- Speaker #0
Merci. Allô,
- Speaker #1
allô, allô.
- Speaker #0
Donc je disais, je pense que je vais vous proposer d'utiliser le micro-pillard, juste parce que comme il n'y a pas de premier pied, je vais le mettre sur ma main. Et puis vous le passerez ? Parce qu'il y avait un pied, mais ça n'a pas du tout été possible. Là, je vais essayer de te placer la première main. Non, parce que moi je vais d'abord l'utiliser. Ah ok. Et ensuite, il n'y a pas de problème, c'est moi qui vais vous le mettre. Merci. J'en ai besoin juste le temps de présenter. Ah ben je ne sais pas moi, je ne sais pas qui est le nom. On va attendre deux minutes et puis je vais lancer. Parce que mon ordinateur à 18 heures il va dire qu'il s'arrête. Ah bon ? Oui. À la vie c'est comme ça. Oui je me rappelle. Et donc il faut lui dire non ! Non je fais le travail. C'est vrai qu'il y a des trucs,
- Speaker #2
c'est pas comme ça. Est-ce que vous avez besoin d'un petit verre d'eau avant les débrancher ?
- Speaker #0
Pas avant les débrancher mais avant les débrancher.
- Speaker #2
Est-ce que vous voulez...
- Speaker #0
Je te demande est-ce que j'ai mis dans le petit temps ? Un petit peu en plus ? Non, je n'ai pas en mémoire. J'ai un but, il vaut mieux que je ne dise pas le détail. Non, je me rappelle. Oui, pas un peu. C'est bien d'ailleurs.
- Speaker #2
Moi je me dis que je suis en train de faire un jeu.
- Speaker #3
Moi je suis pas un peu pareil dans des trucs intermédiaires comme ça.
- Speaker #1
C'est la dame qui est là, elle était à la déambulation. Ah, papa, Non,
- Speaker #2
elle est venue au département.
- Speaker #0
Ah, voilà. J'ai vu son visage, alors comme je ne suis jamais venue travailler au municipal...
- Speaker #2
d'accord le monsieur que Mireille voulait voir il est là il me dit il est 6h il faut partir il faut arrêter de travailler c'est bon il nous a envoyé aujourd'hui des commentaires sur les archives je vais les envoyer En disant qu'il manquait des photos, il nous a dit qu'on pouvait prendre nous-mêmes des photos. Quand moi j'en m'asseille, ils disent qu'ils en ont pas. Mais ici vous prenez des photos du bâtiment, y'a pas de soucis. Je pense qu'on commence à faire ma petite intro comme ça ça fera bien les gens. Très bien.
- Speaker #0
On va tester pour voir si au niveau du son ça vous convient. Si c'est assez fort, pas assez fort, ça peut être plus fort. Oui, c'est bien. C'est bien ? C'est pas mal que ce soit quand même un peu amplifié, ce sera plus confortable pour tout le monde je pense. Bienvenue aux archives municipales de Rennes, je suis ravie de vous accueillir pour cette soirée en présence de toutes ces femmes de l'association Histoire du féminisme à Rennes que je remercie vraiment beaucoup d'être là et qui vont nous présenter un travail de deux ans pratiquement de recherche sur l'éducation des filles à Rennes et vraiment je suis ravie. qu'elles puissent vous présenter l'état de leurs travaux ici aux archives municipales, qui ont été un des lieux, évidemment, de recherche. Avant de commencer, je veux dire qu'on débute du coup le programme du dernier trimestre, enfin en tout cas du trimestre de printemps, avant la pause estivale. Donc, à part cette conférence, il y a donc d'autres rendez-vous qui sont prévus. Comme d'habitude, je vous les émulère. Le 21 mai, une visite des archives, pour ceux qui n'auraient pas encore fait, il y en a tous les trimestres, donc n'hésitez pas à venir visiter les archives de Rennes. Le 4 juin, l'atelier de paléographie. pour tous les passionnés d'écritures anciennes. Et puis, le jeudi 18 juin, on vous propose une soirée tout à fait particulière, qui sera une visite guidée d'une exposition dans les magasins d'archives, originale, créée par deux artistes, Guillaume Aubé et Christophe Forger, de l'association Nature Bean, qui ont imaginé une exposition de créer des boîtes Merci. d'archives, en utilisant les boîtes d'archives, des boîtes qui renferment des petits mondes, parce que pour eux, c'est leur vision des archives. Et donc, ils nous proposent une exposition un peu poétique sur le thème des archives. Ce sera en avant-première de ce qu'on proposera aux Journées européennes du matrimoine et du patrimoine au mois de septembre. Donc, si vous avez envie d'être public-testeur de cette petite exposition, n'hésitez pas à nous rejoindre le 18 octobre. Avant de donner la parole à nos quatre conférencières de ce soir, j'avais envie de faire un petit point, une petite présentation, une fois n'est pas coutume, vers des contenus de notre site internet. Je ne sais pas si vous avez le temps d'aller très souvent sur notre site. Peut-être certainement que vous vous êtes inscrits via le site, mais peut-être que tout le monde ne le connaît pas. Il est présent sous vos yeux. C'est donc le site www.archiveaupluriel.rheine.fr. Je ne vous fais pas une présentation du site. Ne vous inquiétez pas, mais j'avais envie de vous présenter un contenu qui est vraiment d'actualité avec cette conférence qui se trouve dans l'onglet Découvrir Rennes. Ici, vous pouvez ouvrir en cliquant dessus et dans Frise chronologique. Dans cette page, vous avez quatre frises. Une qui présente les archives de Rennes à travers l'histoire. Évidemment, ce ne sont pas toutes les archives. de Rennes. On a 13 kilomètres d'archives, c'est évidemment une sélection de pépites, d'événements qui se sont passés à Rennes et qu'on enrichit évidemment régulièrement. Une frise sur l'histoire de la maison du peuple de Venussac de la Cité, vous connaissez sans doute cette salle renaise à côté de la place Saint Anne. Une frise sur les mers de Rennes, quelques mers de Rennes. et puis il écrit qui nous occupe aujourd'hui, qui s'appelle Archivo Féminin. C'est une prise qu'on a ouverte,
- Speaker #2
qui s'est mise construite pendant le confinement,
- Speaker #0
qui a été ouverte en 2021, et qui me tient à cœur parce que j'ai eu envie à ce moment-là de mettre en valeur des documents dans lesquels on voyait apparaître les femmes. Parce qu'en fait, souvent, on dit que les femmes sont invisibilisées dans l'histoire, mais c'est vrai que c'est difficile parfois de les trouver, c'est aussi difficile... de les chercher. Parfois, on les retrouve au détour des recherches. Il n'y a pas d'indexation au mot fin de l'opinion, par exemple. Donc, ça va être assez difficile d'aller identifier exactement les documents dans lesquels on les voit apparaître, on les voit agir, on les voit intervenir dans l'administration, dans les associations, dans la vie de la cité. Mais il se trouve qu'on est quand même nombreux aux affiches de rêve. des recherches régulièrement, qu'on met en oeuvre avec des chercheurs, amateurs ou professionnels tous les jours, et que du coup on a mis de la matière pour mettre en valeur des dessins individuels ou collectifs qui nous permettent de voir des traces laissées par les femmes dans ces archives et de rendre visible la présence et le rôle des femmes à travers les siècles du XVe siècle jusqu'à nos jours. Et donc cette frise, j'avais envie juste de vous montrer à quoi elle ressemble. Vous pouvez naviguer dedans avec les petites flèches qui sont sur les côtés. Et puis à chaque fois, vous avez un document qui est analysé, contextualisé, éventuellement transcrit. Bon là, il se trouve que c'est un document du 15e siècle, donc on va vous la transcrire. Parfois, ce sont des femmes qui sont très connues, comme celle-là. Vous voyez la signature d'Anne de Bretagne, mais quelquefois, évidemment, ce sont, et la plupart du temps, des femmes anonymes qui traversent les archives et nous donnent à voir, par exemple, Jeanne Pismour qui est choisie pour participer au cérémonial d'entrée de la reine Anne. Et bien voilà, on connaît la reine Anne, mais on connaît moins Jeanne qui, elle, va participer à la cérémonie. Donc voilà. C'est toute une frise qui nous accompagne jusqu'à nos jours et que je vous invite à aller découvrir simplement. On en a fait quelques petites sorties pour vous donner envie. Vous pourrez trouver à la sortie avec un QR code qui vous permet de m'y accéder directement si vous ne m'accédez pas par le site. Voilà, je vais m'arrêter là parce que ce n'est pas moi qui suis normalement censée parler ce soir. Et je vais ouvrir, voilà. Je vais donc laisser la parole à Françoise Thirand, Catherine Dembroise, Françoise Souliman et Catherine Guille. Je remercie encore d'être là pour nous présenter cette conférence, Les filles et l'école à Rennes, 1870-1970. On est ensemble avec nos deux interprètes, vous avez vu, LSM, pour ceux qui en auraient besoin. Si on voit tout dans le public. Voilà, si ce n'est pas le cas, nous quitterons. On vous remercie d'être venu jusqu'à nous. On essaie toujours de faire des rendez-vous les plus accessibles possibles. Je vous souhaite une très bonne soirée. Il y aura un temps évidemment d'échange, de questions pour ceux et celles qui en ont envie après la présentation. Voilà, à tout à l'heure.
- Speaker #2
Alors bonsoir à toutes et à tous. Donc avant une première introduction, une seconde introduction, merci d'avoir présenté la frise qui nous a beaucoup soutenu, aussi aidé, parce qu'on n'a pas les informations. Alors nous, on est quand même que quatre personnes ce soir. En fait on est cinq dans le groupe de travail et on appartient, on est adhérents de l'association Histoire du féminisme à Rennes dont vous trouverez, dont on vendait des ouvrages à l'entrée puisque à l'origine de cette association c'est à deux personnes, Patricia Goddard et Lydie Pouré, qui ont écrit un ouvrage sur les luttes féministes à Rennes. Cet ouvrage s'appelle Les femmes s'en vont en lutte, Histoire et mémoire du féminisme à Rennes et là on est sur les années 65. 1965-1985. Donc le but de cette association, depuis une quinzaine d'années maintenant, effectivement, c'est de rendre visibles les invisibles qui étaient les femmes pendant très longtemps. Donc on s'intéresse à la fois à des femmes militantes, féministes, des femmes ouvrières, des femmes qui ont mené des grèves, par exemple, mais aussi qui se sont battues pour un certain nombre de sujets, mais aussi des femmes plus anonymes. Donc on a travaillé sur les femmes dans le procès de réfus, comme sur la présentation de... de Colette Cogné qui était une femme communiste et féministe. Donc on fait différentes choses, on fait des conférences, comme ce soir au Sous-Gauche-Fresne, et des déambulations dans les rues de Rennes pour raconter l'histoire de la ville, version féministe. Donc ça c'est notre objet. Donc depuis deux ans, on a travaillé sur ce thème de l'éducation, l'accès des filles à l'instruction comme un... comme un levier d'émancipation des femmes. Et donc ça a donné lieu à ce petit livre qu'on vous distribuera à la fin de la rencontre. Et donc ce petit livre, son édition, a été soutenue par la ville de Rennes et par le conseil départemental qu'on remercie. Et pour faire le tour des remerciements, on remercie le personnel des archives parce qu'on était assez néophytes, on n'est vraiment pas des historiennes, on est juste des personnes passionnées par le sujet. Et donc en principe personnel d'avoir été d'un grand secours à des moments où on ne connaissait pas du tout les règles d'accès et de fonctionnement. Donc voilà, le thème de l'éducation en général a été très traité, je crois que vous trouverez pas mal d'ouvrages sur le sujet, mais en général c'est l'éducation sur un mode neutre, un neutre qui est plutôt masculin. Donc sur la distorsion fille-garçon, nous on n'a rien trouvé. que, enfin très très peu de choses, que ce soit dans les bibliothèques, que ce soit à l'université, c'est pas tellement, c'est plutôt un autre sujet, ça nous a un peu interrogés, et donc ça nous a motivés à poursuivre. Et donc pour nous, comme l'instruction des fils est déployée dans un contexte de préjugés, de stéréotypes, et d'entretien des inégalités de genre, et bien on a eu ce sujet, enfin on s'est attelés à cette ambition. Donc on va couvrir... Un siècle, on démarre en 1870, juste avant les lois Ferry, et on va poursuivre jusqu'en 1975. Donc un siècle, ce qui correspond à la génération, enfin 1975, c'est la mixité généralisée, en privé et dans le public, et dans tous les cycles scolaires. Voilà, donc ça a pu démarrer au préalable, mais c'est, surtout en Bretagne, ça n'a pas toujours été en avance. 1975, on peut imaginer que les... L'offre scolaire est mixte, donc ça n'a que 50 ans. Et au préalable, on avait vraiment une offre du primaire à l'université, c'était relativement différent. Donc on pense aussi que les années 70, c'est une période charnière pour les droits des femmes. Et donc elles obtiennent quelques évolutions dans les droits pour lesquels elles luttaient depuis plus d'un siècle. Donc en... Non, ma demande,
- Speaker #3
Catherine, si tu peux...
- Speaker #2
Je suis le powerpoint, merci. Donc ce qui nous a aussi fait réfléchir à ce sujet, c'est la situation des femmes afghanes.
- Speaker #4
Si vous voulez, je vais vous lire ce qui est écrit derrière, là, derrière moi. C'est une dédicace aux femmes afghanes. L'Afghanistan ou l'interdiction d'apprendre. Septembre 2021, le choc. Les talibans interdisent l'accès à l'éducation aux filles de plus de 12 ans. Ce n'est hélas que le début de l'enfer où tous les droits leur seront refusés. Aucun pays ne peut progresser si la moitié de sa population est laissée pour compte. C'est Catherine Roussel qui dit ça, la directrice générale de l'Unicef. Et pourtant, les Afghans luttent et risquent leur vie pour aller étudier dans des écoles clandestines. Ne les oublions pas et n'oublions pas les millions de petites filles qui, dans le monde, n'ont pas accès à l'éducation.
- Speaker #2
Donc ça a été un peu notre point de départ et on va revenir à Rennes en 1870. On était sur une situation qui était quand même aussi très difficile pour les petites filles qui voulaient apprendre. Les femmes n'avaient aucun droit politique. et le système éducatif formait les enfants pour s'intégrer dans cette société patriarcale. Donc les filles avaient un temps de scolarité beaucoup plus court et moins dense. On disait il faut s'adapter à leur nature fragile. C'était le terme à l'époque. Et donc les filles en l'époque ont des enseignants, le peu qu'elles seront scolarisées ce seront par des femmes, les enseignants et donc les garçons eux auront des maîtres. L'école est à la fois organisée par sexe et par classe sociale. Ce sujet-là, on va l'évoquer un tout petit peu quand on sera sur le secondaire. Donc, on va évoquer successivement l'offre scolaire pour du primaire à l'université. En commençant, parce qu'il y a été longtemps pour les filles, la seule offre, l'instruction dans les établissements privés.
- Speaker #4
Donc voilà, moi je vais vous parler de l'emprise de l'église catholique sur l'éducation des filles. En 1870, la France, comme vous le savez, est une société très patriarcale. Aux hommes, le dehors, la vie publique. Aux femmes, le dedans, la vie familiale. Les femmes sont sous la tutelle de leur père, puis de leur mari. Elles n'ont aucun droit civil ou politique. En Bretagne, le catholicisme est très présent. La religion et la morale catholique imprègnent tous les comportements. Il faut également rappeler qu'à cette époque, c'est la région la moins éduquée de France. C'est-à-dire, aujourd'hui, c'est l'État de cette période-là. 60% des Bretons sont analfabètes en Haute-Bretagne et 73% en Basse-Bretagne, où le breton est la langue du genre. Et même si l'État a commencé à structurer l'instruction par différentes lois, notamment les lois Guizot des 1833 et 1850, L'instruction, ce sont majoritairement des écoles publiques pour les garçons qui seront ouvertes. L'instruction des filles reste déléguée aux nombreuses congrégations religieuses qui sont très actives. Rennes n'échappe pas à ce scénario, la ville va peu investir en matière d'éducation. Quelques établissements publics existent pour les garçons, dont le lycée qui a ouvert dès 1803. C'est l'actuel lycée Inisola qui était à Bélaga. Mais pour les filles, elles s'appuient sur la trentaine de congrégations religieuses qui existent à ce moment-là. Sûrement par conviction, mais aussi sans doute par économie, car pour la municipalité, le coût est bien moindre. En effet, les ordres disposent de dons et de l'aigle, ainsi que des facilités de la vie communautaire. Il n'y a pas de nécessité de payer les soeurs, ni de leur proposer un hébergement. Il faut souligner également que les objectifs pour la société de l'époque sont très modestes en ce qui concerne les filles. L'important, c'est de les préparer à être de bonnes épouses qui élèveront leurs enfants dans les principes moraux et religieux. Les matières de base sont enseignées, quand même, la lecture et l'écriture, mais également la religion qui tient une grande place et les travaux d'église comme la couture et la bois. Alors, avant on a peut-être passé trop vite parce que je voulais vous parler quand même du personnage qu'on voit là. Là on voit les petites filles qui étudient, mais à côté on voit un personnage qui a été très important à l'époque sur la ville de Rennes, c'est l'archevêque Mgr Godefroy-Procès-Saint-Marc. C'est un personnage qui avait, comme je l'ai dit, une grosse importance et une autorité incontournable de 1840 à 1875. Il est très impliqué en matière d'instruction et il a une grande ambition principalement pour les garçons. C'est lui qui a fait construire le premier lycée privé catholique de Rennes, le lycée Saint-Vincent, qui est aujourd'hui le lycée Jean Massé, mais qui sera déplacé après rue de Paris. Mais pour les filles, il soutient aussi la venue d'ordre de sœurs enseignantes et il impose aussi une formation aux directrices. des établissements. Parce qu'il faut savoir qu'on demandait peu aux bonnes sœurs enseignantes. Les frères enseignants avaient l'obligation, comme tous les instituteurs, d'avoir un brevet de capacité. C'était exigé pour les garçons. Mais pour les filles, il suffisait d'une lettre d'obédience de la hiérarchie. Les convictions spirituelles et les engagements semblaient... Les institutions religieuses vont progressivement proposer aux familles des cycles complets, de la maternelle au poste primaire, puis au secondaire et enfin jusqu'au baccalauréat. Alors là on a les pensionnats qu'on avait à Rennes, vous voyez celui du Sacré-Cœur qui était Boulard-Sébigné, et puis celui qui est là... Donc celui-là. Et l'autre, c'est le pensionnat de Sainte-Jean-Gueule, qui était rue Jeannemey, qui avait été construit un peu dans les faubourgs pour permettre aussi aux jeunes filles qui venaient de l'extérieur d'être internes à elle. Voilà, dans le livret qu'on vous donnera tout à l'heure, on détaille trois établissements. D'abord, l'Adoration, qui a été le plus ancien établissement scolaire aîné, qui a été créé dès la fin du XVIIIe siècle, il est rédentrin. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'une école primaire annexe au bâtiment principal. Le bâtiment principal est devenu un résidence senior. L'institution était suffisamment importante pour que lors de la visite de Napoléon III en Bretagne en 1858, l'impératrice Eugénie s'y rende, marquant ainsi son intérêt pour l'éducation des filles. Elle soutiendra d'ailleurs la démarche de Julie-Victoire Daubier qui fut la première bachelière en 1871. Les deux autres sites qu'on vous détaille sont le vieux cours Boulevard de la Liberté, qui a été aussi un vieux et un vieil établissement, et Sainte-Jeanne-Vieve, puisqu'il existe une monographie sur cet établissement qui donne de nombreux témoignages sur la vie de l'établissement à cette époque-là. Voilà, en Ile-et-Milène, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, ce sont environ 70% des filles qui sont inscrites dans les écoles privées catholiques. Mais alors parallèlement aux écoles privées catholiques, il y a aussi des écoles privées laïques. Ça, c'est la petite brèche dans le monopole des établissements catholiques au XIXe siècle. Ce sont, vous en avez peut-être connu d'ailleurs, parce qu'il en existait même encore quelques-unes jusque dans les années 50. Ce sont des enseignantes indépendantes qui gèrent des petites écoles contre rémunération. Elles sont souvent veuves ou célibataires et ont besoin de gagner leur vie. Certaines ont de bonnes qualifications pour être pédagogues. Elles accueillent des petits effectifs à leur domicile ou dans des locations, parfois même avec un internat. Ces écoles privées laïques sont fréquentées par des familles aisées, mais certaines sont également dites charitables, car elles reçoivent des jeunes filles démunies grâce à des aides de la commune ou de la paroisse. En 1863, on trouve 22 écoles privées laïques à Rennes. C'est quand même assez conséquent, même si souvent les effectifs étaient autour de 10-12 ans. Pour attirer les familles, elles ont des stratégies commerciales. Elles font paraître de nombreux encarts publicitaires dans les journaux locaux. Par exemple, là on vous en a mis un. Je vais vous lire ce qui est écrit parce que c'est peut-être pas très visible.
- Speaker #3
Alors évidemment, j'ai plus ma page. Ici, là, voilà.
- Speaker #4
Pensionnat pour jeunes filles de bonne famille, 6 rue de la Monnaie. Directrice, Mlle Gauthier, dernièrement directrice à Paris, pourvue du brevet, certificat d'aptitude pédagogique et du brevet d'anglais, 12 ans à Londres. Mesdames les directrices, reçoivent de 2 à 4 heures. Voilà, donc ça, on en a trouvé plusieurs, et c'était vraiment une stratégie pour ce qu'il y avait de la concurrence. Et puis enfin, concurrencés par les écoles catholiques, puis par le public laïque, ces écoles vont progressivement décliner, puis disparaître petit à petit, déjà après la première guerre mondiale, et puis définitivement après la deuxième guerre mondiale. Voilà, donc on va passer à un autre sujet, je passe à François.
- Speaker #3
Alors donc, pour l'enseignement public, nous venons de voir que l'enseignement catholique était prépondérant, hégémonique, à part quelques exceptions d'enseignement d'école. public, privé. La première école de garçons publics ouvre à Rennes en 1832 pour une raison très simple, c'est que s'ouvre l'école normale de garçons. Et donc c'est l'école d'application, c'est ainsi qu'elle s'appelait, l'école d'application de l'école normale de garçons. Alors malgré les lois sous le Second Empire, les lois Fallou et Durui, qui font obligation aux villes de 800, plus de 500 habitants. d'avoir une école de filles, pas d'école de filles à Rennes. La première école de filles arrive, pardon, quand les républicains arrivent à la municipalité, et elle ouvre en 1878, donc tardivement, puisque c'est 46 ans après la première école publique de garçons. Vous avez là toute la problématique qui est posée dans la différence entre l'enseignement pour les filles et l'enseignement pour les garçons à Rennes. Ce retard, on va le constater tout à l'heure, également au niveau secondaire. Alors cette ouverture de la première... école de filles à Rennes, c'est la traduction au niveau local. de la volonté nationale d'émanciper les garçons et les filles avec la Troisième République. La Troisième République a un projet émancipateur et ce projet émancipateur repose sur l'instruction des enfants de la République. Alors nous connaissons tous les lois Ferry de 1880-82. Elles sont emblématiques parce qu'elles instaurent l'enseignement public, gratuit, laïc et obligatoire pour tous les enfants, les filles et les garçons. de 6 ans à 13 ans. Mais en fait, ces lois à péril s'inscrivent dans tout un projet et tout un arsenal législatif qui va de 1879 à 1886, avec différentes lois qui sont essentielles. qui sont importantes. Je vais en citer quelques-unes. Il y a la loi sur la création des écoles normales de filles, la loi sur les écoles supérieures, les écoles normales supérieures, parce que c'est tout à différents échelons dans une construction de l'instruction. Il y a l'enseignement primaire, certes, mais pour former les enfants à l'école, il faut des institutrices, des instituteurs. Pour former les institutrices, instituteurs, il Il faut des écoles normales supérieures et on verra tout de suite. tout à l'heure que pour l'enseignement secondaire, il faut aussi une école normale supérieure. Donc il y a une école normale supérieure qui s'ouvre à Sèvres, une autre à Fontenay-aux-Roses, l'une pour les enseignantes des écoles normales, l'autre pour les enseignantes des lycées, enfin des futurs lycées. Il y a aussi d'autres mesures qui sont extrêmement importantes, en particulier la laïcisation des programmes et des enseignants, avec la loi Coblet qui est une loi essentielle dans la laïcisation. que dans les programmes est enlevé l'enseignement religieux, qui est remplacé par l'enseignement civique et laboral, et les enseignants n'ont pas d'appartenance religieuse. Ils sont laïcs, ils sont représentants de l'État, ce qui est encore le cas aujourd'hui. Alors ceci annonce très précisément le projet de la République, qui reprend un peu la phrase que vous connaissez sans doute de Victor Hugo, « L'État chez lui, l'Église chez elle » . C'est la séparation qui va être confirmée par la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905, et on verra qu'elle aura des répercussions sur les bâtiments, les édifices religieux à Rennes. Alors revenons à l'enseignement primaire laïque, gratuit et obligatoire, donc il concerne tous les enfants. Les arguments sont évidemment des arguments émancipateurs, mais aussi pour Jules Ferry, un moyen de soustraire les filles. à l'influence de l'Église et à l'influence des religieux. Une de ses phrases dans les débats à l'Assemblée quand il a défendu le projet sur la scolarisation, c'était « il faut que la démocratie choisisse, il faut que la femme appartienne à la science ou qu'elle appartienne à l'Église » . Bien sûr, il n'envisageait pas que la femme s'appartienne à elle-même, comme on a pu évidemment l'exiger plus tard. L'instruction des filles sans la contrainte des dogmes religieux est un premier pas cependant vers l'émancipation et c'est un peu le projet de ce qu'on essaye de vous montrer ce soir. L'idéal universaliste des républicains a des limites donc, mais nous sommes dans une société patriarcale, largement rurale et comme nous l'avons vu, imprégnée de catholicisme, particulièrement chez nous en Bretagne. Alors la tradition est respectée, filles et garçons sont scolarisés dans des établissements différents. Les seules exceptions sont les classes de maternelle et certaines écoles de petites communes aux effectifs réduits. Cette séparation vaut aussi bien sûr pour les enseignants. Les femmes instruisent les filles et les petits, les hommes instruisent les garçons. A Rennes, comme dans les autres communes, le principe est bien appliqué, il n'empêche, le pensif laïque est lancé et l'instruction des filles en est un enjeu. C'est Edgar le Bastard, maire de Rennes de 1880 à 1892, républicain anticlérical, sans être antireligieux, qui a la tâche d'appliquer les lois féries. Il y a alors 2500 petites renaises en âge d'être scolarisées. La ville transforme les églises catholiques, comme l'église du contour Saint-Aubin, Place Saint-Anne, que nous connaissons toujours. Les églises, pardon. Donc la ville transforme les écoles catholiques. comme celle du contour Saint-Aubin, Place Saint-Anne, que nous connaissons toujours, qui est très jolie, et celle de la Place Toussaint, qui a disparu. Et puis, il y aura des constructions. Par exemple, d'abord, celle du boulevard de la Tour d'Auberge, qui n'existe plus, qui comprend un cours élémentaire et une salle d'asile. Nous pouvons la voir sur la gauche, donc ça c'est la tour d'Auvergne. Salle d'asile c'était en fait l'école maternelle. Et puis celle de la duchesse salle qui va devenir l'école d'application de l'école normale de Chy. Nous la voyons aussi sur cette diapositive. Alors en 1897, donc 20 ans après la première école, 40% des filles à Rennes sont scolarisées dans le public. Donc il y a une évolution très rapide. Et le volontarisme de la ville va se poursuivre avec la construction de la ville. d'établissement à un rythme soutenu, notamment sous l'impulsion de Jean Janvier, maire de Rennes de 1908 à 1923. Nous allons le retrouver tout à l'heure pour le second degré. Alors Jean Janvier, c'est un républicain fervent, défenseur de la laïcité. Il s'engage dans une politique dynamique, progressiste, en faveur des classes populaires, pas seulement sur l'école d'ailleurs, sur l'hygiène aussi en particulier sur le logement et un accent émis sur l'éducation des filles. Des groupes scolaires de belles qualités sont conçus avec des espaces et des entrées séparés pour les garçons et les filles. C'est le cas de l'école de boulevard de la liberté que nous n'avons pas en photo et c'est le cas de Baon qui existe toujours. En 1914, les écoles municipales accueillent plus de 2000 élèves, mais l'offre du privé reste majoritaire. Progressivement, la tendance va s'inverser en faveur de l'enseignement public. Alors nous avons vu que l'école est obligatoire jusqu'à 13 ans. des élèves passent le certificat de fin d'études à 11 ans. Donc, il y a des dérogations pour qu'ils puissent aller travailler, mais il y a aussi des possibilités de continuer jusqu'à l'âge de 13 ans. Alors, des cours complémentaires sont donc... coller à des écoles primaires il y en aura deux pour les filles qui permettront donc d'acquérir quelques connaissances supplémentaires sans avoir vraiment une des connaissances approfondies ou une formation professionnelle et il y aura aussi que ce qu'on appelle ce qu'on a appelé l'école primaire supérieure mais on va y revenir et vous allez savoir précisément de quoi il s'agissait les cours complémentaires les écoles primaires supérieures ont parfois été appelées les collèges du peuple. Parce que comme l'a dit François tout à l'heure, il y avait quand même dans l'accès à l'éducation une différence ou une discrimination par le sexe, le genre, mais aussi par les classes sociales. Donc les cours complémentaires comme le PS vont être plutôt réservés à des enfants, des filles, mais aussi les garçons, des filles de conditions assez modestes et dont l'objectif est d'obtenir quelques compétences, soit pour être de bonnes mères de famille, soit pour avoir un petit métier. avant de se marier et éventuellement après en cas de divorce. Alors ces filles... Elles sont méritantes en général, elles sont méritantes, elles sont issues de familles modestes donc et il est mieux pour elles d'être au cours complémentaire que d'assurer des tâches domestiques à la maison où les familles sont souvent nombreuses ou alors des tâches dans les champs puisque les filles de Rennes venaient aussi de la campagne, étaient quand même toutes proches à Rennes. Elles acquièrent quelques bases administratives, je vous ai dit des formations vraiment très très légères, mais quand même des bases administratives ou des compétences en couture, voire en cuisine. Alors il n'y a pas de programme, les contenus dépendent de la mairie, et uniquement de la mairie, donc ils peuvent varier. Par exemple, en 1909, un conseiller municipal insiste pour développer les cours de cuisine, ardant que les qualités de l'épouse, que les hommes resteront au foyer et n'iront plus au café. La capacité d'accueil des deux cours complémentaires est limitée et est vite insuffisante. La ville ne fait pas le choix d'ouvrir une école professionnelle comme elle le fait pour les garçons. Vous connaissez tous le lycée de la ville. lycée Chartillon aujourd'hui, qui était le lycée de l'AENEC, et le lycée de l'AENEC c'était ce qu'on appelait à Rennes l'indus, l'école de l'industrie qui a été ouverte rue des changes, qui après un incendie a été transformée boulevard de l'AENEC, c'était une école qui était extrêmement performante et qui a formé des générations de garçons en métier de l'industrie, ça n'a pas été le cas pour les filles. Alors on va continuer avec cette école primaire supérieure qui est peut-être un petit peu mystérieuse pour vous, mais vous allez comprendre qu'elle,
- Speaker #2
d'une certaine manière, elle existe encore. Donc c'est le... on parle de... c'était un terme qu'on ne connaissait pas du tout, nous l'école primaire supérieure professionnelle, EPSP, et donc il est en Lille-Vilaine décidé d'en faire qu'une qui serait commune avec celle... enfin pour les côtes, enfin Lille-Vilaine et Côte d'Armor, à l'école du Nord à l'époque, pour les filles. Et donc c'est maintenant le lycée Jean Massé. Donc l'objectif, c'est, on est après le certificat d'études, elles l'ont toutes, il s'agit de les préparer soit au brevet, soit au brevet supérieur. Alors il y a deux objectifs, c'est une formation généraliste plus poussée, mais c'est aussi une formation professionnelle. Donc là on est vraiment d'un niveau largement au-dessus des cours complémentaires, c'est très structuré. Et donc c'est le monsieur Jean Janvier, dont tout à l'heure on vous parlait, qui vraiment tient à cette création. Donc ça va mettre un peu de temps pour s'installer. Lui, il veut faire un EPS parce qu'il pense vraiment que la femme veut travailler et subvenir par elle-même aux nécessités de l'existence. Donc là, on est quand même dans une époque où on est conscient que c'est important. Et donc, il veut que les jeunes rennaises puissent apprendre un métier. Et donc, il va choisir comme lieu des locaux. On disait que les lois de séparation des églises et de l'État vont libérer beaucoup de locaux aînés. Et donc là ça va être dans ce qui était le lycée Saint-Vincent, qui va être se libérer, et donc il va être, je ne sais pas si on le voit, ce qui est le lycée Jean-Bassé maintenant, on voit des jeunes femmes en train de faire un exercice de gymnastique, dans des tenues très dépressantes, très adéquates pour l'époque c'était déjà bien, et donc il va vraiment chercher à rénover ce lieu, il veut créer une école d'hygiénie, gay, accueillante. fonctionnel donc il ya vraiment des gros travaux à faire et donc ça va finir par se retarder pour faire ces travaux plus la guerre en 1914 l'établissement est occupé par les allemands et donc ça va finalement il va être inauguré en 1917 donc il ya c'est un objet de militaire pardon c'est pas la ruelle c'est un objet de militaire il n'y a pas de trompe de guerre c'est la deuxième guerre mondiale où il va être occupé par les allemands Et donc en 14-18 c'est un hôpital militaire, merci de la correction, et donc il va quand même être inauguré, il y a une plaque, la plaque qui est dans Jean Massé, donne l'invasion en novembre 1917, mais en fait c'est à la rentrée de 1918 où les filles vont pouvoir y aller. Dès le début il y a 300 jeunes filles qui vont être inscrites, elles arrivent sur concours, donc c'est vraiment quand même on peut dire trié sur le volet, il faut être motivé, elles sont le plus souvent filles d'ouvriers, d'artisans, de petits commerçants, d'employés. C'est pour ça qu'on va différencier vraiment cet établissement du lycée dont on parlera après, puisque c'est vraiment un établissement qui est fait pour les filles de classe modeste. Donc très vite, il y a aussi un internat qui s'ouvre en 1922, ça permet d'accueillir des filles vraiment du tout le département. Donc l'enseignement général est très conséquent, on a à la fois des lettres, des sciences de l'anglais, donc de la génostique comme on peut voir, et là on voit les locaux qui étaient quand même pour l'époque très modernes. Il y a aussi des cours de comptabilité, de commerce, de sténodactylo. Et bien sûr, les fameux travaux d'aiguille. Donc en fait, on considère que les filles, après, vont sortir diplômées, pourront accéder à un métier ou à des concours de la fonction publique, qui se développent à l'époque, dont les postes, surtout les postes de chemin de fer, aussi arènes, aussi importants. Donc le personnel de cet établissement est entièrement féminin. La directrice, la première, Madame Berthaud, est une femme qui a fait une très belle carrière, toujours à Rennes, comme institutrice, et comme elle a des grands mérites, elle est nommée directrice. Mais on va après, progressivement, faire venir des personnes qui ont été formées dans les écoles dont parlait Françoise tout à l'heure, c'est l'école Norma, le supérieur, donc elles ont vraiment un très bon niveau. Cet établissement va toujours accueillir de plus en plus de femmes. de jeunes filles, pardon, et donc il va changer de nom, il va avoir un certain nombre de lois, et donc en fait il va devenir un collège et après un lycée aux années 60. Dans les années 60, c'était un lycée qui prépare au baccalauréat. Mais ça c'est très lent et ça va beaucoup évoluer. Il va prendre aussi le nom de Jean Massé, qui est maintenant le nom de la rue également, et Jean Massé était le promoteur d'une éducation laïque et gratuite. et ils font de la ligue de l'enseignement. Donc à partir de 1964, l'intitulé de... c'est plus un... c'est un institut pour jeunes filles, mais c'est le lycée Jean Massé qui a priori devient mixte comme tous les établissements mais pendant très longtemps, on dira de cet établissement qui reste vraiment un établissement féminin et une professeure qui arrive dans les années 80, on lui dit encore, vous savez madame, ici vous êtes dans un lycée de jeunes filles. Et nous avons organisé la visite Merci. de l'établissement il y a quelques semaines et en fait on a découvert qu'à Jean Massé il y a toujours plus de filles je crois que c'est quasiment 60% de filles encore comme si l'établissement n'arrivait pas à... Se débarrasser de son histoire. La mixité existe, mais il n'arrive pas à avoir un équilibre entre les filles et les garçons, malgré l'offre d'enseignement général. Voilà, donc on va, après cette école professionnelle, supérieure professionnelle, on va vous présenter l'école normale de jeunes filles.
- Speaker #3
Alors, donc l'école normale de jeunes filles était une nécessité à Rennes. La décision de la créatrice très vite après la loi Paul Baer de 1879, c'est la première des lois laïques, la loi Paul Baer. Et donc cette loi Paul Baer impose qu'il y ait une école normale dans chaque département. Le département de Dilley-Villaine vote sa création. Et elle va ouvrir en 1886, donc assez rapidement, parce qu'il y a toujours des délais, bien évidemment, pour les plans, pour la recherche de l'architecte, pour la localisation. Alors la localisation, elle est choisie pour être quand même suffisamment loin du centre-ville, pour éviter la proximité des estaminets, pour éviter aussi les contaminations, les épidémies, etc., et pour préserver la santé des jeunes filles. Cette école... Elle est un peu emblématique de ce que veut la République, c'est-à-dire en quelque sorte contrebalancer le pouvoir de l'Église. Alors elle est boulevard de la Duchessal, vous connaissez cette école puisque c'est maintenant l'institut de l'IEP de Rennes et ce qui frappe c'est effectivement ces bâtiments majestueux et quand on s'approche on peut voir que dans l'entrée domine un médaillon de Minerve. Donc les jeunes filles étaient en quelque sorte protégées par Minerve et travaillaient sous les auspices de Minerve et de la Sagesse, ce qui changeait évidemment de la protection de Dieu et de l'Église catholique. Alors vous avez une photo ici, mais vous connaissez ces locaux-là, bien sûr, puisqu'ils existent et ils sont tout à fait préservés. On a d'ailleurs organisé une visite récemment. Si vous ne connaissez pas ces bâtiments, ils valent vraiment le coût d'un étouffement. Alors dans cette école, les professeurs au début sont peu nombreux. On a vu qu'avaient été créées des écoles normales supérieures pour les écoles primaires supérieures et pour les écoles normales. Bon, il faut que tout ce monde-là soit fort, que les écoles ouvrent, que l'école ouvre. C'était l'école normale supérieure de France Néo-Rose. et puis que les jeunes femmes soient formées. Elles avaient un excellent niveau, beaucoup étaient agrégées, et donc au départ, elles sont plus nombreuses. Et certaines, on va le voir, et ce sera vrai aussi pour le lycée, certaines sont très vite, non seulement professeurs à l'école normale, mais également très engagées dans la cité. C'est le cas par exemple de Mlle Dupin, qui milite pour le suffrage des femmes, et surtout de Mme Henni, qui a été la directrice de 1887. à 1907, pendant 20 ans. Ça a été, en quelque sorte, la première directrice, puisque la première n'est restée qu'un an. Donc, Mme Henni était très active dans la ville de Rennes. Elle était trésorière du comité de patronage des écoles maternelles, secrétaire de l'Union des femmes de France et de la Société de secours aux blessés. Donc, c'était des femmes engagées. Et on a l'habitude de parler des hussards noirs de la République. Eh bien, il y avait aussi les hussards noirs et à Rennes particulièrement, mais aussi dans d'autres villes, dans votre petite ville même, où elles avaient beaucoup de mérite. Alors dans cette école normale, qui est un peu une école de l'élite pour les familles du peuple, le nombre de places mises au concours d'entrée, c'est un concours, est assez limité, et il y a peu de candidats finalement, la sélection se fait à la fois sur des aptitudes... sur des connaissances mais aussi sur les aptitudes physiques. On a lu dans des rapports d'inspection que les dossiers de certaines filles étaient refusés parce qu'il y avait une insuffisance physique. Ou alors on disait que celles qui sont robustes pourront plutôt enseigner dans des écoles à la campagne, celles qui sont un peu fragiles pourront enseigner dans les écoles, les asiles, enfin ce qu'on appelait les asiles, les écoles maternelles. Mais en tout cas au départ le recrutement n'est pas aisé. Et puis, une précision, évidemment, les filles. C'est une promotion, c'est une réelle promotion pour les filles. Elles sont souvent issues de milieux modestes. Leurs pères, les mères ne travaillent pas. Leurs pères sont souvent ouvriers à l'arsenal ou chez ouverture, employés de bureau, quelquefois employés au chemin de fer. Il y a aussi des filles de fonctionnaires et d'enseignants. Elles sont souvent encouragées par leur enseignante qui intervient auprès de leur famille pour qu'elles continuent leurs études. Et comme il y a un internat, d'autres filles viennent... non seulement de Rennes mais aussi de l'île Évilaine et même parfois au-delà puisqu'on a vu qu'au départ il n'y a pas d'école normale de filles au Côte d'Armor. Le parcours de ces filles nous a touchées quand on a découvert leurs fiches, nos archives, parce qu'elles sont méritantes, elles sont souvent isolées et elles entreprennent. leur métier comme un sacerdoce. Beaucoup d'entre elles vont rester célibataires, en tout cas dans les premières promotions. On va vous donner un exemple parmi tant d'autres, parce que c'est une anonyme, mais en fait c'est une anonyme qui est représentative de toutes ses collègues, qui s'appelle Léonie Horry. C'était la fille unique d'une veuve, admise au concours d'entrée en 1893, donc vous voyez tout à fait au début de l'école normale. Son dossier précise, de santé robuste, pas d'infirmité, bon caractère, Vous... Moralité irréprochable, assez bonne manière, sérieuse, assez intelligente, bon élève. Ça, c'était son dossier d'entrée. Ensuite, la directrice écrira à son sujet. Élève sérieuse, d'un caractère docile, sa conduite est irréprochable. L'intelligence de Mlle Horry est très moyenne. Elle aura un acquis suffisant pour préparer sa classe. Alors, ce qui nous a toujours frappé, c'est de voir que les remarques avaient trait autant ou plus à la personnalité ou au milieu familial qu'aux qualités pédagogiques. Alors, cette Léonie, elle a fait l'essentiel de sa carrière à l'école du boulevard de la Liberté, avec un cours moyen de 38 élèves, et elle ne s'est pas mariée. Voilà, elle nous semble assez représentative de ce qu'étaient ses premières anticipatrices. Alors ces institutrices, elles reçoivent bien évidemment, on est à l'école de la République, l'universaliste, elles reçoivent le même enseignement que leurs collègues de l'école normale de garçons. Avec quand même sur leur diplôme une mention éducative. communication ménagère. Alors, bien sûr, elles vont former de bonnes mères, de bonnes épouses dans l'amour de la famille et leurs collègues hommes apprennent le maniement des outils pour former de bons ouvriers ou de bons citoyens dans l'amour de la patrie, voire de bons soldats. Puisqu'on a trouvé aussi certains documents qui attestaient qu'ils pouvaient apprendre le maniement des armes ou en tout cas des armes sacrifices. La tenue à l'école normale rappelle celle des religieuses. Bien sûr, il ne faut pas déroger à la mentalité ambiante. Ne pas dévoiler le corps féminin, c'est la même chose qu'à l'école normale, on l'a vu tout à l'heure, les cours de gymnastique se faisaient bien sûr habillés. et elles ont un abîmant que vous pouvez voir extrêmement austère. Alors la photo, c'est une photo qui date de 1886. Donc, première promotion. Et vous voyez à quel point elles sont galbées, toutes petites, toutes repliées sur elles-mêmes, les mains sur les genoux, toutes sages. Et puis, on a une photo d'une promotion de 1939-1940. Et là, on voit quand même, on voit l'évolution dans leur posture, dans leur habillement qui est clair. Elles sont beaucoup plus ouvertes et donc, on voit que les choses ont évolué. L'école normale est un lieu de savoir qui est dispensé par les femmes, donc à Rennes tout le monde sent une fille, en particulier la presse, et il y a toujours des échos par rapport à ces jeunes filles qui seraient de mauvaise vie. mauvaise mœurs, vous le retrouverez dans notre ouvrage des citations à ce sujet-là. Après les trois années de formation, les jeunes femmes, les institutrices s'en vont dans des écoles souvent à la campagne où elles sont souvent... souvent isolées, où elles ont un devoir d'exemplarité, où elles sont regardées avec beaucoup de méfiance. Par exemple, à la rentrée de 1912, le curé, à la rentrée, dit à ses paroissiens que la jeune institutrice ne doit pas être servie chez l'épicier parce qu'elle travaille à l'école du diable, alors qu'elle-même vient à la messe. Donc c'est dire, mais ça ce sont des choses que vous avez sans doute certains et certaines entendu dire. Allô, les... Les choses vont un petit peu s'atténuer. Il y aura des rapprochements voulus par l'inspection académique pour que des mariages se forment. Il y aura des postes doubles. Mais il y aura toujours une morale qui sera... respectée à la fois par les instituteurs et les institutrices, à partir de ce qu'on appelle le code soleil, du nom de M. Soleil, et qui dictait en quelque sorte la conduite non seulement à avoir dans l'école, mais aussi à l'extérieur de l'école, et je vais vous en faire une citation. Au village, pour l'institutrice, une mise décente et sobre et de rigueur, point de coquetterie excessive, point de toilette voyante et de mauvais goût, il n'est pas question de se négliger, de ne pas se distinguer de la garde-soi. Voilà ce qu'était la vie des institutrices. Cette école normale, le fonctionnement est resté inchangé, avec l'internat, avec les études qui étaient gratuites. jusqu'au tout au long du 20e siècle, avec une exception pendant la Deuxième Guerre mondiale. Et elle est devenue, avec la mixité, en 1979, elle est devenue mixte, puisque les filles ont rejoint l'école normale des garçons rue de Saint-Malo. Et c'est ainsi que se termine l'histoire de cette école normale de filles de Rennes. Tout à l'heure,
- Speaker #1
on vous a expliqué que les garçons avaient une proposition de formation professionnelle. Pour les filles, c'est très compliqué, mais ce qui nous a intéressés ici, c'est de voir qu'il y avait des formations professionnelles qui avaient émergé, petits noms certes, mais quand même marquants, et qui se sont développées tout au long de la période qu'on a considérée, 1870-1970, et qui se sont vraiment enracinées sur le territoire. Sur la gauche, vous avez une photo qui est vraiment ancienne, qui est qu'on date entre 1904 et 1910 pour la photo, mais c'est une école dont vous connaissez le site, c'est le lycée de Coet-Lauron, qui est juste à la sortie de Bourg-Jaloux, il y a encore un bâtiment ancien. Ce bâtiment ancien, c'est 1886, et c'est la première école de lettrerie de France. Donc qui a été créé, ce n'est pas complètement un hasard, dans le bassin de Rennes, qui est un bassin de laitiers vraiment. Donc une femme, Marie Baudin, dont le mari avait lui créé la même chose pour les garçons à l'époque, le lycée, qu'on a appelé au temps des Trois Croix. Et puis c'est aujourd'hui devenu Victor et Hélène Bach. Donc vous voyez la proximité, beaucoup de terrain et donc des animaux. Et ces jeunes filles qui viennent de tout le département. et auquel on apprend donc à travailler le lait, la crème, tout ce qui permettra de développer derrière une paysannerie un peu moderne. La première de France, elle est là et on va trouver dans cet établissement Coex-Logon, vous voyez sur la photo de droite. Toujours qu'au HECLOGOR, mais cette fois-ci, on est après la Seconde Guerre mondiale, juste après la Seconde Guerre mondiale, à peu près 1955, la photo. Et on voit toujours des jeunes filles paysannes qui se destinent à l'activité agricole et qui, cette fois-ci, sont en train de travailler sur un champ. Donc, vous avez vraiment là un ensemble qui est assez cohérent de formations pour les femmes et qu'on va retrouver longtemps, cette originale. On a vraiment une école d'agronomie pour les filles. qui progressivement va se rapprocher de celle des garçons et rejoindre la rue de Saint-Brieuc, ce très bel établissement qui avait été construit bien sûr pour les garçons, mais où les filles vont pouvoir arriver, et ce qui constitue aujourd'hui un gros campus de Rennes. Vous voyez, c'est une histoire longue et qui correspond bien au bassin rennais. Le deuxième axe de formation professionnelle, eh bien, j'ai mis des guillemets naturels, qu'est-ce que ça fait à les filles s'occuper des autres ? Donc les métiers du soin et du service, ce qu'elles ne font pas dans leur intérieur, elles le font à l'extérieur pour les autres. Sur la photo de gauche, vous voyez, on en a parlé tout à l'heure, c'est pour ça que j'ai réagi, c'est en fait l'ancienne école privée Saint-Vincent, devenue par la suite l'école primaire supérieure et puis le lycée Jean Massé. Donc c'était un hôpital militaire en 1914-1918. Et sur cette photo, vous voyez une infirmière. Alors, une infirmière, mais sauf qu'il y avait donc la possibilité de créer des écoles d'infirmières depuis 1905 en France. Mais Rennes, qui avait été en avance sur la laiterie, n'était pas du tout en avance sur les autres formations. Et donc, il n'y avait pas d'école d'infirmière à Rennes. Il va falloir attendre 1925. Assez logique, il y a les 14-18 qui étaient passés. On s'était rendu compte qu'on avait vraiment besoin de former. à ces nouveaux métiers. Donc 1925, école d'infirmière, et de même qu'on vous a présenté quelques personnages parmi les institutrices, une personne qui a longtemps été la directrice de l'école d'infirmière entre 1925 et la seconde guerre mondiale, Charlotte Foyeux, vous trouverez son nom dans le livret, donc vraisemblablement, puisqu'elle est restée longtemps, on va l'accréditer d'une bonne activité professionnelle. Mais sous d'autres noms, elle écrivait des romans. Seulement elle écrivait des romans qu'elle publiait, mais elle était très active dans une association des écrivaines. Donc vous voyez vraiment des femmes qui s'emparaient en fait de leur métier pour faire quelque chose, mais sous un nom d'emprunt quand même. c'était un petit peu difficile sinon et puis l'autre photo beaucoup plus récente elle aussi que nous datons à peu près comme celle de Coetzee Bon des années 60-65 donc des jeunes filles vous voyez qui sont en blouse qu'il y a une tenue, dans la mesure où on est dans des systèmes qui ne sont pas mixtes, il y a une tenue pour les filles. Et ces jeunes filles, on n'est pas certaine de ce qu'elles font, mais elles sont vraisemblablement dans les métiers du service et elles apprennent à être soit en service dans l'entreprise, soit en service du commerce. Vraisemblablement ici, plutôt pour le commerce, mais il y avait bien les deux activités. Et on va voir se développer ce qu'on appelait des collèges d'enseignement technique, très spécialisés dans les activités de vie, donc des activités... de services. Vous avez peut-être repéré ce bâtiment qui est juste derrière la caserne des quartiers du François Château. Vous avez tout un ensemble immobilier des années 2010 à peu près et au milieu, un vieux château qui avait été racheté par la ville pour pouvoir accueillir un collège d'enseignement technique dispensant des formations à ces jeunes filles. Alors là encore, pour finir, des jeunes filles d'origine modeste sur ces et puis tu l'as. donc des établissements qui n'étaient pas de très bonne qualité. Voilà, je vais donc continuer de donner la parole pour qu'on puisse continuer à monter dans la hiérarchie scolaire et aborder la question des lycées.
- Speaker #4
Oui, donc, si ça marche, oui. Donc moi, je vais vous parler du lycée de jeunes filles à Rennes, du premier lycée de jeunes filles à Rennes et des fortes résistances qu'il y a eu autour de cette création. Je vous avais dit tout à l'heure que le premier lycée de garçons avait ouvert en 1803. à Rennes, c'est la collègue lycée Emisona, qui était avenue de la gare à l'époque. Et bien, il faudra je... Je m'étonne, 1906, pour avoir une ouverture de lycée public de jeunes filles à Rennes. Donc vous voyez, 1803 pour les garçons, 1906 pour les filles. Alors que, vous le savez sans doute, la loi qu'a misé Merci. de 1880, demandait la création d'un établissement, d'un lycée de jeunes filles dans chaque département français. Et pour Nantes, par exemple, ou pour Brest, ça s'est fait très rapidement. Il faudra attendre 26 ans pour que la ville de Rennes ouvre enfin son lycée de jeunes filles. Donc pourquoi ? Donc ce lycée de jeunes filles, il sera dans le temps, c'est l'actuel collège Anne de Bretagne que vous connaissez plus sur le site. Donc ça c'est parce que à Rennes, le lycée va cristalliser l'opposition entre les catholiques conservateurs et les républicains qui étaient beaucoup moins nombreux. Ça a été très laborieux, une histoire digne d'un fait tour, avec des allées, des retours et de multiples épisodes où la municipalité n'a pas eu de beau rôle. Parce qu'elle est peu motivée par un investissement financier pour les jeunes filles et majoritairement convaincue quand même que les établissements religieux qui existent déjà en grand nombre sont suffisants. Pour donner un aperçu des résistances, je vais vous lire un extrait d'une lettre du préfet d'Ille-et-Vilaine qui interpelle le maire de l'époque qui s'appelait M. Pignot. J'ai mis sous vos yeux la liste des lycées de jeunes filles en France et vous ai montré que Rennes, l'université, se devait elle-même de ne pas rester plus longtemps en retard en ce qui concerne l'enseignement des jeunes filles. De même, le recteur s'impatiente et lui aussi il est... écrit « Ne craignez-vous pas que l'empêtement de Rennes à être la seule ville de France sans un instagnement régulier de jeunes filles et le refus paradoxal des conditions financières exceptionnellement avantageuses proposées ne finissent par blesser ceux qui parlent au nom du ministère ? » Donc les gens ne s'en mêlent. Les nouvelles rennaises titrent « À Rennes, ville essentiellement universitaire, tout est donné à foison aux garçons. » Finalement, face à cette pression, le conseil municipal va finir par voter l'ouverture du lycée en 1906 et achète l'établissement dit du Tabord. C'était un couvent à cet endroit-là. C'est la partie haute du collège de Bretagne, bien sûr. Il y a eu une création ensuite sur la rue de Paris, mais c'est la partie qui est dans le Tabord. Mais malgré tout, la création... l'internat tarde à être financé. Or, un lycée de jeunes filles, ça doit être ouvert sur l'ensemble du département et permettre à des jeunes filles... venant de tous les alentours de venir s'instruire à Rennes. Et pas d'internat pendant des années et des années, parce que la ville ne veut pas le financer. Et même ce sont les directrices successives qui vont louer elles-mêmes sur leur fonds propre des locaux pour les internes jusqu'en 1914, jusqu'au début de la guerre. Donc on vous donne dans le livret le portrait d'une des directrices qui a été particulièrement acharnée. mademoiselle maurice qui s'est vraiment battu c'était une combattante elle arrivait aussi de cevres elle arrivait d'école de sevres mais elle était vraiment convaincu et elle a loué elle même des locaux pour pouvoir accueillir des internes au lycée de jeunes filles et au bout d'un moment elle en a eu sa claque et elle est partie elle est repartie à paris en 1900 pendant la guerre je pense dans la première guerre mondiale Mais c'était une situation presque incroyable par rapport aux autres grandes villes de France. L'internat sera enfin municipalisé en 1918, donc après la première guerre, mais l'établissement restera longtemps un enjeu pour les rennais et les journaux s'en font écho. Le lycée reste vu comme un lieu de perdition dans un environnement pré-catholique. L'effectif des lycéennes sera de 200 en 1920, mais... De 840 en 1939, donc elles vont atteindre le même effectif que les garçons assez rapidement. Ce qui montre que quand il y a une offre, finalement les filles s'en emparent et qu'il y a des attentes dans les familles. Mais la fréquentation du lycée n'ouvre quand même pas toutes les portes, il ne faut pas exagérer. On n'a pas les mêmes matières enseignées au lycée de jeunes filles qu'au lycée de garçons, et en particulier on n'enseigne ni le latin ni le grec. Ce sont pourtant les matières, le grade pour pouvoir rentrer à l'université, avoir le baccalauréat. Donc les filles n'ont pas de baccalauréat à la fin de leurs études, on leur décerne un certificat de fin d'études secondaires. Il y aura, alors, on a dit tout à l'heure, ceux qui ont bien suivi ça quand même, que j'ai parlé de Julie Victor-Dobier qui avait eu son bac en 1861, qu'elle avait été soutenue par l'interatrice Eugénie. Donc il y a quand même des filles qui réussissent à avoir leur bac parce qu'elles le passent en indépendance. Elles ont des soutiens, c'est des filles de famille aisées en général, elles prennent des cours privés et elles réussissent avec des soutiens au placé à se présenter au baccalauréat. Et par exemple, à Rennes, la première renaise qui a eu le baccalauréat l'a eu en 1873, elle s'appelle Françoise Ribaud, mais entre 1861 et 1873 par exemple, Il n'y a eu que 15 bachelières en France, donc à peu près une par an, alors qu'il y avait quand même beaucoup plus de garçons. Enfin, dès le début du XXe siècle, elles vont être beaucoup plus nombreuses à vouloir passer le bac en candidature libre, en indépendante, ce qui va accélérer un peu les démarches et puis aussi... La première guerre mondiale va montrer que les filles ont besoin d'instructions, qu'on a besoin des femmes à un moment donné quand même, pour prendre des postes et qu'elles ont besoin d'être instruites, et de passer le bac et de pouvoir entrer à l'université, ce qui va déboucher sur le décret Bera de 1924, qui va permettre aux filles de préparer le même baccalauréat que les garçons. Dans tous les établissements, on aura les mêmes matières enseignées et les mêmes matières au bac, filles et garçons. Je vous rappelle que 1924 c'était un siècle, donc c'est pas si vieux que ça. Le nombre de bachelières va rapidement s'accroître et dix ans après, en 1933, on comptera déjà en France près de 4000 bachelières pour 11 000 bacheliers. Et pour vous donner un ordre d'idée, j'ai regardé, ce sont 682 000 candidats qui ont été admis au baccalauréat en France en 2025. Donc un siècle après, de 15 000, on est passé à 6 000.
- Speaker #1
C'est pas 82 000. Tiens,
- Speaker #0
on a un avis.
- Speaker #1
Merci. Donc, enfin, elles ont leur bac. Qu'est-ce que, comment la ville de Rennes, en fait, accueille-t-elle les étudiantes ? Alors, d'abord, un aparté, Rennes est une grande ville universitaire. Et ça, c'est vrai au 19e, déjà, très fortement. Jusqu'en 1961, je ne me trompe pas de date, Rennes était au centre, c'était la ville centrale d'une académie de 7 départements, seulement ensuite que ça se réunit, ça veut dire que lorsqu'on voulait faire des études... C'est le départ. La première opportunité était Paris et la seconde était Rennes. Ce qui vous explique que Rennes accueille, tout au cours du 19e siècle, et donc même avant la période qui nous préoccupe, beaucoup d'étudiants hommes, bien entendu. Mais vous connaissez peut-être l'histoire du bâtiment qui est aujourd'hui le musée des Beaux-Arts. Depuis 1911, c'est le musée des Beaux-Arts. avant 1911, il est construit en 1848, c'est le palais... universitaire le mot est très beau en plus et il accueille les différentes facultés qui sont donc dans cet établissement alors le nombre d'étudiants s'accroît de ce fait en 1911 comme je viens de le dire ce bâtiment devient musée des beaux-arts et les différentes facultés ou écoles voyez à l'époque on dit écoles de médecine c'est pas encore faculté de médecine ça revient au même vont s'installer dans des bâtiments on l'a dit tout à l'heure des bâtiments libérés par les congrégations après la loi de 1905, ou bien construit. Je pense particulièrement au bâtiment Pasteur, qui est quand même un bâtiment emblématique sur les quais de Rennes. Il est construit à la fin du 19e siècle, à la même période exactement que la Sorbonne, vous voyez. Donc on est vraiment dans une vraie dynamique universitaire à Rennes, avec des lieux spécifiques qui accueillent les différentes facultés. Voilà. Alors, cette affaire-là, ça ne nous parle pas... des étudiantes. Et la particularité du cas des facultés et écoles françaises, à la différence du monde anglo-saxon et aussi du monde de l'Est avec la Pologne, je parle de la Pologne parce qu'évidemment je ne peux pas ne pas parler de Marie Curie qui est venue faire ses études en France, c'est qu'il n'y a pas d'interdiction faite aux femmes de rentrer à l'université. Il n'y a ni interdiction ni numerus clausus. Quand on se pose des questions quand on lit des articles, on pense que c'est parce qu'au moment de la création des facultés, personne n'imaginait que des filles puissent aller à l'université. Et donc il n'y a pas d'interdiction, alors que dans le monde anglo-saxon, on a un système universitaire pour les filles et un pour les garçons. On a des universités de femmes. Nous, nous n'avons pas créé ça, mais ça permet d'expliquer, ce n'est pas beaucoup de cas à Rennes, mais c'est le cas à Paris, qu'il y ait pas mal d'étrangères dans ces fameuses pionnières, c'est le mot qu'on a choisi. Et les étrangères, ben oui, elles viennent à Paris parce qu'elles ne peuvent pas aller dans leur propre pays. Et c'est bien sûr, évidemment, le cas de Marie-Élise Curie. Donc, il va y avoir des filles qui vont donc arriver en France, dans les universités, qui vont côtoyer les garçons. Et là, c'est la même remarque que celle que nous faisions tout de suite sur les lycées. À partir du moment où c'est ouvert, à partir du moment où on peut venir, eh bien, les femmes des classes supérieures, donc jamais en... très grand nombre, on est d'accord, on est sur des volumes, je vais vous en donner un, un effectif qui va se prendre peut-être, on est très satisfait d'observer qu'il y a 500 filles étudiantes en 1933 à Rennes, au moment où s'ouvre, où est construite tout près d'ici la cité universitaire de Fille-Lucéry. Les 500, c'est beaucoup. Alors évidemment, on ne va pas comparer à aujourd'hui, bien entendu. C'est vraiment un effort de la municipalité qui a... à ce moment-là, a compris qu'il fallait faire, en quelque sorte, un quartier étudiant aussi accueillant pour les filles, qui leur permette de suivre des études. Et donc, la cité universitaire Jufféville est construite en 1933. Et ce qui est vraiment intéressant, c'est qu'elle est même construite avant celle des garçons du boulevard Séville-Montre. C'est presque simultané, ce sont les mêmes architectes qui travaillent. Mais c'est quand même intéressant d'observer ça, avec également un ensemble universitaire. qui est assez mixte puisqu'il y a des terrains de sport où les filles vont pouvoir pratiquer. Et il y a même l'ancêtre de l'Union nationale des étudiants de France, l'AGER, l'Association générale des étudiants de Rennes, qui accepte d'avoir des filles en son sein. Pas présidé et pas dansé, mais enfin, quand même. Donc c'est vraiment un point important, le fait qu'il n'y ait pas eu d'interdiction, eh bien, il y a eu vraiment un mouvement vers les facultés. le chose est de commencer ses études, une deuxième chose, et nous avons vraiment pu vérifier là au niveau des effectifs que c'est un vrai problème, une chose est de les finir. Et ce n'est pas du tout la même chose pour les femmes. Parce que quand on est en 1920 et jusqu'en 1980-70, eh bien on est jeune, on est à l'université, on rencontre un conjoint qui va nous plaire et puis il y aura mariage et bébé. ni contraception, ni IVG. Et donc un taux d'arrêt très important des jeunes femmes. Elles commencent les études, elles ne finissent pas beaucoup. Alors nous avons particulièrement regardé le cas des étudiantes en médecine. afflux des étudiantes en médecine après la guerre 14-18 c'est tellement important et puis après malgré les énormes réticences plus que réticences là aussi on cite des documents, quand vous lirez le document on cite des lettres bon elles sont... incapables de rien, juste d'être infirmière, mais bon, c'est déjà très difficile, quand tu es avec des médecins, et puis en plus, elles leur prennent la clientèle des enfants, parce qu'elles font moins peur aux enfants, alors ça, c'est vraiment pas bien. Et vous aurez les documents, vous sourirez, on sourit, et puis en même temps, on se dit que c'est quand même difficile. Elles se battent vraiment. Alors, celles qui vont continuer leurs études, il y en a, je vais vous citer quelques noms, soit, et c'est le cas le plus fréquent, sont restées célibataires et que donc elles ont investi toute leur énergie et qu'elles ont construit leurs compétences et on voit de beaux parcours de femmes quand on parle d'émancipation qui sortent de l'enseignement pour vraiment diffuser une autre manière d'appuyer les carrières des femmes avec les soroptimistes par exemple qui est une association un peu type Rotary Club mais pour les filles et on trouve ça, donc des femmes célibataires très engagées et puis on trouve aussi des beaux portraits de femmes qui sont soutenues par leurs conjoints Non. des conjoints qui sont dans le même domaine qu'elles et qui vont leur permettre, de faire une carrière universitaire. Mais on est vraiment sur le petit nombre. Sur le petit nombre. Et il faut avoir des épaules assez solides parce que l'environnement masculin des collègues n'est pas très soutenant, on va dire. Je suis vraiment dans l'euphémisme là aussi. Vous verrez, on vous cite des choses pas gentilles du tout. Alors, on a souhaité vous montrer Merci. Alors voilà, oui, c'était, excusez-moi, j'ai oublié de passer ma diapo, où on voit ces étudiants en médecine, avec deux étudiantes en médecine. On pense que la personne qui est à gauche, qui a un petit chapeau, là, est Madame Baudin-Chevrel, la fille de Louise Baudin, qui, grâce sans doute à l'engagement de sa mère, moi, ce sont les témoignages qu'on retrouve, alors sa sœur a fait des études de magistrate, avocate, pardon, et elle, elle a fait des études de médecine, Elle est devenue la première. professeur de médecine à Rennes. Donc vous voyez quand même quelques femmes dans ce groupe masculin. Et puis je voulais souhaiter finir sur quelques trajectoires exceptionnelles. Alors entre le moment où nous avons fait ce travail et aujourd'hui, il y a eu une initiative prise à propos de la Tour Eiffel. Vous avez peut-être vu que sur la Tour Eiffel il y a les noms de 72 chercheurs scientifiques inscrits depuis l'exposition universelle, je crois. Il y a aujourd'hui le projet de 72 femmes scientifiques dont le nom va être inscrit sur la tour Eiffel. Parmi ces trajectoires exceptionnelles, il y en a une dont vous trouverez la trajectoire dans notre document, qui était mathématicienne à Rennes et qui s'appelle Marie-Louise Dubray-Jacotin. Elle a vécu entre 1905 et 1972. Son nom sera inscrit sur la tour Eiffel. On avait construit le document avant avec deux belles trajectoires. celle de Mme Charlotte Béquignon-Lagarde qui est la première magistrate de France. Elle était donc professeure juste derrière ici à la faculté de droit qui à l'époque n'était pas là évidemment, elle était place Sainte-Melène dans le beau bâtiment ancien sur la place Sainte-Melène et elle est devenue la première magistrate de France. Et puis à côté Mme Jeannot-Bercrière Donc, première agrégée de droits et de... docteur de... thèse de droit orientée vers... L'économie n'est pas distincte du droit à l'époque. Et ensuite, elle va créer l'Institut de gestion de règles qui est tout près d'ici, dans la rue Jean Massé également, un ancien orphelinat catholique pour les garçons. Donc, pareil, récupéré aussi par le système éducatif. Donc, des belles trajectoires de femmes qui ont été soutenues en fait dans les deux cas. ce ne sont pas des femmes célibataires. alors que le cas de femmes célibataires est plus courant. Une image de fin, pas une conclusion, mais une image de fin avec un atelier à l'université et un amphi d'université, ce sont des photos qui viennent de l'université Rennes 2, et qui nous montrent évidemment une mixité réelle. Et évidemment la question qui est derrière c'est, est-ce que la mixité signifie l'égalité ? Bien sûr, on sait qu'il y a beaucoup de... Des éléments qui vont nous faire hésiter là-dessus, puisque les stéréotypes restent très très marqués dans les universités littéraires comme RN2, avec une orientation littéraire, beaucoup de femmes, dans des universités plus technologiques, et en particulier dans les domaines qui aujourd'hui sont les domaines qui conduisent vers le pouvoir, c'est-à-dire tout ce qui est autour du numérique, les femmes sont nettement moins représentées. Toute cette volonté de se battre et de continuer à se battre pour acquérir l'égalité et les compétences permettant d'agir, parce que le numérique c'est les compétences permettant d'agir sur le monde à venir. Donc nous sommes en confiance, on a fait ce travail qui a bien permis de voir la progression. Donc on espère que ça vous a intéressé et que vous aurez des questions à nous poser. Merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup, beaucoup de votre intervention, de votre intervention. Je vous propose de vous passer le micro si vous avez envie de poser des questions, de réagir, voilà, pour qu'on vous entende bien. Peut-être que là, vous êtes un peu dans la considération.
- Speaker #2
On a été un peu long, donc. On a bien fait. On a été un peu long.
- Speaker #0
On a fait des choses. Merci, c'était passionnant. Merci beaucoup. J'avais une question, je ne sais pas si c'est tout à fait dans le thème, mais vous allez le dire. J'ai appris il n'y a pas longtemps qu'il existait, je ne sais pas, c'est une association, une structure qui s'appelle les experts. qui recense en fait les femmes invisibilisées, souvent dans les médias, sur les plateaux, on voit pas de femmes, etc. C'est pas que dans les médias, mais c'est pas... Et souvent, en fait, les médias répondent à... On n'a pas trouvé de femmes expertes en tel ou tel sujet, donc c'est pour ça que nous avons... avons que des hommes sur le plateau et donc les experts cette structure a été créée je crois qu'elle est nouvelle elle a 20 ans d'accord je suis bien d'aller courir et donc ça répertorie toutes les femmes pour celles et ceux qui ne connaissent pas des femmes scientifiques avec des profils d'experts qui sont disponibles pour intervenir sur les plateaux et pour répondre à ce prétexte des médias qui ne trouvent personne voilà je voulais savoir si vous connaissiez et si vous étiez en contact avec ce type de structure, et si par exemple des RENES expertes en ce type de sujet pouvaient intervenir. Si vous êtes en contact avec cette structure, si vous leur donnez des idées, et s'il pourrait y avoir des RENES expertes en tel ou tel sujet pour intervenir dans l'interview.
- Speaker #1
Oui, donc je souhaitais vous dire que ce projet-là, le mot n'est pas le bon, cette réalisation, a à peu près 20 ans, je n'ai pas la date en tête, et elle est vraiment partie d'un constat... qui est celui que vous faisiez initialement et il n'y avait pas de femmes sur les plateaux et je n'ai pas le même âge que vous je peux vous dire qu'en 20 ans les plateaux ont beaucoup changé vraiment beaucoup c'est à dire qu'aujourd'hui elles n'ont pas forcément une parole qu'on va autant écouter, qu'on va autant relayer, les inégalités subsistent, on est bien d'accord. En revanche, il est assez rare qu'un plateau n'ait pas au moins une personne femme. Je pense que c'était le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche qui répondait à une demande bien identifiée, une demande sociale bien identifiée, sachant que oui, parmi les chercheurs... et les intervenants dans des entreprises aussi. Vous voyez au MEDEF par exemple, on voit aujourd'hui des femmes intervenir. La loi sur... alors j'ai vu récemment... Je ne sais pas si la parole s'est mouillée mais... Vous savez que Lionel Jospin est mort récemment et qu'il avait donc été à l'initiative de la loi sur la parité. Son gouvernement a fait voter la loi sur la parité. Et ce qui était assez remarquable, c'est de constater que cette loi sur la parité, elle ne portait que sur le personnel politique et les élections, mais qu'en fait, elle avait eu des conséquences sur énormément d'autres mondes sociaux. Et c'est né à ce moment-là. Vous vouliez peut-être parler ? Je peux dire que quand même cette loi sur la parité a fait du bien en politique et qu'avant la loi sur la parité,
- Speaker #4
les maires dans les communes disaient qu'ils ne trouvaient pas de femmes pour rentrer en politique. C'était pareil à partir du moment où il y a une obligation, ou en tout cas où on identifie des profils qui peuvent être dans un secteur où on les trouve. Mais voilà, il faut une obligation. Je vais m'en aller.
- Speaker #5
pour votre intervention très intéressante. J'ai une question sur l'enseignement privé catholique. Est-ce que vous avez réussi à identifier ce qui a pu être la stratégie d'enseignement privé ou de ses responsables par rapport au mouvement scolaire d'émancipation des femmes que vous avez analysé ? Est-ce que l'enseignement catholique a cherché à garder les jeunes filles dans son giron pour éviter qu'elles s'émancipent peut-être trop dans l'enseignement public ou par simple concurrence scolaire Merci. ou pour éviter l'éducation sexuelle peut-être très coste que celle où simplement par guerre scolaire ou est-ce que le l'entraînement catholique a essayé de contrer et ce mouvement de femmes d'être à sa façon est ce que c'est possible d'en approcher une stratégie éventuelle
- Speaker #4
C'est très intéressant ce que vous nous proposez parce que je dois dire qu'on ne s'est pas tellement penché sur cette question. Effectivement, on a constaté que les établissements privés catholiques étaient restés très nombreux en Bretagne et en particulier aussi en Ile-et-Vilaine et encore aujourd'hui, d'ailleurs, vous le savez bien, et que, je vous le disais, 70% des filles jusqu'en, je ne sais plus ce que je vous ai donné exactement comme date, mais il y avait en Ile-et-Vilaine... Jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, 70% des filles étaient dans les établissements privés catholiques, ça on l'a constaté. Après, savoir si les établissements ont voulu garder les filles pour de peur qu'elles s'émancipent trop ou s'ils ont participé, c'est vrai que c'est une question qu'on ne s'est pas vraiment posée.
- Speaker #3
Il y a quand même une donnée qu'il faut prendre en compte, récemment en tout cas, c'est qu'avec la massification de l'enseignement et avec l'accès des filles et des garçons à l'enseignement, beaucoup de familles se sont tournées quand même vers l'enseignement public pour des raisons... financière. Donc, c'est aussi une donnée qu'il faut prendre en compte. L'importance, le volume d'élèves à partir des années 60 fait que des établissements publics ont été créés. Il y en a eu beaucoup à Rennes. Vous connaissez le lycée Jeleucurie, le lycée Brechini. Et il y a eu moins de constructions d'établissements pour les filles. Donc, c'est une réalité, celle-là. La massification. Alors donc pour te répondre,
- Speaker #1
on te dit bien qu'on n'a pas envisagé cette question. Mais en revanche, il y a quelque chose qu'on a observé, qui a été dit lorsque Catherine a présenté l'enseignement primaire catholique, c'est que... les bonnes sœurs qui donnaient les enseignements n'avaient pas de formation. Elles avaient la lettre d'obédience qui les autorisait à porter la bonne parole à ces petites filles, mais en termes de compétences, c'était pas le cas. pas là. Et donc, quand elles ont commencé à disparaître, c'est bon de savoir, il y a eu un espèce de vide, un passage à vide pour l'enseignement catholique qui était compliqué jusqu'à ce que, de nouveau, le système s'homogénéise dans les années 80, en fait. C'est à ce moment-là qu'on repart sur un système où il y a vraiment des contenus, d'abord un programme, pour tous les établissements sous contrat, c'est le même programme, et des contenus qui doivent être vérifiés, des personnels qui doivent d'être. passer le même concours, enfin bon voilà, tout ce système qu'on connaît depuis les années 80 n'existe pas dans les années 50-70, c'est à un moment où les bonnes soeurs ne sont plus à même de porter cette parole là,
- Speaker #3
donc je pense qu'il y a un creux, mais j'identifie quelque chose mais je n'ai pas travaillé là-dessus. Alors, il y a une chose que nous n'avons pas dite aussi au sujet de la formation, donc des religieuses qui n'ont pas de formation, les religieux avaient une formation très solide au kiséminaire ou au grand séminaire. La grande différence, elle est là, c'est-à-dire qu'il y a eu un enseignement de qualité pour les garçons dès le début et qui a perduré avec deux établissements d'excellence à Rennes, que sont Saint-Martin et Saint-Vincent, ça n'était pas le cas pour les filles. pour les religieuses, puisqu'elles n'avaient pas de formation elles-mêmes. Ça fait une différence dans la qualité de l'enseignement. Et il y a un moment, vous savez bien, où les parents ont une stratégie de réussite, et c'est normal pour leurs enfants. Et les établissements, ils ont peut-être choisi davantage, certains établissements publics pour les filles, par rapport aux établissements pour les filles privées.
- Speaker #0
Bon, moi j'en profite. J'ai deux questions. Plus du coup sur les archives, parce que ça m'interpelle. Je vous avais dit que pour les... L'enseignement primaire, laïque obligatoire, les premières écoles, il n'y a pas de programme. Et que le programme, il est fixé par la mairie.
- Speaker #2
Non, c'est pour les cours complémentaires. C'est juste pour le poste de certificat d'études. C'est-à-dire qu'en fait, en fonction des communes, ils pouvaient choisir plutôt sur le textile, plutôt sur la cuisine. En fait, quand les filles, enfin les enfants... les certificats d'études de taux, en faisant l'école jusqu'à 13 ans. S'ils ont un certificat d'études à 11 ans, 12 ans, ils ont encore quelques temps à passer avant d'être délimés de cette obligation scolaire. Donc, ils peuvent rester dans des cours complémentaires. Et c'est là où il n'y a pas de programme. officielle. Autrement, il y a un programme des lois... En fait, la première loi sur l'enseignement vraiment structurant, c'est 1830. Mais elle structure que l'enseignement des garçons. Mais pour autant, il y a des programmes. C'est juste pour ce jeu des cours complémentaires qui... En fait, c'est un peu du bidouillage local. Il y a un an, deux ans à occuper. Après, on retrouvera ça chez les filles avec des cours ménagers jusqu'au 60-70. Il y a des cours... Les filles... qui apprenaient pas trop bien l'école qui n'allaient pas au lycée on les faisait à compte 16 ans avec du cours ménager c'était le même principe mais jusqu'à 13 ans alors juste pour compléter parce que du coup j'ai dû avoir un petit blanc je sais pas, j'ai pas très bien compris du coup l'école primaire supérieure professionnelle qui elle est une autre voie
- Speaker #0
On y rentre à quel âge ?
- Speaker #2
Après le certificat d'études. Pareil, c'est pareil.
- Speaker #0
On y rentre après le certificat d'études. Et on peut y rester combien de temps ?
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #3
les écoles primaires supérieures préparaient à deux brevets. Le brevet élémentaire... Le brevet élémentaire, c'était trois ans. Et les filles pouvaient continuer après pendant deux ans. Ce qui faisait une scolarité de cinq ans. Et je ne sais pas si on l'a bien précisé, mais elle était gratuite, cette scolarité à l'EPS. En tout cas, c'est un lycée qui était payant.
- Speaker #2
On était un peu sur l'équipement d'un lycée, sans que c'était vraiment deux filières parallèles. Les enfants de milieu populaire allaient à l'école primaire supérieure, et les enfants de milieu aisé, très aisé ou moyennement aisé, allaient au lycée, qui était payant. Le lycée était juste en 34. En 34,
- Speaker #3
le lycée est payant.
- Speaker #6
Vous avez la troisième. Vous n'entendez pas. La troisième, à part les 14 ans, il y avait deux sections, une pour préparer l'école normale et une pour les précautions.
- Speaker #3
Alors, ça dépendait des endroits parallèles. Vous avez appelé le poste tout à l'heure. Voilà. En fait,
- Speaker #2
les jeunes filles pouvaient préparer donc, soit... elle faisait un enseignement général, brevet, brevet supérieur, je voulais préparer un métier, un CAP de compta, ce qu'ils appelaient les BP ou les BEP d'employés de bureau, enfin voilà, CAP, BEP, enfin voilà. J'en assais, c'était tout ça. C'est beaucoup plus tard. C'est beaucoup plus tard. Elles n'avaient pas de diplôme. Elles n'avaient pas de diplôme, mais elles ont les compétences. Dès que ça n'est donc... Quand ils l'ouvrent en 1918, elles ont déjà des options de secrétariat.
- Speaker #1
Le contenu est là, les diplômes n'ont pas ces...
- Speaker #2
Ils changent un peu d'appellation. Je ne sais pas s'il y aurait une autre question ou un commentaire. Alors on vous laisse quand vous partez, il y a sur la table des petits livrets dont vous parlez, que vous pouvez prendre. Merci pour votre attention. Vous vous retrouvez très tôt.
- Speaker #0
Je vous dis juste que le petit livret existe en version numérique, en PDF sur notre site. Vous pouvez le trouver et voilà. C'est juste pour dire que la version numérique est bien diffusée. et il y avait des premiers cours en anglais sur la civilisation, sur les femmes, et c'était déjà contesté, déjà. Et même moi, petite, on m'a souvent dit des choses, parce que j'étais une fille, que je ne pouvais pas aller dans tel ou tel truc, donc ça fait plaisir. Merci beaucoup. Merci. Je voulais vous remercier pour le travail.
- Speaker #1
C'est un autre présent. Et je vais... C'est un sujet tellement vaste. Si vous voulez... Ça doit être marqué. Oui, mais ça... Non, mais vous, Manu, mais qui...
- Speaker #4
On vient de sortir un petit film aussi documentaire sur les luttes des caissières à mammouths dans les années 75-76.
- Speaker #0
Bon courage et merci beaucoup.
- Speaker #6
donner quelques détails. Mais ce serait bien qu'on la vous serve. Oui, parce que ce serait intéressant de faire un parallèle entre la mièvre et ici.
- Speaker #2
Et surtout que, comme vous êtes arrivés... Vous avez laissé vos coordonnées ? Non, non, non. Je vous laisse mettre votre mail. Oui, alors je vais... Et alors, ils sont quand même sur l'adresse,
- Speaker #6
si vous vous contactez. Oui, mais dedans, il y a le...
- Speaker #2
Normalement, dedans, il y a... Il y a un papier... On a mis le marque-page. Ah oui, mais pas dans ce... Non, bah non. Non mais ceux qui étaient là-bas. Donc Madame, je vous laisse, Madame, mettre votre adresse mail. Vous allez trouver ça là-dessus.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #3
Alors attendez, qu'est-ce que je vous mets après ? C'est vous qui avez connu Anne Tenuée ? Oui.
- Speaker #4
Ah ben voilà.
- Speaker #0
Vous la connaissez alors ? Oui. On a fait beaucoup de choses. Oui, on faisait partie du CDI. CDI.
- Speaker #4
Françoise.
- Speaker #6
Françoise n'était pas là de la mairie.
- Speaker #2
Françoise,
- Speaker #4
je ne sais plus son nom. Elle était... prendre un soin je n'ai pas mais quand j'ai entendu votre nom ça va mais vous connaissez peut-être ma mère à mon droit de la connaissait à l'île roi c'est ma mère à vos d'accord voilà et elle était très amie avec
- Speaker #6
elle cogner c'est comme ça que j'étais allé passer là j'étais enseignante à bouger et je Je venais de la reine pour être en train de faire des plans informatiques. J'avais connu Anne, avec Françoise et tout ça. Et celle qui était à... C'était Françoise Quiroque ? Non, c'était pas Françoise Quiroque ? Non, non, non.
- Speaker #4
Je me suis pas retournée,
- Speaker #6
je me suis pas regardée qui était là. Ah ben oui, mais quand j'ai entendu votre nom, j'ai dit, ben oui, c'est bien, oui. Mais c'est toute une époque, quand même. Votre maman, elle est... Non, non, elle est déjà là, il y a 10 ans. Oui, mais c'est Antonia. Ah bah oui, mais Antonia, je sais. Elles avaient le même âge. Elles avaient le même âge. Alors, moi j'étais plus jeune quand même. Parce qu'elles auraient plus de 100 ans là. Ah non, pas de... Ma mère, elle aurait... Oui, excusez-moi, je n'ai que 87. Ah oui. C'est l'expression qu'il faut, non ?
- Speaker #0
Oui, c'est tout à fait ça.
- Speaker #6
Oui, après, que voulez-vous ? On n'a que 87. Vous avez raison, moi qui... Non, mais faut... C'est vrai que, bon, moi, quand j'arrivais... Moi, j'étais ahurie quand j'arrivais en 65. Ahurie. Moi, je n'ai plus du tout le coup. Oui, mais ici, c'est tellement catholique. L'imprégnation catholique est telle que... Quand vous êtes aux religieuses, il y avait... Moi, je me rappelle d'un souvenir, mais alors mémorable. Il y avait donc deux religieuses, M. Monique, qui sont... qui étaient la robe après, mais qui sont gaboniennes. Non, elles restaient. Et elle se dit... disputaient pendant qu'on passait des examens de CP justement. Elles se disputaient parce qu'il y en a une qui voulait prendre le deux-champions et l'autre qui ne voulait pas. Alors, moi j'étais là au milieu, je faisais le frein parce qu'on était obligés d'aller à Paris. Je surveillais tout ce qu'elle faisait. Ça, ça m'a gênée.
- Speaker #0
Ah oui, ça, je n'ai pas compris.
- Speaker #6
Elle surveillait les... Ben oui, les... Parce qu'à Fugère, il y avait la...
- Speaker #1
Vous étiez inspectrice ? Non, prof.
- Speaker #6
J'ai été nommée prof en 73. de jeunes, alors aller commander des religieux je vous dis pas ah oui,
- Speaker #1
ça devait être affaisable habituée à faire il y a un ange là qui était pas bon parce que moi je ne connaissais pas du tout ça
- Speaker #4
Et vous habitez à Rennes maintenant ? Oui, depuis longtemps. Parce que je venais à Rennes en étranger. Tout le temps, je travaillais. Je n'habitais pas à Rennes. Et vous étiez sur Poufère alors ? Oui, sur Poufère. Vous habitez à Poufère. Non, parce que mon père, il était de Saint-Germain à Hong Kong.
- Speaker #6
Le beau que vous connaissez. Ben voilà. Alors, il s'appelait ? De Broide. De Broide. Ben oui. Saint-Germain. Mon beau-frère était bruné de Saint-Germain. Merci. et moi je suis revenue en Bretagne parce que mon mari était là j'avais dû la revenir ça a pas été pour maintenant oh Rennes c'est du bon oui bien Rennes je pourrais faire les coups je pourrais faire les coups
- Speaker #0
voilà je crois qu'on a tout je sais pas ce qu'elle veut votre adresse mail vous avez mis vos coordonnées quelque part non
- Speaker #6
Merci. Je n'ai pas beaucoup de place. Alors, qu'est-ce que je vais mettre ?
- Speaker #4
Votre nom, madame ? C'est vous, madame le tourneur Marie-Françoise ?
- Speaker #0
Oui. Ah ben,
- Speaker #6
voilà. Vous avez une adresse mail ? Alors, c'est R6 75 93 22 07. Heureusement qu'on a une bonne mémoire.
- Speaker #2
Ça y est, vous êtes embauché ?
- Speaker #6
Oh, si vous voulez !
- Speaker #2
Non, non, mais je crois que ça va plaire beaucoup.
- Speaker #6
C'est-à-dire qu'on peut faire une différence... Pardon, je... Oui, oui,
- Speaker #0
mais je vous parlais. Oui,
- Speaker #6
mais j'ai cru que c'était... Je voulais faire la différence entre justement moi, ce que je vivais dans la Nièvre. Et ici, quand même,
- Speaker #2
c'était tellement gros.