- Speaker #0
J'avais l'impression, face aux éléments, de les combattre en fait. Comme j'ai pu combattre mon cancer, la rage de vivre, la rage de tout faire. Au début, en fait, je n'osais pas en parler de mon cancer. Et c'était marrant parce qu'avant de découvrir la voile, j'avais l'impression que je recevais des déferlantes, que c'était vraiment... Et puis je me suis dit, bon, je vais affronter la tempête. En fait, à chaque moment difficile, on en a fait une force.
- Speaker #1
Quel message est-ce que vous souhaiteriez faire passer aux femmes ?
- Speaker #0
La vie, c'est le mouvement, c'est bouger, c'est pas être statique. Et puis surtout, ne pas perdre espoir. Je ne veux pas mourir vivante.
- Speaker #1
Vous êtes mise immédiatement en mode action. En mode combat. Vous et vos proches.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Au cœur de la santé par Bastide Médical. Avec nous, des personnels soignants, des médecins, des patients qui viennent témoigner de leur expérience. Aujourd'hui, nous recevons Laurence Podzaski qui travaille chez Bastide Médical. Laurence a développé deux cancers du sein et pendant son traitement médicamenteux, elle a découvert le milieu de la voile et donc appris à se battre contre vents et marées. Bonjour Laurence.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Par rapport à la maladie, comment vous sentez-vous aujourd'hui ? Est-ce que vous vous estimez guérie, en rémission ?
- Speaker #0
En vie, tout simplement. Voilà, donc la rage de vivre, la rage de tout faire.
- Speaker #1
Vous vivez dans quelle région aujourd'hui ?
- Speaker #0
Plein Centre France.
- Speaker #1
Plein Centre France, ce n'est pas tout à fait à côté de la mer.
- Speaker #0
Non, pas à côté de la mer, non, pas vraiment.
- Speaker #1
On reviendra sur la façon dont vous avez peut-être développé cette passion pour la voile, mais quand est-ce que vous avez appris que vous aviez un cancer et dans quelle situation familiale étiez-vous ?
- Speaker #0
Déjà, j'étais à risque, donc j'étais suivie déjà avant mes 40 ans. issue d'une famille de cancer, je ne sais pas si ça se dit comme ça. Et puis, c'est ma fille, en me donnant un coup, j'ai eu mal, peu de temps après avoir été pourtant suivie. Et puis je me dis, je lui ai donné la vie, puis elle m'a sauvé la vie. Donc c'est comme ça que je suis retournée voir ma gynéco, puis qu'on a refait des examens. Alors que deux mois avant, j'avais déjà tout fait, tous mes examens, et c'était nickel. Alors qu'ils étaient passés à côté. D'où l'importance de vraiment bien se faire suivre, et si on a le moindre doute, d'aller plus loin.
- Speaker #1
Vous nous expliquez que votre fille vous a donné un coup, rassurez-nous, elle était enfant.
- Speaker #0
Elle avait 4 ans, donc on chahutait.
- Speaker #1
Tout simplement, oui,
- Speaker #0
c'était pas un coup. On se taquignait, on jouait, en jouant.
- Speaker #1
Et vous étiez suivie, vous déjà, bien avant vos 40 ans. Dans votre famille, quelle est l'histoire familiale en fait ?
- Speaker #0
Chez nous, les femmes à 44 ans, elles développent des cancers. Et moi, j'étais persuadée que ça passerait pas par moi, le cancer. Mais j'avais mameau, écho. Et puis, c'est un cancer qui ne se voyait pas. Donc, des seins assez denses. Donc, même si une femme a des petits seins, c'est important quand même de se faire surveiller. Ce n'est pas parce qu'elle a des petits seins qu'ils ne sont pas denses. Et donc, le cancer peut se cacher dedans si on ne fait pas un suivi plus approfondi, en fait.
- Speaker #1
C'est quand même terrible ce que vous venez de nous dire. C'est-à-dire qu'à 44 ans, on sait dans votre famille qu'on va développer un cancer du sein. Vous avez vécu comment cette attente ? Non,
- Speaker #0
je n'étais pas inquiète parce que je me suis dit, moi, le cancer, je veux couper la chaîne. Et puis, quand on me l'a annoncé, je me suis dit, c'est toujours ma phrase qui est restée durant tout mon traitement, c'est je ne veux pas mourir vivante. Et comme je me sentais tellement vivante, je venais d'avoir ma fille qui avait que 4 ans. Donc, oui, je ne voulais pas mourir vivante. Donc,
- Speaker #1
le cancer du sein, c'est un des cancers les plus courants. devant le cancer de la prostate ou le cancer colorectal ou du poumon. C'est la troisième cause de mortalité par cancer. Vous avez eu peur quand la maladie vous a été annoncée ou vous y étiez quelque part préparée parce que vous aviez cette histoire familiale ?
- Speaker #0
Préparée ? Non, je pense qu'on n'est jamais préparé. Même si on sait qu'on a des tantes, des grands-mères, des cousines qui ont eu un cancer du sein, on n'est jamais préparé. ça... Un combat qu'on a fait ensemble, en famille. Et puis, c'est vrai que c'est compliqué, parce que pour les enfants, pour les proches, le cancer, c'est signe de mort, c'est signe de... Ah, mais tu vas mourir. Non, non, je ne veux pas mourir. Je ne veux pas... Donc, c'était compliqué, mais on s'est battus ensemble. J'étais très accompagnée par mon mari, par mes enfants. En fait, à chaque moment difficile, on en a fait une force.
- Speaker #1
Vous vous êtes mise immédiatement en mode action, vous et vos proches.
- Speaker #0
Oui, oui. Parce qu'au début, les enfants vous disent cancer, tu vas mourir ? Non, non. Et du coup, on a trouvé des palliatifs pour affronter la maladie, pour se battre, pour combattre. À chaque chimio, par exemple, j'avais dessiné une fleur, ma fille coloriait les pétales et je lui disais, là, je ne vais pas être bien, je serai peut-être moins patiente. Et en fait, on a tout joué le jeu. On a eu des moments très forts, très difficiles. Et puis, par exemple, après la première chimio, quand on vous annonce que 14 jours après, vous allez perdre vos cheveux, on met les mains dans les cheveux, puis les cheveux tombent. Et puis là, on en a rigolé. Mon mari m'a tendu en faisant une crête, en étant punk. Enfin, on a essayé de faire des choses pour dédermatiser tout ça.
- Speaker #1
Et vous l'avez fait ? pour vous ? Vous l'avez fait pour eux ou vous pensez que c'était quelque chose qui était nécessaire pour tout le monde ?
- Speaker #0
Je n'ai pas réfléchi, ça a été comme ça et c'est comme ça qu'on l'a... Je n'ai pas calculé, je ne me suis pas dit pourquoi moi j'ai le cancer alors que non, je me suis dit, il faut y aller, il faut aller au combat. Et c'était marrant parce qu'avant de découvrir la voile, j'avais l'impression que je recevais des déferlantes, que c'était vraiment... Et puis je me suis dit, je vais affronter la tempête. Et voilà.
- Speaker #1
Vous avez évoqué ces... Ces scènes cocasses avec votre mari et votre fille, comment ont-ils trouvé leur place d'aidant à vos côtés ?
- Speaker #0
Heureusement qu'ils étaient là, parce qu'ils apportent une force incommensurable. Mais eux aussi sont dans la souffrance, parce qu'ils ont toujours peur de ne pas assez faire, ou de ne pas être là au bon moment. Et ils sont aussi dans la souffrance, parce que c'est compliqué pour l'aidant. Mais ils ont un rôle incroyable.
- Speaker #1
Est-ce que chacun a pu... Retrouver sa place, une fois la maladie derrière vous, votre mari cesser d'être votre aidant et redevenir votre époux et votre fille cesser d'être votre aidante pour être votre fille ?
- Speaker #0
Ils ont été tout à la fois, alternativement, une fois les aidants, l'époux, le mari et tout, voilà.
- Speaker #1
Et précisément, comment la voile s'est imposée à vous, puisque vous vivez du côté de Bourges, on l'a dit, la mer n'est pas à côté ?
- Speaker #0
C'est des amis qui avaient un petit bateau. Ils nous ont dit, tiens, on ne voulait pas faire un week-end avec nous. Et puis, on est partis comme ça avec eux un week-end. Et il faisait très beau, très chaud. Ouais, c'est sympa la voile. C'est sympa. Et puis, le lendemain, ce n'était plus le même temps. Les conditions de temps étaient beaucoup plus difficiles. Et puis, c'est là où je me suis découvert une passion. Je me dis, mais j'adore. J'adore affronter. Je pense que c'était le parallèle un peu et que j'avais l'impression de... d'être face aux éléments, de les combattre en fait. Comme j'ai pu combattre mon cancer, avec ces moments de calme et de répit.
- Speaker #1
Alors ça, ça a été l'affaire d'une journée ou de deux jours. Qu'est-ce qui a été le déclic pour vous dire, j'ai envie d'y retourner ? Et puis précisément, qu'il n'y ait pas forcément du beau temps.
- Speaker #0
Oui, j'aime beaucoup le beau temps maintenant, je préfère même, je vous rassure. Je ne sais pas, j'ai découvert une passion, quelque chose qui m'a animée. Du coup, après, j'ai fait des stages de voile et j'ai commencé par le mauvais temps pour aller vers le beau temps, un petit peu comme la maladie. On a commencé par le mauvais temps pour avoir des jours meilleurs et redécouvrir le beau temps.
- Speaker #1
Vous étiez sur quelle mer ?
- Speaker #0
Surtout dans le golfe de Gascogne et puis en Bretagne.
- Speaker #1
En Bretagne. Aujourd'hui, vous avez votre propre bateau ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il mouille où ?
- Speaker #0
À La Rochelle. À La Rochelle. Et puis, on adore. C'est un beau parcours de jeu. On peut aller à l'île d'Oléron, l'île de Ré, l'île Dieu, Groix, Belle-Île, Ouad, Ouadik.
- Speaker #1
C'est un bateau habitable ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. On part en famille. On partait tous les cinq. Bon, maintenant, les grands sont plus grands. Donc, on va se retrouver le plus enfant tous les deux. Et c'est une passion qu'on partage ensemble.
- Speaker #1
La capitaine, c'est vous ?
- Speaker #0
La capitaine, c'est moi.
- Speaker #1
Toujours ?
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
Ça a toujours été le cas ?
- Speaker #0
Ça a toujours été le cas. Mon mari, c'est le pêcheur.
- Speaker #1
Qui reste à l'arrière ?
- Speaker #0
Non, il fait les manœuvres de port. Moi, je préfère faire la cartographie, la navigation, la feuille de route. Et lui, pendant ce temps, il pêche. Et on mange des bons poissons, des bons bars.
- Speaker #1
C'est toujours agréable.
- Speaker #0
Toujours agréable.
- Speaker #1
Vous avez fait le parallèle entre la maladie et un vocabulaire marin. Vous avez parlé de déferlantes, vous avez parlé de tempêtes. Est-ce que la voile vous a permis de mettre des mots et des... images sur ce que vous aviez traversé. On parle de traverser une maladie aussi, d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui, c'est assez étonnant parce qu'en fait, avant mon cancer, la voile, moi, étant née à Strasbourg, la mer est aussi un peu loin. Donc, je me suis dit, je ne ferai jamais de la voile de ma vie. Et puis, c'est marrant ce parallèle entre la maladie et la découverte de la voile, la passion de la voile. En plus, où j'ai aimé la voile, c'est dans un moment difficile. Pourtant, là, je fais très attention autant... pour que tout le monde se sente bien en bateau, que personne n'ait peur et tout. Je suis plutôt très rassurante. par rapport à tout ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous plaît le plus sur le bateau ? C'est précisément de mener la barre et donc d'être en maîtrise ? Ou bien c'est simplement l'idée de dépassement et de liberté qui vous anime ?
- Speaker #0
C'est tout. Parce qu'en fait, quand on est sur un bateau, on largue les amarres et on a l'impression de tout laisser hacker et de faire la cartographie, de faire la navigation, calculer les marées, faire son plan de route. Et puis, quand on a décidé d'aller dans un endroit, et puis finalement, on se dit qu'on ne peut pas y aller parce que le vent est contraire. Donc c'est s'adapter. Et par rapport à la maladie, c'est s'adapter à la maladie. Il y a un vrai parallèle, en fait, entre la mer, la maladie, comme vous dites, traversée.
- Speaker #1
Et est-ce que, pendant que vous étiez malade, est-ce que, là aussi, vous fixiez des objectifs, des port-étapes, quelque part ?
- Speaker #0
On s'en fixe toujours, oui, des port-étapes. La première chimio, la deuxième chimio, les rayons. Les consultations avec l'oncologue, le chirurgien, c'est des étapes.
- Speaker #1
Dans cette odyssée, est-ce que vous êtes toujours arrivée à bon port par rapport aux objectifs que vous étiez fixés ?
- Speaker #0
Pour l'instant, oui, j'ai de la chance. Je suis là.
- Speaker #1
Pourquoi pour l'instant ?
- Speaker #0
Parce que c'est derrière vous, non ? Oui, bien sûr, je suis arrivée toujours à bon port. C'est que du positif, en fait.
- Speaker #1
Votre oncologue, est-ce qu'il vous avait prescrit du sport ? Parce qu'on sait que... L'activité physique ?
- Speaker #0
Oui, c'est le premier traitement qu'il m'a dit, c'est le sport. Le sport, ça va être maintenant mon premier médicament, mon premier, c'est l'activité physique.
- Speaker #1
Et pourquoi est-ce que le mouvement a été si important dans votre reconstruction ?
- Speaker #0
C'est le tout est possible, en fait. Le tout est possible, le dépassement de soi, dire que, en fait, oui, tout est possible, en fait.
- Speaker #1
Vous travaillez dans le secteur de la prestation de santé à domicile. est-ce que Le fait d'avoir vous-même été malade et d'avoir été en position d'être accompagnée par un professionnel ou un professionnel tel que vous a changé votre rapport avec les patients quand vous les rencontrez ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai toujours été dans la bienveillance et dans l'écoute, puisque dans une famille où on a eu beaucoup de cancers, on avait déjà eu affaire à la prestation de santé de part des raisons familiales. j'étais toujours à tête très à l'écoute vis-à-vis des patients, mais peut-être encore plus. Au début, je n'osais pas en parler de mon cancer. Et après, je pense que quand je l'ai digéré, je n'ai plus à en parler avec les patients. Et je pense que je leur apporte beaucoup par rapport à ça, mon témoignage. Et puis, quand tu me vois à bon, tu as eu un cancer, je pense que ça les étonne toujours parce que j'ai toujours ma joie de vivre.
- Speaker #1
Après un cancer, le corps change, parfois profondément. Comment est-ce que la voile, la marche, les défis physiques Merci. que vous vous êtes imposé, vous ont-ils permis de vous réapproprier votre corps ?
- Speaker #0
Oui, le corps change. Il y a des cicatrices qui restent, qui seront à vie. Et le corps change parce qu'au début, on a du mal à marcher, on n'arrive plus à marcher, on a des douleurs et tout. Et le fait de faire de la marche ou du sport, ça permet justement de retrouver le mouvement. Et la vie, c'est le mouvement, c'est bouger, c'est pas être statique. Donc c'est très important, le mouvement.
- Speaker #1
Est-ce qu'au-delà Du sport, vous vous êtes autorisée aussi d'autres soins de support ?
- Speaker #0
Oui, par exemple, quand j'avais fait ma radiothérapie, ce qui est important aussi, c'est les coupeurs de feu. Ça m'a évité d'avoir des séquelles, d'avoir des brûlures. Donc c'est important aussi d'avoir la médecine parallèle pour s'aider. Et puis les aidants sont vraiment très, très importants. On les oublie aussi très souvent, alors qu'ils ont un rôle prépondérant à jouer. Et surtout qu'ils souffrent aussi. Il ne faut pas négliger leur souffrance. D'aider les dents aussi.
- Speaker #1
Vous parlez de médecine parallèle. Il y a médecine parallèle et médecine parallèle. Est-ce que ces personnes qui vous ont suivies, vous avez été conseillées par le centre anti-cancer ? Oui,
- Speaker #0
par le centre. Maintenant, de plus en plus, c'était un peu les prémices. Et maintenant, de plus en plus, ils font appel aux coupeurs de feu. Et c'est vraiment important. Il y a une journée où je n'ai pas pu le faire et j'ai vraiment senti la différence. Donc si votre centre anti-cancer vous le propose, il faut vraiment faire appel à eux. Ça évite des séquelles.
- Speaker #1
Toujours faire appel à des personnes qui sont conseillées par des professionnels de santé.
- Speaker #0
C'est important que ce soit des professionnels de santé qui vous le conseillent.
- Speaker #1
On aurait peut-être pu penser que vous, finalement, cette passion qui est née pendant votre pathologie, vous la laissiez derrière vous avec la maladie une fois ceci achevé. Quel est votre moteur aujourd'hui pour continuer à naviguer ?
- Speaker #0
La découverte, le fait d'aller sur une île, quand vous allez sur une île ou un endroit en bateau, ce n'est pas du tout la même vision qu'aller en voiture, à pied, c'est un moment de liberté, un moment de... Oui, ça n'a rien à voir en fait.
- Speaker #1
Est-ce que vous vous êtes fixé des défis de traverser par exemple ?
- Speaker #0
Le golf, oui, j'avais déjà traversé le golf et ça, ça a été un super beau défi.
- Speaker #1
Le golf de Gascogne ?
- Speaker #0
Le golf de Gascogne. Je crois que je n'ai jamais été aussi malade en traversant le golf de Gascogne que pendant la maladie avec les traitements. Mais ça passe. Il faut apprendre à le gérer, il faut apprendre et puis ça passe.
- Speaker #1
Et est-ce que vous avez d'autres... Un défi sportif que vous seriez fixé ?
- Speaker #0
J'ai un nouveau défi aussi, c'est après la mer d'eau. J'ai découvert la mer de sable. Donc en février, je vais faire un trek. Trek, elle marche justement aussi pour aider une jeune sportive en fauteuil, pour le tennis fauteuil. Et puis on marche pour elle, pour lui apporter des fonds et tout. Donc toujours dans le défi, toujours faire un... Un marathon de 100 km en 4 jours. Un défi aussi avec la cartographie. Donc voilà.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Pendant combien de temps ? Vous êtes en autonomie totale ?
- Speaker #0
Comment ça se passe ? On va marcher en fait tous les jours. Il faut qu'on ait fait 100 km, si on ne se trompe pas avec la cartographie. Donc là, mes petites collègues, elles comptent sur moi. Et puis de marcher, voilà.
- Speaker #1
Avec passion.
- Speaker #0
Avec passion.
- Speaker #1
Quel message est-ce que vous souhaiteriez faire passer aux femmes qui, comme vous, ont des antécédents familiaux qui parfois retardent la consultation.
- Speaker #0
D'y aller, parce que alors que je ne suis pas une bonne élève non plus, je retarde aussi mes rendez-vous, mais il faut vraiment aller faire ses rendez-vous médicaux, ses contrôles, c'est très important. Et puis surtout, ne pas perdre espoir, les traitements évoluent chaque jour, et puis surtout le mouvement, être dans le sport, ça c'est très important, de marcher, de bouger. On n'est pas obligé de faire du sport à haut niveau, mais bouger, c'est très important.
- Speaker #1
Votre fille avait 4 ans quand la maladie a été décelée, en tout cas la première. J'imagine qu'elle est aujourd'hui adulte.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment est-ce que vous abordez ce sujet avec elle ?
- Speaker #0
Elle sait qu'il faudra qu'elle y passe. À l'examen, vous voulez dire ? Oui, à l'examen, bien sûr. Rassurez-moi quand même. Je vous ai dit que j'avais coupé le fil. Là, maintenant, c'est terminé. Oui, elle sait qu'il faudra faire des contrôles.
- Speaker #1
Est-ce qu'elle a déjà entamé ou est-ce qu'à 18 ans c'est trop jeune ? Non,
- Speaker #0
c'est trop jeune à 18 ans. Je me suis déjà renseignée. Non, c'est trop jeune encore, on ne l'embête pas encore. Ce n'est pas l'embêter, c'est justement prendre soin d'elle.
- Speaker #1
C'est prendre soin d'elle. Votre prochaine navigation, c'est où ?
- Speaker #0
Je ne sais pas encore.
- Speaker #1
Vous n'avez pas encore ?
- Speaker #0
Je ne sais pas encore.
- Speaker #1
La voile, c'est tous les week-ends ? Non, malheureusement,
- Speaker #0
ça s'organise. C'est surtout l'été et il y a des longs week-ends.
- Speaker #1
Merci Laurence, et bon vent à vous.
- Speaker #0
Merci beaucoup, à vous aussi.
- Speaker #1
A bientôt. Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui au cœur de la santé par Bastille.
- Speaker #0
Merci beaucoup.