- Speaker #0
Salut à tous et bienvenue dans un nouveau voyage dans l'esprit des sportifs. Dans cet épisode, nous découvrirons les émotions traversées, les histoires et les enjeux d'un athlète sur la route de son propre succès. Je suis Théo, entraîneur de ski alpin et coach mental, et je vous amène voir ce qu'il se cache au-delà des médailles. C'est parti !
- Speaker #1
Bonjour,
- Speaker #0
ça m'appelle Oscar Giraud. Oscar, je te laisse te présenter.
- Speaker #1
Je m'appelle Oscar Giraud, j'ai 17 ans, j'habite à Villars dans la station ski. J'ai commencé le ski, j'avais deux ans. J'ai toujours pratiqué pas mal de sports, le hockey, le tennis, le golf. Je suis vraiment animé par ça. Je pense être quelqu'un d'assez sociable, mais même en fait, dans le sport, c'est pas mal, mais dans la vie de tous les noms, c'est un petit peu compliqué. C'est chiant. Voilà. Ouais.
- Speaker #0
Tu nous dis que t'es passionné par le sport. C'est quoi les sports que tu pratiques ?
- Speaker #1
Donc, le ski alpin, j'ai pratiqué toute ma vie un petit peu moins cette année. Le hockey sur glace, le golf, beaucoup de musculation. Vélo de route aussi, j'aime pas mal ça. Et c'est les sports principaux que je fais. Après, on en fait des fois outre ça, mais c'est vraiment ce qui m'anime. Oui, ce que tu fais.
- Speaker #0
Quel est selon toi le point commun entre tous ces sports ? Parce que quand on pratique quelque chose, c'est parce qu'on aime quelque chose. Et toi, qu'est-ce que tu aimes dans tous ces sports ? Est-ce qu'il y a un point commun entre tout ça ?
- Speaker #1
Me dépasser, je pense. En fait, quoi que je fasse, j'ai toujours besoin de me fixer un objectif ou un truc à atteindre. Et quand je n'en ai pas,
- Speaker #0
c'est moins stimulant.
- Speaker #1
Et je trouve que dans le sport, il y a toujours un moyen de se relâcher, de décompresser, de réfléchir. Même des fois, pendant que je fais du sport, c'est peut-être bizarre de le dire, mais j'arrive à… Je trouve des idées pour d'autres trucs que je n'avais pas pensé et c'est vraiment un moyen de me libérer et de me dépasser. Du coup, j'adore ça.
- Speaker #0
Un moyen de réflexion aussi. Ok. Qu'est-ce qui t'a permis de rentrer dans le ski ? Pourquoi t'es rentré dans le ski ?
- Speaker #1
Déjà, je pense dans le cadre de vie dans lequel nous vivons dans les montagnes et aussi de par mes parents et mon frère. Mes parents avaient un restaurant sur les pistes, du coup j'étais tout le temps amené à être là-haut. Et j'ai suivi un petit peu comme mon frère faisait du ski et du hockey, j'ai fait la même chose. Et ce que j'aimais bien dans le ski c'est que... quand on réussissait parce que j'avais les deux exemples j'avais un sport collectif et un sport individuel et dans le ski ce que j'aimais bien c'est que quand on gagnait c'était grâce à soi même et personne d'autre on devait quelque chose par exemple aux entraîneurs mais c'était principalement grâce à nous alors que dans le hockey des fois j'avais du mal avec le fait que j'ai eu la sensation de me donner à fond et que d'autres beaucoup moins Et j'avais du mal à gérer cette phase là.
- Speaker #0
Ouais on voit souvent dans les matchs de foot où quelqu'un est homme du match et pourtant son équipe a perdu. Et c'était ce truc là que tu avais du mal à gérer.
- Speaker #1
Et puis surtout dans les catégories petites, je dirais jusqu'à 13 ou 12 ans en ski ou en hockey ou petit, il y a des enfants qui font ça juste pour s'amuser et c'est pas le but de la compétition. Et j'ai du mal à faire un sport sans voir la compétition derrière.
- Speaker #0
Pourquoi tu as continué dans le ski et pas dans le hockey par exemple ? Qu'est-ce qui t'a permis de rester dedans ? Qu'est-ce qui te fait vibrer dans le ski ?
- Speaker #1
Déjà je pense que j'ai choisi le ski plutôt que le hockey de part. Ce n'est pas un critère sportif mais de part mes amis. Je commençais à avoir de vrais bons amis au ski et au hockey beaucoup moins. Je ne me sentais pas très à l'aise avec ce que j'ai dit juste avant. Et aussi de par le fait qu'on était déjà tout le temps dehors, on pouvait voyager, j'adore voyager et c'est vraiment quelque chose de bien. Et je trouve que dans le ski, le ski demande d'être tellement complet sur plein de choses que je me voyais plus me dépasser dedans que dans un autre sport.
- Speaker #0
Ouais, au-delà même de la pratique et du ski alpin, dans la préparation physique, etc., c'est pluridisciplinaire quoi.
- Speaker #1
C'est vrai que tu kiffes le ski.
- Speaker #0
Exactement. Ouais, carrément. Je sais qu'il y a certains athlètes qui vont dans un sport plutôt que dans un autre parce qu'ils sont bons dans un sport et un peu moins bons dans l'autre. Toi, puisque tu as ce truc de la guide, est-ce qu'il y a ça aussi qui a influencé ton choix ou pas ?
- Speaker #1
Un petit peu, mais je pense que j'avais à peu près le même niveau dans les deux sports. Je me sentais à l'aise dans les deux. Ce n'était pas un problème. Après, c'est sûr que si je n'aurais pas du tout été bon en ski, je n'aurais pas fait de ski. Vu que je pratiquais même le hockey, j'ai commencé, j'avais trois ans. Et quand on est jeune, on ne sait pas trop le niveau qu'on a, juste on avance et ça se fait étape par étape. Mais c'est sûr que dans un cas où j'aurais été moins fort dans un sport, j'aurais brillé l'autre je pense. Parce que forcément, vu que je fais un sport pour gagner et pour la compétition, si je sais que je ne suis pas très bon, je vais moins prendre de plaisir. Parce que je sais qu'il y a beaucoup de personnes, même en ayant juste participé, ils arrivent à... à se faire totalement plaisir et moi depuis qu'on est petit on m'a toujours répété une phrase l'important c'est de participer ou c'est bien déjà, t'as pu faire la cour et même si je suis pas très fort c'est une philosophie que j'adopte pas du tout, j'aime vraiment pas ça c'est une phrase c'est pour m'énerver si on est là pour participer autant faire du loisir il y a vraiment cet aspect de se dépasser de chercher le
- Speaker #0
le meilleur résultat possible d'être le meilleur dans la discipline. Ça nous amène tout de suite à parler de ton palmarès, un peu ce que tu as fait. Est-ce que tu pourrais nous parler du résultat qui t'a le plus rendu fier, le truc dont tu es le plus fier ?
- Speaker #1
Je pense que c'est quand j'ai fini 4e au championnat de France, juste à côté de mon ami Tronon. C'était vraiment un résultat qui m'a rendu fier. Parce que jusqu'à présent, je savais que j'avais un certain niveau de ski. Au niveau national, parce qu'au niveau régional, on n'est pas beaucoup. Donc des fois, c'était facile. Enfin, pas facile, mais j'arrivais plus parce qu'il y avait plus d'abordables. Et il y avait moins de... Comment on appelle ça ?
- Speaker #0
De masse.
- Speaker #1
De masse et de personnes. Donc c'était plus abordable. Et au championnat de France en UCI, j'avais le ski. Je faisais toujours des grosses fautes et c'était dur. Et je voulais... montrer à moi-même et aux autres que j'étais là et que je pouvais le faire. Et du coup, j'ai fini quatrième. en n'ayant pas très bien skié à deuxième, je vais le regretter un peu, mais c'est déjà très bien. Et ça a été pour moi le meilleur résultat, parce que je l'ai partagé avec quelqu'un. Et en ski, on se le doit à soi-même, et c'est déjà d'autant plus satisfaisant. Mais de le partager avec quelqu'un qui ressent exactement la même sensation que toi, c'est énorme. Parce qu'en ski, des fois, par exemple, à une course, ton ami va réussir et toi non. Et du coup ça veut dire que lui va être super content et pas du tout et des fois on est jamais trop aligné sur les émotions quand on parle de compétition pub et du coup j'ai vraiment adoré ce mot.
- Speaker #0
Surtout que c'est un super pot à toi quoi, c'est pas juste une connaissance.
- Speaker #1
Ah oui c'est tout partagé.
- Speaker #0
En bref quoi. Ouais carrément. Ouais trop bien. Au-delà du résultat, quel est le meilleur souvenir que tu as quand tu repenses à tes années ? Quand je dis les années où tu faisais du ski, c'est les années où vraiment la compétition était centrale et que tu étais vraiment à fond dedans. Au-delà du résultat, quel est ton meilleur souvenir ?
- Speaker #1
Je pense que c'est mon année du 16 deuxième année, donc quand j'étais en seconde. J'avais 16 ans, il me semble, 15 ans. Et c'était génial parce que... Justement j'avais mon ami Toinon et d'autres personnes à côté de moi qui étaient dans le même objectif que moi. Et on arrivait à être tous les deux pareil. C'est-à-dire sur les skis on est à bloc, mais là à côté on s'amuse, on rigole et on pense vraiment à autre chose. Mais dès qu'on est en mode entraînement, on rigole plus. Et ça j'ai adoré parce que vraiment je me suis amusé du début jusqu'à la fin de l'année, les stages. Donc en coach j'étais avec toi ou avec Alex. Et j'ai vraiment bien aimé. Puis ce qui est bien, c'est que je trouve Alex et toi ne m'apportaient pas forcément les mêmes choses. Et j'arrivais et je trouvais ça très complémentaire. Et du coup, ce qui fait que j'ai vraiment bien aimé et je me suis senti bien vraiment toute l'année.
- Speaker #0
Je pense que c'est intéressant aussi qu'on prenne le temps de parler de la relation entraîneur-entraîné. Puisque tu disais que tu avais deux coachs. Donc on n'était pas du tout sur les mêmes sites, on n'était pas dans le même club. On ne se parlait pas tout le temps. Comment est-ce que tu as réussi à gérer ces deux relations-là ? Et pour que toi, tu puisses en faire une force, il y a quelque chose de complémentaire pour toi ?
- Speaker #1
En fait, j'ai essayé à chaque fois de tirer le meilleur de ce que les deux coachs me disaient. C'est-à-dire que, par exemple, sur toi, on est sur l'aspect mental. Je pense que si on n'aurait pas fait ce qu'on a fait au niveau de l'après-mental et le fait de se dépasser, je n'aurais pas fait ces résultats-là. Parce qu'avec Alex, j'ai très bien bossé le ski toute l'intersaison, l'été et tout ça. Sauf qu'il me manquait un truc pour le passer. Et de par l'imprègne mentale, j'ai réussi à travailler et du coup à arriver à skier à 100%. Je me rappelle, on faisait des manches où même si j'explosais, je devais arriver en bas. Et ça m'a vraiment permis d'évoluer et de passer à un cap.
- Speaker #0
Oui, tu as réussi à cibler le meilleur de chaque coach. Ok, tel coach va m'apporter quelque chose de technique et vraiment du ski pur. Tel coach va m'apporter ce qui me manque dans l'aspect mental et bingo ça fait le même.
- Speaker #1
Oui, parce qu'après en plus si on se pose trop de questions, quand il y a deux coachs qui nous donnent des conseils et qu'on réfléchit trop, je trouve si on réfléchit trop aussi, on va se dire mais lui il m'a dit ça, sauf que l'autre il m'a dit ça, ça peut se ressembler. Alors que juste, vas-y, pense au moment présent. Oui.
- Speaker #0
Est-ce que dans la relation que tu avais avec les deux coachs, est-ce qu'il y avait une différence ? Je ne demande pas de comparer, de savoir ce que tu as préféré ou pas, mais juste les différences qu'il y avait et en quoi ça a été utile pour toi.
- Speaker #1
Je pense qu'avec toi, j'arrivais plus à me confier et à parler de choses vraiment sincères, alors qu'avec Alex, un peu moins. Mais le point commun, c'est que je vous considère tous les deux, enfin j'espère, comme des amis. Et vraiment, en fait, vu que j'avais cette relation-là, je pouvais dire ce que je pensais et je n'étais pas gêné ou je n'avais pas peur de la réaction. Et du coup, ça faisait que... je vous ai entièrement confiance les deux et que j'avais confiance en ce que je faisais je sais que si toi ou Alex me disait quelque chose j'avais confiance en ça et j'avançais en fonction de ça c'est vraiment dans la confiance que tu avais entre les deux personnes qui t'a permis vraiment de t'exprimer et ça permet de moins se poser de questions et de ce qui est plus libéré parce que quand on se pose trop de questions c'est un petit peu plus compliqué des fois
- Speaker #0
Maintenant, actuellement, tu es en terminale, tu as passé ton test technique, etc. Comment tu vis, on peut appeler ça une fin de carrière, ou en tout cas le fait que le ski soit de moins en moins important pour toi dans ta vie ? Comment est-ce que tu vis ça ?
- Speaker #1
Alors, je peux revenir en première ? Donc, j'ai arrêté le ski... J'ai arrêté officiellement dans ma tête le but de devenir skieur de haut niveau et de la langue du monde, je pense à la fin de la seconde, la fin du 16 deuxième année. Parce que j'ai vécu un épisode qui m'a fait très mal, honnêtement. On en reparlera juste après. J'ai eu du mal à le faire et du coup je l'ai très mal vécu pendant une longue période, de par le contexte de l'école, etc. Et maintenant, je pense que j'ai réussi un petit peu à grandir, et je le vois d'un point de vue extérieur, et je pense que ça m'a ouvert des portes et des opportunités que je n'aurais pas forcément eues, et j'ai rencontré et grandi d'une manière que je n'aurais pas forcément eue aussi avant, donc il y a des aspects positifs et négatifs, mais c'est sûr qu'au fond de ma tête, j'ai quand même un petit regret qui... qui est là mais de toute façon c'est fait et je regrette pas enfin je regrette pas ton choix oui quand même à regarder dans le fait de je l'ai pas fait voilà ok parce que je sais que j'avais j'avais beaucoup donné pendant de longues années avant même si on est jeune des fois j'ai fait des sacrifices pour réussir quelque chose et de pas être allé au bout de du truc réellement pour moi c'est je le prends La fin du ski je le prends un petit peu comme un échec Parce que vraiment J'aime pas ne pas finir quelque chose Je peux échouer, je peux ne pas réussir Mais ne pas aller au bout C'est quelque chose que j'ai du mal Et là pour le coup
- Speaker #0
C'est pas l'échec qui t'a empêché d'aller plus loin Par exemple moi c'est parce que J'ai échoué plusieurs fois et du coup je pouvais pas aller plus loin Toi c'est plutôt le fait de pas être allé au bout Est-ce que tu peux nous parler de cette période là Où Où Tu finis ta carrière, en tout cas le fait de croire au ski de très haut niveau, sur une plutôt bonne note quand même. En tout cas pour la plupart des personnes c'est quelque chose qu'ils rêveraient d'avoir. Toi comment tu as vécu cette fin de carrière ?
- Speaker #1
En fait ça a été très rapide parce que... J'ai fait la meilleure saison que j'avais jamais fait de ma vie. Avec Toinon, on avait gagné toutes les régionales. J'avais fait 4e au Château-Port-de-France, 8e, j'avais fait 3e à Desmanches, 16e aux OPA. Et pour moi, la question ne se posait même pas de continuer ou de ne pas continuer. Et après, j'ai voulu postuler pour rentrer au Pôle France. Et il y a eu un petit contre-temps avec...
- Speaker #0
Avec des dossiers ?
- Speaker #1
Avec des dossiers, on va dire. Et donc, ce qui m'a refroidi et ce qui m'a un petit peu énervé, je me suis dit, si tes personnes ne veulent pas forcément que j'aille là-bas, je me suis dit, c'est peut-être le moment de te penser à autre chose. Parce que j'hésitais quand même déjà avec le fait de me consacrer un petit peu plus aux études. Et j'avais aussi le projet de faire un voyage linguistique. Donc mon choix après cette chose là, mon choix a été...
- Speaker #0
Ouais a été... Et comment tu l'as vécu ? J'en parle dans l'épisode avec Paul Lou mais c'est moi quand j'ai arrêté ma carrière, c'était un moment ultra dur à vivre où j'ai beaucoup pleuré, j'ai beaucoup galéré. Toi comment tu t'es senti ?
- Speaker #1
Bah en premier temps, j'ai pas trop vu, enfin j'ai pas trop ressenti de choses parce que j'ai fait mon voyage linguistique, j'ai arrêté au mois de mai et après je suis parti en vacances avec mes parents et j'ai fait le voyage linguistique. Du coup je pensais pas trop à ça, sauf que du moment où je suis rentré en classe en septembre, et bah j'ai pris un peu une claque face à la réalité. Parce que déjà, tous mes meilleurs amis étaient partis, avaient pris un choix différent et étaient acceptés là où ils voulaient aller. Alors que moi non, puis je me suis rendu compte que toutes les personnes du lycée ou des choses comme ça, je ne les connaissais pas. Je trouve que dans le ski, des fois, pas trop en classe sortie, mais surtout au comité, on a tendance à s'enfermer et à rester contre nous. Et de pas trop se faire aimer aussi, je sais que tous les gens de ma classe, je l'ai appris pas longtemps après que je sois arrivé, ils ne m'aimaient pas trop. Et du coup, ça fait beaucoup d'un coup, puis tu vois tes amis s'amuser, continuer. Et en plus, il y a des personnes qui ne le savaient pas du tout, mais du coup, de fin août à mars de l'année d'après, j'étais vraiment pas bien. Je parlais beaucoup moins, je m'exprimais moins, je rigolais moins. Et en fait, j'avais du mal à me sentir à l'aise au lycée. Je n'avais plus trop d'amis. J'étais des fois avec des gens, des fois avec d'autres, mais je n'avais plus mon binôme, mes amis. Ça a été vraiment compliqué.
- Speaker #0
Oui, parce qu'à l'inverse, ton meilleur pote, lui, il est parti au Pôle France. Là où toi, il y a eu un couac et tu n'as pas pu y aller. Est-ce que ça, malgré le fait que ce soit ton meilleur pote, est-ce que ça a été un coup dur pour toi de voir ton meilleur pote y aller et toi ne pas y aller ?
- Speaker #1
pas dans ce sens là parce que j'ai toujours été à fond derrière toi dans mes repotes parce que je le soutiens 100% et quand il réussissait j'étais content pour lui vraiment j'espère qu'il y aura le plus long possible mais j'étais déçu dans le sens de dire que au niveau administratif ça se serait passé différemment, j'en serais pas là aujourd'hui et j'avais ce regret de me dire mais enfin En plus, le truc c'est que j'aurais pu rester au Pôle Espoir à Villars et continuer, mais j'en avais pas forcément l'envie. Je me voyais pas avec les coachs, le cadre et tout ça, je me voyais pas réussir à performer comme je voulais. Ok.
- Speaker #0
Merci. Qu'est-ce qui t'a permis de remonter la pente et de petit à petit reprendre goût à la vie entre guillemets et de retrouver toi ?
- Speaker #1
Je pense qu'on découvre qu'après le ski... Il y a vraiment autre chose en fait, il y a plein de choses à côté qu'on voit pas forcément. Je me suis fait plein de nouveaux amis après avec le temps, à plus m'amuser, prendre le temps de vivre. Même dans les études, j'avais de nouveaux objectifs. Après le voyage linguistique, en y repensant, c'est la plus belle expérience peut-être que j'ai faite de ma vie. Et en fait c'est des choses que j'aurais pas forcément fait, je me suis dit relativise et avec... avec cette année qui a été compliquée je pense que j'ai grandi et j'ai compris plein de choses et ça m'a apporté une ouverture d'esprit totalement différente que d'être à fond dans le ski et c'est pour ça que je dis que je ne regrette pas ce choix là parce que vraiment ça m'a fait grandir Je suis heureux là où je suis en ce moment et pour l'avenir ce que j'ai envie de faire. Et du coup je pense que c'est le mieux.
- Speaker #0
Ok, ok. Moi je me rappelle quand j'avais vécu ces moments ultra durs et tout, j'avais eu la chance d'avoir Emma à mes côtés, donc ma copine. Et en fait je suis super content d'avoir traversé ça avec elle. Parce qu'en fait sans elle je pense que je serais encore en train de déprimer, en train de me dire Oh putain, je suis peut-être champion et tout Est-ce que toi, il y a une personne comme ça en particulier à laquelle tu penses ? Ou c'est plutôt un groupe d'amis ? Ou c'est plutôt toi ? Je parle en termes de personnes. Est-ce qu'il y en a une en particulier qui t'a aidé ? Est-ce que c'est plutôt le monde en général ?
- Speaker #1
Je pense que ma copine, je me suis mis avec elle en voyage l'Abu Sy, l'été 2022. Et elle m'a vraiment apporté du renouveau et m'a un petit peu ouvert les yeux et m'a aidé à aller mieux. Parce que, autour de moi, même mes amis, ils étaient là pour moi, mais c'était différent, j'avais du mal à parler, même mes parents, j'avais du mal à communiquer avec eux sur ce sujet-là. Et elle m'a vraiment fait du bien. Même mon frère, je sais qu'il était réellement là pour moi, mais j'ai mis réellement du temps avant de lui dire. J'arrivais pas à en parler, en fait, je voulais pas en parler. Et du coup, je m'en ai vraiment permis d'avancer. Et même actuellement, j'ai rencontré à début d'année un nouveau groupe d'amis dans lequel je suis rentré et qui m'a fait énormément de bien, qui m'épanouit totalement. Et je pense que c'est important de s'entourer de personnes. qui nous veulent du bien et qui sont là pour nous.
- Speaker #0
D'accord avec toi, quand tu dis que tu n'arrivais pas à communiquer, tu n'arrivais pas à en parler, c'est quelque chose qui n'est pas facile quand même de parler de tout ça, parler d'émotions, parler de ce que je ressens, au moment même où c'est ultra dur. C'est ultra galère.
- Speaker #1
Parce que même, par exemple, je prends l'exemple de mon meilleur ami, ça fait que toute cette période-là, de septembre à mars, avril de l'année d'après, On s'est réellement éloigné mais très très fort alors que c'était pas ce que je voulais. Parce que lui avait l'impression que je voulais moins le voir. Alors que non, c'est juste que j'étais pas très bien, je me plantais pas bien dans ma peau. Et ça crée un mélange qui fait que ça peut même te faire t'éloigner d'autres personnes alors que c'est pas ton but précis. Et une fois que j'ai réussi à lui parler, à lui dire tout ce que je ressentais, tout allait beaucoup mieux et il a compris pourquoi j'étais comme ça. Parce qu'à la base, il s'est dit qu'il ne veut juste plus être ami avec moi ou en quelque sorte se séparer de moi.
- Speaker #0
C'était bien un conseil à apporter à peu importe qui sur les moments où c'est dur pour cette personne-là. qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
Peut-être que c'est très compliqué à le faire, mais de prendre un petit peu de temps pour soi et d'essayer de tirer le positif de cette situation. Le problème, c'est que le positif, il peut arriver parfois très longtemps après, ou un petit peu plus longtemps, mais d'une fois qu'on a assumé un choix et qu'on est... on est voué à continuer comme ça, de l'assumer et d'essayer d'aller de l'avant, de trouver des centres d'intérêt, des amis, je ne sais pas, regarder quelque chose qui nous fait du bien, qui nous rassure. Parce qu'une fois qu'on aura trouvé un autre objectif, peut-être le problème, c'est que des fois, on est encore sur notre objectif alors qu'il n'est plus noté. Alors que quand on trouve un nouvel objectif, c'est peut-être plus facile de se remotiver et derrière d'avoir... Oui,
- Speaker #0
carrément. Je vois beaucoup ça moi en prep mental du coup avec des sportifs, de fixer les objectifs à quel point c'est ultra important et de savoir bien fixer les objectifs parce que parfois on veut des objectifs inatteignables ou alors à l'inverse trop facilement atteignables et du coup il n'y a plus de motivation et c'est ultra galère. Ouais, carrément. On parle un peu de prep mental depuis tout à l'heure, en même temps j'aimerais qu'on en parle un petit peu plus. Toi si tu avais une définition, une phrase pour la prep mental, qu'est-ce que ce serait pour toi ?
- Speaker #1
Se connaître soi-même et sentir bien. Ok. Ouais.
- Speaker #0
Ah bon ? Ouais.
- Speaker #1
Ça m'a aidé à avoir confiance en moi. Peut-être des fois, il y a des gens qui se disent qu'ils doivent avoir confiance en lui, alors que pas du tout. Et vraiment, ça m'a apporté la confiance en soi. Entre assez de savoir que je suis capable de faire quelque chose. C'est quelque chose que je n'avais pas avant. Et ça m'a réellement apporté ça. Et puis même, des fois, de résoudre un petit peu des problèmes. Avec l'après-mental, tu peux se calmer, réfléchir à comment évoluer. En fait, avoir une réflexion différente de celle qu'on a, une ouverture d'esprit un petit peu différente.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un outil, une façon de penser qui t'a marqué via la Prêpe Mentale ?
- Speaker #1
Oui, alors ça peut paraître un peu égocentrique et bizarre, mais je sais qu'on avait trouvé qu'avant le départ de chaque morse, Enfin je sais que je soufflais trois fois et après je me disais t'es le meilleur, il peut rien t'arriver, personne te fait peur. En fait à chaque fois que je me disais ça et que je le pensais réellement, je skiais comme si je savais skier. Des fois je ne me reconnaissais même pas skier parce que je n'avais pas l'habitude de skier comme ça, alors que je savais le faire.
- Speaker #0
Ouais carrément. Comment est-ce que, je sais pas si tu te rappelles, mais comment est-ce qu'on a trouvé ce truc-là ? Moi je me rappelle très bien au départ, j'arrêtais pas de te répéter ces phrases-là, c'est toi le meilleur, il peut rien t'arriver, personne te fait peur et tout. Comment est-ce qu'on a trouvé ce truc-là ?
- Speaker #1
Bah je pense que... en fait on a vu que des fois je par exemple je sortais ou je sortais pas enfin je sortais ou je faisais des fautes et je me battais pas à 100% et je pensais que en fait j'avais la sensation j'avais la mauvaise pensée de me dire tu ne passeras pas ou ça ne fera pas. Alors qu'en changeant juste la pensée, en ayant des pensées positives, ça marche mieux. Et c'est après, je pense qu'on a mis... Je crois que ça s'est fait sur les vacances de Noël du coup de 2021, il me semble. Et on a travaillé à l'enseignement, des fois je faisais des branches ou pendant toute la fin des séances où je sortais... Tout le temps. Et au fur et à mesure des deux semaines, on a vraiment réussi à évoluer et au final après j'ai arrivé en bas en me disant ça. Et ça fait un peu un off dans mon cerveau parce que des moments je me le disais mais je ne le pensais pas réellement et du moment où j'ai commencé à vraiment me dire ça dans ma tête au départ, j'ai arrivé en bas.
- Speaker #0
Oui carrément. Moi je me rappelle très bien de ce processus où... Si je crois quelque chose, alors ça va arriver. Alors que si je crois autre chose, c'est autre chose qui va arriver. Et c'était... Je pense que via la communication, du coup, par la prép mentale, le fait de communiquer autour de tout ça, ça nous a permis de trouver ce point-là et de pouvoir évoluer là.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Tout à l'heure tu parlais d'objectifs, quel est ton objectif de vie on va dire, quel est ton but là actuellement, donc tu vas passer le bac, qu'est-ce qui va se passer pour toi après, et qu'est-ce que tu fais du sport et du ski ?
- Speaker #1
En lui-même ? Ouais,
- Speaker #0
en lui-même.
- Speaker #1
Le problème c'est que là les études elles vont commencer à prendre beaucoup de place et on va devoir... quitter l'endroit où on habite actuellement, donc Villars. Et ça va être plus compliqué. Et j'aimerais continuer à m'entraîner comme je l'ai moins fait cette année, parce que cette année, je me suis vraiment presque pas entraîné. Et j'ai ressenti un réel manque. Et après, mes objectifs, c'est d'être épanoui dans ma vie. En fait, je veux être heureux. Et je sais qu'être heureux, pour moi, passe par de la réussite dans mes études ou des choses comme ça. Les gens qui disent qu'on peut être heureux. en ayant pas grand chose et tout ça je suis totalement d'accord avec ça et si par exemple j'aurais voulu faire un métier quelconque et que j'ai été heureux, tant mieux. Mais là, je sais que j'ai envie de faire des études portées sur la finance et mon bonheur passera par le fait de réussir ces études-là. C'est mon objectif. Et quand je n'arrive pas à avoir un objectif, c'est comme un échec et donc je ne suis pas très satisfait.
- Speaker #0
Quel est ton point de vue par rapport à l'échec ? Parce que du coup, tu as un passif de sportif de haut niveau. Tu faisais partie des meilleurs français et tout. Et je trouve que c'est intéressant de savoir quelle est la relation avec l'échec pour ces personnes-là.
- Speaker #1
Bah, c'est compliqué à gérer, parce que moi-même, quand je faisais des mauvais résultats pendant au moins 3 ou 4 heures, je ne parlais pas. Et des fois plus. Je pense comme le fait, au final des championnats de France, où ils ont annulé le slum. J'ai dû rentrer chez moi comme ça, sans rien dire à personne. J'ai l'impression d'avoir rien acquis. Et c'est très compliqué. Et ce qu'il faut dire, c'est qu'en tout cas, on ne peut qu'en ressortir plus fort. Et quand des personnes disent que c'est dans l'échec qu'on apprend le plus, je pense que c'est vraiment vrai.
- Speaker #0
Tu le voyais sur le moment où tu étais athlète, donc en U16, quand tu échouais, est-ce que tu voyais que c'était dans ces moments-là que tu pouvais devenir meilleur ?
- Speaker #1
Sur le moment, c'est dur, puis après ça passe un petit peu, on digère, et ça donne encore plus la hargne de réussir et de donner de l'air de soi. Ok,
- Speaker #0
c'est l'heure de la question au coach. Donc tu as le droit à une question.
- Speaker #1
Comment ? Non, attends. S'il te plaît. Il faut que je la formule comme il faut. Est-ce que pour toi, c'est compliqué de coacher les athlètes ? qui n'ont pas forcément les mêmes objectifs ou qui n'ont pas forcément l'objectif de réussir pleinement dans le sport d'aller loin d'aller loin en termes de résultats parce que ils n'ont peut-être pas forcément la même philosophie d'entraînement, de voir les choses et du coup ça peut être compliqué parce que Toi tu es là pour pousser les athlètes au maximum et les faire évoluer. Et si ils n'ont pas cette envie là, ça peut être différent.
- Speaker #0
Oui, elle est intéressante ta question parce que, à la fois, effectivement j'adore la performance, et le fait d'aller le plus loin possible, j'adore aller sur les écureuils, sur les chevats de France et tout. et de voir le ski de très haut niveau et de coacher le ski de très haut niveau. Et en même temps, les personnes qui n'ont pas forcément envie de vivre tout ça, et qui font quand même du ski, ils font du sport pour une raison. Il y a forcément un bug. Parfois, ça peut être, c'est mon père qui m'a mis là, et du coup, je suis là. Ce qui est cool, c'est justement d'aller challenger ça et d'aller lui trouver son propre but dans le ski. Il y a des personnes qui sont là juste pour se faire plaisir. Et du coup, c'est des objectifs qui sont quand même importants. Alors, ça dépend sous quel prisme tu regardes ça, mais dans le prisme personnel, c'est important de se faire plaisir. C'est-à-dire que je suis en cours, je ne me fais pas plaisir, je viens en ski pour souffler. Ok, maintenant l'objectif c'est de souffler, comment on s'y prend ? C'est pareil que l'objectif d'être champion du monde, comment on s'y prend ? Et du coup derrière ça, moi ça me challenge en termes de coaching. Donc j'ai quand même l'impression de coacher du très haut niveau en fonction des objectifs. Même si les objectifs ne paraissent pas ou n'aspirent pas au très haut niveau, moi j'y trouve quand même un challenge de haut niveau. Parce que se faire plaisir c'est quand même challengeant. Être avec les copains et prendre du plaisir avec les copains c'est aussi challengeant. Parce que socialement il y a quelque chose. Et du coup dans tout ça il y a l'aspect éducation qui est super important. Et d'où la préparation mentale et tout. Donc c'est par ce processus là que je passe pour...
- Speaker #1
Oui tu arrives à trouver une forme de... Fin de... à compléter tout ce qu'il n'y a pas forcément enfin,
- Speaker #0
t'arrives à tirer le positif de toute notion et de trouver un truc pour changer même si c'est vrai que c'est pénible quand une personne ne vient pas à l'entraînement ou quand en tant que coach c'est pénible parce que il y a un peu l'ego qui est piqué genre je préfère rien faire que venir à l'entraînement et voir le coach c'est un peu pénalisant mais il y a quand même par exemple toi en particulier où on a beaucoup été ensemble Et petit à petit tu venais de moins en moins à l'entraînement. Pour moi personnellement ça a été compliqué à vivre parce que je me donne émotionnellement pour la relation et pour que tu atteignes tes objectifs. Et quand on voit la personne partir petit à petit pour ses objectifs, et ça je le comprends, c'est dur à vivre parce qu'émotionnellement j'ai mis quelque chose et que d'un coup il n'y a plus rien. Alors que je ne suis pas au centre du projet. Donc c'est plutôt ça qui est difficile, plutôt que de gérer les objectifs qui sont différents pour tout le monde.
- Speaker #1
Parce qu'en plus... En fait, du moment où j'ai commencé à aller mieux et que j'ai changé d'objectif, je me suis détaché un petit peu de tout ça. En fait, quand tu n'as pas d'objectif, j'avais moins de mal à m'intégrer à 100%. Et même des fois, j'étais mal à l'aise quand je ne venais pas à l'entraînement pour longtemps et que je revenais. Je ne me sentais pas forcément à ma place parce que je sentais qu'il y avait quelque chose qui était différent d'avant. Et je n'aimais pas cette sensation-là.
- Speaker #0
et c'est pour ça que c'est compliqué à gérer et je comprends le fait que ça t'a fait bizarre et c'est normal ouais mais après ça change rien notre relation c'est juste toi l'investissement par rapport aux objectifs au haut niveau etc et ben émotionnellement il y avait quelque chose et petit à petit il y a de moins en moins ça et finalement pour répondre vraiment à ta question ce que j'aime c'est m'investir émotionnellement pour une relation et pour atteindre un objectif peu importe l'objectif et ce qui me dérange le plus c'est de plus avoir ça Merci pour cette question Il y a Paul Lou Qui a fait le podcast Qui va te poser une question Et la question c'est Qu'est-ce qui te fait vibrer au quotidien Qu'est-ce qui te procure de la dopamine Pour reprendre ces mots Au-delà même du ski Qu'est-ce qui te donne envie De revenir tous les jours Faire cette chose
- Speaker #1
Je dirais le plaisir et la compétition Ok En fait je pense que j'ai besoin de tout ramener à une compétition tout le temps. Ok. C'est ce qui m'anime. Par exemple je sais qu'avec mon frère, on partage tout, je pense qu'on se ressemble sur beaucoup de points, on a une relation très fusionnelle et on est pareil. Et ce qui est bien c'est que quand je suis à la maison avec lui, On est tout le temps en compétition, alors pas sur des choses, toi t'es plus beau que moi, ou des choses comme ça, mais dès qu'on touche à quelque chose qui se rallie un peu au sport, ou des choses comme ça, on est obligé de faire une compétition, et c'est ces choses-là qui m'animent, comme le fait de me sentir heureux et de me faire plaisir. En fait, le ski, je suis allé jusqu'à ce point où je fais quelque chose parce que ça me fait plaisir. Et parce que ça m'en heure, sinon je ne le ferais pas. Je ferais vraiment la même chose.
- Speaker #0
Ouais, pareil pour tes études, ton choix d'études. Voilà. C'est par plaisir parce que t'aimes ça, et aussi parce qu'il y a un objectif et une compétition, du coup, à aller chercher.
- Speaker #1
Et c'est vraiment le plaisir, je pense, qu'il ne faut pas faire des choses par... On est obligé de faire des choses par contrainte, des fois, et... Il faut surtout penser à se faire plaisir. Et des fois, le plaisir passe par faire plaisir aux autres. Je vois des fois, j'ai pas envie de faire des trucs pour ma copine, ça lui fait plaisir. Et donc, ça me fait plaisir en retour. Tout comme le podcast aujourd'hui, j'étais très content de le faire et j'avais envie de le faire, ça m'a rendu heureux. Donc, je suis là.
- Speaker #0
Tu parlais de ton frère et je trouve ça intéressant de parler de la relation aussi avec la famille et du coup avec ton frère en particulier. Quel impact a eu cette relation pour toi ? dans ta vie, pas forcément que dans le ski, et comment ça se passe avec ton frère ?
- Speaker #1
Bah je pense que j'ai eu de la chance parce que du coup avec mon frère on a 6 ans d'écart, qui est à 24 ans. et j'ai eu de la chance parce qu'il m'a toujours pris sous son aile, j'ai toujours été avec lui. Quand j'étais petit, on est toujours avec lui et ses copains, et j'ai eu la chance de grandir. On n'a jamais eu trop de relations de jalousie ou de choses comme ça. Pas conflictuelles ? Non, pas du tout. Vraiment, c'est toujours très bien entendu, on s'appelle très régulièrement, là il fait ses études d'ailleurs, on s'appelle quasiment tous les jours, et on aime ça, on a besoin de ça, et il m'apporte vraiment beaucoup de bien. Et j'ai... j'ai pu prendre en quelque sorte exemple sur lui quand j'étais petit je voulais faire comme lui le voulait et vraiment ça m'a vraiment aidé je pense
- Speaker #0
et il m'a aidé à me sentir bien dans ma peau dans le ski dans la pratique est-ce que ça a été un exemple pour toi tu disais que tu voulais faire comme lui est-ce que ça a influencé à ce point là ouais je pense parce qu'on a suivi quasiment le même parcours dans le ski lui
- Speaker #1
est allé un petit peu plus loin je dirais juste le seul point négatif c'est que dans le ski j'étais connu comme le frère de Victor Lelon Et ça des fois c'est... Alors il y a plein de points positifs parce que du coup on connait plus de gens et tout ça, mais... C'est bien de se créer sa propre histoire et de se faire connaître pour ce qu'on est réellement.
- Speaker #0
Oui, ça j'en parlais beaucoup avec Zéphirin qui disait t'es le frère de Toinon et du coup Zéphirin il disait quand je gagnerai les JO en 2030, on dirait que c'est Toinon mon frère et du coup c'était marrant. Mais ça ne m'étonne pas d'entendre ça, parce que du coup je l'ai déjà entendu avec Zéphirin. Oui, c'est vrai. Est-ce que ça t'a aidé ? Ou de quelle manière ça t'a aidé dans ta carrière ? Pour tes choix de carrière ? Ou pour gérer la pression ?
- Speaker #1
La relation avec mon frère ? Oui.
- Speaker #0
Le fait qu'il soit là comme exemple, le fait que tu aies cette relation avec lui.
- Speaker #1
Ce qui est bien, c'est que... Victor a pris un choix aussi de faire des études plus tard. Mais lui était allé au bout de son projet. Il était allé vraiment au bout. Et il m'a toujours souvenu dans les choix que j'ai fait. Il m'a toujours dit, fais ce qui te rend le plus heureux. Et par contre, si tu fais quelque chose, fais-le toujours à fond. Et il est toujours là pour me soutenir. Et je sais que s'il y a vraiment une personne sur qui je peux compter, que je pourrais toujours appeler, qui fera toujours tout pour moi, c'est mon frère. Et inversement aussi, parce que... On a vraiment quelque chose et je pense qu'on a de la chance parce que pas tous les fratries ont ça. Et vraiment, j'ai quelque chose avec mon frère qui me lie très très fort.
- Speaker #0
J'imagine que ça apporte de la confiance, ça apporte du réconfort dans les moments où il y a de la pression à gérer. Ah bah tiens, je peux appeler mon frère, il peut m'apporter quelque chose.
- Speaker #1
Surtout, il avait déjà vécu en quelle conscience que j'ai vécu. Et du coup, des fois avec les parents, des fois ils ne comprennent pas forcément. Alors que lui avait... comprenait ce que je ressentais et ce que j'avais vécu. Donc c'est plus facile des fois de s'exprimer. Je sais que lui, par exemple, il fait actuellement des études de médecine. Des fois, il nous parle de choses. On a du mal à comprendre ou visualiser parce qu'on ne connaît pas ce milieu, on ne vit pas. Et du coup, quand quelqu'un partage ou a partagé les mêmes choses que toi, c'est plus facile. Oui,
- Speaker #0
carrément. Et j'imagine que le fait qu'il soit brise-glace un peu, c'est-à-dire qu'il ait passé toutes les difficultés, c'est plus facile pour toi derrière de passer les mêmes ou de ne pas les passer justement ces difficultés. Parce que tu sais comment ne pas affronter ça, que ton frère ait passé.
- Speaker #1
Et juste sur des aspects comme par exemple l'école ou des choses comme ça, frère a toujours été très bon partout. Et moi, je suis un petit peu moins fort. Du coup, des fois, c'est plus compliqué de montrer qu'on a des qualités ou des choses comme ça. Enfin, c'est juste que quand quelqu'un a déjà tout très bien réussi devant toi, il faut se faire sa place et montrer que toi aussi, tu es capable. Alors qu'il aurait été par exemple moins fort dans un domaine ou quoi, ça aurait été plus facile. Oui.
- Speaker #0
Ça te rajoute une pression, ça ? dans ton quotidien ? non je pense pas pas forcément ok pour le prochain qui va tourner le podcast avec moi tu vas pouvoir lui poser une question du coup c'est le moment toi de lui poser la question
- Speaker #1
J'aimerais savoir comment vois-tu ta relation avec tes parents ?
- Speaker #0
Parce que parfois la relation avec tes parents peut être conflictuelle, peut être... peut être sous pression sans que l'un ou l'autre le veuille. En tout cas, il peut y avoir des conflits aussi.
- Speaker #1
Ou dans un autre sens totalement différent, où les parents soutiennent totalement l'enfant, ils sont 100% derrière lui. J'ai eu la chance que mes parents me soutiennent totalement tout le temps dans tout ce que j'ai fait. Et c'est une chance d'avoir ça. Peut-être qu'il y a des personnes qui se sentent moins à l'aise ou qui verraient les choses différemment.
- Speaker #0
Et puis tu trouves ça important de pouvoir en parler.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Pareil, c'est marrant parce qu'il y a quelque chose... Il y a des points que j'ai évoqués avec Polou et que j'évoque aussi avec toi, mais du coup j'ai évoqué aussi mes parents. Et c'est vrai que moi aussi, comme pour toi, mes parents ont toujours été là pour moi et m'ont toujours soutenu. Et c'est vrai que ça pourrait être intéressant d'avoir l'avis de quelqu'un d'autre. Si tu avais l'occasion d'avoir n'importe quelle personne sur Terre dans ce podcast, qu'est-ce que tu aimerais écouter avec nous ?
- Speaker #1
Je pense que Marseille-Hirscher.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce que c'est une personne... dans le sport historique et on en sait très peu sur lui c'est la seule personne qui même après sa guerre, qui va recommencer on ne sait rien sur enfin, on sait quasiment rien sur sa façon de faire sur comment il est quelle méthode il utilise il fait de la prête mentale personne ne le sait et il est tellement discret sur ça et il a tellement évolué et réussi dans le sport que je pense que ce serait vraiment intéressant de savoir qu'est-ce qu'il en pense. Ok. Oui, carrément. Parce que c'est vraiment quelque chose qui m'intrigue de savoir comment il fait. Oui. C'est le seul athlète où on ne sait rien.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Parce que Marco Dormat, les Norvégiens, des choses comme ça, on voit un petit peu, même maintenant que Christophe Fersen commence à montrer comment il s'entraîne, où il est et tout, alors que Marcel Verscher, on ne sait jamais rien. Il n'a jamais rien su sur ce qu'il fait.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Si tu avais un conseil ? à donner à une personne qui débute sa carrière par exemple, ou à une personne qui est en U14 et qui commence à avoir un bon niveau ? Je pourrais faire la question comme si tu avais un conseil à donner à toi et à quelques amis. Qu'est-ce que ce serait ?
- Speaker #1
De vivre le moment de prison à fond et de vraiment ne pas se prendre la tête. d'être sérieux quand il faut, mais de vivre. Parce qu'on le voit même aujourd'hui avec des Lucas Bratton, ces personnes qui font plein de choses à côté des trucs que personne ne font, et qui pourtant a gagné un Globe il y a deux ans ou l'année dernière. Et ça prouve que... Alors peut-être pour des gens, ils ont besoin d'être cadrés à 100% petit, mais je pense que si on apporte le côté travail avec l'amusement, si d'aller travailler c'est s'amuser, alors il n'y a que du positif et on arrivera à s'investir à 100%.
- Speaker #0
C'est quelque chose que moi et Toinon m'avaient beaucoup apporté, c'est ça justement, c'est le côté connerie dans le ski ou dans le sport en général. C'est quand je vous ai vu à l'entraînement. Je me suis dit qu'il faut vraiment cultiver la connerie, il faut vraiment cultiver l'amusement, parce que sans ça, c'est plus compliqué de performer, selon moi, et du coup,
- Speaker #1
selon toi aussi.
- Speaker #0
Oui, carrément.
- Speaker #1
Parce que j'ai besoin, je ne sais pas, j'ai besoin, pas bizarre, mais de brasser, de donner des conneries, des trucs comme ça. Même, ça m'aide à un peu évacuer, comme ça, au moment où j'y suis, je suis à fond.
- Speaker #0
Oui, pouvoir jouer et s'exprimer à travers le jeu. Est-ce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas encore abordé et que tu aimerais parler ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un sujet qui est important et que des fois on ne parle pas beaucoup. C'est le lien entre le scolaire et le ski alpin. Parce que certes, on pense beaucoup à la carrière et tout ça, mais je pense que l'après-ski est très important aussi. Avant, je n'avais pas ce recul du tout. Je pense que c'est possible, il y a beaucoup de gens qui le font. de se dire en plus c'est même motivant de se dire le moment où je suis à l'école je travaille à fond et j'ai des bonnes notes et plus j'aurai des bonnes notes plus mes parents ils seront contents et donc ils seront aussi derrière moi dans le ski et parce que le sport c'est quelque chose qui est qui prend tout notre temps, mais de par les blessures ou des choses comme ça, qui peut s'arrêter très vite, et il faut penser à l'après aussi.
- Speaker #0
Il y a Tony Parker qui en parle super bien de ça, et qui le vit bien d'ailleurs, quand il a arrêté sa carrière, il était déjà entrepreneur, et toi ce que tu dis, c'est que même à votre âge, en étant jeune, on peut quand même penser à, ok, quand je finis ma carrière, il y a quand même autre chose, il faut déjà que j'y travaille des 14-15 ans.
- Speaker #1
Parce que c'est la facilité de se dire oui bah je fais du ski, je travaille pas trop à l'école, j'irai bien ce qui se passe plus tard. Mais le problème c'est qu'on voit aujourd'hui maintenant avec Parcoursup, le BANG et tout ça. Il y a tellement de monde qui veut les mêmes choses que ça peut être très compliqué d'avoir ce qu'on veut si on n'a pas trop travaillé. C'est juste de se garder une sécurité, de se dire ok. j'ai le ski c'est très bien je me donne à fond et je donne tout pour réussir mon objectif c'est de réussir mais comme ça si je veux j'ai une porte de sortie si j'ai envie de faire, après peut-être que des personnes ça ne les intéresse pas du tout et juste de faire ça et de passer leur monitora et d'après d'être moniteur très bien et si des personnes veulent avoir derrière faire un petit peu d'études il faut se garder ça dans le coin de la tête c'est marrant ce que tu dis parce que à
- Speaker #0
la fois je suis 100% d'accord quand tu le dis et à la fois moi c'est pas du tout ça que j'ai fait c'est à dire que moi je voulais être champion Et du coup j'ai mis les cours de côté, en même temps ça me plaisait pas. Et je détestais en fait, j'avais tout le temps le stress, la boule au ventre et tout. J'avais tout le temps de mauvaises notes, enfin c'était très dur à vivre. Et du coup j'aimais pas ça et je me suis toujours débrouillé pour avoir ce que je devais avoir, mais à la limite. J'ai eu le bac à 10, enfin c'était toujours très très limite. Et puis j'ai commencé à faire des choses. Et moi je trouve ça intéressant aussi d'avoir ton avis de... Parce que moi à ton âge, je me disais c'est le ski quoi.
- Speaker #1
Mais moi j'aurais pas arrêté le ski, j'aurais pas pensé... Je le sais. Et c'est pour ça que... Je suis content d'avoir eu ce choix et ce parcours-là quand même parce que j'ai grandi avec ça et je ne regrette pas de l'avoir fait parce que sinon j'aurais peut-être pensé différemment et j'aurais moins grandi vite. Oui,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
Parce que l'après est quand même important je pense. On sort le bac, on n'a pas trop travaillé et on est très prometteurs pour l'avenir. On est le futur champion. et que le début d'hiver on se fait un genou ou un problème de dos impossible de resquiller le problème c'est que derrière il n'y a pas grand chose et la vie peut être compliquée parce que parce que j'aime pas l'école non plus parce que je fais en fait évidemment c'est comme je disais pour travailler j'ai besoin d'être passionné et là l'école je me force parce que j'aime pas ce que je fais je suis pas passionné du moment où je suis passionné ça va ouais c'est clair ok merci beaucoup
- Speaker #0
T'as 10 secondes pour terminer le podcast, le micro est à toi.
- Speaker #1
Eh ben, merci beaucoup à toi Théo, et merci de nous avoir écoutés. Ça m'a fait plaisir et je suis vraiment très content d'avoir fait ça avec toi. Et voilà, je te souhaite que du bonheur pour la suite. Gros bisous. Gros bisous.