- Speaker #0
Bienvenue sur Autour du bien-être, je suis Emeline et cela fait plus de 15 ans que j'évolue dans le monde du bien-être et du spa. Autour du bien-être est une invitation à explorer cet univers à travers des rencontres, mes expériences et des rituels venus d'ailleurs. Bonne écoute ! Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui j'ai le plaisir d'accueillir Chantal. Donc Chantal est la personne qui me transmet le Daoïn, à une pratique peu connue, à ne pas confondre avec le Douyin. En quelques mots, c'est une gymnastique chinoise très intéressante, mais Chantal vous expliquera mieux que moi. L'interview n'est pas un exercice facile, elle a gentiment accepté d'y participer. Alors merci à vous ! Chantal, est-ce que vous pouvez d'abord nous expliquer un petit peu votre parcours ?
- Speaker #1
Alors d'abord, merci Emeline. Et c'est vrai que j'étais pas partante immédiatement pour cet exercice. Mais voilà, c'est aussi transmettre quelque chose de très ancien qui nous vient de sages qui peuvent être nos ancêtres ou considérés comme nos ancêtres. Ça vient. des temps qui sont avant Jésus-Christ. Donc, trois, quatre, cinq mille ans avant Jésus-Christ. Donc, c'est vraiment un héritage qui a traversé les siècles et qui est arrivé jusqu'à moi par un événement malheureux, personnel, qui m'a rendue très malade. Et comme j'étais très malade, j'ai essayé de me soigner, de faire confiance à des médecins pour essayer d'en sortir. Et ça ne marchait pas. Et un jour, il y a un médecin qui m'a dit « Madame, je ne peux rien pour vous » . Ça m'a donné un électrochoc. Et du coup, je me suis tournée vers les médecines que l'on dit parallèles, qui ne sont pas forcément parallèles, mais qui sont en dehors de la logique. allopathie, en dehors de la médecine traditionnelle et qui ont une autre approche du corps. Et c'est là où j'ai rencontré un acupuncteur, le médecin, le docteur Jean-Marc Essalais, qui est un grand cynologue, qui a écrit beaucoup de livres, comme par exemple un livre qui est assez facile. d'accès assez facile comme « Montée des nuages, descente des pluies » et puis d'autres ouvrages qui a une clientèle à l'époque, donc qui recevait des malades et qui avait monté ou qui avait organisé un institut de médecine traditionnelle chinoise qui se passait le week-end à peu près tous les mois. et qui enseignait la théorie. Et donc pas forcément cette pratique de Daoïne, qui est avant tout une pratique corporelle, à travers des mouvements, à travers la circulation de l'énergie, mais c'est aussi une médecine. Et moi, j'ai commencé par les stages, où dans ces stages... il nous invitait à pratiquer les mouvements de Daoïne qu'il nous présentait, mais pas forcément de manière très approfondie, parce que le Daoïne est d'abord un vécu. avant d'être une théorie. Et ça, c'est un principe de base. Il faut le vivre et non pas l'intellectualiser. L'intellect nous sert, bien sûr, pour mémoriser, pour peut-être nous guider dans notre ressenti, mais l'essentiel du Daoïn, c'est ce que l'on ressent dans le corps. Voilà ce que je pourrais dire. Et donc moi j'ai suivi, au début en tout cas, j'ai suivi au moins 3 à 4 stages, toujours pour une recherche de bien-être et pour une recherche de guérison. Donc on peut dire que le daoïn c'est avant tout une pratique de soins qui complète. Les séances d'acupuncture, si on va voir un acupuncteur, mais qui peut très bien se faire sans qu'on aille voir un acupuncteur, à partir du moment où on... On accepte cet apprentissage de ressenti à l'intérieur du corps qui va nous guider après pour devenir notre propre médecin, notre propre guérisseur. En nous, on a quelque chose qui peut s'ouvrir. pour nous guérir nous. Et on est les seuls à être au plus proche de cette connaissance. Le médecin, c'est par ses examens, son interrogatoire, qu'il prend connaissance de ce qui ne fonctionne pas bien en nous. Alors que nous, on a directement la sensation de ce qui ne fonctionne pas bien en nous. Et on peut développer ce médecin personnel qui est là à notre service et qui peut... grâce à cette pratique qui peut se développer, qui peut petit à petit se rendre plus perceptible. Bien sûr, ça n'évitera pas la vieillesse et la faim, puisque c'est le lot de l'homme. Et il ne faut pas croire que le Daoïn va vers une longévité exponentielle, mais vers une longévité plus heureuse, moins douloureuse, qui nous apporte encore du plaisir. Voilà.
- Speaker #0
Très intéressant. Merci pour ce partage. Vous nous avez expliqué votre parcours. Qu'est-ce que c'était du coup le Darwin finalement ? Comment vous êtes arrivé à ça ? C'était il y a combien de temps ?
- Speaker #1
À la suite de ta demande et de cette proposition d'exercice, finalement, j'ai recherché. Ça fait 43 ans que je suis tombée dans le Daoïn.
- Speaker #0
Déjà.
- Speaker #1
Voilà. Donc, ça fait longtemps. Je voudrais dire aussi que Daoïn, c'est deux mots, Dao et Yin. et que ça veut dire le souffle par le mouvement, le mouvement par le souffle. C'est très lié et c'est toujours associé, mouvement et souffle, souffle et mouvement. Pour la pensée chinoise, le souffle, qui est l'essence de la vie, est mouvement dans ce que l'on ressent sur l'inspire et sur l'expire. Il y a deux temps et il y a donc deux mouvements. Il y a comme un aller et comme un aller. comme un retour, c'est comme les marées au bord de la mer. La marée monte et la marée repart. Et c'est exactement ça qu'il faut sentir. Quand on a ses pieds dans le sable et qu'on est au bord de la mer, on sent tout d'un coup, sous ses pieds, que ça se gonfle, que ça monte. C'est le souffle de la mer qui monte en nous et Merci. Et quand la mer se retire, on sent que le vide arrive. Et c'est ça le mouvement du Daoïn. C'est ce mouvement perpétuel de l'univers et le souffle de l'univers. Et c'est ce souffle en nous que l'on va apprendre à percevoir, à utiliser, à accueillir. Voilà, et puis... Quand j'ai été à la retraite, Peut-être un petit peu avant, lors d'une rencontre avec un petit groupe d'amis, comme le matin je partais faire mes souffles, ma respiration, et que je partais très tôt, certaines personnes du groupe avec qui j'étais pour passer des vacances m'ont demandé de m'accompagner et que je leur montre ce que je faisais. Voilà, et c'est par là que j'ai commencé à transmettre le Daoïn. C'est un... petit groupe d'amis qui étaient curieuses de savoir ce que j'allais faire le matin, à 6h du matin, au soleil levant.
- Speaker #0
C'est bien, ça les a inspirées du coup.
- Speaker #1
Oui, Et puis après, j'ai continué un petit peu avec elle, de manière un peu ponctuelle. On se donnait des rendez-vous, etc. Et puis, j'ai eu une proposition de faire des séances de Daoïn régulièrement, une fois par semaine. Et surtout, ce qui m'a beaucoup aidée, parce que c'est vrai que le Daoïn... Pour que ça soit profitable, ça doit être intégré à la vie de tous les jours et on devrait pratiquer le daoïne comme on se lave les dents, aussi simplement mais aussi souvent que ça. Et quelquefois, quand on est tout seul chez soi, on préfère rester cinq minutes de plus dans son lit, et puis on se dit, je ferai le daoïne demain matin, et puis demain matin, je le ferai encore demain matin. Et donc, pour entretenir cette envie et ce travail corporel, on se donnait rendez-vous avec une amie dans l'escoire parisien. à 8 heures du matin d'accord et on faisait nos respirations et notre daoïne et quand on arrivait à notre travail peut-être avec quelques minutes de retard on était très efficace on savait exactement quelles étaient nos priorités on avait l'esprit clair parce que ce qui se passe dans le corps au niveau des organes des viscères des muscles, de la chair même, de nos tissus, ça se passe bien sûr dans notre cerveau. Et notre cerveau, après ce travail énergétique, il est clarifié, il est comme vide. Et c'est à partir du vide médian dont parle François Tchang, et il en parle si bien, que quelque chose d'important peut advenir. Et ce qui advient quand on travaille, c'est... Par quoi je commence ? Quelle est ma priorité aujourd'hui ? Qu'est-ce que je dois faire en premier ? Et ça, toutes les deux, avec mon amie, on l'a remarqué, ce soutien que ça nous apportait dans notre travail professionnel. Même si on avait eu quelques minutes de retard, on les rattrapait beaucoup plus d'ailleurs que quelques minutes parce qu'on était très efficace et qu'on savait ce qu'on avait à faire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Certaines ont une clarté d'esprit.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc c'est mieux, vous conseillez plutôt le matin ?
- Speaker #1
Ah oui, Mais bien sûr, dans notre vie quotidienne, le matin maintenant, surtout pour nous Européens, c'est difficile on a les transports pour aller travailler donc ça peut être aussi au moment du déjeuner ou le soir mais c'est vrai aussi que c'est énergétisant donc ça peut avoir une action sur le sommeil donc il faut S'adapter, modifier peut-être des mouvements, et en tout cas, écouter son corps. Et si on n'arrive pas à dormir après les séances de Daoïn, du soir, les séances du soir de Daoïn, il ne faut pas le faire le soir.
- Speaker #0
Très bien. Et donc, on va dire plus concrètement, et on va dire, même si c'est une pratique qui englobe vraiment beaucoup de choses, et qui est à la fois guérisseuse, comme vous l'avez dit. Comment on pourrait la décrire, on va dire simplement, à une personne qui ne connaît pas du tout le Darwin ?
- Speaker #1
C'est basé au niveau théorique, on va dire. C'est basé sur le souffle. Donc, il faut s'intérioriser pour écouter son souffle, pour le sentir. C'est basé sur le mouvement. Cool ! coordonne avec le souffle et c'est basé sur la concentration. Une concentration qui se fixe sur son intériorité et non plus son extériorité. On est en sécurité dans un lieu et on est assis en principe. comme si on était en posture un peu de yoga, peut-être aménagé si on n'est pas très souple, mais en tout cas, on a les fessiers, on a cette partie du corps qui est notre fondement, appuyée sur le sol, en relation avec la terre, et sur ce point d'appui, qui est notre base, on a notre verticalité qui peut se dresser et qui est constituée de toute notre colonne vertébrale jusqu'au sommet du crâne et qui nous met en relation avec le ciel. Donc on peut dire que le Daoïne c'est... à la fois la relation avec soi-même et la relation avec l'univers par ce contact, cet intervalle entre terre et ciel où on se situe.
- Speaker #0
C'est d'accord.
- Speaker #1
Et c'est ça qu'on travaille. On sait bien que l'énergie de l'univers a des mouvements plus ou moins forts, plus ou moins accentués. on est bien placé pour savoir qu'il peut y avoir une canicule, qu'il peut y avoir des inondations, des mouvements très forts de l'océan, etc. Et ça, dans notre corps aussi, il y a tout ça. Et donc, c'est apprendre à le gérer pour laisser en paix la globalité de notre corps entre ciel et terre. On peut dire aussi que faire du daoïne, c'est donner son temps à rien. C'est être là, laisser le geste se faire en sentant à l'intérieur de soi quelque chose. que l'on nomme énergie, mais qu'on perçoit, et qui passe dans un bras, dans une jambe, dans le torse, et qui va faire mouvement, et qui va nous donner l'élan de nous déplacer, et qui va donner les couleurs, on va dire, les couleurs du mouvement, les couleurs du jour. Si on est très pressé, on va courir presque, et si on a du temps, du temps à passer au daouïne, assis sur la terre, entre terre et ciel, à écouter son corps, on a tout son temps. On a tout son temps. Et on peut dire que le Daoïn, c'est ne rien faire. C'est donner son temps à rien. Au ressenti intérieur, qui ne dépend pas d'un mouvement ou d'un autre mouvement.
- Speaker #0
Et du coup, cette pratique, elle est pour tout type de personnes, pour tout âge ?
- Speaker #1
Tout à fait. il y a même des personnes qui sont dans leur lit et qui peuvent faire quelques mouvements de Darwin, et en tout cas qui peuvent travailler leur souffle, et donc qui peuvent apporter l'élan vital dans les parties du corps qui sont déficientes. Ça ne veut pas dire qu'elles vont guérir, parce que c'est vrai qu'au moment de la conception, la rencontre de l'homme et de la femme, du spermatozoïde et de l'ovule, deviennent un, qui va former un autre corps, un troisième corps, et qu'il donne. Au moment de cette conception, au moment de cette réunion, ils donnent une partie de leur patrimoine génétique à ce nouveau « un » , et dans ce « un » , il y a une détermination génétique sur la durée de la vie. et ça Bien sûr, il y a les accidents, il y a les maladies, il y a les virus, il y a les épidémies, etc. qui peuvent contrarier ce potentiel génétique. Mais si rien ne vient contrarier ce potentiel génétique et que l'homme mène sa vie sur un équilibre relativement stable, il va aller au bout de son mandat. Et c'est ça que recherchent les Chinois, cet équilibre qui permet d'aller au bout de son mandat. Et moi j'ajouterais qu'il permet à chacun, chacune, de donner à la vie tous les dons reçus au moment de la conception. On a chacun des dons particuliers, des manières de penser, des manières de vivre qui nous appartiennent et qui sont dans nos gènes. et qui nous détermine dans notre vie, donner tout ce potentiel qui est en nous, c'est un beau cadeau qu'on fait la vie en remerciement de cette vie qui nous a été donnée par nos ancêtres.
- Speaker #0
Tout le monde peut le faire en adaptant selon sa situation, mais c'est une pratique ouverte à tous. Est-ce que c'est également basé sur les saisons ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus par rapport à ça ? Oui,
- Speaker #1
alors je vais dire quelque chose aussi d'important, c'est qu'en médecine traditionnelle chinoise, il y a deux grandes causes de maladie. Il y a les causes externes qui sont liées aux saisons et aux saisons qui... provoqueraient des débordements d'énergie, que ce soit des énergies pour le vent, pour la pluie, pour... voilà. Et puis, il y a des causes internes qui sont d'ordre alimentaire et émotionnel. Et c'est vrai que sur les causes qui proviennent des saisons qui sont... qui blesse l'homme, on ne peut pas tellement agir. On peut essayer de s'adapter, mais ce n'est pas ça qui va arrêter le vent. C'est plutôt que nous, à ce moment-là, à chaque saison, il faut trouver les petits moyens de se prémunir contre les effets pervers de la saison. Et par exemple, les grands vents, comme l'humidité, comme trop de chaleur, sont des productions de saison qui nous blessent, qui entrent en nous par les points d'acupuncture, et qui, en suivant, en blessant cette énergie, vont blesser un organe ou un viscère. plus particulièrement. Donc on apprend aussi à adapter notre corps à la saison, quelles que soient les manifestations de la saison, même si c'est une saison déréglée comme on voit maintenant. On a un méridien qui s'appelle le triple réchauffeur et qui va nous aider à nous adapter à ce qui est nouveau et qu'on n'avait pas vécu jusque-là. Et puis, pour l'alimentation, on le sait aussi, c'est quelque chose qui peut nous blesser si on ne fait pas attention à ce que l'on mange, si on mange trop, si on ne boit pas assez. Et bon, je n'insisterai pas là-dessus parce que je trouve que dans les médias maintenant, Maintenant, on parle beaucoup d'une alimentation saine et on découvre tout d'un coup que ce que l'on prenait, par exemple, je prends l'exemple du quinoa, comme une graine très bonne, on s'aperçoit qu'elle pousse. dans des terrains qui sont pleins de, je ne sais plus trop comment ça s'appelle,
- Speaker #0
de pesticides,
- Speaker #1
de choses comme ça, de métaux lourds, qui sont très néfastes et qui sont cancéreux. Donc, voilà, je n'insisterai pas plus, mais on sait très bien que l'alimentation a une influence sur notre... état d'être, que ça peut aussi agir sur notre caractère. On peut être grincheux si on a mal à l'estomac, par exemple. Puis on sait aussi maintenant que tout ce qui tourne autour de l'intestin grêle et du gros intestin est quelque chose qui nous influence. psychiquement, on dit que c'est notre deuxième cerveau qui agit sur nos émotions, et les émotions sont des pourvoyeuses de maladies. Et là, c'est plus difficile à apprendre à gérer. Quelquefois, on préfère prendre un calmant que de faire un exercice de daoïne qui va nous apaiser, nous calmer, ou un antidépresseur. On préfère ça plutôt que de travailler un mouvement comme Il y a un mouvement qui s'appelle le rassembleur, où on se rassemble complètement à l'intérieur de soi pour, en même temps qu'on se rassemble, on chasse de soi les gros gros chagrins, notamment les deuils que l'on peut avoir. Et donc c'est vrai que selon les émotions, on a des mouvements qui peuvent nous aider à... à gérer ces émotions qui sont les grands pourvoyeurs de nos maladies. Et chacun le sait, même s'il ne veut pas l'admettre, on le sait que ça nous blesse. Oui, bien sûr. Et que c'est un travail de longue haleine de pouvoir purifier notre terrain dans un sens pas du tout moral, mais dans un sens où il n'y a pas de mélange. Si on est en colère, ce n'est pas parce qu'on a eu une mère comme ci, un père comme ça, etc. Mais parce que la situation du jour mérite qu'on soit en colère. C'est ça la pureté. C'est la pureté à l'instant, pas avec tout notre passé. Notre passé... Il se soigne, on peut le soigner, on peut l'améliorer, ce qui n'empêche pas à l'instant T d'avoir une émotion, et que cette émotion est tout à fait justifiée, et on dit qu'à ce moment-là qu'elle est pure. une émotion impure, c'est une émotion réactive par rapport à une émotion qu'on a eue et qu'on n'a pas su gérer quand on était tout petit ou même jeune adulte, etc. Ou un gros traumatisme, je pense par exemple à la guerre, voilà, ces gros traumatismes qui reviennent, qui reviennent, ça c'est ce qu'on dit pour les Chinois, c'est ce qu'on dit impur. Parce que c'est des mélanges, c'est des reviviscences. Alors que ce qui est pur ne nous blesse pas, c'est les mélanges qui nous blessent. Je ne sais pas si j'ai bien répondu à la question. En tout cas, pour eux, c'est vraiment ces trois grandes causes, enfin ces deux grandes causes de maladie. les saisons et la manière dont se manifestent les saisons et les émotions qu'on n'arrive pas à gérer.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Est-ce qu'il y a des techniques de base qui sont un peu peut-être indispensables à chaque séance ou pas forcément ?
- Speaker #1
Alors, les techniques, on va dire, c'est aussi d'écouter l'univers qui nous entoure, puisque nous sommes au sein de l'univers au même titre qu'un arbre, qu'une fleur, qu'un poisson, qu'un chat, etc. Écouter ça suppose que l'on sait bien que... Les arbres perdent leurs feuilles en hiver, les fleurs s'épanouissent particulièrement au printemps, ou même à la fin du printemps, mais que quelquefois en été c'est déjà presque fané. Donc c'est s'adapter aussi au moment de la saison où on en est. et les chinois ont divisé l'année en 24 séquences et donc dans disons il y a 12 mois et donc Les mois sont séparés en deux séquences, ça fait 24 séquences, je m'exprime mal là. Chaque mois comprend deux séquences et dans ces deux séquences il y a toujours un mouvement spécifique pour la séquence qui correspond de manière générale à ce qui... peut être le plus favorable pour la circulation de l'énergie dans les méridiens concernés, puisque les méridiens travaillent au niveau des saisons, plus particulièrement par exemple la saison de l'été, c'est le méridien du cœur, le méridien de l'intestin grêle, le méridien du maître-cœur, qui est un méridien qui protège le cœur, et le triple réchauffeur qui est un méridien sur tous les rythmes du corps, donc le rythme cardiaque, le rythme respiratoire, etc. Et donc dans ces propositions de mouvements, on suit la dynamique de la saison, c'est-à-dire qu'on suit la montée de l'énergie jusqu'au solstice, ou jusqu'à l'équinoxe, et puis on continue la descente de cette énergie vers le passage à l'autre saison. Donc c'est vraiment des mouvements qui sont appropriés et calqués sur le dynamisme et la couleur de la saison. de la quinzaine. D'accord. Mais cela n'empêche pas, si on le sent, de pratiquer un mouvement qui serait un mouvement de l'hiver ou un mouvement de l'automne et qui va permettre peut-être à nos poumons, pour l'automne, de mieux respirer. On n'est pas dans quelque chose de figé, on est à l'écoute de ce qui ne va pas en soi et qui peut être amélioré par un mouvement qui va favoriser le souffle, ou qui va favoriser la circulation du sang, ou qui va favoriser le... le repos, le retour à la terre, etc. Donc, on est calqué sur les saisons sans rigidité.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, là, vous disiez pour l'été, en fait, c'est toujours un organe et une viscère, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, pour l'été,
- Speaker #1
c'est le cœur et l'intestin grêle.
- Speaker #0
Et après, pour les autres saisons ?
- Speaker #1
Alors, le cœur et l'intestin grêle, mais aussi Toujours en été, le maître-coeur qui est, on va dire que le cœur pour les Chinois c'est l'empereur. Et le maître-coeur c'est le premier ministre. Celui qui protège le cœur et qui saute, qui dysfonctionne. qui apporte les premiers signaux d'une maladie avant que le cœur ne craque. Et les autres saisons, il y a après l'été, il y a l'automne. Et là, l'automne, ce qui est le plus actif, c'est l'énergie dans le méridien du poumon. et du gros intestin.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Hiver, c'est le méridien des reins, là où il y a le principe vital même qui est contenu et qui nous est donné au moment de notre conception. Et cette énergie des reins fonctionne avec l'énergie de la vessie. Il y a toujours... un méridien qui est Yin, c'est-à-dire que c'est l'énergie de la Terre qui monte, et ça c'est l'énergie du méridien du Rhin, et l'énergie du ciel qui descend vers la Terre et qui est Yang, et là c'est l'énergie du gros intestin qui descend dans le corps humain. et qui va, disons, déposer dans la terre tout ce qui est néfaste au corps humain, on va dire, qui ne convient pas. pas au corps humain. Après, on a le printemps, et dans le printemps, c'est très étrange, parce qu'avant que le soleil ne brille et ne chauffe nos os, on sent déjà comme un élan. vers ouvrir les fenêtres, ouvrir les portes, sortir, rencontrer des amis, aller écouter des concerts, voir des expos. Bref, on a un élan pour s'ouvrir à la vie, et ça c'est le printemps. Et ça c'est l'énergie du foie qui est couplée avec l'énergie de la vésicule biliaire. Chaque énergie a sa couleur, mais aussi nous donne une certaine force, ou une certaine qualité de capacité. Par exemple, le foie, il nous donne cet élan vers le nouveau. La vésicule biliaire nous donne la capacité de tenir nos engagements. Par exemple, si on conçoit un projet au printemps, notre vésicule biliaire va nous aider à aller au bout de notre projet. Et chaque méridien a aussi une... une qualité comme ça qui nous aide dans la vie. Après le printemps et cet élan vers le nouveau, on a l'été qui est de jouir de toute cette pulsion de vie qui s'est manifestée et qui se manifeste comme un feu, le feu de la Saint-Jean par exemple. Quelquefois, l'énergie nous apporte des difficultés, parce que l'automne, c'est une saison où on est sujet à la tristesse. on rentre en soi, il faut qu'on abandonne ses vacances, il faut se remettre au travail, il faut qu'on abandonne la lumière, il faut allumer des lampes pour voir clair, etc. Il faut faire des petits deuils pour entrer dans la caverne de l'hiver. Et ça, ça nous donne de la tristesse, naturellement, on va dire. Et qu'il faut aller puiser l'énergie à l'intérieur de soi pour lutter contre ce mouvement naturel et ne pas se laisser trop influencer.
- Speaker #0
D'accord, super,
- Speaker #1
très bien.
- Speaker #0
Et que ressentez-vous lorsque vous pratiquez et lorsque vous transmettez ?
- Speaker #1
Quelque chose d'absolument constant. Ce qui se passe lorsque je pratique toute seule sur mon tapis chez moi avec ma chatounette et quand je transmets, c'est que jamais je ne m'ennuie. C'est jamais pareil. Le ressenti est quelque chose de totalement nouveau à chaque fois. Et ça c'est important parce que... L'instant lui-même de la vie est quelque chose de nouveau à chaque fois, mais on n'en a pas conscience. On vit le temps comme quelque chose peut-être de linéaire, de pas exceptionnel, quelquefois même on s'ennuie, d'autres fois on ne voit pas le temps passer, et ce n'est pas pour ça qu'on est dans le temps. Être dans le temps, c'est vraiment se sentir incarné entre terre et ciel, et sentir son corps vibrer, son corps qui s'allume comme des petites LED à des endroits que jusqu'ici vous n'avez pas visités, ou ressentir quelque chose que jusqu'ici vous n'avez pas ressenti. Et ça, c'est du plaisir. Ça, c'est du plaisir. Et ce phénomène de ne jamais s'ennuyer, quand on fait du daoïne, je ne l'ai ressenti que dans le daoïne. J'ai fait du tai-chi, j'ai fait de la gymnastique. J'ai pratiqué le saut en hauteur quand j'étais jeune d'une manière un peu compétitive. C'est vrai que là je ne me suis jamais ennuyée non plus. Mais vraiment, si vous vous donnez au Daoïne, à la séance de Daoïne, à l'écoute de vos sensations, vous ne vous ennuierez pas. Et ça déjà, c'est un très grand point. Ça veut dire que vous êtes là, présent, à l'instant qui passe. Et c'est le plus essentiel de cette philosophie chinoise, on pourrait dire, de philosophie de la vie, où c'est là, à l'instant même, où on le vit. Alors après... C'est vrai que quand je transmets, je trouve que ça m'aide aussi, c'est-à-dire que l'énergie elle se transmet. Et transmettre à un groupe, c'est aussi communiquer d'une manière sensible avec chacun, chacune qui est là, et Et se laisser imprégner par cette énergie qui est là, dans le groupe, et qui est porteuse, qui est vraiment porteuse d'un désir peut-être de... de travailler cette énergie. Et si dans le groupe, il y a quelqu'un qui en a assez, qui voudrait bien s'allonger, qui voudrait bien arrêter le mouvement, et qui voudrait que ça se termine, l'ambiance du groupe, l'énergie du groupe, va l'aider à aller un petit peu plus loin. Et même moi, dans ma transmission, c'est plus facile de transmettre que quelquefois de pratiquer seul chez moi. Et j'aime beaucoup transmettre finalement.
- Speaker #0
Très bien. Et qu'observez-vous chez les personnes qui pratiquent régulièrement ?
- Speaker #1
Alors j'observe, c'est très étrange, moi j'observe beaucoup de modifications dans la structure générale. Plus de verticalité, plus d'ouverture, un visage plus ouvert, mais je peux aussi observer Si ça se produit, si le groupe le permet, si le temps le permet, enfin le temps, si on a assez de temps dans la séquence pour que ça se produise, quelquefois quelqu'un qui était très timide est beaucoup moins timide. et s'ouvre et accueille l'autre et se donne à l'autre plus facilement qu'au début. Alors vous me direz c'est aussi parce qu'on se connecte. Non, ce n'est pas de ça dont il s'agit. C'est qu'il y a quelque chose à l'intérieur de la personne qui s'exprime spontanément. sans filtre et qui est l'ouverture à l'autre, qui est de vivre cet instant avec l'autre, qu'il n'en est peut-être pas conscient lui-même, mais moi qui ne vois les gens qu'à travers le daoïn, je m'aperçois de cette ouverture. Donc voilà, je remarque le corps, mais je remarque aussi pour certains, pas pour tous, pour certains, cette ouverture vers les autres et cette spontanéité qui apparaît.
- Speaker #0
C'est comme un élan en fait.
- Speaker #1
Voilà, quelque chose qu'il faut qu'il sorte quoi. C'est là et puis ça bout et ça va sortir quoi. Et c'est heureux. C'est toujours quelque chose qui fait du bien aux autres aussi.
- Speaker #0
Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui souhaite prendre soin de son énergie au quotidien ?
- Speaker #1
De se faire aider. C'est-à-dire d'essayer de rencontrer des personnes qui travaillent leur énergie. De se mettre à côté de personnes qui font attention à leur énergie. Parce qu'on est pour eux.