- Speaker #0
Salut à toi et bienvenue dans Attitude Discute, le nouveau format qui donne la parole à ceux qui vivent l'hypersensibilité au quotidien. C'est toujours moi, Florian, mais je ne suis pas tout seul car dans ce format je te propose des échanges authentiques avec des invités qui viennent partager leurs expériences personnelles. Que tu sois toi-même concerné ou simplement curieux, sois le bienvenu car Attitude Discute est là pour te faire découvrir et mieux comprendre les multiples facettes de l'hypersensibilité. Alors bonne écoute à toi et à tout de suite sur Attitude, notre nouvelle habitude ! Salut tout le monde et bienvenue sur Attitude Discute, j'espère que vous allez bien. Je suis très heureux de vous retrouver dans ce format pour partager avec vous une nouvelle discussion qui s'annonce déjà passionnante et que je ne vais évidemment pas mener seule puisqu'aujourd'hui je suis avec Louise. Salut Louise, comment tu vas ?
- Speaker #1
Salut Florian ! Je vais très bien, je suis ravie d'être ici avec toi aujourd'hui pour discuter autour de ces nombreux sujets.
- Speaker #0
Écoute, je te remercie d'avoir accepté de jouer le jeu et puis moi aussi je suis très content à l'idée de t'accueillir sur le podcast. Et avant qu'on entre dans le vif du sujet, comme d'habitude j'aime bien expliquer rapidement comment on en vient discuter aujourd'hui tous les deux. Donc il faut savoir que Louise et moi, à vrai dire, on ne se connaît pas vraiment. je me suis tout simplement de la contacter en tombant sur son podcast qui s'appelle Contresens et dont on aura certainement l'occasion d'en reparler mais c'est vrai qu'en découvrant un petit peu tout ce qu'elle faisait à travers ce podcast je me suis rendu compte qu'elle et moi on avait quelques similitudes dans notre approche alors j'ai trouvé ça vraiment intéressant de l'inviter ici aujourd'hui donc encore une fois merci à toi d'avoir accepté et je vais te laisser la parole maintenant pour que tu nous dises un petit peu qui tu es et que tu te présentes comme tu le souhaites.
- Speaker #1
Déjà, merci pour l'invitation. Effectivement, je pense qu'on partage quelques passions dont le podcast. Alors moi, comment je me définis ? C'est une très bonne question parce que finalement, j'ai un peu de mal à me définir à travers mes activités. Je suis quelqu'un de très sensible, très ouverte au monde. J'aime la vie dans sa globalité. C'est comme ça que je me présenterais globalement, donc c'est assez vaste. Mais c'est vrai que j'aime découvrir, je suis vraiment une curieuse de la vie au global et une curieuse des gens. Et c'est aussi pour ça que j'ai voulu créer ce podcast-là qui s'appelle Contresens. C'est pour aller à la rencontre de personnes, de jeunes audacieux qui ont des parcours un petit peu atypiques, qui vont à contresens des attentes, des injonctions de la société telles qu'elle est... telle qu'elle est aujourd'hui. Donc, j'ai cette activité-là. Et en parallèle, j'ai une activité également de thérapeute spécialisée en hypnose que je mène. J'ai beaucoup de projets que j'adore alimenter. Je suis une multi-passionnée et c'est comme ça que je me définirais dans les grandes lignes.
- Speaker #0
Écoute, je pense que c'est déjà... Une présentation très complète, ou en tout cas vraiment très riche parce que tu as dit plein de choses. Il y a plein de mots qui ont fait un petit peu allusion à des choses que j'ai pu déjà toucher du doigt. Donc je pense que pour les gens qui vont nous écouter, ils vont comprendre pourquoi on en vient à discuter tous les deux. Tu as dit plein de choses super intéressantes. Je suis en train de réfléchir en même temps dans quel sens on va partir parce que j'ai mille questions qui sont venues rien qu'avec ça. Mais peut-être qu'on va aller... déjà sur le podcast dans un premier temps parce que j'aimerais que tu en dises un petit peu plus sur qu'est-ce qui t'a fait te lancer. Ce que tu viens de dire exactement, c'est que tu aimes aller à la rencontre des gens, que tu aimes discuter. Oui, c'est un beau point commun qu'on a, je te le confirme. Mais qu'est-ce qui t'a poussé à te lancer dans cette aventure-là ?
- Speaker #1
Alors, à l'origine, l'idée du podcast m'est venue il y a deux ans Je sortais d'une période très compliquée personnellement et c'est vraiment venu sous la forme d'une intuition. C'est-à-dire que j'étais partie faire une marche et j'ai vraiment le mot contresens qui est venu très nettement, très très nettement comme un genre de téléchargement que je n'ai pas trop contrôlé le truc mais je me suis dit bon mets-le dans tes notes. Voilà donc je l'ai mis dans mes notes d'iPhone et j'ai mis contresens aller à la rencontre de jeunes. qui sortent un peu des sentiers battus dans leur parcours. Et puis voilà, j'ai laissé l'idée infuser. Le temps a passé. Je n'ai pas forcément acté le projet en lui-même. Et puis il y a quelques mois, l'idée est revenue. Vraiment d'une manière assez prégnante, assez subitement. Et j'avais le temps. Et je me suis dit, ok, là je mets les actions en place. J'y vais. Et c'était tellement important pour moi de venir légitimer ces parcours-là qui sont en dehors de la norme, qui sont atypiques mais qui ont tellement de valeur à mes yeux. Je me suis dit, allez, on y va. Je vais aller chercher des profils qui, moi, m'interpellent et qui vraiment forcent mon admiration. Et je me dis, s'il répond positivement, on verra. Je me lance dans le projet sans savoir vraiment la portée qu'il allait avoir. Et j'ai eu des réponses positives directement, alors que c'est des personnes qui sont assez sollicitées, etc., Et je me suis dit, ok, c'est mon signe, j'y vais. Et ça a commencé comme ça. Et moi-même, je n'ai aucune expérience dans le milieu du podcast. Je démarrais de zéro. Et voilà, l'aventure a commencé. Et en fait, j'ai eu des retours très positifs assez rapidement de la part des auditeurs. Et voilà, l'aventure continue. Là, j'en suis au dixième épisode. Donc c'est déjà un beau lancement. Et ça va continuer comme ça. Moi, ça m'enrichit personnellement parce que ça vient aussi de légitimer mon propre parcours. Et en même temps, j'espère que ça puisse être une source d'inspiration, une source d'espoir dans un monde qui est vraiment en transition et pour une génération qui a parfois du mal à trouver ses repères, à trouver sa place dans un monde qui est un peu chahutant et qui peut nous mettre à rude épreuve. Oui,
- Speaker #0
très bien. et tu vois, je vais me permettre de rebondir sur ce que tu dis. Déjà, je m'aligne à ce que tu racontes à 200% et en fait, déjà d'une, je vais me permettre de faire la promotion de ton podcast, peut-être tout de suite, dès maintenant. N'hésitez surtout pas à aller l'écouter. Je sais au moins que c'est dispo sur Spotify puisque c'est là que moi j'écoute. Je ne sais pas s'il est sur d'autres plateformes. J'imagine que oui.
- Speaker #1
Oui, il est sur toutes les plateformes d'écoute.
- Speaker #0
Voilà, donc n'hésitez pas à y aller. Et en fait, tu as dit quelque chose qui a... qui a fait titre un petit peu dans ma tête, tu viens d'en reparler, c'est que tu veux raconter l'histoire de ces jeunes qui ont choisi des chemins un petit peu atypiques. Mais parce que le point de départ de tout ça, ce que j'ai compris et confirmé, c'est que toi-même, tu as fait un choix peut-être un petit peu original ou à contresens justement, pour reprendre ton terme, de ce que les gens attendent un petit peu de nous dans cette société. Est-ce que tu peux m'en dire plus par rapport à toi, ce que ça signifie pour toi d'avoir opté pour un chemin alternatif ?
- Speaker #1
Oui, moi c'est arrivé il y a quelques années. Effectivement, j'ai un parcours à l'origine assez classique. J'ai fait des études de commerce et j'ai commencé à travailler dans une grosse multinationale en marketing. Et à ce moment-là, ça a été un gros basculement de mon côté puisque j'ai vraiment sombré dans une grosse dépression, une forme de crise existentielle, vraiment une sorte de petite mort où j'ai vraiment remis en compte tout l'existant de ma vie tout ce que je pensais être vrai, être la réussite, être le succès, être l'épanouissement. Donc à ce moment-là, c'est vraiment la terre qui s'est un peu écroulée sous mes pieds. Et ensuite, ça en est suivi toute une phase de reconstruction, de quête identitaire, de retour aux sources, un peu couplé à une sorte d'éveil spirituel, où je me suis connectée à d'autres dimensions. que je pensais inexistantes. Et voilà, j'ai reconstruit petit à petit les bases d'une forme d'identité profonde, en tout cas de ce qui était vraiment important pour moi dans mon envie de grandir et d'évoluer. Et donc c'est arrivé en 2021, donc c'est assez récent. Et depuis ce moment-là, j'ai réhabilité beaucoup de choses à l'intérieur de moi Et je me suis donc, je suis sortie complètement des sentiers battus puisque j'ai arrêté le job que je faisais en marketing. Je me suis reconvertie, donc j'ai repris des études. Il y a eu beaucoup de bousculements aussi dans ma famille, dans mes relations, puisque moi, je me suis séparée, j'ai terminé beaucoup même de relations amicales. Il y a eu tout ça qui est arrivé en même temps. donc ça a été des années très transformatrices et ça l'est toujours. Je suis dans ce chemin-là, dans cette évolution. Et en tout cas, le contresens pour moi, ça a été de dire non, de désobéir quelque part à des conditionnements, à des règles qui m'ont été inculquées depuis toute petite, à travers l'école, à travers mon éducation. De suivre une voie toute tracée et d'être ce bon petit soldat qui obéit à une forme de... de productivité et de succès matérialiste aujourd'hui, comme on nous le valorise dans la société. Donc voilà, moi j'ai déconstruit tout ça, et là maintenant je reconstruis quelque chose d'autre, qui a beaucoup plus de sens pour moi.
- Speaker #0
Oui, et qui est très courageux. Moi je te dirais bien que je suis fan de ta démarche, admirative même. parce que je sais que c'est pas simple comme décision et pourtant pour en discuter parce que toi et moi on a quasiment le même âge et donc les gens qui ont un âge proche d'une autre, j'ai l'impression que c'est des conversations, des sujets qui reviennent très rullamment, plus qu'avant j'ai l'impression et donc ces questions existentielles ces questions de sens mais est-ce que je vais vraiment avoir un job toute ma vie comme ça où je vais devoir respecter des horaires et des des consignes ? Est-ce que je vais devoir me conformer à quelque chose qui ne me correspond pas forcément ? Tout ça, moi j'ai l'impression d'avoir des conversations comme ça beaucoup plus fréquemment qu'avant. Et donc, j'imagine que certaines personnes qui nous écoutent sont concernées par ça. Et donc, la question qui en découle, c'est toi qui es passé par ça, qui as vécu beaucoup de situations vraiment pas simples à gérer, de ce que tu viens de dire. Quel conseil, quelle démarche tu... Tu mettrais en avant pour gérer ça ? Ou peut-être même au plus large, pour les gens qui sentent quelque part que leur situation actuelle ne leur convient pas, quels conseils pour peut-être se donner du courage et se lancer ?
- Speaker #1
C'est une vaste question, une grande question. Je pense déjà qu'il n'y a pas de mode d'emploi universel, que chacun a son chemin, sa propre route et qu'il y a parfois certaines étapes qui sont hyper challengeantes et hyper radicales Moi, ça a été très radical, par exemple. Et je sais que pour certains, ça va être plus lent et plus au ralenti, étape par étape. Je pense que la première chose, avant d'acter les choses, avant de se mettre en mouvement, c'est important de faire le point à l'intérieur, de savoir qu'est-ce qui est juste ou non par rapport à ce qu'on vit. Qu'est-ce qui est en accord avec nous-mêmes, qu'est-ce qui ne l'est pas. D'être dans une forme d'honnêteté radicale vis-à-vis de soi. Et ça, c'est l'étape la plus difficile. C'est de sortir de l'étape déni, en fait. De se dire, voilà, moi j'ai toujours cru que la réussite, le succès, l'épanouissement, c'était ça. Là, je sors du déni et si j'étais 100% honnête avec moi-même, qu'est-ce qui me plaît vraiment ? Qu'est-ce que j'aime vraiment ? Qu'est-ce qui me fait vibrer ? Qu'est-ce qui, au contraire, ne me plaît absolument pas ? Donc répondre à ces questions-là dans une forme de sincérité, d'honnêteté. Donc c'est se poser avec soi. Et se poser avec soi, c'est difficile. Ça demande du courage. Et ça se fait généralement, en tout cas pour moi et pour les gens que j'accompagne et que j'observe autour de moi, ça se fait aussi dans des moments de silence. Des moments où on est de silence chez soi ou de silence dans nature, mais où on peut sortir un peu de tous ces stimuli extérieurs qui nous parasitent en permanence et qui brouillent en fait. cet espace à l'intérieur qui vont nous apporter ces réponses-là, en fait.
- Speaker #0
Et silence, ça signifie aussi solitude pour toi ? C'est vraiment avoir un moment d'introspection un petit peu, d'avoir un rendez-vous avec soi-même et sa propre réflexion ?
- Speaker #1
Alors, ça peut passer par la solitude, mais pas forcément. Moi, je n'associe pas les deux. On peut être dans une profonde introspection, mais sans pour autant être tout seul quelque part perdu dans la montagne. Ce n'est pas... C'est pas forcément ça, mais c'est prendre des petits moments chaque jour avec soi. Ça peut être juste cinq minutes pour faire juste le point parfois de sa journée, d'aujourd'hui qu'est-ce qui m'a mis en joie ? Qu'est-ce qui m'a donné de l'énergie ? Qu'est-ce qui a créé une forme d'expansion à l'intérieur de moi ? Donc ça c'est que des signaux positifs pour nous donner l'indicateur que c'est la voie à suivre, que c'est là où on doit se diriger. Et à l'inverse, qu'est-ce qui m'a... ni qu'est-ce qui a complètement drainé mon énergie, je me suis sentie vidée ou je me suis sentie pas bien. Donc ça pareil, c'est des indicateurs qui... qui nous disent que ce n'est pas la route, ce n'est pas la voie à suivre. Pour moi c'est vraiment être dans une sorte de fine observation. Donc ça peut être vraiment 5-10 minutes par jour pour faire le point. Et ensuite si on a envie d'aller plus en profondeur, on peut aussi. Ça peut être aussi se faire accompagner. Parfois on a besoin d'aide, moi je me suis fait accompagner et je me suis fait toujours accompagner par des personnes qui sont qualifiées pour. Quand on sent que c'est trop pour nous et qu'on n'est pas en capacité, et qu'on est complètement perdu, on n'a pas les réponses pour soi aussi.
- Speaker #0
Bien sûr, et là aussi, une fois de plus je te rejoins, et je suis également dans une thérapie depuis un petit moment, et je suis très content d'observer que le sujet est de moins en moins tabou, que les gens s'ouvrent à cette question-là parce qu'ils comprennent, l'intérêt qu'ils comprennent aussi qu'on n'est plus dans ce cliché de j'y vais parce que j'ai un problème et qu'il faut le gérer non c'est juste parce que en fait c'est plus un coéquipier de vie moi c'est comme ça que je le vois donc tu fais très bien d'en parler ce que je me suis noté ce que je prends des petites notes à côté c'est une question c'est une curiosité c'est j'aimerais avoir ton avis là dessus parce que moi même je ne sais pas c'est J'ai l'impression que la plupart du temps, quand les gens décident de changer radicalement ou même progressivement, mais fondamentalement les choses, ça part toujours d'un épisode ou d'une période compliquée. Est-ce que tu penses que c'est toujours le cas ? Est-ce qu'il faut toujours passer par un moment où on ne se sent vraiment pas bien, quelque chose qui ne correspond pas du tout pour se dire en fait je fais fausse route et je dois m'écouter et trouver quelque chose qui me correspond mieux ? Est-ce que tu penses qu'on est obligé de passer par là ? C'est vraiment ces questions-là qui viennent de me passer par la tête.
- Speaker #1
J'adore cette question, j'adore cette question parce que je me suis posée un milliard de fois, je me suis dit mais est-ce qu'on est obligé de passer par tant de souffrance pour arriver à une forme d'épanouissement ? Et ce que j'en ai compris c'est que quand on est dans notre routine en mode pilote automatique, dans notre chemin un peu tout tracé, finalement on ne va pas... Aller se poser ces questions-là parce qu'on est dans une forme de confort. Et c'est quelque part une forme de confort, de simplicité, et on va être ce bon petit soldat qui va continuer sa route. Alors que quand la vie nous met des épreuves, quand on a des obstacles à surmonter, quand on est dans une souffrance, on ne va pas avoir le choix que d'aller en profondeur pour savoir, ok, qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui aujourd'hui fait vraiment barrage, obstacle ? à un épanouissement. Donc je pense que, quelque part, je dirais oui. Parfois on est un peu... En tout cas la vie nous met face à des difficultés pour nous réveiller à nous-mêmes, pour nous dire ok, là il serait peut-être temps d'aller voir les choses concrètement. Et alors après je pense qu'il y a des degrés aussi de souffrance. Je ne dis pas qu'on est obligé d'aller très profondément dans la souffrance pour Mais en tout cas, à un moment donné, pour faire un pas de côté, ma croyance en tout cas en l'état actuel, c'est-à-dire qu'il faut qu'on passe par certains obstacles et certaines difficultés en tout cas qui viennent bousculer un peu nos idées reçues, nos croyances, nos perceptions de comment la vie devrait être ou devrait être vécue. Ouais, je le pense.
- Speaker #0
Ouais, ok. Non mais tu... Tu as raison je pense. C'est vrai que si c'est peut-être pas obligatoire de passer par là, c'est un bon coup de pied aux fesses pour se lancer. Parce que c'est vrai que si on se trouve dans une situation où on se sent vraiment mal ou on n'a pas le choix, peut-être que ça facilitera aussi la démarche. Et en face de ça tu as opposé cette fameuse zone de confort. pour tout le monde, à sa propre échelle. Je pense que ça ne restera jamais simple d'en sortir. Et pourtant, je pense que c'est la meilleure chose à faire parce que c'est comme ça qu'on se développe, qu'on en apprend davantage sur soi-même. Et au-delà de ça, c'est comme ça qu'on se donne confiance, qu'on la cultive cette confiance. Et tout ça, c'est des choses essentielles pour son propre développement. Et puis pour aussi aller chercher des réponses, pour aller chercher notamment des réponses des nouvelles activités qui vont nous plaire et qu'on ne connaissait pas ou qu'on ne suspectait pas d'être agréable. Donc voilà un petit peu ma vision des choses. Et ça me permet de faire la transition, cette zone de confort avec la situation actuelle. pour nos éditeurs, sachez que là on est en train d'enregistrer à distance puisque Louise est en Inde et qu'elle est partie pour plusieurs mois. Là-dessus libre à toi de dire tout ce que tu veux à ce sujet mais comment ça se passe ? Je crois que ça fait déjà un mois ou quelque chose comme ça mais bon t'en parleras bien mieux que moi. Comment ça se passe et pourquoi ce choix de l'Inde ?
- Speaker #1
Alors pourquoi ce choix de l'Inde ? Pareil, c'est parti d'une impulsion intérieure, d'une grosse intuition en début 2024 de « il faut que je parte en Inde » . Je ne sais pas pourquoi. J'avais absolument aucune idée. Ce pays ne m'attirait pas spécialement avant. J'avais beaucoup de préjugés, beaucoup de croyances autour de ça. Et je suis partie la première fois en avril dernier à la suite d'une grosse rupture. Et pour moi ça a été l'occasion de faire vraiment un deuil de cette relation-là, de penser des blessures, de faire un gros travail de deuil. Et ensuite je suis revenue en France pour des obligations de travail et j'avais toujours au fond de moi cette envie d'y revenir parce que j'ai eu un véritable coup de cœur pour cette terre qui est très vibrante d'énergie où il y a une relation au sacré notamment qui est très forte et qui m'a beaucoup plu. Parce que pour moi, un des plus gros problèmes qu'on a en Occident, c'est qu'on s'est complètement déconnectés du sacré en fait et de cette part-là qui est pour moi intrinsèque à nous-mêmes. Et donc voilà, j'avais très envie de repartir. Et j'ai attendu quelques mois pour pouvoir le faire. Et là, il y a un mois... Je suis repartie en Inde et je suis très, très heureuse d'être là. Pareil, tu as parlé de zone de confort. C'est vraiment un exercice qui n'est pas évident de suivre ses envies et vraiment ses impulsions intérieures qui te disent « Ok, va là-bas. Tu ne sais pas pourquoi. Tu ne sais pas ce qui va se passer. Tu ne sais pas qui tu vas rencontrer. » Mais tout concourt à te dire « Ne t'inquiète pas, ça va le faire. Vas-y. Et tu verras après. » Tu verras après ce qui se passera. Et effectivement, moi je suis repartie. Je n'avais pas trop d'idées de ce qui allait se passer. Là ça fait un mois. Donc je le projette de rester plusieurs mois effectivement. Et il s'est déjà passé énormément de choses ici. Donc maintenant je commence à avoir mes réponses. Je commence à savoir pourquoi je suis là. Il y a beaucoup de ce qu'on appelle des synchronicités. Beaucoup d'événements qui arrivent en même temps. Je pourrais en parler long ou long, peut-être que tu voudras plus préciser un pan de ce voyage. Il y a beaucoup de choses.
- Speaker #0
- Pas forcément. Justement, tu as dit deux termes, tu as parlé de sacré et j'aurais aimé que tu le définisses rapidement pour moi et pour les auditeurs éventuellement. Les synchronicités c'est quelque chose... Moi j'ai des notions mais pareil pour le coup j'ai l'impression que t'en sais bien plus que moi donc Je suis très curieux que tu développes, si tu veux bien.
- Speaker #1
Oui. Alors, ça va toucher à des dimensions un peu plus spirituelles, mais qui sont toujours très ancrées dans la matérialité. Donc pour ceux, ça reste des croyances. Je fais un petit disclaimer autour de ça parce que chacun a son cheminement et son niveau de conscience quelque part. Le sacré, moi je le dis comme notre capacité à se connecter à quelque chose de plus grand. de plus vaste que notre humanité, quelque part. Et le sacré, c'est ce qui, en tout cas moi, me permet de rester à la fois bien connectée à l'aspect matériel, pragmatique, terrestre, et en même temps, me connecter à quelque chose de supérieur qui va m'aider à prendre des décisions, à être alignée avec ce que je suis, mes valeurs, ce que je veux transmettre au monde. Donc c'est vraiment, je le symbolise un peu comme un arbre qui est à la fois avec ses branches et ses feuilles connectées au ciel et à cette dimension un peu plus céleste. Et en même temps, les racines qui sont bien ancrées, bien enracinées dans le sol. Donc pour moi, c'est ça le sacré. Aujourd'hui, le sacré a été beaucoup repris par des religions religieuses diverses. Moi, c'est pas ma vision des choses, c'est-à-dire que moi je suis pas vraiment investie dans une religion, je suis pas croyante. Voilà, je me suis un peu... Enfin j'étais à la base, à l'origine plutôt chrétienne et je me suis très vite éloignée parce que pour moi ça représentait beaucoup de dogme et que ça incitait beaucoup à la culpabilisation dans notre être et dans ce qu'on était. Donc moi j'ai pas du tout adhéré à tout ça. Et aujourd'hui, le sacré tient une place très importante dans ma vie. Et encore plus maintenant que je suis en Inde et que je vois la manière dont le sacré est inscrit dans leur vie au quotidien, c'est hyper inspirant. Moi, ça me donne énormément d'idées par rapport à ce que j'ai envie de mettre en place aussi à mon retour en France. Et comment je peux aussi accompagner les personnes à se reconnecter à cette dimension-là qui est essentielle pour moi. Voilà, donc pour la première partie. Et donc les synchronicités, ça fait vraiment le lien avec ça. Puisque pour moi, le mot synchronicité, ça a été introduit par Carl Gustav Jung, qui est en fait... Alors je ne vais pas le définir correctement, mais c'est en gros deux événements qui arrivent simultanément, sans lien de causalité apparente, en tout cas visibles, mais qui vont avoir un sens profond, qui vont avoir une signification, une symbolique. Et en fait, quelque part, Jung va le démontrer, avec même des aspects assez scientifiques, il va montrer que c'est la manière dont l'univers nous communique des informations par le biais des événements terrestres, par le biais de nos vies quotidiennes. Donc, par exemple, je vais faire une rencontre. Par exemple, je vais penser à quelque chose. Je vais dire « Ah ben, il faudrait que je rencontre quelqu'un pour le podcast, pour parler de tel ou tel sujet. » Et puis, deux jours plus tard, tac, il y a quelqu'un qui m'envoie un message. Et c'est pile poil exactement ce que j'avais imaginé. Voilà, ça va être ça, par exemple.
- Speaker #0
Ok. Ben écoute, merci parce que je vois un petit peu mieux… enfin même beaucoup mieux parce que tu m'as donné un exemple concret, et j'avoue que ça donne envie d'être exploré. Je reprendrai à la fin le nom de ce monsieur, je ne suis pas sûr d'avoir bien écrit son nom, mais j'irai un petit peu chercher pour ma propre culture, donc je te remercie. Et du coup, ça donne complètement du sens à ta décision d'aller en Inde. Du coup, et tu vas me dire si je me trompe, ce qui est carrément probable... Mais est-ce que ton choix de reconversion vers l'hypnose a un lien avec ça ? Pourquoi le choix de l'hypnose ? Parce que moi, ça m'intéresse de savoir qu'est-ce qui t'a poussé à aller dans ce sens.
- Speaker #1
Alors pourquoi l'hypnose ou pourquoi la thérapie en général ?
- Speaker #0
Écoute, la parole est à toi et je te laisse aller là où tu veux. J'écoute attentivement de mon côté.
- Speaker #1
Ok. Alors pourquoi la thérapie ? La thérapie c'est quelque chose qui est, en tout cas l'humain en tant que tel m'a toujours passionnée. J'ai toujours été fascinée par tous ces mécanismes intrinsèques à l'humain et depuis toute petite j'ai eu une quête de vérité qui est hyper importante, c'est-à-dire que dès que je vois quelqu'un et qu'il me parle je sais ça, enfin je ressens immédiatement... s'il me dit la vérité, s'il me dit quelque chose qui est authentique ou complètement à côté de la plaque. Donc ça a vraiment commencé par là.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc j'arrive à déceler un peu les incohérences chez les gens. Mais c'est quelque chose dont j'ai vraiment souffert parce que quand j'étais petite, je ne comprenais pas pourquoi je ressentais quelque chose et en même temps l'autre personne me disait l'exact opposé. Je me dis qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Ça a commencé comme ça. Donc j'hésite. comprendre vraiment l'humain. Ensuite, j'ai fait mes études, j'étais dans mes conditionnements de réussite, il faut que tu trouves un job bien payé, tout ça, tout ça. Et puis quand j'ai eu justement cette grosse crise existentielle, et que j'ai décidé d'arrêter mon activité, j'avais absolument aucune idée de ce que je voulais faire. Donc je me suis laissée vraiment totalement le champ libre d'aller expérimenter des choses que j'avais toujours voulu faire. mais que je n'avais pas eu le temps, que je n'avais pas eu l'espace pour les tester. Et à la base j'ai commencé par faire des trucs un peu plus manuels, de la couture, je suis allée dans le travail du bois, dans la décoration, donc je suis allée tester un peu tout ça. Et à un moment donné, je me suis dit mais en fait ce que tu as toujours voulu faire c'est d'être en relation avec l'humain, c'est d'aider l'humain, c'est de l'accompagner. C'est tout ça en fait qui te plaît.
- Speaker #0
Donc pareil, c'est cette sincérité radicale dont je t'ai parlé un peu au début. C'est de dire « Ok, si tu arrêtes de te cacher derrière toutes tes peurs, derrière toutes tes insécurités, qu'est-ce qui vraiment résonne avec toi là maintenant ? » Mais ça me faisait flipper de dingue, vraiment. Parce que je me suis dit « Mais attends, il faut que je reprenne des études de psycho pendant 5 ans, mais ce n'est pas possible quoi ! » Et au final, donc déjà j'ai accepté ça. Je me suis dit « Est-ce que c'est vraiment fait pour moi ? » Et je me dis « Mais bien sûr que oui ! » Et pourquoi l'hypnose ? Parce qu'à la base, je me suis dit que je vais faire la psycho. Mais pareil, c'était des peurs. C'était la peur de ne pas être suffisamment reconnue dans ce que je fais. La peur que la société ne me crédibilise pas assez par rapport à ce que je pouvais proposer comme accompagnement. Et en fait, j'ai déconstruit tout ça en me disant que ce n'est que des peurs. Et qu'est-ce que moi, j'ai vraiment envie de faire ? C'est d'accompagner l'humain, mais dans son aspect aussi psychologique déblocage inconscient en fait. Parce qu'on a une part inconsciente qui équivaut à de 80 à 90% de la globalité de nos fonctionnements, ce qui est énorme. Et moi je voulais vraiment quelque chose qui aille sur cet aspect-là inconscient. Et donc l'hypnose m'est vraiment apparue comme un outil hyper adapté, hyper adéquat. Et en même temps, j'avais expérimenté sur moi. J'avais vraiment expérimenté sur moi, j'avais vu des résultats hyper... hyper fort. Et en même temps, ça travaille sur un côté... Il y a un côté très créatif dans l'imaginaire, dans l'abstraction que j'aimais beaucoup parce que moi, ça me reconnectait aussi à ma part créative. Et donc voilà, je me suis lancée en hypnose. Et puis après, il y a évidemment d'autres outils qui sont venus sur ma route pour compléter l'hypnose. Ça n'a pas été uniquement ça. Mais oui, c'est un outil qui est formidable parce que Parce que tu vas vraiment en dessous de la surface du conscient pour voir tout ce qui fait un peu barrage à plein de choses, à nos objectifs, à nos envies, tout ça. Voilà.
- Speaker #1
Donc je vais rebondir sur ce que tu viens de dire, dans le sens qu'encore une fois, il y a plusieurs sujets que tu as touchés du doigt et que j'aimerais qu'on approfondisse ensemble. Déjà, je me suis noté un petit bout de phrase que tu as dit quand tu te décrivais. Tu disais... que tu étais passionné par l'humain, que c'était vraiment l'humain qui te plaisait. Et donc ça, moi, ça fait un petit peu écho en moi parce que j'ai envie de dire de manière hyper simple ce que ça voulait dire à mon échelle et derrière toi peut-être que tu pourras étoffer. Mais en fait, vraiment, c'est des choses très simples. Et ce que j'ai compris par là, de mon côté, c'est quand je vais avoir une interaction, une conversation avec quelqu'un, et que derrière j'ai un sentiment de bien-être, d'épanouissement. C'est peut-être un peu fort mais c'est vraiment le cas parfois. En fait je me rends compte que c'est parce que j'ai besoin de ça et ça j'ai mis du temps personnellement à m'en rendre compte mais je sais maintenant que c'est par la discussion, par l'échange que je vais pouvoir me nourrir, apprendre et surtout me développer. Donc voilà, je voulais juste avoir cette petite aparté pour dire ce que ça signifiait pour moi. Maintenant est-ce que toi... De ton côté, tu as des choses à apporter par rapport à ce truc-là déjà, avant qu'on enchaîne sur d'autres questions, parce que j'en ai encore plein.
- Speaker #0
Moi, je te rejoins complètement. C'est par ce biais de l'interaction, par ce biais de la relation à l'autre qu'on arrive, je trouve, à créer une sorte de sentiment à l'intérieur d'une forme de bien-être, de complétude. A la base, on est quand même des animaux sociaux, donc on a besoin de l'autre pour exister, pour grandir, pour se développer. Et donc ces interactions-là, elles sont hyper clés en fait dans notre développement. Et quand ces interactions, elles sont vraies, elles sont authentiques, elles partent d'un espace à l'intérieur qui est véridique et qui est simple et qui est sincère. Et ça crée des conversations qui nous animent et qui nous font du bien et qui créent des prises de conscience et qui nous donnent des idées aussi pour la suite. Et c'est pour ça aussi que j'ai voulu créer un podcast, parce que moi-même, j'adore écouter des histoires de vie, des chemins de vie, parce que c'est hyper inspirant et qu'après, ça me donne envie derrière de tester des nouveaux trucs et de voir les choses autrement aussi. Donc ouais, je suis totalement d'accord avec toi. Oui.
- Speaker #1
- Bah écoute, top ! Je sais qu'on en avait déjà discuté un petit peu en off toi et moi, mais c'est vrai que ça c'est passionnant et là-dessus je suis content qu'on partage ce point commun. La deuxième chose que j'avais notée, Est-ce que tu écoutais un petit peu de l'hypnose juste avant ? C'est une question toute bête, mais en même temps, j'ai l'impression que c'est celle qui revient très vite dans la tête des gens quand on évoque ce sujet d'hypnose. Donc tu vas répondre selon ta propre opinion à ça. Est-ce que tu penses qu'il faut y croire à l'hypnose pour pouvoir la pratiquer ? Est-ce que ça veut dire quelque chose, ça ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est une croyance qui est très répandue et que je vais déconstruire. Je vais essayer de la déconstruire là maintenant. En fait... L'état d'hypnose, c'est un état complètement naturel. C'est un état qu'on expérimente tous les jours en tant qu'humain dans nos activités quotidiennes. Quand par exemple on regarde un film dans lequel on est complètement absorbé, quand on lit un livre et qu'on perd cette notion du temps, on a l'impression qu'il y a vraiment une distorsion de l'espace temporel un petit peu. Ou même quand on est plongé dans une action, comme un peu dans un état de flot qu'on connaît par c'est un état d'hypnose. C'est juste un état dans lequel on va avoir l'inconscient qui va venir en premier plan par rapport au conscient. Là, par exemple, quand on discute, on peut aussi rentrer dans un état d'hypnose. Si on est tellement plongé dans notre discussion et qu'on sent qu'il y a une forme de fluidité dans la conversation et que tout est parfaitement bien calé, c'est un état aussi d'hypnose. Donc on n'a pas besoin d'y croire Ça se fait tout seul. C'est vraiment le mental qui a juste peur parfois de perdre le contrôle, justement, de ses agissements, de ses comportements. Et donc, il y a beaucoup d'idées répondues là-dessus, mais bien sûr que non, c'est totalement naturel.
- Speaker #1
Ok, donc est-ce que tu dirais qu'effectivement, quand tu parles avec quelqu'un et que tu ne vois pas le temps passer ou que tu perds la notion du temps, peut-être de l'espace aussi, est-ce que c'est des choses vraiment qu'on va retrouver à chaque fois ? au moment où on bascule dans cet état justement d'hypnose ? Ou est-ce que... Tu vois que mes connaissances sont un petit peu limitées sur le sujet, mais j'ai à peu près compris ça déjà. Est-ce que tu confies en ça ? Ok. Oui,
- Speaker #0
complètement.
- Speaker #1
Ok, parce qu'en fait, ça m'intéresse autant plus parce que moi-même, j'ai eu la démarche de le faire pour la première fois il n'y a pas si longtemps. Et tu vois, ce que j'ai... Je vais le dérouler un peu comme une personne qui est très débutante sur ce sujet, puisque c'est ce que je suis. Peut-être que ça en aidera certains à se lancer, mais c'est vrai que je n'ai pas cherché, en sortant de cette séance d'hypnose, moi personnellement, à comprendre. Je n'ai pas cherché à savoir ce qui venait de se passer. Je me suis juste laissé porter. Et encore aujourd'hui, quand j'y pense, je me dis que j'avais vraiment l'impression que ça m'a fait du bien, mais pour autant, je ne vais pas essayer de rationaliser ou quoi que ce soit, parce que... Je pense que ce n'est pas le but. Au contraire, c'est faire confiance à la personne en face qui maîtrise un petit peu cet art et derrière être confiant par rapport à tout ce que ça peut engendrer et débloquer.
- Speaker #0
Oui, carrément. Tu mets le point sur quelque chose d'essentiel en fait. C'est que parfois on a envie de savoir exactement, pour juste clarifier un petit peu, l'état d'hypnose quand il est vécu, il est expérimenté en séance. On a l'impression d'être à la fois un peu comme un observateur de la scène, un peu spectateur de nous-mêmes et de ce qui se passe, de ce qu'on est en train de vivre. Et en même temps, on a l'impression... Et en même temps, on est très présent à nous-mêmes et à notre corps. Donc il y a à la fois cette dimension consciente où vraiment on observe les choses et en même temps, notre esprit, notre inconscient, il va venir... voyager sur un autre plan, sur le plan inconscient. Donc il y a ça. Et ensuite par rapport à ce que tu disais, effectivement quand on est en état d'hypnose, le travail se fait par le prisme inconscient en fait. On n'a pas besoin, une fois qu'on est sorti de l'état d'hypnose, de venir remettre du mental, de l'intellectuel sur quelque chose qui est d'ordre inconscient en fait. Parce qu'on va venir déconstruire tout ce qu'on est venu travailler au moment de la séance. Donc, c'est effectivement pas besoin. On laisse les choses se faire telles qu'elles doivent se faire. Juste, ce qui est intéressant, c'est après une séance d'hypnose, c'est observer comment je me comporte. Qu'est-ce qui est différent peut-être dans des perceptions, dans des comportements, dans des agissements, dans mes réactions, dans mes sensibilités. qu'est-ce qui est différent ? Et là, on peut percevoir des choses. On se dit « Ah tiens, c'est marrant, franchement, j'aurais pas réagi comme ça ! » ou là, j'ai moins de stress. Mais laisser les choses agir parce que l'inconscient, il fonctionne comme ça. Pareil, quand on dort, il y a plein de reprogrammations inconscientes qui se font et pourtant, notre mental n'a aucune prise là-dessus et pourtant, ça se fait. Donc,
- Speaker #1
il faut lâcher prise, il faut se faire confiance, laisser du temps aussi, je ne sais pas. Mais en tout cas...
- Speaker #0
Et pas hésiter, pardon excuse-moi je te coupe, mais pas hésiter s'il y a des doutes, des interrogations justement à en parler avec la personne qui t'accompagne pour être vraiment rassurée sur ces aspects là.
- Speaker #1
Ok ça marche. T'as évoqué un mot et tu me fais faire une transition aux petits oignons du coup parce que t'as dit un mot qui m'est cher, t'as parlé des sensibilités. tu l'as utilisé aussi pour te définir. Tu vois un petit peu où je veux en venir, je pense, parce que c'est un peu ma ligne narrative depuis le lancement d'Attitude. Toi-même, étant sensible, peut-être un peu plus, je te laisserai le dire, mais quel rôle ça a pu jouer pour toi, ta sensibilité, si ce n'est plus ? Est-ce que tu te considères peut-être un peu plus que ça, justement ? Et quel est ton rapport ? ta sensibilité aujourd'hui ? Est-ce que ça t'aide, est-ce que ça t'apporte des choses ? Est-ce que voilà, là encore une fois c'est ouvert comme depuis le début de cet échange donc n'hésite pas à aller là où tu penses qu'il est judicieux d'aller.
- Speaker #0
La sensibilité c'est quelque chose qui est tellement cher à mon cœur aussi parce que pour moi c'est une des plus belles forces et une des plus belles qualités qu'on puisse développer aujourd'hui dans notre monde qui, malheureusement, en manque dramatiquement. On est dans un monde qui a perdu toute forme de sensibilité et notre mission, en tout cas moi ma mission aussi, c'est de réinsuffler cette sensibilité à travers le monde et de redonner toute cette part d'humanité qu'on a. Moi c'est quelque chose que j'ai depuis, voilà, qui est intrinsèque à moi-même depuis ma naissance. Comme je te le disais, j'ai toujours ressenti derrière les façades, derrière les discours, derrière les apparences, tout ce qui se tramait un peu derrière. Et au départ j'ai complètement renié cette sensibilité-là parce que la société, parce que mon éducation me disaient qu'il fallait que je sois forte, que je sois combative et que je me mette en ordre de marche. Pareil à l'université, j'ai renié cette sensibilité parce que je devais rentrer dans un moule, que je devais convenir à des standards et qui étaient complètement à côté de ce que moi j'étais fondamentalement. Donc après il y a différents niveaux de sensibilité je pense. Moi j'ai une sensibilité qui est extrêmement forte. Je ne dirais pas hyper sensible parce que je trouve que ça reste une étiquette mais oui, j'ai beaucoup beaucoup de sensibilité. Donc progressivement j'ai apprivoisé cette sensibilité, j'ai appris à l'aimer. J'ai appris à lui redonner de la valeur parce qu'au début pour moi c'était clairement une faiblesse. Parce que je n'arrivais pas en fait à rentrer dans ce moule là et donc ça me faisait extrêmement souffrir. Et donc je le voyais quand même comme quelque chose à réprimer, à mettre à distance. Et petit à petit quand j'ai commencé à lui redonner une forme de pouvoir et de force et de quelque chose qui avait vraiment de la valeur... surtout dans mon métier actuellement, parce que ça m'aide pour comprendre les gens, pour les accompagner, pour les aider. Ça a complètement renversé la tendance en fait. Et là, à l'heure actuelle, par exemple, ma sensibilité, tous les jours je la vis. Donc je vis très intensément dans l'émotionnel, dans les rencontres, dans les paysages que je vois. Donc c'est comme si je vivais une vie qui avait... Beaucoup plus de dimensions, de profondeur que si j'étais complètement coupée de sa sensibilité là. Mais c'est tout un travail de réapprivoiser tout ça. Et ce n'est pas facile dans le monde dans lequel on vit. Il faut prendre soin aussi de sa sensibilité. Moi par exemple, j'en prends soin dans des moments où je suis en silence. où je suis juste avec moi-même, où je suis dans des moments où je suis seule aussi. Dans des moments où j'écoute de la musique. Parce que quand on est assez sensible aussi, parfois en fait le monde peut devenir... submergeant en fait il peut enfin on a l'impression d'être mais ouais dans un dans une espèce de quelque chose qui va venir nous envahir en fait nous envers la vidéo quoi voilà tu es vide et c'est tout ton énergie ça te puisse tout ton énergie à la fin de la journée t'es là en mode mais j'en peux plus donc c'est apprendre à manoeuvrer avec en fait donc à mettre aussi les les les limites qui sont nécessaires avec notre environnement, avec notre entourage. Parce que quand on est très sensible et qu'on est très empathique, généralement, on a une tendance à ne pas savoir poser des limites et être un peu perméable à notre environnement. Et notre job aussi, en tant qu'être très sensible, c'est savoir poser des limites qui sont saines pour nous.
- Speaker #1
Oui, et encore une fois... Je pense que tu as une caméra chez moi pour voir ce que je suis en train de noter. Et tu anticipes là où on va aller, je pense. Je suspecte. Je vais contrôler un petit peu mon appart après. Tu vois,
- Speaker #0
ça c'est les liens inconscients qui se font naturellement.
- Speaker #1
Exactement. Parce que j'étais vraiment en train d'écrire quelque chose par rapport à ça, par rapport aux relations justement. Donc on va y venir. Juste pour rebondir très rapidement sur ce que tu disais. Très rapidement, c'est quand tu dis que ça t'est arrivé d'avoir déjà renié ta sensibilité. Est-ce que tu as un exemple ? là tout de suite, de ce que ça a pu provoquer comme situation. En fait, je te demande ça parce que j'imagine très bien des gens qui le vivent, qui le font actuellement, qui renient alors qu'ils savent dans le fond qu'ils ont ça en eux. Est-ce que tu as un exemple qui peut peut-être leur parler ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Je te prenais le cas de mes études parce que ça a été vraiment très prégnant à ce moment-là. J'étais dans des études qui étaient très demandes en termes d'éducation d'énergie, d'investissement, de travail. Clairement, tu faisais des journées de 9 heures et puis derrière, tu devais enchaîner 3 heures de travail pour assurer et c'était ça tous les jours. Et en fait, moi j'arrivais à l'université, pareil je ressens tout ce qui se passe dans mon environnement, donc les émotions des gens, s'ils vont bien, s'ils ne vont pas bien, le climat. Et en fait, j'avais pas conscience de ça, que j'étais embrouillée par toutes ces informations-là qui venaient un peu dans mon champ à l'intérieur de moi. Et donc moi, en fait, je me coupais à ce moment-là de ma sensibilité parce que je me disais non mais là il faut que tu sois productive, il faut que tu sois 100% focus dans mon travail et tout. Et par exemple, ça m'arrivait de me poser à la bibliothèque pour bosser et j'étais incapable de me concentrer. J'étais happée par tout ce qui se passait dans mon environnement. Je regardais les gens. J'étais vraiment déconnectée de mon action et de ma concentration. Et en même temps, ça c'était des signaux assez forts pour une sensibilité exacerbée. Et en même temps, si ça peut aussi en guider certains, on en parlait tout à l'heure, à la fin de la journée, je rentrais chez moi Et j'étais vraiment, mais littéralement vidée. Mais vidée de toute énergie. Donc maintenant je sais d'un point de vue aussi plus physiologique ce qui se passait au niveau de mon système nerveux. C'est qu'en fait, j'allais puiser dans toute mon énergie et à la fin de la journée, j'avais plus aucune capacité. Donc mon corps, toute ma physiologie se mettait en état d'économie d'énergie en fait. Qu'on appelle le système dorsal. où tu es vraiment dans un état de fonctionnement minimal pour préserver toutes tes fonctions physiologiques. Donc voilà, je cherchais à me couper de toute cette sensibilité-là, mais en fait c'était plus fort que moi, c'est impossible, mais je n'arrivais pas à m'y mettre. Je ne sais pas si j'ai répondu à ta question, mais j'ai essayé d'être...
- Speaker #1
Écoute, je n'attendais pas de réponse précise, donc oui, tu as répondu très bien à la question, je te remercie. J'espère que ça pourra peut-être faire écho chez certains, tout en insistant sur un fait, c'est que même s'ils en sont conscients et qu'ils n'arrivent pas forcément à appréhender encore bien comme il faut cet aspect-là, ce n'est pas grave parce que ça prend du temps, mais il faut y aller progressivement, il ne faut pas se mettre de pression par rapport à ça. Sinon, j'enchaîne avec la deuxième chose dont j'ai rapidement parlé parce que c'est quelque chose là aussi il y a un petit peu fil rouge dans ce podcast, et que tu as mentionné, à savoir les relations. Tu as dit qu'en fonction de la sensibilité qu'on a, il faut apprendre, et c'est important, à limiter un petit peu toutes les choses qui sont liées à notre entourage, à nos relations. Qu'est-ce que tu voulais dire par là ?
- Speaker #0
Je voulais dire qu'en fait, quand on a une sensibilité qui est assez exacerbée, on a cette tendance naturelle à comprendre l'autre, à être en empathie, à être vraiment presque en symbiose avec l'autre et à vouloir l'aider, en fait. Et ça, c'est une véritable force qu'on a. Mais en même temps, si on ne s'est pas dosé... et équilibrer tout ça, on se laisse très facilement happé par les besoins des autres, par les envies des autres. Et donc, on perd vraiment notre cap en fait, on perd notre ancrage et la direction vers laquelle on a envie d'aller en fait. Donc, ça peut donner des gens, des people pleasers par exemple. Moi, j'étais people pleaser, c'est-à-dire des personnes qui vont chercher à satisfaire les besoins de l'autre avant ses propres besoins. Donc ça c'est un mécanisme de survie, on a appris à fonctionner comme ça. Et donc la conséquence de tout ça c'est qu'on va prioriser à chaque fois les autres avant nous-mêmes. Donc on va s'adapter en permanence par rapport à notre monde extérieur. Et ce qui peut donner des personnes qui n'arrivent pas à... à mettre en place des projets, des actions, à dire non, à refuser des invitations même quand elles sentent que ce n'est pas aligné avec eux. Ça a beaucoup de conséquences dans notre vie. C'est pour ça que c'est hyper important et généralement c'est un trait commun aux personnes qui sont très sensibles de savoir progressivement dire non. Au début ça va être très difficile de dire non parce que forcément c'est un mécanisme à réapprendre mais ça peut être des toutes petites choses. Voilà. commencer à dire non pour des petits trucs et puis ensuite progressivement augmenter le... Est-ce que c'est le cas pour toi d'ailleurs ? Je pense que oui, mais je reviens à voir.
- Speaker #1
Écoute, c'est une très bonne question et justement j'allais te dire que c'est quelque chose que j'ai évoqué il n'y a pas si longtemps dans ce podcast et oui, c'est quelque chose que je mets progressivement en place je ne suis pas encore arrivé on va dire, je n'ai pas forcément un objectif mais En tout cas, je vois que je peux encore aller un peu plus loin. Mais effectivement, depuis que j'ai pris conscience de la façon dont je fonctionnais, et notamment de mon rapport à cette sensibilité-là également, je me suis rendu compte que je ne m'écoutais pas assez. Et donc ce que j'entends par là, c'est que parfois, on a des sollicitations, on a des invitations, même en semaine. Je prends des exemples très simples, mais pour aller prendre un verre, pour aller faire une activité avec d'autres amis. Et en fait, on peut se retrouver très rapidement à avoir peu voire plus de... de temps libre, une énergie de plus en plus limitée, des réveils du coup très compliqués les matins où on s'en veut, on culpabilise parce qu'on savait que ce n'était pas une bonne idée et qu'on n'en pas tiré le lendemain. Et en fait, moi tout ça, depuis que je m'en suis un petit peu rendu compte, c'est vrai que j'essaye de ralentir et surtout de dire non un petit peu plus souvent. J'essaye en fait tout simplement, comme tu disais, de m'écouter. Parce que parfois, en fait, je sais que là je n'ai pas... j'ai pas le gaz, j'ai pas le carburant nécessaire pour aller faire ça ou pire que ça. Et je pense que c'est comme ça que je m'en suis le plus rendu compte. C'est qu'à force en fait à ne pas dire non, on va y aller, on va faire cette activité, on va voir ces gens-là mais on sera pas vraiment là parce qu'en fait moi comment j'ai vécu les choses, je me suis rendu compte, c'est que j'étais épuisé mentalement, j'arrivais pas à me concentrer sur la conversation ou alors j'avais pas d'énergie à fournir Ce qui fait qu'en face, la personne se demande si j'ai vraiment envie d'être là. Elle se demande s'il n'y a pas un problème, si je ne vais pas mal ou quelque chose. Alors que pas forcément juste, je suis fatigué. Juste, je suis épuisé et j'ai besoin de recharger les batteries. Ça, je le sais, mais je ne me suis pas écouté. Et au lieu d'être resté chez moi sur mon canapé à lire un livre ou à regarder un petit peu la télé et à me reposer, non, j'ai préféré dire oui parce que je me disais que j'allais faire quelque chose avec quelqu'un. Je suis un petit peu allé dans tous les sens, mais j'espère que j'ai répondu à ta question. En tout cas, c'est comme ça que ça se matérialise pour moi. Et du coup, j'essaye vraiment d'être attentif à ça, d'être attentif au niveau d'énergie, à savoir aussi, et je vais te renvoyer la balle juste après par rapport à ce truc-là, c'est par rapport aux relations, parce que j'aime beaucoup passer du temps avec les autres. avoir cette chance j'estime avoir cette chance de pouvoir compter sur des gens qui m'enrichissent qui me font du bien mais je me suis aussi rendu compte qu'il y avait d'autres personnes autour de moi qui ne m'apportaient pas forcément ça qui en fait me coûtait plus d'énergie qu'il m'apportait de bénéfices. Alors dit comme ça, ça peut être un petit peu brutal mais en tout cas je me suis rendu compte dans certaines situations ou en tout cas avec certaines personnes que leur attention était limitée ou en tout cas elle n'était pas faite pour m'écouter et ça en fait je me suis rendu compte que c'est quelque chose qui ne me correspondait pas parce que pour moi quand je vais voir quelqu'un c'est un échange et devoir se battre, répéter les choses pour que la personne vous écoute vraiment ou en tout cas devoir l'écouter bien plus parce que je se mets en avant. Enfin, toutes ces choses-là, ces personnalités-là, je me suis rendu compte juste que c'est des choses qui ne me correspondaient pas. Voilà, donc globalement, tout ce que j'avais à amener sur la table pour répondre à ta question et donc toi, puisque je t'ai dit que j'allais te renvoyer la balle, depuis quand tu es conscient de ça et depuis quand tu as appris justement à gérer ça et notamment à travers tes relations puisque tu disais tout à l'heure que tu as pu avoir des ruptures même amicales. Depuis quand en fait tu es consciente de tout ça ?
- Speaker #0
Alors, ça fait depuis 2021 je dirais où vraiment j'ai pris conscience que déjà dans mes schémas familiaux, j'avais ce modèle-là en fait de people pleasing, de « je mets les besoins de l'autre avant les miens » . Voilà, je l'ai compris en thérapie. Puisque vraiment, ça a été mon fonctionnement de base quand j'étais enfant. Et en tout cas, ça a été utile quand j'étais enfant. Et en fait, ça a continué à se reproduire des années après. Et effectivement, j'en ai pris conscience. Donc c'était un petit peu violent parce que je me suis dit « Mais attends, ça fait plus de 20 ans que tu es dans ce modèle-là ! » Ça fait beaucoup. Mais en même temps... très bienveillante parce que j'ai vu que ça avait eu une utilité vraiment de manière très précoce dans mon parcours. Mais donc voilà, moi j'étais vraiment sur le mode sauveur en fait. Je veux essayer de sauver l'autre, j'ai envie de résoudre ses problèmes, tout ça. Donc quand j'en ai pris conscience, la première chose ça a été de me dire « Ok, maintenant que tu le sais, quels sont les comportements qui alimentent ça et quels sont les comportements... » qui pourrait t'aider à aller justement vers une autre direction. Vraiment être dans une phase d'observation, dans mes relations, que ce soit familiale, amicale. Et donc ça a commencé par le côté familial. Je me suis dit ok, là en choisissant par exemple cette voie professionnelle, je cherche à rendre fiers à mes parents, je cherche à avoir leur amour, leur validation, tout ça. Donc ça commence par là, c'est dans le dur avant de passer au côté amical tout ça.
- Speaker #1
C'est bien ancré ouais.
- Speaker #0
C'est bien bien ancré donc ça c'est difficile parce que ça t'oblige à trahir, moi j'aime bien ce mot trahison parce que trahis quelque part des personnes extérieures, des personnes de ta famille mais pour ne plus te trahir toi-même en fait. Donc c'est en fait... Il y a d'ailleurs quelqu'un que j'aime beaucoup, qui s'appelle Nicole Prieur, et qui parle des trahisons nécessaires pour être soi-même.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc voilà, peut-être tu mettrais la référence.
- Speaker #1
Oui, j'allais te dire, je vais reprendre les noms et je les mettrai en description de l'épisode parce que je pense que ça peut être intéressant pour tout le monde.
- Speaker #0
Ouais, c'est hyper intéressant. Et en gros, elle part du principe qu'à un moment donné dans notre vie, on est obligé de trahir, on est obligé... d'être dans une position de déloyauté vis-à-vis de personnes, de notre entourage, pour être pleinement alignée, pleinement authentique et vraie avec soi-même. Et donc on doit en passer par là en fait. Donc généralement ça commence avec nos parents, mais parfois c'est aussi avec des amitiés qui ne résonnent plus avec nous. Parce qu'on évolue, parce qu'on change. Peut-être que tu as déjà eu la remarque d'amis, moi j'en ai eu plein des remarques de... Ah mais t'as changé ! Bah oui j'ai changé, oui effectivement j'ai changé, j'ai évolué, j'ai grandi et j'ai plus envie des mêmes choses en fait. Et j'ai effectivement plus envie de personnes qui me tirent vers le bas, qui me drainent mon énergie. Moi j'ai envie de personnes qui m'élèvent, qui m'enrichissent, qui me donnent des ressources. Et donc ça ça passe par faire le tri dans ses amitiés, dire stop à des amitiés qui fonctionnent plus qui n'ont plus d'utilité quelque part dans notre vie. Et ce n'est pas facile parce que parfois, c'est des amitiés de longue date. Donc on se dit « je ne vais pas mettre fin à cette amitié puisque c'est un ami d'enfant, c'est quelqu'un qui compte réellement pour moi » . Mais parfois, c'est nécessaire pour pouvoir avancer soi-même et être vraiment cohérent avec soi.
- Speaker #1
Bien sûr. Et c'est vrai que cette phrase en fait… t'as changé elle est connotée très négativement je trouve alors que ben c'est surtout une bonne chose je pense on parle peut-être pas de changement mais plutôt d'évolution mais bon la vie a son lot de surprises mais aussi son lot d'expérience et en les vivant ben oui forcément ça va nous impacter mais oui comme tu dis ça va aussi nous faire grandir et du coup moi je le vois plutôt de manière très positive parce que c'est en passant par là qu'on va apprendre à se connaître. Et du coup, peut-être qu'effectivement, entre la personne qu'on est quand on est un adulte et celle qu'on était 15 ans en arrière, oui, il y a un fossé parce que c'est complètement naturel, c'est normal. Et donc, je ne l'ai pas beaucoup expérimenté de mon côté, je dirais, mais plutôt pour compléter ce que j'ai envie de dire, c'est qu'au contraire, quand je suis lancé personnellement dans cette démarche d'apprentissage personnel, ça fait maintenant un peu plus d'un an. Je dirais que, en fait quand j'ai parlé autour de moi de ma volonté de lancer ce podcast, de me lancer dans une thérapie, de vraiment comprendre qui j'étais et comment je fonctionnais, je dirais que mes véritables amis ont compris, n'ont pas été plus surpris que ça, m'ont encouragé, m'ont félicité et tout ça c'est autant une victoire parce que du coup je sais je sais que ces personnes là ce sont des personnes qui me nourrissent qui effectivement valorisent un petit peu nos échanges par leur présence, leur façon d'être et leurs valeurs et du coup je me rends bien compte qu'avec le temps oui les relations on s'en fout de combien on en a des amis c'est pas important par contre ceux avec qui on partage une vraie vision commune des choses, on partage des valeurs enfin tout ça je pense que vous avez saisi. En fait, ça c'est hyper important et ça a une valeur inestimable à mes yeux aujourd'hui. C'est ce qui compte le plus pour moi. Il y a la famille, celle qu'on a de base et ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui mais il y a surtout celle qu'on construit à côté qui est pour moi la chose la plus importante aujourd'hui. C'est un des plus grands apprentissages que j'ai sur ces derniers mois. Je ne sais pas si tu peux rebondir par rapport à ça ? Tu as déjà dit pas mal de choses ici, mais si c'est le cas, n'hésite pas.
- Speaker #0
Moi je voulais juste rajouter quelque chose par rapport à ce que tu disais. C'est que pour reconnaître aussi des amis avec qui il y a peut-être intérêt à continuer notre route, notre chemin, c'est quand on ouvre la porte à sa propre vulnérabilité, quand on s'ouvre et qu'on ose montrer justement ses difficultés, ses faiblesses, ses épreuves... et que la personne en face, elle est réceptive et qu'elle est aussi... qu'elle est en capacité, elle, de se montrer vulnérable par rapport à ce qu'elle vit. Généralement, c'est un très bon indicateur. C'est que tu peux être à 100% toi, en fait, peu importe ce que tu vis.
- Speaker #1
Absolument. Et je rajouterais que... Tu vois, c'est une question que moi, que je me suis posée personnellement avant de lancer ce podcast puisque je parle beaucoup quand même essentiellement de mes propres expériences et donc quelque part je partage une bonne partie de mon intimité avec les auditeurs, que je le connais ou pas. Et je me suis posé cette question, comment j'allais appréhender le retour des gens, leur avis ? Et en fait, bon, j'avais pas forcément d'attente mais je suis quand même satisfait dans l'ensemble parce que les gens viennent surtout me faire des retours positifs aussi, ou en tout cas m'encourager. me dire qu'ils sont concernés. Tout ça, c'est des choses que je n'avais pas appréhendées et qui sont top parce que du coup, ça brise effectivement des barrières de la glace avec ces personnes-là. Ça ouvre un petit peu... Ça met en place des passerelles sur des points communs qui nous touchent intimement et ça, c'est vraiment quelque chose de super important. Je suis très content d'avoir pu découvrir ça à travers le podcast. J'ai un dernier sujet en tête. avant peut-être de raccrocher.
- Speaker #0
On a cinq minutes.
- Speaker #1
On en avait discuté. OK, on en avait discuté aussi et on va y aller. Ça fait le lien avec ce que je viens de dire, c'est ce besoin aujourd'hui chez toi comme chez moi d'avoir cette authenticité, de trouver vraiment le véritable individu qu'on a au fond de nous. Et en face, on a une mode et peut-être que les gens nous cataloguent comme ça, mais il y en a tout ce qui est globalement appelé développement personnel. Et aujourd'hui, alors je l'aborde peut-être. manière un peu maladroite, mais tout à l'heure tu as justement dit, tu as parlé d'étiquettes. Tu as parlé d'étiquettes, notamment sur la haute sensibilité et tu as bien fait parce que c'est vrai que je constate et pourtant j'y participe peut-être qu'on a un petit peu une course à se trouver un petit peu des profils, des cases et le développement personnel peut être amplifié ça et ça peut devenir négatif voire piégeux. Tu te souviens qu'on avait discuté de ça et du fait que les gens aujourd'hui essayent tous d'avoir un avis sur la question, de se trouver un petit peu un profil. Est-ce que... J'ai du mal en fait à aborder une question précise, mais est-ce que toi tu as quelque chose à apporter sur ce sujet-là et peut-être que ça va me permettre également de recentrer un petit peu là où je voulais aller ?
- Speaker #0
Ouais, le développement personnel c'est très très vaste. C'est un peu un fourre-tout. Pour moi il y a des choses excellentes et qui peuvent nous apporter beaucoup de choses et d'autres choses qui sont très délétères et très nocives pour nous. Moi ce qui me gêne énormément dans la vague du développement personnel c'est ce discours de devenir la meilleure version de soi-même en fait. C'est cette notion en fait de performance qui est juste transposée au monde du développement personnel. Donc, en fait, comme si on était une ressource, un peu comme dans le capitalisme, à exploiter et d'élever au maximum, d'être exploité au maximum pour avoir le meilleur rendement possible. Voilà. Je fais cette métaphore-là parce que c'est des discours qu'on retrouve énormément dans des podcasts, dans des vidéos. Et moi, je mets des gros, gros points d'alerte là-dessus, des gros warnings parce que c'est très dangereux. Ouais. Parce qu'en fait, on est suffisant tel qu'on est en tant qu'humain avec toutes nos parts. Toutes nos parts de lumière, toutes nos parts d'ombre, de faiblesse, de vulnérabilité, nos forces, tout. Et après, le développement personnel, même si le mot est franchement très laid en soi. Enfin, franchement, se développer personnellement, ça ne veut tout et rien dire. Mais c'est plus aller recontacter qui on est profondément, en fait, derrière toutes ces couches de... de conditionnement, d'injonction, de traumatisme, de tout ça. Pour moi, c'est ça en fait le vrai développement personnel. C'est plutôt enlever les couches de l'oignon qui ne sont pas nécessaires pour vraiment révéler qui on est, plus que je veux devenir quelqu'un de meilleur, quelqu'un de plus beau, plus intelligent, plus performant, plus résilient. Non, ce n'est pas ça.
- Speaker #1
Bien sûr. Et puis tu vois, moi-même, je me suis un petit peu pris au piège dans certains récits parce que je... Je me disais, peut-être qu'en mettant en place des choses, je développerais ça. Je t'avoue que je me suis pris au piège effectivement et je trouve que ça peut avoir vraiment un côté culpabilisant aujourd'hui de tomber sur ce type de contenu. Parce que ça veut dire quoi si je ne le fais pas ? Est-ce que ça veut dire que je n'ai pas envie d'être une meilleure personne ? Est-ce que ça veut dire que je n'ai pas envie de me développer ? Donc j'avoue que moi-même, maintenant je suis plus attentif à ça dans mes discours et tu l'as... vraiment expliqué de manière hyper pertinente. Donc, c'est top d'avoir eu cette petite approche, même si on est sur la conclusion. C'était important pour moi qu'on l'aborde. On a parlé de plein de choses. Je suis très content et je me sens enrichi de cette conversation. Il ne me reste plus qu'à te remercier, Louise, pour cet échange parce que franchement, j'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à discuter de tout ça, de tout ce qu'on a abordé ensemble. J'espère que tu tu as également passé un bon moment parce que c'est important pour moi. Mais en tout cas, je voulais te dire merci.
- Speaker #0
Merci à toi, j'ai passé un excellent moment. Je trouve que t'as abordé plein de sujets hyper importants et d'actualité dont on a besoin et de manière très pertinente. Merci à toi en tout cas pour tes questions. T'es ravie de partager aussi mon expérience un peu plus intime. D'habitude, c'est moi qui suis aussi à ta place. C'est un exercice différent. Mais merci à toi, en tout cas, pour ce partage.
- Speaker #1
Écoute, avec plaisir. Je suis ravi de t'entendre sur ce débrief-là. Et puis je te souhaite... une belle fin de voyage, un beau voyage de manière générale en Inde. Profite à fond et puis à très vite. Je suis sûr qu'on aura de nouveaux échanges à venir. Merci à tous également d'avoir écouté et à très vite sur Attitude.
- Speaker #0
Merci beaucoup !