- Speaker #0
Salut à toi et bienvenue dans Attitude Discute, le nouveau format qui donne la parole à ceux qui vivent l'hypersensibilité au quotidien. C'est toujours moi, Florian, mais je ne suis pas tout seul, car dans ce format je te propose des échanges authentiques avec des invités qui viennent partager leurs expériences personnelles. Que tu sois toi-même concerné ou simplement curieux, sois le bienvenu car Attitude Discute est là pour te faire découvrir et mieux comprendre les multiples facettes de l'hypersensibilité. Alors bonne écoute à toi et à tout de suite sur Attitude, notre nouvelle habitude. Hello tout le monde et bienvenue dans Attitude Discute, le nouveau format de ce podcast où j'ai le plaisir de continuer à explorer l'hypersensibilité et le développement personnel tout en partageant le micro. Et aujourd'hui j'ai l'honneur de démarrer cette nouvelle aventure avec Maëlys. Hello Maëlys, comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va,
- Speaker #0
ça va. Merci. Merci à toi d'être là. Pour la petite histoire, j'ai rencontré Maëlys ou Maya. Il y a un peu plus d'un an maintenant, parce que c'est la copine de Lucas, un de mes amis qui vit sur Lyon. Et surtout, l'artiste derrière une partie de ma cover et tout le contenu visuel que vous pouvez voir sur Insta. Avant d'entrer un peu dans le vif du sujet sur cet épisode, je souhaitais que tu te présentes un petit peu sur ce que tu fais dans la vie. Et surtout, sur ta personnalité en trois mots, afin que les auditeurs te connaissent un peu mieux. Donc, je te laisse te présenter.
- Speaker #1
Bonjour à tes auditeurs déjà. Donc moi je m'appelle Maëlys, j'ai 22 ans, fraîchement. Les trois mots pour me décrire, c'était difficile de les choisir, mais le premier mot ça serait entière, que ce soit dans mes émotions, dans ma façon de parler, et ça va avec l'honnêteté. Deuxième mot, je ne savais pas trop comment définir ça, mais j'ai mis comique, pour dire que j'étais drôle, que j'étais un peu solaire, que j'avais l'âge de la vie. Un peu drôle, c'est vrai. Merci, merci. Il est drôle. Dernier mot, c'est impulsif. Donc négatif et positif dans le sens où je suis impulsif dans ma manière de parler aux gens en règle générale et même dans mes décisions. Et je trouve que c'est un truc qui me caractérise plutôt bien, même si j'essaye d'y travailler.
- Speaker #0
Ok, écoute, c'est trois mots que je découvre, comme les auditeurs là. Et pour le peu que je connaisse de toi, enfin même un peu plus que ça, je dirais que ça te définit plutôt bien. Merci. Merci d'avoir fait ce petit travail et j'espère que les gens pourront se faire un peu plus unis d'eux. une idée de qui tu es. Écoute, pour commencer cet échange, parce que c'est ce qui nous réunit aujourd'hui, c'est évidemment l'hypersensibilité. Je voulais savoir comment, toi, tu t'es rendu compte que tu étais hypersensible et depuis combien de temps tu le sais à peu près ?
- Speaker #1
Je pense que je le sais depuis le lycée, je dirais. Je l'ai vraiment découvert grâce au réseau où il n'y avait pas Quelques personnes qui parlaient d'hypersensibilité sur YouTube ou sur TikTok aussi un peu. Donc j'ai découvert que ça existait. Et en fait, je me suis un peu retracée des moments de ma vie où je me suis dit c'est vrai que peut-être que les émotions que j'ai ressenties à ce moment-là et l'intensité du moins qu'elles avaient, peut-être que tout le monde n'aurait pas réagi de la même manière. Par exemple, quand mes parents m'engueulaient, ils me grondaient, mes frères, ils étaient très stoïques. pas trop d'émotion, moi j'avais instantanément les larmes qui montaient la gorge qui se nouait et j'avais envie de pleurer parce qu'il y avait trop de trucs en même temps et que j'arrivais pas à lâcher et puis après au fur et à mesure du temps je l'ai vu dans mes relations amicales dans mes relations amoureuses où à chaque fois j'étais trop impliquée et c'est pas dans le sens où je les aimais plus qu'eux ou quoi que ce soit c'est plus que moi un rien était une montagne face à eux Et du coup, ça crée des écarts énormes dans mes relations et dans ma vie en règle générale.
- Speaker #0
Ok, ok. Et je reviens juste sur les... Tu parlais des réseaux. Là, je me sens un petit peu vieux, moi. Parce que, comme je disais dans mes épisodes d'avant, j'ai découvert sur le tard. J'avais 28, presque 29 ans. Et pourtant, j'ai l'impression qu'aujourd'hui, c'est quelque chose qui se démocratise. Enfin, en tout cas, que les gens connaissent mieux. Et pour revenir sur cette jeunesse-là, quand tu dis qu'un rien était un peu une montagne, c'était quoi ? C'était dans la manière dont les gens te parlaient, dans des actions particulières ? Est-ce que tu as des exemples un petit peu ?
- Speaker #1
En fait, par exemple, si on me lâchait un vu sur Snap, des trucs bêtes, un vu un peu trop long, si on écrivait et qu'après on arrêtait d'écrire, je me faisais des films, je me disais mais en fait là j'ai fait quelque chose de mal, la personne ne veut plus me parler. Peut-être qu'elle en a marre de moi, ou j'ai dit un truc qu'il ne fallait pas. Ça pouvait être un rien, où j'interprétais chaque geste, chaque mot. Je le fais toujours, mais moins, parce que j'ai appris en grandissant à être plus pisse. Mais j'interprétais tout ce que faisaient les gens, en fait.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, rien, en fait. Une montagne.
- Speaker #0
Donc, tu fais partie du club des overthinkers. Je n'ai toujours pas trouvé de traduction, mais c'est...
- Speaker #1
Des grands penseurs.
- Speaker #0
On peut dire comme ça. On peut dire que c'est parce que le cerveau est trop performant. C'est ça. C'est une caractéristique bien connue dans ce fonctionnement, dans ce trait de caractère. Et justement, tu viens de dire qu'aujourd'hui, tu arrivais un peu mieux à le gérer. Est-ce que tu peux un peu développer ça, justement ? Ton rapport à ça, comment tu fais ? Est-ce que tu as des méthodes ? Je suis curieux.
- Speaker #1
En fait, l'hypersensibilité, moi, elle s'est accompagnée d'anxiété. Et en fait... Quand il y avait, par exemple, un vœu sur Snap, je pouvais me créer à une certaine période de ma vie, donc collège, lycée, eu des crises d'angoisse, à ne plus respirer, etc. à cause d'un vœu ou d'un message qui n'allait pas me plaire. Et au fur et à mesure du temps, ça m'a empêchée d'aller en cours, ça m'a empêchée de faire plein de choses, de développer mes relations, etc. Et du coup, je me suis dit un jour, il faut que j'arrive à gérer ces émotions qui sont trop fortes et ces crises d'angoisse, etc. Et donc, à chaque fois que j'avais une crise qui venait ou que je sentais que j'avais trop d'émotions, dans ma tête, je me disais tout va bien, tout va bien, tout va bien. Et je répétais en boucle jusqu'à ce que la crise se calme. Et au final, au fur et à mesure du temps, à force de faire ça, puis même ma vie a changé, j'ai déménagé, etc. Ça m'a permis de... De me contrôler, en fait, quand j'ai ce genre de choses. Maintenant, aujourd'hui, des fois, ça revient. Bien évidemment, c'est pas facile tous les jours. Mais en grandissant, j'arrive plus à gérer ce genre de choses.
- Speaker #0
Ok. Peut-être que du coup, tu gagnes en maturité, déjà, je pense. Oui. Même si tu es bien plus jeune que moi. Pour autant, il n'y a pas tellement de différence. Pour moi, ça démarre un peu au moment où tu prends conscience de ça, la maturité. Euh... Euh... Je trouve en tout cas que c'est hyper intéressant d'avoir cette analyse que tu fais. Je vais rebondir sur un autre truc que tu as dit. Tu as parlé des relations et ça va être un petit peu aussi le cœur de cet échange parce qu'on en a discuté ensemble et je sais que ça tâche notamment à faire vivre certaines émotions intenses dans les deux sens, en ce qui concerne le couple, l'amour avec un grand A. Là-dessus, je ne sais pas si tu...
- Speaker #1
veut dire un truc en particulier si tu as des choses il y en a pas mal je pense que les relations amoureuses c'est la chose qui développe le plus l'hypersensibilité chez moi parce que quand j'aime j'aime plus que tout au monde et c'est incontrôlable pour moi je ne peux pas aimer une personne bof, faut que je l'aime plus que tout Il y a eu plein d'anecdotes comme ça. J'ai été dans quelques relations toxiques, malsaines, et de mon côté, comme celui de mon ancien partenaire. Et notamment, en fait, je pouvais avoir des périodes où j'anticipais tellement le fait que j'allais être pas mauvaise, mais que je pouvais réagir à quelque chose très vite, que dès que je savais que j'allais voir la personne, je me mettais directement dans un esprit... comme si c'était nuageux dans ma tête, comme si je savais qu'elle est quelque chose qui allait mal se passer, alors que potentiellement non, tu vois. Et alors que quand ta personne n'était pas là, elle me manquait et je l'aimais et tout. Et en fait, ces choses-là, par exemple, ça a créé... J'ai une anecdote en particulier, dont je me souviens, avec mon ex-copain. Je suis restée deux ans et demi avec lui, c'était une relation plutôt compliquée, mais on s'aimait très très très très fort, trop fort. Et en fait, il y avait donc ces périodes-là où... Quand je le voyais, je ne l'aimais pas. Et quand je ne le voyais pas, je l'aimais. Et je me trouvais folle. Et un jour, en fait, pour un rien, je pouvais vriller. Et un jour, tout bêtement, il s'est brossé les dents chez moi. Et il a appuyé sur le milieu du dentifrice. Et moi, ça, dans ma tête, dans la vie de tous les jours, pour n'importe qui, c'est rien. Et même pour moi aujourd'hui, qui ai 22 ans, c'est rien. Mais à l'époque, c'était... Tu te fous de ma gueule, quoi.
- Speaker #0
Je t'avoue que moi ça m'embête aussi les gens qui appuient au milieu alors que tu vas au bout du truc au premier je vois un peu Je l'avais répété plein de fois et en fait j'ai vu le tube et à l'époque je vivais dans un tout petit appartement de 10m2 donc entre le salon et la
- Speaker #1
salle de bain il y avait vraiment 2cm J'ai vu le tube, je l'ai pris, je suis allée dans le salon et j'ai hurlé, mais comme s'il m'avait trompée. Et c'est parti dans une embrouille, mais énorme, alors qu'on parlait d'un dentifrice. Et je me souviens de son regard et il m'a dit « mais t'es folle, mais t'es folle » . Et je me suis dit « je suis folle » . Et c'était ce genre de choses-là où, en fait, c'est ce que j'ai souvent expliqué à mon copain actuel, Lucas. C'est qu'en fait, c'est des choses que je fais. Sur le moment, parce qu'il y a un trop plein d'émotions, il y a un trop plein de colère. Je ne sais pas, il y a dû y avoir un truc le matin ou quelques heures avant ou même en ce moment. Et un rien me fait monter toutes ces émotions et exploser. Et c'est ce que j'explique souvent, que dès que je le fais, sur le moment, je regrette à l'instant même où ça se passe. à l'instant même où j'ai pris le dentifrice et que je l'ai jeté et que j'ai hurlé, je me suis dit mais pourquoi tu fais ça ?
- Speaker #0
En fait, tu es plus facilement à fleur de peau et quand on prend ton côté un peu impulsif du coup, ça amplifie un petit peu les réactions mais en tout cas, l'anecdote elle est terrible elle est super intéressante et pour moi, je pense que on a tous un petit peu ce genre d'exemple cocasse il y avait aussi le fait que
- Speaker #1
que ça compte pour Lucas et pour mon ex-copain aussi, surtout mon ex-copain, parce qu'aujourd'hui, j'ai réussi à me calmer avec la maturité, en grandissant, etc. C'est que j'avais besoin, chaque seconde, de savoir si la personne m'aimait en face. Et aujourd'hui, encore un peu. Mais c'était, je pense, qu'on peut retrouver des conversations où c'est tu m'aimes, tu m'aimes, tu m'aimes, tu m'aimes tout le temps, tout le temps, tout le temps. Parce que j'avais peur que quelques heures ou qu'une rencontre ou que... qui parlent avec quelqu'un et qui aient une phrase et qui se disent en fait non, je veux plus être avec elle. Et du coup, j'avais besoin constamment d'être rassurée parce que j'estimais à cette époque-là ne pas pouvoir être aimée sincèrement. Et bon, ça, ça découle de la confiance en soi, mais aussi de l'hypersensibilité dans le sens où j'ai besoin de savoir quoi. J'ai besoin de plus d'attention que la moyenne, je pense.
- Speaker #0
Bien sûr, et puis moi, ça me fait penser à un truc que j'avais évoqué, cette fameuse jauge d'amour, d'affection. on a besoin de remplir tous les jours et si le moindre jour, selon le rythme, elle ne se remplit pas de la même façon, on a l'impression de tout remettre en cause alors qu'on a toutes les garanties du monde en soi, que la personne en face nous aime. Mais ça, pour le coup, je te confonds à deux ou trois ans. Mais pas de souci. Est-ce que tu as une autre anecdote par rapport à ça ?
- Speaker #1
amical cette fois plus en amour mais en amitié parce que ça me touche aussi dans les deux cas quand je suis partie du lycée je suis rentrée en BTS dans une école privée à Lyon et j'ai rencontré un groupe d'amis donc il y avait Eva Luna que tu connais dedans coucou si tu passes par là qui est une de mes meilleures amies aujourd'hui et Jérémy un autre ami à mon cœur, un de mes meilleurs amis aujourd'hui aussi ... Et en fait, dans ce groupe-là, on était tous les jours ensemble, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Et j'avais souvent, à cette époque-là, des réactions excessives. Parce que dans mon couple, ça n'allait pas, etc. Donc, j'étais tout le temps à fleur de peau. Et un soir, je suis rentrée chez moi. Et je ne sais pas pourquoi, je me suis mise dans mon lit avant d'aller dormir. Et j'ai tout remis en question. Et je me suis dit, mais en fait, je me suis persuadée tout seul. En fait, personne ne m'aime. Et tous ces gens font semblant de m'aimer. parce que je suis sympa et que je ne sais pas. Je ne sais pas. Il n'y avait pas de raison, parce qu'il n'y avait pas de raison de profiter de moi. Mais je me suis juste dit, bon, c'est juste parce qu'ils veulent être accompagnés. Mais en fait, je ne suis qu'une 8h, 18h et qu'en dehors de ça, ils ne veulent pas me voir. Alors que...
- Speaker #0
C'est sympathique cette histoire.
- Speaker #1
Mais oui. Et le lendemain, je suis arrivée à l'école et je les ai tous vus et j'ai pété les plombs. J'ai dit à tout le monde, arrêtez de faire semblant, vous ne m'aimez pas. On dirait de la... Quand j'y pense, on dirait de l'hystérie, de la folie, mais... Dans ma tête, j'étais persuadée. Vous m'aimez pas, vous vous foutez de moi et tout. En vrai, je suis pas votre amie, etc. Ils étaient tous choqués. Ils m'ont regardée méduser la première Eva qui me dit, mais enfin, on se voit tous les jours. On se voit tous les jours en dehors de l'école. Qu'est-ce que tu me dis ?
- Speaker #0
C'est une sorte de paranoïa.
- Speaker #1
Oui, clairement. Et en fait, je sais pas. J'ai rejeté des gens tellement j'avais peur qu'ils m'aiment pas, je pense. Et c'était horrible parce que j'étais toute seule dans ma paranoïa et quoi que tu pouvais me dire, j'étais persuadée. Bon après c'est passé, mais cet épisode il est fou parce qu'on en reparle, des fois on rigole aujourd'hui, mais sur le moment je rigolais pas, j'avoue.
- Speaker #0
Ouais j'imagine, mais il y a eu un déclic où c'est vraiment juste un soir dans tes pensées, parce que j'ai me dit quand tu vas te coucher, c'est là que tu perds comme tout le monde. Est-ce qu'il y a vraiment eu un... Un déclencheur ou même pas forcément ?
- Speaker #1
Je crois pas. Il y a dû y avoir un désaccord, mais comme d'habitude. Tous les jours, il y avait des désaccords, parce que moi, je suis comme ça, j'ai eu le temps de des désaccords. Mais il n'y avait pas eu de raison. Je pense que ça a été au fur et à mesure du temps que je voyais que je m'embrouillais souvent avec eux, etc. Et que je me suis dit, en fait, ils m'aiment pas. Au lieu de me dire que c'était moi le problème.
- Speaker #0
Ok, écoute, merci pour ce partage. J'espère qu'aujourd'hui, ça ne t'arrive plus. Non, non,
- Speaker #1
c'est bon,
- Speaker #0
c'est ce que je te dis. Et que tu as de la confiance en ton entourage. Pour ceux que je connais, en tout cas, je pense que tu peux avoir confiance.
- Speaker #1
Oui, c'est bon.
- Speaker #0
Y compris, évidemment, Lucas, que je connais le mieux. Ça me fait une petite transition avec les relations, encore une fois. Bon, avec Lucas, pour vous voir régulièrement, je vois que ça se passe très bien. Pour le reste, est-ce que tu dirais, moi, c'est mon ressenti, mais est-ce que tu dirais que les personnes comme nous, qui réagissent beaucoup plus fort, beaucoup plus vite, on est aussi plus sujet à tomber dans les bras des mauvaises personnes ? dans des relations toxiques, tu en as évoqué une tout à l'heure mais est-ce que tu ressens ça aussi toi ?
- Speaker #1
Oui, je pense pas que ce soit intentionnel la plupart du temps par ces personnes mais je pense que les gens toxiques sont plus attirés par les gens sensibles parce que c'est plus facile et puis pour nous je sais pas comment expliquer mais en fait on est tellement ... Quand il y a un sentiment amoureux, un flirt, on est tellement épris par ce truc. Il suffit que la personne montre un peu plus d'affection que les autres personnes autour de nous. On va plus s'amouracher facilement et tomber dans les bras de ce genre de personnes. Moi, je l'ai vécu plusieurs fois, dont la relation que j'ai parlé tout à l'heure. Même si cette relation, au départ, c'était sain. Mais ça ne l'est plus devenu avec le temps. Et des deux côtés, parce qu'une relation toxique en entraîne une autre. Et en fait, moi, je voyais que mes amies, elles n'avaient pas les mêmes choses que moi et qu'elles vivaient leurs relations différemment. Et en fait, moi, la toxicité découlait un peu de mes réactions excessives par l'hypersensibilité. C'est-à-dire que vu que toutes les émotions sont décuplées, la colère est décuplée, l'amour est décuplé, la tristesse aussi. Et chaque dispute... Et pour moi, c'était comme si le couple allait se terminer. Et vu que dans la tête d'une hypersensible comme moi, c'est pas possible qu'un couple se termine quand tu aimes quelqu'un, c'était la fin du monde. Et à chaque fois, ça finissait en pleurs, en colère. Et c'était horrible, parce que t'as pas envie de vivre ça quand t'es en couple avec quelqu'un.
- Speaker #0
Le sens qu'il te fait autant de mal que de bien, voire même plus à la fin.
- Speaker #1
Mais oui, je pense qu'on attire plus les personnes avec des antécédents toxiques, c'est sûr.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Bah écoute, au moins on est un peu sur la même longueur d'onde. Ok, et du coup, aujourd'hui, on l'a évoqué plusieurs fois, tu es avec Lucas. Et pour ce que je vois, encore une fois, je vois que ça se passe très bien. J'imagine que c'est aussi grâce à tes anciennes relations que tu as su un peu gérer. Comment tu as abordé tout ça si tu l'as fait avec Lucas ? Comment vous gérez ça au quotidien tous les deux ?
- Speaker #1
En fait, pour revenir un peu au départ de cette relation, ça fait un an et demi que je suis avec Lucas, maintenant un peu plus. Et au tout début, Lucas est quelqu'un qui ressent beaucoup d'émotions, mais il n'est pas du tout expressif, c'est ça ? C'est ça, oui. Et moi, je ressens beaucoup d'émotions et je suis très expressive. Et en fait, il y a eu un grand fossé entre nous au début et ça a fait qu'on ne se comprenait pas du tout. Parce que moi, j'exprimais tout et je ne comprenais pas pourquoi lui, il n'exprimait rien. Et lui, il trouvait que j'exprimais trop. Et du coup, c'était trop compliqué. Il y avait beaucoup de disputes par rapport à ça, sur plein de sujets différents. Et c'était surtout, moi, mon plus grand souci, c'est au niveau de la colère, en fait, l'impulsivité, etc. Et en fait, il y a eu des fois où on se disputait et vu qu'on ne se comprenait pas, juste on s'est assis et j'ai commencé à lui expliquer ce que je ressentais à ces moments-là. Donc comme ce que je disais tout à l'heure avec le trop-plein et la sensation d'exploser, je lui ai expliqué tout simplement que j'ai énormément d'émotions qui viennent en même temps, que ça monte, ça monte, ça monte, et que moi, ma seule façon de le faire, c'est soit de pleurer, mais c'est plus rare. Parce qu'avec le temps, je me suis endurcie, etc. Ou soit tout simplement d'exploser en colère, en fait. Et du coup, on a beaucoup discuté par rapport à ça. Il a été très compréhensif. Et c'est ça qui a changé mes anciennes relations, en fait. C'est ça qui a fait que notre relation aujourd'hui à l'ICN est stable. C'est que lui, il a pris le temps d'écouter, de comprendre, d'essayer de s'adapter à ça, même si moi, je lui ai dit que... Moi, l'objectif, c'est de changer cette chose-là, c'est de devenir moins impulsif, plus douce, en fait, et que lui, il n'est pas autant à s'adapter à ça parce que c'est juste un comportement qui est trop excessif, en fait. Et du coup, aujourd'hui, c'est vrai qu'on discute beaucoup par rapport à ça. Dès que j'ai un excès, il le voit, il le comprend mieux qu'avant. Et moi, j'essaie de le contrôler instantanément pour ne pas lui faire de peine en ayant des mots qui vont au-dessus de mes pensées, etc. Et dans ce genre de situation, c'est vrai que parler, ça nous a beaucoup aidé. Et moi, c'était la première fois de ma vie, en tout cas avec un partenaire, que j'exprimais vraiment ce qui se passait dans ma tête, dans mon cœur, dans mon ventre, partout, ce qui se passait à ce moment-là. Et en fait, c'est pour... En général, c'est une sensation de perte de contrôle, parce que moi, c'est ce que je disais, je regrette quand je le fais, je regrette de m'énerver contre lui, je regrette de crier, mais c'est ce qui fait partie de moi aussi. Mais oui, j'essaye de travailler aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Après, pour moi, tu as déjà travaillé dessus, je pense que tu travailles dessus au quotidien. Tu l'as dit tout à l'heure, tu as un petit peu déjà changé vis-à-vis de ça. Et puis le fait de communiquer, de l'avoir fait tous les deux, c'est top. Parce qu'au-delà de ce contexte-là, je pense que n'importe quel conflit, n'importe quelle situation doit être réglée dans la communication. Donc c'est super de le faire. Parle-moi toi aussi, Lucas. Mais après, tu as dit que tu essaies de le changer. Tu voudrais changer quoi globalement ? Est-ce qu'aujourd'hui, la question va être plus large même ? Oui. Est-ce qu'aujourd'hui, si tu avais le choix, tu retirerais ce trait de personnalité que tu as en toi ?
- Speaker #1
Non, je ne pense pas. Parce que je pense que la sensation d'amour... Enfin, en fait, je pense que la façon dont je ressens les sensations positives, type amour, joie, etc., en fait, c'est tellement unique. Parce que les autres, ils le ressentent, je pense, pas autant que moi ou que les hypersensibles en règle générale. Sur ce point-là, je ne voudrais pas parce que c'est tellement des shots de dopamine parfois que je ne veux pas enlever ça parce que ça monte tellement haut, mais ça descend très bas. Donc, supprimer l'hypersensibilité de moi, non. De toute façon, ce ne sera pas possible. Mais l'atténuer, oui, parce que c'est fatigant dans la vie de tous les jours, dans les relations, même si aujourd'hui, je gère mieux. j'aimerais surtout diminuer l'impulsivité parce que c'est ça qui me bouffe les trois quarts du temps juste d'avoir des réactions excessives ou juste rien que de ressentir ce moment où j'ai tous mes intestins qui se serrent et mon coeur qui se serre et que je sais que je vais exploser, j'arrive à le gérer mais j'ai toujours cette sensation là et en fait, ce que j'explique souvent à Lucas c'est que le fait de le gérer, de le contrôler, ça me demande une énergie folle qui m'épuise. Et du coup, quand on m'en demande trop, ça me fait exploser parce que tous les jours, je mets une énergie folle à me contrôler et je suis fatiguée des fois. Mais oui, ça serait de diminuer l'impulsivité le plus possible.
- Speaker #0
Je te comprends à 200% aussi parce que c'est vrai que ce qui ressort souvent, et moi, ce que j'ai pu analyser sur moi, c'est justement ça, cette dépense d'énergie qui est continue et qui est excessive. Parce qu'effectivement, quand tu vas surréagir, mine de rien, ça va te faire puiser énormément dans ta source d'énergie. Moi, c'est surtout, je trouve, quand je réfléchis, c'est-à-dire à peu près tout le temps, dès que j'ai un temps mort, je suis moins dans ce côté impulsif que toi. Par contre, j'ai l'impression que mon cerveau ne s'arrête jamais. Du coup, le résultat est le même. C'est que c'est une débauche d'énergie monstre, en face de laquelle on ne met pas forcément le repos nécessaire. Et ça, les gens ne le comprennent pas forcément. Ce côté, justement, dépense d'énergie en continu est trop important. Donc, je suis content que tu l'aies abordé, parce que ça me parle bien. OK. Et un autre truc qui me passe par la tête, du coup, c'est... Tu en as un petit peu parlé, tu disais que tu vivais un petit peu mieux quand même ça, que tu avais une progression aujourd'hui. Est-ce que tu as, comment dire, pas une recette miracle, mais une méthode, des façons de gérer, des choses à apporter par rapport à ce sujet-là ?
- Speaker #1
Je sais que... En fait, pour poser un contexte, mes épisodes d'impulsivité ou d'excès de colère, ça va être à la suite de, par exemple, « Désolée Lucas, mais j'ai répété plusieurs fois de faire quelque chose et c'est toujours pas fait. Désolée, mais c'est le cas les trois quarts du temps. » Et en fait, ça va commencer à bouillir en moi. Et à ce moment-là, je me dis les mêmes choses que je me disais quand je faisais des crises d'angoisse. C'est « Tout va bien, c'est pas si grave et il n'y a pas besoin de réagir autant. » En fait, je me parle toute seule dans ma tête. Je ne suis pas folle, mais je me parle toute seule dans ma tête. Et je me dis, si tu lui dis doucement et avec de la pédagogie, il y a plus moyen qu'il le fasse plutôt que si tu cries. Et puis même, je pense en fait à toutes les conséquences que pourrait avoir une dispute et une dispute excessive. Et je sais que ça me fait du mal et que ça lui fait du mal à lui. Et du coup, je me dis que je n'ai pas envie d'avoir ça parce que ce n'est pas le but et que ça se passe bien. Et du coup, les trois quarts du temps, je réussis. Il y a des moments où je déborde parce que c'est la vie. Il peut y avoir des trucs extérieurs, etc. Mais les trois quarts du temps, je réussis. Maintenant, j'arrive plus à transformer ma colère. Je ne sais pas si c'est positif, mais j'arrive plus à transformer ma colère en tristesse. ou je sais pas, mais j'essaie de me calmer. Ou alors, je sais que, par exemple, si on est en pleine dispute et qu'il y a un trop-plein de colère qui arrive, je vais arrêter de parler et je vais partir. Enfin, j'essaie, c'est très dur pour moi, parce qu'en étant quelqu'un d'entier et qui a besoin de dire ce qu'il pense, je peux pas partir en pleine dispute. J'ai pas fini de dire ce que j'avais envie de dire. Mais il le faut pour le bien-être de tout le monde. Donc j'essaie, mais j'avoue que j'en suis pas encore arrivée au point.
- Speaker #0
Ouais, après, je pense qu'effectivement, c'est bien d'arriver à analyser avant que ça éclate. Après, ne se taire et ne rien dire, je ne suis pas sûr que ce soit la solution, dans le sens où, toi, ça va te coûter, ça va te ronger un peu à l'intérieur. Après, peut-être faire une pause, et oui, redescendre un petit peu, faire redescendre la pression avant de s'expliquer, c'est peut-être une solution en soi, mais ce n'est pas toujours faisable, comme tu le dis. Mais oui, déjà, ça, c'est un premier travail. Et est-ce que pour revenir sur ce fonctionnement, la réponse, je l'ai déjà, puisqu'on en vient à en discuter tous les deux dans mon podcast Attitude, mais autour de toi, j'imagine que les gens le savent. En tout cas, tes amis les plus proches doivent être au courant. Oui. Et est-ce que c'est parce que tu es en... parle avec eux régulièrement ou est-ce que c'est bon, juste ils te connaissent et voilà, ils ont appris à faire avec. Est-ce que parler aux gens, de manière générale, ça te fait du bien ? C'est un petit peu global, mais...
- Speaker #1
Non, pour être honnête, j'avoue que j'en ai vraiment jamais parlé avec quelqu'un de poser des mots sur la chose, non. Mes amis, en fait, les trois quarts du temps, ils le prennent un peu pour rire, ce truc d'excès de colère, etc. Je sais que, en tout cas, Eva et Jérémy, coucou, ils en parlent... beaucoup entre eux, enfin entre nous on en parle beaucoup mais en se rappelant des épisodes de crise que je les fais et en rigolant alors que sur le moment j'avoue que moi ça me fait pas rire tu vois mais et lui non plus parce que généralement ça va avec eux mais ça fait des belles anecdotes mais du coup ouais plus eux ils en parlent un peu pour rigoler même si un jour ils m'ont fait comprendre qu'il fallait que je règle le problème parce que c'était pas possible mais non j'en parle pas vraiment en donnant les termes précis en fait c'est vrai que Moi, je suis assez pudique de façon générale sur mes ressentis.
- Speaker #0
enfin là c'est un exercice plutôt particulier pour moi j'avoue que j'ai appris avec le temps à pas trop parler de ce que je ressentais mais non c'est plus oui des anecdotes ils l'ont compris en fait avec le temps je pense ok ça
- Speaker #1
marche on fonctionne quand même différemment sur 3.1 mais c'est une bonne nouvelle de toute façon on est tous différents heureusement mais je suis content de savoir que toi tu fonctionnes de cette façon là et On va bientôt arriver sur la fin de cette discussion. De mon côté, la seule chose qui me reste en tête, c'est est-ce que tu as déjà envisagé ou déjà même réalisé des thérapies, voire des professionnels pour t'aider à un petit peu gérer ces émotions ou pas forcément ?
- Speaker #0
Alors moi, j'ai vu qu'un psychologue dans ma vie. C'était même un... pédopsychiatre parce que j'ai perdu ma maman quand j'étais petite et en fait à cette époque là le deuil donc je pense que c'est ce qui a fait que je suis devenue hypersensible aussi le deuil a pris une grosse grosse part dans ma vie et je ne ressentais plus d'émotion du coup et c'est pour ça que je suis allée voir un psychiatre et j'avoue que en fait je me souviens d'un exercice qu'on avait fait où tu avais une espèce de corps humain et elle me disait de mettre les émotions à certains endroits sur le corps humain. Par exemple, l'amour, je l'avais mis sur le cœur parce que j'avais 12 ans. Et la colère, je ne sais pas, je l'avais mis dans la tête et il y avait des couleurs, des codes couleurs, etc. Et du coup, c'était hyper intéressant de travailler sur les émotions parce que moi, je n'en avais plus trop à cette époque-là. Et du coup, ça m'a réappris à savoir ce que c'était, à savoir où les situer, etc. Et elle avait un peu géré ça. Mais j'avoue que depuis, je n'ai pas revu de professionnel. C'est un truc que j'aimerais bien faire parce qu'il y a plusieurs choses encore à discuter, je pense, avec quelqu'un de plus professionnel que mes amis, désolée. Mais j'avoue que le cap, c'est le plus dur à passer, en fait. Le moment de prendre rendez-vous, ce n'est pas un truc qui me terrifie en tant que telle. Quand je l'imagine, je ne me dis pas « Mon Dieu, au secours ! » Parce que je l'ai déjà fait, je sais ce que c'est. Mais il faut le faire quoi. Et non, je me dis toujours que je le ferai, puis je le fais pas. La semaine dernière, même pas, il y a trois jours, je me suis dit, je vais rentrer, je vais prendre rendez-vous, je l'ai pas fait. Et je me dis, je me mets pas la pression parce que si un jour ça vient, je le ferai, j'irai sur Doctolib, en deux deux, je vais prendre rendez-vous, puis on n'en parlera plus.
- Speaker #1
Bien sûr. Non, non, mais là-dessus, c'était juste la curiosité parce que moi, tu sais que je le ferai. Mais je pense effectivement que... tu es celle qui décidera toute seule le bon moment et s'il n'est pas arrivé, ce n'est pas grave. Moi, je pense juste que ça fait toujours du bien de le faire. Mais bon, il faut en être convaincu personnellement. Donc voilà, mais en tout cas, merci pour cette précision. Est-ce que toi, tu as un dernier truc à rajouter avant qu'on dise au revoir à nos chers auditeurs ?
- Speaker #0
Moi, c'est un conseil que j'aimerais donner aux hypersensibles et à ceux qui ne le sont pas et qui en côtoient. Pour ceux qui ne le sont pas et qui en côtoient, s'il vous plaît, comprenez-les et discutez avec eux. Essayez de les comprendre parce que je sais que ce n'est vraiment pas facile pour nous de vivre en communauté, en société avec ça. Parce que ça nous demande beaucoup d'énergie et on paraît parfois pour des ovnis ou des fous, comme je l'ai dit plusieurs fois. Et ce n'est pas le but. Et pour ceux qui le sont, ce n'est pas une fin en soi. ça fait partie de vous et justement ça vous donne une valeur à part entière et je trouve ça plutôt positif avec le temps au début je détestais ça et maintenant j'apprécie plutôt ce côté là de moi et je pense qu'il ne faut pas en avoir honte et au contraire il faut être content d'être comme ça parce que vous avez une chance de connaître certaines émotions plus que d'autres voilà et je ne te volerai pas le mot de la fin je suis d'accord avec toi,
- Speaker #1
il faut être fier de ça On ne l'a pas choisi, mais autant en faire une arme. Donc, assumez-le et vous verrez qu'il y a énormément de choses positives à travers ça. Donc, on continue un petit peu à discuter tous ensemble. N'hésitez pas, si vous voulez en parler, à me contacter. Et sinon, à très vite sur Attitude, notre nouvelle habitude. Ciao !