- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous, je suis Martin Rochon, directeur général d'Okinéa. Okinéa, cette marque que personne ne sait écrire, mais qui est connue dans le monde de l'accessibilité et de l'inclusion. Mes parents, Gilles et Valérie, ont inventé les feux sonores radiocommandés il y a 30 ans et aujourd'hui, on a décidé de créer Atypique, un podcast pour parler d'inclusion et d'accessibilité avec des invités. On a hâte de vous rencontrer et on a hâte d'évoquer avec vous tous ces sujets. Bonne écoute à tous !
- Speaker #1
des activités en fait c'est tellement lié à la volonté humaine d'accueillir ou de ne pas accueillir que si quelqu'un a envie en fait toute activité devient accessible alors
- Speaker #0
ça y est c'est la grande première de ce podcast atypique je suis trop content d'être là on démarre un nouveau format pour parler d'accessibilité pour parler d'inclusion à l'heure où 85% des handicaps surviennent après la 25e année, à l'heure où la spontanéité dans les déplacements n'est pas toujours possible, on crée ce format pour parler d'inclusion, parler d'accessibilité, parler de handicap avec, si possible, ceux qui sont les plus concernés et donc les usagers. C'est la première et j'ai la joie, le bonheur d'accueillir Yannick Bréavoine. Yannick, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour Martin.
- Speaker #0
Alors Yannick, on se connaît bien en a... travaillé ensemble pendant quelques années et instinctivement j'ai tout de suite pensé à toi en parlant d'Atypique et en réfléchissant à qui on pouvait inviter pour cette première donc je suis vraiment content d'être là avec toi, Yannick t'as 49 ans, tu es marié deux enfants, tu habites à Crépy en Valois, à une heure au-dessus de Paris pour ceux qui connaissent pas à côté d'un célèbre village gaulois et hum Pour moi, tu fais partie des gens que je connais qui font le plus de trucs dans la vie. Et donc, j'avais envie de prendre un moment avec toi pour parler de tout ça. Tu es formateur, tu as été professeur de braille chez Eoguidage, tu étais commercial. Et est-ce que tu peux nous raconter un peu tout ça ? Est-ce que tu peux nous raconter comment la mobilité, pour toi, ce que ça veut dire ? Tu utilises des solutions pour déplacer, nous parler d'inclusion, nous parler d'accessibilité en quelque sorte.
- Speaker #1
Oui, d'abord c'est un plaisir pour moi d'être ici, de vous accompagner sur ce premier épisode du podcast. Que dire, l'accessibilité c'est quand même quelque chose qui est indispensable pour moi. Chaque fois que je me déplace, j'ai besoin d'accessibilité et j'ai besoin pour... toutes les activités de la vie habituelles de situations accessibles. C'est-à-dire que ce soit pour le boulot, que ce soit pour ma vie de famille, que ce soit pour ma vie sociale, si je me retrouve dans des situations d'inaccessibilité, je ne peux pas m'épanouir pleinement. Donc c'est au cœur à la fois de mes besoins et aussi de mes appétences, puisque c'est un sujet qui me plaît beaucoup.
- Speaker #0
Alors Yannick, t'es déficient visuel, donc ce matin je t'ai donné rendez-vous à 10h au centre-ville de Lyon, tu pars de Crépy-en-Vallois le matin même, je t'ai proposé d'arriver la veille mais visiblement t'avais pas envie qu'on passe la soirée ensemble.
- Speaker #1
Non pas trop.
- Speaker #0
Donc, et moi dans ma tête je me suis dit tiens, combien de minutes Yannick aura de retard parce que quand on se déplace, quand on vient de loin, c'est toujours compliqué d'être à l'heure, t'es arrivé 10 minutes en avance. Alors est-ce que tu peux m'expliquer ? ce que c'était ton trajet ce matin pour partir de Crépy-en-Vallois et arriver à Lyon et être là avant 10h. Et quelles solutions tu as utilisées, quelles solutions tu as trouvées pour gérer ce déplacement ?
- Speaker #1
Alors d'abord, ce qu'il faut comprendre, c'est que pour une personne déficiente visuelle, se déplacer, ça se prépare à l'avance. On ne peut pas se lancer comme ça au dernier moment, dire bon allez, je monte dans ma voiture, comme le font plein de gens qui n'ont pas de déficience visuelle. Je prends ma voiture, je pars, je règle le GPS et je m'en vais. Nous ça ne marche pas, il faut vraiment préparer à l'avance. Donc ça veut dire chercher les moyens sur différentes applications. Donc comme tu le disais, ça passe souvent par le numérique. Donc par exemple l'application SNCF Connect ou Trainline pour réserver un train. Concrètement, je suis parti de chez moi, il était 6h moins le quart. Donc à pied jusqu'à la gare, ça c'est un trajet domicile-gare qui est facile puisque je le fais quotidiennement, donc ça il n'y a besoin de rien, si ce n'est une traversée avec un feu sonore. Ensuite, d'ailleurs que je n'ai pas activé pour ne pas réveiller le quartier. Je perçois un petit peu la lumière, donc j'ai juste appuyé sur le bouton. Ensuite, le TER jusqu'à Paris Nord. Gare du Nord que je connais assez bien aussi pour l'utiliser tous les jours. Je savais qu'il fallait que je prenne le RERD pour aller à Gare de Lyon. J'ai suivi... Le chemin habituel avec quelques difficultés puisque par exemple la SNCF vient de mettre en place des nouveaux composteurs qui passent dans les deux sens. Donc il faut trouver celui qui est vert, de peau pour moi, j'avoue que ce n'est pas ce que je vois le mieux, le vert ou le rouge. Donc on essaye un composteur et quand il fait un bruit, ça veut dire que ce n'est pas bon. Donc on essaye celui d'à côté, on finit par trouver celui qui s'ouvre ou alors on suit les gens. Comme peut-être préciser aussi que je me déplace avec un chien guide et que c'est quand même plus simple que de se déplacer à la canne dans ce genre de situation en tous les cas. Ensuite je suis monté dans le RER D et évidemment il était en panne. Tout de suite il faut réagir. Là je me suis dit que je pouvais faire le B plus le A. Tout de suite on traverse le quai, on monte dans un RER B, on arrive à Châtelet, on rechange. Pareil là, il faut connaître. C'est vrai que parfois on a quand même une mémoire... qui est un peu saturé avec tout ce qu'on doit mémoriser. Ça veut dire que, OK, donc là, je suis dans cette situation-là, je dois prendre le quai juste en face, etc. Et donc, arrivé à la gare de Lyon, forcément, moi, je connais bien le trajet en sortant du D, je connais moins le trajet en sortant du A. Donc, là, c'est appel à un ami. Donc, on trouve des gens sur le quai, on leur demande pour aller vers la gare, et puis voilà. Et utilisation des balises sonores dans la gare de Lyon, qui ne m'ont pas rendu un grand, grand service, pour être franc. Et là...
- Speaker #0
Pourquoi ça t'a pas rendu un grand service ?
- Speaker #1
Je suis tombé sur un croisement où ça me disait autre direction. Et puis voilà. Donc c'était pas très clair. Et d'autres croisements de bandes de guidage où il n'y avait pas de balise. Donc j'avoue que ça m'a pas vraiment aidé. Mais par contre il y avait une dame qui a vu que je cherchais quelque chose et qui m'a emmené vers des gens de... de la SNCF, ou en tout cas qu'on pensait de la SNCF, et il se trouve que par chance c'était justement ma voie. Parce qu'en fait je suis venu par train d'Italia, et il faut savoir que quand on vient par train d'Italia, les voies de départ ne sont pas annoncées par exemple dans SNCF Connect, ce que je déplore d'autant plus que pour être très transparent, je travaille avec SNCF Connect depuis 7 ans, et donc je trouve ça vraiment regrettable que je ne puisse pas utiliser une application que je connais bien pour avoir ma voie de départ.
- Speaker #0
Et t'avais pas accès à l'aide personnelle qu'on peut avoir quand on prend le train ?
- Speaker #1
Alors j'avoue que pour être franc, je ne sais pas si Assistant Gare peut aider les personnes qui prennent un train italien. Mais l'autre problème que j'avais, c'est que de toute façon avec l'arrivée de mon TER provenant de Crépien-Valvoie, j'avais pas les 30 minutes réglementaires pour être pris en charge, j'avais plutôt 25 minutes. Je savais que j'allais me faire refouler de l'accueil PMR, donc j'ai décidé de me débrouiller tout seul. Et donc sur le quai quand même, il y avait une personne par contre de Train Italia qui m'a conduit jusqu'à ma place, ce qui m'a permis de me déplacer assez aisément dans le train. Donc un modèle de train que je ne connaissais pas. Donc voilà, après on tâtonne un peu pour trouver les toilettes, on tâtonne pour tout trouver.
- Speaker #0
Ok. Et après, arrivé à Lyon, tu as utilisé une appli ? Tu as utilisé les transports ? Arrivé à Lyon,
- Speaker #1
j'avais calculé le trajet par SNCF Connect pour voir le trajet en métro. Donc je savais qu'il fallait que je prenne le B plus le A, comme à Paris finalement. Et puis, voilà, un peu de balises sonores, mais pas facile du côté de Lyon-Pardieu parce qu'en fait, ça indique les différents endroits dans la gare, mais ça n'indique pas le métro. Donc, entre l'aide des personnes autour de nous et l'aide des balises, j'ai quand même réussi à m'orienter vers le métro. Et d'un seul coup, j'ai trouvé la balise du métro. Donc ça, c'est plutôt positif. Et donc, à partir de ce moment-là, je suis descendu dans la station. J'ai essayé de m'orienter et en fait, une personne de la TCL m'a dit que mon chien devait être muselé. Je lui ai expliqué que c'était un chien guide. et qui n'avait pas besoin d'être muselé. Du coup, elle m'a dit « Ah, d'accord » . Je lui ai dit « Mais par contre, puisque vous êtes là, vous allez pouvoir m'expliquer comment on peut aller prendre le B » . Et donc, voilà, elle m'a indiqué. Je suis arrivé à Charpent. Charpent, pardon. Désolé. Je suis mal ici, moi. Et à Charpent, par contre, voilà, aucun moyen pour trouver la correspondance. Donc là, ce sont les gens qui m'ont aidé. Une fois sorti du métro, j'ai utilisé une application de guidage GPS qui s'appelle StreetNav, qui présente notamment un intérêt, c'est que quand on tourne sur soi-même, on a une vibration quand on est dans le bon sens. Parce qu'en fait, la première difficulté, ce sont les premiers mètres. On parlera des derniers tout à l'heure, mais on va parler aussi des premiers. C'est que quand on sort d'un métro, on ne sait pas si on doit aller d'un côté ou de l'autre. Beaucoup de GPS vous disent d'aller vers le sud ou l'ouest. Alors s'il fait beau, on peut trouver l'Est le matin, mais s'il ne fait pas beau, on ne sait pas dans quel sens aller. Et du coup, là, l'intérêt de cette application, c'est la vibration qui nous indique qu'on est dans le bon sens. Et donc, voilà, j'ai suivi le GPS, il m'a dit que j'étais arrivé, et là, c'est appel à un ami, puisqu'il n'y avait pas d'autre moyen. Les derniers mètres, c'est toujours les plus problématiques. On sait qu'on n'est pas loin, mais on ne trouve pas l'entrée.
- Speaker #0
Donc toujours le repérage et la question de la porte d'entrée. Ok, écoute, super intéressant parce que ça permet d'avoir un trajet concret avec à la fois des aides techniques qui parfois sont utiles et parfois sont manquantes, et puis les aléas du direct. Ceci dit, t'es arrivé à l'heure, même en avance. Donc c'est parfait, on a pu démarrer l'enregistrement comme on le souhaitait. En tout cas, cette question de la spontanéité, du déplacement, c'est un vrai sujet. on en a entendu beaucoup parler Récemment, parce qu'avec les Jeux, la question de l'accessibilité des transports parisiens fait partie des sujets qui étaient tout en haut de la pile. T'as suivi les Jeux, toi ? T'as suivi les Paralympiques ? Toi qui es fan de foot, j'imagine que t'as suivi l'équipe de France. Déjà,
- Speaker #1
on peut féliciter l'équipe de France de Sessifoot qui a porté une médaille. Et puis tous les sportifs, moi je suis un ancien nageur, donc j'ai admiré la façon de nager d'Alex Portal et de Kylian Portal. qui sont vraiment des extraterrestres par rapport à ce que moi je faisais à l'époque. Franchement, c'est impressionnant.
- Speaker #0
Les hauts marchands aussi, quand même.
- Speaker #1
Oui, les hauts marchands aussi. J'ai suivi aussi les JO traditionnels. Mais moi, j'avoue que ces JO, c'est quand même une déception par rapport à l'accessibilité. Parce que quand j'avais vu ce que Londres a pu connaître En essor de l'accessibilité en 2012, si ma mémoire est bonne, j'avoue que je suis un peu déçu de l'accessibilité des transports parisiens puisque la question est sortie quasiment à la fin des JO en disant que l'équipe de France Paralympique est exceptionnelle, ça pose la question de l'accessibilité. Et j'avoue que je suis un peu déçu quand même de l'héritage des Jeux qui reste quand même très faible. On a sur Paris en tous les cas... On a décidé en gros de bidouiller des applications un peu au dernier moment. Et je trouve que c'est un rendez-vous un peu raté quand même en termes d'accessibilité des transports. Même s'il y a eu des efforts de fait, ça reste dans l'usage. Peut-être que du point de vue normatif, en tout cas, on a bien progressé. C'est vrai que par exemple, les bandes d'éveil, les nés de marche, il n'y a vraiment plus de, à ma connaissance, quasiment aucune station qui n'a pas ces bandes d'éveil, ces nés de marche. Mais par contre, du point de vue usage, qui reste pour moi l'essentiel. C'est un petit rendez-vous manqué quand même.
- Speaker #0
J'entends et effectivement, je pense que l'héritage viendra après les Jeux. En tout cas, il y a eu des grandes annonces de la part de la présidente de France. Je crois qu'il y a des discussions. APF France Handicap a fait signer aussi une charte sur l'accessibilité. Oui,
- Speaker #1
la CFPSA et d'ailleurs l'a fait aussi.
- Speaker #0
Oui, j'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience. Je suis en phase sur le fait que ça arrive sûrement un peu tard parce que les Jeux sont passés. Au moins, ça a remis le sujet sur la table et j'espère que ça va aussi. Moi aussi,
- Speaker #1
mais c'est vrai que là, j'entends déjà parler de trois intervenants pour payer. Il y en a déjà un des trois qui a dit « moi, je ne paye pas » , donc ça m'inquiète.
- Speaker #0
On va voir comment tout ça se passe. En tout cas, les solutions, les applis, ce qui te permet au quotidien de te déplacer, c'est quoi ton… je ne sais pas, tu ne sors jamais, j'imagine, sans ton chien. Oui, c'est sûr. Mais plutôt en termes de matériel ou d'innovation, c'est quoi les choses que tu utilises au quotidien ?
- Speaker #1
Eh bien, franchement, je trouve que la situation n'a pas forcément beaucoup évolué sur ces dernières années. Mon meilleur ami reste ma télécommande de feu sonore. Aujourd'hui, dans le métro, on trouve maintenant des balises à l'entrée des stations. J'avoue que ça a été une guerre pour les faire. Les faire porter à distance, qu'elles puissent se déclencher suffisamment loin, puisque pendant un moment elles se déclenchaient quand on était dans les marches. Et j'avoue que j'étais jaloux à chaque fois que je venais à Lyon, puisque le déclenchement était vraiment intéressant, et nous ça ne nous permettait pas de trouver la bouche de métro, donc vraiment c'était une frustration. Au niveau application, j'ai testé des choses très intéressantes dans Paris, comme Sonar Vision par exemple, qui est une application de guidage. qui utilise la caméra du téléphone et qui vraiment, là pour le coup, nous fait un guidage au mètre près. Mais par contre, ça veut dire qu'on se promène avec le téléphone à la main. Et ce qui n'est pas forcément rédhibitoire, on peut quand même le faire. Mais ce qui est un peu plus gênant, c'est que ça ne marche que dans certaines villes. À ma connaissance, il y a Paris, il doit y avoir Lyon et Bordeaux, je crois. Je ne suis pas certain de ce que j'avance, mais c'est sur 3-4 villes maximum. C'est un petit peu dommage. Après, donc, appli GPS. Assez classique, type plan sur iPhone. Dans le métro, je vais parfois utiliser une vieille appli qui s'appelle Métro et qui donne la liste des stations parce que quand ce n'est pas annoncé, ça me permet de les compter. Et puis, il y a les nouvelles applications, compagnie en train notamment, qui peuvent permettre d'annoncer les stations. Mais voilà, globalement, ce que j'utilise. Et un petit peu SNCF Connect pour du calcul d'itinéraire. de trajet. Donc, par exemple, je rentre à mon adresse de départ, mon adresse d'arrivée. Ils me proposent plusieurs solutions de transport. Ok.
- Speaker #0
Et du coup, là, on sort des vacances d'été. Déjà, quand tu pars, est-ce que ça compte la question de l'accessibilité de la destination ? Est-ce que ça rentre en ligne de compte ? Est-ce que je ne vais pas trop galérer pour me déplacer ? Sachant que ton épouse, Stéphanie, comment ? qu'on salue et qu'on embrasse au passage, et aussi déficientes visuelles. Est-ce que ça rentre dans vos critères de sélection ? Et comment tu gères la question des activités ? Ou pas spécialement ?
- Speaker #1
C'est un critère qui a beaucoup compté par le passé puisqu'il fallait absolument qu'on arrive en train. Maintenant, mon fils est né à 19 ans, bientôt 20, donc il conduit. Ça peut nous permettre de nous éloigner des gares. Mais bon, évidemment, quand on commence à partir avec deux chiens, quatre personnes, les valises, etc., c'est un peu compliqué. Du coup, ce qu'on fait, c'est qu'on coupe la famille en deux. Ma femme et l'aîné qui partent en voiture et nous, on part en train avec le deuxième. Et ça veut dire quand même qu'il faut pouvoir y accéder par les transports en commun. Mais on peut se permettre d'être un petit peu plus retiré. Mais, par exemple, il fut un temps où vraiment c'était le premier critère. Par exemple, ça m'est arrivé d'aller en vacances à La Rochelle ou La Baule, qui sont des villes où le TGV arrive au cœur de la ville. C'est ça qui est intéressant. Des villes à taille humaine, où on peut faire les trajets à pied. Et là, donc, ça va être plus facile. C'est vrai que c'est un critère. Et ça va être un critère d'autant plus grand que maintenant, les grands, ils ne veulent plus partir en vacances. Donc, il va falloir vraiment qu'on trouve des solutions. pouvoir partir seul mais de manière accessible
- Speaker #0
Et c'est quoi ton plus beau souvenir ou l'endroit où tu adores aller parce que tu sais que c'est hyper accessible et que quand t'arrives là-bas c'est cool parce que...
- Speaker #1
Alors la connotation est assez moyenne mais j'aime beaucoup la boule je sais que c'est un petit côté un peu c'est un petit peu quand même marketé mais bon ce qui est intéressant à la boule c'est vraiment la gare TGV au milieu Merci. Une plage qui est vraiment facile et un découpage de la ville qui est assez facile à comprendre puisque globalement, on a un front de mer et avec des rues qui partent perpendiculairement au front de mer. Donc c'est assez facile d'avoir une représentation mentale, de se faire une cartographie de la ville et de pouvoir y circuler tout en ayant toujours l'idée d'où on se trouve par rapport à notre logement.
- Speaker #0
Et là-bas, les activités où... des musées accessibles ? En gros, c'est des activités de plein air, loisirs, plages, etc. Est-ce que tu as d'autres activités ? Et est-ce que l'accessibilité, c'est un sujet ? Est-ce qu'ils ont marketé le territoire autour de l'accessibilité ou pas du tout ?
- Speaker #1
Malheureusement, pas tant que ça, même si, par exemple, à l'Office du tourisme, ils sont assez ouverts à la question du handicap. Ils distribuent des plans de ville en braille, ce qui permet aussi de renforcer l'image mentale qu'on se fait de la ville. des activités, en fait, c'est tellement lié à la volonté humaine d'accueillir ou de ne pas accueillir. que si quelqu'un a envie, toute activité devient accessible. Nous, on fait du jet-ski à la boule. Les gars, ils sont super sympas, ils nous laissent conduire. Ils attendent qu'on sorte un peu au large et une fois qu'on est au large et qu'il n'y a plus de danger, c'est nous qui pilotons.
- Speaker #0
Ça va être impressionnant, les sensations sur le jet-ski. De toute façon,
- Speaker #1
même quand tu vois, tu ne vois plus grand-chose. Tellement, t'en prends plein la tête.
- Speaker #0
C'est technique, quand même. J'imagine qu'il y a des questions de vagues, la mer, tout ça. au Yelet.
- Speaker #1
technicité donc il faut que la mer soit calme pas tant que ça finalement et puis c'est un peu comme quand on fait de la voile moi j'ai fait de la voile, on navigue ce qu'on appelle au cul, c'est à dire que en fonction de la position que tu sens dans laquelle tu es assis, tu te rends compte de comment se situe ton bateau, c'est un peu pareil pour un jet ski quand ça claque un peu trop fort c'est peut-être que tu vas trop vite t'avais fait aussi la...
- Speaker #0
de la course automobile. Il me semble que j'ai un souvenir de toi qui conduis.
- Speaker #1
J'ai conduit avec une association lyonnaise, d'ailleurs, qui s'appelle les non-voyants et leur drôle de machine, qui permet à des non-voyants de conduire sur circuit avec des voitures auto-école. Et donc, j'ai pu conduire à Spa-Francorchamps. Alors moi, je suis un petit peu frileux, donc je suis monté jusqu'à 120, 130, je crois, kilomètres heure. Il y a des gars qui vont beaucoup plus vite que moi.
- Speaker #0
C'est quoi là-dessus le truc le plus fou, ce qui t'a le plus marqué dans tous les loisirs que t'as pu faire ?
- Speaker #1
Ça, ça en fait partie parce qu'il y a une autre connotation. En fait, moi je me souviens à un moment, mes enfants étaient derrière. Et ça, un papa, son truc c'est d'emmener sa famille en voiture. Et là, de me dire que finalement mes enfants étaient derrière, ma femme était avec moi. Et se dire qu'on est quasiment comme tout le monde dans une situation de famille. Voilà, papa a conduit, mais après maman a conduit aussi. C'est aussi de se dire qu'on est quasi comme tout le monde. Après, j'ai fait du parachutisme aussi, c'est pas mal. Le moment où on se jette dans le vide, le moment où ils ouvrent la porte de l'avion, quand on ne voit pas, c'est bizarre parce qu'il y a tellement de bruit que c'est un grand moment de waouh. qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce que vraiment il faut y aller ? De toute façon, j'étais attaché au gars et quand le gars s'est lâché, j'avais plus le choix.
- Speaker #0
C'est peut-être un avantage de ne pas voir. C'est ça, peut-être. Et à l'inverse, du coup, ça paraît tellement évident quand tu le dis, mais c'est quoi la situation dont tu te rappelles, où tu étais empêché et où, je ne sais pas, le truc où tu t'es dit là, c'est dommage parce que... Ce truc-là, je sais que ce n'est pas pour moi parce que je suis empêché, mais j'aimerais le faire.
- Speaker #1
D'abord, comme je le dis, c'est tellement lié à l'humain que dans la même situation, tu peux te retrouver avec quelqu'un qui te dit « non, je ne vous laisse pas faire, je ne vous laisse pas y aller pour des raisons de sécurité. Je suis allé dans d'autres endroits et quand on a demandé sur le jet-ski, par exemple, ils ont dit non, même pas en tant que passager. » Il y a aussi parfois ce côté-là. Et puis après, des fois où j'ai le plus mal vécu ma déficience visuelle, c'est sur le moment où tes enfants ouvrent un cadeau de Noël, ils veulent monter le dernier cadeau que tu leur as acheté, sauf que toi tu ne vois pas le plan et que tu ne peux pas et que tu te sens vraiment inutile. Et là, c'est des moments un petit peu durs à vivre où tu te remets en cause en te disant « je ne peux pas jouer mon rôle comme tout le monde » . Donc quand c'est comme ça, il faut rebondir. Et puis de se dire, il y a d'autres situations. Mais c'est vrai que parfois, on prend des claques. Moi, j'ai souvenir d'une fois dans un transport en commun où quelqu'un me dit, écoutez, le transport était chargé, il y avait eu plein de problèmes. Enfin, moi, j'avais galéré pour atteindre l'endroit où j'allais bosser. Franchement, je faisais mon rôle comme tout le monde. Et là, personne ne me dit, mais écoutez, vous voyez bien qu'il y a plein de monde, vous ne pouvez pas rester chez vous. Et là, je lui dis, en fait, moi, je vais bosser. Et ce jour-là, j'étais peut-être un peu fatigué. Ça fait vraiment mal. Parce qu'on se dit que finalement, on se bat pour être comme tout le monde, pour être inséré dans la société comme tout le monde. Et que ce jour-là, on le vit moins bien. Alors qu'il y a plein d'autres jours où j'aurais sans doute eu le répondant de lui dire quelque chose. Mais voilà, donc il faut être vigilant quand même quand on s'adresse à quelqu'un parce qu'on ne sait pas dans quel état d'esprit il est à ce moment-là.
- Speaker #0
C'est évident. Il y a des choses aussi que tu as dû vivre, des anecdotes rigolotes par rapport... par rapport à tout ça, j'imagine que... En plus, toi, tu as des perceptions. Oui,
- Speaker #1
je perçois un tout petit peu les choses. Je vois un vingtième, donc j'arrive à voir un petit peu autour de moi. En fait, c'est des situations souvent qui sont assez cocasses sur le moment. Et puis on se dit... En fait, on les oublie vite. C'est difficile d'en citer une comme ça à froid.
- Speaker #0
J'ai un souvenir, en tout cas rigolo, à l'époque où on travaillait ensemble, de déplacement, où tu partageais ta chambre d'hôtel avec un collègue dont on t'aira le nom, évidemment. Sacré Sylvain. Qui se baladait. à poil dans la chambre jusqu'au jour où il a compris que tu avais quand même une perception et que c'était pas tout à fait neutre tout à fait après c'est des situations où c'est difficile pour l'entourage de comprendre ce qu'on peut voir,
- Speaker #1
ce qu'on peut pas voir les gens qui nous parlent et qui changent de côté où on fait pas gaffe et on continue à parler du mauvais côté où on croit s'adresser à une personne et en fait c'est pas la bonne personne euh J'ai une fois, je monte dans un ascenseur et puis je dis, ah mais ça pue en fait dans l'ascenseur. Sauf que je n'avais pas fait gaffe qu'il y avait un monsieur dans le fond et que c'était lui en fait.
- Speaker #0
C'est pas possible.
- Speaker #1
Donc voilà, parler des gens alors qu'ils sont dans la pièce, c'est des choses qui peuvent nous arriver, donc il faut être très très prudent quand on est déficient.
- Speaker #0
J'imagine, et puis tu parlais du rapport aux enfants et tout ça, c'est sûr que ça doit donner pas mal de situations avec tes garçons, ça a dû ouvrir à plein de champs.
- Speaker #1
Oui, ça nous en donne, mais quelque part aussi, nos enfants, parfois, ça les a aidés. Moi, je sais que j'ai mon aîné qui est quand même très réservé. Et le moment où il s'est le plus ouvert à l'école, c'est le moment où on est venu parler à ses camarades de la déficience visuelle. On est venu avec les chiens, etc. Donc là, c'était « Waouh ! » Papa et maman, ils viennent et tout le monde les écoute et c'est cool. Et voilà, donc ça peut créer parfois aussi des situations favorables. Il y a des fois aussi, ça nous ouvre des portes qui ne sont pas ouvertes à tout le monde. Moi, j'ai eu l'occasion, par exemple, d'aller visiter l'Assemblée nationale, de monter au perchoir, ce qui n'est pas permis à tout le monde, et notamment avec le chien. Et je sais que le gars m'a dit, c'est la première fois qu'on voit un chien autre que les chiens de la sécurité au perchoir. Donc voilà, parfois ça nous ouvre des portes, parfois ça nous enferme. Et voilà, quoi.
- Speaker #0
hyper intéressant tout ça et merci en tout cas de le partager parce que c'est important en fait de comprendre et de recentrer aussi le sujet parce que nous moi je travaille en tout cas sur ces questions là autour de l'accessibilité, autour de l'inclusion donc de la solution technique mais c'est vrai que on n'a pas forcément le réflexe quotidien de se poser ces questions là La question du chien guide, j'ai rencontré quelqu'un que tu connais peut-être, c'est Frédéric Gallian, qui a monté la Fondation Gallian.
- Speaker #1
Pour remettre des chiens aux enfants ?
- Speaker #0
C'est ça, lui, son truc, c'était de dire, quand t'es enfant, et c'est complexe parfois d'être dans un univers standard, et la différence peut t'amener à être rejeté, etc. Et donc lui, sa volonté, c'était de dire, il faut que les chiens guides ne soient pas donnés à des adultes. mais aussi aux enfants parce qu'en fait ils passent aussi du gamin dont il faut s'occuper ou qui est rejeté parfois à l'école pour toutes les raisons de la société qu'on connait à la superstar du BAU qui arrive avec son chien, qui a des responsabilités parce que le chien il faut s'en occuper il faut lui donner à manger, il faut le sortir etc et en quelque sorte ça permet de transformer quelque chose qui peut être complexe à vivre parce que peu importe la différence c'est toujours compliqué quand on est différent et quand on est dans l'enfance à l'espèce de métamorphose un peu super héros et c'est vrai qu'il y avait des témoignages d'enfants autour de de gamins qui avaient des chien guides qui sont assez extraordinaires c'est vrai que moi j'ai écouté aussi pas mal de podcasts d'ailleurs,
- Speaker #1
il y a un podcast qui s'appelle Futur Chien Guide qui parle beaucoup de de de... du chien guide et notamment de la fondation Frédéric Gaillane. C'est vrai que ce qu'on entend beaucoup chez ces jeunes, c'est « avant, personne ne me parlait, je suis arrivé avec mon chien, d'un seul coup, les gens se sont adressés à moi, etc. » Donc ça montre une autre image du handicap. C'est ce que disent beaucoup de maîtres de chien guide, qui disent « moi, à la canne, je n'oserais pas trop sortir, mais au chien... » Parce qu'en fait, ma femme, par exemple, quand elle a perdu la vue... Elle ne voulait pas circuler dans la ville tant qu'elle n'a pas eu son chien guide. Et à partir du moment où elle a eu son chien guide, les gens la croisaient et lui disaient « Ah, tu ne vois plus ? »
- Speaker #0
Il est sympa ton chien. Très vite, le handicap était oublié au profit du chien. Parfois trop. Il y a des gens qui ne parlent qu'au chien et qui nous oublient derrière. Je vois quand il pleut et que les gens me disent « le pauvre chien est mouillé » . Moi, je suis sec aussi. Ce sont des situations où ça modifie l'image qu'on transmet à la société. Ça montre une image souvent plus dynamique. Je connais plein de gens à la canne. qui sont très dynamiques. Donc voilà, c'est une erreur aussi parfois de penser que le chien est plus dynamique que la canne.
- Speaker #1
Oui, et puis il y en a plein qui ne veulent pas vivre avec un animal de compagnie pour plein de raisons.
- Speaker #0
Pour plein de raisons.
- Speaker #1
Après, c'est un bon moyen de briser la glace parce que j'ai l'impression que c'est aussi des personnes qui ne sont peut-être pas forcément à l'aise avec le sujet. Parce que quand tu ne connais pas parfois la question de la déficience visuelle, tout ça, ça peut te renvoyer à des peurs. Et souvent, les gens utilisent le chien pour... S'il parlait à ta canne, ça serait quand même plus bizarre.
- Speaker #0
Mais d'un autre côté, moi quand je prends une canne, ça m'arrive de parler à ma canne par contre. Parce que j'oublie que je n'ai pas le chien et du coup je lui dis va devant, mais non en fait c'est une canne. Mais oui, bien sûr, ça brise la glace. Moi, dans ce que tu disais tout à l'heure, il y a quelque chose d'important, c'est que tu parlais des solutions techniques et vraiment on en a besoin. Il faut qu'elles soient d'ailleurs développées. en lien avec nos usages et pas forcément en lien avec des schémas pluriannuels de développement, de dire on a prévu de mettre des balises à tel endroit et pas à tel autre, ce qui ne correspond pas forcément à nos usages. Petit message pour les NCF. Mais ce qu'on a le plus besoin en fait c'est de l'humain. On a besoin des autres, que les autres viennent vers nous, ou qu'en tout cas ils ne fuient pas quand on leur demande. Que ce soit pour du guidage occasionnel, que ce soit pour... Moi, je pratique le triathlon. Il me faut des entraînements en course à pied, il me faut des entraînements en tandem. Et c'est une vraie galère de trouver des gens. Donc voilà, par exemple, il y a beaucoup de gens, ils pratiquent la course à pied. S'ils sont nombreux, ça ne revient pas souvent de me guider. Ça va être une fois de temps en temps. Alors qu'effectivement, si je n'ai qu'une ou deux personnes qui peuvent m'aider... ça repose toujours sur les mêmes et c'est vrai que ça peut les user. Donc l'idée c'est d'être nombreux à apporter l'aide et puis faire une pratique sportive à deux, c'est quand même plus sympa parce qu'on discute. Enfin quand on n'est pas trop essoufflé, ce qui n'est malheureusement pas mon cas. Mais sinon c'est vrai que... D'ailleurs je participe aussi à un club à Paris qui s'appelle A2 c'est mieux. Je trouve que oui, A2 c'est mieux en tout cas.
- Speaker #1
C'est une bonne métaphore. T'as raison. Alors il y a deux trucs, moi, que je retiens. Et ça, j'ai l'impression que ça revient. On est passé dans une phase, en France en tout cas, où l'accessibilité est beaucoup vue par les aides techniques. Et puis, aux yeux de la loi, vu qu'on parle d'autonomie, souvent on opposait l'autonomie et l'aide humaine. Alors qu'en fait, avoir à un moment une aide humaine, un accompagnement, c'est pas forcément manquer d'autonomie. Par contre, réussir à y aller de manière autonome à cette aide humaine, c'est là où parfois le bas blesse et où il faut travailler. Ça c'est super intéressant parce que c'est vrai que c'est quelque chose que j'entends de plus en plus. Là où l'autonomie c'est faire tout seul. Donc là toi tu nous confirmes que non, c'est pas forcément ça.
- Speaker #0
Le fait de demander de l'aide en tout cas c'est pas ne pas faire tout seul. Et c'est vrai que moi je me souviens à l'époque quand je faisais de la natation en compétition, un matin on s'était adressé à la dame de l'hôtel, on s'était levé un peu en retard et du coup on n'était pas en phase avec le reste du groupe. Et on a demandé à la dame de l'hôtel de nous aider à prendre le petit-déj. Et quand on est arrivé à la piscine, l'organisateur nous dit « mais elle n'avait pas à vous aider, c'est à vous d'être autonome » . Mais l'autonomie, c'est aussi parfois savoir demander de l'aide. Pour moi, dans ce que tu dis, tu vois par exemple, si on prend le métro à Lyon, il y a une belle autonomie qui est gagnée grâce au matériel. Et si on prend le métro à Lille, il y a une très belle autonomie qui est gagnée grâce à la présence humaine. Et je trouve que, comme tu le dis, c'est d'accéder à l'un grâce à l'autre. Donc si on pouvait avoir un melting des deux, c'est vraiment génial.
- Speaker #1
C'est intéressant et je partage à fond. Moi, je m'en suis rendu compte beaucoup l'année dernière. On a accompagné un festival lyonnais qui s'appelle le Lyon Street Food Festival. C'est des gens qui font un festival autour de la street food, comme son nom l'indique. Et c'est dans un lieu qui est un nouveau lieu cette année, qui est un immense parc de quelques... des anciens bâtiments, des anciens entrepôts de la SNCF qui ont été réhabilités par la métropole. Et vu que, comme tu le sais, en tant qu'ancien cuisinier, j'ai toujours une grande affection et je passe la plupart de mon temps soit dans des projets d'accessibilité, soit dans des restos chez des copains, je voulais qu'on les aide parce que je trouvais fou. qui est pas que l'accessibilité soit pas optimale sur ce festival en étant lyonnais et tout ça. Et quand on a bossé dessus avec Lise, entre autres, assez vite, notre réponse a été « En fait, on va aider l'ensemble des personnes à avoir la bonne info, à savoir que vous existez, à savoir que c'est accessible et à aller jusqu'à un endroit où vous allez avoir un accueil humain. » Parce que l'expérience du festival, en tout cas pour une personne déficiente visuelle, vu que c'est plein de stands côte à côte. assez complexe, avec des longues files d'attente, de la musique très forte, etc., on pense que la meilleure expérience que vous pouvez offrir, c'est une expérience où on sera accompagné. En plus, il faut que tu tiennes les assiettes, le temps de former et d'expliquer à un chef comment tu fais un truc accessible à manger, avec des pickles dans tous les sens, etc. Bref, ce n'était pas optimal. Et en fait, c'est venu de l'ice. Je n'aurais pas osé, instinctivement, tout seul, proposer ça, parce que J'avais justement ce truc de, est-ce que ce n'est pas contraire un peu à l'autonomie ? Et la première a dit, non mais en fait, s'il n'y a pas d'humain, on ne peut pas le vivre. Et on ne peut pas vivre l'expérience. Et à l'inverse, le faire et le proposer, c'est trop bien parce qu'on va pouvoir aller vivre l'expérience. Et je crois que ça lui a plu. Donc ça va bien dans le sens de ce que tu dis.
- Speaker #0
Oui, d'ailleurs, c'est ce qui a été fait aux Jeux Olympiques. En fait, c'était de dire, on amène les personnes jusqu'à un point bien précis. et après... On met de l'humain pour accompagner la personne jusqu'à sa place. On met de l'audiodescription avec des personnes qui expliquent ce qui se passe sur le terrain, etc. Et là, c'est aussi un mélange de technique et d'humain.
- Speaker #1
Tu parlais tandem, tu parlais sport. Alors, je pense et je crois que tu as suivi Lise et Jean-Charles.
- Speaker #0
Je n'ai pas suivi. Surtout, j'étais déçu de ne pas y être.
- Speaker #1
et en fait Lise et Jean-Charles ont fait un Donc ces deux personnes avec qui on travaille ont fait le défi tandem Lyon-Paris. Et donc ils ont rejoint Lyon à Paris juste avant l'ouverture des Jeux Paralympiques en tandem. C'était assez rigolo et bien sportif parce qu'ils n'avaient jamais fait de tandem ensemble trois mois avant le défi. Et ça s'est fait un peu sur un coup de tête challenge de réaliser ça. Et en en parlant à la suite, donc ils sont arrivés... sur la ligne d'arrivée, on était trop fiers d'eux, eux étaient très contents et un peu fatigués, mais l'association du tandem club rhodanien avait vachement bien organisé les choses, il y avait 80 tandems qui traversaient la France pour aller de Lyon à Paris, c'était un événement assez incroyable, la caravane c'est plus de 200 personnes qui se déplacent, assez incroyable, et en en parlant avec une autre personne d'Action de Visuel, je lui ai raconté ça, et lui m'a dit exactement ce que tu as dit avant, c'est J'aurais rêvé le faire et en fait, juste, j'ai pas de pilote et il manque des pilotes. Donc j'ai l'impression que sur le tandem et en tout cas sur des sports comme ça, il y a un vrai enjeu à faire savoir qu'il manque des pilotes parce que même nous, à l'échelle de la boîte ou des réseaux, je suis certain qu'il y a plein de gens qui adoreraient participer à ça en tant que pilote. Alors peut-être pas faire Lyon-Paris parce qu'il y a un peu de route, mais aller de temps en temps et c'est vrai qu'on n'a pas conscience en fait.
- Speaker #0
Moi je sais que le club de cyclotourisme fait des sorties régulières, le club de triathlon fait des sorties régulières et puis ça m'arrive de me dire, il fait beau et en fait moi j'ai pas de guide, je peux pas sortir et là c'est assez frustrant en fait parce que on a envie d'y aller et ben non, parce que ce jour-là il n'y a pas de guide de livre et souvent ça repose sur une ou deux personnes et il suffit qu'ils aient un engagement personnel ou quelque chose d'autre et ben voilà, donc c'est pas possible Alors que comme je l'ai dit tout à l'heure, s'ils sont nombreux, ça ne revient pas souvent. Et du coup, ça permet de vraiment partager la pratique.
- Speaker #1
Il y a peut-être un truc à faire à l'heure où tout le monde veut se rencontrer sur des applis. Peut-être qu'il y a un mythique...
- Speaker #0
Il y en a un sur l'île de France, pour les gens qui veulent courir. Il y a un site, je n'ai plus le nom en tête, mais qui permet de mettre en relation des gens. Donc ça, c'est déjà une première. Mais c'est vrai qu'on aurait besoin de ça. Mais surtout, il faut faire changer les mentalités. Parce qu'aujourd'hui, les gens se disent « je vais faire ma sortie vélo tout seul dans mon coin, je n'ai pas envie de le faire autrement » . Les gens avec qui je roule me disent « ah mais en fait, ce n'est pas pareil, mais c'est bien quand même » . Donc voilà, ce n'est pas tout à fait la même pratique parce que dès qu'il y a une côte, il faut être honnête, on ne se met pas en danseuse, sauf pour les meilleurs, si, mais sinon, ce n'est pas tout à fait la même pratique. Mais après, ça a quand même un côté très sympa. On n'est jamais tout seul, quoi.
- Speaker #1
Écoute, nous, ils ont ramené leur tandem à la boîte, donc je pense qu'il y en a pas mal qui vont vouloir essayer. Peut-être qu'on va créer une vocation de pilote de tandem. Tant mieux pour les Lyonnais. C'est ça. Écoute, on t'invitera à faire ça. On arrive bientôt à la fin de notre podcast, mais j'ai deux choses pour toi. La première, c'est que le podcast s'appelle Atypique. Pour toi, ça veut dire quoi, Atypique ?
- Speaker #0
Pour moi, atypique, ça veut dire qu'il sort un peu de l'ordinaire. Et je ne vois pas ce que je fais là, en fait. Parce qu'on a toujours le sentiment d'essayer d'être comme tout le monde. Mais c'est vrai que parfois, on a quand même conscience que ça demande de gros efforts, qu'on est obligé quand même de se battre et qu'on doit faire preuve d'une certaine résilience. Mais on essaye en tout cas d'être le plus commun.
- Speaker #1
Je ne connais pas beaucoup de gens qui sautent en parachute, qui font du tandem, qui font du triathlon, qui sont auto-entrepreneurs en même temps qu'ils ont des jobs de formateurs et autres. En tout cas, mon instinct avec Atypic, c'était de t'appeler assez vite pour que tu rejoignes ça. Je suis trop content d'avoir passé ce moment-là avec toi.
- Speaker #0
T'as confiance en tout cas.
- Speaker #1
Bah écoute... Dernière petite chose, j'aimerais que tu puisses poser une question au prochain invité qui répondra lors de sa venue. Alors, je ne te dis pas qui est le prochain invité, mais si tu as une question pour lui, je te laisse la poser. Et puis, on attendra sa réponse la prochaine fois.
- Speaker #0
Eh bien, invité mystère, je ne sais pas quelle question je vais pouvoir te poser, mais... C'est peut-être quelle est la situation dans laquelle tu t'es le plus demandé comment tu es allé pouvoir t'en sortir.
- Speaker #1
Ok, merci Yannick, on attend avec impatience la prochaine réponse. Merci encore pour cette première d'avoir joué le jeu, d'être venu jusqu'à nous, parce que même si tu es arrivé dix minutes en avant, c'était un grand trajet quand même avec pas mal d'embûches. Mais je suis vraiment heureux d'avoir passé ce moment-là avec toi et je te dis à très vite.