- Pauline ArtEcoVert
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources tanctoriales, usages concrets, filières, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute !
- Speaker #1
Bonjour à tous,
- Pauline ArtEcoVert
je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert Nicolas Kluger. Bonjour Nicolas.
- Speaker #1
Bonjour.
- Pauline ArtEcoVert
Alors Nicolas, je suis ravie de vous recevoir parce que vous introduisiez une nouvelle série qu'on a intitulée « Questionnons nos couleurs » . Et on commence avec vous sur un sujet qui va en intéresser plus d'un, je pense. Je voudrais d'abord, avant de poser tout ça, que vous puissiez vous présenter, expliquer votre parcours. Comment vous êtes arrivé à être dermatologue spécialisé dans les tatouages ?
- Speaker #1
Alors, c'est très simple. C'était dans les années 2005-2004. J'étais interne et puis je m'intéressais déjà aux tatouages parce que c'était vraiment à la mode. Ça commençait à être vraiment visible à la télévision, les reality shows, etc. Et puis, d'un côté, j'ai eu mon premier patient en consultation tatoué qui avait une complication sur tatouage. Donc, c'est assez intéressant sur le plan conceptuel pour moi en tant que dermatologue. Et puis, comme j'avais un intérêt personnel et à l'époque, la personne avec qui j'étais s'est fait son premier tatouage, j'ai pu suivre la séance, voir comment ça se passait. Donc, j'ai eu l'opportunité de voir les deux choses en même temps, le côté santé et le côté tatouage pratique. Et il s'avère qu'il y avait un trou en dermatologie. Il y avait déjà une personne qui était spécialisée dans les tatouages en tant que dermatologue. qu'elle s'appelle. Elle s'appelle Catherine Grognard. Alors, elle est de la génération d'avant puisqu'elle a beaucoup travaillé avec Tintin. Mais elle était déjà en train de se mettre en semi-retraite. Elle commençait à arrêter. Donc, j'ai pris le relais à un moment où ça devenait à la mode et où elle était en train d'arrêter sur le sujet. Et puis, j'ai continué jusqu'à aujourd'hui.
- Pauline ArtEcoVert
Alors, Tintin, pour les gens qui ne suivent pas, c'est le référent des tatouages. Je l'ai découvert en faisant les recherches pour notre épisode, mais voilà, pour signaler aux gens qui soient post-direction. Je suis perdue. Je voudrais rappeler quelques chiffres pour montrer l'importance du tatouage parce que j'ai trouvé ça hyper intéressant. Donc, dans les chiffres que j'ai trouvés, c'est qu'un Français sur cinq est tatoué et que c'est surtout un quart des moins de 30 ans en France qui est tatoué. Et pour l'Europe, vu que notre podcast, quand même, c'est sur les pays francophones, on est entre 10 à 20 % de la population européenne tatouée. Et les champions, c'est les Italiens, si j'ai bien travaillé mes chiffres. 48%, donc presque 1 sur 2.
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si je peux confirmer le 48% italien, qui me semble peut-être un peu beaucoup. Il faut faire très attention avec les études parce que ça dépend comment on les fait. Est-ce que c'est une population générale non sélectionnée ou, par exemple, on demande à des gens spontanément de participer et là, les gens tatoués ont plus tendance à répondre. Je pense qu'on est plus, effectivement, aux alentours de 20%. En Europe. Adultes. tatoués avec au moins un tatouage. Après, il y a toujours le problème des femmes qui font les maquillages permanents. On en parlera. C'est pas toujours sûr si ces dernières pensent que c'est du tatouage ou pas et donc elles peuvent ne pas répondre. Donc ça, on pourrait les inclure ou non. Pour les autres pays, si on regarde ailleurs, clairement, les Etats-Unis sont en tête. On est déjà à 30% ou plus, donc 1 sur 3 adultes. On n'a pas de chiffres pour l'Amérique du Sud, mais eux, clairement... Peut-être qu'ils sont effectivement... Alors c'est vrai que les Syriens, c'est latin. C'est possible de ne pas plus les lire parce que l'Amérique du Sud, il suffit de regarder la Coupe du monde de football, homme ou femme, c'est quasiment 90% des équipes, des joueurs qui sont tatoués. J'ai fait les études, donc j'ai calculé. Donc eux, ils explosent tous les résultats. Donc l'Amérique du Sud peut-être est un peu plus, mais ça a confié par des études, on va dire, standardisées.
- Pauline ArtEcoVert
En plus, on en parlera aussi, c'est le lien avec l'histoire, etc. C'est des pratiques qui sont là depuis des générations, même avant les tatouages modernes. Mais ça, on en parlera. C'était pour reposer quand même les chiffres. Je remettrai en commentaire les chiffres exacts pour qu'on parle sur de bons chiffres. Je voulais déjà attaquer par les encres. Il y a beaucoup de gens qui écoutent le podcast qui vont dire « mais pourquoi on atterrit sur le tatouage ? » Donc moi, je voudrais parler des encres. J'ai été extrêmement surprise en regardant un petit peu les encres qui étaient proposées dans les tatouages avant 2022. On parlera de la réglementation, etc. Et donc là, pareil, vous nuancez mes propos, mais en gros, ce qui ressort, c'est qu'il y a des pigments qui peuvent être utilisés industriellement, que ce soit dans le textile, la peinture, pour les carrosseries ou la peinture routière, qui se retrouvent finalement ou qui se retrouvaient. Finalement, sous la peau des gens avec les tatouages, est-ce que là, on peut déjà commencer par dire ce qui se passait avant 2022 sur ces fameuses encres ? Qu'est-ce qui a mis la puce à l'oreille ? Comment ça s'est fait de comprendre qu'il y avait une problématique là-dessus ? Est-ce que c'est les dermatologues ? Comment ça s'est fait ?
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas 2022. On a déjà de la législation depuis 2003. En 2003, l'Europe s'était déjà penchée sur le sujet et en 2008, on avait déjà une résolution européenne qu'on appelle le RÉZAP 2008. C'était une résolution qui régulait déjà la composition des encres de tatouage, en tout cas en Europe. Et chaque pays avait le droit d'imposer cette régulation sur son pays et la France l'a fait. Donc on a déjà une régulation depuis 2008. Il ne faut pas croire qu'avant 2022, ce n'était pas le Far West. 2022, c'est plus une, on va dire, une régularisation de l'Europe qui demandait à nouveau de se repencher sur le sujet et donc de refaire des listes de produits qui seraient interdits. Voilà, mais ce n'est pas du jour au lendemain que c'est devenu plus dangereux. On avait déjà un peu plus de sécurité en 2008. Oui, les encres, il faut bien comprendre que les couleurs, les fabricants d'encre se fournissent chez l'industrie chimique. des marques comme BASF ou d'autres. Donc ces produits et ces couleurs sont effectivement à direction industrielle, peinture automobile, peinture des façades de murs, effectivement, ça c'est vrai. C'était ce qui était le plus récent. Le problème est qu'en fait ces encres que les chimistes utilisent pour la peinture automobile, elle n'a pas besoin d'être aussi stringente que si on l'utilise pour être mis dans le corps. Donc c'était là le problème de comprendre que les impuretés qu'on va trouver, que l'on peut accepter dans une encre automobile, ne vont pas être acceptables dans une encre destinée à être tatouée. C'est là le problème. Mais c'est un problème qui date des années 2000. Avant, on avait dans les années 50-70 des encres qui étaient clairement des origines métalliques, des pigments inorganiques. qui sont un petit peu différentes, effectivement.
- Pauline ArtEcoVert
Pour expliquer aux auditeurs, on rappelle que les colorants de synthèse sont des dérivés, pour faire court, du pétrole. Dans ces dérivés du pétrole, il y a différents types de colorants, dont des colorants azoïques, etc. Il y en a plus de 10 000, c'est très large. On resitue ici. C'est vrai qu'avant tout ce travail réglementaire, on utilisait sous la peau de... C'est ça aussi que je n'avais pas forcément compris. C'est bien aussi sous la peau des encres pour le tatouage. Donc ça, c'est bien de le replacer et c'est bien de redire, comme vous l'avez fait, qu'avant 2022, il y avait déjà des choses. Ça, c'est top. Donc, ce que vous avez expliqué avec les encres devait être, comment on va dire, compatible avec la peau. Je voudrais qu'on aborde justement ce sujet de biocompatibilité dont vous parlez souvent. Est-ce qu'on peut réexpliquer pour tout le monde quel est l'enjeu justement sur ces encres qu'on utilise dans le tatouage ?
- Speaker #1
Alors les problèmes qu'on a en fait, si on parle de maintenance, qu'on a actuellement comme problème avec les encres, c'est effectivement que normalement ce que l'on doit intruire dans la peau ne doit pas être carcinogène, mutagène, reprotoxique, donc influencer la reproduction, et puis également irritant et allergisant. Comme vous l'avez dit... Ça a beaucoup changé. Traditionnellement, quand les gens cherchent les encres, ils vont trouver qu'il y a du mercure dans le rouge, du cobalt dans le bleu, du chrome dans le vert. Ça, ce sont des données qui restent quand même très anciennes. C'est des encres des années 50, 70. Et effectivement, elles donnaient des allergies. Mettre du mercure dans la peau, ça donnait des allergies. Alors, allergie, ça veut dire réaction sur le tatouage. Le tatouage se mettait à gonfler, rougir, démanger énormément. Et puis c'était ça le problème. Ce qui était rassurant déjà à l'époque, et là j'insiste beaucoup, on n'a jamais décrit un seul tatoué qui a fait une intoxication au mercure ou à aucun sel métallique. Ce qui veut dire que les problèmes restent dans la peau. Ils ne circulent pas ailleurs. Mais quand il en soit, c'est pas terrible d'avoir du mercure dans la peau de toute façon. Maintenant les encres ont changé, la composition a changé. Comme vous l'avez dit, il y a des colorants azoïques, différents types de pigments, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi des contaminants, donc des sels métalliques que l'on peut retrouver, du nickel, du fer, du cadmium, des choses comme ça, qui posent des questions. Est-ce qu'il y a un risque ou pas ? On utilise des solvants parce que ce n'est pas que le pigment qu'on introduit, mais on a un produit à diluer. On a des agents conservateurs aussi parce qu'il faut s'assurer que l'encre est stérile. Donc, on introduit beaucoup de produits dans la peau. Et la question, c'est est-ce que c'est sain pour la peau ? Est-ce que c'est simple ? pour l'organisme ? Est-ce que quand on met dans la peau, ça va aller ailleurs ? Donc c'est toutes ces questions-là qui rentrent en compte, tout en sachant également qu'on a une législation, si on interdit en Europe de mettre certains produits sur la peau parce qu'ils sont allergènes, évidemment qu'on doit les interdire dans la peau, le principe sachant que ce qu'on met sur la peau, ce qui est allergène dans la peau ne veut pas dire que ce qui est allergène sur la peau n'est pas forcément allergène dans la peau ou ne va pas avoir les mêmes conséquences. C'est des raisonnements différents. C'est ça qui rend très difficile la réflexion, puisqu'en fait, on n'a jamais testé des modèles animaux par tatouage. On donne à des animaux un produit à respirer, à manger, à boire. On l'injecte, mais on l'injecte dans le sang ou vraiment en dessous de la peau. Mais quand on dit qu'est-ce qui se passe quand on met dans la peau, c'est vrai qu'on ne sait pas. C'est là qu'on a un problème par rapport à la législation et par rapport à ce qu'on voit en pratique comme complication.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord, ok. Juste une petite question. Nous, en France, les animaux d'élevage, ils étaient tatoués avant. C'est une pratique qui me semble plus autorisée maintenant. C'est des genres de bagues qu'on met aux oreilles, etc. Est-ce que ça peut avoir un lien avec le fait que c'était mauvais le tatouage sur les animaux ? Ou rien à voir ? Et où est-ce que des gens ont fait les parallèles en se disant les animaux d'élevage étaient tatoués, regardons ce qui s'est passé. Ou rien à voir ?
- Speaker #1
Je pense que c'est plus un problème de... Comment dire ?
- Pauline ArtEcoVert
De bien-être animal ?
- Speaker #1
Oui, de bien-être animal. Je ne pense pas qu'il y ait... À ma conscience, je n'ai jamais entendu que c'était pour des raisons de santé de l'animal ou du consommateur de l'animal tatoué.
- Pauline ArtEcoVert
Ok, d'accord. Quand vous avez vu les... Est-ce que vous avez vu du coup... En tant que dermatologue, vous avez parlé de réactions cliniques, on va dire les allergies, le tatouage qui gonfle, etc. Vous avez observé quoi d'autre qui vous a fait vous dire, tiens, je vais vraiment me mettre là-dessus parce que, un, ça m'intéresse. Et puis, en plus, vous aviez eu l'occasion de voir le process. Mais quels sont les signes cliniques que vous avez constatés et qui vous ont peut-être mis la puce à l'oreille sur les colorants ?
- Speaker #1
Non, c'était juste simplement que je trouvais ça intéressant quand j'ai vu ce premier patient. De toute façon, il avait une maladie générale qu'on appelle la sarcoïdose. En fait, le tatouage n'est pas la cause, mais en fait, a révélé la maladie. Comme c'est une maladie qui aime les cicatrices, les traumatismes, la maladie est allée dans le tatouage et c'est en faisant les examens qu'on a pu en fait le faire un bilan et trouver qu'il avait une maladie à l'intérieur. Donc là, le tatouage a aidé. Mais pour moi, le tatouage n'était pas la cause. Et après, quand j'ai fait la littérature médicale, il existait déjà des articles médicaux de complications sur tatouage, mais un peu éparses. Pas grand-chose. Je me suis dit, comme ça devient à la mode, autant s'intéresser maintenant parce que ça va sortir. Et coup de bol, c'est sorti.
- Pauline ArtEcoVert
Trop bien. Donc, vous aviez le nez sur ce sujet, clairement. Carrément. Alors, vous avez parlé tout à l'heure des PMU, des Permanent Make-up. Est-ce qu'on peut expliquer ce que c'est ? Ça concerne les femmes, mais ça ne concerne pas que les femmes. Est-ce que vous pouvez expliquer dans quel cas on a recours à ces PMU ? Tatouage permanent, je ne sais pas comment on peut les appeler en français.
- Speaker #1
C'est maquillage permanent, dermopigmentation, mais ça reste du tatouage. C'est du tatouage cosmétique, principalement cosmétique. C'est plutôt les femmes en grande majorité. C'est vrai que ce n'est pas forcé, il y a des hommes qui le font. pour les sourcils, on peut faire le eyeliner, on peut faire les lèvres, on peut corriger des alopécies, des gens qui ont perdu leurs cheveux, on peut leur tatouer des petits points, on peut camoufler des cicatrices, en tout cas on peut les recolorer pour qu'ils aient un peu plus de ton cher, on peut cacher des angiomes. Le maquillage, le camouflage, ça existe depuis les années 50. On a des vieux articles des années 50 avec des gens brûlés au visage où quelqu'un a tatoué pour en fait refaire que la couleur soit plus proche du ton naturel parce que c'est assez important pour ça. On peut tatouer des vergétures. Puis la radiothérapie, ce n'est pas du permanent make-up, mais les tatouages de radiothérapie, c'est du tatouage aussi. Les petits points qu'on fait pour localiser, avant de faire les rayons pour un cancer du sein, tout ça, c'est aussi du tatouage. Ce n'est pas du maquillage permanent. Mais le maquillage permanent, effectivement, c'est du tatouage qui est fait... par des techniciennes qui connaissent la technique. Ça peut être des esthéticiens. Quelques médecins font ça. On fait aussi, j'ai oublié, les plaques areolomamères, donc les mamelons. Oui, c'est ce que j'allais vous dire.
- Pauline ArtEcoVert
Cancer du sein.
- Speaker #1
Donc, c'est tout ça. Donc, les indications, ça peut être effectivement purement esthétique. Ça peut être aussi des problèmes correctifs. Quelqu'un qui a de l'arthrose, qui a de l'arthrite, qui ne peut plus se maquiller et qui veut avoir un maquillage frais tout le temps, ça marche aussi. des dermatoses affichantes, les angiomes, les vitiligos, ces taches blanches, les pigmentées, on peut repigmenter, mais c'est du maquillage permanent, c'est-à-dire du pigment que l'on introduit dans le derme et qui va rester globalement à vie.
- Pauline ArtEcoVert
Donc les PMU, le maquillage permanent, le tatouage permanent pour esthétique ou autre, et les tatouages, On peut les englober dans la même problématique sur notre sujet de la couleur ? Tout à fait. On peut les englober ensemble ?
- Speaker #1
Tout à fait. Sachant que la différence, c'est que les couleurs sont un petit peu différentes pour les maquillages permanents, puisqu'on ne travaille que sur du marron, du noir et puis du rose ou du couleur chair. Donc, le spectre de pigments est un peu plus restreint. Mais il y a des soucis, on peut avoir des problèmes également avec ces encres-là et les complications.
- Pauline ArtEcoVert
Super, comme ça, c'est hyper clair. Alors, il y a une étude dont je vous laisserai prononcer le nom qui est sortie dans le Scientific Report en 2017, qui montrait des microparticules de pigments qui étaient accumulées dans les ganglions lymphatiques. Donc l'étude, si vous arrivez à la prononcer, je vous laisse le faire. On pourra mettre le lien pour les gens qui ont envie de creuser. Et est-ce qu'on peut parler de cette étude ? Qu'est-ce qu'elle a changé et qui a aidé à découvrir tout ça ?
- Speaker #1
Alors, j'ai regardé un peu au plafond parce que... Il faut savoir qu'en fait, avant de parler de cette étude franco-allemande, ce qu'on sait, c'est que quand on met des pigments dans la peau, dans le derme, en fait, il y en a un petit peu qui va migrer dans les ganglions, les ganglions de drainage. Vous pouvez tatouer le bras. Si on me retirait mes ganglions du creux axillaire, on trouverait du pigment. C'est normal parce que l'organisme essaie de retirer ces pigments et les amène au système immunitaire. On connaît ça depuis un siècle. Il y a des médecins qui l'avaient déjà. prédit. Et depuis les années 70-80, si on cherche, on trouve des cas où on a retiré un ganglion à un tatoué et on a trouvé du pigment dedans. Ça n'affolait personne. Et on n'a pas de preuves à ce jour clairement que le pigment pose de vrais problèmes. Par contre, en 2008, il y a une équipe danoise qui a montré qu'en fait, les pigments qui ont une certaine taille, ont trouvé également ce qu'on appelle des nanoparticules. des nanoparticules, c'est-à-dire des particules de la taille du nanomètre, c'est très petit. Et ça, c'est des particules qu'on ne voit pas à l'œil nu. Mais le problème, c'est que ces nanoparticules, on en parle beaucoup parce qu'on se pose la question de quelle est leur pathogénicité. De façon générale, les nanoparticules, on en a partout dans l'environnement, on en a aussi dans les crèmes solaires, des choses comme ça. Et donc, cette étude a découvert... qu'on avait des nanoparticules dans les ganglions de drainage. Et je vous dirais, oui, on s'en doute bien, parce que si votre ganglion, quand on le retire, il est un petit peu gris ou noir parce que vous avez des gros pigments, vous allez trouver des nanoparticules aussi. Donc, ça n'a rien d'extraordinaire. Mais l'article a été présenté de façon toujours pareille, un peu pour faire le buzz.
- Pauline ArtEcoVert
Le buzz.
- Speaker #1
Ça stresse tout le monde. Donc, est-ce qu'on peut en dire rien ? Juste que ça confirme qu'effectivement, des nanoparticules peuvent migrer. du tatouage dans la circulation sanguine. Alors ce qui est important pour moi à ce sujet des nanoparticules, c'est en fait, c'est pour ça que je contre-indique toujours aux femmes enceintes ou aux femmes qui allaient de se faire tatouer. Parce que là, effectivement, les nanoparticules, on sait qu'elles peuvent passer dans la barrière placentaire. Elles peuvent passer dans le lait maternel. Et franchement, c'est peut-être pas le moment quand on a un bébé, un fœtus de lui commencer la vie en lui ayant donné des nanoparticules de tatouage. Une des raisons pour lesquelles maintenant, c'est vrai que moi je contre-indique strictement, plus que pour les autres raisons plus classiques de complications ou d'infections ou d'hépatites qui sont très théoriques, c'est que voilà, c'est peut-être pas la peine de se faire tatouer à ce moment-là. Mais voilà, sinon, l'étude a démontré qu'il y avait des nanoparticules, et pareil, c'est quelque chose qu'intuitivement, on savait, à partir du moment où on savait qu'il y avait des nanoparticules et que les pigments migraient, ben oui, on a des nanoparticules qui peuvent migrer dans les ganglions de drainage.
- Pauline ArtEcoVert
Et alors, on est d'accord, les nanoparticules, il y en a partout, pour tout. On en parle les pifaces, les machins, les trucs, les plastiques. Bon bref, il y en a partout, ok. Mais est-ce que suite à ces études, même si elles ont voulu faire le buzz et qu'il n'y avait rien de nouveau sous le soleil pour vous, les experts, est-ce qu'il y a quand même des gens qui sont en train de regarder ce qui se passe avec ces nanoparticules, ce qui se passe avec ces encres dans les ganglions ? Est-ce qu'il y a des groupes de travail, des chercheurs ?
- Speaker #1
Alors oui, il y a des groupes. C'est toujours les mêmes équipes. Il n'y a pas 25 équipes qui travaillent sur le sujet. Effectivement, il y a des équipes qui continuent de travailler sur les modèles animaux. Donc en gros, on tatoue les animaux, on tatoue des souris, on tatoue des porcs. Et puis, on regarde ce qui se passe au niveau des ganglions de drainage. Donc, on retrouve la même chose chez le porc. Quand on tatoue le porc, si vous tatouez une patte, vous allez avoir des pigments dans les ganglions et on sait que ça reste à peu près stable et que la composition est à peu près identique à ce qu'il y a dans la peau. Bon, en ce sens, ça, on le sait. Après, il y a eu récemment une autre... Alors, quand il y a une étude qui fait le buzz, je ne suis pas contre les études.
- Pauline ArtEcoVert
Non, non, non.
- Speaker #1
Il y en a qui interprètent. C'est plutôt la manière dont on divulgue l'information au grand public, sans le filtre scientifique qui est qu'il ne faut pas vous exciter là-dessus. C'est utile pour moi, ce n'est pas utile pour vous. Voilà, et ça, c'est assez le souci. Et il y a eu récemment une étude qui a encore fait le buzz, quasiment par les mêmes personnes, à peu près. C'était qu'on a vacciné des... On a tatoué des souris. sur la patte, et on les a vaccinés après. Et ce qu'on a fait, c'est qu'ils les ont vaccinés dans le tatouage. L'idée étant, en fait, est-ce qu'on peut, parce que les gens sont tatoués sur les bras, ils sont vaccinés dans le tatouage, est-ce que ça va poser un souci pour la vaccination ? Et là, quand ils ont fait des études chez les souris, ils ont pris des souris tatouées, des souris pas tatouées, ils ont vacciné, et là, en utilisant deux différents vaccins, ils ont vu qu'avec le vaccin contre le Covid, La souris tatouée, quand on la vaccinait dans le tatouage, faisait moins d'anticorps qu'une souris non tatouée. Et donc, patatras, ça y est, grande publication. Les tatouages ont une influence sur l'immunité. On va tous mourir. En fait, si vous voulez, en réalité, quand on lit l'étude, avoir moins d'anticorps, ça ne veut pas dire en avoir zéro. Donc, c'est-à-dire qu'on peut peut-être que la souris est protégée. Et surtout, quand ils ont vacciné contre la grippe, parce qu'ils ont pris un deuxième vaccin, et bien là, patatras. la souris vaccinée et tatouée avait plus d'anticorps contre la grippe que la souris non tatouée. Mais ça, on n'en parle pas. Et moi, qui me fais vacciner tous les ans dans mon tatouage contre la grippe, finalement, je me dis que c'est bien, je suis plus fort que les autres parce que j'ai plus d'anticorps. Oui, on peut choisir ce qu'on veut, en fait. Comme réponse, c'est énervant. C'est comment on lit l'étude. On garde la mauvaise partie et ça inquiète tout le monde. Alors qu'il faut continuer à regarder les études, à chercher, à réfléchir, plutôt qu'à chaque fois exciter tout le monde. tous les ans, avec leur nouvelle découverte.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, il y a bien des groupes de travail qui travaillent là-dessus, sur les nanoparticules, l'accumulation dans les ganglions. Ma question, c'était, est-ce que ça s'accumule davantage plus on fait des tatouages ? Ou est-ce qu'au fil du temps, un même tatouage peut s'accumuler dans les ganglions ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si vous comprenez ma question. C'est une excellente question. Alors, le problème... Ce que vous imaginez bien, c'est que quand on a retiré le ganglion, on ne peut plus le suivre après. Oui,
- Pauline ArtEcoVert
on ne peut plus le suivre.
- Speaker #1
Donc, il faudrait qu'on en prenne un autre. Mais c'est une excellente question de savoir si un tatouage... Alors, un tatouage vieillit. Donc, on peut dire que petit à petit, ça diffuse. On peut quand même penser intuitivement que la plus grosse quantité est partie au début. Je dirais quand le tatouage est un peu frais. Et quand le tatouage est un peu vieux, ça s'est un peu stabilisé et ça devrait être un peu moins. Par contre, est-ce que plus on se tatoue, plus on en met dans les ganglions ? C'est une excellente question et ça, ça n'a jamais été fait. À ma connaissance, on n'a pas de modèle. On peut imaginer une souris ou un porc qu'on tatouerait, puis on tatoue un peu plus. Mais encore une fois, au niveau des modèles, ça va être assez compliqué à réaliser parce que pour le problème technique, qui est que quand on a appris quelque chose, on ne peut plus suivre. Mais effectivement, c'est une bonne question. Mais là aussi, il faut se replacer dans le contexte. On a quand même des gens qui sont tatoués, des humains qui, eux, se tatouent tout le temps. Pour l'instant, on n'a pas de signal qui nous indique que ces gens-là font plus d'infections, plus de cancers ou de choses comme ça. On n'a pas de signal pour penser ça. Et c'est là qu'il y a l'importance, c'est qu'on a les modèles animaux, ce qui fait qu'on a les humains. Et il faut toujours regarder s'il y a une pertinence de ce qu'on observe chez une souris par rapport à un homme. Et pour l'instant, quand on regarde chez les hommes, ou en tout cas quand on regarde les cas cliniques, on n'a pas ce genre de signal.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord. Je vous disais ça parce que je trouve que les gens font de plus en plus... On commence par un début de bras et on fait la fin, et on y va progressivement. Et donc je voulais... justement posé cette question de est-ce que plus on se tatoue, plus ça... Mais du coup, voilà, ça c'était la question que je voulais vous poser. Alors, on a parlé, pour rassurer les gens qui sont tatoués et qui nous écoutent, donc déjà vous n'êtes pas alarmiste sur les études et ça c'est rassurant, j'avais une question sur les réactions allergiques. J'ai beaucoup lu sur le rouge et je ne suis pas experte, je ne suis pas moi-même tatouée, donc je ne sais pas. Mais j'avais lu les réactions allergiques sur le rouge. Je voulais savoir ce qu'il pouvait indiquer à un dermatologue ou même à quelqu'un qui est tatoué, qui a un problème avec son tatouage. Est-ce que c'est juste, comme vous l'avez dit, ça gonfle ou ça rougit ? À quel moment on se dit en gros, il faut aller voir son dermatologue ?
- Speaker #1
Dès que le tatouage, la couleur va se mettre à gonfler, donc c'est surélevé. Ça démange habituellement pas mal, c'est assez gênant, ça peut parfois faire mal. Donc on a des boules, ça peut peler. Mais globalement, il y a des symptômes locaux que le tatoué ne peut pas manquer parce que si il gonflait, ça démange beaucoup et il finit par consulter. Le délai est assez variable, ça peut être des mois après, parfois des années, ou ça peut être aussi un tatouage qui ne cicatrise pas comme d'habitude. Donc, la cicatrisation ne s'est pas faite normalement ou très rapidement après la cicatrisation, les symptômes sont apparus. Donc, au final, tout symptôme sur son tatouage peut aller consulter pour ça.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord, ok, top. Moi, l'objectif de notre épisode, c'était aussi de montrer que, alors vous en avez parlé, il y a eu la réglementation européenne dès 2003, etc. Mais ce que je veux dire, c'est que... On a quand même tatoué des personnes. On a cité les chiffres au début. Ce n'est quand même pas rare les tatouages. Sans forcément toujours être au fait de ce qu'on mettait sous la peau des personnes. On a donc la dernière en date, la dernière réglementation qui date du 4 janvier 2022, si j'ai bien travaillé. Et dans cette réglementation, ce que je voulais voir avec vous, c'est que j'ai lu qu'il y avait... 4000 substances dans les pigments de tatouage qui avaient été interdits. Et quand j'entends 4000, j'aimerais bien que vous éclaircissiez ça.
- Speaker #1
Ce n'est pas 4000, c'est qu'en fait, il faut bien savoir que c'est des listes qui existaient déjà. En fait, les gens qui travaillent à l'ECA, qui sont d'ailleurs à Helsinki, et que j'ai rencontrés il y a 10 ans quand ils ont commencé sur le sujet, en fait, ils prennent le principe que ce qui est interdit sur la peau est interdit dans la peau. Donc ils prennent des listes qui existent déjà et qui sont interdites pour d'autres cosmétiques, mais dans la liste, vous avez des tonnes de choses qui n'ont rien à voir. Je me souviens que j'avais même, je pense avoir lu même, qu'il y avait le méthotrexate, qui est un métaux, c'est une chimiothérapie. Donc dans les listes, il y a des choses qui n'ont rien à voir avec le schmilblick pour nous, mais qui sont interdites parce que c'est normal, mais on va les interdire. En fait, il y a à peu près 90, de mémoire, il y a à peu près 90... produits qui sont interdits, qui concernent véritablement la manufacture de l'encre de tatouage. Tout le reste qui est interdit, c'est des choses qui viennent des directives cosmétiques que les personnes de l'ECA ont reprises, parce que c'est normal de les interdire. Si ça vous donne des cancers sur la peau, vous n'allez pas le mettre dans la peau. Ça, c'est sûr que c'est un non-sens complet. D'accord, ok. Ça, c'est vachement bien. C'est plutôt 90 produits qui sont interdits. Et il faut savoir qu'on en avait déjà une régulation depuis 2028 où on avait des produits qui étaient interdits ou des produits dont la concentration est régulée aussi.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord. Donc, en fait, quand ils disent 4000 substances, on a compris que c'était dans la globalité et plutôt 90 qui viennent d'être de nouveau régulées. Vous avez parlé de concentration et vous avez aussi parlé de substances complètement interdites. Il y a des produits qui ont viré. Est-ce que vous... Avec toutes les études, parce que quand j'ai regardé tout ce que vous aviez fait comme études, je me suis dit, mon Dieu, est-ce que vous, vous êtes à l'origine, vous avez contribué à ça par votre travail sur les tatouages ? Puisque je le rappelle, pour les gens qui n'ont pas la vidéo et qu'ils aillent voir après sur YouTube, vous êtes vous, un dermatologue tatoué et vous, vous avez écrit un livre là-dessus, vous assumez complètement et vous n'êtes pas alarmiste. Donc, est-ce que là-dessus, sur les études et votre travail que vous réalisez, vous avez été aussi à l'origine de substances où vous avez dit ?
- Speaker #1
Non, je ne suis pas toxicologue, donc je n'ai pas à juger l'interdiction des listes. Ce sont des gens plus compétents que moi. Je ne pense pas que le cas ait utilisé mes articles. Comme c'est beaucoup de cliniques, ils se sont peut-être servis pour leur introduction, leur justification. Mais mes travaux n'ont pas joué dans la législation directement.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord. Alors justement, c'était ma prochaine question, c'est comment l'industrie du tatouage a réagi avec... Donc on va recibler, on ne parle pas de 4000 produits, ils étaient déjà au courant, on va parler de ces 90, cette centaine de produits. Comment ça s'est passé, vous qui êtes en lien, je suppose, avec des tatoueurs, etc. Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que ça a été on stoppe tout de suite ? Est-ce que ça a été on cherche des alternatives ? Est-ce qu'ils se sont... comment on va dire... énervé entre guillemets sur les cinq gros acteurs. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
C'est un peu tout ça. Bon, ils se sont énervés. Alors, il faut bien expliquer deux choses. C'est que les tatoueurs, eux, ils sont un peu pris en otage parce que les tatoueurs, ce ne sont pas des médecins, des toxicaux. Enfin, c'est des artistes. Ils n'ont pas le bagage pour juger. Eux, ils reçoivent les encres en toute bonne foi. Eux, ils veulent travailler. Le problème, c'est les manufactureurs. C'est les fabricants, eux, le problème. Parce que c'est à eux qu'est la responsabilité de produire. des produits safe. Et donc, ça, c'est assez mal passé. Ils ont quand même réagi. Donc, il y a des marques qui, maintenant, respectent, enfin, doivent respecter la législation européenne s'ils veulent être sur le marché européen. C'est ce qu'on appelle la législation REACH. Donc, ils doivent être compliants avec la législation REACH. Et sur les étiquettes, ça doit être marqué qu'ils sont REACH compliant. Et donc, ils doivent respecter le cahier des charges qui a été défini depuis 2022. Et il y a des encres qui se présentent. comme étant riche. D'autres encres ne le sont pas et il y a des encres américaines qui ont fait le choix de ne pas l'être. Par exemple, il y a une marque qu'on appelle Eternal Ink qui était une marque très à la mode qui ne devrait plus être utilisée en France parce qu'elle ne respecte pas la législation. Et puis, on a des fabricants qui font pour les deux marchés. C'est-à-dire que vous allez avoir l'encre riche compliant pour l'Europe mais si vous vous faites tatouer à l'étranger hors de l'Europe, vous allez peut-être vous faire tatouer par une encre qui n'est pas compliant avec la nouvelle régulation. Donc ça, c'est important. Donc on a des encres qui respectent la législation. Alors maintenant les problèmes qu'on a. Un, on a quand même des études des organismes nationaux, notamment en Suisse ou dans d'autres pays, qui ont la capacité d'analyser les encres, donc qui achètent les encres, qui les réanalysent. Et là on a des mauvaises surprises, parce qu'on a des encres qui sont étiquetées « riche » qui ne le sont pas. Alors on ne sait pas si c'est volontaire ou si c'est de la malhonnêteté, ou si c'est parce que ce n'est pas de chance. mais parce qu'on trouve des produits qui ne sont pas à la bonne concentration ou carrément des produits qui ne devraient pas y être et qui y sont. Ça, c'est très embêtant quand on peut conseiller des patients et ça m'arrive juste actuellement pour un patient hier. Je pense que je pourrais en raconter après le problème. Deuxièmement, comme je vous l'ai dit, surtout les encres américaines, elles ne jouent pas le jeu parce qu'il y a encore des études récentes qui ont bien montré que les étiquettes ne sont pas correctes. Et ça, ce n'est pas bien. Pour le tatoueur, dire « je vais mettre ce pigment et en fait, ce n'est pas le pigment concerné qui est dedans » , ce n'est vraiment pas normal. Donc là, c'est vrai qu'on a des soucis actuels avec ça. Le second problème, et ça, c'est un retour de la part des tatoueurs sur la question « est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est un peu de mauvaise foi les deux ? » parce qu'ils ne sont pas contents d'avoir ces nouvelles encres. Mais c'est vrai qu'on a beaucoup de tatoueurs qui se plaignent de la qualité des nouvelles encres. C'est-à-dire qu'ils trouvent qu'elles ne rentrent pas de la même façon, elles tiennent moins bien. J'ai fait une étude auprès des tatoueurs finlandais et... le problème c'est qu'ils disent aussi qu'ils sont obligés de trop travailler la peau, ils sont obligés d'y aller beaucoup plus fort, et quand on travaille trop la peau ça donne des complications, et c'est vrai qu'actuellement je vois beaucoup plus de tatouages trop travaillés, des tatouages noirs qui ont été vraiment travaillés trop fort, et donc ça cicatrise très très mal, et je me pose effectivement la question de l'impact de l'encre, des nouvelles encres riche, on a aussi le problème du bannissement de deux pigments, un pigment bleu et un pigment vert qui ont été bannis par excès, parce qu'en fait... On n'avait pas de données de sécurité dessus, mais on n'avait pas non plus d'argument en pratique. Les allergies au bleu ou au vert, c'est exceptionnel en pratique. On en voit 2% de tous les cas d'allergie, c'est du bleu ou du vert. C'est vraiment le rouge, le rose, le orange, le jaune, enfin de ces couleurs chaudes. Les couleurs froides, pas trop. Et comme ces deux pigments étaient quasiment 95% de la couleur bleu ou vert du marché, le marché a été décapité. Ça, ça s'est très mal passé aussi. Donc, j'avoue que je ne sais pas actuellement qu'est-ce qu'il y a dans les encres bleues ou vertes.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord, ok.
- Speaker #1
Parce qu'elle est tellement importante. Alors, est-ce qu'elle est riche ? Je ne sais pas.
- Pauline ArtEcoVert
Moi, j'avais lu que c'était par rapport... Les encres étaient moins denses parce qu'on avait interdit des produits qui faisaient qu'elles étaient très... Et donc, du coup, ça corrobore avec ce que vous dites, qu'ils doivent plus travailler pour que l'encre se voit. Alors, j'ai vu aussi beaucoup de... Et alors, ça, c'est véritable dans plein de sujets, dès qu'il y a des interdictions. Après, il y a des raccourcis, c'est-à-dire qu'il y a des gens, j'ai vu des encres de tatouage où on dit, on s'est mis à la réglementation, on propose maintenant des encres bio, des encres véganes. Ça n'a rien à voir avec le sujet des interdictions dans les substances.
- Speaker #1
globalement. Il faut être très clair avec les gens. Les encres, c'est de la chimie. C'est les produits chimiques. Donc les gens qui veulent se dire vegan, all nature, je leur conseille de ne pas se faire tatouer parce qu'il y a une dissonance cognitive assez importante. Non, c'est de la chimie. D'ailleurs, parce que je n'avais pas répondu, mais effectivement, les gens ont cherché des alternatives, notamment au vert et au bleu parce qu'on a des ingénieurs chimistes. qui travaillent sur les encres de tatouage, donc ils connaissent leur sujet, et ils disaient en conférence, mais j'ai rien qui tient. Il se tatoue, il y a un Allemand qui s'appelle Michael Dirks, qui est assez connu dans le milieu, qui est un ingénieur chimiste, qui se tatoue lui-même, donc il teste lui-même les encres, et il dit, les couleurs elles tiennent pas, se faire tatouer avec de la chlorophylle ça n'a pas de sens. Donc non ça ne tiendra pas, ça ne va pas tenir. Les encres véganes, les encres ne peuvent pas tenir, il faut effectivement quelque chose qui tienne, la couleur. C'est comme de la peinture. La peinture, c'est chimique. Je ne pense pas que la peinture végane donne l'encre végane sur un tableau. Je ne sais pas ce que ça donne. Je ne sais pas si c'est aussi bien. Après,
- Pauline ArtEcoVert
ce qui pourrait être bien, c'est que les ingénieurs chimistes, on puisse leur proposer aussi nos alternatives sur le végétal. Ce serait intéressant qu'on en parle parce que... Non, mais je vais vous dire, dans les alternatives que j'ai vues, je vous en ai parlé. On a reçu sur le podcast une personne qui travaille avec le fruit du Jaguar. Donc, un fruit d'origine d'Amérique latine. Donc, clairement... On sait que, comment je vais dire, j'ai pas le bon terme, mais vous voyez, dans l'histoire des peuples, le tatouage, c'était des rituels de passage, des événements importants. Et on sait que l'Amérique du Sud, c'était vraiment au taquet. Donc, quand vous avez dit au tout début de l'épisode, probablement, c'est eux qui sont les plus tatoués, je trouverais ça logique. Mais donc, comme alternative au tatouage permanent, il n'y a aucune alternative. Puisque là, nous, on est, quand je vous parle du jaguar ou du henné, ce sont des tatouages éphémères. Elle nous expliquait bien que ça ne tenait pas très longtemps et que ça n'était pas du tout à confondre avec les tatouages permanents. Et qu'aujourd'hui, clairement, il n'y a pas forcément de solution.
- Speaker #1
Pour rebondir sur le Jaguar qui est effectivement l'alternative au henné, notamment au henné noir allergisant, on a quand même des allergies de contact au Jaguar. On a des cas, pas beaucoup, mais ça existe. Donc comme quoi, les alternatives... Et c'est aussi l'une des questions de Rich, c'est que si on interdit les choses, les fabricants vont devoir mettre... autre chose à la place et on connaît bien ça en industrie cosmétique, quand on interdit quelque chose, on peut introduire un allergène nouveau qui va être pire que ce qu'on avait interdit aussi. C'est pour ça que j'ai écrit récemment un éditorial dessus. On est tout à fait sûr que Rich, ça va être très compliqué de montrer que Rich a un bénéfice sur les allergies. Ça va prendre du temps à le démontrer, dû déjà aux limites, comme je vous l'ai dit, aux encres, on ne sait pas toujours ce qu'il y a dedans. Des gens qui vont se faire tatouer à l'étranger... par des encres non-riches, donc on risque de continuer à avoir des allergies malgré la limitation. Mais il va falloir attendre quelques années pour pouvoir répondre à la question.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord, ok. Donc là, aujourd'hui, en termes d'alternatives 100% naturelles, on n'a pas de solution. C'est-à-dire un tatouage permanent, il ne peut pas être 100% naturel.
- Speaker #1
Non, il ne peut pas être 100% naturel et de toute façon, on ne pourra pas avoir d'encre. ou de tatouage qui ne donne pas de complications, parce que les allergies, ce sont des réactions immunologiques. Donc, il y a des gens qui sont allergiques aux œufs, aux noisettes, à ce que vous voulez. C'est pareil, il y aura toujours quelqu'un qui réagira quelque part à quelque chose qu'on va lui introduire dans la peau. Le but étant, en fait, le but de Rich, c'est de minimiser les risques. Ce n'est pas de les rendre à zéro.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, oui. C'est bien de le repréciser. Alors ce que je voulais vous demander aussi c'est que j'ai lu un petit peu les articles et j'ai vu que des données montraient qu'il y avait un recul du tatouage depuis 2022. Alors j'ai vu et je ne connaissais pas ce terme, le détatouage et j'ai lu que finalement le détatouage... libérer aussi des amines aromatiques. Nous, c'est ce qui pose problème dans les colorants azoïques et dans d'autres domaines d'application. Mais du coup, pareil, je voudrais que vous nuanciez ça, que vous expliquiez, est-ce qu'il y a un vrai détatouage ou est-ce qu'on est encore, ou c'est encore, je ne sais pas, un effet de mode ou un effet de panique ? Et est-ce qu'effectivement, de se détatouer, ce n'est peut-être pas la bonne solution, il vaut mieux garder son tatouage ? Qu'est-ce que vous avez sur ce sujet-là ?
- Speaker #1
Alors, il faut savoir que l'argumentaire, à ma connaissance, du détatouage, le détatouage laser, on le fait depuis 40 ans. Depuis les années 90, ça existe, le détatouage laser. La rhétorique de la libération de produits délétères lors du détatouage, ça apparaît en fait avec certaines compagnies qui proposaient une alternative, qui était le détatouage chimique. C'est-à-dire qu'on applique un produit sur la peau, on le tatoue, ça entraîne une nécrose de la peau, et puis l'encre part à travers la peau. C'est une vieille technique qui date du 19e siècle, mais qui a été redécouverte dans les années 2000, et certaines compagnies ont été assez agressives sur Internet et utilisaient l'argumentaire « quand on détatoue, vous libérez des produits qui vont dans le corps, c'est pas bien et nous on est meilleurs » . Bon, depuis, on recommande d'éviter complètement ces méthodes chimiques parce qu'elles donnent des cicatrices épouvantables. C'était une méthode qu'on faisait au 19e siècle, quand on n'avait pas de laser. Alors, ce qu'on sait, effectivement, on a quelques modèles toxicologiques. C'est-à-dire qu'on a des chercheurs qui ont pris de l'encre dans un tube, ils ont mis du laser. Certains pigments, quand on les met en contact avec le laser, on voit apparaître un nouveau produit qui, lui, a un potentiel toxique, carcinogénique, dans certaines conditions, dans certaines études, dans certains modèles. Ce n'est pas toujours extraplable chez l'homme. Ça ne concerne pas tous les pigments parce qu'on n'a pas étudié tous les pigments possibles et inimaginables. La question c'est, est-ce que la quantité qui va être libérée lors du détatouage est suffisante pour être à risque ? Parce que c'est ça le problème, c'est toujours pareil, c'est la question de l'exposition, du taux d'exposition, de la durée d'exposition. Je rappelle qu'on va être tatoué en principe pendant 10, 15 ans, 20 ans et que le tatouage aura vieilli. On va ensuite détatouer dans la peau, pas un tube tout frais d'encre. Donc on n'est pas sûr de la quantité qui va être libérée, on ne sait pas ce qui va passer et puis on ne sait pas si ça va avoir un impact suffisant pour être à risque de cancer. Parce que c'est ça l'idée, est-ce que le désastre est un cancer ? Et j'aime bien donner l'explication, même si ça va énerver des toxicologues, mais fumer 10 cigarettes une fois dans sa vie, un seul jour, ce n'est pas pareil que de fumer des cigarettes tous les jours pendant 50 ans. L'exposition n'est pas la même et c'est un peu ça l'idée. quand vous faites des tatouages une fois dans votre vie ? Est-ce que la quantité qui va être libérée, éventuellement, si vous avez quelque chose, va avoir un impact ? Je pense qu'il faut encore se positionner par rapport à d'autres risques. Est-ce que ce risque est vraiment pas négligeable ? Et de toute façon, pour l'instant, on a publié un papier positionnel avec des collègues laseristes pour expliquer qu'actuellement, il n'y avait pas d'argument suffisamment robuste pour affirmer que le détatouage était à risque. de déclencher un cancer à l'intérieur.
- Pauline ArtEcoVert
Je vous posais cette question parce que je vous avais dit que je travaille tous les domaines d'application de la couleur. Ça peut être les cosmétiques, le textile, l'alimentaire, la teinture. Enfin bref, j'en oublie plein, les beaux-arts. Et en fait, cette histoire de colorant azoïque, donc la principale famille des colorants de synthèse pour resituer. C'est en se dégradant qu'elle libère ces fameuses amines aromatiques. Et c'est celle-là qui pose problème. Et en fait, des fois, on fait des gros raccourcis en disant « Ah, les colorants de synthèse, c'est de la merde. » Non, c'est comme vous dites, et c'est bien de le repréciser. Donc, c'est pour ça que je vous posais la question, puisque dans d'autres domaines d'application, c'est ça qui pose problème. Et donc, le fait de constater qu'en délasérisant, je ne sais pas si on dit en détatouant, il y a l'apparition de ça, c'est pour ça que j'appuie un petit peu là-dessus. C'est hyper marrant parce que cet après-midi, j'enregistrais qu'un toxicologue sur un autre sujet, sur la savonnerie, qui utilise des pigments. Mais du coup, je me permettrais de lui poser la question parce que je trouve ça hyper intéressant de creuser. Alors, j'avais une question. Quel est le rôle d'un dermatologue au moment où une personne se pose la question de se tatouer ou non ? Est-ce que vous avez des gens qui vous appellent avant, genre faire une consultation ou des conseils ? Et après, je voudrais qu'on arrive à votre livre quand même, parce que du coup, je trouve ça hyper intéressant que vous ayez aussi ce support, je vais dire pédagogique, pour aider aussi les gens qui se tatouent ou les gens qui sont tatoués, qui se posent des questions.
- Speaker #1
Alors oui, oui, j'ai de temps en temps des patients, mais il faut que ce soit sélectionné. Il faut que ce soit des patients, soit qu'il y ait des maladies spores, soit une maladie générale spécifique, soit des médicaments. Et là, on discute effectivement si on peut se faire tatouer ou pas. Donc, si c'est une maladie de peau, en général, la question c'est est-ce que je vais faire une poussée de la maladie sur mon tatouage ? Est-ce que je vais faire une poussée de la maladie hors de mon tatouage ? Est-ce que je vais avoir une cicatrisation différente ? Il faut prendre en compte les médicaments. Si les patients reçoivent des médicaments immunosuppresseurs, ils peuvent avoir un risque infectieux accru. Donc, on doit discuter est-ce que c'est d'accord ou pas selon le médicament ? Quel est le meilleur moment de se faire tatouer sous le médicament ? On a des gens qui prennent des anticoagulants, qui vont me demander est-ce que je vais saigner à mort si je me fais tatouer. Mais ça peut aller de ça à j'ai déjà eu un transplanté cardiaque ou des patients qui avaient des maladies de cœur. On discute, donc c'est toujours un peu la même question. Est-ce que ça va bien cicatriser ? Est-ce que ça va s'infecter ? Quel risque pour moi ? Mais comme je vous l'ai dit, pas plus tard qu'hier, j'ai quelqu'un qui m'a appelé qui est allergique aux isothiazolinones, qui est un préservatif, en fait c'est un anti-infectieux. Et c'est très embêtant parce que je ne suis pas tout à fait sûr que je vais lui donner l'accord parce qu'on sait qu'on en trouve dans les encres. Et même si c'est interdit par REACH, je ne peux pas lui garantir à 100% qu'il y a quelque chose qui va être déclaré dans l'encre REACH. Donc je vais peut-être lui laisser le choix lui-même de décider en prenant les risques. Mais la plupart du temps, effectivement, je donne un avis plutôt positif selon les indications. Mais j'ai déjà donné des avis négatifs. J'ai déjà dit non pour certaines situations. parfois en collaboration avec d'autres collègues. Je contacte également d'autres collègues. Si la maladie, je ne la connais pas ou je ne la maîtrise pas, je demande d'autres avis en discutant ensemble de la meilleure solution pour le client. Passion.
- Pauline ArtEcoVert
Génial. Est-ce que... Oui, ça dépend des cas. Alors, votre livre, c'est « Mon tatouage et moi » . J'ai vu qu'il était dispo, je mettrai le lien. Ce qui est marrant, enfin, ce qui est marrant, non, ce n'est pas marrant, mais... Ce qui est singulier, c'est que vous êtes dermatologue, vous êtes tatoué, c'est assumé, vous expliquez, vous rassurez les gens. Est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu sur le livre, l'objectif et à quel moment dans son parcours, on peut se le procurer ? Est-ce que c'est plutôt avant ou est-ce que c'est pendant ?
- Speaker #1
Le livre est ouvert à tout le monde. Ça peut être pour son premier tatouage, pour son dixième tatouage. Il y a des tatoueurs qui achètent, il y a des techniciennes de maquillage permanent qui l'ont acheté. Donc ça concerne tout le monde. donc assez ouvert à tous après je ne me souviens plus ce que vous m'aviez demandé
- Pauline ArtEcoVert
Est-ce que c'est un stade avant de se faire tatouer, pendant ou c'est tout ? Avant,
- Speaker #1
pendant, ça peut être tout le monde, si tu as un dixième tatouage je peux toujours le relire si besoin
- Pauline ArtEcoVert
Ok top, donc je remettrai le lien parce que voilà, autant aussi apporter des solutions, alors j'avais une petite question d'ouverture, alors là désolé c'est vraiment de Merci. Qui m'intéresse, on m'a souvent dit que la peau, c'était une barrière à l'entrée de ce qui rentre dans notre peau. Là, le fait qu'on vienne mettre des produits ou qu'on triture, enfin, ce n'est pas triturer, mais il y a des micro-lésions de la peau pour le tatouage, est-ce que ça fait que, du coup, on a une barrière plus fragilisée ? Est-ce qu'un tatoué est plus fragile par rapport à ces micro-lésions ? que n'importe qui. Est-ce que ça s'est mesuré ou est-ce que c'est complètement bête cette question ?
- Speaker #1
Après tatouage, c'est une plaie. C'est une plaie avec plein de microponctures. C'est des piqûres qui vont à quelques millimètres. Là, effectivement, c'est une plaie, donc il faut respecter les soins de cicatrisation parce que ça peut être une porte d'entrée à une infection, aussi bien cutanée que systémique. On a des cas, même un cas qui a été mis dans les journaux, un patient qui était décédé après tatouage. Il est allé nager dans l'océan, dans le golfe du Mexique. 3-4 jours après, il avait donc attrapé un germe puisque la mère n'est pas stérile. En fait, il avait d'autres maladies. Il avait une cirrhose du foie, donc il n'était pas très frais. Mais il a fait un sepsis et il en est décédé. Donc il y a quand même des règles d'hygiène et d'asepsie à respecter pendant la cicatrisation. Donc ça, c'est vrai. Après, quand le tatouage est cicatrisé, alors ça, c'est assez intéressant comme question parce qu'effectivement, on peut avoir des maladies de peau qui vont directement sur le tatouage parce que le tatouage, c'est une cicatrice. C'est du corps étranger, donc on a des maladies de peau qui aiment les cicatrices, et donc qui peuvent se révéler dessus. Ça, c'est tout à fait possible. Après, le tatouage n'est pas non. Par contre, effectivement, on a des cas très particuliers de gens qui font des éruptions de virus, de virus sur leur tatouage, parfois des années après, sans explication. Et la floraison n'est que sur le tatouage. Donc là, il y a clairement un lien avec le tatouage en soi. Donc ça, c'est vrai que ça existe. Après, on a un phénomène inverse qui est assez rare, mais que j'ai déjà vu. C'est ce qu'on appelle un phénomène d'épargne. C'est-à-dire que des gens qui vont faire une éruption cutanée sur leur peau, mais le tatouage va être totalement épargné. Et on peut voir l'éruption qui passe tout autour du tatouage. Ça, j'ai déjà remarqué chez les atopiques, ceux qui ont des eczémas atopiques, des psoriasis. J'ai eu des patients de psoriasis qui m'ont dit « je ne fais plus de plaques là où je suis tatoué » . Alors, ce n'est pas une incitation à se faire tatouer tout le corps. Oui, oui. Mais ça veut dire qu'en fait, là, il y a quand même une activité, en fait, finalement, locale, ou une anergie, c'est-à-dire qu'en fait, le tatouage a calmé l'immunité tout autour. Et donc, il y a un espèce de mécanisme actif. Donc oui, d'une certaine façon, là, il y a une influence locale, ça ne fragilise pas forcément, mais il y a effectivement un impact local. C'est des situations qui restent quand même assez rares, et je ne recommande pas de faire tatouer en espérant que sa maladie va disparaître. Je me suis toujours posé la question, si les gens qui sont tatoués corps entier, est-ce qu'ils ont des problèmes de peau ou pas ? Ça m'intéresserait parce que s'ils ont fait une épargne globale, c'est possible qu'il n'y ait plus de maladie de peau. Pourquoi pas ?
- Pauline ArtEcoVert
S'il y a des auditeurs ou des gens qui nous regardent sur YouTube qui sont tatoués globalement, revenez vers nous, ça nous intéresse. Donc, ma question derrière, c'était aussi sur l'absorption cutanée, en synthèse au quotidien, etc. Ma question, c'était vraiment de savoir si, justement, c'était plus une barrière fragilisée. Et du coup, c'était ma question.
- Speaker #1
Il y a des articles qui ont essayé de montrer, par exemple, qu'on transpire moins bien au niveau des tatouages. En soi-disant chez les sportifs, ça aurait un impact, mais en fait, les études sont assez opposées. Et finalement, les quelques études qui disent que la transpiration est altérée sur les sites du tatouage, ça n'a pas l'air d'être aussi. Beaucoup d'études semblent maintenant dire qu'en fait, non, on transpire normalement. Je vous dirais, moi qui suis en Finlande, on prend des saunas. Je pense que si je ne transpirais pas lors du sauna, je le saurais assez vite et les tatouer le sauna. Donc, je pense qu'on est soit sur un effet très, très petit, vraiment microscopique. pas perceptible pour nous, qu'un vrai effet qui aura un impact dans la vie de tous les jours.
- Pauline ArtEcoVert
Nicolas, ma dernière question, c'est quels sont pour vous encore les sujets à creuser sur le tatouage en tant que dermatologue ? Qu'est-ce que vous percevez de pas encore au niveau ou encore à creuser, à chercher, etc. avec tout l'écosystème que vous avez ? Est-ce qu'il y a encore des choses ? Il y a encore des choses, c'est sûr, mais quels sont les prios ?
- Speaker #1
Les priorités, ça serait enfin d'avoir des études vraiment robustes par rapport à cancer et tatouage, parce que pour l'instant les études sont plus anxiogènes et ont souvent des limites importantes. Et comme je le rappelle, elles ne devraient pas être publiées au grand public parce qu'elles sont confusogènes. Je le répète, on n'a pas de preuves aujourd'hui que le tatouage donne des cancers de peau ou des cancers ailleurs sur le corps. Mais on n'a pas d'études suffisamment bonnes qualités, c'est pas très facile, c'est difficile. Ça c'est le premier problème. Le second, c'est les allergies, parce qu'on ne comprend toujours pas pourquoi ces allergies arrivent. Donc, il faut continuer à chercher pour qu'on puisse en tout cas prévenir les gens, ceux qui sont à risque d'éviter de se faire tatouer, parce que quand ils ont des allergies, c'est quand même difficile à traiter. On peut les soulager, mais souvent, ça se finit sur du laser de détatouage, parce qu'en final, ça revient toujours. Et on a des effets secondaires avec les traitements locaux. Ça serait vraiment les deux sujets importants pour le moment.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord. Et vous, en tant que... Alors. J'ai regardé, et c'est pour ça que je vous disais, je suis honorée de vous avoir, parce que j'ai regardé, vous êtes nommé comme le ponte mondial. Et je me suis dit, oh, ben dis donc, quelle chance, parce que je ne le savais pas avant de faire ma demande sur LinkedIn pour vous contacter. Mais du coup, votre rôle au sein de tout cet écosystème, en quoi vous contribuez ? C'est vraiment, enfin voilà, m'expliquer un petit peu. du coup... ce qui fait que vous êtes reconnu mondialement et comment vous contribuez avec votre travail pour tout cet écosystème ?
- Speaker #1
J'ai déjà beaucoup d'articles, donc moi c'est surtout au niveau médical, dans le milieu médical. Alors je ne suis pas le seul, il y a d'autres gens qui recherchent, il y a des équipes au Danemark, en Hollande, qui ont aussi des cliniques de tatouage. Il y a d'autres équipes qui travaillent sur le sujet. Moi je contribue à mon niveau, mais C'est vrai que je ne suis pas aussi actif que d'autres personnes qui sont beaucoup plus actives sur les réseaux sociaux. Je participe quand vous faites un podcast ou quand on m'a amené à des congrès ou des choses comme ça.
- Pauline ArtEcoVert
Génial. Est-ce qu'il y a une chose qu'on a oublié de dire avant qu'on ne se laisse ? Ou est-ce que vous voulez rajouter quelque chose avant qu'on ne se quitte ?
- Speaker #1
Grand classique, il faut réfléchir avant de se faire tatouer, en être sûr. Parce que la première compilation actuelle, c'est quand même un tatouage qui est moche, un tatouage qu'on regrette, un tatouage qu'on n'est pas satisfait. Avant toutes les complications, les complications elles existent. Moi j'en vois beaucoup parce que je suis spécialiste. Mais la grande majorité des cas ça se passe normalement assez bien.
- Pauline ArtEcoVert
Vraiment merci d'avoir passé du temps à tout nous expliquer. C'était vraiment hyper intéressant.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Pauline ArtEcoVert
Merci pour votre écoute. Pour soutenir La Couleur Végétale, abonnez-vous au podcast ArtEcoVert sur la plateforme d'écoute de votre choix. Et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose. Ça soutient vraiment le podcast. pour les artisanes. de la couleur végétale qui veulent aller plus loin, vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté ArtEcoVert à vie. Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale, me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux, on se retrouve sur arecovert.kit.com Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant