va être celui-là ? C'est ça que je vais aller faire.
- Speaker #0
Je t'avoue que là, c'est plein de challenges. En prenant une présidence de Medef, quand tu es restaurateur avec une entreprise, avec plusieurs sites, parce que moi, j'ai quand même une dizaine de sites à gérer au total, si ce n'est pas plus d'ailleurs. Le premier sommet, le premier challenge, c'est d'arriver à faire marcher tout ça. Pour le moment, je suis bien accompagné. C'est un projet d'équipe, on est bon, tout va bien. Le deuxième sommet, ça va être d'être à la hauteur de l'ancienne présidence du MEDEF et d'être utile et d'amener des choses. Là, on vient d'avoir une première récite. On a créé le Conseil économique, qui était un sujet que j'avais porté pendant les élections. Je m'étais battu pour avoir ça et bien on l'a créé. C'est-à-dire qu'on va pouvoir participer aux décisions économiques de la métropole et au financement. Ça, c'est une vraie avancée. On est les seuls en France à avoir obtenu ça. Et donc je suis très content et en plus on a fédéré avec les fédérations bâtiments, industries, les CMA, les CCI et tout. Le deuxième sujet, on a un gros sujet nous, on est enclavé dans Toulouse, on n'a pas la LGV encore. La navette Air France a été un peu dégradée, donc j'ai un peu tapé du poing et on commence à négocier avec eux. Ils sont plutôt open à la discussion pour réaménager la desserte et on a besoin de ne pas être enclavé à Toulouse. On doit être totalement désenclavés, donc c'est pour ça qu'on s'est battus à la LGV. La LGV, il faut qu'elle arrive vite. Voilà, donc on a quand même pas mal de sujets. La fiscalité aussi va être un vrai sujet aujourd'hui. Les boîtes, elles sont asphyxiées, on est tous asphyxiés. Si tu veux donner du jus, si tu veux créer de l'emploi et donner des bonnes conditions à tes collaborateurs, il faut arrêter de nous asphyxier. Il faut arrêter de dire que l'entreprise est le levier d'ajustement des finances qui sont mal gérées par un État.
- Speaker #1
On est d'accord.
- Speaker #0
Honnêtement, il y en a ras-le-bol. C'est nous qui payons pour les autres, alors qu'ils gèrent mal. C'est leur faute, c'est à eux d'assumer. et de revoir leur logiciel, de revoir leur façon de gérer. Nous, on ne doit pas être le levier d'ajustement. Ça suffit, on n'en peut plus. Donc voilà, ça, c'est des vrais challenges sur lesquels j'ai envie de me battre et j'ai envie de donner l'opportunité aux jeunes de pouvoir être un peu plus safe quand ils vont créer une entreprise, d'avoir des conditions plus agréables que ce que j'ai pu connaître moi ou ce que je peux connaître en ce moment. Voilà, ça, c'est des vrais challenges qui me plaisent. Après... Je n'ai pas de vision. Tout le monde me parle de plein de choses au National. Non, je n'ai pas de vision aujourd'hui. Je veux déjà faire bien ce que j'ai là. Mais partout, je pourrais être utile et j'irai.
- Speaker #1
Étape par étape ?
- Speaker #0
Étape par étape, exactement.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
D'abord, tu poses bien tes fondations, après tu construis.
- Speaker #1
Super. Thomas, merci.
- Speaker #0
Merci, Robert.
- Speaker #1
Super. Merci à tous d'avoir regardé, écouté ce média. Et on se dit à la prochaine fois pour un nouvel épisode. À très vite. Ciao, ciao.